ARCANES CÉLES TES
                DII


     L'ÉCRITURE SAINTE OU PAROLE DU SEIGNEUR

                  DEVOILÉS,

                                AlliSI QUE


                      LES MER VEILLES
OUI OI'lTÉTÉVUES DA.NSLE MONDE DES ESPRITS ET Ù"NS I.E CIU DES A.NGES.



                              OUVRAGE
          D'EMMANUEL SWÉDENBORG
                    PUBLI~ EN LATIN DE     4749 A   47~6,

                                 TRADUIT

                  PAR 3. :l'. E. LE BOYS DES GVAYS,
                                lIT PUBLie

PAR UN DISCIPLE(L. DEZ.) DES DOCTRINES DELA. VRAIE RII.IGION CHRÉTIENNE.



                          TOME ONZIÈME.
                                EXODE,

                           CIUI'ITRES .1- V.I.





                   SA INT -AMAND (CUBR).
A la llbrairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez Porte, libraire.

                              PARIS.
      Chez	   1 M. HARTEL, rue du Mail, 36.
               "IEUTTEL et WURTZ, libraires, rue de Lille, 47.
                             ~847-           91.
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome OnzièMe Exode I Viii Numeros 6627 7487 Le Boys Des Guays 1847 91
MATTHIEU, VI,       33.
Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes
            choses vous seront données par surcroît.




            l'Mi" -   lmp, Jé J.-B, Cros, nIe clu Foin,SI·.I':'IU"'. 18,
ARCANES CÉLESTES                   DE


     L'ÊCRITURE SAINTE OU PAROLE DU SEIGNEUR
                           DEVOILÉS,
                                 AINSl QUE


                      LES MERVEILLES
QUI ONT ÉTÉ VUES DANS LE MONDE DES ESPRITS ET DANS J.ECIEL DES ANGES.



                               OUVHAGE
         D'EMMANUEL SVÉDENBORG
                    l'UBLlÉ EN r~ATIN DE    -1749   A   -171i6,
                                  TRADUIT

                 PA.R J. F. E. L~ BOYS DES Gl1A.YS,
                                 ET PUBLI&

PAR UN DlSCIPLE(L. DEZ.) DES OOCTRINES DE LA VRAIE RELIGION CHRÉTIENNE.



                           TOME ONZIÈME.
                                 EXODE,
                            CHAPITRES 1 - VD!I.




                  SAINT-AMAND                   (CUER).
A la librairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez Porte, libraire.

                               PARIS.
      Chez   1   lU. HARTEL, rue du lIIail, 36.          .
              'fREUTTEL    et WURTZ, libraires, rue ùe Lille, ~ 7.
                              1847- 91.
AVERTISSEMENT.



    Quelques personnes bien intentionnées auraient désiré, non
pour elles-mêmes, mais pour le public, que dans la traduction des
passages de l'Écriture-Sainte, on se fùt écarté le moins possible des
Versions vul~aires, et qu'on n'eM en aucune circonstance fait flé­
cbir les règles de notre langue; ou, en d'autres termes, qu'on ne se
fût pas attaché à rendre rigoureusement le texte, lorsque les formes
ordinaires de la langue française s'y refusaient. Quelques fortes que
pussent être les raisons qui furent présentées, des motifs plus puis­
sants ne nous ont pas permis d'abandonner la marche que nous
avons suivie jusqu'à présent. Nous donnerions ici ces motifs, si
notre intention n'était pas de les présentCl' avec des développements
dans la Préface de notre traduction du Ciel et de l'En(e,', qui sera
prochainement publiée. Si donc quelqu'un, à la lecture des pas­
sages bibliques, était encore choqué de rencontrer certaines con­
structions insolites, ou quelques infractions aux règles grammatica­
les, ou des hébraïsmes, nous le prierions d'attendre encore quelque
 temps avant de blâmer notre persistance. Du reste, on peut VOil' dès
maintenant qu'il nous a fallu des motifs bien graves et pour adopte
 ce mode de traduction, et surtout pour y persister malgré les obser­
 vations qui nous ont été adressées.
PREMIÈRE PARTIE
                                 DU



      LIVRE DE L'EXÜ}lE.

                    CHAPITRE PREMIER,


    6627. Devant les Chapitl'es du Livl'c dc l'Exode, il convient de
placer d'avance les Doctrinaux, d'abol'd les DOCTRINAUX DE LA
CHARITÉ, et ensuite les Doctrinaux de la foi, aOn que ceux qui
ont été donnés çà et là dans les Explications soient cxposés en
sél'ie, et qu'ainsi l'on voie dans son ordrc la Doctrine, telle
qu'elle est et doit être dans l'Église, pour qu'elle concorde avec
le bien ct le vrai dans le Ciel.
    6628. Dans les explications qui précèdent il a été çà et là
montré que la Doctrine de la Charité a été la Doctl'ine des An-
ciennes Églises, et que cette Doctrine conjoignait toules les Itglises,
et ainsi de plusieurs n'en faisait qu'une seule; en elfet, on recon-
 naissait pour hommes de l'Jtglise tous ccux qui vivaient dans le
 bien de la charité, et on les appelait frères, de quelque manière
 qu'ils diffél'assent d'ailleurs quant aux vrais, qu'on appelle aujour-
 ll'hui vrais de la foi: on s'instruisait l'un l'autre dans ces nais, ce
 qui était au nombre des œuvres de la Charité, ct l'on n'était pas non
 plus indigné si l'un n'accédait pas à l'avis de l'autre; on savait que
 chacun ne reçoit du vrai qu'en proportion qu'il est dans le bien.
     6629. Comme telles ont été les AnCiennes ltglises, pal' cela
  même les hommes de ces Êglises étaient hommes 'intérieurs', et
  parce qu'ils étaient intérieurs ils avaient plus de sagesse; car ceux
  qui sont dans le bien de l'amOllI' et de la charité sont, quant il
         XI.                                                  1
2                      AnC~NES CltLESTES.
 l'homme Interne dans le Ciel, ct là dans la Société Angélique qui.
 est dans un bien semblable; de là l'élévation de leul' mental ver!';
 les intérieurs, ct conséquemment lem sagesse; en cfJ'et, la sagesse
 ne peut venir d'autre part que du Ciel, c'est·il-dire, du Seigneur pal'
 le Ciel; ct la sagesse est dans le Ciel, parce clue là'on est dans le bien.
    6630. illais cette Sagesse ancienne a diminué par la succession
 du temps, car autant le geOl'e humain s'est éloigné du bien de
 l'amour pour le Seigneur et de la Charité cuvers le prochain, au­
 tant aussi il s'est éloigné de la Sagesse, parce (Iu'antant il s'csL
éloigné du Ciel: de là vient qne d'homme Interne l'homme est
devenu homme Externe, ct cela successivement.
    663L Et lorsque l'homme fllt devenl1 E:xtclne, il de,int aussi
mondain et corporel; ct quand il est tel, il ne s'inquiète plus en
rien des choses qui sont du Ciel; en effet, elles sont tellement éloi­
gnées, qu'il ne cj'oit point qu'elles existent, C:lI' alors les plaisirs
des amours terrestres, et en même temps tous les mallx qui d'après
ces amours sont pour lui des plaisirs, s'emparent de Lout son être;
ct alors cc qu'il entend dire de la vic après la mort, du Ciel ct de
l'enfer, est comme une paille qui, emllorlée par le venL, dispal'aîL
aussitôt il la vue.
    6632. De lil vient aussi que la Doctrine de la Charité, qui avait
eté d'un si grand prix chez les Anciens) est aujourd'lmi au nombre­
des choses entièrement perdues; car aujourd'hui qui sait ce que
c'est que la Charité dans le sens réel ct cc qlle c'est qne le
Prochain dans le sens réel '! Et cependant celle doctrine a
en abondance tant et de si grands arcanes, qu'elle ne pellt être
décrite quant il la millième partie; toute l'Écriture Sainte n'cst
autre chose que la Doctrine de l'amour et de la charité; c'est
même ce que le Seigneur enseigne, en disant': Il Tu aimem.Y le
Seigneur ton Dieu de touL ton cœur) et de toute ton lune) et de tOltte
/(1.pensée; c'est là le premier et le g1'and commandement. Le se­
cond lui est semblable: TIt aimeras ton Pl'och(tin comme toi-mêmc.
De ces deux coml1wndelllellLs dépendent la Loi et les Prophètes. "
 -llaUll. X~ll. 3~j, 3G, :17, 38. - La Loi ct les Prophètes sont
la Parole clans son ensemble ct dans chacune de ses parties.
   6633. Comme la Doctrine de la charité est aujomd'hui au nom­
bre des choses eltièl'cment perdues, et que pal' su ile la doctrine de
EXODE, CllAP. PREMIER.                               3
la foi a été beaucoup détournée du vrai, il m'est permis, pal' la
Divine ~1isél'icol'de du Seigneur, de plac.el' celle Doctrine ùevant
chacun des Chapitres du Livre de l'Exode, el de la reglitucr ainsi
à l'.~glise.



                            CHAPITRE l,


    4. Et voici les noms des fils d'Israël qui vinrenl l'II Égyple avec
Jacob, l'bomme ct sa maison ils vinrent
    2. Reuben, Schiméon, Lévi et Jehudah.
    3. Jisaschar, Zébulon et Benjamin.
    4. Dan et Naphtali, Gad et Ascller.
    5. Et fut toute âme, sorties de la cuisse de .Iacoh, soixanle-di:-..
~lmcs; et Joseph était en Égypte.
   6. Et Joseph mourut, ct tous ses frères, .ct toutc celle génél'alion.
   '1. Et les fils d'Israël fructifiaient et pullulaient, et ils se mulli­
pliaient et devinl'ent nombreux beaucoup beaucoup; ct la lerre en
fut remplie.
   8. Et il surgit un roi nouveau SUI' l'Égypte, qui n'avait point
connu Joseph.
   9. Et il dit à son peuple: Voici, le peuple dcs His d'Israël (est)
en multitude et nombreux plus que nous.
    40. Eh bien! Usons de prudence avec lui; peut-être se lIlulli­
pliera-t-il, et il arrivera que s'il survient des guelTes, et il se join­
dra aussi lui à nos ennemis, et il combattra contre nous; ct il
montera bors de la terre.
    44. Et ils imposèrent sur lui des princes de tributs, afin cie l'af­
fti~cr de fardeaux; et il bâtit des villes de dépôts à Phal'aon, Pi­
thorn et Raamsès.
    4i. Et autant ils l'aflligeaient, autant il sc multipliait et autant
il s'augmentait; et ils étaient affectés de dégoût à cause tics fils
(l'Israël.
    13. Et les I~gyptiens asservirent les fils ù'Israël avec rigueul'.
    i i. Et ils rendil'cnt amèrc leul' vic pal' une sCl'vitude dUI'C, Cil
4                     AUCANES Cl::LESTES.
argile et l'U briques, et ell tout sel'vice dans le champ, avec tout
leur service, auquel ils les asservissaient avec rigueur.
    15. Et le roi d'Égypte dit aux sages-femmes des Hébreuses, dont
le nom de l'une (était) Schiphra, et le nom de la seconde Puah.
     .«>. Et il dit: Quand vous accoucherez les Hébreuses, ct vous
verrez sur les siéges; si c'est un lils, ct vous le tuerez; ct si c'est
une fille, et qu'elle vive.
    17. Et les sages-femmes cl'aignaient DIEu, ct elles ne firent
point comme leur avait parlé le roi d'Égypte, ct elles vivifiaient les
enfants (mâles).
    ~ 8. Et le roi d'l~gyple uppela les sages-femmes, et il leur dit:
Pourquoi l'ailes-vous celle chose, ct vivifiez-vous les enfants (mâles)'!
     49. Et les sages-femmes direnl à Pharaon: Parce que, non
comme les femmes l::gyptienncs, les Hebreuses, cal' vives clies
(sont); avanl que vienne à elles la sage-femme, el elles ont enfanté.
    20. Et DIEU fil du bien aux sag~s-fcmll1es; ct le peuple &l mul­
tipliait, et ils devinrent très-nombreux.
     21. El il arriva que, parce quc les sages-femmes avaient craint
 DIEU, ct illeul' fil des maisons.
      22. Et Pharaon commanda à tout son peuple, en disant: Tout
 fils qui sera né, dans le fleuve jetez-le, ct toute tille vivifiez-la.

                              CONTE:iU.

   6634-. Dans le sens interne de te pl'cmier Chapitre, il s'agit de
l'état de l'Église instaurée, quand le Bien tient la premiè're place,
ct est fructifié pal' la mulLiplication des vrais de la foi.
   6635. Ensuite il s'agit de l'i nfestation de ces ''l'ais par les faux
et les maux dans le naturel; CL que par celle infestation le Bien
~tait encore davantage fl'llctifié pal' les vrais: il continue, jusqu'à
la fin ùu Chapitre, à être question de cette infestation ct de son
accroissement dans la série où elle sc fait, ct de l'implantation et
confirmation du vrai d'après le bien qui en provient.

                          SENS INTERNE.

    6636. Vers. ", 2, 3, '~, 5. Et voici les   nOIl/..ç (le;;   fils ri' Israël (lui
,.
                    EXODE, CHAP. PRE)UEH.                              <1

~);nrellt en Égypte avet Jacob, l'homme et sa maison ils vim'ent.
Reubell, Schiméon, Lévi et .Tehudah . .Tisaschar, Zébulon et Benja­
mi/l. Dan et Nap/&taii, Gad et AschC/". Et (ut toute âme, sorties
.de la cuisse de Jacob, soixante-dix âmes; et .Toseph était en Égypte.
- "Voici le/l noms des fils d'Isl'ltël, signilie la qualité de l'Église;
 qui vinrent en Egypte avec Jacob, signifie après que les vrais
 ùurent été initiés aux scientifiques: l'homme et sa maison ils vin­
 rrm, signifie quant au vrai et quant au bien: Reuben, Schiméoll,
 Lét,; t'l Jehudah; lisaschm', Zébuloll et Bel~jamin; Dan et Naph­
  ali, Gad et Ascher, signilient la pl'ogl'cssion depuis le commence­
 ment jusqu'à la fin: et (ut fOute âme, sorties de la cuisse de Ja­
cob,   signilie toutes les choses qui proviennent du vrai commun:
Soixante-dix âmes, signifie le plein:. et Joseph ét(ti( cn Égypte,
signifie que le Céleste Interne était dans le nature.
   6637. Voici les noms des {us d' fstaël, signifie la qualité de l'1.:­
glise: On le voit par la signification du nom, en ce que c'est la
qualité, Noq H, H5, 175~, 1896, 2009, 2628,2724.,3006, ::H21 ;
pal' la représentation ùes fils d' fsmël, en ce que ce sont les vrais
spiriluels, ·Nos 544 &',5879, lS95'( ; et par la représentation d'Israël,
en ce qu'il est le bien du vrai ou le bien spirituel; N0s 365~, ~598,
5803, 5806, 58,12, 5817, 5849, 58'26, 5833. Comme Israël repré­
sente le bien du vrai ou le bien spirituel, et ses fils les vrais spiri.
tuels dans le natm'el, par cela même les fils d'Israël représentent
l'Église, car l'Église est l'Église d'après le Bien spil'ituel et d'après
les vrais qui en proviennent: Celui qui n'est pas dans le bien spi­
rituel, c'est-à-dire, dans le bien de la charité; ni dans les vrais
spirituels, c'est-à-dire, ùans les vrais de la foi, n'est pasde l'Eglise,
bien qu'il soit né au dedans de l'Eglise: en effet, tout le Royaume
céleste du Seigneur est dans le Bien de l'amour et ùe la foi, si
 l'I~~lise n'est pas dans un semblable bien, clle ne peut être ntglise,
parce qu'elle n'est point conjointe avec le Ciel, cal' l'Eglise est le
 Royaume du Seignem sur les terres. Si elle est appelée Église,
ce n'est pas parce qu'elle a la Parole et les Doctrinaux qui en pro­
 viennent, ni parce que le Seigneur y est connu, et qu'il y a ùes
Sacrements, mais elle est Église parce qu'on y vit selon la Parole,
ou selon la Doctrine tirée de la Parole; et de manière que la Doc­
trine soit la l'ègle de la vie j ceux qui ne sont pas tels ne sont pas
fi                       AH.CANES CÉLESTES.
de l'Église, mais sont hors de ntglise; et ceux qui vivent daus Je
mal, par conséquent contre la Doctrine, sont plus loin hors de
l'Église que les Gentils, qui ne savent absolument den de la Pa­
role du Seigneur, ni des Sacrements; cal' ceux-là, connaissant les
biens et les vrais de l'Église, étouffent chez' eux l'Église, ce que ne .
peuvent faire les Gentils parce qu'ils les ignorent. 1 faut aussi
qu'ou sache que quiconque vit dans le bien de la Charité et de la
foi est ]']~glise, et qu'il est le Royaumc du Seigneur, c'est pour cela
même qu'il est appelé le Temple, et aussi la maison de Dieu: de
CCliX qui sont ~~glises dans le particulier, quelque éloignés qu'ils
soient ks uns des autl'cs, se compose l'Église dans le commun:
c'est lü l'Église qui est maintenant entendue par les fils d'Israël
ici et da ns ce qlli suit.
    6638. Qui vinrent en Égypte avec Jacob, signifie après que les
l'rai.ç eurent été initiés aux scientifiques: on le voit par la significa­
1ion ùe l'Zégyplc, en ce que cc sont les scientifiques, N°s 1~ 64, 1-165,
101 86, H6':!, 474.9, 4-964., ~.9(6, 6004, 5700, 5702, 60·15, 6-1 ~5;
pal' la représentation de Jacob, en ce qu'il est le vrai, et aussi
le bien, dans le naturel, ou le naturel quant au vrai et au bien,
j~OS 3305, 3509, 352ti, 354-6, 3576, 3599, 3659, 3669 , 3677,
:nni, 3829, 4·009, 4234, 4·286, 4.337, 4538, 5306, 5533, 5535,
6001, 6236: que VCllÙ' en É'gypte, ce soit être initié aux scien­
tifiques, on peut le voir pal' les explications des choses dans les
Ct3pilres oit il s'agit du départ des Iils de Jacob pOUl' l'Égypte,
afin d'acheter du blé, et ensuite de lelll' arrivée avec Jacob dans
ce pays: quant à ce qui concerne l'initiation des vrais de l'Église
ddns les scienlifiques, voir N<>s (,004·, 60'23, 6052, 6071, 6077_
D'après cela on voit clairement que, par les fils d'Israël qui viu­
rent en Égypte, sont signifiés les vrais initiés aux scientifiques.
   6ô39. L'homme et sa maison ils vinrent, signifie quant /tIL V7'ai
el qnant au bien: on le voit par la signification de l'homme, en
ce que c'est le vrai, Nos iH 34., 3459; et par la signification de la
maison, en ce que c'est le bien, ~os 3720, 4982. Comme dans les
Chapitres de la Genèse, olt il s'agit de l'arrivée des fils de Jacob,
el de Jacob lui-même, en Itgyptc vers Joseph, il a été question d(~
l'initiation des vrais appartenant ill't~glise dans le:, scientifiques,
cl qlle 'J::glise n'a (lé insfaul'ée ((u'après que celte initiation cu!
EXODE, cn..p .PHE111En.                           7'
été faite, c'est lwur ecb qu'ici, selon la série ùes choses dans le
 scns interne, il s'agit de l'Églisc instaUl'ée, ct de quelle manière
 elle est continuellement infestée par les scicntifiqucs et les faux;
'Cal', llicn quc les vrais aient été initiés et que l'Église ait été in­
 staurée chez l1Jomme, néanmoins les scientifiqnes et les faux sont
 continuellement en insUl'rection et attaquent les choses qui appar­
 tiennent 11. l']~glise chez lui: voilà ce qui est représenté en ce que
 Pharaon et les Égyptiens persécutèrent les fils d'Israël, et voulu­
 rent mettre il mort leurs petits enfants mâles. Celui qui ne sait pas
 commcnt se fait l'attaque du vrai de l'Église pal' les scientifiques
{lt les faux, chez ceux qui sont de ntglise, dans l'autl'e vie, ne
 pent nullement croire qu'il en soit ainsi: l'homme de l'Église, qui
 vient dans l'autl'e vic, doit être purifié de ces choses qui infestent
les vl'ais et les biens, autrement il ne peut être élevé dans le Ciel,
 ni s'y trouver dans une société qui en a été purifiée; s'il y était
clevé auparavant, il semlL comme une épaisse vapcUl' terrestre
dans une atmosphère sereine, ou comme une masse noil'âtre dans
 une hunière éclatante : afin donc que cet homme dc l'ltglise,
.al'l'ivant tout reccmment du monde, soit pUl'ifié, il est tenu dans
 un état tel, qu'il est attaqué par les scientifiques qui sont en
,discordance avec les vrais, et allssi par les faux, et cela, jusqu'à
œ que ces scientifiques deviennent comme des choses de néant
 ct soient repoussés : cela arl'Ïve rarement chez l'homme, tant
qu'il vit dans le corps; mais, dans l'autre vic, cela a lieu 11.
l'égard de ceux qui doivent être élevrs dans le Ciel, et se fait
 avec la plus grande variété: qu'il en soit ainsi, c'est ce qu'il
m'a été donné de savoir d'après de nombreuses experienees, qui
remplimient plusieurs pages, si elles étaient toutes rappol'tées.
Ce sont là les choses qui sont décritcs dans le sens interne pal'
tes fils d'Israël, en ce qu'ils furent opprimés par les Égyp­
tiens, et ensuite délivrés, et enfin introduits dans la terre de Ca­
naan, après diff{~rents etats dans le desert. Que la chose se passe
ainsi, c'est ce que ne peuvent nullement comprendre ceux qui
croient que la salvation est ~eulement une introduction dans
le Ciel, d'après la miséricorde, accordée il quiconque a pensé,
d'après une confiance apparcnte qu'on nomme foi, qu'il est sauvé,
(lIl'elle qu'ait été sa vie, pal'ce que le Sei~'llQur a souffert pOUl' lui;
R                      ARCANES CÉLESTES.
en elTel, si la salvation étail seulement l'introduction dans le Ciel
d'après la miséricorde, tous, sur le globe entier, seraient sauvés;
car le Seigneur, qui est la Miséricol'de même, veut le salut de tOU!!,
et ne veut la mort ou la damnation de qui que cc soit.
   664-0. Reuben, Schintéon, Lévi et Jeltuclah, Jisasc1tar, Zébulon
et Bel1jamin, Dlm et Naphtali, Gad etAscher, signifient laprogres­
siou depuis le commencement jusqu'à La fin, savoir de l'instauration
de l'Église, dont il s'agit maintenant dans ce qui suit: en effet,
les douze fils de Jacob, comme aussi les Tribus qui tirent
d'eux leurs noms, signifient toutes les choses du bien et du
vrai, c'est-à-dire, toutes les choses de l'amour et de la foi
dans le complexe, voir ~o~, 3858 3926, 3939, 4060, 6335,
 mais variées selon l'ordre dans lequel ils sont nommés, N°s 3862,
3926, 3939, 4603 et suiv.; ainsi des choses innombrables ct
 appartenant toutes, en général ct en pal'ticulier, à l'Église et au
 Hoyaume du Seigneur, ~o 6337 : mais ce qu'ils signifient spécia­
 lement, quand ils sont nommés dans un tel ordre ou dans un
 autre ordre, personne ne le sait que le Seigneur seul, et ce n'est
 que pal' le Seigneur qu'on le sait dans le Ciel, où les vrais e.t les
 biens, qui sont signifiés, sont manifestés par des lumières avec une
 perception adjointe. Comme les douze Tribus représentaient le
 Hoyaume du Seigneur et toutes les choses qui y sont; voilà pOllr­
 quoi, afin que ces lumières fussent aussi représentées, et ainsi tous
 les vrais et les biens de l'Église, douze piero es précieuses furent
 enchassées en or dans leur ordre, llne pierre pour chaque Tribu, ct
 cela fut appelé Pectoral, et placé sur l'Ephod d'Aaron, et l'on en
 obtenait des réponses par les divers éclats de lumière, auxquels était
  adjointe ou une vive voix ou une perception interne: pal' là aussi
  l'on peut. voir que les douze Tribus d'Israël signifient les vrais ct les
  biens du Royaume du Seigneur et de l'Église, tous dans le com­
  plexe, et qu'ils sont variés selon l'ordre dans lequel elles sont
  nommées. Qu'ici les fils de Jacob soient nommés dans un autl'e
  ordre que celui de leur naissance, on le voit clairement, en ce
  que Jisaschar et Zebulon sont nommés avant Dan et Naphtali"
  quoique ceux-ci soient nés auparavant, en cc que Benjamin,
  quoique né le dernier, est nommé avant Dan, Naphlali, Gad
  ~t Aseher; et en lin , en ce que Gad et Ascller sont nomm0s
EXODE, ClUP. PHEMlER.                              9
nprès tous les autres: il en est ·de même ailleurs dans la Parole,
où ils sont encore nommés dans un autre ordre.
    66<l4. Et fut toute âme, !Orties de la cuisse de Jacob, signifie
toutes les choses qui proviennent du vrai commun: on le voit par la
signilication de l'âme, en ce que, dans le commun sens, c'est
l'homme, ici l'homme de l'Église spirituelle; mais, dans le sens in­
 terne, l'âme est le vrai et le bien, parce que c'est par eux que
l'homme est homme, ~os 660;; , 6626; pal' la signilication de la
cuisse, en ce que c'est l'umoUl' conjugal, N°s 302·1 , fl,277 , fI,~80,
5050 il 5062; et ~arce que lu cuisse est l'amour conjugal, elle est
tout amour, tant céleste que spirituel, N°s 3024, 4277, 4280,
~575 ; de là, SOltÏl' de la cuisse signïlie le nai et le bien d'après
le mariage céleste, conséquemment le nai et le bien de l'Eglise;
cal' lorsque ce vrai et ce bien sont réels, ils sont nés du mariage
céleste, qui est oelui du bien et du vrai; et, par la représentation
de Jacob, .en ce qu'il est le vrai et aussi le bien dans le naturel,
mais dans le commun, parce que ses fils sont des vrais et des
biens distincts dans ce commun, 1 0 66:17. Si Jacob ici représente
les vrais dans le commun, c'est parce qu'il s'agit de l'J~glise spiri­
tuelle; en elfet, cette Église commence pal' les vrais dans le com­
mun, et pal' eux elle est introduite vers son bien; car chez
l'homme de l'Église spirituelle on ne sait pas ce que c'est que Je
bien spirituel, et, par conséquent, on ne le reconnaît que par le
vrai ; en effet, cet homme n'a nullement la perception du vrai
d'après le bien, comme l'a l'homme de l'l;:glise céleste.
    6642. Soi:rante-dix âmes, signifiera le plein, on le voit par la
signilication de soixante-dix, en ce que c'est le plein, 1°6508.
    t(j~3. Et Joseph était en Eg!lpte, signifie que le Cél('ste Interne
était dans le naturel: on le voit par la représentation de Joseph,
en ce qu'il est le Céleste Interne, 1os 5869, 5877, 622f1,; et par la
signification de l'Egypte, en ce que c'est le naturel, Nos 601..7,
6252. Que le Céleste Interne était dans le naturel où sont les
scientiliques et y disposait toutes choses, c'est ce qui a été repré­
senté, en ce que Joseph devint dominateur sur tonte la terre
d'Égypte et intendant de la maison de Pilaraon : ce Céleste a été re­
présenté, parce que, dans le sens interne, il devait 6tre question
de l'instauration de 1'(~lise ~J1iriluelle, et parce que le Naturel ne
10                   ARCANES CÉLESTES.
pourrait devenir Église, il moins que le Céleste Interne n'y fùt et n'y
disposât toutes choses; mais, SUI' ce sujet, voir ce qui :1. étédi t pré­
cédemment, Nos 6275, 6284:, 6299,6451, 6587.
   6664:, Vers. 6, 7, Et Josephmoul'lLt, et tous ses frères, et toWe
cette génémtion, et les fils cf IsrcLël fmcLifiaient et pullulaient, et
ils se multipliaient et devinrent nombreux beaucoup beaucoup; et
la terre en fut remplie. - Et Joseph moumt, signifie qu'alors il
en était autl'ement à l'égard de l'Interne de l'Église: et tous ses
frh-es, et toute cette génération, signifie et aussi a l'égard de l'ex­
terne dans le particulier et dans le commun: et les fils Il' lsmël
fructifiaient et pullulaient. signifie que les vrais de l'Église crois­
saient quant au bien: et se multipliaient et devinrent nombreux
beaucoup beaucoup, signifie qu'ils croissaient abondamment quant
aux Hais provenant du bien: et la terre en flLl l'emplie, signifie
jusqu'au plein de l'Église.
   6645. Joseph mourut, signifie qu'alors il en était ~utrement à.
l'égard de l'lnterne de l'Église: cela est évident pal' la significa­
tion de mourir, en ce que c'est la fin de l'état précédent et le com­
mencement d'un nouvel état, qu'ainsi il en était alors autrement
de l'état de l'Église; que mourir, ce soit cesser d'être tel, on le
voit, NOQ94-, 6587, 6593, et que ce soit la fin de la l'eprésentation
précédente, on le voit ios 3253, 3259,3276,6302; et pal' la repré­
sentation de Joseph, en ce qu'il est l'lnteme, N0s 6'117, 62U.
L'état de l'Église, tel qu'il est maintenant, est décrit dans le sens
interne dans ce qui suit, ainsi que l'état de son externe, qui est
signifié en ce que ses frères moururent ct toute cette génération.
Voici ce qu'il en est de l'Église chez l'homme; elle subit successi­
vement de nouveaux états; en elfet, à mesure que l'homme est af­
fermi dans le vrai de la foi ct dans le bien de la charité, il est in­
troduit dans d'autres états; l'état pl'écédent sert alors de plan à
l'état qui suit, ct ainsi continuellement; de cette manièl'e l'homme
qui estf:glise, ou qui est régénéré, est constamment conduit vers
les intérieurs, ainsi intérieurement dans le Ciel: S'il en est ainsi,
ceh vient de ce que le Seigneur, d'après l'Arnoul' qui est infin 1
llarce qu'il est divin, veut attil'er l'homme jusqu'à lui, ct ainsi le
 béatifier de toute gloire ct de toute félicité; c'est aussi ce qui est
 clairement manifeste pal' les pal'oles du Seigneur dans Jean: Il Je
EXODE, CH..P. PBE311EB.                   1-1
prie que IOlls .wÎellt un; comme Toi, Père, (lu cs) en Moi, et Moi
en Toi, qu'eux aussi soient Un en Nous; Moi, la gloire qlle Tu
JlI'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme
Nous nous sommes un, ilfoi en eux ct Toi en Moi. Père, ceux que
Tu llf as donnés, je veux qu'où je suis 1lfoi, eux aussi soient avec
Moi, afin qu' il.~ lIoient ma gloire que Tu llf as donnée; CCl1' je leur
ai {ait COl/.llll.itl'e ton Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'A­
I/wur, dont Ta _~fa,~ aimé, soit en eux, et llloi en eux. " - XVII.
20 à 26; - que ces paroles soient celles du Divin amour envers
lous ceux qui reçoivent; cela est bien évident: ct en oulre on peut
le voir en cc que le Seigneur apparaît dans l'autre vic comme So­
leil, ct par suile remplit de cllaleur ct de lumière le Ciel entier; la
Oamme de cc Soleil n'est autre que le Divin amoUl'; et la Lumière
qui en procède est le Saint de l'amour, qui est le Divin Vrai, d'où
l'on peut voir combien est grand l'amolli' du Seigneur: c'est donc
de Iii que ceux qui sont de l']~glise sont conduits successivement
dans de nouveaux états, et ainsi sans cesse inlérieUl'ement dans
le Ciel, paI'conséquent plus Jlrès du Seigneur.
   661-(>. Et tous ses {"b'es, et toute cette génération, ,çignifie et
aussi à l'ég(/1"(l de l'exte1'lle dalis le pal·tieulier et dans le com­
mun ; on le "oit pal' la représentation des fils de Jacob, qui sont
ici les frères, en ce qu'ils sont les nais de l'J~glise dans le na­
turel, ~os5~03, 54.19, 5427, 54.58, 551~, ainsi l'Exteme de l'Église;
el pal' la signification de cette génération, en ce que c'est l'externe de
l'Église dans le commun, car la génération ici enveloppe la même
chose que les frères de Joseph, mais dans le COlllmun sens respecti­
vement.
  6647. Et les fils (l'ls"r.tël {mcti fiaient et pullulaient, signifie que
le,~ vrais de l' J~glise croissaient qllant au bien; on le voit par la
représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont les vrais Spirituels,
N°s 5414., 5879, et en ce qu'ils sont l'Église, N0 6637; par la signifi­
cation de {l'llelifiCl en ce que c'est croitre quant au bien, N°s 43,
55,9'13,983,2846,2847, 3<1<1..6; et par la signification de pulluler,
en ce que c'est la dérivation ultérieure, car lorsque l'Église a été
inslaurée chez l'homme, le bien croit et est dérivé continuellement,
tant dans l'lntel'l1e que vers l'Externe et dans l'Externe. Que chez
ceux qui sonl de rr::glise spirituelle le bien croisse par les vrais, c'est
,12                    ARCANES CÉLESTES.
ce qui a déjà été montré souvent; en effet J'homme ùe l'Église spiri-
tuelle n'a pas la perception, comme J'homme de J'Église céleste,
aussi ne sait-il pas ce que c'est que le bien de J'Église ou le bien spi-
rituel, à moins qu'il ne le sache pal' les vrais; c'est pourquoi quand
J'homme de cette Église est régénéré, les vrais sont excités pal' le
Seigneur au moyen des Anges qui sont chez cet homme, et par suite
il est conduit dans le bien; mais quand cet homme a été régénéré, le
vrai et le bien sont excités en même temps, et c'est ainsi qu'il est
conduit; toutefois chez J'homme de J'Église spirituelle, tel est le
vrai, tel est le bien, et pal' suite telle est la conscience, qui est
pour lui romme une perception, selon laquelle il vit.
    66{'8. Et se multipliaient et devinrent nombreux beaucoup beau-
coup, signifient qu'ils croissaient abondamment quant aux vrais
provenant du bien: on le voit par la signification de multiplier, en
ce que c'est croître quant aux vrais, N°s q,3, 55, 9'13, 983, 28-46,
~8q,7 ; et par la signification de devenir nombreux, en ce que c'est la
derivation ultérieure, ainsi l'accroissement du vrai continuellement;
que ce soit J'accroissement du vlai provenant du bien, c'est parce
qu'il s'agit maintenant de J'Église instaurée; en effet, voici ce qu'il
en est de l'Église chez l'homme; quand elle est instaurée, J'homme
est dans les vrais, et par eux croît le bien; mais quand chez lui
l'Église a été instaurée, J'homme est alors dans le bien, et d'après le
bien dans les vrais, qui alors croissent continuellement; peu, tant
qu'il vit dans le monde, parce'que là les inquiétudes pour la nOUlTi-
ture et le vêtement, et pour les autres choses, sont des obstacles,
mais immensément dans l'autre vic, et cela perpétuellement durant
l'éternité; car la sagesse, qui procède du Divin, n'a aucune fin;
ainsi les Anges sont perfectionnés continuellement, et ainsi le sont
tous ceux qui, lorsqu'ils arrivent dans J'autre vie, deviennent Anges;
en effet, chaque chose qui appartient à la sagesse est d'une exten-
sion infinie, et les choses qui appartiennent à la sagesse sont en
 nombre infini; d'après cela on peut voir que la sagesse peut croître
durant J'eternitc, et cependant ne pas parvenir loin au-delà du pre-
mier' degré; cela vient de ce que le Divin est inlini, ct que ce qui
 procède de l'lnlini est tel.
   66{'9. Ella terre en fut rempl-ie, signifie jusqn' {lU plein de l'.Église:
 on le voit pal' la si5nifieation d'êl1'e 1'empli, eu ce qlle c'est le plein;
EXODE, CHAP. PHEl~nER.                             1 :~
et pal' la signification de la terre, en ce que c'est l'Église, X05 82,
662,1066,1067,1262,14-11, -1413, '1607, ·1733, 1850, 2H7,
2118 f. 2928, 3355, 4oH7, 40535, 5577; par la terre de Goschen,
où étaient alors les fils d'Israël, est signifiée l'Église; que l'Église y
ait été avant que les IHs d'Israël vinssent dans la terre de Canaan,
on le voit d'après ce qui est dit dans la suite, saroir, que là il n'y
eut pas les plaies qui frappèrent l'Égypte partont ailleurs, et que là
il Yeut la Lumière, lorsque les ténèbres étaient partout ailleurs, ­
Exod. X. 21, 22, 23; - ainsi c'était une terre entièrement séparée
des autres tenes de l'Égypte; on le voit encore en ce que la terre
de Goschen signifie le milieu ou l'intime dans le natmel, 1.os ~j~1 0,
 6028, Ci03i, 6068, ainsi l'Eglise, car l'Église spirituelle est dans
l'intime du naturel.
    6650. Vers. 8 à ,14.. Et iL surgit un roi nouveau .mr /'}~gypte, qui
n'avait point connu Joseph. Et iL dit à son peupLe: Voici, le peuple
des {iLs d'IsraëL (est) en muLtitude et nombreux plus que nous. Eh
bien! usons de prudence avec Lui, peut-être se rnuitipiiercL-t-iL, et il
an'ivera que s'iL survient des guerres, et iL se joindra aussi lui à 1/0S
ennemis, et iL combattm contl'e nous; et iL montem hors cLe La tel're.
Et ils imposèrent sw' Lui des princes de tl'ibuts, a{in de L'affliger
cie fardeaux; et il bâtit des villes de clépôts à Pharaon, PitlJom et
Ramnsès. Et autant ils l' affligecûent, autant iL se multipLiait, et
auteLnt il s'augmentait: et ils étaient affectés cLe dégoût à cause des
/ils d'Israël. Et Les Égyptiens cLsservirent Les fils d'Ismël avec ri­
gueur. Et iLs rendirent amère Leur vie par une servitude dure, en
 argile et en briques, et en tout service dans le champ, avec tout leU/'
sel'vice; auquel il.~ les assel'vissaient avec rigueur. - Et iL surgit
un roi nouveau sur L'Égypte, signifie les scientifiques sépal'és, (iu i
 sont contre les vrais de l'Église: qui n'avait point connu Joseph,
 signifie qui avaient été entièrement éloignés de l'Interne: et iL dit à
 son peuple, signifie les scientifiques subordonnés: voici, Le peuple
 des {ils âlsraël (est) en multitude et nombreux pLus que nous, si­
  nifie que les vl'ais de l'Église prévalent sur les scientifiques éloignés
 (de l'interne) : eh bien! usons de prudence avec lui, signifie ['astuce:
 peut-être &ft multipLiercL-l-il, et iL an'ivera que s'iL survient des
 guerres, signifie une valeur plus grande s'il s'accroît: et il sc joindra
 aussi lui à nos ennemis, et il combattra contre nOliS, signil1e qu'aillsi
14                     ARCANES CtLESTES.
seront renforcl's les associés qui apporteront le mal; et il montem
IlOrs de la terl'e, signWe qu'ainsi aura été instaul'ée l't~glisc : et ils
imposèrent sur lui des pl'inces de tributs, signifie des faux pour forcer
à servir: afin de l'affligcr de (m'deaux , signifie l'accablement pal'
les servitudes : ct il bâtit des villcs de dépôts à Pharaon, signifie
des doctrines d'après les vrais falsinés dans le natUl'el oil sont les
scientifiques éloignés: Pithom el Raamsès, signifie leur qualité: cl
llutant ils l'affligeaie1lt, aUlant il se multipliait, signil1e que selon
les infestations les vl'ais croissaient: et autantils'auglllentait, signi­
Ile qu'ils étaient affermis: et ils étaient affectés dc dégoîtt ct cause des
{ils d' Ismël, signifie une aversion plus grande : ct les .Égypticns
assen·ircnt les {ils d' Ismël, signifie l'intention de subjugation : avcc
riguew', signille sans miséricorde: et ils j'cndil'cnt amère lcw' vie
pal' une sel'vilude dm'e, signifie au point que l'intention de subjuga­
tion devenait acharnée: cn al'gile el en briqucs, signifie à cause des
maux qu'ils inventèrent et des faux qu'ils imaginèrent: ct en tout
se11Jice dans le champ, signil1e l'intention de subjugation contl'e
les choses qui appartiennent à l'Église: avcc tout leur sC1'lJicc, auquel
ils les assej'vissaient avec j'igucw', signifie l'intention de subjugation
par plusieurs moyens sans miséricorde.
   6651. Et il surgit un roi nouveau SUI' l'E'gypte, signi{ic lcs uienti­
fiques séparés, qui sont contre les t'mis dc l' ]tglise : on le voit pal' la
représentation de Pharaon, qui ici est le mi, en ce qu'j] est le scien­
til1que dans le commun, ~o 6015; il est appelé roi, parce que le
roi dans le sens réel signifie le vrai, N0s 1672, 2015, 2069, .3670,
fa.lS8'1, ,.966, 50*"4, 6U.8, et da ns le sens opposé le faux; ct quand
par le roi il est entendu Pharaon, il signifie le scientifique faux,
c'est-à-dire, le scientifique qui est contre les vrais de ntglise; de
là aussi il est dit un mi nouveau, car celui qui existait an temps dc
Joseph représentait le scientifique qni concordait avec les vrais de
ntglise; que 1'.É:gypte soit le scientil1que, ici dans le particuliCl',
on le voit ci-dessus 10 6638.
   6652. Qui n'a1Jait point connu Joseph, signifie qui avaient été
entièrcment éLoignés de l' Inle1'lle : on le voit par la signification de
n'avoir point connu, en ce que c'est avoir été éloigné, car celui qui
n'a point connu le vrai et ne vcut point le connaître, a été éloigné
du 'l'ai de l'Église; qne l'éloj~nement soit signil1é ici, cela est évi­
EXODE, CIlAP. pnE~nEH.                             15
dent d'après ce qui suit, car il aflligea avec dureté et cruauté les fils
d'Israël par lesquels est représentée l' J~glise, No 6637; ct pal' la re­
présentation de Joseph, en cc qu'il est l'Interne, N0s 6177, 6221~;
les scientifiqucs éloignés de l'Interne sont les scicntil1ques opposés
il l'I~glise; cal' le bien ct le vrai qui font l'l~glise intlucnt par l'In­
terne; s'ils ne sont pas reçus par le naturel, l'InLcrne est fermé, et.
ainsi l'homme est (~loigné du bien et du vrai, ct alors des scientifi­
ques, qui sont dans le natlll'el, il n'y a de reconnu pour scientifi­
ques Tais que ceux qui sont faux; alors ces scientifiques faux sc
multiplient, ct les scientifiques vrais sont eux-mêmes jetés dchors.
   661>3. El il (lil à son peuple, signifie les scirnli{iques subordonnés:
on le voit pal' la signification du peuple, en cc que cc sont les vrais,
et dans le sens oppose les faux, jos '12;)9, '1260, ;3295,358'1, ici
les scientifiQucs séparés d'avcc le vrai, parce que c'est le peuple
d']~gypte, ct que n::gypte est le scientifique, N° 6638; que cc soient
des scientifiques qui ont éte subordonnés, c'est parce qu'il est dit,
que le 1'0i dil cl son peuple. Si le peuple signifie les vrais, c'est parce
que dans la Parole ceux qui sont sous un roi sont appelés peuple,
ct que le roi signifie le vrai, N° 661H. Pal' le peuple sont signifiés
les vrais, mais sont entendus ceux qui sont dans les vrais; s'il est
dit par abstraction les Hais, c'est parce que les esprits ct les Anges
pensent ct parlent ainsi; car de cette manière ils saisisseut univer­
sellement la chose, ct Cil même temps chaque particularité qui ap­
partient à la chose, sans porter spécialement leur reOexion SUl'
quelque peuple qui est dans les vrais, cette réflexion détournerait
le mental de l'idée universelle, ainsi de l'extension de l'intuition,
pal' conséquent de la sagesse; car la détermination de la pensee
spécialementsur quelque peuple, comme aussi sur quelques personnes
limiLc et borne les idées, et détourne de la perception de la chose,
tclle qu'elle est d'une extl'émité à l'autre. Ce qui vient d'êtl'e dit du
peuple s'applique pareillement aux autres dénominations qui dans
le sens interne signifient des choses sans bomes, par exemple à la
nation en ce qu'elle est le bien, au roi en ce qu'il est le vrai, au
prince en ce qu'il est le vrai principal, ail pl'être en et) qu'il est le
hien, ct au fils, il la fille, au gendl'e, à la hru, au l'l'ère, à la sœur,
au p8re, à la mère, et à plusieurs autres.
  660'" Foici, le peuple des {ils d'[sraiJI est en lIutililucie el nOlll­
~G                     .RCANES C)::LESTES.
bl'I'u,r plus que nous, signi{te que les vmis cle n;.'glise pl'élJalc1lt SU1"
les scientifiques éloignés (de l'interne) : on le voit par la représen­
tation des fils d' /smël, en ce qu'ils sont les vrais et les biens de
l'Église, N° 664.7; par la signification d'être en multitude et nom­
breux, en ce que c'est prévaloir; que se multiplier ou devenir en
mul~itude, et nombreux, se dise du vrai, on le voit aussi ci-dessus
N° 6G~8; et par la représentation du roi d'Égypte et de son peuple,
qui ici sont entendus par plus que nous, en ce que ce sont les scien­
tifiqucs éloignés, comme ci-dessus, N"0 6M2; de là il est évident
que par: voici, le peuple d'lsmël est en multitude ct nombreux plus
que nous, il est signifié que les vrais prévalent sur les scientifiqucs
éloignés.
    6655. Eh bien! usons de prudence avec lui, signifie l'a,çtuce: on le
voit par la signification de la prudence, lorsqu'elle sc dit des mé­
chants qui se sont éloignés du vrai et du bien, en ce qu'elle est
l'astuce, car ce que les méchants font par astuce et aussi par fraude,
ils l'appellent prudence. Il m'est permis de rapporter ici quelque
chose sur l'astuce qui est signifiée par la prudence; ceux qui sont
dans le mal, appellent tous l'astuce prudence, et ne placent pas en
autre chose l'intelligence et la sagesse: ceux qui sont tels dans le
monde, deviennent pires dans l'autre vie, et là ils agissent conti­
nuellement par astuce contre les biens et les vrais; et chez eux sont
reconnus pour intelligents et sages ceux qui leur semblent pouvoir
par les faux affaiblir et détruire les vrais, quelle que soit l'adresse
ou la malice avec laquelle ils agissent: de là on peut voir quels sont
les hommes, quand au-dedans de ntglise ils placent la prudence
dans l'astuce, c'est-à-dire qu'ils ont communication avec les enfCl'S :
ceux qui sont de véritablcs hommes de l'Église, sont tellement éloi­
 gnés de l'astuce, qu'ils l'ont entièrement en horreur, et ceux d'entre
 eux qui sont comme les Angcs, voudraient, s'il était possible, quc
leur mental fût ouvert, et que chacun pût y voir clairement ce qu'ils
pensent, car ils ne tendent qu'au bien envers le prochain, et s'ils
voient le mal chez quelqu'un, ils l'excusent; il en est autrement
pour ceux qui sont dans le mal, ceux-ci craignent qu'il ne trans­
pire quelque chose de ce qu'ils pensent et veulent, car ils ne tendent
qu'au mal contre le prochain; s'ils tendent au bien, c'est pour cnx­
 mêmes; et s'ils font le bien, c'est seulement dans la forme exteme,
EXODE, CHAP. PB.EMlEl.                              n
 alin de se faire remarquer et d'en retirer profit et honneur, cal' ils
 savent que le bien et le vrai, le juste et l'équitable, et allssi l'honnête,
 ont en eux cachée une puissante force d'attirer les esprits (animos),
 même des méchants.
    6656. Peut-être se multiplira-t-il, ct il arrivera qu.e s'il survient
 des guerl'es, signifie une valeur plus grande s'il s'accroît: on le
 voit par la signification de se multiplier, en ce que c' est croître
 quant aux vl'ais, Nos ~3, 55,9'13, 983, 28~6, 284·7 ; et par la signi­
 I1cation de guérres, en ce que ce sont des combats au sujet des vrais
 et des faux, ou des combats spirituels, N°s 166~, 2686; et comme
 il est dit à la suite, « qu'il se joindra aussi lui à nos ennemis, »
 il est signifté une valeur plus grande dans ces combats.
    6657. El il ,~e joindra aussi lui à nos ennemis, et il combattra
 contl'c nous, signifie qu'ainsi seront renforcés les associés qui ap­
 portent lc mal: on le voit pal' la signification de sc joindre, en ce
  que c'est être renforcé, car les ennemis, quand une multitude se
  joint li eux, sont renforces; pal' la signification des ennemis, en ce
. que ce sont les associés qui font la guerre de concert; et par la
  signil1cation de comUallre contre nous, en ce que c'est apporter le
  mal; en effet, quand on combat contre quelqu'un, le mal est ap­
  porté sur lui, e:~ tant qu'il ne peut pas résiste". Voici ce qu'il en est:
  Il ya autoUf' de chaque homme, et aussi autour de chaque esprit bon,
  une sphère commune d'efforts provenant de l'enfer, et une sphère
  commune d'efforts prû"enant du Ciel; la sphère qui provient de
  l'enfer est la sphère des efforts de faire le mal et de perdre, celle
  qui provient du Ciel est la sphère des efforts de faire le bien et de
  sauver, voir N° 64,77 ; ces sph~res sont communes; il Ya pareille­
  ment des sphères particulières autour de chaque homme, car il y a
  chez lui des esprits de l'enfer et des Anges duCiel, N°s 58~6 li 5866,
  ::>976 à 5993; de là l'homme est dans l'équilibre, et il a la liberté
  ùe penser et de vouloir le mal, et la liberté de penser et de vouloir
  le bien, Quand donc l'homme de l'Église vient en tentation, ce qui
  anive quand il est envoyé dans son mal, il y a combat autour de
  lui entre les esprits de l'enfer et les Anges duCiel, Nos 39'27, 4249,
  :'>036, combat qui dure tant que l'homme est tenu dans son mal:
  dans ce combat parfois il paraît aux esprit de l'enfer qu'ils vont
  être yainqueurs, et alors ils s'élèvent avec elfort, parfois îllçur parait
         XI.                                                     :l
,18                     AHCANES Cl~LESTES.
([u'ils vont être vaint;us, ct alors il se retirent en arrière, c'est pour­
quoi ils craignent alOl's qu'il ne se joigne contre eux plusieurs autres
Anges du Ciel, ct qu'ainsi ils ne soient précipités dans un enfer          T

d'où ils ne sortiront plus, ce qui arrive aussi quand ils ont été vain­
cus: voilà ce qui est entendu par" la valeur plus gl'ande s'il s'ac­
croit, » ct par" ainsi seront l'ellforcés les associés qui apporteront
le mal. " Quand les esprits de l'enfer combattent contl'c les Anges,
ils sont dans le monde des esprits, et 111 dans un état libre, No 58;:>2.
Maintenant, d'après cc qui vient d'être dit, on peut voir ce qui esi
entendu, dans le sens inteme, en ce que les fils d'Isi'aiil étaient
ainsi infestés ct opprimés par les Égyptiens, et sc multipliaient eO'
proportion qu'ils étaient infestés; et en ce que JéllOva11, c'est-à­
dire, le Seigneur a combattu pour elL'X, a répl'imé les ltgyypliens
par des plaies, ct enfin les a tous submergés dans la merde Suph.
   6658. Et ils montera hors de la terre, signifie qn'ainsi aura été
instaurée l'Église: on le voit par la signification ùe monter, en ce
que c'est être élevé, s-avoir, vers les intérieurs qui appartiennent il
l'Église, :Nos 3084., 4;>39, 4c969', 5W6, 5817,6007; et par la signi­
fication, de la terre, ici de la terre de Goschen, en ce que c'est l'É­
glise, N° 6649.1~lt'e élevé vers les intérieurs, ce qui est signifié par
monter hors de la terre, et venir dans la terre de Canaan, c'est
que l'Église aura été instaurée; chez l'homme, il est vrai, l'ltglise
a été instaurée quand il fait le bien d"après l'afl'cClion, mais néan­
moins elle n'a été pleinement instaurée, qu'après qu'il a combattu
contre les maux clics fatLx, par conséquent qu'après qu·i! a soutenu
les tentations; ensuite il devient vérilablement f:glise, et alors il
est introduit dans le Ciel, ce qui est représenté par l'introduction
 ùes fils d"Israël dans la terre de Canaan.
  6659. Et ils illll'osèrenl ~m'Iui des pl'inces de tributs, .~i9nific des
{(m.x pour j'm·cer à servir; on le voit par la signification des prince.~,
en ce qu'ils sont les principaux vrais, N'os ,1 ~8'2, 2089, (1)44; ici dans.
le seIls opposé les prindpaux faux; ct par la signification des tl'i­
bues auxquels ils étaient contraints par ces chefs préposés, en ce qlle:
ce sont des servitudes, ~o 63'!H.
   6660,. Afin dej l'affliger de j'ardeaux, signifie l'nccab!cl1lent paT
Les sen,iludes: on le voit llal'l:1 signification ù' a([!igc/·, en cc que
EODE, Cil Al'. PHE1UEIl.                           19
~'esll'accablernenl;  el pal' la siguification des {ctrl1eaux, qui étaient
1es lributs, en ce que ce sont les servitudes.
    6661. Et il Mût des villes cle dépôts à Pharaon, signifie des doc­
trines cl' après les vrais falsifiés dans le naturel où sont les scienti­
 fiques éloignés: on le voit par la signification des villc.~, en ce que
ce sont les doctrines dans l'un et l'autre sens, N°s 402, 2449,
 2943, 3216, Hn, 4493; par la signification des dépôts, en cc que
ce sont les vrais falsifiés, ainsi qu'il va être expliqué; el pal' la
             1
représentation de Pharaon, en ce qu'il est le naturel, Nos[H 60,5799,
~o 15 C; etici les scientifiques éloignés, voir ci-dessus Nos 6651,6652.
Si les villes de dépôts, que le peuple cl'Israël bâtit à Pharaon, sont
cles cloctrines d'après les vrais falsifiés, c'est parce que ceux qui
sont dans les scientifiques éloignés du vrai, et qui sont signifiés ici
pal' Pharaon et pal' les I~gyptiens, pervertissent el falsifient tous les
vrais de l'J~glise, et se font des doctrines d'apl'ès les vrais ainsi
pervertis et falsifiés. Le mot, par lequel les Dépôts sont exprimés
dans la Langue Ori!f:inale , signifie aussi les Arsenaux ainsi que les
 Trésoreries, qui dans le sens interne sont d'une signification pres­
 que semblable; en effet, les Dépôts sont les lieux où l'on amasse les
 Vivres, elles Vivres sigaifient le vrai, N°s 5276, 5280,5292,5402:
-et dans.lc sens opposa le faux: les Arsenaux sont les lieux où sonl
 renfermées les armes de guerre, pal' lesquelles sont signifiées les
 choses qui appartiennent au vrai combaLLant contre les faux, el clans
 le sens oppos6 celles qui appartiennent au faux combattant contre
  les vrais, N°s 1788, 2686; ct les Trésoreries sont les lieux Ol! l'on
  place les richesses, et par les richesses et les objets précieux sont
 signifiés les connaissances du bien et du vrai, N° 4.508, et dans Je
 sens opposé les connaissances du mal et du faux; ainsi par les
  villes de dépôts, ou d'arsenaux, ou cle trésoreries, sont signifiées en
 ~énéralles doctrines d'après les vrais falsiliés.
     6662. Pitholll et Raamsès signifient leur qualité, savoir, la
                                    J


  qualité des doctrines d'après les vrais falsifiés: on le voit par les
   noms dans la Parole, .en ce que c'est!a qualité et l'état de la chose
  dont il s'agit.
     6663. Et autant ils l'aflliçjeaient, aulant il se multipliait, signifie
  çue selon les infestations les vmis cl'oissaient : on le voit par la signi­
  tieation cl'afflige)', en ce que c'est l'infestation; el par la significa­
20                     ARCANES CÉ:LESTES.
     lion de se multiplier, en cc que c'est croître quant aux vrais, ainsi
     qu'il a été dit ci-dessus, No 6656. Il faut dire comment les cboses
     se passent, car sans l'expérience de cc qui arrive dans l'autre vie,
     on ne peut pas aujourd'hui le savoir: la plupart des esprits qui
     viennent du monde, et qui ont conformé leur ,'ie aux préceptes du
    Seigneur, avant qu'ils puissent être élevés dans le .Ciel et y être ad­
    joints à des Sociétés, sont infestés par les maux et les faux qui sont
    chez eux, afin que ces maux et ces faux: soient repoussés, voÎ1­
    N° 6639, caï il ya des choses impures qu'ils ont contractées dans la
                            ne
    vie du corps, lesquelles concordent nullement avec le Ciel; les
   infestations sc font pai, des immersions dans leUl'fmaux etleur5faux,
   ct quand ils y sont plongés, les esprits qui sont dans des maux et
   des faux semblables sont présents, et travaillent de toute manièl'e
  à les détolÎrnel' du vrai et du bien; mais néanmoins ils ne sont pas
. plongés dans leurs maux et leurs faux à une telle profondeur, que
  l'inllux venant du Seigneur par les Anges ne puisse prévaloir,
  cela sc fait avec unc exactitude comme cclle d'une balance; ct cela,
  ann qu'il semble il celui qui est infesté qu'il est dans la liberté, et
  qu'ainsi il combat de lui-même contre les maux ct les faux, avec la
  reconnaissance cependant, si non alors, du moins plus tard, que
  toute la force de résister lui est venue du Seigneur, voir N0s '1937,
  ,j 94.7, 2881, 5660; quand cela arriYC, non-seulement les vrais et
 les biens qui avaient été précédemment implantes sont affermis,
  mais même plusieurs autres sont insinués; tout combat spir.ituel,
 dans lequel le combattant devient vainqueur, pl'oduit cet avantage:
 qu'il en soit ainsi. c'est même ce qui est évident d'après l'expé­
  rience commune, car celui qui défend son sentiment conlI'e d'au­
 tres qui le comuallent, sc confirme davantage dans son sentiment,
 ct trouve même alors en faveur de son sentiment plusieurs confir­
 matifs auxquels il n'avait pas fait précédemment attention, ct aussi
 plHsieurs négatifs contre le sentiment opposé, et ainsi il s'affermit
 dans son sentiment et acquiert aussi plusieurs moyens de le rendre
 plus évident: cela a lieu d'unc manière encore plus parfaite dans
 les combats spirituels, parce que le combat se fait dans l'esprit, ct
 sur les biens ct les nais, et p,'incipalement parce que le Seigneur
 est présent ct dirige pal' le moyen ùes Anges, car il s'agit de la vic
 el du saint éternel; (lans de tels comhats, il cst ordinai'(~ que le
EXODE, CIUP. PIŒMIEP...                             21
  Seigneur tourne en biens tous les maux pOUl' lesquels les Enfers
  font des efforts, c'est pourquoi il ne leur est pas non plus permis
  de mettre en avant plus de maux et d'aulr<:s maux, que ceux qui
  peuvent être tournes en un bien con vcnable à celui qui est dans le
  combat; la raison de cela, c'est {lue le Royaume du Seigneur est le
  Royaume des usages, c'est pourquoi il ne peul s'y faire rien que ce
 dont il doit provenir un bien. Maintenant, d'après ce qui viellt
 d'être dit, on peut voir comment il faut entendre que les vrais
             1
 croissent selon les infestations, ce qui est signifié par « autant ils
 l'affligeaient, autant il se multipliait. »
    6664. Et autant il s'augmentait signifie qu'ils éwielll an-c1"1nis,
 savoir, les vrais: on le voit par I~ signification d'être augmenté,
 quand cela sc dit des vrais multipliés par les infestations provenant
 des maux ct des faux, en ce que c'est être af1"ermi ; car il ne l'CSlCl
 pas d'autres vrais que ceux qui sont affermis; c'est po.urquoi autan t
 il Ya de vrais qui sont affermis, autant il y en a qui sont aug-
 mentés; que les vrais soient affermis par les infestations, on vient
 de le voir ci-dessus, ~o 66G3.
     6665. El ils étaient affectés de dégoût à cause des fils d'Israël,
 signifie une aversion plus grande: on le voit pal' la significatioll
 t!'êtl'e affecté de dégoût, en ce que c'est l'aversion, ici une aversiOn
plus grande, parce qu'ils se multipliaient et s'augmentaient encore
plus par les afllictions.
  6666. Et les ligyp LÏens ltsw"virent les .fils il' Israël, signifie l'in-
Unlion de subjugltlÎon : on le voit par la signification d'asservir, en
 ce que c'est la subjugation, ici l'intention de subjugation, parce
 qu'il sont dans un continuel effort de subjuguer, mais n'ontjarnaÎs
 le dessus avec les bons; par la signification des Égyptiens, en ce
 qu'ils sont les scientifIques séparés, agissant contre les vrais de l'É-
 glise, .No 6651 ; et par la signification des fils cf Israël, en ce qu'ils
 sont l'Église, N0 6637; de là il est bien évident que les Égyptiens
 asservirent les {ils d'Israël, signifie l'intention de subjugation de la
 part de ceux qui sont dans les scientifiques séparés agissant contre
 les vrais de l'Église. Quant à ce qui concerne l'intention de subju-
.gation, telle qu'elle est chez les méchants qui sont de l'enfer, il m'a
 aussi été donne de le savoir; il ya en eux un tel effort et une tele
inlention de suhjuguer ceux qui sont dans le bien ct dans le Hai,
':2~                   ARCA.NES CÉLESTES.
qu'il n'est pas possible cie le décrire; en elret ils emploient toutes.
les malices, toutes les astnces et les francles, toutes les fourberies,
et toutes les cruautés, qui sont en si grand nombre, et telles que si
elles étaient rapportées seulement quant à quelque partie, il e.<;t il
peine clans le moncle quelqu'un qui pourrait le croire, tant elles
sont pleines d'habileté et cI'aclresse, et tanl aussi elles sont abomi­
 nables; en un mot, elles sont telles, qu'il n'est nullement au pou­
 voir d'aucun homme, ni même d'aucun Ange, d'y résister, et qu'il
 n'y a que le Seigneur qui ait cc pOtloir : s'il ya en eux un tel effort
 et une telle intention, c'est parce que tout le plaisir de leur vie, ainsi
 leur vie même, consiste à malfaire; c'est poll1'quoi rien autre chose­
 n'occupe leurs pensées, conséquemment ils ne tendent à rien autre
 chose; il leUl' est absolument impossible de faire le bien, parce que
 le bien répugne; s'ils font le bien, c'est par rapport à eux, ainsi
 pour eux. Aujourd'hui les Enfers sont immensément augmentés par
 cie tels esprits, ct, chose étonnante, particulièrement pal' ccux qui
 sont au-dedans de l'Églisc, à eause des a::;tutes, des fourbcries,
 des llaines, cles vengeances, des adultères, qui y ont plus de force
 qu'ailleurs, car mainlenant l'astuce y passe pour clu génie, et l'a­
 dultère pOUl' honnête, ct l'on y i'it de ceux qui sentent autrement;
 comme il en est ainsi dans 'I~glbe aujourd'hui, c'est un indice que
  son dernier temps est proehe, car ({ si la fin n'anivait, aucune
 chair ne serait sauvée, » selon les parolcs du Seigneur dans 11a­
  tllieu, Chap. XXIV. 22; en effet tout mal est contagicux, et souille
  comme la lie la masse environnante, par conséquent enfin il souille
  tous.
      6661. Avec l'igueur signifie sans miséricorde: on pcut le voir
  sans explication; en elfet, il n'y a aucune miséricorde dans ceux
  dont il vient d'être parlé, parce qu'il n'y a aucun amour clu pro­
  chain, mais seulement l'amour de soi; l'amour du prochain, qui sc
  montre chez cux, n'est autre chose que l'amoU' de soi, car autant
  un autre leur est favorable, c'est-à-dire, autant il est à eux, autant
  ils l'aiment; mais autant il ne leur est pas favorable, c'est-à-dire,
   autant il n'est p3S à eux, autant ils le rejettent, et s'il arait été an­
   térieurement leu!' ami, autant ils le haïssent; de tels sentiments
   sont cachés dans l'amour de soi, ils se manifestent non dans le
   monde, mais dans J'autre rie, o'ù ils éclatent; la raison !)Ollr laquelle
EXODE, CIlAP.       pnE~llER,                     i2:1
ils y èclatent, c'est pal'ce que les extemes y sont enlevés, et qu'alors
l'homme sc mOnlre à découvert tel qu'il a été intérieurement.
   6668. Et ils "endirent amère leur vic par une servitude dU1'e,
signifie au point quc l'intention de slLbjugatio/l devenait acharnée :
on le voil par la signification de rendrc la vie amère, en ce que
c'est s'achamer contre elle; el pal' la signification de la scrvilltdc,
,en ce que c'est la subjugatiol1, ici l'intention de subjugation, comme
 ci-dessus, N° 6666.
   6669. En argUe et cn briques, signifie à cause des mau,x; qu'ils
,inventèrent et des (aux qu'ils imaginèrent: on le voil pal' la signifi­
(;alion de l'argile (ou limon), en ce que c'est le bien, et dans le sens
opposé le mal, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification
des briques, cn ce que ce sont les faux qu'on imagine, N° 1296;
quant aux maux et aux faux que les infemaux inventent et imagi­
nent, voir ci-dessus N0 6666. Que l'argile (ou le limon) soit le mal
d'où provient le faux, cela est évident pal' ces passages dans la Pa­
l'ole; dans Esaïe: « Les impies (sont) comme la mer agitée, quand
 » elle ne se peut apaiser, et que ses caux jettent dc la (ange ct du
» limon.» - LVII. 20; -la fange est le faux d'où provient le mal,
ct le limon le mal d'où provient le faux. Dans Jérémie: « Dans lc
 » limon ont été plongés tes pieds; ils se sont l'cUrés en anière. » ­
XXXYlll. 22; -les pieds plongés dans le limon, c'est le naturel
dans le mal. Dans Nahum: « Puise-toi des eaux de siège, fortifie
 » tes remparts, entre dans la bouc, et (oule L'argile, J'épare le four à
» briques; là te dévorera le feu, et te l'etranellera l'épée. » -lIl.
14, '15; - fouler l'al'gile, c'est d'après le mal penser le faux. Dans
Habakuk: « Il dira: Malheur à celui qui multiplie ce qui ne lui
» appartient pas! Jusques à quand? et à celui qui charge SUI' lui
» le limon! est-ce que tout à coup ne s'élèveront pas ceux qui te
Il mordront? Il -II. 6,7; -      charger SUI' soi le limon, c'est le mal.
Dans David: « Jéhovah m'a fait monle)' de la fosse de la dévasta­
» tion, de la boue du limon, et il a établi sur le roc mes pieds. » ­
Ps. XL. 3. - Dans le Même: « J'ai été submergé dans un limon
» profond, et point de consistance, je suis venu dans les profondeurs
» des eaux, et le flot m'a couvert. Retire-moi du bourbier de pell1'
Il que je ne sois submergé, et des profondeurs des eaux; et que la

" profondeur ne m'engloutisse pas. Il - Ps. LXIX. 3, 'liS, '16;­
24.                      AB.CANES CÉLESTES.
 le limon, c'est le mal d'où provient le faux. Dans Esaïe: « Les
  » chefs viendront cOlJune l'argile, et comme le potier (oule le Li­
  » mon. D -    XLI. 25; - dans Esaïe : « Maintenant, Jéhovah! (tu
 " es) notre Père, Toi; nous, l'ill'gile; et Toi, notre potier; et
 .. l'ouvrage de ta main, nous tous. »- LXIV. 7; - l'argile, c'est
l'homme de l'Église qui est formé, ainsi le bien de la foi, par lequel
l'homme est formé, c'est-à-dire, réformé. Pareillement dans Jéré­
 mie: « Jéhovah dit à Jérémie: Lève-toi, et descends il la llutison du
 » pOlie/', et là je te ferai entendre mes paroles; je descendis donc cl
 » la maison du potier; ct voici, celui-ci fit un ouvrage SUl' la table;
)' mais fut gâté le vase qu'il faisait, comme l'argile dal1s la main
D   du potier; et il se reprit, et il en fit un autl'e vase, ainsi qu'il parut
» droit aux yeux du potier de faire. Alors 31'l'iva la parole de Jéhovah
» à moi, en disant: Est-cc que, comme ce potier, je ne puis pas
)) faire à vous, maison d'Israël, parole de Jéhovah; voici, comme
)) l'argile da/ls la main du potie/'; ainsi vous dans ma main, maison
 " d'Israël» -XVIIl. ·1 il G; -la maison d'Israël, c'est 't~glise qui
doit être formée, et comme la formation sc fait par le bien de la
charité et par le vrai de la foi, ct que ce bien et CP vrai sont signifiés
par l'argile et par le vase du potier, c'est pour cela que le Prophèle a
reçu ordre d'aller dans la maison du potier, ct cela n'eût pas été fait,
si l'argile et le vase du potier n'avaient pas cu ces significations.
Ailleurs aussi Jéhovah ou le Seigneur est appelé Potier, et l'homme
qui est réCol'mé est appelé Argile, savoir, dans Esaïe, XXIX. -15,
16. XLV. 9. Job. X. 9. XXXIII. 6. - « Si le Seigneur a {ait un
limon avec sa salive, et en a oint les yeux de l'aveugle-né, ct lui a
ordon né de sc laver dans la piscine de Siloé, et si par suite l'aveugle
est devenu voyant,     Il -   Jean, IX. 6, 7, oH ; - c'était pour repré­
senter la Réformation de l'homme, qui est né dans l'ignorance du
vrai, et pour signifier que la réformation se fait par le bien de la foi,
qui est le limon (l'argile).
   6670. Et en tout .çervice dans le champ, signifie l'intention de sub­
jugation contre les choses qui appartiennent ct l'EgLise: on le voit
par la signification du service} en cc que c'est l'intention desubjuga­
tion, ainsi qu'il a été dit ci-~essus ~o 6666; et par la signification
du champ, en ce que c'est l'Eglise, Nos 2971, 3766.
    6671. At'ec tout   {Cil/,   service, rwqllel ils les aS,çervÎssaiel1t   (wec
EXODE, CHAP. PREMU:B.                               25
 rigueul', signifie L'intelltion de SUbjUrJlIlÏOll pm' pLusieurs moyens
 ,wns miséricorde: on le voit pal' la signilication du service, en ce
 que c'est l'intention dc subjllgation, commc ci-dessus, N0s 6666,
 6668, 6670; ct comme il est dit tout service, cela signifie par plu­
 sieurs moyens; et par la signification dc la l'iglleUl', Cn ce que c'cst
 sans miséricorde, ~o 6667.
    66i2. Ycrs. 15 à 2·1, Et Le roi d'1;gypte dit aux sages-femmes des
 lléb1'euses, dont le nom de L'une ( était) Scltiphra, et Le nom de ilt
 secondc Puah. Et iL dit: Quand VOltS accoucherez les Hébre1tses,
 et vous ve1'1'CZ sur les siéges; si c'est un fils, et vous Le tuerez;
 et si c'est une fille, et qn'eLle vive. Et Les sages-femmes cmi­
 gnaient Dieu, et el/es Ile firent point comme Leur aVetit dit le l'oi
 d'Égypte, et elles villifiaient lcs enfants (mâles), Et le roi I[Ji'­
 gypte appela les sages-femmes, et iL lew' dit: Ponrquoi fllites­
t'ous celte chose, et vivifiez-vous les enfants (mâles)? Et les
sages - femmes dirent à Pharaon: Parce que, non comme Les
femmes Égy1)t,'ennes, les Ilébl'cuses; cm' vives el/es (sont);
avant que vienne à el/es la sage-femme, et elles ont enfanté, Et
Diel! fit dll bien aux sages - femmes; et le lJeuple se multipLiait,
ct ils devinrent tris -nombreux, Et il arriva qlle , lJarce que les
sages· fell/11I.es avaient cmint Dieu, et il lellr fit des maù;ons. -­
Et le roi d' 1; fJ.1Jpte dit aux sages-femmes des Hébreuses, signifie
l'influx d'après les scientifiques séparés dans le naturel, oil sont les
vrais scientifiques qui appartienncnt il l'Église: dont le nom de
l'une (était) Sclliph1'C1, et le nom de ill seconde Puah, signitle la
qualité et l'état du naturel où sont les scientifiques: et iL dit:
Quand vous accoucherez les IJébl'euses, et vous verrez sUl' les
siéges, signifie l'aperception du vrai et du bien inlluant de l'Interne
dans lcs scientifiques: si c'est un fils, et vous le tuerez, signilie
si c'est un vrai, de le détruirc de la manièrc qu'ils pourraient:
et si c'est une fille, et qu'elle vive, signifie si c'cst un bien, de ne
le pas détruire: et les sages-femmes craignaient Dieu, signifie que
les vrais scientifiques étaient gardés, parce qu'ils procédaicnt du
Hi,in: et elles ne fil'ent point comme leul' (n'llÎt parlé le l'oi d'É'­
!/ypte, signifie qu'il ne l'Ill point fait selon que s'cfforçaient ceux qui
étaient dans Ics faux: et ellcs l:ivifiaicllt lcs en{lln/s ({fIâles), si­
~;Ilifie que les vrais <~taient conscrl'es parce qu'ib apparlcnaien! au
26                      A.RCA:iES CÉLESTES.
bien: u le roi d' }~g!Jpt-e appela les sages - felJlTlles , signifie que
ceux. qui étaient dans les faux formaient un dessein contre ceux qui
étaient dans les vrais scientifiques dans le naturel: et il leur dit:
Pourquoi raites-vous cette chose, et vivifie:;-volls les enfants (mâles),
signifie la colère de ce que les vrais n'étaient point détruits: et
                                                               ..:.J
les sages-femmes dirent à Pharaon, signifie l'aperception touehant
ces vrais scientiliques dans le naturel: parce que, non comme les
femmes Égyptiennes, les Hébreuses, signilie que les seientifiques de
l'Église ne sont point tels que sont les scientillques opposés à eux:
parce que vives elles (sont), signifie qu'en eux il y a la vie spirituelle:
avant que vienne à elles la sage-femme elles ont enfanté, signille que
le natmel ne le sait pas avant que la vie soit en eux: et Dieu (it du
bien aux sage.s-femmes, signifie que le naturel fut béni par le Divin:
et le peuple se multipliltit et ils devinrent très-nombj-eux, signWe
que les vrais y étaient produits continuellement, et ainsi crois­
saient: et il arriva que 7Jarce que les sages-femmes avaient craint
Dieu, signifie parce qLli~ les vrais scientifiques étaient gardés pal' le
Divin: et il leur (it des maisons, signifie qu'ils étaient disposés dans
la forme céleste.
   6673. Et le roi d'Égypte dit aux sages-femmes des lIébreuses,
signifie l'influx d'après les scientifiques séparés dan.s le naturel, où
.~ont les vrais scientifiques qai appartiennent à l' J~glise : on le voit
par la si-gnification de dire, en ce que c'est 'influx, N°s 574.3,6291 ;
par la signification du roi d'Égypte, en ce que ce sont les scienti­
fiques séparés qui sont contre les vrais de l'Église, N° 66fjf ; pal'
la signification des sage.l-femmes , en ee qu'elles sont le naturel,
N°s 4.588, 4·92f ; et pal' la signification des Hébreuses, en ce qu'elles
sont les choses de l'Église, N°s [);l36, 5236; par conséquent aussi
les vrais scientifiques qui appattiennent à l'Église. Si les sages­
femmes sont le naturel, c'est parce que le naturel reçoit ce qui in­
tlue de l'Interne, et fait ainsi pour ainsi dire l'oflice de sage-femme.
   66i 4-. Dont le nom de l'une était Scltiphra, et le nom de la seconde
Puah, signifie la qualité et l'état du naturel où sont les scientifi­
ques : on le voit par la signification du nom, en ce que c'est la
qualité. N°s H4, H.5, '1896, 2009; et aussi l'état, N°s 194.6, 264.3,
34.22., 4.298; car les noms dans la Parole signifient tous des choses,
ct comprennent en somme tont ce qui appartient à la chose dOllt
EXODE, CHAP. PHDUEfi.                           27
il s'agit, ainsi sa qualité et son état, ici donc les noms de Schiphra
et de Puah !::l qualité et 'élat du ~alurcI où sont les vrais scienti­
fiques, parce que c'est là la chose dont il s'agit, comme cela est
évident d'après ce qui vient d'être dit N° 6673. Celui qui ne sait
pas que le nom est la qualité et 'état de la chose dont il s'agit, peut
croire que là où le nom est exprimé, c'est seulement le nom qui est
entenàu, qu'ainsi où le Seigneur parle de son Nom, c'est seulement
le Nom, lorsque cependant c'est la qualité du culte, savoir, le lout
de la foi et de la charité par quoi il doit être adoré; comme dans
~fatthieu : « Oit deux ou trois sont assemfJ/és en mon Nom, là je
II suis au milieu d'eux. II -XVIII. 20; -dans ce passage, ce n'est

pas le Nom qui est entendu, mais c'est le culte provenant de la foi
et de la charité. Dans Jean: « A tous ceux qui L'ont reçu, il leur
)1  a donné le pouvoir d'être fils de Dieu, cL ceu;x; qui croient en son
II Nom. II -       1. ~ 2; - là aussi par le Nom sont entendues la foi
et la charité, par lesquelles le Seigneur est adoré. Dans le illême :
« Ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le
II Christ, le Fils de Dieu, et que croyant vous ayez la vie en son

II Nom. II -      XX. 3'1 ; - pareillemenL Dans le llême: « Si vous
II demandez quelque chose en mon Nom, je le ferai. II -           XIV. 13,
'14; - et ailleurs: (( Tout ce que vous demanderez aU Père en lllon
 II Nom, ils vous le donnera. II -          XV. '16, ,17. XVI. 23,24;­
Ici il est entendu qu'ils devaient demander non pas au Père au
Nom du Seigneur, mais au Seigneur Lui-flIême, car il n'y a accès
au Divin Bien, qui est le Père, N° 3704, ([ue par le Divin Humain
du Seigneur, comme cela est même connu dans les Églises; c'est
pourquoi demander ail Seigneur Lui-Même, c'est demander selon
les vrais de la loi; si 'on demande selon ces vrais, il est donné;
comme le dit aussi le Seigneur dans le précédent passage dans
Jean: « Si vous demandez quelque chose en Mon Nom, je le ferai; »
C'est encore ce qu'on peut voir cn ce que le Seigneur est le NOIl1
de Jéhovah; il en est parié ainsi dans Moïse: (( l"Ioi, j'envoie un
 II Ange deyant toi, pour te garder dans le chemin; prends garde à

 » ses facCs, ct écoute sa voix; ne L'irrite point, parce qlLe lIlon
 Il Nom (est) au milieu de Lui. » -        Exod. XXIlI. 20,21. -Dans
.Jean: cc Pèl·e, glorifie Ton Nom; il sorlit une voix l1u Ciel: Et je
)1  l'ai glorifié, et de nouveau je le glorifierai. »-- XII. 28. - Dan~; le
28                    AR.CANES CELESTES.
 Même: "J'ai man;le~lé Ton jYOl/t aux hommes (lue Tu M'as ùonne9
  » du monde. Je leur ai fait connaÎ17'e Ton Nom, et je le leur ferai
  " connaître; afin que l'amolli' dont Tu l'l'as aimé soit en eux, et ~loi
  l) en eux. » -  XVII. 0, 26; - d'après ces passages il est évident que
  le Seigneur quant au Divin Humain est le Nom de Jéhovah, ou toute
 Qualité de Jéhovah, de là tout culle Divin existe par le Divin Hu~
  main, et c'est ce Divin qu'on doit aùOl'el', cal' ainsi l'on adol'e le
 Divin Même, jusqu'auquel autrement aucune pensée ne parvient,
 et si nulle pensée n'y parvient, il n'y a non plus aucune conjonction.
 Que le Nom du Seigneur soit le tout de la foi et de l'amour, par quoi
 le Seigneur doit être adore, on le voit en outre clairement par ces
 passages, ùans Matlhieu : " Vous serez haïs de tous ù cause de Mon
 » Nom, » - X. 22. - Dans le Même: (( Celui qui reçoit un tel en­
 » fant en Mon Nom, Me reçoit. » -        XVIII. G. - Dans le Même:
 « Quiconqne aura quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou pèl'e, ou
 Il mère, ou épouse, ou enfants, ou champs, à cause de Mon Nom,

 » recevra le centuple,»- XIX. 29. - Dansle Même: (( lis criaient:
 Il Osanna au Fils de David! Béni (soit) celui qui vient au Nom du

 » Seignew·. » - XXI. 9. - Dans Luc: « En vérité, je vous dis que
 » vous ne lIe verrez point, jusqu'à ce qu'il alTive qne vous disiez:
 » Béni (soit) celui qui vient au Nom du Seigneur. » - XIll. 35.­
 Dans ['Iarc : « Quiconque vous donnera 11 boire un verre d'eau en
 » Mon Nom, parce que vous êtes à Christ, en vérité je vous dis:
 » Il ne perdra pas sa récompense. Il - IX. ~ f • - Dans Luc: Il Ils
 » revinrent les soixante-dix avec joie, disant: Seigneur! même les
 » démons nous obéissent en Ton Nom. Jésus leUl' dit: En cela ne
» vous réjouissez point, que les esprils vous obéissent, mais l'éjouis­
 » sez-vous plutôt de ce que vos Noms ont été écrits dans le Ciel. »
- X.17, 20; - les Noms ecrits clans le Ciel, ce ne sont pas leurs
Noms, mais c'est la qualité de leur foi et de leUl' charité: pareille­
ment les Noms écrits dans !G Line de Vie, dans l'Apocalypse;
(( Tu as quelque pen de Noms aussi dans Sardes, qui n'ont point
» souillé leurs vêtements; celui qui vaincra, celui-là sera couvert de
» vêtements blancs, et je n'c!T(tcerai. point son Nom du Livl'e de Vie,
» et je confesserai,son Nom devant mon Père et devant ses Anges. »
-- lIi. 4., 5. - Pareillement dans Jean: "Celui qui entre pal' la
~ porte est le pasteur des brebis; celui-ci nppc{{c scs pl'Opres brebis
EXODE, CHAP. PRE~IŒl{.                              29
 Il par lew' Nopl. » -    X. 2, 3. - Dans l'Exodc : « Jéhovah dit à
 Il Moïse: Je t'ai cOlllm par (ton) Nom. Il -   XXXIlI. ·f 2, 17. - Dans
Jean: « Plusieurs crurent en Son Nom, voyant ses signes, qu'il fai­
 » sait. » - II.23, - Dans le Même: « Celui qui croit en Lui n'cst
 » point jugé; mais celui qui ne croit point a déjà etéjugé, pm'ce qu'il
 » n'a point cru au Nom du Fils Unique de Dieu. » - III. ,18. Dans
Esaïe: « Ils cl'aindront depuis le couchant le Nom de Jéhovah. » ­
LlX. ,19. - Dans Michée: « Tous les peuples marchent, chacun au
 » Nom de son Dieu; et nous, nous marcherons au Nom de Jéhovah
» notre JJiru. » -1 V. t'l. - Dans l'Iloïse : « Ils devaient adorel' Jélw­
Il vah leur Dieu dans le lieu qu'il devait choisir et où. il devait meUre

Il .wnNom. » -      Deutér. XII. a, ,l,l, 14.;-pareillement dans Esaïe,
XVHI. 7; et dans Jérémie, VII. '12; et en outre dans plusieurs autres
passages, comme, Esaïe, XXVI. 8, ,13. XLI. 2;). XLIII. 7. XLIX. ,1.
L.10. LII. 5. LXII. 2. J6r6m. XXIII. 27. XXVI. ,16. Ezéch. XX.
,14, H. XXXVI. 2'1,22,23. Mich. V. 3.lIalach. 1. 1,1. Deutér. X. S.
Apoe. II. ,17. III. 12. XIII. 8. XVII. 8. XIV. H. XV. 2. XIX. 12,'13,
1G. XXII. 3, L - Que le Nom de Jéhovah soit tout ce pal' quoi il est
adoré, ainsi dans le sens suprême tout ce qui procède du Seigneur,
on le voit par la Bénédiction: « Que Jéhovah le bénisse ct te garde!
» que Jéhovah fasse luire ses faces sur toi et ait pitié de loi! que
» Jéhovah 1ère ses races SUI' toi et te ùonne la pai:.! ainsi ils mettront
» mon lYom sur les fils d'Isrltël. » - ~omb. YI. 23 il 27. -lfain­
tenant, d'après ces passages, on voit clairement cc qui est entendu
pal' ce Précepte du Décalogue: « Tu ne pl'entlras point le 1Vam de ton
» Dieu en vain, parce que Jéhoyah ne tiendra point pOUl' innocent
» celui qui prendm son Nom en vain. » - Exod. XX. 7. - Puis ce
qui est entcndu dans l'Oraison Dominicale par {( qn'il soit sanctifié
» J'on Nom! » - Uatth. VI. 9.
   GGï5. Et il dit ; qltltlzd VOltS accoucherez les lIé(JI";u.~e.ç, et t'ou.~
l'errez sm' les siégcs, signifie l'aperception du vra.i et du bien inf!1Ut1It
de l'ln terne dans les scientifiques de l'.Église; cela est évident, par la
signification d'accoucher, en ce que c'est la réccption dl! bien ct du
vrai influant de l'Inte;ne dans le nalmel, car la sage-femme est le
naturel, en tant qu'ilrcçoit l'influx, voir N0 H>88, 6673; par la signi­
I~ation dcs Hébrcuses, en ce qll'cllcs sOIltles choses qui appartien­
lient à l'li:glise, No' 51 36, ;i23G; pal' la sig-nification de l'ail', cn CC
;10                    .HCANES Cl~LESTES.
que c'est l'aperception, N°s 2150, 3761., 4.567, 4723,5:.00; et parla
signification des siéges> en cc que cc sont dans le naturel les choses
qui reçoivent les biens et les vrais influant de l'Interne, ainsi ce sont
les vrais scientifiques, Cat' ces vrais reçoivent: de là, il est bien évi­
dent que ces mots, quand vous accoucherez les l/éln'cuscs> et vous
verrez SUI' les siéges > signifient l'aperception du vrai ct du bien
influant de l'Intcl'llo dans les scientifiques de ntglise, qui sont dans
le naturel.
   6676. Si c'est un fils, vous le luerez, signifie si c'est un m'ai, de le
<Iélmil'c de let manièl'c qu'ils pourmient : on le voiL pal' la significa­
tion du fils, en cc qu'il est le vrai, l.'0s qS9, li9'I, !)33, H 41, 2623,
:3373; et par la signification de luer, en ce que c'est détruil'e, car cela
est diLdu vrai; mais de détruire de la manière qu'ils pourraient, cal'
les méchants ne pourent pas ùétruire les vrais chez los bons.
    6677. Si c'est Ulle {tUe, et qn'elle vive, ,çignifie si c'est un bien> de
lie le point démtirc : on le voit par la signification de la {tl/e, en ce
qu'elle est le bien , ~os !J·89 , ,HlO , q.9'1, 2362; et par la signification
de vivre, en ce que c'cst cc qui nc doit pas être détruit. La raison
pour laquelle le roi cl'J;:gyptü a dit de tuel' le fils, mais non la fille,
devient évidente pal' le sens interne, qui est qu'ils devaient s'efforcer
de délruil'e le vrai, mais non le bien; en elfet, quanclles infernaux
jnfestent, il leur est permis d'attaquer les vrais, mais non les biens;
et cela, parce que cc sont les 'l'ais qui peuvent être assaillis, mais
 non les biens, ceux-ci sont sous la tutelle du Seignem', et quand les
 infernaux essaient d'attaquer les biens, ils sont précipités profondé­
 ment dans l'enfer, car ils ne peuvent soutenir la présence du bien,
 parce que le Seignenr est présent dans tout bien; de là vient que les
 Anges, parce qu'ils sont dans le bien, ont SUl' les espl'ils infel'l1aux
 lm si grand pouvoir, qu'un seul d'entre eux peut dompter des mil­
 liers d'infel'l1aux : il faut qu'on sache que dans le bien il y a la vie,
 car le bien appartient il l'amollI', ct l'amour est la vic de l'homme; si
 le mal, qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du monde, et est
 un bien apparent pour ceux qui sont dans ces amours, attaque le bien
 qui appartient il l'amour céleste, la vie de l'un combat contre la vie
 de l'autre, et comme la vic qui procède du bien de l'amour céleste
 vient du Divin, c'est pour cela que si la vie qui provient de l'amour
 de soi et du monùe est en collision avec clle , elle commence alors à
EXODE, CHAP. PHEMIET:.                            ,.li

s'éteindre, cal' ellc est suffoquée, et ainsi les infernaux sont dans des
tourments, comme l'homme qui est dans l'agonie de la mort; en
conséquence ils se précipitent dans l'enfer, où ils recouvrent de nou­
veau leur vie, voil' N°s 3938,4225,4226, lS057, 5058: c'est aussi
pour cette raison que le bien ne peut être affaibli pal' les mauvais
génies et les mauvais esprits, et qu'ainsi ces génies et ces esprits
n'osent pas détruire le bien; il en est autrement du vrai, il n'a point
la vie en soi, mais il l'a par le bien, c'est-à-dire, par le Seigneur au
moyen du bien,
   6678. Et les urgcs-femmes craignaicllt Dieu, signifie quc Ics
11rais scientifiques éta.iel1t gardés, ]Jal'ee qu'ils pl'océdaicnt dit
Divin: on le voit par la signification de C1'aindre Dieu, en ce que
c'est garder cc quc le Divin a commandé; car ccux. qui craignent
Dieu gardent les commandcments; mais, comme toute crainte
sainte, et, par suite, robéissance et la garde des commande­
ments vicnnent du Divin et nullemcnt de ['homme, c'est pour
cela quc, par clles craignaient Dieu, il est sign ifié qu'ils étaient
gardés par le Divin; et, pal' la signification des .~ages - femmes,
én ce qu'elles sont le naturel oit étaicnt les nais scientifiques,
N°' 4588, 6673, 6675.
   6679. El clics lie firent 1JOint comme ICllr avait pm'Ié Ic roi
d'Egyple, signifie qu'il ne (ut point (ait sclon que s'efforç{tÎcnl
ceu,x qui éwient dans le faux: on le voit par la signilication de;
elles ne firent point comme avait parlé, en ce que c'est qu'il ne fut
pas fait selon qu'ils s'cfi"orçaicnt, c'cst-à-dire, qu'ils n'ont pas
pu détruire les vrais, qui sont signifiés par les fils, mais qu'ils
s'efforçaient cie détruirc de toute manière possihle, No 6676; et
par la signification du roi d'Égypte, en ce qu'il est le scientifi­
que séparé qui agit contre le vrai de l'tglise, )"0 66:)1, ainsi le
faux" car le scientifique est le faux.
   6680. Et elles vivifiaient les enfants mâles, signilï.e que (('s vra;s
étaient conservés, 7Jarce qu'ils appartenaient au bien: on le voit
par la signification de vivifier, en ce que c'est conserver, et
pal' la signiJication des fils, qui ici sont appelés enf{tnts (mâles},
en çe qu'ils sont les vrais, 1"0 6676: ici les fils sont appelés en­
fants, parce que les enfants signifient le bien de l'innocence,
32                     ARCA~ES CÉLESTES.
N0s 4,30, 2782, 5236; c'est pourquoi les enfants ici sont les Hais
qui appaltiennent au bien.
  668·1. Et le roi d'Egypte appela les sages-(emmes, signifie que
ceux qui étaient dans les (aux (armaient un dessein contre ceux
qui étaient dans les vmis scientifiques dans le naturel: on le voit
par la signification d'appeler, en ce qu'ici c'est former un des­
sein; car le motif de l'appel était de détruire les vrais; mais
le dessein devint inutile, parce que les vrais étaient gardés par
le Divin, ce qui est signilié par [es sages-(emmes cmignaient
Dieu, 10 6678 : effectivement, dans l'autre vie, les méchants,
qui infestent les bons, forment entr'eux. des desseins; ce qu'il
m'a aussi été donné de savoir par expérience; par la significa­
tion du roi d'Egypte, en ce que ce sont ceux qui sont dans les
faux., 10 6679; et, par la signification des sages-femmes, en ce
qu'elles sont Je naturel où sont les vrais scientifiques, Nos 4,588,
6673, 6675, 6678 : de là il est évident que ces mots: le roi
d'Eg!Jpte appela les sage.s-(c1nllles, signifient que ceux. qui étaient
dans les faux. formaient un dessein contre ccux qui étaient dans
les vrais scien tifiques dans le naturel.
     6682. Et il leur dit: Pourquoi (aites-vous celte eh ose , et vivi­
fiez-vous les en({Lllts mêLles? signifie la colère de cc que les vrais
n'éta.ient point détrnits : on le voit par la signification de : Pour­
quoi faites-vous celle chose? en ce que ce sont des paroles de
reproche, ainsi de colère; par la signification de vivifier, en
ce que c'est ne point détruire, comme ci-dessus, l'i 0s 6677,
6680; ct par la signification des enfants, en ce que cc sont
les vrais qui appartiennent au bien, 10 6680.
   6683. Et les sages-(emmes dirent à Pharaon, signifie l'apercep­
tion touchant ces vrais scientifiques dans le naturel : on le voit pal'
la signification de dire dans les historiques de la Parole, en ce
que c'est l'aperception, ainsi qu'il a été souvent montré; pal'
la signification des sages-(emmes, en ce qu'elles sont les vrais
seientifiques clans le naturel, 10 6681 ; et par la représentation
de PlutJ"(wn, en ce que ce sont les scientifiques faux clans le
commun, 1os 6679, 6681.
   768~. Parce que, non comme IfS Femmes J!;gyptiennes, le.~
fiévreuses, signifie que le.ç scicn/ifiqu('.~ de l'E,lise ne sont point
EXODE, CHAP. PREMIER.                                33
tels lJue sont les scientifiques opposés à eux; on le voit par la
signification des femmes Héb7'euses, en ce qu'elles sont les choses
qui appartiennent à l'Église, N°s 5136, 5236, 6673, 6675; et par
la signification des femmes Égyptiennes, en ce qu'elles sont les
choses qui sont ·contre celles qui appartiennent à l'Église; que
ce soient .les scientifiques, cela .est évident d'après ce qui pré­
cède, ,puis, d'après la signiHcatioIl de l'Égypte, en ce que ce
sont les scientifiques, N° 6638, ici. les scientifiques opposés aux
 vrais scientifiques de l'Église; que les femmes soient les choses
 qui ~ppal'lienn.ent à l'Église, on le voit N6S 252, 253.
     66.85. Car vives elles sont, signi[te ,qu'en eux il ya la vie &pi­
 rituelle; 0.0 le voit par la signification de vivre, en ce que ,C'est la vie
 spirituelle, N° 5890, ic.i la viespil'ituelle dans les choses qui
 appartiennent à l'Église; lesquelles sont signifiées par les femmes
 Hébreuses. Il a déjà été dit qu.elquefois ce que c'est que la vie
 spirituelle; mais, comme il en est peu aujourd'hui qui sachent
 ce que c'est que le spirituel, N m'est permis d'exposer encore
 en ,peu de mots ce que c'est; Le Spirituel, dans sa premièl'e
 ?ri,gine ,est le Divin Vrai procédant du Diwin Humain du Sei­
 gneur, Vrai qui a en soi le Divin Hien, parce que le Divin Vrai
 sort du Divin Humain du SeigneUl', Qui est le Divin Bien; ce
 Divin Vrai, dans lequel est le Divin Bien, est le Spirituel même
  dans son origine, et il est la vic même qui remplit le Ciel, et
 qui, de plus, remplit l'univers; et là où est un sujet, il influe;
 mais, dans les sujets, il est varié selon la forme; dans les su­
  jets qui concordent avec le bien, il y fixe la vie spirituelle; mais,
  dans les sujets qui sont en discordance avec le bien, il y fixe la vie
  opposée à la vie spiriwelle, et qui dans la Pafûle est appelée
 }I()rt : par là, maintenant on voit ce que c'est que la vie spiri­
  tuelle, c'est-à-dire que c'est être dans les vrais par le bien, qui
  procèdent du Seigneur.
      6686. Avant que vienne à elles la sage-femme, et elle.~ ont en­
  fanté, -signifie que le natU7'el ne le sait pas avant que la vie soit
 ~m eux; savoir, dans les vrais scientifiques qui appaltie
                                                                   nnent à
  l'Église: on le voit par la signification. de la sage-femme, en ce
  (IU'elle est le Naturel où sont les vrais scientifiques qui appar­
   lJennent à l'Église, ro 668,1; et par la significalion d'en(ante7',
            XI.                                                 a
:l-i                  ARCA,,"F:.S CI~LESTES.
 Cil   te que ce sont les choses qui appartiennent il la foi et Il
   la charité, ~os 3860, 3868, 3905, 39.15, ainsi celles qui appar­
  tiennent à la vie spirituelle; que le Naturel ne sait pas, cela est
  signifié par avant que vienne à elles La Sltge·femme. Quant à ce
  que le Naturel ne sait pas avant que la "ie soit dans les vrais
  ~ientifiques, voici ce qu'il en est: La vie dans les vrais scien­
  tifiques dans le naturel vient toute du bien qui influe par l'in­
  terne; quand le bien influe, le naturel n'en sait absolument rien.
 pal'ce que le naturel est dans l'obscur respectivement; s'il est dans
 l'obscur, c'est parce qu'il est dans la lumière du monde, et pal' là,
 en même temps, dans les choses mondaines, et quand la lu­
 mière du Ciel influe dans ces choses, l'aperception devient
 obscure; c'est aussi parce que dans le naturel sont les com­
muns, qui ne sont pas perceptibles des singuliers; car, plus
 une chose est commune, moins elle perçoit les singuliers; et par
suite, moins elle pCl'çoiL les contingents qui existent chez elle;
et, en outre, dans le naturel, il n'y a point les biens mêmes.
ni les vrais mêmes, mais il y a des représentatifs de ces biens et
de ces vrais; de là vient donc que le naturel ne sait pas quand la vic
est dans les vrais scientifiques, conséquemment, il ne sait pas
quand il est regénéré, ni comment il l'est, selon les paroles du Sei­
gneur, dans Jean: « L'Esprit (le vent) souffle où il veut, et tu en
 li entends le bruit, mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va; il en est

" ainsi de quiconque est régénéré par l'Esprit. » -lII. 8. - Par
le naturel est entendu l'homme Externe, qui est aussi appelé
Homme Naturel.
     6687. Et Dicl' (tt du bien aux sages-femmes, signi(te que Le lla­
lUl'eL fut béni par Le Divin: on le voit par la signification de faire
cl!/' bien, lorsque cela est dit de Dieu, en ce que c'est bénir; et par
la signification des sages-femmes, en ce qu'elles sont le natureloil
sont les vrais scientifiques, N°s 4-588,6673, .6675, 6678.
   6688. Et le peupLe se multipLiait, et iLs devinrent très-nombreux?
sigllifie que Les vrais y étaient produil3 continueLLement, et ainsi
croissaient: cela est évident, d'après ce qui a été dit ci-dessus,
No 664-8, où sont de semblables paroles; que le peuple se dise des
vrais, on le voit N°s 1259, ~ 2.60, 3295, 358'.
   6689. Et il arriva que, pm'ce que lcs SCtges-(enlmcs clt'aient
EXODE, CHAP.        PRE~lIER.                    35
craint Dieu, signifie pa.rce que les vrais scienûfiques étaient gardés
 par le Divin; on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N0 6678,
où sont de semblables paroles.
    6690. Et il leur fit des maisons, signifie qu'ils étaient dispo­
sés dans la fOTlne céleste, savoir, les vrais scientifiques dans le na­
 tUl'el: on le voit par la signification de la maison, en ce que c'est le
mental naturel, N°s 4,973, 50~3, ainsi les c.hoses qui appartiennent
 à ce mental, qui ici, parce que cela est dit des sages-femmes, sont
 les vrais scientifiques dans le natul'el, N° 6687: leur faire des mai­
sons, c'est donc les disposer en ordre, et ils sont disposés en ordre,
-quand ils le sont dans la forme céleste. Que ce soit là ce qui est si­
gnifié par leU' faire des maisons, il n'est pas facile de le savoir,
1 moins qu'on ne sache comment les choses se passent il l'é­
gard des vrais scientifiques qui appartiennent au mental natu­
rel; il faut donc le dire en peu de mots: les scientifiques dans
le naturel ont été disposés en sél'ies continues; il Y a collé­
rence d'une série avec une autre, et ainsi de toutes les séries,
selon les diverses affinités et parentés; il en est de ces scien­
l.ifiques presque de même que des familles et de leurs génél'ations ;
(ln effet, l'un nait de l'autre, et c'est ainsi qu'ils sont produits;
{je là vient que les choses qui appartiennent au mental, savoir, les
biens et les vrais, ont été appelés par les anciens maisons; le bien
 qui y régnait, père, ct le ""ai adjoint à ce bien, mère, et les dé­
 rivations, fils, filles, gendres, brus, et ainsi du reste: mais
 ,la disposition des vrais scientifiques dans le naturel varie chez
chaque homme; en effet, l'amour dominant leur donne la forme;
 cet aQlOur est dans le milleu, et il les met tous en ordre autour de
 lui; il place le plus près de lui ceux qui lui conviennent le plus,
 et dispose les autres en ordre, selon les convenances; de là,
 la forme pour les scientifiques: si l'amour céleste domine, ils
 y sont tous disposés par le Seigneur dans la forme céleste, qui
 est une forme teUe qu'est celle du Ciel, ainsi la forme du
 bien même de l'amour; dans cette forme sont disposés les vrais;
 (IUand ils ont été ainsi disposés, ils font un avec le bien; et alors.
  quand l'un est excité par le Seigneur, l'autre est excité, savoir,
 <1uc'llld les choses qui appartiennent à la fOi f-ont excitées, celles
  qui appartiennent 11 la charité le sont, ct t·ice versâ ; telle est la
:jô                     AHCANP:S CÉLESTES.
ùispol>itiol1 qui est signifiée par ces mots: Dieu fit des   maj.~0/u   au.v
.~age$-remme$   .
   669t. Vers. 22. Et Plwraon commanda à tout son peuple, en
disant: Tout fils qui sem n.é, dans le fleuve .ictez-le; et toute fille,
"ivi(tez-la. - Et Phal-ewn commanda à tout son peuple, signifie
l'intlnx commun dans les scicntifiq'ues opposés aux vrais de l'É­
glise: en cüscmt : tout (tls qui naÎtra, dans le fleuve jetez-le, signifie
qu'ils plongeraient dans les faux tou~ les vrais qui se présentent;
et toute fille, vivifiez-la, signifie qu'ils n'attaqueraient pas le bien_
  6692. Et Phal'aon commemda à tout le peuple, signifie l'influx
commun dans les scientifiques opposés aux vrais de l'Église: on le
voit par la signification de commander, en ce que c'est l'influx,
N°s 54.86,   5732, ici l'intlux commun, parce que celui qui com­
mande est Pharaon, par lequel est. représenté le scientifique dans
le commun, N° 60,15; ct par la signification du peuple de Pharaon,
en cc que ce sont les scientifiques opposés aux Vrais de l'Église;
que les I::gypl iens, qui ici sont le peuple, soient les Screntifiques,
c'est ce qui a été souvent montré, voi,' N° 6638. Si les Égyptiens
signifient les scientifiques opposés aux vrais de l'Église, c'est parce
que les représentatifs et les significatifs de l'Église Ancienne,
Église qui avait aussi été chez eux, y avaient été tournés en magie,
car par les représentatifs ct les significatifs de l'Église dans ce
 temps il y avait communication avec le Ciel; cette communication
était chez ceux qui vivaient dans le bien de la charité, et ouverte
chez plusieUl's, tandis que chez ceux qui vivaient non pas dans le
 bien de la charité, mais dans les opposés, il était quelquefois donné
 une communication ouverte avec les mauvais esprits, qui perver­
 tirent tous les vrais de l'Église, et avec les vrais pervertis détrui­
 sirent les biens, de là les opérations'magiques; c'est aussi ce qu'on
 peut voir par les Hiéroglyphes des Égyptiens, dont ils se servaient
 même dans les cérémonïes sacrées, car par eux ils signifiaient les
 spirituels, et ils pervertirent l'ordre Divin. La magie n'est autre
 chose que la perversion de l'ordre, c'est principalement l'abus des
 correspondances; l'ordre est, que les biens et les vrais qui procèdent
 du Seigneur soient reçus par l'homme, quand cela arrive, l'ol'dre
  existe dans les plus petites choses que l'homme sc propose et pense;
  aH contJ'aire quand l'homme ne l'eçoit pas les biens et les vrais selon
EXODE, CHAP. PREMIER.                              37
l'ordre, qui est par le Seigneur. mals croit que tout suit un cours
aveugle, et que s'il existe quelque chose de déterminé, cela appar­          ,j
tient à la prudence propre, il pervertit l'ordre, car il s'applique à
lui-même ce qui appartient à l'ordre, de sorte qu'il pourvoit seule­
ment à ses intérêts et non à ceux du prochain, à moins que celui-ci
ne lui soit favorable; de là, chose étonnante, tous ceux qui sont
fOI'tement convaincus que tout appartient à la propre prudence, et
rien à la Divine Providence, sont dans l'autre vie très-enclins à la
Magie, et s'en imbibent même autant qu'ils peuvent; surtout ceux
qui, s'étant fiCs à eux-mêmes et ayant attribué toutes choses à leur
propre prudence, Qnt imaginé un grand nombre d'artifices et de
fourberies pour s'élever au-dessus des autres; quand de tels hommes
ont été jugés dans l'autre vie, ils sont jetés vers les enfers des ma­
giciens, qui sont dans le plan sous les plantes des pieds à droite
un peu sur le devant, s'étendant il une grande distance, dans les
plus profonds desquels sont les Égyptiens: de là vient que Pharaon,
les Égyptiens et r:t<:gypte signifient les scientifiques opposés aux
vrais de l'Église. Afin donc que les représentatifs et les significa­
tifs de l'Église ne fussent point changés en magie, il fut fait choix
du peuple Israëlite, chez qui les représentatifs. et les significatifs de
l'Église seraient restaurés; ce peuple était tel, qu'il ne pouvait pas
en faire de la magie, car il était absolument dans les externes et
n'avait aucune foi qu'il y eût quelque cllose d'interne, ni, à plus
forte raison, qu'il y eût quelque chose de spirituel; chez de tels
hommes la magie ne peut exister, telle qu~elle ét().it chez les Égyp~
tiens.
   669:3. En disant: tout fils qui naÎtra, MilS le fleuve jetez-le.
lignifie qu'ils p(ongeraient dans les faux tous les vrais qui se pré­
sentent: on le voit par la signification du fils. en ce qu'il est le vrai,
Nos i89, 4.9t, 533, 114.7, 2623, 3373; et par la signification du
fleuve. en ce que ce sont les choses qui appartiennent à .'intelIi·
genee, No~ 4,,08, 109, 2702, 3051, ici dans le sens opposé, les choses
qui sont contraires, ain,Si les faux;. que jeter, ce soit plonger, cela
est évident. Que le fleuve d'Égypte soit le contraire de l'intelligence,
par conséquent le faux, on le voit aussi dans Ésaïe: «Ils se retirc­
1> l'ont les fleuves. Ils s'abaisseront ct seront à sec le.~ flCIlves d'É.

Il gypte, les papyrus près du fleuve, prl~s de l'embouchure du fleuve,
38                     .HCANES CÉLESTES.
Il   ct toute semellce du fleuve séchera, sera frappée; et c'est poul'qUOt
»    ils seront dans le deuil les pêcheurs, et ils seront tristes tous ceux..
II qui jettent dans le fleuve le hameçon, et ceux qui étendent le filet

» sur les (aces des eaux langlliront. II - XIX. 6, 7, 8; - ici par
le fleuve d'Égypte il n'est pas entendu un fleuve, ni, par. les pê­
cheurs, des pêcheurs, mais il est entendu d'autres choses qui ne se
découvrent pas, à moins qu'on ne sache ce qui est signifié par
l'Égypte, par le fleuve d'Égypte et par les pêcheurs, si on le sait, le
sens se découvre; que le fleuve d'Égypte signifie le faux, on le voit
clairement par chaque expression de ce passage. Dans Jérémie:
 " Qui (est) celui-ci qui comme un fleuve monle, dont les eaux
 » comme des fleuves, sont agitées? (C'est) l'Égypte, ,comme un fleuve'
 II eUe monte, et comme des fleuves sont agitées ses eaux, car elle dit:

 II Je monterai, je couvrirai la terre, je détruirai la ville et ceux qui

 II y habitent. » -    XLVI. 7,8; - ici aussi le fleuve d'Égypte, ce sont
 les faux; montet' et couvrü'la terre, c'est agir ainsi envers l'Église;
 détruire la ville, c'est détruire la doctrine de l'Église; et ceux qui
 y habitent, ce sont les biens qui en proviennent; que la tene soit
 l'Église, on le voit N° 6649; et la ville, la doctrine de l'Église,
 N0s 402, 2.H9, 32,/6, 4492, 44.93; et ceux qui y habitent, les biens
  qui y sont, N°s 2268, 2451, 2712. Dans Ezéchiel: u Me voici
  II contre toi, Pharaon, roi d'Égypte, grande baleine, qui couche au

  II milieu de ses fleuves; qui a dit: A moi le fleuve, et moi je me

  >! suis fait moi-même; c'est pourquoi je mettrai des harpons dans
  » tes mâchoires, et je ferai attacher les poissons de tes fleuves à tes
  .. écailles, et je te ferai monter du milieu de te.s fleuves, de sorte qu~
   • tout poisson de tes fleuves soit attaché à tes écailles; je te laisserai
  }) dans le désert toi et tout poisson de tes fleuves. » - XXIX. 3, 4.,
  5, 9, 10 ; - ce que ces paroles signifient, personne ne peut le sa­
  voir sans le sens interne; il est bien évident que ce n'est point
   l'Égypte qui est entendue; ainsi, on ne peut le savoir, à moins
   qu'on ne sache ce que c'est que Pharaon, ce que c'est que la ba­
   leine, le poisson, les écailles; que Pharaon soit le naturel où est
   le scièntifique, on le voit N°s 5-160, 5799, 6015; et les baleines,
   les communs des scientifiques qui sont dans le naturel, No 42; et
   les poissons, les scientifiques sous le commun, Nos 40, 99,1 ; les'
    ~cailles sont les choses qui sont entièrement externes, ainsi les sen­
EXODE, CHAP. PREMIEIL                              39
:iuels, auxquels s'attachent les scientifiques qui sont faux; cela
-étant connu, on voit clairement ce qui est entendu dans ce pas­
sage par le fleuve d'Égypte, c'est-à-dire que c'est le faux. Dans le
Même: l< Dans ce jour, où Pharaon doit descendre dans l'enfer, je
 » ferai mener deuil, je couvril'ai sur lui l'abîme, et j'an'ête1'ui ses
 » fleuves, et ses gl'andes eaux seront retenues. }) - XXXI. 15.­
 Dans Amos: « Pour cela ne sera-t-elle pas ébranlée, la terre? et ne
 }) seront-ils pas dans le deuil tous ceux qui y habitent? de sorte
 }) qu'elle monte comme une rivière toute entière, et qu'elle soit
 » emportée, et qu'elle soit submergée comme pa1' le fleuve d' l~gypte :
 » en ce jour-là je ferai·coucher le soleil à midi, et je couvrirai de
 » ténèbres la terre dans le jour de lumière. » - VIII. 8, 9. IX. 5 ;
 -la terre qui sera ébranlée, c'cst l'Église, .Nu 664.9; être sub­
 mergée comme par le fleuve d'Égypte, c'est péril' par les faux; et
 comme les faux sont signifiés, il est dit que le soleil se couchera à
 midi, et que la terre sera couverte de ténèbres dans le jour de lu­
 mière; le soleil qui se couchel'a à midi signifie que le bien de l'a­
 mour céleste se retirera, et la terre qui sera couverte de ténèbres
 dans le jour de lumièl'e signifie que les faux s'empareront de l'É­
 glise; que le Soleil soit le bien de l'amour céleste, on le voit N°s
  '1529, 1530, 24,,}'1, 2495, 3636, 3643, 4-060, 4696; et les ténèbres,
  les faux, N°s 1839, '1860, U·18, 4-53,1 ; et la terre, l'ltglise, N°~ 82,
662,1066,1067,1262,0140101,14.'13,1607, '1733,1850,21117, 2H 8 L,
2928, 3355, 44''7, 4535, 5577; chacun peut yoil' qu'il est signi[1t~
d'autres choses que celles qui se montrent là dans la lettre, où il
cst dit que la terre sera ébl'anlée, que tous ceux qui y habitent
seront dans le deuil; que le soleil se couchera à midi, et que la terre
sera qHlverte de ténèbres dans le jour de lumière; si l'Église n'est.
pas entendue par la terre, le faux pal' le fleuve, l'amour céleste par
le soleil, on n'y trouve aucun sens qui puisse être expliqué. Pal'
cela même que le fleuve d'Égypte signifie le faux, il a été commandé
à Moïse « de frapper avec son bâton SU1' les eauX de ce fleuve, et par
là elles fUl'ent changées Cil. sang, et dans le fleuve mourut tout le
poisson, et le fleuve fut infecté.» -Exod. VII. '17, '18,20,2'1; - et
 aussi de dim à Aharon « d'étendre la main avec son bàtou SU1' les
 torrents, Sur les fleuves et SU1' les (!tangs) d'oil les grenouilles 1110n­
 1~.J'ent SUl' la terre d'Ég~'pte. " - 'Exod. VHI.l, '2; - qu.e le:o­
1.0                   ARCAl.~ES CÉLESTES,
eaux dans le iens opposé signifient les faux, on le voit N° 790; e~
comme les eaux composent le fleuve, le fleuve est respectivement
le faux dans le commun.
   669i. Et toute fille, vivifiez-la, signifie qu'ils n'attaqueraient pas
le bien: on le voit d'après ce qm a été dit ckicssus, No 6677, où
sont de semblables expressions.


                 DIS HABl1ANTS DtS AUTRES TERRES.

      6695. Puisque, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, les.
intérieurs qui appartiennent à mon' esprit, m'ont été ouverts, ­
et par ce moyen il m'a ét~ donné de ~arler avec ceux qui sont dans.
l'autre vie, non·seulement avec ceux qui sont de, cetteterre , mais
aussi avec ceux qui sont des autres terres, - IJUis dOliC que mon,
désir a été de savoir s'il y a d'autres terres, et que tes choses qu'il
 m'a été donné de savoir sont dlgftes d'être rapportées, il m'est
 permis de les présenter à la lift des Chapitres suivants. J'ai parlé.
 non pas avec les habitant~ mêmes des terres, mais a'Vec les espl'its,
 et les anges qui y avaient habité; et cela, non pendant un jour Ott
 une semaine, mais pendant plusieurs mais, avec une manifeste
 instruction, procédant du Ciel d'où ils étaient. Qu'il y ait plusieurs,
 Terres, et sur elles des hommes, et par conséquent des csprits et.
 des anges, c'est ce qui est bien connu dans l'autre vie, car il est,
 accordé à chacun de parler avec eux, s'il le désire.
     6696. Il Ya des Esprits qui, dans le Très-Grand Homme, re­
 présentent la Mémoire, ces esprits sont de la Planète de Mercure ;;
 il leur est permis d'aller de tous côtés, et d'acquérir les connais",.
  sances des choses qui sont dans l'univers; et il leur est aussi per­
 mis de passer du monde de ce Soleil dans les autres mondes; ils
 m'ont dit qu'il ya des Terres, habitées par des hommes, non·seu-.
  lement dans ce monde, mais aussi dans l'univers, en nombre im~,
  mense.
      6697, J'ai parlé quelquefois avec des Esprits sur ce sujet, et il a
  été dit que l'homme qui jouit d'un bon entendement peut savoir,
  ~'après beaucoup de choses qu'il connaît, qu'il ya plusieurs Terres,
  ~t. qu'elles sont habitées par des hommes; car d'après le rationne
EXODE, CHAP. PREMiER.                           H
     il peut conclure que des masses aussi grandes que le sont les pla-
     nètes, dont quelques-unes surpassent en grandeur cette teITt:, ne
     sont pas des masses inhabitées, et créées seulement pour sc pro-
     mener autour du Soleil et donner un peu de lumière à une seule
     terre, mais qu'il faut que leur usage soit plus important que cela.
     Celui qui croit, comme chacun doit le croire, que le Divin n'a pas
     créé l'univers pour un autre but, qu'afin qu'il existe un genre hu-
     main, et par suite un Ciel, ~ le genre humain est la pépinière du
    Ciel, ne peut fail'e autrement que de croire qu'il y a dC8 hommes
     partout où il y a une terre. Que les Planètes, qui sont visibles à
    nos yeux, parce qu'elles sont au-dedans des limites du monde de
    notre Soleil, soient des Terres, on peut le savoir d'une manière
    manifeste, en ce qu'elles sont des corps de matière terrestre, puis-
    qu'elles réfléchissent la lumière du Soleil; et aussi en cc qu'elles
    sont, comme notTe tene, portées autour du Soleil, ct donnent par
    suite les années et les temps de l'année, savoil" le printemps, l'été,
    l'automne et l'hiver, avec variations selon les climats j ct qu'elles
    ont encore, comme notre terre, un mouvement de rotation autour
   de leUl' axe, et donnent par suite les jours et les temps du jOlll',
   savoir le matin, le midi, le soir et la nuit; et de plus, en cc que
   quelques-unes d'entre elles ont des Lunes, qui sont appelées Satel-
   lites, et qui tournent en des temps déterminés autour de leU' globe,
, comme la lune autour du nôtre; ct en ce que la Planète de Sa-
 turne, parce qu'elle est très-éloignée du Soleil, a aussi un grand
   Anneau lunaire qui donne à cette terre beaucoup de lumière, quoi-
   que ce soit une lumière réfléchie: Quel est l'homme qui, ayant ces
   connaissances et pensant d'après la raison, puisse dire que ce sont
   là des corps sur lesquels il n"y a rien ?,
       6698. En outre je me suis entretenu avec les Esprits sur ce
  qu'il peut être cru pm', l'homme qu'il y a dans l'univers bien plus
  qu'une seule terre, en ce que l'univers visible, éclairé par tant
  d'astres innombrables, est si immense, et cependant ce n'est qu'un
  moyen pour une fin qui est la dernière de la création, laquelle fin
  est le Royaume céleste, dans lequel le Divin puisse habiter; car
  l'univers visible est un moyen pour qu'il existe des 'Terres, et SUI'
  elles des hommes, avec lesquels est formé le Royaume céleste; qui
  ~ut jamais penser qu'un moyen si immense ait été fait pOUl' uue
i2                     .o.RCANES CÉLESTES.
  Jin qui serail si petite et si limitée, s'il n'y avait qu'une seule tel'I'e
  qui fût habitée, et si le Ciel n'existait que d'après cette seule terre?
  Que serait-ce pour le Divin, qui est Infini, et pour lequel des mil­
  liers et même des myriades de terres, et toutes remplies d'habitants,
  seraient peu de chose et à peine quelque chose? De plus, le Ciel
  Angélique est si immense, qu'il correspond aux parties les plus
  petites chez l'homme, et qu'il y a des myriades de choses qui cor­
   respondent à chaque membre, à chaque organe et à chaque viscère;
   et il m'a été donné de savoir que le Ciel ne peut exister, quant à
   toutes ses correspondances, que d'après les habitants d'un tl'ès­
   grand nombre de terres.
        6699. J'ai vu quelquefois comme un grand fleuve continu, à
   droite à une assez grande distance dans le plan de la plante du
   pied; et il m'a été dit par les Anges, que ceux qui sortent des
   mondes viennent par ce chemin, et qu'ils apparaissent comme UJ;l.
   fleuve à cause de leUl' multitude: par la grandeur et le torrent du
   fleuve, j'ai pu juger qu'il afflue par jour des myriades d'hommes;
   par là il m'a aussi été donné de savoir combien les Terres sont
    en grand nombre.
        6700. Quant à ce qui concerne le culte Divin des habitants des
    autres Terres, ceux qui n'y sont pas idolàtres reconnaissent tous le
    Seigneur pour Unique Dieu; il est vrai qu'à l'exception d'un très­
 petit nombre, ils ne savent point que le Seigneur a pris l'Humain
 1 SUi' celte Terre et l'a fait Divin; mais ils adorent le Divin non
} comme un Divin absolument incompréhensible, mais comme com­
) préhensible par une fOl'me Humaine; car lorsque le Divin leur ap­
    paraît, c'est dans cette forme qu'il apparait, comme aussi autrefois
    à Abraham et à d'autres sur cette Terre; et parce qu'ils adorent le
    Divin sous forme Humaine, ils adorent le Seigneur: ils savent
     même que personne ne peut être conjoint au Divin par la foi et
     l'amour, à moins que le Divin ne soit dans une forme, qu'on saisit
     par quelque idée, s'il n'était pas dans une fOl'me, l'idée serait dis­
     sipée, comme la vJ.le dans l'univers. Quand il leur fut dit par des
 ) esprits de notre terre, que le Seigneur a pris l'Humain sur cette
 . terre, ils réfléchh'ent quelques instants, et ensuite ils dirent que
     cela avait été fait pour la salvatiQn du genre humain; et qu'ils
 ) adorent dans le culte le plus saint le Divin qui brille comme Soleil
EXODE, CHAP. PRE')llER.                       u
dans le Ciel, et qui, lorsqu'il apparaît, se présente à la yue dans
une forme Humaine; que le Seigneur apparaisse comme Soleil dans
l'autre vie, et que de là vienne toute lumière du Ciel, on le voit
N°s 1053, '152'1,1529,1530, '1531,3636,3643, ti.060, 4321 f., 5097.
~1ais    dans la suite il. sera rapporté de plus grands détails sur cc
sujet.
  6701. Les Esprits ct les Anges qui sont des autres terres, ont
tous été séparés entre eux selon les terres; ils n'apparaissent pas
dans un seul lieu ensemble; cL cela, parce que les habitants d'une
terre sont d'un tout autre génie que les habitants d'une autre terre;
ils ne sont point non plus ensemble en société dans les cieux, ils y
sont seulement dans le Ciel intime ou troisième Ciel; ceux qui y
viennent y sont ensemble de toutes les terres, et constituent ce
Ciel dans une très-étroite union.
   6702. Ala fin du Chapitre suivant, il sera parlé des Esprits de
la Planète de Mercure.




                           --~
PRE~lIÈRE PARTIE
                                  ou


         LI VRED EL' E X0 DE.

                              ,~,




                    CHAPITRE DEUXIÈME.


                     DOCTRI::'iE DE I.A CtlARITÉ.



    6703. PUisqu'il a été décidé que la Doctrine de la Charité sel'ait
placée devant les Chapitres du Livre de l'Exode, il faut d'abord
 dire ce que c'est que le Prochain, car c'est envers lui que la
 Charité doit être exercée; en effet, si l'on ne sait pas qui
 sont ceux qui sont le Prochain, la Charité peut être exercée sans
distinction de la même manière envers les méchants qu'envers les
 bons: de là la Charité ne devient pas charité; car les méchants,
d'après le bien qu'on leur fait, font du mal au prochain, mais les
 bons lui font du bien.
    6704. La commune opinion, aujourd'hui, c'est que tout homme
est également le prochain, et qu'on doit faire du bien à quiconque
a besoin de secours; mais il est de la prudence Chrétienne de bien
examiner quelle est la vie de l'homme, et d'exercer la charité selon
cette vie: l'homme de l'Eglise interne fait c~la avec distinction,
par conséquent, avec intelligence; au contraire, l'homme dl::
l'Église externe, ne pouvant pas discerner les choses de cette
manière, le fait sans distinction.
   6705. Les Anciens ont réduit en Classes le Prochain, et nommé
chaque Classe suivant les noms de ceux qui paraissent dans le
monde devoir être secourus de préférence aux autres; ils ont en­
seigné aussi de quelle manière la Charité devait être exercée en­
vers ceux qui sont dans une Classe et envers ceux qui sont dans
une autre Classe; et ils ont ainsi réduit en ordre la Doctrine, et sc··
EXODE, CllAP. DEUXIÈME.                          i:)
lon cette doctrine, la vie; de là la Doctrine de leur Église conte­
 nait les Lois de la vic; et par là ils voyaient quel était tel ou)el
 homme de l'Église, qu'ils nommaient frère, mais avec une distinc­
 tion dans le sens interne, selon les exercices de la charité, d'après
  la Doctrine réelle de l'Église ou d'après la Doctrine altérée par
 eux; car chacun, parce qu'il veut paraître irréprochable, défend sa
 vie, ct par conséquent, ou il explique, ou il altèl'C, en faveur de
 soi, les Lois de la Doctrine.
     6706. Les distinctions du Prochain, que l'homme de l'Église
 doit absolument connaître pour qu'il connaisse la qualité de la cha­
 rité, sont en rapport avec le bien qui est chez chacun; ct comme
  tout Bien procède du Seigneur, le Seigneur est, dans le sens su­
  prême et au degré le plus éminent, le Prochain de Qui procède
 l'origine; de là résulte que chacun est le Prochain, en proportion
rlece .qu'il a du Seigneur chez lui; et comme nul ne reçoit de la
 même manière le Seigneur, c'est-à-dire, le Bien qui procède du Sei­
.gneur, c'est pour cela .que l'un n'est pas le Prochain de la même
  manière ,que l'autre; en effet, tous ceux qui sont dans les Cieux
.diffèrent quant au bien, et de même tous ceux qui sont sur les
 terres: il .n'y a point chez deux personnes un bien absolument un
 ct le même; il faut qu'il soit varié, afin que chacun subsiste par
 soL Mais tous ces biens différents, par conséquent toutes les dis­
  tinctions du Prochain, qui sont en rapport avec la réception du
 Seigneur, c'est-à-dire, avec la réception du Bien qui procMe du
 Seigneur, jamais aucun homme, ni même aucun Ange ne peut les
 connaître; on peut seulement les connaître dans le commun, par
.conséquent, connaître les genrr,s et quelques-unes de leurs espèces:
 et le Seigneur ne requiert de l'homme de l'Église pas davantage
 que de vivre selon ·cequ'il sait.
     6.7.07. D'après cela, il est maintenant évident que la qualité du
·Bien Chrétien détermine à quel degré chacun est le Prochain; en
effet, le Seigneur est présent dans le Bien, parce que le Bien Lui
.appartient, et il est présent selon la qualité du Bien; et comme
 l'origine du Prochain doit être tirée du Seigneur, c'est pour cela
 ,qne les distinotions du Prochàinsont en rapport avec la présence
 dn Seigneur dans le Bien, ainsi avec la qualité du Bien.
     6708. Que:le Prochain fioit selon la qllalit( du Bien, c'est ce
46                    _~RCANES CI~LESTES,
<[u'on voit clairement par la parabole du Seigneur SUl' J'homme
" qui tomba entre les mains des voleurs et fut laissé par eux à demi­
mort; un Prêtre passa outre, et un JAvite aussi; mais un Samari­
tain, après avoir bandé les plaies ct y avoir vel'sé de l'huile et du
vin, le plaça sur sa propre bête de somme, le conduisit dans une
hôtellerie, et eut soin de lui; celui-ci, ayant exercé le bien de la
charité, est appelé le Prochain. » - Luc X, 29 à 37 : - Par là,
on peut savoir que c.eux qui sont dans le bien sont le Prochain:
ceux qui sont dans le mal, sont, il est vrai, le Prochain, mais SOus
un rapport tout autre; et parce qu'il en est ainsi, on doit leur faire
du bien d'une autre manière; mais, quant à ceux-ci, d'après la
Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera parlé dans la suite.
    6709. Puisque la qualité du Bicn est ce qui détermine de quelle
manière chacun est le Prochain, c'est l'Amour qui le détermine;
car il n'y a aucun Bien qui n'appartienne à J'amour, de là procède
tout Bien, ct de là existe la qualité du Bien.
    6710. Que ce soit l'Amour qui fasse qu'il y a Prochain, et que
chacun soit le Prochain scIon la qualité de son amour, c'est ce que
l'on voit clairement parceux qui sont dans J'amour de soi; ceux-là
reconnaissent pour le Prochain ceux qui les aiment le plus, c'est­
à·dire qu'en tant qu'ils sont des leurs, ainsi, en tant qu'ils sont en
eux, il les embrassent, leur donnent des baisers, leur font du bien
et les appellent frères; bien plus même, comme ils sont méchants,
ils disent que ceux-ci sont le Prochain de préférence aux autres:
et ils considèrent les autres comme Prochain, selon que les autres
les aiment; ainsi, selon la qualité et la quantité de l'amour: de tels
hommes tirent d'eux-mêmes l'origine du prochain, par la raison que
 c'est l'amour qui détermine.
    671 ,1. Ceux, au contraire, qui ne s'aiment pas de préférence aux
 autres, comme sont tous ceux qui appartiennent au Royaume du
Seigneur, tireront J'origine du Prochain de Celui qu'ils doivent
 aimer par dessus toutes choses, par conséquen.t, du Seigneur; et
 ils auront chacun pour Prochain, selon la qualité de l'amour pour
 le Seigneur. Ceux donc qui aiment les autres comme eux-mêmes,
 ct, à plus forte raison, ceux qui, com,me les Anges, aiment les
 autres plus qu'eux-mêmes, tirent tous du Seigneur l'origine du
 Prochain; car, dans le Bien est le Sci~nelr Lui-Même, puisque le
EXODE, CIL.P. DEUXIÈME.                          '47
Bien procède de Lui: par là aussi l'on peut voir que la qualité de
l'amour doit déterminer qui est le Prochain. Que le Seigneur soit
dans le Bien, c'est ce que le Seigneur enseigne Lui-Même dans
Mathieu; car « il dit à ceux qui ont été dans le Bien, qu'ils Lui ont
donné à manger, qu'ils Lui ont donné à boil'e, qu'ils L'ont re·
cueilli, qu'ils L'ont vêtu, qu'ils L'ont visité, et qu'ils sont venus en
prison vers Lui: et ensuite, qu'en tant qu'ils ont fait cela à l'un de
ses plus petits frères, ils le Lui ont fait à Lui·Même.     )l ­   XXV.
34 à 40.
   6742. D'après ce-qui vient d'être dit, on voit maintenant d'où
l'homme de l'Église doit tirer l'origine du Prochain; et que chacun
est le Prochain dans le même degré où il est plus proche du Sei­
gneur ; et, comme le Seigneur est dans le Bien de la charité, que le
Prochain est selOll la qualité du Bien, par conséquent, selon la
c!ualité de la Charité.




                           CHAPITRE II.



   4. Et un homme de la maison de Lévi alla, et il prit la fille de
Lévi.
   2. Et la femme conçut, et elle enfanta un fils; et elle vit qu'il
était bon, lui, et elle le cacha trois mois.
   3. Et elle ne put pas davantage le cacher, et clle se prit un cof­
fret de jonc. et elle l'enduisit de bitume et de poix, ct elle mit de­
dans l'enfant, et elle le mit dans l'algue sur le bord du fleuve.
   4. Et sa sœur se tenait de loin pour connaître ce qui lui arri­
verait.
   5. Et la fille de Pharaon descendit pour se laver au fleuve, ct
ses jeunes filles àllaient sur le côté du fleuve; et elle vit le coffret
dans le milieu de l'algue, et elle envoya sa servante, et elle le prit.
   6. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfant, et voici, un garçon
pleurant; et elle eut pitié de lui, ct elle dit: Des enfants des Hé­
breux, celui-ci.
48 '                      ARCA.NES CÉLESTES.
   .7. Et sa sœur dit à la fille de Pharaon: Irai-je, et t'appellerai-je
une femme nourrice d'entre les Hébreuses. ct qu'elle t'allaitc l'en­
fant?
    8. Et la fille de Pharaon lui dit: Ya; et la jeune fille alla; et
 clic appela la mèl'e de l'enfant.
    9. Et la fille de Pharaon lui dit: emporte avec toi cet enfant, et
 allaite-le-moi, et moi je donnerai ton salaire; ct la femme prit l'en­
fant., et elie l'allaita.
     4O. Et l'enfant grandit, et elle ramena à la fille de Pharaon, et
;i lui fut pour Iils, et elle appela son nom Moscheb, et elle dit:
Parce que des eaux je l'ai tiré.
     14. Et il arriva dans ces jours-là, et lUoscheh avait grandi, et il
 sortit vers ses frères, et il vit leurs fardeaux; et il vit un homme
ltgyptien frappant un bomme Héb~eu d'entl'e ses frères.
    42. Et il se tourna çà et là, et il vit que (il n'y avait) aucun
homme, et il frappa l'Égyptien, et il le cacha dans le sable.
    43. Et il sortit le second jour, et voici, deux. hommes Hébreux
se querellant, et il dit au méchant: Pourquoi frappes-tu ton com­
pagnon?
     14. Et il dit: Qui t'a posé en homme prince et juge sur nous?
Est-ce pour me tuer que tu dis (cela) de même que tu as tué l'É­
gyptien? et Moschel1 craignit, et il dit: Certes l la chose est
connue.
    15. Et Pharaon apprit cette chose, et il chercha à tuer Moscheh;
et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon, et il habita dans la terre
de Midian, et il habita près du puits.
    46. Et le prêtre de lUidian avait sept filles; et elles vinrent, et
elles puisèrent; et elles emplirent les auges, pour abreuver le trou­
peau de leur père_
    47. Et les bergers vinrent, et ils les chassèrent; et Moscheh se
leva, et il les secourut; et il abreuva leur troupeau.
    48. Et elles vinrent vers Réuël leur père; et il dit: Pourquoi
vous êtes-vous hâtées de venir aujourd'hui?
    Hl. Et elies dirent: Un homme Égyptien nous a délivrées de la
main des bergers; et même en puisant li a puisé pOUl' nous, ct il
~ .abreuvé le troupeau.
EXODE ,CHAP. DEUXIÈME.                                49
   ~O. Et il dit à ses filles: Et oil est-il? POUl'quoi cela, avez-vous
laissé (cet) homme'? appelez-le, et qu'il mange du pain.
   21. Et !'!Ioscheh consentit à ha1)iler avec (cet) homme '; et il
donna Sippora sa fille à Moschch.
   22. Et elle enfanta un fils, et il appela son nom Guerschom,
parce qu'il dit: J'ai ele voyageur dans une terre étrangère.
   23. Et il arriva dans ces jours multipliés, et le Hoi d"Égypte
etait mort; Cl les fils cl'Israël soupiraient il cause de la Servitude,
et ils cr.iaient, ct lenr cri monta vers DIEU de la servitude.
   24-. Et DIEU entendit leur gémissement, et DŒU se ressouvint de
son alliance avec Abraham, avec lischak ct avec Jacob.
   25. Et DIEU vit lès fils d'Israël, et DIEU (les) connut.
                               CO~TENU.

   6713. Dans le sens interne de ce Chapitre il s'agit du Vrai Divin;
de ses commencements ct de ses el~ls successifs chez l'homme de
l'Église.
   67·14. Dans le sens suprême il s'agit du Seigneur, de quelle ma­
nière Lui-i'dême quant à l'Humain a été fait Loi Divine; i)Ioïse
représente le Seigneur quant à la Loi Divine, qui est la Parole; et
dans le sens respectif il représente le VI'ai l)ivin chez l'homme de
l'Eglise.
                          SENS INTERNE.
    67H>' 'Vers. 1,2,3,4. Et un homme de la màison de Lévi alla,
et il prit la fille de Lévl. Et la fcmme conçut, et elle enfanta un
'fils; et elle vit qu'il était bon, lui, et elle le cacha trois mois. Et
elle ne put pas davantage le cache!', et elle se prit un coffret de jonc.
et elle l'enduisit de bitume et de poix, et elle mit dedans l'enfant,
et elle le mit dans l'algue sur le b01'(l dit fleuve. E(sasœur se tenait
de loin pOUl' connaÎtrc ce qui lui al'l'ivel·ait. - Un homme de la mai·
son (le Lévi alla, signifie l'origine du vrai d'après le bien: etil prit
la (tlle de Lévi, signifie la conjonclion avec le bien: et la femme
conçut, signifie le premier (moment) de la naissance: et elle enfantà
ftn fils, signifie la Loi Divine dans son origine: et elle vit qu'il était

 VOI1, lui, signifie l'aperception que c'était par le ciel: et cile le cacha
lrois mois, signifie le plein du temps olt clle n'apparut point: et elle
 )lC p~lt paR davantage le cacher, signifie le temps lorsqu'eHe dut
        XI,                                                       4
50                      ARCANES CÉLESTES.
apparaître: et elle se Il1'it un coffret de jonc, signit1e le vil qui l
lout autour, mais néanmoins dérivé du vrai : et elle l'enduisit de
bitume et de poix, signifie le bien mêlé aux maux ct aux faux: et elle
mit dedans l'enfant, signi(ie que là est intimement la Loi Divi,ne dans
son origine: et elle le mit dans l'algue sU/'le bord du fleuve, signifie
que d'abord elle était parmi les scientifiques faux : et sa sœur se te­
nait de loin pour connaître ce qui lui arriverait, signifie le vrai de
l'Église loiu de là, et l'altention.
      67,6. Un homm.e de la maison de Lévi alla, signifie l'ori[line du
·lJJ'(Li d'après le bien: on le voit par la signillcation de l' homme (vir)
 en ce que c'est le vrai, N° 313q,; par la signification d'être de la
maison, en cc que c'est l'origine ; et par la représentatiJn do Lévi,
en ce qu'il est le bien, car Lévi dans le sens suprême représente le
Divin Amour, 1°3875; et, dans le sens interne,l'amourspiriluel,
 N0s 3875,H97, 4-502, 4-503; ct, parce qu'il représente J'amour, il
 représente le bien, car tout bien appartient à l'amour. Quant à ce
-qui concerne l'origine du vrai d'après le bien, laquelle est signifiée
iei par un homme de la maison ùe Lévi, il faut qu'on sache que dans
-ce qui suit il est, dans le sens intel'l1e, question du Seignell', de
quelle manière Lui-Même quant à son Humain a été fait Loi Divine,
c'est-à-dire, le vrai mème : il est notoire que le Seigneur est né
comme un autre homme, ct que, lorsqu'il élait enfant, il a appris à
parler comme un autre enfant, et qu'ensuite il a crû en science,
puis en intelligence et en sagesse; de là il est bien évideut que son
Humain n'a point été Divin à partir de la naissance, mais que Lui­
Même ra fail Divin d'après la propre puissance. S'il l'a fait Divin
d'après la propre naissance, c'était parce qu'il a été conçu de
 Jéhovah, de là l'intime de sa vie était Jéhovah Même j car
 l'intime de la vic de chaque homme, qu'on nomme Ame, vient
 du père, et ce qui enveloppe cel intime, et qui est appelé corps,
 vient de la-mère: que l'inlime de la vie, qui vient du père, inOue
 et opère continuellement dans l'externe qui vient de la mère, et
 s'efforce de le rendre semblable à soi, même dans l'utérus, c'est
 ce qu'on peut voil' d'après les fils, en ce qu'ils naissent avec le ca­
 ractère du père, et parfois les petits-fils ct arrière-petit-fils avec le
 caractère de l'ayeul et du bisayeul : cela vient de ceque l'âme, qui est
 du père, veut continuellement l'endl'e l'externe, qui est ·de la mère,
EXODE, CHAP. DEUXIÈME.                            51
semblable à soi eL image de soi. Puisque cela arrive ainsi chez
 l'homme, on peut voir que cela est arrivé de même, principalement
 chez le Seigneur; son intime a été le Divin Même, parce que cet
inlime a élé .Jéhovah Même, car il a élé son Fils Unique; et comme
 l'inlime a élé le Divin-Même, est-cc que cet Intime, plus que chez
tout homme, n'a pas pu faire l'externe, qui venait de la mère, l'i­
 mage de soi, c'est-à-dire, semblable à soi, par conséquent Divin;
ct cela, d'après la propre puissance, parce que le Divin, qui était
 l'intime, d'après lequel il a opéré dans l'Humain, Lui appartenait,
-comme l'âme de l'homme, qui est son intime, lui appartient? Et
,comme le-Seigneur s'est avancé selon l'ordre Divin, il a fait que
 son Humain, quand il était d.ans le monde, fût le Divin Vrai, ct
ensuite quand il acté pleinementglorific, il a fait que cet Humain
fût le Divin Bien, par consc'quent un avec Jéhovah. Dans ce Cha­
pitre, il est décrit dans le sens suprême comment cela a été fait ;
 mais comme les choses qui sont dans le sens suprême, et qui traitent
 toutes du Seigneur, surpassent l'entendement humain, il m'est
pel'lnis d'exposer dans ce qui suit celles que renferme le sens interne
de ce Chapitre; elles traitent des commencements ct des états suc­
eessifs du Vrai Divin chez l'homme de l'Église, c'est·à-dire, chez
 l'homme qui est régénéré, jos 67;13, 67H; si ces choses sont con­
 tenues dans le sens interne, c'est parce que là régénération de
 l'homme est l'image de la glorification de l'Humain du Seigneur,
voir jos 3-38,32'12, 3296,3490, 4402, 5688, 3245,3246.
  67'17. Et il prit la fille dl; Lévi,signi{te la conjonction avec le
bien; on le voit par la signification de pTendre la fille, savoir, pour
épouse, en ce que c'est la conjonction; ct par la représentation de
Lévi, en ce qu'il cstlc bien, N° 67 '16. Il va être dit comment il doit
€lre entendu que le nai, dont l'origine vient du bien, a été conjoint
avec le bien: le Vrai que le Seigneur iusinue chez l'homme qui est
régénéré tire son origine du bien; le bien dans [e premier temps
ne se manifeste pas, parce qu'il est dans l'homme Interne, mais le
                                     1
vrai sc manifeste, parce qu'il est dans l'hornme Externe, et comme
'Intel'De agit dans l'Extcme, et non vice V~â, jo 6322, c'cst le
Bien qui agi(dans le Vrai et le fait sien, car rien autre chose que
le Bien ne reconnaît et ne reçoit le Vrai; cela est évident d'après
l'affection du vrai chez l'homme qui est r~génél'é; l'affection e1le­
:i2                   AnCANES GÉLESTES.
  même vient ùu bien, cl'aulre part ne peut venir l'affeclion qui ap­
  partient à J'amour : mais ce vrai qui est reçu clans ce premier
 temps, c'est-à-dire, avant la régénération, n'est point le vrai réel
 du bien, mais c'est le vrai cle la doctrine; car l'homme alors n'exa­
 mine pas si c'est le vrai, mais il le reconnait parce qu'il appartient
 à la doctrine de l'Église; et tant qu'il n'examine pas si c'est le vrai
 et ne le reconnaît pas par cet examen, ce vrai n'est pas sien, c'est
 llourquoi il ne lui est pas non plus approprié; c'est là le premier
  état pOllr l'homme qui est régénéré: mais quand il a été régénéré,
 le bien se manifesle, surtout p::lr cela qu'il aime à vivre selon le
 vrai qu'ill'cconnaH pal' lui-même être le Hai ; al(lrs comme il veut
 le vrai qu'il reconnaît, et comme il agit selon ce vrai, il lni est ap­
 proprié, parce qu''ÏI est, non pas, comme auparavant, seulement
 ùans l'entendement, mais aussi dans la volonté, et que ce qui est
'dans la volonté est approprié; et comme alors l'entendement fait
 un avec la volonté, Cal' l'entendement reconnaît et la volonté fait,
 il y a conjonction de l'un ct de l'autre, savoir, clu bien et du vrai:
 quand cette conjonction a éte faite, alors, ainsi que d'un mariage,
 naissent continuellement des enfants, qui sont les vrais ct les biens
avec leurs béalitudes et leurs charmes. Ce sont ces deux états qui
sont entendus par l'origine du vrai d'après le bien et par la conjonc­
tion de ce vrai avec le bien. Mais le vrai qui est conjoint avec le
bien, ce qui est signifié ici par " un homme de la maison de Lévi
alla et prit la fille de Lévi, )) n'est pas cc vrai qui est reçu pal'
nomme dans le premier état; car cc vrai est celui de la doctrine
de l'Église dans laquelle il est ne, mais c'est le vrai lui·même, car
dans le sens suprême il s'agit. du Seigneur, de quelle manière Lui­
Même quant à l'Humain a été fait Loi Divine, c'est le 'l'ai de cette
Loi qui est entendu: si l'origine de ce vrai est le bien, c'est parce
que le Divin, qui a étr l'intime du Seigneur et l'Ètre de sa vic, a
produit ce vrai dans son Humaiu : ainsi la conjonction de ce vrai
a été faite avec le Bien ,car le Divin n'est absolument que le Bien.
    67'18. Et ln femme conçut, signifie le premie1' (moment) de ln
naissance, savoir, de la Loi Divine dans l'Humain du Seigneur:
on le voit par la signification de concevoir, en ce que c'est le pre­
mier (moment) de la naissanee; la femm(l signifie ici la même chose
EXODE, ClIAP. DEUXIÈME.                           53
quc ci-dcssus la fille de Lévi, qu'un homme de la maison de Lévi
prit, c'est-à-dire, le vrai conjoint au bien.
     6719. Et elle enfanta un fils, signifie la Loi Divine dans son 01'έ
gine : on le voit par la signification ct' enfanter, en ce que c'est,
l'existence, N°s 262,1, 2629, ainsi l'origine; et par la signification
du fils, en ce que c'est le vrai, N°s 489, 49'1,533, 1,1 47, 2623,3373,
ici la Loi Divine parce que par le fils est entendu Moïse, qui a re­
présenté le Seigneur quant à la Loi Divine ou quant à la Parole,
comme il sera montré dans la suite.
     6720. Elle vit qu'il était bon, lui, ~i~nifie l'aperception que
c'était par le Ciel: cela est évident, d'après la signification de voir,
en ce que c'est l'aperception, N°s 2,150, 3764, 4567, 4,723, 5400 ;
et d'après la signification de baH, en ce qu'ici c'est par le Ciel,
parce que cela est dit de la Loi Divine dans le Seigneur: mais si
bon signifie ici par le Ciel, c'est un arcane qu'il est impossible de
connaître, à moins qu'il ne soit dévoilé; quand le Seigneur lit
 Divin son Humain, il le fit d'après le Divin, au moyen d'un trans-,
 flux par le Ciel, non que le Ciel ait contribué de soi·même en quel­
 que chose, mais pOUl' que le Divin lnême pùt influer dans l'Hu­
 main il influa en traversant le Ciel; cc transflux a été le Divin,
 Humain avant l'avènement du Seigneur, et a été Jéhovah Lui··
 Môme dans les Cieux ou le SeigneUl' ;. le Divin qui a transflué pal'
 le Ciel a été le Divin Vrai, ou la Loi Divine ,que Moïse a repré~
 senté ; et le Divin qni transflue par le Ciel est le bien; d'après cela
  on voit clairement pourquoi ces mots, elle vit qu'il était bon, lui,
  savoir le fils, signifient l'aperception que c'était par le Ciel.
      6721. Et elle le càchri tl'ois mois, ûgnifie le plein du temps ail
  elle n'apparut point: on le voit par la signification d'être caché,
  en ce que c'est ne point apparaître; et par la signification de trois
  mois, en ce que c'est le plein du temps et le plein de l'état; que
   trois soit le plein, ou une période entière depuis le commencement
  jusqu'à la fin, on le voit N0s 2788, 4-4-95, ct que le mois, de même
   que le jour et l'armée, soit le temps et l'état, on le voit N0 2788;
   d'après cela après trois mois, c'cst un nouvel état.
      6722. Et elle ne put pas davantage le cacher, signifie le temps
   lorsqu'elle dut apparaÎtre: on le voit par la signification d'être
   çaché, en ce que c'cst nc point apparaître, ]0 6721, de là ne pas.
51                     ARC.NES CI~LESlbS.
  être davantage caché, c'est apparaiLl'e; si c'est le temps lorsqu'eUe
  dut apparaître, c'est parce que les tl'ois mois, pendant lesquels il
  a éte caché, signifient le plein du temps depuis le commencement
  jusqu'à la fin, voi,r ci-dessus No 672'1.
     6723. Et elle se p'rit un coffl'et de ,jonc, siynifie le vil qui étaie
  tout autour, mais néanmoins dérivé du vrai: on le voit par la signi­
  ficalion du coffret ou de la petite arche, en cc que c'est ce qui est
  tout alùour, ou ce dans quoi quelque chose a elé renfermé , ains~
  qn'il va être expliqué; et pal' la signification du jonc, en ce que
  c'est cc qui est vil, mais néanmoins dérive du vrai; que le jonc soit
  ce qui esl vil, cela est êvident; que cc soit cc qni esl dérivé dll
 vrai, c'est parce que le jonc signifie cette dérivation, ainsi qu'il
 paraît clairement dans Esaïe : « Malheur à la ten'e faisant ombre
  » de ses ailes, qui est au·delà des fleuves de Kusch, qui envoie par
 » mer des ambassadeurs, et clans des vaisseaux de jonc SUl' la face
  » des caux! » - XVIII. 1,2; - La terre faisant ombre de ses ailes,
 c'est l'Église qui sc COUHe de ténèbres pal' des raisonnements tirés
 des scientiliques; au-deHl des fleuves de Kusch, c'est vers les con··
 naissances pal' lesquelles ils confil'lnent les principes faux, N°1164,;
 envoyer pal' mer des ambassadeurs, c'est consulter les scientifi­
 ques, N0 28; dans des vaisseaux de jonc sur les faces des caux,
 cc sont les réceptacles les plus vils du vrai. Dans le sens opposé,
 dans le Même: « Le lieu aride sera en étang et le desséché en
 » sources d'eaux, le gramen au l'leu dit 1'osean el dn jonc. » ­
 XXXV. 7; - Le gramen au lieu du roseau 'et du jonc, c'est le Tai
 scientifique au lieu des choses dans lesquelles il n'y a rien du vrai;
 que le gramen soit le vrai scintifiquc, cela est éviflent d'après les
 passages de la Parole où il est nommé. Comme il avait été pourvll
 à cc que il'loïse représentât le Seigneur quant à la Loi l)ivine ou
 quant à la Parole, spécialement quant à la Parole Histo.l'ique, pal'
cela même il est arrivé qu'il fut mis, étant petit enfant, dans un
coffret ou petite arche, mais dans une chose vile, parce qu'il était
au premier (moment) de la naissance, et parce' qu'il était seule­
ment le représentatif que la Loi Divine était là; mais ensuite il fut
pourvu à ce que la Loi Divine, après qu'elle eftt resplendi du haut
de la montagne de Sinaï, fùt placée dans une Arche qui a été
Ionmlée l'Arche du 'J'émoillage; que la Loi Divine ait élé plac6~:
EXODE, CllAP. J)EUXll~ME.                              55
  dans l'interieur de l'Arche, on le voit Exod. XL. 20; 1 Rois, VIII .
   9; et que les Livres de Moïse y aient aussi l~té placés, on le voit
  Deuter. XXXI. 24., 25, 26; de là l'Arche a été très-sainte, parce
  qu'elle représentait le Divin Humain du Seigneur quant à la Divine
  Loi; car da Divin Humain du Seigneur procède la Divine I,oi ou
   le Divin Vrai, qui est la même chose que la Parole, dans .Jean:
   « Dans le commencement était la Parole, ct la Parole était chez
  II Dieu, ct Dieu était la Parole; et la Parole a été t'aite chair, ct

  )' a habité chez nOliS, et nous avons VII sa gloire, gloire comme
 )l  (celle) de l'Unique Engendré rlu Père.    )l -Jean, 1. i 4 ; - ct
  comme l'arche représentait cc très-saint, SUI' cette arche était
  placé le Propitiatoire avec les Chérubins, ct auprès de son voile le
. Chandelier avec les lampes, et la table d'or avec les pains, deux
  choses qui signifient le Divin Amour. C'est donc pour cela que
  Moïse, parce qu'il devait représenter la Loi Divine, fut mis étant
  enfant dans une petite arche.
    6724.. Et elle l'enduisit de bitume ct de TJOi;x;, ûgnifie le bien
 mêlé aux maux ct aux {aux: on le voit par la signification du bi­
 {ume; en ce que c'est le bien mêlé aux maux.; et par la significa­
 tion de la lJoix, en ce que c'est Je bien mêlé aux faux; si le bitume
 ct la poix ont ces significations, c'est parce qU'M eux-mêmes ils
 sont ignés, ct que dans la Parole J'igné signifie le bien, ct dans le
 sens opposé le mal; mais parce qu'ils sonL sulfllreux ct noirs, ils
 signifient le mal et le faux; comme dans Esaïe: « Le jouI' lie la
 )) vengeance de Jéhorah , ses tOl'relHs Sel'Oll.t changés en poix, et
 » sa poussière en soufre, ct sa t.erre sera en lJOix CL1'dr:nte.l)   ­


Xx,'{lV. 8, 9; -la poix ct le soufre, cc sont les faux et les maux;
d'après cela on voit donc que ces paroles, « clle J'enduisit de bitume
et de poix, signifient le bien mêlé aux maux ct aux faux. Quant
             l)


à ce qui concerne la chose elle-même, c'est-Il-dire qu'autour du
Vrai Divin il y avait le bien mêlé aux maux et aux faux, pcrstlnne
 ne le peut comprendre, a moins qu'on ne sache ce qlli se passe
dans la réformation de J'homme: quand J'homme est réformé, il
est tenu quant à son Interne par le Seigneur dans le bien ct le
vrai, mais quant à son Externe, il est mis dans ses maux ct ses
faux, conséquemment parmi les esprits infernaux. qui sont dans ces
maux ct ces fau.x; ces esprits voltigent tout autonr ct s'efforccDt
56                   ARCANES CtLESTES.
en toute manière de le perdre; mais le uien et le Tai, qui influent
pal' l'Interne, le mettent tellement en sûreté, que les esprits infer­
naux ne peuvent lui causer le moindre dommage; en effet, ce qui
agit intérieurement a un immense avantage sur ce qui agit exté­
rieurement, car l'intérieur étant plus pur agit dans chacune des
parties de l'extérieur et dans les parties indivisibles elles-mêmes,
ct ainsi dispose l'Externe à son gré; mais alors le bien et le vrai
doivent être dans l'E.xterne, dans lequel l'influx procédant de l'In­
terne, peut être ftxé : de cette manière le uien peut être parmi les
maux et les faux, et cependant être en sùreté; quiconque cst ré­
formé est mis dans cet état, ainsi les maux et les fa11.' dans les­
quels il est sont repoussés, et à leur· place sont insérés les biens
ct les vrais. A moins qu'on ne sache cet Arcane, il est impos­
sible de savoir pourquoi, autour du Divin Vrai chez l'homme,
il Ya des biens mêlés aux maux et aux faux, qui sont signiftés par
le bitume et la poix dont fut enduite la petite arche où fut mis
l'enfant. En outre, il faut savoir que le bien peut être mêlé avee
les maux el les faux, mais que, néanmoins, ils ne sont pas pour
cela conjoints, car l'un fuit l'autre, et d'après la loi de l'ordre ils
se séparent mutuellement l'un de l'autre; en effet, le bien appar­
tient au Ciel, et le mal et le faux sont de l'enfer; en conséquence,
de même que le Ciel et l'enfer ont été séparés, de même aussi toutes
les choses en général et en particulier qui en proviennent se
séparent.
    6725. Et elle »lit dedans l'enfant, signifie que là est intimement
la. Loi Divine dans son O1'Îgine : on le voit par la ~ignification de
mettre dedans; en ce que c'est là intimement, parce que c'est dans
la petite arche; et par la représentation de Moïse, en ce qu'il est
la Loi Divine, ainsi qu'il sera expliqué dans la suite, ici la Loi Di­
vine dans son origine, parce qu'il était petit enfant.
   67.26. Et elle le mit. dans l'algue sur le bord dit fleuve, signifie
que d'abord elle était parmi les scienti{i.ques (aux; on le voit par la
signification de l'algue, en ce que ce sont les scientifiques, ainsi
qu'il va être montré, et par la signification du fleuve d'Égypte, en
ce que c'est le faux, No 6693. Comment il se fait que eeux qui sont
initiés dans le Vrai Divin soient d'abord places parmi les faux, on
vient de le voir ci-dessus, N° 672q,. Si r Algue est le Scientifique,
EXODE, CHAP. DELXIEME,                            57
c'est pm;ce que toute IJerbe dans la Parole signifie quelque espèce
de scientifique; l'algue, qui est sUl'le bord d'un Oeuve, signifie un
scientifique vil; comme aussi dans l;:saïc: « Ils se retil'eront
» les fleuves, et ils seront mis à sec, les torrents de l'Egypte,
II le Tose an et l'algue se flétl'iront. » - XIX. 6 ; - les fleuves sont
les choses qui appartiennent à l'intelligence, N°s 2702, 305"; les
torrents de l'Égypte mis à seC sont les choses qui appartiennent à
la science; le roseau et l'algue sont les scientifiques infimes qui
sont les sensuels. L'Algue est prise pour les scientifiques faux dans
Jonas : « Les eaux m'avaient enveloppé jusqu'à l'âme; l'abîme
)l m'avait environné; l'algue était attachée à ma tête. » -II. 6 ; ­
dans ce prophétique est décrit l'état des tentations; les eaux qui
avaient enveloppé jusqu'à l'âme sont les faux; que les inondations
d'eaux soient les tentations et les désolations, on le voit, N0s 705,
739,790, 5725.; l'abîme qui avait enveloppé est le mal du faux;
l'algue attachée à la tête, ce sont les scientifiques faux qui
affligeaient le vrai et le bien; c'est ainsi qu'il en est dans l'état des
désolations.
    6727. Et sa sœU1' se tenait de loin pour comwilre ce qui lui aiTi­
 verait , signifie le vmi de l'1{glise loin de là et l'attention. ; on le
 voit par la signification de la sœur, en ce qu'elle est le vrai ration­
 nel, Nos 14,95, 2508, 252a., 2556, 3160, 3386, ainsi le vrai de
 l'Église, car ce vrai est le vrai rationnel; et par la signiflcation de
 connaître ce qui al'rivemit, en ce que c'est l'attention.
    6728. Vers. 5, 6, 7,8,9. Et la fille de Pharaon descendit pour
se laver an fleuve, et ses jeunes' filles allaient SUI' le côté dit fleuve, et
elle vit le coffret dans le milieu de l'alyue; et elle envoya sa ser­
vante, et elle le prit. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfant, et voici un
garçon pleurant, et elle eut pitié de lui, et elle dit : Des enfants des
Hébreux celui-ci. Et sa sœltr dit à ln (tlle de Phal'aon : fmi-je el
t'appellerai-je une femme nourrice d'entre les Hébreuses, et qu'elle
t'allaite l'enfant. Et la fille de PIULmon lui dit; Va; et lCL ,jeune
fiLLe alla, et elle appela la mère de l'enfant. Et la fille de Pharaon
lui dit: Emporte avec lOi cet enfant, et allaite-le-moi, et moi je don­
nemi ton salaù'e ;et la femme pritl'enfcLIlt, et elle l'allaitet. - Et
la fille de Pharaon descendit, signifie la religiosité là: pOUl' se laver
au fleuve, signifie le culte d'après le faux: el ses ,jewlI's filles allaient
58                     ARCANES CÉLESTES.
sur le côté du flenve, signilie les sel'vices de cc culte qui pl'ovient
du faux: et elle vit le coffret dans le milieu de l'algue, signifie
l'aperception du vrai .qui est vil, parmi le scientifique faux: et
elle envoya sa servante, signifie la servitude: et elle le prit, signifie
la curiosite: et elle ouvrit, ct elle le vit, l'c.nfant, signifie l'investi­
 gation de sa qualité, ct l'aperception que c'était le vrai d'après le
Divin: ct voici Ull garçon pleuranl, signifie la tristesse: ct elle cut
 pitié de lni, signifie l'avertissement par le Divin: et elle dit: Des
enfants des Hébreux, celui-ci, signifie qu'il était de ntglise même:
 et sa sœm' dit à la fille de Pharaoll, signilie le vrai de l'tglise au­
près de la religiosité là : irai-je et appelel'ai~je une femme lWWTice
d'enlTe les llébreuses, signille l'aperception qne le bien devait lui
Nre insinué pal' l'Église elle-même: ct la fille de Pharaon lni dit:
Va, signifie le consentement pal' la religiosité là: ct la jeune {tlle
alla, et elle appela la mère de l'enfltnt, signifie le Tai du bien de
l'Église, lequel adjoig-nit les choses qui appaltiennent à l'Église: et
la fille de Pharaon lui dil, signifie le consentement pal' la religio­
sité là : emporte avec toi ccl enfant, signifie pour qu'elle se l'adjoi­
gnit: et allaite-le-moi, signifie pour qu'elle lui insil1uàt le bien qui
convient il la religiosité: et moi je donnerai ton salai7'e, signifie la
rémunération: et la femme prit l'enfant, ct elle l'edlaita, sigllilie
«(ue le bien lui était insinué par l'Ëglise.
  6729. Et la {tlle de Pharaon descendit, signifie la Teligiosilé là :
on le voit par la signification de la fille en ce qlle c'est l'aŒection
du vl'ai et du bien, ct par suite, l'1~glise, N°s 2302, 3963; et, ùans
le sens opposé, l'affection du faux et dUl11al, ct par suite, la religio­
sité d'après le faux ct le mal, N° 302!~, ici la religiosité d'après les
scientifiques faux, parce que c'est la fille de Phetl'aon, ca'' Pharaon
ici représente le scientifique faux, N°s 6651,6679, 6683, &692.
Que les filles dans la Parole signifient des Églises, on peut le voir
d'après un très-grand nombre d~ passages, où J'Jtglise est appelée
Fille de Sion ct Fille de Jérusalem; ct que les filles signifient anssi
les religiosités de plusieurs nations, religiosités' qui sont fausses,
cela est encore évident pal' les passages où ces religiosités sont
appelées filles, pal' exemple, Fille de Tyr, Ps. XLV. '13; Fille
cl'Edam. Lament. IV. 2'2; Fille ries Chaldéeus et de Babel. ES:1Ïe,
XLVll. ·1, 5. Jérém. L. ~1, q.g. LI. 33. Zach. 11. n. Ps.
EXODE, CHAP. DEliXltME.                              59
  cxxxvn. 8; Fille des    Philistills, l~zéch. XVI. 21,57; Fille de.
 l'harschisch, Esaïe, XXllI. 10. Fille de n::gYPle dans Jérémie;
 « Monte à Giléaù, et prcnds dn baume, vierge, fille cle l'Égypte.
 » Fais-toi un bagage d'émigration, habitante fille de l'Égypte:
 » clle a été 'cnùue confuse, la fille de l'1~'g?lPle, elle a été livrée
  »  ùans la mafn du peuple du Septentrion. » - XLVI, 1'l, 19, 2,j. ;
 ..- la fiJle de J'Égypte, c'est l'afrection de ra~sonner, d'après les
 sCJCntifiques, SUI' les vrais de la foi, si ce' sont des vrais on
 non, lorsque le négatif règne j par conséquent, c'est 1:1 religiosité
  qui en résultc, et qui est teile, qu'on ne croit rien qne le faux.
      6730. P01t1' se lave,' au fleuve, ,çignifie le wlte d'après le   (ltUX :
  on le voit pal' la signification dc sc lave,', en ce que c'est la purifica­
 tion des choses sales spirituellement entendues, ]'0 3,147; de là
 c'est le culte, parce que le culte est pOUl' la pUl'itieation j et par la
 signific:1Lion du fleuve, ici du fleuve <l'Égypte, en cc qu'il est le
 faux, j"°6693.
    673,1. Et ses jeunes filles allaient' sur le côté dit {lcuvc, signifie
l'!s se,'vices de celte "eligiosité qui. provient du {aux: on le l'oit par
ta signification des jeunes filles, en ce que cc sont les services; C:1r,
lorsque la fille de Pharaon signifie la religiosité, ses jeunes filles
(ou snivantes) signifient les services de cette religiosité; et pal' la
signification du fleuve, en cc qu'il est le faux, comme ci-des­
sus, N° 6730 : ainsi, cc sont les scrvices de la religiosité provenant
du faux, qui sont signifiés pal' les jennes filles allant sur le côté du
fleuve.
   6732, Et elle vit le COffj'ct dans le milieu de l'algue, signifie
L'aperccption du vrai qui est vil, parmi le scientifique (aux: cela
est évident, d'après la signification de vOÏ1', en ce que c'est l'aper­
ception, N°s 2150, 3764, 4567 , 4723 , 5<100 ; pal' la signilicalion
du cofli'et de jonc, en ce que c'est le vil, mais néanmoins dérivé du
vrai, No 6723, ainsi le vrai qui est vil; et par la signification
de l'algue, en ce que c'est le scientiftque faux, N° 6726 j ainsi, dan,s
le milieu de ralguc, c'est parmi cc scientifiquc; il a été expliqué ci­
dessus comment ces choses se passent.
   6733. Et elle envoya sa set'vantc, signifie la serviwde: on le
"oit sans explication.
   G73~. Et clIc le In'il, signifie la curIOsité: on Reut le 'oir par la
GO                     A.RCANES CÉLESTES.

signification !le le prendre, savoir, le coffret, quand elle apercevait

que c'était quelque vrai, qui était vil, parmi le scientifique,

N0 6732, en ce que c'est la curiosité, savoir, de connaîtl'e
quel était ce Yl'ai.                              .
   6735. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfeuzt, signifie l'investiga­
tioll de sa qualité, et l'aperception que c'était le vrai d'après le Di­
vin: cela est évident, d'après la signification d'ouvrir, en ce que
c'est rechercher quel il était; car celui qui ouvre pour voir ce que
c'est et quelle est la qualité, celui-là fait une investigation; d'après
la signification de voh', en ce que c'est l'aperception, :!,"o 6732; et
d'après la représentation de Moise, qui ici est l'enfant, en ce qu'il
est la Loi Divine, ou le Divin Vrai, comme il sera montré dans la
suite, ainsi le vrai d'après le Divin.
   6736. Et voici, un fjCtrçon pleurant, signifie la tristesse: on le
voit sans explication.
  6737. Et elle eut pitié ele lui, signifie l'avertissement pal' le Di­
vin: on le voit par la signification d'avoir pitié, en ce que c'est
l'inllux de la charite provenant du Seigneur; car, lorsque quel­
qu'un, [d'après la charité, voit une !lerSOnne dans la misère,
comme ici la fille de Pharaon vit un enfant dans un coffret
de jonc et pleurant, il existe une commisération, et comme elle
vient du Seigneur, c'est un avertissement: ceux aussi qui sont
dans la perception, quand ils sont émus de compassion, savent
qu'ils sont avertis par le Seigneur de porter du secours.
   6738. Et elle dit: Des enfants des lléb"eux, celui-ci, signifie
qu'il était de l'Église mêm.e : Oll le voil par la signification
des I-lébreùx, en cc qu'ils sont les choses qui appartiennent à
l'Église, N°s 6675, 6684.; ainsi, les enfant.ç des Hébreux sont
ceux qui sont de l'Église même. Si les Hébreux signifient les
choses qui appartiennent à l'Église, c'est parce qu'à la fin de
l'Ancienne Église commença l'Église Hébraïque qui était la se­
conde Église Ancienne; cette I~glise retint plusieurs des re­
présentatifs et des significatifs de l'Église Ancienne, et recoll­
nut aussi Jehovah ; de là vient que les Hébreux signifient l'Église:
Sur l'Église Hébraïque, voir N°s 1238, 1241, ,1343 , 4516, HH7,
 4.874·,5136.
   6739. El sa sœllr dit à /a fille de Pllaraoll, signifie le l/rai de
EX.ODE, CI-IAP. DEUXll~~lE.                            Gl
l'1~gli.çe auprès de la l'eligiosilé là: on le voit par la signification de
la sœur, en cc qu'elle est le vrai de l'Église, No 67'27 ; ct par la
signification de la fille de Plta1'lton, en ce qu'elle est la religiosité,
N° 672~ ; aupl'ès est signifié par cela qu'elle était pl'ésente quand
la fille de Pharaon ouvrit le coffl'et.
   67 ta. f1'lti-je et appellerai-je une femme nourl'iee d'enll'e les
,llébl'euses , signifie la perception 'lue le bien devait lui être insinué
 pal' l' Église elle-même : on le voit par la signification de la femme
 nourrice, en ce que c'est l'insinuation du bien, No 4-563 ; cal' le lait
que la nourrice insinue signifie le bien du vrai, ou, ee qui est la
même chose. le céleste spirituel, N° 2'18f~; ct par la signification
des Ilébreu.ses,CJl ce qu'elles sont les choses qui appartiennent il
l'Église, Nos 6675, 66tH; que ce soit la l)erception que pal'
ces choses le bien devait être insinm, cela est signifié par elle dit :
frai~je et appelle1'lti-je; car, dans le sens interne, est en tendu le
vrai du bien qui a la perception, mais, dans le sens de la lettre, est
entendue la jeune fille qui n'a pas la perception. Que la nourrice soit
l'insinuation du bien, on le voit aussi dans Ésaïe: « Ils apporte-
» l'ont tes fils dans leur sein, ct tes filles seront transpol'tées sur
Il l'épaule, ct des Rois seront les nOll1Ticiers, ct leurs dames, les

Il Nourrices. » -XLIX. 22, 23; -les rois nourriciers, c'est l'insi-

nuation du vrai qui appartient il l'intelligence; les dames nour-
l'ices, c'est l'insinuation du bien qui appal'tient à la sagesse. Dans
le Même: « Élève tes yeux alentour, et vois; tous sont assemblés,
Il ils viennent il toi; tes fils viennent de loin, ct tes filles Sll1' le côlé

III son.t apporlées par les nourrices. » -      LX. 4. ; -les fils qui vien-
nent de loin, ce sont les vrais chez les nations, qui sont dites YenÎl'
de loin, parce qu'elles sont loin du vrai de l'Église; les filles qui
sur le côté sont apportées par les nourrices, cc sont les biens qui
sont continuellement insinués: en effet, les filles sont les biens, et
les nourrices sont les choses qui insinuent.
    67 4~. Et La fille de Pharaon lui dit: va, signifie le consentement
par celte religiosité: on le voit l)ar la représentation de /(t fille de
Pharaon, en cc qu'elle est la religiosité, No 6729 : que cc soit le
consentement, cela est évident sans explication.
    6H2. Et la jellne fille alla, etelle appe/(t la lllè7"e de l'enfant,
sigllifie /e v1'lti du bien de l'ltglise, leqlle/adjoignit les choses qui ap-
62                      ARCANES CÉLESTES.
partiennent à l'Êglise: on le voit par la signification de la jeune
fille en ce qu'elle est le vrai du bien de l'Église, ainsi qu'il va être
montré; par la signification d'appeler, en ce que c'est adjoindre,
car si la jeune fille appelait, c'était pour qu'il adjoignît; et par la
signification cle la mère, en ce qu'elle est l'Église, N°s 289, 269'1,
27-17, 5581, par conséquent aussi les choses qui appartiennent à
 l'Église. Dans la Parole est nommée la Vierge, et aussi la Jeune
l?ille, mais celle-ci rarement dans la Langue originale par le nom
 exprimé ici; la Vierge signifie le bien qui appartient à l'Église cé­
 leste, et la jeune fille le vrai du bien qui appartient à l'Église spiri­
tuelle; comme dans David: «( Ils ont vu tes démarches, ô Dieu,
 » les démarches ùe mon Dieu, de mon Roi, dans le sanctuaire; les
                                                       •
 » chantres allaient devant, ensuite les joueurs cl'instruments, ail
 » milieu des jeunes fil/es quijonaienl du tympanon.         Ps. LXVIII.
                                                              )l-


25, 26; -les mots qui sont dans ce Verset, se disent tous des
vrais du bien qui appartiennent à l'Église Spirituelle; qu'il soit dit
Dieu quand il s'agit du vrai, on le voit N0s 2769,2807, 282'2, HO'2;
le Roi est le vrai, N°s 16i2, 20'15, 2069, 3009, 4966, :SOH, 5068,
6148 ; les chantres sc disent cles vrais qui appartiennent à l'Église
spirituelle, N°s 4-18, 419, 420; ceux qui jouent du tympanon sc
disent du bien spirituel, No 4138 ; de là on peut savoil' que les jeu­
nes filles sont les vrais du bien qui appartiennent à l'Église spiri­
tuelle.
   6743, Et la fille de Pharaon lui dit, signifie le consentement pal'
la religiosité là; cela est évident, car elle avait donné l'enfant à la
mère pOl1' qu'elle l'allaitât; le consentement par cette religiosité est
signifié ici, comme ci-dessus, io 6741, où sont les mêmes paroles.
   674!J..Ernporte avec toi cet enfant, signifie pour qu'elle se l'ad­
joignît: on le voit par la signification d'emporter, en cc que c'est
adjoindre; par la signification de la mère qui ici est toi, en cc
que c'est J'Église, ainsi qu'il vien~d' être dit, No 6142; pal' la repré­
sentation de Moïse, qui ici est J'enfant, en ce que c'est la Loi Divine
dans son origine, dans le sens suprême chez le Seigneur, quand
Lui-Même faisait qne son Humain fût la Loi Divine; et dans
le sens respectif chez l'homme qui est régéné:'é, quand celui-ci est
initié dans le Vrai Dilin, voir ci-dessus No 67Hi.
  6745, Et allaite-le-moi, };i[jllific 1701I1' (Iu'clle lui   in.~inllttlle   bien
EXODE, CI-lAP. DEUXIÈ~Œ.                         Ga
 flui convient ù celte religiosité: on le voit par la signifieation d'al­
 lailer en ce que c'est insinuer le bien, ainsi qu'il va être montré;
 et par la représentation de la fille de Pharaon, en ce qu'clle est la
 religiosité, No 6729 ; ct comme elle dit de le lui allaiter, il est signi­
 fié d'insinuer le bien qui convient à la religiosité. Qu'allaiter, ce
 soit insinuer le bien, cela est évident par la signification de la nour­
 rice ou de celle qui allaite; en ce qu'elle est l'insinuation du bien,
 -ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Ko 6740; et outre les passages de la
 Parole rapportés dans ce N°, on le voit aussi par ceux-ci, dans
 Moïse: « Ils appelleront les peuples sur la montagne, ils y sacl'ifie.­
 )l l'ont des sacrifices de justice, parce qu'ils suceront l'afflucnce de let
 Il mer, et les choses cachées des secrets du sable.          )l   ­Denter.
 XXXIII. 19 : - c'est le propl1étique de ~loïse sur Zébulon ct Iisas­
 ebar ; appelel' les peuples sur la montagne y sac: ifier des sacrifices
·dejustice, signifie le culle d'après l'amour; sucer l'afnuence de la
 mer, signifie qu'ils puiseront alors en abondance le vrai scientifique,
 ou qu'il sera insinué, sucer ici est le même mot qu'être allaité, et
aussi dans les passages suivants. Dans Esaïe : « Je te poserai en
.)l une magnificence d'éternité, une joie de génération ct de généra­
l)  tion; et tu sncems le l(fit des nations, même tu suceras les mamel­
:» les des rois.)l   -  LX. ·15, '16 ; - là il s'agit de Sion et de Jéru­
salem, qui sont l'Église Céleste, Sion son interne, et Jémsalem son
externe; slicer le lait des nations, c'est l'insinuation du bien céleste;
sucer les mamelles des l'ois, c'est l'insinuation du vrai céleste: cha­
cun peut voir que dans ces paroles est caché un sens qui ne se mon­
tre point dans la lettre, et que c'est le saint qui est caché dans cc
sens, par ce que c'est la Parole Divine, autrement qu'est-ce que ce
serait que sucer le lait des nations et sucer les mamelles des l'ois?
Le sens qui est caché, et qui est saint, ne se manifeste en aucune
manière, à moins qu'on ne sache cc que signifie Slicer, ce que
signifie le lait, cc que signifient les nations, les mamelles, les l'ois;
que le lait soit le spirituel du céleste, ou le vrai du bien, on le voit,
No 2184-; les nations sont le bien dans le culte, 1os ,t259, 1260,
1416, 1849, 6005; les mamelles sont les affections du bien ct du
vrai, N° 6~a2; les rois sont les vrais, N°s '1672, ::lOi 5, 2069, 3009,
4.575,458'1, 4966,501.4, 5068, 6-148, et suce' est l'insinuation du
hien ; ù'après cela, on peut saroir maintenant quel est le sens de
601                    ARCANES CÉLESTES.
ces paroles, quand elles sont appliquées à l'Église céleste, qui est
Sion et Jérusalem ; quand Sion et Jél'Usalem sont nommées ensem·
ble, par elles est signifiée l'Église céleste, par Sion son interne, et
par Jérusalem son externe, comme il a été dit ci-dessus; mais
quand Jérusalem est nommée sans Sion, alors pour l'ordinaire est
signifiée l'Église spirituelle. Dans le ~Jême : « Afin que vous suciez
)) et que vous soyez rassasiés par la mamelle des consolations de
)) Jérusalem, et que vous exprimiez et trouviez des délices par la
" splendeUl' de sa gloire: voici, je vais répandre sur elle comme
" un fleuve la paix, et comme un torrent débordé la gloire des na­
)J tions, afin que vous suciez; sur le côté vous serez portés, et SUl'
)J les genoux vous serez caressés. " - ;LXVI. ·1 ,1 , 12; - Sucer ici
est aussi l'insinuation du bien. Dans Jérémie: « lVlême les baleines
" présentent la mamelle, elles allaitent leurs petits; la fille de mon
)) peuple (est) cruelle; la languc de celui qui tette est attachée à son
" palais dans la soif. )) - Lament. IV. 3, 4.; - La fille de mon
peuple, c'est l'~~glise spirituelle, ici cette église dévastée, elle n'al­
laite point ses enfants, tandis que les baleines allaitent les leurs,
signifie qu'il n'y a aucune insinuation du vrai; la langue de celui
qui tet.t.e est attachée à son palais dans la soif, signifie que le man­
que de vrai est tel, que le tout de l'innocence périt. ; celui qui tette
est l'innocence, et la soif est le manque de vrai.
     6746. Et moi je donnerai ton salaire, signifie la rémunération:
on le voit sans explication.                .
   6747. Et la femme pl'it l'enfant, et elle l'allaita, signifie que le
bien lui était insinu~ Pal'l' Église: on le voit. pal' la signillcation de la
femme, en ce qu'elle est l'Église, ~os 252, 253; et par la signifi­
cation d'allaiter, en ce que c'est l'insinuation du bien, ]"0674.5.
C'est le second état. qui est ici décrit; le premier état a été l'ét.at
d'immission parmi les maux et les faux, No, 6724., le second est
l'état. d'insinuat.ion du bien de l'I<~glise.
    6748. Vers. ,10. Et l'enfant grandit et elle l'amena à la fille
de Pharaon, et il lui fut POW' fils, et elle appela son nom Moscheh,
et elle dit: parce que des eaux je l'ai tiré. - Et l'enfant grandit,
signifie l'accroissement par le bien: et elle l'amena à ln fille de
Pharaon, signifie l'affection des scientifiques: tt il lui fut pour fils,
signifie de Iii pour elle les premiers vrais: et cfle appela son nom
EXODE, CHAP. DKUXIÈiIE.                             6()

Jfosciteh, signifie la qualité de l'Nat alors: ct elle dit: parce que
tles cauX je l'ai tiré, signifie la délivrance d'avec les faux.
   6749. Et l'en(lmt grandit> signifie l'accToissement par le bien:
on le voit par la signification de grandi!', en cc que c'est l'accrois­
sCinent; que cc soit par le bien, c'est parce qu'il grandit par l'allai­
tement, ct que l'allaitement par une Uebreuse est l'insinuation du
bien de l'Église, 10 61ti5.
   6750. Et elle l'amena à la fiUe de: Plwl'Uon, signifie l'affection
des scientifiques: on le voit par la représentation de la fille de Pha­
raon, en cc qu'clic est la religiosité, 1'0 6729, mais ici l'affection
des scientifiques, car c'est le troisième état qui est décrit dans ce
Verset, ct alOl's par la lille est signiliéc l'flffection, N°s 2362, 3963,
et par Pharaon le scientifique dans le commun, N° 60,15, ainsi
pal' la fille de Pharaon l'affection des scientifiques; cela est encore
évident par la série des choses dans le sens interne, car Moïse,
parce qu'il représente le Seigneur quant à la Loi Divine, n'a pli
être amené à la fille de Pharaon et lui être pour fils, si pal' elle était
signifiée la religiosité comme auparavant; ct en outre les scienti­
fiques sont les choses qu'apprennent d'abord ceux qui sont régéné­
rés, car les scientifiques sont un plan pour les choses d'entende­
ment, et l'entendement est le récipient du vrai de la foi, N° 6125,
ct le vrai de la foi est le récipient du bien de la charité; de là on peu t
voir que le scientifique est le premier plan quand l'homme est lé­
généré. Que le scientifique ait aussi éte le premier plan pour le
Seigneur, quand il fit son Humain le Divin Vrai oula Divine Loi,
c'est ce qui est signifié en cc que le Seigneur, quand il était enfant,
fut amené en Égypte, MaUh. II. '13, 14.; ct de même pal' cc pas­
sage prophétique dans Bosée; {( De l'Égypte j'ai appelé mon Fils. II
- XI. 1, Matth. II. 15; - que l'Égypte signifie les scientifiques,
c'est ce qui a été montré plusieurs fois; mais par les scientifiques
sont entendus non les scientifiques Philosophiques, mais les scien­
tifiques de l'Église, voi,' l"os 4-749, 4-964., 4965, 4966, 600,i; cc
sont aussi ces scientifiques qui sont signifiés dans le sens réel par
l'Égypte. Que le premier plan s'établisse par ces scientifiques, on
le voit N° 5901.
  6751. Et il lui (ut ponr fils, signifie de là. pOUl' elle les premiers
vrais: on le voit par la représentation tic la fille de Pharaon, qui
         XI.                                                    [,
66                    ARCANES CÉLESTES.
ici est lui ou il elle, en ce qu'elle est l'affection des scieutifiques,
-comme il vient d'être expliqué N0 6750; et par la signiflcation du
 fils en cc que c'est le vrai; N0s t89, 49,1, 533, 2623, 3313, ici le
premier vrai, car lui t?trc pOUl' fils, c'est être dans les premiers
vrais par les scientifiques : en effet, les premiers vl'ais' naissent
des scientifiques, et ainsi sont comme des fils provenant d'une
mère qui est l'affection des scientifiques: que le scientifique soit
un plan pour les vrais qui appartiennent à l'entendement et il la
foi, on le voit ci-dessus N° 6750. L'homme procède dans les choses
de la foi quand il est régénéré, presque comme il procède dans
les vrais qui ne sont pas de la roi quaud il grandit; quand il
grandit, les sensuels sont un promier plan, puis les scientifiques,
ct sur ces plans croît ensuite le jugCl11ent, chez l'un plus, chez
 l'autre moins ;',quandl'llom!11e est régénéré, les communs de la foi
011 les rudiments de la doctrine de l'Église sont un premier plan,
puis ce sont les particuliers de la doctrine et de la foi, ensuite succes­
 sivement des cllQses plus intérieures, ce sont ces plans qui sont
illustrés pal' la lumière du Ciel; de là l'intellectuel ct le perceptif
de la foi ct du bien de la charité.
   6752. Et elle appeler son nom Moscheh, signifie la qualité de
L'état alors: on le voit pal' la signification du Nom ct d'appeler le
nOTn,  en ce que c'est la qualité, N°s 144,145, '1754, '1896, 2009,
2724,3006,342'1,6674, ici la qualité de l'état, parce Clue, quand
.quelqu'un est nommé, le nom même signifie l'état, N°s 1946,2643,
 :3422, 4/298; la qualité de l'état qui est signillée, est la qualité de
l'état de la Loi Divine dans le commencement chez le Seigneur~
et la qualité de l'état du vrai Divin dans le commencement chez
l'homme qui est l'égénél'é. Il y en a deux surtout qui repr('sentent
le Seigneur quallt à la Parole, savoir, Moïse et Élie, Moïse le Sei­
gneU!' quant aux Livres historiques, Elie quant aux Prophétiques;
il Ya aussi en outre Élisée, ct en dernier lieu Jean-Baptiste, c'est
pourquoi c'est celui-ci qui est entendu par Élie qui devait venir,­
~Iatth. XVII. 10, 101, '12, 13. Luc, 1.17,; -mais avant qu'il puisse
être montré que Moïse représente la Loi Divine, il faut dire ce que
c'est que la Loi Divine. La Loi Divine dans le sens large signifie
 toute la Parole; dans un sens moins large, elle signifie la Parole
 Historique; dans le sens stricl, cc qui a élé écrit par Moïse; et dans
EXODE, CHAP. DEUXIl~ME,                          G7
 le sens le plus stric t, les. dix. préceptes gravés SUl' les taLles de
 pierre SUl' la montagne de Sinaï; Moïse l'eprésente la Loi dans le
 sens moins large, puis dans le sens strict, el aussi dans le sens le
 plus strict. Que la Loi dans le .sens hu'ge soit lOule la Pm'ole, tant
 historique que prophétique, on le voit dans Jean: "Nous (wons
 » apP"is par la Loi, que le Christ (le ~Iessie) demeU'e pOUl' ]'éler­
 " nité, » - XII. 34-; - qu'ici par la Loi soit aussi entendue la
 Parole Prophétique, on le voit clairement, car cela a été écrit dans
 Esaïe, Chap, IX, 5, 6; dans David, Ps. ex. 4-; et dans Daniel,
Chap. VII. '13, 1 L - Dans le Même: "Afin que fût accomplie la
" Pm'ole éc1'ite d(tlls la Loi: Ils m'ont haï sans cause. »- XV. 2i) ;
-pareillement, car cela a été éCl'it dans David, Ps. XXXV. 19.­
'Dans Matthieu: "En vérité, je vous dis, jusqu'à ce que passe le
» ciel et la terre, un seul iota, et un seul croissant (de lettre) 1li:
)1 passem point de la Loi, que toutes choses ne soient faites. » ­
V.18; - ici la Loi est dans le sens large pour toute la Parole.
 Que La Loi dans un sens moins large soit la Pm'ole Ilist01'ique, on
le voit dans Matthieu: CI Toutes les choses que vous voulez que vous
'11fassent les hommes, de même aussi, vous, faites (-les) leur; cm'
" c'est la Loi ct les Prophètes.» - VII. '12; - ici la Parole est
distinguée en Loi et en Prophètes, et comme la Parole a été dis­
tinguée en Historique et Prophétique, il s'ensuit que par la Loi
est entendue la Parole historique, et par les Prophètes la Parole
prophétique. Pareillement dans le lJême; " De ces deux comman­
l> dements dépendent la Loi el les Prophètes,» -          XXII. 4-0.­
Dans Luc: "La Loi et les Prophètes jusqu'à Jean, delmis lors le
» Royaume de Dieu est évangélisé. » -XVI. 16. Matth. XI. 13. ­
{Jue La Loi dans le sens strict soit la Parole qui a été écrite rar
Moïse, on le -voit dans Moïse: " Quand i'loïse eut achevé d'écrire
Il Les paroles de cette Loi dans un livre, jusqu' ct cc qu'il les eùt com­

Il plétées, Moïse commanda aux Lévites qui portaient l'arcllC de

Il Jéhovah; disant: Prenez le Livre de cette Loi, et placcz'-le il
Il côté de l'arche d'a.!iallcc de Jéhovah votre Dieu. » - XXXI. 24.,
25, 26; - le Livre de la Loi, ce sont les livres de Moïse. Dans le
Même: Si tu ne prends pas garde à fail'e toutes lcs pm'oles de
         t(


Il celte Loi éel'ites dans ce Livre, toute maladie et toute plaie, qui

.. n'ont point été écrites dans le Livre de cette Loi, Jéhovah secrè­
6H                     ARCANES Cl~LESTES.

 » toment les enverras sm toi, jusqu'il cc que tu sois détruit. » ­
 Deuter. XXVIIl. 58, 61, - pat'eillement. Dans David: « Dans la
 » Loi de Jéhovah (est) son grand plaisir, et dans Sa Loi il médite
 » jour et nuit.») - Ps. 1. 2, - la Loi de Jéhovah, cc sont les
 Livres de Moïse, car les Livres prophétiques n'existaient pas en­
 core, ni les Livres historiques, excepté le Livre de Josué et celui
 des Juges: ct en outre dans les passages olt il est dit la Loi de
 Moïse; il en sera parlé clans cc qui va suivre. Que leL Loi dans le
 sens le plus strict soit les dix préceptes gravés sur les tables de
 pierre sur la montagne de Sinaï, cela est notoire, voir Josué, VIII.
 32; mais cette Loi est aussi appelée le Témoignage, Exod. XXV.
 16, (iH. Que Moïse représente la Loi dans le sens moins large, ou la
 Parole Historique, puis dans le sens strict, et aussi dans le sens le
 plus strict, on le voit d'après ces passages, olt au lieu de la Loi it
    cst ditlIoïse, ct ailla loi est appelée Loi de i'Ioïse, comme dans Luc:
    « Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les Prophètes, qu'ils les écou­
   ~) tent; s'ils n'éCoutent pas ilfoïse et les Prophètes, lors même que
 )1   quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne seraient pas non plus
   ) persuadés.)) -XVI. '29, 3'1 ; - ici par Moïse et les Prophètes, il est
   signifié la même chose qne par la Loi et les Prophètes, savoir, la
  Parole historique et prophétique, de là il est évident qne l1oïse est
 la Loi ou la Parole historique. Dans le Même: « Jésus commen­
   )) çant par ifloïse ct continuant par tous les Prophètes., leUl' expliqua
  » dans toutes les écritures les choses qui Le concernaient.))-XXIV.
 27. -Dans le même: « Il fant que soien t accomplies toutes les choses
  » qui ont été écrites clans la Loi de Moïse, et dans les Prophètes,
  )) <Ct dans les Psaumes, concernant Moi.)) - XXIV. H. - Dans
Jean: « Philippe dit: Celni qu'a décrit Moïse a(ms la Loi, nous
 » l'avons trouvé, Jésus. )) ~ I. 4·6. - Dans le même: Dans la loi,
» illoïse nous a commandé.» - VIn. 5. - Dans Daniel: « Sur
)) nous a découlé la malédiction et le serment qui est éerit dans la
» Loi de !lloïse, serviteur de Dien, parce que nous aVOns péché
 )) contre Lui. Selon qu'il est écrit dans la Loi de Moïse, tout œ
)) mal est venu SUI' nous. )) - IX. 1,), ,13. - Dans Josué: « Josué
» écrivit sUI' la pierre de l'Autel une copie de la loi de Moïse. )) ­
VIII. 32, - il est dit la Loi de Moïse, parce que Moïse représente
le SeigneUl' quant il la Loi:, c'est-à-dire, quant il la Parole, dans
EXODE, CILP. DEUXIÈME.                            69
   le sens moins large quant il la Parole Historique; de Hl vient qur
 'ce qui appartient au Seigneur est attribué à l'I'Ioïse, comme dans
   Jean: « Moïse ne L'OUS a-t-il pas donné la Loi? Moi:se L'OUS a donné
   » La circoncision. Si un homme reçoit la circoncision dans le Sab­
   » bat, afin que ne soit point violée la Loi de Moise. » - VlI.1!l,
   » 22, 23. - Dans l'IIarc : .ilfoïse a dit: Honore ton pèreet ta mèrc.  Il


   - VIl. ,10. - Dans le même: Jésus répondant leur dit: Que vous
                                   I(


   » a commandé Moïse? Ils dirent: MOise a permis d'écrire la lettrc
   » de divorce et de renvoyer. )) - X. 3, .1. - Et comme c'est il cause
  de la représentation que ce qui appartient au Seigneur est attriblll~
  à Moïse, il est. dit et la Loi de Moïse et la Loi du Seigneur, dans
  Luc: « Quand furent remplis les jours de la puriftcation, selon lc~
  » loi de llfoïse, ils l'amenèrent à Jérusalem, pour (le) présenter aq
  )) Seigneur, comme il a été écrit danslaLoi duSeigneltl', que tout
  » m<Île ouvrant l'utérus sera appelé saint au Seigneur, et pour
  » donner en sacriCtce, selon cc qui a été dit clans la loi du Sei­
  )) gneuI", une paire de tourterelles et deux petits de colombes. )) ­
 II. 22, 23, 24,39. - Parce que Moïse représentait la Loi, il lui fnl
 permis d'enlrer yers le Seigneur SHI' la montagne de Sinaï, et nO)1­
 seulement d'y rOl;evoir les tables de la Loi, mais aussi d'entendrc
 les statuts et les jugements ùe la Loi, ct de les confier au peuplc,
 ct il est dit aussi que pal" suite ils cI'oiraient en ilfoïse pOUl' [' ùer,
 nité: « Jéhovah dit à l'IIoïse: Voici, Moi je viendrai vers toi dans le
                     t,,~
 » brouillard de la 'ntl~,t, afin que le peuple entende quand je te 71(11'­
 » Lerai, et que même il.s croient en loi pOUl" l'éternité, )) - Exoc!.
 XIX, 9; - il est dit dans le brouillard de la nuée, parce que par
Ia nuée est entendue la Parole dans la lettre, de là' aussi quand
1Ioïse entra vers le Seigneur sur la montagne de Sinaï, il est dit
qu'il entra dans la Nuée,-Exod. XX.1S. XXIV. 2, 'IS. :XXXIV.
2, 3, 4, 1) ; - que la Nuée soit le sens littéral de la Parole, on le
voit Préf. de la Geu., Chap. XVlII, puis N°s 4050, ~391, 592'2,
634:3 f. Et parce qu'il représentait la Loi ou la Parole, c'est pour
cela même que quand il descendit de la montagne ùe Sinaï. « la
peau de ses {aces rayonnait tandis qu'il parlait i et il mettait Slui
ses faces un voile. II - Exoc1. XXXIV. 28 il 35 ; - le rayon nemen t
de ses faces signiliait l'Interne de la Loi, car cct interne est dans
la Lumière du Ciel cl en conséqllcnce appelé p:loil'c, l'°5922, ct le,
70                     ARCANES CltLESTES.
  voile signillaitl'Externe de la Loi; s'il voilait sa face tanùis qu'il
 parlait avec le peuple, c'était parce que l'Interne lui aVait été ca~
 cM, et était tellement obscur pour ce peuple, qu'ils n'auraient pu
  soutenir aucun éclat de cette lumière; que la face soit l'Interne, on
le voit ~os '1999, 2~34, 3527, 3573, 4,066, ~796 à ~805, 5102,
:56G;j. Comme Moïse représentait le Seigneur quant à la Parole
Historique, et Élie le Seigneur quant il la· Parole Prophétique,
 c'est pour cela que, quand le Seigneur fut transfiguré, " Moïse et
t~lie furent YUS conversant avec Lui. » - i)'lattb. XVII. ~; - et
alors que le Divin du Seigneur apparaissait dans le lIIonde, d'autres
que ceux. qui représentaient la Parole n'ont pas pu converser avec
lui, car la conversation avec le Seigneur a lieu par la Parole;
qu'Élie ait représenté le Seigneur quant à la Parole, on le voit
Nos 2762, 5'2!l7 f. Et comme l'un et l'autre, tant Moïse qu'Élie, re­
présentaient ensemlJle toute la Parole, c'est pour cela que lorsqu'il
s'agit d'J~lie, qui devait êtl'C envoyé devant le Seigneur, il est parlé
de l'un ct de l'autre dans lUalachie: « Souvenez-vous de la Loi de
 )) Moïse, mon serviteur, que je lui ai commandée en Choreb pour
» tout Israël, des statuts et des jugements: Voici, Moi, je vous
)) envoie lilie le pmphète, avant que vienne le jour de Jéhovah,
'Il grand et terrible. )) -  III. 22, 23, 24, ; - ces paroles signifient
qu'il serait envoyé d'avance quelqu'un pour annoncer l'avènement
scIon la Parole.
   6753. El elle dit: parce que des eaux je l'ai tiré, signifie la déli­
Vl'ance d'avec les {aux: on le voit par la signification des eaux, ici
des eaux. du fleuve d'Égypte, en ce que ce sont les faux., No 6693; et
par la signification de tirer, en ce que c'est la délivrance. Dans ces
paroles est contenue la qualité de l'état, qui est signifiée par le Nom
de Moscheh; cette qualité dans le sens suprême renferme que le Sei­
gneur, pour qu'il devînt Loi Divine quant à l'Humain, s'est délivré
de tout faux qui était adhérent à son Humain venant de la mère, et
cela jusqu'il ce qu'il fùt devenu Loi Divine, c'est-à-dire, Divin Vrai
Même, et ensuite, après avoir été glorifié, il devint le Divin Bien,
qui est l'J:tl'e du Divin Vrai ou .Jéhovah.
  6754. Vers. '1'1, ·12, '13, H. Et il arriva dans ces joul's-là, et
Moscheh avnit grandi, et il sortit vel'S ses {l'ères, et il vit lew's {aI'­
deau.x; et ill'it un IW1J!mc Jtgyplicn {mppant un 1101I1n/e l1ébrClt
EXODE, CHAP, DEUX.IÈME.                               71
d'elltl'e ses {l'ères. El il sc louma çà el là, cl il vit que (il n'y avait)
aucun homme, cl il frappa l'Égyptien, elille cacha dans le sable.
Et il sortit le second jour, cl voici, deu.x hommes Hébrcux se que­
rellant, et il dit au mée/wnl : pourquoi fmppes-llL ton compagnon? Et
il dit: qui t'a posé en homme prince cl juge sur nous? est-cc pour me
tuer que tu dis (cela,) de même que tu as wé l'Égyptien? Et Moscheh
cmignil, elll dit: certes, la chose est connue. - Et il arriva dans
ce,ç jours-là, et Moscheh avait grandi, signifie pendant que ces états
duraient, ct l'accroissement dans les vrais scientifiques: et il sortit
vel'S ses {rèl'eii, signifie la conjonction avec les vrais de l'Église: ct
ilvit leurs {anlet.tux, signifie l'aperception qu'ils étaient infestés pal'
les faux: et il vit un homme Égyptien {l'appant un homme Hébl'eu,
signifie le scientifique détourné s'efforçant de détruire le vrai de
l'Église: d'entre ses {l'èI'es, signifie auxquels il avait été conjoint:
ct il se tourna çà et là, et il vit que (il n'y avait) aucun homme, si­
gnifie la pl'Udence pour s'assurer s'il était en sù'etIS: et il {mppa
l'Égyptien signifie qu'il détl'Uisit le scientil1que détourné: et il le
cacha dan,ç le sable, signilie qu'il le relt~glla oil sont les faux: et il
sortit le secondjoUl', signifie la conjonction de nouveau avec l'Église:
.ct voici, deux hommes Hébreux se querellant, signifie l'aperception
 qu'au-dèdans de l'Église ils combattaient entre eux: el il dit au
 méchant: pom'quoi {mppes-lll ton compagnon? signifie la répri­
 mande de cc que l'un voulait detruire la foi de l'autre: et il dit:
 qui t'a posé en homme ln-ilzcc et juge sur nous, signifie la perception
 (lU'il n'était pas enCOl'e assez avancé dans les vrais de l'Itglise
 pOUl' décider les diITtSrenLs au-dedans de n:;glise: est-ce pO/li' me /Uer
 que tu dis (cela), signifie est-ce que tu veux détmire ma foi: de
 même que tu as tué l'Égyptien signille de même qne tu as détruit ]e
  faux: et llIouhelz craignit et il dit : certes la chose est connue,
 signifie qu'il était parmi les scientifiques détûul'n.és, ct non encore
  dans les vrais, pour être en sÙl'eté.
    ll755, Et il arriva clans ces jours là, et Mvselzeh avait grandi,
 signifie pendant que ces états dltraient, et l'acc1'Oisemenl dans les
 vrais scientifiques: on le voit par la signification des }ollrs, en ce
 que ce sont les états, Nos 23, 487, [,88, 493,893,2788, ;1162, 378:),
 4850; de là il arriva dans ccsjOUts là, c'est pcnd:Hit que ces l:lal',
 duraient; et par la signiacation de       [jml1dir,   en ce que c'est   rac~
72                    ARC.l."ES CÉLESTES.
 croissement, comme ci-dessus, N° 6749; que ce soit l'accroisse- .
ment dans les vrais scientifiques, cela est évident d'après cc qui
vient d'être expliqué, No 6751.
    6756. Et il sortit vers ses {l'ères, signifie La conjonction avec Les
vrais eLe l'ÉgLise: on le voit par la signification des frères, en ce
qu'ils sont les vrais de l'Église, ainsi qu'il va être montré; et par la
signification de sortir vers eux, en ce que c'est être conjoint à eux.
Quant à ce qui concerne les frères, ils signifient tantôt les biens,
tantôt les vrais de l'Église; lorsqu'il s'agit cie l'I~glise céleste, ils
signifient les biens, et quand il s'agit de l'Église spirituelle ils si­
gnifient les vrais; cela vient de ce que l'Église céleste est dans le
bien, et l'Église spirituelle dans le vrai; et dans les temps anciens
tous ceux qui étaient de l'Église s'appelaient frères; ceux qui étaient
de l'l~glise spirituelle s'appelaient, à la vérité, frères d'après le bien,
No 3803, mais les hommes de l'Église Interne le faisaient avec dif­
férence selon la qualité du bien, ainsi selon les vrais, car le bien a
sa qualité par les vrais: plus tard, quand l'Église se détourna du
bien, et par suite aussi du vrai, ce n'était plus d'après la consan­
guinité et l'affinité spirituelles, appartenant à la charité et à la foi,
qu'ils s'appelaient mutuellement frères, mais c'était seulement d'a­
près la consanguinité et l'affinité naturelles, et aussi d'après l'ami­
tié; et ils commencèrent même à supporter avec dédain d'appeler
frère un homme d'une condition plus basse que la leur; et cela,
pal'ce qu'ils regardaient comme peu de chose ou comme rien les
proximités d'origine spiritùelle, et considéraient beaucoup et comme
préférables à tout autre les proximités d'origine naturelle et civile.
Que les vrais de l'Église soient appelés frères, on le voit en ce que
les fils de Jacob représentaient les vrais de l'Église dans le com­
plexe, N°s M03, 5t.19, 54.27, 54.58, 55,1 '3. Si dans les Anciens
temps ils s'appelaient frères d'après l'affinité spirituelle, c'est parce
que la nouvelle naissance ou la régénération faisait les consangui­
nités et les affinités dans un plus haut degré que la naissance natu­
l'elle; et parce que celles-là tirent leur origine d'un seul Père, c'est­
à-dire, du Seigneur; c'est de là que les hommes qui viennent dans
le Ciel après la mort, ne reconnaissent plus aucun frère, et même
ni mère ni père, si ce n'est d'après le bien et le vrai; c'est scion le
bien et le vrai qu'on y forme de nouvelles fraternités: de là Yicnt
EXODE, CHAP. DEUXIÈME.                              n
donc que ceux qui ont été de l'Église se sont mutuellement appelés
frères. Que les tils d'Israël aient appelé frères tous ceux. qui descen­
daient de Jacoh, et compagnons tous les autres, on le voit claire­
ment par ces passages; dans Ésaïe: « Je confondrai l'Égypte avec
» l'Égypte, afin qu'ils combattent l'homme contre son (l'ère et
» l'homme contre son compagnon. »- XIX. 2. - Dans le Même:
« L'homme aide son compagnon, et il dit à son (l'ère: Fortilie-toi.»
- XLI. 6. - Dans Jérémie: « Défiez-vous l'homme de son com­
» pagnon, et ne vous fiez à aucun (rè1'e; car lout frère en supplan­
» tant supplante, et tout compagnon calomnie. » - IX. 3. - Que
tous ceux qui descendaient de Jacoh se soient appelés frères, on le
voit dans Ésaïe: « Alors ils amèneront fous vos frères de toutes les
» nations, en présent à Jéhovah, SUI' chevaux, sur chal' et SUl' voi­
» turcs couvCltes. n - LXVI. 20. - Dans Moïse: « En établissant
n tu établiras SUl' eux un roi, qu'aura choisi Jéhovah ton Dieu, dit

n milieu de tes {l'ères, tn étahliras sur eux un J'oi ; tu ne pourras pas

II mettre sur eux un homme étranger, qui ne soit pas leur frèrc. n

-Deutér. XVII. 15. - Et parce qu'il descendaient de Jacob, ils
appelèrent aussi frères les lilsd'Ésaü; dans Moïse: « Nous traver­
n sûmes avec nos {"è1'es lcs fils d'Ésaü, qui habitent dans Séil'. n ­
Deutér. II. 8. ~ Si dans les anciens temps ceux. qui étaient de l'~:­
l'lise s'appelaient frères, c'était, comme il a été dit ci-dessus, pal'ce
qu'ils l'econnaissaient le Seigneur pOUl' leur Unique Pèl'e, et parce
qu'ils avaient par Lui une nouvelle âme ct une nouvelle vie; c'est
pour cela que le Seigneur dit: « Ne vous laissez point appeler
n Rabbi; un seul est votre lIaître, le Chl'ist; mais vous tous, vous
» êtes (l'ères.» - Matlh. XXIII. R. - Comme la fratel'llite spil'ituelle
procède de l'amour, savoir, en ce que l'un est tout entier à l'autl'e,
et comme ceux qui sont dans le hien IC sont dans le Seigneur et le
Seigneur en eux, n - Jean, XlV. 20, - voilà pourquoi ils sont
appelés fl'è~es pal' le Seigneur, dans Matthieu :. « Jésus étendant sa
n main sur ses disciples, dit: voici ma Mère et mcs (rè,'cs; car

n quiconque aura fait la volonté de mon Père qui est dans les

n Cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère. » - XII.
49. - Dans le Même: « En tant que vous avez fait (ces choses) à
» l'un des plus petit de mes {l'ères, vous me (les) avez faites: n ­
XXV. 40,-et il appella aussi frères les cliseiples,--.lalth. XXVUI.
7.1                 ARCANES CÉLESTES.
10. Jean, XX. ,17; -par les disciples, dans le sens représentatif,
sont entendus tous ceux qui sont dans les vrais de la foi et dans le
bien de la charité.
   6757. Et il vit lcU7's farclcaux, signifie l'aperception qu'ils étaient
infestés pal' les faux: Cela est évident par la signification de voir,
en ce que c'est l'aperception, N0 6732; et pal' la signification des
fardeaux, en ce que ce sont les infestations par les faux; en effet,
les fardeaux qui étaient imposés aux fils d'Israël par Pharaon ne
sont pas autre chose dans le sens spirituel; Pharaon est le scien­
tifique faux, Nos 6651, 6679, 6683; les infestations pal' les faux
ne sont pas autre chose que des fardeaux pour ceux qui sont dans
les Vl'ais. Comment la chose se passe à l'égard des infestations
par les faux, lesquelles sont des fardeaux pour ceux qui sont dans
les vrais, c'est ce que ne peut savoir l'homme tant qu'il vit dans le
monde, car alors il n'est pas infesté ainsi; en effet alors ou son
mental s'attache aux faux, ou il les chasse, et cela sans infestation
sensible; mais dans l'autre vic, quand ceux qui sont dans les vrais
sont infestés pal' les faux, ils sont tenus comme ènchaînés dans ces
faux par les mauvais esprits, mais les intérieurs du mental sont par
le Seigneur tenus dans les vrais par lesquels sont chassés les faux:
 l'état des infestations par les faux, tel qu'il est dans l'autre vie, est
entendu ici dans le sens interne, ainsi que plusieurs autres choses;
 car la Parole a été écrite non-seulement pOUl' l'homme, mais aussi
 pOUl' les esprits et les anges,
    6758. Et il vit nn /tomme Égyptien frappant un homme Hébreu,
.signifie le scientifique détou1'llé s'efforçant de détl'ui,'e le vrai de
l'Église: on le VO!t par la signification de l'homme Égyptien, en ce
qu'il est le scientifique désuni d'avec le wai, N°·6692; par la signi­
cation de frappc/', en ce que c'est détruire, ici s'efforcer de détruire,
parce que les faux ne peuvent détruire les vl'ais; ct par la signifi­
cation de l'homme Ilébl'eu, en cc qu'il est le vrai de l'ltglise, car
l'homme (vil') signifie le vrai, N°· 313~, et l'llébl'eu l'Église Nos 6675,
 668~.
  67;'19. D'entl'e ses frères, ûgnifie m,xquels il avait été conjoint :
on le voit par la signification des fi'ères, en ce qu'ils sont les vrais.
 de l'Église, N° 67;,)6; comme il étaU lui-même dans ces vrais, el
 comme les vrais de ntglise, qui sout signifiés par les frères, étaient
EXODE, CHAP. DEUXIÈ~IE.                             75
ceux avec lesquels il avait été conjoint, la conjonction est entendue
ici, dans le sens intel'l1e, à cause de l'enchaînement des choses.
  6760. Et il se tourna çà et là, et il vit qu'il n'y avait aucun
homme, signifie la prudence pom' s'assw'er s'il ét((,it en s1Îreté : on
peut le voir sans explication.
   6761. Et il frappa l'Égyptien, signifie qu'il détruisit le scientifique
tlétoul'né : on le voit par la signification de (l'appe)' en cc que c'est
détruire, comme ci-dessus N° 6758; ct, par la signification de l' J!:­
gyptien, en ce qu'il est le scientifique détourné du vrai, No 6692.
   6762. Et il le cacha dans le sable, signifie qu'il le relégua où sont
les faux: on le voit par la signification de cacher, en ce que c'est
l'Cléguer; ct par la signification du sable, en cc que c'est le scien­
tifique vl'ai, et dans le sens opposé le scientifique faux; si le sable
:l cette signification, c'est parce que la piene, dont provient le sa­
ble, signifie l'un ct l'autre, Nos ~ 298, 3720, 3769, 3771, 377.3 ,
3789, 3798, 6!k26; le vrai est signifié aussi par le sable dans
Moïse: ({ Zébulon ct Jisaschar appelleront les peuples sur la mon­
)l tagne, ct ils sacrifieront des sacrifices de justice, parce qu'ils

)1 suceI'Ont l'affluence de la mer, et les choses cachées des secrets du
)l sable.» - Deutél'. XXXIII. 18, 19; - appeler les peuples sur
la montagne, c'est faire que les vl'ais deviennent des biens, ou que
la foi devienne charité, car les peuples sont les vrais de la foi, la
                                                            1
montagne le bien de la charité; sacrifiel' des sacrifices de justice,
c'est le culte d'après la charité; sucer l'affluence de la mer, c'est
avoir en abondance les vrais scientifiques; les choses caclIées des
secrets du sable, cc sont les arcanes des scientifiques vrais; et
comme le sable signifie le scientifique vrai, il signifie aussi dans
le sens opposé le scientifique faux, car la plupart des mots dans la
Parole ont aussi le sens opposé, et d'après le sens réel on connaît
quel est le sens opposé. Voici ce qu'il en est de l'action de reléguer
parmi les faux, qui est signifiée par il le cacha dans le sable: les
esprits infernaux qui sont dans les faux, après avoir été dans le
monde des esprits, et s'y être efforcés de détruire les vrais chez
ceux qui sont dans la tent,ation, sont ensuite relégués dans les en­
fers, d'où ils ne peuvent plus sortir; il m'a été donné de le savoir
pal' un grand nombre d'expériences; voilà ce qui cst f.ignifié par
la relégation parmi les faux.
76                    AHCANES CÉLESTES.
   6763. Et il .50/'tit le second jour, signifie la conjonction de nou­
veau avec l'Église: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus,
N0 6756, où sont des paroles semblables.
   6764, Et voici, deux hommes lléb,'eux se que1'ellant, signifie
l'aperception qu'au-dedans de l'Église ils combattaient ent1'e eux:
cela est évident par la signification de voici ou de voir, en ce que c'est
l'aperception, N0s 2~ 50, 3764, 4567, 4723, 5400 ; par la signifi­
cation des hommes Hébreux, en ce qu'ils sont ceux qui sont de
l'Église, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N0 6758 ; et pal' la signifi­
cation de se quereller, en ce que c'est combattre,
   6761>, Et il dit au méchant pourquoi fmppes-tu ton compagnon?
signifie la réprimande de ce que l'un voulait détruire la foi de l'au­
tre : on le voit par la signification du méchant, en ce que c'est celui
qui n'est pas dans le vrai de la foi, mais qui est néanmoins au-de­
dans de l'Église; en effet, il yen a au-dedans de l'Église qui sont
dans le vl'ai de la foi, et il y en a qui ne sont pas dans le vrai,
comme on peut le voir d'après diverses hérésies; ceux qui sont
dans l'hérésie ou dans le non-Hai de la foi, sont entendus ici pal'
le méchant; par la signification de frapper, en ce que c'est détruire,
comme ci-dessus, N0 6758; et par la signification du compagnon,
en ce que c'est celui qui est dans le vl'ai de la foi; car, puisque le
méchant signifie celui qui est dans le non-vrai de la foi, le compa­
gnon signifie celui qui est dans le vrai de la foi; il est dit le com­
pagnon et non le friJre, quoiqu'ils fussent tous deux Hébreux, parce
qu'ils étaient ennemis; que ce soit une réprimande, cela est évident.
Voici comment la chose se passe: quand l'homme est régénél'é, il
est envoyé dans des combats contre les faux, et alors tenu par le
Seigneur dans le vrai, mais dans ce vrai qu'il s'était persuadé être
le vrai; d'après ce vrai on combat contre le faux; on peut même
combattre d'après un vrai non-réel, )ourvu qu'il soit tel, qu'il puisse
en quelque manière être conjoint avec le bien, et il est conjoint
avec le bien pal' l'innocenœ, car l'innocence est un moycn de con­
jonction; c'est de là que ceux qui sont au-dedans de l'Église pcu­
vent êtI'c régénérés d'apl'ès unc doctrine quelconque, mais plus
que les autl'es ceux qui sont dans les vrais réels,
   6766. Et il dit: qlti t'a posé en homme prince et juge sur nOlIS,
signifie la perception qlL'il n'était pas enco/'e asse~ cu'ancé dans les
EXODE, CUAP,          J)EUXII~ME.                      77
   t'rais tic la roi pour décider les différends au-dedans de l'J!;glise : on
   Je voit pal' la signification de il dit, en cc que c'est la perccption,
   ainsi qu'il a été très-souvent montré; par la signHication de
  l'homme p1'incc, en ce que c'est celui qui est dans les principaux
  vrais, ainsi celui qui plus que les autres a été illustré dans la doc­
  trine du Hai, celui-ci a été entendu pal' le prince dans l'Église l'C­
  préscntative; de là vient que ces mots, qui t'a posé en lLOn/IIW
  p1'ince, signifient qu'il n'était pas encore assez avancé dans lcs
  nais de l'l~glise; que le prince soit celui qui est dans les princi­
  paux vrais, on le voit, N° 50H.; et par la signification de juge, en
  ce que c'est celui qui décide les procès ou les différends, ici les
  différends au-dcdans de l'Église, parce que c'est entre deux hOlll­
 mes Hébreux, par lesquels sont signifiés ceux qui sont de l'Église,
 Dans le sens suprême il a été question des commenccments de la
 Loi Divine dans l'Humain du Seigneur, maintenant il s'agit du
 progrès de cette loi; mais dans le sens interne il s'agit ici du pro­
 grès du Divin Vrai chez l'homme qui est régénéré; le progrès est
 tel, que l'homme d'abord peut discerner entre le faux et le vrai,
 car d'après le vrai, dans lequel il est, il peut voir le faux, parce
 que le faux est l'opposé de ce vrai; mais il ne peut pas dans ce
 premier temps décider les diiférends entre les vrais de la foi au-de­
 dans de l'Église; pOUl' qu'il le puisse, il doit faire des progrès ullG­
 rieurs, cal' l'homme est successivement illustré; on peut le voir
clairement pal' ceux qui sont dans Lige de l'adolesccnce et de la
 première jeunesse, en ce qu'ils croient que les doctrinaux qui ap­
partiennent à leur l:glise sont les vrais eux-mêmes, et de 1:1 ils
discernent les faux, mais ne peuvent pas enCOl'e décider les diffé­
rends entre les choses qui appartiennent à la foi au-dedans de l'É­
glise: cela vient successivement; l'homme donc à qui. cela peut
être donné doit être aussi d'un âge plus avancé, dans lequel les inté­
rieurs de l'entendement ont été illustres.
     6767. Est-ce pour me tue/' que ltt dis cela, signifie est-ce que lIt
veux dét?"Uire ma {oi? on le voit pal' la signification de tuer, en ce
que c'est détruire, ainsi qu'il va être montré; et pal' la significa­
tion de l'homme Hébreu, qui ici est me, en ce qu'il est celui qui est
de l'Église, pal' conséquent aussi la foi, cal' la foi appartient à l'É­
glise ;la foi et l'tglise ont été tellement unies, que celui qui détruit
78                      AilCANES CÉLESTES.
     la foi c1lez quelqu'un, détruit l'Église chez celui-là; et c'est aussi
     le tuer, car celui qui ôte la foi, ôte la vie spirituelle, °la vie qui l'este
     est une vie qui est appelée mort; de là il est évident que ces mots,
     est-ce pOUl' me tuer que tlt dis cela, signifient est·ce que tu veux dé­
    truire ma foi? Que tuer, ce soit ôter la vie spirituelle, on le voit
    clairement parun grand nombre de passages dans la Parole, comme
    dans Jérémie: Il Enlève-les comme le bétail qu'on égorge, destine­
     JI les pOUl' le JOU1' de la tltel'ie : jusques à quand la terre sera+elle

    II dans le deuil, et l'herbe de tout champ se nétrira·t-elle? A cause

    JI de la malice de ceux qui y habitent, les bêtes etl'oiseau seront con­

     » sumés. - XII. 3, 4; - le joUI' de la tuerie, c'est le temps de la
    vastation de l'Église, lorsqu'il n'y a plus aucune foi, parce qu'i! n'y
    a point de charité; la Lene qui sera en deuil, c'est l'Église; l'herbe
    de tout champ, c'est tout vrai scientifique de l'Église; les bêtes et
    l'oiseau seront consumés, c'est-à-dire les biens et les vl'ais; que la
    terre soit l'Église, on le voit N°s 566, 662, 1067, 1262, 1413, 1601
    1733, 1850, 2H7, 2118 f, 2928, 3355, ~335, U47, 5577; que
    l'herbe soit le vrai scientifique, cela est évident dans la Parole par
    les passages où l'herbe est nommée; que le champ soit ce qui ap­
    partient à l'Église, on le voit N°s 2971, 33,10, 3766; les bêtes, les
    affections du bien, ainsi les biens, N°s 45, 46, 142, 143, 246, 714,
    715, 719, ~ 823, 2179, 2t 80, 3218, 3519, 5198; et les oiseaux, les
    affections du vrai, N° 5149; de là on peut voir quel est le sens de
    ces paroles, et aussi qu'il y a dans chacune un sens spirituel: il peut
    être évident pour chacun que, sans un sens intérieur, on ne com­
    prendrait pas ce que c'est que le jour de la tuerie, ce que c'est que
    la terre qui sera dans le deuil, l'herbe de tout champ qui se flétrira,
    à cause de la malice des habitants, et les bêtes et l'oiseau qui seront
    consumés. Dans Zacharie: Il Ainsi a dit Jéhovah mon Dieu: Pais
    Il les brebis de la tucl'ie, queleurs possesseurs tuent. " -       XI. 4, 5;
    - les brebis de la tuerie sont évidemment ceux dont les posses­
    seurs détruisent la foi. Dans Ézéchiel: II Vous l.'l'avez profané chez
o   Il mon peuple pour des poignées d'orges et pour des morceaull: de

    il pain, afin de tUCl' des âmes qui ne doivent point mouri!', et afin

    li de vivifier des âmes qui ne doivent point vivre. » -        XIII. 19 ; ­
    ici tuer, c'est encore évidemment détruire la vie spirituelle, c'est­
    à-dire, la foi et la chal'ité. Dans Ésaïe: II Que ferez-vous au jour
EXODE, CHAP. DEUXIÈME.                              79
Il  de la visite ct de la vastation'? Sous les enchaînés, ct sous les
)' tués  ils tomberont. » - X. 3, 4; - là, les tués sont ceux qui
sont dans l'enfer, ainsî ceux qui sont dans les maux ct dans les
faux, Dans le Même: « Tu as été rejeté de ton sépulcre, comme un
» rejeton abominable, un vêlement de (gens) tués, lrctnspercés par
Il l'épée; tu ne seras point réuni avec eux dans le sépulcre, car tu

 JI as perdu la tel'l'e, tu as tué ton peuple. Il - XIV. 19, 20 ; - les
tués sont ceux qui ont été privés de la vic spirituelle; tuer le peu­
ple, c'est détruire les vrais ct les biens de la foi. Dans Jean: « Le
Il voleur ne vient que pour voler, luer et perdre; }Ioi, je suis venu

') pour qu'eHes aient la vie. » - X. '10; - Tuer, c'est détruire la
vie de la foi, aussi est-il dit: moi, je viens pour qu'elles aient la vic.
Dans Marc: « Le frère livrera le frère à la mort, et le père les en­
) fants, et les enfants se soulèveront contre les parents, et ils les
 » tuel'ont. " - XIII. 12; - là, il s'agit des derniers temps de l'É­
 glise, lorsqu'il n'y a plus aucune charité, ni par cela même aucune
 foi; le frère, les enfants et les parents, dans le sens interne, sont
les biens et les vrais de l'Église, et les tuer, c'est les détruire.
 Comme le tué signifiait celui qui a été privé de la vie spirituelle, ct
 le champ l'Église, c'est pour cela qu'il avait été statué dans l'É­
glise Représentative, que « celui qui toucherait sur la superficie du
)l  champ tm transpercé par l'épée, ou un tué, serait impur sept
 " jours. Il - Nomb. XIX. 16 ; - le transpercé par l'épée, c'est le
 vrai éteint par le faux, voir N° 4503, car l'épée est le faux qui éteint
 le vrai, N°s 3799, 4499, 6353.11 avait pareillement été statué que
  « si quelqu'un était trouvé tué dans la terre de l'héritage, su,' le
 champ, et qu'on ne conilût pas qui l'aurait tué, les anciens et les
 juges mesureraient vers les villes d'alentour, ct que ceux de la ville
  trouvée ainsi la plus proche prendraient une génisse, et la décolle­
  raient vers un fleuve rapide; outre plusiell1's autres choses. » ­
  Deutér. XXI. 1 à1 O.
    6768. De 11Utnte que t1t as tué l'Égyptien, signifie de même que lu
 as détMtit le {aux: on le voit par la signification de tue,', en ce que
 c'est détruire, comme ci-dessus, N0 6767; et par la signification de
 l'Égyptien, en ce qu'il est le scientifique détourné du ~J'ai ; ainsi le
 faux N°s 6692, 6758, 6761.
     6769, Et Moscheh cmignil, et il dit: Cel'tes, lli chose est con­
80                     ARCANES Cl::LESTES.
llue, signifie qu'il était parmi le,ç scientifiques détournés, et non CIl­
core dam les V/'ais, pOUl' être en sûreté: on le voit. par la signili.
cation de craindre, en ce quc c'est ne pas êtrc en sûrcté; cal' alors
il y a craint.e ; s'il n'est pas en sûreté, c'estpal'ce qu'il n'est pas dans
les Vl'ais ; car ceux. qui sont dans Ics vrais sont en sûrcté, quelque
part qu'ils aillent, mt-ce même dans le milieu des enfers; si ceux.
qui ne sont pas encore dans les vrais ne sont pas en sûreté,
cela vient de ce que les non-vrais communiquent avec les mau­
vais esprits; voilà ce qui est signifié par ces paroles; Moschelt
craignit, et il dit: Cel'tes, la chose est connue, savoir des Égyp­
tiens, parmi lesquels il était; comme on peut le voir aussi par ce
qui suit, en ce que « Pharaon apprit cette chose, et chercha à tuel'
Moscbeh. »
   6770. Vers. 16,16,17,18,19. Et Pharaon apprit cette chose,
et il chercha à tuer Moschelt; et Moscheh s'enfuit de devant Pila­
mon; et il habita dans la terre de Midian, et il habita pl'ès du
puits. Et le pl'êt1'e de Midian avait sept filles; et elles vinrent, et
elles puisèrent, et elles empli1'ent les auges, pOUl' abreuve!' le trou­
peau de leur pèl-e. Et les bel'gers vinrent, et ils les chassèrent .. et
1Jfoscneh se leva, et il les seCOUl'Ut, et il abl'euva leur tl'Oltpeau. Et
elles vinrent vers Réuël, leur ph'e , et il dit: Pourquoi vous ête.ç·
vous hâtées de venir aujourd'hui? Et elles dirent: Un homme Égyp­
tien nous a délim'écs de la main des bergers, et même en puisant il a
puisé pour nous, et il a abreuvé le troupeau. - Et Pharaon apprit
cette chose, et il chercha et lUel' Moscheh, signifie que le scientifique
faux, ayant aperçu cela, voulait détruire le vrai qui appartient à la
Loi venant du Di.vin : et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon,
signifie qu'il était séparé d'avec les faux.: et il habita dans la terre
de ~Iidian, signifie la vic dans l'Église chez ceux qui sont dans le
bien simple: ct il habita pl'ès d~ puits, signifie ),étud~ là dans la
Parole: et le prêtre de Midian avait sept filles, signifie les saints
(choses saintes) de cette Église: et elles vim'ent, et elles pui.çèrellt,
signifie qu'ils étaient instruits dans les vrais, d'après la Pal'ole : ct
elles emplirent les auges, signilie que par là ils enrichissaient la
doctrine de la charité: pOltl' abreuvel' le tl'oupeau de leul' père,
signifie afin que pm' là fussent instruits ceux qui étaient dans le
bien: et le.ç berg(nvim'ent et ils les c!uw;èrcl1t, signifie que ceux qui
EXÛDF., CHAP. DE(jX[~:~Œ,                            81
enseignaienl, étanl dans les maux, s'opposaieM: ct Moscheh se lera
et il les secoul'ltl, signifie le secours de la part des vrais qui appar-
tiennent à la Loi venant du Divin: et il aln'euva leU?' troupeau,
signifie que var là étaient instruits ceux qui étaient dans le bien:
et elles vinrent t'ers Rénëllcur père, signifie la conjonction avec le
bien même de cette Église: etil dit: Pourquoi vous êtes-vous Muées
de veni,' aujourd'hui, signifie la perception que maintenant il y a
une conjonction certaine: et elles ([i,'e,u: Un homme J!.'gyptien nons
a délivrées de la main des bC1'fjers, signifie parce que le vrai scien-
tifique, qui a été adjoint à l't~glise, a prévalu sur la puiss!.lnce de la •
doctriilc du faux d'après le mal: et même en puisant il a puisé pon/'
flOUS) signifie qu'il instruisait d'après la Parole: et il a abreuvé le
tl'oupeau, signifie ceux qui étaient de l'Église là,
   6771. Et Phamon aplJril cettc chose, ct il chercha à tue/'
Moscheh, sifjnifie qne le scientifique faux, ayant aperçu cela,
fjoulait détruire le vrai qui appartient à la Loi venant du Divin: on
le voit par la sigFlification d'apprendre, en ce que c'est apercevoir,
N0 50,17; par la représentation de Pham(}n, en ce que c'est le
scientifique qui est contre les Vl'ais de l'Église, ainsi le scientifique
faux, N°s 66M, 6679, 6683 ; par la sign,ification de tuer, en ce que
c'est détruire, N° 6767, ainsi chercher à weI", c'est vouloir détruire;
et par la représentation de ilfoscheh, en ce qu'il est la Loi Divine,
et le Vrai Divin, No 6752; ainsi le vrai qui appartient à la Loi Di-
vine: il est dit le Vrai qui appartient à la Loi Divine, et non la Loi
Divine, parce qu'il s'agit encore du progrès de la .Loi Divine dans
l'Humain du Seigneur: d'après cela il est évident que ces mols:
Pharaon apprit cette chose et il cllercha à tuer Moscheh, signifient
que le scientifique faux, ayant aperç.u cela, roulait détruire le 'l'ai
qui appartient à la Loi DiYine,
    6772. Et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon, signifie qu'il
était séparé d'avec les faux: on le voit par la signification de s' C/t-
fll-ir, en ce que c'est être séparé; par la repl'ésentation de Jl1oscltelt,
en ce qu'il est le vrai qui appartient à la Loi venant du Divin,
No 6771. Ici maintenant commence le cinquième élat de la pro-
1;l'Cssion de la Loi Divine dans l'Humain du Seigncur, et, dan~ le
sens respectif, de la progression du Vrai Divin cllez l'homme qui
est regénéré; c'e~t l'état de la sépal':'ltion t1'avcc les faux et de
         XI.                                                    li
82                     ."-RCA NES CÉLESTES.
J'adjonction avec les vrais du bien simple; ensuite vient le !Sixième
état, qui est celui de l'adjonction aveC le bien.
    6773. Et iL habita dans La terre de Jlfidian, ,~igllifie la vie parmi
ceux qui sont dans le bien simpLe: on le voit par la signification
d'habiter, en ce que c'est la vie: Nos'1293, 3384-, 3613, U,51,
6051 ; et par la signification de Midian, en ce que ce sont ceux qui
sont dans les vrais du bien simple, N0s 324.2, 4,756, 4788; il est dit
la telTe, parce que par elle est signifié l'Église oil sont ceux·là ; que
la terre soit l'Église, on le voit N0 6767.
    6774. Et iL habita pl'ès du puits, signifie L'étude Là dans La Pa­
l'oLe: on le voit par la signification d'habiter, en ce que c'est la
vie, N0 6773, ici l'étude de la vie; et par la signification du puit.~,
en ce que c'est la Parole, N°s 2702, 3424: la Parole est appelée,
tantôt puits et tantôt fontaine; quand elle est appelée puits, il est
signifié la Parole, quant au sens littéral; et quand elle est appelée
fontaine, il est signifié la Parole, quant au sens interne, N° 3765 ;
ici il est dit habiter près du puits, parce qu'il est signifié la Parole,
quant au sens littéral; car ce sens est le premier pour ceux qui
sont régénérés et qui s'avancent vers le Vrai Divin; ce sont ceux­
là dont il s'agit ici dans le sens interne; ce sont aussi ceux qui sont
dans les vrais du bien simple, lesquels ici sont entendus par M.i­
dian, et ne s'inquiètent point d'un sens autre que le littéral.
    6775. Et Le prêtre de Midian avait sept fiLLes, signifie Les saints
(choses saintes) de cette ÉgLise: cela est évident, d'aprës la signi­
fic,ation des filles du prêtre, en ce qu'elles sont les choses qui appar­
tiennent à l'Église; 'que la tille soit l'Église, on le voit, N0s 2362,
:3963, 6729, et le prêtre, le bien de l'amour, N°s 1728,3670, 6-148;
ainsi, par les filles du prêtre, est signifiée ntglise quant au bien;
d'après la signification de Jllidian, en ce que ce sont ceux qui sont
dans les vrais du bien simple, comme ci·dessus, No 6773; et
 d'après la signification de sept, en ce que c'est le saint, N0s 395.
 433, 7,16, 88,1, 5265, 5268; ainsi ces mots: Le prêtre de ![idian
 avait sept fiLLes, signifient les choses saintes de l'Église de ceux
 qui sont dans les vrais du bien simple. Sont dits être dans le bien
 simple ceux qui sont dans les externes de l'Église et croient simple­
 men't à la Parole, quant à son sens littéral, chacun selon sa com­
 préhension, et vivant aussi selon les choses qu'ils croient, ainsi,
EXODE, ClIAP. DEUXIÈME.                             83
dans le bien selon sa qualité d'après les vrais; l'Interne de l'Église
influe chez eux par le bien, mais comme ils ne sont pas dans les
vrais intérieurs, le bien qui influe devient commun, par conséquent
obscur, car la Lumière spirituelle ne peut y influer dans les sin­
guliers, ni par suite illustrer distinctement les choses; ceux qui
sont tels dans l'autre vie sont gratifiés du Ciel selon la qualité du
bien d'après les vrais: tels sont ceux qui sont entendus ici par
Midian; mais dans le sens propre ce sont ceux qui sont hors de
l'Église, et qui vivent dans le bien selon leur religiosité.
     6776. Et ell~s vinrent, et elles puisèrent, signifie qu'ils étaient
rnst1'1tit,~ dans les m'ais li apl'ès La ParoLe: on le voit par la signifi­
 cation de puiser, en ce que c'est être instruit dans les vrais de la
 foi et être illustré, N°s 3058, 3071 ; que ce soit d'après la Parole,
 cela est signifié par le puits où elles puisèrent; que le puits soit la
 Parole, on le voit ci-dessus N° 6774.
     6777. Et elles empLirent Les auges, signifie que par Là iLs en­
 richissaient La doctrine de La charité: on le voit par la signification
 d'empLit, avec l'eau du puits, en ce que c'est enrichir par là ou d'a­
 près la Parole; et par la signification de l'auge, en ce que c'est la
 doctrine de la charité: Si l'auge ou l'aiguière est la doctrine de la
 charité, cela vient de ce que c'est un conduit en bois dans lequel
 on vide l'eau du puits pour abreuver les troupeaux; car, dans le
 sens interne, ce qui est de bois signifie le bien de la charité
  N0 3720; puiser signifie être instruit, N°s 3058, 3071 ; l'eau qui
 est puisée, signifie le vrai de la foi, N°s '270'2, 3058, 4976, 5668 ;
 le puits d'où l'on puise, signifie la Parole, N°s 2702, 34,24., 677''; et
 abreuver les troupeaux, signifie instruire dans le bien, d'après la
  Parole, No 3772; d'après cela on peut voir que l'auge est la doc­
  trine de la charité.
      6778, Pour abreuver Le l7'oupeau de Lem' père, signifie afin que
  par Là üs fussent instl'uits dans Le bien: on le voit par la signifi­
  cation d'abreuver, en ce que c'est instruire, N° 377'2; par la signi.
  fication du troupeau, en ce que ce sont ceux qui apprennent et sont
  conduits au bien de la chal'ité, N0s 343, 3772, 5943, 6048; et par
   la représentation de Réuël, qui ici est le père, et qui était prêtre, en
   ce qu'i! est le bien de cette Église où étaient ceux qui sont dans le
   vrai du bien simple, et dont il a été parlé N0s 6773,6775.
114                   ARCANES CÉLESTES.
        677~.
           Et les bergers vinrent el ils Les chassèrent, sig/lifie que
 CI~ltX
      qui enseigllaient, étant dans les maux, 8' opposaient: on le
 voit par la signification des bergers, en ce qu'ils sont ceux (lui
 enseignent et conduisent au bien de la charité, Nos 34.3, 3795,
   60H, ici ceux qui enseignent, mais qui, parce qu'ils sont dans les
   maux, ne conduisent point au bien de la charité, ainsi qu'il va être
   montré; par la signification de chassel', en cc que c'est s'opposer;
  et par la signification des filles, qui sont celles qu'ils chassèrent,
  en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent à n:glise, ~o 6775,
  Les bergers ici signifient aussi ceux qui enseignent, mais qui ne
  conduisent point au bien de la charité, parce qu'ils sont dans les
  maux; en effet, ceux qui sont dans les maux ne reconnaissent nul­
  lement que la charité ct les œuvres de·la charité contribuent au sa­
 lut, car ils ne peuvent reconnaître les choses qui sont contre leul'
 vie, puisque cc serait contre eux-mêmes; et comme ils sont dans
 les maux, ils ne savent même pas ce que c'est que la chat'ité, ni par
 conséquent ce (lue c'est que les œuvres de la charité; ils enseignent
 la foi, par elle ils justifient, et par elle ils promettent le Ciel; cc
sont eux qui s'opposent à la doctrine de la charité qui est tirée de la
Parole, conséquemment à ceux qui sont dans le vrai du bien simple,
lesquels sont signifiés par les filles du prêtre de Midian, que les
bergers chassèrent après qu'elles eurent puisé au puits ct empli les
auges pour abreuver le troupeau.
    6780, Et lffoscheh sc leva et iL les secourut, signi.fie le ,çecom's
de ln part cles vrais qui appartiennent à La Loi venant du Divin: on
le voit par la représentation de Moscheft, en ce qu'il est le vrai qui
appartient à la Loi venant du Divin, N° 6711 ; et pal' la significa­
tion ùe secourir, en cc que c'est porter du secours.
   61!H. Et iL abl'elWCt leur troupeau, signifie que pm-là étaient
instrui.ts ceux qui étaient dans le bien: on le voit par la signification
d'abl'euver ou de faire boire, en ce que c'est instruire, ~os 3069,
309'2, 3172; ct par la signification du troupeau, en cc qne sont
ceux qui apprennent et sont conduits au bien de la charité, 1°343,
3172,591 il, 604·8, ainsi ceux qui sont dans le bien.
   6782. Et elles vin/'ent vel'S Réuël Lw/' ph'c, signifie la conjonc­
tion avec le bien même de cette J~9lise: cela est évident par 1:1
signification de l'cnir Ve1'g 'luelqu'un, cn ce que C',CS1 être conjoint;


 •
EXODE, CIlAP. DEUXIÈUE.                             ".,
                                                                          "Cl

   el pal'Ia représentation de Réuël, en ce qu'il est le bien, parce qu'il
   était prëtl'e; que le prêtre soit le bien de l'amour, on le voit N°s 4728,
   :-1670, 64 ~8: la conjonction, qui est ici signifiee, est ceBe des vrais
   de l'Église avec le bien de cette Église.
      6783. Et il dit: Pourquoi vons êtes-vous hâlées de venir au­
   jourd'hui, signifie la perception que maintenant il y a une conjonc­
   tion certaine: cela est évident par la signification de il dit dans les
   historiques de la Parole, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a
  été montré très-souvent; et par la signification dese hâter de vcnir
  en cc que c'cstune conjonction certaine; que sc hâter, cc soit le
  certain, on le voit N° 5284,; et que venir, cc soit la conjonctioll,
  on vient de le voir N° 6782; ici la conjonction certaine n'est pas
  entendue pal' cela que les fi~les se sont hâtées de venil' vers leur père,
  mais elle l'rst par Ic vrai qui appartient à la Loi vcnant du Diùn,
  lequel est représenté par· Moïse ; c'est là ce qui a été perçu.
      6784. Et e/les (tirent: Un Iwmme ÉYYTJtien nous a déLivrées dc
   La main des bergers, signifie parce que Ic vl'ai scientifiq!/c qui iL
   été adjoint cl l'ÉglÏ$c, a prévalu snI' la pnissance de la doctrine
•	 (tu (aux ({après Ic mal: on. le voit pal' la signification de l'hommc
   Égyptien, en ce qu'il est le vrai scientifique; cal' l'homme (vil')
   signifie le vl'ai, N°·3134-, et l'Égyptien le scientifique, N0s n 64-,
   1H5, H8G, V~62, 4.14.9, 4-964, 4-966,600>1, 4-967, 5790, 669'2; si
 Moschelt ici est appelé homme f:gyptien, c'est parce que Moscheh
 ici L'epl'ésente le vrai lei qu'il est chez ceux qui· sont dans)o vl'ai du
 bien. simple, que signifient les filles du prêtre dc l'Iitlian ,. ceux-là
 sont dans un tel vrai, cal' cc sont des hommeS' GC l'Église externe,
 Nil 6775, aussi est-œ pour cela qu'il est dit: « le vrai scientifique
 qui a été adjoint à l'Église;)l et par la signiflcatiGn de délivre1' de la­
 main desbel'[Jers, en cc que c'est qu'il a prévalu sur la puissance
 du faux d'après le mal; en efret, délivrer c'est avoir de la force •.
 car celui qui délivl'e de la main des autres a plus'de forœ qu'eux, la.
 main est la puissance ~os 878, 3387, 4.9Hl il .i937, 53'27, 5328,.
 BoU, et les bergers sont ceux qui enseignent, ici ceux qui en~
 seignentle faux d'après le mal, No 6779; et pal'ce qu'ils sont cenx
 qui enseignent, ils sont aussi une telle doctrine. Si le vrai scienti­
 fique pr~vaut sur la puissance dli faux d'après le mal, c'est paJ'ce
 que le Divin est dans tOYI vrai ct'après le bien, mais dans le raU
86                    ,RCANES CÉLESTES.
d'après le mal il yale contraire, et ce qui est contraire au Divin n'a
absolument aucune force; c'est pour cela que, dans l'autre vie, mille
qui sont dans le faux d'après le mal n'ont absolument aucune force
contre un seul qui est dans le Y1'ai d'après le bien; à la présence de
lui seul, les mille s'enfuient, ct s'ils ne fuient pas, ils sont dans les
tourments et dans la torture. Il est dit le faux d'après le mal, parce
que ce faux est véritablement le faux, tandis que le faux qui provient
non du mal, mais de l'ignorance du vrai, n'est point tel; c'est le
mal qui est opposé au Ciel, et non le faux d'apl'ès l'ignorance; bien
plus, si dans l'ignorance il y a quelque chose de l'innocence, alors
ce faux est accepté par le Seigneur comme vrai, car ceux qui sont
dans un tel faux reçoivent le vrai.
   6785. Et même en puisant il a puisé pour nous, sigllifie qlL'iL in­
8trltisait d'après ta Parole: on le voit par la signification de puiser,
en ce que c'est instruire dans les vrais de la foi et être illustré,
N0s 3058, 3071 ; que ce soit d'après la Parole, cela est signifié par
le puits où elles puisaient; que le puits soit la Parole, on le voit
N° 6774.
   6786. Et il a abl'elwé le troupeau, signifie ceux qui étaient de
l'Église là: on le voit par la signification du troupeau, en ce que
ce sont ceux qui sont dans le bien, et qui se laissent instruire,
N0 34.3, 3772, 5913, 6018, ici ceux qui étaient de l'Église là ; que
ce soient ceux qui sont dans le vrai du bien simple ct sont signifiés
par l1idian, c'est ce qui a été montré ci-dessus, Le troupeau signi­
fie ct le bien et l'Église, c"est-à-dire, ceux qui sont dans le bien et
de l'Église, car le bien et l'Église ont été tellement conjoints que
l'un ne peut être séparé de l'autre, car celui qui est dans le bien de
la foi est Église, et celui qui est Église est dans le bien de la foi..
   6787, Vers. 20, 'M , 22. Et il dit à ses filles: Et où est-il?
Pourquoi cela, avez-vous laissé (cet) Iwmme? Appelez-le, et qu'il
mange du pain. Et M-oscheh consentit à habiter avec (cet) homme.;.
et il donna Sippora sa fille à Moscheh.. Et elle enfanta. un fils, ct il
appela son nom Guerschom, parce- qu'il dit: J'ai été voyageur dan~
une telTe étrangèr,e. - Et il dit à ses filles, signifie la pens.ée Sl,ll'
les Saints (choses saintes) de l'Église: èt où est-il? Pourquoi cel CL,
avez-vous laissé (cel} homme? signifi,e comment sans ce vrai pou­
vaient-ils être conjoints au bien de l'Itglise: appelez-le, signifie
EXODE, CHAP. DElJX.lÈME.                          87
qu'il devait être conjoint: et qu'iL mange du. pain, signiHe la conlir­
malion dans le bien: Et Moscheh consentit à habiter (wec (cet)
homme, signifie qu'ils concordaient: et iL donna Sippol'a sa fille à
Moscheh, signifie qu'il lui adjoignit le bien ùe son Église: et eLLe
enfanta un fiLs, signifie les Tais qui en proviennent: ct iL nomma
son nom Guel'scltom, signifie leur qualité: parce 'lit' iL dit: f ai été
voyageur dans une terre étmngèl'e, signifie qu'il a élé instruit daqs
les V1'aisdans une Église qui n'était pas la sienne.
   6788. Elit dit à ses filles, signifie La pensée SUl' les Saints (chose,ç
saintes) de l'ÉgLise: on le voit pur la signification de dil'e, en cc
que c'est la pensée, No 3395; et pal' la signification des fiLle.ç, en
ce qu'elles sont les Saints de l'Église, N0 6775: les Saints, qui sont
ici signifiés par les filles, sont les vrais; ceux-ci dans la Parole sont
appelés les Sain ts; et cela, parce que les vrais qui chez l'homme
deviennent vl'ais de la foi, procèdent du bien; et comme ce qui pro­
cède du Divin Humain du Seigneur, est le Divin Vrai d'apl'ès le
Divin Bien, c'est de là que te Saint-Esprit est le Saint qui procède
du SeigneUI'; car ce n'est pas l'esprit lui-même qui procède, mais
c'est le Saint que l'esprit prononce; quiconque nfléchit peut com­
prendre cela: Que le Saint-Esprit, qu,i est appelé aussi Paraclet,
soit le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur, et que
le Saint se dise du Divin Vrai, on le voit par les paroles du Sei­
gneur dans Jean: « Moi, je prierai le Père pour qu'il vous don ne
Il un autre PamcLet, afin qu'il demeure avec vous durant l'étemité,

Il L'Espl'it de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne

"le voit point et ne le connaît p.oint. Le Paraclet, l'Esprit Saint,
Il que le Père enverra en mon Nom, ceLui-IeL vous enseignera toutes

" choses, et vous fera souvenir de toutes celles que je vous ai dites. ))
- XIV. '6, 17, ?A6: - dans le Même: « Lorsque sera venu le
Il PCLracLet, que je dois vous envoyer de la part du Père, l'Esprit

)) de vérité qui sort du Père, celui-là rendra témoignage de Moi. li
~ XV. 26: - et dans le Même: « Quand il sera venu, lui, l'Es­
Il prit de vél'ité, il vous conduira dans toute la vérité: il ne parlera

II point par Soi-Même" mais de tout ce qu'il aura entendu il pal'lera;

li lui Me glorifiera, pal'ce qu'iL l'ecevl'a de ce qui est à Moi et VOll.~

Il l'cmnoncera: toutes les choses que le Père a sont il Moi. c'est

 )) pourquoi j'ai dit qlliL l'ccc/ya de cc qni e.çt à Moi., Cl VOliS Lill­
88                     AHCANES CJ~LESTES.
 " noncera. » - XVI. '13, H., ·15; - si l'on confère ces passages
avec plusieUl's autl'Cs, on peut comprendre que le Saint-Esprit est
le Saint qui procède du Divin Humain du Seigneur, caI"le Seigneur
dit: Celui que le Père doit envoyer en ~lon Nom; puis: Celui que
je dois vous em'oyer de la part du Père; et encore: JI recevra de
ce qui est à ~foi et vous l'annoncera; toutes les choses que le Père
a sont à Uoi, c'est pourquoi j'ai dit qu'il recevra de ce qui est à
Moi ct yous l'annoncera; il est encore bien évident que le Saint sc
dit du Yrai, car le Paraclet est appelé l'Esprit de vérité.
   6789. El où est-il? Pourquoi cela, avez-vous laissé cel homlne?
siglli{zc comment sans ce vrai pouvaient-ils être conjoinl.~ au bien de
l'Église? on le voit par la signification de l'homme Égyptien, qui
est ici l'homme quO eller ont laissé, en ce qu'il est le vrai scientifique,
~() 6784; et par la signification de pourquoi cela, avez-vous laissé
cel homme? en ce que c'est comment sans ce vrai pouvaient-ils
être conjoints au bien, car ici laisser l'homme, c'est ne pouvoir pas
ètre conjoint. Il faut dire comment se passe la chose: Le Vrai
scientifique, qui ici est représenté par Moscheh, est le vrai de l'É­
glise externe; ce vrai existe pal' le vrai qui appartient à la.Loi
venant du Divin, laquelle est aussi 1'Iosc1leh, N°s 6771, 6780; et le
n'ai q~i appartient à la l.oi venant du Divin est le Yl'ai de l'Église
interne; si le vrai externe ne vicnt pas du vrai interne, il ne peut
être conjoint au bien; soit pour iIlustl'ation la Parole: si l'interne
de la Parole n'influe point chez ceux qui lisent la Parole et restent
ùans le sens littéral, il ne se fait point de conjonction du vrai procé­
dant de la Parole avec le bien, et 'interne de la Parole infiue et est
conjoint avec le bien, alors que l'homme considère la Parole comme
sainte, et il la considère comme sainte alors qu"il est dans le bien.
Soit encore pour illustration la Sainte-Cène: Il en est 11 peine quel­
ques-uns qui sachent que le pain y signifie l'amour du Seigneur en­
"ers tout le Genre humain, et l'amour réciproque de l'homme, et
que le vin signifie la charité; mais néanmoins ceux qui les reçohrent
saintement ont pal' eux conjonction avec le Ciel et avec le Seigneur,
et les biens de l'amour ct de la charit~ influent par les anges, qUb
alors pensent non au pain ni au vin, mais à l'amolli' ct ü la charité,
Sos 34-64., 3735, ll91!j; de là il est évident que le vrai externe cst
EXODE, CIUP. DEUXIÈME.                           89
conjoint avec le vl'ai interne, il l'insu de l'homme, qtiand l'homme
est dans le bien.
  6790. Appelez-le, signifie qu'il devait 11/re conjoint: on le voit
pal' la signification d'appeler, en cc que c'est être conjoint N0 6047.
   679,1. Et qu'il mange dit pain, sigTiifie la confirmation dans le
bien: on le voit pal' la signilication du pain, en ce qu'il est le bien
de J'amour, N0s 2465, 2177, 36.78, 3731>, 38,13, 6.211, 4217, 6.735:
que mangel' du pain, ce soit la confirmation dans le bien, c'est
parce que par manger ici est entendu le repas, qui dans la Parole
est appelé festin; les repas ou les festins se faisaient chez les an·
ciensau dedans de J'Église, à cause de la conjonction et de la con­
firmation dans le bien, vo-il' N0s 3596, 3832, O" 6·1.
      6792. Et Moscheh consentit à habitel' avec cet homme,. signifie
 '1 u'ils conconlaienl: on le voit val' la représentation de J/oscheh,
 en cc qu'ici il est le vrai scientifique, N° 6784.; par la signification
(j'halJiter, en ce que c'est vivl'c,J"0s 1293, :3384., 36,13, ct en ce que
habiter at'ec quelqu'un, c'est vivre ensemble, ~o .,4,51, par consé­
quent concorder; et pal' la signification de l'homme (vil') en cc que
c'est le vrai du bien de celte Église; que l'homme soit le vrai, on le
voit N0 3134.
     6793. Et il donna Sippora sa fille à Ilfoscheh, signifie qu'illlli
adjoignit le bien de son Église: on le voit pal' la signification de
donner, savoil', pour épouse, en cc que c'cst adjoindre; par la
signification de la fille, en ce qu'elle est le bien, .J"os 489, 490, 49·1 ;
ct aussi r Église, .J'os 2362, 3963, 6729; Sippora signifie la qua­
lité du bien de cette l~glise; ·et pal' la représentation de J11oscheh,
en ce qu'il est le vrai scientifique, ~o 6784­
     6794. Et elle enfanta un fils, signifie les vrais qui en pl'oviennent:
on le voit par la signification d'enf(mter, en cc que cela se dit des
choses appartenant à l'Église, qui sont la foi et la charité; ces en­
fantements proviennent du mariage céleste, qui est le mariage du
bien ct du vl'ai, ce mariage est représenté par les mariages sur la
terre; ct par la signification du fils, en ce qu'il est le vrai, Nos
489, 4.91,533, 2623,3373.
     1>795. Et il appela son nom Glt.el·schom, signifie leul' qltalité,
savoir, la qualité des vrais: on le voit par la signification du n07lt
et d'appeler le 1I0m, cn œ que c'cst la qualite, N°·  H,! i5, 1754.,
90                     AH.CANES CaESTES.
'2009, 2724., 3006, 3~2'1, 667 i; Guerschom renferme la qualité de
ces vrais, savoir, en ce que ce sont les vrais dans lesquels il a été
instruit dans une Église qui n'était pas la sienne, éj.insi qu'il suit
maintenant.
   6796. Parce qu'il dit: l'ai été voyageul' dans une terre étrangèl'e,
signifie qu'il a été instruit dans les vrais dans une Église qui n'était
pas la sienne: on le voit par la signification d'être voyageur, Cil
ce que c'est celui qui est instruit dans les choses qui appartiennent
à l'Église; et par la signification de la tel'Te, en ce qu'elle est l'É­
glise, Nos 662, 1067,1262, n33, 1850,2-1-17,2118 f. 2928, 3355,
iH7, 4:535, 5577; de là une terre étmngère, c'est une Église qui
n'était pas la sienne.
   6797. Vers. 23,24.,25. Et il arriva dans ces jow's multipliés,
et le roi d'Égypte était mort, et le.9 {tls cl' Israël soupiraient à cause
.de la servitude, et ils criaient; et leur cl'i monta vel'S Dieu de la servi­
tude. Et Dieu entendit leur gémissement, et Dieu se ressouvint de
son alliance avec Abraham, avec (iscltak et avec Jacob. Et Dieu vit
Les {tls d'Israël, et Dieu (les) connut. - Et il arriva dans ces jours
multipliés, signifie après plusieurs changements d'état: et le roi
û'J!,'gypte était mort, signifie la fin du faux précédent: et les {tls
d'Ismël soupiraient à cause cle la servitll:de, signifie la douleur à
cause de l'effort de subjugation du vrai de l'Église: et ils cl'iaient,
signifie qu'ils imploraient: et leur cl'i monta vel'S Dieu de let servi­
 tude, signifie qu'ils furent entendus: et Dilm entendit leur gémis­
sement, signifle le secours; et Dieu se ressQuvint de son alliance
 avec Abraham, avec Iischak et avec Jacob, signifle à cause de la
conjonction avec l'Église par le Divin Humain du Seigneur: et
Dieu vit les {tls d'Isrctël, signifle qu'il gratifia de la foi l'Église: et
 .Dieu (les) connut, signifle qu'i! la gratifia de la clal'ité.
    6798. Et il arriva dans ces jours multipliés, signi{te après plu­
sieurs changements d'état: on le voit par la signification des jours,
en ce que ce sont des états, N°s 23, 4:87, i.88, 4:93, 893, 2788,
3i62,3785, 4:850; ainsi, il arriva dans des jours. multipliés, c'est
après plnsieurs étals, ou après plusieurs changements d'état.
  6'199. Et le roi d'Égypte était mort, signifie lct fi.n d'u {ctnx JJl'é­
cédent: on le voit par la signification de mourir, en cc que c'est
cesser d'èlre, N0s 4:9,j., 60S7, 6093, ainsi la fin; cl par la n~pré$Clh
EX.ODE, CIHP. DEUXIl~ME.                            91
tation de Pharaon ou du roi d'Ég!lpte~ en ce qu'il est le scientifique
faux, Nos 665,1, 6679, 6683, 6692.
   6800. Et les fils d'Israël soupiraient à cause de la servitude, si­
gnifiela douleur à cause de l'effort de subjugation du vrai de l'É­
glise: on le voit par la signification de soupirer, en ce que c'est la
douleur; par la représentation des fils d'Ismël, en cc qu'ils sont
les vrais de l'Église, N°s 54· .., 5879, 595· ; et par la signification
de la servitude, en ce que c'est l'effort de subjugation, Nos 6666,
6670, 667".
   680". Et ils criaient, signifie qu'ils implomient: on le voit sans
explication.
  6802. Et leur cri monta vers Dieu de la servitude, signifie qu'ils
furent entendus: on peut aussi le voir sans explication, car il est
dit aussitôt après: Dieu entendit leur gémissement ct se l'essouvint
ùe son alliance avec Abraham, avec Iischak et avec Jacob.
   6803. Et Dieu entendit leur gémissement, signifie le secours: on
le voit pada signification d'entendre, en ce que c'est obéir, N°s 2M2,
3869, 4,652 à 4,660, 5007; mais quand cela est dit du Seigneur,
c'est pourvoir et portel' secours, car le Seigneur donne du secours
à celui qu'il entend; et pal' la signification du gémissement, en ce
que c'est la douleur à cause de l'effort de subjugation de la part des
faux.
   680 ... Et Dieu se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec
Iischak et avec Jacob, signi.(ie à cause de la conjonction avec l'É.
glise par le Divin Humain du Seigneur: on le voit pat' la significa­
tion de l'alliance en ce que c'est la conjonction, ainsi qu'il va être
expliqué; ct par la représentation d'Abraham, de lischak et de Ja­
cob, avec lesquels l'alliance a été faite, en ce que c'est le Divin
Humain du Seigneur; Abraham représente le SeigneUl' quant au
'Divin Même, Iischak le œpl'ésente quant au Divin Rationnel, et
Jacob quant au Divin Naturel, comme on le voit, N°s" 893, 20,11,
2066, 2072, 2083, 2630, 319~, 321 0, 32~5, 3251, 3305 f. 3~39,
3576, 3599, 3704, 4180, 4286, 4538, 4570, ~6'5, 6Q98 , 6,185,
6276, 64,25: que là où Abraham, Iischak et Jacob sont nommés
dans la Parole, ce ne soit point eux qui sont entendus dans le sens
spirituel, c'est ce qu'on peut voir en ce que jamais les noms ne pé­
nètrent dans le Ciel, mais seuJell1cIlI cc qui esl signilié par ceux..
n                          AR.CANES CÉLESTES.

 qui sont nommés j ainsi, les choses elles-mêmes, la qualilé des

 choses, et l'état des choses, c'est-à-dire, celles qui appal'liennent à

 l'Église, qui appartiennent au Royaume du Seigneur, et qui appar­

 tiennent au SeigneUl' Lui·Même; et en outre les Anges dans le
 Ciel ne déterminent jamais leurs pensées vers des personnes en
 particulier, ce serait borner les pensées, et faire abstl'action de la
 perception universelle des choses, d'après laquelle existe le langage
 angélique; de là vient que les choses prononcées dans le Ciel pal'
 les Anges sont ineffables et bien au-dessus de la pensée hW11aine qui
 ne s'étend point aux universaux, mais se l'estreint aux particuliers;
 c'est pourquoi lorsqu'on lil que « plusieurs viendront de l'Odent el
 Il de l'Occident, et seront à table avec Abmham, et lischak et Jacob,

)l  dans le Royaume des cieux. »- Matth. VIII. 1'1, - les Anges
 perçoivent la présence du SeigneUl' et l'appropriation du vrai el du
bien, qui procèdent de son Divin Humain: puis, lorsqu'on lit que
 « Lazare fut enlevé dans le sein d'Abl'aham, Il -      Luc. XVi. 22, ­
 les Anges perçoivent qu'il a été enlevé dans le Ciel où le Seigneur
est présent; de là aussi l'on peut voil' que par l'alliance avec Abra­
ham, Iischak et Jacob, dans le sens interne est entendue la conjonc­
 tion par le Divin Humain du Seigneur. Que le Divin Humain soit
l'alliance, c'est-à-dire, la conjonction elle-même, c'est ce qu'on peut
voir par plusieurs passages dans la Parole, par exemple dans Ésaïe;
 « Je Te donnemi pour l'alliance d" peuple, pour lumière des na­
 lItions. Il - XLII. 6. - Dans le Même: « Je T'ai donné pour
)l  l'alliance du peuple pOUl' rétablir la terre, pour partager les héri­
 Il tageçdévaslés, »-       XLIX, 8. - Dans le Même: « Inclinez votre
 » oreille, ct venez vers ~Ioi ; écoutez et que votl'c âme vive; ainsi je
 » tmiterai avec vous une alliance d'étemité, les miséricordes cons­
II  tantes de David; voici, je L'ai donné (comme) témoin aux peuples,
 » (comme) Prince et Législateur aux nations,» -LV. 3, L - Dans
Malaehie: « Incontinent vient vers son Temple le Seigneur que
Il vous cherchez, et l'Ange de l'alliance, que vous désirez; voici,

II il vient. » -    Ill. 1. - Dans le Livre II de Samuel: (' II M'a éta­
Il bLi Alliœncc cFétemité, pour disposer dans tous et pour sauver. »

- XXIII. 0; - dans ces passages il s'agit évidemment du Se(gneUl',
et de la conjonct.ion du genre humain avec le Divin Même <ln Sei­
[sn eu' par ~.Oll Divin Humain; que I.e Seif)ncur quant au DiYin Hu­
EXODE, ClIAP. DEUxIimE.                           9:1
  main soit le lUédiateUl', et que nul ne puisse venil' ,"ers le Divin
  Même, qui est dans le Seigneur et est appelé le Père, que par le
 Fils, c'est·il-dire, par le Divin Humain, cela est notoire dans l'Église;
 ainsi le Seigneur quant aU Divin Humain est la Conjonction: qui
 peut saisir par quelque pensée le Divin Même? et s'il ne peut être
 saisi par la pensée, qui peut êlre conjoint il Lui par l'amour? mais
 chacun peut saisir le Divin Humain par la pensée, et être conjoint
 à Lui par l'amoUl'. Que l'alliance soit la conjonction, on peut le voir
 par les alliances entre Royaumes, en ce que c'est par elles qu'ils
 s'unissent; et en ce qu'elles sont des stipulations de part et d'autre,
 qui doivent être gardées; aHn que l'union rétablie sc maintienne;
 ces stipulations ou ces conditions sont même appelées alliance. Les
stipulations ou conditions qui, dans la Parole, sont appelées alliance,
 sont de la part de l'homme, dans le sens strict, les dix préceptes ou
le décalogue; dans un sens plus large, ce sont tous les statuts, corn·
 mandements, lois, témoignages, préceptes, que le Seigneur a en­
joints du haut de la montagne de Sinaï par ilioïse; et dans un sens
encore plus large les Livres de Moïse, les choses qui y sont conte·
 nues devaient être observées de la part des fils d'lsraCl; de la part
du Seigneur, c'est la iHiséricorde et l'Élection: Qlle les dix p1'éceples
oule décalogue soient l'alliance, on le voit par ces passages; dans
Moïse: « Jéhovah vous indiqua son alliance, qu'il vous commanda
 "de faire (savoir) les dù:c Pal'oles, qu'i! écrivit SUI' deux tables de
 II pierres. " -   Deutér. IV. -13, ~3; - et comme les deux tables de
pierres, SUI' lesquelles avaient été gravés les dix préceptes, furent
déposées dans l'arche, - Exod. XXV. 16, 21,22. XXXI.18. XXXIJ.
45,16,19.XL. 20,-c'est pour cela que l'arclle est appelée l'arche de
l'alliance, -Deutér. XXXI. 9,24.,25,26. Jos.lIl. 3,6, H.IV. 7.
Jug. XX. 27. Il Sam. XV. 24..1 Rois VlIl. 21; - dans cc dernier
passage Salomon parle ainsi : « J'ai établi là un lieu à l'arche
" où (est) l'alliance de Jéhovah, qu'il a traitée avec nos pèl'es. " - et
ùans Jean:' « Le Temple de Dieu s'ouvrit dans le Ciel, et l'al'che de
» son alliance (ut vILe dltns son Temple. » -      Apoc. XI. 1). - Que
tous les jugements et les stctluls que le Seigneur commanda par 1Ifoïse
au peuple lsraëlite soient appelés l'a/lictnce ; et qu'il en soit de même
des Livres de )(oïse, on le voit dans Moïse: « Sur la bouche de crs
II parotes j' ai /'l'lIité avec toi al/imlce et avec Israël. II -Exod. XXXI",
!H                       ARCANES C:É:LES'l'ES.

27, - parmi les choses qui sont dans cc passage appelées alliance,

plusieurs concernaient les sacrifices, les fêtes, les azymes. Dans le

l-Iême: « Moïse prit le Livre de l'alliance, et il le lut aux oreille.~

.. du peuple; et ils dirent: Tout ce qu'a prononcé Jéhovah, nous le

» fel'ons et nous écouterons. li -        Exod. XXIV. 7, 8. - Dans le

LivreIl des Rois: « Joschia Roi de Juda, dans la maison de Jéhovah,

li lut devant tous les paroles du Livre de l'alliance trouvé dans la


)1  maison de Jéhovah-: et il traita alliance devant Jéhovah, pour
Il maintenirles paroles de l'alliance écrites dans ce Livre; et tout le

li peuple se tint dans l'alliance. Le Roi commanda à tout le peuple

)l  de faire la Pâque à Jéhovah Dieu, selon ce qui est écrit dans le
 Il Livre de l'alliance. » -   XXIII. 2, 3, 2,1 . - Dans David: « Si tes
Il fils gardent mon alliance et mon témoignage, que je leur ai ensei·

li gné, leurs fils aussi jusque dans l'éternité seront assis sur ton

li trône. li -   Ps. CXXXII. 12. - Que l'alliance soit la conjonction
par l'amour et la foi, on le voit dans Jérémie: « Voici, les jours vien­
 » nent, parole de Jéhovah, où je traiterai avec la maison d'Israël, et
l)  avecla maison de Juda, une alliance nouvelle, non commel' alliance
Il que j' ai traitée avec leurs pèl'es, parce que ceux-là ont rendu vaine

)l  mon alliance; mais voici l'alliance que je traiterai avec la maison
li d'Israël après ces jours: Je donnerai ma Loi au milieu d'eux, et sur

» leur cœur je l'écrirai, et je leur serai pour Dieu, et eux Me seront
li pour peuple. li -    XXXI. 31, 32, 33; - donner la Loi au milieu
d'eux et sur leur cœur l'écrire, c'est gratifier de la foi et de la charité,;
par la foi et par la charité se fait la conjonction qui est décrite pal' « je
leur serai pour Dieu, et eux Me seront pour peuple. « Dans le Même:
« Je traiterai avec eux une alliance du siècle, que je ne Me détour­
» nerai plus de derrière eux, pour leur faire du bien; et je mettrai ma
li   cmillte dans leur cœur, afin qu'ils ne se retif'ent point de Moi, »
- XXXII. 40. ; - la conjonction par l'amour; qui est l'alliance, est
signifiée par « je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne sc
» retirent point de Moi. » Dans Ezéchiel: « Je traiterai avec eux une
» alliance de paix, il y aura une alliance et éternité avec eux, et je les
II donnerai, et je les multiplierai, et je placerai mon sanctuail'C au

» milieu d'eux, et mon habitacle sel'a chez eux, et je leur serai pour
li Dieu, et ils Me seront pour peuple. li -  XXXVII. 26,27; - dans
ce passage, la conjonction par l'amour et la foi, qlli sont l'alliance,
EXODE, CHAP. DEUXlf:ME.                              95
est décrite par le sanctuaire au milieu d'cux et par l'halJilaclc chez
eux, et par je leur serai pour Dieu et ils Me seront pour peuple. Dans
le Même: Quand je passai par toi, et je te vis, et voici, (c'était)
           l(


Il ton temps, le 'temps des amours, et j'entmi en aLLiance avec toi a(tn

)l que lu fusses à Moi. II -XVI. 8; -       là il s'agit de Jérusalcm, par
qui est signifiée l'l~glisc Ancienne; entrer en alliance avec elle afin
qu'elle fût à Lui, c'est évidemment le mariage ou la conjonction spi­
rituelle. C'est aussi parce que l'alliance signifie la conjonction, quc
l'épouse est appelée l'E'pouse de l'aLLiance, - Malach. II. 1!~; - et
que la conjonction entre les frères est appelée l'alliance des ['l'ères,
- Amos, J. 9. - La conjonction est aussi signifiée par l'alliance
dans David: le J'ai traité alliance avec mon Élu, j'ai juré à David
)l  mon serviteur. » - Ps. LXXXIX. 4. - Que le Tmité d'alliance
de la part du Seigneur soit la Miséricorde et l'Élection, on le voit
dans David: « Toutes les voies de Jéhovah (sont) Miséricorde et
II Vérité pour ceux qui gardent son aLLiance et ses Témoignages. II

- Ps. XXV. 10. - Dans Ésaïe: « Les montagnes se retireront,
li et les collines seront déplacées, et ma Misb'icorde ne se retirel:a

 » point, et l' cdliance de ma paix ne sera point déplacée, a dit Celui
» qui a compassion de toi, Jéhovah. li - UV. -1O. - Dans Moïse:
« Jéhovah t.on Dieu, Lui (est) Dieu, le Dieu fidèle, gardant l'aLLiance
» et la itliséricorde à ceux qui L'aiment et qui gardent ses précep­
 II tes, à la millième génération. li -     Deutér. VII. 9, 12. - Dans
le Même: le Si vous gardez mon alliance, vous serez pour l'foi UT,l
 II pécule d'entt'e tous les peuples. » -       Exod. XIX. 5. - Dans le
~fême : « Je regarderai vers vous, et je vous fructifierai, et je vous
 II multiplierai, ct je confirmerai mon alliance avec vous. li -Lévi!.

 XXVI. 9; - regarder vers eux, c'est de la Miséricorde; les fmc­
 tilier et les multiplier, c'est gratifier de la charité et de la foi; ceux
 qui en sont gratifiés sont appelés Élus, ainsi ce sont les choses de
l'Élection; puis aussi ils seront le pécule du Seigneur. Les Signes
 de l'alliance ont élé cLussi dans l'Église représentative, et ils étaient
 donnés pour qu'on se ressouvînt de la conjonction; la Circoncision
 était un de ces signes, -. Gen. XVII. 11, - car la Circoncision si­
 gnifiait la purification des amours impurs, après l'éloignement des­
 quels s'insinue l'amour céleste par qui il y a conjonction: le Sab­
  bath est aussi nommé l'alliance éte1"1/Clle, - Exod. XXXI. 16 : ­
HG                      ARCtlES CÉLESTES.
il est dit encore que les 110illS de proposition étaient aux fils d'Israël
• en alliance éternelle. li - Lévit. XXIV. 8,9: - principalement
le sang, comme on le voit dans Moïse: « Moïse prit le Livre de l'al­
li liance, et il le lut aux oreilles du peuple; et ils dirent: Tout ce

" qu'a prononcé Jéhovah nous le ferons ct nous écouterons; alors
" Moïse prit le Sang du SaC1'i{tce pacifique, et Ble répandit SUl' le
" peuple, et il dit: Voici le Sang de l'alliance qu'a traitée Jéhovah
 » avec vous sur toutes ces paroles.        Exod. XXIV. 7, 8. - Dans
                                         l) -


Zacharie: « Par le sang de ton alliance je tirerai tes enchaînés de
 » la fosse, dans laquelle il n'y a point d'eau. » -IX. H; - le s:).ng
était l'alliance ou le signe de l'alliance, parce qu'il signifiait la con­
jonction par l'amour spirituel, c'est-à-dire;par la charité envers le
prochain; aussi, quand le Seigneur institua la Sainte-Cène, il appela
son Sang le sang de la nouvelle alliance, - Matth. XXVI. 28. ­
D'après ce qui précède on peut maintenant voir cc qui est entendu
dans la Parole par l'alliance dans le sens interne.
   6805. Et Dieu vit les fils d'Israël, signifie qu'il gratifia de la foi
l'Église: cela est évident par la signification de voir, en ce que
c'est avoir la foi, N°s 897,2325,2807, 3863, 3869, 4-403 à 44.2-1,
5iOO, de là Dieu vit, c'est gratifier de la foi, cal'la foi vient de Dieu;
et par la signification des fils d'Ismï:l, en ce qu'ils sont l'Église,
N0 6637.
     6806. Et Dieu les connut, signifie qu'il la g1'atifia de la charité:
on le voit par la signification de connaître, quand cela se dit de
Dieu, c'est-à-dire du Seigneur, en ce que c'est gratifier de la cha­
rité; en effet, c'est la charité qui conjoint le Seigneur avec l'homme,
et qui fait que le Seigneur est présent chez lui et en conséquence
le connaît; le Seigneur, il est vrai, connaît tous les hommes dans
l'univers, mais il ne connaît, comme un père ses fils, que ceux qui
sont dans le bien de l'amour et de la chalité; c'est pour cela que
le Seigneur dit de ceux qui sont dans le bien, et qu'il appelle ses
brebis: « iioi, je suis le bon Pasteur, et je connais les miens, ct je
suis connu des miens: mes brebis entendent ma voix, et 1I10i je le,ç
connais, et elles me suivent.   l)   -Jean X. 14, 27. -Mais de ceux
qui sont dans le mal, le Seigneur dît qu'il ne les connaÎt point;
dans Matthieu: « Plusieurs Me diront en cc jOUl'-lil : Seigneur!
l) Seigneur! par tou Nom n'avons-no1s pas prophétisé? et pal' ton
EXODE, CHAP. DEuXIÈME.                             97
»   Nom n'avons-nous pas chassé les démons? et en ton Nom n'a­
II   vons-nous pas fait plusieurs œuvres merveilleuses? Mais alors
» je leur dirai: Je ne VOllS connais point; retirez-vous de Moi, ou­

II vriers d'iniquité. II -     VII. 22, 23. - Dans le Même: « Enfin
II vinrent aussi les autres vierges, disant: Seigneur! Seigneur!

II ouvre-nous; mais Lui, répondant, dit: En vérité, je vous dis:

II Je ne VOltS connais 7Jalnl.ll-XXY. H, <l2.-Dans Luc: « Quand

II le Père de fami!le sc sera levé et allfa fermé la porte, alors vous

II commencerez il vous tenÏ!' dehors et il frapper la porte, en disant:

II Seigneur! Seigneur! ouvre·nous; mais répondant, il vous dira:

II Je ne sais d'oit VOltS êlc<~. Alors VOliS commencerez à dire: Nous

 II avons mangé devant toi, et nous avons bu, et dans DOS places

 II Lu as enseigné; mais il dira: Je vous dis: Je ne sais d'oit vous

 » rUes, l'etirez-vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquité. » -XIII.
25, 26, 21; - de lit il est bien évident qu'être connu, quand cela
est dit pal' le Seigneur, c'est être dans le hien de la charité, c'est­
à-dire ètre gratifié de cc bien, cal' tout bien de la charité vient du
Seignenr; ct que ne point être connu, c'est être dans le mal; con­
 naître enveloppe la conjonction, et l'homme est dit être connu du
 Seigneur en tant qu'il a été conjoint à Lui: ceux qui n'ont point
 été conjoints, le Seignenr les connaît aussi, et connaît même jus­
qu'aux plus petites choses chez clw.cun, - Jean 11. 2~, 25,-mais
 comme ceux-ci sont dans le mal, ils sont dans une présence diffé­
  rente, qui est comme une absence, quoique le Seigneur ne soit point'
 abscrll, mais c'est l'homme etl'espril qni, étant dans le mal, sont
  absents; c'est en cela qu'il est dit que le Seigneur ne les connaît
  point : ~n voit une image de cette chose chez les Anges et chez les
  Esprits; ceux qui sont semblables quant aux états de la vie appa­
  raissent près les uns des autres, et ainsi se connaissent mutuelle­
  ment; mais ceux qui sont dissemblables quant aux états de la vie
  apparais.sent loin les uns des autres, et ainsi ne se connaissent
   point; en un mot, dans l'autre vie, la ressemblance de l'état fait
   qu'ils apparaissent présents et sont connus, et la dissemblance de
  l'état fait qu'ils apparaissent absents les uns cles autres et ne sont
   loint connus.


          XL
98                   AI{CAlES CÉLESTES.

            DES ESPlIlTS OE LA PLANÈTE DE MERCVRE.



     6807. Que tout le Ciel 'eprésente un Homme, qui a été nommé
  le Très-Grand Homme, et que chez l'homme toutes les choses en
  général et chacune en particulier, tant les extérieures que les inté­
  rieures, correspondent à cet Homme ou au Ciel, c'est ce qui a été
  montré à la fin de plusieurs Chapitres: mais pour constituer ce
  Très-Grand Homme, ceux qui viennent de cette Terre dans l'autre
  vie ne suffisent pas, ils sont respectivement en trop petit nombre,
 il faut qu'il en vienne de plusieurs autres Terres: et il est pourvu
 par le Seigneur il ce qne, dès qu'il manque quelque part une qua­
 lité ou une quantitè pour la correspondance, aussitôt soient tirées
  de quelque Terre des personnes qui remplissent (ce vide), afin (lue
  le rapport soit constant, et qu'ainsi le Ciel se soutienne.
     6808. Ce que les Esprits de la Planète de Mercure représentent
 ùans leTr~s-Grand Homme, m'a aussi été découvert du Ciel; c'est
 la Mémoire, mais la Mémoire des cQoses abstraites de celles qui
 sont terrestres et plll'ement matérielles. Or, comme ,il m'a été
 donné de parler avec eux, ct cela pendant plusieurs semaines, et
 d'apprendre quels ils sont, et d'examiner comment se comportent
 ceux qui sont SUI' celle terre, je veux rapporter les expériences
elles-mêmes.
     6809. Un jour ils vinrent 11 moi et recherchèrent les choses qui
 étaient dans ma mémoire (c'est ce que les Esprits peuvent faire
 très-habilement, car lorsqu'ils viennent vers l'homme, ils voient
dans sa mémoire chacune des choses qu'il connaît), lors ~onc que
les Esprits de ~:lercure recherchaient diverses choses, et parmi elles
aussi les villes et les lieux oit j'avais été, je remarquai qu'ils ne
voulaient pas connaitre les temples, les palais, les maisons, les
rues, mais seulement les choses que je s-avais avoir été faites dans
ces lieux, puis celles qui concernaient le gouvernement, le carac­
tère et les mœurs des habitants, et autres choses semblables, car
de telles choses sont adhél'entes aux lieux dans la mémoire chez
l'homme, c'est pourquoi quand les lieux sont rappelés, elles sur­
viennent aussi. .J'étais étonné que ces Esprits fussent tels; en con­
séquence, je leur demandai pourqnoi ils négligeaient les magnifi­
EX.ODE, CHAP. DEUXIÈME.                           99
cences des lieux, et recherchaient seulement les choses et les faits
qui s'y étaient passés; ils répondaient qu'ils n'avaient aucun plaisir
à considérer des choses matérielles, corporelles et terrestres, mais
qu'ils aimaient seulement regarder les choses réelles: par-là, je
vis d'abordl clairement que les Esprits de cette Terre représentent
dans le Très-Grand Homme la Mémoire des choses abstraites de
celles qui sont matérielles et terrestres.
    6810.11 m'a été dit que tene est lem vie sU!' leU!' Terre, c'est-à­
dire qu'ils ne font aucune attention aux choses terrestres et corpo­
l'elles, mais qu'ils s'occupent des statuts, des lois et des gouver­
 nements des nations qui y sont, puis aussi des choses qui
 concernent le Ciel:, lesquelles sont innombrables: il m'a aussi été
 dit qu'un grand nombre d'hommes de celle Terre parlent avec les
 Esprits, et que de là leU!' viennent les connaissances des choses
 spirituèlles et cles états cie la vie après la mort, et par suite aussi
 le mépris des choses corporelles et terrestres; en effet, ceux qui
 savent pour certain et croient qu'il y a une vie après la mort s'occu­
 pent des choses célestes, parce qu'elles sont éternelles et procurent
 la félicité, et non des choses mondaines, sinon qu'autant que les
 nécessités de la vie le réquièrent.
     6811. J'ai pu voir avec quelle avidité ils recherchent et puisent
 les connaissances des choses, telles que sont celles de la Mémoire
 élevée au-clessus des sensuels du corps, en ce que quand ils y re­
 gardaient celles que je possédais sur les célestes, ils les parcouraient
  toutes et disaien t sans interruption: celle-ci est telle, celle·là est
 telle; en effet, quand les Esprits viennent vers l'homme, ils entrent
 dans toute sa mémoire, et y réveillent les choses qui leur convien­
  nent, et même, ce que j'ai souvent remarqué, ils lisent comme dans
 un livre celles qui y sont; les Esprits de Mercure faisaient cela
  avec plus d'adresse et de promptitude, parce qu'ils ne s'arrêtaient
  point sur les choses qui sont lentes, et qui rétrécissent et consé­
  quemment arrêtent la vue interne, comme sont toutes les choses
  terrestres et corporelles, quand on les a pour fin, c'est-à-dire quand
  on les aime uniquement·; mais ils considéraient les choses. elles­
  mêmes; car les choses auxquelles n'adhèrent point les terrestres
  portent l'attention (animum) en haut, ainsi dans un champ vaste;
  mais les choses purement matérielles la portent en bas, ainsi dans
100                  :.RCA~ES CÉLESTES.
  tm champ rétréci. LeiIi' a'idité d'acquérir des eonnaissances devine
  encore évidente pour moi d'après ce qui suit: Un jour 'que j'écri­
  vais quelque chose sur les événenlents futurs; - Ils étaient alors
  dans le lointain et ne pouvaient pas les examinel' d'après ma mé­
  moire, - lis furent fort indignés ùe ce que je ne voulais pas les
  lil'e en leur présence, et ils voulaient contre leur coutume ordinaire
  s'emporter contre moi, disant que j'étais très-méchant, et autre"
  choses semblables; et, pour faire connaître leur 'colère, ils intro- .
  duisirent dans la partie droite de ma Tête jusqu'à l'oreille une es­
  pèce cie contraction accompagnée de douleur; mais cela ne m~
  nuisit en rien; touterois comme ils avaient mal agi, ils s'éloi­
 gnaient encore plus, mais lJÎehLôt après ils s'ari·êtaient, voulant sa·
 voir ce que j'avais écrit sur les évenements futurs: tel est leur ~r­
 dent désir de connaissances.
     6lH 2. Les Esprit" de }Iercure possèdent plus que tous les autres
 esprits les connaissances des choses, tant de celles qui sont'dans
 le monde de cc Soleil, que de celles qui sont hors de ce monde
 dans le ciel astral; et ccIIes qu'ils ont une fois acquises, ils les
 retiennent, et se les l'appellent aussi toutes les fois qu'il s'en pré­
 sente cie semblables: de là aussi on peut voir clairement que la
 mémoire des esprits est beàucoup plus parfaite que la mémoire cles
 hommes, ct que les esprits retiennent ce qu'ils entenclei1t, voient
et aperçoivent, et particulièrement ce. qui fait leurs délices, coinmc
ces esprits les connaissances des choses; car les choses qui plai­
sent et qu'on aime infiuent comme d'elles-mêmes ct restent, les
autres n'entrent point, mais toucheut seulen1cnt la superficie et
s'écoulent.
    6H13. ~l1and les Esprits de ~lercul'e viennent vers les autres
wciétés, ils examinent ce qu'elles sayent, et après l'examen ils sc
retircnt; il Ya aussi entre les esprits une tene communication, que,
lorsqu'ils sont dans une société, s'ils sont acceptés et aimés, tou­
tes les choses qu'ils connaissent sont comnmniquées, et cela, non
par quelque langage, mais pal' l'influx. PIns 'que tous ll's autres,
les "Esprits de Mercure sont fiers de leurs connaissances; c'est
pourquoi il leul' fut dit que, quoiqu'ils en eussent d'innombrables.
il y en avait néanmoins une infinité qu'ils ne possédaient pas; ct
qne si les connaissances étaient augmentées c1J('z eux durant l'é­
EXODE, CHAP. DEUXlÈME.                       f 0,1
fel'l1ité, ils ne powTaicnt pas même pal'venir à la noHon de toutes
tes choses communes; i1leul' fut dit qn'ils avaient de l'ostentation
et de l'orgueil, et que cela n'e!>t pas convenable; mais ils répondi.
rent que c'était non pas de l'o!>tentation, mais seulement uue petite
vanité résultant de la faculté de leur mémoire; <le celle manière
ils peuvent effacer lems taches.

    6814·. Ils ont en aversion le langage des mots, parce qu'il est
matériel, aussi n'ai-je pu parler avec eux. que pal' une espèce de
pensée active. Leur mémoil'e , étant une mémoire de choses et non
d'images purement matél'ielles, fournit de plus près ses objet~ à la
pensée: car la pensée, qui est au-dessus de l'imagination, rechercÎle
pour objets les choses séparées tl'avec le matériel: luais quoiqu'il
en soit ainsi, toujours est-il cependant qne les Esprits de Me,'cure
ne brillent point pal' la faculté du jugement; ils ne se plaisent pa:,
aux choses qui appartiennent au jugement et aux conclusions qu'on
t.ire des pensées, car les connaissances nues font leu:'s délices.

   6815. Il fut accordé de leur insinuel" s'ils ne voulaient pas faire
quelque usage par leurs connaissances., Cilr se plail'e dans les COIl-
naissances n'est pas suffisant, puisque les connaissances regardent
les usages, et qlW les usages doivent être des fins; pal' les COll-
naissances seules l'usage est non pour eux, mais pour d';ltJ.tres à
qui ils voudraient communiquer leurs connaissances, et qu'il ne
convient nullement à un homme, qui veut être sage, de rester
dans les connaissances seules, parce qu'elles ne sont que des causes
instrumentales, devant servir à rechercher les usages qui doivent
appartenir à la vie: mais ils répondirent qu'ils trouvaient lems dé-
lices dans les connaissances, et que les connaissances étaient pour
eux les usages.
   6816. Les Esprits de Mercure diffèrent entièl'ement des esprits
de notre terre, cal' les esprits de notre terre s'occupent non de ces
sortes de choses, mais de choses matérielles, mondaines, corpo-
relles et terrestres; aussi les Esprits de Mercure ne peuvent-ils se
trouver avec des esprits de notre terre; en conséquence partout où.
Us les rencontrent, ils s'enfuient, car les sphères spirituelles, qui ·
                                   .
.102                 ,RCANES C~:LESTES .
s'exhalent des uns et des autres, sont presque contraires: Les
Esprits de Mercure ont toujours à la bouche, qu'ils aiment ce qui a
été séparé d'avec le matériel, et qu'ils veulent regarder non l'enve­
loppe, mais les choses tirées de leur enveloppe, ainsi les intérieurs.
   6847. La continuation sur les Esprits de la Planète de Mercure
sera à la fin du Chapitre suivant.




                      .;~;   ..
PREMIÈR.E PAnTIE
                                  DU




        LI1RE DE L'EXODE.

                         ~




                   CHAPITRE TROISIÈME.


                     DOCTRINE DE LA CHARITÉ.



   68·18. 11 faut encore parler ùu Prochain, car sans la connais~
sance du Prochain, on ne peut pas savoir comment la Charité doit
être exercée. Dans ce qui a été placé devant ]e Chapitre précédent,
il a été dit que chaque homme est le Prochain, mais l'un autrement
que l'autre; et que celui qui est dans ]e bien est le Prochain de pré­
férence aux autres. qu'ainsi ]e bien qui est chez l'homme est ce
qu'on doit aimer; en effet, quand on aime le bien, on aime le Sei­
gneur, car c'est du Seigneur que provient le Bien, c'est Lui qui est
dans le Bien et c'est Lui qui est le Dien même.
   6819. Le Prochain est non-seulement l'homme dans le singulier,
mais c'est aussi l'homme dans le pluriel; eren effet, c'est la Société
petite et grande, c'est la Patrie, c'est l':F:glise, c'est le Royaume du
Seigneur, et au-dessus de tous c'est I.e Seigneur; voilà le Prochain,
auquel on doit faire du bien d'après la chal'ité. Ce sont là aussi des
degrés ascendants du Prochain; car la Société de plusieurs person­
nes est à un degré plus élevé que rhomme pris séparément; la
Patrie est à un degré plus élevé qu'un.e Société; dans un degré en­
core plus élevé est l'Église; ct dans un degré enCOl'e plus élevé est le
Royaume du Seigneur; enfin dans le degré SUI)rême est le Seigneur.
Ces degrés ascendants sont comme les degrés d'une échelle, au.
30mmet de laquelle est le Seigneur.
   682Q, Une Soci~té est ]e Prochain de préférence à un homme
104                     ARCANES CÉl,ESTES.
seul, parce qu'ellè se (;ompose de plusieurs hommes; la charité doit
être exercée èmers elle de la même manière qu'envers l'homme
dans le singulier, savoir, selon la qualité du bien qui est chez
elle; ainsi tout autrement envers une société d'hommes probes,
qu'envers une société d'hommes non probes.
    682-1. La Patrie est le Procllain de préférence à une société,
parce qu'elle est comme une mère; cal' l'homme est né en elle, elle
le nourrit et le tient à l'abri des injUl'es. On doit par amoll1' faire
du bien à la Patrie selon ses nécessités,~qui concernent principa­
lement sa nourriture, sa vie civile et sa vie spirituelle. Celui qui
aime la Patrie, et qui lui fait dli bien d'après le bien vouloir, aime
dans l'autl'e vie le Royaume dll Seignelll', car là le Hoyaume du
 Seignellr est pour lui la Patrie; et celui qui aime le lloyaume du
 Seigneur aime le SeigneUl', parce que le Seigneur est tout dans
 toutes les choses de son Hoyaume; cal' cc qui est proprement ap­
 pelé le Royaume du Seigneur, c'est le bien et le vrai, qui sont par
 le Seigneur chez It's habiJants deson Royaume.
     6822. L'Église est le Prochain de préférence à la patrie, cal' celui
 qui s'occupe de l'J~glise, S'occu]1e des âmes et de la vie éternelle
 des hommes qui sont dans la patrie; ct l'on s'occupe de l'Eglise,
 quand on conduit l'homme ail bien, et celui qui fait cela d'après la
 charité aime le Prochain, car il désire et v~.ut pour_aut.r~lQ. Ci~1
 et la félicité de la vie pour l'éternité. Le Bien peut être insinué à
 autrui par tout homme tians la patrie, mais le vrai ne peut l'êtrtLCl!!.e
 par ceux qui sont ministl'es instruisants; si c'est par d'autres, il
 s'élève des hérésies, et l'Église est troublée et déchirée. La Charité
 sera exercée, si le Prochain est conduit au bien par le Vl'ai qui
 appartient à l'Église; si dans l'Église on appelle Vrai que!glle
  chose qui détourne du bien, on ne doit pas en faire mention, cal' ce
  n'est pas un vrai. Chacun doit s'acquél'ir le Vrai, d'abord d'après
  la doctrine de l'Eglise, et ensuite d'apl'ès la Pal'ole du Seigneur, ce
  vrai sera le vrai de sa foi.
     6823. Le Royaume du Seigneur est le Prochain dans un plus
  haut degré que l'Église oit l'homme est né; cal' le Royaume du
  Seigneur se compose de tous ceux qui sont dans le bien, tant de
  ceux qui sont sur les tenes que de ceux qlli sont dans les cieux;
  ainsi le Hoyaumc (lU SeigneuJ'est le Bien avec lOut'~ :i, qualité dans
EXODE, CILP. TlOl~lËME.                        ~ 05

le complexe: Quand on aime ce Bic Il , on aime chacull de ceux qui
sont dans le bien. Pal' conséquent la totalité, qui est tout Bien dans
le complexe, est le Prochain all prcmier degré, et c'est cc Très­
Grand Homme, dont il a été question à lu fin de plusicurs Chapi­
tres, Homme qui est l'Image représentalive du Seigneur Lui­
Même: cet Homme, c'est-à-dire le lopume du Seigneur, est
aimé, quand d'après une alTection intime on fait du bien à ceux qui
sont hommes par cet Homme proeédanl du Seigneur, pal' consé­
quent ch~z lcsquels il yale Hoyaume du Seigneur.
   682i. Ce sont là les degrés du Prochain, et la charité s'élèvera
selon ces degrés; mais ces degrés sont des degrés dans l'ol'dre
successif, dans lequel le degré antérieur ou Supél'ielll' est toujours
préféré au degré posterieur ou inférieur, ct comme le Seigneur est
dans le degl'é suprême, et qu'il doit être considéré Lui-Même dans
chaque degré comme la fin ad QlIem (yers Laquelle l'homme doit
tendre), il doit par conséquent être aimé Lui-)léme par·dessus tous
~t par-dessus toutes chose:,.




                           CHAPITRE III.


   ~. Et lIoscheh paissait le troupeau de Jélhro, son beau-père,
Prètre de lIidian, et il conduisit le tronpeau après le désert, et il
vint vers la montagne de DIEU, au Choreb.
   Et un Ange de JÉHOVAH lui apparut dans une flamme de feu du
milieu dll buisson; et il vit, et voici, le buisson était embrase de feu,
etle buisson n'était nullement consumé..
   3. Et Moscheh dit: Que je me détourne donc, ct je verrai celle
grande vision-ci: pourquoi n'est point brûlé le buisson.
   4. Et JÉHOVAH vit qu'il sè détournait pour voir, et DIEU l'appela du
milieu du buisson, et il dit: lHoscheh ! ~1oschch! Et il dit: Me voici.
   5. Et il dit: N'approche point d'ici, relire tes souliers de dessus tes
pieds, parce que le lieu SUl' lequel tu te tiens (eM) un humus de sain­
teté, lui.
   6. El il dit: (Je suis) Moi le Dieu de ton père, lc DIEU d'.Abraham,
~OG                    ARCANES CÉLESTES.
le Dmu de Jischak, et le DIEU de Jacob; et j)Ioschell caclla ses faces
parce qu'il craignit de regarder DIEu.
    7. Et JÉHOVAH dit: En voyant j'ai vu l'affliction de mon peltple,
qui (e&t) en Égypte, et j'ai entendu leur cri de devant ses exactcurs,
p~rce que j'ai connu ses douleurs.
    8. Et je suis descendu pOUl' le délivrcr de la main dcs Égyptiens,
et pOUl' le faire monter de cette terre vers une terre bonne et large,
vers une terre découlant de lait et de miel, vers le lieu du C~nanéen ,
et du Clütteen, et de l'Émorréen, et du Périzéen, et du Chivéen, et
du Jéhuseen.
    9. Et maintenant voici, le cri des !ils d'Israël est venu à Moi, et
même j'ai vu l'oppression dont les Égyptiens les oppriment.
    ,10. Et maintenant va, et je t'enverrai vers Pharaon, et retire mon
peuple, les fils d'Israël, d'Égyple.
    11. Et Moscheh dit à DIEu: Qui '? Moi? que j'aille vers Pllumon,
et que je retire les fils d'Israël d'Égypte.
    12. Et il dil : C'est que je serai avec toi, el ceci (sel'a) pour toi le
signe que iUoi je t'ai envoyé: quand tu auras reliré le peuple d'Égypte,
vous sel'virez DIEU SUI' cettc montagne.
    ,13. Et Moscheh dit à DIEu: Voici, moi je viens "el'S les (ils d'is­
 raël, et je leur dis: Le Dmu.de vos pères m'a envoyé vcrs vous; et
qu'ils me disent: Quel (est) Son Nom? Qpf'e leur dirai-je?
    ,14. EtDIEU dit a ~ioscheh : JE S UIS QDI" ms; et 11 d'lt: ~'mSI. tu.
                   .. 11'                   . BhSI:)JE .,
diras aux fils d'Israël: JE SUIS m'a envoyé vers vous.
    -15. Et Dieu dit encore à Moschell : Ainsi !li diras aux /ils d'Is­
 raël : JÉHOVAH le DIEU de vos pères, le DIEU d'Abraham, le DIEU de
.Jischak et le DIEU de Jacoh, m'a envoyé vers vous; ceci (est) mail
 Nom pour l'éternité, et ceci mon mémorial de génération en géné­
 ration.
    16. Va et assemble les anciens d'Israël, et dis-leur: JEHOVAH le
 DIEU de vos pères m'est apparu, leDieu d'Abraham, de Jischak et de
Jacob, en disant: En visitant je vous ai visités, el ce qui vous est fait
 en Égypte.
     17. Et je dis: Je vous ferai monter de l'affliction d't~gyple vers
 la terre du Cananéen, et du Chittéen, et de l'Émorréen, et du Péri­
 zéen, et du Chivéell, et du Jébuséen, vers une terre découlant de lait
 et de miel.
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                              107

         18. Et ils entendront t.a voix, et tu entreras, toi et les anciens
      d'Israël, vers le l'Qi d'Égypte, et vous lui direz: JÉHOVAH, leDIEu
     des Hébreux, s'est rencontré devant nous; etmaint.enant, que nous
     allions, je te prie, le chemin de trois jours dans le désert, et que nous
 . sacriqons à JÉUOVAH notre DIEU.
-{ -----:t9. Et Moi je connais que le roi d'Égypte ne 'OUS donnera point
     d'aller, et non par main-forte.
         20. Et j'étendrai ma ma in, et je frapperai l'Égypte par toutes mes
     merveilles que je ferai au milieu d'elle; et après cela, il VOliS en­
     vena.
         21. Et je donnerai grâce à ce peuple am. yeux des Égyptiens, ct
     il arrivera que quand vous irez, vous n'il'ez point à vide ..
         22. Et que la femme demande à sa voisine, et à l'hôtesse de sa
     maison, des vases d'argent et des vases d'or, et des vêtements, et
     vous (les) mettrez sur vos fils et sur vos filles, et vous dépouillerez, les
     };gyptiens.
                                   CONTENU.
       6825. Dans le sens interne, dans le Premier Chapitre il a été ques­
    tion de l'infest.ation de ceux de l'Église par les faux et les m'aux; dans
    le Second, des commencements et des états successifs du Vrai Divin
    chez eux; dans le sens interne de ce Chapitre il s'agit de leur Déli­
    vrance; et alors ils sont d'abord instruits quel est le Dieu qui les a
    délivrés, que c'est le Seigneur; et que c'est Lui qui les introduira
    dans le Ciel, après qu'ils auront été gratifiés du vrai et du bien en
    abondance.

                               SENS INTERNE.

       6826. Vers. '1, ~, 3. Et Moseheh 11aissait le troupeau de Jéthro
   son beau-'1ère prêlre de lJlidian, et il conduisit Le 11'oupeau après le
   désert, el il vint vers la montagne de Dieu, à Chol'eb. Et un Ange de
    Jéhovalt lui apparut dans une flamme de {eu du milieu du bui.s.wn; ct
   il vit, el voici, le buisson était emhl'asé de {eu, el le buisson n'était
   nullement consumé. Et Moscheh dit: Que je me détourne dom:, et je
   l'errai cette grande vision-ci: Pourquoi n'est point brûlé le buisson. ­
   Et Moscheh paisa'ait le !/'oltpedtt de Jéthl'o .soli bcau-pèt'c prêtre de
108                    :.RCA~ES. CÉLESTES.
 Midiall, signille que la Loi yenant du Divin inslruis:lit ceux qui sont
ùans le nai du bien simple; le prêtre est le bien de l'Église, où sont
ceux-là: etil conduisit le troupeau après le désert, signifie après qu'ils
curent subi des tentations: ct il t'int vers la montagne de ])tell, signi­
 lie que le bien de ramolli' Divin lui apparut: A Chol'eu, signifie la
qualité: et un Anyc de Jéhomh lui apparut, signifie le Sei~neul'
quant au Divin Humain : dans une flamme de· {w du milieu du
buisson, signifie l'Amour Divin dans le Vrai scientifique: et il vit,
ct roid, le Imisson était embrasé de {eu, signifie l'aperception que le
Hai scientifique était plein du bien de J'Amour Divin: et le buisson
n'était nullement consumé, signifie le DiviÎl Yrai lIni ail Divin Bien
dans le naturel: et Moschch dit, signifie la perception d'après la Loi
venant du Divin: Q/te.ie me détourne donc:, et: je ve1'1'(ti celle grande
visioll-ci, signifie la réllexion sur celle révélation: pourquoi n'est
'Joint brûlé le buisson, signifie qu'il y ailunr, telle union.
   6827. Et .'l'loscheh paissait le tl'oupeau de .Jéthl'O SOI! be(!l!-p~re
prêtre de Midian, signifie que la Loi l.'enallt du Divin in.çtntisait ceux
qui sont dans le vmi du bien simple,. elle prêtl'e est le bien de l'É'­
glise, où sont cCI!x-là : on le voit pal' la repr'csentatioll de Moscheh
en ce qu'il est le Seignellr' quant il la Loi Divine, N0 671'>2; toute­
fois, dans le commencement, quant au Vl'ai qui appartient à la Loi
veIlant du Divin, N° 677,1, mais ici C[uant il la Loi venant du Divin;
il est permis de nommer ainsi les degl;és de progression dans le
Seigneur, avant qu'il ait, quant il l'Humain, été fail. la Loi Divine
clle-même. Dans toute la Parole, dans son sens intime ou suprême,
il s'agit du Seigneur seul, et de la Glorification de son Humain;
mais comme le sens intime ou suprême surpasse l'entendement hu­
main, il est permis d'expliquer la Parole quant à son sens interne,
dans lequel il s'agit du Royaume du Seigneur et de l'Église, de l'ins­
tauration de 'J::glise, et cie la régénération de l'homme de l'Église
par le Seigneur; si dans le sens interne il s'agit de ces choses, c'est
parce que la régénération de J'homme est l'image représentative de
la Glorification:du Seigneur, VOil' No~3'138, 3'212, 3296, 3~90, H02,
5688,324.5,3246; pal' la signification de paî/l'e, en ce qne c'est ins.­
truire, N0 3795, 520,1; par la signification du troupeau, en ce que
c'est celui qui apprend et est conduit par le ';rai au bien de la charité,
A" 3"-3, ainsi le troupeau dans le sens eommun est l'Église, No~ 3767,
EX.ODE, CHAP. Tltu1SIÈ~lE.                            IO!J
3768, id l'l:glise Où SOl)t cenx qui sont dans le Hai du bien simple,
lesquels sont signifiés pal' iIidian, N0 32V2, !~7i)6; et par la signi­
fication du beau-pèrc, en ce qu'il est le bien, par qui existe comme
par un pè:'e ce bien qui a l'té canjoi nt au nai, ici au vrai qui appar·
tient à la Loi venant du Divin, que représente Moscheh, voù' N0 6793;
la qualité de ce bien est Jéthro; et par la signification du prêtre de
Midhm, en ce qu'il est le bien de l'l~glisc où sont eeux qui sont dans
le vrai du bien simple, No 6i75 ; d'après cela, il est bien évident
([ue par l:loscheh paissait le troupeau cie Jéthro son beau-père prêtre
de Midian, il est signifié que la Loi venant du Divin instruisait ceux
(lui sont clans le vrai clu bien simple, et qne le prètre de l'Iidian est
le bien de l'Église oil sont ccux-Ià.
  ('828. Et il condui.sit le troupcau après Le désert, signifie ap/'è,~
qu'ils cltrcnt ,çubi. des tcntalions,. savoi!', ceux qui sont clans le vrai
du hien simple; ail le voit pal' la signification clu troupeau, en ce
que c'est l'l;;glise oi.! sont ceux qui sont dans le vrai du bien simple,
ainsi qu~i1 vient (J'ètre dit ~o 6827; et par la signification clu dùert,
cn cc que c' cst ' état cie tentation. En eft'et, le désert signifie un lieu
peu habité et peu cultivé, et aussi 1I1l lieu entièrement inhabitè et
inculte, ainsi clans le sens spirituel lin homme dévasté quant au
hien pt désolô qnant an vrai, par conséquent l'homme qui est clans
la tentation; en effet, celui qui est clans la tentation est dans la
vastalion et dans la désolation, Cal' le faux et le mal, qui sont chez
lui, s'éli~vent, ct ils obsCUf'cisscnt et enlèvent presque l'inllllx du
vrai et clulJicn procédant clu Seigneur; le vrai qui influe ne lui pa­
raît pas non pllls avoir une vic assez fone pour chasser les faux et
les mallX: alors aussi salit pl'csenls lies e:-prils mauvais qnLportent
cn Ini la tloulcm el le désespoir au sujet clu salut. Qlle le désert
signilie lin tel état, cela est évident d'après un grand nombre de­
passages dans la Parole, voir N° 2708; et comme le désert signi­
iiait l'état de tentation, et le nombre quarante $,1 clurée, quelle
qu'elle ml, .Nos 730, 86'2, '22i2, 2213, c'est pour cela que les fils.
d'Israël fnrenl dans le désCl·t qttamn(e ans, r,t qlle le Seigneur fut
cLans le désel·t quaT(/lIte .iou/'s lorsqu'il fnt tenté, - Manh. IV. 2.
 Marc, 1.13.
   68'29, Jù 'il vint vcrs la montaguc de Dieu, siyni.fie qlle le hien de·
l'amour 1JÏ!'in app{U'{t'Îssnil cn.H/ile : cria ('sI {'Yil!rnt'par la si~nili-
HO                    . .RCANESCÉLESTES.
  cation de la montagne de Dieu, en ce que c'est le bien de l'amour
  Divin; que la montagne soit le bien de l'amour, on le voit Nos 795,
  796,2722, 4210, 6435; que ce bien apparaissait après qu'ils eurent
   subi des tentations, c'est ce qui est signifié en ce qu'il vint vers
  cette montagne après le désert. Voici comment la chose se passe:
  quand l'homme est dans la tentation, il est obsédé, de tout côté,
  par les faux et par les maux, qui empêchent l'influx de la lumière
  venant du Divin, c'est-à-dire, l'influx du vrai et du bien, l'homme
  est alors comme dans les ténèbres; les ténèbres dans l'autre vie ne
  sont autre chose que l'obsession par les faux, car les faux enlèvent
  la lumière, et ainsi la pel'ception de la consolation donnée par les
  vrais à celui qui est dans la tentation: mais quand l'homme sort de
  la tentation, alors apparatt la lumière avec sa chaleur spirituelle,
  c'est-à-dire, le vrai avec son bien; de là pour lui l'allégresse après
  l'anxiété; c'est là le matin qui succède à la nuit dans l'autre vie:
  Si alors est perçu le bien et apparaît le vrai, c'est parce qu'après la
  tentation le vrai et le bien pénètrent vers les intérieurs et s'y enra­
  cinent; car lorsque l'homme est dans la tentation, il est comme dans
  la faim du bien ct dans la soif du vrai, c'est pourquoi lorsqu'il en
  sort il prend le bien comme un affamé la nourriture, et reçoit le vrai
  comme un altéré la boisson;' et en outre, quand la Loi venant du
  Divin apparaît, les faux et les maux sont éloignés, ct après qu'ils
  ont été éloignés, le vrai et le bien peuvent pénétrer intérieurement:
• c'est pour ces motifs qu'après les tentations se montre le bien de
  l'amour avec sa lumière venant du Seigneur. Dans l'autre vie, il est
  bien connu de tous, que la clarté et l'allégresse se montrent après
  l'obscurité et l'anxiété des tentations, parce que cela y est commun.
      6830. Au Choreb, signifie la qualité, savoir, du bien de l'amour
  Divin qui apparaissait: on le voit en ce que les noms, quand ils sont
   ajoutés, enve!oppenrla qualité de la chose dont il s'agit; ·la qualité
   de la chose que le Choreb enveloppe est évfdente d'après ce qui y fut
  vu, savoir, d'après la flamme de feu sortant du milieu du buisson,
  ainsi c'est le Divin Bien de l'Amour resplendissant par le Vrai qui
  appartient à la Loi Divine.
     683". Et un Ange de Jéhovah lui apparut, signifie le Seigneur'
  ({uant au Divin Humain: on le voit par la signification d'lm Ange
  de Jé.hovllh, en ce que c'est le llivin Humain du Seigneur, N0 6280;
EXODE, CHAP. TROlSIf~MK                         111
si le Divin Humain est appelé Ange de Jéhoval}, c'est pal'ce que Jé­
hovah, avant l'avénement du Seignel1l', quand il tl'aversait le Ciel,
apparaissait. dans la forme Humaine, comme un Ange, car tout le
Ciel Angélique représente un seul homme, qui est appelé le Très­
Grand :Homme, dont il a été parlé à la fin de plusieurs Chapitres;
lors donc que le Divin Même le traversait, il apparaissait dans la
forme Humaine comme un Ange devant ceux avec qui il parlait;
c'était là le Divin Humain de Jéhovah avant l'avénement du Sei-'
gneur, l'Humain du Seigneur, depuis qu'il a été fait Divin, est de
même, car le SeigneurestJéhovah Lui-Même dans le Divin Humain.
Queîe Seigneur quant an Divin Humain soit appelé Ange, on le
voilN° 6280, et cela est encore évident d'après un grand nombre
de passages dans le Nouveau Testament, où le Seigneur se dit. En­
voyé par le Père, or Ètre Envoyé signifie procéder, et l'Envoyé dans
la Langue Hébraïque signifie rAnge; que le Seigneur se dise En­
voyé, on le voit Math. X. 40. XV. 2!Lil1arc, IX. 37. Luc, IV. 43.
 IX. 48. X. 16. Jean, III. '17, 34. IV. 34. V. 2;~, 24, 36,'37,38. VI.
29,39,40, 4-4-,57. VII. 16,18,28,29. VIII. 16, ·18, 29, 42. IX.
 4. X. 36. XI. 4,1, 42. XII. H, 45, 49. XIII. 20. XIV. 24. XVI. 5,
7. XVII. a, 8, '18, 21, 23,25.
  6832. Dans une flamme de (cu du milieu du buisson, signifie l'a­
mour Divin drms le lirai scientifique : on le voit par la signifi­
cation de la flamme de feu, en ce que c'est l'amonr Divin, ainsi qu'il
va être montré; et par la signification du buisson, en ce que c'est le
vrai scientifique; si le buisson est le vrai scientifique, c'est parce
que tous les arbustes, de quelque genre que ce soit, signifient les
scientifiques, et que les plantations d'arbres plus grands signifient
les Connaissances et les Perceptions; le buisson, parce qu'il pro­
duit des fleurs et des baies, signifie le vrai scientifique. Le vrai scien­
tifique de l'Église n'est autre chose que la Parole dans le sens de la
lettre, et est aussi tout représentatif et tout significatifde l'Église chez
les descendants de Jacob; ces choses dans la forme externe sont ap­
 pelés vrais scientifiques, mais dans la forme interne ce sont des vrais
spirituels; mais comme les vrais dans la forme interne, ou dans la
forme spirituelle, n'ont point pu apparaître aux descendants de Ja­
cob, par la raison qu'ils étaient dans les externes seuls, et ne vou­
 laient absolument rien connaître de l'interne, c'est pour cela qlle le
H~                    ARC.Z·ŒS r.ÉLESTES.

Seigneur apparut dans un Buisson; en elfet, quand le Seigneur ap
­
paraît, il apparaît selon la qualité de l'homme, car l'homme ne reçoit

point le Divin autrement que selon sa propre qualité: c'est aussi pour

cela que quand le Seigneur apparut sur la montagne de Sinaï, il ap
­
parut au peuple comme un feu brûlant jusqu'au cœur du Ciel, et

comme des ténèbres, une nuée et un brouillard, - Deutér.IV. H.

V. 19, 20, 2'1 , 22, puis Exod. XIX. 18; - il eût apparu tout autre­
ment, si le peuple qui regardait au bas de la montagne n'eût pas été
tel; et comme ce peuple était seulement. dans les externes, c'est. pour
cela que quand Moïse entra vers le Seigneur sur la mont.agne de
Sinaï, il est dit qu'il ent.ra dans la Nuée, - Exod. XX. 18. XXIV. 2,
~8, XXXIV. 2, a, 4, 5; - que la Nuée soit l'externe de la Parole,
o-D le voit Préf. du Ch:lp. X. VIII. de la Gen. et Nos 4060, 439'1, 5922,
63«·3 f.; elle est donc aussi le représentatif de l'Église considéré dans
la forme externe. Que le Seigneur apparaisse à chacun selon la
qualité de chacun, c'est ce qu'on peut. voir en ce que le Seigneur ap­
paraît à ceux qui sont dans le Ciel intime, ou troisième Ciel, comme
un Soleil dont. procède une lumière ineffable, par la raison que les
anges de ce Ciel sont. dans le bien de l'amour pour le Seigneur; et.
qu'il apparaît à ceux qui sont dans le Ciel moyen, ou second Ciel,
comme unc Lune, par [a raison quc les anges y sont de plus loin et
plus obscurément dans l'amour pour le Seigneur, car iis sont dans
l'amour envers le prochain; mais dans le dernier ou premier Ciel le
Seigneur appara!t non comme Soleil ni comme Lune, mais seule­
ment. comme Lumière, et cette lumière surpasse de beaucoup la lu­
mière du monde: et puisque le Seigneur appara!t à chacun selon la
qualité de chacun, c'est. encore pour cela qu'il ne peut apparaître à
ceux qui sont dans l'enfer que comme une nuée noire et un brouil­
lard; car dès que la Lumière du Ciel, qui procède du Seigneur,
tombe dans quelque enfer, il s'y forme des ténèbres et du brouillard.
Maintenant., d'après cela, on peut voir que le Seigneur apparaît à
chacun selon la qualité de chacUn, parce qu'il apparaît selon la l'é­
 ception; et puisque les descendants de Jacob étaien! seulement dans
les externes, c'est pour cela que le Seigneur apparut à lUoïse dans
un buisson, et aussi dans une nuée quand ~Ioïse s'approcha du Sei­
gneUl' sur la montagne de Sinaï. Que la flamme soit ' amour Divin,
c'est parce que l'Amour dans sa première ol'igine n'est antre chost':
EXODE CIHP. TROlSIl~:~'IE.
                            l                                         ·1 I:J
que le feu et la flamme procédant du Seignelll' comme Soleil; c'est
le feu ou la lamme de ce soleil qui donne à chaque homme l'Eire
de la vie; et c'est le feu vital mème qui remplit cle chaleur les inté­
rieurs de l'homme, comme on peut le voiI' d'après l'amour, cal' au­
tant l'amour croît chez l'homme, autant l'homme s'échalne, et au­
tant l'amour décroit, autant l'homme se refroidit; cle lil 'jent que
quand le Seignenr apparaissait clans une Vision, il apparaissait
comme un fen et lnc flamme, par exemple, dans Ezéchiel ; " L'as­
 » pect des quatre Animaux (qui étaient les Chéruhins) était comll1t~
 » des charbons de feu (U'(lenls, comme l'aspect des flambeaux; il
 » s'avançait entre les animaux, comme une splendeur de lell, el du
 » feu sortait l'éclair: au-dessus de l'étendue qni était sur leur tète,

 » (il y avait) comme l'aspect d'une pierre de saphir, une ressc~m­
 » blancc de trône, et sur cette ressemhlance de trône une ressem­
 » hlance comme l'aspect d'un Homme sur lui (/.U-dessus; et je vis
 » une apparence de chw'bons ardents comme "liTlC apparence de (en

 » au-dedans, tout autour, depuis l'aspect de ses reins et au-dessus,
 » mais depuis J'aspect de ses reins cl au-dc~sons je vis comme un
 » aspect de (eu, enfouTé de splendeur. » -- 1.13, '21, 26, '27, 28 ;
- que dans cette vision chaque chose soit significative ct représen­
tative des Divins, c'est ce que pCI'sonne ne peut nier, mais à moins
 (IU'On ne sache ce qui est signifié par les Chérubins, par les char­
 hons de feu ardent comme l'aspect des flambeaux, par le trône, par
 ['aspect de l'homme sur le trône, par ses reins, au-dessus et au-des­
 sous desquels il y avait du feu ct une splendeur jaillissant de ce feu,
 il est impossihle de connaître le saint Arcane qui y est renfermé;
 que les Chéruhins soient la Providence du Seigneur, on le voil
 No 308; el le trône, le Ciel, particulièrement le Divin Vrai qui pro­
cède du Seignelli', rt qui forme le Ciel, Ko 5313; que l'aspect de
 l'Homme sur le trône au-de<sus, soil le Seigneur quant au Divin
 Humain, cela est bien évident; que les reins soient l'amour conju­
 gal, et par suite tout amour céleste, on le voit jos 3021, li277, .1·280,
 /(.575, 5050 à 5062, Amour qui a été représenté pal' l'apparence de
 charbons ardents comme J'apparence d'un feu entouré cie splendeur.
  /)ans Daniel: « Je rus voyant jusqu'à cc qlle cles l.rônes furent pla­
 n cés, et que ' Ancien des joul's s'assit; son vêtement (était) hlanc
 » comme la nèig~, cl la ehcvelul'e de sa tde t;Olllllle de la laine pro-'
        XI.                                                 .    8
iH                    ARCANES CÉLt8TES.
» pre, son Trône un~ flamme de (eu; ses roues Ull (eu ardent, lm
" fleuve de feu coulait et ~ortait de devant Lui. » -- VII. 9, '10; ­
  le Divin Bien du Divin Amour du Seigneur a été aussi vu ici comme
  une flamme de feu. Dans Jean: « Celui qui était assis sur le cheval
  » blanc avait ses yeux comme une flamme de (eu. » -       Apoc. XIX.
 '12; - celui qui était assis sur le cheval blanc est le Seigneur quant
 à la Parole, cela y est dit ouvertement, Vers. 13, 16; ainsi la flamme
 de feu est le Divin Vrai qui est dans la Parole, et qui procède du
 Divin Bien du Seigneur. Dans le Même: « Dans le milieu des sept
 » chandeliers un pareil an Fils de l' Homme, revêtu d'une robe lon­
 » gue; sa tête et ses cheveux, blancs comme unf laine blanche,
 » comme de la neige, mais ses yeux comme nne flamme de (eu. » ­
 Àpoc. 1. 13, ·14-; - ici aussi, les yeux comme une flamme de feu,
 ('(:~;t le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur. Qu'une
Hamme de feu, ce soit le Divin vrai procédant du Seignelll', on le
',oit encore claii'ement dans David: " La voix de Jéhovah tombant
» comme une flamme de (eu. » -          Ps. XXIX. 7; - la voix de Jé­
hovah, c'est le Divin Vrai. Pour que le Divin Vrai procédant du Di­
vin Bien dù Seigneur flIt représenté, il a été ordonné de faire un
Chandelier d'or pur avec sept lampes, de le placer dans la Tente de
la Convention vers la table Ol! étaient les pains de proposition, et de
lenir les lampes allumées conlilmelle1!lcut devrmi Jéhovah,- Exod.
XXV. 3'1 à 40. XXXVII. n à 2fr.. XL. 24., 25. Lévit. XXIV. i.
~omb. VIII. 2. Zach. IV. 2 ; - le Chandelier avec les sept lampes
représentait le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur.
Pour que le Divin Bien même fût aussi représenté, il a été ordonné
qu'il y eût un feu perpétuel Sll' l'autel: « Le Feu brûlera sur l'autel
}) et ne sera point éteint, le prêtre allumera dessus du bois à chaque
» aurore: le (en brùlem continuellement sur l'autel et ne sera point
}) éteint. " - LCvit. VI. 5, 6. - Que le Feu ait été le représentatif
du Divin Amour, cela était très-connu des Anciens; on peut le voir
en ce que ce représentatif a émané de l'Ancienne Église jusque chez
les nations éloignées qui ont été dans un culte idolâtre, car on sait
que ces nations avaient institué un Feu sacré perpétuel, et avaient
attaché à sa garde des vierges qui étaient appelées Vestales. Que le
ïeu et la flamme dans le sens opposé signifient les amours impurs,
comme les amours de la vengeance, de la cruauté, de la haine, de
EX.ODE, CHAP. TROISIÈME.                           -H;)
l'adultère, et en général les concupiscences qui proviennent des
amours de soi et du monde, on le voit aussi par plusieurs passages
de la Parole, dont je vais seulement rapporter les suivants. Dans
i<:saïe : « Voici, ils sont devenus comme de la paille, le (eu les a
 ~ brûlés; ils n'arrachent point leur âme de la main de la [lanl1ne;
 » point de charbon pOUT échauffà, point de (eu pour s'asseoir devant
 "lui. » -XLVII. H. - Dans Ezéchiel: « Voici, MOi/allumerai
 » en toi un (eu, qui dévorera en toi toul arbre vert et tout arbre sec,
 » la flamme d'une flamme violwte ne sera point éteinte, de là seront
 " brûlées toutes les faces du midi au septentrion. » - XXI. 3; ­
 ici le feu et la flamme signifient les cupidités du mal et du fau, qui
éteignent tout bien et tout vrai de l'Église, de là sa vastatiün. Dans
Luc: « Le riche dit à Abraham : Père Abraham! aie pitié de moi,
 " et envoie Lazare, afin qu'il tt'empe Je hout de son doigt dans l'eau,
}l  et qu'il rafraichisse ma langue, parce que.le .mis tourmenté dans
II cette flamme. )) -    XVI. 'iU; - ceux qui ne savent pas que le feu
vital chez l'homme est d'une autre origine que le feu élémentaire,
 ne peuvent nullement savoir autre chose, sinon que par lé feu de
l'enfer il est entendu un feu tel que celui qui est dans ie monde, lors­
que cependant le feu qui est entendu dans la Parole n'est pas un tel
feu, mais c'est un feu qui appartient à l'amour, ainsi qui appartient
à la vie de l'homme, et qui procède du Seigneur comme soleil; ct
quand ce feu entre chez ceux qui sont dans les contraires, ii est
éhangé en un feu de cupidités, qui appartiennent, comme il a été
dit ci-dessus, à la vengeance, à la haine, à la cruauté, et qui jaillis­
sent de l'amour de soi et du monde; c'est ce feu qui tourmente ceux
qui sont dans les enïers ; en effet, lorsque le frein est lâché à leurs
cupidités, ils se précipitent l'un sur J1autre, et se tourmentent mu­
tuellement d'une manière afl'rells'e et inexprimable, cal' chacun veut
préd'ominer et enlever à autrui ce qui lui appartient; en employant
secrètement et ouve!tement des artifices; comme les uns et les au­
tres ont ces désirs, de là exislent des haines intestines, et ~le là des
férocités qu'ils exercent surtout par cles arts magiques et par des
phantaisies, artifices qui sont innombrables et entièrement incon­
nus dans le monde. Ceux qui ne croient point aux choses spiriiuel­
les, surtout les adorateurs de la nature, ne peuvent jamais être ame­
nés à croire que, chez les vivants, la chaleur qui fait la vieinterne
·11 G                    ARCANES CÉLESTES.
 même soit d'ulle origine autre. que ce.lle de la cha,lëul' ùUll1oat!c, cal'
 ils ne peuvent savoir, ni à plus forte raison reconnatl'e, qne le {"cu
 céleste est ce qui procède du Seigneur comme Soleil, et que ce Feu
 est pur amour: de là ils ne peuvent pas non plus savoir les choses
 innombrables qui sont dans la Parole, Ol! il n'est pas entendu un
 autre feu, ni les choses innombrables renfermées dans l'homme qui
 est l'organe récipient de ce feu.
   6833. Et il vit, et voici, le bu.isson était embrasé de IClt, signifie
l'aperception que le vrai sciemifiqnc était plein du bien de l'amow'
Divin: cela est évident par la signification de l'oil', en ce que c'est
apercevoir, N0s 2HiO, 3764-, 4567, 4n3, (i400; pal' la signification
du buisson, en ce que c'est le vrai scientifique, ]0 688':2; et pal' la
signification du (eu, en ce qu'il est l'amour Divin, ]0' 934- L, 4906,
5071, l'S'iW>, 63"'1.,683'2; de là êll'eembl'a,~é de (eu, ("est Hrc plein
du bien de l'amour Divin.
   68311-. Et II' buisson n'était nul/ement con.çumé,' signifie le Divin
Vrai uni au Di1Jin Bien dans le natm·el : on le voit par la signifi.
cation du buisson, en ce qu'il est le vrai seientiflque, N°s 683'2,6833;
 ici, comme il s'agit du Seigneur, c'est le Divin Vrai dans le Natu­
rel; le naturel est signilié, parce que le vrai y est scientifiquement;
 ft par la signification de ne pas être con.mmé pltr le (ell, en ce que
t'est ne pas être dissipé par le bien du Divin Amour; que le feu soit
le bien du Divill Amour, on vient de le yoir jo (l83'2; ainsi, c'est
qu'il a été uni, savoir, le Divin Vl'ai, au Divin Bien dans Ir, Natu­
rel; c'est là la signification de ces paroles dans le sens suprême, oit
il s'agit du Seigneur. Voici cc qu'il Cil est: Le DiÏn Bien du Divin
 Amour est Jc Feu solaire lui-même dans l'<lull'e vie, Feu qui est
d'une telle ardeur, que s'il tombait, sans êt.re tempéré par des in­
termédiaires, sur quelqu'un, ct même SUl' un ang;c du Ciel intime,
celui sur qui~1 tomberait scrait privé de tout sens et périrait; tellr,
est l'ardeur de l'amour nivin du Seigneur: 01', quand le Seigneur a
été dans le monde et a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine,
il a reçu dans son Humain le Fcu de cet amour, et l'y a uni ail
Vrai quand il s'est fait Loi Divine; c'est cela maintcnant qui est
entendu pn cequ!' le Diyin Vrai a été lIni au Divin Bien dans l'
Naturel.
   683;;. El MOoSchel, liil, signifie la (il'l'trptioll âaprès la Loi IJl'IUlUt
EXODE, CHAP. THOlSIÈME.                          •   'Ill
du Divin: on le voit pal' la signification de (lil'e dans les historiques.
de la Parole, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été souvenl
expliqué; el pal' la représentation de Jlloscltelt, en ce qu'il eslla Loi
venanl du DiYin, ['06827,
   û836. Que je me détolt1'1le dOIlC, et je verrai celle grande visiol1~
ri, signifie la réflexion SUI' cette rél:élalion : cela est évident paj' la
 l'i~nification de se délourner el voir, en ce que c'esll'éfléchir; car
.d;ll1s le sens spirituel se détourner, c'esl s'écarter de la pensée dans
 laquelle on est; el voir, c'est aperce'oir ; ainsi pris ensemble l'un
 ct l'autre, c'estréflécllir; et pal' la signification de la vision, cn ce
 que c'est la révélation, ['06000; il est. dit une grande vis:io/!, parce
 que dans le sens suprême la flamme dans le buisson sigpifie le Dhiu
 Vl'ai uni au Divin Bien dans l'Humain du Seigneur, No 683L
    6837. POUl'quoi n'est point bnÎJé le buisson, si.gnifie qu'il y (li,.
'!/le telle union: on le voit d'après ce qui 'ient d'ètre dit N° 6831-.
        ,
   6838. Vers. 4-, 5,6. Et Jéhovah vit qu'il se délou1'Ilait pour voir,
ct Dieu L'appela dUI1lilie'IJ du buis on, ct il dit: Mosclwh! Jllo.schch!
Et il dit: Mc voici. Et il dit: lY'approche !IOinl, (l'ici, l'etire les sou­
liers de dessus les pieds, parce que le lieu sm' lequcltu le l,:ens.(cst)
ILl! IWlltlls de saintelé, lui. Et il di.t: (je suis) Moi le Dieu de ton père,

le Vieu d'Abraham, le Dieu de Jisclwk, el le Dieu de Jacob; et lllo,­
cheli cac/Ut ses {aces, parce ;Iu'il eraignit de regarder Dieu. - Et
Jéhovah vit qu'il se détournait lloll/' voir, signifie la réflex.ion pat' ie
Seigneur: et Dielt l'appela, signifie l'influx. venant du Divin: du
milieu du buisson, signifie pal' les vrais scientifiques: et il dit:
Moscheh! l1loscheh! El il dit: Me voici, signifie l'exhortation in­
terne, et l'audition: et il dit; N'appl'oche point d'ici, signifie de ne
pas encore penser du Divin d'après les sensuels: retire le.s soulù;l's
de dessus tes pieds, signifie d'élo,igner les sensuels, qui sont les ex.­
ternes du naturei : parce q"e le lieu SUI' lequel {U le liens (est) WII
humus de sainteté, lui, signifie qu'autrement le Divin ne peut entrer:
et il dit : (je suis) Moi le Dieu cle IOn pèl'e, signille le Diin qne re­
connaissait Lncienne Église: le Dieu d'Abraham, le Diw (le Jis­
clwk, et le Dieu de Jacob, signifie le Divin Même et leDivin Humain,
ainsi le Seignelll' : el Moscheh cacha ses {aces, signifie que les inté­
rieurs étaient mis en sùrell; : parce qU11 ('J'aigl1il rie regrlrd l' Dieu,
118                        .'.RCANES CÊLESTES.

 signifie afin qu'ils ne fussent point blessés par la présence du Divin

 Même.

   6839. Et Jéhovah vil qu'il se détoll1"llait POw" voir, signifie la
réflexion par le Seigneur; cela est évident par la signification de
~e délou1"Iler pour VOl7', en ce que c'est la réflexion, No 6835: que
!éhovah soit le Seigneur, on le voit N0s '134.3, 1736,292'1, 30'23,
3035, 5663, 6303. On voit encore clairement ici quel est le sens
de la lettre de la Parole; il est dit que Jéhovah vit qu'il 'Se détour­
nait pour voir, comme s'il n'avait pas connu cela auparavant, et
comme s'il ne l'induisait pas et ne le poussait pas à se détourner
pour voir; cependant cela a été dit ainsi, parce que c'est selon
l'apparence; mais le sens interne enseigne comment cela doit être
entendu, c'est-à-dire que le Seigneur influait dans sa pensée, afin
qu'il réfléchit sur ce sujet; de là on peut voir ce qu'il en est du
sens de la lettre de la Parole respectivement au sens interne, et
que les choses du sens de la lettre sont telles, afin qu'elles-soient à
la portée des simples qui ne croient que selon ce qui apparaît; ce
qui n'apparaît pas, ils ne le croient pas ,'parce qu'ils ne peuvent
pas entrer dans les intérieurs des choses; si donc la Parole n'avait
pas été telle dans la lettre, elle n'aurait pas été reçue; celui qui est
dans les sensuels, et qui est occupé de choses mondaines, ne saisit.
en aucune manière les intérieurs, il veut voir ce qu'il doit croire, les
choses qu'il ne voit pas sont comme étrangères, et il les ,'ejette
parmi celles qu'on peut nier, ou tout au moins parmi celles dont on
                                                                        1
doit douter, quand il y pense d'après lui-même.
    6840. Et Dieu l'appela, signifie l'influ.x venant du Divin: on
le voit par la signification d'appeler, en ce que c'est l'intlm(; en
effet, dans le sens interne il est entendu non pas un appel par le
langage, comme dans le sens externe historique, mais un appel pal'
l'influx dans la volonté, appel qui est interne, car Jéhovah ou le
Seigneur influe dans la volonté et pousse à ce qu:on fasse ce qui
Lui plaît; quand cet interne tombe dans l'historique, al! il n'y a
que des externes, il tombe ou dans un commandement, ou dans un
appel, ou dans une allocution, ou dans d'autres expressions sem­
blables.
  68.;··1. Dit milieu.   di!   bLLi8.~()lI,   8iguifie   (I(L1'   les ël'nà SCiëlllifiq'un:
EXODE, CHA.P. THOiSn":J1E.                     11)
  on le voit pal' la signification du buisson, en ce qu'il est le vrai
  scientifique,NGS 6832, 6833.
        684-2. Et il dit: l1foscheh! !lloscheh! Et il dit: Me voici, signifie
   .l'exhortation interne, et l'audition: on le voit par la signification
    d'être appelé par Dieu, dans les historiques de la Parole, en ce que
   eest l'influx venant du Diyin, 10 6840; cet appellui-mème est dans
   œs paroles; Et Jéhovah dit: i1foscheh! JIoscheh! et comme clics
    enveloppent toutes celles qui suivent, et d'abord de ne point appro-
   cher de là, et de retirer les souliers de dessus ses pieds, elles signi-
   fient l'exhortation; et la réponse de =Ioscllcli: Mc L'oici, signifie
   l'audition.
       684-3. Et il dit: N'approche point d'ici, signifie de ne point en-
  core penser du Divin d'après les sensuels: on le voit pa!' la signi-
   fication d'approcher vers Jéhovah, en ce que c'est penser àu Diyin ;
  si approcher, quand cela se dit de l'homme à l'égard du Seigneur.
  :est la pensée concernant le Divin, c'est parce que i'bomme ne peut
  pas venir vers le Divin par ie corps, comme l'homme vers l'homme,
  mais il peut y venir par le mental, ainsi par la pensée ct pal' la vo-
  tonté; il n'y a point d'autre accès yers le DiYin, parce que le Divin
  est au-dessus des choses qui apPclrtienncnt au lieu et au temps;
  chez l'homme, il est dans les choses qui sont appelées états, sayoir,
 états de l'amour et états de la foi, par conséquent états des deux fa-
 {;tiltes du mental, qui sont la volonté et iD. pensée, par elles l'homme
  peut approcher du Divin; de là vient qu'ici par n'approche poiw
 il'ici, il est signifié de ne point penser du Divin, savoir, d'apres les
 sensuels externes, qui sont signifiés par les souliers qu'il devait
                 .
 d'abord retirer: il est cLit encore, parce que les sensuels externe~;
                                           -
 du naturel sont rég{nérés en dernier; et ainsi reçoivent en dernier
 l'influx venant du Divin; et l'état, dont il s'agit ici, n'était .pas
encore l'état dans lequel ces sensuels pouvaient recevoir cet influx;
.voir sur les sensuels ce qui va suiVI e.
      684-4.. Retire tes souliers de dessus tes piecLç , signifie d'éloigne;
les sensuels, qui sont les externes du naturel: on le voit pai']a
signification des ,lOuliers, en ce qll'ils sont les sensuels, qui son t les
externes du natllrel, 0 ,17118; ct par la signification des pieds., en
~e qu'ils sont le naturel, N0s 2162, 31 n, :3761, 3986, V280, 4-938
il. .1.·95'2 ; que rrtircr, ce soit éloignpr, ('('la Cst é"idenl , puisqu'il ~e
120                    AHCA~ES CÉLESTES.
dit des seHSuels, cal' les lllotS doivent être appliques au sujet dou!.
il s'agit, ainsi retirer les souliers, c'est éloigner les sensuels. 11 faut
dire ce qu'il en est de cet arcane; ehacun peut voir que les souliers
représentent ici quelque chose qui ne concorderait pas avec le
Saint-Divin, et qu'ainsi retirer les souliers était un représentatif
du rejet des choses discordantes; autrement, de quelle importance
serait-il pour Ic Divin, quc l'homme en approchât avec ses souliers
ou nu-pieds, pourvu qu'intérieurement il fùt tel qu'il doit être pour
pouvoir approcher du Divin par la foi et l'amour; les souliers signi-.
fient donc les sensuels; et les sensuels, qui sont les externes dù
 naturel, sont tels, qu'ils nc peuvent pas subsisteI' cn même temps
 qu'on pense sainternent du Divin; c'est pourquoi, commc à cette
époque les représentatifs devaient être observés, il ne fut pas permis
 à Moscheh d'approcher .avec ses souliers aux pieds. Si les sensuels,
 qui sont les externes du naturel, sont tels qu'ils ne peuvent recevoir
 le Divin, c'est parce qu'ils sont dans les mondains, dans les corpo­
 rels et aussi dans les terrestres, car ils les reçoivent le plus près,
 d'oit il résuHe que les choses qui sont dans la mémoire d'après les
 sensuels, tirent. ce qui leur esl propre de la lumière et de la chaleur
 du monde. ct très-peu de la lumière et cie la cllalcll1' du ciel; c'est
 pour cela qu'ils sonL les derniers qli puissent ètre J'(générés, c'est­
 à-dire, recevoir quelque !Ilmièl'e du ciel; de la vient que lorsque
 l'homme est dans ces sensuels et. pcuse d'après ces sensuels, il ne
 pense du Divin que comme il pcnse des terrestres, eL que s'il est
 ùans le mal il pense er~tièrement ü'aprüs eu'. contre le Divin: c'est
 pOUl'quoi, lorsque l'homme porte sa pensée SUl' les choses qui ap­
 partiennent à la foi et à l'amour envers Dieu, si cct homme est
 dans le bien, il est élevé des sensuels, qui sont les externes du na­
 turel, vers les intérieurs, conséquemment des tel'l'estres et des
 mondains plûs près vers les célesîes ct les spirituels. L'homme
  ignore cela, parce qu'il ne sait pas que chez lui les intérieurs sonL
  distincts des extéricnrs, cL qllc la pe1See est intérieure de plus en
  plus, el allssi ext(~I'ieure, ct comme il ne connaît pas ces choses, il
  ue peut pas portel' sa réflexion SUI' elles. Mais on peut voil' ce qui a
  déjà été dit de la pensée d'après les sensuels, c'cst-à-dire que ccux
  qni penseitt d'après les sensuels sont très-peu sages, 10' ;)089,
  ;.)094., 6201, 6·:-l10, 6:J11, fi:ll'2, 63'11, 6:H6, 6318, f):!)R, 661,2,
EXODE, CHAP. TROlSIÈtlE.                           ·l'il
66'1~, 6622, (j62~;    que l'homme est élevé au-de"sus des sensueb,
el vient alors dans une lumière plus douce, ct que cda arrive sur­
lout ~ ceux qui sont régénérés 1 Nos (j·183, 63'13, 6315. Mainte­
nant, d'après cc qui vienl d'être dit., on voit clairement ce qui est
entendu par retirer ses souliers de dessus ses pieds. Qu'il y ait
ellez l'homme un Naturel Externe, un Naturell'foyen ct un l'aturel
Inlcl'lle, on le voit l'OS 4:)70, 5118, 5'126, 54.97, tiG49; le Naturel
Interne est signifié pai' les Pieds, le Naturel Moyen pal' les Plantes
des pieds, et le Naturel Externe par les Souliers.
     684·5. Parce 'lue le lieu sur leqlleLlu le lieus est un hUlllus de
Sainlelé, Lili, signifie qu'a1(.ITemr11lIe Divin ue peltl enlTer: on le
voit par la signHication du Lieu, cn ce que c'est l'ctal, j'os 262!'>,
2837,3356, 33R7, 4.321,4882,5605; de là le lieu s1/.1·lequel l'.l le
liens est l'état dans lequel il est encot'e; ct par la signification de
l'I/tI.1lluS de Saintelé, en cc 'luC c'est le Saint qui procède du Sei­
gneur, ainsi c'est l'état du Saint procédant du Divin Humain du
Seigneur, qui est entendu par ces paroles. Qu'il soit signifié qu'au­
tl'ement le Divin ne peut pas el1trcl'; c'est ce qui résulte des antécé­
dents; savoir, que si l'homme n'était éloigné des sensuels, qui sont
les externes du Natme' c'est-à-dire, s'il n'était élevc des sensuels
vcrs les intérieurs, le Divin ne pounait. pas inOuet'; que le Divin
ne puisse influer chez l'homme, tant que l'homme est dans ces sen­
suels, c'est parce que l'influx procédant dll Divin va jusqu'aux
clloses qui dans l'ordre sont les dernières, ainsi jusqu'aux sensuels
qui sont les externes du naturel chez l'homme; si là il n'y a abso­
lument que des corporels et des terrestres, les Divins qui influent y
sont dissipés, cal' ils ne concordent point; c'est pourquoi, quand
l'homme doit recevoir le Divin, c'est-à-dire, ce qui appartient à I:l
foi et à l'amour, il est élevé au-dessus des sellsllels, ct quand il a été
ainsi élevé, le Divin n'y influe plus, savoir, dans le sensuel externe,
mais il influe dans le plan intérieur, dalls lequel l'homme a ûtù
ulevé. Qu'il en soit ainsi, c'est cc qu'il m'a été donné de sal'oir par
de nombreuses expériences.
    68!l6. Et il dit: je suis Moi le Dieu dl'. Ion IIh-e, signifie le Di­
t'in que Teconnaissail l'Ancienne l?glise : on le voit par la signill­
cation du père, en ce que c'est l' :ncicnne J::glise:, [0 60i:i; si l'An·
~ienne J~glise esl appelée pl>I'C, c'csl P;lITC qlle d'clle sont nées les
i2~                    ARCANES CÉLESTES.
   Églises qui ont existé après elle, savoir, l'Église Hébraïque, el plus
   lard l'Église chez les descendants dc Jacob; car les l'Îles et les
  statuts qui ont été p.'escrits par Moïse aux descendants de Jacob
  n'étaient pas nouveaux, mais ils avaient été précedemment dans
  les Anciennes Églises, et furent seulement restaurés chez les fils
  ùc Jacob; ils furent restaurés, parce que chez les autres nations ils
  etaient dcvcnus idolàtriques, et que ùans l'Égypte et dans Babel ils
  avaient été changés en pratiques magiques: Que les mêmes rites
  et les mêmes statuts aient existé dans les Anciennes Églises, c'est
  ce qu'on peut voir par plusieurs passages dans la Parole. De là vien,.l
  donc quc Lncienne Église est entendue par le pèl'C, et qu'elle est
 aussi appcll:c pèrc ùans la Parole lorsqu'il s'agit de l'Eglise. Le
 Dieu qui était adoré dans l'Ancienne Église était le Seigneur quant
 au Divin Humain; et il était connu des Anciens que c'était le Sei­
 gneur qui était représenté dans cl1acun des rites de leur Église; et
 plusieurs d'entre eux savaient .aussi que le Scigneur viendrait dans
 le monde et t'erait Divin en Lui l'Humain; dans cette Église il n'en
 était. pas non plus entendu d'autre par Jého'vah; en effet, il leur
 avait apparu comme Homme Divin, et il était appelé Jéhovah,
 N°s i 34.3, 5663, ainsi qu'il apparut plus lard à Abraham, Gen. XVlII.
'2 et suiv.; à Josué, V. 13, '14., i15; il Guidéon, Jug. 1. ,11 el suiv.;
à ~lanoach et à son épouse, Jug. XIII. 3 et suiv.; et il avait été
reconnu pour le Dieu de l'univers, et pour l'Unique Dieu qu'ils de­
vaient adorer: il cst donc évident que par le Dieu de ton pàe dans
le sens interne est entendu le Divin que reconnaissait ' Ancienne
Église, c·csl.-à·diï'e, le Seigneur; mais dans le Sêl1S externe histo­
rique par le père on entend Abrabam, puis Jischack et aussi Jacob.
   684.7. Le Dier./, d'Abmhalfl, le Dieu de .Iischak elle Dieu de Jacob   J


signifie le Divin Même elle Divin Humain, ctinsi le Seigneul': on le
voit pal' la représentation d'Abraham, de Jischak ct de Jacob, en ce
que c'est le Divin Même et le Divin Humain du Seignelll'; qu'Abra­
cham représente le Seigneur quant au Divin ~Ièmc, Jischak quant au
Divin nationel, et Jacob quant au Divin Natlll'el, on le voit, Nos ,1 R93,
 2014, 2066, 207~, 2083, 324.5,325'1, 2630, :3,19!~, ::l'210, 3305, f.
·:l ~39, 3704, 4180, t286, 45:38, 4570, 46'15,6098,6'180,6276,64.23,
'(,RO.t; le Diyin est signifié par Dieu, el. le   repr~sentatif   par leurs
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                               ·12;1
     noms, de là pal' le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jischak et le Dieu d~
     Jacob sont entendues ces choses dans le Seigneur.
      {j84.8. Et Moschr:h cacha ses faces, signifie que les iutb'ieun
 étaient mis en slî1'eté : on le voit pal' la signification des {aces, en cc
 qu'elles sont les intérieurs, 105 '1990, 2ft.3~" 3;)27, ~066, 1~796, ft.797,
 1).1 02,; que cache1', ce soit mettre en sùreté, c'est ce qui resulte de la
 sél'ie dans le sens interne, cal' il est dit qu'il cacha ses faccs parce
 qu'il craignit de regardcr Dicu, et pal' là il cst signifié utin que les
 intérieurs ne fusscnt point blessés pal' la présence du Divin Même.
 Dans ce qui suit il va êtrc dit comment les choses se passent.
     6R4,9. Parce qu'il c1'aignit de 7'egcctdCl' Dieu, signifie afin qu'ils
 l'le {ussent point blessé.s pm' la p!'ésence c!lc Divin llf(?me : 011 le voit
 par la signification de craindre, en ce que c'est atin qu'ils ne fussent
 point blessés, savoir, les intérieurs, cal' c'était li! la cause de la
 crainte; et par la signification de reganler Dieu, en ce que c'est la
 présence du DiviniUême, cnr ce n'cst que pal' une intuition interne.
 qui s'opèl'e par la foi venant de la charité, que le Seigneur se mon­
 tre présent devant l'homme; si le Seigneur apparaît à quelqu'un
 dans un~ forme exwl'l1e, cc sont toujours les intérieurs qui sont altec­
 tés, cal' le Divin pénètre jusqu'aux intimes. Quant à ce que les Inté·
 rieurs ne seraient point blessés par la présence du Divin nfème, et
 étaient pour cela mème mis en sÎn'eté, voici ce qu'il en est: I,e
 Divin i'Ième est le Pur Amour, et le Pur Amour est comme un Feu
bien plus ardent que le feu du soleil de cc monde; si donc le Divin
Amour clans sa pureté inlluait chez un ange, un esprit ou un homme,
celui-ci pél'irait entièrement; c'est de là que Jéhovah ou le Seigneur
est appelé si souvent dans la Parole Feu consumnnt : afin donc que
les Anges dans le Ciel ne soient point blessés par l'influx de la cha­
leur procédant clu Seigneur comme Soleil, ils sont voilés, chacun en
particulier, d'une sorte cie nuée légère ct cOl1Yenable, par laquelle
est tempérée la chaleur qui influe cie ce Soleil. Il était bien connu
des Anciens que sans ce moycn de conservation chacun périrait pal'
la présence du Divin, c'est pour cela qu'ils craignaient de voil' Dieu,
comme cela est évidcnt dans le Li'l'c des Juges: « Guidéon vit que
l( c'était l'Ange de Jéhovah, c'est pourquoi Guidéon dit: Seigneul'
» .Téhovih ! Puisque.ï ai Vll l'Ange de Jéhnl'{/h Ince il {aeP.! et Jého­
Il "ah lui dit: Paix à toi, Ile crains l'oi.nt, ('(LI' lU /le IIIml1Ta~ point. »
' 24                    AnCANES CËLE5TES,

- YI. 22,23, - Dans le Même Livre: ({ l1anoach dit il sou épouse:

n En mourant nOlis l1Wlt1'1'OnS, CUJ' nOlis avons vu Dieu, li -   XliI. 22.

- Etclans le Livre cie l'Exode: « Jéhovah dit à iloïse : Tu ne pOUl·ra.

n pa,~ voir mes (aces, parce que nul homme ne Me verTa et vivra. n ­ 


XXXIll. 20;- c'est pourquoi lorsqu'il fut donné à l'loïsede voir Dieu,
 « il avait été placé dans un trou dn rocher," - Ibid, Yers. 22,- ce qui
représentait l'obscur de la foi, et le nébuleux dont il fut couvert et par
quoi il fut mis en sûreté. On pent voir clairement quel danger il y
a pour les Anges à être en aspect du Divin sans être voilés par uuc
nuée, par cela scul que quand les Anges inspectent quelque esprit
qui est dans le mal, cet esprit semble ètt'e changl en une sMte d'ob­
jet inanirn(~, cc qn'il m'a clé donné de "Oir très-souvcnt; c'est parce
que là snrvicnnent pal' la vue Angélique la lumière et la chaleur du
ciel cL avec clics le vrai de la foi ct le bien de l'amour, cL que quant!
ces choses pénètrent chez les méchants, ils sont presque privés de
 la vie. Pnisque cela al'l'ivc pal' une intuition venant des Anges, que
 serait-ce par une intuition venant du Seigneur? C'est pour cela que
 :cs Enfers ont ét(~ absolument ('loignes du Ciel, et que ceux qui j
 sont veulent être éloignés du Ciel, cal' s'ils n'en sont p3S éloignés,
 ils sont cruellement tOUl'rnentés : de là on voit clairement cc qui est
 entendu par ces paroles: « Ils diront aux montagnes el aux l'oeilers :
  » tombez sur nous, ct cachez-nOlis de la face de Celui qui est assis
  » SUI' 10 trône. )) - Apoc. VLI G. Luc, XXllI. 30. Hosch. X. 8. ­

 De cc que la présence du Divin :l(~me est telle, que nul Ange ne
  peut la souten il', à moins qu'il ne soit mis en sùreté par Ilne nuée
  qui tempère cl nlÜdère les rayons d la chalelll' de ce soleil, on peut
  voir clairement que l'Humain du Seigneur est Divin, car s'il n'était.
  pas Divin, il n'aurait jamais [lU èt'e uni au Di'În Même, qui cst.
  appcle Pèrc, Ile manièrc ;1 être un avee Lui, selon les paroles du
  Seigneur dans Jean, Cllap, XIV. 10 et suiv" et ailleUl's; cal' ce qui
  reçoit ainsi le Divin doit être entièrement Divin; le lion-Divin serait
  pleinement dissipé par une telle union; pour parler par comparai­
  son: quel ohjet peut êtl'e plongé dans le feu solaire et ne point périr,
  ~;inon un objet pareillement solaire? ainsi, qui peut être dans l'ar­
  deur de l'amour infini, sinon celui qui est dans l'ardeur d'un alllour
  semhlable, par conséqüent sinon k Seigneur Seul? Que le Père soit.
  d:Jls Te Scignl:nr, el que le Pi're n'apparaisse qll'~. clans Sail nivin
EXODE, CHAP, TROlSli~~IL.                       h~:.>

lIul1laill, on le voit pal' les Paroles du Seigneur dans Jean: « Pc'­
Ilsonne nc vit jamais Dieu, le Fils {]nique, qui est dans le sein dl/.
IlPèrr., Lili ra exposé. --!. ,18: - (~t. ailleurs dans le Même:
                             Il

" Vous n'avez jamais cntendu sa voix, ni YU son ;1SPCCt.         V. 31,
                                                                   Il-


   68;)0. Yers, 7, 8. Et Jéhovah dit: En voyantjai vill'affliclio/l de
mon peuple, qui (est) en Égypte, et J ai eHlendu. leur cri de devant ses
exacteurs, pm'ce que j ai connu ses douleurs. Et je suis descendu
IJOur le délivrer de la lluûn des Égyptiens, et lJOll1' le {nire monter de
L'ette terre vers une terre bonne et large, vel'S une terre découlant. de
lait et de miel, vers le licn dit Cannnéen, et dit Chitléen, et de [' Enzor­
réen, et du Périzéen, et ilit C/zivéen et du Jébuséen. - Et Jéhovah
clit : En voyant j ai Vit l'affliction de man ]JC1Iple, signifie la Miséri­
corde envers ceux qui sont de l']::glise spirituelle après les infesta·
tions par les faux: et/ai Imtendll lem' ai de devant ses exacteu.rs,
signifie le secours de la Miséricol'de contre ceux qui ont voulu Ics
contraindre à servir: parce que llti con/lu se.~ doltlelll'.~, signifie la
Prévoyance en tant qu'ils ont été plongés dans les faux: et je suis
descendn ]Jour le délivrer de la main des Egyptiens, signifie qu'il s~
baissa il. vers eux pour les soustraire 11 la puissance des fnux scir.nti­
fiques qui s'effOl'eent de détruire les Tais de l'l;:glisc: elpoU1'l(' (aÎl'e
mali ter de celte terre, signifie qu'ils seraient (~levés : vers Uni' lelTC
hlmne ct larrie, signifie au Cie! oil est le bien de la charité el le vrai
de la foi: découlant de lait et de miel, signifie et par suite le charmt:
ct le pbsir : ven le lien du Cananéen et du Chitléen signifie la l'é­
g-ion envahie par les maux provenant des faux: et de ['Elllorl'éen
et du Pàizéeu, signifie par les maux et par les faux des maux: et du
(;hivéen et du .Tébwéen, signifie par unI' i<1oUtric dans lâquelle il y
a quelque chose dll bien ct du Hai.
   68l)<J, El Jéhovah dit: En voyant i ai Vit l'affliction de mon lJe'/l­
plI', si gni(ie {CL llfisél'icorde envers ceux qui SOllt de J'Eglise spirituelle
nprès les infestations par les t'(lU,X : on le voit. par la sign ification de
dire dans les historiques de la Parole,.en ce que c'est la perception,
ainsi qu'il a <'té SOllyent montré; mais quand c'est Jéhovall ou le
Seigncur qui dit, cc ll'est point la perception, c'est la tOlite-science,
parec que le Sçigncur perçoit ct cou naît toules choses en général et
en !)arliculicl' de Loutc éternité; par la signification c!('.VOil' en voyant,
quand cela est dit. de .U'hoyah 011 tin S('i~lIcllr, ('II cr que c'rst la
~'25               ARCANES CÉLESTES.
 Misericorde, car lorsque lé Seigneur voit quelqu'un dans la misère.
 ou dans l'affliction, il en a pilié; le Seigneur, à la vérité, nous voit.
 t.ous, et ainsi il a pitié de nous tous, mais il est dit n'avoir pitié que
 de ceux qui reçoivent sa Misericorde. ce sont ceux qui sont dans le
 bien; par la signification de l'a((liction, en ce que c'est 1infesta­
 tion, No 6663, ici par les faux, parce que c'est par les f:gyptiens, qui
 signifient les scientifiques faux. N°s 665·1 , 6679, 6683 ; et par la si­
 gnification du peuple, en ce que ce sont ceux de l'Église spirituelle,
 N° 2928; ceux de ntglise céleste sont appelés Nations dans la
 Parole.
    6852. Etfai entcndu lcu'" (;l'i de devant ses cxactellrs, signifie le
.~ecours de la .ilfiséricorde contre cezt:x; qui ont voulu les contraindre
il servir: on le voit par la signification du cri, en ce que c'est l'ac­
tion d'implorer, rO 680,1; pal' la signification d'entendre> en ce que
 ("est obéir et apercevoir, N° 5017, mais quand cela est dit de Jého­
 vah ou du Seigneur, c'est porter le secours de la ilisél'icorde à cclui
qui implore; il en est il l'égard d'entendre, commeci·dessus N° 68;:,.1 ,
il l'égard de voir, c'est-il-dire que le Seigneur nous entend tous, et
 nous porte secours il tous, mais selon les nécessités; ceux qui crient
et qui L'implorent pour eux seuls, ct ainsi contre les autres, comme
font ordihairementles méchants, le Seigneur les entend aussi, mais
il ne leur porte pas de secours; et quand il ne porte pas de secours,
il est dit qu'il n'entend pas; et par la signification des exacteurs,
en ce qu'ils sont ceux qui veulent contraindre à servit': que l'Exac­
teur soit celui qui contraint il servir, OIlle voit clairement dans Esaïc:
" Et les p~uples ks prendront et les conduiront vers leur lieu, et ils
)l domineront Sllr leurs Exacteurs : il arrivera qu'au jour que Jého­
)l vah te fera reposer de ta douleur, et de ton trouble, et de la dure
» .~ert'itude sou.~ laqueLLe tu as été (l,~.çcl·vi, tu prononceras cette para­
» bole SUl' le roi de Babel: comment a cessé l'Exacteur? » - XIV.
2,3, 4.; - ct dans Zacitalie: « Je placerai vers ma maison un camp
)l de l'armre pour celui qui va et eelui qui vient, afin que ne passe
» plus sur eux l'Exacleur, » -IX. 8. - Les Exacteu:s étaient
'~el1x qui exigeaient les tributs, - 2 Rois, XXUI. 35. Dentér. XV.
:l; - et aussi ceux qui contraignaient à faire un ouvrage scIon
l'imposition des tributs; ils sont appelés prinr;cs de tributs. - Exod.
EXODE, CHAP. TROISIÈlŒ.                             ~2T

 J, Il ; -     qUi'   cc soient ceux qui contraignaient 11 servir, on le voit
 ~,o   6659.
    6853. Parce que j'ai C01I11U .Ies douleurs, signifie la Prévoyance,
 tn tant qu'ils 0111 été plongés dans [C,I (au,x : on le voit pal' la signifi­
 cation de comw.ître, quand cela est dit du Seigneur, en cc que c'est
  la Prévoyance; queiConnaître, ce soit la Prévoyance, c'est parce
  que le Seigneur connaît toutes choses en g~néral et en parliculier
  de toute étern ité; et par la sign ification des douleurs, en ce que c'est
  l'immersion dans les faux; en eft'el, quand ceux qui sont dans le
 hien sont plongés dans les l'am., ils tombent dans des angoisses et
 da us des anxiétés et sont tourmentés, cal' ils aiment les nais et ont
 en aversion les faux, et ils pensent continuellement au salut, et à
 l'infélicité si chez eux les faux allaient dominer; mais ceux qui ne
 sont pas dans le bien n'ont aucun souci d'être dans les faux ou dans
 les vrais, car ils ne pensent en rien an salut ni à l'infélicité, paree
 qu'ils n'y croient point; les plaisirs des :J.11l0Ul'S de soi et du monde
 ôtent la foi en une vic après la morl ; éeux-ci sont continuellement
plongés dans les faux. L'immersion dans les faux apparaît dans
l'autre vie, comme si quelqu'un était plongé dans des ondes, qui,
selon l'abondance des faux, montent de plus en plus hant jusqu'à
aller enfin par dessus la tête; les ondes apparaissent plus ténues
ou plus denses selon la qualité des faux: l'immC!'sion pour ceux qui
manquent de probité apparaît comme nne ondée, et comme un
brouillard plus on moins noir qui les environne de tous côtés, et
les sépare entièrement de la scrénité qni appartient à la lumière
du Ciel.
   G854. Et}e suis dcucndu pour le délivrer de la main des lÉgyp ­
tiens, sif/nifie qn'il sc baissait vers eux pOUl' les souslraiJ'c à l.a puis­
Mtnce des (aux ,Icientifiques qui s'efforr.ent de détruire [('.1 vnLi.1 de
f É91i.~e : on le voil par la signification de descendre, en cc que
c'est se baisser, ainsi qu'il va êlreexpliqué; pal',la signification de
pOUl' délivrer, en ce que c'est ponl' soustraire, car celui qui sous­

Irait quelqu'un aux faux, l'en délivre; PaI' la signification de
let l1Iain, en ce qu'clic est la puissance, N0s 878, 33R7, 3563,
4.931 à .1.937 , titjV~ ;et par la signification des Égyptiens, en
ce qu'ils sont les scientifiques faux, qui sont contre les Tais
de l'Église, N°s 665'1, 6679, (j(i~:1, ainsi qui s'('jf'or(~ell( de ((ll'llire
128                   ARCANES CÉL~STES.
tes vrais. Voici ce qu'il   l'Il   est 11 l'égard du Seigneur qui descend:
11 est dit que le Seigneur descend ou se baisse, quand c'est pOUl' le
 jugement, ~o ·131 -f, et aussi quand c'est vers les inférieurs, ici vers
 ceux qui sont de l'i;:glisc spirituelle, et qui sont signifiés pal' les
 fils d'Israël; car, dans le sens interne, il s'agit de eeux-Ià, cie quelle
 manière ils sont infestés pal' les faux et soutiennent alors les tenta­
 tions, ct enfin de quelle manière ils en sont délivrés pour être intro­
 duits dans le Ciel. Mais dans les choses qui sont contenues dans ce
 Verset et aussi dans les suivants, il ya dans le sens interne un mys­
 tère encore plus 9;rand, qui lI'a poi nt encore été connu dans rtglise;
 en conséquence il va être dévoill' : c.eux qui sont appelés Spiritnels,
 ce sont ceux qui ne peuvent être régén~rés que quant il la partie
 intellectuelle et non quant il la partie volontaire, dans la partie in­
 tellectuelle clesquels le Seigneur implante en conséquence une vo­
 lonté nouvelle, volonté en l'apport avec les doctrinaux de la foi qui
 appartiennent à lem l;:glise, ceux-là, savoir, ces spirituels, ont ét(~
 uniquement sanvés pal' l'avcnement du Seigneur dans le monde;
 et cela, parce que le Divin qui traversait le Ciel, et qui était le Divin
 Humain avant l'avéncment dn Seigneur, ne pouvait pal venir jus­
 qu'à eux, car les doctrinaux. de leur Eglise quant il la plus grande
partie n'étaient pas des vrais, et par suite le bien qui appartenait il
la volonté n'était pas non plus le bien, N° 64·27 : comme ceux-là
n'ont pn être sauvés que par i'avénement du Seigneur, et ainsi
n'ont pu être auparavant élevés dans le Ciel, c'est pourquoi, cn at­
tendant cet avénement, ils étaient tenus dans la terre inf(~rieure,
dans les lieux qui sont nommés fosses dans la Parole; cette terre
était assiégée de tout côté par les enfers oit sont les faux, par les­
quels ils étàient alors fortement infestés, néanmoins ils étaient tou­
jours gartlé's par le Seigneur: mais après que le Seigneur fut venu
dans le monde ct eut en soi fait Divin ' Humain, alors il délivra
t:eux qui étaient dans ces fosses, et HIes éleva dans eCiel; c'e~t
d'cux qu'il forma le (;iel spil'ituel, qui est le second Ciel: voilà œ
qui est entendu par la descente du Seigneur dans les enfers, et pal'
la déliTance de ceux qui étaient enchaînrs. Voilà le mystère qui,
dans le sens interne, est décrit aussi dans ce verset ct dans les sui­
vants : on peut voir cc qui a été précédemment ex.posé sur ces Spi­
rituels, savoir, que les Spirituels sont dans l'obscur quant au vrai el
EXODE, CI-L.P. TROISIÈME.                     f 29
au bien de la foi, N0s 12708, 2115, 2718, 2831,2849,2935,2937,
324'1, 3833, 6'289; que leur obscur est éclairé par le Divin Humain
du Seigneur, Nos 27,16, H02; que, parce qu'ils sont dans l'obscur
quant au vrai etau bien de la foi, ils sont fortement attaqués par les
enfers, mais que le Seigneur les défend continuellement, No 64-f 9;
que les Spirituels ne peuvent être rcgénérés quant à la partie volon­
taire, mais qu'ils le sont seulement quant à la paltie intellectuelle,
et qu'il y est formé par le Seigneur une nouvelle volonté, Nos 863,
875, 895, 927, 928, 1(;')'23, 1043, fOU, 2256, 4328, H93, 5-1 f 3;
que les Spirituels ont été sauvés par l'avcnement du Seigneur dans
le monde, Nos 2833,283,., 3969. Dans la Parole prophétique il est
çà ct là parlé des Enchaînés, ct des enchaînés dans la fosse, et il
est dit qu'ils ont été délivrés pal' le Seigneur; par ces enchaînés sont
spécialement entendus ceux dont il vient d'être question; ainsi dans
Ésaïe: « lloi, Jéhovah, je T'ai appelé dans la justice, et je pren­
 » drai Ta main, parce que je Te garderai, et Te donnerai pour al­
" Hance au peuple et pour lumière des nations, pour ouvrir les yeux
)1 aveugles, pour tirer de la pl'ison L'enchaîné, de la maison de l'éclu­
" sion ceux qui sont assis dans les ténèbres. ,,- XLII. 6,7. ­
Dans le M.ème: « Je T'ai gardé et donné pour alliance du peuple,
" pour rétablir la terre, pour partager les héritages dévastés, pOUl'
" dil'e aux Enchaînés: SOl·tez,. à ceux qui sont dans les ténèbres:
" }[ontrez-voits,. sur les chemins ils paîtront, ct dans toutes les col­
 " lines de leurs pâturages. Il - XLIX, 8, 9; - là, il s'agit évi­
demment du Seigneur; les Enchaînés sont en particulier ceux qui
ont été détenus dans la terre inférieure jusqu'à l'avénement du Sei­
gneur, et qui alors ont été élevés dans le Ciel, et en général tous
ceux qui sont dans le bien, ct comme tenus enchaînés par les faux
dont cependant ils veulent avec effort sortir. Dans Zacharie: « Pal'
)1 le sang de Ton alliance je tirerai tes enchaînés de la fosse. Il ­

IX. f ,1. - Dans Ésaïe: « En rassemblant ils seront rassemblés,
)1   L'Enchaîné dans la (osse; et ils seront renfermés dans le cachot,
II après une multitude de jours ils seront visités, Il - XXIV. 22;­
les enchaînés dans la fosse, ce sont les mêmes. Et en outre pal' ces
passages, dans Ésaïe: « Jéhovah ~I'a oint pour évangéliser les pau·.
» vres; il m'a envoyé pour panser les froissés de cœur, pour prê­
» cher aux capti(s la liberté, aux enchaînés,   à cli/ui qui est privé des
         XI.                                                 9
'130                  ARCANES CÉLESTES.
)) yeux, ilOUl' proclamer l'année du bon plai~ir de Jéhovah. Il ­
LXI. 1 : - et ailleurs: « Le peuple, ceux qui marchaient dans les
)) ténèbres, ont vu une grande lumière; ceux qui habitaient dans la
Il terre de t ombre dc let l1Wl·t, la lumière a relui SUI' eux. )l - IX. 1.
                                 •
   6.855. Et pOUl' le {etirc montCl' de cette terre, signifie qu'ils seraient
élevés, savoir, du lieu et de l'état où ils sont infestés par les faux:
on le voit pal' la signification de {aÏ1'e monW', en ce que c'est être
élevé; et par la signification de la terre, ici de la terre d'Égypte, en
ce que c'est le lieu et l'état où ils sont infestés par les faux; que
l'Égypte soit le scientifique faux qui infeste, cela a été déjà montré;
la même chose est aussi signifiée par la terre d'Égypte.               .
   6856. Vers une terre bonne et large, signifie au Ciel, où est le.
hien de la charité et le VI'ai de la foi : on le voit pal' la signification
de la terre, ici de la terre de Canaan, en ce qu'elle est le Royaume
du Seigneur, ainsi le Ciel, N°s 1607, 3038,3481,3705, U47; par
la signification d'une lerl'e bonne, en cc que c'est le bien de la cha­
rité là, et par la signification d'une terre large, en ce que c'est le
vrai de la foi là; 'le large est le vrai qui appartient à la foi, voir,
Nos 3i33, 3i3~, U,82.
   6857. Découlant de lait et de miel, signifie et pal' suite le ch(mne
et le plaisir: on le voit par la signification du lait, en ce que c'est
le Célestc-Spirituèlou le vrai du bien, N° 24 8~; et comme c'est le
vrai du bien, c'est allssi le charme de ce Vl'aii, car ils ont é,té COUT
joints; et par la signification du miel, en ce qu'il est le plaisir,
N° 5620. D'après ce qui a été montré ci-dessus N° 6854, on/peut
voir ce qui est entendu par faire monter de cette terre vers une terre
bonne ct large, découlant de lait el de miel, c'est·à-dire que ceux
qui avaient été détenus dans la terre inférieure dans des fosses jus­
qu'à l'avénement du Seigneur, seraient alors élevés au Ciel, où est
le bien de la charité et le vrai de la foi, et par suite le charme et le
plaisir. Voilà ce que ces paroles signifient en pal'ticulier, mais en
général elles signifient que tous ceux qui sont de l'Église spirituelle
sont dans la tentation, et en sont délivrés ..
   6858. Vel's le lieu du Cananéen et du Chittéen, signifie la "égion
envahie par les maux p"ovenant des {aux .: on le voit par la repré­
sentation des Cananéens, en .ce qu'ils sont les maux provenant des
faux du mal, N° 4818; et par la représentation des Chittéens, on ce
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                            434
 qu'ils sont les faux d'où proviennent les maux, N0 2913. Par les
 Nations dans la terre de Canaan, qui sont désigllé~, et aussi
 ailleurs, comme Gen. XV. 18, 49. Exod. XXIII. 23,28. XXXIII. 2.
XXXIV. 14. Deutér. VII. 4. XX. 47. Jos. III. 40. XXIV. H. Jug.
 III. 5, sont signifiés tous les genres du mal et du faux. Il faut dire
 ce qui est entendu par la région envahie par les maux provenant
des faux, et aussi par tous les autres gelll'es du mal et du faux:
Avant l'avénement du Seigneur dans le monde, les mauvais génies
et les mauvais esprits s'étaient emparés de toute cette région du
Ciel, vers laquelle dans la suite ont été élevés les spirituels; en effet,
avant l'avénement du Seigneur une grande pa.rtie de ces génies et
de ces esprits vagabondaient librement, et infestaient les bons, sur­
tout les spirituels qui étaient dans la terre inférieure; mais après
l'avénement du Seigneur, ils furent tous précipités dans leurs en­
fers, et cette région en fut délivrée, et fut donnée en héritage à ceux.
qui étaient de l'Église spirituelle: il a été très-souvent observé que,
dès que quelque lieu est abandonné par les bons esprits, les mau­
vais esprits s'en emparent, etqu'ensuile les mauvais esprits en sont
chassés, et après leur expulsion il est de nouveau donné à. ceux qll,i
sont dans le bien; cela vient de ce que les infernaux brûlent conti­
nuellement du désir de détruire les choses qui appartiennent au
Ciel, et spécialement celles avec lesquelles ils sont en opposition;
c'est pourquoi quand un lien est quelque part abandonné, comme
alol's il est sans défense, les méchants s'en emparent aussitôt. Cela
est spécialement entendu, comme il a été dit, pal' la région enva­
hie par les maux et les faux, laquelle est signifiée par le lieu où
étaient les nations qui devaient être chassees. Cela, réuni à ce qui
a été dit ci-dessus N0 685~, est un grand Mystère qui ne peut être
connu sans une révélation.
  6859. Et de l'Émorréen et dl' Périzéen, signifie pm- les maux et
paJ'les faux des maux: on le voit par la représentation de l'Émol"-'
réen, en ce qu'il est le mal, Nos 1857, 6306; et par la représentation
du Périzéen, en ce qu'il est le faux, N0s 4573, 157 L Il Ya deux
origines du mal, et aussi deux origines du faux; l'une des origines
du mal est d'après le faux de la doctrine ou de la religiosité; l'autl'e
est d'après les cupidités de l'anUlur de so,i et du monde: le faux de
la première origine est, comme il a été dit, d'après le faux de la
132                   IRCANES CÉLESTES,
 doctI'inc ou de la religiosité; ct le faux de la scconde ol'igine est
 d'après le mal des cupidités des amours ci·dessus nommés: ce sont
 là les maux qui sont signifiés par le Cananéen et l'Émorréen, et les
 faux qui sont signifiés pal' le Chittéen et le Pél'izéen.
    6860. Et du Chivéen et du Jébuséen, signifie pm' une idolâtrie
 dans laquclle il y a quelquc chose du bien et du vrai: on le voit par
 la rcprésentation du Chivéen, en ce qu'il cst l'idolâtrie dans laquelle
 il y a quelque chose du bien; ct pat'Ia représentation du Jébuséel1,
cn ce qU'i! est Fidolàtrie dans laquelle il ya quelque chose du. vrai:
qlle ce soit là ce qui est signifié par ces nations, on pellt Ic voir en
cc quïl a été permis qu'un6l alliance fîlt traitt':e pal' Josué et pal' les
anciens avec les Gibéonites, - Jos. IX. 3 et SUlV., - et quc ceux­
ci devinrent fendeurs dc bois et puiseurs d'eaux pOUl' la maison de
Dieu,-Ibid. VeI's. 23,27; - que les Gibéonites étaient Chivéells,
on le voit, -Ibid. Vcrs. 7 et Chap. XI. '19: - que les Jébuséens
rcprésentent cellx qui sont dans une idolâtric, mais oüil y a quel·
que chose du vrai, on peut le voir cn cc que les Jébuséens furent
longtemps tolérés dans Jéi'usalcm, e~ n'en furcnt point chassés, ­
Jos. XV. 63. XVIII. '16,28. II Sam. V. 6 à '0.
   686'1. Vers. 9, 10,1-1,12. Et maintenant voici,. le cri des fils
 d'lsmël est venu à Moi, etmême j'ai vu l'oppl'ession dont les Égyp­
 tiens les oppriment. Et maintenant va, et je t'envermi vers Pharaon,
 ct retil'e mon peuple, les fils d'lsmël, d'Égypte. Et 'Moscheh dit à
 Dieu: Qui! moi, que j'aille vers Pharaon, ct que .je l'etil'c les fils
 d'Israël d'Égypte. Elil dit: c'est queje'serai avec toi, et ceci (sera)
 pour toi le signe que Moije t'ai envoyé; qu(tlul tu aums retil'é.le
peuple d'Égypte, VOlLS se,'vi,'ez Dieu sur celtc montagne. - Et
maintenant voici, le Cl'Î des fils d'1smël est venu, à Moi, signifie la
commisération SUI' ceux de l'Église spirituelle: et même j'ai vu l'op­
pression dont les Égyptiens les oppriment, signifie il cause de l'ef­
fort de subjugation par ceux qui sont dans les faux: et maintenant
va, et.ie t'envermi vers Pharaon, signifie Iè saint procédant de
l'Humain du Seigneur, pour dissiper les faux qui infestent: et l'e­
tire mon peuple, les fils d'Israël, d'Égypte, signifie de là la déli­
vrance de ceux de l'Èglisc spirituelle des faux qui les infestent: Et
Moscheh dit à Dieu, signWîe la perception par le Divin, et l'humi­
liation: Qui! moi, que j'aille vel'S Phamon, signifie qu'il n'était
EXODE, CHAP. THOISll~iIE.                         ·133
pas encore dans un tcl état, qu'il lui parût pouvoir aool'd'er et re­
pousser les faux qui infestaient: ct que je f'etire les fils ll'Israël, si·
gnifie et ainsi délivrer ceux de l'Église spirituelle: et il clit : c'est
que je serai avec toi, signifie le Divin dans l'Humain: et ceci (sera)
pour toi le signe que Je t'ai envoyé, signifie la connaissance que I<Y
Divin procédait de Lui: quand tu auras retil'é le peuple d'Égypte,
signifie quand les spirituels ont été délivrés de l'infestation des fanx:
vous servirez Dieu sm' cette montagne, signifie alors la perception
et la reconnaissance du Divin d'après l'Amolll'.
   6862. Et maintenant voici, le cri des fils d'Israël est venu à Moi,
signifie la commisération SUI' ceux de l'Église spirituelle; on le
voit par la signification du cri en ce que c'est implorer du secours,
No 6801 ; de là quand il est dit que le cri est venu à Jéhovah Oll
au Seigneur, cela l'enferme la même chose qu'entendre, on a VU'
N°685"l qu'entendre c'est porter le secours'de la lVIiséricorde, ou la
commisération; et par la signification des fils d'Israël, en ce qu'ils
sont ceux de l'Église spirituelle, N° 6637.
  6863. Et même j'ai vu l'oppression dont les Ég!J1Jtiens les oppri­
ment, signifie à cause de l'effort de su~jugation pal' ceux qui sont
dans les (aux: on le voit par la signification de l'oppression dont ils
oppriment, en ce que c'est l'effort de subjugation; si c'est l'effort
cIe subjugation, et non la subjugation, c'est parce que ceux qui sont
de l'Église spirituelle du Seigneur ne peuvent pas être subjugués
par ceux qui sont dans les faux, puisque le Seigneur tes défend; et
pal' la signification des Égyptiens, en ce qu'ils sont les faux; N° 6692.
  6864.. Et maintenant va, je t'envermi vers Phamon, signifie ll':
Snint procédant de l'I1umnin du Seigneur, pour dissiper les (aux
qui in(estent : on le voit par la représentation de lIoscheh qui de­
vait nller et qui était envoyé, en ce qn'il est le Seigneur quant à la
Loi Divine, No~ 6723,6752,677-1,68'27, ainsi quant à l'Humain;
car lorsque le ScigneUl' fllt dans le monde, il fit d'abord son Ilu·
main le Divin Vrai, qui est la même chose que la Loi Divine; en­
suite il glorifia entièrement son Humain et il le fit le Divin Bien:
entre le Divin Vrai et le Divin Bien il y a la m~me dill'érencc qu'cn·
tre la Lumière provenant cIu Soleil et le ~Feu qui est dans le Soleil;
pal' la signification d'être envoyé, en ce que c'est procéder, Nos '.2397,
4.710,683'1; ici, c'est le saint Vrai; que le saint se dise du vl'ai, on
'13i                     ARCANES CÉLESTES.
le voit N° 6788; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il est
le faux, Nos 6651, 6679, 6683, 6692; il est ajouté que les faux qui
infestent seraient dissipés, savoir, par le Saint procédant de l'Hu­
main du Seigneur, parce que dans la suite il s'agit de la d61iV1'ance
des fils d'Israël, c'est-à-dire, de ceux quisontde l'Églisespirituelledu
Seigneur, des faux dont ils ne peuvent être délivrés que par le Saint
qui procède du Seigneur; en effet le Saint procédant du Seigneur
non~seulement dissipe les faux qui infestent, mais même remet
toutes choses dans l'ordre Divin, tant celles qui sont dans les Cieux
que celles qui sont dans 'les enfers, et fait que les Cieux sont .rès­
distincts selon les biens et selon les 'Tais provenant de ces biens,
et que les enfers sont aussi très-distincts selon les maux et selon les'
faux provenant de ces maux; et que les maux, dans l'opposé, sont
contre les biens, et les faux contre les vrais, afin qu'il existe un
équilibre spirituel, et qu'il n'y ait rien qui ne soit dans un état
libre.
   6865. Et retire mon peltple, les fils cl'/sl'aël, d'Égypte, signifie
de là la délivrance de CelLX de l' Église spiritlLelle des faux qui les
infestent: on le voit par la signirrcation de retirel', en ce que c'est
la délivrance; par la signification des ms d'Israël, en ce qu'ils sont
ceux de l'Église spirituelle, No 6637; et pal' la signification de l'É­
gypte, en ce que c'est le scientifique faux qui est contre les vrais
de l'Église, ainsi le faux qui infeste, N0 6692. C'est le faux scienti­
fique qui infeste le plus ceux de l'Église spirituelle; et cela, parce
qu'ils n'ont pas la perception du vrai d'après le bien, mais seule­
 ment la connaissance du vrai d'après la doctrine; ceux qui sont tels,
 sont le plus infestés par les scientifiques; car les scientifiques sont
 des vases très-communs qui paraissent parfois contraires aux vrais,
 avant que les vrais introduits en eux fassent qu'ils s oient transpa­
 rents, et ainsi ne soient point aperçus; et en outre les scientifiques
 sont pleins d'illusions des sens, qui ne peuvent êtl'C détl'uites par
 ceux qui sont dans les seules connaissances d'après la doctl'ine, sans
 être dans la perception du vrai d'après le bien, surtout parce que
 chez eux prédomine la lumièl'e du moode, lumière qui paraît claire
 tant que la lumjère du Ciel n'influe point en elle, mais dès que la
 lumière d,u Ciel y pénètre, au lieu de lumière il y a obscurité: de là
 lient qu'ils son. clairvoyants et ingénieux dans les choses du
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                           ~ 35
monde, mais sans discemement et hébétés dans les choses du Ciel.
Ils se cl'oient éclairés, quand ils ont confirmé chez eux les doctri­
naux de l'Église, mais ils sont alors trompés pal' une lueur sen­
suelle, qui provient de la lueur du monde; car les doctrinaux, quels
qu'ils soient, peuvent être confirmés, ainsi ceux des Juifs par les
JUifs, ceux des Enthousiastes par les Enthousiastes, ceux des Soci­
niens pal' lesSociniens, et ceux: de chaque Hérésie pUl' les 'pal'ti­
sans de cette Hérésie; et quand ils ont eté confirmés, ils leul'
paraissent dans une lueur sensuelle comme étant les l"rais mêmes.
Mais ceux. qui sont dans la lumièl'e du Ciel sont' dans l'illustrali'on
pal' le Seigneur, et avant la confil'mation ils apel'çoivent pal' intui­
tion dans les'scientifiques qui sont en bas~ et li:! dispos~s en ordl'e •
si la chose est un vl'ai susceptible d'ètl'e confil'me ou non: de là il
est évident que ceux-ci ont une intuition intél'ieure, qui est au­
dessus des scientifiques, pal' conséquent ùistincte; et que ceux-là
ont une intuition infél'ieure, qui est au dedans des scientifiques, par
conséquent perplexe', N° 2831.
   6866. Et Moscheh dit à Dieu, signifie la pe1'ception par le Divin,.
et l'humiliation: on le voit pal' la signification ùe dire, en ce que
c'est la perception, ainsi qu'il a été souvent montré; et par la l'epré­
sentation de Moscheh, en ce qu'il est le SeigneUl' quant à la Loi
Divine, Nos 6723,6752,677",6827; le Divin, est signifié par Dieu;
que ces paroles renferment aussi l'humiliation, cela est évident pal'
celles qui suivent, car il dit: Qui! moi, que j'aille vers Pharaon, et
que je 1'etire les fils ri Israël. Puisque iUoschelt l'eprésente le Sei­
gneur, et qu'il est parlé ici de l'hUlI1lliation, il faut dil'e quelque
chose cle l'état d'humiliation du. Sèigneul', quand il était dans le
monde: Autant le Seigneur était dans l'Humain non encore fait Di­
vin, autant il était dans l'humiliation; mais autant il était dans
l'Humain fait Divin, autant il ne pouvait êtl'e dans l'humiliation,
cal' autant il.était Dieu et Jéhovah; s'il était dans l'humiliation,
quand il était dans l'Humain Ilôn enCOl'e fait Divin, c'était parce
que l'Humain qu'il avait til'é d'une mère, était le mal pl'ovenant de
l'héréditaire, et ce mal ne pouvait pas approchel' du Divin sans hu­
miliation; car l'homme dans l'humiliation l'celle se dépouille de
toute puissance de penser et de faire quelque chose de soi-même, et
s'abandonne entièrement au Divin; ct ainsi il s'approche du Divin:
136                    ARCANES CÉLESTES.
 le Divin, il est vrai, était en Lui, parce qu'il avait été conçu de Jé­
 hovah, mais autant son Hum,ain était dans l'héréditaire maternel,
 autant le Divin paraissait éloi~né; en elfet, dans les spirituels et
 dans les célestes, c'est la dissemblance de l'état qui fait l'éloigne­
ment et l'absence, et c'est la ressemblance de l'état qui fait l'appro­
che etla présence; et l'amour fait la ressemblance et la dissemblance.
D'après cela, on peut voir d'où provenait l'état d'humiliation chez
le Seigneur, lorsqu'il était dans le monde; mais ensuite, lorsqu'il
eut dépoui11é tout l'humain qu'il tenait de la mère, au point qu'il
n'élait plus son /ils, et revêtu le Divin, l'état d'humiliation cessa,
car alors il fut un avec Jéhovah.
   6867. Qui! moi, que j'aille vers .Pharaon, signifie qu'il n'était
pas enC01'e dans un tel état, qu'il lui parût pouvoir aborder et l'e­
pousser les faux qui infestaient: on le voit pal' la signification de
Qui! moi, en ce que c'est q~I'il n'était- pas encore dans un tel état;
pal' la signification d'aller vers Pharaon, en ce que c'est abol'der
les faux qui infestaient, car Phal'aon signille le faux qui infeste,
N°s 6651, 6679, 6683; que ce soit aussi repousser, c'est parce que
le Saint procédant de l'Humain du Seigneur, ainsi qu'il a été dit
plus haut, N0 686t, repousse les faux et les maux, car les faux et
les maux ne peuvent nul1ement en soutenir la pl'ésence. Comme ces
paroles ont été prononcées avec un sentiment d'humiliation, il est
dit qu'il ne lui paraissait pas pouvoir le fail'e.
    6868. Et que je retire les fils d'Israël" signifie et ainsi délivrer
ceux de l'Église spirituelle: on le voit pal' la signification de reti·
rel', en ce que c'est délivrel', comme ci-dessus N° 6865; et pal' la
représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux. de l'Église
spirituel1e, N0s 6637, 6862, 6865.
    6869. Et il dit : c'est que.le semi avec toi, signifie le Divin dans
l' Hmnain : on le voit pal' la représentation de l'loschell, en ce qu'il
est le Seigneur quant à la Loi Divine, N0s 6723,6752,677'1, 6827,
ainsi quant à l'Humain; car, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, le
SeigneUl' a fait son Humain Loi Divine, c'est-à-dire, Divin Vrai,
quand il était dans le monde; et pal' la signification de.le semi avec
loi, en ce que c.'est le Divin, cal' c'est Jéhovah qui parle.
  6870, Et reci sera 7Jo«r toi le signe quc Moi je t' (Li envoyé, si­
gnifie la connaissance 'Ille le Divin p7'OCédait de Lui: on le voit pal'
EXODE, CHAP. TROISlJ~~lE.                       1'37
 la signification du signe, en ce que c'est la confirmation de la vé­
 rité, et pal' suite la connaissance que cela est ainsi; et par la signi­
 fication d'être envoyé> en ce que c'est procéder, N°s 2397,4-740,
 6831, ainsi être envoyé pal' Dieu, c'est procéder du Divin, et c'est
 aussi le Divin procéder pal' Lui, cal' celui qui procède du Divin
 reçoit le Divin, et il l'étend plus loin.
    6811. Quand tu auras 7"Ctiré le peuple d'Égypte, signifie quand
 les Spirituels ont été délivrés de l'in{estation dcs {aux: on le voit
 par la signification de retirer, en ce que eest délivrer, comme ci­
  dessus N°s 6865, 6868; par la signification des fils d'Israël, qui ici
, sont le peuple, en ce que cc sont les spirituels, c'est-à-dire, ceux qui
  sont de l'Ég'lise spirituelle, N°s 6637, 6862, 6865; par la significa­
  tion de l'Égypte, en ce que c'est le scientifique fall" qui infeste,
  No 6692.
   6872. Vous sel'virez Dieu sw' cette montagne, signifie alors la
 perception et la reconnaissance du Divin d'apl'ès l'amour: on le voit
 par la signification de servir Dieu, en ce que c'est l'adoration du
 Divin, mais quand cela est dit du Seigneur, c'est la perception et la
 reconnaissance du Divin dans l'Humain; et pal' la signification de
 la montagne, en ce qu'elle est le bien de l'amour Divin, N°s 795,
 796,2722, 4210,6435, 6829; de là il est évident que ces paroles,
 vous servirezDieu sw' cette montagne, quand elles sont dites du Sei·
 gneUl' , signifient la perception ct la rcconnaissance du Divin d'a­
 près l'amolll'. Il faut dire ce que c'est que la perception ct la
 reconnaissance du Divin d'après l'amour : chaque homme est
 connu tel qu'il est d'après l'amolll'; en effet, l'amour est l'être de la
 vie de chacun, la vie même tire de UI l'existence; tel est donc l'a­
 mour chez l'homme, tel est l'homme; si c'est l'amour de soi et du
 monde, et par consequent l'amour de la vengeance, de la haine,
 de la cruauté, de l'adltltère et ,des' antres passions semblables, cet
 homme, de quetque'manière qu'il se montre dans la forme externe,
 est un diable quant à son esprit, ou quant à l'homme intérieur qui
 vit après la mort; mais s'il y a chez l'homme l'amour de Dieu et
 l'amour du prochain, et pal' conséquent l'amour du bien et du vrai,
 du juste et de l'honnête, cet homme, de quelque manièrc qu'il se
 présente dans la forme externe, est un Ange quant à son CSlwit qui
 vil après la mort. : mais celui chez (lui est l'Amour Divin, lequel
138                    ARCANES CÉLESTES.
Amour a été chez le Seignelll' seul, celui-là est Dieu: ainsi l'Hu­
main du Seigneur a été fait Divin, quand le Seigneur a reçu dans.
son Humain l'Amour de son Père, qui était l'Etre de sa vie. Par-là
on peut voir ce qui est entendu par la perception et la reconnais­
sance du Divin d'après l'amour. Que l'homme soit entièrement
comme est son amour, c'est une vérité constante, cela est bien évi­
dent dans l'autre vie par les Anges qui appal'aissent à la vue comme
des formes de l'amour, l'amour lui-même non-seulement se montre
avec éclat en eux, mais aussi s'en exhale; de sorte qu'on dirait
qu'ils ne sont tout entiers que des amours; et cela, parce que tous les
intérieurs de l'Ange, comme aussi ceux de l'homme, ne sont que
des fomlCs récipientes de la vie, el parce qu'ils sont des formes ré­
cipientes de la vie, ils sont des formes récipientes des amours, cal'
les amours font la vic de l'homme; lors donc que l'amour influant
et la forme récipiente concordent, il s'cn suit que tel est l'amour de
l'Ange ou de l'homme, tel est l'Ange ou l'homme; et cela, non­
seulement dans ses pl'incipes organiques qui sont dans le cel'veau,
mais même dans tout le corps, car le corps n'est qu'un organe dérivé
de ses principes. De là on peut voir que l'homme devient entière­
ment nouveau, quand il est régénéré, cal' alors toutes choses en
général et en particulier sont disposées chez lui pour recevoit' les
amours célestes; toutefois chez l'homme les formes précédentes ne
sont pas effacées, mais sont éloignées, tandis que chez le Seignem
les formes précédentes, qu'il tenait du maternel, ont été entièl'e­
ment effacées et extirpées, et les formes Divines ont été reçues à.
leur place; cal' l'amour Divin ne concorde qu'avec la forme Divine,
il rejette entièrement toutes les autres formes; de là vient que le
Seigneur, lorsqu'il fut glorifié, n'était plus le fils de Marie.
   6873. Vers. 13, 14" ~ O. Et Ilfoschch dit et Dieu: lioici, moi je
viens vers les fils d'Israël, et je lew' dis : Le Dieu de vos pères rn' a
envoyé vers vous; et qlt'ils me disent : Quel (est) son nom? que
leur dirai-je? Et Dieu dit à Moschch: Je Suis Qui (est) Je Suis; et il
dit: Ainsi tu dims aux fils d'Israël: Je Suis rn' a envoyé vers vous.
Et Dieu dit encore à Moscheh : Ainsi tu dil'as aux fils d'Israël:
Jéhovah le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abl:aharn, le Dieu de.
Jischak et le Dieu de Jacob m'a envoyé vel'S VOltS : ceci (est) mon
Nom pour l'éternité, ct ceci mail mémol'ial de génération en généra,.
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                             ~ 39
tion. - Et Moscheh dit ci Dieu, signifie la pel'ception d'après le
Divin: Voici, moi je viens vers les fils d'Israël, signifie au sujet de
ceux qui sont de l'Église spirituelle: et je leur dis: Le Diw de'
vos pères m'a envoyé vers VOltS, signilie que le Divin de l'Église
Ancienne sel'a chez ceux de l'Église spirituelle: et qu'ils me di­
sent: Quel (est) son nom, signifie sa qualité: Que leur dirai-je,
signifie quelle réponse: et Dieu dit à j}foscheh, signilie la premièl'C
instruction: Je suis Qui (est) Je Suis, signi~e l'f~tre et l'Exister de
toutes choses dans l'univers: et il (lit: Ainsi tU' dimsaux fils ((Jsraël,
signilie la seconde instrnction: Je Suis m'a envoyé vel'S vous,
signilie que le Divin Exister sera dans cette Église: et Dieu dit en­
core à, Moscheh : Ainsi tu diras aux fils d'Israël, signifie la troi­
sième instl'Uction : Jéhovah le Dieu de vos pères, signilie le Divin
de l'Ancienne Église: le Dielt ti' Abraham, le Dicu de Jischali, et
le Dieu de Jacob, signilie le Divin même et le Divin Humain, ainsi
le Seigneur: m'a envoyé vers vous, signilie qu'il sera dans leur
Église: ceci (est) Mon Nom pour l'éternité, signifie que le Divin
Humain est la qualité du Divin Même: et ceci mon mémorial de
génération en génération, signilic q~l'il doit être adol'é perpétuelle­
ment.
  6874. Et lt10scheh dit à Dieu, signifie ln perception d'après le
Divin: on le voit par la. signilication de dire dans les Historiques
de la Parole, en ce que c'est la perception; que Dieu soit le Divin,
cela est évident; il est dit la perception d'après le Divin, parce que
toute perception vient du Divin.
   6870. Voici, moi je viens vers les fils d'/smël, signifie au ,~ujet
de ceux qui sont de l'Eglise spirituelle: on le voit par la représen­
tation des fils d'/smël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spi­
rituelle, N°s 6637, 6862, 6865.
   6876. Et je leur dis: Le Dieu de vos pères m! a envoyé vers vous,
signifie que le Divin de l'Église Ancienne sera citez ceux de l'Église
spi1'ituclle : cela est évident par la signification du Dieu des pères,
en cc que c'est le Divin de l'Ancienne Église. Que les pères
soient ceux qui étaient de l'Ancienne Église, on le voit, N°s 6050,
6075, 6846; par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont vous,
en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N° 6875; et par la
signification d'êtl'e envoyé, en cc que c'est procéder, N°s 2397,
HO                    ARCA.NES CÉLESTES.
 47·10, 683,1, ici en ce qu'il sera chez eux; car il est dit ùu Divin de
l'Église Ancienne que ce Divin sera ùans l'Église spirituelle, qui
est représentée par les fils d'Israël. Le Divin de l'Église Ancienne'
était le Seignem, quant au Divin Humain; l'Ancienne Église tenait
ce Divin de la Très-Ancienne l~glise; et aussi de ce que Jéhovah
leur apparaissait dans la forme humaine; c'est pourquoi quand ils
pensaient il Jéhovah, ils y pensaient non pas comme à un Être
Universel dont ils n'auraient eu aucune idée, mais comme à un
Humain Divin, dans lequel ils pouvaient déterminer leur pensée;
 cal' c'est ainsi qu'ils ont pu et pensel' il Jéhovah et être conjoints à
Lui pal' l'amour. Ceux qui étaient de l'Église Ancienne, et surtout
ceux qui étaient de l'ltglise Très-Ancienne, ont été beaucoup plus
sages que ceux de notl'e temps, et cependant ils n'ont jamais pu
penser il. Jéhovah que comme à ull. Homme, dont l'Humain était
Divin; et alors il n'influait dans leur pensée rien d'inconvenant
pris de l'homme naturel, de sa faiblesse et de son mal, mais tout
ce qui influait il. Son sujet était saint: les anges eux-mêmes, qui
sont dans une si grande sagesse, en compal'aison de l'homme, ne
peuvent pas non plus pensel' autrement du Divin; car ils voient le
Seignem dans le Divin Humain; ils savent que l'ange, chez qui
toutes choses son t finies, ue peut jamais avoir quelque idée de l'In-
fini que par quelque chose de semblable au fini. Que dans
les temps anciens on ait adoré Jéhovah sous l'Humain-Divin, c'est
ce qu'on voit clairement par les anges qui ont appam dans
une forme humaine il Abraham, et ensuite il Loth, comme aussi
il. Josué, à Guidéon et il lIanoac!t, Anges qui ont été appelés
Jéhovah, et ont été adorés comme étant le Dieu de l'univers.
Aujourd'hui, si Jéhovah apparaissait dans t'Église comme
Homme, on serait scandalisé, et l'on penserait qu'étant vu comme
Homme, il ne serait nullement Créatem et Seigneur de l'Univers,
et, en outre, on n'aurait de Lui aucune autl'e idée que celle qu'oll a
d'un homme ordinaire: on se croit en cela bien plus sage que les
anciens, et l'on ne sait pas que c'est en cela même qu'on est abso-
lument éloigné de la sagesse; car lorsque l'idée de la pensée est
 répandue sur un l~tre universel absolument incompréhensible,
 ['idée ne tombe sur rien et est entièrement dissipée; et alors il. sa
 place vient l'idée de la natme, à qui l'~n attribue toutes choses en
EXODE, CI-IAP. TROISIÈME.                      Hi
général et en particulier; c'est de là que le culte de la nature est
aujourd'hui si commun dans le monde ct surtout dans le monde
Chrétien.
    6877. Et qu'ils me disent: Quel est son nom, ,~i9ni fie sa qua­
lité: on le voit par la signification du nom, en cc que c'est la qua­
lité, N0s 1754, '1896, 2009, 2628, 272~, 3006, 6674.. D'après cette
question faite par Moscheh, on reconnaît quelle a été la postérité
de Jacob, c'est-à-dire que non-seulement ils avaient oublié le Nom
de Jéhovah, mais encore qu'ils reconnaissaient plusieurs Dieux,
dont l'un était plus grand que l'autre; c'était pour cela qu'ils vou­
laient savoir son Nom; ils croyaient aussi qu'il suffisait de recon­
naître Dieu, quant au nom; si les descendants de Jacob étaient
tels, c'est parce qu'ils étaient seulement dans les extel'Des sans in­
ternes; ct ceux qui sont sans intel'l1es ne peuvent pas avoir une
autre opinion de Dieu, parce qu'ils ne pel).vent rien recevoir de la
lumière du Ciel, qui puisse illustrer leurs intérieurs. Afin donc
qu'ils reconnussent Jéhovah, il leur fut dit que le Dieu. de lems
pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jischak, et le Dieu de Jacob,
avait été vu, ct que c'était Lui qui envoyait iIoscheh; ai nsi ils
élaient poussés à l'econnaÎtre Jéhovah par une aveugle vénération
pour leurs pères, et non pas par quelque perception intel'l1e. C'était
même assez pour ce peuple d'adorer Jéhovah, seulement quant au
nom, parce qu'ils n'ont pu recevoir autre cllose que. l'externe de
l'Église, ainsi ce qui seulement en représenterait l'interne; cela fut
institué aussi chez eux, afin que ce qu'ils représenteraient se mon­
trât dàns le Ciel dans la forme interne; et ainsi, afin qu'il y eüt
toujours quelque conjonction du Ciel avec l'homme.
   6878. Que leul' dimi-je, signifie quelle l'éponse : on le voit sans
explication.
  6879. Et Dien dit à Moseheh, signifie la pl'emière instl'uetion:
on le voit par la signification de Dieu dit, ici à M:oscheh, par qui
est représenté le Seigneur, quant au Divin Vrai, et par l'Ioscheh
au peuple, ainsi par le Divin Vrai procédant du Divin Humain du
Seigneur à ceux de l'Église spirituelle, en ce que c'est l'instruction,
ici la première instruction, parce qu'il s'agit de Dieu Lui-iIême
qui doit être adoré; car la première chose de 1'~~g1isc est la con­
naissance qu'il y a un Dieu, ct que ce Dieu doit être adoré; ce
142                    ARCANES CÉLESTES.
 qu'on doit d'abord savoir de Lui, c'est qu'il a créé l'univers, ct que
 l'univers créé subsiste pal' lui.
    6880. JeSuis Qui (est) Je Suis,signifie l' Êtreet l'Exister de toutes
choses dans l'univers: on le voit, en cc que Je'Suis"c'cst l'Ètre, ct,
 comme il est Seul l'Être, il est dit au nominatif; s'il est dit deux
 fois Je Suis, savoir, Je Suis Qui (est) Je Suis, c'est parce que l'un
 signifie l'Être, et l'autre, l'Exister; ainsi l'un signifie le Divin Même,
 qui est appelé Père, ct l'autre, le Divin Humain, qui est appelé Fils;
 car le Divin Humain existe pal' le Divin Même; or, comme le
 Seigneur a aussi été fait, quant à l'Humain, le Divin Ètre ou
 Jéhovah, alors le Divin Vrai qui procède du Divin Humain du
 Seigneur est le Divin Exister d'après le Divin Être: -de là on peut
 voir que le Divin l~tre ne peut se communiquer à qui que ce soit
 que pade Divin Exister, c'est-à-dire que le Divin Même ne peut se
 communiquer que pal' le Divin Humain, ni le Divin Humain que
 par le Divin Vrai qui est le Sainto.e l'Esprit; cela est entendu,
 quand il est dit que « toutes choses ont été faites par la Parole, »
 - Jean. I, 3. - Il semble à l'homme que le Divin Vrai n'est point
tel, que pal' ce Vrai il puisse exister quelque chose, car on croit
 qu'il est comme une parole qui, sortie de la bouche, est dissipée;
mais.il en est tout autrement; le Divin Vrai procédant du Seigneur
 est le réel même, et tel que de là toutes choses existent ct que de là
toutes choses subsistent; car tout ce qui procède du Seigneur est
le réel même dans l'univers; tel est le Divin Vrai, qui est appelé la
Parole, par laquelle toutes choses ont été faites.
    6881. Et il dit: Ainsi ttt (liras aux fils d'Israël, signifie la se­
conde instruction: on le voit par la signification de Dieu dit, quand
cela est répété une seconde fois, en ce que c'est une nouvelle per­
 ception, N°s 206'1, 2238, 2260 ; cette nouvelle perception est ici la
 seconde instruction; et pal' la représentati<;m des fils d'Israël, en ce
 qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, pour lesquels il y a une se­
 conde instruction.
    6882. Je Suis nt' a envoyé vel'S vous, signifie que le Divin Exister
 sera cn elle, savoir, dans cette Église; on le voit par la signification
,de Je Suis, en ce que c'est le Divin Même et le Divin Humain,
 No 6880; et par la représentation de Mosoheh, 'en ce qu'il est le
'seigneur quant à la Divine Loi, c'est-à-dire, quant au Divin VI'ai;
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                          44-3
que le Divin Vrai soit l'Existant d'après le Divin Humain, parce
qu'il en est le lll'ocMant, on le voit aussi ci-dessus N0 6880; par la
signification d'être envoyé vers eux, en ce que c'est qu'il sera dans
l'Église spirituelle, N° 6876. C'est là la seconde instruction; la
première consiste en ce qu'un Dieu, par qui tout a été créé et sub-
siste, doit être reconnu; et la seconde, en ce que le Divin Vrai, qui
procède de ce Dieu, doit être reçu.
  6883. Et Dieu dit encore· à Moscheh : Ainsi tu di/'as aux fiLs d' Is-
mëL, signifie La troisième instruction: on le voit par les explications
qui viennent d'être données N° 6881.
   6884.. Jéhovah Le Dieu de vos pères, signifie Le Divin de L'An-
èienne ÉgLise: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N° 6876,
où sont de semblables expressions. Dans le sens externe historique,
par le Dieu de leurs pères il est entendu le Dieu d'Abraham, de Jis-
chak et de Jacob, mais dans le sens interne c'est le Divin de l'Église
Ancienne; que ce soit ce Divin qui est entendu dans le sens in-
terne, et non le Dieu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, c'est ce
qu'on peut vOÏl' en ce que l'historique de la Parole ne peut pas en-
trer dans le Ciel; en effet, l'historique de la Par~le est naturel et
mondain, et ceux qui sont dans le Ciel ne sont que dans des idées
spirituelles, conséquemment ils comprennent spirituellement l'his-
tOl'ique ; et le mondain, qui est le sens de la lettee de la Parole, est
changé en sens spirituel à la première ent.rée du Ciel: qu'il en soit
ainsi, on peut même en quelque sorte le voir,. en ce que très-sou-
vent l'homme t.ourne aussi ce qu'on lui dit en choses dans lesquelles
il est lui-même par toute sa pensée, ainsi en choses impures s'il est
 dans des choses impures, et en choses pures s'il est dans des choses
pures: c'est donc de là que par Le Dieu de vos pères ceux qui sont
 dans le Ciel ne perçoivent point le Dieu d'Abraham, de Jischak et
 de Jacob, cal' dans le Ciel ce n'est ni Abraham, ni Jischak, ni Jacob
 que l'on connaît, mais c'est le Seigneur qui est représenté par eux:
 c'est donc le Divin de l'Église Ancienne, qui est signifié par ces pa-
 roles.
   6885. Le Dieu d' Abrahm1t, Le Dieu de Jischak. et Le Dieu de Jacob,
signifie Le Divin Même et Le Divin Humain, ainsi Le Seignew' : on le
 voit d'après ce qui a été montré ci·dessus N0 684-7, où sont de sem-
 blables pal'oles.                                                  ,J
H-i.                   ARCANES CÉLESTES.
      6886, llf'a envoyé vel'S vous, signifie qu'il sera dans lellr Église:
   on le voit par la signification d'êtl'e envoyé vcrs vous, en ce que c'est
   qu'il sera dans l'Eglise spirituelle, N0s 6876, 6882.
      6887. Ceci est mon Nom pOUl' l'étemité, signifie que.ie Divin
   Humain est la qualité du Divin Même: on le voit par la signification
   du nom de Dieu, en ce que c'est en un seul complexe tout ce pal'
   quoi Dieu est adoré, ainsi la qualité, }"os 272i-,3006, 6674; et
   comme le Divin Même ne peut pas être adoré, parce qu'on ne peut
   en approcher ni par la foi ni par l'amour, car il est au-dessus de
   toute idee, selon les paroles du Seigneur dans Jean: « Personne ne
   » vit jamais Dieu, le Fils Unique qui est dans le sein du Père, Lui
   » L'a exposé, » -1. 18; - et ailleurs dans le même: « Vous
   » n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son aspect. » -           V. 37,
 - c'est pour cela que c'est le Divin Humain qui peut être appro­
  ché et adoré, parce qu'il est la qualité du Divin ~Iême. Que le Divin
 Humain soit le nom de Jéhovah, cela est évident dans Jean: « Jésus
  » dit: Père, glOl'ifie ton Nom; il sortit donc une voix du Ciel: Et
  l> je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » -   XII. 28; -là
 19 Seigneur quant au Divin Humain s'appelle le Nom du Père. Dans
 Ésaïe: (( Moi, Jéhovah, Je T'ai appelé dans la justice, et je pren­
  » drai Ta main, parce que je Te garderai, et Te donnerai pour aI­
 l> Hance au peuple, pour lumière des nations; pour ouvrir les yeux

 » aveugles, pour tire!' de la p!'ison l'enchaîné, de la maison de ré­
 l> clusion ceux qui sont assis dans les ténèbres: Moi, Jéhovah, c'est

» là 1I10n Nom, et je ne donnerai point ma gloire à un aütre. » ­
XLII. 6, 7, 8; - là et dans lesVersets précédents de ce Chapitre il
est ouve!'tement question du Seigneur; que ce soit Lui qui est en­
tendu par le Nom de Jéhovah, cela est évident en ce qu'il est dit
qu'il ne donnera point sa gloire à un autre, comme il s'agit du Sei­
gneur, c'est donc à Lui-~Iême, puisqu'ils sont un. Dans Moïse:
(( Voici, Moi, j'envoie un Ange devant toi, pour te garder dans le
» chemin, et pour te conduire au lieu que j'ai préparé: prends garde
» à ses faces, et écoute sa voix, parce qu'il ne souffrira pas votre pré­
)' varication, parce que 1I10n Nom est au milielL de Lui. » - Exod.
XXIII. 20, 21; - que le Seigneur quant au Divin Humain. soit
entendu ici par l'Ange de Jéhovah, on le voit No 683,1 ; et comme
le Divin Humain est la qualité du Divin Même, ilestdit que le Nom
EXODE, CIHP. TROlslt~m.                        ,lM;

de JellOvah est. au milieu de Lui. De même dans l'Oraison Domini­
cale pal' « Notre Père dans les Cieux, qu'il soit sanctifié Ton Nom. n
C'estle Seigneur quant au Divin Humain, qui est entendu; el aussi,
dans un seul complexe, tout ce pal' quoi il doit être adoré.
   6888. Et ceci mon Mém01'ial de générution en génération, signi­
fie qu'il doit êtl'e adoré pel'pétnellcment : on le voit par la significa­
tion du Mémorial en ce que c'est ce dont on doit se ressouvenir, et
quand il se dit du Divin, c'est la qualité dans le culte; el pal' la signi­
fication de de génération en génération, en ce que c'est pCl'pétuelle­
ment. Dans ia Parole il est dit pOUf' l'~ternité et de génération en
génération, et cela parfois dans le même Verset; cela vient de cc
que l'étemité sc dit Ju Divin Bien, et que la génération des géné­
rations se Jit du Divin Vrai; il en est de même de la signification du
l'Iémorial et du Nom; le l'iémorial se ditde la qualité du Divin dans
le culte quant au vrai, ct le Nom se dit de la qualité du Divin quant
à l'un ct à l'autre, ainsi quant au vrai ct quant au bien, mais sp(~­
cialement quant au Bien. Que le Mémorial soit la qualité du Divin
dans le cult.e, on le voit dans Hoschée; « Jéhovah Dieu SébaoUI,
» Jéhovah son Mémorial; loi donc l'Cviens à Dieu, conserve la piété
n et le jugement. » - XlI. 6; -    ici il s'agit de la qualité du culte
quant au vrai, c'est pourquoi il est dit Jéhovah son Mémorial. Dans
David; « Chantez à Jéhovah, (vous) ses saints, et confe~sez II' J1fé­
llwl'ial de sa sainteté. n - Ps. XXX. 5. Ps. XCVII. 12; - que le
saint se dise du vrai, on le voit N° 6788, de là le culte est signifil
pal' le Méinorial de sa saintelé.
   6889. Vers. -16, -17, -18,19,20. Vaet assemble lcs anciens d'b­
l'aël, et dis-leur: Jéhovah., lc Dieu de 1I0S pères, m.'est apparu, le
Dieu d'Abraham, de .lise/w.!. et de Jacob, en disant: En visitant ,jc
UOUR ai ui.~ités, et ce qui vous est fait en Égypte. Et jc dis: Je vous
femi monter de ['affliction ,d'Égypte vel'S la telTe du Cananéen, el
du Chittécn; et de [' Émorréeli, et du Pàizécn. ct du Chiuéen et du
.Iébllséen, vcrs une terre découlant de lait et de miel. Et ils enten­
dront ta voix, et tu entreras, toi et les anciens l[' Israël, vers le roi
ll'J~gypte, ct vous llti direz: Jéhovah, le Dieu des Hébreux, s'est
rencontl'é devltnt nous; et llUtilltenlL1lt, que nous allions,.ie te prie,
le chemin de trois jours dcms le déscrt, et quc nous sa.cri(iion,~ à Jé­
hOllak notl·c Dieu. :Et Moi je connais l'flle lc roi cl'Égypte ne vous
        XI.                                                    10
., Hi                  ABCANES CltLESTES.
 donnera poinl d'aller, et n~n pCir main {orte. El j'élendrai ma JIlain,
 cl je {,'appemi l'Égypte pal' lOllles mes merveilles, que je {emi au
 milieu d'elle,. et après cela, il VOIlS enVC1'm. - Va el assemble lcs
 anciens d' lsmël, signifie les intelligents dans l'Église spil'i tuelle :
 ct dis leur, signifie l'instruction: Jéhovah, le Dieu de vos pères, si·
 gnifie le Divin de l'Ancienne Église: m'est apparu, signifie sa pn.
 sence: le Dieu d'Abmham, cle Jisclwcket de Jacob, signifie leDivin
 :'Iême et le Divin 1:1umain du Seigneur: en disant: En visi,tanl je
 l'OUS ai visités, signifie son avénement vers ceux qui sontde l'Eglise:
 rt ce qui vous est {ait en .I~gypte, signifie l'effort de subjugation : cl
.le di~ : Je vous ferai monter de l'affliction d' l~gypte, signifie l'éléva·
 îion et la délivrance de l'infestation des scientifiques faux: vel's lu
 le/Te du Cananéen et dit Clûuéen, el, de l'Émorréen et du Périzéen,
 et du Chivéen ci du Jébuséen, signifie la i'égion du Giel envahie par
 ccux. qui sont dans les maux et ùans les faux: vers une terre décou-
lant de lait et de miel, signifie 01'1 il Ya charme et plaisir: et ils
 entencLTont ta voix, signifie l'obéissance: et l1t entreras toi et les an·
 ciens d'Israël vers le l'oi d'Égypte, signifie la communication avec
 eeux. qui sont dans les faux ct qui ont infesté: el vous lui dil'ez, si-
 gnifie l'influx: Jéhovah le Dieu des Hébreux s'eSI; l'enconll'é devant
 nous, signifie le Divin du SeigneUl' dans l'Église, ct son comman-
 dement: et maintenanl, que nous allions, je le pI'ie, le chemin de
 ll'ois jours dans le désel't, signifie la vic du vrai dans un état entiè-
 rement éloigné des faux, quoique dans l'obscur: et que nous sacI'i-
 {tions à Jéhovah notre Dieu, signifie ainsi le culte du Seigneur: et
 Moi je connai~, signifie la Prevoyance: que le l'oi d'Égyple ne vous
 donnera point d'aller, signifie que le faux s'opposera: et non pal'
 main {orte, signifie que la puissance de ceux qui sont de l'Église spi-
 rituelle ne prevaudra point contre eux: et j ét.endl'aillw main, signi-
 fie la puissance d'après le Divin: et je {rapperai l'Égypte par loutes
 me.s merveilles, signifie les moyens de la puissance Divine contre
 les faux: que je {emi au milieu cr elle, signifie qui les toucheront di-
 rectement : et après cela, il VOltS ellVe/Ta, signifie leur expulsion ct.
la délivrance.
  6890. Va et assemble les anciens d' lsmël, signi{te les intelligents
dans l'Église spirituelle: on le voit par la signification des anciens,
en ce que ce sont les choses principales de la sagesse et de l'intel-
EXODE, CILP. TROISn"~im.                           ,In

ligence, Nos 6524, 6525, ainsi les inlelligl~llls; ct pal' la représen-
 tation cl'I.mld, el cc qlle c'cst l'l~glise spil'ituclle, Nos 4286,6t26.
    689,1. Et di.s-IClIr, signifie ['instruction: on le rait par 1:1 signifi-
 cation de lew' dire, quand c'est pal' Mosc1'lCh, qui représente la Loi
venant du Divin, en cc que c'est l'instruction, comme ci-dessus
Nos 6879, 688·1,6883.
  6892. Jéhovah le Diel! Ile vos père.~, signifie le Divin de l'An-
Cienne Église: on le voit d'apl'ës œ qui a été expliqué ci-dessus
N° 6884., ail sont de semblables paroles.
    6893. lJfest apparu, signifie la présence: on le voit par la signi-
fication d'apparaÎtre Ir quelqu'un, cn ce que c'cst la présence; en
ell'et, apparaître dans le sens inteme signifie appal'aîtl'e non p::lS aux
yeux mais à la pensée; la pensée elle-mêmc fait aussi la pl'ésence,
car celui à qui l'on pense apparaît comme présent devant la vue in-
tel'ne : dans l'autre vic cela se fait en actualité, car là quand on
pense avec intensité à quelqu'un, il se trouve présent; de là vient que
les amis s'y rencontrent, et aussi les ennemis, et que l'on souffre de
la part de ccux-ci des choses dures.
   (;891.. Le Dieu d'Abmham, de Jise/wh cl de Jacob, signifie le Di-
vin Même ct le Divin Humain clu Seigneur: on le voit d'après ce qui
a cté montré ci-dessus, N0 6847.
   6895. En disant: En visiwnl.ie vous ai visités, .~igni(ie son avé-
nemenl vers CCliX qui sont de l'Église spiril'llelle : on le voit par la
signification de visiter, en ce que c'cst.l'avénement du SeigncUl" qui
précède le demier temps de l'Église, temps qui est appelé Jugement
demiel' clans la Parole; que la Visite soit cc temps, on levoitNos22tj.2,
6588; que ce temps soit appelé l'avénement du Seigneur, cela cst
évident par ccs paroles dans Matthieu: « Les disciples diI'cnt à Jé-
» sus: Dis-nous quand ces choses arriveront, et quel (sel'(t) le signe
» de Ton Avéncment ct de la consommation du siècle.            XXiV. 3,
                                                              l) -


-- ct alors le Seigneur instruisait les disciples sur le demier temps
de l'I~glise, comme on peut le voir par les explications qui ont été
données N°s 3353 à 3:iiG, 3~·86 à 31.89, 3897 à 390~, It05Q à ft.060,
4229 à 4,231, 44-22 il. 44-'24,; et il disait que quand toutes ces choses
existeraient « alors apparaîtrait le ,~igne du Fils de l'homme; et
 qu'alors gémiraient toutes les tribus de la terre, et qu'elles verraient
 le Fils de l'homme venant dans les nuées du Ciel avec puissance el
H8                      ABCANES CÉLESTES.
 gloire. » - Ibid. Vers. 30; - que par l' Avénemeut du Seigneur il
soit entendu non pas son apparition avec les anges dans les nuées,
mais sa reconnaissance dans les cœurs par l'amour ct la foi, on le
voit N°s 3353, 3900; puis son Apparition d'après la Parole, donl
le sens intime ou suprême traite du Seigneur seul, N° 4,060; cel
avénement est entendu par l'avénement du Seigneur, qui a lieu alors
qu'une vieille Église est rejetée et qu'une nouvelle est instaurée par
lc Seigneur: et parce que maintenant un renouvellement d'Église
allait être instauré chez les descendants'de Jacob, il est dit: En visi·
tant je vous ai visités, ainsi qu'il avait été dit par Joseph, lorsqu'il
mourut: « Joseph dit à ses frères: Moi je meurs, et Dieu en vi.çitant
» vous visitera, et il vous fera monter de cette tel're vers la terre
» qu'il a jUl'é à Abraham, à JisclJak et à Jacob. » - Gen. L. 24-.­
En visitant vous visiter signifie ici dans le sens de la lettre la déli­
vrance de la servitude en Égypte, et l'introduction dans la terre de
Canaan; mais cela n'est point le spirituel qui est dans la Parole,
c'est le Naturel; le spirituel qui est dans la Parole traite du Seigneur,
de son Royaume et de l'Église, ainsi que de l'amour et de la foi, en
conséquence dans le sens spirituel par en visitant visiter il est en­
tendu délivrer des faux et ainsi initier dans les choses qui appartien­
nent à l'Église et au Royaume du Seigneur, c'est donc l'avénement
du Seigneur dans l'amour et la foi chez cellX quisel'ollt de la nou­
velle Église.
  6896. Et ee qui vous est fait en Égypte, signifie L'effort de subju­
gation : on le voit par les choses qui précèdent touchant l'affliction
et l'oppression des fils d'Israël, c'est·b.·dire, de ceux qui sont de
l'Église spirituelle, ce sont ces choses qui sont entendues par ce
qui vous est {ait en Égypte; que ces afflictions et ces oppressions si­
gnifient les infestations et l'effort dcsubjugation, on le voit N0s 666:l,
6666, 6668, 6670, 6671, 685'1, 6852, 6863.
  6897. Et je dis: '/el)OltS {erai monter de l'a{fliction d'Égypte, si­
gnifie l'élévation et la délivrrUlce de l'in{eswtion des scientifiques
faux: on le voit par la signitlcation de faire monter, en ce que c'est
l'élévation vers les intérieurs, Nos 3084,,4,539, !)406, 58-17, 6007;
l'élévation vers les intérieurs, c'est de l'infestation par les faux vers
les vrais et les biens de la foi; de là aussi faire monter est la déli­
vrance; par la signitleation de L'affliction, en ee qne c'est l'infesta·
EXODE, CHAP. TROlSIl<;llE.t Hl
 lion, Nos 666:l, 685'1; et pal' la signification de l'Égypte, en ce que
 c'est le scientifique faux, Nos 66tH, 667'}, 6683.
    6898. "Vers la terre du Cananéen et du Chitléen, et de l'Émol'I'éen
 et du Pél'izéen, et du Chivéen et du Jébuséeu, signifie la région du
 Ciel envahie par ceux qui sont dans les maux et dans les faux: cela
 est évident d'après ce qni a élé montré ci-dessus N0s 6854,6858.
On peut voir que les Cananéens et les Chittéens sont ceux qui sont
clans les maux provenallt des faux, N° 68:>8; les Itmorréens et les
Pél'Îzéens ceux qui sont clans les maux et dans les t'aux des maux,
N0 6859; et les Cbivéens et les Jébuséens ceux qui sont dans ulle
idolâtrie dans laquelle il y a quelque chose du bien et du vrai,
N0 6860.
   6899. Vers une terre découlant de lait et dc miel, signifie oit il
!I a charme et plaisir: on le voit pal' la signification du lait ct du
miel, en ce que c'est le clJarme et le plaisir, N° 6857.
  6900. Et ils entendront ta voi.x , signifie l'obéissance: on le voit
13ar la signification d'entendrc, en ce que c'est l'obéissance,
N0s 25~2, 3869, <,652 ~l 4·660.
   690·1 . Ettu entreras toi et les anciens d'Israël vas le roi d'Égypte,
signifie la communication avec ceux qui sont dans les (aux et qui ont
infesté: on le voit pal' la signification d'entrer, en ce que c'est la
 communicalion , car entrer, dans le sens spirituel, c'est communi­
 quer à un autre sa pensée; par la représentation de IIfoscheh, en ce
 qu'il est la Loi venant du Divin, N° 6827; par la signification des
 anciens, en ce qu'ils sont les intelligents, N°s 6523, 6525,6890; el
 pal' la représentation de Pharaon ou dUl'oi d'Égypte, en ce qu'il est
le faux: qui infeste les vrais de l'Jtglise, Nos 6651, 6679, 66H3; ùe là
il est évident que ces paroles, ltt entl'el'a~ toi et les ancicn.ç d'Israël
vel'S le roi d'Égypte, signifient la communication des choses qui
appartiennent il la Loi venant du Divin, ct par conséquent cie l'in­
telligence avec ceux qui sont dans les faux et qui ont infesté.
    6902. Et VOltS lui direz, signifie l'influx: on le voit par la signi­
fication de dil'e, en ce que c'egt l'influx, N0s 57&..3, 6152, 629'1 ; St
dire ici signifie l'influx, c'est parce que la cOlUmunicaLion des choses
il ui appartiennent ~l la Loi venant du Divin ct pal' conséquent de
l'intelligence, No 690,1, se fait pal' l'influx.
  6903. Jéhovah le Dieu des Ilébl'cu.r; s'est rCl/con/ré devaNt nous,
~50                       A.RCANES CÉLESTES.
signifie le Divin du Seignew' dans l'Église, et SOli C01nllut1ule1llcnt :
on le voit par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont l'Itglise,
Nos 5136, 667!), 668~.; si Jéhovah Dieu est le Divin du Seigneur,
c'est pat'CC que dans la Parole nul autl'e que le Seigneul' n'est en·'
tendu pal' Jéhovah, .iO'-' '1736, 292'1,3023, :303'0,504'1,5663,6303;
et. par la significat.ion de sc rencontrcr devant, en ce qu'id c'est le
comman(lement; en cllet, pal' sc l'encontrer devant il est entendn
ici qu'il lem a parlé, ct qu'il a commandé; que ce soit. là ce que.
l'enferme il s'est l'encontré devant, on le voit en ce qu'il n'est plus
dit ce qu'il a prononcé, mais que son commandement suit immédia­
tement.
    6904. Et maintenant, que noas alliolls, je t,e Ilrie, le chemin de
tl'ois jours dans le dé,~el't, siynifie la vic du vrai dans un éutl enûh'e­
ment éloigné de,ç faux, quoique dan.) l' obscnl' : on le voit par la
signil1cation d'aUel', en ce que c'est la rie, 1'0s 3335, 4882, 5!t93,
:joOfj; pal' là signification du chcmin, cn ce que c'est le vl'ai,
~os 627,2333; pal' la signification de troü JOUI'S, en ce que c'est 'é­
lat plein, 1°5 2788, 4.4-95, ainsi lorsqu'il s'agit de 1'610ignement des
faux, c'est l'état entièrement éloigné d'eu.'.:; meUre un chemin de
trois jours, c'est séparer ell tièrelllcnt, voi.r ;'0 4.0'10; et pal' la sign i­
fication du déscrt, en ce que c'est un endroit inl1allité et inculte,
N°s 2708,3900, qui, dans le sens spil'iluel, est l'obscul' de la foi; cn
effet, il s'agit ici de l'instauration de l'Église Spirituelle, qui est si­
gnifiée par les fils d'Israël; ceux qui sont de celle ~:glisc sont res­
pectivement dans l'obscur quant au bien el au vrai cie la foi,
N°s 2708,27'1(), 27Hi, 27'18,2831, 2849, 29;~5, 2937,324.01,3246,
3833, 4402, 6289, 6500, 6865, La vie du vrai est la vie que vivent
ceux qui sont de l'Église spirituelle; en ciret, le vrai qu'ils savent
d'après la Parole ou d'après la doctrine cie leul' I~glise, quand il dc­
rient vrai de la vie, est appelé bien, mais c'cst le nai en acte.
   6905. Et que nous wcrifiions cl .léhovah notre /)ieu, signifie ainsi
le culte du Seigneur : on le voit pal' la signilicat,ion do sacrific/', en
ce que c'est le culte dans le commun, No 923, cal' dans FÉglise lié··
braïque et plus tarcl chez les descendants de .Jacob, tout le culte se
rapportait aux sacl'iliccs, ce qu'on peu!. voil' Cil ce fln'onen faisai:,
chaque jOlll', et. plusieurs dans cllaque l'l'le, flui~ dalts les inaugura..
tions , dans lcs purill(';lIions, POIII' les 1',.'·c:JH'·~:, pOUl' les (('lils, el eJ1
EXODE, GIAP. TROlSIÈME.lli 1
outre par suHe de vœu et librement; c'est de là que les sacrifices si­
gnWent le culte en général; que ce soit le culte du Seigneur, qui est
signilié par sacrifier cl Jéhovah Dieu, c'est ce qui est bien évident
en ce que les sacrifices n'ont représenté nul antre que le Seigneur,
et les Divins célestes ct spirituels qui procèdent de Lui, K05 1823,
2-180,2805, 2807,2830,35-19; puis en ce que par Jéhovah Dieu,
dans la Parole, nul autre que le Seigneur n'est entendu, l'air ci­
dessus 6903; par Jéhovah est entendu son Divin Être, et par Dieu
le Divin Exister qui en procède; ainsi par Jéhovah le Divin Bien de
son Divin A.mour, et par Dien le Divin Vrai procédant de son Divin
Bien.
   6906. Et Moi je connais, siynifie la Prévoyance: on le voit pal'
la signification de connaÎtre, quand cela est dit de Jéhovah ou du
Seigneur, en ce que c'est la Prévoyance, No 681:>3.
   6907. Que lc roi d'Éyypte ne VOltS donnera point d'aller, signi­
fie que le fewx s'opposem: on le voit pal' la signilication de ne
point VOltS dOmtel', en ce que c'est s'opposer, car celtli <[ui ne donne
point quand il est dit que c'est un commandement Divin, N0 6903,
et qui ne permet pas que quelqu'un adore Dieu, ceilli-là s'oppose,
comme ont coutume de faire tOIlS' CCliX qui sont dans le fallx con­
firmé chez eux; par la représentation cie Pharaon, ou du roi d'É­
gypte, en ce qu'il est le faux, Nos 6651,6679, 6683; et par la signi­
fication d'aller, savoir, le chemin de trois joUl's dans le désert pOUl'
sacrifier à Jéhovah Diell, en ce qlle c'est pour vivl'e selon le vrai dans
un état entièrement éloigné des fallx, et adol'er' ainsi le Seigneur,
N° 6904. Il faut dire comment il arrive que ceux qui sont dans le
faux, et qui sont représentés par le roi d'Égypte, s'opposent à ceux
qui sont dans les vrais: Dans le monde, ceux qui sont dans le faux
ne s'opposent point ouvertement à ceux. qui sont dans le vrai, car ils
en sont empêchés pal' les liens externes, qui sont les craintes de se
 montrer contre les lois du royaume et ùe l'I~glise, par cOllséquent de
 ne pas être considérés comme de bons citoyens; cn efl'et, chacun dans
le monde veut paraître juste et vrai dans la forme externe; et les
méchants plus que les bons, et eela afin cle se conciliel']cs esprits ct
de tromper pOUl' en retirer du protH et des honneurs, mais intérieu­
 rement ils s'opposent, car tontes les fois qu'ils clltendellt quelqu'lIP
professer des nais de l'Jtglise non Cil raison de sa l'onction mais par
-152                  AlCAN ES CÉLESTES-
 zèle, ils s'en moquent en eux-mêmes, et s'ils n'etaient alors retenus
pal' les liens extemes, ils le tourneraient ouvertement en ridicule;
quand de tels hommes vien nent dans l'autre vie, les liens externes
 Ile les retiennent plus, car ils leur sont alors ôtés, et cela, afin que
chacun se montre tel qu'il est; et alors ils s'opposent ouvertement à
ceux qui sont dans les vrais, et ils les infestent autant qu'il leur est
possi)le; alors c'est pour eux le plaisir même de la vie; et quand
ils sont avertis de ne pas agir ainsi, parce que, s'ils ne s'en abs­
 tiennent, ils finissent par être entièrement repoussés, et jetés dans
l'enfer, ils n'y font malgré cela aucune attention, mais persistent
continuellement dans l'infestation, comme auparavant; car ils ne
sont dans le plaisir de la vie que par le fàux; le faux s'empare telle­
ment d'eux, qu'ils n'admettent rien de ce qui appartient à l'intelli­
gence; voilà ce qui est signifié par· ces paroles, le l'oi d'Egypte ne
vous donnera point d'aller, et cc qui est représenté par Pharaon, en
ce qu'il s'opposa tant de fois; l'éloignement de ces esprits et leur
dlllte dans l'enfer sont représentés par la mort de Pharaon et des
Égyptiens dans la mer de Suph. Ceux qui sont dans le 'mal de la vie
et par suite dans le faux, sont dans la lumière du monde, car c'est
la lumière par laquelle sont vus les objets intellectuels, cette lumière
chez ceux qui sont dans le faux d'après le mal est rutilante, et plus
ils sont dans le faux d'après le mal, plus elle est rutilante; la gloire
du monde, qui provient de l'amour de Soi, embra~sc cette lumière et
lui donne cette splendeur rutilante; et parce qu'il en est ainsi, les
vrais dans cette lumiè're leur paraissent absolument comme faux, et
 ,es faux absolument comme Hais; cela vient de ce que la lumière
céleste ne peut influer dans l'éclat de cette lumière, et que dans une
telle lumière elle devient obscurité; c'est de là que de tels gens sont
dans un fort persuasif pour les faux contre les nais, parce qu'ils les
voient ainsi dans cette lumière: au contraire, cllez ceux qui sont
dans les vrais d'après le bien, la ltmlière du monde est obscure et
non pas rutilante; mais la lumière du Ciel est d'un blanc éclatant,
et parce qu'elle est d'un )lanc éclatant les vrais s'y montrent comme
vrais et les faux comme faux; en effet, quand cette lumière tombe
dans les faux, qui dans la lumière du moude séparée de la lumière
 du Ciel paraissent comme vrais, non-seulement elle les obscurcit,
 mais elle les éteint entièrement; celle lumière, savoir, la lumière
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                           ·153
du Ciel, devient successivement chez eux d'un blanc de plus en
plus éclatant, et même à un tel degré, que la lumière du monde ne
peut être mise en comparaison avec elle: d'après cela on voit claire­
ment pourquoi ceux qui sont dans les faux d'après le mal s'opposent
pal' un si fort persuasif contre ceux qui sont dans les vrais; c'est de
cette opposition qu'il vient d'être traité ci-dessus.
  6908. Et non par main forte, signifie que la puissance de ceux qui
sont de l'Eglise spÎl'ituelle ne prévaudra point contre eux: on le voit
par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance,
N0s 878, 3387, 493,1 à 4·937; de là non pannain forte, c'est pal' une
puissance qui ne prévaudra point; que cc soit la puissance de ceux
qui sont de l'Église spirituelle, cela est évident d'après ces pamles
qui suivent: « Et j'étendrai ma main, et je frapperai l'Égypte par
toutes mes merveilles, )) paroles qui signifient que ceux qui sont
dans les faux seront vaincus pal' une puissance procédant du Divin,
ct pal' les moyens qu'emploiera cette puissance.
  6909. Etfétendrai ma main, signifie la puissance d'après le Divin:
on le voit pal' la signification de la main, en cc qu'elle est la puis­
sance, N°s 878, 3387, 4,93,1 à 4-937; et puisque Jéhovah ou le Sei­
gneur dit cela de Lui, c'est la puissance d'après le Divin.
    6910. Et je frapperai l'Égypte pal' toules mes me71Jeilles, signifie
les· moyens de la puissance Divine contre les faux: on le voit pal' la
signification de l'Égypte, en ce qu'eite est le faux, ainsi qu'il a déjà
été dit souvent; et par la signification des merveilles, en cc qu'elles
sont les moyens de la puissance Divine, pal' lesquels sont subjugués
ceux qui sont dans les faux et qui infestent. Que les merveilles soient
les moyens de la puissance Divine, par lesquels sont subjugués ceux
qui sont dans les faux, on le voit paI'les merveilles ou mil'acles faits
en Égypte, par lesquels les Égyptiens ont enfin été forcés de laisser
partir les fils d'Israël; chaque merveille ou miracle y signifie un
moyen de la Divine puissance.
   69,1 '1. Que je ferai au milieu d'elle, signifie qui les tollcfleronl
directement: on le voit pal' la signification du milieu, en cc que
c'est ce qui est au-dedans, Nos . 074·, 294,0, 2973, aiusi ce qui
touche directement; car ce qui touche directement quelqu'un est
au-dedans de lui, mais ce qui ne louche pas directement est même
HH                    AlCANES CÉLESTES.
au dehors, cal' cela frappe obliquement, ct s'écoule en partie au­
delà.
  69t 2. Et après cela il vous enverra, signifie leur exptllsion, sa­
voir, de ceux qui sont dans les l'aux, et la délivrance, savoir, de
ceux qui saut dans les vrais: on le voit par la signilication d'en­
voyer ou de laisser aller, en ce qu'ici c'est être expulsé , car ceux
qui sont dans les faux ne laissent jamais ailel' , même quand ce sc­
rait durant toutc l'étel'l1ité, il moins qu'ils ne soient expulsés; c'est
pomquoi envoyer' dans le sens interne signifie ici l'expulsion, et
par suite la délivrance.
   69,13, Vers. 21, 22. Et je cloltuemi gràce à ce peuple allX
yeu,x; des .I;gypliells , cl il arriveNt que quand vous irez, VOltS n'irez
point ci vide. Et que la l'emme demande à SCt voiûne, cl à Châtesse
de sa maison, des vases d'argenl et des vases d' 01', et des vêtements,
ct vous (les) meUrez sw' vos fils et SUI' vos filles, et vous dépouillerez
les E'gyptiens. - El je donnerai gràce cl ce pCILple aux yeux des
li;gYPliens, signifie la crainte de CllUX qui sont dans les faux il l'é­
gard de ceux qui sont de l'l~glise spirituelle, il cause des plaies: ct
il arrivera que quand VOltS irez vous n'irez point à vide, signifie
qu'ils ne passeront pas davantage lem vie dans le dénùment quant
aux choses qui appartiennent au rnentalnaturel: ct que la femme
demande à sa voisine el à l'hôtesse de sa maison, signifie qlll~ le bien
de chacun sera emielli de cllOses qui conviennent: des vases d'ar­
gent signifie les scientifiques du vrai: et des vases d'o1', signifie les
scientifiques du bien: et des v(?temenls, signifie les scientifiques
inférieurs conespondants : et vous (les) IllclI1'ez SUI' vos fils, signi­
fie l'application il leurs vrais: et sur vos filles) signifie l'application il
leurs biens: et vous dépouillerez tes Égyptiem, signifie que cesclloses
serontcnlevées itceuxqui sont dans les faux et par suite clans les maux.
    69,11[.. Et je donnerai 91'àce à ce peuple aux yeux des Égyptiens,
signifie la crainte de ceu,x; qui sont clans les [.'aux à l'égard de ceux
qui sont de l'Église spi1'ituelle, à cause des plaies: on le voit pal' la
signification de donne1' gnlce, en ce que c'est donner cle la l:l'ainte
il cause cles plaies, ainsi qu'il va êtl'e expliqué; par la représen­
tation des rtb d'Israël, qui sont ici ce peuple, en cc qu'ils sont ccux
de l'ltglisc spiriLllclle, N° G537: CL pal' la représentation cles 1~9YP­
!iens, en cc qu'ils sont ccux ([Lli sont dans r5 faux, ainsi f{u'il a
EXODE, ClUP. THOlSIimE.                            15ti
déjà été dit souvent. Que donner grùce aux yeux des Égyptiens, œ
soit donner de la crainte, à cause des plaies, à ceux qui sont dans
les faux, on le voit d'après l'entendement des choses dans le sens
interne; en effet, il s'agit de ceux qui sont dans les faux ct qui sont
signilîés par les Itgyptiens> en cc que les vrais ct les biens d0ivent
leur être enlevés et être transférés il ceux qui sont de ntglise spiri­
 tuelle; et puisqu'il s'agit de ceux qui sont dans les faux, par la
grâce il n'est pas signifié la grâce; car citez ceux qui sont dans les
faux et dans les maux il n'y a jamais de grâce pour quelqu'un,
mais s'ils font du bien, ou s'ils ne font point de mal, c'est pal'
crainte à cause des plaies, de là vient leur grùce; c'est cette grùcc
qui est entendue ici daus le sens interne; le sens int~rne expose
les choses telles qu'elles sont, non telles qu'elles sc présentent dans
la lettre, ct applique chaque chose au sujet: qu'il en soit ainsi,
cela est encore évident d'après cc qui est dit des Égyptiens dans la
suite, en cc que c'est non pas par quelque grùee, mais par crainte il
cause des plaies ultérieures qll'ils laissèrent aller les lUs cFIsraël,
- Exoc1. Xl. '1. XII. 33. - Comme dans ces deux Versets il s'agi!.
de la déprédation commise sur lesJtgypLiens, en cc que les femmes
d'Israël devaient emprunter des femmes tgyptiennes de l'argent,
de l'or ct des vêtements; ct COUlln~ il est tout il fait impossible de
savoir pourquoi œla a eu lieu, à moins que ce ne soit par la révéla­
tion des cllOses qui se font dans l'autre vic, cal' le sens inteme
l'enferme les choses qui sc font chez les Anges et chez les Esprits, il
faut en conséquence le dire; on a vu ci-dessus, N° 6858, qu'avant
l'avénement du Seigneur, un lieu inférieur du ciel avait été envahi
pal' les mauvais génies cL par les mauvais esprits, qu'ensuite ils en
avaient été chassés, ct que celte région avait été donnée à ceux qui
eta,ient de l'Église spirituelle; tant que les mauvais esprits ct les
mauvais génies yrestèrent, ils furent sous l'intuition continuelle cles
Anges du Ciel supérieur; par-la ils étaient détournés de raire ouver­
tement des maux: aujourd'hui aussi, certains esprits qui sont pins
l'ourbes que les autres, parce qu'ils trompenten simulant l'innocence
et la Charité, sont sous l'intuition des Anges Célestes, eUaut qu'ils y
sout, ils saut détournés de leur fourberies ahomÏlwhles; ils sont
directement an-dessns cie la tète, et les ,ngcs C(~lcslCS, sons l'in­
tuition clcsqllels ils sonl, sonl encore plus lIaul; t'esl pal' C'ux qn'il
,156                  ARCANE.S CÉLESTES.
m'a éte donné de savoir qnel avait été l'état des mauvais gcnies et
des mauvais espl'its qui, avant l'avénement du Seigneur, s'étaient
emparés de la région inférieure du Ciel, savoir, qu'ils étaient
alors détournés par les Anges du Ciel supérieur de faire ouverte­
ment des maux. Il m'a même éte donné de savoir comment ils
avaient été détournés de fail'e ouvertement des maux: Ils étaient
tenus dans les liens extcl'l1es, savoir, dans la crainte de perdre
l'honnenr et la réputation, dans la crainte d'êtl'e prives de leurs
possessions dans cette région du Ciel, et dans la crainte d'être
jetés dans l'enfcr; et alors il leur était adjoint des 'bons esprits
simples; ainsi qu'il al'l'ive pOUl' les hommes dans le monde, quoi­
que ceux-ci ,soicnt intérieurement des diables, ils sont cependant
par ces liens externes tenus dc feindre l'honnête ct le juste et de
fairc du bien; et pOUl' qu'ils soient ainsi tenus il leur est adjoint des
espl'its qui sont dans le bien simple; c'est ainsi qu'il en a été pour
les mauvais esprits qui etaient dans la région inférieure du Ciel
 avant l'avénement du Seigneur; et alors aussi ils pouvaient être
 poussés à dire le vrai et à faire le bien pal' leurs propl'es amours;
 absolument comme les mauvais prêtres, et même les plus mauvais,
 qui intérieUl'ement sont des diables, et qui peuvent prêcher les
 doctl'inaux de leur Église avec une telle ardeur et un tel zèle
 simulé, qu'ils portent les cœurs de lems auditeurs à la pieté; ils sont
 eependant alors dans l'amolli' cie soi et du moncle, car la pensée
 de l'honneur et du lucre règue universellement chez eux, c'est par
 ce feu qu'ils sont excités à prêcher ainsi; il Y a ehez eux clesmau­
 vais espl'its qui sont dans un semblable amour et P:ll' suite dans une
 semblable pensée, et qui les conduisent, et à ces esprits ont été ad­
 joints des bons esprits simples: d'après ces détails on peut vDir
  quel était l'état du Ciel avant l'avénement clu Seigneur. Mais après
 son avénement, les états du Ciel et cie l'enfer ont été entièrement
  changés; car alors les mauvais génies et les mauvais esprits qui
  s'étaient cmparés de la région infél'Îeme du Ciel t'urent précipités,
 et il leur place furent élevés ceux qui étaient cie l'J~glisc spirituelle:
 les méchants qui furent précipites avaient alors été privés des liens·
  externes, qui étaient, comme il vient (l'être dit, les craintes cie
  perdre l'honneut' el la réputation, et d'être privés de leurs posses­
  sions dans cette région, et ainsi ils furent abanclonnés illcut's in té­
EXODE, CHP, 'nwslf~ME,                           4':>7
rieurs, qui n'étaient que diaboliques et infel'l1aux; et pal' consé­
quent ils furent relégués dans les enfers: les méchants sont privés
des liens externes dans l'autre vic, quand les bons esprits qui leur
avaient été adjoints leur sont enlevés; lorsque ceux-ci leur ont été
enlevés, ils ne peuvent plus en aucune manièl'e feindrc le bien, le
juste et l'honnête, mais ils sont tels qu'ils avaient été intérieure­
 ment dans le monde, c'est-à-dire, tels qu'ils avaient été par la
pensée et la yolonté qu'ils avaient cacllées devant les autres; et
alol's ils ne désirent plus rien autre chose que de faire le mal. Ces
 bons Esprits simples, qui leur avaient été enlevés, furent donnés
 ou adjoints à ceux qui étaient de l'Église spirituclle; et 11 qui cette
 région du Ciel fut donnée; c'est de li1 que ceux-ci furent enrichis
 des vrais et des biens .que les mauvais génies et les mauvais esprits
 avaient eus auparavant; car on est enrichi de Vrais et de bicns
 dans l'antre vie par une adjonction d'esprits qui sont dans le vrai
 et dans le bien, cal' par eux il se fait une communication. Voili11es
 choses qui sont signifiées, quand il est dit que les /ils d'Israël ne"
 s'en iront point d'Égypte à vide, mais que chaque femme deman­
 dera à sa voisine et à l'hôtesse de sa maison des vases d'argent, ct
 des vases d'or, et des vêtements, et qu'ainsi ils dépouilleront les
 Égyptiens. Chacun peut voir que si de telles choses n'avaient pas
 été représentées, jamais il ne leur aurait été commandé par le
 Divin d'employer une telle ruse contre les Égyptiens; car tout ce
 qui est tel est très-éloigné du Divin; mais comme ce peuple devait
  être absolument représentatif, il lui fut permis par le Divin d'agir
  ainsi, parce qu'il en arriverait ainsi aux méchants dans l'autre vie:
  Il faut qu'on sache qu'un très-grand nombre de choses, qui ont été
  commandées par Jéhovah ou le Seigneur, signifient dans le sens
  interne non point qu'elles ont été commandées, mais qu'elles ont
  été permises,
    69<11,. Et il alTivera que quand vous irez vous n'i7'ez point ri. vide,
 signifie qu'ils ne passe?'ont pas davantagc leur vie dans le dénûmcnt
 quant aux choses qui appartiennent au mental natw'cl : on le voit
 par la signification d'aile!', en ce que c'cst la vie, Nos 3335, 4882,
 5493,5605,6904.; et par la signification de vous n'i7'ez point à vide,
 en ce que c'est ne pas passer davantage la vie dans le dénûment;
 le vide, c'est où il n'y a point le vrai, voiT N0 47 U. ; ainsi, c'est où
158                    AlCANES CÉLESTES_
il Ya tlénùment spirituel; qlle cc soit quant aux choses qui appar­
tiennent au mental naturel, cela est évident d'après cc qui précède,
savoir, que ceux qui étaient de n;:glise spirituelle et sont représen­
tés I)ar les fils d'Israël, ont eté infestés pal' ceux qui ét::lient dans les
scientifiques faux ct qui sont signifiés pal' les Égyptiens, pal' con­
sequent quant aux choses qui appartiennent au mental naturel,
car les choses qui appartiennent il. cc 'mental sont appelées scienti­
fiques; cc sont aussi ces choses qui infestent principalement les
Spirituels, car la pensée des Spirituels est au-dedans des scientifi­
ques ct bien peu au-dessus, voi1-lo ()865.
   6916. Et que la femme demande il sa voisine ct à l' Ilôtesse de sa
maison, signifie qlle le bien de chacun sem em'ichi de choses qui
conviennent: on le voit pal' la signification cie la femme, CD ce qu'elle
 est l'af['ection du bien de la charité, N° 601.i; par la signification
 dc la voisine, eu cc qu'elle est ['affection du vrai chez ceux qui sont
 dans les scientifiqucs; ct pal' la signification de l'hô/esse de la
'maison, en ce qu'elle est l'affection du bien aussi cllez ceux-ci:
 puisqu'elle devait demander il la voisine ct à l'hôtesse de la maison,
 cela signil1e les vrais ct les bieits qui sont les plus pi'oches, ainsi qui
 conviennent. D':Jprès cequi vienlL1'êtl'e rapporté N° G9H, on voit
 comment ces clIoses se passent; si [a femme devait demander,
 c'est parce que la femme signifie le bien de la charité, ct que c'est
 ce bien qui doit être enrichi, car pour que le bien soit le bien, il
 faut qu'il ait les vrais qui doivent le qualifier; ct cela, parce que,
 quand on vit scion les vrais, les vrais eux-mêmes deviennent alors
 des biens; c'est pourquoi tel esl le nai, tel est le bien; cc bien
 dans la suite n'admet point et ne s'adjoint point d'antres vrais
 que selon sa qualité, par conséquent point d'autres choses que
 celles qui conviennent, ainsi qui sont dans le voisinage ct dans la
 maison.
   6917. Des vases d'argent signifieJltles scientifiques du vrai, et
des vCtses d' 01' signifient les scientifiques du bien: on le voit par la
signification des.vases, en cc qu'ils sont les scientifiques, N0s 30()8,
 3079; les scientifiques sont appelés vases, parce que cc sout des
 communs, el qu'ils peuvent contenir en eux des vrais innomhrables
 ct des biens de plusieurs sorte; par la signification de l'm'gent, en
 cc que c'est le na i; ct de 1'01' en ce que c'est le bien, Nos ·155,1,
EXODE, CI·UP. TlWISIl~ME.                         159
 '155'2, 29M, 5658; que l'argent de l'Egypte soit lescientilique vrai et
sllsceptibled'ètre adapté, on le voit N°"6H2. Pour comprendre que
les vases ù'argent ct les vases d'or chez les l~gypliens sont les scien­
tifiques du vrai et les scientifiques du bien, lorsque cependant les
Égyptiens ici ct dans ce qui précède, puis aussi dans cc qui
suit, significnt les scientifiques faux, il faut savoir que les
scientifiques en eux-mêmcs ne sont point des vraÏs, ct ne
sont point non plus des faux, mais qu'ils devienncnt des vrais
chez ceux qui sont dans les vrais, ct des faux chez ceux
qui sont dans les faux; l'application ct l'usage qu'on en fait en
décide; il en est des scientifiques chez l'homme comme des
l'ichesses ct de l'opulence chez lui; les richesses ct l'opulence chez
ceux qui sont dans le mal sont pel'l1icieuses, pal'ce qu'ils les appli­
quent à de mauvais usages; mais les richesses et l'opulence chez
ceuxquisont dans le bien, sont utiles, parce qu'ils les appliquent il
de bons'usages; c'cst pourquoi si les richesses ct l'opulence, qui
sout chez les méchants, sont transférées aux bons, elles deviennent
bonnes; de mêmeanssi les scientifiques; soit un exemple: il était
resté chez les Égyptiens un grand nombre de représentatifs de
l'Église-Ancienne, comme on le voit d'apl'ès leurs Hiéroglyphes;
mais comme ils avaient appliqué ces représentatifs il des opérations
magiques et en avaient fait ainsi un mauvais usage, c'est pour cela
qu'ils étaient pOUl' eux non pas des scientifiques vrais, mais des
scientHiques faux; cependant ces mêmes représentatifs dans l'An­
cienne J~glise avaient été des scientifiques vrais, parce qu'ils
avaient été convenablement appliqués au culte Diyin. Soient
encore pour exemple les autels et les sacrifices: chez la nation
Hébraique, ct plus tard chez la nation" Juive ellsraëlite les autels
ct les sacrifices étaient des rites vrais, parce qu'elles les appli­
lfuaient an culte de Jéhovah; mais chez les Nations dans la terre de
Canaan ils étaient des rites faux, parce qu'elles les appliquaient au
culte de leurs idoles; c'est aussi pOUl' cela qu'il fut ordonné de dé­
truire partout les autels des nations: il en est de même pour un
grand nombre d'autreschoses: on peut donc puiser citez ceux qui
sont dans les maux et dans les faux beaucoup de scientifiques, qui
peuyent être appliqués à de bons lisages, ct ainsi devenir bons:
pal'eilles choses ont été aussi signifiées pal' les déprédations com­
'160                   ARCA~ES CltLESTES.
  mises SUI' les nations dans la ten'e de Canaan, pal' les richesses,
  les troupeaux de gros ct de menu bétail, les maisons, les vignes,
  que les fils d'lsrat;,l y pillèrent; cela est encore bien plus évident,
  en ce que l'or et l'argent pillés sur les Nations furent même employés
  à un usage saint, comme on le voit dans le livre II de Samuel: « Il y
  » avait dans sa main des vases d'argent, et des yases d'or, et des
  » vases d'airain; même le roi David les sanctifia à Jéhovah, avec
  »   ['argent et l'or qu'il avait sanctifiés de toutes les nations qu'il
  » avait soumises; des Syriens, de Moab, et des fils d' Ammon, ~t des
  " Philistins, et d'Amalek, et du butin de Hadad-Ezer, fils de
  » Réehob, roi de Soba.» - VIII. '10, 11, ~ 2: - ct dans Ésaïe:
 « Enfin le Trafic de Tyr et le salaire de sa prostitution sera une
 » chose sainte à Jéhovah, il ne sera ni serré, ni réservé; mais
 » son tmfic sem pOUl' ceux qui habitent devant Jéhovah, pour
 » manger, pOUl' se rassasier, et pOUl' celui qni sc couvre à l'an­
 " tique. »- XXllI. 18. - De même ces objets, que les femmes dcs
 fils d'Israël empl'Untèrent aux Égyptiens, qui furent ainsi pillés,
 ont été ensuite appliqués à l'usage de la construction de l'arche, ct
 à plusieurs choscs qui étaicnt dcs saintetés de Iclll' culte.
   6918. Et des vêtements, signifie les scientifiques in(él'ieul's COl'l'es­
 pOllclants: on le voit par la signification des vêtements, en ce qu'ils
 sont les scientifiques inférieurs, N0s 2576, 524.8; les vêtements
 signifient ces scientifiques, parce qu'ils enveloppent les intérieurs.
      69·19. Et vous les mettrez SUl' vos fils, signifie l'application à
  leurs vmis; et SUl' vos filles, signific l'application à leurs biens: on
  le voit par la signification des fils, en ce qu'ils sont les vrais,
  N°s 489, 49,1, 533, 1,147, 26~3, 3373; par la signification des
  filles, en ce qu'elles sont les biens, N°s 489, 490, 4.9'1, 2362, 2363;
, cL par la signification de mettre SUl' eux, en ce qlle c'cst appliquer,
 car cc qui est mis sur quelqu'un, lui est appliqué.
   6920. Et vous dépouillerez les Égyptiens, signifie que ces choses
 .~eront
       enlevées à ceux qui sont dans les faux ct pal' mite dans les
 maux: on le voit par la sign ification de dépouiller, en ce que c'est
 enlever; ct pal' la signification des Égyptiens, en cc qu'ils sont
 ceux qui sont dans les faux, ainsi qu'i! a déjà été dit souvent.
 Comment cela se passe, on le voit d'après cc qui a été rapporté ci­
 dessus, Nos 69·14., 6917.
EXODE, CIEP. TROISIÈME.                         164

CONTINUATION sun LES ESPHlTS DE LA PLANÈTE DE MERCURE.


   6921. A la fin dn Chapitre précédent, il a été montré que les Es­
prits de la Planète de Mercure constituent dans le Très-Grand
Homme la Mémoire des choses non-matérielles; et comme par cela
même ils aiment savoir les choses détachées des matérielles, ils
sont plus prompts et plus ngiles que les autres esprits quand ils exa­
minent, pensent et parlent; en effet les choses matérielles sont
comme des pesanteurs, qui donnent de la nonchalance et retar­
dent, car elles portent le mental en bas et le plongent dans les ter­
restres, et parconséquent éloigneptdu monde spirituel d'où provient
toute perspicacité. Par ce qui suit, on peut voir combien ces esprits
sont prompts.
   692';l. Il appnrjlt une flamme assez éclatante dont le feu réjouis­
sait, et l'apparition dura quelque temps; cette flamme signifiait
l'arrivée d'Esprits de Mercure plus prompts que tous les autres;
quand ils furent arrivés, ils parcoururent aussitôt les choses qui
étaient dans ma ~Iémoire, - tous les esprits le peuvent, et parce
qu'ils sont chez l'homme, ils sont en possession de toutes les choses
de sa mémoire, N°s 5853, 5857, 5859, 5860, ~ mais je ne pus, à
cause de leur promptitude, apercevoir celles qu'ils observaient; je
l~ entendais dire sur-le-champ: La chose est telle; quant à celles
que j'avais vues dans les Cieux et dans le monde des esprits, ils di­
saient les avoir connues auparavant; je percevais qu'il y avait par
derrière un peu ~ gauche dans le plan de l'occiput nne multitude
d'esprits associés avec eux.
    6923. A une autre époque, je vis une multitude de ces esprits,
mais à quelque distance de moi, par devant un peu sur la droite, et
de là ils me parlaient, mais par des esprits intermédiaires, car leur
langage est aussi rapide que la pensée, il ne tombe dans le langage
humain que par des esprits intermédiaires; et, ce qui me surprit,
ils parlaient tous ensemble (volumatim) et cependant toujours avec
autant de promptitude et de célérité; leur langage, parce qu'il pro­
venait de plllsieurs parlant ensemble, était aperçu comme une on­
dulation; et, ce qui est à remarquer, il tombait vers mon œil gauche,
 quoique ces esprits fussent à droite; cela provenait de ce que l'œil
        XI.                                                 11
~   62                ARCANES CÉLESTES.
  gauche correspond aux connaissances des choses détachées des
  matérielles, ainsi il celles qui appartiennent il l'intelligence, mais
  l'œil droit à celles qui appartiennent à la sagesse. Ils percevaient
  aussi, avec la même promptitude qu'ils parlaient, les choses qu'ils
  entendaient, et ils en jugeaient en disant: cela est ainsi, cela n'est
 pas ainsi; leur jugement était comme instantané.                 ,
     6924.. 11 Y avait un esprit d'une autre ,tene, qui put pader avec
 eux aV~.dextér~té, parce qu'il parlait avec promptitude ct célérité;
 en un rnQ.t,iiSjugeaient de ce qu'il prononçait, en disant: cela est
 trop élégant; cela est trop savant; de sorte qu'ils faisaient seulement
 attention, s'ils apprendraient de lui quelque chose qui ne leur fùt
 pas encore connu, rejetant ainsi les choses qui donnaient de l'om­
 bre; cc sont principalement les affectations d'élégance du langage ct
 d'érudition, car elles cachent les choses mêmes, et il leur place elles
 présentent des mots qui sont les forllles matérielles des choses.
    6925. Les Esprits de la terre de l:lel'Cure ne l'estent point dans
un seul lieu, ou au-dedans de lasplière des esprits d'un seul monde,
mais ils parcourent l'anivers; cela vient de ce qu'ils représentent
dans le Très-Grand Homme la mémoire des choses, qui doit être
continuellement emichie; c'est pour eela qu'il leur a été donné
d'aller çil et là et d'acquérir de tous côtés des connaissances. Quand'
ils voyagent ainsi, s'ils rencontrent des esprits qui aiment les cho~
ses ma~rielles, c'est-à-dire corporelles et tenestres, ils les fuient,
et ils se rendent dans les endroits oil ils n'entendent point de telles
choses. Pal' là on peut voir que leur mental a été élevé au-dessus des
sensuels, ct qu'ainsi ils sont dans une lueur intélicme : c'est ce qu'il
m'etait aussi donné de percevoir en actualité, lorsqu'ils étaient près
cie moi ct qu'ils me padaient; j'ai alors remal'qué que j'étais déta­
clié des sensuels au point que la lueur cie mes yeux commençait à
s'aft'aiblir et à devenir obscure.
    6926. Les Esprits de cette ten'e vont pal' cohortes et par phalan­
ges, et quand ils sont rassemblés, ils fomlCnt comme un globe; ils
sont ainsi conjoints par le Seigneur afin qu'ils fassent un, et que les
connaissances de chacun soient communiqués à tous, et les con­
 naissances de tous il chacun. Que ces Esprits aillent çà et là dans
l'univers pour rechercher les connaissances des choses, c'est cc'qui
me fut prouvé aussi, en ce qu'unefois, 100'Squ'ils appat'aisaient très­
EXODE, CHAP. TROISIÈME.                            ~63
loin de moi, ils me parlaient de là, et disaient qu'ils venaient d'être
rassemblés, et qu'ils allaient hors de la sphère de ce monde dans le
Ciel astral, où ils savaient qu'il y avait de ces esprits qui s'occupent
non de terrestres ni de corporels, mais de choses qui en sont abs­
traites, et qu'ils voulaient être avec ces esprits. Il me fut dit qu'ils ne
savaient pas eux-mêmes où ils allaient, mais que sous les auspices
du Divin ils étaient portés dans les endroits où ils pouvaient être
instruits de choses qu'ils ne savaient pas encore, et qui s'accor­
daientavec les connaissances qu'ils avaient: il me fui dit aussi qu'ils
ne savènt point comment ils trouvent les compagnons avec lesquels
ils sont conjoints, et que cela se fait aussi sous les auspices du
Divin.
   6927. Comme ils parcourent ainsi l'univers, et que par là ils peu­
vent, mieux que les auires, savoir ce qui se passe dans les Mondes
et dans les Terres 1Iors de la sphère du Monde de notre Soleil, c'est
poU' cela que je me suis aussi entretenu. avec eux sur ce sujet; ils me
dirent qne dans l'univers il y a un très-grand nombre de Terres, ct
sU' ces Terrés des hommes; qu'ils étaient ctonnés de ce que certains
hommes, qu'ils appelaient hommes de peu de jugement, s'imagi­
naient que le Ciel de Dieu Tout-Puissant est seulement composé
d'espl'ils et d'Anges qui viennent d'une seule Terre, tandis qu'ils
sont en si petit nombre, que, relativement à la Toute-Puissance de
Dieu, ils sont à peine quelque chose, lors même qu'il y aurait des
myriades de mondes et des myriades de terres: de plus, ils me di­
rent qu'ils savaient que dans l'univers il y a des Terres au delà de
quelques centaines de milliers; ct cependant qu'est-ce que cela
pour le Divin qui est infini?
   6928. Les Esprits de la terre de llercure'diffèrent entièrement
des Esprits de notre terre, car les esprits de notre terre, surtout
ceux qui sont récemment arrivés dans l'autre vie, aiment les cor­
porels et les mondains, c'est-à-dire les matcriels, et désirent con­
naître les choses qui sont semblables dans l'autre vie: c'est pour­
quoi, afin qu'ils puissent être en même temps avec les bons esprits
qui ne s'occupent point de telles choses, ils sont tenus dans des
lieux qui sont sous les plantes des pieds et qui sont appelés dans la
Parole la terre inférieure, et cela jusqu'à ce qu'ils aient de l'aver.
sion pour les corporels et les tenestres, et qu'ainsi ils s'en dépouil.
164.                  ARCANES CÉLESTES.
 lcnt; ccla fait, ils sont élcvés dans le Ciel et initiés dans lcs
 intérieurs, et ils deviennent Anges.
    6929. Des esprits de Mercure, étant chez moi lorsque j'écrivais
 et eXllliquais la Parole quant à son sens interne, et percevant ce
 que j'écrivais, disaient que les choses que j'écrivais étaient tout à
 fait grossières, et que presque toutes les expressions se présentaient
 comme matérielles; mais il me fut donné de répondre que les hom­
 mes de notre terre voient néanmoins comme subtiles et élevées ces
 choses qui ont été écrites, dont il en cst beaucoup qu'ils ne saisis­
 sent même pas; j'ajoutai qu'un tl'ès-grand nombl'e d'homnies sur
cette terl'e ne savent point qu'il y a un homme Interne qui agit dam
l'homme Extel'lle et fait que celui-ci vit, et se persuadent, d'après
les illusions des sens, que le corps vit pal' soi-même, qu'en consé­
quence l'homme doit momil' tout entier, quand il meurt quant au
 COl'pS, et ainsi ils mettent chez eux en doute la vie après la mort;
 que, de plus, on appelle non pas esprit, mais âme, ce qui doit vivre
 de l'homme après la mort du corps, ct qu'on dispute SUl' ce que c'est
 que l'âme, et oh en est le siége, et.que l'on croit qu'elle doit être de
 nouveau conjointe au corps matériel pour que l'homme vive; outre
 plusieurs choses semblables: quand les esprits de Mel'cure eurent
 entendu cela, ils demandèrent si de tels hommes pouvaient devenil'
 Anges; à cela il me fut donné de répondre que ceux qui ont vécu
ùans le bien de la foi et dans la charité deviennent Anges; et qu'a­
lors ils ne sont plus dans les externes et les matériels, mais qu'ils
 sont dans les internes et les spirituels; ct que, lorsqu'ils parvien­
nent à cet état, ils sont dans une lumière au-dessus de celle dans
laquelle sont les esprits qui viennent de Mel'cure : afin qu'ils con­
nussent qu'il en est ainsi, il fut permis qu'un Ange, qui était passé
dc notre tene dans le Ciel, et qui avait été tcl quand il vivait dans
le monde, parlât avec cux; il en sera question dans la suite.
    G930. Plus tard, il me fut envoyé par les esprits de Mercure un
papier long, inégal, formé d'un assemblage de plusieurs papiers, et
qui paraissait comme imprimé en caracteres tels que ceux de notre
terre; je lem demandai s'ils avaient de telles choses chez eux; ils ré­
pondirent qu'ils n'en avaient point, mais qu'ils savaient qu'il y a de
ces papiers sur notre tel're; ils ne voulaient pas en dire davantage;
mais il me fut donné ùe pel'cevoir qu'ils pensaient que sur cette
EXODE, CIlAP. TROlSIEME.                          ,165
terre les connaissances des choses étaient sur le papier, ainsi sépa­
rées de l'homme lui-même, 11 moins que l'homme ne tint l'œil, et
par conséqnent le mental, sur ces papiers: ainsi ils se moquaient
en eux-mêmes de ce que les hommes de notre terre ne savaient pour
ainsi dire rien si ce Ji'est d'après les papiers; mais ils furent ins­
truits de la manière dont la chose se passe. Quelque temps après
ils revinrent, ct ils m'envoyèrent un autre papier couvert aussi,
comme leprécMent , de caractères d'imprimerie, mais propre et
poli, et non pas de même conglutiné et irrégulier; ils me dirent
qu'ils avaient postél'ieuremerit été instruits qu'il y a sur notre terre
de semblables papiers et qu'on en fait des livres.
    693·1. D'après ce qui a été dit jusqu'à présent des esprits de la
terre de Mercure, il est bien evident que les esprits retiennent cc
qu'ils voient et entendent dans l'autre vie, et qu'ils peuvent être
instruits de même que lorsqu'ils étaient hommes, par conséquent
dans les choses qui appartiennent à la foi, et ainsi être perfection­
nés : plus les esprits et les Anges sont purs, plus ils llllÎsent promp­
tement et pleinement, ct retiennent parfaitement par la mémoire,
les choses qu'ils entendent; et comme cela dure éternellement, il est
bien évident qu'ils croissent continuellement en sagesse: toutefois,
 les ESPI'its de Mercure croissent continuellement en science des
 choses, mais non par suite en sagesse, parce qu'ils aiment les con­
 naissances, qui sonlles moyens, et non les usages qui sont les Ons;
 selon ce qui a été rapporté d'eux N°s 68'14, 68·15.
    6932. La continuation sur les Esprits de la Terre de Mercure est
 à la fin du Chapitre suivant.
PREMIÈRE PARTIE
                                   DU




         LIVRE 'DE L'EXODE.

                          -~




                   CUAPITRE QUATRIÈME.


                     DOCTRINE DE LA CHARITÉ.




    6933. On dit communément, dans la conversation, que chacun
 est pour soi-même le prochain, c'est-à-dire, que chacun doit d'a­
 bord s'occupcr de soi; la Doctrine de la Charité enseigne ce qu'il
 en est à cet égard: chacun est pOlJ.r soi le prochain non au pre­
 mier rang mais au dernier; il Ya à un rang antéricur les autres
 qui sont dans le bien; il un rang encore antérieur, la société de
 plusieurs; à un rang encore antérieur, la patrie; à un rang encore
 antérieur l'Église; et à un rang encore antérieur, le Royaume du
 Seigneur; enfin par dessus tous et par dessus toutes choses il y a
 le Seigneur.
    6934. Cet adage, que chacun est pour soi le prochain et doit d'a­
 bord s'occuper de soi, doit être entendu ainsi: chacun doit d'abord
 songer pour soi à avoir les nécessités de la vie, c'est-il-dire la nour­
 riture, le vêtement, le logement et IJlusieurs autres choses qui sont
 absolument nécessaires dans la vie civile où l'on est; et cela, non­
 seulemont pour soi, mais aussi pour les siens; et non-seulement
 pour le temps présent, mais aussi pour l'avenir: si l'homme ne
 pourvoit pas pour lui aux nécessités de la vie, il ne peut être en
 état d'exercer la Charité envers le prochain; car il manque de tout.
    6935. La fin fait connaître comment chacun sera pour soi le
"prochain et s'occupera d'abord de soi; si la fin est d'être plus
EXODE, CHAP. QUATHIÈME.                        167
  riche que les autres, seulement pour les richesses, on pOUl' la vo­
 lupté, ou pour l'éminence, ct autres choses semblahles, la fin est
 mauvaise j celui donc qui croit, d'après une telle fin, qu'il est pour
 soi le prochain, se nuit pour l'éternité; mais si la fin est d'acquérir
 des richesses il cause des nécessités de la vie, pour soi-même et
 pour les siens, aHn d'être en état de fàirele hien selon les préceptes
 oe la Doctrine de la Charité, on veille il soi-même pour l'éternité.
 La fin elle-même fait l'homme, parce que la Hn est l'amolli' de
 J'homme, car chacun a pour fin ce qu'il aime.
     6936. On peut encore voir par quelque chose oe semblable ce
 qu'il en est: chacun ooit s'occupel' de son corps pour la nourriture
 et le vêtement, c'est d'aboro ce qu'on doit faire, mais pOUl' cette
 fin, qu'on ait un mental sain dans un corps sain; ct chacnn doit
 s'occuper de son mental pOUl' la nourriture, c'est-il-dire, pour les
 choses qui appartiennent à l'intelligence et à la sagesse, pour cette
 fin, que le mental soit par suite en ôtat de servir le~çigneur ; celui
 qui agit ainsi veille bien à ses intérêts étemels. Au contraire,
celui qui S'Qccupe de son corps seulement POtll' le corps, et sans
 penser il la santé du mental, et celui qui s'occupe de son mental
 pour des choses qui n'appartiennent ni it l'intelligence ni à la sa­
gesse, mais qui y sont opposées, ceux-là veillent mal il leurs intérêts
éternels. D'après cela on voit clairement comment chacun doit être
pour soi le prochain, c'est-il-dire qu'il doit l'être non au premier
l'ang mais au dernier, car la nn doit être non pour lui mais pour
les autres; et où est la fin, Et est le premier rang.
    6937, Il en est encore de cela, comme de celui quieonstruit une
maison; il doit d'abord poser le fondement, mais le fondement sera
pour la maison, et la maison sera ponr l'habitation: de même
chacun doit d'ahord s'occupel1 de soi, non pOllr soi, mais pOUl' être
en état de servir le prochain, par conséquent la Patrie, l'Église, et
par dessus toutes chosps le Seigneur: celui qui croit qu'i1 est pOUl'
lui le prochain au prmnier ra·ng, est semblable à celui qui regarde
comme fin le fondement et non la maison et l'hal)itatüm, lorsque
cependant l'hal:Jitation est l~ fÎTiI même première et del'Tlil~re, et
que la maiSOn avec le fondement est seulement un moyen pour
la fin.             '
    6938. Ce qui,vicnt d'être dit des richesses s'applique allssi [lUX
~68                   ARCANES CÉLESTES.

honneurs dans le monde; chaciln peut avoir aussi en vue les hon­

neurs, toutefois non à cause de soi mais à cauSe dit prochain; celui

qui les a en vue à cause de soi-même veille mal à ses intérêts,

mais celui qui les a en vue à cause du prochain y veille bien: en

effet, celui qui tourne les fins vers soi-même se tourne vers l'enfer,

mais celui qüi tourne les fins de soi vers le prochain se toilrne

vers le Ciel.





                          CHAPITRE IV.



   L Et lUoscheh répondit et dit :Et voici, ils ne me croiront
point, et ils n/écouteront. point ma voix, car ils diront: point nia
été vu de toi JÉHOVAH.
   2. Et. JÉHovAH lui dit: Qu'est-ce que ceci danS ta main? Et il
dit: Un bâton.
   3. Et il dit: Jette-le à terre; et il le jeta à terre, et il devint
un serpent, et Moscheh s'enfuit de devant lui.
   4. Et JÉHOVAH dit à MOscheh: Etends ta main, et prends sa
queue; et il étèndit sa main, et il le saisit; et li devint un bâton
dans sa paume.
   5. Afin qu'ils croient que de toi a été vu JÉHOVAH, le DiEU de
leurs pères, le DIEU d'Abraham, le' DIEU de Jischak, et le :blEU de
Jacob.
   6. Et JÉHOVAH lui dit encore: Mets maintenant ta main dans
ton sein; et il mit sa main dans son sein; et il la reti"a i et voici,
sa main lépreuse, comme la neige.
   7. Et il dit: Ramène tà main à ton sein; et il ramena sa main
à son sein, et il la retira de son sein, et voici, elle était redevenue
comme sa chair.
   8. Et il arrivera, s'ils ne te croient point, et n'écoutent point la
voix du premier signe, et ils croil'ont à la voix du dernier signe.
   9. Et il arrivera, s'ils ne croient pas même à ces deux signes, et
n'écoutent point ta voix, ct tu prendras des eaux du fleuve, et tu
EXODE, CIHP. QUATIUÈllE.                          169
(tes) répandras SUI' le sec; ct elles seront, les eaux que tu auras
prises du fleuve, et elles seront en sang sur le sec.
   10. Et l'Ioscheh dità JÉHO~AU; Par l'noi, SEIGNEUR, (je ne suis)
point homme de paroles, moi, ni d'hier, ni d'avant-hier, ni de
ma:lntenant que tu parles, Toi, à (oH serviteur; car lourd de langue,
et lourd de bouche (je suis), moi.
    1~. Et JÉHOVAH lui dit; Qui donne une bouche à l'homme'? ou
qui rend muet, ou sourd, Oll voyant, ou aveugle? N'est-ce pas Moi,
JÉHOVAH?
    nt Et maintenant va; et Moije serai avec ta bouche, et je t'en-
 seignerai ce que tu prononceras.
  i 3. Et il dit: Par moi, SEIGNEUR, envoie, je te prie, (queL-
qu'autre)' que par main tu envoies.
  14. Et la colère de JÉHOVAH s'enfiamma contl'e Moscheh, et il
dit: N'y a-t-il pas Aharon ton frère le Lévite? Je sais que parlant
il p~rlera, iiIi; et méme voici, il sort au-devant de toi, ct il te
verI'a, et il se réjouira dans son cœur.
    15. Et tu lui parleras, ct tu mettras les paroles dans sa bouche,
et Moije serai avec ta bouche, et avec sa bouche, ct je vous ensei-
gnerai ce que vous ferez.
    16. Et ilparlera, lai, pour loi au peilple, et il se fera, que lui
te sera pour bouche; et toi, tu lui seras pour dieu.
    -17. Et tu prerrdras dans ta mai n ce bâton, par lequel tu feras
 les signes.
    18. Et Moscheh alla et retourna vers Jéthro son beau-père, et il
lui dit ; J'irai, s'il te plaît, et je l'etournerai vel'S mes frères, qui
 (sont) en Égypte, et je verrai s'ils sont encore vivants; et Jéthro
 dit à Moscheh; Va en paix.
    19. Et JÉHOVAH dit il lloscheh dans llidian: Va, retourne Cil
 l~gypte, parce qu'ils sont morts, tous les llOmmes qui cherchaient
 ton âme.
    20. Et Moscheh prit son épouse, et ses fils, et il les lit chevaU-
 cher sur l'âne, et il retourna en la terre d'Égypte; et Moscheh
 prit le bâton de DIEU dans sa main.
     21. EtJÉllOvAH dit à Moscheh; En t'en allant pour retourner
  en Égypte, vois tous les prodiges que j'ai mis dans ta main, et fais..:
,170                   ARCANES CÉLESTES.

 les devant Pharaon; et Moi j'endurcirai son cœur, ct il ne l'en··

 vena point le peuple.

     22. Et tu diras à Pharaon: Ainsi a dit JÉHOVAH: (c'est) mon
 fils, mon premier-né, ISl'aël.
     23. Et je te dis: Renvoie mon fils, et qu'il Me serve; et tu
 refuses de le l'envoyer; voici, NIoi, je tue ton fils, ton premier-né.
     '2L Et il était en chemin, dans une hôtellerie, et Jéhovah le
 rencontra, ct il chercha il le tuer.
   25. Et Sipporah prit un caillou, et elle coupa le prépuce de son
 (ils, et elle (le) fit toucher ses pieds, ct elle dit: Parce que (tu es)
 un fiancé de sangs, toi, pOUl' moi.
    26. Et il se désista de lui; alors elle dit: Un fiancé de sangs
 pour les circoncisions.
    27. Et Jéhovah dit il Aharon: Va au-devant de ~Ioscheh au dé­
 sert; et il alla, et il le rencontra en la montagne de DIEU, et il le
 baisa.
    28. Et Moscheh annonça à Aharon toutes les paroles de JÉHO­
 VAH, pal' lesquelles il l'avait envoyé, et tous les signes qu'il lui
avait commandés.
    29. Et Moscheh alla, et A!wroll; et ils assemblèrent tous les
anciens des fils d'Israël.
    30. Et Aharon prononça toutes les paroles que JÉlIOVAH avait
prononcées à Moscheh, et il fit les signes aux yeux du peuple.
    3,1. Et le peuple crut, et ils entendirent que JÉJlOVAH avait visité
les fils d'Israël, et qu'il avait vu ew' affliction; et ils s'inclinèrent
et se proslel'l1èrent.

                             CONTENU.

   6939. Dans ce Chapitre, il continue, dans le sens interne, à
être traité de la deJivrance de ceux qui sont de l'Église spirituelle;
d'abord est décrit l'état oil ils seraient, s'ils n'Civaient pas l'espé­
l'ance ct la foi, qu'ils tomberaient dan& les faux et les maux, et
aussi dans les cltOses profanes:' voilà cc qui est signifié par les
trois signes.
   6940. Ensuite il s'agit de la Loi Divine, en cc que le vrai a été
adjoint à son bien; et qu'ainsi le bién a la puissance de délivrer,
EXODE, CHAP. QUATRiÈME.                       "1t
el d'insinuer l'espérance et la foi: Moscheh représente la Loi Di~
vine quant au bien, et Aharon la représente quant au vrai.
   6941, Enfin il s'agit dece peuple, en ce qu'il représentait seu­
lementl'Église spirituelle, et que cette Eglise ne pouvait pas être
instituée chez lui, parce qu'il etait dans les externes sans les in­
ternes: cela est signifié par la circoncision du ms par Sipporah,
et par le sang dont ses pieds furent teinl~,

                         SENS INTERNE.

    6942. Vers. 1, 2, 3, 4. Et l1foscheh rf'7JOndit et dit: Et voici.
ils ne me cl'oiront point, et ils n'écoutel'ont point ma voix, car ·ils
diront: Point n'a été vu de toi Jéhovah, Et Jéhovah lui dit: qu'est.
~'e que ccci dans ta main? Et il dit: Un bâton, Et il dit: Jette-le
à ten'e; et il le jeta li ten'e, et il devi.nt un serpent, et Mosc/wh
s'enfuit de devant lui. Et Jéhovah dit li 111oscheh: EleniL~ ta main,
et p,'ends sa queue; et il étendit sa main, ct il le ,çaisit; et il de­
vint un bâton dans sa paume, - Et Moscheh l'épondit ct dit, signi­
fie la pensée d'après la Loi Divine: et voici, ils ne me croiront
point, et ils n'écouteront poillt ma voix, signifie que ceux qui sont
de l'Église spirituelle n'aUI'aient point la foi, par conséquent ne
recevl'aient point: Cct1' ils dh'ont : point n'a été vu de toi Jéhovah,
signifie le Divin du Seigneur dans son Humain: et Jéhovah lui dit,
Signifie la Prévoyance de ce qu'ils seraient s'ils n'avaient point la
foi: qu'est-cc que ceci dans Ut main? et il dit: un bâton, signifie
la puissance du Divin Humain du Seigneur: et il dit: Jette-le à
terl'e, signifie l'innux de la puissance du Divin Naturel du Seigneur
dans le sensuel: et il devint un serpent, signifie pal' suite l'homme
sensuel et corporel séparé de l'homme interne: et 1110scheh s'eu­
{uit de devant lui, signifie l'horreur pour le sensuel séparé: ct Jé­
hovah dit à Moscheh, signifie la Providence pal' le Divin: étends ta
main, cl prends sa queue, signifie la puissance d'élever au-dessus
du dernier du sensuel: ct il étendit sa main, et il le saisit, signifie
l'élévation VCl'S les intérieurs: et il devint un bêaon dans sa paume,
signifie qu'alors la puissance fut communiquée par le Divin.
  6943. Et :b'loscheh répqndit et dit, signifie la pensée d'après let
Loi Divine: on le voit par la signification de l'épandre et dire, en ce
172                   AI~CANES CÉLESTES.
que c'est la pensée; en effet, les choses qui dans le sens historique
de la lettre sont exprimées par des extel'Oes, dans le sens interne
'signifient des internes; cal' les spirituels qui appal'tiennent au Ciel
 ne peuvent jamais se présenter autrement aux hommes, parce que
l'homme ne saisit pa~ les spirituels nus, et parce qu'ils ne peuvent
être exprimés par les mots du langage humain; c'est pour cela que
 les spirituels ont été décrits par des naturels correspondants, et
 ainsi donnés à l'homme; de cette manière la Parole convient à
 l'homme dans le monde naturel, et aussi à l'homme dans le monde
 spirituel, c'où résultent la communication du Ciel avec l'homme
et la communion; et pal' la représentation de llloscheh, en ce qu'il
 est le Seigneur quant à la Loi Divine, N" 6752: il est donc évident
 que Mosc/teh répondit et dit, signifie la pensée d'après la Loi
 Divine; la pensée d'après la Loi Divine, c'est d'après le Vrai pro­
 venant du Divin; ici, c'est que les fils d'Israël ne croiront point il
  moins qu'ils ne voient des signes et des prodiges.
     69U. Et voici, ils ne me croiront, et ils n'écouteront point nut
 voix, signifie que ccux qui sont de l'Église spiriwelle n'auraicnt
  point la foi, par conséquent ne reccvraient point: on le voit pal'la
  représentation des fils d'Israël, de qui cela est dit, en ce qu'ils sont
 ceux de l'Église spirituelle, N°s 6426, 6637: par la signification de
  ne point croi7'c, en cc que c'est ne point avoir la foi; et par la si­
  gnification de nc point écoutel' la voix, en cc que c'est ne point
  recevoir, N0s 547'1,5475.
     6945. Car ils diront: Point n'a été vu de toi Jéhovah, signifie
  le Divin qui cst d(ms l'Humain dit Seigneur: on le voit par la
  signification de dirc, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a
  été très-souvent montré, ici la perception de ceux qui sont de
  l'Église spirituelle; par la signification de Jéhovah qui a été vu,
  en ce que c'est l'apparition du Divin du Seigneur dans son Hu­
  main; qu'être vu, ce soit apparaître, cela est évident; et que
  Jéhovah soit le Seigneur quant au Divin Même et quant au Divin
  Humain, on le voit Nos 1736, 2004, 2005,2018,2025,2.156,2329,
  2921, ilO23, 3035, 0041, 5663, 6303, 6281, 6905; que Jéhovah
  qui a été vu, cc soit l'apparition du Divin du SeigneUl' dans son
  Humain, cela est encore évident en cc que le Divin du Seigneur
  ne peut apparaitrc à allClIn homme, ni même·à aucun Ange, que
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                             ·173
par le Divin Humain, et le Divin Humain que pal' le Divin Vrai
qui en procède. Ici, dans le sens interne, il s'agit de la délivrance
de ceux qui étaient de l'Église spirituelle; que ceux-là aient ét.é
délivrés par l'avénement du Seigneur dans le monde, on le voit
Nos 266,1, 27 16, 3969, 681H, 69,14, et qu'ils aient spécialement
               i


été sauvés par le Divin Humain du Seigneur, on le voit Nos 27i16,
2833,2834.. Quant à ce que ceux de cette Église n'aUl'aient point
la foi, et ne recevraient point ce que dit la Loi Divine qui est
représentée par l'loïse, c'est-à-dire ce que dit la Parole, s'ils ne
voyaient pas des signes, yoici ce qu'il en est: Ceux-là, parce qu'ils
sont de l'Église spirituelle, n'ont pas la perception du vrai d'après
le bieu, comme les célestes, mais ils reconnaissent pour vrai tout
doctrinal de leUl' Église qu'ils ont confirmé chez eux, aussi sont-ils
relativement dans l'obscUl', N°s 2718. 283,1, 2849, 2935,2937,
3833, 6427, 6500, 6865; c'est même ce qu'on peut voir clairement
en ce qu'il ne saisissent nullement comment l'Humain du Sei­
gneUl' peut être Divin, ni que l'amour Divin puisse faire cela dans
l'Humain; car ils tiennent leur pensée dans un humain tel qu'il est
chez l'llOmme, et ne sortent pas de là quand ils pensent au Sei­
gneur; telle est la perplexité dans laquelle ils sont; on peut encore
le voir en ce qu'ils ne saisissent pas non plus comment l'homme
peut vivre après la mort, et avoil' alors des sens, comme la vue,
l'ouïe, le toucher et l'odorat, et être dans la forme Immaine; il
leur semble éloigné du vrai que l'homme soit tel, lorsqu'il a rejeté
son corps, ainsi que les sens et les membres de son corps; ils se
trouvent ainsi engagés dans les sensuels, et par suite dans les
scientifiques et dans les illusions; si donc ils ne croyaient pas
que le corps dût de nouveau être conjoint il l'âme, ils ne croiraient
absolument il aucune résurrection: d'après cela on voit assez clai­
rement dans quelle obsCUl'ité ils sont sur les choscs quiappartien­
nent au Ciel; de là vient qu'il n'est jamais possible qu'aucune foi
soit implantée en eux, il moins que le Seigneur ne les détourne des
faux par une force puissante; et comme tine telle force n'existait
pas avant l'avènement du Seigneur, mais fut acquise après son
avènement, lorsql,l'i! eut fait Divin en Lui l'Humain, c'est pour cela
qu'ils n'ont pu être tirés de la terre inférieure où ils (laient infestés
 par les faux, ni être élevés dans le Ciel, qu'après la résurrection
114.                  ARCANES CÉLESTES.
du Seigneur, N° 691~·: c'est de là maintenant qu'il est dit qu'ils ne
croiront pas, ni par conséquent ne recevront pas ce que la Loi
Divine, c'est-à-dire ce que le Divin Vrai enseigne, à moins qu'ils
ne voient que cela est ainsi, pal' GOnséquent à moins qu'ils ne
voient les signes, dont il va être bientôt parlé.
  69~6.    Et Jéhovah lui dit, signifie la Prévoyance de cc qu'ils
seraient s'ils n'avaient 710int La {ai: on le voit par la signification
de di,'c, lorsque c'est Jéhovah ou le Seigneur qui dit, en ce que
c'est la Prévoyance, No 536-1 ; que ce soit la PI'évoyance de ce
qu'ils seraient s'ils n'antient pas la foi, cela est évident d'après les
trois signes dont il est parlé dans ce qui suit; car ces signes dans
le sens intel'lle représentent leur état s'ils ne croyaient pas.
   6947, Qu' cst-ce quc ceci dans ta main? et il dit: un bâton,
signi{te la puissance du Divin Ilumain du Seigueur: on le voit pal' la
signification de la main, en ce qU'eJle est la puissance, N0 878,
3387, ~93i à 4937, 5327, 5328, 55U; ct par la signification du
bâton, en ce qu'il est 3ussi la puissance, N°s 6,013, 4876, 4936;
que ce soit la puissance du Divin Humain du SeigneUl', c'est parce
que ~Ioïse représente le Seigneur quant à la Loi Divine ou la
Parole, qui est le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Sei~
gneur, N° 6752: la puissance qui est signifiée pal' la main est la
puissance procédant du Divin Rationnel du Seigneur, mais la puis­
sance qui est signifiée pal' le bâton est la puissance procédant ÙU
Divin Naturel du SeigneUJ'; si le bâton est la puissance procédant
du Divin Naturel du SeigneUl', c'est parce que le bâton, à J'instar
tlu pied, soutient le corps, et que le pied signifie le naturel, No 2162,
3,1.'17, 3761, 3986, 4280, ~9;i8 à 49ü2; que lever la main, ce soit
la puissance dans le spirituel, et lever le pied la puissance dans le
naturel, on le voit Nos 5327, tj328; ct parce que cela est ainsi, selon
les élévations des choses dans le sens interne, il a été dit à l-Ioïse,
quand il faisait des miracles, tantôt de lever sa m;l.in, ct tantôt de
lever son bâton.
  6948, Et iL dit: jette-Le à terre, signi{te L'influx de La puissance
du Divin Naturel du Seigneur dans Le sensuel: on le voit par la
signification du bâton, en ce que c'est la puissance dans le naturel;
et quand il sc dit du Seigneur, c'est la puissance procédant de son
Divin Naturel, ainsi qu'il vient d'être montré No 6947 ; par la signi­
EXODE, CIU.P, QUATRIÈME.                         175
/ication ùe jetcr ou de lancer, en ce que c'est le procédant, amSI
l'influx; ct pal' la signification de la tcr/'c, en cc qu'elle cst
l'externe de J'homme, ~os 82,913,1411,1733, ici son sensuel ct
son corporel, qui sont les extrêmes, parce que le bâton est devenu un
serpent, ct que le serpent signifie l'homme sensuel et corporel. Par
la puissance Divine du Seigneur ici est entendu le Divin Vrai pro­
cédant du Seigneur, car il y a dans le Divin Vl'ai une telle puis­
sance que c'est la puissance même, N° 3090, .193'1, 63H, 6.123:
le Divin Vrai procédant du Seigneur influe dans tout homme, pat'
ses intérieurs dans les extérieurs, jusque dans le sensuel extel'l1e ct
dans le corporel, ct excite partout les correspondants dans leur
ordre, dans le sensuel les correspondants tels qu'ils se montrent
dans le monde ct sur la terre; mais comn~e les correspondants qui
sont dans le monde et.sur la terre se montrent autrement qu'ils ne
sont, c'est pour cela qu'ils sont pleins d'illusions; lors donc que
le sensuel est dans ces seuls correspondants mauvais, il ne Ini est
pas possible de ne pas penser contre les biens ct les vrais de la foi,
parce qu'il pense d'après etes illusions, et de ne pas changer le Divin
Vrai en faux quand cc vrai influe; que l'homme qui n'a point été
élevé au-dessus du sensnel, mais qui est dans le sensuel et pense
d'après cc sensuel, pense d'après des illusions, c'est ce qui pent
être illustré par des exemples: telles sont les illusions, que la vie
de l'homme appartient au corps, lorsque cependant cHe apPal'tient
il l'esprit dans le corps; que la vue appartient il J'œil, l'ouïe à
l'oreille, le langage à la langue ct à la bouche, lorsque cependant
c'est l'esprit qui voit, qui entenù, qui parle, pal' ces organes du
corps; les illusions, que la vie demeure dans l'homme, lorsque
cependant elle influe; les illusions, que l'âme ne peut être dans
une forme humaine, dans des sens humains, dans des affections
humaines; les illusions, que le Ciel et l'enfer sont l'un au·dessus
de l'houune ct l'autre au-dessous de lui, lorsque cependant ils sont
en lui: les illusions, !lue les objets influent dans les intérieurs,
lorsque cependant l'externe n'influe point dans l'intel'l1e, mais
c'est l'interne qui influe dans l'externe: les illusions, qu'après la
mort la vie ne peut. exister à moins qu'elle ne soit en même temps
 avec le corps; outre les illusions dans les natUl'els, d'oil résuilent
 tant de conjectUl'es qui se contrarient les unes les autres; qui ne
~76                   AnCANES CÉLESTES.
peut voir que les illusions et pal' suite les faux ytlominent au lieu
des Vl'ais, seulement d'après la dispute qui a longtemps existé sur
la circulation du sang, car bien que cette circulation fût appuyée
par tant de documents de l'expérience, la question n'en est pas
moins restée longtemps indéeise: et aussi d'après la dispute sur le
Soleil, quand on prétendait que chaque jour il tournait autour
de cette terre~ et que cette révolution était faite une fois chaque jour
non-seulement par le Soleil, mais aussi par la Lune, par toutes les
Planètes, et par le Ciel astral tout entier: et en outre d'après la
dispute qui dure encore sur l'âme, sur sa conjonction avec le corps,
et sur le siége qu'elle y occupe? Lorsque les illusions .des sens
dominent dans ces choses qui se manifestent cependant telles
qu'elles sont par un si grand nombre de phénomènes et d'effets,
combien ne doivent-elles pas dominer dans les choses qui ap­
partiennent au Ciel, lesquelles ne se manifestent que par les
correspondances, puisqu'elles .sont spirituelles? D'après cela, on
peut voir maintenant quel est le sensuel de l'homme considéré
en soi et abandonné à lui-même, c'est-à-dil;e qu'il est dans les illu­
sions et par suite dans les faux, par conséquent contre les vrais
et les biens de la foi: c'est de là que, ,quand l'homme est dans le
sensuel et dans la lueur du sensuel, il est dans l'obscurité quant
aux choses qui appaliiennent au monde spirituel, c' est~à-dire, quant
aux choses qui sont dans la lumière par le Divin; et que la lueur
sensuelle est changée en une complète obscurité, quand la Lumière
du Ciel tombe dans cette lueur; cela vHmt de ce que les vrais qui
appartiennent à la Lumière Divine ne peuvent être avec les illusions
et les faux, mais les éteignent et ainsi plongent dans les ténèbres.
   694.9. Etil devint un serpent, signifie l'homme sensuel et corpo­
rel sépal'é de l'homme interne: on le voit par la signification du
serpent, en ce que c'est l'homme qui raisonne d'après les sensuels,
N0s ~ 95, 196, 197, 6398, 6399, ainsi le sensuel de l'homme; et
parce que le serpent signifie le sensuel, il signifie: aussi le corpo­
rel, car le sensuel tire des sens du corps ce qui lui est propre: et
comme le sensuel, considéré en lui-même, est tel qu'il vient d'être
décrit N° 6948, le serpent qui est le sensuel signifie aussi tout mal en
général, Nos 251 , 254,257. Qu'ici le serpent signifie l'homme sen­
suel et corporel sépal'é de l'homme interne ou rationnel, cela est
EXODE, CHAP, QUATRlimE.                            ,177
~vident   en ce que lIosc!wh s'enfuit de devant lui, ce qui signilie
l'horreur pour ce sensuel; et aussi en ce que pal' ce signe est dé-
crit l'état de ceux de l'Église spirituelle s'ils n'avaient point la foi,
car alors leur interne serait fermé, et il n'influerait de lumière du
Ciel que ce qu'il faudrait pour qu'ils pussent penser d'après le sen·
suel séparé et pal' suite parler. C'est d'après le sensuel séparé que
pensent tous ceux qui défendent les faux contre les vrais et les maux
contre les biens; en un mot tous ceux qui sont dans le mal de la vie,
et qui par suite n'ont aucune foi, cal' celui qui vit mal ne croit rien:
ceux qui sont tels remportent sur les autres dans l'art de raison-
ner, et aussi de persuader, principalement aux simples; et cela,
parce qu'ils parlent d'après les illusions des sens, et d'après les
apparences dans le monde; ils savent aussi étouffer ou voiler les
vrais par des illusions; de là aussi les serpents signifient la ruse et
l'astuce, mais quand le sensuel a été conjoint à l'interne, ou a été
convenablement subordonné au rationnel, le serpent signifie la
prudence et la circonspection, N°s '197, 4'iM,I, 6398.
  6950. Et Moschehs' enfuit de devant lui, signifie l' horl'em' pOUl' le
sensuel sépm'é ; on le voit par la signification de s' enfuir, en ce que
c'est l'horreur, car celui qui a en horreur une chose la fuit; et par la
signification du serpent, de devant lequel lIoscheh s'enfuit, en ce
que c'est le sensuel séparé, ainsi qu'il vient cl' être dit, N° 694·9.
  6951. Et Jéhovah dit à llfoscheh, signifie la pj'ovidence pal' le
.Divin; on le voit pal' la signification de dil-e, lorsque c'est Jéhovah
ou le Seigneur qui dit, en ce que c'est la Prévoyance, N° 6946; et
parce que c'est la Prévoyance, c'est aussi la Providence, car elles
sont conjointes, puisque le Seigneur Pourvoit à ce qu'il Prévoit, il .
Pl'évoit le mal et Pourvoit au bien; ici donc Jéhovah dit signifie
la Providence, parce que le serpent est changé maintenant en bâ-
ton, c'est-à-dire, le mal en bien; et par la représentation de Mos-
cfuh, en ce qu'il est le Seigneur quant au Vrai Divin; ainsi la
Providence par le Divin est dite ". du Seigneur quant à l'Humain,
quand il a été dans le monde.
   6952. Étends 'ta main et prends sa queue, signifie la puissance
d'élever au-dessus du dernier du sensuel; on le voit par la signifi-
cation de la main, en ce qu'elle est la puissance, N0 694.7; et par
la signification de la queue du serpent, en ce qu'elle est le dernier
          XI.                                                 J2
178                    AnCANES CÉLESTES.
  du sensuel; le serpent est le sensuel, comme il vient d'être dit
  N0 69~9, ainsi sa queue est le dernier ou l'infime du sensuel;
  l'élévation est signifiée pal' étendre et prendre, car celui qui étend
  la main el prend quelque chose qui rampe sur terre, l'élève. Parce
  que le serpent signifie le sensuel séparé, et par suite le raisonnement
 d'après les illusions des sens sur les vrais de la foi, la queue du
 sel'pent signifie le faux lui·même, car le faux est le dernier
 ou l'infime, et celui qui esl dans le faux, ainsi dans le demier ou
 dans l'infime, regarde absolument en bas ou en dehors, c'est-à-dire,
 dans le monde et vers la terre, mais non en haut ou en dedans,
c'est-à-dire dans le Ciel et vers le Seigneur, Que la queue du ser­
pent signifie de telles choses, on le voit dans Jean: fi. Les saule­
l)   l'elles avaient des queues semblables aux scorpions, et des aiguil­
l)   Lons élaient dans lem's queues, et leur pouvoir{élaït) de nuire aux
 II hommes. l) -     Apoc. IX. 10; -les queues semblables aux scor­
pions, et les aiguillons dans les queues sont les subtils raisonne­
 ments d'après les faux, pal' lesquels ils persuadent et par consé­
quent nuisent, aussi est-il dit que lem' pouvoir est de nuire aux
hommes. Dans le Même: « Les queues des chevaux étaient sem­
 II blables à des serpents, elles avaient des lêtes, ct pal' eUes, elles

 )) nuisent. II - Apoc. IX. 19; - pareillement ici les Queues sem­
blables à des serpents sont les raisonnements d'après les faux,
par lesquels ils nuisent; et même davantage, pal'ce qu'il est dit que
c'étaient des queues de chevaux ct qu'elles avaient des têtes, car
l'intellectuel est signifié par les chevaux et aussi par la tête, de iiI
les queues y signifient de plus subtils raisonnements d'après les illu­
sions et par suite d'après les faux contre les vrais, ces l'aisonne­
ments sont infimes, car plus les raisonnements contre les vrais
SOllt subtils, plus ils sont inférieurs. Dans le Même: (( La Queue du
II d1'agon entmina la troisième pm'lie des élOiles du Ciel, et les jeta

II sur la terre. II -   Apoc. XII, ~; -la Queue ùu dragon signifie
pareillement les raisonnements d'après les faux.; les étoiles du Ciel
sont les connaissances ùu bien et du vrai; les jeter sur la tene,
c'est les détruire; que le dragon soit le serpent qui séduit par les
raisonnements d'après les faux, el qui ,a séduit la mère des vivants
ou Ève dans le paradis d'après l'arbre de la science, c'est-à-dire,
~ar les scientifiques qui proviennent du sensuel, ainsi qui pro­
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                           179
'Viennent des illusions, on le voit clairement aussi dans Jean:
'« Alors fut précipité le grand dragon, le serpent ancien qui est
 Il appelé Diable et Satan, qui séduiL toulle globe. »-   Apoc. XII. 9,
- Que la queue en général soit le sensuel sél)aré, qui regarde ~on
 en haut mais en bas, ainsi non vers le Ciel mais vers la terre, con­
séquemment le faux, on le voit dans l~saïe : « Jéhovah retranchera
 "d'Israël ll'L Tête et la Queue, le rameau elle jonc; le vieillard et
        .
 » celui gui est honoré, c'est la Tête, mais le Prophète docteul' de
            ,

 " mensonge, c'est la Queue. »- IX. "3, 14.; - dans ce passage
 la queue est évidemment le faux qui dans la Parole est appelé men­
 songe. Dans le Même: « Il n'y aura point pour l'Égypte d'ouvrage,
  Il qui (asse la Tête et la Queue, le rameau et le jonc. » -  XIX. 15;
  -le jonc est l'infime. Dans Moïse: « Ainsi Jéhovah te mettra en
  » Tête et non en Queue, afin que tu sois seulement en haut, et que
  Il tu ne sois pas en bas, quand tu obéiras aux préceptes de ton

  Il Dieu.» -    Deutér. XXVIII. 13; -la queue, c'est l'infime qui re­
  garde en bas ou en dehors, c'esl-à-dire, dans le monde et vers la
  terre, et non vers le Ciel et vers le Seigneur; car les intérieurs de
  l'homme sont élevés avec les sensuels en haut pal' le Seigneur,
  quand l'homme est dans le bien de la foi et de la charité; mais s'il
  est dans le mal et dans le faux, ses intérieurs regardent avec les
  sensuels en bas, ainsi seulement vers les choses qui sonl dans le
  monde, de là il dépouille la nature humaine el revêt la 'nalure de la
  bête sauvage, cal' les bêtes sauvages regardent en bas, ou seulement
   vers les choses qui sont sur la terre; celui qui regarde en bas, veut
   le mal et pense le faux; mais celui qui est élevé en haut pal' le Sei­
   gneur, veut le bien et pense le vrai; l'élévation est faite en actua­
   lité par le Seigneur, et par suite J'éloignement d'avec les maux
   et les faux; les Anges perçoivent cela par les sens mêmes; c'est
   comme l'effort vers le cenlre des corps graves; le centre, c'est oil
   est le Seigneur dans son Soleil, vers ce centre sont élevées les
   têtes des Anges, el sont tournés les pieds des infernaux, ainsi
   ceux-là regardent en haut, el ceux-ci en bas, Nos 364.1, 364.3. Dans
   le même: « Le voyageur, qui est au milieu de toi, montera sur toi
    " en haut de plus en plus; mais toi LU descendras en bas de plus en
    » plus; lui, il sera en Tête; mais toi, tu seras en queue. » ­
    Deulér. XXVIII. 4-3, H" - pareillement. Dans Ésaïe; « Dis-lui;
·180                   ARCANES CÉLESTES.
» prends garùe à loi, ct sois tranquille; ne crains point, et que Ion
» cœUl' ne s'amollisse point à cause des deux queues de ces ti.wns
» fumants, à cause de l'emportement de Rézin et de la Syrie, et du
» fils de Rémalia. » - VII. 4; - Hézin, roi de Syl'ie, ce sont les
connaissances du mal; que la Syrie signifie les connaissances du
bien, on le voit Nos ·1232, '1234, 3680, ainsi dans le sens opposé les
connaissances du mal; le ms de Rémalia, roide Samarie, ce sont les
connaissances du faux; les unes et les autres sont les queues, parce
que ce sont les infimes; les tisons fumants, c'est l'emportement.
   6953. Et il étendit sa main, et il le sai,~it, signifie l'élévation
vers les intb'iew's : on le voit par la signification d'étendre la main
et de saisir, quand cela se dit de choses qui sont en bas, en ce
 que c'est être élevé vers les supérieurs, ou ce qui est la même chose,
vers les intérieurs, comme ci-dessus, N0s 6952; et par la significa­
 tion dela main, en ce qu'elle est la puissance intérieUl'e, N° 6952;
 et par la signification du serpent, qui est cc qu'il a saisi, en ce que
c'est le sensuel et par suite le raisonnement, N° 6949; dans ce qui
va suivre on verra que quand le sensuel est élevé vers les intérieurs,
la puissance est communiquée par le Divin.
   6954. Et il devint un bâton dans sa paume, signifie qu'alors la
plti.~sance fut communiquée pal' le Divin: on le voit par la significa­
tion du set'pent qui devint un Mton, en cc qu'il est le sensuel,
N° 6949 ; par la signification du bCtton, en ce qu'il est la puissance
dans le naturel, et par la signification de la paurlle, en ce qu'elle
est la puissance intérieUl'e, l'une ct l'autre puissance provenant du
Divin, N° 6952. Voici ce qu'il en est: l'homme pal' lui-même l'e­
garde seulement en bas, c'est-à-dire, dans le monde et sUI' la terre,
parce que par lui-même il est dans le mal et dans le faux; et quand
il regarde ainsi le sensuel domine, et les intérieUl's ne font rien
contre lui, parce qu'ils suivent la force du tonent et descendent
avec lui: cependant l'homme, non par lui-même mais par le Sei­
gneur, regarde en haut, c'est-à-dire, vers le Ciel et vers le Sei­
gneur; cela s'opère par l'élévation; quand les intérieurs sont élevés,
le sensuel est élevé aussi, mais la lueUl' du sensuel est alors db­
scurcie, car la Lumière du Ciel domine; quand cela arrive, le bien
et le vrai influent du Seigneur, et sont aussi reçus; cela est en­
tendu par la puissance communiquée par le Divin; mais il n'yen
EXODÊ, CH..P. QUATHIElŒ.                             481
a pas d'autres que ccux qlli ont vécu clans le bien de la foi el de la
charité, qui puissenl être élevés ainsi. Qu'il y ait <les Élévations
vers les intérieurs, c'est ce qu'il m'a été <lonné de savoir pal' une
expérience vivc, car je les ai mille fois aperçues.
  6955, Vers, 5, 6,7, Afin qu'ils cj'oient que de toi a été vu Jéhovnh,
te Dicu de lcur père, le Dieu d'Abmham, le Dieu de Jischak, et le
Dieu d<: Jacob. Et Jéhovah lui dit encore: il/els maintcnnntta main
dans ton sein; et il mit sa main dans son sein; et il ln j'CliN!, et
VOiCl, sa main léprcuse, comme la neige. Et il dit: l'amène ta main
cl ton sein; et il rŒmena sa main et son sein, et il la j'etira de son
sein, et voici, elle était j'edevenue comme sa chair. - Afin qu'ils
cl'oient que de toi a été vu Jéhovah, signi:ûe afin qu'ils aicnt la foi
concemant le Divin Humain du Seignelll'; le Dieu de leurs pèTes,
signifie que ce Divin était le Divin de l' Ancienne ]~glisc: le Dieu
d'Abraham, le Dieu de Jisclwk et le Dien de Jacob, signii1e le
Seigneur quant au Divin Même cl quanl au Divin Humain: et
Jéhovah lui dit encore, signifie la Prévoyance cie ce que seraient
ceux dc l'Église Sl)irituellc s'ils n'avaient point la foi : met.~ ta main
dans Ion sein, signifie l'appropriation du vrai: et illliit sa main d(ms
son sein, signifie l'actualité: cl il la j'el,ira, signifie ce qui en '(­
sulle : et voici sn main lépreuse cOlwne la neige, sign ifie la profa­
nation du vrai: et il dit, signifie la Pt'ovidence, de ce que seraient
ceux de l'Églisc spirituelle s'ils avalent là foi: 1'Ctlllène ta main à 1011
.~ein, signil1c l'appropriation du vrai: et ilrmneua sa main et son sein,
signifie J'actualité: ct il la rctira de son sein, signifie ce qui en resulte:
ct voici, elle était redeve/lue comme sa chail', signifie alors le bien.
   6956, Afin qu'ils cl'Oient que de LOi a été vu Jéhovah, signifie afin
qu'ils aient la {ai concernant le Divin /:Ill/nain du Seignew': on le
voit pal' la signification de cl'oil'e, en ce que c'est avoir la foi, non la
foi que Jéhovah ou le Seigneul' a été vu devant les yeux, mais clans
le sens spirituel la foi envers le SeigneUl'; et pal' la signification
de Jéhovah qui a été Vll, en ce que c'cst l'apparition du Seigneut'
dans son Divin Humain, N0 6945 ; ainsi afin qu'ils croient que (li.!
loi ct élé litt Jéhovah, signifie afill qu'ils aient la foi concernanlle
Divin l-iumain du Scigneul'.
  6901. Le Dien de leurs pères, signific que ce Divin étnitle Divin
de l' AnciennG J~glise " cela est évident p~lI' la sir;nifical ion du J)iC1~
182                    ARCANES CÉLESTES.
de lem's pères, en ce que c'est le Divin de l'Église Ancienne, voi
N°s 6876, 6884, on y voit aussi que ce Divin était le Seigneur
quant au Divin Humain.
   6958. Le Dieu cr Abraham, le Dieu de Jischak et le Dieu de Jacob,
signifie le Seigneur quant au Divin même et quant au Divin Hu­
main: on le voit d'après ce qui a été montré N° 6847, où sont les
mêmes paroles.
    6959. Et Jéhovah lui dit encore, signifie la P1'évoyance de ce que
seraient ceux de l'Église spi1'ituellc, s'ils n'avaientpoinlla {oi: on le
voit par la signification de Jéhovah dit, en ce que c'estlaPrévoyance,
commc ci-dessus No 6946; que ce soit ùe- ce que seraiont ceux
de l'Église spirituelle s'ils n'avaient pas la foi, c'est parce que
dans ce qui va suivre il s'agit de ceux. de l'Église spirituelle,
qui sont rcprésentés par les fils d'Israël, quels ils seraient ulté­
rieurement s'ils n'avaient point la foi, c'cst-à-dire qu'ils se­
raient des profanateUl's du vrai; car le pr-aluüw Miracle, le
bâton devenu serpent, signifie leur ét.at; en ce qu'ils dcviendraient
entièrement sensuels et corporels; ce miracle-ci, la main devenue
lépreuse, signifie la profanation, cal' elle succède à l'état précédent
quand cette Église persiste dans l'infidélité. Ceux de l'Église spiri­
tuelle dans leur enfance et ensuite dans leur adolescence ont la foi
aux doctrinaux de leur Église, mais alors il ont la foi d'après leurs
parents et leurs maîtres, et non d'après eux-mêmes, c'est pourquoi
si dans la suite ils s'éloignent de la foi, ils ne profanent le vrai
que légèrement; cette profanation peut être repoussée par les
moyens Divins, et ainsi l'homme peut être délivré du délit: mais si
J'homme a la foi à la doctrine de l'Église et à la Parole par lui­
même, c'est-à-dire, par des confirmations en lui-m6me, ct qne
 dans la suitc il s'éloigne de cett.e foi, et nie chez lui ce qu'il avait.
cru auparavant, surtout s'il vit d'une manièrc contrairc au vrai
 qu'il avait confirmé chcz soi, et qu'il l'explique en faveur de soi ou
le rejette entièrement, il profane le vrai; et cela, parce qu'il mêlc
 et conjoint le vrai et le faux au dedans de lui-même; comme ceux
 qui sont tels ont à peine quelques l'estes du vrai et du bien, ils de·
 viennent enfin dans l'autre vie semblables à des squelettes et il
 leur reste aussi peu de vie qu'il y en a aux os comparativement à la
"je organique de la chair; toutefois le sort de ccux qui profanent le
EXODE, CHAP. QUATRlÈ~Œ.                         l83
bien est plus dur que le sort de ceux qui profanent le vrai; ceux
qui sont de l'Église spirituelle dlt Seigneur peuvent profaner le vrai,
mais non de même le bien. Comme la lèpre signifIe la profanation
du vrai, r,t qu'il en est question dans ce qui va suivre, il faut d'a­
bord voir ce qui a été précédemment dit ct montré sur la profana­
tion, savoir, que ceux qui sont au dedans de l'Église peuvent pro­
faner les choses saintes, mais qu'il n'en est pas de même de ceux
qui sont au dehors, Nos 205,1, 3399; que les choses saintes ne
penvent être profanées que par ceux qui les ont auparavant re­
connues, N°s 1008,1010,101;9,3898,3398,4289; qu'il y a aussi
Profanalfon il reconnaître ct il croire les vrais ct les biens ct
à vivre cependant d'une manière opposée, No 460' ; que l'homme
est détourné de la profanation, autant qu'î! est possible, N°s 301,
302,303. 1327, -1328,3398,3402; que le sortdes profanateurs est
le plus alft'eux de t.ous dans l'autre vie, N° 6348.
  6960. .il-Iets ta main dans ton sein, signifie l'app1'opriation du
vmi: on le voit par la signification de la main, en ce qu'elle est la
puissance, ]'06947; et par la signification du sein, en ce que c'est
l'amour, Cal' toutes les choses qui appartiennent à la poitrine COI'­
respondent il l'amour, parce que dans la poitrine il yale cœlll' qui
correspond il l'amour céleste, et le poumon qui cOl'l'esponq à l'a­
mour spirituel, ]'05 3635, 3883 il 3896,4->12,40113,4.133; et puis­
que ainsi le sein concspond il l'amour, il signifie aussi le propre,
cal' le propre de l'homme est ce qui appartient il son amolli'; c'est
pour cela qu'ici mettre la main clans le sein signifie l'appropriation,
que ce soit l'appropriation du vrai, cela est évident paI' ce qui suit,
et aussi par cela que la puissance spirituelle consiste dans le vrai;
No 6948. Que le sein soit cela même qui appartient à l'homme, par
conséquent le propre et par suite l'appropriation et la conjonction
par l'amour, on le voit d'après ces passages; dans Michée: « Ne
)) vous confiez point au compagnon, n'ayez point confiance dans le
» conducteur, d.e devant celle qui couche dans ton sein garcl'C les
» portes de ta bouche. Jl - YII. 5; -coucher dans le sein, c'est
être conjoint pal' l'amour: de là aussi l'épouse est appelée l'ép01lse
du sein d!l. mari, Deutér. XXVHI. 54. II Sam. XII. 8; et le mari
est appelé le mari du sein de l' épo/lse, Deutér. XXVIII. 56; et cela,
l~arce que l'nn appartient il l'autre. Dans David: [( la prière 'Slll'
,184,                  ARCANES CÉLESTES.
» mon sellll'etombe.» -Ps. XXXV. 13,-c'est-à-diresur lui-même.,
Dans le Même: « Souviens-toi, Seigneur! de l'opprohre de tes!
» serviteurs; que je porte dans mon sein tous les grands peuples. »
- Ps. LXXXIX. 5,1; - c'est-à·dire chez soi-même, comme pro­
pre. Dans Ésaïe: « Comme un berger il paît SOIl troupeau; dans
» son bras il recueille les agneaux, et dans son sein il les porte. » ­
XL. '1 '1, - pareillement. Dans Luc : « Donnez, et il vous sera
» donné; une mesure bonne, pressée, agitée, et qui déborde, sem
II donnée dans vot/'e sein. » -          VI. 38, - être donnée dans le sein,
c'est pour eux-mêmes comme propre. Dans le iUême: « Ensuite il,
II arriva qlte Lazare mourut, et qu'il fnt emporté par les Anges

» dans le sein d'Abraham. II - XVI. 22, - être emporté dans Je­
sein d'Abraham, c'est vers le Seigneur, qui est entendu pal' Abra­
ham, d'après la conjonction par l'amour. Dans Jean; « Il y avait
 II se reposant dans le sein deJésus un de ses disciples, queJésus ai-,

 II metit; lui donc, se penchant sm' la poitrine de ,Jésus, lui dit:

 II Seigneur, qui est-ce? ll-XIII. 23,25, -se l'eposerdans lescin,

c'est évidemment être aimé,. et par l'amour être conjoint. Dans le
 Même: « Personne ne vit jamais Dieu; le Fils-Unique, qui est
  » dans le sein du Père, Lui L'a exposé. » -1. 18, - être dans le
 sein du Père, c'est êtreun avec Lui. Le sein est pris 110Ul' cela même
 qui appartient à l'homme, ct poud'appropriation qui n'est pas faite
  pal' l'amour, dans les passages suivants; dans Ésaïe: « Je rendrai,
  II je Tendmisur leur sein vos iniquités, et les iniquités de vos pères

  II en même temps; je mesurerai le prix de leur œuvre SUT leur·sein. »

  - LXV. 6, 7. - Dans Jénmie : « Jéhovah faisant miséricol'de en
   II des milliers (de génémtions), et Tenclal1ll'iniquité des pères dans

   II le sein de leurs fils après eux, » -         XXXIl. ~8. - Dans David:
    » Rends à nos voisins le septuple dans leur sein, leur opprobre dont
    II ils T'ont affligé, Seigneur! » -        Ps. LXXIX. 12; - rendre dans
    le sein, c'est contre eux-mêmes.
        696,1. El il mit la main dans son sein, signifie l' aclualilé, savoir,
    de l'appropriation du Hai : on le voit d'après ce qui vient d'être dit
    ci-dessus.
        6962. El il la relira, signifie ce qui en résulle: cela est évident
    pal' la significatio..!!- de tirer lCt m(tin de son sein ct voir, en ce que
    c'est examiner ql~IJC elle est, ainsi cc qui en résulte.
EXODE, CHAP. QUATlUEMK                             ,18')
  6963. Et voici, Set l1uûn léprcuse comme la neige, ûyni{ie la pro­
fanation du vrai: on le voit par la signification dr. la main en ce
qu'eHe est la puissance, comme ci-dessus 1"°6947, et en ce qu'elle
 est le vrai, parce que la puissance spirituelle consiste dans le
vrai, Nos 694-8, 6960; ct par la signification de la Lèprc, en ce
qu'elle est la profanation, ~pécialement la profanaLion du vrû,
ainsi qu'il va être expliqué. Dans la Parole Historique, il est
beaucoup question de la Lèpre, de la diversité de son apparence
dans la peau, de sa qualité dont on jugeait d'après cette appa­
rence, du lépreux en ce qu'il devait ou être renfermé, ou sortir lle
la communion, ou être mis en liberté; et cle la lèpre dans les vête­
ments, dans les vases et dans les nwisons mêmes: s'il est tant
parlé de la lèpre, cc n'est pas à cause cle la lèpre comme maladie,
mais c'est pal'ce qu'elle signifiait la profanation du vrai, ainsi c'est
pal' rapport au sens spirituel, ct parce que les Juifs et les Israëlites
J'louvaient plus que les autres profaner le vrai; en effet, s'ils eussent
connu les internes de la Parole, et les vrais mêmes que l'eprésen­
taient les rites de l'Église chez eux, s'1s y cussent cu foi, et que
néanmoins ils eussent vécu selon leur caractère, savoir, clans l'a­
mOlli' de soi et du monde, dans les haines et les vengeances entre
eux, et dans la cru~uté envers les nations, ils n'auraient pas pu ne
pas profaner les vrais auxquels ils auraient une fois cm; car croire
aux vrais, ct mener une vie contraire aux vrais, c'est les profaner;
c'est même pour cela qu'ils étaient détournés des connaissances du
vrai interne, autant qu'il était possible, N0s 3398, 34-89, au point
qu'ils n'ont pas même su qu'ils devaient vivre après la mort, et
qu'Ils ont cm que le ~Icssie devait venil', non pOUl' sauver les âmes
pour l'éternité, mais pOUl' élever cette nation au-dessus de tontes
les nations ùe l'univers: ·et comme telle a été et telle est encol'e
aujourd'hui cette nation, c'est pOUl' cela que les Juifs sont encore
ùétournés de la foi, quoiqu'ils vivent au milieu du Chl'istianisme;
de là vient donc qu'il est tant parlé de la Lèpre quant il sa qnalité.
Qlle la Lèpre signifie la p: ofanation du Vl'ai, cela est bien t':yident
d'après ce qui a été statué sur la Lèpre dans Moïse, Lévit. XIII.
'1 il 59; cette description conticnt dans lc sens interne tout ce qui
concerne la profanation du vrai; ainsi, quclle est ceLLe profanation
si la lèpre est récente; quelle, SI cHe esl ancienne; quelle, si clic
,186                     AlI.CAlES CÉLESTES.
est intérieurement dans l'homme; quelle, si elle est aussi à l'exté­
l'ieur; quelle, si elle peut être guérie; quelle, si elle est incurable;
quels moyens il faut employer, et plusieurs autres choses, qui toutes
ne peuvent être connues de qui que ce soit que pal' le sens interne
de la Parole; mais comme les choses qui sont décrites pal' la lèpre
sont profanes, il n'est pas permis d'expliquer en particulier celles
qui sont dans cette description; le ciel éprouve même de l'horreur
lorsqu'on nomme seulement le profane; il m'est seulement permis
d'en rapporter ce passage: « Si en fleurissant la lèpre fleurit dans
 Il la peau, et que la lèpre couvre toute la peau de la plaie depuis la

 Il tête jusqu'aux pieds, sous tout regard des yeux du prêtre; et que

Il le prêtre voie que la lèpre a couvert toute sa chail', alors il décIa­

 Il rera pure la plaie; elle a été entièrement changée en (lèpre)

Il blanche, il est pur. Mais au jour qu'il apparaîtra en lui une

)l  chail' vive, il sera impur.)l ­  Lévit. XIII. '12,13, 1~; - si l'on
 ne savait pas, d'après le sens interne, comment il se fait que celui
qui est entièr'ement lépreux delmis la tète jusqu'aux pieds est pur,.
cela semblerait être un paradoxe; mais pal' le lépreux de la tête
aux pieds est entendu celui qui connaît les vrais internes sans les
 reconnaître ou sans y croire, celui-là n'est pas intérieurement dans
 la profanation, mais il est dans une profanation extél'ieure, qui est
 rejetée, c'est pOUl' cela qu'il est pur; mals s'il sait les vrais de la
 foi, et s'il y croit, et que cependant il vive d'une manière opposée
 il ces vrais, il est intérieurement dans la profanation, et aussi celui
  qui avait cru, et qui ensuite nie; c'est pourquoi il est dit: Au joui'
 qu'il apparaltl'a en lui une chail' vive, il sera impur; par la chail'
  vive sont entendues la reconnaissance et la foi; voir ce qui a été
  rapporté ci-dessus N0 6959.
   6964,. Et il dit, signifie let Providence, de ce que seraient ceux de'
l'Église spirituelle, s'ils ewaient la foi: on le voit par la significatiort
de Jéhovah dit, en ce que c'est la Providence, comme ci-dessus
No 695,1 : que ee soit sur ce qu'ils seraient s'ils avaient la foi, c'est
ce qui est évident d'après ce qui suit; en effet, Ut main 1'edevenut
comme sa chail', signifie qu'alors ils auraient le bien spirituel ,ce (rui
 est opposé il sa main mise dans son sein et devenue lépreuse, pat
 quoi il est signifié que ceux de l'Église sllirituelle seraient dans là
 profanation du vrai s'ils n'avaient point la foi, N°s 6959, 6963.
EXODE, CH'AP, QUATlUf:ME.                                187
  6965. Ramènc la main à-ton sein, signifie l'app,'opl'iation du vl'Cli:
on le voit par la signification de mmenc-/' ln main d(ms le sdn, en
ce que c'est l'appropriation du V1'ai, No ()960,
  6966, Et ill'Clmena sa main         ct son sein,   signifie l'actualité; voir.
ei-dessus No 6961.
  6967. Et il la relil'Cl tle son sein, signifie ce qui en résulte: voir
aussi ci-dessus No 6962.
   6968. - Et voici, elle était l'edevenue comme sa chai1', signifie nlm's
le bien du vrai: on le voit par la signification de la chail', en ce
qu'elle est le propre volontaire de l'homme, vivifié pal' le Propre du
Divin Humain du Seignem, ou propre céleste, N° 38,13; et comme
~'est là ce qui est signifié par la chair, c'est le bien de l'amour pour
le SeigneUl' et envers le prochain qui est signifié; mais chez ceux
qui sont de l'Église spirituelle, c'est le bien du vrai, car chez eux
le bien vient du vrai eL est selon le vrai de la doctrine de leur Église;
ce vrai, quand il devient V1'ai de la vie, est appelé bien.
   6969. Vel's 8,9. Et il U1Tivem, s'ils ne le croient poillt et n'éeou-
~ent point la voix du premier sif/ne, et ils cl'oi,'ont ct la voix du
dernier signe; ct il arrivera, h.' ils ne l'l'oient pas même cl ces deux
signes, et n'écoutent point ta voix, ct tu prendras des eaux du fleuvc,_
et tu (les) l'épandloas sur le sec; ct elles sel'ont, les eau,-:t: que tu a'll'as
p,'ises du fleuve, ct elles seront en sang SUI' le sec. - Et il (L1'1'h'cm,
s'ils ne te croient point, signifie s'ils n'CInt point la foi: ct n'écoutellt
point la voix du p,'emier siglle, signif1e que s'ils n'obéissent point
à ce qui a été annoncé d'après la Parole, qu'au lieu d'être homme
spirituel et rationnel ils deviendraient non-spirituels et non-ration-
nels; ct ils croil'ont à la voix dlt demiel' signe, signifie qu'ils au-
raient la foi à ce qui a été annoncé d'avance d'après la Parole,
qu'ils deviendraient profanateurs du vrai: et il arrivera, s'ils ne
croient pas même cl ces deux signes, signifie s'ils n'avaient absolu-
ment aucune foi que de telles choses dussent arriver: et n'écoutent
point ta voix, signifie et s'ils n'obéissent en rien: tu p,'elulm,ç des
eaux du fleuve, signifie les faux scientifiques: et tu (les) l'épandras
sur le sec, signifie l'immission dans le naturel: et elles seront tes
eaux que tu aums prises, signifie le renvel'sement de J'élat: et elles
w'ont elt sang .ml' le sec, signifie la falsilication cie tout vl'ai, et
par suite la privation clu vrai dans le naturel.
,188                  ARCANES Cl~LESTES.
  6970. Et il arrivera, s'ils ne te croient point, signifie s'ils n'ont
point la foi: on le voit pal' la significalion de croire, en ce que c'est
avoir la foi, comme ci-dessus n° 6916, ici avoir la foi ne signifie pas
la foi d'après les signes, qu'ils seraient délivrés de l'Égypte, car
cette foi concel'lle les choses mondaines, mais cela signifie la foi
que s'ils ne demeuraient pas dans les vrais, ils deviendraient en­
tièrement sensuels et corporels, et enfin profanateurs du vrai; en
effet, ce sont là les choses que les deux signes signifient; le sens
interne traite, non pas de choses mondaines, comme le sens ex­
terne historique, mais de choses spirituelles; la foi dans les mon­
daines diffère entièrement de la foi dans les spirituelles; pâr exem­
pie: croire que ceux qui pal'lent agiront comme ils parlent; qu'un
homme est veridique ou ne l'est point; qu'on doit agir de telle
manière, et non autrement, pour qu'une chose l'éussisse; que des
paroles ou des écrits sont dignes de foi ou ne le sont pas, et une infi­
 nité d'autres choses semblables, voilà ee qui appartient à la fois dans
 les choses mondaines, comme aussi iei que les fils d'Israël seraient
 délivres de la servitude en Égypte. Mais croire qu'il y a un Ciel,
 qu'il y a un enfer; qu'on vivra après la mort, les bons dans la féli·
 cité pour l'éternité, les méchants dans l'infélicité; que la vie de
 chacun lui l'este; que la foi ct la charité font la vie spil'ituelle, et
 que c'est là la vie qui est chez les Anges dans le Ciel; que le Sei­
 gneur a tout pouvoir dans les cieux et SLU' les terres, comme il le
 dit Lui-Mème, - Matth. XXVlII, '18; - que c:est pal' Lui que
  nous vivons; que la Parole est la doctl'ine des vérités célestes et
  Divines, et autres choses semblables; voilà ce qui appartient à la
  foi dans les choses spirituelles, et ce qui est signifié ici par croire.
    697·1. Et n'écoutent point la voix dn premier signe, siglli(ie s'ils
 n'obéissent point à cc qui Œ été annoncé Il' apI'ès la Pamle, qu'au lieu
 d'être !tomme spirituel ct rationnel ils deviendraient non-spirituels ct
 non-rationnels: on le voit par la signification d'écolLtcr, en cc que
 c'est obéir, N0s 21W2, 3869, 50n; parlasignilication de la voix,
 en ce que c'est ce qui a été annoncé d'après la Parole, ainsi qu'il
 va été expliqué; et pal' la signification du prcmiel' signe, en cc que
 c'est qu'au lieu d'ètre homme spiriluel et rationnel ils deviendraient
 non-spirituels et nou-rationnels; qu'il en soit ainsi, cela est évident
 par la signilication du scrpcnt dans lequel fut changé le bâton jeté
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                            189
à terre par Moscheh, ce qui est ici le premier signe, en ce qu'il est
l'homme sensuel et corporel, No 6949, ai nsi non-spirituel et non­
rationnel; car l'homme qui est sensuel et corporel n'est pas )'ation­
nel, ainsi il n'est pas non plus spirituel, parce qu'il pense les faux
et veut les maux; celui qui fait cela n'est pas rationnel, ni à plm;
forte raison spirituel; car la reconnaissance et la foi du vrai, et la
vic du bien, sont le spirituel même dans le rationnel, puisqu'elles
procèdent du Divin; mais la reconnaissance et la foi du faux, et la
vie du mal, sont le contraire: Que tels soient les hommes entière­
ment sensuels et corporels, on le voit N°s 68U., 684t>, 69~8, 6949,
Ceux-là deviennent entièrenient hommes sensuels et corpoi'els, qui
ont d'ahord connu les choses appartenant au monde spirituel, et
ensuite les ont rejetées, et se sont imbus des principes du faux
contre les vrais, et qui, quant à la vie, n'ont considéré que les
choses mondaines, corporelles et terrestres, et par suite ont cm que
la vie devait être rendue agréable par toute espèce de volupté, di­
sant: « Qu'est-ce que l'homme a de plus quand il vit? quand nous
sommes morts, nous sommes morts: qu'il y ait une vie après la
mort! qui en est revenu et en a fait le récit 't nous ignorons ce quI.
doit vivre quand la vie sort de l'homme." Si quelqu'un par des
)'aisonnements.les porte à quelque pensée sur la vie éternelle, ils
pensent qu'il ne leur arrivera pas pire qu'aux autres, et aussitôt ils
retombent dans l'état de la vie précédente: chez de tels hommes
est fermé le passage pOUl' la lumière du Ciel et pour son influx, et
la lumière du Cid dans leur naturel devient comme une obscurité,
 tandis que la lumière du monde y devient une splendeur, N° 6907,
et celle splendeur est d'autant plus b,'iI!ante que la lumière du Ciel
est plus obscurcie; de là vient que de tels hommes ne voient ault'e
chose, sinon que les maux de leur vie sont des biens, et que les faux
sont des nais; c'est donc ainsi que l'homme devient sensuel et
 corro)'el: en un mot, quand l'entrée pOUl' l'influx de la lumière du
Ciel il été une fois ouverte, et qu'ensuite elle est fermée, l'homme
 est forcé de regarder en bas et non en !Jallt; et cela, d'après l'ord,'e
 Divin, afin que les vrais qu'il a une fois reconnus et qui restent
 dans son homme intérieur, ne soient point souillés pal' les faux, et
 ainsi profanés. II en est de même des nations qui se rr.til'ent de
 leul' religiosité, mais leur SOl't est meilleul' que le sort de ceux qui
490                    ARCANES CÉLESTES.
sont dans l'Église, car elles n'ont pas les vrais d'après la Parole, par
conséquent les vrais réels, elles n'ont que des vrais.conjoints à une
foule d'illusions, et qui ne peuvent pas être ainsi profanés, Quant
à la signification de la Voix, en ce 'que c'est cc qui a été annoncé
d'après la Parole, il faut qu'on sache que la voix est très-souvent
nommée, et même adjointe à des choses qui n'appartiennent pas
à la voix, comme ici en ce qu'elle est adjointe au signe: « S'ils
» n'écOlttent]JOint la voix du premier signe, ils croiront à la voix du
» demiel' signe; » et aussi ailleurs, comme dans Nahum: « La voix
» dIt fouetet la voix du bruit de roue. Il - Ill. 2: et dans David;
« Les fleuves ont élevé leur voix, plus que lcs voix dcs grosses eaux
» magniliques. » -     Ps. XCIII, 3, L - Que la voix signifie une
annonce, et dans le sens bon une annonce d'après la Parole, et
qu'alors la voix soit appelée voix de Jéhovah, on le voit dans David;
« La Voix de Jéhovah dans la puissance; la Voix de Jéhovah dans
» la gloire; la Voix de Jéhovah brisant les cèdI'Cs; la Voix dc Jé­
» hovah lançant des flammes de fen; la Voix de Jéhovah fait trem­
» bler le désert; la Voix de Jéhovah fait mettre bas les biches, et
Il découvre les forêts, Il - Ps, XXIX, 3, 4, 5,7,8,9: - et ailleurs
dans le Même: « A celui qui est à cheval sUl' le Ciel du Ciel de l'an­
» tiquité; voici, il donncl'a de sa voix, la voix de la force, » ­
Ps. LXVIII. 34, -ici la Voix, c'est le Divin Vrai, ainsi la Parole,
et l'annonce d'après la Parole: voil' ce que signifie en outre la
voix, N° 219, et que la voix se dit du vrai, N0 356~,
  6972, Et ils croil'ont à la voix du del'niel' ,~iyne, sigllifie qu'ils
auraient la foi à ce qui est annoncé d'avance d'apl'ès la Parole, qu'ils
deviendmient pl'OfanatcU/'s du vmi: on le voit par la signification
de croire, en ce que c'est avoir la foi, No 6970; par la signification
de la voix, en ce que c'est ce qui a été anoncé, No 697,1, par consé­
quent aussi ce qui a été annoncé d'avance; et par la signification
de la lèpre, qui est ici le dernier signe, en ce qu'elle est la profana­
tion du vrai, No 6963; ce que c'est que la profanation, on le voit
N0 6959, et dans les passages qui y sont cités.
   6973. Et il arrivera, s'ils ne croient pas même à ces deux signes,
signifie s'ils n'avaient absolument aucune foi que de telles choscs dus­
sent arrive l' : OIlle voit par la signification de croire, en ce que c'est
avoir la foi, savoir, dans le sens spirituel, No 6970; et parla signifi­
EXODE, CHAP. QUATlUj~ME.                          19,1
cation des deux signes, en ce que c'est qu'ils deviendraient sensuels
et corporels, et ensuite profanateurs dn vrai, ce qui est signifié pal' le
serpent dans lequel a été changé le bâton jeté à terre par Moscheh,
N° 697 i ; et par la main devenue lépreuse après avoir été mise dans
le sein, N° 6963; ainsi ne point croire ft ces deux signes, c'est
n'avoir absolument aucune foi que de telles choses doivent arriver.
    69H. Et n'écoutent point La voix, signifie et s'ils n'obéissent en
 ,"Îen : on le voit par la signification ([écouter, en ce que c'est l'o­
 béissance, N°s 254-2, 3869,5017; par la signification de la voix,
 en ce qu'elle est ce qui a été annoncé et annoncé d'avance,
 N°s 697,1, 6972; et par la représentation de Moscheh, dont ils de­
 vaient écouter la voix, en ce qu'il est le Seigneur qnant à la Loi
 Divine, c'est-à·dire quant au Divin Vrai, ainsi quant à la Parole,
 cal' là est le Divin Vrai: d'après cela il est évident que s'ils n'écou­
'tent point ta voix, signifie et s'ils n'obéissent en rien. Ici, et précé­
demment dans les Versets 1 et 8, il est dit: s'ils ne croient point
et s'ils n'écoutent point, et cependant ces deux choses pal'aissent
sembables, cal' celui qui ne croit pas n'écoute pas non plus; mais
elles sont distinctes, car croire, qui signifie la foi, se dit du vrai qui
appartient à la foi, et ainsi se rapporte à l'intellectuel; mais écou­
ter, qui signifie obéir, se dit du bien qui appartient à la charité, et
ainsi se rapporte au volontaire; cal' dans la Parole, surtout dans la
Parole PropMtique, le Vrai est exprimé pal' ses mots, et le bien
par les siens, il cause du madage céleste dans chaque chose de la
Parole, mariage qui est celui du bien et du vrai, voir N°s 683,793,
801, 2,173, 25'16, 27-12, 4-138 f. 6343,
   6975. Tu pl'endras des eaux du fleuve, signifie les {aux scienti­
fiques : cela est évident par la signification des eaux du fleuve,
savoir, de l'Égypte, ou du Nil, en ce qu'elles sont les faux scienti­
fiques; que les eaux soient les vrais, on le voit Nos 2702, 342.1"
4-976, et dans le sens opposé les faux, No 790; et le fleuve d'Égypte
le scientifique faux l"0 6693.
   6976, Et tu Les répandras sur le sec, signifie L'immission dans le
 naturel: on le voit par la signification de répandl'e, en ce que c'est
 mettre dans; et par la signification du sec, en ce que c'est le natu­
 rel; un lieu sec est appelé l'al'ide ou le sec, et la terre est aussi
 appelée ainsi, et la terre d'Égypte signifie le mental nalmel qui est
-19'.2                ARCANES CÉLESTES.

ùans le faux, ainsi le nalurel, N0s 5276, 5278, 5280, 5288, 530-1; à

plus forte raison le sec le sign ifie-t-il.

   6977. Et elles seront les ea,ux que tu auras 7J1'ises, signifie le ren­
versement de l'état :·On le voit d'après les paroles qui suivent, car il
 est dit qu'elles seront en sang sur le sec, ce qui signifie la falsifica­
 tion de tout vrai et la privation du vrai dans le naturel; lorsque
 cela arrive, l'état est entièrement renversé; de là vient que ces
 paroles, parce qu'elles en sont l'enveloppe, sont dites aussi signi­
 fier le renversement de l'état. JI ya aussi un tolal renversement
 cl'état dans le naturel, quand il n'y a rien que les faux qui s'en sont
 emparés; cela arrive rarement chez l'homme, tant qu'il vit dans le
 monde, mais il en est ainsi dans l'autl'C vie pom tous ceux qui sont
jetés dans l'enfer: si cela arrive rarement à l'homme lant qu'il vit
dans le monde, c'est parce qu'alors il est continuellement tenu dans
un étaL oit il peut être réformé, pourvu qu'il renonce librement aux
maux; mais après la mort sa vie le suit, et il demeure dans l'état
qu'il s'est acquis pendant tout le cours de sa vie dans le monde; alors
celui qui est dans le mal ne peut plus être réformé; et afin qu'il n'ait
point de communication avec quelque société du Ciel, tout bien ct
tout vrai lui sont enlevés, d'où il résulte qu'il reste dans le mal ct
dans le faux, qui s'y accroissent selon la faculté, qu'il s'est acquise
dans le monde, de les recevoir, mais néanmoins il ne lui est pas
permis d'aller au delà des limites acquises; c'est ce renverse­
ment d'état qui est entendu ici; ce renversement est tel, qu'il ne
peut plus être corrigé quant aux intérieurs, mais lIrest seulement
quant aux extériems, savoir, par les craintes des peines; lorsqu'il
les a subies souvent, il s'abstient enfin du mal, non librement mais
forcément, la cupidité de faire le malrestan t toujours; cette cupidité
est réfrénée, comme il a été dit, pal' les. craintes qui sont les
 moyens externes de correction, et qui contraignent: c'est là l'état
des méchants dans l'autre vie.
   6978. Et elles seront en sang sur le sec, signifie la falsification
de tout VI'CLi, et par suite la pl'ivation du vrai dans le natw'el : On le
voit pal' la signification du sang, en ce qu'il est le saint vrai procé­
dant du Seigneur, et dans le sens opposé le vrai falsifié et profané,
No 4.735 : il viènt d'être dit dans ce qui précède comment cela a
lieu; et par la signilication du sec en ce que c'est le naturel,
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                            ,Iga
N° 697C,. Que le Sang signifie la falsification du vrai et sa profana­
tion, on le voit surtout dans Nahum: « Malheur àla ViLLe de Sangs,
)l  toute pleine de mensonge, de rapine; le pillage n'y cesse point.
)l  1a voix de fouet, el la voix du bruit de roue, et le cheval hen­
 )) nissant, et le char ressaulant :le cavalier qui fait monter, et l'éclat
 )) d'épée, ct l'éclair de lance, ct la multitude de transpercés; et le
 )) monceau de cadavres, point de fin de corps (morts), ils heurtent
 )) contre leur corps. A cause de la multitude des débauches de la
)l  débauchée, par l'appât de la beauté de la maitI'esse en prestiges,
 » qui vend les natiOns par ses scortalions, et les familles par ses
 » prestiges. » -Ill. '1, 2, 3, 4 j -     que la ville de Sangs signifie
la doctrine du faux, et qu'ainsi le sang signifie le vrai falsifié et
profané, on le voit clairement d'après toutes les paroles de la des­
criptionde cette doctrine dans le sens interne, non-seulement dans
les Versels qui ont été rapportés, mais aussi dans les suivanls, car
la description est continuée dans tout le Chapitre; en effet, la ville
est la doctl ine ; toute pleine de mensonge et de rapine, c'est pleine
de faux et de maux provenant du faux; la voix de fouet et la voix
du bruit de roue, c'est la défense du faux provenant des illusions;
le cheval hennissant et le char ressautant, c'est ce qui provient de
l'intellectuel perverti et d'un doctrinal semblable; le cavalier qui
fait monter, l'éclat d'épée, l'éclair de lance, c'est le combat contre
le vrai; la multitude de transpercés, ce sont les faux innombrables
qui en résultent, et ceux qui sont dans les faux: le monceau de ca·
davres, et point de fin de corps (morls), ce sont les maux innombra·
bles qui en résultent, et ceux qui sont dans les maux; les débauches
de la débauchée sont les falsifications elles-mêmes, et les prestiges
pareillement.
    6979. Vers. 10, 11 , 12. Et Mosch.ch dit à Jéhovah: Pm' moi,
Seigneur, Ge ne suis) point homme de paroles, moi, ni (l'hiel', ni
d'avant-h.ier, ni de maintenant que Tu parles, Toi, à ton serviteur,
car lourd de bouche, et lourd de langue, (je suis),moi. Et Jéhovah
lui dit: Qui d01lne une bouche à L'homme? ou qui rend muet ou
sourd, ou voyant, ou aveugle? JV'est·ce pas Moi, Jéhovah? Et
maintenant va : et il/ai je serai avec ta bouche, et je t'enseignerai
ce que tu pl·ononceras. - Et Moscheh dit à Jéhovah, signifie la per­
ception d'après le Divin: par moi, Seignell1", signifie le certain: (je
        XI.                                                    13
1ÇJ4                    ARCANES CELESTES.
nc sllis) poillt homme de paroles, moi, signifie qu'il n'a point de
langap;e: ni d' hier, ni d'avant-hier, signil1e ni d'éternité (ab alterno):
ni de maintenant que tu parles, toi, à ton serviteur, signifie ainsi
ni dans J'éternité (in alternum), le Divin inllnant dans l'Humain:
CUl' low'd rte houche et lourd de langue (je suis)' moi, signifie que la

voix et le langage provenant du Divin ne sont ni entendus ni
perçus: et Jéhovah liti dit : signil1e l'influx Divin: Qui donne une
bouche à l' homme, signifie l'énonciation : ou qui rend muet, signifie
la non-<'.nonciation : Olt sourd, signifie la non-perception, et par
suite la non-obéissance: ou voyant ou aveugle, signitie la foi par les
connaissances et la non-foi par les non-connaissances: n'est-cepas
Moi, Jéhovah? signifie qne ces choses viennent de J'inllux de la
vie d'après le Divin: et maintenant va, signific la vic d'après le
D'ivin : et Moi je serai avec Ut bouche, et,je t'enseignemi ce que tlL
7J7'ononcelas, signifie le Divin dans toutes les choses en général et
en particulier qui procèdent du Divin Humain.
  6980. Et lIfoscheh dit à JéllOvah, signifie Laperception d'après le
Divin: on le voit par la signification de dire dans les HistOl'iques de
la Parole, en ce que c'est percevoir, ainsi qu'il a été souvent mon­
11'é; par la représentation de l11oscheh, en ce qu'il est le SeigneUl'
quant à la Divine Loi dans l'Humain, quand il était dans le monde,
N0s 6723, 6752,677'1, 6827; le Divin a Quo (de qui tout procède)
est signifié ]lar Jéhrrvah; de là il est évident que J'rIosc(lCh dit à Jého­
vah, signifie que le SeigncUl' d'après son Divin avait la perception
dans l'Humain.
    698-1. Par moi, Seigneur, signifie le certain: on le voit en ce que
pal' moi est une formule d'affirmation qu'une chose est ainsi, pal'
eonséquent que cela est certain.
   6982. Je ne suis point homme de paroles, moi, signifie qu'il n'a
point de langage: on le voit par la signification d'hommes de pa­
roles, en ce que c'est qu'il n'a pas la faculté de parler, par consé­
quent qu'il n'a ])oint de langage. Il faut dire comment cela doit
être entendu: Dans le sens suprême il s'agit ici du Seigneur, cal'
~Ioscheh représente le Seigneur (IUant'1a.. . à Loi Divine, ainsi quant
au Vrai Divin; le Vrai qui procède inm;édiatement du Divin ne
peut être entendu par personne, pas même par aucun Ange; cal'
pour que le Divin soit entendu, il faut d'abord qu'il devienne hu­
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                              ~ 95
main, et il devient humain quand il traverse les Cieux, et quand il
a traversé les Cieux il se présente dans une forme humaine, et il
devient langage; ce langage est énoncé pal' des esprits, qui, lors­
qu'ils sont dans cet état, sont appelés le Saint-Esprit, et cet esprit
est dit procéder du Divin, parce que le Saint de l'esprit ou le Saint
vrai que cet esprit prononce alors procède du SeigneW' : d'après
cela on peut voir que le Vrai, qui procède immédiatement du Divin
ne peut èlre présenté à quelqu'un comme discours ou langage, que
par le Saint-Esprit: cela est entendu dans le sens suprême en ce
que l'Iosche1l, qui représente le Seigneur quant au Vrai Divin, dit
qu'il n'est point homme de Paroles, et en ce qu'A1Iaron son frèl'C
lui fut adjoint, afin qu'il lui fùt pour bouche, ct que lui Moscheh fût
pour Dieu à Aharon.
    6983. Ni d'hie", nid'avant-hier, signifie ni d'éternité (ab œterno),
c'est-à-dire qu'il n'a point eu de langage: on le voit par la signifi­
cation d'hier et d'avant-hier en ce que c'est d'éternité; si d'hier et
d'avant-hie,', c'est d'éternité, c'est parce que cette expression si­
gnifie un temps, et proprement le temps passé, et que le temps,
lorsqu'il se dit du Seigneur ou du Divin, signifie non pas le temps,
mais l'éternité: Il ya deux choses qui sont les propres de la na­
ture, et qui n'existent point dans le Ciel, ni à plus forte raison dans
le Divin, c'est l'espace et le temps; on peut voir qu'ils n'existent
 point dans le Ciel, mais qu'ils sont remplacés par des états, que
l'espace est l'étal quant à l'être, et le temps l'état quant à l'exister,
 N°s 2625, 3938; que les espaces et les temps sont des états dans le
Ciel, N°s 1274, 1382, 2625, 2788,~837, 3254, 3356, 3387, 34.04.,
 3827, 4321, 4.8H, 4882, 4.901, f.9'16, 5605, 611 0; or, dans le Di­
 vin; qui est au-dessus des Cieux, il n'y a, à plus forte raison, ni
 espace ni temps, il n'y a pas même des états, mais au lieu de l'es­
 pace il y a l'infini, et au lieu du temps il y a l'éternel; c'est à l'infin~
 et à l'élernel que correspondent les espaces et les temps qui sont
 dans le monde, et les états quan t à l'être et quan t à l'exister, qui
 sont dans les Cieux. Que dans la Parole hier et avant-hier signi­
 fient non hier ni avant-hier, mais en général le temps passé, on le
 voit par les passages où ils sont nommés, comme dans Josué: « Les
 " eaux du Jourdain retournèrent dans leur lieu, et allèrent comme
 Il hie,' et avant-hier sur toutes leurs rives. ,,- IV. 18. -      Dans le
·196                  AHCANES CÉLESTES.
livl'e 1 de Samuel:   «   Il arriva que quiconque avait. connu Schaül
          avant·hie1', quand ils virent que, voici, il prophétisait avec
» d'hier et
» les prophètes. » - X. "·t. - Dans le Livre JI de Samuel; « Les
)lTribus d'Israël disaient à David; Tant hier qu'avant·hie1', quand
» Schaül était roi sur nous, toi tu menais ct ramenais IsraëL       )l­


V. 2; - dans ces passages et ailleurs, hier et avant-hier, c'est au­
paravant ou le temps passé. Maintenant, comme hier et avant-hier
signifient le temps passé, et que dans le sens suprême il s'agit du
Seigneur qui, quant à Loi Divine ou qnant au Divin Vrai, est repré·
senté par' l1oscheh, il est bien évident que ({' hier et d'avant-hier
signifie d'éternité. L'éternité, qui est signifiée pal' hier, est. expri­
mée ainsi dans David ; « llille ans il tes ycux (sont) comllle le jour
)lcl'hier, quand il est passé. » -Ps. XC. IL
    6984. Ni de maintenant que Tu parles, Toi, à ton serviteur, si­
gnifie ainsi ni dans l'éternité (in œte1'1lum), le Divin influant dans
l' Humain: on le voit pal' la signification de maintenant ou d'au·
jourd'hui, en ce que c'est l'éternité N°s 2838, 3998, 4304., 6165,
ainsi dans l'éternité, parce quecctte expression renferme le temps
suivant; par la signification de parler, en ce que c'est l'influx,
N°s 291);1 , 5q.81, 5743, 5797; que ce soit l'influx pro'enant du Di­
vin, cela est signifié par ces paroles, Toi, c'est-à-dire Jéhovah, tu
parles; et par la signification du serviteul', en cc que c'est l'Hu­
main du SeigncUl', quand il n'avait pas encore été fait Divin,
No 2159, mais quand l'Humain eut été fait divin, comme il était un
avec Jéhovah, il fut le Seigneur.
   6985. Carlourclde bouche et lourd de langue je suis, moi, signifie
qne la voix et le langage prov.enant du Divin ne sont ni entendus, ni
perçus: on le voit pal' la signification de la bouche, en ce qu'clle est
la voix; ct pal' la signification de la langue, en cc qu'elle est le lan­
gage; la bouche signifie la voix, parce qu'elle est l'organe de la
voix, et la langue signifie le langage, parce qu'elle est l'organe du
langage; chacun voit clairement quelle différence il y a entre la
voix et le langage, et anssi qu'être entendu se dit de la voix, et
qu'être perçu se dit du langage. Cela, dans le sens historique de la
lettre, ne peut pas être exprimé autrement que pal' lourd de bouche·
et lourd de langue, lorsqu'il s'agit de Moscheh qui était homme, et
qui pouvait pal'ler mais avec diflculté ; quand cela passe dans le
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                           ·197
  sens interne, les Anges le perçoivent conformément au sujet, et
  quand cela se dit du Divin, il est perçu que ce n'est point immédia­
  tement que la voix qui en provient peut être entendue, et-que le
  langage peut être perçu, mais que c'est médiatement par le moyen
  des esprits, selon ce qu'il a été dit ci-desslls No 6982.
     6986. Et Jéhovah lui dit, signifie l'influx Divin: on le voit par la
  signification de il dit, en ce que c'est l'inOux, Nos 5743,5797,6152,
 6291; que ce soit l'iuflux. procédant du Divin, c'est parce que c'est
  Jéhovah qui a clit.
     6987. Qui donne une bouche à l' homme, signifie l'énonciation: on
 le voit par la signification cie la bouche, en ce que c'est la voix
  N° 6985 ; et parce que c'est la voix, c'est l'énonciation. Cc n'est
 que d'après la correspondance, qu'on peut savoir ce que signifie
 spécialement la bouche: la bouche avec les lèvres correspond au
 langage intérieur qui appartient à la pensée; la pensée de l'homme
 est active et passive; la pensée active est chez l'homme quand il
 parle, et elle peut être :appelée pensée parlante; la pensée passive
 est celle qui est chez l'homme quând il ne parle pas; quiconque
 'éfléchit peut voir quelle différence ily a entre l'une ct l'autre: la
 bouche de l'homme signifie la pensée active ou parlante, ainsi l'é­
 nonciation. Quant à ce qui concerne la pensée active qui est signi­
 fiée par la bouche, il faut qu'on sache que celte pensée est parlante
 aussi à sa manière, ct que par l'activité de son langage elle excite
les organes du corps qui y sont correspondants; il semble que les
 mots du langage sont dans la pensée, mais c'est une illusion, c'est
seulement le sens du langage qui est là, et l'homme peut à peine
savoir quel il est, car c'est le langage de son esprit, langage qui est
le langage universel, tel qu'est le langage des esprits dans Kautre
vie; quand ce langage influe dans les organes correspondants du
corps, il présente le langage des mots qui diffère beaucoup de la
pensée qui le produit; qu'il en diffèrc hp,aucoup, c'est ce qu'on voit
clairement en ce que l'homme peut penser en uno minute, ce qu'il
ne peut prononcel' ou écrire que dans uu long espace de temps; il en
serait autrement si cette pensée appartenait aux mots, comme y
appartient le langage de la bouche: c'est d'après la correspon­
dance du langage de la pensée et du langage de la bouche, que
l'homme, lorsqu'après la mort il vient parmi les esprits, sait parler
198                   ARCANES CÉLESTES.
la langue universelle, ainsi parle avec les esprits, de quelque langue
qu'ils aient été dans le monde, et qu'alors il sait à peine autre
chose, sinon qu'il y parle comme dans le monde; lorsque cependant
les mots de leur langage ne sont pas des mots tels que ceux de
l'homme dans le corps, mais ce sont des idées qui ont appartenu à
sa pensée, et dans chacune desquelles il y en a un très-gl'and nom­
bre; c'est pour cela que les esprits peuvent dire en un moment ce que
l'homme peut à peine énoncer en une demi-Ileure,. et toutefois il y'a
dans une même idée un très-grand nombre de choses qui ne peuvent
jamais être exprimées plU' le langage corporel. Mais toutefois les
Anges qui sont dans le Ciel parlent autrement que les esprits; les
anges qui sont dans le Ciel ont un langage d':Jprès les idées intel­
lectuelles qui sont appelées par les Philosophes idées immatérielles,
 tandis que les esprits ont un langage d'après les idées de l'imagina­
 tion, qui sont appelées idées matérielles; de là dans une seule idée
de la pensée des anges. il y a un très-grand nombre de choses que
les espl'its ne peuvent pas énoncer par plusieurs séries de leurs
idées, outre un grand nombre qu'ils ne peuvent jamais exprimer:
mais quand j'esprit devient ange, il est dans le langage angélique,
de même que l'homme, d'après une cause semblable, est dans le
langage des esprits quand après la mort il devient esprit. D'après
cela on peut voir ce que c'est que la pensée active, c'est-à·dire que
c'est le langage de l'esprit de l'homme.
     6988. Ou qui rend muet; signifie la non-énonciation: on le voit
 par la signification de muet, en ce que c'est la non·énonciation;
 car c'est l'opposé de la bouche, qui signifie l'énonciation, N0 6987.
 Ici par l'Énonciation, ce n'est pas l'énonciation du mot ou du lan­
 gage, qui est entendue, car cette énonciation est naturelle; mais
 par l'énonciation, c'est la confession du Seigneur et la profession
 de la foi en Lui, qui sont entendues, cal' cette énonciation est spi­
  rituelle; de là on voit. clairement ce qui est signifié dans le sens
  interne par le muet; c'est-à-dire que ce sont ceux qui ne peuvent.
  pas confesser le Seigneur, ni professer la foi en Lui, à cause de
  leur ignorance, c'est dans cet état que sont les nations hors de
  l'Eglise, et aussi les simples au dedans de l'Église; que de tels
  hommes soient signifiés par le muet, cela est évident dans Ésaïe:
   " Alors le boiteux sautera comme un cerf) et la langue du Muet
EXODE, ClUP. QlJATRIÈME.                          199
» chantera; car des caux jailliront dans le désert et des torrents
J)  dans la plaine du désert. » - XXXV. 5, 6; - la langue du muet
chantera, c'est-à-dire que ceux-là confesseront le Seigneur et les
choses qui appartiennent à la foi en Lui; des eaux jailliront dans
le désert et des torrents dans la plaine du désert, c'est-à-dire que
les connaissances du vrai ct du bien seront en enx; le désert est
l'état de non-connaissances de la foi à cause de l'ignorance: les
Muets guéris par le Seigneur signifient aussi les nations qui, par
sou avénement dans le monde ont été délivrées des faux et des
maux qui en résultent; par exemple le muet dans Matlltieu:
« Voici, on Lui amena un homme muet, possédé d'un d(~mon; ct
» le démon ayant été chassé, le muet paricL » -IX. 32, 3:3; et nn
autre Muet dans le Même: « On amena à Jesus un démoniaque,
 » aveugle et Muet; et il le guérit, de sorte que l'aveugle ct IIWCt
 » non-seulement parlait, mais voyait. " - Xll. 22; - pareillement
 un muet possédé aussi d'un démon, dans iIlarc, chap. IX. ,17 à 30.
 Ufant qu'on sache que les miracles faits par le Seignenr signifient
 tous l'état de l'Église ct du genre humain sauvé par son avénement
 dans le monde, c'est-à-dire que ceux qui ont reçu la foi de la clla­
 rité ont alors été délivrés de l'enfer; c'est là cc que renferment les
 miracles du Seigneur: en général tous les miracles, dont il est parI (l,
 dans l' Ancien-Testament, signifientl'état de l'Église et du Royaume
 du Seigneur; en cela les MiraclesDivins sont distingués des Miracles
 diaboliquesoll magiques, f[lloiqueceux-ci paraissent semblables dans
 la fOt'me externe, comme les miracles des mages en Égypte.
     6989. Ou sourd, signifie la non-perception du vrai, et pal' suite
 la non-obéissance: on le voit par la signi fication du sourd, en ce
 que ce sont ccux qui ne perçoivent point ce que c'est que le vrai,
 et qui par suite n'obéissent point, ainsi abstractivement c'est la
  non-perception du vrai et par suite la non-obéissance; si le sourd
 signifie ces choses, c'est parce qne l'ouïe correspond et il la percep­
  tion et à l'obéissance; il la perception, l)arce quc les choses qui sont
  entenducs sont pen;ues en dcdans, ct il l'obéissance, parcc que 1'011
  connaît par là ce qu'on doit fairc; qne cc soit là la correspondance
  de l'onïc, et aussi de l'oreille, 011 le voit N0s 3869, 4652 il 4660,
  :'017; ce qui est signifié pai' lcs sourds devient donc évident. Dars
  la Parole, par les sourds sont aussi signifiés les gentils qui ne Con­
200                    !RCA.NES CÉLESTES.
 naissent point ks vrais de la foi, parce qu'ils n'ont pas la Parole et
 ne peuvent p:lS par conséquent vivre selon ces vrais, mais qui ce­
pendant,' dès qu'ils en sont instruits, les reçoivent et y conforment
leur vie; ceux-là sont entendus dans Ésaïe: « Alors seront ouverts
)) les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes. »
- XXXV. 5. - Dans le Mème: (c Sourds, écoutez; et (vous) aveu­
)) gles, regardez ell voyant. » - XLlI.18, '19,20. - Dans le Même:
 « En ce jour-là les sou1'Cls r:ntendront les pm'oles dulivl'e, et (délivrés)
» de l'obscurité et des ténèbrcs les yeux des aveugles verront. » ­
XXIX. 18. - Dans le Même: « Fais sortir le peuple aveugle qui a
)) des ycux, ct les sOlwds qui ont des oreilles. » - XLIII. 8, 9; - là,
par les SOUl'ds sont cntendus ceux qui pal' l'avénernent du Seigneur
devaient venir dans l'état de recevoir les vrais de la foi, c'est-à-dirc
de les percevoir et d'y obéir. Les mêmes sont signifiés par les sourds
que le Seigncur a guéris, - l'Iarc. VII. 31 à 37. IX. 25. - Parce
que les sourds signifiaient de tels hommes, il fut défendu il ceux,
chez qui l'Église représentative fut instituée, « de maudire le sow'd,
)) et de mettre devant l'aveugle quelque chose qui pût le faire tom­
)) ber.» -Lévit. XIX.B.
   6990. Ou voyant ou aveugle, signifie la roi pm'les connaissances,
et 1a non-roi par les non-connaissances: cela est évident pal' la signi­
fication de voir, en ce que c'est comprendre et avoir la foi, N°s 897,
2325, 2807, 3863,3869, U03 il .-1..4,21, ainsi la foi d'après les con­
naissances, car dans la Langue originale il y a un mot qui signifie
ouvert, savoÏl', quant aux yeux, ainsi voyant d'apl'ès les connais­
sances, car les connaissances ouvrent; et pal' la signification d'a­
veugle, en ce que c'est la non-foi il cause des non-connaissances,
parce que l'aveugle est non-voyant. Que les aveugles dans la Parole
signifient aussi les gentils qui sont dans l'ignorance du vrai appar­
tenant il la foi, parce qu'ils vivent hors de l'Église, mais qui, (~tant
instruits, reçoivent la foi, on le voit N° 2383; les mêmes sont signi­
fiés aussi pat' les Aveugles que le Seigneul' a guét'is, Matth. IX. '1.7
à 3,1. Xli, 22. XX. 29 à ,H. XXI. '1 L Mat'c. VIll. 22 à 26. X. .-1.6 il
53. Luc, XVlll. il5 il 43. Jean, IX. 1 il H.
   6991, N' eslpas Moi, Jéhovah, signifie qlle ces choses viennent de
l'influx de la vie d'après le Divin: on peut le voit' en ce que ces
choses qui sont signiliécs par le muet, pal' le sourd et par l'ayeugle,
EXODE, CHAP. QUATRIÊ~IE.                         20·r
et aussi par la bouche et par le voyant, existent citez fhomme d'a­
près l'intlux de la vic procédant de Jéhovah ou du Seigneur, car
c'est de là qu'existent tant les maux que les biens chez chacun;
mais les maux par l'homme ct les biens par le Seigneur; si les maux
existent par l'homme, c'est parce que la vie qui intlue du Seigneur,
c'cst-il-dire le bien et le vrai, est changée par l'homme en mal et
en faux, ainsi dans le contraire de la vie, ce qui est appelé la mort
spirituelle; il en est de cela comme de la lumière qui provient du
soleil; selon que cette lumière est reçue par les objets, telle devient
par suite la couleur, dans certains objets vive et brillante, dans
certains autres morte et sombre. Mais comme il semble que le
Seigneur introduit aussi le mal, parce qu'il donne la vic, c'est
pour cela que d'après l'apparence le mal est attribué dans la Parole
à Jéhovah ou au Seigneur, comme on peut le voir par un grand
nombre de passages; cie même aussi ici, comme c'est d'après l'in­
flux cie la vic provenant clu Divin qu'on est muet, sourd ou aveugle,
il est clit que c'est Jéhovah qui rend tel: mais le sens interne expose
et enseigne la chose telle qu'elle est en elle-même, et non telle.
qu'elle paraît être.
   6992. Et maintenant va, signifie la vic d'après le Divin: on le
voit par la signification d'aller ou cie s'en aller, en ce que c'est la
vie, Nos 3335,4882,5493,5605; c'est la vie d'après le Divin, parce
que le Seigneur est représenté par iIoscheh.
   6993. Et Moi je semi avec Ut bouche, ct je t'enseignerai cc que
tu pl'ononcems, signifie le Divin dans toutes les choses en généml
et en partlClLlier qui procèdent du Divin Humain: cela est évident
par la signification d'être avec la bouche, quand cela est dit de Jé­
hovah, en cc que c'est être avec les cllOses qu'elle énonce; que la
bouche signifie l'énonciation, on le voit ci·clessus N0s 6987, 6988;
et comme cela est dit il Moscheh, par qui est représenté le Seigneur
quant il la Loi Divine dans le Divin Humain, je semi avec ta bouche
signifie le Divin dans les choses qui procèdent du Divin Humain;
et par la signification de t'enseigner ce que tu prononcems, en ce
que c'est procéder, car enseigner et prononcer, c'est influ0r, et
quancl cela est dit du Divin du Seigneur, c'est procéder; en effet,
du Divin Humain Même du Seigneur procède le Divin Vrai, qui est
appelé le Saint-E:>IÎ'it; et comme le Seigneur, (!uand il était dans
20:2                     ARCANES CÉLESTES.
le monde, a été le Divin Vrai liême, il a Lui-Même enseigné les
ehoses qui appartenaient à l'amour et il la foi, et non alors par le
Saint-Esprit, comme il l'enseigne Lui-Même dans Jean : « 11 n'y avrtit
» pas encore le Saint-Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été
» glorifié. » - VIl. 39; - mais après que le Seigneur eut été fait
Jéhovah, même quant à l'Humain, c'est-à-dire, Divin Bién, ce qui
arriva après la résurrection, il ne fut plus alors le Divin Vrai, mais
ce Vrai procéda du Divin Bien du Seigneur: que le Saint-Esprit soit
le Divin Vrai qui procède du Divin Humain du Seigneur, et non
quelque esprit ou quelques esprits de toute éternité, on le voit clai­
 rement par les paroles du Seigneur dans le passage cité, en ce qu'il
est dit qu'il n'y avait pas encore le Saint-Esprit; puis en ce que
 l'esprit lui-même ne peut pas procéder, mais c'est le saint de l'es­
 prit, c'est-à-dire le saint qui procède du Seigneur, ct l'esprit pro­
 nonce; voh' aussi N° 6788. Il suit donc de là que dans le Seigneur il
 y a tout le Trine parfait, savoir, le l~ère, le Fils et le Saint-Esprit,
 et qu'ainsi il y. a un seul Dieu, et non les Trois qui, distincts quant
 aux personnes, sont dits constituer un seul Divin. Si dans la Parole
 il a été dit le Père, le Fils ct lc Saint-Esprit, ce fut afin qu'on
 reconnût le Seigneur, ct aussi le Divin en Lui; en effet, l'llomme
 étaitdans (le telles ténèbres, - comme il y est encore aujourd'hui,­
 qu'autrement il n'aurait reconnu aucun Divin dans l'Humain du
 Seigneur) car cela aurait été pour lui au-dessus de toute foi, paree
 que cela amait été absolument incompréhensible; et en outre la
 Vérité est qu'il y a un Trine, mais dans un seul, savoir, dans le
 SeigneUl'; ct il est aussi reconnu dans les l~glises Chrétiennes que
 le Trine habite en perfection dans le Seir;neur; le Seigneur a aussi
 cnseigné ouvertement qu'Il était Un avec le Père, - Jean XIV. 9,
 10,1 'l, '12; eL que le saint que le Saint-Esprit prononce appartient
 non au Saint-Esprit, mais an Seigneur, dans Jean: « Le Paraclet,
  » l'Esprit de vérité, ne 7)(ll'lera point pal' soi-même) mais de tout ce
  » qu'il aura entendu il parlem; Lui Me glorifiera, parce qu'ill'ece­
  » vra de ce qui est à Moi, et vous l'annoncera. » - XVI. ,13,,11·;­
  que 18 Pal'aclet soit le Saint-Esprit, cela est dit dans Jean, XIV. 26.
     6994. Vers. 13, H, 15, 16, ,17. Et il dit: Pannai) Seigneu1')
  envoie, je le prie) (quelqu'autre) que pal' nwin lu envoies. El la co­
 lère de Jéhovah s'enpmwna conlre "Uoscheh; et il dit: lV'y ((-l-il
EXODE, CHAP. QUATlUÈME.                              203
pas Ahm'on ton (l'ère le Lévite? Je sais que parlant il pal'lera, lui;
et même voici, il sort au-devant de toi, et il te verra, et il seréjo'uira
dans son cœur. Et tu lui pm'lems, et tu mettras les paroles dans
sa bouche, et lJloi je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous
enseignerai ce que vous {erez. Et il padera, lui, pOUl' toi au peuple,
et il se {era, que lui te sera PO/L1' bouche;' ct toi, tu lui seras POlt?"
 Dieu. Et t1t prenclras dans ta main ce bâton, par lequel tu {eras les
signes. - Et il dit: Pal' moi, Seignew', signifie l'aflil'mation: ­
envoie, je te prie (quelqu'autre) que par main tu envoies, signifie
,que le Divin Vrai procédant du Divin Humain sera énoncé média­
,tement: ct la colère de Jéhovah s'enflamma contre llfoscheh, signifie
 la clémence: et il dit: N'y a-t-il pas Aharon ton frère le LélJite,
 signifie la doctrine du bien ct du vrai: je sais qu'il parlera, lui,
 signifie la prédication: et même voici, il sort au-devant de toi,
 signifie la réception: et il te verra, signifie la perception; et il sc
 réjouira clans son cœur, signilie l'affection de l'amour: et tu lui par­
 leras, signifie l'influx: ettn mettras les paroles dans sa bouche,
 signifie que ce qu'il énoncera procédera du Divin Humain: et Moije
 serai avec ta bouche, signifie que le Vrai Divin procédera du Divin
 lllême par le Divin Humain: et avec sa bouche, signifie ainsi avec
 les choses qui en proviennent: et je vous enseignerai ce qlle vous
  ferez, signifie ainsi le Divin dans toutes les choses en général et
 en particulier qui seront faites: et il parlera, lui, pour toi CtU peuple,
  signifie qu'il sera la doctrine pour l'Église spil'ituelle; et il se fera,
 que lui te sera pour bOlu:he, signifie le Vrai Divin qui procède aussi
  médiatement du Seignelll': et toi, tu lui seras pour Dieu, signifie
  le Divin Vrai qui procède immédiatement du Seigneur: et tu pren­
  dras dans ta main ce bâton, signifie la puissance Divine en eux:
  par [eqneltu tel'as les signes, siguifie de là l'illustration ct la con­
  tlrmation des vérités.
     6995. Et il dit: Par moi, Seigneur, signifie l'affil'mation : on le
  voit en ce que par moi est une formule d'affirmation qu'une chose
  est ainsi, comme ci-dessus No 698,1.
    6996. Envoie, je te prie, quelqu'autre que pm' main lU envoies,
 signifie que le Divin Vrai pl'Océdcmt du Divin Humain sera énoneé
 médiatement; on le voit pal' la représentation de Moscheh, qui dit
 ces paroles, en cc qu'il cst le Seigneur quant à la Parole, c'est-à­
20.,                A.HCA~ES CÉLESl1~S.
dire, quant au Divin Vrai, No 6752; pal' la signification d'envoyer,
quand il se dit du Seigneur, en ce que c'est procéder, N°s 2397,
4710 ; et par la signification d'envoyer pCU' main, en ce que c'est
par un autre à qui est donnée la puissance, savoir, d'énoncer le
Divin Vrai procédant du Divin Humain, et parce que c'est pal' un
autre à qui la puissance a été,donnée, c'est médiatement. Il a été
montré ci-dessus, N0s 6982, 69$5, que le Divin Vrai procédant
immédiatement du Divin Humain du Seigneur ne peut être entendu
ni perçu par aucun homme, ni même par aucun ange; afin donc
qu'il soit entendu et perçu, il doit y avoir une médiation, et cette
médiation se fait par le Ciel, et ensuite pal' les anges et pal' les
esprits chez l'homme; on peut le savoir manifestement par cela
que l'homme ne peut pas même entendre les esprits qui sont chez
lui, qnand ils parlent entre eux, et s'il entendait, il ne pounait
perceyoir, parce que le langage des esprits n'est point formé de
mots hunlains, et est le langage universel de toutes les langues:
et de plus, les esprits ne peuvent entendre les anges, et s'ils en­
tendaient ils ne pourraient perccYoir, car le langage angélique est
encore plus uniyersel : bien plus, les Anges du Ciel intime peuvent
encore moins être entendus et perçus, parce que leur langage n'est
pas le langage des idées, mais c'est le langage des atl'ectionsqui
appartiennent à l'amour céleste: puisque ces langages sont si éloi­
gnés de l'homme, qu'ils ne peuvent en aucune manière être enten­
dus ni perçus par lui, que sera-ce alors, pour parler ainsi, du lan­
gage Divin, qui est infiniment au-dessus des langages dans les
cieux? Il est dit le langage Divin, mais c'est le Diyin Vrai procé­
dant du Divin Humain du SeigneUl', qu'il faut entendre: puisqu'il
en est ainsi, on peut voir que le Divin Vrai procédant du Seigneur,
pour qu'il soit entendu ct perçu, doit parvenir il l'homme par des
médiations; la dernière médiation est faite pal' l'esprit qui est chez
l'homme, ct qui infiue ou dans sa pensée ou de vive voix. Que le
Divin Vrai pt'océctant immédiatement du SeigneUl' ne puisse être
ni entendu ni perçu, cela est encore'évident d'après les Correspon­
dances et pal' suite d'après les représentatifs, sayoir, en cc que les
choses que l'homme prononce sc présentent tout autrement chez les
esprits, et que celles que les esprits prononcent se présentent tout
autrement chez les Anges, comme on peut le voir par le seus spiri~
EXODE CHAP. QUATRIÈME.
                           l                                       201)
tuel de la Parole et par son sens littéral, en ce que le sens littéral,
qui a été mis il la portée de l'homme, est signillcatif et représen­
tatif des cboses qui sont dans le sens spirituel; puisque le sens
spirituel n'est point perceptible pour l'homme, si cc n'est qu'autant
qu'il peut être présenté et exposé PaI' des choses qui appartiennent
au monde et il la nature, et que le sens angélique est encore moins
perceptible, il. combien plus forte raison ne sera pas perceptible le
Divin Vrai procédant immédiatement du Divin du Seigneur, vrai
qui est infiniment au-dessus de J'entendement angélique, et qui
n'est perceptible dans le Ciel, qu'autant qu'il passe par le Ciel et
revêt ainsi une forme adéquate et convenable il la perception de
ceux qui y sont; ce qui se fait par un influx admirable, et nulle­
ment compréhensible pOUl' qui qne ce soit? Ces détails ont été
donnés, afin qu'on sache que le Divin Vrai procédant du Seigneur
ne peut être entendu ni perçu pal' personne, si ce n'est par des
médiations.
   6997. Et lCl colèrc dc Jéhovah s'enflamma contrc Moulteh,
signifie lCl clémencc : on le voit par la signification de la colèl'c de
Jéhovah, en ce que c'est nou pas la colère, mais l'opposé de la co­
lère, ainsi la miséricorde, ici la clémence: qu'il n'y ait dans Jého­
vah aucune colère, on le voit en ce qu'il est J'Amour Même, le
Bien iIême et la Miséricorde Mème; et la colère en est l'opposé, et
est aussi une faiblesse qui ne peut tomber en Dieu; c'est pourquoi
quand la colère dans la Pamle se dit de Jéhovah ou du SeigneUl',
les Anges ne perçoivent point la colère, mais ils perçoivent ou la
miséricorde, ou l'action d'éloigner du Ciel les méclJants; ici, la
clémence, parce que la colère est dite au sujet de Moscheh, par qui
est représenté le Seigneur lorsqu'il a été dans le monde quant au
Divin Vrai. Si la colère est attribuée, dans la Parole, à Jéhovah ou
au Seigneur, c'est parce que c'est un vrai très-commun, que loutes
choses viennent de Dieu, ainsi tant les maux que les biens, mais ce
vl'ai très-commun, qui doit être chez les petits enfants, les enfants
et les simples, doit dans la suite être illustré, savoir, en ce que
c'est de J'homme que viennent les maux. mais qu'ils paraissent
comme venir de Dieu, et que cela a été dit ainsi, afin qu'on ap­
prenne à craindre Dieu, de peur qu'on ne périsse par les maux
qu'on fait soi-même, et afin qu'ensuite on puisse L'aimer, Cal' la
206                    ARCANES CÉLESTES.
crainte doit précMcr l'amour pour que dans l'amolli' il y ait une
sainte crainte; en effet, quand la crainte est insinuée dans l'amour,
elle devient sainte par le saint de l'amour, et alors on ne craint pas
que le Seigneur se mette en colère et punisse, mais on craint d'agir
contre le Bien ~Iême, parce que cela tourmente la conscience. En
outre, les Israëlites et les Juifs étaient contraints par les punitions
à observer les statuts et les préceptes dans la forme extel'lle, et pal'
suite ils croyaient que Jéhovah sc mettait en colère et punissait,
lorsque cependant c'étaient eux.·mêmes qui par des idolâtries se
mettaient dans cette position, et se séparaient du Ciel, de là les
punilions, comme il est dit aussi dans Esaïe: « Ce sont vos iniquités
n   qui {ont séparation entl'e vous et votre Dieu, et vos péchés cachent
n   ses (aces de vous. » - LIX. 2; - et comme les Israëlites ct les
 Juifs étaient seulement dans les extel'lles sans l'interne, c'est pour
 cela qu'ils étaient tenus dans l'opinion que Jéhovah se mettait en
colère et punissait; car ceux qui sont dans les extel'lles sans l'in­
terne font tout pal' crainte et ne font rien pal' amour. Maintenant
on peut voir ce qui est entendu dans la Parole par la colère et l'em­
portement de Jéhovah, c'est-à-dire que ce sont les punitions; pal'
exemple, dans Esaïe: " Voici, le Nom de Jéhovah vient de loin,
n ardente (est) sa colàe, et (il y a) gravité de charge; ses lèvres
n sont pleines d'indignation, et sa langue comme un {eu anLent. n ­
XXX. 27 ; - la colère, c'est la réprimande et l'avertissement, afin
qu'ils ne périssent point par les maux. Dans le lIême: « Dans
n l'inondation de la colèl'e j'ai caché mes faces un moment de toi. n

- UV. 8; -l'inondation de la colère, c'est la tentation, dans la­
quelle les maux donnent de l'angoisse et du tourment. Dans Jéré­
mie: « Je combattrai Moi-Même contre vous par main étendue et
n par un bras fort, et avec colère, et avec {ureur, et avec une indi­

" gnation grande. De peur que ne SOl'te comme un {w ma {ureur, et
n qu'elle ne s'embrase en sorte que pel'sonné ne l'éteigne, à cause de

" la malice de vos œuvres. n - XXI. D, 42. - Dans le Même:
« Pour remplir des cadavres des hommes que j'ai frappés dans ma
" colère, et dans mon emportement. " - XXXIII. 5. - Dans Sé­
phanie: « Je répandrai sur eux mon indignation, tout l'emporte­
n ment de ma colère, parce que dans le feu de mon zèle sera dévorée

»   toute la terre.   »-   111.8. - Dans David:   ~   1 envoya sur eux
EXODE, CHAP. QtJATlUÈME.                           207
 » l'empol'lement de sn colère, l'indignation et la (!tl'e!o', et l'an­
» goisse, et l'incursion des Anges mauvais. » - Ps. LXXVIII. h9,
- et en outre dans beaucoup d'autres passages, dans lesquels,
comme dans ceux-ci, par la colère, l'emportement, la fmeur, le feu,
sont entendues les punitions et les damnations, dans lesquelles
l'homme se jette, quand il tombe dans les maux, car d'après l'ordre
Divin les biens ont avec eux des récompenses, d'oil il résulte que
les maux ont avec ellX des punitions, au point qu'elles leur sont
conjointes. La punition et la damnation sont aussi entendues par;
« Le jour de ta colère de Jéhovah, » -    Esaïe, XIII. 9, 13. Lament.
II. 1. Séphan. II. 3 . Apoc. VI. ,17. Xl. 18; - puis par « le vin de
» la colère de Dieu, » ct par « le calice de la colh'e de Dieu, » ­
Jérém. XXV. '15,28. Apoc. XIV. 10. XVI. Hl; - comme aussi par
« le pressoil' de la colère et de la fUl'ew' de Dieu, » - Apoc. XIV.
19. XIX. '15. - Que la punition et la damnation soient signifiées
par la colère, on le voit encore clafrement dans iUatthieu; « Race
 » de vipères! qui vous a appris cl {uil' la colh'e li venir? " - III. 7.
- Dans Jean; « Celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la
» vie, mais la colère de Dieu demeure SUl' lui. - Ill. 36. - Dans
Luc: « Dans le dernier temps il y aura une grande angoisse sur la
» terre, et une colère sur ce peuple. » -      XXI. 23. - D'après ces
passages, il est bien évident que les punitions et les damnations
sont signifiées par la colère de Jéhovah; si la clémence et la misé­
ricorde sont entendues par la colère, c'est parce que toutes les pù­
nitions des méchants existent d'après la Miséricorde du Seigneur
envers les bons, afin que ceux-ci ne soient point lésés par les mé­
chants; mais ce n'est pas le Seigneur qui intlige des punitions aux
méchants, ce sont eux-mêmes qui se les infligent, car les maux et
les peines dans l'autre vie ont été conjoints: les méchants s'in­
f1i~ent principalement des punitions quand le Seigneur fait :iIisé­
ricorde aux bons, cal' alors chez les méchants les maux s'ac­
croissent, et par suite les peines: c'est de là qu'au lieu de la colèl'e
de Jéhovah, par laquelle sont signifiées les punitions dès méchants,
les Anges entendent la Miséricorde. D'après ce qui vient d'être dU;
on peut voir quelle est la Parole dans le sens de la lettre, puis quel
 est le Vrai Divin dans son plus commun, c'est·à-dire qu'il est selon
 les :lpllarenccs; et cela, pal'ce que l'homme est tel, qu'il croit ce
208                   ARCANES CÉLESTES.
qu'il voit et saisit d'après son sensuel, et ne noit pas, ainsi ne
reçoit pas, ce qu'il ne voit pas et ne saisit pas d'après son sensuel:
c'est de lil que la Parole dans le sens de la lettre est selon les choses
qui apparaissent, mais tient néanmoins renfermés dans son sein
intérieur les vrais réels, et dans son sein intime le Vrai Divin
même, qui procède immédiatement du Seigneur, par conséquent
aussi le Divin Bien, c'est-à·dire, le Seigneur Lui·Même.
   6998. Et il dit: N'y a-t-il pas Aha!"on ton frère le Lévite, signi•.
fie la docl1'ine du bien et cl1t vrai: on le voit par la représentation
d'Ah((J'on, en ce qu'il est le SeigncUl' quant au Divin Bien ou.au
Sacerdoce, mais ici, avant qu'il ait été initié dans le Sacerdoce, il
 est la doctrine du bien et du vrai; c'est aussi pOUl' cela qu'il est dit
 qu'il sera à iIoscheh pour bouche, et que iIoscheh lui sera pour
 Dieu, car Moscheh représente le Seigneur quant au Divin Vrai qui
 procède immédiatement du ScigneUl', d'où il résulte qu'Aharon re­
 présente le Divin Vrai qui procède médiatement du SeigneUl', vrai
 qui est la doctrine du bien et du vrai; ce vrai que iIoscheh représente
 ici est le Vrai qui ne peut être ni entendu ni perçu par l'homme,
 N° 6982; mais le vrai qu'Allaron représente est le vrai qui peut
 être et entendu et perçu par l'homme, de là Aharon est dit la
 bouche, et Moscheh le Dieu d'Aharon; de là aussi Aharon est dit
Lévite, car le Lévite signifie la doctrine du bien et du vrai de l'É­
glise, doctrine qui prête son ministère et ses services au sacerdoce.
  . 6999. Je sais qu'il parlera, lui, signifie la pl'édiwtion: on le
voit par la signification de parler, lorsqu'il s'agit de la doctrine,
qui est représentée par Aharon, en ce que c'est la prédication, car
celle-ci appartient à la doctrine, c'est-à-dire, à celui qui représente
la doctrine, et qui est appelée la bouche, laquelle est l'énonciation,
N° 6987.
   7000. Et même voici, il sort au-devant de toi, signifie la récep­
tian: on le voit par la signification de sOl,tir au-devant, en ce qu'ici
c'est être préparé pOUl' recevoir, savoir, le Divin Vrai qui est re­
présenté par iIoscheh, ainsi la réception de ce vrai: les anges et
les esprits qui reçoivent le Divin Vrai procédant du Seigneur et
l'étendent plus loin, sont dits sortir au-devant, quand ils sont pal'
le Seigneur préparés pour recevoir.
   7001. Et il te verra, signifie la perception: cela est évident par
EXODE, CIUP. QUATRIÈME.                      209
la signification de voÎl', en cc que c'est comprendre ct percevoir,
Nos 2'150, 2807, 376.i, 3863, ~567, 4.723.
 7002. El il se réjouira dans son cœur, signifie l'affection de l'a·
monr: on le voit par la signification de se l'éjouir duns lc cœur, en
ce que c'est le charme et le plaisir d'apl'ès l'afrection qui appartient
à l'amour; car toute allégresse procède de l'affection de l'amour.
Si l'atrection de l'amour est dite de la doctrine du bien et du vrai,
et non de ceux qui sont clans la doctrine, c'est d'après le langage
Angélique, car ainsi parlent les anges, parce qu'ils ne veulent
point pal'ler des personnes; en effet, le langage concernant les
personnes détournerait de l'intuition universelle des choses leurs
idées, ainsi les ddournerait de la compréhension de choses innom-
brables qui se presentent ensemble; c'est pour cela qu'ils attri-
buent à la doctrine le charme et le plaisil" puis l'affection, ct autres
choses semblables; toutes ces choses sont même dans la doctrine,
quand l'homme rapplique à lui-même, parce que dans la doctrine
il y a le Vrai Divin procédant du Seigneur, et que dans le Vrai
Divin procédant du Seigneur il y a l'amour, ainsi le charme et le
plaisir.
   7003. Et tu lui parleras, signific l'infln,'X; : on le voit par la signi-
fication de parler, en ce que c'est l'influx, N°s 29;).(, 5~81, 5H3,
5797.
  700a.. Et tu mettras les pal'olcs dans sa bouchc, signifie que ce
qu'il énonccm procédera du Divin Humain: on le voit pal' la repré-
sentation de iIoscheh, qui devait mettre les paroles dans la bouche
d'Aharon, en cc qu'il est le Seigneur quant au Divin Vrai qui pro-
cède de son Divin Humain, ainsi qu'il a été dit précédemment; par
la signification de la bouche, en ce qu'elle est la voix et l'énoncia-
tion, N° 6987, ainsi mettre dans la bouche, c'est donner afin qu'il
énonce, mais quand cela est dit du Seigneur, c'est procéder, car la
Parole, qui est énoncée par l'esprit ou par l'Ange, procède du Divin
Humain du Seigneur; en effet, Aharon représente la doctrine du
bien et du vrai, qui est énoncée. Voici comme la chose se passe:
Du Seigneur procède le Divin Vrai immédiatement et médiate··
ment; ce qui procède immédiatement est au-dessus de tout enten-
dement des Anges; mais ce qui procède médiatement a été mis à
 la portée des Anges dans les cieux, et: aussi à celle des hommes,
           XI.                                                H
2,10                  AltCANES Cl~LESTES.
cal' cc vrai passe pal' les cieux et pal' suite sc revêt d'une qualité
Angélique et d'une qualité humaine; mais dans cc Hai le Seigneur
inOue aussi immédiatement, ct ainsi condnit les Anges et les
hommes taut médiatement quÏmmédiatement, voir 10 6058; en
effet, toutes choses en gl~néral et en particulier procèdent du Pre­
mier Ltre, et l'ordre a été tellement institué, que le Premier l~tre
est médiatement ct immédiatement préseut dans les dérivés, ainsi
également clans le dernier de l'ordre comme dans le premier; car
le Divin Yrai même est l'unique substantiel, les dérivés ne sont
absolument que des formes successives qui en proviennent, d'oit il
est encore évident que le Divin influe aussi immédiatement dans
toutes choses en général ct en particulier; car toutes choses ont été
créées pal' leDivin Vrai; en effet, le Divin Vrai est l'unique es­
sentiel, 10 6880, ainsi toutes choses en procèdent; c'est le Divin
Vrai qui est appelé la Parole dans Jean: « Dans le commence­
n ment était la Parole, et la Parole était chez Dieu, ct Dieu était

» la Parole: tontes choses pal' Elle ont été faites, ct sans EUe il
)) n'a été fait rien de ce qui a été fait. )) - 1. 1, 3. - Pal' un tel
influx le Seigneur conduit l'homme par la Providence non-seule­
ment dans l'uuiversel) mais aussi daus tout siugulier, et même
dans cc qu'il y a de plus singulier; c'est donc de là qu'il est dit
que les choses qui sont énoucées procèdent du Divin Humain,
Qu'il y ait un influx immédiat du Seignelll' là où est aussi l'influx
médiat, ainsi dans le dernier de l'ordre comme dans le premier,
c'est ce qui m'a été dit du Ciel, et il m'en a été donné nne vive per­
ception; il m'a été dit aussi qne cc qui se fait pal' l'influx médiat,
c'est-à-dire, pal' le Ciel ct pal' les anges qui y sout, est respective­
ment fort peu de chose; et que le Seigneur pal' l'influx immédiat
conduit en même temps le Ciel, ct y tient pal' cet intlux tontes
choses en général ct en particulier dans leur enchaînement ct dans
leur ordrc.
   7000. El Moi je serai avec la bouche, signifie que Le Vrai Divin
1Jl'océdcra du Divin Même par le Divin lIUlnnin : on le voit pal' la
représcntation de MosclIeil, en ce qu'il est le Seigneur quant au
Divin Vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; ct par la signincation
d'être avec ta bouche, cn cc quc c'est être dans le Vrai Divin qui
procède dti DiYÎn Humain; le Divin Même, qui est appelé le PèTC,
EXODE, CHAP. QUATRIf:ME.                           2H
est entendu pal' Moi ou J{~hoYah, d'oil il est évident qne iUoi, je serai
avec la bouche, signifie que le Vrai Divin procède ùu Divin llêmc
pal' le Divin Humain, ce qui est la même chose que si l'on (lisait
que le Saint de l'esprit procède du Fils, et que le Fils prod'de du
Père, scion le doctrinal de l'Église; cependant cc doctrinal doit
(t1'e ainsi entendu, savoir, que ce Trine est dans le Seiglleu~', el y
esllm.
    7006. Et avcc sa bouchc, signifie ainsi avcc les choses qui en pro­
vicnnent: on le voit pal' la représentation d'Aharon, en cc qu'il
cst la doctrine du bien el du Tai, ~o 6998; ct pal' la signification
ri' être avec sa bOllclte, en ce que c'est le Divin avec celle doclrine cl
en elle; ct comme celte doctrine provient du Divin Yrai qui pro­
cMe immédialement du Divin llnmain, comme il vient d'être dil
N° 7005, c'est pour cela qu'être avec sa bouche, signifie avec les
choses qui en proviennent: qne la doctrine du bien el du Vl'ai pro­
cède médiatemcnt et immédiatement du Divin Hnmain du Seigneur,
on le voit ci-dessus N0 700L
  7007. Et je VOltS enseignerai ce que ~'ou's l'erez, signifie (tin si le
Divin dans toutes les cho.,cs en généml et cn ?Jarliculier qui scront
{aites: on le voit par la signification d'enseigner, en cc quc c'est
influer, et quand cela est dit du Divin, comme ici, en cc que c'est
procéder, comme ci-dessus N° 6993; ct par la signification de ce
que vons {erez, cn cc qlle cc sont les choses qui set'ont faites; que
ce soit dans toutes les choses en général et en particuliel', c'est
parce que cela est dit du Divin. Que le Divin soiL dans tout ce qui
se fait en ~én6ral ct en pal'ticulier chez l'homme, il faut ici en
dire quelque chose: li semble à l'homme qu'il en est tout autl'e­
ment; et cela, parce qu'il pense que si le Divin était dans toutes
les choses engénéral et en particulier qui sont failes, les maux
 n'existeraient pas, et qu'il n'y aurait de damnation pour personne;
 et, de plus, que la justice d'une cause triompherait toujOlll'S, que
 les hommes de probité seraient dans le monde plus heureux que
 les hommes sans probité, ct autres choses semblables; et comme
 on voit le contraire, on ne croit pas que le Divin soit dans toutes
 choses en général et en particulier; c'est de là qu'on attribue à
 soi-même ct il sa prudence les choses particulières, ct au Divin
 seulemenl la dirrction un iverselle, et qu'ou nomme tout le l'este
21'2                   A{{CANES CltLESTES.
fortune et lIasard, e'cst-ü-dire, choses aveugles de la nature: mais
l'homme pense ainsi, parce qu'il ne connaît pas les arcanes du
Ciel, qui sont, que le Seigueur laisse à cllacun sa liberté, car si
l'homme n'est pas dans la liberté, il ne peut jamais être réformé,la
contrainte ne reforme point, parce qu'elle n'enracine rien; en
effet, la contrainte n'appartient pas au vouloir de l'Ilomme, mais
la liberté appartient à son vouloir; et cependant le bien et le vrai,
pour qu'ils soient à l'homme comme ses propres, doivent être en­
racinés dans sa volonté; ce qui est hors de la volonté n'appartient
point à l'homme; et conllue chacun pour cette raison est aban­
tlonné à sa liberté, c'est de là qu'il est permis à l'homme de penser
le mal et de faire le lllal, autant que les craintes externes ne l'en
empêchent pas; ct c'est aussi de là que l'homme sans probité a en
apparence dans le monde plus d'allégresse et de gloire que l'homme
de probité, mais la gloire et l'allégresse de l'homme sans probité
sont externes ou appartiennent au corps, et sont changées dans
l'autre vic en un malheur iufernal, tandis que la gloire et l'allé­
gl"esse de l'homme de probité sont internes ou appartiennent à SOIl
esprit, et elles l'estent et deviennent un bonheur cl~leste: et en
outre, l!ans l'éminence et l'opulence il y a une félicité mondaine,
mais non éternelle, de là cette félicité est autant pOIll' les hommes
sans probité que pour les hommes de probité, lorsqu'elle n'est pas
chez des hommes de prohité; c'est afin qu'ils ne soient pas d(-­
tournés du bien par des choses mondaines; et comme l'homme
place la bénédiction Divine dans les biens ct l!ans le bonheur de cr
monde, c'est pour cela qne, lorsqu'il voit le contraire, il tombe
d'après sa faiblesse dans des erreurs sur la Divine Providence: il
conclut aussi d'après les choses présentes qu'il voit, etue pense
pas que la Divine Providence consil!ère l'l'ternité ; principalement
pOUl' que toutes choses soient en ordre dans le Ciel, et aussi dans
l'enfer, de sorte que le Ciel représente continuellement un seul
Homme, ct que l'enfer soil dans l'opposé ~ d'oil résulte l'équilibre;
ct que tout cela ne peut exister, à moins que la Divine Providence
ne soit dans les choses les plus particulières, ainsi à moins que le
Divin ne régisse r-t ne fléchisse continu('llement la liberté de
l'homme. Pour le reste on pent voir ce qui a déjà été dit ct montré
SUl' la Divine Providence, savoir, qne la Providence du Seigneur
EXODE, CIL.P. QlJATRlimE.                          ~13
ne peut ètre universelle, à moins qu'clic ne soit dans les choses les
plus particlllièl'cs, jos ,1919 f. 4,329, 5122 f. 589-, f. ô48'1 à 64.86,
64.90; que la Providence du Seigncur considère ('Ci.ertlité, jXos
5264, 64,91 ; que par le Seigneul' le mal est prévu, et qne le bien
est pourvu, N0s 5,155, 5195,64,89; que le Seigneur change en bien
le mal qu'il prévoit, N0 6514; qne les contingents appartiennent à
la Providence, N0s 5508, 6493, 6/.91.; que la propre prudcnce est
comme un léger grumeau dans l'atmosphère et que la Providence
est comme l'atmosphère cntièl'c, N° 64-85; qu'un grand nombre
d'illusions sont opposées 11 la Providence Divine dans les choses
particulières, N° 6481.
   7008. Et il pm'lera, lui, pour toi au peuple, signifie qu'il sem la
doctrine pour l'Église spil'itudle: on le voit par la représentation
ù' Aharon, de qui il est dit qu'il parlera pOUl' iIoscheh au peuple,
en ce qu'il est la doctrine du bien et du vrai, Nu 6998; par la
signification de parler, cn ce que c'est la confession et la prédica­
tion, ]'06999; ct pal' la représenlation des fils d'Israël, qui ici
sont le peuple, en ce qu'ils sont l'Église spiritnelle, j'o (H26.
   1009. Et il se rem que Itti te scm pOUl' bouche, signifie le vrni de
la doctrine qui procède aussi médiatelUent du Seigneur: on le voit
par la représentation d'Aharoll, qui doit être à Moscheh pour
bouche, en ce qu'il est la dOCll'ine, 1 0 6998; et. par la signification
d'ètl'e à Moscheh pour banche, cn CO qne e'est l'énonciation ou la
prédication de cette doctrine, 1 0 0987; s'il est dit le Vrai de la
doctrine qui procède aussi Illédiatement du Seigneur, c'est parce
(lue le Vrai de ta doctrine, qui est rcprésenté pal' Aharon, cst tel
qu'il est entendu et perçu par les Anges et pal' les hommes, ce Vrai
est ce qui procède médiatementdll Seigneur; mais le Vrai, qui est.
repl'ésenté par lIosclleh, est ce qui procède immédiatement dn
Seigneur, et n'est ni entendu ni perçu pal' les hommes, ni mème
pal' les Anges, t'ail' 1os 6982, (981), 6)90, 700.1.
  70'10. El toi, lit lui se/'Cts pOUl' Dieu, sif/12'ifie le Divin VTCli qui
procède immédiatement du Seigneu1', on le voit pal' la représentation
de iIoscheh, en ce qu'il est Je Seignelll' quant all Divin Vrai,
N° 6752; qne cc soit le Divin Vrai qui proeMe immédiatement du
Seigneur, cela est signifié en ce qu'il serait à Aharon ponr Dieu,
cal' dans la Parole Dieu signifie le t'eignclIl' qllant au Divin Vrai,
21 ,~                 AH.CANES CÉLESTES,
 et Jéhovah signifie le Seigneur quant alt Divin Bien: on peut voir
que dans la Parole le Seigneur est appelé Dieu lorsqu'il s'agit clu
Vrai, et Jéhovah lorsqu'il s'agit du Bien, N°s '2586, '3769, 2807,
'3822, 3921 f. 4.502; que les anges sont appelés Dieux, d'après les
vrais dans lesquels ils sont par le SeigneU', N° H02; et que, clans
le sens opposé, les dieux des nations sont les faux, Nos q4.02 r.
!~5H.

   70,1 ". Et lu prendras dans ta main ce Miton, signifie la pui.>­
SCLnce Divine en eux; on le voit pal'Ia signification du bâton, en ce
que c'est la puissance, Nos ~·04 3, ~·0'13, 4·876, 4.936, et particuliè··
rement alors qu'il est duns la main; en effet la main signifie la
puissance spirituelle, et le bâton la puissance naturelle; de même
qu'il n'y a pas de puissance dans le naturel, il moins qu'clle ne
vienne du spirituel, de même il n'yen a pas dans le bâton, il
moins qu'il ne soit dans la main, c'est pour cela qu~il est dit de le
prendre dans la main: qlle la .main, quand elle se dit du Seigneur,
soit la puissance proe6dant de son Divin Hationnel, et le bâton la
puissance procédant de son Divin Naturel, on le voit N° 69.1..7; il
est dit la puissance Divine en enx, savoir, dans les Vrais, dont il a
été parlé ci-dessus, parce que la puissante se dit du Vrai, L~oS 309'1,
6344,64.23, 691,8.
   70,12. Pal' leqnel ttL l'cras les sigues,signi(ie de là l'illustration
ct/a confirmation des vérités; on le voit par la siguification du
signe, en ce que c'est la confirmation des verites, No 6870; que ce
soit aussi l'illustration, c'est parce que la conllrmation ùes verités
se fait pal' l'illustration provenant ùu Scigncl1I' quand l'homme
tudic la Parole dans le but de sa'oir les vrais. Quant il ce qui
concerne l'illustration et par suite la confil'mation des vérités, il
faut qu'on sache CLue ccux qui sont dans les externes sans l'interne,
comme ont été les Juirs et les Israëlites, ne pcment être illustrés,
ni par conséquent être confirmés dans les vrais; mais cenx qui
sont dans les externes, et en même temps dans les internes, quand
ils lisent la Parole, sont illustrés, et dans l'illustration ils voient
les Tais, dans lesquéls ils sont pal' la suite conlll'l1les de plus en
plus; ct, cc qni est (~tonnant, telle est l'affecliondu Hai dans
chacun, leUC est pOUl' lui l'illustration; et tcl est le bien ùe la vic,
telle estl'alfcctioll du vrai; de là vient aussi qne ecu qui ne saut
EXODE, CIUP. QU:TlUÈMI~.                            21a
dans ancune an'ection du vrai Jlour le vrai, mais qui sont dans l'at~
feclion du vrai pour le lucre, Ile sont nlllcmclIt illustrés quand ils
lisent la Parole, mais ils sont seulemcnt confirmés dalls lcs doctri­
naux, quels qu'ils soient, ou faux, comme sont les docll'inaux héré­
tiques, ou entièrement opposès :lUX vrais, comme sont les doctri­
naux Judaïques, car ils cherchent non le Royaume du Seigneur,
mais le monde, non la foi, mais la renommée, ainsi non les
richesses ct':lestes, mais seulement les richesses terrestres; cl si
par hasard le désir de savoir les vrais d'après la Parole s'empare
d'eux, les,faux se présentent il la place des vrais, ct enfin ils niellt
tous les vrais: ces choses ont été dites, afin qu'on sache cc que
c'est que l'illustration, et pal' suite la confirmation du vrai.

   70,13. Vers. '18," g, 20. Et Moscheh alla et' retourna vers Jéthro
son beau-père, et il lui dit: J'imi, s'il te plaÎt, et je retournerai
vers mes (l'ères, qui (sont) en JÉyypte, ct je velTai s'il!> sont encore
vivants,. cl Jélhro dit ri Jlfoscheh : Va en paix. Et Jéhovah dit il
ilfoscheh dans ilIidian: Va, reloltl'ne en .Égyple, parce qu'ils sonl
mOI'ls, tous les hommes qui che"cllaient Ion àme. El Moschch prit
son épouse, et ses fils, et il les (it chevaucher .~Ui' l'ûne , etilr-e­
tourna en la terre d'Ég!Jpte : ct Moscheh prit le biiton de Dieu dan,~
sa main. - Et Moschelt alla etrelouma, signifie la continuation
de la vic précédente: vers Jéthro son beau-père, signilie dans le
bien simple: ct il lui dit: J'irai, s'il te plaÎt, et je l'etolll'llerai vers
mes (l'ères qui (sont) en J!;9Yllte, signifie l'élévation vers une vie
intérieure et plus spirituelle clans le naturel: et je verrai s'ils sont
encore vivants, signilie la perception de cette vic: et Jélhro dit il
Moscheh: Ya en paix, signifie l'assentiment et le votif; Et./éhovah
 dit à Moscheh dans Jlfidian, signifie l'iIluslralion et la confirmation
 par le Divin dans cet ctat: Va, relonmc en Égypte, signifie la vic
 spirituclle dans le naturel: parce qu'ils sont morts, lous les hommes
 qui chercha.ientton âme, signilie raoigncmcnl des faux qui s'ef1'or- .
 çaicnt de dGtnlire la vic du Tai et du bien: et illoscheh prÎI son
 épouse, signit1e le bien adjoint: et ses (ils, signifie les ï';ds qui en
 proyiennellt: ct il les fit chevaucher SUI' l' tine, signifie !es choses
 qni devaient servir il la nOlleUe intelligence: cl il j'ctOU/'II(( en ia
 lerre d' l~q!l/1le, signilie dans le mental naturel: etilloscheh Tn'illc
2,16                   AHCANES CÉLESTES.
bâton de Dieu dans sa main, signifie les choses qui procèdent de la
puissance Divine,
   70,14-. Et llloschch alla et l'etmLl'rta, signifie la continlUttion de te,
vie précédente: on le voit par la signification d'l'11er, en ce •       que
c'est la vie, N0s 4882, M93, 5605; pal' la signification de ,'etourner
ou revenir, en ce que c'est vivre comme précédemment; ct par la
representation de llfoscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant à la
Loi ou au Vrai d'après le Divin, N°s 6771, 6827 : quand Moscheh
était SUl' la montagne du Choreb auprès de Jéhovah qu'il vit dans
une flamme, il représentait le Seignem quant au Divin Vrai, mab
maintenant chez Jéthro son beau-père, lequel est le tien de n:glise
qui est dans le vrai du bien simple, il représente le Seignelll' quant
au Vrai d'après le Divin. Ici ct aillcms dans la Parole sont décrits
dans le sens interne tous les états de la vic du Seigneur dans le
monde, et la manière dont il fit alors DiYin son Humain; qu'il y
ait eu des états successifs, on peut le VOil' en ce que le Seigneur,
quand il était enfant, était comme un enfant, ct qu'ensuite il a
grandi en intelligence ct en sagesse, ct y insinnait continuellement
le Divin Amour, jusqu'à cc qu'enfin quant à son Humain il mt de­
venu Divin Amour, c'est-à-dil'e, Divin être ou Jéhovah: et parce
que le Seignem a ainsi revêtu successivement le Divin, c'est de la
qn'il s'est fait d'abord Vrai d'après le Divin, ensuite Divin Vrai, ct
enfin Divin Bien: cc l'ment là les degrés de la glorification du Sei··
gneUl', qui sont décrits ici ct ailleurs dans le sens interne de la
Parole.
   7015, Vers Jéthro son bcau-pèl'e, signifie dans le bien simplc,
savoit" la continuation de la vic: on le voit par la représentation
de Jéthro en cc que, parce qu'il était prêtrede i'Iidian, il est le bien
de l'Église qtli est dans le vrai du bien simple, N0 68"27 ; ce bien
est entendu par le bien simple; ct pal' la signification du beau­
ph'c, en ce que c'est le bien d'oit provient la conjonction du hien ct
du vrai, No 6827.
    70-16. Et il dit: J'imi, s'il te plaÎt, et je ,'clOurnerai vers mcs
fi'ères qui sont en Égypte, signifie l'élévation l'crs une vie intérieul'c
et plus spirituellc dans le naturel: on le voit pal' la signification
cl' aller ct de retvul'IlCl', en ce que c'est le successif de la vic, et le
successif de la vie ici est l'élévation vers nne Yic intérieure ct plus
.EXOD~, CHAP. QUATlUÈ1UE.                          217
spirituelle, ainsi plus près vers le Divin; car lorsqu'en parlant du
Seigneur, qui est représente par Moscheh, il est dit aller et retour­
nèl', il est entendu être élevé vers le Divin Ètre ou Jéhovah, Qui
était en Lui, ct de Qui Lui-~lême procédait; par la représentation
des fils d'Israël, qui ici sont les frères, en ce qu'ils sont le Royaume
Spirituel du SeigneUl', et par suite l'Église spirituelle, Nos 64.26,
6637; et par la signification de l'Égypte, en ce que c'est le naturel,
Nos tH 4-7,6252; de là il est hien évident que J'il'ai et je retournerai
vers mes frères qui sont en li'gypte, signifie l'éléyation vers une
vie intérieure ct plus spirituelle dans le naturel; car de même que
l'habitation de Moscheh dans lIidian signifiait la vie avec ceux qui
étaient dans le vrai du bien simple, ainsi dans le bien simple,
No 7015, de même l'habitation maintenant avec les fils d'Israël
signifie la vie avec ceux qui sont dans le vrai et le bien de l'Église
spirituelle, vic qui est i ntél'ieure et plus spirituelle que la précé­
dente; que le bien ct le vrai de cette Itglise soient dans le natUl'el,
on le voit Nos 4,286, H02.
   70,17. Et je ven'ai s'ils sont encore vivants, signifie la perception
cle celte vie: cela est évident par la significaLion de voir, en ce que
c'est comprendre et percevoir, Nos 2325, 2807, 376t, 3863, 4403
11 4..121, 4.;j67, 4723, 54,00; et par la signification de vivre, en ce
que c'est la ,'ie spirituelle, N° 5.1,07. Par la perception de cctic vic
est entendue la perception qui précède; en effet, quand quelqu'un
se propose une chose, il la perçoit comme présente, car il doit
mettre son mental dans l'état de celte chose; de là les désirs, et de
là le plaisir comme d'une chose présente; ainsi les lins moyenne~
se conjoignent avec la fin de1'llière, ct font comme une seule fin.
   7018. EtJéth1'odilàMoscheh: Va en paix, sifJltifiel'assenti­
menl et le votif: on le voit par la signification de Jéthro dit à illo­
scheh, en ce que c'est la l'épouse; que cc soit !ln assentiment, et
aussi un votif, cela est signifié pal' va en pai.'V.
   70,19. Et Jéhovah dit ù Moscheh dans 1lfidian, signifie l'illustra­
tion el la confirmation parle Divin dans cet état: on le roit en ce
que Jéhovah disait il ~Ioscheh de retourner en J~gyptc, lorsque ce­
pendant cela avait été commandé préc(~demment à j'Ioscheh par
,1éhovah, Chap.1I1. Wet suiv., et dans ce Chapitre Vers. 12 et
suiv., et lorsque Moscheh d'après ce commandement s'était dèjil
';,8                 AIC,L~ES CÉLESTES.
préparé pOUl' le voyage, d'olt l'on pent voir que ce commandül1Ient­
ci signifie l'illustration ct la confirmation pal' Ic Divin; que l'illus­
tration et la confirmation aient été dans cet état, savoil', dans l'état
du vrai du bien simple, cela est signifié en cc qne ces paroles ont
été dites par Jéhovah à Moscheh dems lIlidian; que Midian soit le
vrai du bien simple, on le voit N0s 3242, 4756, 4,788, 6773.
   70~0. Va, retOUrne en Égypte, signifie la vie spirituelle daus le
naturel: on le voit pal' la signification d'aller et de retourner, en
ce que c'est une vic intél'ielll'c ct pins spirituelle, N° 7016; et par
la signification de l'Égypte, en cc que c'est le naturel, N°s 6'147,
6252.
   70'21. Parce qu'ils sont morts, tons {es hommes qui cherchaient
Ion âme, signifie l'éloignement des (aux qui s'eff01'çaient de détruire
la vie dit vrai et du bien: on le voit par la signification d'êlre
morts, en cc que c'est avoir ctc éloignés, car ceux. qui sont morts
ont aussi été éloignés; pal' la signification (lCS l;;gyptiens. qui ici
sont {cs hommes, en cc qu'ils sont ceux qui sont dans les faux,
N° 6692; par la signific:ltioll de celL:X: qui cfwl'chent l'âme, en cc
que ce sont ceux qni s'eft'oreent de détruire la vie; ct comme la vic
spirituelle est la vic du vrai qui appartient à la foi ct du bien qui
appartient à la charité, c'est pOUl' cela qu'il est dit la vic du vrai
ct du bien: de là il est évident qne, ils sont maris, tous les hommes
qui cherchaient ton àmc, signifie l'éloigncment des faux qui s'etfor­
~~aicnt de détl'llire la vic du vrai et du bien. Dans la Pal'ole, l'ùme
signifie tout cc qui est vivant. ct clle est attribuée aussi aux ani­
maux. mais proprement l'âme sc dit de l'homme, ct quanrl elle se
dit de l'homme, c'est dans un sens vari(~; l'homme lili-même est
appelé (Îme, p:lrce que c'est sa vic dans le commun; puis sa vie
intellectuelle dans le partie,ulier uu son entendement, ct aussi sa
vic volontaire ou sa volonté; mais da us le scns spirituel pal' l'ùl1le
est entendue la vic du vl'ni qui appartient :'t la foi et dll bien qui
appallient il la elIarit<; ct en g(~nt'~J'al l'homme lui-même qllant il
son esprit qui Yil alll'ès la mort; c'est dans œ sens CIII'elle est en­
tendue dans AlatthicLI: « Ne craignez point CCliX qlli pellvent tuer
Il le corps, mais ne peuvent liter l'iune. Il -       X. '28: - Lians Je
Même: ~jue senirail-il il lili homme de gaglll~r tout le monell', lil
         (C


 Il {aisail (a J'crle de SO!1 âme? al/.) Qlle donnera j'homme PUUI' pri':
EXODE, CHAP. QlJATnll~àm.                             . 2f'J
 » suffisant de la rl'l1emlltion dc son lÎme? » -           XVI. 2.6: - dans
 Luc: « Le Fils de l'homme est vcnu non pOUl' perdre les (UlLeS des
 » hommes, mais pour sauvcr. » -            IX. ;56: - dans Ezechiel:
 « Vous M'avez profané chez mon peuple, jJour tuer les lÎmes qui ne
 » doivent point mourir, ct pOtcr vivifier les lÎmes qui ne doivent
 » point viYl'e. » - XlIl. Hl: -Dans ces passages 1'~lme est la vie
spirituelle de l'homme, YÏe qui est celle de son esp!'it apl'ès la
 mort; tuel' Lime, faire la perte de Lime, perdre l'LIme, c'est faire
 mourir spil'ituellement ou damner.
     7022. Et Moschch jJrit son épouse, signifie le bien a(~ioinl : 0/1 le
voit par la representation de l1foschelt, en ce qu'il est le Seigneur
 quant il la Loi ou au Vrai d'après le Divin, ainsi qu'il a été rnontl'l~
ci-dessus;. et pal' la signification de l'épouse, en ce qu'elle est le
bien adjoint, N°s 115'10, 4823. Que dans le sens interne, ct aussi
 dans le sens snprême, dans lequel il s'agit du Seigneur, l'epouse
 de Moscheh représente le bien conjoint au vrai, c'est parce quc
 dans toutes les choses en généml et en particulier qui sont ou dans
 le monde spirituel, ou dans le monde natlll'c, il Y a l'instar du
 mariage; l'instar du mariage est parlout oit il ya lin agent ct un
 l)atient, et il faut qu'il y ait un agent ct en même tcmJls un patient
 lil oit quelque chose doit cxister; sans la conjollclioll rie l'nn et de
 l'autre, rien ne peut en aUCUlle manière être pl'oduit: s'il ya en
 toules choses l'inslal' ÙU mariage, c'esl parce que toutes choses se
 rapnortcnt au bien ct au vrai, ainsi au mariage céleste qui est le
 mariage ÙU biell et du vrai, ct que le mariage céleste se rapporte
,an mariage Divin qui est le mariage du Divin llien cl du Diyin
 Vrai; ct comme rien, ainsi qu'il a été dit, ne peut ex.istel' ni être
 produit, il moins qu'il n'y ail un agent et un palient, ainsi il moins
 qu'il n'y ail lïnstar du mariage, il cst clonc bien évident que le Vrai
 qui appartient il la foi sans le bien qui appartient il la charité Ile
 peut rien produire, ni le bien qui appal'lient il la charité sans le
 vrai qui apparticnt il la foi, mais que cc sera la conjonction de l'un
 el cle l'autl'e qui produira des fruits et fera la vic dll Ciel chez
 l'homme. Que dans [oules choses Cil général et en particlllier il y
 ait 1'instm du mariage, on le "oil ios '1'32,2'173, 2176, ül9L
 Que dans chaquc eXJlression lie la Parole il y ait le llJ:ll'iage du bien
  et clu l'rai, on le voit SU, 6S:;, 7):3,801) ';l:jlli, 'i71 "2, 1138 f. a1:38,
220                     AHCAi'ES CÉLESTEj).
634-3; conséquemment dans chaque expression de la Parole il y a
le Ciel, car le Ciel est ce mariage même; et comme dans chaque
expression de la Parole il yale Ciel, le Seigneur est dans chaque
expression de la Parole, puisque le Seigneur est tout clans toutes
les choses du Ciel. D'après cela on peut voir pourquoi l'épouse de
~Ioscheh représente le bien conjoint au vrai, même dans le sens
suprême olt il s'agit clu Seigneur, cie même que Sarah épouse d'A­
braham, 1os 2063, 2065,2-172, 2-173, 2198, et comme Rébecca
épouse de Jischak, Nos 30'12,3013,3077.
   7023. Et ses fils signifient les vrais qui en proviennent: on le
voit pal' la signification cles fils, en ce qu'ils sont les Tais, N°s 4-89',
4-9-1,533, 1H7, 2623, 3373; il est dit « qui en proviennent, II
parce qu'ils proviennent clu mariage clont il vient d'être parlé.
  7024.. Et il les fit chevaucher sur l'âne, signifie les choses qui
devaient sen'il- à la nouvelle intelligence: on le voit par la signifi­
cation de chevaucher (equi/are), en cc que cc sont les choses qui
apparticnnent à l'entendement, ici celles qlli appartiennent à la
nouvelle intelligence, laquclle appal'tiendl'a à la vie chez ceux qui
sont dans l'Église spirituelle, No 7016: si cllevaucher signifie ces
choses, c'est parce que le cheval signifie l'intellectuel, voir Nos
2ï61, 2762, 3217, 5321, 6534-; et pal' la signification de l' tine, en
ce qu'il est le vrai qui sert, ici, à la nouvelle intelligence, N0s 278-1,
57 H ; et aussi en ce qu'il est le scientifique, N0 M92.
   7025. Et il retourna CIL la terre d'Égypte, signifie c[(LnS le men­
lnl naturel: on le voit par la signification cie la lerre cl' Égypte, en
ce qu'elle est le mental n:1tU1'cl, .r0s !i276, 5278, 5z80, 5288,530-1.
   7026. Et1lloscheh pl'it le bàton de Dien dans Sil main, signifie
les choses 'lui pl-ocèdent de la puissance Divine: on lc voit pal' la
signification du bàton, en ce que c'est la puissance, N°s fl.0-13,
.iQ-15, 4876, .1936, ainsi le bâton (le Dieu, c'est la puissanee Di­
vine: que le bâton soit la puissance natlll'elle et la main la puis­
sance spirituelle, ct que la puissance soit au nalurel d'après le spi­
l fLUel, qu'ainsi le bâton signifie la puissance quand il est clans la
main, on l'a vu ci-dessus ro 701-1. Si le bàton est la puissance,
 cela tire son origine des représentatifs dans l'autl'e vie, car là ceux
 qui exercent dcs opérations magiques apparaissent avec des bâtons,
 qni leur servent aussi comme puissances; c'cst de HI aussi que les
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                          221
"Mages F~gyptiens avaient des hâtons, pal' lesquels ils faisaient des
choses qui paraissaient comme des miracles: de là les Anciens
dans leurs écrits donnent partout des bâtons aux Mages: d'après
cela on peut voir que le hàton est le représentatif de la puissance,
et que c'est aussi une correspondance réelle, car en actualité la
puissance s'exerce pal' des bâtons, mais cela chez les Mages est un
abus de la correspondance, ct n'a de force que dans les enfers où
ils sont, ct parce que là règnent les illusions et les plianlaisies. Et
comme il y a une correspondance réelle du bâton avec la puissance,
c'est pour cela qu'il fut commandé à iUoscheh de prendre le bâton
dans sa main et de faire pal' lui des signes; et c'est aussi pour cela
que les l'ois ont un sceptre, qui est un bâton court, et que le sceptre
signifie la puissance royale. La cOlTespondance du bâton et de la
puissance vient de ce que le bâton soutient la main et le bras, ainsi
en même temps le corps, et la main el le bras correspondent à la
puissance dans le Très-Grand Homme, VOil' N°s 878, 3387, 49~H il
4937,5327, 53z8, 50H, 694-7, 7011.
    7027. Vers. 21, '22, '23. Et Jéhovah dit à l1Ioscheh : En t'en al­
lant poU?' l'etourner en J!;gyple, voi$ tOt/.ç les pl'odirJes que j'ai mis
en la main, et fais-les devant PlU/mon; el illoi f endurcimi son
cœur, et il ne l'enverra poinlle peuple. Et tu diras cl Pharaon:
Ainsi a dit Jéhovah: (c'est) mon fils, mon pl'emiel'-né, lsmd. Et je
te dis: Renvoie mon fils, et qu'il Me scn'e,. ct tu refuses de le l'en­
voyer; voici, Moi,.1e tue ton (tls, ton premier-né. - Et Jéhovah dit
à Moseheh, signifie la perception d'après le Divin: en (en allant
pour l'et01tl'nel' en lÉf/yple, signifie la vie spirituelle dans le natu­
l'cl: l'ois tons les ln'odif/cs qnc f ai mis en tŒ main, signifie les
moyens de puissance d'après le spirituel alors: et {ais-les devant
Pharaon, signifie contre les faux qui infestent: et Moi j'endu/'cirai
son cœUl'; ct il ne l'elwelTa point le peuple, signifie l'obstination,
ct ainsi pas encore la délivrance: et tu di1'(lS li Phrtl'aon, signifie
l'exhortation: ainsi ft dit Jéhovah, signifie par le Divin: (e'cst) mon
fils, mon premier-né, Israël, signifie que ceux qui sont dans le YI'ai
ct le bien spirituels ont été adoptés: et je te dis, signifie le com­
mandement: renvoie mon fils, signifie de s'abstenir de nnfestation
des vrais de l'Église; et qu'illlfe Sel'IJe, signifie l'élévation dans le
Ciel vers les usages qui par suite doivent être faits: el tu l'cfl/ses de
~'~2                   ABC:.lES Cl::LESTES.
le l'C/I1J(JyCI, signilie l'obstination jllsqu':m dellliel' (degl'c): Void,
ilIoi,je lue lan fils, t01/ 7J1'clllÏcr-né. signific l'extinction dc la foi
qui est sans la charite, ct pal' suite la dévaslation du vrai chez eux.
   70~R, Et Jéhovah dit: ci llfoschch, signifie la pcrception d'ap,'ès le
])ivin: on le voit pal' la signifleation de dirc dans les historiques
de la Parole, en cc que c'cst la perccption, ainsi qu'il acte souvcnt
montré: que cc soit d'après le Divin, cela est signifié en ee quc
c'est Jéhovah qui dit: s'il est dit ici de nouveau: Jéhovah dit à J1fo­
sc/wh, c'est pal'ce qu'une nom'elle pel'ception est signifi6e, N'os 2061,
2238,2260, 2506, ~515,2052,
  7029, En t'cn allant poun'ctol/rllcr en j.'gyptc, signific la vie
spirituellc dans le naturcl: on le voit P:I' la signification de ùn
allcr et de ,'Clam'l1cr, en ce que c'est l'élévation vers unc "ie intc­
l'ieUl'c ct plus spirituelle; et pal' la signification de l'Egypte, en cc
que c'cst le natnrel, N0 7016,
    7030, Vois LOus les pl'odigcs quc f ai mis cn ta main, signific b
moycns dc 71uissallcc d'après lc spiritucl alors: cela est C'ident pal'
la signification des proclirJcs ou miracles, en cc qu'ils son t les moyens
de la puissance Divine, lV 691 0; et pal' la signification de la main,
en ce qu'clle est la puissance spirituelle, 1."°701,1 ; d'ail il est evident
qlle, vois Lous lcs prodigcs quclai mis cn ta main, signifie les moyens
de puissance û'après le spirituel.
   703,. Et (ais-lcs dcvant Phlt1'Cton, siUnific contre Ics (rt/tx qui ill­
(cs/ent: on le voit pal' la représentat.ion de Pharaon, en ce qu'il cst
le faux qui infeste les mlÎs de l'.Église, N°s 665 1,6670,6683,6692:
que (ais-lcs dcvant Pharaon, ce soit contre ces faux, c'cst parce que
cela est, dans la série, la consequence de cc qui précède; car, voi,~
tous les pl'odigcs quc}' ni mis en ta main, signifie les moyens cie puis­
sance d'après le spirituel, ainsi, contre les faux qui infestent; en
effet, clans k sens intel'l1e se suivent, en série, cles choses allxquelles
les paroles du sens de la lettre sont appliquées,
   7032, Et iUoi j'cndurcirai son cœlt1', ct il nc renVC1'l'a point le
pcuplc, signific l'obstination, ct ainsi pas cncorc la déliv1'Ctncc: on
le voit pal' la signification d'cndurcir, en ce qlle c'est l'obstination;
et pal' la signification dll cœur, en ce qu'il est la volonté, NOS2930,
3888; ainsi ces paroles signifient l'ohstination d'après la volonte,
pal' conséquent d'apri.'s le pl:.1isir de faire le mal, cal' cc qlli appal'­
EXODE, CIL.P. QtüTmimE.                              223
 lient il la volon lé estlll1 plaisil', et ce qui est un plaisir vient de l'a­
 mour; ct par la signification dc ne ]Joint rcnvoyer lc peupLe, en ce
 que c'est par obstination ne pas vouloir délivrer, ainsi pas eneore la
 délivrance. Ici et dans la suite, il est dit que Jéhovah a endurci le
 cœur de Pharaon; cela est dit ainsi d'après l'apparence, et d'après
 cette commune notion, que le Divin fait toutes choses; mais cela
 doit être entendu, comme lorsqu'à JéllOvah ou au Seigneur est attri­
bué le mal, la colère, la fureur, la dévastation, et plusienrs antres
 choses semblables, Nos 2H7, 607,1, 6991, 6997. Quant il ce qui
 concerne l'obstination de ceux qui sont dans les faux et par suite
dans les maux:, et dans les maux et par suite dans les faux, il faut
 qu'on sache que c'est une obstination telle, qu'elle ne peut être dé­
 crite; j'amais ils ne cessent que par de graves punitions et pal' les
craintes qui en résultent; les exhortations et les menaces ne font
absolument rien; et cela, parce que le plaisil' de leur vie est de faire
le mal; ils ont conti act~ cc plaisir lorsqu'ils vivaient dans le monde,
pal' cela surtout, qu'ils se sont seulement aimés, et n'ont point aimé
le proehain, et qu'ainsi ils n'ont été dans aucune chal'itéChrétienne;
ceux qui sont tels, ne se laissant pas conduire par le Seigneur, agis­
sent d'après leur propre volontaire, cc volontaire est le mal prove­
 nant de l'héréditaire et aussi de la vie actuelle; et ceux qui agissent
(j'après le propre volon taire font le mal pal' amour, car ce qui appar­
tient au volontaire appartient il l'amour; de là leur Yientle plaisir
de faire le mal, el autant ils sont dans ce plaisir, autant ils sont dans
l'obstination: dans le monde il ne semble pas que cela soit ainsi,
mais c'est parce que dans le monde l'amour de soi et du monde les
retient, car ils craignent de perdre leur réputation, et par suite le
gain et l'honnell', s'ils faisaient cuvertementle mal; les lois aussi et
la crainte pour leUl' vie les contiennent; mais s'ils Il'étaient pas
ainsi arl'êtés, ils s'élanceraient pOUl' ùétruil'e tous ceux qui ne leur
sont pas favorables, et ils pilleraient les biens de tous, et tueraient
sans aucune pitié ceux qu'ils rencontl'eraient; tel est l'homme inté­
l'ieurement, c'est-à-dire tel il est quant il son esprit, quoique clans le
monde illle paraisse pas tel: c'est ce qu'on peut voir tl'ès-manifeste­
ment dans l'autre vie; les externes sont ôtés il ceux qui ont été tels
dans le monde, et ils sont abandonnés à leur VOIOllté, par consé­
quent il leur amolll'; et quand ils y ont été abandonnés, ils n'apel'­
224                   AHCA.NES C]::LESTES.
çoivcnt rien ùe plus agréable que de faire le mal; aussi le font-ils
avec tant d'obstination, qu'ils ne s'en désistent jamais que par des
punitions, comme il a été dit, et ensuite pal' des immersions dans
l'enfer. D'après ce qui précède, on peut voir quel est l'homme qui
n'est dans aucune charite envers le prochain; puis aussi qu'à chacun
reste sa vie, non la vie civile qui était externe et apparente dans le
monùe, mais la vie spirituelle qui était interne et ne se montrait pas
dans le monde.
   7033. Et tu diras à Phal'aon, signifie l'exhortation: on le voit
par la signification de dire, quand c'est d'après un commandement
Divin, en ce que c'est l'exhortation; et par la représentation de
Pharaon, en ce qu'il est le faux qui infeste les vrais de l'Église, ainsi
ceux qui sont dans le faux et qui infestent, Nos 6651,6679, 6683,
6692.
  703l. Ainsi a dit Jéhovah) signifie pm' le Divin, savoir, l'exhor­
tation: on le voit d'après ce qui vient d'être dit, et aussi d'après ce
qui va sui'l'e.
  7035. C'est mon fils, mon prcmier-né, Israël, signifie quc ceux
qui sont dans lc vrai et le bien spiritttcl ont été adoptés: on le voit
par la s;gnification du fils, quand ce mot est dit IYar Jéhovah ou le
Seigneur à l'égard de ceux qui sont de l'Église spiritnelle, en ce
que c'est avoir été adopté, ainsi qu'il va être montré; par la signi­
fication du premier-né, en ce que c'est la foi de la charité, qui ap­
partient il l'Église spirituelle, N'os 367, 2435, 3325, 4925, 4926,
4928,4930; et par la représentation d'lsmël, en ce qu'ils est l'Église
spirituelle, Nos 6637. Si mon fils, mon premier-né, Israël, signifie
que ceux qui sont dans le vrai et le bien spirituels, c'est-il-dire, qui
sont de l'Église spirituelle, ont été adoptés, ainsi reconnus poU' fils,
c'est parce que le Seigneur par son avénement dans le monde les a
sauvés, voir N°s 6854, 69,14; de là aussi et encore il cause de la foi
au Seigneur, ils sont appelés fils premier-né: ce sont également
ceux-là qui sont désignés par le Seigneur dans Jean: « Et j'ai d'au­
II tres brebis, qui ne sont point de cette bergerie, il faut aussi que je

)l les amène; et elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un seul
» troupeau, et qu'un seul Berger, » - X. 16.

     7036. Et je te dis) siguifie le commandement: on le voit par la
EXODE, CIUP. QUATRIÈME.                            225
signification dc dire, quand c'est Jéhovah qui dit, en ce que c'est un
commandement.
    7037. Renvoie mon fils, signifie de s'abstenÙ' de l'infestation des
t'l'ais de l'Église: on le voit par la représentation de Pharaon, en
ce qu'il est le faux qui infeste les vrais de l'Église, NO$ 66M, 6679,
6683,6692; pal' la signification de l'envoie, en ce que c'est le com­
mandement de s'abstenir; et par la signification du fils, en ce que
ce sont ceux qui sont dans le vrai et le bien spirituels, et qui ont été
adoptés, ainsi qu'il vient d'être dit N°s 7035; de là il est cvident
que, l'envoie mon fils, signifie afin qu'ils s'abstiennent d'infester
ceux qui sont dans les Hais de l'Église.
   7038, Et qu'ils Me servent, signifie l'élévation dans le Ciel vers
les usages qui pm' suite doivent être (aits : on le voit par la signifi­
cation de servir Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est remplir les
usages; et comme il s'agit de ceux qui etant de l'Église spirituelle
ont été sauvés par l'avénement du Seigneur, et de ceux d'entre eux
qui avant i'avénement ùu Seigneur ont été dans la tel'l'e infCrieure,
et ensuite élevés dans le Ciel, ~os 68M, 69,1 i, et sont par là venus
dans l'état de remplir les usages, c'est pour cela que ces mots, qu'ils
Me sel"Vent, signifient l'élévation dans le Ciel vers les usages qui
par suite doivent être remplis. Que servir le Seigneur, ce soit rem­
plir les usages, c'est parce que le vrai culte consiste dans la presta­
tion des usages, ainsi dans les exercices de la charité; celui qui croit
que servir le Seigneur consiste seulement il fréquenter les temples,
il y entendre la prédication ct à prier, et que cela suffit, se trompe
beaucoup, le culte même du Seigneur consiste à l'emplir des usages:
et les usages, quand l'homme YÎt dans le monde, sont que chacun
dans son poste l'emplisse régulièrement sa fonction, ainsi en étant
 de tout cœur utile il la patrie, aux sociétés et au prochain, et qu'il
 agisse sincèrement avec le compagnon, et rende des services Pl'U­
 demment, selon la qualité de chaque compagnon: ces usages sont
 surtout des exercices de la charité, et c'est par ces exercices que le
 Seigneur est principalement adoré; la fréquentation du temple,
 l'audition des prédications et les prières sont nécessaires aussi;
 mais sans ces usages elles ne valent rien, carelles n'appartiennent
 point à la vie, mais elles enseignent quelle doit être la vie. Les
 Anges dans le Ciel ont toute félicité d'après les usages, et selon les
         XI.                                                  la
225                    AnCANES CÉLESTES.
  usages, au point que les usages sont pour eux le Ciel. Que d'après
 l'ordre Divin il y ait félicité selon les usages, on peut le voir d'après
 les choses qui chez l'homme correspondent à celles qui sont dans
 le Très-Grand homme, par exemple, d'après les sens externes, sa­
 voir, d'après la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat, le toucher, lesquels
 correspondent, ainsi qu'il a été montl'é à la Hn de plusieurs Chapi­
 tres; il Y a par suite ùans ces sens des plaisirs absolument selon les
 usages qu'ils l'emplissent; le plaisir le plus grand appartient au sens
 de l'amour conjugal, il cause ùe l'usage le plus grand, parce que la
 propagation du gel1l'e humain en provient, et que le Ciel provient
 ou gelli e humain; vientensuile le plaisir du goût, qui occupe un
tel rang, parce que le goût sert il la nutrition, et par suite à la santé
du corps, selon laquelle le mental agit sainement; le plaisil' de l'o­
dorat est un plaisir moins grand, parce qu'il sel't seulement à une
récréation, et pal' iii aussi à la santé; le plaisil' de l'ouïe et le plaisir
de la vue sont au derniel'l'ang, parce qlt'ils reçoivent seulement les
choses qui doivent servir pOUl' les usages, et qu'ils sont les domes­
tiques de la partie intellectuelle, et non de mèn1e de la partie vo­
lontaire. D'après ces considérations et autl'es sernblables, il est
évident que c'est selon les usages que la félicite dans le Ciel est
don née par le Seignenr, et que c'est par les usa~es que le Seigneur
reçoit principalement un culLe: de là vient que Jèan s'est penché
il table SUl' la poitrine du Seigneur, et que le Seigneur l'a aimé plus
que tous les autres, mais cela non à cause de Jean lui-même, mais
parce que Jean représentait les exercices de la charité, c'est-ll-dire
 les usages; que Jean les ait représentés, on Je voit ùans la Préface
 aux Chap. XVIII et xxn de la Genèse, et N0 39.1oi..
    (7038 his.) Et tu refuses de le renvoye,', signifie l'obstination
.ill.~qu' au dernier (degTé) : on le voit par la signification de refuser de
 le "envoyer, en ce que c'est d'après l'obstination la non-délivrance ,
 comme ci-dessus N° 7032.
   7039. Voici, Moi, je Wc ton fils, ton premier-né, signifie l'extinc­
tion de la {ai qui eM ~ms la charité, et pal' ,çuite la démstation dit
vmi chez eux: on le voit pal' la signification de tue", en ce que
c'est l'extinction; et. par la signilication ùu fils p,'emieT·né, savoir ,
de Pharaon et des Egyptiens, en ce que c'est la foi sans la charité,
N0 3325; en effet, Pharaon et les Egypliens ont représenté les
EXODE) CllAP. QUATlHtlUE.                           227
  scientifiques qui appartiennent à l'J~glise, N0s 4749, 49M, 4966,
  6004, ainsi lès scientifiques qui appartiennent à la foi, car ces
  scientifiques appartiennent à l'Église; mais comme ils ont changé
  ces scientifiques en scientifiques magiques, No 6692, et que par
  suite leurs œuvres ont éte mauvaises et sans aucune charité, c'est
. poU' cela que leurs premiers-nés signifient les choses qui appartien­
  nent à la science de la foi, ainsi la foi sans la charité; que les pre­
  miers-nés de l'Égypte signifient ces choses, on le voit clairement
  par la signification des premiers-nés d'Israël ,en ce qu'ils sont la
  foi de la charité, No 7035: il est dit la foi sans la charité, mais ici
  par la foi est entendue la science des choses qui appartiennent à la
  foi, car il n'y a point de foi là oü il n'y a point de charité; ces cho­
 ses qui appartiennent à la foi, chez~ux qui ne sont point dans la
  chaI'ité, sont seulement des choses de mémoire, et dans la mémoire
  elles ne sont pas sous une forme différente de celle d'un autre scien­
  tifique; et là il n'y a pas le scientifique du vrai qui appartient à la
 foi, parce qu'il a été souillé par les idées du faux et sert aussi de
  moyens pour défendre les faux; puisqu'il en est ainsi de la foi sans
  la charité, .cette foi est en conséquence éteinte chez les méchants
  dans l'autre vie, et ils sont entièrement dévastés quant au vrai, afin
  que les vrais ne leur servent pas de moyens en faveur des maux, et
 ainsi afin que chez eux l'enfer ne domine en aucune manière SUI'
  les choses qui appartiennent au Ciel, et que par suite ils ne se trou­
 vent suspendus entre le Ciel et l'enfer; c'est cette extinction ct
 cette dévastation du vrai qui sont signiflées, en ce que les premiers­
 nés de l'Égypte devaient être tués: si ensuite les Égyptiens ont
 péri dans la mer de Suph, cela représentait l'état de la damnation
 ou de la mort spirituelle de tels hommes plus tard, car dès qu'ils ont
 été privés des choses appartenant à la foi ou au Vrai, qui étaient
 comme des ailes par lesquelles ils s'élevaient, aussItôt ils tombent
 comme des masses dans l'enfer.
     70W. Vers. 24, 23,26. Et il était en chemin, clans une Mtellerie.
et JéhovŒh le rencontra, et il chercha et le WeI'. Et Sippol'ah pl'it
un CŒiLlolt, et elle COUpŒ le prépuce de son fils, et elle (le) fit toucher
ses pieds, et elle dit: parce que (tn es) un fiancé de sangs, toi, pOUl'
moi. El il se désista de lui; alors elle dit : un fiancé de sangs pour
les circoncisions. -- Et il était en chemin dans une hô/ellerie, signifie
228                   AHC.-NES CÉLESTES.
que la postérité de Jacob serait dans les externes sans l'interne:
ct Jéhovah le renconll'a, signifie l'opposition: et il chercha à le tuer,
signifie que chez cette postérité l'Église représentative ne pouvait
être instituée: et Sipporah prit un caillou, signifie la qualité mon­
trée pal' l'Église représentative au moyen du vrai: et elle coupa le
prépuce de son fils, sign We l'éloignement des amours corrompus, et
pal' là la mise à nu de l'interne: el elle (le) fit toucher ses pieds,
signifie qu'il fut montré quel est alors le naturel: et elle dit: parce
que (tu es) lin fiancé de sangs, toi, pour moi, signifie qu'il est plein
de toute violence et d'hostilité contre le vrai et le bien: et il se dé­
sista de lui, signifie qu'Il fut permis qu'ils représentassent: alors
elle dit: un fiancé de sangs pour les circoncisions, signifie que quoi­
que l'interne fût plein de violence et d'hostilité contl'e le vrai et le
Ilien, cependant la circoncision serait reçue pour signe représen­
tatif de la purification des amours COl'l'ompus.
  7ü,j.'I. Et il élait en chemin dans llne hôtellerie, signifie que la
postérité de .Jacob serait dans les exlerne,ç sans l'interne: on peut le
voir par la représentation de iUoscheh ici; dans ce qui précède et
dans ce qui suit, il s'agit, dans le sens interne, de l'J~glise spiri­
tuelle, et cette l~glise est enteudue par les fils d'Israël; 01', dans ces
trois Versets, il s'agit de cette Église, en ce qu'elle aurait dù être
instituée chez les descendants de Jacob, mais qu'elle ne pouvait pas
être instituée chez eux, parce qu'ils étaient dans les externes sans
l'interne: c'est pour cela qu'ici lUosclleh ue n'présente pas la Loi
ou la Parole, mais il repr(;sente cette nation ou la postérité deJacob,
dont il devait être le conducteur, pal' conséquent aussi le culte de
cette nation, car partout dans la Parole un conducteur, ou un juge,
et aussi un l'oi, représente la nation ou le peuple, dont il est con­
ùucteur, juge ou roi, et cela, parce qu'il en est la tête, voir ~o 4789;
de là vient qu'ici lIoscheh n'est pas nommé, mais toujours est-Il
que c'est lui qui est entendu pal' il élait en chemin dans une hâtel­
lerie~ et qu'alors Jéhovah le rencontra, et chercba à le tuer, lorsque
 cependant il lui avait si expressément commandé auparavant de
 s'en aller ct de retourner en Égypte: il était en chemin, signifie
 l'institution, et l'hôtellerie signifie l'externe naturel ou sensuel,
 No 5495 : et comme il s'agit, ainsi qu'il a été dit, d'une f:glise qui
 d.evait ètre instituée chez cette postérité, c'est cc qui était tel chez
EXODE, CHAP, Ql!:TIUimE.                              2'29
cette nation, savoir, l'extel'lle sans l'interne, qui est signifié; ainsi
c'rst aussi J'externe naturel ou sensuel, mais séparé; que le sensuel
séparé de lïnterne soit plein d'illusions, ct par suite plein de faux, et
qu'il soit contre les n'ais et les biens de la foi, on le voit N°s 6948,
6949. Avant que les paroles qui suivent soient expliquées, il con­
vient de voir ce qui a été précédemment montré sur cette postérité,
c'est-à-dire que chez elle il ya cu un représentatif de l'l::glise, mais
non une' Église, Nos 4.281, 4288, 630.1·; que le culte Divin chez
eux a été seulement un culte exteme sl~paré de l'interne, ct qu'ils
étaient contraints à ce culte par des moyens externes, N°s !l281 ,
44-:-13, 4.8.4,4-847, 4865,4899, 4903; qu'ils n'ont point été choisis,
mais qu'ils ont insisté opinâtrement pour être une Itglise, Nos4290,
4-293; qu'ils ont été tels, qu'ils pouvaient représenter les choses
saintes, quoiqu'ils fussent dans les amours corporels ct mondains,
N°s 4-293, 4307; que cette nation a été telle dès les premières ori­
gines, Nos 4-314, 43'16, 4·317; ct plusieurs autres choses qui ont été
montrées sur cette nation, N°s 41,4.4-, 4,4,59 f. 4-503, 4·750, 4·8,15, 48'18,
4820, 4.825, 4832, 4837, 4.868, 487.i, 4-9'1-1, 4913, 5057, 6877.
  704-2. El Jéhovah lc J'cnconlm, ,çigni(tc l'opposition: on le voit
par la signification de J'encon/1'cr, en cc que c'est l'opposition, sa­
voir, à ce qu'aucune f~glise pitt être instituée chez cette nation;
que cc soit une opposition contre le Divin, cela est signifié en ce
que Jéhovah lc rcnconlJ'a,. d'apr('s le sens de la leUre, il semble
que Jéhovah ou le Divin s'est opposé, parce qu'il cst dit que Jého­
vaIlle rencontra; mais le sens interne est qu'il y a cu oppo~ition
contre le Divin; en effet, le Divin ne s'oppose jamais à qui que ce
soit, mais c'est l'homme ou la nalion qui s'oppose au Divin, ct
quand il s'oppose, parce qu'il ne soutient pas le Divin, il lui ~em­
ble que la résistance vient dll Divi n : on peut ,"oir cc qu'il en est
par ceux qui viennent dans l'autre vic ct désirent entrer dans le
ciel, sans cependant être tels qu'ils puissent y demeurer; quand
cc qn'ils désirent leur est accordé, lorsqu'ils sont en chemin ct
près de l'entl'ée du ciel, ils sc voient comme des monstres, ct com­
mencent il ëtre dans des angoisses ct des tourments, parce qu'ils
ne soutiennent ni le vrai ni le bien qui y sont, et ils croient que le
ciel et le Divin s'opposent il eux, lorsque cependant ce sont eux
qui se nwttcnt dans ces tourments, parce qu'ils SOllt dans l'opposé.
230                  ARCANES CÉLESTES.
De là aussI cu peut voir que le Divin ne s'oppose il qui que ce soit,
mais que e'est t'homme qui s'oppose au Divin.
   704.3. Et il cherclw à le tuer) signifie que chez cette postérité
l'Église repl'ésentative ne pouvait être instituée: on le voit pal' la
signification de chel'cher ci tueT, en ce que c'est ne point recevoir,
Nos 3387, 3395, ici donc ne point recevoir Ou ne point choisir
cette nation pour instituer ehez eHe une Église représentative:
dans ces trois Versets cette nation est entendue sans interruption
par l'Ioscheh son futm conducteur et son futur chef, voir ci-dessus
No 7041 : on peut voir aussi que cette nation n'a point été choisie,
mais qu'elle a insisleavec opiniàtrelé pour être une Église, N°s 4.290,
4293; qu'aucune Église n'a été instituée chez elle, mais qu'il y a
eu seulement un représentatif de n~glise, Jos 4281, 4..288,6304.;
et que les choses qui appartiennent il l'Église et sont saintes peu­
vent être représentées même par des méchants, parce que le re­
présentatif regarde non la personne mais la chose, Nos 3670, 4.208,
4.28·1. Il est entendu dans le sens interne la même chose qu'ici,
lorsqu'il estdit que Jéhovah voulait détruire entièrement eette na·
tion, et slL,;citcr pal' Moscheh une autre nation il sa place, ­
Nomb. XIV. '12; - et aussi lorsqu'il est dit que Jéhovah se repen­
tait d'introduire et qu'il introduisait cette nation dans la terre de
Canaan.
   7044.. Et Sippomh prit lm ccûllou, signifie la qualité montl'ée
par l'Église représentative au moyen du VI'ai ; on le voit pal' la re­
présentation de Sippomh ici, en ce qu'elle est l'Église représenta­
tive; et par la signification clu caillon, en ce qu'il est le vr~i cie la
foi; la circoncision, qui était faite avec des petits couteaux de pieITe,
signillait que la pul'ification des amours corrompus se faisait pal'
les 'l'ais de la foi, N°s 2039, 204.6,2799; car la circoncision était
le représentatif de la purification de ces amours, N0 2799. Si la pu­
rificatfon se fait pal' les vrais de la foi, c'est parce qu'ils enseignent
ce que c'est que le bien, puis aussi ce que c'est que le mal, ct ainsi
ce qu'il faut faire el ce qu'il ne faut pas faire; et quand l'homme
connaît ces Hais, et veut agir selon ces vrais, il est conduit par
le Seigneur, et il est pUl'ifié par les Divins moyens que le Sei­
gneur emploie. Comme les vrais de la foi enseignent ce que c'est que
le mal et cc qlle c'est que le bien) il est. évident qlle ces paroles, SiJl­
EXODE, CHAI'. QUATiUÈME.                             >2~'1

poralqJrit un caillou, signirient la qualilé montrée par le VI ai. Que
Sippol'ah represente l'Église représentative, on le voit pal' cc qui
suit dans ces Versets.
   704-5. El elle coupa le pI'épuce de son fiis, signi{te l'éloignement
des amours corrompus, et par là la mise à nu de l'interne:          on le
 voit -par la signification de coupcr, en ce que c'est éloigner; pal' la
 signification du prépuce, en ce que c'est l'amom telTestl'e et corpo-
 rel, qui souille l'amour spirituel et céleste, N°s 3~1 'il, H.62; et. par
 la signification du fils, en ce qu'il est le Tai de l'Jtglise représen-
tative; que le fils soit le vrai, on le loit N°s 4-89, ~94, 533, 1H7,
2623, Ban; et qu'il soit le vrai de cette Église, c'est parce que
Sipporah représente cette Église, et qu'clic appelle l'enfant son fils,
et montre pal' lui la qualit.é de celle nation, et pa~ suite la qualité
de son culte. Si le prepuce signifie les amours cOl'l'ompus, c'est
parce que les lombes avec les pal'ties génitales correspondent à ré).-
mour conjugal, N°s 5050 à 5062; et parce qu'ils correspondent à
l'amour conjugal, ils cOl'l'espondent à tout amour céleste et spiri-
tuel, N0s 686, 1J.277, k280, 5051; et) conséquence le prépuce cor-
respond aux amours les plus externes, qui sont appelés amours
corporels et terrestres; si ces amours sont sans les amours int.ernes,
qui sont appelés amoms spirituels et célesttls, ils sont corrompus,
comme chez cette nation qui était dans les exteJ'lles sans l'interne.
Il est dit sans l'interne, et par-iii il est entendu aucune reconnais-
sance du vrai ni aucune affection du bien, ainsi aucune foi ni au-
cune charité, cal' ces choses appartiennent il 1'110mme intel'lle, et.
de là procèdent les exercices de la charite, qui sont les biens ex-
ternes; cet interne, qui est sans la foi et sans la charité, et cepen-
dant plein de maux et de faux, est appelé vide par le Seigneur, -
Matth. XlI. 4,3, .H, Hi, - de là il est dit externe sans l'interue ;
maintenant, comme le prépuce sip,ïüfIe les amours les pl us exterues,
c'est pOUl' cela que, quand ils ont été éloignés, ce qui est signifié en
ce que Sipporah coupa le prépuce de son fIls, la qualité de crs
amoursse manifeste, ainsi la mise à nu de l'interne.
  70,.6. Et elle le (tl LOuchcl' ses pieds) signific (fl,'il (ut montré
quel est alors le nall~rel : on le voit pal' la signilica: ion de {aire lou-
che!', en ce que c'est montrer, Cal' par le toucher l'on montre; eL
pal' la signit1eation des pieds, en cc quc t.;'cst le naturel, Nos 2-162,
232                    AnCANESCÉLESTES.
314.7, 376'1, 3986, 4280, 4938 à 4952. Par montrer quel est le
naturel, il est. entendu montrer quelle était intérieurement cette
nation, ce qui se manifeste quand l'extérieur est éloigné: l'intérieur
chez l'homme dans le monde ne peut sc manifester, avant que l'ex­
térieur ait été éloigné; en effet, l'extérieur chez les méchants agit
tout autrement que l'intérieur ne yeut et ne pense, car l'homme
feint l'honnête, feint le juste, et aussi le bien Chrétien ou la Cha'­
rité, et cela pour qu'on croie qu'il est tel intérieurement, il est
même poussé à agir ainsi par la crainte de perdre profit, répu­
tation et honneur, et par la crainte des peines de la loi et de la
perte de la vie; mais quand ces craintes ont été éloignées, et que
l'homme agit d'après son intérieur, il pille alors comme un furieux
les biens d'autrui, et il ne respire que le meurtre et le sang, même
de ses concitoyens, comme il arrive dans les guerres intestines:
que tels soient les intérieurs, c'est ce qu'on voit encore plus clai­
rement par les méchants dans l'autre vie, car les externes leur sont
ôtés et les intemes sont mis à nu, voir à ce sujet N° 7039; et .alors
on découvre que plusieurs qui, dans le monde, avaient paru
comme des anges, sont des diables. Une si grande différence entre
les intérieurs et les extérieurs est un indice que l'état de l'homme
a été entièrement perverti; chez celui qui est dans le sincère, dans
le juste, et dans le bien, il n'existe point une telle diffét'ence, ce­
lui-ci parle comme il pense, et pense comme il pal'le; il en est tout
autrement chez ceux qui ne sont ni dans le sincère, ni dans le
juste, ni dans le bien, chez eux. les intérieurs diffèrent des exté­
riems; que la Nation ,Juive ait été telle, c'est ce qui est décrit par
ces paroles du Seigneur dans Matthieu: « Malheur à vous, Scribes
 )) et Pharisiens hypocl'ites! parce que vous nettoyez l'extérieur de la
 » coupe et du plat, mais les intérieurs sont pleins de rapine ct
 )) d'intempérance: Pharisien aveugle, nettoie premièrement l'inté­
 )) riem de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'ex.térieur devienne
  )) net. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites! parce que
 » vous vous rendez semblables à des sépulcres blanchis, qui au
  )) dehors, il est vrai, paraissent beaux, mais au dedans sont
  )) pleins d'os de morts et de toute sorte d'implll'eté. De même aussi
  )) YOtlS au dehors YOltS paraissez justes aux hommes, mais au de­
EXODE, CHAP. QUATlUÈME,                            233
II   dans vous êtes pleins d'hypocrisie ct d'iniquité.   »-   XXIII. 25,
26,27,28.
  704·7, Et elle dit : pm-ce que lU es nn fiancé de sangs, toi, 11ou/'
moi, signifie qu'il est plein de toute vio/~nce et d' hostilité contre le
vrai elle bien: cela est évident par la signification du fiancé, en ce
qu'ici c'est le représentatif de l'Église ou son externe, quanclnt­
glise représentative elle-même est la fiancée; que Moschell dans
ces tl'ois Vel'sets repl'ésente cette nation et le l'epl'ésentatif de
l'l;:glise chez elle, on le voit ci-dessus N° 704,,1; ct que Sippol'ah
représente l'Église représentative, on le voit N° 704.4.: comme
Sippol'ah represente l'l~glise l'eprésentative, et Moscheh l'extemc
de cette Église, c'est pour cela que Sippol'ah l'appelle fiancé, et
non pas son mari ni son homme, car la fiancée peut représenter
autrement que le fiancé, mais il n'en est pas de même de
l'homme ou du mal'i et de l'épouse, car le conjugal fait un; et par
la signification du sang, en ce qu'il est la violence inférée à la cha­
rité, N°s 374, 1005, et en ce qu'il est le vrai falsifié et profané
N°s 4735, 6978, ainsi l'hostilité contre le vrai et le bien.
  700·8. Et il se désista de lui, signifie qu'il (ut permis qztils r('­
présentassent: on le voit par la signification de se désister de lui,
savoir, de le tuer, en ce que c'cst qu'il fut permis qu'ils représen­
tassent; en eITet, quand il a éte dit que Jehovall chercha il le tuer,
cela signifiait que chez cette nation l'Église représentative ne pou­
vait pas être instituée, 10 7043, lors donc que maintenant il est
dit qu'il se désista de lui, il est signifié qu'il fut permis qu'ils re­
présentassent, c'est·il-dire qu'il fùt institué chez cette naLion un re­
présentatif de l'Église, mais non une J~glise; que cc soit autre
chose de représentel' une Église, et autre chose d'êtl'e une Église,
on le voit clairement en ce que les méchants peuvent aussi re­
présenter une Église, mais qu'il n'y a que lcs bons qui puissent
être une Église, car représenter l'Église, est seulement externe,
voiJ', ~os 3670, 4208, 1·28,/.
   7049. Alors elle dit: Un fiancé de sangs poltr les circoncisions,
signifie que qnoiqne l'intel'1le (Ul plein de violence el d'hostilité con­
tre le vrai et le bien, cependant la circoncision semil reçue rlol/r signe
/'eprésentati( de la purificalion des amours c01T01npu,: on le voit
par la signilication cll' (iancé de sali!] ) rn cc que c'esl être plein de'
234                    A.ltCAi'iES CÉLESTES,
toule violence et d'hostilité cOlltre le vrai et le bien, N° 704,7; et
pal' la signification de la ci1'concision, en ce que c'est le signe re­
présentatif de la purification des amoUl s COl'1'ompus, Nos2039, ~632,
34,12, 3~'13 , 1,462, 4486, 4493. Cela est clit pal' Sipporah , parce
que maintenant il a été permis à cette nation de représenter l'É­
glise, ce qui est signillé par il se dés~teL de le llLe1', No 704-8. Si la
Circoncision a été faite signe rcprésentatif cie la purification, c'est
parce que le rctranchement du prépuce signifiait réloignement des
amours corrompus, et par là la mise à nu cie l'interne, No 704-5;
quand donc on ne fait aucune attention à l'interne, comme chez
cette nation qui était dans Ics extel'11es sans l'intel'11e, alors il reste
la signification cie la circoncision ou du l'etrauchemen t du pré­
puce, savoir, en ce que c'est l'éloignement des amours corrompus,
ainsi la purification; c"est pourquoi cela a pu servir pour signe re­
présentatif.
   7050. Que clans ces trois Versets il y ait cles arcanes qu'il n'est
jamais possible de saYOir sans le sens intcrne, c'est ce qui est évi­
dent pal' chacune des expressions; en efi'et, qui saurait ce que si­
gnifie que Jéhovah, après avoir commandé à Moscheh d'aller en
Égypte, soit "enu hientôt après à sa rencontre, lorsqu'il était en
chemin, et ait chercilé à le tuer? Qui saurait ce que signifie qUl::
Sipporah, après avoir coupé le prépuce de son fils, l'ait fait toucher
ses pieds, et ait dit à ~Ioscheh qu'il était pour elle un fiancé de
sangs; et qu'ensuite elle ait dit: Un fiancé de sangs pOUl' les cir­
concisions? Qui Ile voit que des arcanes ont été renfcl'lués dans
ces événements, et que ces arcanes nc peuvent en aucunc manière
être dévoilés, si ce n'est par le sens intcl'Ite?
    705-1. Ceux qui ne savent rien SUI' le sens interne, ne peuvent
 que croire que la Nation ISL'aélite et Juive a été choisie de préfé­
 rence à toute autre nation, et que par conséquent elle valait mieux
 que les autres, comme l'ont eru les Juifs eux-mêmes; et, ce qui est
étonnant, nou-seulement cette nation elle-même le croit, mais c'est
 aussi ce que croient les Chrétiens, quoiqu'ils sachent que cette na­
tion est dans les amours corrompus, dans une sordide avarice,
clans la haine ct dans la fierté; et qu'en outre les Juifs n'ont aucune
 estime et ont même de l'aversion pOlll' les internes qui appartien­
 nent à la charité ct à la foi et qui concernent le Seigneur: Si les
EXODE, CHAP. QlJATRlÈ~lE.                          235
  Chr~tiell8 croient aussi que celle nation a été choisie de préférence
  aux autres, c'est parce qu'ils croient que l'élection et la salvation
  de l'homme viennent de la Misérieonle, de quelque manière que
  l'homme vive, et qu'ainsi les scélérats peuvent être reçus dans le
  Ciel aussi bien que ceux qui ont de la piété et de la probité, ne con­
  sidérant pas que l'Élection est universelle, c'est·à-dire qu'il y a
  élection de tous ceux qui vivent dans le bien; ct que la Miséricorde
  du Seigneur est envers lout homme qui s'abstient du mal et veut
  vivre dans le bien, et ainsi, qui se laisse conduire pal' le Seigneur,
 et réw~nérer, ce qui s'opère pendant la continuité de sa vie; c'est
 de là aussi que la plupart dans le monde Chrétien croient même
 que cette nation sel'a de nouveau choisie, et alors ramenée dans la
 terre de Canaan, et cela aussi selon le sens de la lettre, comme
 dans les passages qui vontètre indiques ici; Dans Ésaïe, Chap. X.
 20,22,23" XI. 1-, 12. XXIX. 22 à 24. XLIII. 0, 6. XLIX. 6 à
 26. LVI. 8. LX. 4. LXI. a à ,10. l .. XII. Dans Jet'émie, Chap. lII.
 14 à19. XV. 4" 14. XVI. '13, ~O. XXIlI. 7, 8. XXIV. 9,10, XXXI.
 31,33. XXV. 29. XXIX. H, ,18. XXX. 3,8, 9, 10, ·1 LXXXI. 8, 9,
 W, 17. XXX,IlI. 16, 20,26. Dans ltzéchiel, Cilap. V, '10, '12, ,15.
X,VI. 60. XX. 4L XXII. 15, ,16. XXXIV. 12, 13. XXXVII, 21,
'22. XXXVIII. 12. XXXIX. 23, 27,28. Dans Daniel, Chap. VII.
':27, XII. 7. Dans lloschée , Chap, III. /1 , 5. Dans Joël, Chap. Il.
32. Ill. ·1. Dans Amos, Chap. IX. 8, 9 et suiv. Dans Michée,
Chap. V. 7, 8; d'après ces passages, et aussi d'après plusieurs au­
tres, des Chrétiens même croient que cette nation sera de nouveau
choisie et introduite dans la terre de Canaan, quoiqu'ils sachent
que cetle nation attend un Messie qui doit l'introduire dans cette
terre, et que cependant ils connaissent que cette attente est vaine,
ct que le Royaume du M.essie ou du Christ n'est point de ce monde,
et qu'ainsi la terre de Canaan dans laquelle le Messie doit intro­
duire, est le Ciel: ils ne considèrent pas non plus que dans la Pa·
l'ole il y a un sens spirituel, et que dans ce sens par Israël cc n'est
pas Israël qui est entendu, ni par Jacob Jacob, ni par Juda Juda,
mais que par eux sont entendues les choses qu'ils représentent; ils
ne considèrent pas non plus ce que les HistoriC{lIe~ l'apportent sur
celte nation, quelle elle était dans le désert ct quelle elle fut ensuite
cians la terre de CamHHl, qu'elle était icloùttC de cC/:'nr; ni ce que
23G                   AnCA;ES CÉLE5TI::S.
les Prophètes ont dit d'elle, et de sa scortation spirituelle et de ses
abominations; celte nation est décrite telle qu'elle est dans le Can­
tique de Moïse, en ces termes: « .Je cacherai mes faces d'eux, je
" verrai quelle (sera) leur postérité; cal' (il,~ sont) une génération
" de perversions, eux; des fils en qui point de fidélité. .rai dit: à
" l'extrcmité des angles je les rejetterai; je ferai retirer de l'homme
" leur mémoÏl'e; si les ennemis ne disaient, (c'est) notre main éle­
» vée, et non Jéhovah (qui) a fait tout cela. Car (ils sont) une na­
" lion perdue de conseils, eux; et en eux point d'intelligence: Du
" Cep de Sodome (p7'Ovient) leur cep, et des champs de Gomorrhe;
" leurs raisins (sont) des raisins de fiel, des grappes d'amertume
» pour eux. Un venin de dragons (es!) leur vin, et un fiel cruel d'as­
" pics: cela n'a-t-il pas été caché chez Moi, scellé dans mes tré­
" sors? A Moi la vengeance et la ntrilmtion , au Lemps que bron­
" chera leur pied; car il est proche le jour de leur destruction, et
» elles s'approchent les cltosesqui doivent leul' m'rivel'. ll-Dr.utér.
XXXII. 20,26, 27, 28, 32, 33, 3~·, 35 : - Que .Jéhovah ail dicté
ce canlique à Moïse, on le voit au Deuté!'. XXXI. 19, 201. - Le
Seigneur a parlé aussi de cette nation tle celle manière, dans .Jean:
-    « Vous, pom père vous avez le diable, et vous voulez faire les
» (lésirs de votre père: lui était homicide dès le commencement,
II ct dans la vérité il ne s'est point leUlt. Il - VIII. H, - et en ou­
tre, dans beaucoup d'autres passages. Si les Chrétiens, quoiqu'ils
sacltent ces ehoses, croient toujours que cette nation se convertira
enfin au Seigneur, ct sera alors int!'oduite dans la terre oil elle avait
été auparavant, c'est, comme il a été dit, pal'ce qn'ils ne connais­
sent pas le sens interne de la Parole; et parce qu'ils s'imaginent
(jue la vie dc l'homme ne fait !'ien, ct que le nUII enraciné même
pal' des actes fréquel1ts n'empêche en rien que l'homme par la foi,
ne fùt·elle que d'une seule petite leure, ne puisse devenir spirituel
et être régénéré, et ainsi être accepté pal' le Seigneur; et de plus,
que l'introduction dans le Ciel appartient à la Misericorde seule, et
que cette lIiséricordc existe pOUl' une nation pnrticulière, et non de
même envers tous ceux dans l'univers qui reçoivent la Misericorde
du Seigneur; ceux qui pensent ainsi ne savenl pas qu'il est abso­
lument contre le Divin, que les nns comme élus naissent pOllde
salut et le Ciel, et les aulres c,omme non·élus pour la damnation et
EXODE, CHAP. QUATRlEiIE.                         237
l'enfer; penser ainsi du Divin serait horrible, parce qu'il y aurait
Bne suprême immiséricorde, lorsque cependant le Divin est la Mi­
séricorde même. D'après cc qui vient d'être dit, on peut voi!' que la
nation Israëlite et Juive n'a point été choisie, et qu'à plus forte rai­
son elle ne sera point choisie; qu'aucune chose de l'Église n'a été
chez elle, ct n'a pu y être, mais qu'i! y a eu seulement un représen­
tatif de l'Église; ct que si cette nation a cté conservée jusqu'à ce
jour, ce fut à cause de la Parole de l'Ancien Teslamen t, voir sur ce
sujet N° 3t79.
   7052. Vers. 27, 28, 29, 30, 3-1. Et Jéhovah dit à Alul1'on: va au­
devant de Moscheh au désert; et il alla, et il le l'encontra en la mon­
tagne de Dieu, et il le baisa. Et Moscheh annonça à Aharon toutes
les paroles de Jéhovah, par lesquelles il l'avait envoyé, et tous les
signes qu'il lui avait commandés. Et Dfoscheh alla) et Aharon)' et ils
assemblèrent tous les anciens des (ils d'Israël. Et Aharon prononça
toutes les paroles que Jéhovah avait pro/wneées à 1lloseheh, et il fit
les signes aux yeux du peuple. Et le peuple crut, et ils entendirent
que Jéhovah avait visité les fils d'Ismël, et qu'il avait vuleul' afflic­
tion; et ils s'inclinh'ent et se prosternèrent. - Et Jéhoverh dit à
Ahal'on , signifie le vrai de la doctrine, et là la perception d'après
le Divin: l'a au-devant de Moscheh, signifie qu'i! serait conjoint
avec le vrai qui procède immédiatement du Divin: au désert, si­
gnifie où elle n'est pas ainsi auparavant: et il alla, et il le rencon­
lm en la montagne de Dieu, signifie la conjonction dans le bien de
l'amour là : et il le baisa, signifie l'affection de la conjonction: et
1I1oscheh annonça à Aha1'On toutes les pm'oles de Jéhovah, signifie
l'influx du vrai qui procède immMiatement du Divin du Seigneur
dans le vrai qui procède médiatement, et l'instruction dans chaque
chose de la doctrine: padesquelles il l'envoyait, signifie qui pro­
cède: et tous les signes qu'il lui avait commandés, signifie l'illus­
tration et en mème temps la confirmation qui en résulte: et
lIIoschelt alla et Ahm'on, signifie la vic de la conjonction de l'un et
de l'autre: et ils assemblèrent tous les ancieni des fils d'/sl'ctël,
signifie les choses principales cie la sagesse qui appartient à l'I:­
glise spirituelle : El Aharon prononça lOutes les paroles que
Jéhovah avait prononcées à ll'Ioscheh, signifie la doctrine provenant
de là d'après le Divin: et il fit les signes awr yeux du peuple) si­
238                   ARCANES CI~LESTES,
gniOe la confil'mation selon la compréhension: et le peuple crut,
et 'i/s entendil'ent, signifie la foi et l'espérance: que Jéhovah avait
visité les (ils d' IS1'aël, signifie que ceux de l'Église spirituelle se­
raient délivrés et sauvés par l'avénement du Seigneur: et qu'il
avait vu leUl' amietion, signifie après tant de 'tentations: et ils s'in­
clinèrent et se prosternèrent, sig'nifie l'humiliation,
    7053. Et Jéhovah dit à Aharon, signifie le vrai de la doctrine, et
là la perception d'après le Divin: on le voit par la signilicàtion de
il dit, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été très-'souvent
montré; de là Jéhovah dit signifie la perception d'après le fiivin ;
et par la représentation d'AhU1'on, en ce qu'il est la doctrine du ,'rai
et du bien, N0s 6998,7009, ainsi le vrai de cette doctrine; en effet,
toute doctrine appartient au vrai, car la doctrine traite du vrai et
du bien qui provient de ce vrai, alors elle est appélée doctrine de la
foi, et elle traite du bien et du vrai qui provient d~ ce bien, alors
elle est appelée doctrine de la charité; mais elles appartiennent
l'une et l'autre au vrai.
   'tOM. Va au-devant de lIfoscheh, signifie qu'il semit conjoint
avec le vrai qui procède immédiatement du Divin: on le voit par la
signification d'ailel' au-devant, en ce que c'est être conjoint; et par
la représentation de Mosclteh, en ce qu'il est le vrai qui procède im­
médiatement du Divin, No70W.
   7055. Au désert, signifie où elle n'est pas ainsi aupamvant, sa­
voir, la conjonction: on le voit par la signÜication du désel't, en
ce que c'est où il y a encore peu de vital, No 1927, ainsi oil il n'y a
pas le bien, ni le vrai qui provient du bien, No 4-736, car de là vient
le vital; ici, où il n'y a pas conjonction du vrai qui procède immé­
diatement du Divin avec le vrai qui en procède médiatement; que
la conjonction devait se faire là, c'est ce qui est sigrlHié en ce
qu'Aharon irait au-devant de Moscheh au désert. Quant à ce qui
concerne cette conjonction, il faut qu'on sache que chez l'homme
il peut y avoir le Vrai qui procède médiatement du Divin, sans que
cependant ce vrai ait été conjoint au vrai qui procède immédiate­
ment àu Divin. Mais comme ceCi est un arcane, il faut l"illustrer
par des exemples: ceux qui pensent et enseignent selon la doctrine
de leur Église qu'ils on'1 confirmée chez eux, et qui ne savent pas
si les choses qu'ils pensent et enseignent sont des vrais, autrement
EXODE, CHAP. QUATRIÈME.                           239
que parce qu'elles sont de la doctrine de l'Église et ont été trans­
mises par des hommes savants et éclairés, peuvent avoir chez eux
le vrai qui procède médiatement du Divin, mais néanmoins ce vrai
n'a point été conjoint avec le Vrai qui procède immédiatement du
Divin, car s'il eût été conjoint, ils auraient l'affection de savoir le
vrai pour le vrai, et surtout pour la vie, de là aussi ils seraient
doués de la faculté de percevoir si les doctrinaux de leur Église
sont des vrais avant de les confirmer chez eux, et ils venaient dans
chaque doctrinal si les choses qui confirment concordent avec le
vrai lui·même. Soient aussi pour exemple les Prophètes, par qui
la Parole a été écrite; ils ont écrit selon que l'esprit a dicté d'après
le Divin, cal' les paroles mêmes qu'ils devaient éCrire, étaient
énoncées à leurs oreilles; chez eux était le Vrai qui procède mé­
diatement du Divin, c'est-à-dire, par le Ciel; mais le Vrai qui a
procédé immédiatement du Divin n'y était pas pour cela, cal' ils
n'avaient pas la perception de ce que chaque expression signifiait
dans le sens interne, car, ainsi qu'il a été dit, la perception existe
lorsqu'il y a eu conjonction. Cette conjonction existe rarement
 chez l'homme, mais elle existe chèz tous ceux qui son t clans le
 Ciel, surtout chez ceux qui sont dans le Ciel intime ou troisième
 Ciel; elle n'existe pas non plus chez l'homme, à moins qu'il n'ait
 été régénéré au point qu'il puisse êtl'e élevé clu sensuel jusque vers
 son rationnel, et être ainsi dans la lumière du Ciel, où sont les
 anges. Chez tout homme, il est vrai, il y a l'influx Divin tant im­
 médiat que médiat, N0s 6063, 7004., mais la conjonction n'est que
 chez ceux qui ont la perception du vrai d'après le bien; car ceux
 chez qui l'influx Divin immédiat 'a été conjoint à l'influx médiat se
 laissent conduire par le Seigneur, tandis que ceux chez qui ces
 influx n'ont point été conjoints se conduisent eux-nlêmes, et aiment
 cela. 'D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir maintenant ce
 qui est entendu ici par le désert, c'est-à-dire que c'est où il n'y a
 pas conjonction.
   705'6. Et il le rencontra en lu montugne de Dieu, signifie lu con­
jonctîon dans le bîen de [' umour là: on le voit par la signification
cie rencontrer Ou venir au devant, en ce que c'est la conjonction,
10 705t ; et par la signification de la montagne de Dieu, en ce
qu'elle est le bien cie l'amour Divin, No 6829. Voici ce qu'il en est:
21>0                  A.RC..NES CÉLESTES.
la conjonction tlu vrai qui procède immédiatement du Divin avec le
vrai qui en procède médiatement ne peut exister que dans le llien,
car le bien est l'humus même; les vrais sont les semences, qui nu
croissent pas autre part que dans le bien comme dans leur humus:
le bien est aussi l'âme même du vrai, de là existe le vrai pour qu'il
soit le vrai, et de là il vit. Le Vrai qui pl'ocède immédiatement du
Divin est appelé le Vrai, mais il est en soi le bien, parce qu'i! pro­
cède du Divin Bien; mais c'est un bien auquel tout Vl'aiDivin a été
uni; il est appelé Vrai, parce que dans le Ciel il apparaît comme
lumière, mais c'est une lumière telle que la lumière du printemps,
à laquelle a été unie une chaleur qni vivifie toutes les productions
de la terre: de 1:'1 on peut voir aussi qne la conjonction dn Vrai qui
procède immédiatement du Divin avec le Vrai qui en procède mé­
diatement, ne peut existe" que dans le bien, ainsi qu'autant que
l'homme est affecté du vrai pour le vrai, et surtout pour le bien, par
conséquent pour la vie, car alors l'homme est dans le bien. Qu'on
sache encore ce qu'il en est de cette conjonction par ceci: Le Vrai
qui procède immédiatement du Divin entre dans la volonté de
l'homme, c'est là son chemin ; mais le Vrai qui procède médiate­
ment du Divin entre dans l'entendement de l'homme, c'est pour­
quoi la conjonction ne peut pas être faite à moins que la volonté et
l'entendement ue fassent un, c'est-à-dire, à moins que la volonté
ne veuille le bien, et que l'entendement ne confirme ce bien par le
vrai: lors donc qu'il y a conjonction, le Seigneur est comme pré­
sent, sa présence est même perçue; mais quand il n'y a pas con­
jonction, le Seigneur est comme allsent, cependant son absence
n'est point perçue, à moins qu'on ne sache, d'après quelque per­
ception, ce que c'est que sa présence.
   7057. Et il le baisa, signifie l'affection de la conjonction: on le
voit par la signification de baiser, en ce que c'est la conjonction
d'après l'affection, N°s 3573, 357Ji., 4353,5929,6260.
   705R. Et Moscheh annonça ci Aharon toutes les paroles de Jého­
vah, signifie l'influx du "Vrai, qui procède immédiatement du Divin
du Seigneur, dans le vrai qui procède médiatement, et l'instruction
dans chaque chose de la doctrine: on le voit par la signification
âannoncer, en ce que c'est l'influx, No 5966; par la représentation
de IIfoscheh, en ce qu'il est le Vrai qui procède immédiatement du
EXODE, CHAP. QUATRIÈUE.                          24,1
Divin ùu Seigneur, J.os 7010, 7054; par la représentation d'Aha­
7'011., en cc qu'il est le vrai qui procède médiatement du Divin du
Seigneur, N° 7009 ; et par la signification de toutes les paroles de
.Téhovah, en ce que c'est chaque chose de la doctrine; l'instruction
est signifiée en cc que Moscheli les annonça à Aharon, cal' l'ins­
truction provient du Divin par l'influx, qui est signifié par annon­
CCI': d'après cela il est bien évident que ces expressions, Moscheh
annonça à Al1aron toutes les paroles de Jébovali, signifient l'influx
du Vrai, qui procède immédiatement du Divin du Seigneur, dans
le Vrai qui procède médiatement, et l'instruction dans chaque cbose
 de la doctrine. Quant à ce qui concel'lle l'instruction dans chaque
 chose de la doctrine, elle existe quand le Vrai, qui procède immé­
 diatement du Divin du Seigneur, est conjoint avec le Vrai qui pro­
 cède médiatement, car alors il y a perception, voir ci-dessus
 N° 705;j; cette conjonction existe principalement chez les Anges
 qui sont dans le Ciel intime ou troisième Ciel, et sont appelés cé­
 lestes; ces Anges ont une perception exquise de l'un et de l'autre
 vrai, et pal' là de la présence du Seigneur; ct cela, parce qu'ils
 sont plus que les autres dans le bien, car ils ont le bien de lïnno­
 cenee; c'est pour cela qu'ils sont le plus près du Seigneur, et dans
 une lumière éclatante, et pour ainsi dire enflammée, car ils voient
 le Seignem comme un Soleil, dont les rayons de lumière sont tels à
  cause de la proximité. Il est dit le Vrai qui procède immédiate­
  ment du Divin du Seigneur, quoiqu'ici dans le sens interne il s'a­
  gisse du Seignem quand il était dans le monde, et quand il invo­
  quait son Père comme séparé d'avec Lui; mais il a déjà été dit
  plusieurs fois comment cela doit être entendu, c'est-à-dire que le
  Divin ~lème ou Jéhovah était dans le Seigneur, puisqu'il avait été
  conçu de Jél1ovah, aussi l'appelle-t-il son Père et se nomme-t-iJ son
  Fils, mais alors le Seigneur était dans l'Humain déhile qui prove­
  nait de la mère par l'hériditaire, et aulant il était dans cet Humain,
   autant Jéhovah ou le Divin Même, qui était en Lui, paraissait ab­
   sent; mais autant le Seigneur était dans l'Humain glorifié ou de­
   venu Divin, autant Jéhovah ou le Divin JUême était présent et
   dans l'Humain Même: d'après cela on peut maintenant savoir ce
   qui est entendu, quand il est dit que le Vrai qui avait procédé im­
   médiatement du Divin, provenait du Divin du Seigneur.
         XI.                                                 IG
:!!d                   AI{CAlES CÉLESTES.
  7059. Pm' lesquelles il l'envoyait, ,çignifie qui pI'ocède, s:.voil',
chaque chose de la doctrine: on le voit pal' la signification d' l'tte
envoyé, en ce que c'est procéder, N0s 2397, 4·710.
   7060, Et tous le,ç signes qu'il lui avait comnwndés, signifie l'il­
lusu'ation, et en même temps la confirmation qui en l'ésulte : on le
voit par la signification des 8ignes, en ce qu'ils sont l'illustration et
la confirmation des vérités, N0 7012.
   70(1,1. El Moscheh alla, et Ahal'on, signifie la vie de la conjonc­
tion de l'un el de L'autl'e, savoir, du VI'ai qui procède immédiatement
du Divin du SeigncUl', et du Vrai qui procède médiatement: on le
voit par la signification d'allel', en ce que c'est la vie, N°s 3335,
3690,4882,5493; par la représentation cle Moscheh, en ce qu'il est
le Vrai qui procède immédiatement du Divin, N°s 70'10,7054.; et
par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est le Vrai qui procède
médiatement du Seigneur, N0 7009; de Ill. clonc, puisqu'ils allèrent
ensemble, c'est la vie de la conjonction de l'un et de l'autre qui est
signifiée.
   7062. El ils a.çsernblèrenl tous les anciens des filscL'lsraël, signifie
les choses pl'incipales de la sagesse qui appm'lienl à {J!; glise spi1'i­
welle: on le voit par la signification des anciens, en ce qu'ils sont
les choses principales de la sagesse, ainsi les clIoses qui concordent
avec le bien, N0 6524.; et par la représentation des lils d'Israël, en
ce qu'ils sont l'Église spirituelle, N°s 64.26, 6637.
   7063. Et Aharon ptononça toutes les pw'oles que Jéhovah avait
pl'ononcées à !loscheh, signifie la doctrine pl'ovenant de là d'après le
Divin: on le voit par la signification cle prononCC1' (parler), quand
cela est dit de la doctrine qui est représentée par Aharon, en ceque
e'est l'énonciation et la prédication, N°s 6987, 6999; par la repré­
sentation d'Ahm'on, en ce qu'il est le Vrai qui procède médiatement
du Divin du Seigneur, ainsi la doctrine du vrai etdubien, N0S6998,
7009; et par la signification des paroles que Jéhovah pr'ononça à
Moscheh, en ceque c'est d'après le Divin, c'est-à-dire, par le Vrai qui
procède immédiatement du Divin du Seigneur, Vrai qui est repré­
senté par Mosclleh, N°s 70,10, 7054..
  7064.. Et il fit les signes aux yeux du peuple, signifie la confir­
mation selon la compréhension; on le voit par la signification des
signes, en ce qu'ils sont la confirmation des vérités, et ainsi la
EXODE, CHAP, QUATRli~ME,                              24·3
connaissance, No 6870; ct par la signification des yeux, en ce
qu'ils sont les choses qui appartiennent à la vue interne ou à l'en­
tendement, N0s '3Î01, 3820, U03 à 4.421, 4523 à 4534; ainsi aux
yeu,x, c'est il l'entendement ou à la compréhension,
   7065. El le peuple t:/'Ut, et ils entendirent, signifie la foi et
l'espérance: on le voit pal' la signification de Cl'oire, en cc que
c'est croire clans le sens spirituel ou la foi, ~os 6956, 6970; ct par
la signification d'entendre, en cc que c'est obéir et aussi apercevoir,
 N0 5017; ici, avoir la foi, car lorsque celui qui est dans la foi cl
 dans l'obéissance aperçoit les confirmations, il reçoit l'espérance,
 parce que de là provient l'espérance,
  7066. Que Jéhovah avait visité les fils d'Israël, signifie que ceux
de l'Église spirituelle seraient délim'és et sauvés par l'avénement du
Seigneur: cela est évident pal' la signification de visiw', en cc que
c'est la délivrance par l'avénement du Seigneur dans le monde,
N0 6895, par conséquent aussi la salvation; que ceux de l'l~glise
spirituelle aient été adoptés et sauvés par l'a'iénement du Seigneur
dans le monde, on le voit N°s 6854" 6914, 7035; et par la repré­
sentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont l'Église spiritueIle,
N°s 6426, 6637; que Jéhovah dans la Parole soit le Seigneur, on le
voit Noq 34,3,1736, 292,1, 3023, 3035, 5663, 628,1, 6303, 6905.
    7067. Et qu'il avait vu leur affliction, signifie ap"ès tant de ten·
 tations : on le voit par la signification de l'afflic/ion, en ce qu'elle
 est la tentation, N° 5356; et par la représentation des fils d' IS1'Ctël,
 en cequ'ils sont ceux de J'Église spirituelle, Nos6426, 6637; quant
 à l'affliction ou infestation par les faux, ainsi quant aux tentations
 de ceux qui ont été de l'Église spirituelle, avant l'avénement du
 Seigneur, voir N°s 6854, 6914-, 7037.
    7068. Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent, signifie l'humilia­
 tion : on le voit pal' la signification de s'inclinel' et de se pros/el'ne,',
 en ce que c'est l'effet de l'humiliation, N0s 2'153, 6266; mais que
 s'incliner, ce soit l'humiliation extérieure, et de ceux qui sont dans
 le vrai, et que se prosterner, ce soit l'humiliation intérieure, ct de
 ceux qui sont dans le bien, on le voit N° 5682: qu'il en soit ainsi,
 c'est ce que j'ai vu clairement par ceux qui sont dans le vrai, et
 par ceux qui sont dans le bien; ceux qui sont dans le vrai sont
  pOUf' ainsi dire raides, et se tiennent droits comme s'ils étaient
t.H.                 ARCANES CÉLESTES.
durs, et quand ils doivent s'humilier devant le Divin, ils inclinent
seùle'ment un peu le corps; mais ceux qni sont dans le bien sont
pour ainsi dire flexibles, et quand ils s'humilient devant le Divin,
ils se prosternent jusqu'à terre; en effet, le Tai sans le bien est
tout il fait l'aide, et quand il regarde le bien comme lin , cette rai­
deur commence à s'amollir; mais le bien en soi est doux, et le vrai
qui est insinué, parce qu'il y devient le bien, s'adoucit aussi; la
raison tle cela, c'est que le Tai ne Ileut être disposé dans la forme
céleste que par le bieu, d'oil il résulte qu'en lui-même il est dur,
car la forme c(~leste est très-libre et n'om·c aucune résistance; de là
le hien chez leqnel le vrai a été convenablement disposé est sem­
blallle, et, ainsi qu'il :J été dit, il est donx.



CO~TINUATIO"     sm   LES ESPHITS DE LA PLANf:TE ]JE ~IEllCljlU:.


   7069. On peut en outre tlécouvrir, d'après cc qui suit, quel est
le génie des esprits qui sont de la Planète tic Mercure. Il faut qu'on
sache que tous les esprits, en quelque nombre qu'ils soient, ont été
hommes, car le genre humain est la pépinière du Ciel; ct que les
esprits eux-mêmes sont absolument tels qu'ils ont été, quand iis
ont vécu dans le monde, car la vic de chacun le suit; puisqu'il en
est ainsi, le génie des hommes tic chaque terre peut être connu par
le génie des esprits qui en sont.
   7070. Comme les esprits de llercure dans le Très-Grand Homme
représentent la Mémoire des choses abstraites de celles qui sont
matérielles, }o 6808, il en résulte que quand quelqu'un leur parle
de choses terrestres, corporelles et purement mondaines, ils ne
veulent absolument pas entendre, et que s'ils sont forcés de les en­
tendre, ils les changent en d'autres, et le plus souvent en choses
opposées, afin d'éyiter la conversation.
   707,1. Alln que je connusse avec certitude que tel était leur
génie, il fut permis de représenter devant eux des prairies, des ja­
chères, des jardins, des forêts, des fleuves, mais aussitôt ils les
changeaient; ils obscurcissaient les prail'ies et les jachères, et par
des représentations ils les remplissaient de serpents; ils noircis­
EX.ODE, CHAP. QlJATIHÈME.                          24.5
saient les fleuves, afin que l'eau ne parùt pas limpide; quand je
demandai pourquoi ils agissaient ainsi, ils dirent qu'ils voulaient
penser non pas il de tels ohjets, mais à des ohjets réels, qui sont
les connaissances des choses ahstraites de celles qui sont terrestres,
et principalement les connaissances des choses qui existent dans
les cieux.
   707'2. Ensuite je représentai devant eux de grands et de petits
oiseaux, tels qu'ils sont sur notre terre, cal' dans l'autre vie les oi­
séaux peuvent être représentés comme s'ils vivaient réellement
(quflsiadvivum), le langage même des esprits etdes A.nges est plein
de représentations: quand ces esprits de Mercure virent ces oi­
seaux représentés, ils youlaient d'abord les changer, mais ensuitl~
ils prirent plaisir à les voir et restèrent tranquilles; cela venait de
ce que les oiseaux signifient lesconnnaissances des choses, la per­
ception de cette signification influait aussi dans ce moment; ils
s'abstinrent donc dr. les changer, et par conséquent de les détour­
ner des idées de leur mémoire. Après cela, il me fut permis de
représenter devant eux un très-oeal! jardin l'empli de lampes ct de
flambeaux; alol's ils s'arrêtèrent et furent retenus, et cela, parce
que les lampes avec les flambeaux signifient les vérités qui brillen t
par le bien; pal' là je vis clairement qu'ils pouvaient être retenus à
considérer des objets matériels, pourvu qu'en même temps lem si­
gnification dans le sens spirituel fùt insinuée; car les choses qui
appartiennent au sens spirituel ont été abstraites des matérielles,
mais sont représentées dans les matérielles.
   7073. En outre, jeleur parlai de brebis ctcl'agucaux, mais ils ne
v.oulaient pas entendre ce que je leur en disais, parce qu'ils les
percevaient comme des objets terrestres; cela venait de ce qu'ils ne
comprenaient pas ce que c'est que l'Innocence, qui est signifiée
parles Agneaux; je nùn aperçus en ce que, quand j'eus dit que les
Ag'neaux n'apparaissaient pas non plus dans le Ciel comme
Agneaux représentés, mais que lorsqu'ils sont nommés, à leur
place on y perçoit 1Innocence, ils répondirent qu'iL ne savaient
pas ce que c'était que I1nnocence, mais qu'ils n'en connaissaient
que le nom; cela vient de ce qu'ils sont afl'ectcs ~eulement des cou­
naissances, ct non des usages, qui sont les fins des connaissances,
No 78H); ainsi. comme ils ne sont point affectés des fins des con­
246                    AHCANES CÉLESTES.
naissances, ils Ile peuvent pas non plus savoir d'après une percep­
 tion interne ce que c'est que l'Innocence.
    707~. Quelques-uns des esprits de la terl'e de Mercure venaient
à moi, envoyés par d'autres, pour entendre ce qui se passerait chez
moi; et un des esprits de notre terre disait à ceux-ci de recomman­
der aux leurs, de ne dire absolument que le vrai, et de ne pas,
selon leur coutume, présenter à ceux qui leur feraient des ques­
tions des choses opposées; parce que si quelqu'un des esprits de
notre terre agissait ainsi, il serait cllâtié : mais alors la cohorte pal'
qui ces esprits avaient été envoyés, et qui était au loin, répon­
dait que s'ils étaient châtiés pour cela, tous seraient châtiés, puis­
que, d'après un usage continuel, ils ne peuvent faire autrement; ils
disaient que quand ils parlent avec les hommes de leu!' tcrre, ils
font aussi de même, non pas dans l'intention de les tromper, mais
pour lem inspirer ainsi le désir de savoir; car lorsqu'on pré­
sente des opposés, et que l'on cache les choses d'une certaine ma­
nière, le désir de savoir est excité, et ainsi, par J'application à
les examiner, la mémoire est enrichie.
    7075. Je m'emrctins aussi une autre fois avec eux sur le même
sujet; et comme je savais qu'ils parlaient avec les hommes de leUI'
terre, je demandai comment ils en instruisent les habitants; ils me
dirent qu'ils ne les instruisent pas de quelle manière la chose se
passe, mais que néanmoins ils insinuent quelque aperception de la
chose, afin que par là le désir de savoir soit entretenu et s'accroisse;
car s'ils répondaient il tout, le désir périrait: ils ajoutèrent qu'ils
présentent aussi des opposés, afin que la vérité ensuite apparaisse
mieux, car toute vérité apparaît d'après le rapport avec les op­
 posés.
    7076. Ils ont l'om coutume de ne dire à qui que ce soit ce qu'ils
 savent, et cependant de vouloir apprendre de tous ce que ceux-ci
 savent: mais dans leur société ils se communiquent tout, au point
 que ce que l'un sait, tous le savent, et ce que tous savent, chacun le
 sait.
    7077. Comme les esprits de Mercure sont tels, et ont toujours des
connaissances en abondance, ils sont dans une sorte de fierté,
 N° 68'13; de là ils s'imaginent qu'ils savent tant de choses, qu'on
peut il peine en sayoir davantage; mais il leur fut dit par des Es­
EXODE, CHAP. QUATlUÈME.                            2~7
prits de notre Terre qu'ils ne savent pas beaucoup de choses, qu'ils
n'en savent que peu; que les choses qu'ils ne savent pas sont relati­
vement en nombre infini; et que celles qu'ils ne savent pas sont à
celles qu'ils savent, comme les eaux du grand Océan sont aux eaux
d'une petite fontaine. Pour qu'ils connussent que cela était ainsi, il
fut permis à un esprit angélique de parler avec eux, et de leur dire
en général ce qu'ils savaient, et ce qu'ils ne savaient pas; qu'il y
avait une infinité de choses qu'ils ne savaient pas, et que durant
toute l'éternité ils ne pourraient pas même savoir les communs des
choses. Cet esprit parlait, au moyen d'idées angéliques, beaucoup
plus promptement qu'eux, et comme il découvrait ce qu'ils savaient
et ce qu'ils ne savaient pas, ils furent frappés d'étonnement. En­
suite je vis un autre Ange parler avec eux, il apparut à une certaine
hauteur à la droite, il leur faisait l'énumération d'un très-grand
nombre de choses qu'ils ne savaient point, et ensuite il leur parlait
au moyen de changements d'état, qu'ils disaient ne pas comprendre;
alors il lem disait que chaque changement d'état contient une infi­
nité de choses, et qu'il en est de même de chaque petite partie de Ce
changement d'étaL. Quand ils eurent entendu cela, comme ils
avaient été dans la fierté à cause de leurs connaissances, ils com­
mencèrent à s'humilier; l'humiliation était représentée pal' l'abais­
sement de leur masse volumineuse, - ear'cette eol1orte apparaissai t
alors comme une masse volumineuse (vo/wnen), en avant vel's la
gauche à certaine distance, dans le plan de la région au-dessous de
l'ombilic; - mais la masse semblait creuse dans le milieu et élevée
par les côtés; on y remarquait aussi un mouvement réciproque; il
leur fut même ditee que cela signifiait, c'est-à-dire ce qu'ils pensaient
dans leur l1umiliation, et que ceux qui apparaissaient élevés sur les
côtés n'étaient encore dans aucune humiliatiou: et je vis que la
masse se séparait, ct que e'eux qui n'étaient point dans J'humiliation
étaient rélégués vers leur globe, tous les autres restaient. Comme
les esprits de la planète de Mercure fuient les esprits de notre terre
à cause des choses matérielles dans lesquelles ils sont, et qu'ils de­
mandèrent si de tels esprits pouvaient devenir anges, N0 69<29, ils
reçurent pour réponse que l'Ange, qui s'était entretenu avec eux,
avait été de cette terre.
   7078. JI faut (IU'On sache que les Esprits des autres terres appa­
248                   ARCANES CÉLESTES.
l'aissent non point au-dedans de la sphèl'e olt sont les esprits. de
notre terre, mais au-dehors de cette sphère, les uns à une grande
distance, les autres il une distance moins grande, et aussi vers di­
verses plages; cela vient de cc que les esprits d'une te1'l'e ne sont
pas d'un pal'cil génie ni d'une pareille vie avec les habitants d'une
autre terre; puis, parce qu'ils constituent dans le Tl'ès-Grand Homme
d'autres provinces; la différence de l'état de la vie fait cette appa­
rence: mais dans le Ciel intime ils n'apparaissent point séparés les
uns d'avec les aull'es. Toutefois, les Espl'its de l'Iel'cure apparaissent
non pas vel'S une plage déterminée, ni il une distance constante,
mais tantôt en avant, tanlôt à gauche, tantôt un peu par-del'rière;
et cela, parce qu'illeul' est pel'mis de pal'courir l'univers pour ac­
 quél'ir des connaissances, ct ainsi pour enrichir leul' mémoil'c : leur
planète cst par-derrièl'e les esprits, il en est de même du soleil du
 monde, quand ils y pensent, cal' il n'en apparait pas la moindre
 chose; s'il est par-derrièl'e, c'est parce que le soleil du monde, pOUl'
 ceux qui sont dans l'autre vie, est absolument dans l'obscul', ct est
 pour eux des ténèbres; mais le Solcil du Ciel, ou le Seigneul', ap­
 paraît en avant devant l'œil dl'oft, parce que de là leur vient toute·
 lumière; cal' l'œil droit cOl'l'espond à la vue intellectuelle non-seu­
 lement en tant qu'elle est éclairée par le vrai, mais aussi en tant
 qu'clic l'est par le bien, N° 4410; ainsi le Seignem regarde l'homme
 d'après le bien, et l'éclaire pal'le bien.
    7079. La continuation sur les esprits de la Planète de Mercure
  est à la fin du Chapitre suivant.
I)REliIERE PAI1TIE
                                  DU



        LIVRE DE L'EXODE.
                         ~




                   CHAPITRE CINQUIÈME.


                    DOCTRINE DE LA CHARITÉ.




   7080. Dans ce qui précède il a été dit ce que c'est que le 1)1'0-
chain, maintement il faut dire cc que c'est que la Cl1al'Îté ou l'A-
mour qu'on doit avoir pour le Prochaiu.
   7081. La vie même de l'homme est son amour, et tel est son
amour, telle est sa vie, lJien plus tel est l'homme tout entier. Toute-
fois ce qui constitue l'homme, c'est l'amour dominant ou régnant,
c'est-à-dire, l'amour de la chose qu'il a pour fin : cet amour a pour
subordonnés plusieurs amours particuliers et singuliers, qui en sont
des dérivations ct qui se montrent sous une autre apparence, mais
néanmoins l'amour dominant est dans chacun de ces amours, et il
les dirige, et par eux, comme par des fins moyennes, il regarde et
poursuit sa fin, qui est la principale ct la dernière de toutes; et
cela, tant directement quïndirectement.
   7082. JI Ya, ùans le monde naturel, deux choses qui y consti-
tuent la vie, savoir, la Chaleur ct la Lumière; ct dans le monde
spirituel il y a deux choses qui y constituent la vie, savoir, l'Amour
e( la Foi: la Chaleur daus le monde naturel correspoud il l'Amour
(lans le monde spirituel, et la Lumière dans le mondc naturel Cor-
respond à la Foi dans le monde spirituel; de là 'ient que quand on
dit la Chaleur ou le Feu spirituel on entend l'Amonr, ct que qlt:l.nd
on dit la Lmnière spiritUi'llc on entcnclla Foi: etl1l)me l'Amour est
2i)O                  AH.CANES CltLESTES.
réellement la Chaleur vitale de l'homme, car 011 sait que l'homme
est échauffé par l'amolli'; ct la l;'oi est rt"ellement la Lumière de
l'homme, car on peut savoir que l"homme est éclairé par la foi. '
    7083, Dans le monde naturel la Chaleur ct la Lumière existent
par le Soleil du monde; mais la Chaleur spirituelle et la Lumière
spirituelle, ou l'Amour et la Foi, existent par le Soleil du Ciel: le
Soleil du Ciel est le Seigneur, la Chaleur qui vient de Lui comme
Soleil est l'Amour, et la Lumière qui vient de Lui comme Soleil
est la Foi: que le Seigneur soit la Lumière, on le voit dans Jean:
 ({ Jésus dit: Moi, je suis la Lumiè7'e du monde, celui qui Me suit
 » ne marchera point dans les ténèbres, mais il ct1tru la Lumière
» de let vÎc.» -   VIII. '12; - et que le Seigneur soit le Soleil (du
Ciel), on le voit dans Matthieu: ({ Quand Jésus fut transfiguré, sa
» (ace resplendit com.me le Soleil, et ses vêlements devinrent comme
»   la Lumière. » - XVII, 2.
     7084-. D'après cette correspondance on peut même savoir ce qu'il
en est de la Foi et de l'Amour: la Foi sans l'Amour est comme la
Lumière sans la Chaleur, telle qu'est la lumière de I"lJiver; ct la Foi
avec l'Amoul' est comme la Lumière avec la Chaleur, telle qu'est la
lumière du printemps; on sait que dans la lumière du printemps
tout croît et Oeurit, et l'on sait aussi que clans la lumIère de l"hiver
tout languit et est dans un état de mort; il en est de même de la Foi
et de l'ArnOUl',
    7085, Maintenant, puisque c'est de l'amour que vient la vie de
l'homme, ct que l'homme est tout entier tel qu'est son amour, et
puisque l'Amour est la Conjonction spirituelle, il en résulte que tous,
dans l'autre vic, sont associés selon les amours, car la vie, c'est-à­
dire l'amour de chacun le suit: ceux qui sont dans l'Amour envers
le prochain et dans l'Amour pour Dieu, sont associés dans le Ciel;
 ceIlx, au contraire, qui son t dans l'Amour de soi et dans l'Amour
 dIl monde sont associés dans I"Enrer: en effet l'Amour de soi est
 opposé à l'Amour pOlir Dieu, et l'AmOllI' du monde est opposé à
l'Amour em'ers le prochain,
    7086. Il est dit l'Amour poU' Dieu, et l'on entend l'Amour pour
 le Seigneur, parce que la Trinité est en Lui, et qu'Il est le Seigneur
 du Ciel, cal' « à Lui est toute puissance dans le Ciel et sur la 'fefTc.
                                                                       J)


 - MatO. XXVllI. 18,
EXODE, CHAP'. CINQUIÈME.                         25


                           CHAPITRE V.



    1. Et ensuite vinrent i"foscheh et Aharon, et ils dirent à Pharaon:
Ainsi a dit JEHOVAH le DIEU d'Israël: Renvoie mon peuple, et qu'ils
Me célèbrent une fête dans le désert.
    2. Et Pharaon dit: Qui (est) JEIIOVAH, que j'écoute sa voix pOUl'
renvoyer Israël? Je ne connais point JÉHOVAH, et aussi ne renver­
rai-je point Israël.
    3. Et ils dirent: Le DIEU des Hébreux s'est rencontré devant
nous; que nous allions, s'il te plaît, le chemin de trois jours dans le
désert, et que nous sacrilîions à JEIIOVAH notre DIEU, de peur qu'il
ne tombe sU' nous par la peste on par l'épée.
    4. Et le roi d'Égypte leU' dit: PoU'quoi, lioscbelt et Aharon,
détournez-vous le peuple de ses ouvrages? Allez à vos fardeaux.
    5. Et Pharaon dit: Voici, nombreux maintenant, le peuple de la
terre, et vous les avez fait chômer de leurs fardeaux.
    6. Et Pharaon ordonna en ce jour-là aux exacteurs du peuple, et
à ses directeurs, en disant:
    7. Yous ne continuerez plus à donner de la paille an peuple pOUl'
 fabriquer des briques, comme hier avant-hier; eux ir'Ont, et qu'ils
se ramassent de la paille. .
    8. Et la mesure de briques qu'ils faisaient hier avant-hier, vous
 (La) leur imposerez, "rous n'en retrancherez point, car désœuvrés
 ils (sont), c'est pourquoi ils crient, en disant: Allons, sacrifions à
 notre Dme.
     9. Que le service soit appesanti SUl' ces hommes, et qu'ils le fas­
 sent, et qu'ils ne regardent point à des paroles de mensonge.
     ·1 O. l~t (ltImitôt) sortirent les exacteurs du peuple et ses direc­
 teurs, et ils dirent au peuple, en disant: Ainsi a dit Pharaon: Je ne
 vous donne plus de paille.
     '1 '1. Vous-mêmes, allez; prenez de la paille, cl"où vous (en) trou­
 verez, car il ne sera rien retranché de votre service.
     ,12. Et le peuple se dispersa clans toute la terre d'J~gypte, VOllf
  ramasser cles brins pOU' paille.
:252                  ARCANES CJ~LI.::STES.
   ~ 3. Et [es exacteurs (les) pressaient en disant; Achevez VOs ou­
vrages, l'affaire d'un jour en son jour, comme lorsqu'il y avait de la
paille.
    ~ 4. Et furent battus les directeurs des fils d'Israël, qu'avaient
préposés SUl' eux les exacteurs de Pharaon, en disant: Pourquoi
n'avez-vous pas achevé votre tâche de fabrication de briques, comme
hier avant-hier, aussi hier, aussi aujourd'hui?
    ~ 5. Et les directeurs des fils d'Israël vinrent, et ils crièrent il
Pharaon, en disant: Pourquoi fais-tu ainsi il tes serviteurs?
     46. De la paille, il n'en est point donné à tes serviteurs; et des
briques, ils nous disent: Faites; et voici, tes serviteurs sont battus:
et ton peuple a l,éche.
     47. Et il dit; Des désœuvrés, vous; des désœuvrés; c'est pour­
 quoi vous dites; Allons, sacrifions à JÉHOVAH.
     18. Et maintenant allez, servez; et de la paille il ne vous en sera
 point donné, et la mesure de briques vous donnerez.
     ,19. Et les directeUl's des fils d'Israël se virent dans le mal, en ce
 qu'il était dit; Vous ne retrancherez de vos briques quoi que ce soit
 dujour en son JOUi'.
     20. Et ils rencontrèrent Moscheh et Aharon , qui se t1'ouvèrent
 devant eux, comme eux sortaient de chez Pharaon.
     21. Et ils leur dirent: Que JI~HOVAII vous voie et juge, que vous
  avez empuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux de ses
  serviteurs, (de manière) il mettre une épée en leur main pour nous
  tuer.
      22. Et Moscheh retourna vers JltrlOvAH, et il dit: SEIGNEUR!
  Pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple? Pourquoi m'as-tu envoyé?
      23. Et depuis que je suis Vel1l1 vers Pharaon pour pal'ier en ton
  Nom, il a fait du mal à ce peuple; et en délivrant tu n'as point
   déli"l'é ton peuple.

                               CONTENU.

     7087. Dans ce Chapitre, dans le sens interne, il continue il être
  traité de l'infestation de ceux de l'I~g1ise spirituelle, par les faux. Il
  s'agit d'abord ùe ceax qui infestaient, en ce qu'ils ne faisaient ab­
  solument aucune attention il l'exhortation Divine; pub, en cc qu'ils
EXODE, CHAP. CINQUlÈlIE.                            2!)~
infestaient ensuite encOI'e plus, en injectant des illusions et des faux
fabriqués avec art, que ne pouvaient dissiper ceux de l'Église spiri­
tuelle; et comme ceux-ci ne pouvaient éloigner d'eux crux qui les
infestaient ainsi ils se lamentèrent devant le Divin.


                          SENS INTERNE.

    7088. Yers, 4.2, 3,4,. Et ensuite vil1rentll1oscheh et Aharon, et
ils dirent à Phamon : Ainsi a dit Jéhovah le Dieu d'Ismël : Renvoie
mon peuple, et qu'ils Mc célèbrent une fête dans le désert. Et Pha­
mon dit: Qui (est) Jéhovah, que j'éCOUle sa voix pour renvoyer
Jsmël? Je ne connais point Jéhovah, et aussi ne renverraHe point
Israël. Et ils dirent: Le Dieu des Hébreux s'est rencontré devant
nous; que nous allions, s'il te plaÎt, le chemin de trois jOllrs dnns le
 désert, et que nous sacrifiions à Jéhovah notre Dieu, de peur qn'il ne
 tombe sur nOlis par la peste ou par l' dpée. Etle roi d'Égypte leur
 dit: POUl'quoi, iJrloscheh et AI/II,l'on, déloumez-vous le peuple de ses
oltvmges? Allez à vos fardeau::c. - Et cnsuÜe vinrent Jl10sclteh et
 Aharon, signifie la Loi Divine et1a Doctrine qui en provient: et ils
 dirent ct Pharaon, signilie de lit l'exhortation il ceux qui sont contre
 les vi'ais de J'Église: ainsi a dit Jéhovah le Dieu d']srai:l, signîlie
 d'après le Divin Humain du Seigneur: l'envoie mon peuple, signifie
 qu'ils cessent de ks infestel'; el qu'ils me célèbrent une tëte dans le
  désert, signifie afin qu'ils adorent d'un esprit joyeux le Seigneur dans
 l'obscur de la foi où ils sont: ct P!wraon dit, signifie la pensée con­
  traire; qui (est) Jéhovah, que.ï écoute sa voix, signifie concernant
  le Seigneur, il l'exhortation Duquel ils devraient ob{:ir: pour l'en­
  voyer Israël, signifie alin de cesser; je lW connais point Jéhovah,
  signilie qu'ils ne s'occupent point du Seigneur: et aussi ne renverai­
  jc point Israël, signifie qu'ils ne cesseront point d'infester; et il.ç
  dirent: le Dieu des HébrCltx s'est rencontré devant nous, signifie que
  Dieu Lui-1I1ême l'a eommand~ il J'Église; que nous allions, s'il te
   plaît. le chemin de trois jours dans le désert, signifie qu'ils seront
 dans un état entièrement éloigné des faux, quoique dans l'obscur de
 la foi: et qlle nous sacrifiions à Jéhovah notl'e Dieu, signifie afin d'a­
 dorer le Sei~nf:Ii': de peul' qu'il ne tombe sur nous par 1({ pest!! et par
25ic                  ARCANES CÉLESTES.

l'épée, signifie pour éviter la damnation du mal et du faux: et le roi

d'Égypte leur dit, signifie la réponse de ceux qui sont dans les faux:

pourquoi, lI10scheh et Aharon, détournez-vous le peuple de ses ouvra­
ges, signifie que leur Loi Divine et leur Doctrine ne les exempteront

pas de leurs charges: aLLez à vos fardeaux, signifie qu'ils vivront

dans les combats.

   7089. Et ensuite vinrent1l1osclteh et Alwron, signifie la Loi Di­
vine et la Doctl'ine qui en pl'ovient: on le voit par la représentation de
l1loscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant à la Loi Divine, No 6752,
et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la Doctrine du bien
et du vrai, Ko 6998. Par la Loi Divine, que lloscheh représente, est
entendue la Parole telle qu'elle est dans son sens infel'l1c, ainsi telle
qu'elle est dans les cieux; et par la Doctrine est entendue la Parole
telle qu'elle est dans son sens littéral, ainsi telle qu'elle est SUl' les
terres; on peut voir combien elles diffèrent entre elles, d'après les
explications qui ont été données jusqu'ici quant au sens interne de
la Parole: soient pour illustration les dix préceptes, qui speciale­
ment sont appelés la Loi; leur sens littéral est, qu'on doit honorer
son père el sa mère, ne point tuer, ne point commettre l'adultère,
ne point voler, etc. ; mais le sens interne est, qu'on doit adorer le
Seigneur, ne point avoir de haine, ne point falsifier le vrai, et ne
point s'arroger ce qui appartient au Seigneur; ainsi sont entendus
dans le Ciel œs quatre préceptes du décalogue; et les autres pré­
ceptes y sont aussi entendus à leur manière; car dans les cieux on
ne connaît pas d'autre Père que le Seigneur, c'esl pour cela que
par honorer son père et sa mère on entend adorer le Seigneur;
dans les cieux on ne sait pas non plus ce que c'est que tuer, car
on vit éternellement, mais par tuer on entend avoir de la haine et
blesser la vie spirituelle de quelqu'un; dans les cieux on ne sait pas
non plus ce que c'est que commettre l'adultère, c'est pourquoi par
là on perçoit ce qui est correspondant, savoir, ne pas falsifier le
vrai; par voler, on perçoit ne rien enlever au Seigneur, ct ne point
s'arroger ce qui est au Seigneur, par exemple, le bien et le vrai:
telle est cetteLoi, et aussi toute la Parole dans les cieux, telle elle est
par consequent dans le sens interne, et même elle est encore plus
profonde, car la plupart des choses qui sont pensées et dites dans
lesciellx, ne tombent point dans les mots du langage humain, parce
EXODE, CIUP. CINQUIÈME.                           2(i;)
qae là est le monde spirituel et non pas naturel, et les choses qui
appartiennent au monde spirituel sont autant au-dessus de celles
qui appartiennent au monde naturel, que les choses non-matérielles
sont au-dessus de celles qui sont matérielles; mais comme néan­
moins les matérielles correspondent aux non-materieHes, celles-ci
peuvent êtl'e exposées par les matérielles, ainsi par le langage na­
turel, mais non par le langage spil'itucl; en etfet le langage spirituel
consiste non en mots matériels, mais en mots spirituels, qui sont
les idées modifiées en mots dans la plus pure atmosphère spirituelle
(in aurâ spirituali) , et représentées par les variétés de couleur de la
lumière céleste, et cette lumière en soi n'est que nntelligence ct la
Sagesse Divine procédant du Seigneur. D'après cela on peut voil'
ce qui est entendu dans le sens réel par la Loi Divine queMoscheh
représente, et par la Doctrine qui est représentée par Aharon.
   7090. Et ils dirent à Phamon, signifie ['exhortation à ceux qui
sont contre les vrais de l'Église: on le voit par la signification de
dire, lorsquec'est i'Ioscheh ct Aharon qui disent d'après un Comman­
dementDivin, en cc que c'est l'exhortation, comme allssi 2 0 70;13;
ct par la repl'ésentation de P/wraon, en ce qu'il est le scientifique
qui est contre les vrais de l'Église, N°s 6651, 6673, 6683, ainsi
ceux qui sont tels. Ici, et dans la suite, il s'agit de ceux de l'Église
spirituelle qui ont été sauvés par l'avénement ùu Seigneur dans le
monde, et qui avant son avénement étaient détenus dans la terre
inférieure, et y étaient tourmentés par les faux, c'est-à-dire, par les
infernaux qui sont dans les faux provenant du mal; cette Terre est
sous les plantes des pieds, elle est entourée par les enfers; en avant,
pal' ceux qui ont falsifié les vrais ct adultéré les biens; il droite, par
ceux qui pervertissent l'ordre Divin, ct s'appliquent à s'en arrogel'
la puissance; par derrière, pal' les mauvais génies qui d'après l'a­
mour de soi ont machiné en secret le mal contre le prochain; pro­
fondément au-dessous d'eux sont ceux qui ontentièrementmépris~
 le Divin et adoré la nature, et qui par là ont repoussé loin d'eux
 tout spirituel; ainsi ont été entourés ceux qui sont dans la terre
 inférieure, où ont été mis en réserve avant l'avénement du SeigneUl'
 cellx qui étaient de l'Église spirituelle, et où ils ont été infestés;
 mais néanmoins ils ont été défendus par le Seigneur et élevés avec
 Lui an Ciel, quand Lui-Même est ressuscité; voir à leur sujf~t ce
25G                    AnCANES CI~LESTES.
qui a été dit et montré pr{~cédemment N°s 6851, 6855, G9'! !~, 694.5,
7031>. La terre inférieure, où ceux qui étaient de l'Église spiri­
tuelle ont été mis en résen'e jusqu'à l'avénement du Seigneur, est
nommée quelquefois dans la Parole, par exemple dans Ésaïe:
« Chantez, Cieux! parce que Jéhovah a opéré; soyez dans la jubi­
)l  lation, lieux in{érieurs de ln. te1Te! retentissez de chant, mon­
)l  tagnes, forêt et tout al'1Jre qui y est! parce que Jéhovah a l'acheté
)l  Jacob, ct en Israël il s'est rendu glorieux.  )l   - XLIV. 23: - là,
il s'agit de ceux qui étaient dans la terre inférieure, en ce qu'ils ont
été sauvés par le Seigneur; Jacob et Israël, c'est l'Église spiri­
tuelle, Jacob l'Église externe, Israël l'Église interne, N°s 3305,
4286, Gi26. Dans Ezéchiel: « Quand je t'aurai fait descendre avec
)l   ceux qui descendent dans le! (osse, vers le peuple de l'éternité, et
)l   qu()je t'aurai fait habiter dans la terre des infé7'ieul's, dans les dé­
 li solations. » -    XXVI. 20. - Dans le lHème: « Vers ln. lerre des
 li inférieurs au milieu des fils de l'homme, vers ceux qui descendent

 li dans la fosse: de là ils se consoleront dans la terre inférieure

)l  tous les arbres d'Eden, l'élite et le principal du Liban, tous ceux
)l   qui boivent les eaux. Il - XXXI. 14-, 16; - là, la terre inférieure,
 c'est oü ont été ceux qui étaient de l'Église spirituelle. Aujourd'hui
 aussi, ceux qui sont de l'Église, et ont rempli leurs idées de choses
 mondaines et même terrestres, et qui ont fait que les vrais de hl
 foi ont été adjoints à de telles choses, sont envoyés dans la terre
 inférieure, et y sont aussi dans les combats, et cela jusqu'à ce que
 ces choses mondaines et terrestres aient été séparées des vrais de la
 foi, et qu'elles aient été déliées de telle sorte qu'elles ne soient
 plus conjointes: quand cela a été achevé, ils sont élevés de là dans
 le Ciel; en effet, avant que ces choses aient été éloignées, ils ne
  peuvent en aucune manière être avec les A.nges, car ces choses sont
  des ténèbres et des souillures, qui ne concordent point avec la
  lumière et la pureté du Ciel: ces choses mondaines et terrestres ne
  peuvent être séparées et éloignées que par les combats contre les
  faux; ces combats se font de cette manière: ceux qui sont là sont
  infest(·s par les illusions et par suite par les faux, qui sont lancés
  de tous côtes pal' les infernaux, mais que le Seigneur repousse par
  le Ciel, et alors les vrais sont en même temps insinués: el ces
  choses se présentent comme chez C.enx qui sont dans les combats;
EXODE, CHAP. CINQUItME.                        2;)7
c'est de là que l'Église spirituelle doit être dite militante; mais
aujourd'hui elle est rarement militante chez quelqu'un, dans le
monde, car l'homme de l'Église, quand il vit dans le monde, ne
soutient pas le combat, à cause de la foule des méchants, au milieu
de laquelle il est, et à cause de la faiblesse de la chair , dans la­
quelle il est; l'homme, dans l'autre vie, peut être fermement con­
tenu dans les liens de la conscience, mais non dé même dans le
monde, car si dans le monde il est réduit à quelque désespoir,
comme il arrive ordinairement à ceux qui sont dans les combats.
aussitôt il rompt ces liens; et s'il [es rompt, alors il succombe; et
s'il succombe ainsi, c'en est fait de son salut; c'est de là qu'au­
jourd'hui dans l'Église il en est peu qui soient admis par le Sei­
gneur dans les combats pour les vrais contre les faux; ces combats
sont les tentations spirituelles. Voir aussi ce qui a déjà été dit de
la terre inférieure et des vastations qu'on y subit, Nos 4-728, 4-94-0
à ''95-1, 685L
   7091. Ainsi a dit Jéhovah le Dieu d'Israël, signifie d'après le
Divin HUlnltin du Seignem', savoir, l'exhortation à ceux qui sont
contre les vrais de l'Église: cela est évident en ce que par Jéhovah
le Dieu li Israël est entendu le SeigneUl' quant au Divin Humain;
que le Seigneur soit Jéhovah dans la Parole, on le voit N°s 134-3,
1736, 2921, 3023, 3035, 504--1, 5663, 6303, 628-1, 6905; il est
appelé le Dieu d'Israël, parce qu'Israël signifie le Royaume spiri­
tuel du Seigneur, N°s 6426, 6637, et parce que le Seigneur par
son avénement dans le monde a sauvé ceux qui avaient été de ce
Royaume ou de cette Église, N°s 6854-, 69'1'',7035: que le Dieu
d'Israël soit le Seigneur quant au Divin Humain, c'est parce que
ceux qui sont de cetteÉglise ont des idées nat.urelles sur tout spiri­
tuel et sUI' tout céleste, et aussi sur le Divin, si donc ils ne pen­
saient pas du Divin comme d'un Homme Naturel, ils ne pourraient
être conjoints au Divin par aucune affection; car s'ils ne pensaient
pas du Divin comme d'un Homme naturel, ils n'auraient du Divin
aucune idée, ou ils en auraient des idées énormes, et ainsi ils
souilleraient le Divin; c'est de là que par le Dieu d'Israël est en­
tendu le Seigneur quant au Divin Humain, et même quant au Di­
vin naturel; que par Israël et Jacob dans le sens suprême soit en­
tendu le Seigneur quant au Divin Naturel, par Israël quant au
        XI.                                                17
208                       AHCANES CÉLESTES.
 Divin Naturel Inteme, ct par Jacob quant au Divin Naturel Ex­
 teme, on le voit N° 4.570; et que ceux qui sont de l'(<:glise spiri­
 tuelle ont été sauvés et sont sauvés par le Divin Humain du Sei­
 gneUl', ~os 2833, 2834·; et que l'homme spirituel de l'Église, qni
 est Israël, est intérieUl' naturel, Nos 4286, !t402. A présent, d'a­
 près ce qui vient d'être dit, on yoitclairement pourquoi le Seigneur
 dans la Parole est appelé Jéhovah le Dieu d'Israël, et Jéhovah le
 Saint d'Israël; chacun peut savoir que leDivin n'a été ainsi nommé
 qu'en conformité de quelque chose de Saint qui n'est point ap­
 parent dans le sens de la lettre. Que le Seigneur quant au Divin
 Naturel soit entendu par le Dien d'Israël, on le voit par plusieurs
 passages dans la Parole; clairement par ceux-ci: « l1oscheh et
 li Aharon, Nadab et Abihu, et les soixante-dix anciens d'Israël,

 li vil'ent le Dieu cl'Ismël, sous les pieds de Qui il y avait comme un

 » oUVl'age de pierre de saphir, et comme la substance du Ciel quant
 li à la pureté. li -    Exod. XXIV. 9, 10; - que c'était le Seigneur,
 et non Jéhovah Qui est appelé le Père, on le voit par les paroles du
 Seigneur dans Jean: « Pèrsonne ne vit jamais Dieu, » - 1. 18 ;
 - « Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son aspect. ') ­
 V. 37. - Dans Ésaïe: « Je Te donnerai les trésors des ténèbres
 • et les richesses cachées des lieux secrets, afin que tu connaisses
  li que (c'est) ~loi Jéhovah qui T'ai appelé de ton Nom, le Dieu cl'ls­

 » 1·aël. l l - - XLV. 3. - Dans Ézéchiel: « SUl' la tête des Chéru­
'» bins (il y avait) comme un aspect de piene de saphir, une res­
 » semblance de trône; et sur la ressemblance de trône une res­
 li semblance comme l'aspect d'un Homme sur lui au-dessus; et

 » comme un aspect de feu, et de rarc-en-ciel, ct de splendeur tout
 li autour. li -    1. 26, 27, 28; - ces choses sont appelées la gloire
 de Jéhovah et du Dieu d'lsmël, ibid. Chap. 1. 28.VlII. 4. IX. 3. X.
 19,20; et aussi lorsqu'il s'agit du Nouveau Temple, dans le Même;
 XLIII. 2, XLIV. 2; et en outre dans beaucoup d'autres pàssages,
 comme Ésaïe, XVII. 6. XXI. 10, 17. XXIV. 15. XLI. 17. Ps. XLI.
 H. LIX. 6. LXVIII. 9,36. LXIX. 7. LXXII. ~ 8, ct aileUl's: puis
 aussi le SAINT D'ISRAEL, Ésaïe, 1. 4. V. 19. X. 20. XVII. 7.
  XXX. 1-1, 12, -Il). XLIX. 7. LX. 9, H. ]~zéch. XXXIX. 7. Que le
  Dieu d'Israël et le Saint d'Israël ce soit le Seigneur quant au Divin
 'Humain, on Je voit aussi en cc qu'il est appelé Rédempteur, Sau­
EXODE, CI-L.P. CINQUIÈME.                      259
VCUl', Facteur; RÉDEMPTEUR, dans Ésaïe: « Notye Rédemptem'
» Jéhovah Sébaoth, son Nom (est) le Saint d'Israël. » - XLVII. 4;
puis, Chap. XLI. H. XLIII. H. XLVIII. ,17. UV. 5. - SAU­
VEUR, dans Ésaïe, XLIII. 3. - FACTEUR, dans Ésaïe, XLV.
1,1. - D'après cela il est bien évident que par Jéhoyah dans la
Parole de l'Ancien Testament nul autre que le Seigneur n'est en­
tendu, car il est dit JÉHOVAH DIEU et SA.INT D'ISRAEL, RÉ­
DEMPTEUR, SAUVEUR, FACTEUR: Jéhovah Hédempteur ct
Sauveur, dans Ésaïe: « Afin que toute Chair sache que Moi (je
» suis) Jélwvah, ton Sauveur, et ton Rédempteur, le fort de Jacob. »
- XLIX. 26: - dans le Même: « Afin qu'on sache que Moi (je
 » suis) Jéhovah ton Sauveur et ton Rédempteur, le puissant d'Is­
» raël. » - LX. 16 ; - comme aussi dans Ésa., XUll. ,1 L XLIV.
6, 24. LIV. 8. LXIII. 16. Ps. XIX. 15. - Que le Seigneur ail
sauvé Israël, c'est-à-dire, ceux qui sont cie l'Église spirituelle, on
le voit dans Ésaie: « Je raconterai les miséricordes de Jéhovah, les
» louanges de Jéhovah, selon tout ce que nous a rétribué Jéhovah,
» grand en bonté pour la maison d'Israël; il a dit: Certes, mon
» peuple, eu,'x:, des fils qui ne menteut point; c'est pourquoi il est
» devenu pOUl' eux un Smweul' : dans toute leur angoisse il a été en
» angoisse; et l'Ange de ses faces les a délim'és , à cause de son
» amow', et de son indulgence, Celui-ci les a rachetés, ct il les a
» pris, ct les a portés tout les jours de l'étemilé, » - LXIII. 7,8,9.
  7092. Renvoie mon peuple, signifie qu'ils cessent de les infester:
on le voit pal' la signification de renvoyer, quancl cela est dit à
Pharaon, par lequel est représenté le faux qui infeste les vrais de
l'Église, en ce que c'est cesser d'infester; et par la représentation
des fils d'Isl'aël, qui ici sont mon peuple, en cc qu'ils sont ceux
de l'Église spirituelle, N0s 6426, 6637,
  7093. Et qu'ils Me célèbrent une fë1e dans le désert, signifie a/in
qu'ils adorent d'un esprit joyeu.'XJ le Seigneur, dans l'obscw' de la roi
où ils sont: on le voit par la signification de célébrel' une fête, en
ce que c'est le culte avec un esprit joyeux, ainsi qu'il va être ex­
pliqué; que ce soit le Seigneur, auquel ils devaient célébrer celle
fête, ct qui est entendu ici par Me ou par Jéhovah, c'est ce qu'on
vient de voir N°709,1 ; et par la signification du désert, en ce que
c'est l'obscur de la foi, N°s 2708, 7mî5 i que ceux qui sont de
':!GO                  AHCANES ci~LESTES.
 ' t~glise spirituelle, soient relativement dans l'olJscur de la foi, on
 le voit N°s 2708,27'15, 2716,27'18, 283,1, 28~9, 2935, 2937, 32~·I,
 32~6, 3833, 6289, 6500, 69~5 .. Si célébrer une fête signifie le
 culte avec un esprit joyeux, c'est parce que la fête devait être célé­
 brée à trois jours de chemin de l'Égypte, ainsi dans un état de non­
 infestation par les faux, c'est-à-dire, dans un état de liberté; car
 celui qui est délivré des faux,et de l'Angoisse dans laquelle il est
 alors, rend grâces à Dieu d'un esprit joyeux, ainsi il y a fête pour
lui; les fêtes qui furent instituées chez ce peuple, et qui étaient au
 nombre de trois chaque année, sont même dites avoir été instituées
 en mémoire de la délivrance de la servitude en Égypte. c'est-à-dire,
dans le sens spirituel, en mémoire de la délivrance de l'infestation
des faux par l'avénement du Seigneur dans le monde; c'est aussi
pour cela qu'il lem était commandé de se réjouir alors, comme on
le voit clairement dans Moïse, lorsqu'il est question de la fête des
taIJernacles: « Dans la fête des tabel'llacles, vous prendrez le pre­
 " mier jour du fruit d'un arbre d'honneur, des branches de pal­
 " miers, et un rameau d'arbre touffu, ct des saules d'un torrent, et
" L'OUS vous réjoui7'ez devant Jéhovah votre Dieu sept jOU1'S.,,- Lévit.
XXIII. 4.0; - le fruit d'un arbre d'honneur, les branches de pal­
miers, le rameau d'arbre touffu et les saules du torrent, signifient
la joie d'après le bien et le Hai depuis l'intime oe l'homme jusqu'à
son externe; le bien de l'amour, qui est l'intime, est signifié par le
fruit d'Ilu arbre d'honneur, le bien de la foi par les IJranches de
palmiers, le vrai scientifique par le rameau d'un arbre touffu, et le
vrai sensuel, qui est le plus externe, par les saules du torrent; s'il
a été ordonné de prendre ces choses, ce ne pouvait pas être sans
une cause provenant du monde spirituel, cause qui ne peut jamais
être manifestée il qui que ce soit, que d'après le sens interne. On
voit aussi dans Moïse qu'ils devaient se réjouir dans la fête des
semaines: " Tu feras la fête des semaines à Jéhovah ton Dieu, et
" ln te r~jouims devantJéhovah ton Dieu, toi, et ton fils, et ta fille,
" et ton servitem, et ta servante, et le lévite qui est dans tes
,) portes. " - Deutér. XVI. 10, n; - ces paroles dans le sens
intel'lle signifient aussi l'allégresse d'après le bien et le vrai depuis
l'intime jusqu'à l'externe. Que dans les fêtes il devait y avoir de
l'allégresse, et qu'ainsi célébrer lIne fête, ce soit rendre un eulte
EXODE, CH.P. CINQUlÈJŒ.                          261
d'un esprit joyeux, c'est aussi ce qui est évident pas ces passages;
dans Ésaïe: « Vous aurez un canti.que, comme (celui) de la nuit
)l d'une sanctilication de fête.     )l  XXX. 29. - Dans Nahum:
                                          -


« Voici sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonites
)l nouvelles, qlti proclame la paix; célèbre, Juda, tes (êtes, rends
)l tes vœux, parce qu'il n'arrivera plus que par toi passe Bélial, ils
Il seront tous retranchés. » -II. 1. -    Dans Zacharie: « Les jeùnes
Il seront pour la maison de Juda en joie, et en allégresse, el en bonnes

» fêtes; aimez seulement la vérité et la paix. » - VIII. ,19. - Dans
Hoschée: cC Je ferai cesser pour elle toUle joie, fête, nouvelle lune.    )l


-II. 1,1. - Dans Amos: « Je changerai vos fêtes en deuil, et tons
» vos cantiques en lamentation. ) - VIII ..(O. - Que célébrer Ulle
fête, ce soit le culte avec un esprit joyeux de ce qu'ils étaient déli­
vrés de la servitude en Égypte, c'est-à-dire, dans le sens spirituel,
 de ce qu'ils étaient délivrés de l'infestation des faux, cela est bien
évident d'après la fête de la Pâque; il fut ordonné que cette fête se­
 rait célébrée chaque année à la date de la sortie d'Égypte, et cela à
 cause de la délivrance des ms d'Israël de la servitude, c'est-à-dire,
 à cause de la délivrance de ceux qui sont cle l'Église spiritnelle, sa·
 voir, la délivrance des faux, ainsi la délivrance de la damnation;
 et comme le SeigneUl' les a délivrés par son avénement, et les a
 élevés avec Lui dans le Ciel, quand il est ressuscité, voilà pourquoi
 cela a été fait aussi à la Pâque; cela est encore signifié par les pa­
 roles du Seigneur dans Jean: « Maintenant c'est le jugement de ce
 » monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors: mais
 » Moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous (les hommes)
 Il à Moi. ) -  XII. 3,' , 32.
    7094-. Et Pharaon dit, signifie la pensée contmÎ1'e : on le voit par
 la signification de dire, en ce que c'est penser, 1°3395; que ce
 soit une pensée contraire de la part de ceux qui infestent et qui sont
 représentés par Pharaon, cela est bien évident d'après ce qui va
 suivre, car Pharaon n'a nullement cessé, mais il a surchargé en­
  wre plus les fils d'Israël.
    7095. Qui est Jéhovah, que j écoute sa voix, signifie cont.:e1'Tlallt
 le Seigneur, ft l'exh01'tation de Qui ils devraient obéir, savoir, la
     l~ensée contraire concernant le Seigneur; on le voit par la signifi­
     cation de la t'oÏ;t;, cn te qu'ici c'est l'ChO;Üliun, parce que ce sont
262                   ARCANES CÉLESTES.
les choses que Moscheh et Aharon ont dites à Pllaraon, N° 7090;
et par la signification d'écouter, en ce que c'est obéir, N°s 2542,
3869, 50n ; ainsi écoutel' la voix c'est obéir à l'exhortation: que
ce soit le Seigneur, à l'exhortation de Qui il ne voulait pas obéir,
c'est parce que dans la Parole par Jéhovah nul autre que le Sei­
gneur n'est entendu, VOil' ci-dessus N0 7094.
    7096. PoU?' renvoyer le peuple, signifie afin de cesse,.: on le voit
par la signification de renvoyer, en ce que c'est cesser, comme ci­
dessus No 709:2, savoir, d'infester ceux qui sont de l'Église spiri­
tuelle, lesquels ici sont le peuple; que les fils d'Israël soient ceux
de l'Église spiritueHe, on le voit N° 6426.
    7097. Je ne connais point ./é/WVltll, signifie qu'ils ne s'occupent
point du Seigneul' : cela est évident par la signification de ne point
connaître, en ce que c'est ne point s'occuper, car celui qui ne s'oc­
cupe point d'une chose, dit ne point la connaître; que par Jéhovah
 ce soit le Seigneur qui est entendu, on le voit ci-dessus N° 709·1.
 Quant à ce que Pharaon dit qu'il ne connaît point Jéhovah, voici
 ce qu'il en est: Les Égyptiens dès le temps Ancien ont connu Jé­
 hovah, par la raison que l'Église Ancienne avait aussi été en Égypte,
 comme on peut le voir clairement en ce qu'ils ont eu chez eux les
 lleprésentatifs et les Significatifs de cette Église; les Hiéroglyphes
 égyptiens ne sont pas autre chose, car par eux étaient signifiés des
 spirituels; ils ont même su qu'ils cOl'l'espondaient en actualité; et
 comme ils commençaient à en employer dans leur culte sacré, et à
 les adorer, et enfin à les convertir aussi en opérations magiques, et
 ainsi à être associés à la tourbe diabolique dans l'enfer, c'est pour
 cela qu'ils ont entièrement détruit chez eux l'Ancienne Église: de
 là vient que les Égyptiens dans la PaI'ole signifient les scientifiques
 de l'Église pervertis, puis les faux qui sont contre les vrais de l'É­
 glise. Quand le culte Divin eut été ainsi perverti dans l'Égypte, il
 ne leur fut plus alors permis d'adorer Jéhovah, ni même enfin de
 savoir que Jéhovah avait été le Dieu de l'Église Ancienne, et cela,
 afin qu'ils ne profanassent point le Nom de Jéhovah. Que le Nom
 de Jéhovah ait même été connu dans ce temps, et cela avant qu'il
 ait été de nouveau indiqué aux descendants d'Abraham parMoscheh
 dans la montagne du Choreb, c'est ce qu'on voit clairement en ce
 qne Bilé<tn1, qui était de Syrie, non-seulement connaissait Jehovah,
EXODE, CHAP. CINQUIElŒ.                            %3
  mais même l'adorait et lui faisait aussi des sacrifices, - Nomll.,
  Chap. XXII, XXllI, XXIV. i'Iaintenant, d'après cela, on peut
  savoir pourquoi Pharaon a dit: « Qui est Jéhovah, que j'ecoute sa
  » voix pour renvoyer le peuple'? Je ne connais point Jéhovah. Il Mais
  puisque Pharaon représente ceux qui, dans 1e.s enfers, sont dans les
  faux et infestent ceux de l'Église spirituelle, il faut en conséquence
  dire comment les choses se passent à leur égard: ceux qui sont
  dans les enfers et infestent ceux de l'Église spirituelle, sont pour la
  plupart clu nombre de ceux qui ont dit que la foi seule sauve, et ont
 cependant vécu d'une vie contraire il la foi; et comme après la mort
  du corps la vie reste, cl pal' conséquent le mal qu'ils ont pensé,
  machiné, et fait, voilà pourquoi pour défendre les maux de lem vic,
 ou ils appliquent les choses qu'ils disaient appartenir à la foi, Ou
 ils les rejellent entièrement: mais afin qu'ils n'abusent poiut des
  vrais de la foi, ils en sont privés, et dès qu'ils en ont été privés, ils
 saisissent les faILx qui sont absolument contre les vrais de ln foi,
 et ensuite par les faux ils infestent ceux qui sont daILs les vrais;
 cela est alors pour eux le plaisir de la vic; plusieurs même d'entre
 eux, pour s'acquérir la puissaucc, s'instrnisent dans les opératious
 magiques; ceux qui font eela sont ceux qui, par divers artifices
 qu'ils imaginaient dans le monde, ont trompé le prochain, ct ont
 d'après leur succès tout atlrilllH ensuite à lenr prudence. Ceux qui
 sont devenus tels reconnaissent le Père, Cr(~atcur de l'univers,
 mais non le Seigneur, ils disent du Seigneur, comme ici Pharaon
de Jéhoyah: « Qui est Jéhovah? .Ie ne connais point Jéhovah; »
de plus, comme il y a une sphère universelle du ciel pleine de la re­
connaissance et de l'amolli' du Seigueur, de même il y il IIne spllëre
universelle des enfers pleine de la négation du Seigneul' et de la
!taine contre Lui; ils nc supportent pas uon plus qu'il soit nommé.
Ces infernaux sont tels, qu'ils ne cessent ni par les exhortations,
ni par les menaces, car le plus grand plaisir de lelll' vic est d'iul'es­
ter les personnes probes, ct de les détour-ner de la rcconnaissance
du Seigneur cl de la foi en Lui; ce plaisir même de leur rie est
augmente par les exhortations il ccssei', car ils croient [laI' IiI qu'ils
sont sur le poiut d'en fiuir avec ceux qu'ils infestent. Cc sont ccux­
li! qui sont sp(:cialemenl en teudns pal' Pllar:lon et par les J~;gypliells.
  709~.   El !wssi lie renverrai-je pointlsmël) signifie Ifu'ils ne ees­
26~                   ARCA~ES CÉLESTES.
seront point âinfester: on le voit par cequi vientd'être dit Nos 7092,
7096.
  7099. Et ils dl~ent: Le Dieu des Hébreux s'est rencontré devant
nous, signifie que "Dieu Lui-Même l'a commandé à l'Église: on le
voit par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont ceux de l'Ê­
glise, N0s 6675, 6684, 6738; et par la signification de rencontrer,
en ce que c'est commander, N0 6903.
   7,100. Que nous allions) s'il te plaît, le chemin de trois jOU1'S dans
le désert, signifie qu'ils seront dans un état entièrement éloigné du
faux, quoique dans l'obscur de la foi: voir No 6904, où sont de
semblables paroles.
   7,101. El que nous sacrifiions à Jéhovah not1'e Dieu, signifie afin
â ad01'er le Seigneur: voil' ~o 690~, où sont aussi de semblables
paroles.
   7102. De peur qu'il ne tombe sur nous par la peste et pad'épée,
signifie pour évite1' la damnation du mal et du faux: on le voit pal'
la signification de peu'/' qu'il ne lombe) en ce que c'est de peul'
qu'ils n'encourent, savoir, la damnation; par la signification de la
peste, en ce que c'est la damnation du mal, ainsi qu'il va être expli­
qué; et par la signification de l'épée, en ce que c'est la vastation
du vrai, puis la punition du faux, N0 2799, par conséquent aussi la
damnation, car la punition du faux, après que le vrai a été dévasté,
est la damnation. Dans la Parole, il est fait mention de quatre
Genres de vastations et de punitions, savoir, l'Épée, la Famine, la
Bête mauvaise, et la Peste; et par l'Épée est signifié la vastation
du vrai et la punition du faux; par la Famine, la vastation du bien
ct la punition du mal; par la Bête mauvaise, la punition du mal
provenant du faux; par la Peste, la punition du mal qui provient
non du faux mais du mal; et parce que la punition est signifiée, la
damnation est aussi signifiée, cal' elle est la punition de ceux qui
persévèrent dans le mal: il est ainsi parlé de ces quatre Genres de
 punitions dans Êzécliiel: « Quand jaurai envoyé mes quatre mau­
 » vais Jugements) l'Épée, et la Famine, et la Bête mauvaise, et la
 » Pesle, sur Jérusalem, pour en retl'ancher l'homme et la bête. » ­
 XIV. 21 : - dans le Même: « J'enverrai sur vous la Famine, et la
 » Bête mauvaise, ct je te priverai de tes enfants, ct la Peste et
 » le sang passeront au lrayers de toi, principalement j'amènerai
EXODE, CHAP. CŒQUIÈME.                            265
»)  l' Bpée sur toi. )) - V. ,17. - Que la Peste signifie la punition du
mal et la damnation du mal, cela est évident par les passages qui
suivent; dans Ézéclliel: « Ceux qui (sont) dans les lieux dévastés
» mourront par l' Itpée, et celui qui (est) sur les faces du champ, je
») le donnerai à la Bête pour en être dévoré, et ceux qui sont dans
') les forteresses et dans les cavernes mourront de la Peste. » ­
XXXIII. 27; - mourir par l'épée dans les lieux dévastés, c'est être
dans la vastation du vrai et par suite dans la damnation du faux;
être dévoré par la bète sur les faces du champ, c'est la damnation
de ceux qui sont dans le mal provenant du faux; mourir de la peste
dans les forteresses et dans les cavernes, c'est la damnation du mal
qui se fortifie par le faux. Dans le JIème: « L'Épée au dehors, et
 » la Peste et la Famine au dedans; celui qui (sera) dans le champ
 » mourra par l'Épée, mais celui qui (sera) dans la ville, la Famine
 » et la Peste le dévoreront. » - VII. ;l>, - ntpée, c'est la vasta­
 tion du vrai et la damnation du faux; la famine et la peste, c'est la
vastation du bien et la damnation du mal; il est dit: l'épée au de­
hors, et la famine et la peste au dedans, parce que la vastation du
vrai est en dehors, et que la vastation du bien est en dedans; mais
quand on vit selon le faux, la damnation est signifiée par « celui
 » qui sera dans le champ mourra par l'épée, )) et quand on vit dans
le mal qui est défendu par le faux, la damnation est signifiée par
 « celui qui sera clans la ville, la famine et la peste le dévoreront. »
Dans le Lévitique: « J'amènerai sur vous l'Épée vengeresse, la
 » vengeance de l'alliance; alors si vous vous rassemblez dans vos
 » villes, j'enverrai la Peste au milieu de vous, et je vous livrerai
 » dans la main de l'ennemi; quand je VOliS aurai rompu le bâton du
 » pain. )) - XXVI. 25, 26; - ici pareillement l'Épée, c'est la vas­
 tation du vrai et la damnation du faux; la peste est la damnation
 du mal; la vastation du bien, qui est signifiée par la famine, est
 décrite en ce qu'il leur rompra le bâton du pain; les villes dans les­
 quelles ils se rassembleront, signifient pareillement comme ci-dessus
 les faux. par lesquels ils défendent les maux; que les villes soient
 les vrais, ainsi dans le sens opposé les faux, 011 le voit Nos !~02,
 2268, 211:?, 29,1.3, 3216, H92, 4.49.3. Dans Ézéchiel: « Parce que
  » tu as souillé mon sanctuaire par toutes tes abominations, une
 )1  troisième partie de toi II/olt/TonI de la Peste, et seront consumés
266                   AnCANES CÉLESTES.
) par la Famine au milieu de toi; ensuite une troisième parUe la nt·"
» beront par l'.ltpée autour de toi; enfin je disperserai une troisième
» partie à tout vent, de sorte que je til'eTai l'Épée après eux. » ­
V. H. ~ '2; - la famine est la damnation du mal, l'épée est la
damnation du faux; dispersel' à tout vent et tirer l'épée après eux,
c'est dissiper les vrais et saisir les faux. Dans Jérémie: « Quand
» ils ofthront l'holocauste ou la mincha, Moi je n'y donnerai point
» mon approbation, mais par l'Épée, la Fanûne et la Peste Moi je
» les consumerai. » - XIV. ~ 2. Dans le Même: « Je frapperai les
») habitants de cette ville, et l'homme et la bête, (rUne 91'ande Peste
» ils nWltl'1'ont; ensuite. je livrerai Sédékias roi de Juda, et ses ser­
,) viteurs, et le peuple, et dans cette ville les l'échappés de la Peste,
)' et de l'Épée, et de la Famine, dans la main de Nébuchadnézar;
)) celui qui l'estera dans cette ville, mourra pal' l' Epée, et pal' la
» Famine, et pal' la Pesle,. mais celui qui en sortira et se rendra
» aux Chaldéens qui VOliS assiégent, vivra, ct son âme lui sera en
» butin. )} - XXI. 6,7,9. - Dans le i1ème: « J'enverrai SUi' eux
)) l'Épée, la Fmnine et la Pesle, jusqu'il ce qu'ils soient consumés
» de dessus de la terre. » - XXIV. 10; - là aussi par l'Épée est
signifiée la vastation du vrai, par la Famine la vastation du hien,
pal' la Peste la damnation; et en outre par l'Épée, la Famine et la
Peste dans les passages suivants, Jérém. XXVlI. 8. XXIX. 17, ,18.
x..XXII. 2~, 36. XXXIV. 17 . XXXVIII. 2. XLII. '17,22. XUV.13.
Ezéch. XII. 16. - Comme ces trois Iléaux sc suivent en ordre, c'est
pour cela qu'ils furent tous trois proposés à David par le Prophète
Gad, savoir: « ou sept années de Famine, ou trois mois de fuite
» devant les ennemis, ou trois jours de Peste dans la terre. )) ­
Il Sam. XXIV. '10; - la fuite devant les ennemis, c'est devant l'É­
pée. Dans Amos: « J'ai envoyé contre VOltS la Peste dans le chemin
» de l'Égypte, j'ai tué pal' l'Epée vos jeunes gens avec captivité de
» vos chevaux. »- IV. '10; - la Peste dans le chemin de J'Égypte,
c'est la vastalion du bien pal' les faux, qui sont le chemin de l'(~­
gyptej j'ai tué pal' l'Épée les jeunes gens avec captivité des che­
vaux, c'est la vastation du vrai, les jeunes gens signifient les vrais
et les chevaux les intellectuels, N°s 276,1, 2762., 32. 17,5321, 6534.­
Dans Ezéchiel: « La Peste ct le Sung passeront ail travers de toi.»
- V.17. -- Dans lc lHrmc : « j'ûnvcTl'ai sur elle la Peste cL leSal1q
EXODE, CHAP. CINQlJlÈME.                           267
 )) dans ses places. )) - XXVIIl. 23 ; - là, la Peste est le bien adul­
téré, ct le sang le vrai falsifié; que le sang soit le vrai falsifié, on
le voit N°s 4735,6978. Dans David: « Tu ne craindras point pOUl'
 ,) toi devant la terreur de nuit, devant la flèche qui vole de jour,
)) devant la Peste qui sc glisse dans les ténèbres, devant la mort
» qui dévaste à midi. )) - Ps. XCI. 5, 6; - la terrem' de nuit, c'est
le faux qui est caché; la flèche qui vole de jour, c'est le faux qui est
à découvert; la Peste qui se glisse dans les ténèbres, c'est le mal
qui est caché; la mort qui dévaste à midi, c'est le mal qui est à
découvert; que la peste soit le mal ct la damnation du mal, cela est
évident en ce qu'il est dit la mort, qui dans ce passage n'est distin­
guée de la peste, que parce qu'il est dit de la mort qu'elle dévaste à
midi, et de la peste qu'elle se glisse dans les ténèbres. Dans le Même:
« Il fraya un chemin à sa colère, il ne préserva point leur âme de la
» mort, et il mit fin à leur vie par la Peste. )) - Ps. LXX.VIII. 50;
-là, il s'agit des Égyptiens; la Peste, c'est tout genre de mal, et
la damnation du mal.
   7103. Et le roi d'Égypte leur dit) signifie la réponse par ceux
qui sont dans les (aux: on le voit par la signification de dire, quand
c'est Pharaon qui pade à l'loscheh et à Aharon , en ce que c'est la
pensée contraire, comme ci-dessus N0 7094, ainsi la pensée qui
appartient à la réponse; et par la représentation de Pltaraon ou du
roi d'Égypte, en ce qu'il est le scientifique faux, N0s 661'1'1, 6679,
6683, 6692, ainsi ceux qui sont llans les faux.
   7,1 O~. Pourquoi) ilfoscheh et Aharo/!, détournez-vous le peuple de
ses ouvrages) signifie que leur Loi Divine et leur Doctrine ne les
~xelhpteront pas de leurs charges: on le voit par la représentation
de Moscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant il la Loi Divine,
N°s 6723, 6752; par la l'epresentaUon d'Alwl'on, en ce qu'il est le
Seigneur quant à laDoetrine qui provient de la LoiDivine, Nos6998,
7009; pal' la signification de détow'nel') en ce que c'est exempter;
et pal' la signification des ouvrages) en ee que ce sont les charges,
cal' les ouvrages étaient des travaux, et aussi des fardeaux, comme
il est dit ensuite, ainsi des charges d'après les combats, qui sont
signifiés dans le sens interne pal' les ouvrages et pal' les fat'deaux,
  7'105. Allez cl vos (ardeau,')';, signifie qn'ils viv)'ont dans les com­
bats: on le ,"oit par la signification d'aller) en ce que c'est vivre,
268                    ARCA~ES CÉLESTES.
Nos 3335, 4882, 5493, (l605; el par la signification des /ul'deaux,
en ce que ce sont les infestations par les faux, ~o 6757; ainsi les
combats contre ces faux,

    7406. Vers. 5, 6, 7,8,9, Et Pharaon dit: Voici, nombreux
maintenant, le peuple de la terre, et vous les avez (ait chômer de
leurs (ardecL!lx, Et Pharaon ordonna en ce jour-là aux exacteurs
du peuple, et à ses directeurs, en disant: Vous ne continuerez plus
à donner de la pnille cm peuple pow' (abriqucr des briques, comme
hier avant-hier; eux iront, et qu'ils se ramassent de la paille. Et la
 mesUJ'e de bl'iques qu'ils {aisaient hier avant-hier, vou.s (la) leur im­
 poserez, vous n'en l'etranchere;:; point, Cal' désœuvrés ils (sont), c'est
 pourquoi ils crient, en tiisclnt: Allons, sacrifions et notre Dieu. Que
 le service soit appesanti SUl' ces hommes, et qu'ils lc (assent, et qu'ils
 ne l'egardent point à des paroles de mensonge. - Et Pharaon dit,
 signifie la volonté de ceux qui infestent les vrais de l'Église: voici,
 nombreux maintenant, le peuple de la ten'e, signifie la multit!lde de
 ceux qui sont de l'Église spirituelle: et VOltS les avez {nit chômer
 de leurs {al'deaux, signifie qu'ils ne les ont pas assez infestes: et
 Pha1'aon ordonnn en ce jOIl1'-let, signifie la cupidité d'infester les
 vrais de l'Église tandis qu'ils sont dans cet étal: aux cxacleurs du
 peuple et à ses directeurs, en disant, signifie ceux qui infestent de
  très-près, et ceux qui reçoivent de très-près: J.,'ous ne continuerez
  plus à donner de la pnille au peuple, signifie les scientifiques infi­
  mes, qui sont les plus communs de tous: pour {abl'iquer des briques,
  signifie pour les fictions et pour les faux qui seront injectés: comme
 hier avnnt-hier, signifie non comme dans l'état précédent: eux il'ont,
 et qu'ils se ramassent de la paille, signifie qu'ils s'acquièrent à eux­
  mêmes ces scientifiques infimes: et la mesure de briques qu'ils {ai­
 saient hier avcwt-hiel', vous (la) leur imposerez, sign ifie qu'ils devaient
injecter les fictions et les faux en même abondance qu'auparavant:
vous n'en l'etrancherez point, sign ifie sans dimin ution : cm' désœuvrés
ils (s0nt), signifie parce qu'ils n'ont pas été assez attaqués: c'est
pow'quoi ils crient, en disant: Allons, sacrifions ànolre Dicu,signilie
que de Ut pOUl' eux une si forte pensée d'un tel culte: que le sel'Vicc
soit appesanti sw' ces hommes, signifie que l'allaque doit êtl'e au­
gmentée: et qu'ils le {assent, signifie pOUl' qu'il y ail elfct: et qu'ils
EXODE, GIAP. CINQmf~ME.                              269
ne "egal'dent poillt à des pltl'oles de mensonge, signifie afin qu'ils ne
se (oument point vers les vrais.
  7107, Et Phal'on dit, signifie La volonté de ceux qui infestent les
vrais de l'Église: on le voiL par la signification de dire, en ce que
c'est la volonLé, ainsi qu'il va être expliqué; eL par la représenLa­
tian de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui infesten Lles vrais de
l'Église, N°s 6651, 6679, 6683, ainsi qui infesLent ceux de J'Église
spiriLuelle, ear ceux-ci sont dits être dans les vrais de l'Église; si dire
signifie vouloir ou la volonté, c'est parce que ceLLe expression ren­
ferme les choses qui suivent, car lorsque quelqu'un veut quelque
chose, il J'énonce: comme l'expression il dit renferme les choses
qui suivenL, elle signifie par conséquent diverses choses, par exem­
ple le commandement, N° 7036; ]' exhortation, N°s 50,12, 7033,
7090; la communication, N°s 3060, ~131, 6228; la pensée,
 N0 709i ; particulièrement la perception, N°s 179'1 , 1815, 1819,
'1822,1898,19'19,2080,2862,3509,5687.
   7,108. Voiti, nombreux maintenant, le peUpll) de La terni, signi­
fie la muLtitude de ceux qui sont de rÉgLise spirituelle: on le voit
par la signification du peuple de la terre,. en ce que ce sont ceux de
['Église spirituelle, N0 2928; en effet, le peuple signifie ceux qui
sonL dans les vrais de la foi, N°s 1259, 1260, 358,1 , et la Lerre
signifie J'Église, Nos 662, 1066, 1067, '1262, '17:-33, 1850, 2'1,17,
2118 f. 3355, iH7, ~535, 6,577.
  7,109. Et vous les avez fait chômel' de leurs {U1'deaux, signifie
qu'iLs ne les ont pas assez infestés; on le voit par la signHication
des fardeaux, en ce que cc sont les infestaLions par les faux, et par
suite les combats, N0s 6757, 71 O~, 7,105; de là faire chômer de
fardeaux, c'est ne pas assez infester.
   7-110. Et Phamon ordonna en ce jour là, S'Îgl1ifie llt cupidité
d'infester les vrais de l'É9Lise, tandis qu'iLs sont dCt7!s cet état: on le
voit par la signification d'ordonner, en ce que c'eslle commande­
ment; ct comme dans le commandement des méchants il y a la
cupidiLé de faire le mal, car le commandement fait par eux vient
de la cupidiLé, c'est pour cela que cette expression il Q1'donna si­
gnifie aussi la cupidiLé; par la représentaLion de Pharaon, en ce
(IU'il désigne ceux qui infestent les vrais de l'Église, Nos 665'1,
270                    ARCANES C:ÉLESTES.
6619,6683; ct pal' la signification du .lour, en ce qne c'est 1'6tat,
Nos 23,4·87, 488; 493,893, 2188, 3462, 3785,4.850.
  711·'. Aux exacteurs du peuple et à ses di1'ecteul's, en disant,
ûgnifie ceux qui infestent de très-près, et ceux qui j'eçoit'ent de
n'ès-près: on le voit par la signification c;les eX(tcteurs, en ce qu'ils
sont ceux qui contraignent à sel'vir, N° 6852; et comme cela se
 fait pal' des infestations, les exacteurs signifient aussi ceux qui in­
 l'estent, mais qui infestent de très·près, ainsi qu'il va être expliqué;
 et pal' la signification des directew's, en ce qu'ils sont ceux qui
 reçoivent de très-près; en effet, les directeurs étaient d'entre les
 fils d'Israël, tandis que les cxacteurs étaient d'entre les :Égyptiens,
 comme on le voit clairement dans ce qui suit; ainsi dans le sens
 intel'l1e les directeurs sont ceux qui reçoivent de très-près, et les
exacteurs ceux qui infestent de tri~s-près: on peut savoir quels ils
 sont pal' ceux, dans l'autre vie, qui infestent et injectent les faux
 et les maux, et pal' ceux qui les reçoivent et les communiquent;
ceux qui infestent et injectent les faux et les maux sont les enfers,
mais afin de pouvoir mettre à exécution, ils détachent des émis­
saires par lesquels ils agissent; ceux-ci apparaissent non loin de
 ceux qui sont infestés; cela se fait afin que les pensées et les in­
 tentions de plusieurs soient concentrées, autrement elles seraient
 dissipées; ces émissaires apparaissent dans des lieux déterminés
pour eux dans le monde des esprits, et d'après les lieux mêmes, oi!
ils apparaissent, on peut connaître de quel enfer ils sont; quelques­
uns apparaissent au-dessus de la têle à différentes hauteurs et selon
diverses obliquités; quelques autres auprès de la tête à droite ou à
gauche et aussi del'l'ière elle; d'autres au-dessous de la tête vers
divers endroits ùu corps, dans des plans depuis la tête jusqu'à la
plante des pieds; ils influent avec les choses qui sont lancées de
l'enfer et qui influent; l'esprit ou l'homme ne sent et par suite ne
sait rien de cela, sinon que ces choses sont en lui, c'est-à-dire,
que lui·même les pense et qu'il en a l'intention; ces émissaires
sont appelés sujets; on peut voir ce qui en a déjà été montré d'a­
près l'expérience, N°s HÛ3, 5856, 5983 à 5989: comme ils in­
festent de très-près, ils sont signifiés pal' les exacteurs: mais ceux
qui reçoivent d'eux et qui communiquent sont les directeurs, et cc
sont des esprits intermédiaires; en effet, les Directeurs, comme il
EXODE, CHAP. CINQUIÈ~m.                            27-1
a éte dit plus haut, étaient. d'cntrc les fils d'Israël, et les exacteurs,
d'entre les Égyptiens. Chez le peuple Israëlite ct Juif on appelait
Direct.eurs ceux qui disaient ce qu'il fallait faire, et qui donnaient
des ordres; c'ost pOl1l'quoi ils étaient assis aux portes avec les
Juges et les Anciens, ct ils prononc:.aient au peuple les choses qui
étaient jugées, et aussi celles qui étaient commandées pal' le Chef,
comme on peut le voir par les passages suivants; dans ~Ioïse: « Tu
» établiras des Jugcs et des DÙ'ccteurs à toutes les portos, selon les
» tribus, lesquels jugCl'ont le peuple par jugement de justice. » -
Deutér. XVI. ,18. - Dans le Même: Quand ils sortiront pOUl' la
                                          l(


') guerre, le prêtre parlera au peuple, ct il l'avcrtira de ne point
II craindre; ensulte les Directcu1's dil'ont; Que Celui qui a bâti

» une maison s'en retourne, et aussi les timides. » -         Deutér. XX.
1,2,5, 8, 9. - Dans Josué: « Josué ordonna aux Dil'ectew's de
 » dil'e au peuple de pl'éparer la provision du voyage, avant de pas-
 ) sel' le Jourdain. » -1. 10, 1-1. - Dans le lH:me: « A la fin des
 » trois jours, il arriva que les DirectCltl'S passèrent par le milieu du
 II camp, et ordonnèrent que, quand on verrait l'arche de l'alliance

 » de Jéhovah, on partirait aussi. » - lII. 2, 3. - On peut voir
 que les Directeurs étaient des Officiers du peuple distincts de ses
 Princes, - Deutér.I. 15; - distincts des Anciens, - Deuté!'.
 XXXI. 28, - ct distincts aussi des Juges, - Josué, VIII. 33.
   7,112. Yous ne continuerez plus à donne1' de la paille au peuple,
signifie les scientifiques infimcs et les plus communs de tous: on
le voit par la signification de la paille ou du cluiume, en ce que ce
sont les vrais scientifiques, N° 3,1 -14., et même les scientifiques in-
fimes et les plus communs de tous, car la paille ou le chaume, ~tant
la nourriture des bêtes, est dans le sens spirituel la nourriture in-
fime. On appelle scientifiques infimes ceux qui sont pleins d'illu-
sions des sens, et dont les méchants abusent pour pervertir les
biens et les vrais, et ainsi pour prendre la défense des maux ct des
faux, car ces scientifiques peuvent, à cause des illusions, être
tournés en faveur des principes du faux et des cupidités du mal;
 tels sont aussi les plus communs de tous, qui, s'ils ne sont point
 l'emplis de vrais moins communs et particuliers, peuvent servir aux
faux ct aux maux, mais à proportion qu'ils sont remplis de vrais,
 ils servent moins. C'est par de telles choses que cellx qui dans
:ln                    ARCANES CÉLESTES.
 le monde ont confessé la foi seule et vécu cependant la viedu mal,
 infestent dans l'autre vie les esprits probes; mais comme elles sont
 dissipées par les anges, il est dit maintenant qu'ils ne continue·
 raient plus à donner de la paille pour fabriquer les briques, c'est-à­
 dire qu'ils ne les joindraient plus aux fictions et aux faux qui
 seront injectés. C'est là le sens interne'de ces Paroles; il paraît, il
 est vrai, éloigné du sens de la lettre; mais il faut qu'on sache
 qu'il n'y a rien dans le monde Naturel qui ne corresponde à quel­
 que chose dans le monde Spirituel; et les Anges chez l'homme
 comprennent spirituellement toutes les choses que l'homme com­
 prend naturellement; ils ne savent pas ce que c'est que de la paille,
 ni ce que c'est que des bl'iques; ces choses leur étaient connues
 quand ils vivaient dans le monde, mais elles sont tombées en oubli
 quand ils sont venus dans le Ciel, parce qu'ils y ont revêtu les spi­
 rituels; de là vient que, quand les anges aperçoivent les idées de
 ces choses chez l'homme, ils les changent en spirituels correspon­
dants. Que la paille ou le gramen soit le scientifique infime, et
que les briques soient les fictions et les faux, c'est ce dont on peut
avoir plusieurs preuves; en effet, les herbacées ne sont pas autre
chose, comme aussi les straminées (ou pailles) ; mais les semences,
l'orge, le froment et autres semblables, sont les vrais et les biens
intérieurs; ct les pierres non fabriquées sont les vrais.
  7 ,113. POILr fabriquer des briques, signifie'1ef'/tdiions et pour les
faux qui seront injectés: on le voit par la signification de fabriquer
des briques, en ce que c'est forger des faux, N°s 1296,6669. Dans
le sens historique de la lettre, c'est que les fils d'Israël fabrique­
raient les briques, et ainsi comme s'ils devaient forger eux-mêmes
les faux; mais dans le sens interne il est signifié que les infernaux,
qui sont dans les faux, injecteraient ces fictions et ces faux;
comme ces fictions et ces faux, ainsi qu'il a été dit précédemment,
apparaissent chez ceux qui reçoivent, c'est le sens de la lettre selon
l'apparence, lequel cependant est expliqué pal' le sens interne;
que dans le sens de la lettre il y ait très-souvent de semblables ap­
parences, on le voit N°s 5094., 6&'00, 69i8.
   71 U. Comme hier avant-hier, signifie non comme dans l'élat
précédent: on le voit par la signification de hier avant-hier, en ce
que c'est le passé, N° 6983; et comme tous les temps signifient
EXODE, CHAP. CINQUlÈl:Œ.                        273
des états, Nos 2625, 2788,2837, 3'2M, 33t>6, 48U, i882, 4901,
i916, ainsi hier avant-hie!' signifie l'état précédent.
   7-11 5, Eux iront, et qu'ils se ramassent de la paille, signifie
qu'ils s'acquièrent à eux-mêmes ces uientifiques infimes: on le voit
par la signification de l'amasser, en ce que c'est acquérir; et par
la signification de la paille, en ce qu'elle désigne les scientifiques
infimes, ainsi qu'il vient d'être dit No 7-112.
   7116, Et la mesure de briques qu'ils {aisa,ient hier avant-hier
                                             e..,-..t;
vous la leur imposel'ez, signifie qu'ils deva'i~mjecter les fictions et
les {aux en même abondance que dans l'état pl'écédent: on le voit
par la signification de la mesure, en ce que c'est en abondance,
ici en même abondance; par la signification des briques, en ce
qu'elles sont les fictions et les faux, comme ci-dessus, No 7H3;
par la signification de hier avant-hier, en cc que c'est l'état précé­
dent, comme aussi ci-dessus N0 7~.1 i; et par la signification de
leur imposer, en ce que c'est injecter, parce que cela est dit des
fictions et des faux: de là il est bien évident que ces paroles; la
mesure de briques qu'ils faisaient hier, avant-hier, vous la leur im­
poserez, signifi~~u'ils devaient injecter les fictions et les faux en
même abondance que dans l'état précédent.
   71 -17, Vous n'ell retrancherez point, signifie sans diminution:
on le voit sans explication.
  7-118. Car désœuvrés ilil' sont, si,qnifie parce qu'ils n'ont pas été
assez attaqués: on le voit par la signification d'être désœuvrés, en
ce que c'est n'avoir pas été assez infestés par les faux, ainsi n'a­
voir pas été assez attaqués. On peut aussi savoir comment la chose
se passe, d'après ceux qui dans l'autre vie sont infestés par les
faux: ceux qui infestent empêchent, autan! qu'ils peuvent, que les
esprits probes qu'ils infestent ne pensent au Seigneur; dès l'instant
qu'il tombe quelque chose de la pensée concernant ouvertement le
Seigneur, ils l'enlèvent aussitôt, ce qu'ils savent faire très,adroite­
ment: mais comme la pensp.e concernant le SeigneUl', chez ceux
qui sont infestés, est toujours universelle, ainsi plus intérieure
qu'elle ne sc montre ouvertement, car elle influe par le Ciel, il en
 résulte que dès qu'ils ne sont point infestés, ils viennent dans la'
 pensée concernant le Seigneur; car ce qui influe du Ciel ct règne
 universellement, se révèle dans tout ce qui est libre: d'après cela,
         XI.                                                 18
2H                     ARCANES CÉU~STES.

   on voit clairement quel est le sens interne de ces paroles: « car

    » désœuvrés ils sont, c'est pourquoi ils crient, en disant: Allons,

  l)  sacril10ns à notl'e Dieu. »
       71 ,19. C'est pOUl'quoi ils crient, en disant: Allons, sacl'i{tons à
   notre D'ieu, signi{te que de là pour eux une si forte pensée d'un tel
   culte: on le voit pal' la signification de cl'ier, en ce qu'ici c'est la'
   pensée, car pal' dire et pal' parler est signifiee la pensée, N0s 227 i ,
  2287, 709.., elle l'est donc aussi pal' crier, mais par cl'ier c'est une
  pensée forte ct avec pleine in tention de faire, c'est pour cela qu'il
  est dit llne si forte pensée; par la signification de sacri{te1' à
  noU'c Dieu, en ce que c'est le culte du SeigneUl', N°s 6905, 710,1 ;
  mais comme Pharaon a dit qu'il ne connaissait point Jéhovah,
  N0s 7095,7097, et comme les Égyptiens avaient les sacrifices en
 aversion, No 1343, et enfin comme Moscheh a dit qu'ils devaient
 aller le chemin de trois jours dans le désert, N°s 6904, 7i 00, voilà
 pourquoi il est dit un tel'culte,
     7120. Que le service soit appesanti sur ces hommes, signifie que
 l'attaque doit c?tre augmentée: on le voit par la signification d'être
 appesanti, en ce que c'est être augmenté; par la signification du
sel'vice, quand cette expression est employée par ceux qui infestent
Ilar les faux, en ce que c'est l'intention de subjugation, Nos 6666,
6670, 6671, ainsi l'attaque, car par l'attaque ils ont l'intention de
subjugucl'; ct pal' la signification des hommes, en ce qu'ils sont
ceux de l'Église spirituelle; dans la Langue originale il y a deux
mots qui signifient l'Homme, l'un de ces mots est Adam, ct l'autre
Enosch; pal' l'homme qui est appelé Adam est entendu l'homme
de l'Église céleste, et pal' l'homme qui est appelé Enosch est en­
tendu l'homme de l'Église spirituelle; ici les hommes sont expri­
més par Enosch, parce qu'il s'agit de ceux qui sont de l'Église
spirituelle.
    7121. Et qu'ils le fassent, signifie pour qu'il y ait effet: on le
voit sans explication.
    7122, Et qu'ils ne regardent point à des paroles de mensonge,
signi{te afin qu'ils ne se tournent point vel'S les vrais: on le voit pal'
la signification de regm'de,', en cc que c'est se tournCl'; et par la
                      wro
signification des 7 [es de mensonge, quand cela est dit pal' ceux
l[ui sont dans 1('8 fanx, (:n cc que ce sont des vrais; en effet, ceux
EXODE, CHAP. CINQUIÈME.                           275
  qui sont dans les faux appellent les vrais des faux, ainsi des paroles
  de mensonge, et les faux ils les appellent des vrais, cal' ils sont
  dans l'oppose. Dans ces Versets il y a pour lors dans le sens in­
  terne une description de l'infestation des esprits probes par les faux
  dans l'autre vie, et aussi une exposition de la manière dont ils sont
  infestés: Si cette infestation est permise, c'est afin que les faux
  soient repoussés, et que les vrais soient insinués, ce qui ne peut
  nullement être fait sans l'infestation; en effet, à l'homme reste
 attaché, et il y a dans ses mémoires, après la mort, le tout de sa
 pensée dans le monde, le tout de son intention, le tout de sa vo­
 lonté, le tout de son langage, et le tout de son action, car rien
 n'est oblitéré; mais ces choses ont été imprimées dans ses mé­
 moires, surtout dans la mémoire intérieure, qui est pl'Oprementla
 mémoire de son espl'it, comme on le voit N°s 2i69 , 24,10, 2i7i,
 2i75; et puisqu'il en est ainsi, il ne peut se faire autrement qu'il
 n'y ait, d'après la vie dans le monde, des souillures et des corrup­
 tions, et aussi des maux et des faux, qui restent attachés, et font
 que les vrais que l'homme a aussi appris, et les biens dont il s'est
 imbu, sont cachés; car les vrais et les biens ne peuvent se montrer
 parmi de telles choses; avant donc que les vrais et les biens
 puissent apparaître, et qu'ainsi l'esprit puisse être associé à ceux
 qui sont dans le Ciel, il est nécessaire que ces maux et ces faux
 soient révélés, afin qu'il les voie et les connaisse, et qu'il apprenne
 de cette manière ce que e'est que le vrai el ce que c'est que le bien:
cela ne peut nullement être fait sans un combat contre les maux
 et les faux chez lui; ce combat est fait en actualité, les mauvais
esprits excitent les faux et les maux, et les Anges excusent si la fin
a été bonne, et insinuent les vrais; cela est perç.u comme si c'était
en lui, de même que chez l'homme la tentation, qui n'est pas sentie
autrement qu'en lui, quoique cependant ce soit un combat des
Anges contre les mauvais esprits hors de lui, voir SUI' ce sujet
N0s 3927, i24,9, i307, 5036, 6657: que la chose se passe ainsi,
c'est ce qu'il m'a été donné de savoir avec certitude par de nom­
breuses expériences. Tout ceci a été dit, afin qu'on sache poul'quoi
l'infestation par les faux est faite chez ceux qui sont de l'Église
spirituelle, infestation dont il a Hé question dans le sens intel'llc
de ces Versets, et dont il s'agit aussi dans les suivants.
276                   ARCA~ES CI:;LESTES.
   7,123. Vcrs, 10, 11, 12,13. Et (aussitôt) sortirent les exac­
leurs du peuple et ses directeurs, et ils dirent au peuple, en disant:
Ainsi CI dit Ph(tmon : Je ne vous donne plus de paille, Vous.mêmes,
allez; p7'enez-vous de La paille, d'olt v.ous (en) trouverez, car il ne
sera rien l'elmnché de votre service, Et Le peuple se dispersa dan.~
toute la terre d'Égypte, ponr ramasser des b7'ins pour pail/e, Et Les
exaCleurs (les) pl'essaient en disant: Achevez vos ouvrages, {' affaire
d'un jour en son jOU7', comme 100'squ'il y avait de la paille, -Et
(aussitôt) sOl'tirent les exacteurs du peuple et ses directeurs, signi­
fie l'émission et la présencc de ceux qui infestent de très-près, et
de ceux qui reçoivent de très-près : et ils dirent au TJeuple, en di­
sant, signifie la perception: Ainsi a dit Pharaon, signifie sur les
infestations : je ne vous donne plus de paille, signilîe que par suite
il n'y a plus les scientifiques les plus communs: VOlIs-mêmes allez,
prenez-vons de la paille, d'où vous (en) trouverez, signifie qu'ils se
les acquéreraientd'autre part, oil ils pourraient: car il ne sera rien
retranché de V017'e service, signifie les injections du faux sans dimi­
nution : ct le peuple ,se dispe7'sa dans toute la terre d'Égypte, si·
gnifie qu'ils étendll'ent le mental naturel de tout côté: TJOur mlnas­
,~er des brins pour paille, slgn ific pour trouver quelque vrai scien­
tifique : et les eo'racteurs (les) pressaient, signifie que ceux qui in­
festent de très-près insistaient: en disant: Achevez vos oum'ages,
L'affai7'e ({un jour en son jour, signific afin qu'ils servissent aux
faux ainsi dits en quelqu'état que ce fùt : comme 100'squ'ily avait
 rie la paille, signifie comme à Icurs vrais ainsi dits,
  712~.   Et aussitôt sortirent les exacteurs du peupLe et ses direc­
teurs, signifie l'émission et La présence de ceux qui infestent ,de très­
près, et de ceux qui reçoivent de très-près: on le voit par la signi­
fication de s07,tir, en cc que c'est l'émission, parce que ceux qui
sont signifiés par les exacteurs, sont envoyés pOUl' servir de moyen
de communiquer, ainsi qu'on peut le voir par ce qui a eté dit ci­
dessus N° 7,1 ,1 ~ : que sortir, ce soit aussi se montrer présent de·
vant un autre dans une forme qui lui est convenable, on le voit
N0 5137, ainsi c'est aussi la présence; pal' la signification des
exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent de très-près: et par
la signification dcs dircrtelll'.ç, en ce qu'ils sont ceux qui reçoiv,ent
EXODE, CHAP. CI~QnÈllE.                   cz:n
de très-près et communiquent, voit pOUl' les uns et le:; autre:;
~o  7l1L
   7125. Et ils dh'ent au peuple, en disant, si9ni~e la perception: on
le voit par la signification de dite dans les historiques de la Parole,
en ce que c'est la perception, jos '1791,1 8Hi, 1819, 1822, 1898,
1919, 2080, 2862, 3509, 5687.
   7126. Ainsi a dit Pharaon, signifie sur les infestations: on le
yoit par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne cs es­
pl'its qui infestent ceux de l'Église spirituelle, ainsi qu'il a déjà été.
dit plusieurs fois, ainsi c'est J'infestation.
   7,127. Je ne VOllS donne plus de paille, signifie que 1}m' suite il
n'y a plus les scientifiques les plus commulls : on le voit pal' la si­
gnification de ne plus donner, en ce que c'est ne plus fournir, et
par la signification de la paille, en ce que ce sont les scientiliques
les plus communs de tous, ]0 71 ,12. Il a déjà été dit ci-dessus
comment ces choses se passent; mais il faut ajouter encore, que
ceux-là qui dans l'autre vie présentent de la paille, c'est-à-dire les
scientifiques les plus communsde tous, aux esprits probes qu'ils in­
festent, sont principalement ceux qui ont été de l'Église et se sont
pel'suadés que la foi Seule sauve, etontvécu, non la viede la foi, mais
la vie du mal; ils sont là tels qu'ils ont été dans le monde, ils savent
les choses qui confirment pour la foi seule, pal' laquelle ils disent
que l'homme est sauvé, de quelque manière qu'il ail vécu dans le
monde; mais ces choses qui confirment ne sont que des raisonne­
ments qui concourent avec la proposition donnée; en effet, quoi
que ce soit, même ce qu'il y a de plus faux, peut être confirmé par
des raisonnements, et aussi par des artificcs d'élocution et de con­
clusion être présenté aux simples comme vrai; il. ccla ils ajoutent
principalement des choses de la Parole, qui sont les plus com­
munes de toutes, et qui, sans le sens interne de la Parole, peuvent
être tournées en faveur d'une opinion quelconquc : telles sont les
choses qu'ils présentent, et paf lesquelles il:; infestent ccux qui
sont de l'Église spirituelle, mais elies ne sont néanmoins que de la
paille ou du chaume pour fairc des briques; car ils cxclucnt l'essen­
tiel même, savoir, la charite; ils disen t, il est Hai, que les œuvres
de la charité sont des fI'Uils de la foi, mais néanmoins ils regardent
ces œuvres comme rien, el ils'persuadellt que l'homme est sauvé
278                   ARCANES CÉLESTES.
par la foi seule, qu'elle qu'ait été sa vie, même lorsqu'il n'aurait
cette foi qu'à la dernière heure de sa vie, ainsi par la foi sans ses
fruits, pal' conséquent sans la vie de la foi et de la charité. Pen­
dant que ces choses sont présentées aux esprits probes dans l'autre
vie, ceux-ci ont des arguments pour le combat et peuvent se dé­
fendre, car ils voient que ce sont des raisonnements fallacieux,
puisque l'essentiel, qui est la charité, est ainsi exclu, et aussi quand
ils voient que ceux qui empioient ces raisonnements ne s'inquiè­
tent point de la vie; ils voient cela dans l'autre vie comme dans la
clarté du jour, d'après toutes choses en général et en particulier:
voilà donc ce qui est entendu par les scientifiques infimes et les
plus communs de tous, et signifié par la paille. Ceux qui se sont
persuadés que la foi seule sauve, et ont cependant vécu la vie du
mal, sont dans l'enfer assez profondément vers la droite un peu
en avant; etje les ai entendus de là infester des esprits probes par
des raisonnements; mais ces esprits diriges pal' le Seigneur au
moyen des anges rejetèrent ces raisonnements comme vains, et
découvrirent aussi les illusions qui étaient dans les choses pal' les­
quelles ils confirment, et dans les arguments tires des choses les
plus communes de la Parole.
   7128. Vous-mêmes, allez, prenez·vous de la paille d'où vous en
Irouverez, signifie qu'ils se les acquéreraient d'aulre part, où ils
pourraient: on le voit par la signification de pl'end,'e d'où ils trou­
veraient, en ce que c'est s'acquérir d'autre part où il pourraient;
et par la signification de la paille, en ce que ce sont les scientifi­
ques infimes et les plus communs de tous, N°s 7H2, 7127.
   7'129. Car il ne sera rien ,'elranclté de voIre service, signifie les
injections des (aux sans diminution: on le voit par la signification
de n'être rien retranché, en ce que c'est sans diminution; et par la
signification du service, en ce que c'est l'attaque par les faux,
N0 7120, pal' conséquent aussi l'infestation.
   7130. Et le peuple se dispe,'sa dans toute la terre d'Égypte, si­
gnifie qu'ils étendirent le mental naturel de tout côté: on le voit par
la signification de se disperser, en ce que c'est étendre; et par la
signification de la terre d'Égypte, en ce que c'est le mental natu­
rel, Nos ti276, 5278,5280, 5288, 530,' . Il Ya chez l'homme ùeux
EXODE, CHAP. CINQUIÈME.                          279
    mentais, l'un est le mental naturel, et l'autre est le mental rationnel;
    le mental naturel est le mental de l'homme externe, et le mental
~	 rationnel est le mental de l'homme interne; les choses qui appar­
    tiennent au mental naturel sont appelées scientifiques, celles qui
    appartiennent au mental rationnel sont appelées raisons intellec­
    tuelles ; ils sont encore distingués en ce que les choses qui appar­
    tiennent au mental naturel sont, quant à la plus grande partie,
   dans la lumière du monde, lumière qui est appelée lueUl' de la na­
    ture, ct que celles qui appartiennent au mental rationnel sont dans
   la lumière du ciel, lumière qui est la lumière spirituelle.
       7'13 t. Pour ramasser des brins POUf" paille, signifie pour trou­
   ver quelque vrai scientifique: on le voit par la signification des
   brins pour paille, en ce que c'est le vrai scientifique; en elfet, les
   brins sont un tel vrai qui a été approprié au scientilique que la
   paille signifie; que les brins soient un tel vrai, c'est parce qu'ils
   sont des tuyaux au sommet desquels est la semence, et que les se­
   mences dans la Parole signifient les vrais et les biens; ainsi le tuyau,
   qui est sous les semences, signifie le vase commun du vrai, par con­
   séquent le vrai scientifique; car les scientifiques de la foi et de la
   charité sont à la vérité des vrais, mais des vrais communs, ainsi
   des vases récipients des vrais particuliers et singuliers; c'est même
   cc que chacun peut voir; par exemple: c'est un Vrai scientifique,
  que la Charité envers le prochain est l'essentiel de l'Église; puis,
  que la foi ne peut exister que là où il y a la charité; comme aussi,
  que le vrai et le bien peuvent être conjoints, mais que le vrai et le
  mal ne peuvent l'être, non plus que le bien et le faux; outre plu­
  sieurs autres propositions semblables, qui sont des vrais scientifi­
  ques; que ces vrais puissent être enrichis de vrais innombrables,
  il est facile de le voir en ce qu'on peut écrire des volumes sur cha­
  cun d'eux; et cependant les vrais singuliers, qui sont les vrais in­
  térieurs de la foi ne peuvent jamais être décrits, car ils ne peuvent
  être vus que dans la lumière du Ciel, et ne tombent point dans
  les mots naturels; il en est de ces vrais comme de la charité»
  qui est une affection spirituelle, laquelle, quant il la plus grande
  partie, ne peut être exprimée par des mots, excepté cc qu'elle a de
  plus commun, c'est-à-dire, ce qui se revêt d'uu dehors naturel et
  qu'on peut comparer à des choses qui sont dans le monde; ces
280                   ARCANES CÉLESTES,
détails ont été donnés, afin qu'on sache ce que c'est que les scien­
tifiques communs.
   7432. Et le.~ exactem's les pressaient, signifie que ceux qui in­
{estent de très-près insistaient: on le voit par la signification des
exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent de très-près, l'i°7H·;
ct pal' la signification de presser, en ce que c'est insister,
   7133. En disant: Achevez vos ouvrages, l'affail'e d'un jOU1' en
son jOUf', signifie afin qu'ils servissent au.':C {aux ainsi dits en quel­
qu'état que ce fût: on le voit par la signification d'achever vos
ouvrages, en ce que c'est être au service des faux; en effet, par fa­
briquer des bl'Îques sont signifiés les ficlions et les faux qui sont
injectés, voir No 7113, et comme ce sont là les ouvrages qu'ils de­
vaient achever, il est signifié qu'ils devaient être à leur service: il
est dit aux faux ainsi dits, parce que les méchants, qui prononcent
ces paroles, reconnaissent les faux non pour faux mais pour vrais;
et par la significat.ion de ]' affaire d'un jour en son jour, cn cc que
c'est en quelqu'état que ce soit; que le jour soit l'état, on le voit
Nos 23, 487, 488, 493, 893, 2788, 3462, 3785, 4·8iJO.
   7·13L Comme lm'sqa'il y avait de la paille, sign'ifie comme à lew's
vrais ainsi dits: on le voit pal' la signification de la paille, en cc
que c'est le scientifique commun, qui est le vase du vrai, N°s 7,1 '12,
7131 : il est dit aux vrais ainsi dits, parce que ces paroles sont dites
par les méchants, qui ne reconnaissent point les vrais pour vrais,
   7,135. Vers. H, '15, 16,17, 18. Et {ul'ent battus les directeurs
des fils â Israël, qu'avaient préposés SW' eux les exactem's de Pha­
mon, en disant: Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche de
 fabrication de bl'igues comme hiel' avant-hier, aussi hier, aussi au­
jourd'hui? Et les directeul'S des fils (l'Israël vinrent, et ils crièrent
ct Pharaon, en disant: Pourquoi {ais-tu ain.~i à tes sel'viteurs? J)e
la paille, il n'en est pas donné à tes sel"Vitellrs; et des briques, ils
nous di"ent: Faites; et voici, tes serviteul'S sont battus; et ton
peuple a péché. Et il dit: des désœuVl'és, vous; des désœuvrés;
c'est pOlt1"quoi vous dites: Allons, sacrifions à Jéhovah. Et mainte·
nant allez, servez, et de la paille il ne VOliS en sera point donné, et
la mesw'e de briques vous donnerez. - Et {Uf'ent battlts les direc­
 tem's des fils d'Israël, signifie que ceux qui avaient reçu de très­
près les infestations, ct les avaient communiquées, furent lésés par



                                                                             j
EXODE, CllAP, CINQUiÈME,                          281
 les faux qui ayaient été injectés: qu'araient préposés Slir eux les
 exa<:leurs de Pharaon, signifie ceux qui a'aient été injectés par les
 infestateurs: en disant; Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre
 tâche de (abl'ication de bl'iqltes, signifie qu'ils ne reçoivent point
 et ne communiquent. point, comme il leur était enjoint, les injec­
 tionsdes faux: con!lue hier avant-hier, signifie comme dans l'état
 précédent: aussi hier, aussi au}ourll'hui, signifie de même l'état
 futur: elles directeurs des fils d'Israël vinrent, signifie ceux qui
 ont reçu de très-près et communiqué: et ils crièrent ct Pharaon,
signifie l'indignation attestée devant ceux qui infestaient: en di­
sant; Pourquoi {ais-tu ainsi à tes serviteurs, signifie qu'ainsi ils
 ne pouvaient s'acquitter du devoir qui leU[' était enjoint: de la
 paille, il n'en est pas donné à tes serviteurs, signifie que les scien­
tifiques qui sont les contenants du vrai ne leur sont plus fournis:
et des briques, ils nous disent; Faites, signifie qu'ils (;oivent tou­
jours supporter les faux injectés: et voici, tes serL'Ïteul'S sont battus,
signifie qu'ainsi les faux blessent: et ton peuple a péché, signilie
 qu'ainsi à eux est le délit en cc qu'ils ont fait le mal: et il dit,
 signifie la réponse: des désœuvrés, vous, des désœuvrés, signifie
 qu'ils n'ont point été assez attaqués: c'est pourquoi vous dites;
 Allons, sacrifions à Jélwllah, signifie que de là la pensée d'un tel
 culte: et maintenant allez, sel'vez, signilie la continuation de l'in­
festation : et de la paille il ne vous en sera point donné, signifie
 sans de tels scientifiques: et la mesure de briques VOliS donnerez,
signifie les faux qui seront injectés en abondance.
  7,136. Et {urent bat/us les directeurs des fils if ISl'aël, signifie
que ceux qui avaient reçu de très-près les infestations, et les avaient
communiquées, (urentlésés par les {aux qui avaient été injectés:
on le voit pal' la signification d'êtl'e battus, en ce que, comme c'est
par les exacteurs, par lesquels sont signifiés ceux qui infestent,
c'est être lésés par les faux, car être battu, dans le sens spirituel,
ce n'est pas être battu, mais c'est être lésé quant au vrai et au bien,
c'est-à-dire, quant aux choses qui appartiennent à la vie spirituelle;
de même que mourir, dans le sens spirituel, ce n'est point mourir,
mais c'est être privé du vrai etdu bien, et être dans le faux et dans
le mal, et par conséquent être damné; et par la signification des
directeurs, en ce que ce sont ceux qui reçoivent de très-près les
28':2                 ARCANES CÉLESTES.
 infestations et les communiquent, N° 7H 1; et par la l'eprésen­
 taHon des fils d'Israël, en ce que cc sont ceux de l'Église spiri­
 tuelle, Nos 6426, 6637, avec lesquels ont comm uniqué ceux qui
 sont signifiés par les Directeurs.
    7137. Qu'avaient pl'éposés sur eux les exacteurs de Pharaon,
 signifie ceux qui avaient été injectés par les infestateurs : on le
 voit pal' la signification de préposel' sur ellx, en ce que c'est être
  injecté, parce que cela se fait par injection, ainsi qu'il va être ex­
  posé; et pal' la signification des exacteurs, en ce qu'ils sont ceux
  qui infestent, 1°7'1 ,1 ,1. On ne peut savoir comment cela se passe,
  que pal' l'expérience de ces choses dans l'autre vie: il a été dit ci­
, dessus, que les exacteurs signifient ceux qui infestent de très­
  près, et les directeurs ceux qui reçoivent de très-près et commu­
  niquent, voil' N0 7,1 '1 ,1 ; ceux qui reçoivent de très-près et communi­
  quent, sont des esprits simples probes, qui servent principalement
  poul' un tel usage; ceux-ci sont, au moyen d'artifices connus seule­
  ment dans l'autre vie, injectés par les infestateurs vers la société
  avec laquelle ils se préparent une communication, et cela est fait
  par ceux qui infestent et qui sont signifiés par les exacteurs; ainsi
  les enfers ont communication de leur côté, et ceux qui sont in­
  festes ont communication du leur: que la chose se passe ainsi,
   c'est ce que j'ai vu des centaines de fois sinon des milliers, et je
  l'ai aussi éprouvé. D'après cela, il est bien évident qu'on ne peut
  savoir ce qui est signifié dans le sens interne par ces paroles, que
   par l'~xpérience de telles choses dans l'autre vie.
    7,138. En disant: Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche
  de fabrication de briques, signifie qu'ils ne reçoivent point et ne
  communiquent point, comme il Leur était enjoint, les injections des
  faux: on le voit par la signification des directeUl's ;mxquels sont
  adressées ces paroles, en ce qu'ils sont ceux qui reçoivent de très­
  près et communiquent, N° 7·1 ·11 ; par la signification d'aohever la
  tâche, en ce que c'est faire comme il était enjoint; et par la signi­
  fication de fabriqua des briques, en ce que c'est recevoir les fictions
  et les faux, N° 7,1013.
    7'139. Comme hie,. avant-hier, signifie comme dans l'état précé­
  dent: on le voit [laI' la signification de hier avant·hicr, en ce que
  c'cstl'étatprécéùcnt, 105   698:~,   7iH.
EXODE, CHAP. CINQUiÈME.                               283
   7 i 40. Aussi hier, aussi aujourd'hui, signifie de même l'état {utur:
on le voit pal' la signification d'hier, en ce que c'est l'etat précé­
dent, comme il vient d'être dit; et par la signification d'aujour­
d'hui, en ce que c'est le perpétuel, i'os 2838, 3998, 4304, 6165,
pal' conséquent ce qui doit durcI' toujours, et ainsi le futur comme
auparavant.
  7,14,1. Et les directeurs des fils d'/sl'aël vinrent, signifie CCliX
qui ont l'eçu de très-pI'ès et communiqué: on le voit pal' la signifi­
cation des dù'ecteurs des fils d' IS1'aël, en ce qu'ils sont ceux qui
reçoivent de très-près les infestations ct les communiquent,
N°7·36.
 7142. Et ils crièrent à Pharaon, signifie l'indignation attestée
devant ceux qui in{estaient: on le voit par la signification de cI'iel',
en ce qu'ici c'est attester l'indignation, savoir, de ce qu'ils ont été
battus, c'est-à-dire, lésés par les faux injectés, et de ce qu'i! ne leur
était pas donné de paille pOUl' la fabrication des briques, c'est-à­
dire, de cc qu'ils ne recevaient et n'injectaient que des fict.ions et
des faux; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne
ceux qui infestent, Nos 6651, 6679, 6683, 7126.
  7143. En disant: Pourquoi {ais-tu ainsi il tes sel'VÎteuI's, signifie
qu'ainsi ils ne pOUL'aient s'acquitter du. devoir qui leuI' était enjoint:
on le voit par la signification du,.serviteur, en ce que c'est celui qui
administre et s'acquitte d'un devoir; comme celui-là sert, il est
appelé serviteur, ainsi qu'on le lit çà et là dans la Pal'ole; que
celui qui obéit soit appel.é serviteur, on le voit N° ,17,13, et que
servir, ce soit l'étude; on le voit l'Qs 3824· , 3846; et puisque les
paroles qui vont suivre l'enferment qu'ils ne pouvaient soutenir ce
service, il est évident que ces expressions, Pourqu~i {ais-tu ainsi à
tes serviteurs, signifient qu'ainsi ils ne pouvaient s'acquitter du
devoir qui leur était enjoint.
  7'144. De la paille, il n'en est pas donné il tes se1'vitell1's, sigl1i fie
que les scientifiques qui sont les contenants du vrai ne leltl' sont plus
roumis: on le voit par la signification de la paille, en cc que ce sont
les scientifiques les plus communs de tous, N0 7112, lesquels, l~arce
qu'ils sont comme des vases qui peuvent être l'emplis de vrais,
N0s 434-5, 4383, 5208, 713·1, sont appelés scientifiques qui sont les
contenants du 'l'ai; pal' la sj~lIifiealion Ù~ ne /I~ être donné, en cc
281..                ARCANES CÉLESTES.

que c'est ne pas être fourni; et par la signification des serviteurs,

en ce qu'ils sont ccux qlli administrent et s'acquittent d'un devoir,

comme ci-dessus, No 7" 43.

   7145. Et des bl'iques, ils nous disent: (aites, signifie qu'ils doi­
vent toujours .~upporter les (aux injectés: on le voit par la signifi­
cation cie {etire des bl'iques, en ce que c'est recevoir les fictions et
les faux, qui sont injectés par les méchants, N°71'13; ici, les sup­
porter.
   7,14.6. Et voici, tes se/'viteurs sont ballus, signifie qu'ainsi les (aux
blessent: on le voit par la signification d'être battu, en ce que c'est
être hlessé pal' les faux, No 7'136.
   7147. Et ton peuple a péché, signifie qu'ainsi à eux est le délit en
cc qu'ils ont (ait le mal: on le voit pal' la signification de pécher,
en ce que c'est devenir coupable du mal ,~t que si cela est, ils
encourent justement la peine. Il faut dire comment se passent en
général les choses qui son t dans ce Verset et dans les précédents:
ceux qui sont dans la terre inférieure sont infestés par les faux et
pal' les maux injectés des enfers qui sont alentour, afin que les maux
et les faux soient repoussés, et que les vrais et les biens soient in­
sinués, ct qu'ainsi ils soient concluits dans un état où ils puissent
être élevés dans le Ciel , voir N°s 7090 w ' mais près de la fin ,
                                       " , 7122·
ils sont plus durement infestés qu'auparant, car alors les vl'ais leur
sont soustraits, ct il est permis que des fanx sans mélange les in­
festent, et cela jusqu'au désespoir; en effet, il est de l'ordre Divin
que le dernier (degré) de l'infestation ct de la tentation soit le dé­
sespoir, voi/' ios 1787, 2694, 52Î 9, 5280: afin que cet état de ceux
qui sont de l'f:glisc spirituelle, fût représenté pal' les fils d'Israël,
cela a été fait pal' Pharaon, ct à l'instant que les infestations étaient
près de la fin, c'est-à-dire, quand les fils d'Israël allaient être déli­
vrés et conduits clans la tene cie Canaan. Il faut qu'on sache que
les infestations se font de telle manière, que les faux et les maux
sont injectes dans les pensées par les enfers, et que les vrais et les
biens y sont insinués par le Ciel, c'est-à-dire, par le Seigneur au
moyen du Ciel; cela sc fait, parce que l'homme et l'esprit ne pen­
sent point par eux-mêmes, mais que toutes choses influent: quoique
cela semble tOllt à fait éloigné du sens, et pal' conséquent incroya­
ble, toujours est-il cependant que cela est très-vrai; voir sur ce sujet
EXODE, CHAP. CINQm~~lE.                              28G
cc qui a cté précédemment rapporté et montré d'après l'expérience,
Nos 2886, ~'151, ft.24.9, 5846, 58!H, 6'189 à 62<11>, 6307 à 6327, M66
à 6495, 6598 à 6626. De là on peut savoir comment il faut entendre
que les infestations se font pal' les injections des faux, et qu'elles
vont en augmentant jusqu'au désespoir.
   71..8. Et il dit, signifie la répolHe : on le voit pal' la signification
de diTe, en cc que c'est la réponse, ~o7'103.
  7-149. Des désœuvrés, vous, des dé"œuVI'és, signifie qu'ils n'ollt
point été assez. atlar{ués : 011 le voit pal' la signification d'êlTe des
désœuvrés, en cc que c'est ne point avoir été assez attaqués, savoil',
par les faux, No 7118.
  7·150. C est pom'quoi     VOliS dite.ç : Allons, sacrifions à JéholJah,

signifie que di: là la pensée d'un tel culte: on le voit d'après cc qui
a été dit ci-dessus No 7119, oil sont de semblables paroles.
   7·15·1. Et maintenant allez, servez, ,çif/lIifie la continuation de
l'infestation: on le voit pal' la signification de serviT, cn ce quec'est
être infesté par les faux, Nos 7,1 20, 71'29; de Iii allez, servez, c'est
la continuation de l'infestation; en eO'et, ils se plaignaient du ser-
Yice, mais il leul' est répondn qll'ils devaient le continuer.
  7,152. Et de la paille il ne vous en sera point donné, signifie sans
de tds scienlifiques: on le voit par la signification de la paille, Cil
CC que cc sont les scientifiqnes les plus commllns, ct qui sont par
suite les contenants du vrai, ~os 7112, 74 U; ils seront sans ces
scientifiques, c'est ce qui est sign ifié pal' il ne vous enser,a pas donné.
   7153. Et la mesure de briques vous donnerez, signifie les faux
qui seront injeclés en abondance: on le voit d'après ce qui a été dit
ci-dessus N° 7'1" 6, oi! sont de semblables pal'oks. Ce sont lü les
choses qui sont contenues dans le sens interne de ces Versets; elles
se présentent peut-être devant l'homme comme de peu d'importance,
rt même comme épal'ses; mais néanmoins elles sont toutes des
essentiels de la cbose dont il s'agit, ct admirablement liées entre
elles; qu'il en soit ainsi, c'est ce que perçoivent les Anges, car ils
voient les séries et les enchaînements des choses dans la lumière du
ciel, avec d'innombrables arcanes composés de vrais intérieurs,
d'oil résulte une tl'ès-belle et très-ravissante forme des choses; cc
qui ne peut en aucune manière être perçu par l'IIOmllle, parce que
les vrais intérieurs lui sont cachés, pal' conséquent il ne peut pas
286                      ARCANES CÉLESTES.
  les liel' ensemble, mais cela se présente à lui comme épars, et pal'
  suite, ainsi qu'il a été dit, comme de peu dïmportance.
     7154. Vers. 19,20,2'1. Et les directew's des fils d'Israël se virent
  dans le mal, en ce qu'il éta.it dit : Vous ne retmnchereZ1lfe vos briques
  quoi que ce soit du jour en son jour. Et ils rencontrèrent bloscheh et
  Aharon, qui se trouvèrent devant eux, comme eux sortaient de chez
  Pharaon. Et ils leur dirent: que Jéhovah vous voie et juge, que vous
  avez empuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux de
  ses se"vitenrs, (de manière) à mettre une épée en leur main pou,' nous
  tuer. - Et les directeurs des fils cC Israël se vir'ent dans le maL,
  signifie près de la damnation: en ce qu'il était dit: Vous ne r'etran­
 cherez de vos briques quoi que ce soit, signifie parce qu'il n'était rien
  diminué de l'injection des faux: du jour en son jour, signifie dans
  quelque état que ce fût: et ils renconl1'èrent Moscheh et Aharon,
 signifie la pensée touchant la Loi Divine et la doctrine qui en pro­
 vient: qui se trouvèrent devant eux, comme ils sortaient de chez
 Pharaon, signifie la manifestation alors quand les faux n'infestaient
 pas de la même manière: et ils leUl' dirent, signifie la perception:
 que Jéhovah vous voie et juge, signifie la Divine disposition: que
 vous ave~ ernpuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux
 de ses servitew's, signifie que à cause de cela tous ceux qui sont
 dans les faux ont une si grande aversion pour notl'e bon office:
 (de manière) à mettre une épée en leur main pour nous tuer, signifie
 de là une shgrande ardeur en eux de détruire par les faux les vrais
 de l'Église.
    7HS5. Et les directell1's des fiLs d'Israël se vir'ent dans le maL,
signifie pr'ès de la damnation: cela est évident par la signification
de voir, en ce que c'est apercevoir, N°s 2~ 50, 3764., 4.567, 4.723,
54.00; pal' la signification des directeurs, en ce qu'ils sont ceux
qui reçoiyent de très-près les infestations et les communiquent,
N°s 71 ,11 , 7:136 ; et pal' la signification du mal, en ce que c'est la
damnation; car le mal considéré en lui·même est l'enfer, Nl.' 6279,
ainsi la damnation. Qu'êtl'e dans le mal, ce soit être près de la
damnation, c'est parce que ceux qui ont reçu de très-près les in­
festations et les ont communiquées, ont été lésés, ce qui est signifié
en ce qu'ils ont été battus par les exacteurs , N° 7,136, et parce
qu'ils ont été infestés jusqu'au désespoir pal' les faux continuelle­
EXODE, CIIAP. CINQUIÈl1E.                          287
ment injectés, No i 1i7; c'estde là que cette expression: ils se virent
dans le mal, signifie qu'ils aperçurcnt qu'ils étaient près de la dam­
nation; en effet, ceux qui sont dans le désespoir, parce qu'ils s'i­
magincnt ne pouvoir plus soutenir les assauts, pensent qu'ils ne
peuvent faire autrement que de se livrer aux faux comme captifs,
car tel est l'état du désespoir, mais alors ils commencent à être
soulagés, et à être conduits comme des ténèbres dans la lumière.
   7156. En ce qu'il était dit: Vous ne retmncherez de vos bl'iques
quoi que ce soit, signifie parce qu'il n'était l'ien diminué de l'injection
de.s faux: on le voit pal' la signification de n'être l'etmnché quoi que
ce soit, en ce que c'est n'êtrc rien diminué, comme aussi ci-dessus
N° 7129; et par la signification de fabriquer des briques, en cc que
c'est supportcr les. faux injectés, N°s 711 3, 714.5,
  7157. Du jour en son jour, signifie dans quelque état que ce fût:
on le voit par la signification du jour en son jour, en ce que c'est en
quelque état que ce soit, comme ci-dessus io 7'133.
   7-158. Et ils l'encontrèl'ent Moscheh et Aharon, signifie la pensée
touchant la Loi Divine et la Doctrine qui en provient: on le voit pal'
la signification de l'encontrer, en ce que c'est la pensée, car ici par
ils l'encontrèrent, il est entendu qu'ils vinrent à eux à dessein et
leur parlèrent, ce qui dans le sens interne est penser aqx choses
que Moscheh et Aharon représentent; que parler, ce soit penser,
on le voit Nos 227-1, 2287, 2649; par la représentation de Moscheh,
en ce qu'il est la Loi Divine, N° 6752; et pal' la représentation
d'Aharon, en ce qu'il est la Doctrine du bien et du vrai, Nos 6998,
7009,7089.
  71l!l9. Qui se u'ouvèrent devant eux comme ils sortaient de chez
Pharaon, signifie la manifestation alors quand les faux n'infestaient
pas de la même manière: on le voit par la signification de se trouver
devant, quand cela est dit de la Loi Divine et de la Doctrine qui en
provient, en ce que c'est ra m.anifestation; et par la signification de
sortir de chez Pharaon, en ce que c'est quand les faux n'infestaient
pas de la même manière; que Pharaon soit le faux qui infeste, on
le voit N0s 7407, 7HO, 7-126, 7142.
   (7159 bis). Et ils leur dirent, signifie la pel'ception : on le voit pal'
la signification de dire dans les historiques de la Parole, en ce que
c'est percevoir, ainsi qu'il a été souvent montré.
288                  AHCANES CÉLESTES.
   7160. Que Jéhovah vous voie et juge, signifie la Divine disposition:
cela est évident par la sign ification de que Jéhovah voie et juge, en ce
que c'est la Divine disposition, car ce que Jéhovah voit et juge, ille
dispose; en effet, voir signifie la Divine perception, particuliëre­
ment la Divine Prévoyance, et juger signifie la Divine ordination,
particulièrement la Divine Providence; comme ces choses sont
signifiées dans le sens interne par ces paroles, c'était une formule
ordinaire de dire, quand le mal arrivait par la faute de quelqu'un,
que Jéhovah voie et juge.
  716'1. Que vous avez empuanti notr'e odeur aux yeux de Pharaon
et au,x yeux de ses serviteurs, signifie que à caus/: de cela tous
ceux qui sont dans les {aux ont une si g1'ande aversion pour notre
bon o{fice (obsequium): on le voit par la signification d'empuantir,
 en ce que c'est l'aversion, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la
 signification de l'odeur, en ce que c'est le perceptif de ce qui est
 agréable, N0s 925, '1514, 1517, 15,18, 1519, 3577, 4626, 4628,
 4148; et comme l'odeur est le perceptif de ce qui est agréable,
 c'est le perceptif de la foi et de la charité, car la foi et la charité
 sont agréables, N°s 15,19, 4628, 4.748; et comme elles sont agréa­
 bles, c'est un bon office très-agréable, car le bon office est le bien
 même de la foi et de la charité; c'est de là que l'odeur ici signifie
 le bon office. Puisque l'odeur est tout ce qui est agréable au Sei­
 gneur, la puanteur est pal' conséquent ce qui est désagréable au
 Seigneur, ainsi la puanteur est l'aversion, et est aussi l'abomina­
 tion ; la puanteur correspond même en actualité à l'aversion et à
 l'abomination, qui appartiennent au faux et au mal; comme la
 puanteur est ce qui appartient à l'aversion, c'est pour cela même
 que dans la Parole elle est dite au lieu de l'Aversion, comme dans
 Samuel: « Israël est devenu puant auprès :des Philistins. » - J.
 Liv. XIII. 4. - Dans le Même: « Achisch disait de David: en
 » s'empuantiuant il s'est empuanti aqprès de son peuple, auprès
 Il d'Israël. » - J. Liv. XXVIJ.12. - Dans le Même: « quand les
 » fils d'Ammon virent qu'ils étaient devenus puants auprès deUavid. »
' - II. Liv. X. 6. - Dans le Même: « Achitophel dit à Absalon:
 « Afin que tout Israël entende que tu es devenu puant auprès de
 » ton père. » - Il. Liv. XVI. 21; - dans ces passages, puant est
 mis au lieu de l'aversion. Dans Ésaïe: « Que les transpercés des
EXODE, CHAP. CINQUIÈME.                          289
Il nations soient jetés, et que la puanteur de leurs cadaVl'es monte,
Il et que les montagnes l'Uisselient de sang, Il - XXXIV. 3 ; -la
puanteur au lieu d'un mal abominable; pareillement dans Amos,
IV. 10; et dans David, Ps. XXXVIII. 5, 6. - Qu'aux yeux de
Pharaon et aux yeux de ses serviteurs, ce soit à la perception de
tous ceux qui sont ùans les faux, on le voit par la signification
des yeux, en ce que c'est la perception, N° 4·339; et par tÇl. repré­
sentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les
faux, N°s 6651,6679,6683,7107, 7HO, 7126, 7'142. S'il est dit
que rodeUl' des fils d'Israël était puante à leurs yeux, c'est parce
 que tous ceux qui sont dans les faux et dans les maux ont en aver­
 sion les biens et que pour eux les vrais sont puants. Que la puan­
 tellr soit chez ceux qui sont dans les maux et pal' suite dans les
 faux, c'est ce qu'on voit clairement par les enfers qui sont appelés
 enfers cadavéreux, oi! sont les assassins et ceux qui sont très-opi­
 niâtres dans leurs vengeances, ct par les enfers qui sont appelés
 excrémentitiels, oil sont les adultères et ceux qui ont cu pom fin de
 honteuses voluptes; quand ces enfers sont ouverts, il s'en exhale
 des puanteurs insoutenables, N° 463'1; mais elles ne sont senties
 que par ceux auxquels les intérieurs, qui appartiennent à l'esprit,
 ont été ouverts; néanmoins ceux qui sont dans ces enfers trouvent
 ces puanteurs agréables et aiment par conséquent à vivre dans ces
 infections, N° 4628; ca!' ils sont comme ces animaux qui se tien­
 nent dans des cadavres et dans des excréments et qui y trouvent le
 plaisir de leur vie: quand ces esprits viennent au delà de la sphère
 de leurs infections, les odeurs douces et agréables sont pour eux
 infectes et très-désagréables: d'après cela, on peut voh' comment il
 faut entendre que ceux qui sont dans les faux ont une si grande
 aversion pour les choses qui appartiennent à la Loi Divine et par
 suite à la Doctrine, que représentent i'1oscheh et Aharon, dont il
 est dit, qu'il:; ont empuanti leur odeur aux yeux de Pharaon et aux
 yeux de ses serviteurs.
    7 '162. De. manière à melt1'e une épée en leur main pOUl' nous
 tue,., signifie de là une si grande ardeur cn eux de délr1û?'e pm' les
 (aux les vrais de l'Église: on le voit par la signification de l'épée,
 en ce qu'elie est le faux qui combat ct dévaste, N°s 2799, 6353,
 7,102; et par la signification de tue,., en cc qlle c'est détruire les
        XI.                                                 Jl)
290                   ARCANES Cf<~LESTES,
choses qui appartiennent à la foi et à la charité, No 0767; les choses
qui appartiennent à la foi et à la Charilé sont signiûées par les fils
d'Israël, de qui il est dit qu'ils seraient tués; car les essentiels de
l'Église spirituelle, qui est signiûée par les Iils d'Israël, N° 6637,
sont la Charitô et la foi,
   7'163. Yel's "2'2, 23. Et 1I10scheh re/o/mut vers Jéhovah, et iL dit:
Seignew'! Pourquoi a.~-LU {aii du maL à ce peupLe? Pourquoi TIL' as­
lU envoyé? Et depuis que je suis venu vers Phal'aon pour parler en
/On Nom, il a (ait du mal à ce pel/pIe, et en délivrant LU n'as point
délivré lOn peupLe. - Et Moscheh retourna vers Jéhovah, et iL dit,
signifie la plainte d'après la Loi Divine. Seigneur, pourquoi as-lU
(ait du mal à ce peupLe, signifie de ce que ccux qui sont dans les
vrais et dans les biens sont trop infestés par les faux: pourquoi
m'as-lU envoyé) signifie lorsque cependant la Loi procédant du
Divin semble dire autrcRlent: et depuis que je suis 1JenU vers Pha­
 aon pour parler en /Olt Nom, signiûe quand le commandement
venant des choses qui appartiennent à la Loi Divine était évident
pOUl' ceux qui sont dans les faux: iL a {ait du mal à ce peupLe, si­
gnifie qu'alors pal' les faux injeetés semblent être blessés ceux qui
sont dans les vrais et dans les biens de n~glise : et en délivrant LU
n'as point délivré Ion peuple, signifie qu'ils n'ont point été tirés de
r état d'infestations par les faux.
   7'1 GL Et ll-Ioscheh retourna vel'S Jéhovah, ct il dit, signifie la
plainte d'après La Loi Divine: on le voit par la signification de
retourner vers Jéhovah, en ce que c'est portel' plainte au Divin sur
l'infestation de ceux qui sont dans les vl'ais et dans les biens pal'
ceux qui sont dans les faux et dans les maux; que l'etourner
vers Jéhovah, ce soit une plmnte, c'e~t évident d'apl'ès cc qui suit;
pal' la représentation de 11fo,~cheh, en ce qu'il est la Loi Divine,
N°s 6723,675'2,6771,6827,7014, de là c'est une plainte d'après
le vrai qui appartient à la Loi Divine, de ce que ceux qui sont dans
les faux ont une telle domination SUl' ceux qui sont dans les vrais.
   7165. SeigneuT! 1JOurquoi as-tu {ait du mal à ce peuple, signifie
de cc q1W ceux qui sont dans les vrais et dans les biens sont trop
infestés pal' les faux: on le voit par la signification de raiTe du
maL, en ce que c'est permeltre qu'ils soient trop infestés par les
faux, car c'est ce que signifie dans le sens spirituel faire du mal,
EXODE, CHAP. CINQUlÊME.                           291
quand cela est dit de ceux qui sont dans les vrais et dans les biens;
et pal' la repl'ésentation des fils d'Israël, qui ici sont le peuple, en
cc qu'ils sont ccux de l'Église spirituelle, ainsi ccux qui sont dans
les vl'ais ct dans les biens de l'Église, comme ci-dessus, j'"0 7.162.
  7166. Pourquoi m'as-tu envoyé, signifie 100'sque cependant la
Loi procédant du Divin semble dire autrement: on le voit pal' la si­
gnification de pourquoi cela, en ce que c'est pourquoi en est-il
ainsi quand il est dit autl'ement; pat' la repr(~sentation de Moscheh,
qui dit ces choses de lui-même, en cc qu'il est la Loi d'après le
l>ivin, N° 7164; et par la signification d'être envoyé, en cc que
c'est pl'océder, N°s 4.710, 6831; de là, pourquoi m'as-tu envoyé, si­
gnifie que la Loi pl'océdant du Divin semble dire autrement. Comme
cela est dit par celui qui se plaint de rinfestation des faux, il lui
paraît que la Loi d'après le Divin disait autrement, c'est pour cela
 qu'il est dit qu'elle semble dire autrement, lorsque cependant elle
 ne dit pas autl'ement; cal' la Loi d'après le Divin est la Loi de
 l'ol'dre, ct la loi de l'ordre concernant ceux qui sont dans l'état
 d'infestation pal' les faux, est qu'ils doivent être infestés jusqu'an
 désespoil', et s'ils ne le sont pas jusqu'au désespoir, il manque le
 demiel' (degré) de l'usage pl'ovenant de l'infestation: que la tenta­
 tion soit augmentée jusqu'au désespoir, c'est ce qu'on voit claire­
  ment par la tentation du Seigneul' dans Gethsémané, Matth. XXVI.
  38,39. Marc, XIV, 33, 34,35, 36. Luc, XXII. u.; et aussi ensuite
  sur la <;roix, llatth. XXVII, 46, en cc qu'elle a été portée jusqu'à
  l'état de déspspoir; et la tentation du Seigneur est le modèle de la
  tentation des fidèles, aussi le Seigneur dit-il que celui qui veut
  Le sui.yre, doit porter sa croix, Matth. X. 38. XVI. 24, ; cal' la Glo­
  rification du Seigneur est le modèle de la régénération de
  l'homme, Nos 3138,3212,3296, 3,.90, U02, 5688; et la régé­
   ~r.ration se fait surtout par les tentations.
   7 '167. Et depuis que je suis venu veT'S Pharaon pour paTler en
 ton Nom, signifie quand le commemdement venant des choses qui
 appal,tiennent à la Loi Divine était évident pour ceux qui sont
 dans les [aux: on le voit pal' la signification de veni1' pour parler,
  en ce que c'est apporter le commandement, ici le rendre évident,
  car le commandement venant du Divin n'est point porté mani­
  festement à ceux qui sont dans les enfers, mais il lellr est fait par
'292                   AHCA~ES CÉLESTES.
 des esprits une exhortation, d'où il leur semble que c'est un com­
 mandement venant du Divin; par la représentation de PhamolJ,
 en cc qu'il désigne ceux qui sont dans les faux et qui infestent,
Nos 665'1,6679,6683, 7.J07, 7HO, 7'126, 7'1q.:~; el par la signifi­
cation du Nom de Jéhovah, en ce que c'est tout cc qui appartient
à la foi et à la charité, par quoi le Seigneur est adoré, N'os 2724,
3006, 6674, ainsi tout ce qui appartient à la Loi Divine, car la IJoi
Divine n'est. pas autre chose que ce qui appartient à la charité et à
la foi; en effet, la Loi Divine est le vrai Divin procédant du Sei­
p;neur, et ce qui procède du Seigneur est le Divin Bien et le Divin
Vrai, et le Divin Bien est l'amour et la Charité, et le Divin Vrai
cst la foi.
   7,168. Il a {ait durllal à ce peuple, signifie qu'a/ol's par les {aux
injectés semblent être blessés ceux qui sont dans les vrais et dan:;
les biens de l'Église; on le voit par la signification de {aire du mal,
en ce que c'est blesser pal' les faux injectés; ici sembler être bles­
sés, car ceux qui sont dans l'infestation et dans la tentation, ne
peuvent être blessés par les faux injectés, parce que le Seigneur les
pl'otége; et par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont le
peuple, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans les vrais et dans
les biens de l'Église, comme ci-dessus, i'o 7162,
   7169. Et en délivrant tu n'as point délivré ton peuple, signifie
qu'ils n'ont point été tiré, de r état d'infestation pm' les (aux: on le
voit par la signification d'être déliV1'é, en ce que c'est être tiré de
l'état d'infestations par les faux, car dans ce qui précède il s'agit des
infestations par les faux; de là ne point être délivré, c'est ici ne
point en être tiré; que tOit peuple soit ceux qui sont dans les
vrais et dans les biens de l'Jtglise, et qui ont été infestés, on vient
de le voir Nos 7165,7168.



CONTINUATION SUR LES ESPRITS ET SUlI LES HAnITANTS DE LA
                        TERRE DE MERCURE.

   7170. Des esprits de Mercure apparurent vers la gauche en
globe, et ensuite en une masse enroulée (in 1Jolumine)
s'étendant en longueur; et j'ignorais où ils voulaient aller, si
EXODE, CHAP. CINQUIÈME.                          "'293
c'était vers cette Terre, ou ailleurs, et bientôt je remarquai qu'ils
se détournaient vers la droite, et qu'en se déroulant ils approchaient
de la Terre de Vénus, vers la partie tournée du côté opposé au
soleil; mais quand ils y furent arrivés, ils dirent qu'ils ne voulaient
pas y restel" parce que les habitants étaient méchanl<;; c'est pour­
quoi ils se dirigèrent vers l'autre partie de celle terre, celle qui re~
garde le soleil, et alors ils dirent qu'ils voulaient y demeurer, parce
que ceux qui l'habitaient étaient bons. Pendant que cela avait lieu,
je sentais dans le Cerveau un changement notable, et une forte opéJ
ration qui en résultait; par là il m'était donné de conclure que les
Esprits de Vénus, qui sont de cette partie de la Planète, concor­
daient avec les Esprits de la Planète de Mercure, et que cellx-l~
représentaient la Mémoire des choses matérielles, qui concordent
avec la Mémoire des choses immatérielles, que représentent les
Esprits de Mercure; de là une plus forte opération avait été sentie
d'après eux quand ils étaient là.
   717-1. Il faut qu'on saclte que le Soleil du monde n'apparaît à
aucun esprit, ni rien de la lumière qui en proeède; car la lumière
de ce Soleil est pour les esprits comme d'épaisses ténèb,·cs; cc
soleil reste seulemcnt dans la perception chez les esprits, en raison
de cc qu'ils l'ont vu quand ils étaient dans le monde, ct il se pré­
sente à eux dans l'idée comme quelque chose de ténébreux; ct
cela, par derrière à une distance considérable, à une hauteur lin
peu au-dessus du plan de la Tête. Les Planètes qui sont au-dedans
du monde de cc Soleil, apparaissent selon une situation détermi"
 née relativement au soleil, MerCl1l'e pal' derrière un peu vers la
droite; la Planète de Vénus à gauche un peu en arrièl'C; la Pla­
 nète de 1Iars vers la gauche pal' devant; la Planète de Jupiter
pareillement vers la gauche pal' devant, mais à une plus grande
distance; la Planète de Satume tout à fait pal' devant à une distance
considérable; la Lune vers la gauche assez haut; les satellites aussi
à la gauche relativcment à leur planète: telle est la situation de
lems Planètes dans les idées des esprits et des anges, et, en outre,
 ks esprits apparaissent près de leur Planète mais au-dehors.
   7172. Un jouI' je vis que des esprits de notre terre étaient al1pr~s
 des esprits de la terre de Mercure, cl je les elltendis s'cntrctenil' en·
Ire CIlX j et alors cntrr antres ('hos('~ Ir$ rsprits dl~ notre terre lem­
294·                   ARCANES Cl~LESTES,
demandaient en qui ils croyaient; ils répondirent qu'ils croyaient
en Dieu; mais ayant été interrogés en outre sur lé Dieu, en qui ils
croyaient, ils ne "oulment pas ledire, parce que c'est leur coutume
de ne pas répondre directement aux questions. Alors les esprits de
la tene de Mercure demandèrent à leur tour aux esprits de notre
terre en qui ils croyaient, ceux-ci répondirent que c'était au Sei­
gneur-Dieu; mais les esprits de Mercure dirent qu'ils percevaient
qu'ils ne croyaient en aucun Dieu, et qu'ils avaient pour habitude
de dire de bouche qu'ils croient, et que cependant ils ne croient
point; (les esprits de l'lercUl'e ont une perception exquise, et cela,
parce qu'ils examinent continuellement, au moyen de la perceptiol,
ce que les autres savent'; ) les esprits de notre terre étaient du nom­
bre de ceux qui, dans le monde, ont confessé la foi d'après la doc­
trine de l'Église, mais n'ont pas néanmoins vécu la vie de la foi:
quand ils eurent entendu ces paroles, ils gardèrent le silence, parce
que, d'après une aperception qui leur fut alors donnée, ils recon­
naissaient que cela était ainsi.
    7173. Quelques Esprits savaient pal' le Ciel qu'il avait auttefois
été promis aux esprits de la terre de llercure qu'ils verraient le Sei­
gneur; il fut en conséquence demandé à ceux-ci par les esprits qui
étaient autour de moi, s'ils se souvenaient de cette promesse; ils
                                  ,
répondirent qu'ils s'en souvenaient, mais qu'ils ne savaient pas si
cela leur avait été promis de telle sorte qu'il n'y eût pour eux aucun
doute sur l'accomplissement. Pendant qu'ils parlaient ainsi entre
eux, le Soleil du Ciel leur apparut ( le Soleil du Ciel, qui est le Sei­
gneur, n'est vu que par ceux qui sont dans le Ciel intime ou troi­
 s'lème Ciel, les autres voient. la lumière qllÎ en procède, et aussi la
 Lune, Nos 1529, 1530) 153'1, 4060); 11 la vue dU Soleil, ils dirent
 que ce n'était point là leSeigneur Dieu, puisqu'ils ne voyaient point
 sa face. Pendant ce temps les esprits parlaient entre eux, mais ce
 qu'ils dirent, je ne le' sais poin t; alors tout-à-coup apparut de nou­
 veau le Soleil et au milieu leSeigneur environné d'un cercle solaire;
 li cette vue les esprits de Mercure s'humilièrent profondément et se
 prosternèrent. Alors ausSi le Seigneur fut vu de ce soleil par des
 esprits de notre terre, qui, lorsqu'ils avaient été hommes, L'avaient
 vu dans le monde; e( ils avouèrent l'un après l'autre, et ainsi plu­
::;ieurs en ordre, que c'était le Seigneur Lui-l'1ême; et ilS l'avouèrent
'~XODE, CHAP. CINQUn~lIE.                       295
devant toute rassemblée. Alors encore le Seigneur fut vu de ce So·
leil par des esprits de la Planète de Jupiter, qui diren t à haute voix
que c'était Celui-là iIême Qu'ils avaient Vil dans leur terre, quand
le Dieu de l'univers leur était apparu.
    7n 4. Quelques-uns, après que le Seigneur eùt été vu, furent
conduits vers les parties antérieures sur la droite; et pendant qu'ils
llHl:rchaient, ils disaient qu'ils voyaient une lumière bien plus claire
et plus pure qu'aucune de celles qu'ils avaient vues, et qu'il était
impossible de voir jamais une plus grande Lumière; et alors c'é­
tait le Lemps du soir: ceux. qui disaient cela étaient en grand nom­
bre.
    7,175. Quelque temps après, il me fut montré une femme dos
habiLants de la terre de Mercure; son visage était beau, mais un peu
plus petit que celui d'une femme de notre terre; elle était aussi plus
 mince, mais d'une égale grandeur: sa tète était enveloppée d'une
étotTe posée sans art, mais cependant d'une manière convenable. Je
vis aussi un JlOmme de cette terre, son corps éLait de même plus
mince que le corps des hommes de notre terre: celui qui m'apparut
était vêtu d'un habit bleu foncé, s'adaptant juste au corps, sans plis
ni saillies d'aucun côté. Quant à ce que les habitants de cette tene
pensent peu à leur corps, cela fut évident pOUl' moi, en ce que,
quand ils viennent dans l'autre vie ct deviennent esprits, ils veulent
apparaître non pas comme des hommes, ainsi que les esprits de
notre terre, mais comme des globes de cristal; s'ils veulent appa­
raître ainsi, c'est alin d'éloigner d'eux. les idées matérielles; les
con naissances des choses immatérielles son taussi représentées dans
l'autre vie par les cristaux..
    7176. Il me fut aussi montré des espèces de leurs bœufs ct de leurs
vaches, qui, il est vrai, différaient peu des espèces de notre terre,
mais qui étaient plus petites, ct approchaient en quelque sorte
d'une espèce de biches et de ccrfs.
    7,177. Ils furent aussi interrogés sur le Soleil du monde, de quelle
 manière il apparaissait de leur terre; ils répondirent qu'il est grand,
ct qu'il y apparaît plus grand que des autres terres; ils dirent qu'ils
 pomaient savoir cela d'après l'idée que les autres esprits avaient du
soleil. Ils ajoutèrent que la température pOUl' eux était moyenne, ni
 trop chaude, ni froide; il me fut alors donné de lem dire qu'il :'l.Yait
296                  ARCANES CÉLESTES.
été pourvu par le Seigneur, à ce qu'ils n'eussent pas une trop forte
chaleur, en raison de ce que leur terre est plus près du soleil que
les autres terres, puisque la chaleur vient non pas de la proximité
du soleil, mais de la hauteur et de la densité de l'atmosphère
aérienne, comme il est bien évident par le froid sur les hautes mon­
tagnes, même sur celles qui sont dans les climats chauds; puis
aussi la chaleur varie selon l'incidence droite ou oblique des rayons
du soleil, comme on le voit clairement par les saisons de l'hiver et
de l'été dans chaque région.Tellcs sont les ohoses qu'il m'a été donné
de savoir sur les Esprits et sur les habitants de la terre de Mercure:
à la lin du Chapitre suivant il sera parlé des esprits de la Planète de
Vénus,
PRElVlIÈRE PARTIE,
                                     DU




~
           LIVRE DE L'EXODE.

                            ~




                        CHAPITRE SIXIÈME.


                        DOCTRINE DE LA CHARITÉ.




      7,178, Personne ne peut savoir ce que c'est que Ic bien compris
    dans le sens spirituel, à moins qu'il ne sache ce quc c'cst que J'a­
    mour envel's le prochain et l'amolli' pOUl' Dieu; et personne ne peut
    savoir ce que c'est que le mal, à moins qu'il ne sache ce que c'est
    que l'amour de soi et l'amour du monde. Nul non plus ne peut sa­
    voir, d'après une reconnaissance intérieure, ce que c'est que le vrai
    qui appartient à la foi, à moins qu'il ne sache ce que c'est que le
    bien, et à moins qu'il ne soit dans le bien; et nul ne peut savoir ce
    que c'est que le faux, à moins qu'il ne sache ce que c'Qj;t que le ma.
    Personne donc ne peut se scruter, à moins qu'il ne sache ce que
    c'est que le bien procédant de ces deux amours et le vrai procédant
    du bien, et à moins qu'il nesache ce que c'est que le malpl'ovenant
    de ces deux amours et le faux provenant du mal.
       7~ 79, Il Ya deux facultés chez l'homme, l'une est appelée l'Entcn­
    ùement, et l'autre la Volonté; la volonté a été donnée à l'homme
    pOUl' le bien qui appartient à l'amour, et l'entendement pour le vrai
    qui appartient à la foi; car le bien qui appartient à l'amour se réfère
    à la Volonté, et le vrai qui appartient à la foi se réfère à l'entende­
    ment: rune de ces facultés communique admiral.Jlement avec l'àu­
    tre, Elles se conjoignent chez ceux qui sont dans le bien et pal' suite
    Mns Je vrai; et elles se conjoignent aussi chez ceux qui sont dans
'298                    ARCA.NES CÉLESTt;S.
le mal et pal' suite daos le faux; ehez ceux-là et chez ceux-ci ces
deux facultés font un seul mental; il en est autrement chez ceux
qui sont dans le vrai quant il la foi et dans le mal quant il la vie, et
chez ceux qui sont dans le faux quant il la foi et dans le bien appa­
l'en t quan t ft la vie.
   7180.11 n'est pas permis il l'homme de diviser son mental et de
séparer mutuellement l'une de rautre ces deux facultés, c'est-à-dire,
de comprendre et prononcer le vrai, et de vouloir et faire le mal; car
alors l'une de ces facultés regarderait en haut ou vers le Ciel, et
l'autre regarderait en bas ou vers l'enfer, et ainsi l'homme sel'ait
suspendu entre l'un et l'autre; mais qu'il saclie que c'est la volonté
qui entraîne, et l'entendement qui seconde. D'après cela on voit
clairement cc qu'il en est de la foi et de l'amour, et ce qu'il en est
de l'état de l'homme, si ces facultés sont séparées.
   7181. Rien n'est plus nécessaire il l'homme, que de savoir s'il a
en lui le Ciel, ou s'il a l'enfcl', car il doit vivre éternellement dans
l'un ou dans l'autre: pour le savoir, il est indispensable qu'il sache
ce que c'est que le bien et ce que c'est que le mal, car le bien consti­
tue le Ciel, et le mal constitue l'enfer; la doctrine de la charité en­
seigne l'un et l'autre.
   7,182. Il est dit l'amour poU' Dieu et l'on entend 'l'amour pour le
SeigneUl', car il n'y a point d'autre Dieu; le Père est en Lui,
- Jean, XIV. 9, 10, 11, - et le saint de l'esprit procède de Lui,
-Jean; XVI. 43, 14,011,.




                             CHAPnUE VI.



   •.     Et JEHOVAH dit ft Moscheh; Maintenant tu venas ce que je
ferai    il Pharaon, cal' pal' main forte il les l'enverra, et pal' main
fOl'te   il les expulsera de sa terre.
   2.     Et Dmv parla il Mosc:heh, ct il lui dit: ~loi, JÉHOVAH,
EXODE) CfL.P. SIX.IÈ"~IE.                     2gB
      3. Et je suis apparu à Abraham, il Jischak et à JacolJ, comme
 DIEU Schaddaï, et par mon Nom, JÜIOVAH, je n'al point eté connu
 d'eux.
      4. Et même j'ai dressé mon alliance avee eux, pOUl' leur donner
 la terre de Canaan, la terl'e de leurs séjours, dans laqnelle ils ont
 séjourné.
      5. Et même Moi j'ai entendu le gémissement des !ils d'Israël,
 de ce que les Égyptiens les asservissent; et je me suis souvenu de
 mon alliance.
      6. C'est pourquoi dis aux fils d'Israël: Moi, JI~I10VAII, et je
 vous retirerai de dessous les fardeaux des Égyptiens, et'je vous dé­
 livrerai de leur servitude, et je vous racheterai par bras étendu et
 par de grands jugements.
     7. Et je vous prendrai à Moi pour peuple, et je VOUS serai pour
 DIEU, ct vous connaltrez que Moi (je suis) JÉIIOVAH votre Dieu, qui
vous retire de dessous les fardeaux de l'Égypte.
     8. Et je vous amènerai vers la terre (au sujet) de laquelle j'ai
levé ma main, pour la donner à Abraham, à Jischak et il Jacob,
et je vous la donnerai en héritage; Moi, JÉHOVAH.
     9. Et Moscheh parla ainsi aux fils d'Isi'ad, et ils n'écoutèrent
point Moscheh, à cause de l'angoisse d'esprit, ct à cause de la
servitude dure.
    10. Et Jéhovah parla à "Moscheh, en disant:
    11. Viens, parle à Pharaon roi d'Égypte, et qu'il l'envoie les
fils d'Israël de sa terre.
     12. Et Moscheh parla devant Jéhovah, en disant: Voici, les
fils d'Israël ne m'ont point écouté, et comment m'écouterait Pha­
raon? et moi (je suis) préputié de lèvres.
    13. Et Jéhovah parla à Moscheh et à Aharon, et illcut' donna
ordre touchant les fils d'Israël, et touchant Pharaon roi d'Égypte,
pour retirer les fils d'Israël de la terre d'Égypte.
    Il L Voici les Chefs de la maison de leurs pères: Les fils de
lluben, premier-né d'Israël: Hanoch ct Pallu, IIetseron et Carmi ;
voilà les familles de Ruben.
    '15. Et les fils de Scltiméon: Jémuel et Jamin, et Ohad, et Ja­
chin, et Sochar, et Schaül fils de la Canaanite; voilà les familles
de Schiméon.
:300                     ARCANES CÉLESTES.
  ,16.   Et void les nomsdes fils de Lévi selon leurs nativités: Gel'­
schon, et Kéhath, et lférari; et les années de la vie de Lévi, cent
trenle-sept ans.
    ~ 7. Lcs fils de Gerschon: Libni et Schiméi, selon leUl's fa­
milles.
    18. Et lcs Iils de Kéhath : Amram et Jishar, et Hébron et Uziel ;
et les années de la vie de Kéhath, cent trente-trois ans.
    19. Et les fils de Méral'i: Machli et i'Iuschi; voilà les familles
de Lévi selon leurs nativités.
    20. Et Amram prit Jochebed sa tante à lui pour femme, et clle
lui cnfanta Aharon et Moscheh; et les années de la vie d'Amram,
cent trente-sept ans.
    'iH. Et les fils de Jishal' : Korach et Népheg, et Zichri.

   ~2. Et les fils d'Uziel: Mischaël et ElsaplIan, et Sithri.

   23. Et Aharon prit Elischj~bah fille d'A.mminadab, sœUl' dc Na­
chaschon, à lui pOUl' femme; et elle lui enfanta Nadab et Abihu,
Eléazar et Ithamar.
    24·. Et les fils de Korach : Assir et Elkanah, et Abiasaph; voilà
les familles dcs Korachitcs.
     25. Et EJeazar fils d'AlIal'on se prit (une) des Hiles de Putiel à
lui pour femme; et elle lui enfanta Pinchas. Voilà ks Chefs des
pères des Lévites selon lcurs familles.
     26. (Cc (ut) cet Aharon ·et Moscheh, auxquels dit Jéhovah:
Retirez les fils d'Israël de la teITe d'Égypte, selon leurs armées.
     27. (Ce furent) eux qui parlèrent 11 Pharaon roi d'Égypte, poUl'
 retirer les fils d'Israël d'ltgypte, ce Moscheh et Almon.
     28. Et il arriva au jour que parla Jéhovah à Moscheh dans la
 tCITC d'Égypte.
     29. Et Jéhovah parla à iUoscheh, en disant: Moi, JÉHOVAH;
 parle à Pharaon roi d'Égyptc (sr/on) tout ce dont, Moi, je te parle.
      30. Et Moscheh dit devant JÉHOVAH: Voici, moi, (je suis) pré­
 putié de lèvres! et commen t m'écoutera Pharaon?

                             CONTENU.

   7i 83. Dans le Chapitre précédent il a été question de ceux qUi'
 étaient du Royaume spirituel du Seignelll', en cc qu'ils ill'aient été
EXODE, CHAP. ~lXIÈME.                          aOi
infestés par les faux, et étaient enfin près du désespoir à cause de
ces infestations; maintenant ils sont relevés par l'espérance et la
promesse d'êtl'e certainement délivrés; c'est de cela qu'il s'agit
dans le sens interne de ce Chapitl'e; ct cela est signifié pal' les
choses que Jéhovah a dites à Moscheh.
    7i 84.. Ensuite est décrit le Royaume spirituel du Seigneur quant
il la foi et quant il la charité, et enfin quant à la doctrine et quant
à la réception de la Loi Divine: Heuben et Schiméon pt lems fa­
milles représentent les choses qui appartiennent à la foi; L':lvi et
ses familles celles qui appartiennent à la charité; 1haron et ses
familles celles qui appartiennent il la Doctrine; et lIoscheh celles
qui appartiennent à la Loi Divine.


                         SENS INTERNE.

   7185. Vers. -1. Et Jéhovah dit à llioscheh; Mail/tenant tu ver­
"as ce 'lue je ferai à Pharaon, cal' par main (ol'te il le.~ "enverra,
et par main {m'te il les expulsera de sa terre. - Et Jéhovah dit à
Moscheh, signifie l'instruction sur la J,oi Divine: maintenant lU
verras ce que je (eTai à Pharaon, signifie la perception manifeste
de ce qui arrivera il ceux qui infestent: Cal' par main (m·te il les
renvelTa, signifie que de toute leur force ct de toute leur puissance
ils les fuiront: et par main (oTte il les expulsem de sa terre,
signifie que de toute leur force et de toute leur puissance ils les
repousseront de leur voisinage,
  7186. Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'insL1'uction sur la Loi
Divine; on le voit par la signification de Jéhovah (lit, en cc que
c'est l'instruction d'après le Divin, ainsi qu'il va être expliqué; et
par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine,
N0s 6723, 6752, 70-1~. Que Jéhovah dit à Moscheh signifie l'in­
struction sur la Loi Divine, e'est parce qu'à la fin du Chapitre
précédent il fut cru que, d'après la Loi Divine, il arl'iverait que
ceux de l'Église spirituelle seraient aussitôt délivrés des infesta­
tions; lorsque cependant il est selon l'ordre, que les méchants qui
infestent soient éloignés par degrés, ct que ceux de l'Église spiri­
tuelle soient délivrés par degrés; en elfet, il n'y a point un autre
302                     AHCANES CÉLESTES.
ordre DiYin, par conséquent il n'y a point non plus. une autre Loi
Divine, cal' toute Loi Divine appartient à l'ordre, tellcmcnt que,
soit qu'on dise la Loi Divine, ou la Loi de l'ordre Divin, c'est la
même chose; c'est sur cette Loi que sont maintenant instruits
ceux qui sont de l'Église spirituellc; et d'après cette Loi ils ap­
l)J'cnnent qu'ils doivent certainement être délivrés, quand le tcmps
et l'état se montreront conformes à l'ordre: Que Moschell, pal' qui
est représentée ici la Loi Divine, telle qu'elle est chez ceux dc l'É­
glise spirituelle lorsqu'ils sont dans l'état des infestations, ait cm
que d'après la Loi Divinc il arriverait qu'ils seraient aussitôt déli­
vrés des infcstations, c'est ce qui est bien évident d'apl'ès ce qu'il
dit il la fin du Chapitrc précédent, savoil': « Pourquoi as-tu fait du
» mal il ce peuple? pOUl'quoi m'as-tu cnvoyé? ct cn délivrant tu
)l n'as point délivré ton peuple, » ce qui signifie qu'ils sont trop
infest(~s pal' les faux, lorsque cependant la Loi procédant du Divin
semble dire autrement; ct qu'ainsi ils n'ont point été tirés de l'état
des infestations, voil' N0s 7165, 7166, 7,169, Si .ceux qui sont dc
l'Église spirituelle, ct qui sont dans la teuc infériem;e, sont suc­
cessivement pal' degrés délivrés des infcstations, ct non tout-à­
coup, c'cst parce que les maux et les faux qui lcur sont inhérents
ne peuvent pas êtl'e autrement éloignés, et que les biens ct les vrais
ne peuvcnt pas être autrerpcnt insinués il leur place, cela se fait
pm' plusieUl's changements d'état, ainsi successivement pal' degrés.
Ceux qui croient que l'hommc peut être sur le champ introduit
dans le Ciel, et quc cela dépend sculement de la Miséricorde du
Seignûur, se trompent beaucoup; s'il en était ainsi, tous ceux,
quels qu'ils puissent être, qui sont dans l'cnfer, seraient élevés
dans le Ciel, car la Miséricorde du Seigneur cst pour tous; mais il
est selon l'ordre, que chacun porte avec soi sa vic, qu'il a vécue
 dans. le monde, et que son état dans l'autre vie soit conforme à sa
 vie clans le monde, et il est selon l'ordre que la Miséricorde du
 SeigneUl' influc chez tous, mais qu'elle soit rcçue dc diverses ma­
 nières, et rejetéc par ceux qui sont dans Ic mal; et comme ceux-ci
 se sont imbus du mal dans le monde, ils le retiennent aussi dans
 l'autre vie, et dans l'antre vie il n'y a plus d'amendement, car là
 oill'arbre est tombé, il reste étcndu; d'après cela, il est bien évi­
 dent qu'il est selon l'ordre, que ceux qui ont vécn dans le lJien, et
EXODE, CHAP. SIXIE~lE.                           303
chez qui il y a aussi des choses grossières et impures appartenant
aux amoUl's de soi et du monde, ne puissent être associés à ceux
qui sont dans les cieux, avant que ces choses aient été repoussées.
D'après ce qui vient d'êtl'e dit; on voit clairement que la Mli­
"Tance des infestations sc fait successivement par (~gl'és.
  7187. l1fnintenant lU verras ce que je ferai à Ph!,mon) signifie
la perception manifeste de ce qui arrivem et ceux qui infestent:
cela est évident pal' la signification de voir, en ce que e'est l'aper­
ceplion, N°s 2150,3764, 4567, 4723, MOO, ici la perception ma­
nifeste, parce que cela est dit de lïnstl'Uction d'après le Divin; pal'
la signification de ce que je (emi, en ce que c'est cc· qui arrivera;
et pal' la représentation de PIUL/'ŒOn) en ce qu'il désigne ceux qui
infestent par des faux injectés, N°s 6651,6679, 668B, 7 107, 7"10,
                                                            1



7126,714.2.
  7188. Car par main {m·te il les renverra, signi(ie que de toute
leUl' force et de toule leur puissance il les fuiront : cela est éviden t
par la signification de la main {orte, en cc que c'est toute force et
toute puissance; que la main soit la puissance, on le voit N°s 878,
3387, 493,1, 5327, 53'28, 694·7, 70 li ; ct pal' la signification de les
renvoyer, en ce que c'est fuir loin d'eux. Voici ce qu'il en est:
Quand les infernaux sont détournés de fail'edes maux par la crainte
des punitions, ils s'abstiennent enfin de l'infestation, ct veulent
abandonner ceux qu'ils infestent ct s'enfuir; mais comme l'unique
plaisir de leur vie est de faire le mal ct d'infester, ils ne peuvent par
conséquent s'en abstenir, à moins d'employer toute leU!' force et
toute leur puissance pour s'éloigner; en effet, ce qui est le plaisir
de la vic de quelqu'un, appartenant à son amour, appartient à sa
 vie, ct entraîne, et l'on n'y peut résister, 11 moins que le déplaisir
 de la punition ne l'emporte sur le plaisir de faire le mal; de là les
 punitions des mécban ts dans l'autre vie.
   7,189. Et par main {or te il les expulsera de sa llm'e, signifie
que de towe leur force et de'toute lem' puissance ils les repousseront
de leur voisinage: on le voit pal' la signification de parmain forte) en
cc que c'est de toute force et de toute puissance, N~ 7,188; par la
signification de les expulser, en ce que c'est repousser; et pal' la
signification de sa terre, en ce que c'est le voisinage; que la terre
où ceux de l'Église spirituelle sont infestés pal' les faux soit voisine
304                   AnCANES CÉLESTES.
des enfers qui infestent, et soit appelée terre inférieure, on le voit
No 7090 ; par conséquent de sa W'l'e, c'est de leur voisinage.
   7,190. Vers. 2, 3, i, 5,6,7,8. Et Dieu pal'leL à Ilfoscheh, et il
lui dit: Moi, Jéhovah. Et je suis apparu à Abraham, à Jischak, et
à Jacob, comTYl(Dieu Schaddaï; et pal' mon Nom, Jéhovah, je n'ai
point été connu d'eux. Et même j'ai dressé mon alliance avec eux,
pow' lew' donner la terl'e de Canaan, la terre de leurs séjow's, dans
laquelle ils ont séjoul·né. Et même Moi j'ai entendu le gémissement
des fils et Ismël, de ce que les Égyptiens les asservissent; et je me
suis souvenu de mon alliance. C'est pourquoi dis aux fils d'IsraëL:
il/oi, Jéhovah; et je vous l'etirerai de dessous les fal'deaux des É gyp­
tien.~, et je vous délivrerai de leur ."e1'vitude,. et je vous rachetemi
par bms étendu et par de grand~ jugements. Et je vous prendrai ci
Moi pOUl' peuple, et je vous Remi pour Dieu, et vous connaÎtrez que
Moi Jéhovah votre Dieu, qui vous retÏ1'e de dessous les fardeaux de
L'Égypte. Et jc vous amènerai l'ers la terre, (au sujet) de laquelle
j'ai levé ma main, pour la donner à Abraham, à Jischak, et à Jacob;
et .ie vous la donnemi en hél'itage, ~foi, Jéhovah. - Et Dieu pm'la
à Jloscheh, signifie du nouveau mais formant la continuation de ce
qui précède: et il lui dit: iJloi, Jéhovah signifie par le Divin une
con(ii'malion, qui est irrévocable: et je suis appm'u à Abmham, à
.lilchak et à Jacob comme Di!!u Scltaddaï, signifie les tentations du
 Seigneu,' quant ~ll'Hltmain, et les tentations des fidèles, et ensuite
 les consolations: et par mon Nom, Jéhovah, je n'ai point été connu
 d'eu.x, signifie que ceux de l'Église spirituelle dans l'état des ten­
 tations ne pensaient point aux Divins qui appartiennent à l'Église:
 et m.êmej'ai dl'essémon alliance avec eux, signifie alors néanmoins
'bnjonction par le Divin Humain du Seigneur: pour leur donnel'
 la ter/'e de Cunaun, signifie par laquelle ils seraient élevés dans le
 Ciel: la terre de leurs séjours, dan" laquelle ils ont séjourné, signifie
 où sont les choses qui appartiennent à la foi et à la charité, des­
 quelles ils ont été instruits, et selon lesquelles ils ont vécu: et
 même Moi, j'ai entendu Le gémissement des fils d'Israël, signific
 leur douleur résultant du combat: de ce que les Égyptiens les as­
 servissent, signifie avcc ceux qui sont dans les faux, et qui s'ef­
 forcent de les subjugucr : et je me suis souvenu de mon alliance,
 signifie l'action d'être soustrait anx infestations il cause. dc la con­
EXODE, CHAP, sIxItmE.                            aOl)
jonction: c'est pourquoi dis aux fils d'Israël, signifie que la Loi
Divine accordera que ceux qui sont du Royaume spiciluel du Sei­
neur aperçoivent: Moi Jéhovah, signifie la confirmation par le Di­
vin: et je vous retirerai de dessous les (m'de aux des Égyptiens,
signifie que le Seigneur les soustraira aux infestations de ceux qui
sont dans les faux: ct je vous délitnrai de leur servÏlude, signifie
pleinement à l'effort de leur subjugation : et je vous rclchèlerui par
bl'as étendu, signifie l'action de retirer de l'enfer par la Divine
puissance: et par de grands jugements, signifie selon les loi de l'or­
dre par le Divin Humain du Seigneur: et je vous prendl'cti à 11Ioi
pOUl' peuple, signifie qu'ils seront adjoints dans le Ciel à ceux qUI y
servent le Seigneur: et je vous serai pour Dieu, signifie qu'ils rece­
 vront aussi le Divin: et vous reconnaîll'ez, que Moi Ue suis) Jéhovah
votre Dieu, sign Hie alors l'aperception que le Seigneur est seul Dieu:
qui vous retire de dessous les (ardeaux de rÊ gypte, signifie qui a dé­
livré des infestations des faux: et je vous mnènerai vers la ten'e (au
sujet) de laquelle j'ai levé ma main pour la donner à Abraham, à
 Jisehak et à Jacob, si~nifie d'aprèii la Divine puissance l'élévation
 au Ciel, où le Divin Humain du Seigneur est tout: et je vous la dun­
 nerai en héritage signifie là la vie du SeigneUl' poui'l'étel'llité: Moi
Jéhovah, signifie la confirmation par le Divin,
    7 ~ 9,1. Et Dieu parla à !lIoscheh, signifie du nouveau mais (01"
 mant la continucuion de ce qui précède: on le voit en ce que très­
 souvent on lit dans un texte continu, Jéhovah dit et Jéhovah paTia,
 comme aussi dans ce Chapitre, Vers. -1 : Jéhovah dit à Moscheh;
 dans cc Verset: Dieu parla à Moscheh; pareillement Vers, 10, 13,
 28, 29; de même ailleurs;· cette répétition ne signifie que quelque
 chose de nouveau qui commence là, et qni cependant doit se lier 11
 ce qui précède; que l'expression Jéhovuh dit soit quelque chose de
 nouveau de la perception, on le voit N°s 2061, 2238, 2260, JI faut
 qu'on sache que la Parole dans sa Langue originale manque de si­
 gnes de terminaisons, c'est pour ce1:l qu'à leur place il y eut de
 telles expressions, et qu'à la place des terminaisons ou distinctions
 plus petites il y eut Et; voilà pourquoi cette particule conjonci ive
  revient si fréquemment; le langage Angélique aussi est conti nu,
  avec des terminaisons, il est vrai, mais les cllOses qui pl'écèaem y
 sont admirablement lices à celles qui SUiVtClll; cal' les idées Angé­
         ~.                                                   w
306                   AnCANESCI~LESTES.
liques abondent en choses, et en choses innombrahles qui ne pen··
vent être exprimées et qui sont incompréhensibles pour l'homme
quand il est dans le monde; de là les fins des périodes qui précè­
dent peuvent être pleinement liées avec les commencements des pé­
riodes qui suivent, et ainsi de plusieurs séries il peut en être formé
une seule: ce qui est surprenant et incroyable, dans le langage An­
gélique est représentée la forme du Ciel, d'où il résulte que dans
tout langage angŒque il y a une consonnance musicale,· telle qu'est
celle des cantiques, qui dans chaque terminaison finit en monosyl­
labe, ainsi en unité; et il m'a été dit que cela alieu, parce que dans
le Ciel toutes choses en général ct en particulier se réfèrent à un
seul Dieu, comme à leur lin. D'après cela aussi fai pu voir que tout
ce qui appartient à la pensée, et par suite au langage, influe du Sei­
gneur par le Ciel, et que de Iii vient dans le langage une telle con­
sonnance musicale tombant en unité.
  7 t 92. Et il lui dit: lIloi Jéhovah, signifie pm' le Divin une confir­
mation qui est irrévocable : on peut le voir sans explication; car
Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur ne peut confirmer que par Lui­
Même, il ne le pent par le Ciel, parce que le Ciel est trop au-des­
sons de Lui, ni à plus forte raison par quelque chose dans le
monde; mais pour que la conlil'mation Divine, qui est éternelle et
irrévocable, existe, elle doit être par le Divin Lui-Même; une telle
confirmation, savoir, llfoi Jéhovah, est souvent lue dans Moïse, pal'
exemple, Exod. XII, 12. Lévit. XVIII. 5,6. XIX. 12, H,18, 28,
30, 32, 37. Xx.. 8. XXI. 12. XXII. 2, 3, 8, 30, 3·1, 33. XXVI. 2,
45. Nomb. III. 13, 41, 45. - Et dans les Prophètes, l'expression
parole de Jéhovah, par laquelle est pareillement entendue une con­
 firmation pal' le Divin, comme dans Esàïe, ur. 1('>. XIV. 22, 23.
XnL G. XXII. 14,25. XLIII. 12. LU. 5. Jérém.. II. 22. III. 1, 10,
 13,20. VIII. 12. XII, 17. XIII. 25. XXV. 7, 29.~XVI. 16. XXIII.
 7, 24, 29, 3·1, et dans plusiBlU's autres endroits. La confirmation
 par le Divin, est encore faite par le Divin Humain, par conséquent
 aussi par le Seigneur Lui-Même, dans Esaïe ; « Dieu a juré par sa
droite et pal' le bras de sa force. » - LXII. 8.
  7193. Et je suis apparu à Abraham, à JiscJwk et à Jacob comme
Dieu Schaddaï, signifie les tentatil!n.~ du Seigneur quanl li l' Hu­
main, el les lenlations dcs fidèles, ct ensuite les consolations: on l(~
EXODE, CIlAP. SIXIÈME.                           30~


voit par la signification d'apparaÎtre ou d'être vu, lorsque c.e13 cst
dit de Jéhovah, cn ce que c'est la pel'ception par le Divin, Nos '2i 50,
3764., 4.567,5400; par la représentation d'Abraham, de .Jischal, et
de Jacob, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Même, ct
quant au Divin Humain, N'os 6804, 68n; mais ici comme Jéhovah
parle et dit qu'il leur est appal'U, cela signifie le SeigneUl' quant à
l'Humain, c'est-à-dire, quant à l'Humain àvant que cet Humain
eùt été fait Divin, Abraham signifie le Céleste dans cet Humain,
Jischak le Spirituel, et Jacob le Naturel. Quïci pal' eux soit en-
 lendü le Seigneur quant à l'Humain, et 110n quantau Divin Même,
 ni quant au Divin Humain, c'est parce qu'il s'agit des tentations,
.et que le Seigneur a pu être tenté quant à l'Humain avant que ccl.
Humain eût été fait Divin, mais non quant au Divin Humain, ni ;
plus forte raison quant au Divin Même, Cllr le Divin est hors de tou-
 tes tentations; les infernaux, qui tentent, ne peuvent pas même
approcher des Anges célestes, car lorsqu'ils en approchent, ils sont
saisis ù'horreur ct d'angoisse, et deviennent comme inanimés;
 puisqu'ils ne peuvent pas en approcher, et cela, à cause du Divin
qui est dans ces Anges, à plus forte raison ne peuvent-ils pas ap·
 pl'Ocher du Divin, qui est infiniment au-dessus de l'Angélique:
 D'après cela on peut voir que le Seigneur a pris d'une mère un Hu-
 main faible, afin qu'il pût êtl'e tenté, et que par les tentations il pût
 remettre toutes choses en ordre dans le Ciel ct dans l'enfer, et en
 même temps glorifier son Humain, c'est-à·dire le faire Divill. Que
 le Dieu Schaddaï signifie les tentations, ct ensuite les consolations,
 on le voit, N°s '1992, 3667, 4572, 5628 : il est dit: Ensuite les con-
solations, parce qu'il est de l'ordre Divin, qu'après les douleurs des
 tentations viennent les soülagements, de même qu'après le soir et
 la nuit viennent le matin et l'aUi'ore , aussi ces choses cOITespon-
 dent-elles, car il y a dans l'autre vie des altel'l1atives d'états, comme
 il y a dans le monde des alternatives de temps: les états de tenta-
 tions et d'infestations, ct les états de désolations, y sont le soir et
 la nuit, et les états de consolations et de réjouissances y sont le ma-
 .tin et l'aurore. Si les mêmes paroles, savoir, je suis apparu il Abra-
  llam, à Jischaket àJacob, signifient aussi les tentations des fidèles,
  ct ensuite les consolations, c'est parce que la J'('.gén(~J'alion de
  l'homme, qui se fait au moyen des tentations, es! lïmage de la glo.
;W8                   AJlCANES CÉLESTES.
rificat.ion ùu Seigneur, Nos 3138, 32,12, 3296, 3490,4402,5688,
c'est pour cela que, dans la Parole, tout ce qui est dit du Seigneur
dans le sens suprême, est dit des fidèles dans le sens interne res­
pectif.
   7194. Et pal' mon Nom, Jéhovah, je n'ai point été connu d'eux,
signifie que ceux de L'Éqlise spirituelle dans l'état des tentations ne
pensaient poi.nt aux Di~ins qui appartiennent à L'Église: on le voit
par la signification du Nom de Jéhovah, en ce qu'il est dans un seul
complexe tout ce par quoi Dieu est adoré, N°s 2724., 3006, 6674-,
ainsi tout Divin dans l'Église: par le Nom de Jéhovah est propre­
ment entendu le Divin Humain du Seigneur, N0s 2628 , 6887, et
comme par Lui et de Lui procède le tout de la foi et le tout de l'a­
mour, qui sont les Divins dans l'Église, Il est dans un seul com­
plexe le tout du culte Divin; et par la signification de ne point être
connu, en ce que c'est qu'ils n'ont rien su des Divins qui sont dans
l'Église, ou qu'ils n'y ont point pensé, savoir, dans l'état des ten­
tations qui sont signifiées par le Dieu Schaddaï , aussi est-il dit
qu'il a été connu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, mais non pas
par son Nom, Jéhovah: c'est là le sens interne de ces Versets; mais
le sens externe ou historique est autre, d'après ce sens on peut voir
qu'Abraham, Jischak et Jacob ont adoré, non pas Jéhovah, mais le
Dieu Schaddaï, voil' Nos 1992, 3667, 5628, et qu'Abraham n'a
point connu Jéhovah, Nos 1356, 2559: si Jéhovah est nommé dans
les historiques qui concernent Abraham, Jischak et Jacob, c'est
parce que cette Parole a été écrite par lIoscheh à qui le Nom de
Jéhovah avait été déclaré, et dans ces historiques Jéhovah est
nûmmé à cause du sens interne; car partout dans la Parole Jého­
vah est nommé quand il s'agit du Bien qui appartient à l'amour, et
Dieu quand il s'agit du vrai qui aPP31'tient à la foi N0s 709 732
'1096, '2586, 2769, 2807,2822,39'2'1 f. U02.
                                                      ,        "
  7195. Et même j'ai dressé mon alliance avec eux, signifie alors
néanmoins conjonction par le Divin Humain: on le voit par la si­
gnification de l'alliance, en ce que c'est la conjonction, Nos 665,
666, 10'23, 1038, 1864-, 1996, 2003, 202,1, 6804; et par la repré­
sentation d'Abraham, de Jischak et de Jacob, qui ici sont ceux avec
lesquels il y a eu alliance, en ce que c'est le Divin Humain du Sei­
gneur, N°s 6801" 68!~7 : Pal' là on voit clairement quel est le sens
EXODE, CHAP. SIXIÈ~IE.                           309
interne de ces paroles; le plus p,'oche, c'est qu'il y a union du Di­
vin Même avec le Divin Humain; et le sens qui en résulle, c'est
qu'il y a conjonction du Divin Même avec ceux qui sont de l'Église
spirituelle par le Divin Humain, car, ainsi qu'il a déjà été montl'é
plusicUl's fois, ceux. de l'Église spirituelle ont été sauvés par le Di­
vin Humain du Seigneur, voir N°s 68M, 69,14, 7035,7091 f. : Il est
dit al01's néanmoins, pOlll' former liaison avec ce qui précède, 'c'est­
à-dire qu'alors il y avait conjonction quand dans l'état des tentations
ils ne pensaient point aux. Divins qui appartiennent à I"Église, cal'
dans l"état des tentations le SeigneUl' est plus présent qu'il ne l'est
hors de cet état, quoiqu'il semble en être autrement, voir No 840.
   7,196. Poudeur donna la terre de Canaan, signifie par laquelle
ils semient élevés dans le Ciel: on le voit par la signification de let
lerrc de Canaan, en ce qu'elle est le Royaume du Seigneur dans les
Cieux, et en ce qu'clle est l'Église, l'os 1607 , 3038, 34-8,1 , 3705,
H4- 7,65'16 ; qu'ètre élevé dans le Ciel soit signifié par donner cette
terre, cela est évident, car ceux. auxquels le Ciel est donné sont
élevés.
   7,197, La tC1Te de leurs s~iours> dans laquelle ils ont séjou1'1lé,
signifie où sont les choses qui appartiennent à la roi et à la charité,
de.quelles ils ont été instruits, et selon lesquelles ils ont vécu: on le
voit par la signification de la terre, en ce qu'elle est le Royaume du
Seigneur dans les Cieux et SUI' les lerres, N° 7196, par conséquent
aussi les choses qui appartiennent au Royaume du SeigneUl', et il
est notoire que ces choses sont la foi et la charité; de là aussi ces
choses, quand il s'agit de l'insll'Uction et de la vie qui sont sigui­
liées par séjourner, sont signifiées par la terre de Canaan; et par la
signification de séjourner, en ce que c'est l'instruction et la vie,
N'os '1463,2025,3672; de là il est évident que la terre de leUl's sé­
jours dans laquelle ils ont séjourné, signifie où sont les choses qui
appartiennent à la foi et à la charité, desquelles ils ont été instruits,
ct selon lesquelles ils ont vécu. Voici ce qu'il en est: Dans l'autre
Yie le Ciel est donné à chacun selon les choses de la foi et de la cha­
rité qui sont chez lui, car la chm'ité et la foi fout le Ciel chez cha­
cun; mais quand il est dit que la charité et la foi font le Ciel, il est
entendu que c'est la vie de la charité el cie la foi: toutefois, il faut
qu'on sadw bien, que la vie, qui fail le Ciel, esl la vie selon lcs
:HO                    AHCANES CÉLESTES..
vrais et les biens ùe la foi, dont l'homme a été instruit; si ces ,nais
et ces biens ne sont pas les règles et les principes de sa vie, c'est
en vain qu'il attend le Ciel, de quelque manière qu'il ait vécu, en
effet, sans ellX l'homme est comme un roseau qui cède à tout vent,
cal' cet homme est ployé par les maux comme par les biens, parce
qu'ilu'a chez lui rien du vrai ni du bien qui soit alTermi, par quoi les
Anges puissent le tenil' dans les vrais et les biens, et le détourner
des faux et des maux que les infernaux injectent continuellement;
en un mot, c'est la vie du bien Chrétien qui fait le Ciel, et non la vie
du bien nature.
   7 if 98. Et même illoi j'ai entendu le gémissement des fils ,f Israël t
signifie leur douleur résulUtttt du combat: on le voit pal' la signifi­
cation du gémissement, en ce que c'est la douleur résultant du com­
bat; et par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux
de l'Église spirituelle qui ont été infest.és par les faux, et qui sont
pal' suite dans le combat.
   7199. De ce que les Égyptiens les asse"~issent, signi.fie avec ceux
qui. sont dans les {aux et qui s'eff01'cent de le,ç subjugue,': on le voit
par la signification des É!1yptiens, en cc qu'ils désignent ceux qui
sontdansles faux, N0s 6692, 7097, 7-107, 7"'10, 7126,iH2; etpar
la signification d'asservi.r, en ce que c'est s'cfforccr dc subjuguer,
Nos 6666,6670,6671.
   7200. Et ie me suis souvenu de mon alliance, signifie l'action
d'êl1'e soustrait aux in{estations à cause de la conjonctiun : on le voit
pal' la signification de se souvenh' de l'alliance, savoir, avec Abra­
ham, Jischak et Jacob, pour leUl' donner la terre de Canaan, en CC
que c'est la délivrance ou l'action de soustraire aux infestations qui
sont signifiées pàr les servitudes en Égypte. ct l'élévation au Ciel;
et par la signification de l'alliance, en ce qu'elle est la conjonction,
No 7190. Il est dit que c'est à cause de la conjonction, qu'ils doivent
être ùélivrés et élevés dans le Ciel j en effet, la conjonction avec le
Seigneur se fait par la foi et l'amour, cal' les vrais qui appartien­
nent il la foi et les biens qui appartiennent il l'amour procèdent du
Seigneur, et les choses qui procèdent de Lui sont à lui au point
qu'elles sont Lui-~lême, ceux donc qui les reçoivent sont conjoints
il Lui, et ceux qui sont conjoints à Lui ne peuvent qu'ètl e élev~s
vers Lui, c'est-il·dire dans le Ciel.
EXODE, CHAP, SIXIÈME.                             3-11
    7201. C'est pourquoi, dis aux fils d'Israël, signifie que la Loi Di­
t'/ne accordera que ceux 'llti sont du Royaume du Seigneur aperçoi­
vent: on le voit par la représentation de Moschell, à qui il est
ordonné de dire aux fils d'Israël, en ce qu'il est la Loi Divine,
1 05 6723, 6752 : par la signification de dire, en ce que c'est apel'ce­
voir,N0s 179,1, 'HH5, 1819, 1822, 1898,19'19,2080,2506,25-15,
2619, 2~62, 3509, 5877: ici, accorder de percevoir, parce qu'il est
dit de la Loi Divine qu'elle devait dire; et pal' la représentation
des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux du Hoyaume spil'ituel du
Seigneur, 105 64-26, 6637.
    7202, Moi Jéhovah, $ignifie la confi1'lnation 1Jar le Divin: on le
voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N0 7,192.
   7203. Et je t'ous l'etil'erai de des<~ous les fardeaux des Égyptiens,
signifie que le Seigneur les soustrail'a aux infestations de ceux qui,
sont dans les {aux: on le voit par la signification de retirer en ce
que c'est soustraire; par la sign illcation des {ardea/lx, en ce que
ce sont }es infestations pal' les faux, et les combats, 105 6757, 'j'I 04-,
7,105; et pal' la signification des Égyptiens, en cc qu'ils sont ceux
qui infestent pal' les faux injectes, N0 7199.
   7'204-. Et je vous déliVl'emi de leUl' servitude, signi{te pleinement
à l'effort de leur subjugalion : on le voit par la sign ification de la
servitude, en ce qu'elle est l'effort de subjugation, 1 05 6666, 6670,
6671.
   7205. Et je vous racheterai par bras étendu, signifie l'action de
retirer de l'en{el' par la Dioine puissance; on le voit pal' la sign ifica·
tion de rachetel', en ce que c'est retirer de l'enfer; que la rédemp­
lion sc dise de la servitude, du mal et de la mort, qu'on en soit
déliVl'c, et ainsi retiré de l'enfer, et que le Seigneur quant au Di­
vin Humain, soit appelé Rédempteur, c'est ce qu'on voit 10 628,1 ;
et par la signification du bras étendu, en ce que c'est la Divine
puissance; que le bras soit la puissance, on le yoit Nos Q,78, 4.93'1,
4932, 49:34, /~915; si le tiras étendu est la Toute-Puissance ou la
Divine puissance, c'est parce que pal' un bras, quand il apparaît
étendu dans les Cieux, estrepréscntce la puissance par le Di'in ; et
quand il apparaît non-étendu mais courbé, il représente la puis­
sance dans le commun sens; c'est de Iii que la DÎ'ine puissance est
 souvent eXjlrimée dans la Parole pal' le Bras ~tcnclll el pal' la lll~ÜIl
312                   ARCAl.~ES CÉLESTES.
forte, comme dans Jérémie: (( Moi, j'ai fait la ume, l'homme et la
" bête qui (sonl) SUI' les faces de la terre, par ma grande force et par
" mon bras étendu. » - XXVIl. 5. - Dans le Même: (( Ah! Sei­
» gnellr Jéhovih! voici, Toi, tu as fais le Ciel et la tene, par ta
" grande Force, et pal' ton Bras étendu, d'admirable plus que Toi il
» n'est rien; et tu as retiré ton peuple, Israël, de la terre d'Égypte
» par des signes et des miracles, et par main (orle, et pal' Bras
» élendu. »-XXXlI. 17,21,- Dans Ézechiel: (( Je vous retirerai
» d'entre les peuples, et je vous rassemblerai des terres dans les­
» quelles vous ayez été dispcrses, pal' main (orle et par Bras élrn­
» du. » - XX. in. - Dans David: (( Il a retiré Israël du milieu des
» J~gyptiens, pal' main (orle et pal' Bras élendu. » - Ps. CXXXVI.
H, 12; et en ûutre, Deutér. IV. 34-. V. 15. VU. 19.IX. 29. XI. 2.
XX.VI. 8. 1 Bois, VIII. 4-2, Il Rois, XVII. 36.
   7206. Et panle grands jugements, signifie selon les lois de l'or­
dre par le Divin Humain du Seigneur: on le voit par la signification
des jugements, en ce que ce son t les vrais, Nos 2235, 6397, et dans
le sens suprême, al! il s'agit du Seigneur, ce sont les Yrais Divins,
lesquels ne sont autre chose que les Lois de l'Ordre procédant du
Divin Humain du Seigneur, cal' tout ordre vient de Lui, ainsi toutes
léS lois de l'ordre; c'est selon ces Lois qu'existe tout le Ciel, par con­
séquent aussi l'univcrs : les Lois de l'ordre ou les Vrais, qui procè­
dent du Seigneur, selon lesquelles existent tout le Ciel ct l'univers,
sont ce qui est appelé la Pal'Ole, par laquelle toutes choses ont été
faites, dans Jean, Chap. I. 1, 2, 3, car la Parole est le Divin Vrai
 procédant du Divin Bien du Divin Humain du Seigneur; c'est de là
que dans le montle spirituel, et aussi dans le monde naturel, toutes
choses se rapportent au Vrai, comme peut le voir quiconque rétle­
chit. Par les grands jugements ici, dans le sens le plus proche, sont
entenùus les vrais selon lesquels seront jugés ceux qui ont infesté
par des faux injectés, et qui sont signifiés pal' les Égyptiens et par
Pllaraon; et sont entendus aussi les vrais selon lesquels seront ju­
gés ceux qui seront déliYl'és des infestations, et qui sont signifiés
par les ms d'Israël; ù'après ces jugemr.nts sont damnés ceux qui
sont d:ms les faux provenant du mal, et d'après ces jugements sont
sauves ceux qui sont dans les vrais provenant du bien; non pas que
 les Vrais, qui {ll'u('(;Ù0Ilt du Seigneur, damncnt qui que tc soit, car
EXODE, CHAP. SIXlimE.                                 313
tous ies vrais qui procèdent du Seigneur viennent de son Divin
Bien, et par consequent n'appartiennent qu'à la Misericorde; mais
comme ceux-là ne reçoivent point la ~Jiséricorde du Seigneur, ils
s'exposent eux-mêmes à la damnation, car alors ils sont dans les
maux, et les maux damnent; les vrais qui procèdent du Seigneur ne
sam'ent pas non plus, si lllOmme croit qu'il est sauve d'après les
Vrais de la foi chez lui, et non d'après la l'liséricorde, car l'homme
est dans les maux, et d'après lui-même dans l'enfer, mais d'après la
llisél'icordedu Seigneur il est détourné du mal et tenu dans le bien,
ct cela par une fOl'ce puissante, Que les Jugements signifient rune
et l'autre, savoir, tant la damnation des méchants que la salvation
des bons, c'est cc qui est évident dans la Parole par les passages où
il s'agit du Jugement dernier, comme dans Matth. XXV, 3'1 à 45, ct
ailleurs,
  7207. El je vous prendrai à ilfoi pOUl' peuple, signifie qu'ils se­
ront adjoints dans le Ciel cL ceux qui y servent le Seigncur: on le
voit par la signification de prendre pour peuple, quand cela est dit
par Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est recevoir parmi ceux.
qui sont dans le Ciel, car ceux qui sont là sont appel0s le peuple
du Seigneur, ils sont même appelés ainsi quand il sont dUIlS le
monde, car alors quant à leurs àmes ils sont aussi dans le Ciel,
voi1'1os 687, 697,3255, W67, ""073, 4077. Si par ces paroles il
est signifié que ceux qui sont de l'J~glise spirituelle seront ad­
joints dans le Ciel il ceux qui y servent le Seigneur, c'est parce
que ceux-là avant l'avénernent du Seigneu,' avaient été détenus
dans la terre inférieure, et ont été élevés dans le Ciel quand le Sei­
gnel1l' est ressuscité, et y ont été alors adjoints il ceux qui servent
le Seignel1l', voir 1os 68~4, 69-14, 7090 f.
   7208. El je vous senti pour D,cu, signifie qu'ils recevront aussi
le Divin: on le voit pal' la signification de leur être pour Dieu,
quand cela est dit par Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est re­
cevoir le Divin; cal' à tous ceux qui sont dans le Ciel il est donné
d~ recevoir le Divin, c'est-à-dire, le Divin Bien ct le Divin Vrai,
ainsi la sagesse ct l'intelligence, pal' conséqnent la félicité de la
vic d'après les usages, qui sont le.; exercices de la charité; voilà ce
(lui est signifié par Je t'OUS serai pOUl' Dieu.
  7zOU. l~'l   VOliS "OIlTHtÎtre:<   que .1I10i je suis Jé/wL'ah   wtl'C   Dieu,
31!~                  ARCANES CÉLESTES.
signifie aLors ['aperception que le Seigneur est seuL Dieu: on le voit
par la signillcation ùe connaître, en ce que c'est apercevoir; si Moi
je suis Jéhovah t'Vtl'e Dieu, signifie que le Seigneur est seul Dieu,
c'est parce quedans la Parole.par Jéhovah nul autre que le Seigneur
n'est entendu, ~os '134.3, 1736, 292,1, 302,3, 3035, 5663, 6281,
6303, 6905 ;et parce que dans le Ciel on sait et l'on pel'çoit que le
Seigneur est le Seigneur du Ciel, et ainsi le Seignem de l'univers,
comme Lui-Même le dit dans Matthieu, « qu'il a tout pouvoir dans
II les Cieux et SUl' les terres, II - XXVlIl. 18; - et que Jéhovah
ne donne sa gloire qu'à Soi-l1ême, - Esaïe, XLiI. 8; - qu'il est
un avec le Père, - Jean, XIV, 9, 10, H ; - et que le Saint-Esprit
est le saint qui procède.de Lui, - Jean, XVI. 13, 14., 15; qu'ainsi
le Seigneur est seul Dieu,
   72·10. Qui vous relire de dessous les {ardeau,x de L' Ë9lJPte, signifie
Qui a délà'1'é des in{estations des {aux: on le voit d'après ce qui a
été dit ci-dessus, N° 7203, où sont de semblables paroles.
   72·11. Et je vous amènerai vers la terrc, au sujet de laquelle j'ai
Levé ma main pOUl' La donncr à Abraham, à Jischak et à Jacob,
signifie d'après La Divine puissance L'éLévation au Cicl, où le Divin
IiulJwin du Seigneur cst Tout: cela est évident par la signification
d'amenfl' vers La tC1Te, savoir, vers la terre de Canaan, en ce que
c'est élever au Ciel; que la tel're de Canaan soit le Royaume du
Seigneur ou le Ciel, on le voit ci-dessus N° 7196; par la significa­
tion de lever La main, quand cela est dit de Jéllovah ou du Seigneur,
eu ce que c'est d'après la Divine puissance; que la main soit la
puissance, on le voit N0s 878, 4.93·1 à /.937, 5327, 5328, 694.7,
7011; et par la représentation d'Ahraham, de Juchak et de Jacob,
en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Même et quant au Divin
Humain, N°s 6804-, 684-7, ici le Seigneur quant au Divin Humain,
parce que le Divin Humain est tout dans le Ciel: si le Divin Hu­
main est tout dans le Ciel, c'est parce qu'il n'y a aucun Ange, pas
même un Ange du Ciel intime ou troisième Ciel, qui puisse avoir
quelque iclCe du Divin Même, selon les paroles du Seigneur dans
Jean: « Personne ne rit jamais Dieu, ll-1. ,18.-1< Vous n'avez ja­
 1) mais entendu la yoix du Père, ni vu son aspect." -V, 37;-car

 les Anges sont finis, eL le fini ne peut pas avoir une idée de l'Infini;
 si donc dans le Ciel les Anges n'avaient pas de Dieu riMe d'une
EXODE, CliAP. SIXll~ME.                      315
forme humaine, ils n'en auraient aucune idée, ou ils en auraient
lInc idée inconvenante; par conséquent ils ne pounaient être
conjoints au Divin, ni pal' la foi, ni par l'amour; comme donc il
en est ainsi, l'on perçoit dans le Ciel le Divin sous une forme Hu­
maine; c'est de là que le Divin Humain dans les Cieux est tout dans
les intuitions, et pal' suite tout dans la foi et dans l'amour, d'oi!
résulte la conjonction, pal' laquelle il y a salvation, ~o 6700.
  7212. Et je vous la donnemi en héritage, signifie là la vie du
Seigneur pour l'éternité: on le voit par la signification de l'héritage,
quand cela est dit du Ciel, en ce que c'est la vie du Seigneur,
~o  2658; et comme tout ce qui est donné en héritage est, pour
celui à qui il est donné, une possession perpétuelle, et dans le Ciel
une possession éternelle, parce que là on vit étern!::llement, c'est la
vie du Seigneur pour l'éternité qui est signifiée. Que la vie du Sei­
gneur soit dans le Ciel, et qu'en conséquence ceux qui sont dans le
Ciel soient dans la vie du Seigneur, c'est parce qu'ils sont dans le
vrai et dans le bien qui procèdent du Seigneur, et que le Bien qui
est dans le Vl'ai est le Seigneur Lui-~lème, et que le Vrai dans
lequel est le Bieu est la Vie procédant du Seigneur, d'après laquelle
tous vivent; par là il est évident que ceux qui sont dans le bien et
par suite dans le vrai, comme sont tous ceux qui vivent dans les
Cieux, sont dans la vie du Seigneur.
   7213. Moi Jéhovah, signifie la confirmation par le Divin: on le
voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, ] 05 7'192,7202.
   7214.. Vcrs. 9,10, n, 'i2, '13. Et ilIoscheh parla ainsi cwx fils
d' Ismël, et ils n'écoutèrent point llIoscheh, à cause de l'angoisse
d'esprit ct à cause de la servitude dll1'e, Et Jéhovah parla ci ll/oscheh,
en disant: Viells, parle à Phamoll l'oi cl' Égypte, et qu'il renvoie les
fils cC Israël de sa tC1Te. Et Mosclleh parla devant JehoL'ah, en di­
liant: Voici, les fils d'Israël ne m'ont point écouté, et co11tlJtmt
m'écoutera Pha1'CLon? et moi (je suis) préputié de lèvres. Et Jéhovah
parla à 1l10scheh et et Alwron, ct il lellr donna ol'dre touchant les
fils d'Israël, ct touchant Phamon l'oi d'Égypte pour reti,'er les fils
d'Is1'CLiilcle la ten·ed'Éfjyple.-Et Jl[osc!leh parla ainsi (//lX fils
d'Is1'CLël, signifie l'exhortatiDn d'après la Loi Divine 11 ceux qui sont
du Ioyaume spirituel du Seigneur: et ils n'écoUlèrent point Mos­
cheh, signilie qu'ils nc reCCyalCnt pasù'après la foi ct l'obéis­
316                    ARCANES CÉLESTES.
sance: à cause de l'angoisse d'esprit. signifie à cause de l'état
pl'ès du désespoir: ct à cau.~e cie la sCl'vilUcie dure, signifie pal' les
infestations des faux sans mélange: et Jéhovah parla à Moscheh,
en disant. signifie la continuation: viens, parle à Pharaon roi d'É­
gypte, signifie l'avertissement à ceux qui infestent pal' des faux
sans mélange: et qu'il rel/voie les fils d'Israël de sa terre, signifie
qu'ils s'en aillent et les a1.Jandonnent: Et ilIoscheh parla devant
Jéhovah, en disant. signifie la Loi pal' le Divin et pal' suite la
pensée: voici, les fils if Israël ne m'ont point écouté. signifie que
les spirituels n'ont point reçu les choses qui leur ont été annoncées:
et comment m'écoutera Pharaon, signifie que ceux qui sont dans
les faux ne les l'ecevront point: ct Moi Ue suis) préputié de lèvres,
signifie je leur suis impur: et Jéhovah parla à Moscheh ct à Aharon,
signifie de nouveau l'instruction d'après la Loi Divine et en même
temps d'après la doctrine: ct il leur donna ord/'e touchant les fils
d'Israël, signilie sur le commandement à ceux qui sont du Royaume
spirituel du Seigneur: et touchant Pharaon l'oi d'Égypte, signifie
l'avertissement à ceux qui infestent par des faux sans mélange:
 pour ,'etirer les fils d' Ismël de la terre d'Ég?1pte, signifie qu'ils doi­
vent être délivrés,
   72,15. Et Moschehparlaainsi aU,1: fils d'Israël, signifie l'exhor­
lalion d'après la Loi Divine à ceux qui sont du Royaume spirituel
du Seignew' : on le voit par la signification de parler, en ce que
c'est l'exhortation, car il leur pal'la de ce qui lui avait ét~ com­
mandé pal' Jéhovah; par la représentation de Moscheh, en ce qu'il
est la Loi Divine, 105 6i23. 6752; et pat' la représentation des fils
d'Israël, en ce qu'ils sont le Hoyaume spirituel du Seigneur,
Ios 6426, 6637.
  72t 6. Et ils n'écoUlèrent poifl t 1tloscheh, signi fie qu'ils ne rece­
vaient pas d'apl'ès la roi ct l'obéissance: cela est évident par la si­
gnification d'éCOUler, en ce que c'est recevoir d'après la foi et l'o­
béissance; qu'écouter, ce soit la foi par la volonté et par l'acte, et
l'ob(~issance,
            on le voit 105 2542, 3869, ~652 à 4-660. 5017.
   7217. A cause de l'angois,çe d'espl'it signifie à cause de l'état
près du désespoil' : on le ,"oit par la signification de l'angoisse d'es­
pl'it, en cc que c'cst l'dat près du désespoir, car ceux qui sont dans
cet état sont dans l'angoisse d'esprit; que cet état soit signifié pal'
EXODE, CHAP. SIXIÈME.                          317
ie fardeau imposé aux fils d'Israël par Pharaon, enee qu'ils de­
vaient se fournir eux-mêmes de paille pour fabriquer des briques,
c'est ce qui a été montré à la lin du Chapitre précédent. Que l'an­
goisse d'esprit soit l'élat près du désespoir, on peut le voir en ce
que ceux qui sont dans l'état près du désespoir sont dans une
anxiété interne, et alors en actualité dans une angoisse d'esprit:
l'angoisse d'esprit (de respiration, spirilûs) dans le sens externe
est une compression de la poitrine, et par suite une sorte de diffi­
culté de respirer, mais dans le sens interne c'est une anxiété
causée par la privation du vrai qui appartient à la foi, et du bien
qui appartient à la charité, et par suite l'état près du désespoir;
que l'état de compression quant à la respiration, et l'anxiété causée
par la privation du vrai de la foi et du bien de la charité se corres­
pondent mutuellement, comme un effet naturel dans le corps d'a­
près une cause spirituelle dans le mental, c'est ce qu'on peut voir
par les explications qui ont été données Nus 97, ~ ~ ~ 9, 3886, 3887,
3889, 3892, 3893. Ceux qui ne sont point dans la foi ni dans la cha·
rité, ne peuvent pas croire que la privation du vrai et du bien spiri­
tuel produise une telle anxiété, ni par conséquent une telle angoisse,
ilss'imaginent qu'on est ainsi dans l'angoisse par faiblesse et maladie
d'esprit; et cela, parce qu'ils ne placent rien de réel dans la foi
ni dans la charité, ainsi rien de réel dans les choses qui appartien­
nent à leur âme et qui appartiennent au Ciel, mais seulement dans
l'opulence et la prééminence, ainsi dans les choses qui appartien­
 nent au corps et au monde; aussi pensent-ils en eux-mêmes:
 « Qu'est-ce que c'est que la foi et la charité? Ne sont.ce pas de
simples mots? Qu'est-ce même que la conscience? :f:tl'e dans J'an­
goisse pour de telles choses, n'est-ce pas être dans J'angoisse pom
des choses que J'homme voit en dedans de lui pat' le délire de sa
phantaisie, et que par suite il s'imagine être quelque chose tandis
que ce n'est rien? Quant à l'opulence et à la prééminence, nous
 voyons des yeux et sentons par la volupté qu'elles existent, car
d'après elles tout le corps se gonfle et est rempli de joie. II Ainsi
 pensent et ainsi parlent entre eux les hommes entièrement natu­
 reis, mais il en est autrement des hommes spirituels, ceux-ci pla­
cent principalement la vie dans leur esprit, ainsi dans les chOses
qui appartiennent à l'esprit, savoir, dans la foi ct dans la charité,
318                     ARCANES CÉLESTES.
 ct c'est pOUl' cela qne lorsqu'ils s'imaginent être privés des vrais ct
des biens de la foi cl de la charité, ils sont alfectés d'angoisse,
comme ceux qui sont dans l'angoisse de la mort, cal' ils voient de­
vant eux la mort spirituelle, c'est-à-dire la damnation; ceux-ci,
comme il a été dit ci-dessus, paraissent faibles et malades d'esprit
11 ceux qui sont entièrement naturels, mais ils sont forts ct. valides,
tandis que ceux qui sont entièrement naturels paraissent à eux­
mêmes forls et valides, et ils le sont aussi quant au corps, mais
quant à l'esprit ils sont absolument invalides, parce qu'ils sont
morls spirituellement; s'ils voyaient quel est leur esprit., ils recon­
naîtraîent cela, mais ils ne le voient point avant que le corps soit
mort.
   72·18. Et à cause de La servitude dure, signifie pal' les infestations
de,ç fau.x sans méLange: on le voit par la signification de la servitude,
en ce qu'elle est l'infestation pal' les faux, N°s 7,120,7'1 '29; ainsi la
servitu.de dure est l'infestation )lat'les faux sans mélange; cal' ceux
qui sont infestés par des faux sans mélange, et ne sont pas ranimés
par des vrais par lesquels les faux sont dissipés, qnand néan­
moins lem' vie est la vic du Vl'ai qui appartient à la foi et du bien qui
appartient à la charité, sont dans la plu~ grande angoisse, et tant
qu'ils sont dans cet étal, ils sont comme dans une dUl'e servitude,
c'est de là que de telles infestations sont signifiées par une dure
servitude. Il faut qu'on sache que tout ce qui appartient à la pensée
influe, mais que quand a lieu pour les esprits l'état du soir et de la
nuit, leur pensée est dans l'état contraint, alors ils sont contraints
de penser aux faux qui sont injectés, et ils ne peuvent en aucune
manière sc dégager de celle contrainte; mais quand a lieu pour eux
l'état du matin et de midi, leur pensée est. dans J'élat libre, car alors
il leur est permis de penser aux choses qu'ils aiment, ainsi aux
vrais et aux biens de la foi et de la charité, car ces biens et ces vrais
:lppartiennent à leur amour; que cette liberté soit ce qui appartient
à l'amour, on le voit N°s 2870 à 2893.
    7219. Et Jéhovah parLa à Moscheh, en disant, signifie La conti­
11ltation : on le voit par ce qui a élé dit ci-dessus 10 719·1 .
. 7220. 'Viens, parle àPhamon roi d'Égypte, signifie L'averti.tse­
(ment à ceux qui infestent par des faltx sans mélange: on le voit.
pal' la sip;nil1cation de parler, lorsque c'est d'après le commande­
EXODE, crIAP, SIXn~;Œ.                          319
ment Divin, en cc que c'est l'avertissement; et par la représenta­
tion de Pharaon, en cc qu'il désigne ceux qui infestent par les
faux, 1os 7 i 07,7-11 0, 7 i 26, 7'14·2; et comme c'est par les faux sans
mélange, il est dit Pharaon roi d'Égypte, cal' le roi signifie dans
le sens réel le Vrai, et dans le sens opposé le faux, Nos 20-15,
2069.
   7221. Et qu'il"envoie les fils d'Israël de sa ten'e, sigllifie qu'ils
s'en aillent et les abandonnent: on le voit pal' la signification de
Tenvoyer, en cc que c'est s'en allel' et abandonner; pal' la l'epr'é­
sentation des fils d'Israël, en cc qu'ils sont ceux de l'l~glise spiri­
tuelle, comme il a été dit souvent; et par la signification de la
terre d'Égypte, en ce que c'est l'état des infestations: d'après cela,
il est évident que ces paroles, qu'il renvoie lt:s fils d'Isl'Uël de sa
terre, signifient qu'ils laissent ceux qui sont de l'Église spirituelle,
et qu'ils ne les infestent point.
  7222. Et llfoscheh parla devant Jéovah, en disant, signifie la loi
par le Divin et pa?' suite la pensée: on le voit par la sio'nification
de parler, en ce que c'est la pensée, N°s 227",2287,261,) ; et par
la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi par le Divin,
N°s 6771,6827,
   7223. Voici, les fils d'Israël ne m'ont point écouté, signifie que
les spirituels n'ont point reçu les choses qui lew' ont été annon­
cées,: on le voit par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils
sont les spirituels, c'est-à-dire, ceux qui sont de l'Église spirituelle
du Seigneur, Nos 6t26, 6637; et par la signification de ne poillt
écoute,', en ce que c'est ne point recevoir par la foi et l'obéissance,
N° 72'16; que ce soient les choses qui leur ont été annoncées,
c'est-à-dire, touchant la délivance, cela est évident.
  7224. .Et comment m'écoutera Phal'Uon, signifie que ceux qui
sont dans les {aux ne le recem'ont point: on le voit par la signifi­
cation de ne point écouter, en ce que c'est ne point recevoir,
comme ci-dessus N0 7223; et par la représentation de Pharaon~
en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux,       N0s   66tH, 6679,
6683,7107,7110,7126,714,2: si pal' Pharaon sont rcprésen.tés
ceux qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi un grand nombre
d'esprits infel'llaux, c'est parce que le roi esle chef du peuple, ct
320                    ARCANES ctLESTES.
qu'en conséqnence le roi signifie la même chose que le peuple,
voir N0 4789.
  7225. Et moi je suis préputié de lèvres, sign;(ie je leur Sllis
impul' : on le voit par la signification il' être ]JI'éputié ou incirconcis,
  en ce que e'cst être impur; en cffet, la circoncision représentait la
  purification des amours corrompus, c'est-à-dire, des amours de soi
  et du mondc, N0s 2039, 2632. 2799, 4-4-62, 70!~o; de là ceux qui
  n'avaient pas été circoncis, et qui étaient appelés préputiés, repré­
 sentaient ceux qui n'avaient pas été purifiés de ces amours, ainsi
 les impurs; N0s 34-12, 3f~13, U.62, 704.5 ; et par la signification des
 Lèvres, en ce que ce sont les choses qui appartiennent à la doc­
 trine, N0s" 286,1288, ainsi être prépntié de lèvres, signifie être im­
 pur quant aux choses qui appal'tiennent à la doctrine, cal' préputié
 se dit autant de la doctrine que de la vie; de là l'Oreille est dite
 ]Jrépl/liée, dans Jérémie: « A qui parlerai·je et donnerai-Je témoi­
 » gnage? et entendront-ils? voici, leur oreille est prépuliée, et ils
 » ne peuvent écouter; voici, la Parole de Jéhovah est devenue en
 II opprobre, ils ne la veulent point. )l -    VI, 40. - Et le Cœur est
dit prépILlié, dans le même: « Toute la maison d'Israël (ce sont)
 » des pl'épl/liés de cœlt1', II - IX, 25. - Dans Ézéchiel: « Vous
 » introduisez les fils de l'étranger, pl'épntiés de Cœur et prépntiés de
 II chair, pour qu'ils soicnt dans mon sanctuaire. II -XLIV. 7, 9,

Dans Moïse: u Alors lel/r Cœur préputié s'humiliera. II - Lévit.
 II XXVI. 4-,'; -de là il est évident que ce qui est préputié Ou incir­

concis est impur; ct comme tout ce qui est impur vient des amours
impurs, qui sont l'amour du monde et l'amour de soi, c'est pour
cela que l'in circoncis signifie ce qni empêche l'influx du bien et,du
vrai; oi! sont ces amours, là s'éteignent le bien et le vrai qui
influent; en effet ils sont opposés comme le ciel et l'enfer sont
opposés; de là l'oreille prépuliée signifie la désobéissance, et le
cœur préputié Ic rejet du bien et du vrai; ce qui arrive surto~lt
quand ces amoms se sont fortifiés par le faux comme pal' une
muraille. Si MoschelJ, pal'cc qu'il était bègue, se dit préputié de
lèvres, c'est à cause du sens interne, afin que par là il soit signiflé
que ceux qui sont dans les faux, et qui sont représentés par Pha­
raon, n'écouteront pas les choses qui leur seront dites d'après la
Loi Divine, pal' la raison que ceux qui sont dans le faux appellent
EXODE, CIH.P. SIXl~ME.                         321
faux les Vrais qui appartiennent à la Loi Divine, ct appellent
vrais les faux qui sont contre les vrais de la Loi Divine, car ils sont
entièrement dans l'opposé; de là les vrais de la doctrine ne sont
aperçus par eux que comme impurs; les amours célestes leur pa­
raissent môme comme impurs; ct quand ils approchent de quelque
société céleste, ils exhalent une odeur infecte, et quand ils la sen­
 tent, ils s'imaginent que cette odeur émane de I:l société céleste,
lorsque cependant elle vient d'eux-mêmes, car l'infection n'est sen­
 tie qu'auprès de son opposé.
  7226. Et Jéhovah parla à Moscheh et ri J1twron, signifie de nou­
veau l'i1l.~tmction cl' après la Loi Divine, ct CI! même temps cl' apl'/;~
la Doct1'ine : on le voit par la signification de parler, en, ce que
c'est de nom'eau l'instruction, cal' dans cc qui va suivl'c ils sont
instruits de cc qu'ils doivent faire; pal' la représentation de
Mosch.eh, en cc qu'il est la Loi Divine, l';0s Gn3, G752 ; ct pal' la
représentation d' Alta1'oll, en cc qu'il est la Doctrine du bien cf, du
vrai, NU 6998: pour connaître la différence qu'il y a entre la Loi
Divine ct la Doctl'ine, voir N°s 7009~ 70,10, 7089.
   7227, Et il lem' donna des orch'es touchant les {Ils d'hrctël,
signifie sur le commandement à ceux qui sont dn Royaume spiri­
tuel du Seigneur : on le voit par la signilicalion de donner des or­
dres, en cc que c'est le commandement; et p:1I' la ropré$entalion
des fils d' IS1'C!ël, en ce qu'ils sont ceux du Hoyaume spirituel du
SeigncUl', aiüsi qn'i1 a déjà été som'ent dit.
   7228. Et toI/chant Pharaon roi d'E gyple, signifie l'averti.sse­
ment à ceux qui infestent pW' des {CtlLX sam mélange; on le ,"oit
 par la signification de parler, lorsque c'est d'après un commande­
 ment Divin à ccux qui s'ont dans les faux, en cc que c'est un aver­
 tissement, comme ci-dessus N'0 72'20; et pal' la rcpl~ésentaÜon de
 Phamon, lorsqu'il est aussi appelé roi d'Eg!f/ite, Cil ce qu'il d(~­
 signe ceux quiiilfestent pal' des faux sans mélange, 1'0 n'2o.
    7229. Poru' retire,' les fils d'Israël de la terre d'Égyplé, siguifir:
 qrt'ils doivent êlre déliv1'és; on le voit sans explication.
    7230. Vers. 14 à 25. Voici les Chefs de la nuti.son de leurs
  ères; Les fils de Ruben premie1'-l1~ c(Jsmël: Ffalloch ct Pallu,
 Hetsrol! et Camti; voilà les frl11tilles'de Ruoell, El, les lils de Schi-
           XI.                                                .11
H2i                    :nCA~ES CÉLESTES .
méon ; Jélll.ur.1 et Jamin, et Ohad, et Jac/tin, et Socha/' et Schaiil
fils de la Canaanile,. voilà les familles de Schiméon. Et voici les
noms des fil,~ de Lévi selon leur nativité; Gerschon, et Kéhath, et
Jl./érari,. et les années de la vie de Lévi, cent trente sept ans, LCI1 fils
de Gerschon : Libni et Schiméi, selon leurs famillel1, Et les fils de
Kéhath : Amram et Jishar, et IlébTon I<! Uziel; et les années de la
vie de Kéhatll, cent trente-trois ans. Et les fils cle Mérari: 1I1achli
et Muschi; voilà les familles de Lévi selon lew's nativités, Et Ammm
prit Jc(cf/fed sa tante à lui pom' femme, et elle lui enfanta Ahm'on
et lI'Io,~cheh; et les années de la vie d'Amram, cent trente-sept ans.
Et les fils de Jishar: Korach ct Népfte9, et Zichl'i.[it les fils
([' Uziel: 1I1ischaël et Elsaphan, et Sithri. Et Aharon. pl'it Elischébah,
fille d'Amminadab, sœur de Nachaschon, à lui pour femme; et elle
lui enfanta Nadab, et AbdUl, et Eléazal' et Ithama".it les fils de
Korach: Assir et Ellianah, et Abiasaph; voilà les familles des
Korachites. Et Éléazar fils d'Aharon se pl'it (une) des filles de
Putiel à lui pour femme; et elle lui enfanta Pinchas . Voilà les
Chefs des pères des Lévites selon leUl'S familles, - Voici les Chefs
de la maison de leurs pères, signifie les choses principales de
l'Église: les fils de Ruben: IIanoch et Pallu, Ilet.çron et C(1rmi;
signifie les choses qui appartiennent à la foi pal' l'entendemCJlt:
voilà les familles de Ruben, signifie les vrais de cette foi.: et les
fils de Schirnéon : Jémue/ et Jamin, et Olwd, et Jachin, et Sochal',
signifie les ,choses qui appartiennent à la foi par l'acte: et Schaül
fils de la Canaanite, signifie les choses qui, appartenant au vrai
en acte, sont hors de l'Église: voilà les familles de Schiméon?
signifie les vrais et les biens de cette foi : et voici les noms W;s fils
de Lévi sc/on lem's nativité,ç ; Gerschon (Jt Kéhath, et Mérari, sigoi­
Ile les choses qui appartiennent à la, charité: et les an1~ées,(1e,la vie
de Lévi, cent trente-sept ans, signifie la qualité et l'é~at: les !ils
de Gerschon : Libni et Schiméi selon leurs familles, signifie la
première classe des dérivations du bien et du vrai qui en provien­
nent : et les fils de Kéhath : A.mram et Jishm', et Hébron et Uziel,
signifie la seconde classe des dérivations du bien ct du m:)l qui en
proviennent: et les années de la vie de Kéltatlt, ce/It trente-h,()is mu,
signifie la qualité et l'état: et les fils de Méra'l'i : Mac/di et 1Uus(.'/ti.
signifie la troisième Ch1SSC des dérivations du bien et du vrai: voiLà
EXODE, CHAP. SIXIÈME.                            32:~

les familles de Lévi selon leurs nativités, signifie que ce sont là les
biens et les vrais procédant de la charité: Et Amram prit Jochebed
sn tante à lui pOUl' femme, signifie la conjonction du bien dérivé
avec un vl'ai d'affinité: et elle lui enfanla Ahm'on et bloscheh, si­
gnifie que de là ils eurent la Doctrine de l'J~glise et la Loi d'après
le Divin: et les années de la vie ll'Am1'llm, cent trente-sept ans,
signifie la qualité et l'état: et les lils de ./ishal': Km'ach, et Népheg,
et Zichri, signifie une dérivation successive provenantde la seconde
classe quant au bien et pal' suite au vrai: et les (ils d'Uziel: Jlfi­
$ckaël et Elsaphan, et Sithri, signifie une seconde dérivation suc­
cessive provenant de la même classe quant au bien dans le vrai:
Et Aharon prit Elischébah (ille d'Amminadab, sœur de Nacha­
schon, à lui pOUl' femme, signifie la doctrine de l'Église, et comment
le bien et le vrai y ont été conjoints: et elle lui enfanta Nadab, et
Abihu, et EléazU1', et lthamar, signifie les dérivations de la foi et
de la charité, quelles elles sont: et les fils de KOl'ach : Assir et
Elkanah, et Abia(aph, signifie une dérivation réitérée provenant
de la seconde classe: Voilà les familles des Korachites, signifie
quels sont les biens et les vrais' et EléazaI' fils if A/laron, signifie
les Doctrinaux dérivés de la doctrine même de la charité: se prit
(une) des filles de Pntiel à lui pour femme, signit1e la conjonction
du bien et du vrai dans ces doctrinaux: et elle lui enfanta Pinchas,
signifie de là une dérivation: Voilà les chefs des pères des Léviles
selon leurs familles, signifie les choses principales de l'Église,
quant à la charité et par suite quant à la foi.
   n:H. Comme ce sont là de simples noms, il est inutile de don­
ner des explications en particulier, par cette raison aussi, que déjà
il a été montré ce que représentent Heuben, Schiméon, Lévi, Aha­
l'on et Moscheh; leurs fils et leurs petits-fils, qui sont ici nommés,
ne signifient pas autre chose que .des dérivations: on peut voir que
Reuben représente la foi par l'entendement, N0s 386 l, H866, 4731,
4734, 47(,1; Schiméon, la foi pal' la volonté ct par l'acte, N0s 38G9,
3870,3871, '1872, 44.97, 4.502, 4.503, 54.82, 5626, 5630; Lévi, la
Charité, Nos 3875, .3877, 4.4.97, 4.502, 4.503; Aharon, la doctrine
de l'Église, Nos 6998, 7009, 7089; et Moscheh, la loi par le Divin,
N0s 6771, 6827. On ne peut savoir que par le sens interne pour­
quoi il est fait mention ici de Huben, de Schiméon ct de Lévi, et
32,,                 , HCAKES CJ~LESTES.
de leur fils, r,t non des antres pères des tribus ayec leur fils dans
leU' ord:e : que cc recensement ait eté fait dans ce Chapitre, afin
qu'on sùt la naissance d'Aharon ct de lIoscheh, cela est évident,
mais il aurait suffi de donner la g(~n6alogie de Lévi, car celles de
Huben, de Schimt'on et de leurs fils, n'ont point. de rapport avec
cette naissance: mais la cause, qui ne se manifeste qne par le sens
interne, c'est qu'il s'agit de l'Église spiritnelle, qui est représentée
par les fils d'Israël; celle Église chez l'homme commence par la foi
appuyée sur la science, et ensuite SU' l'entendement, foi qui est
représentée par Huben et par ses fils; dans la suite, quand l'J~glise
s'accroÎt chez l'homme, celte foi passe dans la volonté et de la vo­
lonté dans l'acte; et alors l'homme vent le Hai qui appartient il la
f~i, et il le fait, parce que cela a été ainsi commandé dans la
Parole; cet état de la foi est représenté par Schiméon ; enfin dans
la volonté de l'homme, qui est nouvelle, est aperç.ue raffection de
de la charité, de sorte qn'il vent faire le bien, non plus comme
auparavant d'après la roi, mais d'après la charité envers le 1)1'0­
chain; en effet, quand l'homme est régénéré jusqu'à cc degré, il
est alors homme de l'Église spirituelle, car alors l'Église est en lui;
c'est celle charité, avec son affection, qni est représentée par
Lévi: voilà pOllrquoi la famille de Huben est recensée, puis aussi
celle de Schiméon, et enfin la famille de Levi, par lequel est re­
présentée, comme il a été <.lit, la Charité qui est le spirituel même
de l'Église: Aharon représente l'Externe de cette Église, et lIos­
cheh l'Interne; l'Interne de l'Église est appelé la loi par le Divin,
ct l'Externe la Doctrine qui en procède; la loi pal' le Divin, qui est
l'Interne de l'Église, est aussi la Parole dans le sens interne; ct
la Doctrine, qui provient de cette Loi, est la Parole dans le sens
externe; qu'clles soient l'epr<"sentées pal' Moscheh et par Aha: on,
c'est ce qu'on voit l'O 70S9.
   7232, Vers. 26, 27,28,29,30. (Ce-fut) cet Aharon et Jlfoscheh,
auxquels dit J éltovah: Retirez les (Lls d'Israël de la terre d'É gypte,
ulon leurs armées. (Cc furent) euxqui pm'lèrentà Pharaon roid'É­
gypte, pour retirer les fils d'Israël d'Éqypte,. ce IIloscheh et Aha­
,·on. Et il arriva au jour que parla Jéhovhh à JI10scheh dans ·Ia terre
d'Égypte. Et Jéhovah pm'la à Mosciuh, en disant: Moi, Jé/WNth ;
pade à Pharaon roi (l'1~g!fPte, (selon) tout ce dont, Moi, je te lJnrlc.
EOUE, CIUP. SIX-IUIE.                              321+
Et iVoscheh dit devant Jéhovah: Voici, moi, Ue suis) préputié de lè;,
t'l'es! et comment m'écoutera PIIOl"aOll? - (Ce l'nt) cet Ahal'on et
~loseheh, signifie que pal' là la Doctl ine et la .Loi Divine étaient
chez eux: auxqtlels dit Jéhovah, signilie d'après lesquelles il y a.vait
commandement: retirez les fils d'umël cie let /elTe d'Égypte,. si­
gnifié que ceux qui étaient du H.oyaullle spirituel du Seigneu' fus­
sent delivres; selon leurs années, signifie scion les genres et les
espèces du bien dans les Tais: (ce furent) eux qui parlè/ ent à Pha­
1'(lOTt roi d' Ji'gypte, signifie d'après ellcs l'avertissement 11 ceux qui

infestent pal' des faux sans llu!lange: poltr relirer les fils d'lsmël
cfÉgYPle, signifie pOUl' qlt'ils les abandonnent et ne les infestent
point: cc Moscheh cl Ahal'ort, signilie que cela vient de la Loi d'a­
près le Divin ct de la Doctrine qui en procède: ct il arriva ltU jO/Ir
'Ille parla Jéhovah cl Moscheh dans la lerre d'i'gUl'te, signifie l'état
 alors de l'l~glise quan d il fut commandé pal' la Loi d'après le Divin
 :'l ceux qui étaient du H.oyaume spirituel du Seigneur, lorsqu'ils
 étaient encore dans le voisinage de ceux qui sont dans les enfcrs:
 el JéllOvalt pltrla à JlIoscheh, en disant, signilie l'instruction pal' i<~
 Divin: Moi, Jéhovlth, signilie la conlirmation Di vine: parle à Pha­
 7'llonroi d'Égypte (selon) lout ce dout, !fIoi,je te pm'Ie, signilie les
  aVél'lissements à ceux qui infestent p;lI' des faux sans rn<':lange, d'a­
  près les choses qui infiuent du Divin: et· Moscltch dit del'lt1lt JéllO­
  t'ait, signifie la pensée touchant la Loi Divine, chez ceux qui sont
  dans les faux: Voici moi (je suis) 7Jl'épUlié de lèvres, sigllifie qu'elle
  est impure: ct commmeni m'écolliera Pharaon? signiiic qu'ainsi
  ceux qui sont dans les faux ne rCCCHont poin!.
       7;J:J:~. Ce {Ul cet Aharon ct Mosc/wh, signifie 'Ille ])(11' là la c/oc­
   t7'ine et la loi Divine étaient cite:.: C/lX : on le voit pal' la représenta­
   tion d'Alun'on, en ce qu'il est la Doctrine de l'l::glise, ios 69)8,
   7009, 7089; et par la représentation de Jl1oscheh, en cc qu'il eslla
   Loi Divine, los 6723,67;>'2; celles-ci, sa'oir, la Loi Divillc el la
    DOe!rine, cllez ceux qui sont de l'J~glise spirituelle, existellt princi­
    palement d'après la l)arole, mais néa nmoins d'une rnanièl e confor­
    me (applicatè) il la foi et il la cllarit(" qui furent chez les iustaura­
    tems: il est dit pal' là, et il est entendu non pas pal' AI}(lj'oll et.Mos­
    cheh, mais par la charité el la foi, qui sont représentées pal' Lévi,
    Schiméon et Ruben, fiont il vient d'drc pa Il, Quant il Cl', qui COI­
326                     AHCANES CÉLESTES.
 cerne ultérieurement ce sujet, il faut qu'on sache que la Doctrine de
l'Église spirituelle n'est point la Doctrine du vrai Divin lui-même,
par la raison que ceux qui sont de l'Église spirituelle n'ont point la
perception du Vrai Divin, comme ceux qui sont de l'Église céleste;
mais, au lieu de cette perception, ils ont une conscience qui est fol'­
mée du vrai et du bien qu'ils ont reconnus au-dedans de leur Eglise,
 quels que soient ce vrai et ce bien; que ceux qui sont de l'Église
spirituelle soient respectivement dans l'obscUl', quant aux vrais de
la foi, on le voit ~os 86,2708,27'15, '2716,2718,283'1,2935,2937,
3'24,'1,324-6,3833; 6289, 6500, 6865, 694-0; c'estdelà que chacun,
au-dedans de l'Église spirituelle, reconnait pour vrai de la foi ce
qu'ont enseigné les instaurateurs, et ne fait ultérieurement aucune
recherche dans la Parole pour s'assurer si c'est le vrai lui-même; et
quand même il yen aurait qui feraient ces recherches, ils ne le dé­
couvriraient pas, à moins qu'ils n'eussent été régénérés et qu'ils ne
fussent alors particulièrement illustres; et cela, parce que leur Intel­
lectuel peut, il est vrai, être illustré, mais que le nouveau volon­
taire ne peut pas être affecté d'un autre bien que de celui qui a été
formé pal' conjonction arec le vrai reçu au-dedans de l'Église; cal'
le volontair'e propre chez eux a été détruit, et un volontaire nou­
veau a été formé dans la partie intellectuelle, voir 1os 863, 875,
1023, 104-3, '10H, i 555, 2256, 4-328, 5'1 '13; et quand le volontaire
propre a été sépal é du nouveau rolontaire, qui est dans la partie in­
tellectuelle, la lueur y est faiLle, telle qu'est la lueur noctUl'ne pro­
venant de la Lune ct des étoiles relativement à la lumière diurne
provenant du Soleil; de là vient aussi que dans le sens interne de la
Parole la Lune signifie le Lien de l'amour spirituel, et le Soleil le
bien de l'amour céleste; N°s 30 à 38, t 529, 1530, 153'1,2495, 4060.
Puisqu'il en est ainsi de l'Église spirituelle, il n'est pas surprenant
que chez la plupart l'essentiel de l'Eglise soit la foi, et non la cha­
rité, ct que pour ceux de cette Église la doctrine de la charité soit
nulle. De ce qu'ils on tire leU!' Doctrinaux de la Parole, cela ne fait
pas que ces Doctrinaux soient des vrais Divins, car du sens littéral
de la Parole on peut tirer un doctrinal ~uelconque, et cn saisir un
qui soit favorable aux concupiscences, par conséquent saisir aussi
Je faux poUl' le vrai, comme sont les doctrinaux des Juifs, des Soci­
niens ct de plusieurs autres; mais il n'cn est. pas de même si le doc­
EXODE, CIUP. SIXIÈ;IE.                         327
trinal est formé d'après le sens interne; le sens interne est non-seu­
lement ce sens qui est caché dans le sens externe, comme il a été
montré jusqu'ici, mais c'est aussi celui qui résulte de plusieUl's pas­
sagt's du sens de la lettre conférés régulièrement entre eux, et est
aperçu par ceux qui sont illustrés quant à l'Intellectuel par le
Seigneur ;eu effet, l'Intellectuel illustré discerne entre les vrais a
parents et les vrais rnêmes,sUl'tont entre les faux et les vrais, quoi­
qu'ilne juge pas des vrais mêmes en elL"{-mêm~ mais l'Intellectuel
ne peut pas être illustré, à moins qu'on ne croie que l'amour pour le
Seigneur et la charité envers le prochain sont les choses principales
et essentielles de l'Église; quiconque procède d'après la reconnais­
sance de ces principes, pourvu qu'il soit lui-même en eux, voit des
vrais innombrables, et même un grand nombre d'arcanes lui sont
dévoilés, et cela d'après une reconnaissance intérieure, selon le de­
gré d'illustration qu'il reçoit du Seigneur.
   7234. Auxquels dit Jéhovah, signifie le commandement: on le voit
par la signification de Jéhovah dit, en ce que c'est le commande­
ment, No 7036.
  7235. Reti,'ez les fils d'Israël de.la terre d'Égypte, signifie que
ceux qui étaient du Royaume sph'ituel fussent délivl'és, savoir, du
 voisinage de ccux qui son t dans les faux: on le voit par la significa­
 tion de retirer, en ce que c'cst délivrer; par la représentation des
 fils d'Israël, en cc qu'ils sont ceux du Royaume spirituel du Sei­
.gneur, Nos 64.26, 6637, et aussi N0s 6862, 6868, 7035, 7062, 7,198,
 72Ü'1, 7215,7223; et par la signification de la lprt'e d'Égypte, en
 ce que c'est oil sont les faux par lesquels se font les infestations.
  7236. Selon leurs années, signifie selon les genres et les e,~pèces
du bien dans les v1'Uis : on le voit pal' la signification des armées, en
ce qu'elles sont les vrais qui appartiennent à la foi, N° 3U8 ; 01' les
biens de l'Église spirituelle ne sont dans leur essence autre chose
que les vrais, car les vrais sont appelés biens quand on vit selon
cux; de là par l'armée, quand elle se dit des régénérés au-dedans de
l'Église spirituelle, sont signifiés les biens <.lu vrai, ou les biens
dans les vrais. S'il est dit que les fils d'Israël seraient retirés selon
leurs années, c'est parce que cela est dit d~eux quand ils sortiront
d'Égypte, dans le sens interne quand ceux de l'l:~glise spirituelle re­
viendront (C~ combats avec les faux, ainsi apr0s qu'ils auront exercé
3'28                    AHC.ES CÉLESTES.
une milice spirituelle; il cst particulièrcment entenùu pal' être T(!­
lités   .~('Lon les années, qu'ils seraient distingu(osquant aux biens
dans les Tais, ainsi cn classes scIon les qualités du bien, ct cela,
afin qu'ils repl'l"scntassent le lloyaume du ~eignel1l' dans les cieux;
lil tous ont été distingués (lt ont, dans le Très-Grand Homme, ob­
tcnuunc plarc scion la qualité du bicn, tant 'en général qu'en parti­
enliel'. U' aprh; les Cieux, cn ce que là tous ont été distingués selon
les biens, on peut voir il queilloint le bien est multiple et combien
il est varié; en eO'ct, il est si varié que jamais un ange n'est dans Ull
bien semhlahle à celui où est un autre ange; ct lors ri1ème que des
lll~rriaùes de myriades d'anges seraient éternellement multipliées, il
 Il'y aUI':iit pas un bien de l'un d'cux semblalJle au bien d'un autre;
 comme aussi il n'y aurait pas un seul ange qui eM une face
 scmblable il ccHc d'un autre; et même dans les cieux le bien
 fOi me les faces des anges: s'il ya une variété 11erpétuelle, c'cst
 llal'ce que toute forme consiste en divers distinctions; cal' si
 deux formcs étaient absolument semblable; clic!! ne pounaicnt
 pas alors être deux , mais l'lies seraient un : c'cst de là aussi
 que dans la nature il n'y a jmùais tine chose qui soit en toute ma­
 llièi'e semblable il UlJC autre, Ce qui l'end le bien si varié, c'est le
  'Tai ;, quand le Hai est conjoint, Hqualifie le bien; si le Tai cst
  tellement multiplc et varié, qu'il puissc 11 cc point varier le bien,
  c'est parce que les nais sont iUl1ombrables, et que les Viais inté­
  rieurs sont CJ'Ull(' ailtre forme que les vrais extérieurs, et qu'il s'y ad­
  joint des illusions qui appartiennent aux seus externes, et aussi des
  faux qui appartie!1nent aux concupiscences; puis donc que les nais
  sont. si innombrable", on peut voir que pal' leurs conjonctions il
   existe tant cie variétés qu'il n'cst jamais possible qu'un bien soit le
   lllème qu'un autre; cela est évident pour celui qui sait qu'avec seu­
   cmeut vingt trois lettres difl'érentcs au moyen de diverscs conjonc­
    tIOns peuvent être formés les mots de toutes les langues, même avec
    nue variété pcrpetuelle quand il y aurait des milliers de langues;
    que ne doit-il pas en Hre avec des milliers et des myriades de cho­
    ses vari{~cs, comme sont les 'Hais? C'~t aussi cc que confirme cette
    règle commune dans Je monde: Autant de tètes, autant· de senti·
     rnents; c'est-iHlil'c, alitant d'hommes, autant de diversités d'idées.
        7~37. Cr' /im'Ilt   l'II.X'   qlli. lJarli:1'ellt Il Plu!f(101/ 1'0; (n~g!f7l1e, si­
EX.ODE, ,CI UP.       SIx..IE~lE.                   32!)

f}nific (l'après cLIcs l' (We/'I;ùclIlent à ceux qni infestent par des {aux
salls lltélange : on le voit pal' ce qui a été dit ci-dessus, jo 7228, où
sont de semblables expressions.
   7238. Pour retirer les fils cl'ls1'CLël cl'Égyple, sigltifie IlOltr qllils'
les abandoltnenl ct ne Les infestent point: on le voit pal' la significa-
libn d'être relil'é, en cc que    c~cst   êlredelivré, comme ci-dessus
;07'235; ainsi pOm'qu'is abaudonent el n'infeslent point; pal' la
représenlation des /ils ct'1s7"(lël, en ce qu'ils sont ceux de l'l;:glise
spiriluelle-, -iP72;h; et pal' la signilicalion de L'Egypte, en ce
qu'clic est le faux pal' lequel S(~ rait l'infestation, ainsi qu'il a déjà
été dit.
     7239. Cc Moscheh ct Aharolt, signifie que ceLa vient de le, Loi d'a-
près le Divin, et de la Doco'ille qui cn fJrocède: 01 le voit pal' la re-
 l)l'ésentation de illoscheh, en ce qu'il est la Loi d'après lc Divin,
 jos 6771,68'27; et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est
la doctrine qui en procède, jos 6998. 7009, 7089.
     7240. Et illt1'rh,(t au jour que }l(/1'La Jéhovah et MO,Ç(;heh clans la
te/Te (l'Éyyrjle, signifie l'état {(lors de l'lj:glise quaI/cl il {ut com-
mimdé par lÇL Loi (l'après le Divin ri ceux qui sont cll! Royaume spi-
-rilllcl clu SeigneU1', lOl'sqU' i/,~ étaient encore dans le voisinage de ceux
 q'lû SOl1t dans les en{ers: on le voit pal' la signincation du jour, en
 cc que c'est l'élat 1."05 23, 487, 488; 493, 893, 2788, 3462, 3785,
 4850, ,6'1" 0, ici l'éLat de n~glisc, parce qu'il s'agit de cet état; pal'
 la signification de Jéhovah 7/(//'la11l, en cc que c'est le commande-
ment, ici à cenx qni sont du ltoyaul1e spirituel du Seigneur; par la
représentation de 1lIoscheh, en ce qu'il est la Loi d'après le Divin,
 ~os G771, 68'27; et pal' la signil1calion de la terre ri' Égypte; en cc
 que c'est ai! ceux qui sontdu Hoyaume spirituel du Seigneur ont (t6
 infestés par les faux; que c'étaitdalls la tene inférieure qui est yoi-
 sine des enfeb;"onle voit ~o 7090; la lerre d'l~gypte où élaientlcs
 His"d'Israël) ct qui etait appelée Goschén, signifie cellc terre iufé-
 rieure; mais la terre où étaicntles Egyptiens signifie les cnrers d'a-
 lcntour, d'oi! provcnaientlcs infestations pal' le faux.
    7'2.i1. Et Jéhovah parla et Mosche/i en disallt, signifie l'illstruc-
 tion par'le Divi1t : Oli le yoil pal' la signification de Jéhovah pal'-
-lallt, en ce que c'cst cie ùou'cau une instrnction, ;07226; et pal'
::130                  AHCANES CÉLESTES.
la repl'esentation ùe Moscheh, en cc qu'il est la Loi d'après le Di­
vin, 1 05 677'1,68'27.
   724·2. Ilfoi, Jéllo/'ah, signifie la confirmation Divine: on le voit
d'après cc qlli a l'té diL ci-dessus, 1 05 7192,7202.
   72~3, Parle à Plut/'aon loi d'Égypte se/on toltt cc dont, bioi, je
le parle, signifie les avertissements à ceux qui infestent par des
(aux sans mélange, cl' après les choses qui influent du Divin: on le
voit par la signification de pwlel', quand c'est à ceux qui sont dans
les fallx, en ce que c'est un avel'tissement, comme ci-dessus, No
7220; par la représentation de Pharaon 1'oi d'Égypte, en ce que ce
~on t ceux qui infestent par des faux sans mélange, 1Of 7220,7228;
ct pal' la signiftcation de tolU ce dont, Moi, je te parle, en ce que ce
sont les choses qui influent du Divin.
   724..1., Et Moscheh dit devant Jéhovah, si[Jnifie la pensée touchant
la Loi Divine chez ceux qui sont dans les (aux: on le voit pal' la si­
gnification de il dit, en ce que c'est la pensée, No 7094-, et par la
représentation de bfoscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, 105 6723,
6752; que ce soit la pensée touchant la Loi Divine chez ceux qui
sont dans les faux, cela est evident pal' la sél'ie continue avec les
paroles suivantes ;en effet, quand on lit il dit, et que cette expres­
sion signifie la pensée, cc qui suit y est l'enfermé, ici c'est que la
Loi Divine est impure pour ceux qui sont dans les faux,
   72,~,5. Voici, moi, je suis p,'éputié ete lèm'es, signifie qu'ellc cst
implt1'c, savoir, la Loi Divine pour ceux qui sont dans les faux:­
Et comment m'écoutera Pharaon? signifie qu'ainsi ceux qui sont
da1ls les {au:r; ne receVl'ont point: on le voit d'après ce qui a été dit
ci-dessus, N°s n2q. et 7225, olt sont les mêmes paroles, Quant à
ce que Moscheh se dit pl'eL.1ié ete lèwes, cela, dans le sens interne,
signifte que la Loi Divine paraît impure à ceux qui sont dans les
faux, selon ce qui a été montré 10 7225; mais dans le senshisto­
rique, dans lequel Moscheh comme chef représente la postérité de
Jacob, et ce qui appartient à l'Église chez eux, comme ci-dessus
10 70!~'1, le préputié de lèvres signifie que le culte Divin chez cette

nation était tel; en effet, chez cette nation le cuIte était impur, cal'
ils adoraient les externes, et rejetaidm entièrement les intemes,
qui sont la foi et la charite; bien phlS, ils repoussaient avec dé­
dain les connaissances mêmes des choses internes, ainsi que toutes
EXODE, CHAP" SlX1i~lUE"                         331
les choses que les rites signifiaient et représentaient; et parce qu'ils
etaient tels, leur culte était impur, cal' ils adoraient Jéhovah d'après
l'amour de soi et l'amour du monde, mais non d'après l'amour pour
Lui, ni d'après l'amour envers le prochain; ce culte dans le sens
historique est signifié en ce que llloscheh se dit préputié ùe lèTes;
mais dans le sens interne pal' cette expression il est signifié ainsi
qu'il a été expliqué ci-dessus 1°7225.



  DES llAll1TANTS ET DES ESPIUTS DE LA PLANÈTE DE Yti'iVS.


   724·6. Dans la Planète de Vénus il y a deux espèces d'hommes,
d'un caractère opposé; les uns sont cruels et presque sauvages, ct les
autres sont doux et humains: ceux qui sont cruels et presque sau­
vages apparaissent pal' la partie de la Planète qui regarde de cc
côté-ci; et ceux (lui sont cloux et humains apparaissent par la partie
opposée. fais il faut qu'on sache qu'ils apparaissent ainsi selon
les états de leur vie; cal' c'est l'etat ùe la YÎe qui forme toute ap­
parence cle lieu et d'espace"
   72!l7" La Planète de Yénus, dans l'idée des esprits, apparaît
vers la gauche un peu en arrière, il quelque distance cle notre terre:
il est dit, dans l'idée des esprits, parce que le Soleil du monde
n'apparaît à aucun esprit, non plus qu'aucune Planète, mais les
esprits ont seulement ['idée que ces corps existent, et suivant
cette idée ils apra 1aissen t, savoir, le Soleil du Monde pal' der­
rière, comme quelque chose de ténébreux; les planètes, non pas
errantes, comme dans le monde, mais cousLamment dans leurs
places; voir sur ce sujet N0 7'171.
   7248. Il m'a été dit que les hahitants de cette planète, qui,
lorsqu'ils meureut~~deviennent esprits, apparaissent pal' la partie
tournée de ce côté-ci, trouvent beaucoup de plaisir dans les rapines,
ct le plus grand plaisir à manger ce qu'ils ont pillé; leur plaisir,
quand ils pensent il manger de leurs l'apines, m'a été communiqué,
et j'ai senti qu'il était extrême. Qu'il y ait cu aussi SUI' notre terl'e
des hahitants de cette na.ure sauvage, cela est évident d'après les
histoires de différentes nations, puis d"après les hahitants de la terre
~132                   ARC..~ES CÊLESTES.
de Canaan, 1 Sam. XXX. H>; ct aussi d'après la nation Juive e~
Israëlite, même du temps de David, en cc que chaque année ils
faisaient des excul'sil)ns, pillaient les nations, ct Sc réjouissaient
du butin qn'i!s faisaient. Quant il cc qui COflC'el'ne ces habitants de
la Planète lie Yénus, il:; sc l't'jouissent, il est Hai, de leurs l'apines,
mais néanmoins ils ne sont point féroces, ils jeUent dans l'cau les
hommes qu'ils pillcnt, ct de celte manièrc ils leur ôtent la vie, mais
ceux qu'ils peuvent conserycr, ils les cO'llservcnt; et ccux. qu'ils
ont ainsi l))'iYl"s de la vic, ils les ensevelissent plus tard, cc qui
 montre lIu'ils ont chez eux quelquc chose d'humain, bien dilférents
 en cela des Jnifs, dont le plaisir était de jeter au loin ceux qu'ils
avaient tués, ct de les exposer aux. bêtes des forêts ct aux oiseaux.
 pour les faire dévorcr, et parfois de les faire péril' dans des tortures
 alfreuses et atroces, Il Sam. XII. 3,' : il m'a aussi été donné de
 percevoir quel grand plaisir les Juifs trouvaicn t dans de tclles atroci­
 tés, pal' la communication que j'eus de la sphère de plusielll's d'entl'c
 cux, qui arrivèrent pr{~cipitamment ct s'enfuil'ent.
      72~9. Il m'a été dit aussi que les habitants de cellc tClTe sont,
 quant ilia plus graude partie, des géants, et que les hommes de
 notre tel'rc n'atteindraient qU'il leur nombril: puis aussi, que ccux.
 qui appal'aissent par la p:ll'tie de celle terrc tournée de cc côté,
  sont stupides, qu'ils ne sïnquiNent pas de cC qne c'est quc le Ciel,
  ou dc ce que c'est que la vic étel'llele, mais qu'ils s'occupent seu­
  lemcut de ce qui concerne leur terre ct leurs troupeaux..
       7230. Comme ils sont tels, môme quand ib viennent dans
  1',1Iltrc vic, ils y sont excessivcmellt illfestés pal' Ics faux et par les
   lllaux : leurs enfers apparaissent autour de leur TetTe, et ne com­
   muniquent point 3vec les enfers des méchants de notre 'l'cne, et
   cela, parce qu'ils sont d'un tout autre génie ct d'un tout autre ca­
   ractère, ct qu'cn consequence leurs maux. et leurs faux sont aussi
   d'un tout autre genre. Mais ceux. qui sont tcls qu'ils puissent être
   sauYl~s, sont dans des lieux de vaslation, ct y sont l'éduits au der­
    nicr (dcgré) du désespoir; cal' les maux ct les faux de ce genre ne
   peuvent pas êtrc t"loigllés d'une aUll'e..manièl'c; quand ils sont dans
   l'état de llCscspoir, ils cricnt qu'ils sont des bêtes, des brutes, des
    abominations, dcs Il3incs, et ainsi des damnès : quclques-uns d'eux,
    quand ils sont dalls cct état, cl'icut aussi eoutl'e le Ciel; mais cela
EXODE, ClIAP, SIXilmE.                          333
km est pal'(lonnc, parce que cela provient du désespoir; le Seigneur
modère leur irritation, afin quïls ne se répandent point en repro­
-ehes ali-delà des bornes fixées: quand il ont enduré les dernières
souffrances, les eorporel~ chez eux étant alors comme morts, ils
sont enfin sauv-és.
    7251, Il m'a aussi été dit d'eux que, quand ils vivaient sur leur
 Terre, ils avaient cm en un suprême Créateur sans IHédiatcur: ce
 sont ceux-ci qui sont ainsi dévastés ct enfin sauvés, après avoir été
préalablement instruits et avoir admis que le Seigneur est le Seul
Dieu, Sauvelll' el ~lédiateur : Je les ai entendus confesser que sans
Médiateur ils n'auraient jamais pu êt:e sauvés, parce qu'ils étaient
impurs et indignes. J'ai vu aussi quelques-uns d'eux élevés au Ciel,
 après qu'ils ement enduré les dernières :souffrances; ct lorsqu'ils y
 eurent été reçus, j'éprouvai par eux Ulle joie mêlée d'une telle ten­
 dresse, qu'elle me tirait les larmes des yeux.
    7252. Les Habitants ct les Esp:its de Vénus, qui app;waissent
-pal' l'autre partie de cette Terre, sont d'un caractère presque opposé,
 cal' ils sont doux et humains: il avait été accordé pal' le Scîgneur,
 que quelques-uns de ces esprits vinssent de là vers moi, ils appa­
 raissaient alors de près au-dessus de la tête; lorsqu'ils s'entretinrent
 avec moi, ils me dirent que, quand ils étaient dans le monde, ils
.avaient reconnu, et qu'à plus forte raison maintenant, ils rccon­
 naissent Notre Seigneur pour leur unique Dieu; ils disaient que SUI'
 lem Terre ils l'avaient vu, marchant an milieu d'cux, et ils repré­
 sentaient aussi commcnt ils L'avaient vu.
    7253. Ces Esprits, dans le Très-Grand Homme, représentent la
 mémoire des choses matérielles, correspondante à la mémoire des
 choses immatérielles, qui t'->t représentéc par les esprits de la Pla­
  nète de Mercul'e; voir dans [a description des Esprits de lUercll1'e,
N° 717-0.
  7254-. A la fin du Chapitre suivant, il sera parlé des HalJilants ct
des Esprits de la Planète cle Mars.


                               o~
PRElHIERE PARTIE
                                  DU




        LIVRE DE L'EXODE.

                        ~




                   CHAPITRE SEPTIÈME.



                    DOCTRl~E DE LA CHA.RlTÉ.




   7'255. Puisque le Bien fait le Ciel cl1ez l'homme, et que le mal
fait l'enfer, il faut absolument qu'on sache ce qne c'est que le bien,
et ce que c'est que le mal; précédemment il a été dit que le bien est
ce qui appartient à l'amonr pour le Seigneur et à la charité envers
le prochain, et que le mal est ce qui appartient à l'amour de soi et à
l'amour du monde; il suit de là que ce ri'est que d'après les amours
que l'on sait ce que C'Gst que le bien et ce que c'est que le mal.
   7256. Toutes les choses qui, dans l'univers, sont conformes à
l'ordre Divin se réfèrent au Bien et au Vrai; et toutes les choses
qui, dans l'univers, sont contraires à l'ordre Divin se rélèrent ail
mal et au faux: cela vient de ce que le Bien et le Vrai, qui procèdent
du Divin, constituent l'ordre, au point ~u'ils sont l'ordre.
   7'257, Le Bien qui appartient 11. l'Amour pour le Seigneur est ap­
pelé Bien céleste, et le Bien qui appartient à la Chal'ité envers le
prochain est appelé Bien spirituel: quelle est la différence entre le
Bien céleste qui appartient à l'Amour pour le Seigneur et le Bien
spirituel qui appartient à la Charité envers le prochain, et combien
est grande cette différence, c'est ce qui sera dit dans la suite.
   7258. La Doctrine du Bien céleste, qui appartiertt à l'amour pour
le Seignem, est la plus vaste et en même temps la plus inconnue;
la Doctrine du Bien spirituel, qui appartient à la charité envers le
EXODE, Cll.P. SEPTIÈME.                         331,
prochain, cst vaste aussi et inconnue aussi, mais moins que la
Doctrine du nien céieste, qui appartient à l'amour pOUl' le Seignelll'.
Que la Doctrine de la Charité soit vaste, c'est ce qu'on peut voir en
ce que la Charité chez l'un n'est pas la même que chez l'autre, ct en
ce que l'un n'est pas le prochain ùe la même manière que l'autre.
   7259. Comme la Doctrine dela Charité était si vaste, les Anciens,
chez qui la Doctrine de la Charité était la Doctrine même de 1'1;:­
glise, distinguaient la Charité envers le prochain en plusieurs Clas­
ses, qu'ils subdivisaient encore; ils donnaient un nom il chaque
Classe, et ils enseignaient comment la charité devait êtl'e exel'c(~e
envers ceux qui étaient dans une c:J.sse, et comment elle devait
l'être envers ceux qui étaient dans unc.antre; ct de cette manicre
ils rédigeaient en ordre la Doctrine de la Charité, et les exercices
de la charité, afin de les mettre distinctement ; la portée de l'en­
tendement.
    7260. Les Noms qu'ils donnaient il ceux envers lesquels ils de­
vaient exercer la charité étaient en grand nombre; ils appelaient
 les uns aveugles, les autres boiteux, d'autres manchots, d'autres
 pauvres, puis misérables et affligés, d'autres orphelins, d'autres
 veuves: mais en général ils les nommaient des Affamés auxquels
 ils devaient donner à manger, des AILérés ;)uxquels ils devaient
 donner à boire, des Voyagenrs qu'ils devaient recueillit', des Nus
 qu'ils devaient vêtir, des Malades qu'ils devaient visiter, ct des
 Prisonniers qu'ils devaient aller voir ;-sur ce sujet, voir N0s 49G4
 à 4959,
    726~, Ces Noms furent donnés du Ciel aux Anciens qui étaient
 de l'Église, et par ceux qui étaient ainsi nommés ils entendaient
 ceux qui étaient tels spirituellement; leur Doctrine de la Charité
 enseignait qui ils étaient, et quelle était la charité envers chacun.
    7262, De là vient que ces mêmes Noms sont dans la Parole, et
 signifient ceux qui sont tels clans le sens spirituel. La Parole en
 elle-même n'est que la Doctriue de l'amour pour le Seigneur et
 de la charité enycrs le prochain, comme aussi le Scigneur l'en­
 seigne: « Tu aimeras le Seigneur ton Dien de tout ton cœU!', de
  ~ toute ton âme et de toute ta pensée, c'est là le premier et le grand
  ~ Commandement; le second lui est semblable : Tu aimeras ton
 • prochain comme toi-même; de ces deux Commemdemell!s dépen­
'1:36                ARCA.;ES C';:LESTES.
» dent la loi ct les Prophète!;. » - Maltll. XXII. 35,36, :31, 38,­
la Loi et les Prophètes, c'est toute la Parole.
   7263. Si ces mêmes l"oms sont daus la Parole, c'est parce que
ceux qui etaient dans le cultc cxterne devaient exercer la charité
envers lcs hommes qui étaient ainsi nommés; ct ceux qui étaient
dans le culte iutel'lle,envèfs les honimes désignés spirituellement
par ces noms; ainsi c'étaitpour que, les simples' entendissent eb
pratiquassent la Parole avec simplicité, et les sages'avec sagesse;
 puis aussi alln que lessimplcs pal' les externes de la.charité fussent
 initiés dans les internes de la charité.




                          CHAPJTRE VU.




   L Et JÉIIOVAII dit il Moscheh : Vois, je t'ai donné (pOItl") Dieu il
Pharaon, Cl Aharon ton frère sera ton prophète. : ;1
   2. Toi, tu prononceras tout cc que je t'aurai ordonné;,et Aharon
ton frère parlera à Pharaon, ct quïlrenvoie.les /ils'd'Israël de sa
terre.
   3. Et iloi j'endurcirai le cœm de Pharaon, ct je multiplierai n1es
signes ct mes prodiges dans la terre d'l;:gyple.
   L El Pharaon ne vous écoutcra point; ct je mettrai ma ma'in SUI'
les l;~gyptiens, et je retirerai mes armées, mon,peuple, les fils d'Is~
raël, de la terre d'Égypte, pm' de grands jugements.
    5. Et les Égyptiens connaîtront que Moi (je SUiS)JÉIIOVAH, en cc
 que j'étendrai ma main sur les Égyptiens, ct je retirerai les fils d'Is­
 raël du milieu creux.
    6. Et lloscheldiL, et Aharon, comme lem ;lYait ordonné JÉHO­
 VAH, ainsi ils liren t.
    '7. Et Moscheh (était) ms (ùge) de quatre-Vingts ans, ct 'Ahul'on
 ms (âgé) de quatre-vingt-trois ans,,,quand ils parlèrent ~ Pharaon.
     8., Et JùlOVAlI dit à Moscheh etÎÂhuron, en disant:
                                      .
                                                                '
EXODE, CllAP. SEPTIÈME.                          337
   g. Quand Pharaon vous parlera, en disant: Donnez pour vous
un prodig'e; et tu diras à Almon: Prends ton bâton, et jette (-le)
devant Pharaon, il deviendra un serpent d'eau.
   10. Et lVIoscheh vint, ct Aharoll, vers Pharaon, ct ils firent ainsi
qu'avait ordonné J~~IIOVAII ; Cl Aharon jeta son bâton devant Pha·
raon, ct devant ses serviteurs, et il devint un serpent d'cau.
    1,1. Et Pharaon aussi appela les sages ct les prestigiateurs; et
ils firent aussi eux, les mages d'Égypte, par leurs enchantements
ainsi.
    12. Et ils jetèrent chacun leur bâton, ct ils devinrent des sel'­
pents d'eau; et le bâton d'Aharon engloutit leurs bâtons.
    13. Et le cœur de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point,
ainsi qu'avait parlé JEHOVAH.
    14,. Et JEHOVAH dit à Moscllell : Appesanti est le cœur de Pha­
raDn , ill'efuse de renvoyer le peuple.
    15. Va v(jrs Pharaon au malin; voici, il sort vers les eaux, et
pose-toi au-devant de lui SUl' la rive du lIeuve; et le bâton, qui a été
changé en serpent, prends (-le) dans ta main.
    16. Et tu lui diras: JÜWVAH DIEU des Hébreux m'a envoyé vers
toi, en disant: H.envoie mon peuple, et qu'ils me servent dans le
désert; et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici.
    17. Ainsi a dit JÉHOVAII : En ceci tu connaîtras que iloi (je suis)
JEHOVAH; voici, moi je frappe du bâton, qui (est) dans ma main,
sur les eaux qui (sonl.) dans le fleuve, et clIcs seront changées en
sang;
    18. Et le poisson qui (est) dans le fleuve mOUlTa, ct le fleuve
puera, ct les Égyptiens auront peine à boire des caux du fleuve.
    19. Et JEIlOVAII dit à iUoschell; Dis à Aharon: Prends ton hâton,
et étends ta main sur les caux de l'Égypte, sur leurs tOlTents, SUl'
leurs fleuves, et sur leurs étangs, et sur tout amas de leurs eaux, ct
 elles seront du sang; et il y aura du sang dans toute la terre d'É­
 gypte, et dans les bois et dans les pierres.
    20. Et ainsi llrent iloscheh et Aharon, scion qu'avait ordonné
JEHOVAH; et il leva le b~lton, et il frappa les eaux qui (étaient) dans
 le fleuve, aux yeux de Pharaon ct aux yeux de ses sCI''iteurs,
 et toutes les eaux qui (étrtienl) clans le fleuve furent changées en
sang.
         XL                                                  22
338                       ARCANES CÉLESTES.
     21. Et le poisson qui (était) dans le fleuve mourait, et le fleuve
 puait, et les Égyptiens ne pouvaient point boire de l'eau du fleuve;
 et il y cut du sang dans toute la terre d'Égypte.
    22. Et ainsi firent les mages d'Égypte par leurs enchantements;
 et le cœUl' de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point, ainsi
 qu'avait parlé JEHOVAII.
    2:3. Et Pharaon regarda, et vint vers sa maison, et il n'appliqua
 point son cœur même à cela.
    2L Et tous les ~~gyptiens creusèrent alentour du fleuve pOUl' des
 eaux à boire, parce qu'ils ne pouvaient point boire des eaux du
 fleuve.
    25. Et sept jours s'accomplirent après que JEIIOVAH eut frappé le
fleuve.
    26. Et JÉHOVAH dit à lIoscheh : Viens vers Pharaon, et tu lui
diras: Ainsi dit JÉHOVAH: Renvoie mon peuple, et qu'ils me ser­
vent.
    27. Et si tu refuses, toi, de (le) renvoyer, voici, J'lIoi, je frapperai
toute ta frontière de grenouilles.
    28. Et le fleuve fera pulluler des grenouilles, et elks monteront
et viendront dans ta maison, et dans l'appartement de ta couche, et
SUl' ton lit, et dans la maison de tes serviteUl's, et dans (celles) de
ton peuple, et dans tes fours et dans tes huches.
    29. Et sur toi, et SUl' ton peuple, et SUI' tous tes serviteurs mon­
treront les grenouilles.

                              CONTENU.


   7264. Dans le sens interne, dans ce qui suit, il s'agit de la Vas­
tation, et enfin de la Damnation de ceux qui sont dans les faux et
dans les maux; la progression de leur dévastation est décrite par
les onze plaies répandues SUI' les Égyptiens et sur leur terre.
   7265. Dans le sens interne de ce Chapitre ils'agit des trois pre­
miers degrés de la vastation ; le Premiel', qui consiste en ce que
chez eux commençaient à régner de pUl'es illusions, d'aü prove­
naient les faux, est décrit par le serpent en lequel fut changé le bâ­
ton d'Aharon : le Second, qui consiste en ce que les vrais mêmes
EXODE, CHAP, SEPTiÈME.                            339
chez eux devenaient des faux, et les faux devenaient des vrais, est.
décrit par le sang en quoi furent changées les eaux: le Troisième
degré, qui consiste en ce qu'ils raisonnaient d'après les faux contre
les vrais et les biens qui appartiennent à l'Église, est décrit par les
grenouilles sortant du fleuve.


                          SENS INTERNE.


     7266, Yers. '1, 2,3,4,5,6,7, Et Jéhovah dit à ilfoscheh: Vois,
je t'ai donllé(pour) Dieu à Phamon, et Ahal'on ton frère sera ton
 prophète. Toi, tu prononcen/,S tout ce qUi; je t'aumi ordonné, et Aha­
 l'on ton (l'ère parlera à Phamon, et qu'il renvoie les fils d'Israël de
 sa ten'e. Et ilfoi f endurcimi le cœur de Pharaon, et je multiplierai
 files signes ct mes prodiges duns la terre d'Égypte, Et Phamon ne
VallS écoutem point; et je mettrai ma main SUI' les Égyptiens, et je

 relÏl'erai mes années, mon peuple, les fils d'lsmël, de la terre d'É­
gypte, pal' de grands jugements, Et les É'gyptiens connaÎtl'ont qUe
~foi (je suis) Jéhovah, en ce que j'étendrai ma main S1/1' les Égyp­
tiens, et je retil'CJ'ai les fils d'Israël du milieu d'eux, Et illoscheh
fil, et Aharon, comme leur avait ordonné Jéhovah; ainsi ils firent,
Et ~loscheh (était) fils (àgé) de quatre-vingts ans, et Aharon fils
(âgé) de quatre-vingt-trois (WS, quand ils parlèrent à Pharaoll. - Et
Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'instruction: vois ,je t'ai donné (pom)
Dieu à Phamon, signifie la Loi Divine et la puissance de celle loi
sur ceux qui sont dans les faux: et Aharon ton {l'ère sera ton pro­
phète, signifie la doctrine qui en provient: toi, tu prononceras tout
ce que je t'aumi ordonné, signifie la réception de l'influx Divin, et
la communication: et Aharon ton (l'ère 7Ja1'lem à Pharaon, signifie
la réception de l'influx qui en provient, et la conmlUnication avec
ceux qui sont dans les faux: et qu'ill'elwoie les fils d' Ismël, signifie
pour qu'ils se départent de l'infestation: et Moi f endurcimi le cœur
de Phamon, signifie l'obstination provenant du mal du faux. : et je
multipliemi mes signes et mes prodiges, signifie les aver~issel1lents
de tout genre, etquïl n'y manquera rien: dans la terl'e d'Egypte, si­
gnifie où sont ceux qui infestent: et Pharaon ne vous écoutem point,
signifie que ceux qui sont dans les faux ne recevront point: et .ie
340                   ARCANES CÉLESTES,
    mettJ'ai ma main SUT les Égyptiens, signifie qu'en conséquence ils
    seront forcés par la Divine puissance: et je 1'etÎ1'emi mes armées,
    mon peuple, les /ils d'Israël, signifie que ceux qui sont dans les
    biens et dans les vrais seront délivrés: de la terre d'Égypte, signifie
    des infestations: par de gmnds jugements, signifie stlon les lois de
    l'ordre: et les Égyptiens connaÎtront que Moi (je suis) Jéhovah, si­
    gnifie qu'ils auront la crainte du Divin: en ce que f étendmi ma
    main SU1' les Égyptiens, signifie quand ils remarqueront la puis­
    sance Divine contre eux: et je retircmi les {ils d'Israël du milieu
    d'eux, signifie et quand ils verront que ceux qui sont de l'J~glise
    spirituelle sont délivrés: et Moscheh fit, et Altm'on, comme lew'
    avait ordonné Jéhovah, ainsi ils ,fi1'ent, signifie que ce qui avait été
    dit fut aussi fait: et Mosclteh (était) fils (âgé) de qlUttre-vingts ans,
    sig'nifie l'état et la qualité de la Loi venant du Divin: et Aharon fils
    (ùgé) de quatre-vingt-trois ans, signifie l'état et la qualité de la doc­
    trine: quand ils parlè1'ent à Pharaon, signifie quand ces choses fu­
    rent commandées.
      , 7267, Et Jéhovah dit à JlIoscheh, signifie l'inst7'uction,. ici,
    comment il faut procéder avec ccux qui sont dans les faux et qui in­
    festent: on levoit par la signilîcation de Jéhovah dit, en ce que c'est
    l'instruction, ~o 7186,
        726.8. Vois, je t'ai dOllué pour Dien à Pltamon, signifie la Loi
    Divine et la puissance de celle loi SU1' ceux qni sont dans les {aux:
    on le voit par la signification de te donner pour Dieu, en cc que c'est
    le Divin Vrai, ou, ce qui est la même chose, la Loi Divine, et aussi
•   la puissance de cette Loi; en effet, dans la Parole, lorsqu'il s'agit
    du Vrai, et aussi de la puissance du vrai, il est dit Dieu, mais lors­
    qu'il s'agit du Bien, il est dit Jéhovah, voi1' N0s 300, 2586 , 2769,
    2807,282'2,3910, 392'1 f. 4287,4295, 4402,70'10; et par la repré­
    sentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux
    et qui infestent, N°s 665'(,6679,6683. Quant à ce qui concerne en
    outre la signification de DIEU, il faut qu'on sache que Dieu dans le
    sens suprême est le Divin qui est au-dessus des Cieux, tandis qlle
    Dieu dans le sens interne est le Divin qui est daM les Cieux; le Di­
    vin qui est au-dessus des Cieux est le Divin Bien, mais le Divin qui
    est dans les Cieux est le Divin Vrai; en effet, du Divin Bien procède
    le Divin Vrai, et ce Vrai fait le Ciel ct le disposc; car cc qui cst ap­
l~XODE, CHAP. SEPTIÈME.                          34-·1
pelé proprement le Ciel n'est autre chose que le Divin qui là a été mis
en forme, puisque les Anges, qui sont dans le Ciel, sont des formes
humaines récipientes du Divin, et constituant la forme commune
qui est celle de l'homme: et comme le Divin Vrai dans les Cieux est
ce qui, dans la Parole de l'Ancien Testament, est entenùu par Dieu,
c'est de là que dans la Langue originale Dieu est nomm6 Elohim
au pluriel; et c'est aussi de lit que les Anges qui sont dans les Cieux,
étant des récipients du Divin Vrai, sont appelés dieux; comme dans
David: « Qui dans le Ciel se comparera à Jéhovah, sera assimilé il
Jéhovah entre les fils des dieux? )) - Ps. LXXXIX. 7, 8,9: -dans
le Même: « Donnez il Jéhovah, fils des dieux, donnez à Jéhovah
Il gloire et force. )) - Ps. XXIX. 1 : - dans le Même: « Moi, j'ai
)) dit: Des dieux, vous; et des lils du Très-Haut, vans tous. )) ­
Ps. LXXXll. 6.- Dans Jean: « Jésus dit: N'est-il pas écrit dans
» votre Loi: Moi, j'ai dit : Des dieu.x vous ètes ; ainsi elle a appelé
») dieux ceux à qui la Parole a été adressée. » -    X. 31,35; - et en
outre dans les passages olt le Seigneur est appelé le Dieu des dieux
et le Seigneur des seigneurs, comme Gen. XLVI. 2, :3. Deutér. X.
17. Nomb. XVI. 22. Dan. XI. 36. Ps. CXXXVI. 2,3: d'après cela
on peut voir en quel sens Moscheh est appelé dieu, ici dieu pour
Pharaon, et dieu pour Aharon, Exod. IV. '16, savoir, paiTe que
l1oscheh représentait la Loi Divine, qui est le Divin Vrai ct est ap­
pelée la Parole; c'est de là au~si qu'Aharon est appelé ici son pro­
phète; et, dans le passage précédent, sa bouche, c'est-à-dire, celui
qui, d'une manière ad6quate à l'entendement, énonce le Divin Vrai
qui procède immédiatement du Seigneur et surpasse tout entende­
ment; et comme le prophète est celui qui enseigne ct énonce le
Divin Vrai d'une manière adéquate à l'entendement, le prophète
est aussi la doctrine de l'Église; il en sera question dans ce qui va
suivre.
  7269. Et Ahal'on ton {l'ère sera ton prophète, signifie la doctrine
qui en provient: cela est évident par la signlllcation du Prophète,
en ce qu'il est le vrai de la Doctrine, ainsi la Doctrine d'après la
Parole, No 2531; qu'A1aron représente la Doctrine de l'Église ou la
doctrine du bien et du vrai, tirée de la Parole, on le voit los 6998,
7009, 7089: comme le prophète signifie la doctrine, il en résulte
34'2                   ARCANES CÉLESTES.

que dans le sens déterminé il signifie celui qui enseigne, selon      C0

qui vient d'être dit :No 7268 à la fin.

   7270. Toi, tu prononceras tout ce que je t'aurai ordonné, signifie
la réception de l'influx Divin et la communication; - (et Aharon
ton {rère'parlera à Pharaon, signifie la réception de l'influx qui en
provient, et la communication avec ceux qui sont dans les (aux): on
le voit par la représentation dellIoscheh, qui prononcera, en ce qu'il
est le Divin Vrai; et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est
la Doctrine qui en provient, N° 7089 : pal' la signification de pro­
noncer, en ce que c'est J'inllux et la réception de J'inllux, N° 5797;
ct par la signification d' orclonner, en cc que c'est aussi J'influx,
N°s 5i86, 5732, ici la réception de J'influx: d'après cela il est évi­
dent que prononcer signifie J'Influx médiat du Divin Vrai dans la
Doctrine, c'esHl-dire, chez celui qui enseigne, car il est entendu
que ~loscheh, qui est le Divin Vrai, prononcerait ce que lui ordon­
nerait Jéhovah, à Aharon qui est la Doctrine ou celui qui enseigne,
ainsi acelui qui devait communiquer; et qu'ordonner signifie I1nllux
Divin immédiat dans la Loi Divine qui est représentée par Moscheh.
On peut voir comment cela doit êtl'e entendu, d'après ce qui a été
précédemment dit N°s 7009,70'10, savoir, que i'loscheh représente
le Vrai qui procède immédiamentdu Divin, et qu'Altaron représente
le Vrai qui en procède médiatement: celui qui ne sait pas ce qu'il
en est de l'ordre dans les successifs, ne ~ut pas non plus savoir ce
qu'il en est de l'Influx, il est donc à propos de le dire en peu de mots:
le Vrai qui procède immédiatement du Seigneur, venant du Divin
Infini lUême, ne peut en aucune manière être reçu par aucune sub­
stance Vivante qui est finie, ainsi par aucun Ange; le Seigneur en
conséquence avait créé des successifs, par lesquels comme moyens
pourrait être communiqué le Divin Vrai procédant immédiatement;
mais le premier successif créé est trop plein du Divin pour pouvoir
non plus être reçu par aucune substance v'ivante qui est finie, ainsi
par aucun Ange; le Seigneur a donc encore créé un successif, par
lequel le Divin Vrai procédant immédiatement fùt susceptible d'être
reçu quant à quelque partie; ce successif est le Vrai Divin, qui est
 dans le Ciel; les deux premiers successifs sont au-dessus des cieux,
 et sont comme des ceintures radieuses de flammes, enveloppant le
 soleil, qui est le Seigneur; tel est l'ordre successif jllsqll'au Ciellc
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                           343
   plus près du Seigneur, c'est-à-dire, jusqu'au Troisième Ciel, oit sont
  les Innocents et les Sages; de là il Ya une continuation successive
  jusqu'au dernier Ciel, et depuis le dernier Ciel jusqu'au sensuel et
  au corporel de l'homme, qui reçoivent en demier l'influx: d'après
  cela on voit qu'il ya des successions continues depuis le Premier,
  c'est-à-dire, depuis le SeigneUl" jusqu'aux derniers, qui sont chez
  l'homme, et même jusqu'aux derniers, qui son t dans la nature; les
  derniers qui sont chez l'homme, comme aussi ceux qui sont dans la
  nature, sont paresseux respectivement et par suite froids, et sont
 communs respectivement et par suite obscurs; de là il est encor8
 évident que par ces successions il y a un enchaînement continu de
 toutes choses avec le Premier Etre : l'Intlux a lieu selon ccs succes­
 sions; car le Divin Vrai,'; qui procède immédiatement du Divin
 Bien, influe successivement; et dans le chemin ou autour de chaque
 nouveau successif il devient plus commun, ainsi plus grossier et
 plus obscur, et il devient plus lent, ainsi plus paresseux et plus
 froid: d'après ce qui vient d'êtl'e dit, on voit clairement qnel est
 l'ordre Divin des suecessifs, et pal' suite quel est l'ordre Divin des
 influx. lIais il faut bien savoir que le Vrai Divin, qui influe dans
le Troisième Ciel le plus près du Seigneur, influe aussi en même
temps sans formation successive jusque dans les derniers <le l'ordre,
et que là par le Premier immédiatement aussi, il gouverne loules
choses en général et en particulier, el pourvoit il toutes choses en
général et en particulier; par là les successifs sont contenus dans
leur ordre et dans leur enchaînement. Qne cela soit ainsi, c'cst
même ce qu'on peut voir en quelque sorte par cette ('ègle bien con­
nue des Él'Udits dans le monde, qu'il n'y a qu'une substance uni­
que, qui soit substance, et que toutes les autres choses sont des
formations qui en proviennent, et que cette substance unique ('ègne
dans ces formations, non-seulement comme forme, mais aussi
comme non-forme, ainsi que dans son origine; s'il n'en était pas
ainsi, ce qui a été formé ne pourrait en aucune manière ni subsister
ni agir; mais ceci soit dit pour l'intelligent.
  7271, Et qu'il "envoie les (ils d'Israël, signifie pOItl' qu'ils se
départent de l'infestation; on le voit par la représentation de Pha­
raon à qui ces paroles devaient êtrQ dites, en cc qu'il désigne ceux
qui infestent parles faux, ["os7'107, 7110, 71'26, 7H2; pal' la
3U                    AltCANES CÉL~STES.
signification de J'envoyel', en ce que c'est pour qu'ils se départent;
et pada représentation des /ils u'lsraël, en ce qu'ils sont ceux de
l'Église spirituelle, comme N0s 6426, 6637, 6862, 6868, 7035,
7062, 7~98.
   7272. El Moi jendul'cirai le cœur de PhaJ'aon, signifie l'obstina­
tion ]J1'OVenanl du mal du {aux: on le voit par la signification d'en­
dUl'ci1', en ce que c'est l'obstination; qu'elle provienne du mal ùu
faux, c'est ce qui est signifié par le CœU1' de Phamon, car le Cœur
dans le sens réel signifie le bien qui appartient à rAmour céleste,
Nos 3313, 3887, 3889, de lil, dans le sens opposé, il signifie le mal
infernal; c'est le mal du faux, parce que Pharaon représente ceux
qui sont dans le faux. Le mal du faux est le mal qui tire son origine
des principes du faux; par exemple, qu'on serait sanctitlé par les
extel'l1es, comme chez les Israëlites et les Juifs, pal' les sacrifices,
pal' les ablutions, par l'aspersion du sang, et qu'on ne serait pas
sanctitlé par la charité et la foi, et qn'ainsi l'on serait saint, quoi­
qu'on vecut dans les haines, les vengeances, les rapines, les cruau­
tés et autres passions semblables; voilà des maux qui sont appelés
maux du faux, parce qu'ils tirent leur origine des principes'Ùu faux.
Soit aussi pour exemple, celui qui croit que la foi seule sauve et que
les œuvres de la charité ne font rien pour le salut, puis aussi qui
croit qu'on est sauvé même à la dernière heure de la mort, de quel­
que manière qu'on ait vécu pendant tout le cours de la vie; et qui,
d'après ces principes, vit sans aucuhe charité, dans le mépris pour
les autres, dans l'inimitié et la haine contre quiconque ne le respecte
pas, dans la cupidité de la vengeance, dans la concupiscence de
priver les autres de leurs biens, dans l'inhumanité, dans l'astuce,
 dans la fraude; ces maux sont aussi des maux du f:lux, parce que
d'après le faux il se persuade ou qu'ils ne sont point des maux, ou,
 si ce son t des maux, qu'ils seront néanmoins effacés, pourvu qu'a­
 vant d'expirer il confesse, d'après une contlance apparente; la mé­
 diation du Seigneur, et le nettoiement des péchés par la passion de
 Sa croix, Soit encore pour exemples, cellx qui adressent des sup­
 plications à des hommes morts comme saints, et ainsi les adorent,
 et adorent même leurs images; le mal de cc culte est un mal du
 faux. Ceux qui font le mal du faux croient tous que le faux est le
 vrai" et par conséquent 011 qlle ce mal n'est pas lin mal, ou qn:il
EX.ODE, CHAP. SEP'n~:iVŒ.                         34-5
n'est pas damnable. JI en est de même de CCliX qui cl'oient que les
péchés peuven t être pardonnés pal' les hommes; (:t de ceux qui
croient pouvoir être introduils dans le ciel, quc:ls que soient leurs
péchés, c'est-;'-dire, quelles que soient leur puantelll' ct leur infec­
tion spirituelles. En un mot, il y a alitant de maux du faux, que de
faux de la foi et du culte: ces maux condamnent, mais non autant
que les maux d'origine du mal; les maux d'origine du mal sont ceux
qui proviennent d'ulle cupidité résultant de l'amour de soi ct du
monde.
  7273. Et je multipliemi mes signes et mes p1'odige,~, signifie les
avel'tissements de tout genre, el qu'il n'y manquera l'ien: on le voit
par la signiJication des signes et des p1'odiges, en cc que ce sont les
conlirmations de la vérité, Nos i:l900, 6870,70'12, et aussi les moyens
de la puissance Divine, N°69' 0, ici les avertissements, car de cette
manière non-seulament ils voyaient qu'ils étaient dans les faux,
mais encore ils voyaient la puissance Divine, ct pal' Ut ils étaient
avertis. S'il est dit que des avert.issements de tout gel1l'e sont adres­
sés il ceux qui sont dans les faux, ct qu'il n'y manquera rien, c'est
parc(que la:damnation de ceux qui sont dans les maux est faite
non :pas au moment ai.! ils viennent dans l'autre vie, mais après
qu'ils ont d'abord été visités, c'est-à-dire, examinés; les examens
se font, afin qu'ils apel'çoivent eux-mêmes qu'ils ne peuvent qu'être
 damnés, parce qu'ils n'ont pas vécu autrement; ct aussi afin que
 les esprits et les anges sachent qu'ils ont été tels; ainsi ils ne peu­
 vent pIns se disculper auprès d'eux-mêmes ni auprès des autres:
 l'ordre selon lequel ils sont examinés est l'ordre du Vrai Divin, qui
 est tel, qu'il n'y manque absolument rien: l'ordre du Vrai Divin,
 concernant les méchants qui sont damnés, diffère de l'ordre du
 Vrai Divin concernant les bons qui sont sauvés; la différence est
 que l'ordre concernant les méchants qui sont damnés, appartient
  au Vrai Divin séparé du Divin Bien, ainsi séparé de la Miséricorde,
  et cela, parce qu'ils n'ont pas reçu le DivÙl ilien, et ont ainsi rejeté
  la Miséricorde; tandis qne l'ordre- concernant les bons qui sont
  sauvés, appartient au Vrai Divin conjoint au Divin Bien, ainsi à la
  lIisél'icorde, et cela, parce qu'ils ont reçu le Divin Bien, ainsi la
  Miséricorde du Seigneur: comme les méchants sont examinés pal'
   degrés selon l'ordre, c'est aussi par drgl'és qa'ils sont, jugés et
;H6                   AHCANES CÉLESTES.
 damnés. D'après cela, on peut savoir qu'il est donné des avertis­
 sements de tout gellI'e, afin qu'il ne manque rien, avant qu'ils soient
 condamnés à l'enfer; c'est là ce qui est aussi signifié par les signes
 et les miracles faits en Égypte, avant que les premiel's·nés aient été
 détruits, et que les Égyptiens aient péri dans la :l'ier de Suph; car
 la 11er de Sup11 est l'Enfer.
    721 L Dans la telTe d'Égypte, signifie où sont ceux qui infestent:
 on le voit par la signification de la terre cl'Égypte, en ce que c'est
 où sont ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N° 7240.
    727'6. Et Pharaon ne vous écoutera point, signifie que ceux qui
sont dans les faux ne recevront point: on le voit d'apl'ès ce qui a
 déjà été dit N° 7224" où sont les mêmes paroles.
    7276. Et je 11leltmi ma main SUl' les Égyptiens, signifie qu'elt
conséquence ils seront forcés par la Divine puissance: on le voit pal'
 la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N°s 878,
 493,1 à 4937,5327, 5328,701 'l, 7'188,7,189, et la Divine puissance,
quand Jéhovah parle de Lui et dit ma Main,. et par la signification
des Égyptiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et
qui infestent, ainsi qu'il a dejà été dit; de là il est évident que je
mettrai ma main SUl' les Égyptiens, signifie que ceux qui sont dans
les faux seront forcés par la Divine puissance.
    7271. Et je retiremi mon armée, mon peuple, les {ils d'lsmël,
signifie que ceux qui sont clans les. biens et dans les VI'ais seront
déliwés : on le voit par la signification de retil'er, en ce que c'est
Mlivrer; par la signification de "crnnée, en ce que ce sont to~J les
genres de biens dans les vrais; par la signification du peuple, en ce
qu'il se dit de ceux qui sont dans le vrai eLdans le bien spirituel, N0s
1209, '1260, 3295, 3'68-1, 4.6,19, ainsi en ce qu'il désigne ceux de
l'Église spirituelle, N°s 2928, 7207; et par la représentation des (ils
d'lsmël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N0 7271,
ainsi ceux qui sont dans les biens et dans les vrais.
   7278. De la telTe d'Égypte, signifie. des infestations: on le voit
par la signification de la tel'l'e d'Égypte, en ce que c'est où sont
ceux qui sont dans les faux et qui infestent, Nos 72H), 7274., par
conséquent aussi les infestations, car la terre signifie la nation e1le­
même, et la nation dans le sens interne signifie ce qui appartient à
la nation, ici donc l'infestation.
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                           34.7
  7279. Par de grands jugements, signifie selon les lois de l'ordre:
on le voit <.l'après ce qui a été dit ci-dessus No 7'206.
   7280. Et les Éyypticns connaîtront que 1lIoi je suis Jéhovah, si­
gnifie qu'ils al/l'ont la crainte du Divin: on le voit par la significa­
tion de connaître que Moije sui.s Jéhovah, en ce que c'est avoir la
crainte du Divin, ainsi qu'il va être expliqué; ct par la signification
des Égyptiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et
qui infestent. Quant à ce qui concerne la crainte qu'auront du Divin
ceux qui sont dans les faux et qui infestent, il faut qu'on sache qne
la crainte est l'unique moyen de réprimer les infernaux et de les
tenir dans des liens: la crainte, en effet, est un lien commun,
tant pOUl' ceux qui sont probes, que pOUl' ceux qui sont méchants;
mais pOUl' ceux qui sont probes il y a une crainte interne, qui con­
cerne le salut, savoir, une crainte de périr quant il l'âme, et pour
cela même une crainte de faire quelque chose de contraire il la con­
science, c'est-il-dire, de contraire au vrai ct au bien qui appartien­
nent à la conscience, par conséquent il y a pour eux crainte de faire
quelque chose de contraire au juste et à l'équitable, ainsi de faire
quelque chose tle contraire au pl'ochain; mais cette crainte devient
une crainte sainte, en tant qu'elle est conjointe à '.aCfection de la
charité, ct plus sainte encore en tant qu'elle est conjointe à l'amour
pour le Seigneur; la crainte alors devient telle que celle des petits
enfants envers leurs parents qu'ils aiment; alors autant ils sont
dans le bien de l'amoUl', autant la crainte ne se montre point, mais
autant ils ne sont pas dans le bien, autant elle se montre et devient
anxiété; telle est la crainte de Dieu, tlont il est soment fait mention
dans la Parole. Mais la crainte chez ceux qui sont méchants n'est
point une crainte interne, savoir, pour le salut, ni par suite une
cminte de la conscience, cal' ils cnt dans le monde rejeté entière­
ment une telle crainte, tant par la vie que par les principes du faux
qui favorisaient leur vie; mais à la place de la crainte interne il y a
chez eux une crainte externe, savoir la crainte d'être privé des hon­
neurs, du lucre, de la réputation qui conduit aux honneurs cL aux
richesses, d'être puni solon les lois, d'être privé do la viej voilà ce
que craignent ceux qui sont dans le mal, quand ils sont dans le
monde: quand ils viennent dans l'autre vie, comrnc ils ne peuvent
pas êtl'e réprimés ni tonus dans des liens pal' une crainteintel'nc,
3.,8                 ARCANES CELESTES.
ils sont retenus par une crainte externe, qui leur est imprimée par
les punitions; de là pour eux la crainte de faire le mal; et enfin
celte crainte devient pour eux la crainte du Divin, mais crainte
externe, comme il a été dit, laquelle est sans aucune volonté de
cesser de faire le mal d'après l'affection du bien, mais seulement
d'après la terreur des chcîtiments qu'enfin ils envisagent avec hor­
rem'. Maintenant, d'après ce qui vient d'être dit, on peut voir que la
crainte est l'unique moyen de tenir dans des liens; et que la crainte
externe, qui est la crainte des punitions, est l'unique moyen de ré­
primer les méchants, et que c'est là le motif des tourments des mé­
chants dans l'enfer: en effet, quand les méchants viennent dans
l'autre vie, dès que les liens externes qui les retenaient dans le
monde leur sont ôtés, et qu'ils sont abandonnés à lems cupidités,
 ils deviennent comme des bêtes féroces, et ne désirent rien avec plus
de fureur que de dominei', et de perdre tous ceux qui ne les favori­
sent pas, c'est là le plus grand plaisir de leur vie; car alltant quel­
 qu'un s'aime soi-même, autant il hait tous ceux qui ne le favorisent
 pas et autant quelqu'un ûst dans la haine, autant il est dans le'
 plaisir de détruire; mais dans le monde cela est caché.
  728,1. En ce que f étendrai ma main sur les Égyptiens, signifie'
quand ils remarque1'Ont la puissance Divine contre eux: cela est
évident par la signification de la 'main) lorsqu'elle se dit du Divin"
en ce qu'elle est la puissance Divine, N0 7276, d'où l'on voit claire­
ment ce que c'est qu'être assis à la droite de Dieu, c'est-à-dire que
c'est la Toute-puissance; ct par la signification des Égyptiens) en
ce qu'ils sont ce!1x qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi
qu'il a été dit ci-dessus.
    7282. Et je retirerai les fils d'Israël du milieu d'eux, signifie et
 quand ils velTont que ceux qui sont de l'Église spirituelle sont dé­
 livrés: on le voit par la signification de l'etirel', en ce que c'est être
 déliyré, comme ci-dessus No 7277; et pal' la signification des fils
 d' Ismiil) en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N0 727,1.
     7283. Et 1l'1oscheh fit) et Aharon) comme leur avait ordonné
 Jéhovah, ainsi ils firent, signifie que ce qui avait été dit (ut fait
 aussi: on peut le voir sans explication.
     7284. Et illoscheh était fils (âgé) de quatre-vingt ans, signifie
 l'état et la qualitt! de la Loi venant du Divin: on le voit par la
EXODE, CHAP. SEPTIl~ME.                           34.9
représentation de Moscheft, en ce qu'il est la Loi venant du Divin,
Nos 677,1, 6827; et par la signification de quatre-vingt ans, en cc
que c'est l'état et la qualité de la Loi venant du Divin, savoir, chez
ceux qui sont de l'Église spirituelle, au premier temps de la visite;
il n'est pas po~ible dedire ce que signifie spécialement quatre-vingt,
parce que le" nombre enveloppe tout état et toute qualité de la Loi
venant du Divin alors chez eux; que quatre-vingt soit l'élat des
tentations. on le voit N° 1963, mais alors quatre-vingt enveloppe
la même chose que quarante; toutefois comme il se compose aussi
de dix et de huit multipliés entre eux. on doit aussi tirer de là
la si~nWcation de ce nombre; on peut voir ce que signifie dix,
N°s 576, 1906, ~988, 2281,3107,4.638, et ce que signifie 11l1it,
N°s 20U, 2866; et en général que tous les nombres signifient des
choses, ct même les états et la qualité des choses, N°s 482, 487, 575,
647,648,755,8'3,1963, 198R, 2075, 2252, 3252, 4264, 4495,
4670, 5265, 529,1, 5335, 5708, 6175.
   7285. Et Aharon fil.ç (âgé) de quatl'e-vingt-trois ans, sigllifie
l'état et la qualité de la docll'ine : on le voit par la représentation
d'A/taron, en ce qu'il est la doctrine de l'l~glise, N°s 6998,7009,
7089; ct par la signification dn nombre quatre-llingt-trois, en ce
que c'est l'état et la qualité, savoir, de cette doctrine; mais il n'est
pas possible de savoir spécialement l'état ct la qualité, si ce n'est
pal' la fC<luction de ce nombre ,dans les nombres simples qui le
composent, ct ensuite par l'èlpplication à ceux chez qui est ~a doc­
trine; voir en outre sur les nombres dans la Parole, ce qui vienl
d'être dit N° 7284.
   7286. Quand ils parlèrent cL Plzamon, signifie quand ces choses
{urent commandées: on le voit par la signification de pm'lel', en cc
que c'est le commandement, No 72ftO; ct par la représentation dc
Phamon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux ct qui
infestent, N0s 7·107,7·1010,7'126,7-142.
   7287. VCl'S. 8, 9, ~ 0, '101, 12, 13. Et Jéhovah dit cL Moscheh et
à Aharon, en disant: Quand Phamon vous parlem, en disant:
Donnez pOUl' VOllS un prodige; et lU clil'as cL Alzal'on: Prends ton
bilton, et jette- (le) devant Pfwmo11, il deviendra Wl serpent cl'eau.
El, Moschelt vint, et Aharon, vers Pha1'(lon, et ils (il'cnt ainsi qu'{/­
vaü ordonné JéhoNlh; et .1hIll·OIl jeta son bâto11 devaut Pharaon"
350                    ARCANES CÉLESTES.
et devant ses sel'viteul's, et il devint un sel'pent d'eau. Et Pltaraon
aussi appela les sages et les prestigiateul's, et ils firent aussi eux,
les mages d'Égypte, ]Jar leurs enchantements, ainsi. Et ils ,jetèrent
chacun leur bâton, et ils devinrent des serpents d'eau; et le bâton
d'Aharon engloutit leurs bâtons. Et le cœur de Phamon (ut ren­
(orcé, et il ne les écoula point, ainsi qu'avait pa1'lé Jéhovah. ~
Et Jéhovah dit à Moscheh et à Aharon, en disant, signifie l'instl'Uc­
tion : quand Pharaon vous parlera, signifie si pour eux il y a doute
concernant le Divin: en disant: Donnez perur vous un prodige,
signifie et qu'en conséquence ils veuillent être conllrmés: et tu
diras à Aharon, signifie l'influx et la communication: prends ton
Mton, et jette- (le) devant Pharaon, signifie la puissance qui est
montrée: il deviendm un sel'pent d'eau, signifie en ce que de pm'es
illusions et par suite les faux règneront chez eux: etllfoscheh vint, et
Aharon, vel'S Phamon, et ils firent ainsi qu'avait ordonné Jéhovah,
signifie l'effet: et Ahm'on ,jeta son Mton devant Pharaon et devant
ses serviteurs, et il devint un sel'pent cf eau, sign We que de pures
illusions et par suite les faux régnaient chez eux: et Pharaon aussi
appela les sages et les prestigiatcurs, signifie l'abus de l'ordreDivin:
et ils firent aussi eux, les magcs d' J};gypte, pal' leU1's enchantements,
ainsi, signifie ainsi en apparence la même chose en pervertissant
les fi ns de l'ordre: et ils jetèrent c~acun lcur bitton, et ils devinrent
des serpents d'eau, signifie la puissance d'après l'ordre cn ce qu'ils
dcvinrent stupides quant à la perception du vrai: et le Mton d'A­
haron engloutit leurs bâtons, signifie que celte puissance leur fut
 enlcvée: et le cœur de Phamon (ut renforcé, signifie l'obstination:
et il ne les écouta point, signifie que ceux qui étaient dans les maux
provenant des faux ne recevaient point: ainsi qu'avait parlé Jého­
vah, signifie la prédiction.
   7288. Et Jéhovah dit à llloscheh et et Aha1'On, en disant, signifie
l'instruction: on le voit par la signification de Jéhovah dit, en ce que
c'est l'instruction, N°s 6879, 6881, 6883, 689·1.
  7289. Quand Pharaon vous pm'lem, signifie si pour eux il y a
doute concernant le Divin: on le voit par les paroles qui suivent,
savoir, « si Pharaon dit: Donnez un prodige;» que ces paroles
renferment un doute concernant le Divin, cela est évident; en effet,
vouloir un prodige, c'est douter avant qu'on soit confirmé d'nne
manière sensuelle.
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                             351
    7290. En disant: Donnez poU?' vous un p"odige, signifie et qu'en
 con,~équence ils veuillent êo'c confirmés: on le voit par la significa-
 tion des p,'odiges et des signes, en ce qu'ils sont les confirmations
 des vérités, ~os 3900, 6870, Quan t à ce qui concerne les prodiges
 et les signes clont il est question dans ce qui va suivre, il faut qu'on
  sache qu'ils ont été faits chez des hommes, qui avaient été dans le
  culte externe et. ne voulaient rien savoir du culte interne; car ceux
  qui avaient été dans un tel culte, devaient être contraints par des
  moyens externes; c'est de là que des miracles ont été faits cbez le
  peuple Israëlite ct Juif, car ils étaient seulement dans le culte ex-
  terne sans aucun culte interne; et c'était aussi dans le culte externe
  qu'ils devaient être, puisqu'ils ne voulaient pas être dans le culte
  interne, et cela, afin que dans les externes fussent représentées les
  choses saintes, et qu'ainsi il y eût une communication avec le Ciel,
 comme par quelque chose de l'Église, car les correspondances, les
 représentatifs ct les significatifs conjoignent le monde naturel au
 monde spit'ituel; c'était donc pour cela que tant de miracles ont
 été faits chez cette nation: mais chez ceux qui sont dans le culte
 interne, c'est-à-dire, dans la charité et dans la foi, il n'èst point fait
 de miracles, parce que les miracles sont dangereux pour eux, cal'
 ils forcent à croire, ct cc qui est l'effet de la contrainte ne reste
 point, mais se dissipe; les internes du culte, qui sont la foi cl la
 charité, doivent être implantés dans la liberté, car alors ils sont
appropriés, et les choses ainsi appropriées restent; celles, au con-
traire, qui ont été implantées dans la contrainte, restent hors de
l'homme Interne dans l'bomme Externe, car rien n'entre dans
l'homme Interne que par les idées intellectuelles, qui sont les rai-
sons, puisque là l'homme qui reçoit est le Rationnel illustré; de là
vient qu'aujourd'hui il ne se fait aucun miracle: on peut voir aussi
par là que les miracles sont dangereux; en effet, ils forcent à croire,
et ils graven t dans l'homme externe les idées que la chose est ainsi;
si dans la suite l'homme inteme nie ce que les miracles ont con-
finné, il se fait entre l'nomme Inteme et l'homme Exteme une
opposition et une collision, et enfin, quand les idées provenant des
miracles sont dissipées, il sc fait une conjonction du faux et du
vrai, par conséquent une profanation; on voit clairement ,par là
combien aujourd'hui sont dangereux les iniracles dans une Eglise,
352                      ARCANES CÉLESTES.
où les internes du culte ont été dévoiles; c'est aussi cc qui est
signifié par les paroles du Seigneur à Thomas: « Parce que tu M'as
» vu, Thomas, tu as cru; heureux ceux qui ne voient point ct qui
» croient. » - Jean, XX. 29, - ainsi heureux aussi ceux qui ne
croient point par les miracles. Mais les miracles ne sont point
dangereux pour ceux qui sont dans un culte externe sans culte
interne, cal' chez eux il ne peut y avoir entre l'homme intel'lle et
1'110mme externe ni opposition, ni collision, ni pal' conséquent pro­
fanation. Que les miracles ne contribuent non plus en rien à la foi,
on peut suffisamment le voir par les miracles chez le peuple Israë­
lite en ]~gypte et dans le désert, en ce qu'ils n'ont absolument rien
produit chez lui; quoique ce peuple, en si peu de temps, ait vu tant
de miracles en Égypte, puis la Uer de Suph séparée en deux, les
I~gyptiens submergés dans cette mer, une colonne de nuée allant
devant lui pendant le jour, et une colonne de feu pendant la nuit,
la manne tombant du Ciel chaque joUI" ct quoiqu'il ait vu la mon­
tagne de Sinaï couverte de fumée, et y ait entendu Jéhovah pal'ler,
sans citer bien d'autres miracles, il a cependant, au milieu de tels
prodiges, abandonné toute foi ct le culte de Jéhovah pour le culte
d'un veau, - Exod. XX.XII: d'après cela on voit clairement ce que
produisent les lfiracles: ils produiraient encore moins aujourd'hui,
qu'on ne reconnaît point que quelque chose provienne du monde
spirituel, et qu'on nie tout cc qui se fait de tel et qui n'est point
attribué à la nature; en effet, il règne universellement SUI' la terre
un négatif contre l'influx Divin et contre le gouvel'l1ement Divin;
si donc aujourd'hui l'homme de l'Église voyait les lIiracies Divins
eux-mêmes, il les transporterait d'abord il la nature, et les y souil­
lerait, puis il les rejetterait comme ehoses fantastiques, et enlin il
se moquerait dc quiconque les attribuerait au Divin et non à la
nature; que les MiI'acles ne produisent rien, c'est encore ce qu'on
voit par les paroles du Seigneur dans.Luc: « S'ils n'écOlitent point
» Moïse ct les Prophètes, lors même que quelqu'un des morts l'CS­
» susciterait, ils ne seraient pas non plus persuadés. » - XVI. ~·H .
   129,1. Et LU di.ras et A/wron, signifie l'influx et la cOllwlunicatioll,
savoir, de la Loi Divine, que IUoscl1eh reurésel1te, avec la doctrine
représentée par Al1arol1: on le voit pal' la signification cie dire,
lorsque c'est Moscheh qui dit à A1Iaron, en cc que c'e,:tl'infillx et
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                           ii:J

la communication comme No 6291, ici dire signifie la même chose que
parler, savoir, tant l'influx que la communication; que ce soit Ul la
signification de parler, on le voit N° 7270 ; dans les histol'iques de
la Parole, cet l'influx et cette communication ne peuvent pas être
exprimés autrement que par dire el parler: si la Loi Divine, que
Moscheh représente, devait influer dans la doctrine représentée par
Aharon, c'est parce que la Loi Divine est le vrai Interne, et la doc­
tl'Îne le vrai Externe, et que la règle commune est que les Intel'lles
influent dans les Externes, et non vice versù, par la raison que les
Internes sont plus purs et simples respectivement, tandis que les
externes sont plus grossiers, car ils sont les communs des intel'l1es.
  7292. Prends ton bâton, et jette-Le devant Phamon, signifie la
puissance qui est montrée: on le voit par la signification du bâton,
en ce qu'il est la puissance, Nos 40'13, 4015, 4876, 4936, 69.1,7,
7011,7026; et par la signification de jeter deva,nt Phamon, en ce
que c'est montrer, car ce qui est jeté devant les yeux est montré.
   7293. Il deviendra un Serpent d'eau, signifie en ce que de pures
illusions et pltr suite Les fltUX règneront chez eux : on le voit par la
signification du serpent, en ce qu'il est le sensuel et le corporel ,
N° 694.9, par conséquent les illusions, car le sensnel ct le corporel
séparés du rationnel, c'est-à-dire, non subordonnés au rationnel
sont pleins d'illusions, tellement qu'il ya à peine autre chose que
des illusions, voir N°s 6948, 6949. C'est le serpent d'eau qui est ici
signifié, car dans la Langue originale ce serpent est exprimé par le
même mot que la Baleine, qui est le plus grand poisson de la mer,
et la Baleine signifie le scientifique dans le commun; lors donc que
les faux provenant des illusions sont signifiés par les Égyptiens, ce
mot signifie le sel'pent, savoir, le serpent d'eau, parce qu'il rem­
place la baleine qui réside dans les eaux, et parce que les eaux de
rÉgypte sont les faux. Que Pharaon ou l'Égypte soit appelé Baleine,
on le voit dans Ézéchiel: « Parle et dis: Ainsi a dit le Seigneur
• Jéhovih: Me voici contre toi, Pharaon, l'oi d'Égypte,gl'allde Ba­
li Leine, qui couche au milieu de ses fleuves. ll-XXIX. 3 ;-dans le

Même; « Fils de l'homme, profère une lamentation sur Pharaon roi
» d'Égypte, et dis-lui: Aujeune lion des nations tu es devenu sell1­
» blable: el tu es comme Les BaLeines dltllS Les mers, et tu t'es avancé
» dans les fleuves, et tu as troublé tes fleuves. Il - XXXll. 2.; - lit,
        Xl.                                                 2:l
:l;),i                ABCANES CJ~LESTES.
par la Baleine sont signifiés les scientifiques dans le commun, par
lesquels, parce qu'ils proviennent de J'homme sensuel, sont perver­
ties les choses 'lui appartienllcnt à la foi; si la Baleine est le scien­
tifique dans le commun, c'est parce que le poisson est le scientifique
dans le particulier; N0s 60, 991; et comme les Baleines signifient
les scientiOqucs qui pervertissent les vrais de la foi, par elles aussi
sont signifiés les raisonnements d'après les illusions, d'où provien­
nent les faux: ces choses sont signifiées pal' les Baleines dans Da­
yid: « Tu as fendu par ta force la mer, 11~ as brisé les têles des
)) Bnleines SUl' [es wn:r. » - Ps. LXXIV. ,13: - les mêmes choses
sont signifiées aussi par Léviathan dans Esaïe : « En ce jour-là Jé­
» hovah fera la visite avec son épée dure, grande et forte, sur Lé­
» vialhan le serpenllong, cl sur Léviathan le serpel~l tortueux, et il
» tuera les Bn/cines qtri (sont) dans la mer. ,,-XXVII. 1;-et dans
David: « Tlt as brisé [es têtes du Léviathan, tu l'as donné en nour­
» riture au peuple des Ziim. » -        LXXIV. u.: - Le Léviathan
dans le sens bon, c'est la raison d'après les vrais, dans Job, XL. 25
à 3'2, et XLI. ,1 à 26; la raison d'après les vrais est l'opposé des rai­
sonllements d'après les faux. Et comme les Baleines signifient les
raisonnements qui pl'oviennent des illusions et qui pervertissent les
vrais, les serpents d'eau, qui sont exprimés pal' le III ème mot dans
la Langue ol'iginale, signifient les faux mêmes provenant des illu­
sions d'où résultent les raisonnements, eL par lesquels se font les
perversions; les faux sont signifiés par ces serpents dans les pas­
sages qui suivent; dans Esaïe: « Les Jim l'épondront dans ses
» palais, et les serpents dans les palais de délices. » - XIIl. 22. ­
Dans le Même: « Dans ses palais monteront les épiQe~, le chardon
Il et la ronce dans ses forteresses, afin qu'elle soit un habitacle de

 Il serpents, et un parvis pour les filles de la chouette. » -  XXXIV.
13. - Dans le Même: « Dans l'habitacle des serpents (sera) son lit,
 » le gramen au lieu du roseau ct du jonc. » - XXXV. 7. - D~ns
Jérémie: « Je réduirai Jérusalem en monceaux, en habit(wle de ser­
 » pents. » -IX. 10. - Dans Malachie; « J'ai mis les montagnes
 » d'Esaïe en dévastation, et son hériLage pour les serpenl$ du dé­
 » sel't, » - I. 3; - Dans ces passages, les serpents sont les faux,
 d'où proviennent les raisonnements; les mêmes choses aont aussi
 signifiées par les dragons, mais les QEagons sont 1~!aisonnem.!Jnts
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                                 35&
  tl.'après les .;tmolll's de soi et du monde, ainsi d'après les cupidités
  ~'-!.l1!al, qui pervertissent non-seulement les vrais, mais même les
  biens; ces raisonnements sortent de ceux qui du fond du cœur nient
  les vrais et les biens de la foi, mais les confessent debOüëi1e à cause
..4!lj~siLt!.e ~~r et de s'el1l'ichir, par cO.!lséquent aussi de ceux
  ~ profan~nt les Vl'ais ct les-~; les uns et les autres sont enten-
  dus par « le dragon, le serpent ancien, qui est appelé diable et satan,
   " qui séduit tout le globe. ,,- Apoc. XII. 9, - et aussi par le
  même, savoir, le dragon, qui poursuivit la femme pOUl' dévorer le
  fils enfanté par elle ct enlevé vers Dieu et vers son trône, - iLid_
  Vers. 5, - et qui jeta de sa bouche de l'cau comme un fieuve, afin
  d'engloutir la femme, - Vers. '1::1, 15; - le fils que la femme a en-
                                 - ---.......,.,     -
  fanté est le Divin Vrai aujourd'hui dévoilé; la femme est l'Eglise·
                           --                                        .~""""- '
  le dragon-serpent, ce sont ceux qui doivent persécuter, l'eau que le
  dragon jetait comme un Ileuve, ce sont les faux d'1!Il!'ès le mal et par
  suite lesraisonncments par lesquels ils s'efforceront de MtnlÏr.eJll
  [clDIIJe, c'est-à-dire l'Église; mais il est décrit que leUl's euol'ts se-
   ront vains, par ces paroles : « La terreseconrut la femme, et ia
   " terre ouvrit sa boucll~, et englQu!itJeJleuve que le dragon avait
   "je0-:-;' -Ibid. Vers. 16.
    729!L Et llIoscheh vint, et Aharon, vers Phal'aon , et ils firent
 ainsi qu'avait ordonné Jéhovah, signi{te l'errct:     0[.   peut le voil' sans
 explication.
    7295. Et Ahnron jeta son bâlon devant Pharaon et devant ses scr-
 viteurs, et il devint nn serpent cl' eaIL, signi{te que tie purcs illusions
 et par suite les {aux régnaient chez eux : on le voit par la signiOca-
 tion de jeter le bâton, en ce que c'est montrer la puissance,
 No 7292; par la représentation de Phnraon et de ses servitcvrs, en
 ce qu'ils sont ceux qui infestent par les faux; et j>al' la signification
 du serpent d'eaIL, en ce que ce sont les illusions ct par suite les faux,
 No 7293. Ce prodige signifie le premier ave:'lissement chez ccux
 qui infestent, afin qu'ils cessent; en effet, voici ce qui arrive aux
 méchants qui, dans l'autre vie, infestent les esprits probes; d'a-
 bord lorsqu'ils viennent de ce monde dans l'autre, ils ont adjoints
 à eux des esprits bons et des Anges, comme lorsqu'ils vivaicn t hom-
 mes dans le COI'pS; car les hommes, même les méchants, ont aussi
 des Anges chez eux, et. cela, afin qu'ils puissent, s'ils le YC~i!cllt, sc
.156                   A.RCA~ES     CÜ,ESl'ES .
  tourner vers le Ciel, et en recevoir l'influx et être réformés, d'où il
  résulte, puisque le tout de la vie les suiL, qu'ils sont d'abord associés
 aux. Anges; mais lorsque, d'après leur vie dans le monde, ils sont
 tels, qu'ils ne puissent pas rccevoir du Ciel l'influx du vrai et du
 bien, les Anges et les bons esprits s'éloignen t d'eux par degrés, et à
 meSUl'e que ceux-ci s'éloignent, ils deviennent eux mêmes de moins
 en moins rationnels; car c'est par le Seigneur an moyen du Ciel qu'on
 devient rationnel; le Premier degré d'enlèvement et de privation
d'influx du vrai et du bien est celui qui est décrit ici par le bâton
d'Aharon changé en serpent, ce qui signifie que de pUl'e:; illusions
et par suite les faux règneraienL; le Second degré est décrit pal' les
eaux. de l'~gypte changées en sang, ce qui:signifie que les vrais
mêmes étaient falsifiés; le Troisième degré, c'est que des grenouilles
~orlies des eaux pullulaient, ce qui signifie les raisonnements d'a­
près des faux sans mélange, et ainsi de suite: c'est aussi par de tels
degrés que les méchants dans l'autre vie sont privés de l'entende­
ment du vrai et du bien,
   7296. Et Pharaon aussi appela les sages et les pTestigiateuTs,
signifie l'abus de l'oTdl'e Divin: on le voit par la signification des
sages, en ce qu'ils sont Ceux qui sont dans la science des choses
 spirituelles et de la correspondance de ces choses avec les natu­
 turelles; ceux. qui recherchaient et enseignaient ces choses étaient
 chez eux appelés sages, cal' c·étaien t des choses mystiques; ct parce
 que les Égyptiens s'y appliquaient, ils se nommaient les fils d0s
sages et des rois de l,'antiquité, comme on lc voit clairemcnt dans
 Ésaïe: « Comment dites vous à Pharaon: (Je suis) le fils des sages,
 " moi; le fils des rois de l'antiquité.
                                       )l -  XIX. ,1 ,1 ; -les Égyptiens
 appelaient sagesse les scienees des choses, de même aussi les Chal­
 déens, -Jérem.lV. 30; - et parla signilication despTestigiateul's,
 en ce qu'ils sont ceux qui pervertissent l'ordre Divin, ainsi qui
pervertissent les lois dc J'ordre; que les prestiges et les magies ne
soient pas autre choses, c'est ce qu'on peut voir par les presti­
giateurs et par les magJciens dans l'autre vie, où ils sont en grand
nombre; ear ceux qui, dans la vic du corps, ont usé de l'lISe et ima­
giné plusieurs artifices pOUl' tromper les autrcs, et ont enfin d'après
le succès attribué toutes choses à la propre prudence, se livrent
dans l'autre vie à J'étude des arts magiques, qui ne sont autre chose
EXODE, ClIAP. SEPTlÈiŒ.                          357
 que l'abus de 1'01'dre Divin, surtout J'abus des cOlTespondances; car
 il est selon l'ordre Divin que toutes choses en, général et en parti­
 culier correspondent; par exemple, les mains, les bras, les épaules
 correspondent à la puissance, et par suite aussi le bâton; c'est pour
cela qu'ils se font des bâtons, et qu'ils montrent aussi d'une ma­
 nière représentative des épaules, des bras et des mains, et exercent
ainsi la puissance magique; de même en mille et mille autres cho­
ses; il Ya abus de J'ordre et des cO~Tesponùances, quand les choses
qui appartiennent à J'ordre sont appliquées non il des lins bonnes,
mais à des fins mauvaises, comme il la fin de dominer SUI' les au­
tres, et il la fin de les perdre, car la fin de J'ordre est la salvalif'n,
ainsi de faire du bien à tous; d'après cela, on voit maintenant cc
qui est entendu par l'abus de l'ordre, abus qui est signifié par les
prestigiateurs.
   7297. Et iLs firent aussi, eux, Les mages d'Égypte, par Leurs
enchantements, ainsi, signifie ainsi en apparence La même chose en
pervertissant Le.~ fins de l'm'dre; on le voit par la signification de
ils firent aussi eu.x, lorsque cela est dit des mag'es d'Egypte, en cc
 que c'est présenter la même chose en apparence, car les choses qui
 découlent de l'ordre ne sont pas changées par l'abus, elles se mon­
 trent semblables quant il la forme externe, mais non quant à la
forme intel'lle, puisqu'elles sont contre les fins de l'ordre; et par
la signification des enchantements, en ce qu'ils sont les artifices
mêmes pour pervertir l'ordre: les prestiges et les enchantements,
partout oi! il en est parle dans la Parole, signifient l'art de pr~senter
les faux de manière qu'ils paraissent comme des vrais, ct les vrais
de manière qu'ils paraissent comme des faux, ce qui se fait surtout
par les illusions; c'est là ce qui est signifié par les prestiges et les
enchantements dans les passages qui suivent; dans Ésaïe: « Or
Il sur toi viendront ces deux choses en un moment dans un même

Il jour, la privation d'enfants et le veuvage; dans leur entier elles

" viendront sur toi, à wuse de La muLtitude de tes prestiges, à cause
» de La grandeur de tes enc/wntemellts; persiste dans tes ellchante­
li ments et dans La muLtitude de tes prestiges, auxquels tu t'cs appli­

" quée dès ta jeunesse.)) - X,LVII. 9. 12, -là, il s'agit de nabel et
des Chaldéens. Dans le Même: "Approchez ici, ms de la presti~ia­
» Il'lce, semence d'adultère, el qui s'esllil'l'ee il la scortalion. )) -­
358                   ARCAN~5 CÉLESTES.
LVII. 3. - Dans Nahum: « MalbeUl' à la ville de sangs! à cause
» de la multitude des débanches de la débauchée, par l'appât de la
» beauté, de la- maÎtrcsse de pl'cstiges, qui vendait les nations pal'
» ses scortalions, et les famines par ses prestiges.   l)-   UT. 4; - la
ville de sangs, c'est la falsification du vrai; les scortations, c'est la
falsification du bien du vrai; les prestiges sont l~s artifices pour pré­
senter les faux connue vrais, et les vrais comme faux. Dans Mala­
chie: « J'approcherai de vous pour le jugement, et Je serai un
» témoin diligentcon/re (es.prestigiate1lrs, el contre les aduhères,
» et contre ceux qui jurent à faux. ,,-Ill. 5. - Dans Jean: « Par'
)) ton enchantement ont été séduites toutes les nations. )) ­
Apoc. XVIII. 23; - là, il s'agit de Babylone. Dans Micllée : « Je
» retrancherai tes cheyaux du milietl de toi, et je perdrai tes chars,
» et je retrancherai les villes de ta terre, et je détruil'ai toutes tes
)) forteresses, et je retrancflemi les Prcstigcs de ta main. )) - V. 9,
'10, 1'1; - d'après ces passages il est évident que les prestiges si­
gnifient les artifices pour présenter le~ vrais comme faux et les faux
comme vrais, car les chevaux qui doivent être retranchés signi­
fient les intellectuels, N°s 216'1, 2762,3217,532'1,6'125,61>34; les
chars qui doivent être perdus signifient les doctrinaux du vl'ai,
N°s 2760, 532'1; les villes de la terre qui doivent aussi être l'etran­
chées signifient les vrais de l'Église, les villes, sont les vrais,
Nos 2268, 245,1, 27,12, 2943, 4492, H93, et la terre est l'Église,
Nos 662, '1067, 1262, 1733, 1850, 2"'7, 2,118, 3355, 44-47, 4535,
5577; les forteresses signifient les vrais en tant qu'ils défendent les
biens; de là maintenant on peut savoir ce qni est signifié par les
prestiges qui doivent être retranchés de la main; c'est-à-dire que ce
sont les artifices pour lwésenlel' les vl'ais comme faux et les faux
comme vrais; ces al'tifices cOlTespolldent aussi aux phantaisics, par
lesquelles les méchants dans l'autre vie présentent devant les yetlx
des choses belles comme laides, et des choses laides comme belles,
phantaisies qui sont mêmes deS' espèces de prestiges, car elles S(}llt
aussi des abus et des renversements de l'ordre Divin.
   7298. Et ils jetèrent chacun lC'u'r M/on, et ils devinrent dcs ser­
pents ueau, signifie la puissance lfaprèsfordre, en ce qlti/s devin­
rent stupides quant à l'aperception du vrai: on le voit par la signi··
fication de .letel' lc bâton, en ce que c'est. la manifestation de ,L
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                            3i)!J
puissance, No 7292; et par la signification des serpents li' eau, en ce
qu'ils sont les faux d'après les illusions, N° 7293, ici la stnpidité
quant à l'apel'ceplion du vl'ai, cal' de même que les illusions font
qne les vrais ne sont point aperçus, de même aussi la stupiditr. 10 s­
qu'elle a été introduite: une telle stupidité est anssi introduite pal'
les magiciens dans l'autre vie, ct cela pal' l'abus ct par la perversion
de l'ordre, car ils savent enlever l'influx qui provient du Ciel, et
lorsqu'il a été enlevé, il y a stupidité quant il l'aperception du Hai;
ils savent aussi introduire des illusions, et les presenter dans une
lumièl'e comme la lumière du vrai, et alors en niême temps rendre
obscurs les vrais eux-mêmes; ils savent encore injecter le persua­
sif, et ainsi affaibli" l'apei'ceplion du vrai; outre plusieurs autres
moyens qu'ils emlJloient : quand il y a stupidité, les faux qui
sont signifiés par les prestiges ct par les enchantements appa­
 raissent cohmle vrais: d'apl'ès cela, on voit comnlent les magiciens
peuvgnt présenter en àppat'ence [a même chose.,]l faut, en outre,
qu'on sache qu'il est selon les lois ùe l'(j!'di'e que personne ne
doive en ùn mOlnent être perslladé dl! vrai, c'est-il-dire que le vra,i
ne soit pas confirmé en un moment, de' manière qn'ii ne reste aUCUIl
doute; et cela, parce que le vrai, qui est ainsi imprimé, devient
vrai persuasif, ct est sans aucune extension et âussi sans aucune
flexibilité; un tel vrai est représenté dans· l'autre vie comme dur, el
comme une chose qui n'admet point en elle le bien, pour qu'il de­
vienne applicaule : c'est d, là qu'aussitôt que par' ntm expérience
manifeste il se présente clans l'autre vie quelquè'vrai devant les bons
esprits, il se présente bientôt après quelque chose d'opposé qUi
amène le dou~e; de cette manière il leur e-st donné de pensC' et
d'examiner si te vrai est un vrai, et de l'assembler les raisons, et
ainsi d'introduire rationnellement ce vrai dans lem' men t,al; pal' ce
moyen, il ya pour la vuespiritJ'JeUe une' extension quant à ce vrai,
même jusqu'aux opposés; par là le mental vbit et perçoit par l'en­
tendement toute la qualité du vl'ai, et par suite il peut admettre du
Ciel l'influx selon res états des choses, car les vrais reçoivent di­
verses formes selon les circonstances: c'est allssi la raison pOUl' la­
quelle il a été pemiis aux magiciens de faire ta< même chose qu'A­
hat'on; cal' ainsi chez les fils d']'sraël il fut mIs en cloute si le
miracfe était Divin, et par' là illcm' flft tfonu" la i'aeullé de pensel'
360                 ARCANES CÉLESTES.
et d'examiner s'il était Divin, et enfin de se confirme.' qu'il
l'était,
  7299. Et le bâton d'Aharon engloutit lew's bâtons, signifie que
cette puissance lew' fut enlevée: on le voit par la signification c( en·
glouti)' en cc que c'est enlever; et par la signification du bâton, en
ce qu'il est la puissance, N° 7291; aux Magiciens est aussi enlevéc
dans l'autre vic la puissance d'abuscr de l'ordre etd'en pervertit'Ies
lois, elle leur est enlevée de deux manières; l'une, en ce que les
Anges d'après la puissance Divine du Scigneur annihilent leUl's
opérations magiques, et cela, quand ils les exercent pOUl' faire du
mal aux esprits probes; la puissance angélique procédant du Sei­
gneur est si grande qu'elle dissipe en un moment toutes ces opéra­
tions; l'autre manière, en ce que le magique leUl' est entièrement
enlevé, de sorte qu'ils ne peuvent plus rien présenter de tel.
  7300. Et le cœU1' de Pharaon (ut 1"en(orcé, signifie l'obstination:
on le voit pal' la signification du cœll1' ren(orcé, en ce que c'est
l'obstination, comme ci-dessus, N° 17272.
   730,1. Et il ne les écoUla point, signifie que ceux qui étaient dans
les maux p1"ovenant des (aux ne l'ecevaient point: on le voit d'après
ce qui a été dit ci-dessus, N°s 7224, 7275; en effet, par Pharaon, de
qui il est dit ici qu'il n'écouta 7Joint, sont représentés ceux qui sont
dans les faux et qui infestent, et en tant qu'ils infestent ils sont
dans le mal provenant des faux, cal' l'infestation vient du mal et
s'opère par les faux.
  7302. Ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie selon la p1"édiction:
on le voit sans expli.cation.
  7303. Vers. 14 il 24, Et Jéhovah dit à1lfoscheh: Appesanti est le
cœUl' de Pharaon, il ?'e(use de l'envoyer le peuple. Va ve1"S Pharaon
au matin; voici, il sort vel'S les eaux, et pose-toi au-devant de lui sur
la rive du fleuve; ct le bâton, qui a été changé en se1"pent, prends
(-le) dans. ta main. Et tu lui diras: Jéhovah Dieu des Hébreux m'a
envoyé vers toi, en disant: Renvoie mon peuple, et qu'ils Me se1"vent
dans le désert, et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici. Ainsi a dit Jé­
hovah : En ceci tu connaîtras que Moi Oe suis) Jéhovah; voici, moi
je fl'appe du bâtou, qui (est) dans ma main, sur les eaux qui (sont)
dans le fleuve, et eller sel'ont changées en sang. Et le poisson qui
(est) claus le {lcut'e mourra, et le fltuve puent, et les Égyptiens al~-
EXODE, GIAP. SEPTlt~ME.                            36t
 l'ont peine à boil'e des eaux du fleuve. Et Jéhovah dit à Moscheh:
 Dis à Aharon : Pl'ends ton bâton, et étends ta main SUT les eaux de
 L'Égypte, sur leurs t01'1'Cnts, sUl'leurs fleuves et SUI' leurs étangs, et
 sur tout amas de leurs eaux, et eLLes ,çeront du sang; et il y aura du
 sang dans toute la telTe d'Égypte; et dans les bois et dans les pierres,
 Et ainsi firent Moscheh et Ahfl1'on selon qu'avait ordonné Jéhovah;
et il leva le bâton, et il fmppa les eaux, qui (étaient) dans le fleuve,
aux yeu;x; de Pllaraon et aux yeux de ses sel'vitew's; et toutes les
eaux qui (étaient) dans le fleuve f1L1'ent changées en sang. Et le
poisson qui (était) dans le fleuve moumit, et le fleuve puait, et les
Égyptiens ne pouvaient point boiTe de L'eau du fleuve; et il y eut
du sang dans (oute la terre d'Égypte. Et ainsi firent les Mages
par leuTs enchantements, et le cœUl' de PhaTaon fut renforcé, et il
ne les écouta point, aiusi qu'avait plu'lé Jéhovah. Et PhlL1'aon re­
gaTda, et vint veTS sa maison, et il n'appliqua point son cœur
même à cela. Et tous les Égyptiens creusèl'ent alentour du fleuve
pOUl' des eaux et boire, pal'ce qu'ils' ne pouvaien t point boire des
eaux dit fie,we. - Et Jéhovah dit à 1ll0seheh, signifie J'instruction
Divine: appesanti est le cœw' de Phamon, il refuse de l'envoyer le
peuple, signifie qu'ils s'obstinaient à ne point laisser cellx qu'ils
infestent: va vers Pharaon au matin, signifie l'élévation vers des
choses qui confirment davantage: voici, il sort veTS les eaux, si­
gnifie qu'alors ceux qui infestaient étaient dans les faux d'après
les illusions: et pose-LOi au-devant de lui SUI' la rive du fleuve, si­
gnifie l'influx selon J'état: et le bâton qui a été changé en serpent,
pl'ends(-le) dans ta main., signifie une puissance semblable à la
précédente: et tu lui dims, signifie le commandement: Jéhovah
Dieu des HébTClLX m'a envoyé vers toi, en disant, signifie par le
Divin de l'Église à ceux qui infestaient: l'envoie mon peuple, si­
gnifie de les laisser: et qu'ils il:fe sel'vent dans le désel't, signifie le
culte dans l'obscur: et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici, signifie
la non-obéissance: ainsi a dit Jéhovah: En cela tu connaîtras que
Moi (je suis) Jéhovah, sigllifie qu'ils aient la crainte du Divin;
voici, moije fl'appe du. bâton, qui (est) dans ma main, SUl' les eaux
qui (sont) dans le fleuve, signifie la puissance sur les faux qui
proviennent des illusions: et elles seront changées en sang, si­
(;nifie qu'ils falsifieront les vrais: le poisson r/lû (est) dans le fleuve
3642                    ARCANES CÉLESTES,
  mourra, signifie que le scientifique dù vrai sera éteint: et le fleuve
 puc1'a, signifie I"aversion pour lui; et les Égyptiens auront peint' à
 boire des ea/lx du fleuve, signifie au point qu'ils voudront à peine
 en savOir quelque chose: et Jéhovah dit à iUoscheh, signifie l'exé­
 cution : clis à Ahal'on: Prends ton hâton, et étends ta main sur les
 eaux de l'Égypte, signifie la puissance sur les faux qui sont chez
 ceux qui infestent: Slt?' le1trS /OITents, sm' leurs fleuves, signifie sur
 les doctrinaux: el SUI' leurs étangs, signifie SUI' les scientifiques
 qui leU!' servent; et sur tout amas de lem's eaux, signifie où il y a
 quelque faux: et elle.9 seTont du sang: signifie qu'ils falsifieront
 les vrais: et -il y aura dit SCt1l9 dans toute la ter/'e d' Égypte, signifie
 la falsil1cation totale: et dans les bois et dans les pielTes, signifie
 du bien qui appartient à la charité et du vrai qui appartient à la
 foi: et ainsi firent 'ftfoscheh et Pharaon selon qu'avait ordonné Jé­
 hovah, signifie l'effet: et il leva le bâton, et il frappa les eaux qui
 (étaient) clan.ç le fleuve, signifie la puissance forte con,tre lcs faux :aux
 yeux de Pharaon, et aux yeu;x;' de ses sel'vitew's, signifie dans l'a­
 perception de tous ceux qui infestaient ;' et toutes les eaux qui
 (étaient) d(ms le fleuve furent changées en sang, signifie de là la
 falsification de tout vrai: et le poisson qui (é~alt) dans le {leuve
 mou1'ait, signifie le] scientifique du vrai é~eint aussi: et le fleuve
 puait, signiJie l'aversion: et les ÉY1!Ptiens ne pouvaient point boiTe
 de l'eau du fleuve, signifie qu'ils v0ulaient à peine en savoir quelque
 c1lOse: et ily eut du salig dans tO'fLte la tel'1'e d'Égypte, signifie la
falsification totale: et ainsi firent les itlage.9 d'Égypte par leurs en­
chantements, signifie que leurs falsificateurs' firen t une ressem­
blance de la mêmecllose en abUS3 nt de l'ordre: et le cœur de Pha­
                                       r



raon fut renfo1'cé, signifre l'obsti>natiorr : et il ne les écouta point,
signifie la non-réception et la non-obéissance: ainsi qu'avait parlé
Jéhovah, signifie selon la prédiction: et Pharaon 1'egm'da, et vint
Ve?'S sa maison, signifie la pensée et la réflexion d'après les faux;
et il tl'appliqua point son cœUr même à cela, signil1e la résistance
d'apl'ès la volonté et par suite l'obstination: et tOILS les Égyptiens
creusèrent alen/ow' du fleuve ponr des eaux à boi1'e, signiHe la re­
cherche du vrai pOUl' rappliquel' aux faux ; pm'ce 'lu'ils ne pou­
tilti~nt point boire des eaux clu fleuve, signifie la non~appJication
d'après les faux sans mélange,
EXODE, CIL-.P. SEPTli~~Œ.                           36:1
   7304. Et Jéhovah dit cl Moscheh) signifie l'inst1'ltcrion Divine: on
le voit par la signification de il dit) lorsque quelque chose est or­
donné de nouveau, en ce que c'est l'instruction, N0s 7,186, 7267,
7288, ici l'instruction Divine, parce que celui qui dit est Jéhovah)
savoir, l'instruction sur ce qui doit être fait ultérieurement.
   7305. Appesanti est le cœur de Pharaon) il re{use de l'envoyer
le peuple, signifie qu'ils s'obstinaient à ne point laisser ceux qu'ils
infestent: on le voit par la signification du eœUl' appesantI, puis
renforcé et endurci, en ce que c'est l'obstination, comme ci-dessus
Nos  7272, 7300; et par la signification de l'e(user de renvoyer, en
ce que c'est ne point laisser; et par la représentation de Pharaon,
de qui cela est dit, en ce qu'il désigne ceux qui infestent, ainsi qu'il
a été montré ci-dessus.
  7306. Va vers Pharaon au matin) signifie l'élé-vation VC1'S des
choses qui confirment davantage: on le voit par la signification
d'aller ou d'entrer vers Pharaon, en ce que c'est la communication,
No 7000, ici la communication des cl10ses qui confirment que le
Divin les avertit de cesser d'infcslei'; ct par la signification du
matin ou d'au llwtin, en ce que c'est l'état d'illustl'ation et de ,'évé­
lalion, N0s 3458, 3723, 5097, 5740, ici l'élévation, parce qu'il se
dit de ceux qui sont dans ies faux et qui ne peUl'ent pas être il­
lustrés, mais qui peuvent être élevés quant à J'attention; Si ceux
qui sont dans les faux ne peuvent pas être illustrés, c'est parce que
les faux rejettent et éteignent toute lumière qui Hlustre, il n'y a
que les vrais qui reçoivent cette lumière.
  7307, lioici, 'il sort vers les eaux) signifie qu'alors ceux qui in­
festaient étaient dans les (au:x d'après les illusions: on le voit pat'
la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui infestent,
ainsi qu'il a déjà été dit; et pal' la signification des eaux, ici des
eaux de l'Égypte, en ce qu'cnes sont les faux d'après les illusions;
que ce soient ces faux ou les faux provenant de là qui sont signifiés
ici, c'est parce que le serpent, en lequel fut changé le bâton d'Aha­
l'on, signifie ces faux, 1'1 0 7293; on p.::ut voir que les callx sont les
vrais, et dans le sens opposé les faux, l"'os 739, 790, 2702, 3058,
3424, 4976, 5668; ct que le fieuve d'Égypte est le faux, l"'0 6693.
    7308. Et pose-toi au-devant de lui SUI' leL rive du fleuve) signifie
l'inf1/Lx selon l'état: on le voi! P::[' la signification de sc 7JOSel' alL~
364                   ARCANES CELESTES.
devant, en ce que c'est l'influx; car lorsqu'il est dit de la Loi Di­
vine, qui est représlm tée par Moscheh, qu'elle se posait au-devan {
de ceux qui sont dans les faux et qui infestent, lesquels sont re­
présentés par Pharaon, par se poser au-devant, il ne peut pas être
signifié autre cllOse que l'influx et la réception de l'influx, et ainsi
l'aperception; et par la signification de la rive du fleuve, en ce que
c'est l'état du faux. dans lequel étaient ceux qui infestaient; que le
fleuve d'Égypte soille faux, on le voit N° 6693, ici le faux d'après
les illusions, Ne> 7307; mais la rive, qui est comme le contenant,
puisqu'elle entoure et renferme, est l'état de ce faux; car chaque
chose a son état, dans lequel et selon lequel elle est.
  7309, Et le bâlon, qui a élé changé en serpent, prends-le dans ta
main, signifie une puissance semblable à la précédente: on le voit
par la signification du bâton, en ce qu'il est la puissance, N0s 4-0,13,
4-011>, 4.876, 4936, 7026; que ce soit une puissance semblable à la
précédente, cela est signifié en ce qu'il prit le bâton, qui a~ait été
changé en serpent; et par la signification de la main, en ce qu'elle
est au'>Si la puissance, mais la puissance spirituelle, d' oü provient
la puissance naturelle, qui est le bâton, N0s 694.7, 701,1,
   73·' 0, El l!tfui diras, signifie 1e commandement: on le voit pal'
la signification de (lire, quand c'est pal' la Loi Divine, qui est
représentée pal' Moscheh, à ceux qui sont dans les faux, et qui sont
représentés par Pharaon, en ce que c'est le commandement.
   731,', Jéhovah Dieu des Hébreux m'a envoyé vers loi, en disant,
signifie par le Divin de l'Église à ceux qui infestaient: on le voit
par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont les choses qui
appartiennent à l'Église, Nos 5,136, 6675, 6684-, 6738; le Divin de
l'Église est Jéhovah Dieu .des I1éb7'eux, et Jéhovah Dieu est le
Seigneur, Jéhovah quant au Divin Bien, et Dieu quant au Divin
Vrai; et par la signification de il m'a envoyé vers toi, en ce que
c'est à ceux qui infestent; que Pharaon, vers qui Jéhovah a envoyé,
représente ceux qui infestent, c'est ce qui a été montré très­
souvent.
   7312. Renvoie mon peuple, sigllifie de les laisser: on le voit sans
explication.
    73,13. Et qu'ils me servent dans le désert, .~i9nifie le culte dan,~
l' obuw' :ton le voit par la signification de servir Jéhovah, en ce­
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                                  JG;)

que c'est le culte; et pal' la signification du désert, en ce que c'est
ce qui n'est ni habité ni cultivé, Nos 2708, 3900, dans le sens spi­
rituel cc qui est obscur quant au bien, et au Tai <:e la foi; qu'ici
le désert soit cet obscur, c'est parce qu'en général ceux de l'Église
spirituelle, qui sont représentés pal' les /ils d'Israël, sont dans
l'obscur quant aux vrais de la foi, voir NQS 27Hi, 27'16, 27,18, 283,1,
28409,2935,2937,3833, H02, 6289, 6500, 6865, 6945; 7233; et
 qu'en particulier ils sont dans l'obscur quand ils sortent de l'état
des infestations et des tentations; en effet, ceux qui sont dans les
infestations sont environnés de faux, et sont poussés comme le ro­
seau par le vent, ainsi du doute dans l'affirmatif, et de l'affirmatif
dans le doute, de là quand ils viennent de s'élever hors de cet état,
ils sont dans l'obscur; mais cet obscur est alors illustré par degrés:
comme tel est l'état de ceux qui sont infestés, c'est pour cela que
les fils d'Israël ont été conduits dans le désert, afin qu'ils l'epré­
sentassent cet état dans lequel furent ceux qui étaient de l'Église
spirituelle avant l'avénement du Seigneur, et aussi l'état dans le­
quel se trouvent ceux qui sont de cette Église aujolll'd'hui, et qui
sont dévast~s quant aux faux.
   73·14. Et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici, ûgni fie la non­
obéissance: on le voit par la signification d'écouter, en cc que c'est
l'ob.éissance, NoS 2542, 3869, 5017, 547'11, 5475, 7';H6, ainsi 1/C
point écouter, c'est la non-obéissance.
   73Hi. Ainsi a dit Jéhovah: En cela tu connaîtms que Moi je suis
Jéhovah, signifie afin qu'ils aient la crainte du Divin; on le voit
d'après ce qui a été déjà dit N° 7280, où sont des paroles sem­
blables.
   7316. Voici, moi je {mppe du bâton, qui est dans ma main, sur
les eaux qui sont dans le fleuve, signifie la puissance sur les (aux
qui proviennent des illusions; on le yoit par la signification du f;à­
ton en ce qu'il est la puissance, N° 7309 ; et par la signilication des
eaux qui sont dans le fleuve, en cc qu'elles son t les faux qui pro­
viennent des illusions, ainsi qu'il a déjà été dit No 7307.
   7317. Et elle~ seront changées en sang, signifie qu'ils falsifieront
les vrais; on le voit par la si~nification du sang, en cc que c'est le
vrai falsifié, N0s 4735, 6978; en effet, dans le sens réelle sang est
le vrai procédant du Seigneur, ainsi le sain t de la foi, ce   VI   ai est si­
il66                  ABCA?ŒS CI:;L1~STES.
gnifié par le sang dans la Sainte-Cène; mai~ dans le sens opposé, le
sang est la violence portée au Divin Vrai, et comme cette violence
est faite par les falsifications, le sang est la falsification du vrai.
D'après cela et d'après ce qui va suivre, on peut voir qui sont spé­
cialement ceux que représente Pharaon, ou qui sont spécialement
ceux qu'on doit entendre par ceux qui infestent, c'est-à-dire que ce
sonl ceux qui au-dedans de l'Église ont professé la foi, et qui aussi
se sont persuadés que la foi sauve, ct cependant ont vécu d'une
manière opposée aux préceptes de la foi; en un mot, ceux qui ont
été dans la foi persuasive ct dans la vic du mal: quand ceux-là
viennent dans l'autre vie, ils portent avec eux ces principes, qu'ils
doivent être introduits dans le Ciel, parce qu:; nés au-dedans de
l'Église, baptisés, ils ont eu la Parole, et par suite la doctrine qu'ils
ont professée, surtout parce qu'ils ont professé le Seigneur, cl que
le Seigneur a souffert pour leurs recht's, et a ainsi sàuvé ceux qui
au-dedans de l'Église L'ont professé Lui-}lême d'après la doctrine:
quand ils sont nouvellement arrivés du monde dans l'autre vie, ils
ne veulent rien savoir sur la vie ùe la foi et de la chal iLé, ils la re­
gardent comme rien, ils disent que, puisqu'ils ont eu la foi, tou~
les maux de la vic on t été effacés et lavés par le sang de l'Agneau;
quand on leur dit que cela est opposé aux paroles du Seigneur dans
Matthieu; ({ Plusieurs lUe diront en ce jour-là: Seigneur! Sei­
Il gneu!'! Par ton Nom, n'avons-nous pas prophétisé? Et par ton

n Nom n'avons-nous pas chassé les démons? Et en ton Nom n'a­
n Yons-nous pas fait plusieurs merveilles? Mais alors je leur dirai;

» Je ne vous connais point, retirez-vous de Moi ouvriers d'iniquité;
1) quiconque entend mes paroles et les fait, je le compa;'e à un
Il homme prudent; mais quiconque entend mes paroles et ne les

1) fait point, je le compare à un homme insensé. » - VII. 2,1, 22,
23, 2~, 26: - et dans Luc: « Alors vous commencerez à vous
n tenir dehors, et à frapper à la porte, en disant: Seigneur! Sei­

1) gneur! ouvre-nous; mais en répondant il vous dira: Je ne sais
)l d'où vous êtes. Alors YOUS commencerez à dire: Nous avons
» mangé devant Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as l'n­
I) seigné; mais il dira: .Je vous dis: Je ne sais point d'oil vous êtes;
» retirez-vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquité.    1) -  XIII. 25,
26,27; - à cela ils répondent, qlJ.C pal' ceux qui sont dési~'nés dans
EXODE, CIH.P. SEPTIÈME.                            :3ti7
ces passages, il n'cn est pas entendu d'autres que ceux qui ont t'té'
dans la foi miraculeuse, et non dans la foi de l'Église. Mais ceux­
là-mêmes, après quelque temps, cOl11mcnce~ à savoir qu'il n'y
r.n a point d'autres qui soient admis dans le Ciel, que ceux qui ont
vécu la vie de la foi, ainsi qui ont ell la cllarité envers le prochain;
et quand ils commencent à savoil' cela, ils commencent à mépl'isel'
les doctri naux de leur foi, et aussi la foi elle-même, cal'1eUl' foi n'é­
tait pas la foi, c'était seulement la science des choses qui appal'­
tiennent il la foi, et ils avaient cette science non en vue de la vic,
mais en vue du lucre et des 1l0nneUl's; de là vient qu'alors ils mé­
prisent et même rejettent les choses qui chez eux avaient appar­
tenu à la science de la foi, et bientôt après ils se jettent dans les
fau~ contre les vrais de la foi: c'est dans cet état qu'est changée la
vie de ceux qui ont confessé la foi ct ont cu une vic opposée à la foi.
Ce sont eux qui dans l'autre vie infestent par les faux les esprits
probes, ainsi ceux qui sont spécialement entendus pal' Pharaon,
  7318. Le poisson qui est dans le fleuve mOU1Tct, signifie que le
scientifique du vmi sem éteint: on le voit pal' la significalion du
poisson, en cc qu'il est le scientifique, l'0s 4,0, 99'1, ici le scienti­
fique du vrai, parce qu'il est dit qu'il doit mourii', étant dans les
caux changées en sang, cc qui signifie qu'il sera éteiut pal' la fal­
sification; et par la signification de 1Jwuri1', en ce que c'est être
éteint. Quant à ce quc c'cst que la falsification du vrai, cela va être
illustré par quelques exemples: le vrai est falsifié quand d'après
des raisonnements l'on conclut ct l'on dit que, comme personne
ne peut faire le bien par soi-même, Je bien ne fait rien pour le
salut; le vrai est encore falsifié, quand on dit que tout bien que
l'homme fait le concerne lui-même ct est fait pour une rémunéra­
tion, et que cela étant ainsi, on ne doit point faire les œuvres de
la oharité; le vrai est falsifié, quand on dit que, tout bien yenaut
du Seigneur, l'homme ne doit rien faire du !.lien, mais attendre
l'influx; le vrai est falsifié, quand on dit qu'il peut y avoir chez
 l'homme le vrai sans le bien qui :l.pparlient à la charité, ainsi la
foi sans la charité: le vrai est falsifié, quand on dit qu'il ne peut
 entrer dans le ciel que celui qui est misérable et pauvre; et aussi
 quand on dit qu'il n'y peut entrer que celui qui donne tout ce qu'il
 a aux pauvres et sc réduit il la misère: le vrai est falsifié, quand
368 .                 ARCANES CÉLESTES.
    on dit que chacun, quelle qu'ait été sa vie, peut êtl'C admis dans
    le ciel par Miséricorde: le vrai est encore plus falsifié, quand On
    dit qu'il a été donné à l'homme le pouvoir d'introduire qui il lui
    plllîl dans le ciel: le vrai est falsifié, quand on dit que les péchés
    sont effacés et lavés comme des saletés le sont par les eaux: et le
    vrai est encore plus falsifié, quand on dit qu'un 1l0l11me a le pou­
    voir de remettre les péchés, et que, lorsqu'ils ont été l emis, ilS
    sont entièrement effacés, et que l'homme est pur: le vrai est fal­
    sifié, quand on dit que le Seigneur a fait retomber sur lui tous les
    péchés, et les a ainsi portés, et qu'ainsi l'homme peut être sauvé,
    quelle qu'ait été sa vie: le vrai est falsifié, quand on dit que per­
    sonne n'est sauvé, à moins qu'il ne soit au dedans de l'Église;
    les raisonnements pal' lesquels il y a falsification sont, que ceux
    qui sont au dedans de l'Église ont été baptisés, ont la Parole, sont
    instruits sur le Seigneur, sur la résufl'ection, SUI' la vie éternelle,
    sur le ciel ct sur l'enfer, et qu'ainsi ils savent ce que c'est que la
    foi par laquelle ils peuvent être justifiés. Il y a d'innombrables
    falsifications semblables à celles qui viennent d'être citées, car il
    n'y a pas même un seul vrai qui Ile puisse être falsilié et pas une
    seule falsification qui ne puisse être confirmee par des raisonne­
    ments d'après les illusions.
       73,19. Et le fleuve puera, signifie L'ave1'sion pour lui: on le voit
    par la signification de pue1', en ce que c'est l'aversion, N° 7'16'1;
    et pal' la signification du fleuve, ici du fleuve d'Jtgypte changé en
    sang, en ce qu'il est le vrai falsifié. 11 fant qu'on sache que dans
    l'autre vie rien n'est plus abominable, et par conséquent ne sent
    plus mauvais que le V1'ai profané; il en est de cela comme de la
    puanteur qui s'exhale d'un cadavre, quand la chair vive meurt:
    en effet, le faux n'a de l'odeur que s'il est placé près du vrai, et le
    mal n'a de l'odeur que s'il est placé près du bien; chaque chose
    est sentie telle qu'elle est, non par elle-même, mais, par son op­
    posé, de là on peut voir combien le vrai pl'ofané sent mauvais; le
    vrai profané est le faux conjoint au vrai, et le vrai falsillé est le faux
    non conjoint, mais adjoint au vrai et dominant sur le vrai.
       7320. Et les Égyptiens auront peine à boire des eaux du fleuve,
    signifie au point qu'ils Voud1'ont à peine en savoir quelque chose:
    on le voit par la signification desÉ'gyptiens, en ce qu'ils sont CCUX


•
EXODE, ClIAP. SEPTiÈME.                            369
tlui falsifient les vrais; pal' la signification de boire, en cc qUI) c'est
être instl'Uit dans les vrais, j"os 3069, 377~, 4017, 4,0'18, de là
avoir de la peine à boire, c'est ne pas youloir être inslruit, ainsi
vouloir à peine en savoir qUl~lqlle cllose, c'esl-il-dire quelque chose
des vrais; et par la signi[jcation dcs eaux du flelwe, en cc qu'elles
sont les faux, N° 7307, ici les vrais falsifLés: de là il est évident
que pal' « les Égyptiens auront peine à ho ire àes eallx du fleuyc, »
il est signifié que ceux qui sont dans les faux d'après les illusions
voudront à peine savoir quelque chose des vrais, qu'ainsi ils les
auront en aversion: cc qui cause cette aversiou, c'est que les vrais,
qui sont pel'vertis pal' les faux, combattent néanmoins secrètement
et tacitement, ct s'ell'oi'cent de repousse,' loin d'eux les faux, ct
ainsi font des piqùres; en effet, pour pon que les faux soient éloi­
gnés avec leur foi, les vrais condamnent.
   732,1. Et Jéhovah dit à llIoscheh, signifie l'exécution: on le voit
d'après les choses qui vont suivre, cal' l'expression Jéhovah dit en­
veloppe ces choses.
    73~2. Dis à A.haron: Prends ton bêaon, el élcnds ta main Sllr
le,ç ea1tx de l'Égypte, signifie la puissance sur les faux qui sont
chez ceux qui infestent: on le voit par la signilication du bâton,
en cc que c'est la puissance naturelle, ct pal' la signification de la
main, en ce que c'est la puissance spirituelle, ]"07309: de là
prendre le hâton ct étendre la main, c'est exercer la puissance spi­
rituelle par le natlll'e!; ct par la signification des eaux de l' };yypte,
en ce qu'elles sont les faux qui    infl~stent,   ainsi qu'il a déjà été dit
N° 7307.
   7323. Sur leurs tOlTents, sur leurs f1ezwes, signifie SUI' le.~ doc­
trinaux du {aux: cela est évident pal' la signification des torrents
et des fleuves, en ce qu'ils sont les doctrinaux, car les caux sont
les faux, voir ci-dessus No 7307, de là les torren ts ct les fleuves,
qui en sont des amas, sont des doctrinaux, ici les doctrinaux du
f.aux; que les fleuves soient les choses qui appartiennent il l'intel­
ligence, ainsi qui appartiennent au vrai, on le voit Nos 2702, 30;).1,
de là dans le sens opposé, ce sont les choses qui sont contrail'es à
l'intelligence, ainsi celles qui appartiennent au faux.
  7324. Et Slll' les é/angs, 'signifie snI' !es scientifiques qui lellr
8Cn'ent: on le yoit pal' la signillcalion (ks ';UlII[lS, CH ce qu'ils sont
         XI.                                                    ~~
3'37                        CÀNES CÉLESTES.
  les scientifiques qui servent aux faux des doctrinaux. Dans la
 Parole, quand les étangs sont nommés, ils signifient dans le sens
 spirituel l'intelligence provenant des connaissances du bien ct du
 vl'ai, car les étangs y sont pris pour des eaux amassées ou des lacs,
 et les eaux amassl~es et les lacs sont dans le complexe les connais­
 sances par lesqnelles on a l'intelligence, par exemple, dans Ésaïe:
  «( Des eaux jailliront du désert, et des torrents dans la plaine du

 » désert, ct le lieu ltride sem en étltng, et le desséché, en sources
  u d'eaux. )) - XXXV. 6, 7. - Dans le Même: « J'ouvrirai sur les
 II côteaux des torrents, et au milieu des vallées des fontaines; je

 II mettrai le désert en étltng d'eaux, et la terre sèclIe en sources

 II d'eanx.)) -   XLI. ,18. - Là mettre le désert en étang d'eaux,
 ecst donner les connaissances du bien et dn vrai, et pal' suite
l'intelligence, iiI aü elles n'étaient point auparavant. Dans le Même:
 « Je dévasterai les montagnes et les collines, et j'en dessècl1erai
  » toute l'herbe, et je mettrai les fleuves en îles, et je sècherai les
 l> éLangs. » -   XLII. 15; - les étangs signifient les mêmes choses:
pareillement dans David: « Jéhovah met les fleuves en désert, et
 » les sources d'eaux en séche:'esse; il met le dése1't en étang d'Cltux,
» et la tene desséchée en sources d'caux. »- Ps. CVII. 33,35.­
Dans le même: Pal' devant le Seigneur, tu enfantes, ô terre, pal'
                  (l


» devant le Dien de Jacob, qui change li! 1roche?' en étang d'eau,T,
» le caillou en une fontaine d'eaux. " ~ Ps, CXIV. 7, 8.­
Dans Ésaïe: « Ils s'abaisseront ct seront desséchés les tor­
)) repts de l'Égypte, c'est pourquoi ils seront dans le deuil les
)) pêèheurs et tous ceux qui jettent dans le neuve le hameçon; de
» là ses fondements seront sapés; tous ceux qui f'ont un salaire
)) des étangs de l'tune. l) -    X.IX. 6, 8, '10; - les étangs de l'âme
sont les choses qui appartiennent à l'intelligence d'après les con­
naissances; mais comme il s'agit de l'Égypte, les étangs de l'âme
sont les choses qui appartiennent à l'intelligence d'après les scien­
tifiques de l'Église l car l'Égypte signifie ces scientifiques; les
scientifiques sont les connaissances, mais dans lin degré inférieur.
Que les étangs d'eaux dans le sens oppose soient les maux prove­
nant des faux, et par suite la folie, on le voit clairement dans
]~saïe : " Je retrancherailè nom de Babel, et ce qui y reste, el le
JI ms et le petit-fils, ct je la mettrai pour héritage dll canard, et en
EXODE, CHAP, SEPTIÈME.                         371
., étangs d'eaux, " - XIV. 22, 23; - et parce que lès élangs dans
le sens opposé sont les maux provenant des faux, ct par suite les
folies, ils signifient aussi l'Enfer oil règnent de telles choses, mais
alors l'étang est nommé étang de l'cu et étang ardent de feu et de
soufre, comme Apoc. XIX. 20. XX. ~ 0, H, Hi. XXI. 8; le feu et
le soufre sont l'amour de soi ct par suite les cupidités, car l'amour
 de soi et les cupidités de cet amour ne sont autre chose qu'un feu,
 non le feu élémentaire, mais un l'cu provenant du feu spirituel,
 lequel feu spirituel doune à l'honmlC de vivre; que les amours
 soient des feux vitaux, c'est cc que voit claÎl'ement quiconque
 'éOéchit; ce sont ces feux qui sont entendus par les feux sacrés
 dans les cieux, et par les feux de l'enfer, le feu élémentaire n'y
.existe pas.
  7325. Et sur toul amas de leurs caux, signifie où il ya quel­
ques faux: on le voit par la signification des eaux, en ce qu'elles
sont les faux, N0 7307; de là ramas des eaux, c'est où les faux sont
·ensemhle.
    7326. Et elles scront du sang, signific qu'ils falsificront les
'V1'ais: on le voit par la signification du sang, en ce que c'est la
 falsification du vrai, N° 73'17. Le sang dans le sens réel signifie le
saint de l'amour, ainsi la charité et la foi, car elles sont les saints
de l'amour; ainsi le sang signifie le saint vrai procédant du Sei­
gneur, N0s 100,1, 4735, 6978; mais dans le sens opposé le sang
signifie la violence portée à la charit4, ct aussi portée à la foi, ainsi
au saint vrai procédant du Seigneur; ct comme la violence est
pOl'tée au vrai quand il est falsifié, de là le sang signifie la falsifi­
-cation du vrai; et dans un plus lIaut degré le sang signilie la pro­
fanatio'n du vrai; cette profanation a été signifiée par l'action de
manger du sang, c'est pour cela qu'il avait été si sévèrement dé­
fendu d'en manger, N° 1003.
   7327. Et il Y aura du sang dans toute la telTed'Égyptc, signifie
 la falsification totale: on le voit par la signification du sang, en cc
'que c'est la falsification du vrai, ainsi qu'il vient d'êtl'e dit N0 73'26 ;
 et par la signilication de dans toute la terre ((Égyptc, Cil ce que
 c'est partout, ainsi la falsification to~ale, La falsification devient
 totale, quand le faux commence à régne!', cal' l'homme vit alors
 :selon le mal inné ct acquis, ct il sent du plaisir dans ce mal; ct
372                    ARCANES CÉLESTES.
comme les vrais de la l'one prohil>ent, Hies a en aversion, et quand
il a les vrais en aversion, i,] les rejette loin de lui partout où ils
sont, et s'il ne pent les rejeter, il les falsifie.
   7328. Et dans les bois et dans les pierres, signifie du bien qui ap­
lJartient ri, la charité, et du vrai qui appa1'tient à la foi, savoir, la
 falsification totale; on le voit par la signification des bois, en ce
qn'ils sonlles biens qui appartiennent à la charité, N°s 2784-,28'12,
3720; ct par la signification des pieTl"eS, en cc qu'elles sont les
vrais qui appartiennent à la foi, N0s ~ 298, 3120, 6126.
   7329. Et ainsi fiTent Moscheh et Aha/'on selon qu'avait ordonné
Jéhovah, signifie l'effet; on le voit sans explication.
   7330. Et il leva le bâ.ton et il {TCLppa les ealtx qui étaient dans le
fleuve, signifie la puissance {Ol·te contl'e les fanx; on le voit d'après
ce qui a été dit ci-dessus, N° 73'16 ; la force est signifiée, en ce qu'il
leva le bâton, et frappa ainsi.
   733'1. Aux yeltx de Pharaon et aux yeux de ses serviteurs, si­
gni fie dans l'aperception de tous ceux qui infestaient; on le voit pal'
la signification des yeux, en ce qu'ils sont l'aperception, N0s i083,
4339; et par la représentation de Phamon, en ce qu'il désigne
ceux qui infestent par les faux, ainsi qu'il a déjà été dit; tOIiS ceux­
là sont signillés, puisqu'il est dit aux yeux de Phamon et aux yeux
de ses servite'Urs .
   7332. Et tontes les eaux qui étaient dans le fleuve {urent chall­
gée.ç en sang, signifie de là. la {alsification de 107lt vrai: on le voit
par la signification des eaux qui étaient dans le fleuve, en ce qu'elles
sont les faux, N° 7307; et par la signification du sang, en ce qu'il
est la falsification du vrai, Nüs 7317,7326. S'il est permis que ceux
qui sont dans les faux et qui infestent dans l'autre vie falsifient les
vrais, c'est de crainte que pal' les vrais appartenant à la foi ils
n'aient communication avec ceux qui sont dans le Ciel, et que par
les maux appartenant à la vie ils n'aient communication avec ceux
qui sont dans l'enfel" et ne s'acquièrent ensuite pal' les vrais quel­
que chose de la lumière du Ciel, et ainsi quelque chose de l'intel­
ligence, et ne fassent que cela serve aux maux qui appaltiennent à
la vie, cal' ils appliqueraient en faveur du malles choses qui appar­
tiennent à l'intelligence, et soumettraient ainsi chez eux les choses
du Ciel à celles de l'enfer; c'est aussi de crainte qu'ils ne séduisent
EXODE, ClIAP. SEPTIÈME.                           373
les esprits simples probes, avec lesquels ils ont communicaUon
par les vrais: dans l'autre vic, les méchants chez qui les vrais n'ont
pas encore été falsifiés savent aussi par ces vrais s'acquérir la do­
mination, car la puissance est dans les vrais à un tel point qu'on
ne peut y résister, N°s 309,1, 63H, 6423,6948, de là aussi ils abu­
seraient des vrais: en outre les vrais chez les mécl1ants ne l'ont ab­
solument rien pour l'amendement de leur vic, mais les méchants
s'en servent seulement comme de moyens pOUl' fail'e le mal, sans
cet usage les méchants sc moquent absolument des vrais: ils sont
comme les mauvais prêtres qui se moqueraient des vl'ais de la doc­
trine, s'ils ne leur servaient pas de moyens pOUL' s'enrichil': voilà
les motifs pour lesquels il est permis aux méchants de falsifier chez
eux les vrais.
   7333, Et le poisson qui était dans le fleuve moumit, signifie le
scientifique du Vl'cti éteint anssi: on le voit d'après cc qui a été dit
ci-dessus, N° 7318, où sont les mêmes paroles.
   733L Et le fleuve puait, signifie l'aversion: voir ci-dessus
No 7319.
   7335. Et les Égyptiens ne pouvaient point vOÎ1'e de l'eau du fleuve,
signifie qu'ils voulaient à peine en savoir quelqlle chose: on le voit
aussi par ce qui a été dit N0 7320.
   7336. Et il Y eut du sang dans tOlLte let telTe d'l~g!Jpte, signifie
la falsification totale: voir ci-dessus N0 7327,
   7337. Et ainsi firent les Mages de l'Égypte par leurs enchante­
ments, signifie que leurs falsificateurs fircut une 'ressemblance de la
même c/;ose : on le voit pur la signification de la magie égyptienne
et des enchantements, en ce que cc sont des abus de l'ordl'e Divin,
N0s 5223, 6052, 7296. Quant à cc qui concerne les miracles, il
faut qu'on sache que les Miracles Divins diffèrent des miraclos ma­
giques, comme le Ciel diffère de l'enfer; les Miracles Divins procè­
dent du Divin Vrai et s'avancent selon l'ol'c1re ; les effets dans les
derniers sont des miracles, quand il plaît aIl Seigneur que les cifets
se montrent dans cette forme; c'est ùe làque tou" les miracles Di­
vins représentent les états du Royallme du Seigneur dans les Cieux,
et du Royaume du Seigneur SUl' les Lel'res ou de n~glisc, c'est là la
forme interne des Miracles Divins; il en est ainsi de tous les Mira­
cles dans l'Égypte, ct aussi de tous les autres miracles dont il est
37~                   ARCANES C:ÉLESTES,
parlé dans la Parole; tous les Miracles que le SeigneUl' a faits Lui:"
Même, quand il était dans le monde, signifiaient l'état à venir de
l'Église; ainsi quand il ouvrait les yeux des aveugles et les oreilles
des sourds, quand il déliait la langue des muets, quand il faisait
marcher les boiteux, quand il guérissait les estropiés et les lépreux,
ces miracles signifiaient que ceux qui son t désignés par les aveugles,
les sourds, les muets, les boiteux, les estropiés, les lépreux, rece~
'l'aient l'Évangile et seraient spirituellement guéris, et cela pal'
l'avenement du Seigneur dans le monde; tels sont les Miracles Di­
vins dans leur forme inteme: 01' les miracles magiques n'envelop­
pent absolument l'ien; les méchants les font afin d'acquérir pour
eux de la puissance sur les autres, et ces miracles se montl'ent dans
la forme externe semblables aux MÎl'acles Divins; s'ils se montrent
semblables, c'est parce qu'ils découlent de l'ordre, et que l'ordre se
montre semblable dans les derniers où s'établissent les miracles;
par exemple, le Divin Vrai procédant du Seig;nell1' a, en soi toute
puissance, de là vient que la puissance est aussi dans les Vrais dans
les derniers de l'ordre; voilà pourquoi les méchants s'acquièrent
par les vrais la puissance, et dominent sur les autres: soit aussi cet
exemple: il est selon l'ordre que les états de l'affcction et de la
pensée fassent l'idée du lieu et de la distance dans l'antre vie. et
que là les habitants apparaissent mutuellement aussi éloignés les
uns des autres, qu'ils sont dans un état différent; cette loi de l'ordre
a été établie par le Divin, afin {lue tous ceux qui sont dans le Très­
Grand-Homme soient mutuellement distincts les uns des autres;
les Magiciens dans l'autre vie abusent de cette loi de l'ordre, cal'
 ils introduisent dans les autres des changements d'état, et les
 transportent ainsi tantôt en haut, tantôt dans l'abîme, et ils les lan­
 cent aussi dans des sociétés, afin qu'ils leur servent à eux de sujets;
 il en est de même pour Mn grand nombre d'autres C3S : d'apl'ès cela,
 il est évident que les miracles magiques, quoique dans la forme
 externe ils se présentent semblables au.x miracles Divins, ont néan­
  moins en eux une fin contraire, savoil', celle de détruire les choses
  qui appartiennent à l'Église, tandis que les miracles Divins ont
  en eux la lin d'édilier les choses qui appartiennent ~ l'Église: il
  en est de ces miracles comme de deux femmes llelles, dont l'une
  pal' la dCbauche est à l'intérieur entièrement infecte, ct. l'autrc par
EXODE, CHAP. SEPTlÈ~IE.                        37:)

la chasteté ou pal' un réel amoUl' conjugal est à l'intérieur entière­
ment pure; leurs formes externes sont semblables, mais leurs
formes internes diffèrent comme le Ciel et l'enfer.
   7338. E te cœm' de Phamon (ut ren(orcé, signifie t' obslinati01l ;
voir ci-dessus Nos 7272, 7300.
   7339. Et il ne tes écouta point, signifie ta non-1'éception et [CI
non-obéissance: voir aussi ci-dessus N°s 7224:, 727'6,7301,
   7340. Ainsi qu'avait parté Jéhovah, siyni fie scion ta prédiction:
aussi comme ci-dessus, N0 7302.
   734,'. Et Pharaon regarda etvinl vers sa maison, signifie ta pensée
et ta réflexion ct après tes (aux; on le voit pal' la signification de re­
garda, en ce que c'est la pensée ct la réflexion, cal' regarder dans le
sens spirituel, ce n'est pas considérer quelque chose avec les yeux,
mais c'est considérer avec le mental, ainsi penser et réfléchi!'; ct
par la signification de la maison de Pharaon, en cc qu'elle est le
faux; en effet, quand Pharaon représente le faux, sa maison repré­
sente aussi la même chose; de là venir vers sa maison, signifie les
faux; et comme ces paroles signifient la pensée et la rélIexion d'a­
près les faux, voilà pourquoi il est dit ensuite, qu'il n'appliqua point
son cœur à cela, cal' celui qui pense d'après les faux n'applique
point son cœur au Divin qui avertit.                       '
   7342. Et it n'appliqua 7JOint son cœur à ceta, signifie ta 1'ésistance
d' ctprès ta votonlé, el par suite f obstination: on le voit par la si~
gnification de ne point appliquer le cœur à quelque chose en ce que
c'est ne pas faire attention; et comme la non-attentioll aux Divins
 chez les mécllants vient d'une résistance produite par la volonté,
,c'est pOUl' cela que les mêmes paroles ont cette signification; et
 comme ne l)as appliquer son cœur à cela, renf(wme la'l11'ên1ù'chosc
 que être renforcé, c'esl aussi pour cela que l'obstination est signi­
 fiée, comme précédemment 1'0S 7'272, 7300, 7338. Quant à ce qui
 concerne la résistance d'après la ~olonté, il faut qu'on sache que
 c'est la volonté qui gouverne l'homme; quelques-uns croient que
 c'est l'entendement qui le gouvel'l1c, mais l'entendement ne gou­
 verne point à moins que la volonté n'incline; en effet, l'enlcnde­
  ment est favorable à la volonté, car l'entendement considéré en
  lui-même n'esl que la forme de 1:, yolonté: quand il est dit la vo­
  lonté, il esl entendu l'affection qui apparti--llt ~l l'amour, car la vo­
376                    ARCANES CÉLESTES,
 lonté de l'homme n'est rien autre chose; c'est cette alfection qrri
gouveme l'homme, cal' l'affection de l'amoul' est la vie de l'homme;
si dans l'homme il ya l'affection de lui-même et du monde, toute
sa vie n'est pas autre chose; et il ne peut l'ésister à cette affection,
car ce serait résister à sa vie même; les principes du vrai ne font
l'ien; si l'affection de cet amour domine, elle entraîne le vrai dans
son parti, et ainsi elle le falsifie, et s'il ne lui est pas pleinement
favorable, elle le l'ejette; de là vient que les principes du vrai de la
foi ne font absolument l'ien chez l'homme, à moins que le SeigneUl'
n'insinue raffection de l'amour spirituel, c'est-à-dire, de l'amour
envers le prochain; et autant l'homme reçoit cette affection, autant
aussi il reçoit les vrais de la foi; c'est l'affection de cet amOllI' qui
fait la nouvelle volonté, Maintenant, d'apl'ès cela, on peut voir que
l'homme n'applique jamais son cœur à quelque vl'ai, si sa volonté
résiste: c'est de là que les infernaux, parce qu'ils sont dans l'affec­
tion ou la cupidité du mal, ne peuvent point recevoir les vrais de la
foi, et par conséquent ne peuvent point être amenclés; c'est de là
aussi que les méchants falsifient les vrais de la foi, autant qu'ils
peuvent.
  7343. Et tous les Égyptiens creusèrent alentour du fleuve pOU/'
des eaux à boire, signifie la l'ecl,el'che dIt vrai pOUl' l'applique1'
aux faux: on le voit par la signification de creuser, en cc que c'est
la recherche, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification des
eaux alentour du fleuve, en ce qu'elles sont les vrais; si les eaux.
à l'entoUl' du fleuve sont les vrais, c'est parce qu'elles étaient hors
du fleuve et non changées en sang; que les eaux soient les vrais,
on le voit N°s 739, 790, 2702, 3058, 3424, 4976, 5668; et pal' la
signification de boire, en ce que c'est appliquel' aux faux; que
boire, cc soit appliquel', on le voit No 5709, cal' celui qui boit ap­
plique ü lui-même; mais il faut qu'on sache que l'application sc
fait selon la qualité et l'état de celui qui applique il soi-même;
celui qui est dans l'affection du vrai applique il lili-même les V1'ais
selon l'état et la qualité de l'aff'ection; celui qui est dans l'affection
du faux, pervertit ct falsifie les vrais quand il les applique à lui­
même; c'est cc qu'on peut voit' en ce que le Divin Vrai influe chez
tous, mais est variù clJCZ chacan selon l'état et la qualité de la vic
de chacun; et en ce que les infernaux changent ce Divin Vrai en
EXODE, CHAP. SEPTiÈME.                          377
faux; ils changent pareillement le Divin Bien en mal, les amours
célestes en amours diaboliques, la miséricorde en haine et en
cruauté, l'amour conjugal en adultère, ainsi en choses contraires;
et cela, parce que la qualité ct l'état de leur vie sont contraires;
de là vient que ces paroles, tous les l~gyptiens creusèren t alentour
du fleuve, signifient la recherche du vrai pour l'appliquer aux faux.
Que le vrai soit changé en faux, et le bien en mal, chez ceux qui
sont dans les faux et dans les maux, et aussi vicc vel'sâ, on le voit
clairement pal' cette règle commune, que toutes choses sont pures
pour ceux qui sont pUl'S, et impures pOUl' ceux qui sont impurs:
cela peut aussi être illustré par les choses qui sont dans la nature;
par exemple, p~r la Lumière qui provient du Soleil; cette Lumière
est d'un blanc éclatant, mais néanmoins elle est variée scion les
formes dans lesquelles elle influe; de là les couleurs; et elle devient
belle dans les formes belles, ct laide dans les formes laides: cela
peut encore être illustré pal' la greffe des bourgeons dans les arbres,
le bourgeon greffé au tronc commnn porte son fruit, c'est pourqnoi
dès que le suc de l'arbre influe dans le bourgeon greffé, il est
changé et devient suc du bourgeon propre à en produire les feuilles
et les fl'UitS: il en est de même des choses qui influent chez l'homme.
Que creuser, ce soit rechercher, c'est parce que l'eau, la sourcc,
le puits, qui sont creusés, signifient les vrais, lesl[uels ne sont
point creusés, mais sont recherchés; c'est pourquoi aussi dans la
Langue originale ce même mot, quand il est appliqué aux vrais,
signifie rechercher; mais dans les prophetiques, au lieu du vrai il
est dit eau ou source, et au lieu de rechercher il est dit creuser;
cal' tel est le langage prop1t6Lique, comme on le voit clairement
dans Moïse, lorsqu'il s'agit du puits de Béer, au sujet duqucllsrad
chanta ce cantique: « Monte, puits; répondez SUl' lui: (c'est) le
» puits qn'ont foui lcs princes, qu'ont creusé les prineip::mx du
 " peuple, pal' le législateur, avec leurs bâtons. ,,- Nomb. XXI.
46, 17, 18; - là le puits signifie la doctrine du Vrai Divin; creu-
ser, c'est la recherche de ce vrai.
   73H. Parce qu'ils ne pouvaient point boire des eaux du fleuve,
$ignifie la non application d'après les f'aux sans mélange: cela
 est évident par la signiftcation de ne pOllvoir point boire, en ce
 que c'est la non application; que boire, ce soit, appliquer, on vient
378                    AnCANES CËLESTES.
de le voir, No 734.3; ct par la signification des eaux du fleuve, Cil
ce qu'elles sont les faux, N0 7307; que par ne pouvoir point boire
des eaux du fleuve, il soit signifié que les vrais ne peuvent pas
être appliqués aux faux sans mélange, c'est-à-dire être falsifiés
par les faux sans mélange, c'est aussi ce qui résulte du sens in­
terne des paroles pl'écédentes, savoir, en ce que creuser alentoUl'
du fleuve pour des eaux à boire, c'est rechercher les vl'ais pour
les appliquer aux faux. Si les vrais ne peuvent pas être appliqués
flUX faux par des faux sans mélange, c'est parce que les vrais et
les faux sont absolument opposés, et que les opposés ne peuvent
pas être appliqués les uns aux autres, à moins qu'il n'y ait des
intemll~diaires qui conjoignent; les intermédiaires qui conjoignent
sont les illusions des sens extemes, et aussi les choses qui ont été
dites dans la Parole selon l'apparence; soit pour exemple, qu'il n'y
a que le bien qui viennc du Seigneur, ct qu'il n'en vient jamais
aucun mal; ce Vrai est falsifié pal' ces illusions, que le ScigneUl'
peut par sa toute-puissance, s'il Je ycut, ôtCl' Je mal, et que, puis­
qu'il ne l'ôte pas, il en est la causc, et qu'ainsi le maJ vient aussi
du Seigneur; il est aussi falsiOé d'après ces choses qui ont été dites
dans la Parole selon l'apparence, savoir, que Jéhovah ou le Sei­
gneur se met en colère, punit, condamne, jette dans J'enfer, 100's­
 que cependant ce sont ceux qui sont dans le mal qui se font cela
à eux-mêmes, et qui s'attirent ainsi le mal de la peine, car le mal
de la peine et le mal de la faute dans l'autre vie ont été conjoints:
 il en est de même dans mille autl'es exemples.
    734.5. Vers. 25, 26, 27, 28, 29. Et sepl jours s'accomplirent
 après que Jéhovah elll f1'appé Le fleuve. Et Jéhovah dit à 1I1oscheh:
  Viens verS Pharaon, et lU Lui diras: Ainsi dit Jéhovah: Renvoie
 mon peupLe, el qu'iLs j}Ie servent:. Et si tu refuses. toi, de (le) ren­
 voyer, voici, Moi, je frapperai toute la fl'ont.iè1'e de grenouiLLes.
  Et Le fleuve fera puLLuLer des 9,'enoltiLLes, et elles monteront, et
 elles viendront dans ta maison. et dans rappartement de ta couche.
  et sur ton Lit. el dans La maison de tes servilC'Urs et pm'mi ton
  peupLe, et dans tes foU/'s et dctns tes huches. El sur toi. ~t sur ton
  peupLe. el sm' tous les serviteU'rs. monteront fe.ç 91·enouiLles. - Et
  sept JOU1'S s'ctCcomplirent après que Jéhovah eut frappé le fleuve,
  signifie la lin de ccl état après'que les vrais eurent èté falsifi('s: et


                                                  •
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                            37()
Jéhovah dit ci Moschch, signifie une nouvelle instruction; viens ve1'S
Phamon, et ln lui diras, signifie le commandement à ceux qui in­
festent: ainsi dit Jéhovah; Renvoie mon peuple, (tfin qu'ils Me
se1'vent, signifie de laisser ceux de l'Église alin qu'ils adorent libre"
ment leur Dieu: et si tu 1'e(uses, toi, de (le) renvoye/', signifie s'ils
ne les laissent point; voici, Jl1oi, je {l'ltppe/'ai toule Ut (rontièl'e
de g/'enouiLLes, signifie les raisonnements d'après des faux sallS
mélange: et le fleuve (em pulluler des grenouilles, signifie que
les raisonnements d'après ces l'aux; et elles monleront et viendront
dans ta mai.son, et d(tn.s l'appa1'tement de let couclle, signifie ('em­
pliront le mental jusque dans ses intérieurs: et sur ton lit, signifie
jusqu'aux intimes: et dans la maison de tes servitClt1'S, et de ton
TJeuple, signifie dans toutes les choses qui sont dans le naturel: et
dans tes fours, et duns les huches, signifie dans les plaisirs des
cupidités: et sur toi, et sur ton peuple, et sw' tous tes serviteurs
monteront les g/'enouiLLes, signifie que les raisonnements d'après
les faux seront dans toutes cllOses en général et en parLiculiel'.
   731,6. Et sept jours s'accompli1'ent après que Jéhovah eut fi'appé
le fleuve, signifie la fin de cet état ap/'&s que les vrais eurent été
falsifiés; on le voit pal' la siguilicaLion de sept jours, en ce que
c'est une période entière dépuis le commencement jusqu'à la fin,
 ainsi l'état plein, N°s 728, 6508, la même chose que la semaine,
 N°s 2044, 38g,5; ainsi les sept jours accomplis sont la nn de cette
 période ou de cet état; et par la signification de après que Jélwv(th
 eltt fmppé le fleuve, en ce que c'est après que les vrais eurent été
 falsifiés; car le neuve frappé par le bâton d'Aharon, et les eaux de­
·venues sang, signifient que les vrais ont été falsifiés, voir N0s 7316,
 7317,7330,7332.
    73i7. Et Jéhovah dit cl b1oscheh, signifie une nouvelle inSl1'nc­
 tion: on le voit pal' la signification de Jéhovah dit, quand quelque
 chose est commandé de nouveau, en ce que c'est une nouvelle ins­
 tmction, N0s 7186, 7267, 7304,.
  734,8. Viens vers Plw1'aon, et tu lui ({iras, signifie le comman­
dement à ceux qui infestent; on le voit pal' la signification de venil'
ou entrer, et (lire, quand c'est par Jéhovall, en ce que c'est le
commandement; et pal' la représentation de PIIlt/'aon, en ce qu'il
désigne ceux qui infestent par les faux, N0' 7'1 07,711 0,7126, 7H2.
380                   ARCANES CÉLESTES.
   73i(}. Ainsi dit Jéhov(th: Renvoie mon peuple, afin qu'ils Me
s·ervent, signifie de laissel' ceux de l'b~glise, ((fin qu'ils adorent
libl'ement leUl' Dieu: on le voit par la signification de renvoyer, en
ce que c'est laisser; par la représentation des fils d'Israël, qui ici
sont mon peuple, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle,
Nos 64.26,6637,6862,6868, 7035,7062,7-198,720-',7215,7223;
et par la signification de Me servir, en ce que c'est adorer son
Dieu; que ce soit adorer librement, c'est parce que le culte ne
pouvait être pratiqué là eh les faux infestaient; et parce que tout
culte qui est véritablement un culte doit être pratiqué librement,
N°s 1%7,2875,2876, 2880, 288~, 3'14c5, 3146,3·158,403·1.
   7350. Et si tu n{uses, toi, de le l'envoyer, signifie s'ils ne les
laissent point: on le voit pal' la signification de renvoyer, en ce
que c'est laisser, comme ci-dessus N° 7349; ainsi si 11.He{ltSeS de
le l'envoyer, c'est s'ils ne les laissent point.
   73501. Voici, lUoi, je {1'((ppc1'(li toule ta frontière de grenouilles,
signifie les l'aisonnemenls d'après des {lt'UX sans mélange: on le
voit par la signification des 91'enouilte3, en ce qu'elles sont les rai­
sonnements; si c'est d'après des faux sans mélange, c'est pat'ce
qu'elles pullulaient du fleuve, ainsi qu'il est dit dans ce qui suit,
car le fleuve d'Égypte est le faux, N°s 6693, 7307, et parce qu'il
est dit que toute la frontière en serait frappée: par ces paroles il est
aussi signifié que les raisonnements seront fondés non sur des vrais
falsifiés, mais sur des faux sans mélange; et cela, parce que les
raisonnements d'après des vrais falsifiés sont enlin tournés en
blasphèmes contre le vrai et le bien; et en outre les vrais eux­
mêmes rejettent loin d'eux la falsification, car ils ne peuvent être
avec les faux, et tant qu'ils y sont ils combattent contre eux, et
enfin ils s'en dégagent et s'en séparent; de là vient qu'après que
l'homme a falsifié les vrais, il linit pal' les nier entièrement; aUM
trement même les faux domineraient sur les vrais; c'est poul'Gela
que, dans l'autre vie, après que les méchants ont eté jetés dans
l'enfer, il ne leU!' est plus permis de raisonner d'après des vrais
falsiÎlés, mais ils raisonnent d'après des faux sans mélange. Que
les Grenouilles soient les raisonnements d'après les faux, on le
 voit dans Jean: « Je vis (~ortir) de la bouche du dragon, et de
 II la bouche de la bêle, et de la bouche du {aux prophèle, trois
EXODE, CIJAP. SEPTIÈME.                           aSl
) esprits immondes sembLables à des Grenouilles; car ce sont les
 » esprits des démons, qui font des signes pour s'en aller vers les
 » rois de la tcnc et de tout le globe, afin de les assembrer pOUl'
 » la guerre de ce grand jour du Dieu lout-puissant. » -            Apoc.
XVI. 13, '14; - que les grenouilles soient les raisonnements
d'après les faux contre les vrais, on le voit clairement par chaque
mot de cc passage, Cal' il est dit qu'elles sortirent de la bouche
du dragon, de la bouche de la bête, et de la bouche du faux pro­
pl1ète; et qu'elles s'en allèrent vers les rois de la terre, afin de
les assembler pOUl' la guerre; les l'ois de la tClTe sont les vrais
de l'Église; que les l'ois sôient les vrais, et dans le sens opposé
les faux, on le voit N°s '1672, 1728, 20,15, 2069,3009, 3670, 4575,
 4.(>8'1, /i966, 504~, 5068, 6'148; et la tel're l'Église, N°s 662, 1067,
1262, 1733, '1850, 2'1 '17, 21'18,3355, 44047, 4535, 5577; et la guelTe
le combat spirituel, N° 2686, ainsi contre les vrais et les biens
 de la foi; de là il est bien évident que les grenouilles sont les
 raisonnements d'après les faux cohtre les vrais, Dans David:
 « Il changea leurs eaux en sang, ct il lua leur poisson; iL fit
 " pulluLer sur leur telTe les grenouiLLes, dans les appltl'tements de
 " Lew's rois. ,,- Ps. CV. 29, 30; - il est dit dans les apparte­
 ments de leurs l'Ois, parce qu'il est entendu le raisonnement
 contre les vrais d'après les faux, les appartements des l'ois sont
 les vrais intérieUl's, et dans le sens opposé les faux intérieurs;
 que les l'ois soient les 'l'ais, et dans le sens opposé les faux, on
 vient de le voir.
   7352. Et le fleuve rem 7mLLuLer des grenouilles, signifie que le.ç
raisonnements cl' après ces {aux: on le voit pal' la signification du
fleuve d'tgyple, en ce qu'il est le faux, Nos 6693,7307; ct pal' la
signification des grenouilles, en cc qu'elles sont les raisonnements,
ainsi qu'il vient d'être dit, N° 735,' ; si les grenouilles sont les rai­
sonnements, c'est parce qu'elles sont dans les eallx, ct qu'elles y
caquètent et coassent, ct sont aussi parmi des choses immondes.
Quant 11 ce que c'est que le raisonnement d'après des faux sans mé­
lange, cela va être illustré pal' quelques exemples; c'est d'après des
faux sans mélange que raisonne celui qui attribue tout à la nature,
et à peine quelque chose au Divin, lorsque cependant lout vient du
Divin, et que la nalure est seuiement lïnsll'lunental per qUQd (par.
382                   ARCANES CÉLESTES.
lequel le' Divin opère). C'est d'après des faux sans mélange que
 raisonne celui qui Cl'Oit que l'homme est comme la bête, seulement
plus piu'fait parce qu'il peut penser, et qu'ainsi l'homme doit
motU'ir comme la bête; cet homme parle d'après des faux sans mé­
lange, puisqu'il nie la conjonction de l'homme avec le Divin pal' la
pensée appal'tenant à la foi et par l'affection appartenant à l'amour,
et qu'ainsi il nie la résurrection et la vie éternelle. Il en est de
même de celui qui croit qu'il n'y a pas d'enfer. Il en est encore de
même de celui qui croit que l'homme n'a rien de plus que le plaisir
de la vie quand il est dans le monde, et qu'en conséquence il doit
en jouir, parce que lorsqu'il meurt il meurt entièrement. C'est d'a­
près des faux sans mélange que raisonne celui qui croit que toutes
choses appartiennent à la propre prudence et à la fortune, et non à
la Providence Divine qui n'est tout au plus qu'universelle. Comme
aussi celui qui croit que la Religion n'est autre chose qu'un moyen
de contenir les simples dans les liens, SUl'tout c'est d'après des faux
sans mélange que raisonnent ceux qui cl'oient que la Parole n'est
point Divine. En somme, tous ceux qui nient absolument les Vl'ais
Divins raisonnent d'après ùes faux sans mélange.
   7353. Et elles montel'ont et viendront dans ta maison et dans
1'appw·telllent de ta couche, signifie rcmpli1'ont le mental et jusque
dan$ ses intérieurs; on le voit pal' la signification de la maison, en
cc qu'eUe est le mental de l'homme, N0s 3538, ([973, 5023; ct pal'
la signification de l'appartement de la couche, cn cc que cc sont les
intérieurs du mental; si les appartements de l~l couche sont les in­
térieurs du mental, c'est parce qu'ils sont intérieurement dans la
maison. Les appartements signifient les intérieurs, et les apparte­
ments de la couche cc qui est enCOl'e plus intérieur, dans ces pas­
sages; dans Ésaïe: Va, peuple, entre clans tes appartements, ct
                         l(


)l  ferme la porte après toi; cache-toi pOUl' un petit moment, jusqu'à
 II ce que soit passée la colère. » -     XXVI. 20. - Dans Ézéchiel:
 " Il me dit : N'as-tu pas vu, ms de ['homme, ce que les anciens des
 >l fils d'Israël font dans les ténèbres, chacun dans les appartements

 » de son image?  )l -    VIII. ~ 2, - Dans Moïse: « Au dehors l'épée
 » ravira, et dcms les appartements la terreur. » - Deutér. XXXII,
 25. - Dans le Livre II des Rois: « Êlisée le prophète, qui (est) en
 » Israël, indique au roi d'Israélles paroles 'lIte ln prononces dans
•
                   EX.ODE, CHAP. SEPTIÈME.                          383
 » l'Appariement de ta couche. » - VI. 12. - Les Anciens compa­
raient le mental de l'homme à une maison, et les choses qui sont
au-dedans de !"homme aux appartements; le mental humain aussi
-cst tel, car les choses qui y sont ont été distinguées à peine autre­
ment qu'une maison en ses appartements; les choses qui sont au
milieu y sont les intimes, celles qui sont sur les côtés y sont les ex­
 térieurs, celles-ci étaient comparées aux parvis, et celles du dehors
 qui étaient en cohérence avec les intérieurs étaient comparées aux
portiques.
    7304,. Et SUI' ton lit, signifie jusqu'aux intimes: on le voit par la
 signification du lit, en ce qu'il est l'intime, car puisque les apparte­
ments de la couche sont les intérieurs, la couche ou le lit, qui s'y
trouve, est l'intime.
   7355. Et dans la maison de te.~ serviteurs et de ton peuple, signi­
fie dans toutes les choses qui sont dans le naturel: on le voit pal' la
signification de la nwison, en ce qu'elle est le mental de l'homme,
et comme elle se dit des Égyptiens ct des sel'viteurs de Pharaon, elle
est le mental naturel; que la maison soit le mental, on vient de le
voir N° 735:3 ; et par la signification des serviteurs et du peuple de
Pharaon, en ce qu'ils sont toutes les choses qui existent dans le
naturel; les choses qui y servent à confirmer les faux sont appelées
serviteurs; que le peuple se dise des vrais, et, dans le sens opposé,
des faux, on le voit N°s 1259, 1260, 3295, 358'1, 4.619,64·;)1,6465;
de Ul il est évident que cc dans la maison des serviteurs et du
peuple de Pharaon, II signifie dans tOlites les choses qui sont dans
le naturel.
   7356. El dans tes {ours et dans tes Iwches, signifie dans les plai­
sirs des cupidités: on le voit par la signification des {ours, en cc
qu'ils sont les biens extérieurs, parce que c'est là que le pain est
confectionné, ct les biens extérieurs sont les choses qui existent
dans le naturel, ct qll'on nomme communément plaisirs, car lors­
que les biens intérieurs, qui appartiennent aux amours ct par suite
aux affections, influent dans le naturel, ils y sont senlis comme
plaisirs; voilà ce qui est signifié par les fours da.ns le sens bon;
mais dans le sens opposé, comme ici, les fours signifient les plaisirs
 des cupidités, c'est-à-dire les plaisirs provenant des amours infer­
 naux, qui sont les amours de soi ct du monde; ct par la significa­
384.                     ARCANES CÉLESTES.
  Lion ùes huches, en cc qu'elles sont aussi les plaisirs des cupidités
  dans le natmel, mais plaisirs encore plus extérieurs, parce que les
 huclJes sont ùes vaisseaux dans lesquels la pâte pour le pain est
 préparée. Quand il est dit que les raisonnements entreront dans
 les plaisirs des cupidités, il est entendu que le plaisir de leur vie
 sera de raisonner d'après les faux, et ainsi de tromper et de sé­
 duire les autres; au nombre des plus grands plaisirs des méchants
 est aussi celui de l'épandre les faux, de les confirmer, de tourner les
 vrais on ridicule, et smtout de séduire les autres. Que le Four soit
 le plaisil' des affections qui appartiennent à la charité ct à la foi, et
 dans le sens opposé le plaisir des cupidités qui appartiennent il
 l'amour de soi et du monde, on le voit clairement dans Hosée:
 « Tous ils se livrent il l'adultère; comme nn {oltr allumé pm' le bou­
)l  langel', celui qui excite cesse de pétrir sa pàte; quand ils tOUI'­
 " nent, comme le (Oll/', leur esprit pour dresser leurs embûches,
 » toute la nuit leur boulanger dort, le matin il (le four) est ardent,
 » comme un feu de (Jamme; ils sont tous échauffés comme le (our,
 » et ils dévorent leurs juges, tous leurs l'ois tombent. » - VII. k,
 6,7; - Le four est le plaisÏl' des cupidités qui appartiennent aux
 maux; être ardent, être échaulTé, le feu de la flamme, ce sont les
 cupidités elles-mêmes; que le feu soit la cupidité du mal, on le voit
 ~os 1297,186'1, 2a.,16, 507,1, 5215, 63U, 6832, 7:32 a, l': ils dévo­
rent leurs juges, tous les l'ois tombent, ce sont les biens et les vrais
qui périssent; chacun peut voir qne, sans un sens interne, qui soit
tel, il est impossible de savoir cc que c'est que « tous ils se livrent
à l'adultère comme un four allumé par le boulanger, ils sont tous
(~chauffés comme le four, ils dévorentlesjnges, et les rois tombent. »
Le four est I))'is dans le sens bOll dans Ésaïe: » Parole de Jéhovah,
» de Qui le foyet' (est) dans Sion, et le FoUI' dans Jérusalem. » ­
XXXI. 9; - Sion est l'Église céleste, ainsi le bien de l'amoUl' qui
appartient il. cette Église; .Tél'llsalem est l'Église spirituelle, ainsi le
bien de cet amou!', c'est-à-dire le bien de la cllarité et de la foi; ici
le l'OUI' est le plaisir intérieur des affections du bien et du vrai; le
four 11. celte signification, parce que le pain, qui est confectionné
dans le four, signifie le bien de l'amoU' céleste et spirituel; que le
pain ait cette signirtcation, on le "Wl N°s 276, 680, 2~65, 2·177,
3a61., 34,78, 373(), 38'13, 1.21·1, 4,217, 4,73 ,1.976,0915: et comme
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                          385
la signification du four vient de là, voilà pourquoi le pain confec­
tionné pour les sacrifices et nommé Minchah, laquelle était confec­
tionnée dans un four, était distingué de la Minchah confectionnée
dans la poêle, et de la mincl1ah confectionnée dans la marmite.­
Lévit. II. 4, 5,7; c'étaient des diversités du" bien de l'amour qui
étaient signifiées par ces trois l'Iinchahs.
   7357. Et sur toi, et SUl' ton peuple, et SUl' tous tes serviteuTS
monteront le.~ grenouilles, signifie que les l'ai.~onnements d'apl'ès
les faux seront dans toutes choses en généml et en pal'ticulier : on
le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N° 7355 ; tous ceux en gé­
néral et en particulier qui étaient dans la terre d'Égypte sont signi­
fiés par Pharaon, son peuple et ses servileurs, ainsi sont signi­
fiés les faux dans toutes choses en général et en particulier: que
Pharaon et les Égyptiens signifient les fau~, c'est ce qui a déjà été
montré très-souvent. 11 faut qu'on sache que ceux. qui sont dans
l'enfer, et à qui les vrais qu'ils savaient dans le monde ont été ôtés,
ne peuvent faire autrement que de prononcel' des faux; de là vient
que quand quelqu'un d'eux parle, ce qui arrive quand ils apparais­
sent dans le monde des esprits, on sail aussitôt que c'est le faux'
les esprits probes, dans l'autre vie, connaissent cela d'après une
commune expérience: que les esprits infernaux. ne disent que le
faux, cela est encore bien évident par les paroles du Seigneur dans
Jean: il. Vous, pour père vous avez le diable, ct vous voulez faire
Il les désirs de votre père; lui, il était meurtrier dès le commence­

11 ment, et dans la vérité il ne s'est point tenu, parce que la vérité

 Il n'est point en lui; quand il pl'ononce le mensonge, il p1'ononce

»    cfaprès ses propl'es, puisqu'il prononce le mensonge, et en est le
Il   père. » - VIlI. U; - en effet, chacun parle selon raffection de
son amour, et personne ne peut parler contre cette affection, sinon
par dissimulation, hypocrisie, fraude et fourberie, comme les mé­
chants ont coutume dû faire quand ils prononcent des vrais; mais
ces vrais qu'ils prononcent ainsi sont chez eux. néanmoins des faux:
au contraire, ceux qui sont dans le vrai d'après le bien ne peuvent
faire autrement que de prononcer des vrais.


           XI.                                            25
386                   ARCANES CÉLESTES.
    DES HAnITAi'TS ET DES ESPRITS DE LA PLArÈTE DE MAliS.

       7358. La Planète de liars apparaît, dans l'idée des Espl'its et
    des Anges, connue les autres l)lanètes, constamment à sa place,
    ct c'est même vers la gauche en avant 11 quelque distance dans le
    plan de la poitrine; et ainsi hors de la spllère où sont les esprits
    de notre terre. Les Esprits d'une terre ont été séparés des esprits
    d'une autre terre, et cela, parce que les Esprits de chaque terre
   représentcnt quelque Province particulière dans le Très·Grand­
   Homme, ct sont par suite dans un élatautre ,ct dilI'érent; et la di­
   vcrsité de l'état faitqu'i1~ apparaissent séparés les uns des autres,
   soit vers la droite, soit vers la gauche, à une distance ou plus
   grande ou plus petite.
      7359. Des Esprits vil,lrcnt de là vers moi, ct s'appliquèrent à ma
   tempe gauche et là ils me soufllaient leur langage, mais je ne le
  comprenais point;i! était doux quant au lIux; je n'en avais pas,
  autant que je me le rappelle, perçu de plus doux auparavant, c'était
  comme l'aure (atmosphère du troisième degré) la plus douce, il
  soufflait d'abord vers la tempe gauche ct vers l'oreille gauche par
  en lIaut; et le souffle s'avançait de là vers l'œil gauche et peu à peu
  vers le droit, et découlait ensuite, sU'tout de l'œil gauche vers les
  lèvres; et, arrivé aux lèvres, il entrait dans le Cerveau par la bou­
  che, et pal' un chemin au-dedans de la bouche, et c'était même par
 la trompe d'Eustache; quand le souftle fut parvenu dans le cerveau,
 je compris leU' langage, et il me fut donné de converser avec eux:
 j'observais que, lorsqu'ils me pal'laient, les lèvres ehez moi étaient
  en mouvement, et un peu aussi la langue, ct cela à cause de la cones­
 pondance du langage intérieur avec le langage extériour; le langage
 extérieur appartient au son articulé qui ton1be du coté de la mem­
 brane externe de l'Oreille, ct de là, au moyen des petits organes,
 dcs membranes et des fibres, qui sont au-dedans de l'Oreille, il est
porté dans le Cerveau.
     7360, Pal' là il me fut donné de savoir que le langage des habi­
 tants de Mars était différent du langage des habitants de notre
Terre, c'est-à-dire que c'était un langage non-sonore, mais presque
tacite, s'insinuant dans l'ouïe ct dans la vue intérieure par un che­
lllin plus comt; et qu'étant tel, il était plus plein ct plus parfait,
EXODE, CHAP. SEPTIÈME.                              387
plus plein d'idées de la pensée, ainsi s'approchant de plus près du
langage des esprits et des anges; l'affection même du langage est
aussi représentée chez eux dans la face, et sa pensée dans les yeux;
car la pensée et le langage, ainsi que l'affection et la face, font un
chez eux; ils regardent comme infâme de parler autrement qu'on
ne pe!1se, et de montrer sur sa face autre chose que ce qu'on veut;
ils ne savent pas ce que c'est que l'hypocrisie, ni ce que c'est que
la fourberie ct la fraude.
      736~. Que les Très-Anciens sur notre terre aient eu aussi un tet
 langage, c'est même ce qu'il m'a été donné de savoir par la conver·
 sation avee quelques-uns d'entre eux., voir Nos 607, 608: pour
 éclaircir ce sujet, je vais de nouveau rapporter ce qu'il m'a été
 donné de savoir par e::périence sur le langage des Très-Anciens de
 cette terre, c'est ce qui suit: Il me fut montré par un certain
                                    (t


  Il influx que je ne saurais décrire, 'quel avait été le langage de ceux

  Il qui étaient de la Très-Ancienne Église; il n'était pas articulé

  » comme le langag(' par mots de notre temps, il était tacite et se
  » faisait non par la respiration externe, mais par la respiration in­
  » terne; il me fut aussi donné d'apercevoir quelle était leur respi­
   » ration interne, qu'elle allait de l'ombilic vers le cœur, et ainsi
   » par les lèvres, sans rien de sonore quand ils parlaient, et qu'elle
   li n'entrait pas dans l'oreille des autres par la voie externe, et ne

    " frappait pas sur ce qu'on appelle le tympan de l'oreille, mais
    " qu'elle entrait par une certaine voie interne, et même là par ce
    » qui est appelé aujourd'hui la trompe d'Eustache: il m'a été mon­
    Il tré que par un tel langage ils poutaient exprimer les sentiments

    li du cœur et les idées de la pensée bien plus pleinement qu'on ne

    " peut jamais le faire par des sons articulés ou des mots sonores,
     li qui sont. pareillement réglés par une respiration mais externe,

    " car il n'y a pas un mot, ni même rien dans un mot, qui ne soit
     li réglé par des applications de la respiration; mais chez eux cela se

     li faisait avec beaucoup plus de perfection, parce que c'était par la

     li respiration interne, qui, etant intérieure, est par cela même plus

      li parfaite, et aussi plus applicable et plus conforme aux idées même

      Il de la pensée: outre cela, ils s'exprimaient encore par de très-légers

       Il mouvements de lèvres et par des changements correspondants de

   )1     la face; en effet, comme ils étaient hommes célestes, tout ce qu'ils
388                    ARCA.NES GÊLESTES.
 ~    pensaient se manifestait clairement par leRr face ct leurs yeux,
   )) qui ofl'raient d'une manièrêconforme des variatiDns, la face quant
   ~ à la fOI'me et quant à la vie. et les yeux quant à la lumière; ils ne
  »pouyaicntjamais montrer un visa~eqli ne fût pas en rapport avec
  )) ce qu'ils pensaient; la dissimulation et plus encore la fourberie
  " était pour ,eux un crime énorme: comme ils avaient un tel lan­
  )) gage, ct que ce langage se faisait par la respiration interne, c'est
  )) pour cela qu'ils ont pu avoir sociét~ avec les Anges, N.o 1118. »
      7362. La respiration des Esprits de la Planète de Mars m'a aussi
 Né communiquée (que les Esprits et les Anges respiren t, on le
 voit Nos 3884 à 389...); et je perçus que leur respiration était inté­
 rieure, allant de la région du thorax vers l'ombilic, et de là se dé­
 veloppant en haut par la poitrine, avec. un souffle imperceplible
 vers la bouche : j'ai pu voir d'après cela, puis aussi par d'll.utl;CS
 docmnents de l'-expérience, qu'ils étaient JrJlllg~.nig mlQstc, ct
 qu'ainsi ils ne différaient pas de ceux qui avaient été de la Très­
 Ancienne Église sur notre Terre.
      7363. Ils me parlèrent de la vie des llabitanls de leur terre; ils
 me dirent qu'ils ne sont point sous des empires, mais qu'ils sont
 distingués en sociétés grandes el petites; que là ils s'associent se­
 lon la convenance des caractères, et qu'ils découvrent sur-le-champ
celte convenance d'après la face et le langage et ~e trompent rare­
ment; ils sont alors aussitôt amis: toutefois ils n'ont pas d'3'er­
sion pour les autres, car ils n'ont aucune aversion, ni à plus forte
raison aucune haine. Ils me disaient aussi que leurs associations
sont agréables, et qu'entre eux ils parlent de ces choses qui se font
dans les sociétés, et principalement de celles qui se passent dans
le Ciel, car plusieurs d'entre eux ont une communication manifeste
avec les Anges qui sont dans le Ciel. Il est même probable, puis­
qu'ils sont tels et ainsi associés, que leurs sociétés prises ensem­
ble dal}~e ..leITe, représentent la commune société Angélique,
car dans le Ciel toutes les sociétés sont différentes, mais le Sei­
gneur les conjoint toutes par la forme céleste, afin qu'elles soient
un; en effet, l'unité se compose de variétés convenablement dis­
posées dans une forme.
      736... Ceux qui, dans leurs sociétés, commencent à penser de
trayers, et par suite à mal vouloir, sont séparés de la société, on
~XODE,! CIUP. SEPTIÈME.                         389
kls abandonne à eux seuls; de là ils mènent hors de la société une
vie tout-à-fait misérable dans des rochers ou ailleurs, car on ne
s'occupe plus d'eux: quelques sociétés cherchent par .divers
moyens à. forcer ces hommes à s'amender, mais quand elles n'y
réussissent point, elles s'im séparent. Ils se mettent ainsi sur leurs
Eardes, afin que la cupidité de la domination et la cupidité du gain
ne s'introduisent point, c'est-à-dire, afin que quelques-uns pal'
~upidité de domination ne mettent point sous leur jou~ la société
dans laquelle ils sont, et ensuite plusieurs autres sociétés; et afin
que quelques-uns par cupidité de gain n'enlèvent point aux autres.
leurs biens; chacun y vit Content de ses biens, et chacun est con­
tent de son honneur, ql!i consiste dans la réputation d'être juste ct
d'aimer le prochain; ce plaisir et la tranql!.illité d'esllfit (animi) ,
seraient détruits, s'ils ne chassaient pas des sociétés ceux qui pen­
sent mal ct veulent mal, et s'il~ ne prévenaient pas avec prudence
et sévérité, dès les commencements mêmes, l'amour de soi et l'a­
mour du monde chez ceux où ces amours se manifestent; car' ce
sont. ces amours qui ont fait que les sociétés sont devenues des
èÏnpires er des royaumes, au-dedans desquels il est peu d'hommes
qui ne veuillent dominer et posséder les biens des autres, car il
en est peu qui fassent le juste et l'équitalJle d'après l'amour dll
juste et de l'équitable, et moins encore qui fassent le bien d'après
la charité, et le vrai d'après la foi, mais c'est d'après la crainte ùe'
la loi, du préjudice, de la perte de la vie, du lucre, de l'honneUl' el
de la réputation.
   7365. La continuation sur les halJitants et les esprits de la Pla­
 nète de Mars est à la fin du· Chapitre suivant.




                              . ~
PREMIERE PARTIE
                                  DU




        LIVRE DE L'EXODE.

                             ; c::s:ae.


                   CHAPITRE HUITIÈME.


                    DoCTr.INE DE LA CHANTÉ.




   7366. Il a été dit ci-dessus que les Amours de soi et du monde
chez l'homme constituent l'Enfer; il sera dit maintenant quels
sont ces amours, et cela, afin que l'homme sache s'il est en eux,
et par conséquent s'il a en lui l'Enfer ou s'il a le Ciel; car dans
l'homme même il y a ou l'Enfer ou le Ciel: que le Royaume de
Dieu soit au-dedans de l'homme, c'est ce que le Seigneur enseigne
dans Luc, Chap. XVII. 21 ; il en est de même par conséquent de
l'Enfer.
   7367. L'amour de soi règne chez l'homme 1 c'est-à-dire, l'homme
est dans l'amour de soi, lorsque dans les choses qu'il pense et fait
il ne considère pas le prochain, ni par conséquent le public, ni
encore moins le Seigneur, mais qu'il ne considère que lui et les
siens, ainsi lorsqu'il fait toutes choses pour lui et pour les siens, et
que quand il agit pour le public et le prochain, c'est seulement afin
d'être vu.
   7368. Il est dit pour lui et pour les siens, parce que lui-même
fait un avec les siens, et que les siens font un avec lui; ainsi,
quand quelqu'un fait quelque chose pour son épouse, ses enfants,
ses petits-enfants, ses gendres, ses brus, HIe fait pour lui-même,
parce que ce sont les siens; pareillement si c'est pour des alliés ct
pour des amis qui sont favorables à son amour, et qui par là sc
l!:XûDE, CH,P. HUlTlÈ~lE.                      agI
  conjoignent à lui, cal' pal' une telle conjonction ceux-ci font un
  avec lui, c'est-à-dire, se considèrent en lui et lui en eux.
     7369, A.utant l'homme est dans l'amour de soi, autant il s'éloi­
 gne de l'amour du prochain ; pat' conséquent autant l'homme est
 dans l'amour de soi, autant il s'éloigne du Ciel, cal' dans le Ciel
 est ('amour du prochain; de là aussi résulte qu'autant l'homme est
 dans l'amour de soi, autant il est dans l'enfer, car dans l'enfer
 est l'amour de soi.
    7370. Dans l'amour de soi est l'homme qui méprise le prochain
 en le comparant à soi-même, et qui le regarde comme un ennemi
 s'il ne lui est pas favorable, et s'il ne l'honore pas; encore plus
 darrs l'amour de soi, est l'homme qui, pour cette raison, a de la
 haine pour le prochain et le persécute; et encore plus celui qui pour
 cette raison bl'ûle d'en tirer vengeance et désire sa perte: de tels
 hommes enfin aiment à sévir contre le prochain; et si ces mêmes
 hommes sont aussi adultères, ils deviennent féroces,
    737 t, Le l)laisir qu'ils perçoivent dans de telles actions est le
 plaisir de ramour de soi; ce plaisir chez l'homme est le plaisir
 infel'l1al: tout ce qui se fait conformément à l'amour est un plaisir;
on peut donc aussi, d'après le plaisir, savoir quel est l'amoUl'.
    737'2. Pal' les choses qui viennent d'être rapportées, No 7370,.
comme indices, on connaît qui sont ceux qui sont dans l'amoul'
ùe soi: peu importe de quelle manière ils se présentent dans la
forme exteme, et qu'ils soient élevés ou soumis; cal' de telles
choses sont dans l'homme intérieur; 01' l'homme intérieur aujour­
d'hui est caché par la plupart des hommes, ct l'extérieur est ins­
truit à feindre des choses qui concernent l'amour du public et du
prochain, pal' conséquent des choses opposées; et cela aussi pOUl'
soi-même ct pour le monde.
    7373. L'amour du monde règne chez l'homme; c'est-à-dire.
l'homme est dans l'amour du monde, lorsque dans les cho~es
qu'il pense et fait il ne considère et n'a en vue que le lucre,
sans s'inquiéter si cc qu'il fait est .préjudiciable au prochain ct
au public.
   7il74. Dans l'amour du monde sont ceux qui désirent attirer
à eux les biens des autres par des ruses m6ditées, ct plus encore
ceux qui emploient l'as!uceet la fraude. Ccux qui sont dans cet
39i                  ARCANES CÉLESTES.
amour envient les biens des autres et les c.ohvoitent; et en tant
qu'ils ne craignent point les lois, ils les en privent et même les
en dépouillent.
   7375. Ces deux amours croissent autant qu'on leur lâche le
frein, et que l'homme s'y laisse emporter, et enfin ils croissent
au-delà des bornes, au point de vouloir dominer non-seulement
sur tout ce qui est dans le royaume, mais encore sur ce qui est
au-delà, jusqu'aux bout;; de la terre; bien plus, quand les freins
sont lâchés; ces amours s'élèvent jusqu'au Dieu de l'univers, c'est­
à-dire, à un tel point que ceux qui sont dans ces amours veulent
monter sur le trône de Dieu, et être adorés à la place de Dieu lui­
même; selon ces paroles, dans Esaïe, au sujet de Lucifer par lequel
sont entendus ceux qui sont dans ces amours et sont appelés Babel:
" Tu as dit dans ton cœur: Je montemi aux cieux, par-dessus
les étoiles de Dieu f élèverai mon trône, je m'assiérai sur la mon­
tagne de la convention, aux côtés du septentrion: je monterai au­
dessus des hauts lieux de la nuée, et je deviendrai semblable au
 Très-Haut; mais tu as été précipité dans l'enfer. II - XIV. 13,
14,15.
   7376 .. lV1aintenant, d'après ce qui vient d'être dit, on peut voit'
que ces deux amours sont les origines de tous les mau.x, car ils
sont diamétralement opposés à l'amour envers le prochain et à
ramolli' pour le Seigneur, par conséquent diamétralement opposés
au Ciel, où règnent l'amour pour le Seigneur et l'amour envers le
prochain; cc sont en conséquence ces deux .amours, savoir, l'amolli'
de soi et l'amour du monde, qui sont l'enfer chez l'homme, car ces
deux amours règnent dans l'enfer.
   7377. Toutefois dans ces amours ne sont point ceux qui aspirent
aux honneurs non pour eux-mêmes, mais pour la patrie, et qui
aspirent aux richesses non pour les richesses, mais pour les néces-.
sités de leur propre vie et de celle des leurs, puis pour un usage
bon, en vue duquel l'opulence leur plaît; chez ceux-ci les honneurs
et les: richesses sont les moyens de biel faire.
EXODE, CHAP. HUlTlÈM~.                          393

                         CHAPITRE VIII.


    i. Et JÉHOVAH dit à lIoscheh: Dis à Aharon : Étends ta main
avec ton bâton SUI' les torrents, sur les fleuves ct sur les étangs, et
fais monter les grenouilles sur la terre d'Égypte.
    2. Et Aharon étendit sa main sur les caux de l'Égypte, ct la
grenouille monta, et elle couvrit la terre d'Égypte.
    3. Et ainsi firent les mages d'Égypte par leurs enchantements,
et ils firent monter les grenouilles sur la terre d'Égypte.
    i. Et Pharaon appela Moscheh et Aharon, et il dit: Suppliez
JÉHOVAH, et qu'il éloigne les grenouilles de moi ct de mon peuple,
et je renverrai le peuple, et qu'ils sacrifient à JÉHOVAH.
    5. Et lIoscheh dit à Pharaon: Honore-toi sur moi; pour quand
supplierai-je pour toi, et pour tes serviteurs, et pour ton peuple,
 pour exterminer les grenouilles d'auprès de toi, et de tes maisons?
seulement dans le fleuve elles resteront.
    6. Et il dit: Pour demain. Et il dit: Selon ta parole; afin que tu
saches que nul (n'est) comme JÉHOVAH notre DIEU.
    7. Et les gren9uilfes seront éloignées de toi, et de tes maisons,
 et de tes serviteurs, et de ton peuple; seulement dans le fleuve
 elles resteront.
    8. Et l'Ioscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon, et lIoscheh
'cria à JÉHOVAH au sujet des grenouilles qu'il avait imposées à
·Pharaon.
    9. Et JÉHOVAH fit selon la parole de Moscheh; et elles moururent
 les grenouilles, des maisons, des cours et des champs.
    iO. Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, et la
 terre (en) puait.
    i i. Et Pharaon vit qu'il y avait de la respiration, et il appe­
 santit son cœur, et il ne les écouta point, ainsi qu'avait parlé
JÉHOVAH.
  i2. Et JÉHOVAH dit à Moscheh: Dis à Aharon: Étends ton bâ­
ton, ct frappe la poussière de la terre, ct elle deviendra des poux
dans toute la tene d'Égypte.         .'
   i;J. Et ils firent ainsi, et Aharon étendit sa main avec son bàton,
:l.l4               A.BeAi'ŒS CELESTES.

ct il frappa la poussière de la terre, ct le poux fut sur l'homme cl

sur la bête: toute la poussière de la terre devint poux ùans toute la

terre d'Égypte,

   14. Et ainsi firent les mages par leurs enchantements pour pro­
duire des poux; et ils ne puren t point, et le poux fut SUI' l'homme
ct sur la bête.
   15. Et les mages dirent ü Pharaon: Le doigt de DIEU, ceci: et
le cœur de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point, ainsi
qu'avait parié JÉHOVAH.
   16. Et JÉHOVAH dit à l:Ioscheh: U'Ve-toi matin au matin, ct ,
pose-toi devant Pharaon; voici, il sort vers les eaux, et tu lui
diras: Ainsi dit JÉHOVAH: Renvoie mon peuple, et qu'ils 1Ie
servent.
   17, Car si toi tu ne renvoies pas mon peuple, voici Moi j'envoie
contre toi, et contre tes serviteurs, et contre ton peuple, et contre
tes maisons, le Volatile nuisible; et seront remplies les maisons
des Égyptiens du Volatile nuisible', et aussi la terre sur laquelle
elles (sont).
   18. Et je distinguerai en ce jour-là la terre de Goschen, sur la­
quelle mon peuple ~ tient, en ce qu'il n'y aura point là de Volatile
nuisible, afin que tu saches que 11oi (je suis) JÉHOVAH au milieu
de la terre.
   19. Et je mettrai une rédemption entre mon peuple ct ton peu­
pIe; pour demain sera ce signe.
   20, Et JÉHOVAH fit ainsi, et il vint du volatile nuisible en masse
en la maison de Pharaon, et la maison de ses serviteurs, et dans
toute la terre d'Égypte; et la t~l'fE~ était abîmée à cause du volatile
nuisible.
   2,1, Et Pharaon appela Moscbeh at Aharon, et il dit: Allez, sa­
crifiez à votre DIEU ùans la terre,
   22. Et l:loscheh dit: Il n'est point convenable de faire ainsi,
pal'ce que nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens à JÉHOVAIf
notre DIEU; voici, nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens
à leurs yeux, lie nous lapideront-ils point?
   23. Le chemin de trois jours nous irons dans le désert, et nous
sacrifierons à JÉHOVAH notre DIEU, ainsi qu'il nous a dit.
   2(., Et Pharaon dit: Moi jc vous renverrai, ct vous sacrifierez
EXODE, CHA.P. HUlTIÈME.                        3~lr>
à lÉ1lOvAH votre DIEU dans le désert; seulement en vous éloignant
ne vous éloignez point p<1U.r aller; suppliez pOUl' moi.
   25. Et lUoscheh dit ~ Voici, moi je sors d'avec toi, et je sup­
plierai ~ÉHOVAU~ et qu'il éloigne le volatile nuisible de Pharaon,
ge ses servitew'S et do son peuple, demain; seulement que, Pha­
raon ne contintle pas à se moquer, en ne renvoyant pas le peuple
pour sacrifier à JtHOl.Uf.
    26. Et l'Ioscheh sortit d'avec Pharaon, et il supplia JÉIIOVAH.
   27. Et JÉlIOVAll fit selon·la parole de Moscheh, et il éloigna le
volatile nuisible de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple;
il n'en resta pas un.
   ~8. Et Pharaon appesantit son cœur encore cette fois, et il ne
renvoya point le people.

                               CONTENU.

    7378. Dans ce Chapitre, il continue dans le sens interne li être
 traité do la lastation de ceUI qui sont dans les faux et qui infestent
 dans l'autre vie les esprits probes: les deux premiers degrés de la
 vastation ont été décrits dans le Chapitre précédent, ainsi qu'une
 partie du troisième degré, qui consistait en ce qu'ils ne raison­
 naient que d'après des faux sans mélange; les raisonnements
 d'après les faux sans mélange sont signifiés par les grenouilles; il
 continue à en être question dans ce Chapitre; et ensuite il s'agit
 du quatrième et du cinquième degré de la vastation de ceux qui
.sont dans les faUI et qui infestent dans l'autre vie les esprits pro­
 bes; le quatrième degré consiste en ce qu'ils étaient dans des maux
 qui détruisaient chez eux tout bien, même tout ce qu'ils tenaient
 du biQn naturel, ce qui est signifié par les poux provenant de la
 poussière de la terre: le cinquième degré consiste en ce qu'ils
,ét~ient dans les faux d'après ces maux, par lesquels tout vl'ai était
 détruit, ce qui est signifié par le volatile nuisible.

                           SENS INTERNE.

   7379. Vers. 1 à 10. Et Jéhovah dit à 1Iloscheh : dis à Ahal'on :
étends   la   nuûn avec ton bâton sur les. torrents> sur les flelwes ct
396                   AnC..NES CltLESTES.
SUI' les étangs, et rai~ monter les gl'enouilles sw' la tel'I'e d'Égypte.
Et Aharon étendit sa main sur les eaux de l'Égypte, et la grenouille
monta, et elle couvrit la terre d'Égypte. Et ainsi firent les mages
d'Égypte pm'leurs enchantements, et ils firent monter les grenouilles
sur la terre: cr Égypte. Et Pharaon appela Jloscheh et Aharon, et il
dit: Suppliez Jéhovah, et qu'il éloigne les grenouilles de moi et de
mon peuple, et je renverrai le peuple, et qu'ils sacrifient. à Jéhovah.
Et Moscheh dit à Pharaon: Honore-toi sur moi; pour quand sup­
pliemi-je pour toi, et pour tes serviteurs, et pOUl' ton peuple, pOUl'
exterminer les grenouilles d'auprès (le toi, et de tes maisons? seule­
ment dans le fleuve elles l'esteront. Et il dit: Pour demain. Et il dit;
Selon ta parole; afin que tlt saches que nul (n'est) comme Jéhovah
notre Dieu. Et les grenouilles seront éloignées de toi, et de tes
maisons, et de tes serviteurs et de ton peuple; seulement dans le
fleuve elles resteront. Et Moschelt sortit, et Aharon, d'avec Pha­
l'aon, et Moscheh cria à Jéhovah au sujet des grenouilles qu'il avait
imposées à Pharaon. Et Jehovah fit selon la parole de Moscheh;
et elles moururent les grenouilles des maiwns, des cours et de:;
champs, Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, et la:
ten'e (en) puait. - El Jéhovah dit à llloscheh, signifie l'instruc­
tian: dis à Aharon, signifie l'infiux de la Loi interne dans la loi
externe: étends ta main avec ton bâton, signifie la puissance du
vrai interne par le vrai externe: sur les torrents, Sl/R' les fleuves
et sur les étangs, signifie contre les faux: et fais monter les gre­
nouilles sur la terre ri Égypte, signifie les raisonnements d'après
les faux sans mélange: et Aharon étendit sa main sur les eaux de
l'Égypte, signifie l'effet de la puissance du vrai interne pal' le vrai
externe contre les faux: et la grenouille monta, signifie les raison..
 nements d'après les faux sans mélange: et elle couvrit la terre
(l'Égypte, signifie le mental natUI'el en ce qu'il devint tel: et ainsi
 firent les mages âÉgypte par Leurs enchantements, signifie l'abus
de l'ordre Divin, d'où résulta une chose semblable dans la· forome
,externe: et ils firent monter les grenouilles sur la terre tf Égypte,
 signifie quant aux raisonnements d'après le mental naturel: et
 Pharaon appela 1I10scheh et Allaron, signifie la présence de la Loi
 Divine: et il dit ; suppliez Jéhovah, signifie l'humiliation à cause
 de l'ennui: et qn'il éloigne les fJt'enouilles (le moi ct de mon pete..
EXODE, CHAP. HUITltME.                         397
   pie, signifie afin qu'ils ne fussent pas forcés de raisonner d'après
   des faux sans mélange: et je renverrai le peuple, et qu'ils screri­
    fient à Jéhovah, signifie qu'ils laisseraient alors ceux qui sont de
   rt~glise spirituelle, afin qu'ils adorent leur Dieu: et 1Il0scheh dit à
   Pharaon, signifie la réponse: honore-loi sur moi, signifie qu"il
   faut se confier à la Loi Divine: pOUl' quand supplierai-je pour LOi,
   et pour tes serviteurs, et pour ton peuple, signifie l'intercession
   pOUl' ceux qui sont dans les faux et qui infestent: pour exterminer
   le.ç gl'enouilles âauprès de LOi et de tes maisons, signifie pour que
   les raisonnements cessent: seulement dans le fleuve elles reste­
•	 l'ont, signifie que ces raisonnements doivent demeurer avec les
   faux Ol! sont ces faux: et il dit; pour dernain, signifie à perpétuité:
   et il dit: selon ta parole, signifie la confirmation qui en résulte:
   afin que tu saches que nul (n'est) comme Jéhovah nOIre Dieu, si­
   gu-ifie qu'il ya un seul Dieu, et qu'il n'en est pas d'autre que Lui:
  et les gl'enouilles sel'ont éloignées de toi, et de tes maisons, et de
  tes serviteurs, et de ton peuple, signifie qu'ils ne seraient point
  forcés de raisonner d'après les faux sans mélange: seulement dans
  le fleuve elles l'esteront, signifie qu'ils demeureront avec les faux
  où sont ces faux: et Moscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon,
  signifie la séparation d'avec ceux qui raisonnaient d'après les faux
  sans mélange: etll'Toscheh cria à Jéhovah au sujet des grenouilles
  qu'il avait imposées à Pharaon, signifie l'intercession: et Jéhovah
  fit selon la parole de lJfoscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon la
  parole du Seigneur: et elles moururent les grenouilles, des mai­
  sons, des cours et des champs, signifie que chez eux cessaient les
  raisonnements d'après les faux sans mélange partout dans le na­
  turel : et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, signifie
  que ces faux raisonnants étaient disposés en faisceaux dans le na­
  turel: et la teTre (en) puait, signifie ce qui est hideux et re­
  poussant.
     7380. Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'instruction: on le
  voit par la signification de dire, cn ce que c'est l'instruction,
  Nos 7186, 7304, Dans les Historiques de la Parole, on voit claire­
  ment par les cboses qui suivent ce que Dire signifie, car cette
  expression enveloppe ces choses; si elle signifie ici l'instruction,
  c'est parce que Jéhovah dil cc qui doit êll'c fait ultél'ieu:ement ;
398                    ARCAl'lES CÉl.ESTES.
lJloscheh aussi représente la -Loi Divine, par laquelle Jéhovah
donne l'instruction.
   738,1. Dis à Ahltro/t, signifie l'in/lux de la Loi interne dans la
loi exteme: on le voit pal' la représentation de Moscheh, en ce
qu'il est la Loi Divine, N°s 6723, 6752; et par la représentation
d'Ahal'on, en ce qu'il est la doctrine du bien et du vrai, N°s 6998,
7089; la doctrine du bien et du vrai, qu'Aharon reprcsente, n'est
pas autre chose que la Loi externe, existant par la Loi interne,
c'est-il-dire, par le Divin au moyen de la Loi interne; et par la
signification de dire, en ce que c'est l'influx, comme Nos 6152,
629",7291; si dire ici signifie l'influx, c'est parce que Moscheh
devait dire à Aharon, et que Moscheh est la Loi interne, et Aharon
la Loi externe, et que l'influx procédant du Divin se fait par l'In­
terne dans l'Externe: la Loi interne est le Vrai Divin même tel
qu'il est dans le Ciel, et la Loi externe est le Vrai Divin tel qu'il est
en la terre; ainsi la Loi interne est le Vrai mis à la portée des
Anges, et la Loi externe est le Vrai mis à la portée des hommes.
Puisque la Loi interne que lloscheh représente est le Vrai mis à
la portée des Anges, et que la Loi externe qu'Almon représente
est le Vrai mis à la portée des hommes, il est à propos d'en dire
 ici quelque chose: Le Vrai mis à la portée des Anges est, quant à
 la plus grande partie, incompréhensible pour les hommes, cela est
 constant en cc que dans le Ciel il est vu et il est dit des choses que
 jamais l'œil n'a vues et que jamais l'oreille n'a entendues; et cela,
 parce que les choses qui sont dites chez les Anges sont des spiri­
 tuels, qui ont etc abstraits des naturels, conséquemment éloignés
 des idées et des mots du langage humain; en effet, l'homme s'était
 formé ses idées d'après les choses qui sont dans la nature, et même
  dans la nature la plus grossière, c'est-à-dire, d'après les choses
  qu'il avait vues dans le monde et sur la terre, et qu'il avait touchées,
  lesquelles sont matcrielles; les idées de ;l, pensée intérieure chez
  l' homme, quoiqu'elles soient au-dessus des matériels, sont néan­
  moins terminées dans les matériels, et où elles sont terminées là
  clics paraissent être, de là l'homme perçoit ce qu'il pense; d'aprb;
   cela, on voit clairement ce qu'il en est du vrai de la foi, et quel est
   celui qui tombe dans la pensée de l'homme ct qui est appelé Loi
   externe et représenté par Aharon; soit cet exemple pour illustra­
EXODE, CHAP. HUITIÈME.                         399
tion : l'liomme ne peut en aucune man!èl'e penser sans l'idée du
temps et de l'espace, cette idée s'attache presqu'à chaque chose que
l'homme pense; si l'idée résultant du temps et de l'espace était ôtée
à l'homme, il ne saurait pas cc qu'il pense, ct saurait même à peine
s'il pense; au contraire, dans les idées des anges il n'y a rien du
temps ni de l'espace; mais au lieu du temps ct de l'espace il y a
des états; cela vient de ce que le monde naturel sc distingue du
monde spirituel par le temps cL l'espace: si dans le monde naturel
il yale temps ct l'espace, ct dans le monde spirituel des états au
lieu du Lemps ct de l'espace, c'est parce que dans le monde naturel
le soleil, par des circonvolutions apparentes, est vu faire les jours
et les années, et distinguer les jours en quatre temps, la nuit, le
matin, le midi ct le soir, et les années aussi en quatre temps,
l'hiver, le printemps, l'été et l'automne, et cela aussi par des varia-
tions de lumière et d'ombre, de chaleur ct de froid; de là les idées
du temps ct des variations du temps; les idées de l'espace existent
d'après la mesure par les temps, c'est pourquoi oil est l'un, là est
l'autre: :lU contraire, dans le monde spirituel, le Soleil du Ciel,
d'où proviennent la lumière spirituelle et la chaleur spirituelle, ne
l'ail pas de circongyraLions ni de circonvolutions, ct par conséquent
n'introduit point d'idées de temps ct d'espace; la lumière qui pro-
cède de ce soleil est le Vrai Divin, et la chaleur qui procède de ce
soleil est le Bien Diyin; par eux existent les idées des etats chez
les anges, les états d'intelligence et de foi par le Vrai Divin, et les
éLats de sagesse et d'amour par le Bien Divin; aux variations de
ces etats chez les anges correspondent dans le monde les états de
lumière et d'ombre, de chaleu]' et de froid, qui appartiennent au
soleil quand il fait les temps et mesure les espaces. D'après cet
exemple, on peut voir en quelque sorte quel est le vrai interne, ou
le vrai mis à la portée des anges, qui est appelé Loi interne, ct
quel est le vrai externe, ou le vrai mis à la portée des hommes, qui
est appelé Loi externe; de là aussi on peut voir que les choses dont
s'entretiennent les anges, sont incompréhensibles pour l'homme et
 même i.nexprimables.
   7382. Étends ta main avec ton bâton, signifie la puissance dit
vrai interne par le vrai externe: on le voit par la signification de
la llwin, en ce qu'elle est la puissance spirituelle, qui apparlien t au
400                   ARCANES CÉLESTES.
vrai interne; et pal' la représentation du bâton, en ce qu'il est la
puissance naturelle, qui appal tient au vrai externe, Nol 6947 ,694.8;
que dans le monde spirituel toute puissance appartienne au vrai,
on le voit Nos 3091,3:187, 4.93,1, 6344, 64.23, 69~8: comme Moscheh
représente la Loi interne, qui est la même chose que le Vrai in­
teme, et qu'Aharon représente la Loi externe, qui ~st la même
chose que le Vrai externe, et comme le Vrai inteme inllue dans le
Vrai externe, et lui donne la puissance, N° 7381, c'est pour cela
que cette parole de Moscheh à Aharon Ct Étends ta main avec ton
bâton" signifie la puissance du Vrai interne par le vrai externe.
   7383. SUI' les ton·ent.~, sur Les fleuves et sur Les étangs, signifie
C01W'e Les (aux: on le voit pal' la signification des torrents et des
fleuves d'Égypte, en ce qu'ils sont les doctrinaux du faux, N° 7323;
et par la signification des étangs, en ce qu'ils sont les scientifiques
qui leur servent, N° 7324.; ce sont donc les faux qui sont signifiés
par les torrents, les fleuves et les étangs.
  738~. Et (ais monte1' Les grenouiLLes SUi' La terre d'Égypte, si­
gnifie les raisonnements d'allrès Les (aux sans méLange: voir
N°s 735,1, 7352; les grenouilles correspondent même aux raison­
nements d'après les faux, car toutes les choses, en général ct en
particulier, qui sont dans le monde naturel, ont une correspon­
dance avec celles qui sont dans le monde spirituel; et cela, parce
que le monde naturel existe par le monde spirituel; c'est pour quoi
toute la nature est le théâtre représentatif du monde spirituel,
N0s 2158, 34.83, 4.939.
  7385. Et Ahal'on étendit sa main su)' Les eaux de l'Égypte,
signifie L'effet de La puissance du vrai interne par Le vrai externe
cont1'e les (aux: on le voit par la représentation d'Aharon, en ce
qu'il est la doctrine du vrai et du bien, ainsi le vrai externe,
N0s 6998, 7009, 7089; par la signification de la main, en ce qu'elle
est la puissance, N°s 878, 4.931 à {'937, ici la puissance du vrai
interne par le vrai externe, comme ci-dessus No 7382; et par la
signification des eaux de L'Égypte, en ce qu'elles sont les faux,
N0s 6693, 7307; L'effet est signifié par cela qu'il étendit la main
et que la grenouille monta: il est donc évident que ces paroles,
• Aharon étendit sa main sur les eaux de l'Jtgypte, li signifient
EX.ODE, .CHAP. HUlTiÈME.                          I!() t

re'fret de la puissance du Hai int.ernc pal' le vrai externe contrc
les faux.
   7386. Et la grenouille monta, signifie les misonnemenls d'après
les faux sans mélange: on lc voit pal' cc qui vient d'être dit
N0 7384.
   7387. Et elle couvrit la terre d'Égyple, signifie le 1ltenwl na­
turel en ce qu'il devint tel: on le voit pal' la signification de
couvt'il', en cc que, puisque cela est dit du mental naturel, c'est
qu'i! a été rempli dc faux ct des raisonnements qui proviennent
des faux, qu'ainsi il devint tel; et pal' la signification de la terre
d'Égyple, en cc qu'clic est le mental naturel, N°s 5276, 5278,
5280, 5288, 530,1.
  '7·388. Et ainsi firent les mages d'ÉgYPle pal' leurs enchante­
ments, signifie l'abus de l'm'dl'e Divin, d'où. résulta une chose sem­
blable dans la {orme externe: voir N°s 7296, 7297, 7337, olt sont
de semblables paroles.
   7389. Et ils firent montel' les grenouilles SUI' la ten'e d'ÉgYPle,
signifie quant aux misonnements d'après le mental nalurel: on le
voit par la signification des grenouilles, en cc qu'ellcs sont les
raisonnements d'après les faux sans mélange, j'os 735,1, 7352,
7384; et par la signification de la terre d'Égyple, en cc qu'clle est
le mental naturel, ainsi qu'il vicnt d'êlre dit 10 7387.
  7390. Et Pharaon appela Mosclteh et Aharon, signifie la pré­
sence de la Loi Divine: on le voil I)ar la signification d'appelel',
en ce que c'est la présence, N° 6'177; si appeler sign Wc la préscncc,
c'est parce qu'appclel' quelqu'un, c'est vouloir lui parler Cl lui com­
muniquer ce qu'on pense, et que dans l'autre vic, d'après la loi de
l'ordre, celui à qui quelqu'un veul parler et désirc communiquer
ce qu'il pense, se montrc présent; pal' la représcntation dc Pha­
t'aon, en ce qu'il désignc ceux qui sont dans les faux et qui infcs­
tent, ainsi qu'i! a été souvcnt dit; par la représentation de ftloschelt,
en ce qu'il est la Loi interne; et pal' la représcntation d'Aharon,
en ce qu'i! eslla Loi externe, 1'0 7381 .
  739'1. Et il dit: Suppliez Jéhovah, signifie l'humiliation à cause
de l'ennui: on le voit par la signification clc supplier Jéhovah, cn
ce que c'est l'humiliation, car celui qui supplie cst dans l'humi­
liation, ct pareillement celui qui dcmande qu'un ;lltre sllpplil:
        ~.                                              W
402                   ARCANES CÉLESTES.

pour lui; la raison pOUl' 13quelle supplier signifie l'humiliation,

c'est que les Anges font attention non pas à la supplication, mais

à J'humiliation dans laquelle est l'homme quand il supplie, car la

supplication saIlS l'humiliation est seulement une voix qui l'etentit,

mais qui ne vient ni à l'ouïe ni à la perception des Anges. Que

ce soit à cause de l'ennui, savoir, de l'ennui de raisonner d'après

des faux sans mélange, on le verra dans ce qui va suivre.

   7392. El qu'il éloigne les grenouilles de moi cl de mon peuple,
signifie afin qu'ils ue fnssenl point forcés de raiSOnlWl' d'après des
faux sans mélange: on le voit pal' la signification d'éloigner, en
cc que c'est ne pas être forcé, cal' la cause de la supplication
était l'ennui de ce -qu'ils étaient forcés de raisonner d'après des
f:lUX sans mélange; ct pal' la signification des grenouilles, en ce
qu'elles sont les raisonnements d'après les faux. sans mélange,
J'0s 735'1, 7352; et par' la représentation de Pharaon et des l<:gyp­
tiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et qui
infestent, ainsi qu'il a été dit très-souvent. Quant à ce qui con­
cerne l'ennui, cause de la supplication ou de l'humiliation de ceux
qui infestent, il faut qu'on sache que cela est pour eux un dé­
plaisir, car pal' les raisonnements d'après les faux sans mélange
ils ne peuvent pas faire de mal; en effet, les faux sans mélange,
qui sont négatifs du vrai, sont la l'Ïsée des esprits probes, ici de
ceux qui sont de l'Église spirituelle du Seigneur et qu'ils infes­
taient; mais par les faux qui proviennent des illusions et des ap­
parences par lesquelles sont falsifiés les vrais, et qui ont été signi­
 fiés par le sang en quoi furent changées les eaux dans l'Égypte,
N°s 73,17, 7326, ils pouvaient faire du mal, parce que les illusions
 et les apparences séduisent, car elles sont comme une ombre et un
 voile sUl'les vrais; et comme ils ne peuvent pas faire du mal par les
 raisonnements d'après les faux sans mélange, c'est·à-dire, d'après
 les négatifs absolus du vrai, cela est pour eux un déplaisir, et voilà
 pomquoi ils prient; car la seule chose qui réjouisse les infernaux,
c'est de faire du mal, de quelque manière qu'ils puissent en faire;
en effet, faire du mal est le plaisir même de leur vie, tellement que
 c'est lem vie même; c'est pour cela que, quand il ne leur est pas
 permis de faire du mal, ils sont dans l'ennui: voilà pourquoi Pha­
 raon a prié pour Hre délivré dn mal des grenouilles, et n'a pas prié
EXODE, CUAP. lIUITlEME.                         ~'U3
pour être délivré du mal du sang, dont il a été parlé ci-dessus, ni
1)0Ul' être délivré du mal des poux, dont il sera parlé plus bas; car
le mal des grenouilles signifie l'infestation pal' les raisonnements
d'après les faux sans mélange, pal' lesquels ils ne peuvent pas
faire de mal; mais le mal du sang signifie l'infestation pal' les
faux d'après les illusions et les apparences, infestation qui lem
est agréable, parce que pal' elle ils peuvent faire du mal; et le mal
des poux signifie les maux, qui leur sont agréahles, parce que ce
sont des maux. Dans l'autre vie, tous ceux-là perçoivent du plaisir
 à. faire du mal, qui dans le monde ne font pas du bien au prochain
 pour le prochain, ni à la patrie pour la patrie, ni à l'Église pour
 l'Église, mais pour eux-mêmes, par conséquent qui ne font pas le
 vrai et le bien pour le vrai et le bien; que ce soit pour eux un
 plaisir de faire du mal, cela nB 'se manifeste pas dans le monde,
 parce que l'homme externe le cache; mais dans l'autre vie, quand
 les externes sont ôtes, et que J'homme est abandonné à ses inté­
 rieurs, ce plaisir se montre et se manifeste; de iù vient qu'ils sont
 dans l'enfer, car ceux qui sont dans l'enfe:, aiment tous faire du mal,
 mais ceux qui sont dans le Ciel aiment tous faire du bien.
   7393. Et je l'enverrai le 7Jcuple, et qu'ils sacrifient à Jéhovah,
signifie qu'ils laisseraient alors ceux qui sont de l' Église spiri­
tuelle, afin qu'ils adorent (eur Dieu: on le voit par la signification
de rCilVoyer, en ce que c'est laisser, ]'05 7312, 7349,7350; par la
représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église
spirituelle, comme N°s 6'1':26,6637,6862,6868,7035,7062,7'198,
7201,7215,7223; et par la signification de sacl'ifiel' 6L JéhoL'ah, en
ce que c'est adorer son Dieu; que les sacrifices aient signifié tout
.culte en général, on le voit N° 6905 ; par conséquent ici adorer.
   739~. Et lJloscheh dit à Pharaon, signifie la réponse: on le voit
 par la signification de dire, parce que c'est à Pharaon qui vient de
 pal'!er, en ce que c'est la réponse, comme aussi No 7103.
   7395. Honore-toi sur moi, signifie qu'il faut se confier au Fmi
 Divin: on le voit par la signification de s'honorCl", en cc que c'est
 se confier; et par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la
 Loi Divine, N°s 6723, 6752; conséquemment en ce qu'il est le
 vrai Divin, Nos 677'1, 70,14, 7382.
    7396. Pour quand supplierai-je pow' toi, ct    pOUl"   tcs Sl'rV,;leUn,
40,                   AHCANES CÉLESTES.
 (ft pOU" ton peuple, signifie l'intercession pour ceux qui sont dans

 les faux et qui infestent: on le voit par la signification de supplie1',
  pal'ce que c'est pour un autre, en ce que c'est l'intercession; et pal'
  la représentatIOn de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont
  dans les faux, et qui infestent, N°s 7107, 7HO, 7126, 7U2, 73,17;
  et comme ceux-là sont représentés par Pharaon, quand il est en
  outre ajouté: el ses serviteurs et son peuple, ils sont tous entendus
  en général et en particulier, cal' les serviteurs sont ceux qui son t
  d'une condition inférieure et qui servent; le peuple, c'est chacun
  en particulier: tes empires et les royaumes sont représentés dans
 le Ciel comme un homme, et les sociétés qui sont là, sont repré­
 sentées par les memlJres de cet homme; or lc roi est comme la
 tête: ce représentatif tire sa cause de ce que tout le Ciel repré­
 sente un seul -homme, ct que les sociétés du Ciel en représentent
 les membres, et cela scion les fonctions; de là on peut voir com­
 bien serait belle ct agréable dans le Ciel, la représentation d'un
 empire, d'un royaume et d'une société, si tous y étaient pareille­
 ment conjoints par la charité et la foi: le Seignem aussi, partout
où cela est possible, conjoint ainsi les sociétés, car le Divin Vl'Ui
 même, qui procède du Seigneur, introduit cet ordre partout où il
est reçu; de là cct ordre est dans le Ciel; il est aussi sur les
 terres, mais les sociétés qui le constituent sont éparses par tout le
globe, et se composent de tous ccux qui sont dans l'amolli' pour le
Seigneur et dans la charité envers le prochain; néanmoins ces
sociétés éparses sont 'ecueillies par le Seigneur, pour qu'clles re­
présentent aussi un seul homme, comme les sociétés dans le Ciel;
ces sociétés sont non-seulement au-dedans de l'Église, mais même
au dehors de l'Église, et prises ensemble elles sont appelées l'Église
du Seigneur éparse et formée pal' la réunion des hommes bons
sur lout le globe, Église qui est aussi appelée communion; cette
communion, ou cette Église, est le Royaume du Seigneur SUI' les
terres conjoint au Royaume du SeigneUl' dans les Cieux, et ainsi
conjoint au Seigneur Lui-Même.
  7397. l'our exterminer les grenouilles d'auprès de toi el de tes
maisons, signifie afin que les misonnements cessent: on le voit pal'
la signification des ,grenouilles, en cc qu'clles sont les raisonne­
ments d'après les faux sans mélange,      jos 735-(,   7352,   7~~84;   pal'
EXODE, CHAP. HUrnE1lE.                            4.05
 la signilication d'exte1'lninel', en ce que ~'est cesser; en effet exter­
 miner se dit des grenouilles, et cessel' se dit des raisonnements;
 par la représentation de Pharaon, d'auprès de qui les grenouilles
 seraient e:Ùerminées, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les
 faux et qui infestent, N0 7396; et pal' la signification des maisons,
 en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent au mental naturel;
 que la maison soit le mental naturel, on le voit ]"os 4973, 5023,
 7353; de là les maisons au pluriel, cc sont les choses qui y sont.
   7398. Seulement dans le fleuve elles J'estel'ont, signifie que ces mi­
 sonnements doivent demeul'el' avec les {aux où sont ces {aux; on le
 voit par la signification du fleuve, ici du fleuve d'Égypte, en ce qu'il
 est le faux, N°s 6693, 7307; et par la signification de l'estel', en ce
  que c'est demeurer. Voici ce qui se passe; toutes les choses, quelles
  qu'elles soient, qui entrent chez l'homme ydemeurent, surtout celles
  qui sont reçues d'après l'affection; on croit que lescboses qui entrent
  sont entièl'ement oblitérées et rejetées quand l'homme ne s'en sou­
 vient plus, toutefois elles ne sont point oblitérées ou rejetées; mais
 elles restent attachées, ou dans la mémoire intérieure, ou dans lamé­
 moire extérieure parmi celles qui son t devenues familières; car celles
 qui deviennent familières sont comrne les naturelles qui coulent d'el­
 les-mêmes et ne sont point tirées de la mémoire d'après un souvenir
 sensible, par exemple, comme le langage de l'homme, dont les mots
affluent spontanément de la pensée, comme les gestes et les actions,
et même la marche; comme aussi penser; ces choses entrent suc­
cessivement dès l'enfance, et avec le temps deviennent familières
et coulent alors d'elles-mêmes; d'après ces clioses , comme aussi
d'après d'autres choses semblables, on peut voir que toutes celles
qui entrent chez l'homme y demeurent, et que celles qui sont pas­
sées en habitude, c'est-à·dire qui sont devenues familières, ne sont
plus apel'çues y être, quoiqu'elles y soient; il en est de même des
faux et des maux qui entrent chez l'homme, et de même aussi des
vrais et des biens; c'est là ce qui le forme et fait qu'il est tel; que tout
ce que l'homme a vu, entendu, pensé, prononcé et fait ait été inscrit
en lui, on le voit N0s 2474.,24.89. D'après cela maintenant on voit
comment il faut entendre que les raisonnements doivent demeurer
avec les faux où sont ccs faux; car les faux, après qu'ils ont été éloi­
gnés, reçoivent leurs places ailleurs dans le naturel, et ayec les raux
406                   ARCANES CÉLESTES.
l'effort et la cupidité de raisonner; mais non comme auparavant
dans le milieu sous l'intuition directe du mental. C'est de là que les
grenouilles, comme il est rapporté dans la suite, furent amassées
par monceaux, et que la terre en puait, ce qui signifie que ces faL"tX
raisonnants furent disposés en faisceaux. dans le naturel, et qu'il
en résulta quelque chose de hideux et de repoussant, voir plus bas,
Nos 74.08, 7409.
   7399. Et il dit: Pour demain,_ signifie à perpétuité: on le voit
par la signification de pou'/.' demain, en ce que c'est à perpétuité, et
pour l'éternité, N0 3998.
   7400. Et il dit: Selon ta parole, signifie la confirmation qui en
résulte: on le voit sans explication.
   740 ~ • Afin que tu saches que nul n'est comme J éhovafl notre Dieu,
signifie qu'il y a un seul Dieu, et qu'il n'en 'est pas d'autre que Lui:
on le voit' en ce que, quand il est dit dans le sens historique que
nul n'est comme Jéhovah-Dieu, il 'est entendu dans le sens interne
qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, et, puisqu'il n'en est pas d'autre
que Lui, qu'il y a un seul Dieu; dans la Parole il est dit quelque­
fois que nul n'est comme Jéhovah-Dieu, et aussi que nul Dieu n'est
comme Jéhovah; il a été dit ainsi dans la Parole, parce que dans
ce temps-là, dans la tetTe où était l'Église, comme aussi dans les
terres Où n'était pas l'Église, on adorait plusieurs dieux, et chacun
rréférait son dieu au dieu d'un autre; on distinguait ces dieux par
des noms, et le Dieu des Israélites et des Juifs par le nom de Jého­
vah: les Juifs eux-mêmes et les Israélites croyatent aussi qu'il y
avait plusieurs dieux, mais que Jéhovah était plus grand que tous
les autres, à cause des miracles; c'est pourquoi aussi quand les mi­
racles cessaient, aussitôt ils étaient entraînés vers le culte des au­
tres dieux, comme on le voit clairement par les historiques de la
Parole; à la vérité, ils disaient de bouche qu'il y a un seul Dieu, et
 qu'il n'en est pas d'autre que Lui, mais ils ne le croyaient pas de
cœur; c'est donc de là qu'il est dit dans la Parole que Jéhovah est plus
grand que les autres dieux, et que nul n'est comme Lui, par exemple
 dans David: « Quel Dieu (est) grand comme Toi? Toi, (tu es) le
l) Dieu qui fait des merveilles. Il -   Ps. LXXVII. 14., 11) : - Dans
le même: « Qui (est) comme Jéhovah notre Dieu! )} - Ps. CXIlI.
5 : - Dans le Même: « Jéhovah (est) un Dieu gmnd, et un roi
EXODE, CHAP.          HUlTIÈ~lE.                    407
Il grand pm' dessus tous les dieux. ,,- Ps. XCV. 3: - Dans le
l1ême: « Jéhovah (est) grand, et loué grandement; il est à craindre
" pal' dessus tous les dieux. » - Ps. XCVI. 4: - C'est pour cela
aussi que Jéhovah est appelé li. le Dieu des dieu,T-, et le Seigneur
» des seigneurs. ,,- Ps. CXXXVI. 2,3. Dan. II. 47: - Que ce­
pendant dans le sens interne cela signifie qu'il y a un seul Dieu
etqu'i! n'e.n est point d'autre que Lui, c'estce qu'on voit clairement
dans Ésaïe: " Souvenez-vous des premières choses dès le siècle,
)lcar Moi (je suis) Dieu, et point d'autre Dieu, et point comme
» lIloi. » - XLVI. 9.
   7402. Et les grenouilles seront éloignées de toi et de tes maisons,
et de tes sel'vitell1'S, et de ton peuple, signifie qu'ils ne seraient point
{ol'cés de raisonner d'après les (aux sans mélange; on le voit par
la signification des grenouilles qui sel'ont éloignées, en ce que c'est
qu'ils ne seraient point forcés de raisonner d'après les faux sans mé­
lange, N°7392; par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne
ceux. qui sont dans les faux. et qui infestent, comme il a déjà été dit;
par la signification des maisons) en ce qu'elles sont les choses qui
appartiennent au mental naturel, ]'07397; et par la signification
des sel'viteurs et du peuple, en ce qu'ils sont tous ceux, en général
et en particulier, qui sont dans les faux et qui infestent, N° 7396.
 7403. Seulement dans le fleuve elles Testeront, signifie qu'ils de­
meureront avec les (au,T- où sont les faux; on le voit d'après ce qui
a été dit ci-dessus, N° 7398, al! sont les mêmes paroles.
  7404. Et 1I1oscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon, signifie la
séparation d'avec ceux qui raisonnaient d'après les faux sans mé­
lange; on le voit par la signification de sortir, en ce que c'est être
séparé; par la représentation de !'Ioscheh et d'Aharon, en ce qu'ils
sont la Loi Divine, Moscheh la Loi interne, et Aharon la Loi ex­
terne, Nos 7381 ; et par la représentation de Phamon, en ce qu'il dé­
signe ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N0 7396, ici ceux
qui infestent pal' les raisonnements d'après les faux sans mélange.
  7405. Et Moscheh cria à Jetwvah au sujet des grenouilles qu'il
avait imposées à Phamon, signifie l'intercession: on le voit d'après
ce qui précède, ainsi sans autre explication.
  74-06. Et Jéhovah {it selon la parole de 1I1oschelz, siguifiequ'il
(ut (ait ainsi selon la parole du Seigneur; en effet, la supplication
408                   ARCANES CÉLESTES.
que fit Moscheh venait, il est vrai, de la bouche de l'loscheh, ma15
néanmoins c'était par le Seigneur; car tout ce que l'homme pense
et par suite prononce, et tout ce qu'il veut et par suite fait, influe,
l'homme n'est qu'un organe réci'pient, voir Nos 6,189 à 62,15, 6307
à 6327, 6466 à 6495, 6598 à 6606, 6(H 3 à 6626; par conséquent
aussi les choses que Moscheh a prononcées ct faites; ici donc Jého­
vah fit selon la parole de Moscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon
la parole du Seigneur; que Jéhovah dans la Parole soit le Seigneur,
on le voit N0s 1343, 1736, ~92'1, 3023, 3035, 5663, 6303, 628,1,
6905.
    7407. Et eLLes moururent les grenouilles des maisons, des cours
et des champs, signifie que chez eux cessaient les raisonnements
d'après les faux sans mélange partout dans le naturel: on le voit
par la signification de mourir, en ce que c'est cesser; par la signi­
fication des gl'enouiLLes, en ce qu'elles sont les raisonnements d'a­
près les faux sans mélange, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; pal' la
signification des maisons, en ce qu'elles sont les choses qui appar­
tiennent au mental naturel, N° 7397, ici celles qui y sont les inté­
rieurs; par la signification des cours, en ce qu'elles sont les exté­
rieurs du mental naturel; que le mental soit intérieur et extérieur,
on le voit N0s 3293, 3294" 4570, M18, 5497, 5649; et par la signi­
fication des champs en ce qu'ils sont les choses qui sont plus com­
munes, ainsi plus extérieures, car les champs sont au-delà des
maisons et des cours: ainsi « elles moururent les grenouilles des
maisons, des cours et des champs, Il signifie que les raisonnements
d'après les faux sans mélange cessaient partout dans le naturel.
    7408. Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, signi­
 fie que ces {aux ?'aisonnants étaient disposés en {aisceaux dans
le naturel: on le voit par la signification d'être amassé pal' mon­
ceaux, par monceaux, en ce que c'est être disposé en faisceaux;
que ce soit là la signification d'être amassé par monceaux, c'est
parce que toutes les choses qui sont dans le mental de l'homme ont
été disposées en séries et comme en faisceaux; et en séries en de­
dans des séries, ou en faisceaux en dedans des faisceaux, voiJ'
Nos 5339, 5530, 588,1 ; qu'il y ait une telle disposition, cela est
bien évident par la disposition de toutes les choses dans le corps. les
fibres s'y présentent disposées en faisceaux, et les glandes en ))clo­
EXODE, ClIAP. HUlTlÊàIE.                        409
 tons, ct cela partout; plus parfaitement encore dans les choses plus
 pures qui ne se montrent point devant l'œil nu; cette disposition en
 faisceaux se fait voir principalement dans le cerveau, dans les deux
substances qui y sont, dont l'une est appelce corticale, ct l'autre,
 médullaire; il n'en est pas autrement dans les substances plus
pures, ni enfin dans les plus pures, où sont des formes qui les re­
çoivent, formes mêmes de la vie; qu'il yait des formes ou des sub­
stances récipientes de la vie, c'est ce qu'on peut voir pal' chacune
des choses qui s~ manifestent dans les êtres vivants; on peut voir
aussi que les formes ou substances récipientes sont le plus convena·
blement disposees pour l'infiux de la vie; sans la réception de la
vie dans les substances, qui sont les formes, il n'y aurait rien de
vivant dans le monde naturel, ni ùans le monde spirituel; ce sont
des séries de filaments très-purs, il l'instar de faisceaux, qui consti­
tuent ces formes; il en est de même des choses qui y sont éminem­
ment modifiees ; en effet, les modifications reçoivent leur forme des
formes qui sont les substances, dans lesquelles elles sont, et par les­
quelles elles découlent, car les substances ou les formes sont les su­
jets déterminants. Si les érudits ont perçu les choses qui appartien­
nent à la vic de l'homme, ainsi que celles qui appartiennent à sa
pensée et il sa volonté, sans substances ou formes récipientes, c'est
parce qu'ils ont cru que la vie ou l'âme était ou une sorte de fiamme,
ou une sorte d'éther, ainsi quelque chose qui était dissip{' après la
mort; de là cette folie de la plupart d'entre eux, qu'il n'y a aucune
vie après la mort. D'après cela, on peut voir comment il faut en·
tendre que les faux raisonnants étaient disposés en faisceaux dans
le naturel.
  7409. Et la terre en puait, signifie ce qui est hideux et 1'epous­
sant: on le voit par la signification de puer, en ce que c'est ce qui esL
hideux et repoussant, N0s q,5'16, 7'16~, 7319; et pal' la signification
de la terre, ici de la terre d'Égypte, en ce qu'elle est le mental
natnrel,   N0s   5276,5278,5'280, 5288, 530i.
  7q,·IO. Vers.    n, '12,13, " q" 15. Et Phul'uoll vit qu'il y avait de
la respimtion, et il appesantit son cœul', etil ne les écouta point,
ainsi qu'avait pal-lé Jéhovah. Et Jéhovah dit ct Moscheh; iJis à Aha­
ron; Étends tun bâlon et frapl1e la pOllssièl'e de la tare, et eLLe de­
vielldm des Poux dans toute la tel'1'e d'Èyyple. El ils fi1'ent ainsi,
410                   AIlCA.NES CÉLESTES.
ct Aharon étendit sa main avec son bâton, et il frappa la poussièrc
de la tcn'c, et le poux {ut sur l'homme et suda bête; toute la poussière
de la ten'e devint poux dans toute la terre d'Egypte. Et ainsi firent
 les mages par leurs enchantements pour produire des poux, et ils
ne purent point; et le poux {ut sur l'homme et sur la bête. Et les
mages dirent à Pharaon: Le doigt de Dieu, ceci: et le cœur de
Pharaon {ut renforcé, et il ne les écou.ta point, ainsi qu'ava'it pm'lé
 Jéhovah. - Et Phamon vit qu'il y avait de la respiration, signifie
 que l'ennui avait cessé: et il appesantit son cœur, signifie l'obstina·
 tion : et il ne les écouta point, signifie la non-obéissance: ainsi
qu'avait parlé Jéhovah, signine selon la prédiction: et Jéhovah dit
ci lIfoscheh, signifie l'instruction de nouveau: dis à Aharon, signifie
l'influx de la Loi interne dans la Loi externe: étends ton bâton, si­
gnifie pour montrer la puissance Divine: et {mppe la poussière de
la ten'e, signifie pour mettre en mouvement les choses qui ont été
damnées dans le naturel: et elle deviendra des poux, signifie que de
là smgiront des maux: dans toute la terre d'Egypte, signifie par
tout le mental naturel: ct ils firent ainsi, signWe l'effet: et Aharon
étendit sa main avec son bâton, signifie la puissance du vrai interne
par le vrai externe: et il {mppa la poussière de la terre, signifie que
les choses damnées fment mises en mouvement: et le poux {ut sur
l'homme et sm' la bête, signifie les maux intérieurs et extérieurs des
cupidités: toute la poussière de la terre devint poux dans toute la
terre d' l~gyple, signifie que ces maux pl'Ovenaient des clIOses dam­
 nées: et ainsi firent les mages par leurs enchantements pour pro­
duire des poux, signifie l'effort pour pervertir l'ordre Divin, et pOUl'
faire aussi quelque chose de semblable: et ils ne purent point, signi­
fie que ce fut en vain: et le poux fut sur l'homme et surla bête, si­
gnifie les maux intérieurs et extérieurs des cupidités: et les mages
dirent à Phamon, signifie la perception et la communication avec
 ceux qui sont ùans les maux: le doigt de Dieu, ceci, signifie que
 c'était la puissance d'après le Divin: et le cœur de Pharaon {ut ren­
 forcé, signitle l'obstination: et il ne les écouta point, signifie la
 non-obéissance: ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie selon la pré­
diction.
   7411. Et Phamon vit qu'il y avait de la respiration, signifie que
l'ennui (wait cessé: on le voit par la signification de il!J avaiJ de la
EXODE, CHAP. HUlTIJ~ME.                          411
respiration, en ce que c'est qu'il n'y avait plus de déplaisir, ainsi
plus d'ennui; qu'ils aient eu de l'ennui et du déplaisir à raisonnel'
d'après les faux sans mélange, on le voit ci-dessus No 7392; le plai­
sir fait que l'homme respire librement ct pleinement, mais par le
déplaisir il ne respil'8 ni librement ni pleinement, c'est de là que
ces mots, il y avait de la respimtion, signifient que le déplaisir ou
l'ennui avait cessé.
   7H2. Et il appesantit son cœU1', signifie l'obstination: on le voit
par la signification d'appesantir, puis d'endul'cir et de renforcer le
cœur, en ce que c'est l'obstination, N°s 7272,7300,7305.
  74,13. Et Une les écouta point, signifie la non-obéissance: voir
ci-dessus Nos 7224-, 72.75, 7301,7339, oùsontde semblables paroles.
   7414. Ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie sclon la prédiction:
voir ci-dessus, N°s 7302, 73..0.
   7415. Et Jéhovah dit à 1lfoscheh, signifie une instruction de nou~
veau: voir N0s 7186,7226,7267, 730ft., 7380.
   7H 6. Dis à Aharon, signifie l'influx de la Loi intc1'nc dans la
Loi externe: voi?' ci-dessus, N° 738,1,
   7417. Étends ton bêtton, signifie pOlir monu'c?'la puissance Di­
vine: on le voit par la signification d'étendre en ce que c'est exercer
ct montrer, comme ci-dessus; et par la signification ùu bâton en ce
que c'est la puissance, Nos 4.013, 40'15, 4876, ..930, 6947, 70"'1,
70'26; cette puissance était divine, parce que dans Aharon il n'y
avait aucune puissance, encore moins dans le bâton, mais la puis­
sance- était exercée par Allaron et par son bâton; si elle était exer­
cée par le bâton, c'était parce que les choses qui s'opéraient au­
dedans de l'Église d'après le commandement divin, s'opéraient par
des représentatifs; cela avant l'avénement du Seigneur; ainsi par
l'extension de la main et du bâton, parce que le bras et la main
correspondent à la puissance, et par suite aussi le bâton. Si, avant
l'avènement du Seigneur, les choses qui s'opéraient au-dedans de
l'Église, d'après le commandement Divin, s'opéraient pal' des re­
présentatifs, c'était parce que toutes choses, en général et en par­
ticulier représen taient le Seigneur, ainsi que son Royaume dans les
cieux et son Royaume dans les tenes ou l'Église; que cela soit ainsi,
on peut le voir aussi dans la Parole où toutes choses en général et
412                   ARCANES CÉLESTES,
     en p~rticulier traitent du Seigneur dans le sens suprême, et de son
     Royaume et de l'Église dans le sens interne.
        74-,1.8. Et {mppe la poussière de la teTre, signifie pour rnettTe en
     tIlouvement les choses qui ont élé damnées dans le naturel: on le voit
     par la signification de {Tappe/', en ce que c'est mettre en mouve­
     ment; pal' la signification de la poussiàe, en ce que c'est ce qui a
   été damné, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification de la
   lelTl~, ici de la terre d'Égypte, en ce qu'elle est le mental naturel,
   No 74-09. Si la poussière est ce qui a été damné, c'est parce que les
  lieux, où sont les mauvais esprits, vers les côtés sous les plantes
  des pieds, apparaissent comme une terre, et mêmB comme une terre
  inculte et aride, sous laquelle sont eertains enfers; cette terre est
  celle qui est appelée terre damnée, et la poussière de cette ten'e si­
  gnifie ce qui a été damné; il m'a été quelquefois donné de voir que
  les mauvais esprits y secouaient la poussière de leurs pieds, quand
  ils voulaient livrer quelqu'un à la damnation; j'ai vu cela vers la
  droite un peu en avant à la frontière de l'enfer des magiciens, où
 sont précip'itcs dans leur enfer les esprits qui, tant qu'ils ont vécu
 dans le monde, ont été dans la science de la foi et néanmoins ont
 mené la vie du mal: de là vient donc que la poussière signifie ce
 qui a été damné, et que secouer la poussière signifie la damnation.
 Comme c'est là ce qui était signifié, le Seigneur commanda il ses
 disciples de secouer la poussière de leurs pieds, s'ils n'étaient point
 reçus, comme on le lit dans Matthieu: « Quiconque ne vous aura pas
»)  reçus, et n'aura pas écouté vos paroles, en sortant de cette maison
 » ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds; en vCl'ité je vous
 » dis: ce sera plus tolérable pour la terre de Sodome et de Gomorrhe
 » au jour du jugement que pour cette ville-là. » - X. 14-, ,15. l1arc.
VI. 1·1. Luc. IX. 5. X.I 0, ,1 'l, '12; - ià, pal' les disciples sont enten­
dus non pas les disciples, mais toutes les choses de l'Eglise, ainsi
toutes les choses de la foi et de la charité, Nos 2089, 2'129 f. 2'130 f.
3B5q., 3858,39'13,6397; par ne pas recevoir et ne pas écouter, il est
signifié rejeter les vrais qui appartiennent à la foi ct les biens qui ap­
partiennent à la charité; pal' secouer la poussière des pieds est signi­
fiée la damnation; si cela sera plus tolérable pour Sodome et Gomor­
l'lie que pour celte ville·là, c'est parce que pal' Sodome et Gomorrhe
sont entendus ccux qui sont dans le ma! de la vie, mais qui n'ont cu
EXODE, CHAP. HUlTUtME.                           H3
  aucune connaissance du Seigneur ni de la PaI'ole, ainsi qui n'ont pu
  recevoir: de là il devient évident qu'il s'agit non d'une maison 011
  d'une ville qui ne recevrait point les disciples, mais de ceux qui sont
  au-dedans de l'Église, et qui ne vivent point la vie de la foi; chacun
  peut voir qu'une ville entière ne pouvait pas être damnée, parce qu'on
  n'aurait pas reçu les disciples, et qu'on n'aurait pas reconnu sur-le­
  champ la nouvelle doctrine qu'ils prêchaient. Ce qui a été damné est
 aussi signifié par la poussière qu'on mettait autrefois sur sa tète,
 quand on était dans la douleur et dans la pénitence; comme dans
 Jérémie: « lis sont assis à terre, ils se taisent les anciens de la fille
 " de Sion; iLs ont (ait monter La poussière SUl' Leur tête; ils Se sont
 " ceints de sacs; elles ont fait descendre à terre leur tête les vierges
 " de Jérusalem. » - Lament. II. 10. - Dans Ézéchiel: « Ils crie­
 » l'ont amèrement: et ils feront monter de la poussière SUl' leurs
 Il têtes; dans la cendre ils se rouleront. ,,- XXVII. 30. -         Dans
Michée: « En pleurant ne pleurez point dans la maison d'Aphra,
 li dans La poussière rouLe-toi. ,,- I. ,t o. -   Dans Jean: « ILs .ietè­
 li rent de La poussière sur Leur.~ têtes, et ils crièrent en pleurant et

 " en gémissant. " - Apoc. XVIII. 19; - Et aussi dans les Histo­
riques de la Parole çà ct là; par la poussière sur les têtes, et par
l'inclination du COI'pS et de la tête vers la terre et l'action de s'y
rouler dans la poussière, était représentée l'Humiliation, qui, lors­
qu'elle est réelle, est telle, qu'on reconnaît et qu'on perçoit que
l'on a été damné, mais que l'on a été retiré de la damnation par le
Seigneur, voir Nos 2327, 3994-, 4347, 5420, 5957. La poussière en
laquelle a été réduit et broyé le veau d'or que les Israélites avaient
fait dans le désert, signifie aussi ce qui a été damne; il en est ainsi
parlé dans Moïse: Votl'e péché que vous avez faît, Le veau, je Le
                     (1


» pris et je le brûlai au feu; et je le broyai en Le mouLant bien, ju.~·
" qu'à ce qu'il (Îtt réduit en PoussièTe, et j'en jetai La poussière dans
Il le torrent qui descend de la montagne. » -         Deuter. IX. 2,1.­
La poussière signifie aussi ce qui a été damné dans les passages
suivants; dans la Genèse: « Jéhovah-Dieu dit au serpent: Sur ton
le ventre tu marcheras, et La poussière tu rnange,'as tous les jours

li de ta vie. ,,- m. ,14, -     Dans Michée: " Pais ton peuple selon
" les jours d'éternité; les nations verront ct rougiront de toute leur
li puissance; elles Lèchcront La poussière comme le serpent. » ­
4·H                   ARCANES CÉLESTES.

VU. 14, 16, 17. - Dans Ésaïe: « Pour le serpent la po1./,ssiè1'e (sera)

" son pain, » - LXV. 25. - Dans .le lllême: « Descends et as­
" sieds-toi sur la poussière, Vierge fille de Babel. )) - XLVII. 1.

- Dans David: « Vers la poussière est p1'osternée not1'e âme, à

« la terre est attache notre ventre, )) -Ps. XLIV. 26. - Dans le

Même: « A la poussièl'e est attachée mon âme,. vivifie-moi. » - Ps.

CXIX.25. - La Poussière dans la Parole signifie aussi le Sépulcre,
puis ce qui est Humble, comme aussi ce qui est Nombreux.
 74.19. El ellc deviendra des poux, signifie que de là surgiront des
maux: on le voit pal' la signification des poux, en cc que ce sont
des IIIaux; mais quelle sorte de maux ct de quelle origine ils sont,
on peut le voir pal' la correspondance des manx avec cette vermine,
cc sont principalement les maux qui sont dans l'homme sensuel ou
entièrement externe; la correspondance vient de cc que les poux
sont sur la superficie de la peau, ct s'Y tiennent dans l'ordure et
sous la crasse: le sensuel de ceux qui ont été dans la science de la
foi et dans la vic du mal est aussi tel; quand cette science leur est
ôtée, comme il leur arrive dans l'autre vie, ils sont d'un mental
grossier et lourd; il m'en est appal'U assez souvent, ils sont hideux
et repoussants: les infestations des maux sont signifiées par la
morsure. Que cc soit lil la signification des poux, c'est cc qui ne
peut pas être confirmé par d'autl'es passages dans la Parole, car
il n'en est fait mention que dans David, où il est parlé de l'Égypte.
-Ps. CV. 3,1.
  7420. Dans toUle la terre cl'Égypte, signifie par lout le mental
naturel: on le voit par la signillcation de la te1Te d'Égypte, en cc
qu'elle est le mental naturel, N°s 5276, 5218, 5280, 5288, 530,1.
  n2·1. Et ils firent ain.çi, signifie l'effet: on le voit sans expli­
cation.
  74.22. Et Aharon étendit sa main avec son bâton, signifie la puis­
sance du vrai interne pm; le vrai eXfe1'ne : on le voit d'après ce qui
a été dit ci-dessus, N° 7382, où sont les mêmes paroles.
  7423. Et il frappa 1a poussiè1'e de la le1TC, signifie que les choses
damnées furent mises en mouvement: on le voit pal' ce qui a été dit
ci-dessus, N° 74,18.
   7424. Et le poux {ut sm'l'homme ct sur la bête, signifie les maux
intérieurs et extérieurs des cupidilés : on le voit par la signification
EXODE, CHAP. HUITIÈME.                        415
des POlLX, en ce que ce sont des maux, N0 7419 ; pal' la significa­
tion de l'homme, en ce qu'il est le bien, N°s 40287, 5302, ainsi dans
le sens opposé le mal; et par la signification de la bêle, en ce qu'elle
est l'affection du bien, et dans le sens opposé l'affection du mal, ou
la cupidité, N°s 405, 4-6, H2, -143,2406, 7H, 715,7-1),776,2'179,
2180, 3218, 35'19, 5198; mais quand il est dit l'homme et la bête,
l'homme signifie le bien intérieur et dans le sens opposé le mal
intérieur, ('t la bête le bien extérieur et dans le sens opposé le mal
extérieur. Si l'llOmme signifie le bien ou le mal intérieur, c'est parce
que l'homme est homme d'après son homme interne et la qualité
 de cet homme, et non par l'homme exteme, car l'homme exteme
 n'est point homme sans l'homme interne; et pour que l'homme
 externe soit aussi homme, il doit être entièrement subordonné il
 l'homme interne, au point qu'il agisse non par lui-même, mais par
 l'homme interne; si la bête signifie le bien extérieur et dans le sens
 opposé le mal extérieur, c'est parce que chcz les bêtes il n'y a pas
 un interne tel qu'il est chez l'homme; l'interne qu'elles ont est
 plongé dans l'externe, au point que l'interne et l'externe font un,
 ct regardent ensemble en bas ou vers la tene, sans aucune éléva­
 tion vers les intérieurs. Il est dit les maux des cupidités, parce que
 tous les maux appartiennent aux cupidités, puisque les cupidités
  appartiennent aux amours. Les maux intérieurs sont distingués des
  maux extérieurs, en ce que les maux intérieurs sont ceux de la
  pensée et de la volonté) et que les maux extérieurs sont ceux qui
  appartiennent à l'acte; qu'il y ait des maux intérieurs et non exté­
  rieurs, cela est bien évident én ce qu'un homme peut être méchant,
  ct cependant dans la, forme externe paraîlre comme un homme
  probe, et même COIl,1me un homme fidèle ct tlJJlsciencieux ; il en est
  aussi qui savent se déguiser en anges, tandis qu'ils sont intérieu­
  rement des diables, tant la forme intérieure, qui est celle de l'es­
  prit, peut différer de la forme extérieure qui est celle du corps.
    7425. Toute La poussière de la te1Te devint poux dans toute la lerre
 d'Egypte, signifie que ces maux provenaient des choses damnées: on
 le voit par la signification de la poussière de La terre, en cè que c'est
 ce qui a été damné, N0 74,18; par la signification des poux, en cc
 que ce sont des maux, N0 H·19; et par la signification de la terre
 d'Égypte, en cc que c'est le mental naturel, N° 7420.
416                   ARCANES CJtLESTES.
   7426. Et ainsi firent les mages par leurs enchantements pOUl'
produire des poux, signifie l'effort pOUl' pervertir l' onlre Divin, et
pour faire aussi quelque chose de semblable: on le voit par la signi­
fication de ils firent, en ce que c'esL l'effort pour faire quelque chose
de semblable, car la suite montre qu'ils ne purent point; par la si­
gnification des mages, et des enchantements, en ce que c'est per­
vertir l'ordre Divin, et faire quelque chose de semblallie dans la
forme externe, N0s 7296, 7291, 7337; et par la signification de
produire des lJOUX, en ce que c'est produire ces maux qui sont si­
gnifiés par les poux, N0s 7419.
   74,27. Et ils ne purent point, signifie que ce fut en vain: on le
voit sans explication.
   7428. Et le poux fut sur l'homme et sur la bêle, signifie les maux
intérieurs et extérieurs: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus,
N° 7424, où sont les mêmes paroles,
  7429. Et les mages dirent à Phamon, signifie la perception et la
communication avec ceux qui sont dans les maux: on le voit par la
signification de dire, en ce que c'est la perception, N0s 1791, '1815,
 1819, 1822, '1898, 19'19,2080, 26'19, 2862, 3509, 5743, et aussi la
 communication, Nos 3060, 413,1, 6228, 7291, 7381 ; par la signi­
 fication des mages, en ce qu'ils sont ceux qui pervertissent l'ordre
 Divin et font quelque chose de semblable dans la forme extel'l1e,
 N° 74,26; et pal' la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne
 ceux qui sont-dans les faux et qui infestent, N°s 6651, 6679, 6683,
 7.J07, 7,10,7,126, 7H.2, 7317; ici ceux qui sont dans les maux,
'parce que maintenant ils sont dans l'état du mal, après que les faux
 raisonnants ont été ôtés, comme on le voit clairement par ce qui
 précède.
  7430. Le doigt de Dieu, ceci, signifie que c'était la puissance d'a­
près le Divin: on le voit par la signification du doigt de Dieu, en
cc que c'est la puissance par le Divin; si le doigt est la puissance,
c'est parce que les doigts font partie des mains, et que les mains
signifient la puissance, N°s 818, 493,1 à 4937, 6344, 6<1..2<1., 6948.
Que le doigt soit la puissance, on le voil aussi par ces passages:
« Quand je regarde les Cieux, l'ouvmge de tes doigts, la lune et les
Il étoiles que Lu as pr~parées.   Il - Ps. VIII. 4,. - Dans Luc:
« Jésus dit: Si pal' le doigt de Dieu je chasse les démons, certes
EXODE, cr-up. nurTII~~IE.                      .i-I7
Il Yel'S VOUS est parvenu le Uoyaume de Diel. II -       XI. 20. - Si
Jésus (1 tira de la foule à part Je somd qui parlait difficilement, et
Il lui mit son doigt dans les oreilles, ct, crachant, lui toucha la

Il langue,ll -    Marc, YII, 32, 33, - c'était aussi ponr représenter
la puissance Divine. Que le doigtrepl'ésente la puissance, cela est
encore évident par les riles de l'Église chez les Juifs en cc qu'on
mettait du sang SUl' le pouce, et que le prêtre faisait l'aspCl'sion du
sang avec le doigt; voici ce qui en est dit dans Moïse: « Tu égor­
 Il geras le bélier, ct tu mettms de son sang SUI' le pouce de la nutin

" droite d'Ahai'on et de ses (ils, ct   SUl'   le pouce de leltl' pied droit.   »
- Exod. XXIX, 20. - (( Le prêtre prendra du sang du délit, et le
Il prêtre en mettl'à SUI' le bout cie l'oreille droite de celui qui doit

" être purifié de la lèpre, et sw' le pOl/Cè de sa !lUtin droite, et SUI'
Il le pOl/CC de son pied droit. Ensuite le pi'f:tre trempera SOIl doigt

Il droit d:lns l'huile qui sera dans la paume de sa main gauche, et

Il fera aspersion de l'huile avec son doigt sept fDis devant Jéhovah,

 II du reste de l'huile, qui ser:l dans sa paume, le prêtre en mettra SUI'

 " le bout de l'oreille droite de celui qui doitôtre pUt'iOé, ct SUl' le poltce
» de sa main droite, et snI' le pouce de son pied droit. » - Lévil.
 XIV. ~4-, 16, 17.-uTul)fendrasdnsangdu taUl'eau, ct tu en
 » mettras SUI' les cornes de l'autel aL'ec tOI1 doigt, II - Exod. xxrx.
 12; - Et en outre aussi, Lévil. IV. 6. IX. 9; - Que tous ces
 rites aient signifié des arcanes du Ciel et des choses saintes, on le
  voit en ce que la Parole vient <lu DiYin, et a été inspirce jusqu';
  son moindre accent, - Luc. XVI. 17; - de même aussi ces pas­
 sages; on y voit clairement par le sens interne qU2 le pouce et le
  doigt sont la puissance du bien pal' le vrai. La puissance est allssi
  signifiée pàr le doigt dans David: (( Béni (soit) Jéhovah qui enseigne
  » à mes mains le combat, et à mes doigts la guerre. II -Ps. CXLIV.
  1 ; - et dans Ésaïe: Il ne regardera pas vcrs les autels, o!wl'age
                          (c


   .. de ses mains, et ce qu'ont fait ses doi.gts. » - XViI. 8; - les
  autels sont le culte en général, N° MH.t; l'ouvrage des mains, ct
   ce qu'ont. fait les doigts, sont les choses qui proviennent du propre~
   ainsi qui proviennent de sa puissance.
    74·;31. Et il ne les écouta )Joint, signifie la 1IOJ/-oln;i,mmcr, : l'oir
 ci-dessus, Nos 7221" 7275, 731) 1,7339.
          ~.                                                          i
418                    AllC:NES CÉLESTES.
    7432. Ainsi qu'avait pa1'lé Jéhovah, signifie selon la pl'é(liction:
 voir aussi ci-dessus Nos 7302, 734,0, 74.-14.
    7433. Vers, ~ G, '17, -18, '19, 20. Et JéllOva!l dit à llIoscheh : Lève­
 toi matin au I)tatin, et pose-toi devan t Pharaon; voici, il sort vel's
les eaux, et tu lui diras: Ainsi dit Jéhovah: Renvoie mon peuple,
et qu'ils Mc servent. Cm' si toi w ne renvoies pas mon peuple, voici,
Moi j'envoie contre toi, et contre tes servitenrs, et conl1'e ton peupLe,
et contre tes maisons, Le VoLatiLe nuisible; et seront 1'empLies les
maisolls des Égyptiens du VolatiLe nuisible, et aussi la terre sur La­
quelle elles (sont), Et je distinguerai en ce jolt1'-là la terre de Gos­
chen, su1'laquelle mon peuple se tient, en ce qu'il n'y aum point Là
ete Volatile nuisible, afin que tu .çaches que Moi (je suis) Jéhovah
au milieu de la terre. Et je mettrai une rédemption entl'e mon peuple
ct ton peuple; pour (bnain sera ce signe. Et Jéhovah fit ainsi, et iL
vint du Volatile nuisible en masse en la maison de PIW1'ClOn, et La
maison de ses serviteurs, et dans toUle la le1're d'Égypte; et La telTe
était aMmée à cause du Voiatile nuisible. - Et Jéhovah dit à 1ll0s­
cheh, signifie de nouveall une instruction: lève·toi matin cm malin,
signifie l'élévation vers un signe de puissance encore plus grand:
et pose-toi devant Pharaon, signilie l'apparence du Divin à ceux. qui
sont dans les maux: voici, il sort vel's les eaux, signifie que d'après
ces maux ils pensent de nouveau aux faux: et tu lui diras: Ainsi dit
Jéhovah, signilie le commandement: renvoie mon peupLe pour qu'ils
lUe servent, signilie alin qu'ils laissent ceux de l'Églisc spirituelle,
pour qu'ils adorent leur Dieu en liberté: CCLI' si toi LU ne renvoies
pvint mon peuple, signilie s'ils ne laissent point: voici, Aloi j'envoie
contre toi, et contre tes serviteurs, et contre ton peuple, et conll'e les
maisons, Le Volatile nuisible, signifie en eux le faux malveillant
dans toutes choses en général et en particulier: et seront l'empLies
lees maisons des Égyptiens du volatile nuisible, et aussi la terre SUI'
Laquelle elles (sont), signific que les faux de la malveillance s'em­
pareront de toutes les choses du mental naturel: et je distinguemi
en ce jour-là la te1'1'e de Gosehen, sur laquelle mon peuple se tient,
en ce qu'il n'y aura point là de volatile nuisible, signifie qu'ils ne
pourront infestcr pal' les faux de la malvcillance ceux qui sont de
l'Église spirituelle, quoiqu'ils soient près d'cux : afin que tu saches
que IJloi (je suis) Jéhowh ait milieu de la terre, signifie de lil l'apel'­
EXODE, CIlAP, BlilTIÈME,                            ~'19

ception que le Seigneul' est le seul Dieu de l'Église: ct je mellmi une
J'édemption entre mon peupLe ct ton peuple, signifie Ill. délivrance de
ceux de l'Église spirituelle d'avec ceux qui sont dans les enfers au­
près: pour demain sera ce signe, signifie la manifestation de la puis­
sance Divine par suite à perpétuité: ct .Jéhovah fit ainsi, signilie qu'il
fut fait comme il avait été dit: cl iL vint du t'olatile nuisible en masse
~n La maison de Pharaon, ella maison de ses serviteurs, ct dans taule
la te1'I'e d'Égypte, signifie que les faux malveillants firent de tous cô"
tés ir1'llpüon cllez eux: ct la le/'/'e était abhnée ri cause du volatile nui·
 sible, signifie que le mental naturel était corrompu quant au vl'ai,
    74·34, Et Jéhovah dit à ll/oscheh, sigllifie de nouveau une il/s­
 tl'Uction: on le voit pal' la signification de rli1'e, quand c'est pai'
 Jéhovah à M.oscheh, en ce que c'est lïnstl'Uction, No' 7,186, 7C226,
 7267,7304,7380,14-'15, ici de nouveau une instl'Uclion, parce qu'il
lui fut dit cc qui serait fait de nouveau.
  7 ~35. Lève-toi matin au 1JICttin, signifie l'élévation ven un signe
de puissance encore plus grand: cela .est évident pal' la significa­
tion de se Leve1' matin, en ce que c'est l'élévation; que sc lever, Ce
soit l'élévation, on le voit N°s 24·01, 2785, 29,12, 2921,3'11,1, 4,103,
et que le matin aussi soit l'élévation, on le roit No 7306; propre­
ment par se lever matin, c'est l'état d'illustration qui est signiOé,
N0s 3458, 3723, mais comme l'illustr:ltion qui est faite pal' le Di'in
au moyen de l'influx du bien et du vrai n'existe pas chez les mé­
chants, qui sont représentés par Pharaon ct pal' les tgyptiens,
mais qu'il y a élévation vers l'attention, c'est pour cela qu'unc
telle élévation est signifiée ici pal' se level' matin au matin, que
ee soit vers un signe de puissance encore plus grand, cela est.
évident d'al)J'ès 'ce qui suit olt il s':.I.git d'un signe encort nouveau.
   7436. Et pose-toi devant Pharaon, signifie l'appm'ence dit Divin
à ceux qui sont dans Les maux: on le voit par la signification de
se poser devant queLqu'un, en ce que c'est la pl'ésence, ici l'appa­
rence du Divin, parce que celui /lui devait se poser ét.ait lIoselleh,
qui est le vrai d'après le Divin, par lequel le Divin apparaît; et
par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui
sont dans les faux, ici ceux qui sont dans les maux, comme ci­
dessus Nn 7429.
   7~37.   Voici, il so!'1 vas les eill/X, signifie qnc (['a/wh ces maux
r20                   ARCANES CI:;LESTES.
ils pensent de nOUveau au.x (aux: on le voit par la signification
 de sortiT, en cc que c'est la pensée d'après les maux vers les faux,
 car lorsque ceux qui sont dans les maux pensent d'après ces maux
 aux faux, ils sont dits sortir; en effet, le mal est intime parcequ'j[
 llppartient à la volonté, au dehors est le faux parce que le faux
 :lppartient à l'entendement, par conséquent à la pensée; dans l~
sens interne cela est signifié par sortir; et aussi l'action mau'aise
sort d'une volonté mauvaise, comme dans Marc, VII. 20,2'1,22,23;
ct par la signification des eaux, en ce qu'elles sont les vrais, et
dans le sens opposé les faux, N°s 739, 790, 2702, 305R, 3424,
!(.67G, 5G68, et en cc que les eaux du fleuve d'l~gypte vers lesquelles
Pharaon doit sortir sont les faux, ~o 7307. Quant à ce qui con­
cerne la pensée d'après les maux vers les faux, il faut qu'on sache
qlle ceux qui sont dans les maux ne peuvent faire autrement que
de penser d'après les maux ;lUX faux, Cal' les maux appartiennent
il leur volonté ct pllr suite à lems amours, et les faux appal'tiennent
à leur pensée et par suite à leur foi; en effet, ce que l'homme veut
il l'a'lme, et ce qu'il aime il le confirme et le défend, ct les maux
ne peuvent être confirmés ct défendus que par les faux; de là dans.
la Parole, lorsque le mal est eompaJ'(~ à une ville, les faux sont
comparés à des murs de rempart autour de la ville, Si ceux qui
sont dans les maux pensent aux faux par lesquels ils défendent les
maux, c'est pm'ce que les maux sont les plaisirs mêmes de leU!' vi(',
jusqu'au point qu'ils sont leU!' vie même; lors donc qu'ils compren­
nent d'après les autres, que ce sont des maux, afin que ces maux.
ne paraissent point tels, ils inventent des faux, par lesquels ils font
que les maux ne soient pas l'éputés maux; si au contraire les maux
 n'osent pas sc montrcr par les faux, ces maux sont cachés dans les­
 intérieurs et ne se manifestcnt pas, si ce n'est quand cesse la
 crainte de la loi, ou aussi quand cesse la crainte de la perte de la
 réputation par rapport au lucre, ou aux honneurs qu'on en retire,
 alors les maux font irruption ou par des artifices ou par des hosti­
 lités. D'après cela on peut voir que ceux qui sont dans les maux.
 ne peuvent faire aulremen t que de penser d'après les maux aux,
 faux: il en est aussi de même de ceux qui sont dans l'état du bien.
 ils ne pCll'cnt faire antrement que de penser d'après le bien aux.
 vrais; car lc hien ct Je vrai ont été conjoints, et aussi le mal et le
EXODE, cn.p. miITI~;}IE.                            !1.':H

faux, tel!ement que celui qui sait que quelqu'lm est dans un bien,
peut savoir que celui-Iii est dans le vrai de son bien; et que celui
qui est dans un mal est dans le faux de son mal, et qu'il est dans
le faux, en proportion de ce qu'il a de talent pOUl' raisonnel' et pel'­
'erlir, et alors en proportion de ce qn'il crain t de perdi'e sa répu­
talion par rapport au lucre et aux honneurs, et en proportion de ~t
qu'il veut être en liberté de faire le mal: une chose surprenante,
c'est que de tels hommes, après avoir quelque temps défendu les
maux par les faux, se pel'suadent ensuite qne les maux son t des
biens, et que les faux sont des vrais.
   7438. Et tu lui diras: Ainsi dil Jéhovah, signifie le comman­
dement: voi,' N0s 7036, 7310.                                   ..
   74·39. Renvoie mon peuplr, pour qu'ils Me selvenl, signifie afi1l
qu'ils laissent ceux de l'Église spirituelle, pour qu'ils adorent lem'
Dieu en liberté: on le voit par la signification d'envoyer on de
l'envoyer en ce que c'est laisser; par la représentation des fils
d'Israël, qui ici sont mon peuple, en ce qu'ils sont ceux de rÉglisl~
spirituelle, N0s 6426, 6637, 6862, 6868, 7035, 7062, 7198, 720'1,
7215, 7223; et par la signification de servir Jéhovah, en ce que
c'est adorer; qu'ils devaient adorer en liberté, cela est évident
d'après les choses qui suivent dans les Vers. 2,', 22, 23; puis, en
ce que tout culte, qui est véritablement culte, doit (~tre libre. Si les
fils d'Israël sont appelés le peuple de Jéhovah, ce n'était pas qu'ils
fussent meilleurs que les autres nations, mais c'est parce qu'ils
représentaient le peuple de Jéhovah, c'est-il-dire, ceux du Royaume
spirituel du Seigneur: qu'ils n'aient pas été meillems que les autre~
nations, cela est évident d'après leur vie dans le désert, en ce qu'ils
ne croyaient nullement à Jéhovah, mais que dans leur cœur ils
croyaient aux dieux des Egyptiens, comme on le voit par le veau
d'or qu'ils se fil'ent, et au sujet duqnel ils dil'ent que c'étaient là leul's
dieux qui les avaient tirés de la tene d'Égypte,- Exod. XXXII. 8;
-cela est encore évident pal' la vie qu'ils menèrent ensuite dans la
terre de Canaan, et dont il est pa:é dans les Histol'iqués de la
Parole; puis aussi par ce qui a été dit d'eux dans les p'ropliétiqllCs,
et enfin dans ce qui en a été dit pal' le SeigneUi': de là Yient allssi
que peu d'entre eux sont dans le Ciel, car ils ont reçu dans l'autre
vie un sort confol'me à leU!' vie: gardez-volls dOllc de croire qu'ib
.i22                    .r.CA~ES CÉLESTES.
 aient été choisis ùe pr{férence aux autres pour le Ciel; ceux qui
 croient que les fils d'Israël ont élé choisis de préférence aux autres
pour le Ciel, ne croient point que la vie de chacun lui resle; ils ne
croient point non plus que l'homme doit être pl'épal'é pour le Ciel
pendant toute sa vie dans le monde, ni que celte préparation est
t'aite par la Miséricorde du Seigneur, et qu'on n'est pas admis dans
le Ciel par la seule Miséricorde, de quelque manière qu'on ait vécu
dans le monde; la doctrine de la foi seule, et de la salvation par
cette foi sans les bonnes œuvres, donne une telle opinion du Ciel
et de la Miséricorde du Seigneur; car ceux q,ui ont cette doctrine
ne s'inquiètent nullement de la vie; de là aussi ils croient que les
:mau':i peuvent être effacés comme les taches le serTIt par l'eau, et
qu'ainsi l'homme peut en un moment être transféré dans la vie du
bien, et pal' conséquent être admis c!nns le Ciel; ne sachant pas
que si la vie du mal était ôtée aux méchants, ils n'auraient absolu­
ment rien de la. v~c; et que si ceux qui sont dans la vie du mal
étaient admis dans le Ciel, ils sentiraient l'enfer en eux, et d'au­
tant plus rudemenl qu'ils seraient plus interieurement dans le Ciel.
Maintenant, d'après cela, on peut voir que les Israélites et les Juifs
n"ont nullement été choisis, mais qu'ils ont seulement été acceptés
pour représenter les choses qui sont du Ciel; et que cela a dû être
fait dans la terre de Canaan, parce que l'Église du Seigneur y avait
 été dès les temps très--ancîens, et que pal' suite tous les lieux y
 étaient devenus représentatifs des célestes et des Divins: ainsi il
 a pu aussi être écrit une Parole, dans laquelle les Noms. signifie­
 mient les choses qui appartiennent au SeigneUl' et à son Royaume.
  7HO. Car si toi tu ne renvoies point mon peuple, signifie s'ils
ne laüsent point: on le voit par la signification de renvoyer, en ce
que c'est laisser; et par la signification du peuple de Jéhovah, en
ce que ~e sont ceux de l'Église spirituelle du Seigneur, comme il
vient d'être dit N° 74.39.
  7404,1. Voici, Moi .renvoie contre toi, e't contre tes serviteurs et
oont1"e ton peuple, et contre tes maiso1ls, le volatile nuisible, si­
gnifie en eux le {CLUX de la malveillance dans toules choses en
géné1'al el en particulie1': on le voil par la signification de Plw­
mon, de ses servitwrs et de son peuple, en ce que ce sont toules
 ehoses en   ~énéral   el en particulier qui appartien nent au mental
EXODE, CHAP. HUn'lÈME.                         423
    naturel, No 7396; quand il est aussi ajouté contre les llUlisons, il
    est signifié que c'est aussi dans les intérieurs de ce mental,
    connne ci-dessus No 7407; et par la significalion du volatile nui-
   sible, en ce que ce sont les faux de cc mal qui a été signifié par
   le prodige précédent, ainsi les faux de la malveillance; on voit
   donc clairement par les maux dont ils proviennent quels faux sont
   signifiés ici pal' le volalile nuisible, et de quel genre ils sont;
  que ces maux aient été les maux qui sont dans les ex.trêmes du
   mental naturel, ainsi qui sont dans le sensuel, on le voit ci-
  dessus N° 7419, les faux qui en proviennent sont du même genre,
  ces faux sont ceux qui aussi sont signiliés par les Mouches de
  l'Égypte dans Ésaïe: CI Il arrivel'a qu'en cc jour-là Jéhov(th sifflem
  Il à la A/ouche qui (est) ci l'extrémité des fleuves d'Égypte, à l'a-

   )) beille qui (est) dans la terre ct' Aschur, et elles viendront et se
  Il reposeront toutes dans les fleuves des désolations, et dans les

  » fissures des rochers. Il - VII. 18, ~ 9; - la mouche à ' extrémité
  des fleuves d'i~gypte, ce sont les faux qui sont dans les extr~mes
  du mental naturel, ainsi qui sont dans le sensuelle plus proche
  du corps; ces faux sont comparés à un tel insecte, parce que les
  choses qui sont là, n'y sont que comme des insectes qui volent
. dans l'air, et ObSCUl'cissent les intérieurs, et y portent aussi du
  dommage, car ces choses, quant à la plus grande partie, y sont
  imaginaires et sont des illusions; les raisonnements qui en ré-
  sultent sont tels que des choses qui sont fondées dans l'air. Le
  Volatile nuisible de cc genre n'est mentionné que dans David,
  Ps. LXXVIII. 45, et Ps. CV. 3'1, où il s'agit aussi de l'Égypte.
  Il faut qu'on sache que les Volatiles dans la Parole signifient tous
  des intellectuels et pal' suite les vrais) et dans le sens opposé les
  faux, Nos 40, 745, 776,778, 866,988,32-19,5149; mais les vo-
  latiles de la classe infime, qui sont les insectes, signifient les
  vl'ais, et dans le sens 0PPosù les faux, qui sont plus bas et plus
  obscurs, comme sont ceux qui sont les propres du sensuel, cal'
  ceux-là, à moins qu'ils ne soient illustrés par les intérieurs, sont
  entIèrement dans l'obscur et dans le ténébreux, parce qn'ils sont
  très-près du corps, ct par suite près des terrestres, oil les célestes
  sont terminés, et sont plongés dans les ténèbres.
      74-42, .Ht seront remplies les maisons des tyyptiens dit volatile
4'i!~                 ,.RCANES Cl::LESTES.
nuisible, el aussi Ire te1Te sur laquelle elles sont, signifie que lc,~
faux de la malveillance s'empm'el'ont de toutes lcs choses dit 1Jleuud
naturel: on le voit par la signification de remplh', en ce que c'est
s'emparer; par la signification des maisons des Égyptiens, en ce
qu'elles sont les intérieurs dll mental naturel, No 7407; par la si··
gnification du volatile nuisible, en ce que ce sont les faux. de lu
malveillance, No 7HA; et par la signil1cation de la telTe d'Égypte)
en ce qu'elle est le mental uaturel dans le commun, Nos 5276, 5278,
5280, 5288, 5301. Il faut dire en peu de mols comment il se fait
que les faux du mal qui sont dans les extrêmes du mental naturel
s'empareront aussi des intérieurs de ce mental: les choses qui
influent du Seigneur par le Ciel clJez l'homme, influent dans seg
intérieurs, et s'avancent jusqu'aux derniers ou extrêmes, et là se
présentent sensibles il l'homme, cons(~quemment elles influent
jusque dans le sensuel et par le sensuel dans les choses qui appar­
tiennent au corps: si le sensuel a été l'empli de phantaisies prove­
nant d'illusions ct d'apparences, et plus encore si ces phantaisies
proviennent de faux, les vrais qui influcnt y sont alors Ch<Hlg'és en
choses semblables, car ils y sont rer;us selon la forme introduite,
voi7' No 7343 : autant même les vrais sont changés en faux, autant
les intérieurs par lesquels se fait le passage sont bouchés, et en!in
il n'y a plus d'ouverture que pour laisser transl1uer ce qui peut
seulement donner la faculté de raisonner et de confirmer les maux.
par les faux. Puisqu'il en est ainsi chez l'homme, il est nécessaire
que, lorsqu'il est régénéré, son naturel soit rl!généré jusqu'au sen­
suel; car si ce naturel n'est pas régénéré ainsi, il n'y a aucune
réception du vrai ct du bien, puisque, comme il vient d'ètre dit, le
vrai qui y influe est perverti, ct qu'alors les intérieurs sont bou­
chés; c'est pourquoi lorsque les extériems ont été régénérés, tout
l'homme a été régénéré; c'est ce qui a été signifié pal' les paroles
du Seigneur à Pierre, quand il lui lava les pieds, dans Jean;
« Simon PielTc lui dit: Seigneur, ne mc lave pas les pieds seule~
Il ment, mais aussi les mains et la têtc. Jésus lui dit: Celui qui a

lt été lavé n'a besoin que d'être lavé quant aux pieds, et il est net

lt entièrement. )) -  XIII. 9, 10, - pal' les pieds sont signifiés les
 naturels, N°s 2'162, 3761, 3986, 4280, {.938 à 4952; laver, e'esl
 purifier, Nos 3'147, 59M f; les mains signifient les intérieurs du
EXODE, GIA.P. HLTntJŒ.                          {25
 naturel, el la tète les spirituels; de Hl on voit clairement cc qui est
 entendu pal' « celui qui a été lavé n'a besoin que d'être lavé quanl
 aux pieùs, et il est nel entièrement, » c'est·il·dire, qu'alors l'homme
 a été régénéré, quand il a été régénéré aussi quant aux extérieurs
 qui appartiennent au naturel; lors donc que l'homme a été l'(~généré
 aussi quant au naturel, toutes les clloses qui sont dans le naturel
ont été subordonnées aux intérieurs, et lorsque les inté,'ieurs y
 influent ils inlluent comme dans leurs communs, pal' lesquels ils
se ,présentent sensibles il l'homme; quand il en est ainsi chez
l'homme, il sent l'affection du vrai qui appartient il la foi, et l'af­
fection du bien qui appartient il la charité. ~lais le Sensuel même,
qui est le demier ùu naturel, ne peut être régénéré que difficile­
ment, parce qu'il a été entièrement rempli d'idées matérielles pro­
venant des terrestres, des corporels et des monùains; c'cst pourquoi
l'homme qui est régénéré, surtout aujourd'hui, est régénéré non
quant au sensuel, mais quant au naturel qui est le plus près au­
dessus du Sensuel, et il est élevé par le Seigneur du sensuel vers
ce naturel quand il pense aux vrais ct aux biens de la foi; la faculté
de cette élévation au-dessus du sensuel, est celle dont est gratifié
l'homme qui est régénéré par le Seigneur: quant à la qualité du
sensuel, et à celle de l'élévation dc la penséc au·dessus du scnsuel,
VOil' N0s 008,~, 0089, 5094., 5125, 5,128, 5767, 6,183, 620'1, 63,10,
6311, 6313, 63014, 63,16, 6:H 8, 656~, 6598, 66 '12, 66U, 6622,
6624, 6844, 68q,5, 6948, 6949.
   7443. Et je distinguerai en ce jour·là la terre de Goschen, sur
laquelle mon peuple se tient, en ce qu'il n'y au1'a point là de vo­
latile nuisible, signifie qu'ils ne pourront infester pal' les {aux de
la malveiLLance ceux qui sont de LÉ'gLise spù'iluelle, quoiqu'ils
soient près d'eux: on le voit pal' la signification de distinguer,
 en ce que c'est séparer afin qu'il n'y ait pas de communication;
 pal' la signification du jour, en cc quc c'est l'état, ~os 23, 487,
 488, 493, 893, 2788, 3462, 3785, 4850; de là distinguer en ce
jour-là, c'est séparel' dans cet état; pal' la signification de la
 terre de Goschcn, en ce que c'cst le milieu ou l'intime dans le
 natu'el, Nos 5910, 6028, 6031, 6068, et aussi l'l::glisc, parcc que
les fils d'Israël étaient en Goschen, No 6649; pal' la rcprrsen làtion
des fils d'Israël, qui iri sont le p('uple de H'hovah, en cc qu'il::;
1,·26                ARCANES CELESTES.
sont ceux de l'Église spirituelle, 1°7439; et pal' la signiticaLiotl
du volatile nuisible, en ce qu'il est le faux de la malveillance,
N° 744.1; ainsi ne point y avoir de t'olatile nuisible, c'est qu'ils ne
pOluTont point influer, n. par conséquent infester par ces faux.
S'ils ne pouvaient point infeste!' pal' ces faux, c'est parce que
ces faux sont les faux provenant des maux dans les extrêmes du
mental naturel ou dans le sensuel, et que ceux qui sont dans le
bien et dans le vrai peuvent être élevés au-dessus de ce sensuel,
ainsi au-dessus des faux qui y sont, selon ce qui vient d'être dit
N° 7<.4.2; et quand ils sont élevés, ib sont aussi séparés d'avec
ceux qui sont là dans les faux.
   74H. Afin que tu saches que Moi je suis Jéhovah au milieu de
la te7Te, signifie de lit l'aperception que le Seigneur est le seul
Dieu de l'Église: 0'1 le voit par la signification de savoir, en ce
que c'est l'aperception; et pal' la signification du milieu de lit
terre, en ce que c'est où il yale vrai et le bien chez ceux qui
sont de l'Église du Seigneur; l'intime est où il yale vrai d'après
le bien, N°s 34.36, 6068, 6084, 6103; ainsi pal' le milieu de la
terre est signifiée l'Église, de même que pal' la terre de Goschen,
dont il vient d'être parlé N° 7U3: Moi je suis Jéhovah signifie
qu'il est seul JE SUlS, qu'ainsi il est seul Dieu: que Jéhovah
dans la Parole soit le SeigneUl', on le voit 108 1343, '1736, 292·1,
3023, 3035, 5663, 6303, 6905, 69.1,1), 6956: de là il est évident
que ces paroles. " atin que tu saches que lIoi je suis Jéhovah au
milieu de la terre, ) signifient l'aperception que le SeigneUl' est le
seul Dieu de l'Église_
   7U5. Et je metl1'Cti une l'édemplion entl'e mon peuple ct ton
peuple) si,qnifie la délivrance de ceux de l'Église spÎI'Îtltelle d'avec
ceux qui sont dans les enfers aupl'ès: on le voit pal' la significa­
tion de la l'édemption, en ce qu'elle est l'action de tirer bors de
'enfel', N° 7205, et en ce qu'clle se dit spécialement de ceux qui
sont d~livrés de la vastation, N° 2959; par la représentation des
ftls d'Israël, qui ici sont mon peuple) en ce qu'ils son t ceux de
l'Église spil'ituelle, No 7439; et par la représentation des Égyp­
tiens, qui id sont ton peuple, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans
les enfers auprès et qui infestent, No 7090; de Iii il est bien évident
que « je mettrai une rédemption entl'C mOIl peuple ct ton peuple, II
EXODE, CHAP. IlUITlEME.                           427
signil1e la délivrance de ceux de l'Église Slù'ituelle d'avec ceux qui
sont dans les enfers.
   7H6. Pour demain sem ce signe, signifie la mani{estation de
la IJ/ûssauce Divine pm' suite à perpétuité: on le voit pat' la signi­
fication de demain, en ce que c'est à perpétuité, N° 3998; et par
la signification du signe, en ce que c'est la confirmation de la
vérité, et ainsi la connaissance, ~o 6870, pal' conséquent la ma­
nifestation ùe la puissance Divine; en effet, autrefois par les
signes était manifestée la vérité, et en même temps la puissance
Divine.
   7447. Et Jéhovah fit aimi, signifie qu'il {ut {etit comme il avait
été dit : on le voit sans explication.
   74048. Et il vint du volatile mLÎ$ible en masse en la maison de
Pharaon, et la maison de ses servilem's, et dans /Oule la tCl're
d'Égypte, signifie que les faux malveillants firent de tOitS côtés
irl'uption chez eux: on le voit par la signification du volatile
nuÎ$ible, en ce que ce sont les faux de la malveillance, ~o 7U,f;
et pal' la signification de la maison de Phamon, de la maison d~
ses serviteurs, et de toWe la terre, en cc que ce son t Loutes choses
en général et en particulier d:l.lls le nalul'el, N0s 7396, 7U.f, 7U,2,
ici c'est provenant de toutes choses en gén{~ral ct en particulier,
ou provenant de tous côtés, parce qu'il cst signifié que ces faux.
faisaient irl'Uption, L'arrivée du volatile nuisible dans la maison
signifie tout d'abord que les faux entraient olt étaient les maux, ct
qu'ils se conjoignaient avec les maux; mais quand les faux ont été
conjoints avec les maux, alors les maux font irl'Uption par les faux;
c'est de là que par (( il vint du volatile nuisible dans la maison de
Pharaon, ct dans la maison de ses serviteurs, ct dans toute la terre
d'Égypte, » il est signillé que les faux malveillants Iirent irruption,
et même ùe tous côtés.
  7449, Et la teJ'1'e était abîmée à cause du volatile nuisible, si­
gnifie que le mental naturel était corrompu quant à tout v1'Cli :
on le voit par la signification d'être abîmé, en ce que c'est être
corrompu; pal' la signification de la telTe d'Égypte, en cc qu'elle
est le mental naturel, N0s 5276, 5278, 5'280, 5'288, 3801; ct par
la signillcation du volatile nuisible, en ce qu'il est le faux tic la mal­
veillance, N0 7HI; il est dit qu'il était corrompu quant ~ Lout Tai,
~:2'8                  AnC..N~S CÉLESTES,
'Cal' le vrai
         est entièrement eorrompu par le fauxqui provient du mal.
   7450. Vers. 2'1 à 28. Et Plwraon appela Jlloscheh et Ahal'on,
c-t il dit: Allez, sacrifiez à votre Dieu dans la tel'l'e. Et jJfoscheh
dit: Il n'est point convenable de {(tin ainsi, parce que nous sa­
{;l'ifierions l'abomination des Égyptiens à Jébovah notre Dieu;
voici, nous ,çacTifierions ['abomination des Itgyptîens à leurs yeux,
lie nous lnpidel'ont-ils point? Le chemin de tTois jours nous irons
 dans le désert, ct nous sacri fieron.ç ct Jéhovah noU'e Dieu, ainsi
qu'il nous a dit, Et PhaTaon dit: Moi je l'O/IS relwelTCli, et vous
:;acrifiel'ez à JéllOl'ah votre Dieu dans le désert, seulement en vous
éloignant ne vous éloignez point pOUl' aller; suppliez pour moi. Et
1I10sclleh dit: Voici, moi je sors d'avec toi, ct je supplierai Jéhovah ,.
el qu'il éloigne le volalîle nuisible de Pharaon, de ses seTvitwTs, ct
de son peuple, demain; seulement, que Pllm'aon ne continue pas à
se moqucr, en ne renvoyant point le peuple pOUT sacTi(ieT à Jéhovah,
Etllloscheh sm'tit d'avec Pharaon, et il supplia Jéhovah, Et Jého­
vah fit selon la pal'ole de Moschelt, et il éloigna le volatile nzâsiUie
de Pharaon, de ses serviteurs, ct dc son peuple; il n'en Testa pas
un, El Pharaon appesantit son cœUT, encore cette {ois; et il ne
renvoya point le peuple,- Et Pharaon appela 1I10scheh et Allm'on,
signifie la présence de la Loi DiVine: ct il dit: Allez, sacl'ifiez ct
votre Dieu dans la tel'1'e, signifie qu'ils ne s'opposaient pas à ce
qu'ils adorassent lem Dieu, pourvu que ce fût dans le voisinage
près d'eux: ct 1l10scheh dit, signifie la réponse: il n'est point con­
venaMe de {aire ainsi, pm'ce que nous sacrifierions l'abomination
des Égyptiens à Jéhovah notTe Dieu, signifie qu'il influerait un
infernal hideux et infect: voici, nous sacrificTions ['abomination
cles Ég!lptiens à leurs yeux, signifie que si c'éLait en leur présence,
le culte Divin serait infesté par de telles choses: ne nous lapide­
l'ont-ils point, signifie qu'ainsi ils éteindraient les nais de la foi
qui apparLiennent au culte: le chemin de tTois jOliTS nous Î1'OIIS dans
le désel't, signifie qu'ils s'éloigneraien t enlièrcmen t pour être en
liberté: et nOlis sacrifierons à Jéhovah notre Dieu, signifie qu'ainsi
il y aura culte: ainsi qu'il nous a dit, signifie ainsi qu'il avait or­
donné: et Pharaon dit : 11Ioi je vous l'enveTrai, et vous sacrifiel'ez
à Jéhovah votl'e Dieu dans le désert, signifie qu'ils les laisseront el
ne les infesteront pas, afin qu'ils adorent leur Dieu en liberLé        ~
EXODE. GIAP. IHJlTIÈiUK                           429

$Culement en vous éloignant ne      VDIU   éloignez point pour aller,
signil1e eneore bien qu'ils soient dans le voisinage: suppliez POUt'
moi, signifie qu'ils intercèdent: et Moscheh dit: Voici, moi je SOI'S
d'avec toi, signil1e l'éloignement de l'apparence du vrai Divin cher.
eux: et je suppliemi Jéhovah, signifie l'intercession: et qu'il éloigne
le,volatile nuisible de Phumon, de ses sel'vileztrs, et de son peuple,
signifie pour que ce soit la fin de cet état quant aux faux de la
malveillance: demetin, signil1c à perpétuité: seulement, que Pha­
raon ne continue petS à se moquer, en ne renvoyant point le peuple
pOtt/' saaifier à Jéhovah, signifie pourvu qa'il ne trompe pas pal'
mensonge, et qu'il les laisse adorer leur Dieu en liberté: etl1loscheh
sortit d'avec Pharaon, signifie l'éloignement de l'apparence du vrai
Divin chez ceux qui sont dans les faux de la malveillance: et il
supplia Jéhovah, signifie l'intercession: et Jéhovah fit selon la
parole de "Moscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon la parole du
Seigneur: et il éloigna le volatile nuisible de Pharaon, de ses ser­
viteurs, et de son pelqlle, signifie la fin de cet état du faux: il n'en
resta pas un, signifie l'éloignement plein: et Pharaon appesantit
 son cœur, encore celte (ois, signifie l'obstination de nouveau: et il
 ne 1'Cnvoya point le peuple, signifie qu'ils ne laissaient point ceux
de l'Église spirituelle.
  74-51. Et Phamon appelet lIfoscheh et Alwron, signifie la pré­
sence de la Loi Divine: on le voit par la signification d'appeler, en
ce que c'est la présence, N°s 6'177,7390; et pal' la représentation
de Moscheh et d'Aharon, en ce qu'ils sont la Loi Divine, ~IoschelJ
la Loi interne, ct Aharon la Loi externe, N°s 7381, 7390.
   74·52. Et il dit: Allez, sacrifiez à votre Dieu dans la terre,
signifie qu'ils ne s'opposaient pas cl. ce qu'ils adorassent leur Dieu,
pourvu que ce {ùt dans le voisinage pl'è.~ </' eux: on le voit pal' la
signification de il dit: Allez, en ce que c'est qu'ils ne s'opposaient
point; par la signification de saai{iel', en ce que c'est adorer,
No 7393; et pal' la signification de dans la terre, savoir, dans la
 tel'l'e d'~~gypte, en cc que c'est dans le voisinage; que dans la terre,
 ce soit dans le voisinage, cela est évident par la réponse de l'fos­
 chelt, « qu'il n'était pas convenable de faire ainsi, parce qu'ils
 sacrifieraient l'abomination des Égyptiens il leurs yeux, mais qu'ils
 iraient le c!H'min de (rois jours dans le désert, CI sacrifieraient iA
430                   AHCA.NES CELESTES,
Jé'}Qvah leU' Dieu; )' pds pill' la l'é.)olse de Phar:.IO'.l, qu' « en
s'éloignant ;1<; ne s·él,)ign:";.::en~ point pour nUe',)) Vers. 2'1, 22,
23,24; è)in~; Dac 1.0 ,cr.'C il es. ~n~cndu Mns Je sC1.)S in,el'Dc là où
s()nt cellx ou: SOD ••:lans les faux e. fIui infestent; quant à leu!' voi­
sinage, voil' ~o 7090,
    7 fi03, Et Moscheh dit, signifie la réponse, voil' cJ·dessus Nos71 03,
                                                                        •
7394..
  74·54.. Il n'est point convenable de (ail'e ainsi, pm'ce que nous
sacl'ifie"ions l'abomination des Égyptiens à Jéhovah notle Dieu, si­
gnifie qu'il influemit un in(c1'rtal hideux et infect : on le voit par la
signification de il n'cst point convenable de (aire ainsi, Cil cc que
c'est qu'il ne pent pas être fail ainsi; par la signification de l'abo­
mination en ce que c'est un infernal hideux et infect; et par la si­
gnification de saC1'ifiel' à Jéhovah-Dieu, en cc que c'est adorer son
Dieu, N° 7k52; ùe là sacrifier à Jéhovah-Dieu l'abomination des
Égyptiens, signifie qu'ils adoreraient Dieu par un culte qu'auraient
en abomination ceux: qui sont dans les faux provenant d'un infernal
opposé à ce culte et qui l'infesterait. Par les choses qui sc manifes­
tent dans l'autre vic on voit clairement comment la chose se passe:
chaque esprit, et plus encore chaque société, a autour de soi la
sphère de sa foi et de sa vie, cette sphèl'e est une sphère spirituelle;
d'après elle est distinguée la qualité de l'esprit, et plus encore celle
de la société, car elle est perçue pal' ceux qui sont dans la percep­
tion, parfois à une assez grande distance; et cela, quoiqu'ils soient
dans un endroit caché et qu'ils ne communiquent point par la pen­
sée ou par le langage: cette sphère spirituelle peut être comparée
à la sphère matérielle qui entoure le corps de l'homme dans le
monde, sphère matérielle qui est la sphère des effluves émanant de
lui, et qui est sentie par l'odorat subtil de cel'tains animaux; SUI' la
 sphère spirituelle qui entoure les esprits, voi,' Nos 1048, 1053, '1316,
 1504,10'19, 240'1,2489, 4464, 0179, 6206 f. D'après cela on peut
 voir que si les esprits infel'l1aux. approchaient de près ceux qui sont
 dans le culte Divin, ils les infesteraient pal' leur sphère; car ainsi
 ceux qui sont dans le culte Divin percevraient le hideux et l'abo­
 minable. De là on peut savoir comment il faut entendre qu'il influe­
 rait un infernal hideux et infect, s'ils adoraient Dieu dans le voisi­
 nage. D'aprè.s ce qui il ~té dit de la sphère spirituelle, ou de la '
EX.ODE, CHAP. IIUITlEME.                          431
sphèl'e de foi et de vie, qui s'exhale de chaque esprit et plus encore
de chaque société d'esprits, on peut aussi voir que rien absolument
de ce que l'homme a pensé, pl'ononce et fait ùans le monde, n'est
cacM, mais que tout est à décourel't, car c'est là ce qui constitue
cette sphèl'e: IIne telle sphère émane aussi de l'esprit de l'homme,
quand il est dans le corps dans le monde; de là aussi il est connu
tel qu'il est: qu'on ne croie donc pas que les choses que l'homme
pense en secret et qu'il fait en secret soient secrètes, elles sont aussi
manifestes dans le Ciel que celles qui se présentent dans la lumière
du milieu du jouI'; selon les paroles du Seigneur dans Luc: « Il
 Il n'y a rien de caché qui ne doire être découvert, ou rien de secret

 Il qui ne doive être connu: les choses donc que vous aurez dites

 Il dans les ténèbres seront entendues dans la lumière; et ce qlle

 Il vous aurez }1I'0nol1cé à l'oreille dans les chambres à coucher, sel·'a

 Il annoncé Sil' les toits. » -  XII. 2, 3.
  7455. Voici, nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens il
leurs yeux, signifie que si c'était en leltr présence, le culte Divin
serait infesté par de telles choses: on le voit d'après ce qui vient
d'être expliqué No 74-fj4-.
   7,HJ6. Ne nouS lapideront-ils point; signifie qu'ainsi ils étein­
dmient les vrais rie la roi qlû ltppartiennellt nu wlte : on le voit pal'
la signification de lapider, en ce que c'est éteindre et effacer les
faux, mais ùans le sens opposé, quand c'est par les méchants,
c'est éteindre et effacer les vrais qui appartiennent à la foi; si les
choses infernales, hideuses et infectes dont il vient d'être padé
10 74-M, influaient chez ceux qui sont dans le saint du culte, ce
saint du culte serait éteint; et cela, parce que l'homme, quand il
est dans le saint du culte, est détourné de ces choses infernales,
et que ceux qui sont dans le bien de la foi et de la vie sont élevés
au-dessus du sensuel Ol! sont ces choses, mais quand de tels objets
 influent, alors sont excitées les infections qui sont dans le sensuel;
 desquelles l'homme est détourné, comme il a été dit, quand il est
 dans le saint du culte, et au-dessus desquelles ceux qui sont dans
 le bien sont éleves, d'oil il l'ésulte que le saint du culte est eleint;
 cela peut même être évident pal' l'expérience; car lorsqu'un objet
 infecte se présente et n'est point repoussé quand l'homme est dans
 le culte Divin, le culte perit et est éteint aussi longtemps que cet
~32                   Al1CANES CÉLESTES.
objet est pdsent; voilà ce qui est entendu lorsqu'il est dit qlle si
ceux qui sont dans les faux provenant des maux étaient dans le
voisinage, ils éteindraient les vrais de la foi qui appartiennent au
culte. Quant à ce qui concerne la signification de Lapider, il faut
qu'on sache qu'il y avait deux peines de mort chez les Israélites et
les Juifs, chez qui le lleprésentatif de l'Église avait été institué;
l'une de ces peines était la Lapidation, l'autre était la Pendaison
au bois; il Yavait Lapidation si quelqu'un voulait détruire les vrais
du culte qui avaient été commandés, et Pendaison si quelqu'un
voulait détruire le bien de la vie; si ceux qui voulaient détruire les
vrais du culte étaient lapidés, c'était parce que la pierre signifiait
le vrai, et dans le sens opposé le faux, N°s 613, ·1298, 3720, 6426;
et si ceux qui vouiaient détruire le bien de la vie étaient pendus à
un bois, c'était parce (lue le hois signifiait le bien, et dans le sens
opposé le mal des cupidit(~s, N0s 6'1·3, 278~, 2812, 3720. Qu'il y
ait eu peine de lapidation lorsque quelqu'un délmisait les vrais qui
appartiennent au culte, on le voit clairement par ces passages:
dans Ézéchiel: « Enfin ils feront menter SUl' toi l'assemblée, et ils
1) te lapideront avec la pierre, et ils te dépèceront avec leurs épées. »
- XVI. ~o ;- là, il s'agit de Jél'Usalem pervertie, et de la des­
truction du vrai de la foi par les faux; c'est pOUl' cela qu'il est dit
qu'ils lapideront avec la pierre, et aussi qu'ils dépèceront avec des
épées, car l'épée signifie le vrai qui combat et détruit le faux, et
dans le sens oppusé le faux qui combat et détruit le vrai, N0s 2799,
                                                      . .. "
44,99, 6353, 7,102 : paI'eillement ailleurs dans 'I(). Mème: « Fais
 " monter contre elles l'assemblée, afin que l'assemblée les lapide
» avec la pierre, et qu'ils les déchirent avec leurs épées. » -XXHl.
~7 ; -là, il s'agit de Jérusalem et de Samarie, par lesqnelles est
signifiée l'Église, par Jérusalem l'Église céleste-spirituelle, par
Samarie l'Église spirituelle, et dans ce Chapitre il est décrit com­
ment en elles ont été détruits les biens et les vl'ais de la foi. Dans
Moïse: « Si un bœuf frappe de sa corne un homme ou une femme,
 » et qu'il y ait mort, en Lapidant sera Lnpidé Le bœuf. » - Exocl.
XXI. 28; - frapper de la corne un homme Oll une femme, signWc
le faux qui combat, et dètl'Uit le yrai ct le bien, car lucorne est
le l'aux qui combat et aussi la pUiSSallCe du faux, N0 2832; l'homme
et la femme signifient dans la Parole, le vrai et le bien; de IiI on
EXODE, CHAP, HUITIÈME.                           ,~33

voit clairement quel est le sens interne de ce commandement, et
pourquoi le bœuf était lapidé. Dans le Même: « Celui qui blas­
" phème le Nom de Jéhovah, en étant tué sera tué, toute l'assem­
)l  Mée en lapidant le lapidera.)l -   Lévit. XXIV. 16, - blasphémer
le Nom de Jéhovah signifie par des faux malveillants porter vio­
lence aux vrais et aux biens qui apPal'tiennent au culte; que le
Nom de Jéhovah soit dans un seul complexe tout ce par quoi Jého­
vah est adoré, on le voit N°s 27SU., 3006, ainsi tout ce qui appar...;
tient à la foi et à la charité, N0 6-674-; de là aussi « le ms de la
)1  femme Israëlite, qui blasphémait le Nom de Jéhovah, {ut conduit
)l  ho1's du camp et lapidé. ll-Lévit. XXIV. H, H, 23. -Il fut
aussi ordonné que « ceux qui serviraient d'aut1'es dieux semient lapi­
 ) dés. » - Deutér. XVII. 3,5; - ainsi que « ceux qui inciteraient
II à servir d'autres dieux, II -      Deutér. XIII. 7 à ·1 ,1 ; - servir
d'autres dieux, signifie le culte profane par lequel le vrai culte est
éteint. Si, lorsque les virginités de la jeune fille mariée n'étaient
point t)'ouvées chez elle, elle était lapidée, parce qu'elle avait fait
une folie en Israël « en se liVl'ant à la sco1'ULtion dans la maison de
son père, II - Deutér, XXII, 20, 2,1, - c'était parce que la scor­
tation signifiait la falsification du vrai, par conséquent la destruc­
 tion du vrai, N°s 2466, 4·865. Si, « lorsqu'un homme couchait dans
la ville avec une jeune fille vierge fiancée à un autre homme, ils
étaient lapidés tous deux, » - Deutér. XXII. 23, 24, - c'était
 pour la même raison, savoir, à cause de la scortation, car la scor­
 tation spirituelle est la falsification du vrai. Dans Luc: « Ils rai­
 sonnaient en eux-mêmes, que s'ils disaient que le baptême de Jean
 venait du Ciel, il dirait: Pourquoi n'y avez-vous pas cru? ~Iais
 que s'ils disaient qu'il venait des hommes; lOut le peuple les lapi­
 derait. li - XX, 5, 6; - ici aussi il est parlé de lapidation,parcc
 que c'était contre le vrai. Si « les Juifs voulaient lapide1' Jésus,
 parce qu'il avait dit que Lui-Même était avant qu'Abraham mt, »
 - Jean, VIII. 5S, 09, - c'était parce que cette nation croyait que
  cela était faux. Ils voulaient pareillement lapider Jesus, parce qu'il
  avait dit que" Lui et son Père étaient un. ,,- Jean, X. 30, 31,
  32,33; car ils croyaient que c'était un blasphême, ainsi.qu'il est dit
  aussi dans ce passage, Maintenant, d'après ces explications, on voit
  clairement ce que c'est que la Lapidation, et pow'quoi ellc a été
        XI.                                                  28
'4::l-i.                AHCANES CÉLESTES.
commandée, et l'on voit aussi 'que la peine de la lapidation dès les
anciens temps, puisqu'elle existait en Égypte, avait èté dMivée des
rcpl'ésentat.ifs de l'l~glise Ancienne.
  741)7. Le chemin de trois jours nous Î1'ons dans le désert, signifie
qu'ils s'éloignernient entièrement pOUl' être en liberté: on le voit
par la signification d'aller le chemin de trois jow's dans le désert,
en ce que c'est s'éloigl1er entièrement: que cela soit signifié, c·est
une conséquence de ce qui est contenu plus haut dans le sens ïn-
t.erne, savoir, qu'ils ne pouvaient adorer Dieu dans le voisinage et
en présence de ceux qui étaient de l'enfel" Nes 7 4-52,74-54,74-55,
7f!!j6 ; qu'ainsi ils s'éloigneraient poU' être en libel'té.
  7 Mi8. Et nOlis saC1'ifierons à Jéhovah notre Dieu, signifie
qu'ainsi il y aura culte: on le voit pal' la signification de sacrifier
à Jéhovah, en cc que c'est le culte, N°s 7~3, 7452; ct en ceqll'il
n'y a culte qne quand on 'est en liberté, Nu ï34-9.
   /4.59, Ainsi qu'il nOlis Il dit, signifie ainsi qu'il avait ordonné:
 on le voit sansexplicatiorl.
      7460. Et Pharaon, dit: Moije vous l'enverrai, et vous sClaifiercz
  ct Jéhovah votl'e Dicu dans le désel't, signifie qu'ils le.ç laisseront et
 'ne les infestel'ont pas, afin qu'ils adorent leur Dieu en libe1'lé : on
'le voit par la signification de renvoyel', en ce que c'est laisser, ainsi
  ne pas infester; et par la signification de sacrifiel' à Jéhovah-Dieu,
  en ce que c'est adorer son Dieu, N0 74.58; que ce soit en liberté, la
  suite le prouve, car il est dit qu'ils sacrifieraient dans le désert, pal'
 conséquent non dans le voisinage, comme préc(~demment; que
 dans le voisinage, ce soit non en liberté, on le voit N°s 74.1)4.,74.56.
    74tH. Seulement, en vous éloiguant ne vous éloignez point pOliT
 (tf/cr, ûgnifie encQ1'e bien qu'ils soient dans le voisinage: on le voit
 par la signification de ne point s'éloigner, en ce que c'est n'être
  point loin, ou n'être point éloigné de la terre d'Égypte.
      74.62. Suppliez pour moi, signifie qu'ils intel'cèdent : on le voit
  par la signification de suppliel' POUl; moi, quand cela est dit par PlIa-
  l'aon à 'Moscheh, en ce que c'est l'intercession, comme ci-dessus
  No 7396.                            .
      74-6~. Et Moschelt dit: Voici, moi je SO/'8 d'avec toi, signifie
  l' éloignemell t de l'aP1Jarence dit vrai Divin Chez eux : on le voit
  par la représentation de llfoscllCh, en ce qu'il est la Loi Divine,
EXOJ)E, CIJAP. lHllTlI~:)IE.                        43!)
N0s 6123, 6i52, pat' cons~qucnt aussi le Hai Divin, l.ù$ 70-14 ,
7382 ; et par la signification de ,wl'cir, en ce que c'cst 1'6Ioigne-
ment, comme ci-dcssus N° 7,).04.; en effct, la présence du Hai
Divin est signifiée en ce que Pharaon appela MoscllClt ct Altaron ,
N0 7 45~ ; en conséquence, ici l'éloignement est signifié par sOl'li l'
d'avec Pharaon. Quant à cc qui concerne la présence ct l'éloigne-
ment du Vrai Divin chez les méchants, il faut qu'on sache que par-
fois le Vrai venant du Divin se montre il CltX , ct ccla pal' la pré-
sence d'un Ange près d'eux; mais le Vrai venant du Divin n'influe
pas chez eux pal' les intérieU1's, comme citez les bons, car les ill-
térieurs chez eux. ontété' fermés, mais il affecte seulemcntleul's exté-
l'ieul's : quand cela arrive, ils sont dans la eminte et pal' suite dans
l'humiliation; cal' la présence du Vrai, venanl Ùll Divin, les frappe
et leur inspire une crainte telle que celle de la mort; mais quand. le
Vrai venant du Divin est 610igné, ils reviennent dans leul' ancien
état, ct sont sans crainte: voilà ce qui est enlcndu pal' la présenee
de l'apparence du Vrai Divin. ct pal' l'éloignement de cctl.e appa·
rence: c'est aussi ce qui a été représeuté pal' Pharaon, ell eu que,
quand lfosl:heh était présent devanl lui, il s'llllll1ilia ct promit de
renvoyer le peuple pour sacril1er il J<'~hovall; mais al)rès que Mos-
cbeh fut sorti d'avec lui, il appesantit son cœur, Vers 28 cl sui'. ;
cal' Moscltell, comme il a été montre (;i-dcssu:i , l'epl'csenlailla LOI
Divine ou le Vrai Divin. Si la Loi Divine eslla Il1cmc chose que le
Vrai Div.in, c'cst parce que la Loi Divine signifie la Parole, Cl ainsi
lé Vrai Divin. Que la Loi signifie la Parolc, etainsi le Vrai Divin,
on le voit pal' les passages suivants; dans Jean: « Jesus dit:
 » N'est-il pas écrit dLtnS vol/,e Loi; Moi j'ai dit: Des dieux VOLIS
 Il êtes? Si elle a appclé dieux CCliX à qui la Parole a eté adl'essl~e ,

 Il ell'écl'iture ne peut être dissoute. Il -   X. 34; - éeril dans la
Loi, c'est-à-dire dans la Parole, cal' ccla a etc ecrit daus David.
Dans le ~Iême : « La foule dit: NOliS, nous avons appl'is pa/' La Loi
 .. que le Christ demeure pourl'étcïl1ité.»-XIl. 34,-celaaussiaélé
éc.l~it dans David. Dans le lUême : « Jésus dit: Afin que flît accom-
 » plie' La Parole écrite dans la Loi: Ils m'ollt haï S,lns cause. Il -
 XV. 25, - cela est aussi dans David. Dans Luc: « Il a été éCl'it
 Il dans La Loi da Seigneur, que tout mâle ouvranl rllll~I'lIS sera "p-

  li pelé saint au Scigncur : ct pOUl' (lonncr cn s;ll:rilice, scIon ce qlti
436                      ARCANES CÉLESTES.
 » est éCl'it clans ln Loi du Seigueul' , une paire de tourterelles ou
 " deux petils de colombes. » - JI. 23, ~4., 39, - cela est écrit
 dans lJoïse. Dans le Même; « Un docteur de la Loi tentant Jésus ,
 » lui dit: Que ferai-je pour recevoil' l'héritage de la vie éternelle?
)l   Jésus lui dit: Dans la Loi qu'y a-t-il d'écrit? Comment lis-tu? »
 - X. 25, 26. - Dans le 'Même ; li La Loi et les prophètes jusqu'à
 " Jean; depuis lors le Royaume de Dieu est évangelisé: il est plus
 » facile que ledel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul accent
" deta Loi lombe. »-XVI. '16, 17 ; - et en outre dans les passages
où la Parole est appelée la Loi et les prophètes, comme Malth.
V.18. VII. ~2. XI. 13. XXl1. 40. Dans Esaïe; «Serrele témoi­
)l  gnage, scelle la Loi pour ceux que j'enseignerai. • - VIlI. 16, ­
 la Loi, c'est la Parole. Dans le .Même ; li Des fils menteurs, des
 " fils (qui) n'ont point voulu écouter la toi de Jéhovah. » -XXX.
9. - Dans le Même : « II posera en la tene le jugemen t; en sa Loi
J) les îles espèl'eront." - XLII. 4, -ici il s'agit du Seigneur; sa Loi,
c'est la Parole. Dans le Même; « Jéhovah magnifiera sa Loi.            1) ­


XLII. 21. - Dans Jérémie; li Ainsi a dit Jé~ovah : Si vous ne
" M'obéissez point, pour marcher dans ma Loi, que j'ai donnée de­
» vant vous, et que vous n'écouliez point la Parole de mes servi­
 » teurs les prophètes. » - XXVI. 4., 5 : - la loi, c'est la Parole;
et en outre dans plusieurs autres passages; il est donc évident que
la Loi est la Parole, et puisque c'est la Parole, c'est le Vrai Divin;
comme dans Jérémie: « Voici l'alliance que je trailerai avec la mai­
l! son d'Israël après ces jours, parole de Jéhovah; Je clonnemi ma

» loi au milieu d'eux, et sUl'leur cœU!' je l't"cril'ai. » - XXXI. 33,
- ici la Loi de Jéhovah est le Vrai Divin. Que la loi dans le sens
large soit toute la Parole, dans un sens moins large la Parole His..
torique, dans un sens encore moins large la Parole qui a été écrile
par Moïse, et dans le sens strict les préceptes du Décalogue, on lu
"oit No 6752. Maintenant on peut voir pourquoi il est dit que Mos­
cheh réprésente et la Loi Divine, et aussi le Vrai Divin.
    7464-. Et je supplierai Jéhovah, signifie l'intercession: comme
Jo~  '7396, 7462.
   74·65. Et qu'il éloiglle le volatile nuisible de Pharaon, de ies ,~er­
vile urs et de son peuflle, signifie TJUltl' qnc ce soit la fin de cel éWI ,
quanl au;x {(W,J.: rie lfl malveillallce : on le voit par la significalion
EXODE, CHAP. HUITIÈME.                               437
du volatileliuisible, en ce que ce sont lesfaux de la malveillance, N°
7U~; pal' la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui
sont dans les faux provenant des maux et qui infestent, ainsi qu'il
a été dit ci-dessus; et pal' la signification de ses serviteurs el de son
peuple, en ce que ce sont tous ceux-là en général et en particulier,
N°s 7396,7 Hi; éloigner ces faux de la malveillance de tous ceux qui,
en général et en particulier, infestent, c'est mettre fin àcet état. li faut
qu'on sache que chaque Miracle fait en Égypte, signifie un état par­
ticulier dans lequel viennent ceux qui sont dans les faux, et qui in­
festent dans l'autre vie; il Ya dix états dans lesquels ils viennent
successivement avant d'être entièrement dépouillés de tout vl'ai ,
ainsi avant d'être jetés dans l'enfer; en effet, ceux qui sont dans
la science de la l"oi, et dans le mal de la vie, ne sont pas portés
dans l'enfer aussitôt après la mort, mais ils y sont conduits succes­
sivement ; ils sont d'abord forcés de reconnaître qu'ils sont dans le
mal, ensuite la science de la foi leur est ôtée, et enfin ils sont aban­
donnés au mal de leur vie; cela se fait par plusieurs états succes­
sifs; ce sont ces états qui sont décrits par les miracles faits en
J.:gypte, par conséquent pal' les maux qui arrivèrent aux Itgyptiens
avant qu'ils- fussent submergés dans la mer de Suph : ces arcanes
ne peuvent être sus sans révélation; ils sont pour les Anges au
 nombre des choses les mieux connues.
   H66. Demain, signi(te à perpélltilé : VOil' N0s 3998, 7399.
   7467, Seulement que Pharaon ne continue pas àse moquer, I;n
ne t'envoyant pas le peuple pOUl' S(t(;l'Î{ier à Jéhovah, signifie pourvu
qu'il ne trompe pas pal' mensonge, et qu'il lès laisse adorer en liberté
l-eur Dieu: on levoit par la représentation de Pharaon, en ce qu'il
désigne ceux qui son t dans les faux provenant des maux, et qui j n­
festent ; parla signification de se moquer, en ce que c'est tromper
par mensonge; pal' la signification de renvoyer, en ce que c'est
laisser; par la représentation des fils d'Israël, ence qu'ils sont ceux
de l'Église spirituelle; et par la signification de sa~l'i{iel' à Jého­
vah, en ce que c'est adorer son Dieu, N°s 739:3, 74,52, 74-58; que
ee culte doit être exercé en liberté, on le voit N°s 74,54,,74-56. D'a­
 près cela il est évident que ces paroles: «Seulement que Pharaon
 ne continue pas à se moquer, en ne renvoyant pas le peuple pour
 )iac,'ificr à Jéhovah, II signifient pourvu qu'il ne trompe pas par
.4.38               ARCANES CÉLESTES.
mensonge, et qu'il laisse ceux de l'Église spirituelle adorer en li­
berté leur Dieu.
   7468. Et Moscheh sm'/il d'avec Pharaon, signifie l'éloignement
de l'apparence clu Vrai Divin chez ceux qui sont dans le {aux de
la malveillance: on le voit d'après ce qui a été dit ci·dessus , No
7463.
    7 .l69. Et il sltpplia Jéhovcth, signifie l'intercession: comme ci­
dessus N0s 7396, 7 !~62.
   74.70. Et Jéhovah fit selon la parole de Moscheh, signifie qu'il
fia {ait ains'; selon la parole dit Seigneur: on le voit par les expli­
cations donnt.es ci-dessus, No 7.l06.
    7.l71. Et il éloigna le volatile nuisible cie Pharaon, de ses servi­
teurs et de son peuple, signi{te la fin de cet état du {aux: on le voit
d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7.l6:.>. où sont de semblables
paroles.
    7472. Il n'en 1'CSta pas un, signifie l'éloignement plein: on le
voit sans explication.
    7473.,Et Pharaon appesantit son cœur encore celle {ois, signi­
{te l'obstination de nouveau: on le voit pal' la signification de ren­
forcer, d'endurcir et cl' appesantir le cœur, en ce que c'cst l'obstina­
 tion, N°s 7272, 7300,7305.
    H7.,. Et il ne 1'e1woya point le peltple, signifie qu'ils ne laissaient
 point ceux de l' Église spù'ilUelte : on le voit par la signification de
 reuvoyel', en ce que c'est laisser; et par la représentation des fils
 d'Israël, qui ici sont le peuple, en ce que ce sont ccux de l'Église
 spirituelle, Nos 6Vi!6, 6637, 6862,6868, 7035, 7062,7'198, 720'1,
72'15,7223. Quant à ce qui concerne l'Église spirituelle, qui est
 rcprésentée ici pal' lcs fils d'Israël, il faut qu'on sache que cette
 Église cst interne et extci'lle , que ceux qui SOllt dans le bien de la
 charité sont dans l'Église intcme, et que ceux qui sont dans le bien
 de la foi sont dans l'Église externe; ceux qui sont dans le bicn de
 la charité sont cellx qui, d'après la charité envers le prochain,
  voient les nais appartenant à la foi, et ceux qui sont dans le bien
 de la foi sont ceux qui, d'après la foi, considèrent la charité, ainsi
  que ceux qni font le hien, non pas d'apl'ès l'affection de la chal'itl: ,
  mais d'a[lj'~s l'obéissance de la roi, c'cst-à·dire parce que ccla a 1:'I(~:
 ommandé aiBsI : te so lit. ccux-ci qui sont proprement représentés
EXODE, CI-IAP. HUITIÈME.                       439
ici par les fils d'Israël, car ce sont eux qui sont infestés dans l'au­
tl'e vie par ceux qui sont dans les faux; en effet, ceux: qui sont dans
l'affection de la charité ne peuvent pas être ainsi infestés, car les
esprits qui sont dans les faux et dans les maux ne peuvent pas
appl'ocher de ceux qui sont dans ce bien, parce que le Seigneur est
dans ce bien; si ceux-ci sont insfestés, c'est seulement quant aux
illusions et aux apparences par lesquelles ils ont cru que ce qui n'é­
tait pas vrai était vrai, et quant aux choses que la doctrine de leur
Église a enseignées comme étant. des vrais, quoiqu'elles ne fus·
sent pas des vrais; ceux-ci dans l'autre vie rejettent de bon gré les
faux et reçoivent les vrais, par la raison que le bien de la charité
est le récipient du Vrai, parce qu'il l'aime et le désire. Puisque les
Infestations ont été si souvent nommées, il est à propos de dire cc
que c'est, ct qu'elles elles sont: Les Infestations se font par des in­
jections du faux contre les vrais, et ces faux sont repousses par un in­
flux venant du Ciel, c'est-à-dire du SeigneUl' par le Ciel, citez ceux
qui sont infestés; c'est dans un tel état que sont tenus ceux qui sont
dans la vastaLion quant aux faux, jusqu'à ce qu'ilsse soient imbus des
vrais qui appartiennent à la foi, et, par degrés, de vrais intérieurs;
et autant ils se sont imbus de ces vrais, autant ils sont délivrés de
l'infestation. Les infestations ne sont point des tentations, car les
tentations se font avec une angoisse de la conscience; ceux, en el~
fet, qui sont dans les tentations sont tenus dans un état de damna­
tion ; de là chez eux angoisse et douleur. D'après cela on voit clai­
rement quelles sont dans l'autre vie les vastations qu'éprouvent
ceux qui sont dans le bien de la foi, ces vastations sont des vasta­
tions~u faux; mais chez ceux qui ont été non pas dans le bien de
la foi, mais scientiliquement dans quelque vrai de la foi et dans la
vie du mal, les vastations sont les vastations du Vrai; cellxqui sout.
dévastés quant aux faux, sont successivement imbus dèS vrais ct des
biens de la foi et de la charité; mais ceux qui sont dévastés quant
aux vrais, dépouillent successivement lcs vrais, ct revêtent les
maux qui ont appartenu à leur vie. Par ce qui vient d'être dit, on
peut voir ce qui est entenùu dans la Parole par les vastalions ct les
désolations.
440                    AHCANES CltLESTES.


   CONTH'iCA110N SUR LES ESPRITS ET LES HABlTAri:TS DE LA

                          PLANÈTE DE MARS.


   14,75. Les Esprits de Mars apparaissent à eux-mêmes comme'
hommes, tris qu'ils avaient été dans le monde; ils apparaissent
donc aussi de la même manière aux autres, car chacun dans l'autre
vie apparaît aux autres comme il apparaît à soi-même, parce que
la perception est communiquée. Comme je m'en étonnais, ils me
dirent qu'ils ne pouvaient pas apparaître autrement, parce que,
quand il.s vivaient dans le monde, ils avaient~!J qu'ils étaient des
esprits couverts d'un corps, et parce qu'alors ils avaient pensé peu
à leur corps, et seulement à la vie de leur esprit dans le corps; de
là, quand ils viennent dans l'autre vie, ils ne savent pl'esque pas
que l'état de la vie a été changé, et puisqu'alors aussi ils pensent
à la vie de leur esprit de même que dans le mond~, voilà pourquoi
à eux-mêmes ils apparaissent alors semblables. Tous les esprits, il
est vrai, sont dans une forme humaine, mais non aussi éminente
que celle dans laquelle sont les esprits de Mars; car chez ceux-ci
reste l'idée de cette forme telle qu'ils l'ont eue dans-Ie monde. De
plus aussi, ceux qui, lorsqu'ils sont dans le monde, savent et sont
dans la foi que, dans l'autre vie, ils seront dans une forme humaine,
voient f.)cQ!:.9itre en eux cette pensée à meSUl'e que le corps décroil,
c'est pOUl'quoi, quancl ils dépouillent le corps qui leur avait servi
 pour l'usa~e dans le monde, ils restent semblables à eux-mêmes­
 d'après l'ir1le imp!'Îlllée en eux.
    71·76. Pal'llli les esprits qui sont des terres du monde de ~e So­
 leil, les esprits de fllars sont les meilleurs de tous, car pOUl' la plus
 grande l)arLÏe ils sont 1Iommes célestes, non différents de ceux qui
 furent de la Très-Ancienne Église sur notre Terre, et dont il a été
 parlé N°s -HU· à H25, et ailleUl's. Quand ils sont représentés tels
 qu'ils sont, ils sont représentés la face dans le Ciel, et le corps dans
 le monde des esprits; et ceux d'entre eux qui sont Anges, sont re·
 présentés la face vers le SeigneUl' et le corps dans le Cie.
    74-77. Plus que tous les autres Esprits ils reconnaissent et ado­
  rent Notre Seigneur; ils disent qu'Il est le Seul Dieu; qu'il gou­
  vel'lle et le Ciel et l'univers, et que tout bien vient de Lui: ils disent
EXODE, CHA.P. IlUITlÈlŒ.                          HI
aussi que c'est le Seigneur qui les conduit, et que, chez eux dans
leur Terre, il apparaît très-souvent. Que le Seigneur gouverne et
le Ciel et l'univers, c'est aussi ce que dans notre Terre les Chl'étiens
connaissent d'après les paroles du Seigneur dans lIatthieu: li Tout
" pouvoir M'a été donné dans le Ciel ct SUI' la terre. )) - XXVllI.
t 8, - mais ils ne croient point cela comme ceux qui sont de la
 terre de Mars.
   74.78, Un joUI' que le Nom du Seigneur était prononcé, je vis
ces esprits s'humilier si intimement et si profondément, que cela
ne peut être décrit: en effet, dans leur humiliation, il Yavait la
pensée que par eux-mêmes ils sont dans l'enfer, et qu'ainsi iL; sont
absolument indignes de porter leurs regards sur le SeigneUl', Qui
est le Saint Même; ils étaient d'après la foi si profondllment dans
cette pensée, qu'ils se trouvaient comme hors d'eux-mêmes, et qu'ils
restèrent ainsi &lll' leurs genoux, jusqu'il ce que le Seigneur les eftt
élevés, et les eût alors comme retirés de l'enfer; lorsqu'ils sortent
ainsi de l'humiliation, ils sont remplis de tien et d'amour, et par
conséquent remplis de la joie du creU', Quand ils s'humilient ainsi,
ils ne tournent pas la face vers le Seigneur, car ils ne l'oseraient
pas alors, mais ils la détoUl'nent. Les esprits qui étaient autour de
moi disaient qu'ils n'avaient jamais vu une telle humiliation.
   H79. Je me suis entretenu avec quelques esprits de cette Terre
sUI'la foi de ceux qui l'habitent, ils me dirent que là ils croient que
chez eux il n'y a rien qui ne soit impur et infernal, et que tout bien
appartient au Seigneur: et dtl plus, ils ajoutèrent, que pal' eux-mêmes
ils :t0nt des diables, et que le Seigneur les Lire de J'enfer et les en dé­
toul'l1e continuellement. Ils s'étonnaient de ce qu'il y avait autour de
moi tant de mauvais esprits, et de ce que ces esprits s'entretenaient
aussi avec moi; mais il me fut donné de leur répondre que cela leur
est permis, afin que pal'làje sache quels ils sont, et pOUl'quoi ils sont
dans l'enfer, et qu'ils ysont en raison de leurvie; il me fut aussi donné
de IcUl' dire que parmi ces esprits, il yen avait plusieurs que j'avais
connus pendant qu'ils vivaient dans le monde, ct qu'alors quclques­
uns d'eux avaient été constitués en grande dignité, sans qu'ils eus­
sent eu ü cœur autre chose que le monde; mais que jamais aucun
 mauvais esprit, même le plus infernal, ne pouvait. me causer quelque
dommage, parce que j'étais continuellement dMendu parle Seigueur.
H'2                       AHCANES CÉLESTES.
     7q·80. J'ai été illstruit que les esprits de à"{ars représentent quel­
  que chose qlÙ est intél'ieurement dans l'homme, et même que c'é­
  tait le medium entre l'intellectuel et le volontaire, ainsi la pensuc
 d'après l'affection, et les meilleurs d'entre eux, l'afTection de la
 pensée; de là vient que leur face fait un avec leur pensée, et qu'ils
  ne peuvent feindre devant qui que ce soi~, voir SUI' ce sujet ce qui a
 été dit d'eux ci-dessus, N0s n60, 736".
     148,1. Et comme c'est là ce qu'ils représentent- dans le Très­
 Grand Homme, la province m~enne qui est entre le Cerveau et le
 Cervelet leur Cûl'respond ; car chez cel"X dont le Cerveau et le Cer­
 velet ont été conjoints quant aux opérations spirituelles, la face fait
 un avec la pensée, de sorte que l'affectioTh même de la pensée est
 claircmcnt manifestée pal' la face, et que le GOlI1mun de la pensée
 cst clairement mar.lift:slé pal' l'affection et aussi pal' quelques signes
 qui se produisent dans les yeu~. C'est pourquoi quand ils étaient
 près de moi, j'aperçus pal' Wmoyen des sens une rétraction de la
partie antérieure de ma tête vers l'occiplu, ainsi du Cerveau vers
 le Cervelet.
    7.82. Un jour que des esprits de 1lars étaient chez moi et OCCII­
 paient la sphère de mon IHental, dr:s esprits de notre tene aJ'ri­
vaient, et voulaient s'introduire aussi dans cette sphère; mais alors
les r,spriLs de notre tcne devinrent comme insensés; et cela, purce
qu'ils nç ~'aecoj'daient null~ment avec ccux de Mars; cal' les esprits.
de notre terre n'ont ell vue qu'eux-mêmes et le monde, et sont.
ainsi dans l'idée tournée vers eux.-mêmes, tandis que les esprits
de Mars ont en vue le Ciel, pal' conséquent le Seigneur et le pro­
chain et sont. ainsi dans l'idée tournée en dehors d'cux-mêmes;' de
là venait le désaccord; mais alors survinrent des esprits AngélI­
ques de Mars, l)ar l'arrivée desquels la communication fut ôtée; et
ainsi les esprits de notre telTe se retirèrent.
    74.8:3. 11 mc fut représenté lin habitant de cette terre; sa face
était comme celle des habitants de notre terre, mais la partie infé­
rieure de la face était noire, non de barbe, cal' ils n"enont point,
lll(}is d'une noirceur qui en tient la place; cela aussi d'après la cor­
respondance; cette noirceur s'étendait cie chaque côté jusque sous
les oreilles; la partie snpérieure de la face était blonde comme l;.t
EXODE, CHAP. HlnTIÈlfE.                           443
face des habilanh; dr. notre terre qui ne sont pas absolument
blancs.
   7!J84-. Ils disaient que les habitants se nOUl'l'issent des frnits des
arhres, et surtout d'un certain fruit rond qui germe de leur terre;
en outre, ils se nourrissent aussi de légumes,
   1485. Ils se vêtissent là de vêtements qu'ils fabriquent avec les
fibres de l'écorce de certains al'bres ; ces fibres ont la consistance
convenable pour pouvoir être tissues, et aussi ~onglutinées par une
espèce de gomme qui est chez eux.
   74-86. Oull'e plusieurs autres choses, ils disaient encore qu'ils
savent y faire des feux Ouides, par lesquels ils ont de la lumière le
soir et la nuit.
   7487. La continuation sU' les habitants et les esprits de l'lars
est à la fin du Chapitre suivant.




                         FIN   nu   To~m ONZIÈlIE,
ERlLTA.

Pa~e  t 7,ligne 21. et lalll, lisez: Cil IUlIl.
~	    20,   :..... Il, lellrlllaUX et lem' faux, liscz: leurs lllaux et lelll's [allx.
      2't,   -     57, 011, lisez: Olt
      26.    -       5, (l'éll'll1ls. lisez: délmils.
      36,    -       8, tOlllles Vl"ai,s, lisez: tous les t:1·ai~.

      5 t.  -      3 1 tice vi·ssà, lisez: vice ce,·sâ.
                      "
      67,    -     33. uu, lisez: Detller. xxu.
      U9,    -     24, b"ouillanl de la nuil; lisez: brouillard de la lIuée.
      92,    -     25, hél''itage, lisez: ilédlages.
     106,    -     2:1, JE SUIS QUI SUIS, lisez: JI! SUIS QUI (est) Ir. SUIS.
     lu7,    -       5, Sacrifiolls, lisez: Sacrifii()lls.
     131,    -       2, désiglllis, lisez: de.sigllées.
     144, - 2G, le versels, lisez: les versels.
     '52, -        23, embrasse. lisez: embl'a.'e.
     159, -        31. d'aulre ciloscs, lisez: d'allll'es choses.
     162. -           9, e'l 'LlI1II0t, lisez; e'/lm mOlllenl.
     172. -          .~, lle.S(û.silpar, Iiscz: Ile saisilpas.
     184, -        3i, qll'eUe, lisez: quelle.
     194, -        34, qllanlla cl loi, lisez: quall! à la loi.
 -   200, -        15. t1·csI.1Jas,!jsez: n'c§I:.Çe.1151§.
 -   22/i. -        33, qui esl dans. lisez: qlli esl sans.
 -   227, -         t 3, cllez ellX, lisez: chez ceux.
 -   !G1, -           3, et ils disenl. lisez: el ils dirent.
 -   272, -        2:1. signifie lesficlions. lisez: signifle lJOllr lesflclions.
 -   273. -           9, devait, lisez : dcvaielll; li~. 19, signifie, lisez: siglliflent.
 -   284, -         22, qu'auparalll, lisez: qlt'auparavalli.
 -   321, -         36, ères. lisez: pèrp.s.
 -   3'!2, -          9, /ocflibed, lisez: Jochebed; li~. lt et 14, mettre un point
                                npl'èsZichri, et après flhamal·.
 -   327. - 6 el7, a parems, lise~: apparents; lig. ~ llléme, lise? : 1l7C:mes.
 -   32!!. -        17, semblable, li~ez: semblables.             ,
 -    330, -         2M, /Jréhdié. lisez: prépulié.
 -   331. -         27, IlIeuI'clll, dClnellllelll. lisez: mew'ent el deviellllfl'I.
 -   336, ligne del'llicre. el Aharon. lisez: el à AharOIl.
 -   346, -         25, tOlll, lisez: lOI/S.
 -   349, -           6, le nomb,'c. lisez: ce nombre.
 -   366, -         19, toui. lisez: lous.
 -   3U7, -          3. COlll11lCllCcrOnl, lisez: CO'Inlllencem.
 -   368, -            7, il. lisez: ils.
 -   370, -         26, pecheurs, lisez: pêchew·s.
 -    381, lignederDlère, per quod (              lisez: 11el' (Iuod (par,
 -    386, -        17, lalJllLe, lisez: laplua.
 -    394, -        19., Gorahin. lisez:. Goschen...
 -    413, -         3~,-upentrlisez.: aer!lent. ;-)Ï'/!';-'~pail':;-Iise}, • J'IJia.
 -   432. -         2(), la ~f.cme, lisez: le Même; llg. 35, vreai.. ome, lisez:'
                            Vrai, . . COl'lle.



                              ---.....o;;;;;>.w:<}rx;.. - - -
                                                    .._

Contenu connexe

PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Quatrieme Genese Xviii Xxi Numeros 2135 2...
PDF
Em swedenborg-exposition-sommaire-de-la-doctrine-de-la-nouvelle-jerusalem-le ...
PDF
Denys........NOVA-HIEROSOLYMA....Swedenborg
PDF
L'evangile selon-les-quatre-evangelistes-traduit-par-j.f.e.-le boysdesguays-e...
PDF
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome quatrieme-chapitres-x-et-xi-numeros...
PDF
Edmond de-chazal-3sur4-pamphlets-rev-pierre-le brun-pasteur-protestant-ile-ma...
PDF
Swedenborg La-Vraie-Religion-Chretienne-TABLE-DES-MATIERES-Amsterdam-1771-Par...
PDF
La clé des grands mystères
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Quatrieme Genese Xviii Xxi Numeros 2135 2...
Em swedenborg-exposition-sommaire-de-la-doctrine-de-la-nouvelle-jerusalem-le ...
Denys........NOVA-HIEROSOLYMA....Swedenborg
L'evangile selon-les-quatre-evangelistes-traduit-par-j.f.e.-le boysdesguays-e...
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome quatrieme-chapitres-x-et-xi-numeros...
Edmond de-chazal-3sur4-pamphlets-rev-pierre-le brun-pasteur-protestant-ile-ma...
Swedenborg La-Vraie-Religion-Chretienne-TABLE-DES-MATIERES-Amsterdam-1771-Par...
La clé des grands mystères

Tendances (18)

PDF
Em-Swedenborg-Arcanes-Celestes-TomeHuitieme-Genese-XXXVI-XL-Numeros-4635-5190...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Sixieme Genese Xxvii Xxx Numeros 3486 405...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Premier Genese I Vii Numeros 1 823 Le Boy...
PDF
Samuel noble-appel-aux-hommes-reflechis-de toutes-les-denominations-saint-ama...
PDF
Em Swedenborg L Apocalypse Revelee Tome Premier Chapitres I Viii Numeros 1 41...
PDF
Edmond de-chazal-4sur4-pamphlets-théologiques-rev-pierre-le brun-pasteur-prot...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Douzieme Exode Ix Xv Numeros 7488 8386 Le...
PDF
Le Soleil Spirituel Vol. 2 (Jacob Lorber)
PDF
Le Soleil Spirituel Vol. 1 (Jacob Lorber)
PDF
La Grande Evangile de Jean - Vol. 1 (Jakob Lorber)
PDF
Eveque Martin (Jacob Lorber)
PDF
Abbé Guillaume OEGGER Le Vrai Messie 1829
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Septieme Genese Xxxi Xxxv Numeros 4056 46...
PDF
Qui est, ou qu'est-ce que, la bête prophétique ?
PDF
Les Mysteres de la Vie (Gottfried Mayerhofer)
PDF
La Venue du Seigneur (Jacob Lorber, Gottfried Mayerhofer)
PDF
Paul Guérin-LES-ORIGINES-DE-LA-FOI-CHRETIENNE-DANS-LES-GAULES-Les-Petits-Boll...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Cinquieme Genese Xxii Xxvi Numeros 2760 3...
Em-Swedenborg-Arcanes-Celestes-TomeHuitieme-Genese-XXXVI-XL-Numeros-4635-5190...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Sixieme Genese Xxvii Xxx Numeros 3486 405...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Premier Genese I Vii Numeros 1 823 Le Boy...
Samuel noble-appel-aux-hommes-reflechis-de toutes-les-denominations-saint-ama...
Em Swedenborg L Apocalypse Revelee Tome Premier Chapitres I Viii Numeros 1 41...
Edmond de-chazal-4sur4-pamphlets-théologiques-rev-pierre-le brun-pasteur-prot...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Douzieme Exode Ix Xv Numeros 7488 8386 Le...
Le Soleil Spirituel Vol. 2 (Jacob Lorber)
Le Soleil Spirituel Vol. 1 (Jacob Lorber)
La Grande Evangile de Jean - Vol. 1 (Jakob Lorber)
Eveque Martin (Jacob Lorber)
Abbé Guillaume OEGGER Le Vrai Messie 1829
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Septieme Genese Xxxi Xxxv Numeros 4056 46...
Qui est, ou qu'est-ce que, la bête prophétique ?
Les Mysteres de la Vie (Gottfried Mayerhofer)
La Venue du Seigneur (Jacob Lorber, Gottfried Mayerhofer)
Paul Guérin-LES-ORIGINES-DE-LA-FOI-CHRETIENNE-DANS-LES-GAULES-Les-Petits-Boll...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Cinquieme Genese Xxii Xxvi Numeros 2760 3...
Publicité

En vedette (10)

PDF
Em Swedenborg Du Ciel Et De Lenfer Le Boys Des Guays 1899
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Seizieme Exode Xxx Xl Numeros 10167 10857...
PDF
Em-Swedenborg-La-Vraie-Religion-Chretienne-TomeSecond-Numeros-463-851-Le Boys...
PDF
Em Swedenborg Index Methodique Des Arcanes Celestes Tome Deuxieme L Z Le Boys...
PDF
Marketing de la fin du monde
PPTX
Présentation GFI Labs
PPS
Interactivite@ledna
DOC
Le temps et l'espace
Em Swedenborg Du Ciel Et De Lenfer Le Boys Des Guays 1899
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Seizieme Exode Xxx Xl Numeros 10167 10857...
Em-Swedenborg-La-Vraie-Religion-Chretienne-TomeSecond-Numeros-463-851-Le Boys...
Em Swedenborg Index Methodique Des Arcanes Celestes Tome Deuxieme L Z Le Boys...
Marketing de la fin du monde
Présentation GFI Labs
Interactivite@ledna
Le temps et l'espace
Publicité

Similaire à Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome OnzièMe Exode I Viii Numeros 6627 7487 Le Boys Des Guays 1847 91 (20)

PDF
Em swedenborg-arcanes-celestes-tomeonzime-exode-i-viii-numeros-6627-7487-lebo...
PDF
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome cinquieme-chapitres-xii-et-xiii-num...
PDF
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome troisieme-chapitres-vii-ix-numeros-...
PDF
Le sens spirituel de l'apocalypse
PDF
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome deuxieme-chapitres-v-et-vi-numeros-...
PDF
Les psaumes-traduction litteraleenfrancais-leboysdesguays-et-harlé-aveclessom...
PDF
Les psaumes-traductionlitteraleenfrancais-leboysdesguays-et-harl-aveclessomma...
PDF
Les psaumes-traduction litterale en francais-leboys desguays-et-harl-avec les...
DOC
Les deux babylones
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Treizieme Exode Xvi Xxi Numeros 8387 9111...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Troisieme Genese Xiii Xvii Numeros 1521 2...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Second Genese Viii Xii Numeros 824 1520 L...
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Quatorzieme Exode Xxii Xxv Numeros 9112 9...
PDF
Apocalypse
PDF
PDF
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Seizieme Exode Xxx Xl Numeros 10167 10857...
PDF
Em swedenborg-la-vraie-religion-chretienne-tome second-1sur2-numeros-463-752-...
PDF
Apollonius de tyane le nuctemeron
PDF
Explication litterale, historique_et_dogmatique_des_prieres_et_des_ceremonies...
PDF
Em swedenborg-1-couronnement-ou-appendice-a-la-vraie-religion-chretienne-2-in...
Em swedenborg-arcanes-celestes-tomeonzime-exode-i-viii-numeros-6627-7487-lebo...
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome cinquieme-chapitres-xii-et-xiii-num...
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome troisieme-chapitres-vii-ix-numeros-...
Le sens spirituel de l'apocalypse
Em swedenborg-l'apocalypse-expliquee-tome deuxieme-chapitres-v-et-vi-numeros-...
Les psaumes-traduction litteraleenfrancais-leboysdesguays-et-harlé-aveclessom...
Les psaumes-traductionlitteraleenfrancais-leboysdesguays-et-harl-aveclessomma...
Les psaumes-traduction litterale en francais-leboys desguays-et-harl-avec les...
Les deux babylones
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Treizieme Exode Xvi Xxi Numeros 8387 9111...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Troisieme Genese Xiii Xvii Numeros 1521 2...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Second Genese Viii Xii Numeros 824 1520 L...
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Quatorzieme Exode Xxii Xxv Numeros 9112 9...
Apocalypse
Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome Seizieme Exode Xxx Xl Numeros 10167 10857...
Em swedenborg-la-vraie-religion-chretienne-tome second-1sur2-numeros-463-752-...
Apollonius de tyane le nuctemeron
Explication litterale, historique_et_dogmatique_des_prieres_et_des_ceremonies...
Em swedenborg-1-couronnement-ou-appendice-a-la-vraie-religion-chretienne-2-in...

Plus de Francis Batt (20)

PDF
Denis-the-Areopagite-NOVA-HIEROSOLYMA-Emanuel-Swedenborg-a-metaphysical-manif...
PDF
The Writings-of-JEANNE-CHEZARD-DE-MATEL-Autographic-Life-Vol-2-of-2-The-Years...
PDF
The Writings-of-JEANNE-CHEZARD-DE-MATEL-Autographic-Life-Vol-1-of-2-The-years...
PDF
JEANNE DE MATEL, in DENYS L'AREOPAGITE, in Abbé MAISTRE Les hommes illustres ...
PDF
Jeanne de-matel-chanoine-l.cristiani-1947
PDF
Jeanne de-matel-by-rev-mother-saint-pierre-de-jesus-1910-translated-by-henry-...
PDF
Essays on-THE-LORD's-PRAYER-by-Hugo-Lj-Odhner-Bryn-Athyn-pa-1972
PDF
L'Apparition de-La-Très-Sainte-Vierge-sur-La-Montagne-de-La-Salette-1846-publ...
PDF
Max-Le-Hidec-LES-SECRETS-DE-LA-SALETTE-1969
PDF
B-F-Barrett-THE-SWEDENBORG-LIBRARY-Volume-11-THE-HEAVENLY-DOCTRINE-of-THE-LOR...
PDF
Dr-Beter-AUDIO-LETTER-1975-1982-peterdavidbeter-tape-report-series
PDF
Theodore-Pitcairn-THE-BIBLE-or-WORD-OF-GOD-uncovered-and-explained-after-the-...
PDF
LOVE-and-MARRIAGE-on-Earth-and-in-Heaven-extracts-from-EMANUEL-SWEDENBORG-by-...
PDF
Emanuel-Swedenborg-APOCALYPSIS-REVELATA-editio-princeps-Amstelodami-1766__bay...
PDF
Emanuel-Swedenborg-APOCALYPSIS-REVELATA-Vol-2-Amstelodami-1766-New-York-1881
PDF
Mélanie-CALVAT-Bergère-de-LA-SALETTE-Lettres-au-Chanoine-DE-BRANDT-1877-1903
PDF
Sapientia Angelica de Divino Amore, Emanuelis Swedenborg, Amstelodami 1763, N...
PDF
Raoul-AUCLAIR-Préface-à-VIE-d'AMOUR-1979
PDF
Abbé Guillaume OEGGER Manuel de Religion et de Morale 1827
PDF
Abbé Guillaume OEGGER, Préface, et traduction de l'Allocution pastorale adres...
Denis-the-Areopagite-NOVA-HIEROSOLYMA-Emanuel-Swedenborg-a-metaphysical-manif...
The Writings-of-JEANNE-CHEZARD-DE-MATEL-Autographic-Life-Vol-2-of-2-The-Years...
The Writings-of-JEANNE-CHEZARD-DE-MATEL-Autographic-Life-Vol-1-of-2-The-years...
JEANNE DE MATEL, in DENYS L'AREOPAGITE, in Abbé MAISTRE Les hommes illustres ...
Jeanne de-matel-chanoine-l.cristiani-1947
Jeanne de-matel-by-rev-mother-saint-pierre-de-jesus-1910-translated-by-henry-...
Essays on-THE-LORD's-PRAYER-by-Hugo-Lj-Odhner-Bryn-Athyn-pa-1972
L'Apparition de-La-Très-Sainte-Vierge-sur-La-Montagne-de-La-Salette-1846-publ...
Max-Le-Hidec-LES-SECRETS-DE-LA-SALETTE-1969
B-F-Barrett-THE-SWEDENBORG-LIBRARY-Volume-11-THE-HEAVENLY-DOCTRINE-of-THE-LOR...
Dr-Beter-AUDIO-LETTER-1975-1982-peterdavidbeter-tape-report-series
Theodore-Pitcairn-THE-BIBLE-or-WORD-OF-GOD-uncovered-and-explained-after-the-...
LOVE-and-MARRIAGE-on-Earth-and-in-Heaven-extracts-from-EMANUEL-SWEDENBORG-by-...
Emanuel-Swedenborg-APOCALYPSIS-REVELATA-editio-princeps-Amstelodami-1766__bay...
Emanuel-Swedenborg-APOCALYPSIS-REVELATA-Vol-2-Amstelodami-1766-New-York-1881
Mélanie-CALVAT-Bergère-de-LA-SALETTE-Lettres-au-Chanoine-DE-BRANDT-1877-1903
Sapientia Angelica de Divino Amore, Emanuelis Swedenborg, Amstelodami 1763, N...
Raoul-AUCLAIR-Préface-à-VIE-d'AMOUR-1979
Abbé Guillaume OEGGER Manuel de Religion et de Morale 1827
Abbé Guillaume OEGGER, Préface, et traduction de l'Allocution pastorale adres...

Em Swedenborg Arcanes Celestes Tome OnzièMe Exode I Viii Numeros 6627 7487 Le Boys Des Guays 1847 91

  • 1. ARCANES CÉLES TES DII L'ÉCRITURE SAINTE OU PAROLE DU SEIGNEUR DEVOILÉS, AlliSI QUE LES MER VEILLES OUI OI'lTÉTÉVUES DA.NSLE MONDE DES ESPRITS ET Ù"NS I.E CIU DES A.NGES. OUVRAGE D'EMMANUEL SWÉDENBORG PUBLI~ EN LATIN DE 4749 A 47~6, TRADUIT PAR 3. :l'. E. LE BOYS DES GVAYS, lIT PUBLie PAR UN DISCIPLE(L. DEZ.) DES DOCTRINES DELA. VRAIE RII.IGION CHRÉTIENNE. TOME ONZIÈME. EXODE, CIUI'ITRES .1- V.I. SA INT -AMAND (CUBR). A la llbrairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez Porte, libraire. PARIS. Chez 1 M. HARTEL, rue du Mail, 36. "IEUTTEL et WURTZ, libraires, rue de Lille, 47. ~847- 91.
  • 3. MATTHIEU, VI, 33. Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes choses vous seront données par surcroît. l'Mi" - lmp, Jé J.-B, Cros, nIe clu Foin,SI·.I':'IU"'. 18,
  • 4. ARCANES CÉLESTES DE L'ÊCRITURE SAINTE OU PAROLE DU SEIGNEUR DEVOILÉS, AINSl QUE LES MERVEILLES QUI ONT ÉTÉ VUES DANS LE MONDE DES ESPRITS ET DANS J.ECIEL DES ANGES. OUVHAGE D'EMMANUEL SVÉDENBORG l'UBLlÉ EN r~ATIN DE -1749 A -171i6, TRADUIT PA.R J. F. E. L~ BOYS DES Gl1A.YS, ET PUBLI& PAR UN DlSCIPLE(L. DEZ.) DES OOCTRINES DE LA VRAIE RELIGION CHRÉTIENNE. TOME ONZIÈME. EXODE, CHAPITRES 1 - VD!I. SAINT-AMAND (CUER). A la librairie de LA NOUVELLE JÉRUSALEM, chez Porte, libraire. PARIS. Chez 1 lU. HARTEL, rue du lIIail, 36. . 'fREUTTEL et WURTZ, libraires, rue ùe Lille, ~ 7. 1847- 91.
  • 5. AVERTISSEMENT. Quelques personnes bien intentionnées auraient désiré, non pour elles-mêmes, mais pour le public, que dans la traduction des passages de l'Écriture-Sainte, on se fùt écarté le moins possible des Versions vul~aires, et qu'on n'eM en aucune circonstance fait flé­ cbir les règles de notre langue; ou, en d'autres termes, qu'on ne se fût pas attaché à rendre rigoureusement le texte, lorsque les formes ordinaires de la langue française s'y refusaient. Quelques fortes que pussent être les raisons qui furent présentées, des motifs plus puis­ sants ne nous ont pas permis d'abandonner la marche que nous avons suivie jusqu'à présent. Nous donnerions ici ces motifs, si notre intention n'était pas de les présentCl' avec des développements dans la Préface de notre traduction du Ciel et de l'En(e,', qui sera prochainement publiée. Si donc quelqu'un, à la lecture des pas­ sages bibliques, était encore choqué de rencontrer certaines con­ structions insolites, ou quelques infractions aux règles grammatica­ les, ou des hébraïsmes, nous le prierions d'attendre encore quelque temps avant de blâmer notre persistance. Du reste, on peut VOil' dès maintenant qu'il nous a fallu des motifs bien graves et pour adopte ce mode de traduction, et surtout pour y persister malgré les obser­ vations qui nous ont été adressées.
  • 6. PREMIÈRE PARTIE DU LIVRE DE L'EXÜ}lE. CHAPITRE PREMIER, 6627. Devant les Chapitl'es du Livl'c dc l'Exode, il convient de placer d'avance les Doctrinaux, d'abol'd les DOCTRINAUX DE LA CHARITÉ, et ensuite les Doctrinaux de la foi, aOn que ceux qui ont été donnés çà et là dans les Explications soient cxposés en sél'ie, et qu'ainsi l'on voie dans son ordrc la Doctrine, telle qu'elle est et doit être dans l'Église, pour qu'elle concorde avec le bien ct le vrai dans le Ciel. 6628. Dans les explications qui précèdent il a été çà et là montré que la Doctrine de la Charité a été la Doctl'ine des An- ciennes Églises, et que cette Doctrine conjoignait toules les Itglises, et ainsi de plusieurs n'en faisait qu'une seule; en elfet, on recon- naissait pour hommes de l'Jtglise tous ccux qui vivaient dans le bien de la charité, et on les appelait frères, de quelque manière qu'ils diffél'assent d'ailleurs quant aux vrais, qu'on appelle aujour- ll'hui vrais de la foi: on s'instruisait l'un l'autre dans ces nais, ce qui était au nombre des œuvres de la Charité, ct l'on n'était pas non plus indigné si l'un n'accédait pas à l'avis de l'autre; on savait que chacun ne reçoit du vrai qu'en proportion qu'il est dans le bien. 6629. Comme telles ont été les AnCiennes ltglises, pal' cela même les hommes de ces Êglises étaient hommes 'intérieurs', et parce qu'ils étaient intérieurs ils avaient plus de sagesse; car ceux qui sont dans le bien de l'amOllI' et de la charité sont, quant il XI. 1
  • 7. 2 AnC~NES CltLESTES. l'homme Interne dans le Ciel, ct là dans la Société Angélique qui. est dans un bien semblable; de là l'élévation de leul' mental ver!'; les intérieurs, ct conséquemment lem sagesse; en cfJ'et, la sagesse ne peut venir d'autre part que du Ciel, c'est·il-dire, du Seigneur pal' le Ciel; ct la sagesse est dans le Ciel, parce clue là'on est dans le bien. 6630. illais cette Sagesse ancienne a diminué par la succession du temps, car autant le geOl'e humain s'est éloigné du bien de l'amour pour le Seigneur et de la Charité cuvers le prochain, au­ tant aussi il s'est éloigné de la Sagesse, parce (Iu'antant il s'csL éloigné du Ciel: de là vient qne d'homme Interne l'homme est devenu homme Externe, ct cela successivement. 663L Et lorsque l'homme fllt devenl1 E:xtclne, il de,int aussi mondain et corporel; ct quand il est tel, il ne s'inquiète plus en rien des choses qui sont du Ciel; en effet, elles sont tellement éloi­ gnées, qu'il ne cj'oit point qu'elles existent, C:lI' alors les plaisirs des amours terrestres, et en même temps tous les mallx qui d'après ces amours sont pour lui des plaisirs, s'emparent de Lout son être; ct alors cc qu'il entend dire de la vic après la mort, du Ciel ct de l'enfer, est comme une paille qui, emllorlée par le venL, dispal'aîL aussitôt il la vue. 6632. De lil vient aussi que la Doctrine de la Charité, qui avait eté d'un si grand prix chez les Anciens) est aujourd'lmi au nombre­ des choses entièrement perdues; car aujourd'hui qui sait ce que c'est que la Charité dans le sens réel ct cc qlle c'est qne le Prochain dans le sens réel '! Et cependant celle doctrine a en abondance tant et de si grands arcanes, qu'elle ne pellt être décrite quant il la millième partie; toute l'Écriture Sainte n'cst autre chose que la Doctrine de l'amour et de la charité; c'est même ce que le Seigneur enseigne, en disant': Il Tu aimem.Y le Seigneur ton Dieu de touL ton cœur) et de toute ton lune) et de tOltte /(1.pensée; c'est là le premier et le g1'and commandement. Le se­ cond lui est semblable: TIt aimeras ton Pl'och(tin comme toi-mêmc. De ces deux coml1wndelllellLs dépendent la Loi et les Prophètes. " -llaUll. X~ll. 3~j, 3G, :17, 38. - La Loi ct les Prophètes sont la Parole clans son ensemble ct dans chacune de ses parties. 6633. Comme la Doctrine de la charité est aujomd'hui au nom­ bre des choses eltièl'cment perdues, et que pal' su ile la doctrine de
  • 8. EXODE, CllAP. PREMIER. 3 la foi a été beaucoup détournée du vrai, il m'est permis, pal' la Divine ~1isél'icol'de du Seigneur, de plac.el' celle Doctrine ùevant chacun des Chapitres du Livre de l'Exode, el de la reglitucr ainsi à l'.~glise. CHAPITRE l, 4. Et voici les noms des fils d'Israël qui vinrenl l'II Égyple avec Jacob, l'bomme ct sa maison ils vinrent 2. Reuben, Schiméon, Lévi et Jehudah. 3. Jisaschar, Zébulon et Benjamin. 4. Dan et Naphtali, Gad et Ascller. 5. Et fut toute âme, sorties de la cuisse de .Iacoh, soixanle-di:-.. ~lmcs; et Joseph était en Égypte. 6. Et Joseph mourut, ct tous ses frères, .ct toutc celle génél'alion. '1. Et les fils d'Israël fructifiaient et pullulaient, et ils se mulli­ pliaient et devinl'ent nombreux beaucoup beaucoup; ct la lerre en fut remplie. 8. Et il surgit un roi nouveau SUI' l'Égypte, qui n'avait point connu Joseph. 9. Et il dit à son peuple: Voici, le peuple dcs His d'Israël (est) en multitude et nombreux plus que nous. 40. Eh bien! Usons de prudence avec lui; peut-être se lIlulli­ pliera-t-il, et il arrivera que s'il survient des guelTes, et il se join­ dra aussi lui à nos ennemis, et il combattra contre nous; ct il montera bors de la terre. 44. Et ils imposèrent sur lui des princes de tributs, afin cie l'af­ fti~cr de fardeaux; et il bâtit des villes de dépôts à Phal'aon, Pi­ thorn et Raamsès. 4i. Et autant ils l'aflligeaient, autant il sc multipliait et autant il s'augmentait; et ils étaient affectés de dégoût à cause tics fils (l'Israël. 13. Et les I~gyptiens asservirent les fils ù'Israël avec rigueul'. i i. Et ils rendil'cnt amèrc leul' vic pal' une sCl'vitude dUI'C, Cil
  • 9. 4 AUCANES Cl::LESTES. argile et l'U briques, et ell tout sel'vice dans le champ, avec tout leur service, auquel ils les asservissaient avec rigueur. 15. Et le roi d'Égypte dit aux sages-femmes des Hébreuses, dont le nom de l'une (était) Schiphra, et le nom de la seconde Puah. .«>. Et il dit: Quand vous accoucherez les Hébreuses, ct vous verrez sur les siéges; si c'est un lils, ct vous le tuerez; ct si c'est une fille, et qu'elle vive. 17. Et les sages-femmes cl'aignaient DIEu, ct elles ne firent point comme leur avait parlé le roi d'Égypte, ct elles vivifiaient les enfants (mâles). ~ 8. Et le roi d'l~gyple uppela les sages-femmes, et il leur dit: Pourquoi l'ailes-vous celle chose, ct vivifiez-vous les enfants (mâles)'! 49. Et les sages-femmes direnl à Pharaon: Parce que, non comme les femmes l::gyptienncs, les Hebreuses, cal' vives clies (sont); avanl que vienne à elles la sage-femme, el elles ont enfanté. 20. Et DIEU fil du bien aux sag~s-fcmll1es; ct le peuple &l mul­ tipliait, et ils devinrent très-nombreux. 21. El il arriva que, parce quc les sages-femmes avaient craint DIEU, ct illeul' fil des maisons. 22. Et Pharaon commanda à tout son peuple, en disant: Tout fils qui sera né, dans le fleuve jetez-le, ct toute tille vivifiez-la. CONTE:iU. 6634-. Dans le sens interne de te pl'cmier Chapitre, il s'agit de l'état de l'Église instaurée, quand le Bien tient la premiè're place, ct est fructifié pal' la mulLiplication des vrais de la foi. 6635. Ensuite il s'agit de l'i nfestation de ces ''l'ais par les faux et les maux dans le naturel; CL que par celle infestation le Bien ~tait encore davantage fl'llctifié pal' les vrais: il continue, jusqu'à la fin ùu Chapitre, à être question de cette infestation ct de son accroissement dans la série où elle sc fait, ct de l'implantation et confirmation du vrai d'après le bien qui en provient. SENS INTERNE. 6636. Vers. ", 2, 3, '~, 5. Et voici les nOIl/..ç (le;; fils ri' Israël (lui
  • 10. ,. EXODE, CHAP. PRE)UEH. <1 ~);nrellt en Égypte avet Jacob, l'homme et sa maison ils vim'ent. Reubell, Schiméon, Lévi et .Tehudah . .Tisaschar, Zébulon et Benja­ mi/l. Dan et Nap/&taii, Gad et AschC/". Et (ut toute âme, sorties .de la cuisse de Jacob, soixante-dix âmes; et .Toseph était en Égypte. - "Voici le/l noms des fils d'Isl'ltël, signilie la qualité de l'Église; qui vinrent en Egypte avec Jacob, signifie après que les vrais ùurent été initiés aux scientifiques: l'homme et sa maison ils vin­ rrm, signifie quant au vrai et quant au bien: Reuben, Schiméoll, Lét,; t'l Jehudah; lisaschm', Zébuloll et Bel~jamin; Dan et Naph­ ali, Gad et Ascher, signilient la pl'ogl'cssion depuis le commence­ ment jusqu'à la fin: et (ut fOute âme, sorties de la cuisse de Ja­ cob, signilie toutes les choses qui proviennent du vrai commun: Soixante-dix âmes, signifie le plein:. et Joseph ét(ti( cn Égypte, signifie que le Céleste Interne était dans le nature. 6637. Voici les noms des {us d' fstaël, signifie la qualité de l'1.:­ glise: On le voit par la signification du nom, en ce que c'est la qualité, Noq H, H5, 175~, 1896, 2009, 2628,2724.,3006, ::H21 ; pal' la représentation ùes fils d' fsmël, en ce que ce sont les vrais spiriluels, ·Nos 544 &',5879, lS95'( ; et par la représentation d'Israël, en ce qu'il est le bien du vrai ou le bien spirituel; N0s 365~, ~598, 5803, 5806, 58,12, 5817, 5849, 58'26, 5833. Comme Israël repré­ sente le bien du vrai ou le bien spirituel, et ses fils les vrais spiri. tuels dans le natm'el, par cela même les fils d'Israël représentent l'Église, car l'Église est l'Église d'après le Bien spil'ituel et d'après les vrais qui en proviennent: Celui qui n'est pas dans le bien spi­ rituel, c'est-à-dire, dans le bien de la charité; ni dans les vrais spirituels, c'est-à-dire, ùans les vrais de la foi, n'est pasde l'Eglise, bien qu'il soit né au dedans de l'Eglise: en effet, tout le Royaume céleste du Seigneur est dans le Bien de l'amour et ùe la foi, si l'I~~lise n'est pas dans un semblable bien, clle ne peut être ntglise, parce qu'elle n'est point conjointe avec le Ciel, cal' l'Eglise est le Royaume du Seignem sur les terres. Si elle est appelée Église, ce n'est pas parce qu'elle a la Parole et les Doctrinaux qui en pro­ viennent, ni parce que le Seigneur y est connu, et qu'il y a ùes Sacrements, mais elle est Église parce qu'on y vit selon la Parole, ou selon la Doctrine tirée de la Parole; et de manière que la Doc­ trine soit la l'ègle de la vie j ceux qui ne sont pas tels ne sont pas
  • 11. fi AH.CANES CÉLESTES. de l'Église, mais sont hors de ntglise; et ceux qui vivent daus Je mal, par conséquent contre la Doctrine, sont plus loin hors de l'Église que les Gentils, qui ne savent absolument den de la Pa­ role du Seigneur, ni des Sacrements; cal' ceux-là, connaissant les biens et les vrais de l'Église, étouffent chez' eux l'Église, ce que ne . peuvent faire les Gentils parce qu'ils les ignorent. 1 faut aussi qu'ou sache que quiconque vit dans le bien de la Charité et de la foi est ]']~glise, et qu'il est le Royaumc du Seigneur, c'est pour cela même qu'il est appelé le Temple, et aussi la maison de Dieu: de CCliX qui sont ~~glises dans le particulier, quelque éloignés qu'ils soient ks uns des autl'cs, se compose l'Église dans le commun: c'est lü l'Église qui est maintenant entendue par les fils d'Israël ici et da ns ce qlli suit. 6638. Qui vinrent en Égypte avec Jacob, signifie après que les l'rai.ç eurent été initiés aux scientifiques: on le voit par la significa­ 1ion ùe l'Zégyplc, en ce que cc sont les scientifiques, N°s 1~ 64, 1-165, 101 86, H6':!, 474.9, 4-964., ~.9(6, 6004, 5700, 5702, 60·15, 6-1 ~5; pal' la représentation de Jacob, en ce qu'il est le vrai, et aussi le bien, dans le naturel, ou le naturel quant au vrai et au bien, j~OS 3305, 3509, 352ti, 354-6, 3576, 3599, 3659, 3669 , 3677, :nni, 3829, 4·009, 4234, 4·286, 4.337, 4538, 5306, 5533, 5535, 6001, 6236: que VCllÙ' en É'gypte, ce soit être initié aux scien­ tifiques, on peut le voir pal' les explications des choses dans les Ct3pilres oit il s'agit du départ des Iils de Jacob pOUl' l'Égypte, afin d'acheter du blé, et ensuite de lelll' arrivée avec Jacob dans ce pays: quant à ce qui concerne l'initiation des vrais de l'Église ddns les scienlifiques, voir N<>s (,004·, 60'23, 6052, 6071, 6077_ D'après cela on voit clairement que, par les fils d'Israël qui viu­ rent en Égypte, sont signifiés les vrais initiés aux scientifiques. 6ô39. L'homme et sa maison ils vinrent, signifie quant /tIL V7'ai el qnant au bien: on le voit par la signification de l'homme, en ce que c'est le vrai, Nos iH 34., 3459; et par la signification de la maison, en ce que c'est le bien, ~os 3720, 4982. Comme dans les Chapitres de la Genèse, olt il s'agit de l'arrivée des fils de Jacob, el de Jacob lui-même, en Itgyptc vers Joseph, il a été question d(~ l'initiation des vrais appartenant ill't~glise dans le:, scientifiques, cl qlle 'J::glise n'a (lé insfaul'ée ((u'après que celte initiation cu!
  • 12. EXODE, cn..p .PHE111En. 7' été faite, c'est lwur ecb qu'ici, selon la série ùes choses dans le scns interne, il s'agit de l'Églisc instaUl'ée, ct de quelle manière elle est continuellement infestée par les scicntifiqucs et les faux; 'Cal', llicn quc les vrais aient été initiés et que l'Église ait été in­ staurée chez l1Jomme, néanmoins les scientifiqnes et les faux sont continuellement en insUl'rection et attaquent les choses qui appar­ tiennent 11. l']~glise chez lui: voilà ce qui est représenté en ce que Pharaon et les Égyptiens persécutèrent les fils d'Israël, et voulu­ rent mettre il mort leurs petits enfants mâles. Celui qui ne sait pas commcnt se fait l'attaque du vrai de l'Église pal' les scientifiques {lt les faux, chez ceux qui sont de ntglise, dans l'autl'e vie, ne pent nullement croire qu'il en soit ainsi: l'homme de l'Église, qui vient dans l'autl'e vic, doit être purifié de ces choses qui infestent les vl'ais et les biens, autrement il ne peut être élevé dans le Ciel, ni s'y trouver dans une société qui en a été purifiée; s'il y était clevé auparavant, il semlL comme une épaisse vapcUl' terrestre dans une atmosphère sereine, ou comme une masse noil'âtre dans une hunière éclatante : afin donc que cet homme dc l'ltglise, .al'l'ivant tout reccmment du monde, soit pUl'ifié, il est tenu dans un état tel, qu'il est attaqué par les scientifiques qui sont en ,discordance avec les vrais, et allssi par les faux, et cela, jusqu'à œ que ces scientifiques deviennent comme des choses de néant ct soient repoussés : cela arl'Ïve rarement chez l'homme, tant qu'il vit dans le corps; mais, dans l'autre vic, cela a lieu 11. l'égard de ceux qui doivent être élevrs dans le Ciel, et se fait avec la plus grande variété: qu'il en soit ainsi, c'est ce qu'il m'a été donné de savoir d'après de nombreuses experienees, qui remplimient plusieurs pages, si elles étaient toutes rappol'tées. Ce sont là les choses qui sont décritcs dans le sens interne pal' tes fils d'Israël, en ce qu'ils furent opprimés par les Égyp­ tiens, et ensuite délivrés, et enfin introduits dans la terre de Ca­ naan, après diff{~rents etats dans le desert. Que la chose se passe ainsi, c'est ce que ne peuvent nullement comprendre ceux qui croient que la salvation est ~eulement une introduction dans le Ciel, d'après la miséricorde, accordée il quiconque a pensé, d'après une confiance apparcnte qu'on nomme foi, qu'il est sauvé, (lIl'elle qu'ait été sa vie, pal'ce que le Sei~'llQur a souffert pOUl' lui;
  • 13. R ARCANES CÉLESTES. en elTel, si la salvation étail seulement l'introduction dans le Ciel d'après la miséricorde, tous, sur le globe entier, seraient sauvés; car le Seigneur, qui est la Miséricol'de même, veut le salut de tOU!!, et ne veut la mort ou la damnation de qui que cc soit. 664-0. Reuben, Schintéon, Lévi et Jeltuclah, Jisasc1tar, Zébulon et Bel1jamin, Dlm et Naphtali, Gad etAscher, signifient laprogres­ siou depuis le commencement jusqu'à La fin, savoir de l'instauration de l'Église, dont il s'agit maintenant dans ce qui suit: en effet, les douze fils de Jacob, comme aussi les Tribus qui tirent d'eux leurs noms, signifient toutes les choses du bien et du vrai, c'est-à-dire, toutes les choses de l'amour et de la foi dans le complexe, voir ~o~, 3858 3926, 3939, 4060, 6335, mais variées selon l'ordre dans lequel ils sont nommés, N°s 3862, 3926, 3939, 4603 et suiv.; ainsi des choses innombrables ct appartenant toutes, en général ct en pal'ticulier, à l'Église et au Hoyaume du Seigneur, ~o 6337 : mais ce qu'ils signifient spécia­ lement, quand ils sont nommés dans un tel ordre ou dans un autre ordre, personne ne le sait que le Seigneur seul, et ce n'est que pal' le Seigneur qu'on le sait dans le Ciel, où les vrais e.t les biens, qui sont signifiés, sont manifestés par des lumières avec une perception adjointe. Comme les douze Tribus représentaient le Hoyaume du Seigneur et toutes les choses qui y sont; voilà pOllr­ quoi, afin que ces lumières fussent aussi représentées, et ainsi tous les vrais et les biens de l'Église, douze piero es précieuses furent enchassées en or dans leur ordre, llne pierre pour chaque Tribu, ct cela fut appelé Pectoral, et placé sur l'Ephod d'Aaron, et l'on en obtenait des réponses par les divers éclats de lumière, auxquels était adjointe ou une vive voix ou une perception interne: pal' là aussi l'on peut. voir que les douze Tribus d'Israël signifient les vrais ct les biens du Royaume du Seigneur et de l'Église, tous dans le com­ plexe, et qu'ils sont variés selon l'ordre dans lequel elles sont nommées. Qu'ici les fils de Jacob soient nommés dans un autl'e ordre que celui de leur naissance, on le voit clairement, en ce que Jisaschar et Zebulon sont nommés avant Dan et Naphtali" quoique ceux-ci soient nés auparavant, en cc que Benjamin, quoique né le dernier, est nommé avant Dan, Naphlali, Gad ~t Aseher; et en lin , en ce que Gad et Ascller sont nomm0s
  • 14. EXODE, ClUP. PHEMlER. 9 nprès tous les autres: il en est ·de même ailleurs dans la Parole, où ils sont encore nommés dans un autre ordre. 66<l4. Et fut toute âme, !Orties de la cuisse de Jacob, signifie toutes les choses qui proviennent du vrai commun: on le voit par la signilication de l'âme, en ce que, dans le commun sens, c'est l'homme, ici l'homme de l'Église spirituelle; mais, dans le sens in­ terne, l'âme est le vrai et le bien, parce que c'est par eux que l'homme est homme, ~os 660;; , 6626; pal' la signilication de la cuisse, en ce que c'est l'umoUl' conjugal, N°s 302·1 , fl,277 , fI,~80, 5050 il 5062; et ~arce que lu cuisse est l'amour conjugal, elle est tout amour, tant céleste que spirituel, N°s 3024, 4277, 4280, ~575 ; de là, SOltÏl' de la cuisse signïlie le nai et le bien d'après le mariage céleste, conséquemment le nai et le bien de l'Eglise; cal' lorsque ce vrai et ce bien sont réels, ils sont nés du mariage céleste, qui est oelui du bien et du vrai; et, par la représentation de Jacob, .en ce qu'il est le vrai et aussi le bien dans le naturel, mais dans le commun, parce que ses fils sont des vrais et des biens distincts dans ce commun, 1 0 66:17. Si Jacob ici représente les vrais dans le commun, c'est parce qu'il s'agit de l'J~glise spiri­ tuelle; en elfet, cette Église commence pal' les vrais dans le com­ mun, et pal' eux elle est introduite vers son bien; car chez l'homme de l'Église spirituelle on ne sait pas ce que c'est que Je bien spirituel, et, par conséquent, on ne le reconnaît que par le vrai ; en effet, cet homme n'a nullement la perception du vrai d'après le bien, comme l'a l'homme de l'l;:glise céleste. 6642. Soi:rante-dix âmes, signifiera le plein, on le voit par la signilication de soixante-dix, en ce que c'est le plein, 1°6508. t(j~3. Et Joseph était en Eg!lpte, signifie que le Cél('ste Interne était dans le naturel: on le voit par la représentation de Joseph, en ce qu'il est le Céleste Interne, 1os 5869, 5877, 622f1,; et par la signification de l'Egypte, en ce que c'est le naturel, Nos 601..7, 6252. Que le Céleste Interne était dans le naturel où sont les scientiliques et y disposait toutes choses, c'est ce qui a été repré­ senté, en ce que Joseph devint dominateur sur tonte la terre d'Égypte et intendant de la maison de Pilaraon : ce Céleste a été re­ présenté, parce que, dans le sens interne, il devait 6tre question de l'instauration de 1'(~lise ~J1iriluelle, et parce que le Naturel ne
  • 15. 10 ARCANES CÉLESTES. pourrait devenir Église, il moins que le Céleste Interne n'y fùt et n'y disposât toutes choses; mais, SUI' ce sujet, voir ce qui :1. étédi t pré­ cédemment, Nos 6275, 6284:, 6299,6451, 6587. 6664:, Vers. 6, 7, Et Josephmoul'lLt, et tous ses frères, et toWe cette génémtion, et les fils cf IsrcLël fmcLifiaient et pullulaient, et ils se multipliaient et devinrent nombreux beaucoup beaucoup; et la terre en fut remplie. - Et Joseph moumt, signifie qu'alors il en était autl'ement à l'égard de l'Interne de l'Église: et tous ses frh-es, et toute cette génération, signifie et aussi a l'égard de l'ex­ terne dans le particulier et dans le commun: et les fils Il' lsmël fructifiaient et pullulaient. signifie que les vrais de l'Église crois­ saient quant au bien: et se multipliaient et devinrent nombreux beaucoup beaucoup, signifie qu'ils croissaient abondamment quant aux Hais provenant du bien: et la terre en flLl l'emplie, signifie jusqu'au plein de l'Église. 6645. Joseph mourut, signifie qu'alors il en était ~utrement à. l'égard de l'lnterne de l'Église: cela est évident pal' la significa­ tion de mourir, en ce que c'est la fin de l'état précédent et le com­ mencement d'un nouvel état, qu'ainsi il en était alors autrement de l'état de l'Église; que mourir, ce soit cesser d'être tel, on le voit, NOQ94-, 6587, 6593, et que ce soit la fin de la l'eprésentation précédente, on le voit ios 3253, 3259,3276,6302; et pal' la repré­ sentation de Joseph, en ce qu'il est l'lnteme, N0s 6'117, 62U. L'état de l'Église, tel qu'il est maintenant, est décrit dans le sens interne dans ce qui suit, ainsi que l'état de son externe, qui est signifié en ce que ses frères moururent ct toute cette génération. Voici ce qu'il en est de l'Église chez l'homme; elle subit successi­ vement de nouveaux états; en elfet, à mesure que l'homme est af­ fermi dans le vrai de la foi ct dans le bien de la charité, il est in­ troduit dans d'autres états; l'état pl'écédent sert alors de plan à l'état qui suit, ct ainsi continuellement; de cette manièl'e l'homme qui estf:glise, ou qui est régénéré, est constamment conduit vers les intérieurs, ainsi intérieurement dans le Ciel: S'il en est ainsi, ceh vient de ce que le Seigneur, d'après l'Arnoul' qui est infin 1 llarce qu'il est divin, veut attil'er l'homme jusqu'à lui, ct ainsi le béatifier de toute gloire ct de toute félicité; c'est aussi ce qui est clairement manifeste pal' les pal'oles du Seigneur dans Jean: Il Je
  • 16. EXODE, CH..P. PBE311EB. 1-1 prie que IOlls .wÎellt un; comme Toi, Père, (lu cs) en Moi, et Moi en Toi, qu'eux aussi soient Un en Nous; Moi, la gloire qlle Tu JlI'as donnée, je la leur ai donnée, afin qu'ils soient un, comme Nous nous sommes un, ilfoi en eux ct Toi en Moi. Père, ceux que Tu llf as donnés, je veux qu'où je suis 1lfoi, eux aussi soient avec Moi, afin qu' il.~ lIoient ma gloire que Tu llf as donnée; CCl1' je leur ai {ait COl/.llll.itl'e ton Nom, et je le leur ferai connaître, afin que l'A­ I/wur, dont Ta _~fa,~ aimé, soit en eux, et llloi en eux. " - XVII. 20 à 26; - que ces paroles soient celles du Divin amour envers lous ceux qui reçoivent; cela est bien évident: ct en oulre on peut le voir en cc que le Seigneur apparaît dans l'autre vic comme So­ leil, ct par suile remplit de cllaleur ct de lumière le Ciel entier; la Oamme de cc Soleil n'est autre que le Divin amoUl'; et la Lumière qui en procède est le Saint de l'amour, qui est le Divin Vrai, d'où l'on peut voir combien est grand l'amolli' du Seigneur: c'est donc de Iii que ceux qui sont de l']~glise sont conduits successivement dans de nouveaux états, et ainsi sans cesse inlérieUl'ement dans le Ciel, paI'conséquent plus Jlrès du Seigneur. 661-(>. Et tous ses {"b'es, et toute cette génération, ,çignifie et aussi à l'ég(/1"(l de l'exte1'lle dalis le pal·tieulier et dans le com­ mun ; on le "oit pal' la représentation des fils de Jacob, qui sont ici les frères, en ce qu'ils sont les nais de l'J~glise dans le na­ turel, ~os5~03, 54.19, 5427, 54.58, 551~, ainsi l'Exteme de l'Église; el pal' la signification de cette génération, en ce que c'est l'externe de l'Église dans le commun, car la génération ici enveloppe la même chose que les frères de Joseph, mais dans le COlllmun sens respecti­ vement. 6647. Et les fils (l'ls"r.tël {mcti fiaient et pullulaient, signifie que le,~ vrais de l' J~glise croissaient qllant au bien; on le voit par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont les vrais Spirituels, N°s 5414., 5879, et en ce qu'ils sont l'Église, N0 6637; par la signifi­ cation de {l'llelifiCl en ce que c'est croitre quant au bien, N°s 43, 55,9'13,983,2846,2847, 3<1<1..6; et par la signification de pulluler, en ce que c'est la dérivation ultérieure, car lorsque l'Église a été inslaurée chez l'homme, le bien croit et est dérivé continuellement, tant dans l'lntel'l1e que vers l'Externe et dans l'Externe. Que chez ceux qui sonl de rr::glise spirituelle le bien croisse par les vrais, c'est
  • 17. ,12 ARCANES CÉLESTES. ce qui a déjà été montré souvent; en effet J'homme ùe l'Église spiri- tuelle n'a pas la perception, comme J'homme de J'Église céleste, aussi ne sait-il pas ce que c'est que le bien de J'Église ou le bien spi- rituel, à moins qu'il ne le sache pal' les vrais; c'est pourquoi quand J'homme de cette Église est régénéré, les vrais sont excités pal' le Seigneur au moyen des Anges qui sont chez cet homme, et par suite il est conduit dans le bien; mais quand cet homme a été régénéré, le vrai et le bien sont excités en même temps, et c'est ainsi qu'il est conduit; toutefois chez J'homme de J'Église spirituelle, tel est le vrai, tel est le bien, et pal' suite telle est la conscience, qui est pour lui romme une perception, selon laquelle il vit. 66{'8. Et se multipliaient et devinrent nombreux beaucoup beau- coup, signifient qu'ils croissaient abondamment quant aux vrais provenant du bien: on le voit par la signification de multiplier, en ce que c'est croître quant aux vrais, N°s q,3, 55, 9'13, 983, 28-46, ~8q,7 ; et par la signification de devenir nombreux, en ce que c'est la derivation ultérieure, ainsi l'accroissement du vrai continuellement; que ce soit J'accroissement du vlai provenant du bien, c'est parce qu'il s'agit maintenant de J'Église instaurée; en effet, voici ce qu'il en est de l'Église chez l'homme; quand elle est instaurée, J'homme est dans les vrais, et par eux croît le bien; mais quand chez lui l'Église a été instaurée, J'homme est alors dans le bien, et d'après le bien dans les vrais, qui alors croissent continuellement; peu, tant qu'il vit dans le monde, parce'que là les inquiétudes pour la nOUlTi- ture et le vêtement, et pour les autres choses, sont des obstacles, mais immensément dans l'autre vic, et cela perpétuellement durant l'éternité; car la sagesse, qui procède du Divin, n'a aucune fin; ainsi les Anges sont perfectionnés continuellement, et ainsi le sont tous ceux qui, lorsqu'ils arrivent dans J'autre vie, deviennent Anges; en effet, chaque chose qui appartient à la sagesse est d'une exten- sion infinie, et les choses qui appartiennent à la sagesse sont en nombre infini; d'après cela on peut voir que la sagesse peut croître durant J'eternitc, et cependant ne pas parvenir loin au-delà du pre- mier' degré; cela vient de ce que le Divin est inlini, ct que ce qui procède de l'lnlini est tel. 66{'9. Ella terre en fut rempl-ie, signifie jusqn' {lU plein de l'.Église: on le voit pal' la si5nifieation d'êl1'e 1'empli, eu ce qlle c'est le plein;
  • 18. EXODE, CHAP. PHEl~nER. 1 :~ et pal' la signification de la terre, en ce que c'est l'Église, X05 82, 662,1066,1067,1262,14-11, -1413, '1607, ·1733, 1850, 2H7, 2118 f. 2928, 3355, 4oH7, 40535, 5577; par la terre de Goschen, où étaient alors les fils d'Israël, est signifiée l'Église; que l'Église y ait été avant que les IHs d'Israël vinssent dans la terre de Canaan, on le voit d'après ce qui est dit dans la suite, saroir, que là il n'y eut pas les plaies qui frappèrent l'Égypte partont ailleurs, et que là il Yeut la Lumière, lorsque les ténèbres étaient partout ailleurs, ­ Exod. X. 21, 22, 23; - ainsi c'était une terre entièrement séparée des autres tenes de l'Égypte; on le voit encore en ce que la terre de Goschen signifie le milieu ou l'intime dans le natmel, 1.os ~j~1 0, 6028, Ci03i, 6068, ainsi l'Eglise, car l'Église spirituelle est dans l'intime du naturel. 6650. Vers. 8 à ,14.. Et iL surgit un roi nouveau .mr /'}~gypte, qui n'avait point connu Joseph. Et iL dit à son peupLe: Voici, le peuple des {iLs d'IsraëL (est) en muLtitude et nombreux plus que nous. Eh bien! usons de prudence avec Lui, peut-être se rnuitipiiercL-t-iL, et il an'ivera que s'iL survient des guerres, et iL se joindra aussi lui à 1/0S ennemis, et iL combattm contl'e nous; et iL montem hors cLe La tel're. Et ils imposèrent sw' Lui des princes de tl'ibuts, a{in de L'affliger cie fardeaux; et il bâtit des villes de clépôts à Pharaon, PitlJom et Ramnsès. Et autant ils l' affligecûent, autant iL se multipLiait, et auteLnt il s'augmentait: et ils étaient affectés cLe dégoût à cause des /ils d'Israël. Et Les Égyptiens cLsservirent Les fils d'Ismël avec ri­ gueur. Et iLs rendirent amère Leur vie par une servitude dure, en argile et en briques, et en tout service dans le champ, avec tout leU/' sel'vice; auquel il.~ les assel'vissaient avec rigueur. - Et iL surgit un roi nouveau sur L'Égypte, signifie les scientifiques sépal'és, (iu i sont contre les vrais de l'Église: qui n'avait point connu Joseph, signifie qui avaient été entièrement éloignés de l'Interne: et iL dit à son peuple, signifie les scientifiques subordonnés: voici, Le peuple des {ils âlsraël (est) en multitude et nombreux pLus que nous, si­ nifie que les vl'ais de l'Église prévalent sur les scientifiques éloignés (de l'interne) : eh bien! usons de prudence avec lui, signifie ['astuce: peut-être &ft multipLiercL-l-il, et iL an'ivera que s'iL survient des guerres, signifie une valeur plus grande s'il s'accroît: et il sc joindra aussi lui à nos ennemis, et il combattra contre nOliS, signil1e qu'aillsi
  • 19. 14 ARCANES CtLESTES. seront renforcl's les associés qui apporteront le mal; et il montem IlOrs de la terl'e, signWe qu'ainsi aura été instaul'ée l't~glisc : et ils imposèrent sur lui des pl'inces de tributs, signifie des faux pour forcer à servir: afin de l'affligcr de (m'deaux , signifie l'accablement pal' les servitudes : ct il bâtit des villcs de dépôts à Pharaon, signifie des doctrines d'après les vrais falsinés dans le natUl'el oil sont les scientifiques éloignés: Pithom el Raamsès, signifie leur qualité: cl llutant ils l'affligeaie1lt, aUlant il se multipliait, signil1e que selon les infestations les vl'ais croissaient: et autantils'auglllentait, signi­ Ile qu'ils étaient affermis: et ils étaient affectés dc dégoîtt ct cause des {ils d' Ismël, signifie une aversion plus grande : ct les .Égypticns assen·ircnt les {ils d' Ismël, signifie l'intention de subjugation : avcc riguew', signille sans miséricorde: et ils j'cndil'cnt amère lcw' vie pal' une sel'vilude dm'e, signifie au point que l'intention de subjuga­ tion devenait acharnée: cn al'gile el en briqucs, signifie à cause des maux qu'ils inventèrent et des faux qu'ils imaginèrent: ct en tout se11Jice dans le champ, signil1e l'intention de subjugation contl'e les choses qui appartiennent à l'Église: avcc tout leur sC1'lJicc, auquel ils les assej'vissaient avec j'igucw', signifie l'intention de subjugation par plusieurs moyens sans miséricorde. 6651. Et il surgit un roi nouveau SUI' l'E'gypte, signi{ic lcs uienti­ fiques séparés, qui sont contre les t'mis dc l' ]tglise : on le voit pal' la représentation de Pharaon, qui ici est le mi, en ce qu'j] est le scien­ til1que dans le commun, ~o 6015; il est appelé roi, parce que le roi dans le sens réel signifie le vrai, N0s 1672, 2015, 2069, .3670, fa.lS8'1, ,.966, 50*"4, 6U.8, et da ns le sens opposé le faux; ct quand par le roi il est entendu Pharaon, il signifie le scientifique faux, c'est-à-dire, le scientifique qui est contre les vrais de ntglise; de là aussi il est dit un mi nouveau, car celui qui existait an temps dc Joseph représentait le scientifique qni concordait avec les vrais de ntglise; que 1'.É:gypte soit le scientil1que, ici dans le particuliCl', on le voit ci-dessus 10 6638. 6652. Qui n'a1Jait point connu Joseph, signifie qui avaient été entièrcment éLoignés de l' Inle1'lle : on le voit par la signification de n'avoir point connu, en ce que c'est avoir été éloigné, car celui qui n'a point connu le vrai et ne vcut point le connaître, a été éloigné du 'l'ai de l'Église; qne l'éloj~nement soit signil1é ici, cela est évi­
  • 20. EXODE, CIlAP. pnE~nEH. 15 dent d'après ce qui suit, car il aflligea avec dureté et cruauté les fils d'Israël par lesquels est représentée l' J~glise, No 6637; ct pal' la re­ présentation de Joseph, en cc qu'il est l'Interne, N0s 6177, 6221~; les scientifiqucs éloignés de l'Interne sont les scicntil1ques opposés il l'I~glise; cal' le bien ct le vrai qui font l'l~glise intlucnt par l'In­ terne; s'ils ne sont pas reçus par le naturel, l'InLcrne est fermé, et. ainsi l'homme est (~loigné du bien et du vrai, ct alors des scientifi­ ques, qui sont dans le natlll'el, il n'y a de reconnu pour scientifi­ ques Tais que ceux qui sont faux; alors ces scientifiques faux sc multiplient, ct les scientifiques vrais sont eux-mêmes jetés dchors. 661>3. El il (lil à son peuple, signifie les scirnli{iques subordonnés: on le voit pal' la signification du peuple, en cc que cc sont les vrais, et dans le sens oppose les faux, jos '12;)9, '1260, ;3295,358'1, ici les scientifiQucs séparés d'avcc le vrai, parce que c'est le peuple d']~gypte, ct que n::gypte est le scientifique, N° 6638; que cc soient des scientifiques qui ont éte subordonnés, c'est parce qu'il est dit, que le 1'0i dil cl son peuple. Si le peuple signifie les vrais, c'est parce que dans la Parole ceux qui sont sous un roi sont appelés peuple, ct que le roi signifie le vrai, N° 661H. Pal' le peuple sont signifiés les vrais, mais sont entendus ceux qui sont dans les vrais; s'il est dit par abstraction les Hais, c'est parce que les esprits ct les Anges pensent ct parlent ainsi; car de cette manière ils saisisseut univer­ sellement la chose, ct Cil même temps chaque particularité qui ap­ partient à la chose, sans porter spécialement leur reOexion SUl' quelque peuple qui est dans les vrais, cette réflexion détournerait le mental de l'idée universelle, ainsi de l'extension de l'intuition, pal' conséquent de la sagesse; car la détermination de la pensee spécialementsur quelque peuple, comme aussi sur quelques personnes limiLc et borne les idées, et détourne de la perception de la chose, tclle qu'elle est d'une extl'émité à l'autre. Ce qui vient d'êtl'e dit du peuple s'applique pareillement aux autres dénominations qui dans le sens interne signifient des choses sans bomes, par exemple à la nation en ce qu'elle est le bien, au roi en ce qu'il est le vrai, au prince en ce qu'il est le vrai principal, ail pl'être en et) qu'il est le hien, ct au fils, il la fille, au gendl'e, à la hru, au l'l'ère, à la sœur, au p8re, à la mère, et à plusieurs autres. 660'" Foici, le peuple des {ils d'[sraiJI est en lIutililucie el nOlll­
  • 21. ~G .RCANES C)::LESTES. bl'I'u,r plus que nous, signi{te que les vmis cle n;.'glise pl'élJalc1lt SU1" les scientifiques éloignés (de l'interne) : on le voit par la représen­ tation des fils d' /smël, en ce qu'ils sont les vrais et les biens de l'Église, N° 664.7; par la signification d'être en multitude et nom­ breux, en ce que c'est prévaloir; que se multiplier ou devenir en mul~itude, et nombreux, se dise du vrai, on le voit aussi ci-dessus N° 6G~8; et par la représentation du roi d'Égypte et de son peuple, qui ici sont entendus par plus que nous, en ce que ce sont les scien­ tifiqucs éloignés, comme ci-dessus, N"0 6M2; de là il est évident que par: voici, le peuple d'lsmël est en multitude ct nombreux plus que nous, il est signifié que les vrais prévalent sur les scientifiqucs éloignés. 6655. Eh bien! usons de prudence avec lui, signifie l'a,çtuce: on le voit par la signification de la prudence, lorsqu'elle sc dit des mé­ chants qui se sont éloignés du vrai et du bien, en ce qu'elle est l'astuce, car ce que les méchants font par astuce et aussi par fraude, ils l'appellent prudence. Il m'est permis de rapporter ici quelque chose sur l'astuce qui est signifiée par la prudence; ceux qui sont dans le mal, appellent tous l'astuce prudence, et ne placent pas en autre chose l'intelligence et la sagesse: ceux qui sont tels dans le monde, deviennent pires dans l'autre vie, et là ils agissent conti­ nuellement par astuce contre les biens et les vrais; et chez eux sont reconnus pour intelligents et sages ceux qui leur semblent pouvoir par les faux affaiblir et détruire les vrais, quelle que soit l'adresse ou la malice avec laquelle ils agissent: de là on peut voir quels sont les hommes, quand au-dedans de ntglise ils placent la prudence dans l'astuce, c'est-à-dire qu'ils ont communication avec les enfCl'S : ceux qui sont de véritablcs hommes de l'Église, sont tellement éloi­ gnés de l'astuce, qu'ils l'ont entièrement en horreur, et ceux d'entre eux qui sont comme les Angcs, voudraient, s'il était possible, quc leur mental fût ouvert, et que chacun pût y voir clairement ce qu'ils pensent, car ils ne tendent qu'au bien envers le prochain, et s'ils voient le mal chez quelqu'un, ils l'excusent; il en est autrement pour ceux qui sont dans le mal, ceux-ci craignent qu'il ne trans­ pire quelque chose de ce qu'ils pensent et veulent, car ils ne tendent qu'au mal contre le prochain; s'ils tendent au bien, c'est pour cnx­ mêmes; et s'ils font le bien, c'est seulement dans la forme exteme,
  • 22. EXODE, CHAP. PB.EMlEl. n alin de se faire remarquer et d'en retirer profit et honneur, cal' ils savent que le bien et le vrai, le juste et l'équitable, et allssi l'honnête, ont en eux cachée une puissante force d'attirer les esprits (animos), même des méchants. 6656. Peut-être se multiplira-t-il, ct il arrivera qu.e s'il survient des guerl'es, signifie une valeur plus grande s'il s'accroît: on le voit par la signification de se multiplier, en ce que c' est croître quant aux vl'ais, Nos ~3, 55,9'13, 983, 28~6, 284·7 ; et par la signi­ I1cation de guérres, en ce que ce sont des combats au sujet des vrais et des faux, ou des combats spirituels, N°s 166~, 2686; et comme il est dit à la suite, « qu'il se joindra aussi lui à nos ennemis, » il est signifté une valeur plus grande dans ces combats. 6657. El il ,~e joindra aussi lui à nos ennemis, et il combattra contl'c nous, signifie qu'ainsi seront renforcés les associés qui ap­ portent lc mal: on le voit pal' la signification de sc joindre, en ce que c'est être renforcé, car les ennemis, quand une multitude se joint li eux, sont renforces; pal' la signification des ennemis, en ce . que ce sont les associés qui font la guerre de concert; et par la signil1cation de comUallre contre nous, en ce que c'est apporter le mal; en effet, quand on combat contre quelqu'un, le mal est ap­ porté sur lui, e:~ tant qu'il ne peut pas résiste". Voici ce qu'il en est: Il ya autoUf' de chaque homme, et aussi autour de chaque esprit bon, une sphère commune d'efforts provenant de l'enfer, et une sphère commune d'efforts prû"enant du Ciel; la sphère qui provient de l'enfer est la sphère des efforts de faire le mal et de perdre, celle qui provient du Ciel est la sphère des efforts de faire le bien et de sauver, voir N° 64,77 ; ces sph~res sont communes; il Ya pareille­ ment des sphères particulières autour de chaque homme, car il y a chez lui des esprits de l'enfer et des Anges duCiel, N°s 58~6 li 5866, ::>976 à 5993; de là l'homme est dans l'équilibre, et il a la liberté ùe penser et de vouloir le mal, et la liberté de penser et de vouloir le bien, Quand donc l'homme de l'Église vient en tentation, ce qui anive quand il est envoyé dans son mal, il y a combat autour de lui entre les esprits de l'enfer et les Anges duCiel, Nos 39'27, 4249, :'>036, combat qui dure tant que l'homme est tenu dans son mal: dans ce combat parfois il paraît aux esprit de l'enfer qu'ils vont être yainqueurs, et alors ils s'élèvent avec elfort, parfois îllçur parait XI. :l
  • 23. ,18 AHCANES Cl~LESTES. ([u'ils vont être vaint;us, ct alors il se retirent en arrière, c'est pour­ quoi ils craignent alOl's qu'il ne se joigne contre eux plusieurs autres Anges du Ciel, ct qu'ainsi ils ne soient précipités dans un enfer T d'où ils ne sortiront plus, ce qui arrive aussi quand ils ont été vain­ cus: voilà ce qui est entendu par" la valeur plus gl'ande s'il s'ac­ croit, » ct par" ainsi seront l'ellforcés les associés qui apporteront le mal. " Quand les esprits de l'enfer combattent contl'c les Anges, ils sont dans le monde des esprits, et 111 dans un état libre, No 58;:>2. Maintenant, d'après cc qui vient d'être dit, on peut voir ce qui esi entendu, dans le sens inteme, en ce que les fils d'Isi'aiil étaient ainsi infestés ct opprimés par les Égyptiens, et sc multipliaient eO' proportion qu'ils étaient infestés; et en ce que JéllOva11, c'est-à­ dire, le Seigneur a combattu pour elL'X, a répl'imé les ltgyypliens par des plaies, ct enfin les a tous submergés dans la merde Suph. 6658. Et ils montera hors de la terre, signifie qn'ainsi aura été instaurée l'Église: on le voit par la signification ùe monter, en ce que c'est être élevé, s-avoir, vers les intérieurs qui appartiennent il l'Église, :Nos 3084., 4;>39, 4c969', 5W6, 5817,6007; et par la signi­ fication, de la terre, ici de la terre de Goschen, en ce que c'est l'É­ glise, N° 6649.1~lt'e élevé vers les intérieurs, ce qui est signifié par monter hors de la terre, et venir dans la terre de Canaan, c'est que l'Église aura été instaurée; chez l'homme, il est vrai, l'ltglise a été instaurée quand il fait le bien d"après l'afl'cClion, mais néan­ moins elle n'a été pleinement instaurée, qu'après qu'il a combattu contre les maux clics fatLx, par conséquent qu'après qu·i! a soutenu les tentations; ensuite il devient vérilablement f:glise, et alors il est introduit dans le Ciel, ce qui est représenté par l'introduction ùes fils d"Israël dans la terre de Canaan. 6659. Et ils illll'osèrenl ~m'Iui des pl'inces de tributs, .~i9nific des {(m.x pour j'm·cer à servir; on le voit par la signification des prince.~, en ce qu'ils sont les principaux vrais, N'os ,1 ~8'2, 2089, (1)44; ici dans. le seIls opposé les prindpaux faux; ct par la signification des tl'i­ bues auxquels ils étaient contraints par ces chefs préposés, en ce qlle: ce sont des servitudes, ~o 63'!H. 6660,. Afin dej l'affliger de j'ardeaux, signifie l'nccab!cl1lent paT Les sen,iludes: on le voit llal'l:1 signification ù' a([!igc/·, en cc que
  • 24. EODE, Cil Al'. PHE1UEIl. 19 ~'esll'accablernenl; el pal' la siguification des {ctrl1eaux, qui étaient 1es lributs, en ce que ce sont les servitudes. 6661. Et il Mût des villes cle dépôts à Pharaon, signifie des doc­ trines cl' après les vrais falsifiés dans le naturel où sont les scienti­ fiques éloignés: on le voit par la signification des villc.~, en ce que ce sont les doctrines dans l'un et l'autre sens, N°s 402, 2449, 2943, 3216, Hn, 4493; par la signification des dépôts, en cc que ce sont les vrais falsifiés, ainsi qu'il va être expliqué; el pal' la 1 représentation de Pharaon, en ce qu'il est le naturel, Nos[H 60,5799, ~o 15 C; etici les scientifiques éloignés, voir ci-dessus Nos 6651,6652. Si les villes de dépôts, que le peuple cl'Israël bâtit à Pharaon, sont cles cloctrines d'après les vrais falsifiés, c'est parce que ceux qui sont dans les scientifiques éloignés du vrai, et qui sont signifiés ici pal' Pharaon et pal' les I~gyptiens, pervertissent el falsifient tous les vrais de l'J~glise, et se font des doctrines d'apl'ès les vrais ainsi pervertis et falsifiés. Le mot, par lequel les Dépôts sont exprimés dans la Langue Ori!f:inale , signifie aussi les Arsenaux ainsi que les Trésoreries, qui dans le sens interne sont d'une signification pres­ que semblable; en effet, les Dépôts sont les lieux où l'on amasse les Vivres, elles Vivres sigaifient le vrai, N°s 5276, 5280,5292,5402: -et dans.lc sens opposa le faux: les Arsenaux sont les lieux où sonl renfermées les armes de guerre, pal' lesquelles sont signifiées les choses qui appartiennent au vrai combaLLant contre les faux, el clans le sens oppos6 celles qui appartiennent au faux combattant contre les vrais, N°s 1788, 2686; ct les Trésoreries sont les lieux Ol! l'on place les richesses, et par les richesses et les objets précieux sont signifiés les connaissances du bien et du vrai, N° 4.508, et dans Je sens opposé les connaissances du mal et du faux; ainsi par les villes de dépôts, ou d'arsenaux, ou cle trésoreries, sont signifiées en ~énéralles doctrines d'après les vrais falsiliés. 6662. Pitholll et Raamsès signifient leur qualité, savoir, la J qualité des doctrines d'après les vrais falsifiés: on le voit par les noms dans la Parole, .en ce que c'est!a qualité et l'état de la chose dont il s'agit. 6663. Et autant ils l'aflliçjeaient, aulant il se multipliait, signifie çue selon les infestations les vmis cl'oissaient : on le voit par la signi­ tieation cl'afflige)', en ce que c'est l'infestation; el par la significa­
  • 25. 20 ARCANES CÉ:LESTES. lion de se multiplier, en cc que c'est croître quant aux vrais, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, No 6656. Il faut dire comment les cboses se passent, car sans l'expérience de cc qui arrive dans l'autre vie, on ne peut pas aujourd'hui le savoir: la plupart des esprits qui viennent du monde, et qui ont conformé leur ,'ie aux préceptes du Seigneur, avant qu'ils puissent être élevés dans le .Ciel et y être ad­ joints à des Sociétés, sont infestés par les maux et les faux qui sont chez eux, afin que ces maux et ces faux: soient repoussés, voÎ1­ N° 6639, caï il ya des choses impures qu'ils ont contractées dans la ne vie du corps, lesquelles concordent nullement avec le Ciel; les infestations sc font pai, des immersions dans leUl'fmaux etleur5faux, ct quand ils y sont plongés, les esprits qui sont dans des maux et des faux semblables sont présents, et travaillent de toute manièl'e à les détolÎrnel' du vrai et du bien; mais néanmoins ils ne sont pas . plongés dans leurs maux et leurs faux à une telle profondeur, que l'inllux venant du Seigneur par les Anges ne puisse prévaloir, cela sc fait avec unc exactitude comme cclle d'une balance; ct cela, ann qu'il semble il celui qui est infesté qu'il est dans la liberté, et qu'ainsi il combat de lui-même contre les maux ct les faux, avec la reconnaissance cependant, si non alors, du moins plus tard, que toute la force de résister lui est venue du Seigneur, voir N0s '1937, ,j 94.7, 2881, 5660; quand cela arriYC, non-seulement les vrais et les biens qui avaient été précédemment implantes sont affermis, mais même plusieurs autres sont insinués; tout combat spir.ituel, dans lequel le combattant devient vainqueur, pl'oduit cet avantage: qu'il en soit ainsi. c'est même ce qui est évident d'après l'expé­ rience commune, car celui qui défend son sentiment conlI'e d'au­ tres qui le comuallent, sc confirme davantage dans son sentiment, ct trouve même alors en faveur de son sentiment plusieurs confir­ matifs auxquels il n'avait pas fait précédemment attention, ct aussi plHsieurs négatifs contre le sentiment opposé, et ainsi il s'affermit dans son sentiment et acquiert aussi plusieurs moyens de le rendre plus évident: cela a lieu d'unc manière encore plus parfaite dans les combats spirituels, parce que le combat se fait dans l'esprit, ct sur les biens ct les nais, et p,'incipalement parce que le Seigneur est présent ct dirige pal' le moyen ùes Anges, car il s'agit de la vic el du saint éternel; (lans de tels comhats, il cst ordinai'(~ que le
  • 26. EXODE, CIUP. PIŒMIEP... 21 Seigneur tourne en biens tous les maux pOUl' lesquels les Enfers font des efforts, c'est pourquoi il ne leur est pas non plus permis de mettre en avant plus de maux et d'aulr<:s maux, que ceux qui peuvent être tournes en un bien con vcnable à celui qui est dans le combat; la raison de cela, c'est {lue le Royaume du Seigneur est le Royaume des usages, c'est pourquoi il ne peul s'y faire rien que ce dont il doit provenir un bien. Maintenant, d'après ce qui viellt d'être dit, on peut voir comment il faut entendre que les vrais 1 croissent selon les infestations, ce qui est signifié par « autant ils l'affligeaient, autant il se multipliait. » 6664. Et autant il s'augmentait signifie qu'ils éwielll an-c1"1nis, savoir, les vrais: on le voit par I~ signification d'être augmenté, quand cela sc dit des vrais multipliés par les infestations provenant des maux ct des faux, en ce que c'est être af1"ermi ; car il ne l'CSlCl pas d'autres vrais que ceux qui sont affermis; c'est po.urquoi autan t il Ya de vrais qui sont affermis, autant il y en a qui sont aug- mentés; que les vrais soient affermis par les infestations, on vient de le voir ci-dessus, ~o 66G3. 6665. El ils étaient affectés de dégoût à cause des fils d'Israël, signifie une aversion plus grande: on le voit pal' la significatioll t!'êtl'e affecté de dégoût, en ce que c'est l'aversion, ici une aversiOn plus grande, parce qu'ils se multipliaient et s'augmentaient encore plus par les afllictions. 6666. Et les ligyp LÏens ltsw"virent les .fils il' Israël, signifie l'in- Unlion de subjugltlÎon : on le voit par la signification d'asservir, en ce que c'est la subjugation, ici l'intention de subjugation, parce qu'il sont dans un continuel effort de subjuguer, mais n'ontjarnaÎs le dessus avec les bons; par la signification des Égyptiens, en ce qu'ils sont les scientifIques séparés, agissant contre les vrais de l'É- glise, .No 6651 ; et par la signification des fils cf Israël, en ce qu'ils sont l'Église, N0 6637; de là il est bien évident que les Égyptiens asservirent les {ils d'Israël, signifie l'intention de subjugation de la part de ceux qui sont dans les scientifiques séparés agissant contre les vrais de l'Église. Quant à ce qui concerne l'intention de subju- .gation, telle qu'elle est chez les méchants qui sont de l'enfer, il m'a aussi été donne de le savoir; il ya en eux un tel effort et une tele inlention de suhjuguer ceux qui sont dans le bien ct dans le Hai,
  • 27. ':2~ ARCA.NES CÉLESTES. qu'il n'est pas possible cie le décrire; en elret ils emploient toutes. les malices, toutes les astnces et les francles, toutes les fourberies, et toutes les cruautés, qui sont en si grand nombre, et telles que si elles étaient rapportées seulement quant à quelque partie, il e.<;t il peine clans le moncle quelqu'un qui pourrait le croire, tant elles sont pleines d'habileté et cI'aclresse, et tanl aussi elles sont abomi­ nables; en un mot, elles sont telles, qu'il n'est nullement au pou­ voir d'aucun homme, ni même d'aucun Ange, d'y résister, et qu'il n'y a que le Seigneur qui ait cc pOtloir : s'il ya en eux un tel effort et une telle intention, c'est parce que tout le plaisir de leur vie, ainsi leur vie même, consiste à malfaire; c'est poll1'quoi rien autre chose­ n'occupe leurs pensées, conséquemment ils ne tendent à rien autre chose; il leUl' est absolument impossible de faire le bien, parce que le bien répugne; s'ils font le bien, c'est par rapport à eux, ainsi pour eux. Aujourd'hui les Enfers sont immensément augmentés par cie tels esprits, ct, chose étonnante, particulièrement pal' ccux qui sont au-dedans de l'Églisc, à eause des a::;tutes, des fourbcries, des llaines, cles vengeances, des adultères, qui y ont plus de force qu'ailleurs, car mainlenant l'astuce y passe pour clu génie, et l'a­ dultère pOUl' honnête, ct l'on y i'it de ceux qui sentent autrement; comme il en est ainsi dans 'I~glbe aujourd'hui, c'est un indice que son dernier temps est proehe, car ({ si la fin n'anivait, aucune chair ne serait sauvée, » selon les parolcs du Seigneur dans 11a­ tllieu, Chap. XXIV. 22; en effet tout mal est contagicux, et souille comme la lie la masse environnante, par conséquent enfin il souille tous. 6661. Avec l'igueur signifie sans miséricorde: on pcut le voir sans explication; en elfet, il n'y a aucune miséricorde dans ceux dont il vient d'être parlé, parce qu'il n'y a aucun amour clu pro­ chain, mais seulement l'amour de soi; l'amour du prochain, qui sc montre chez cux, n'est autre chose que l'amoU' de soi, car autant un autre leur est favorable, c'est-à-dire, autant il est à eux, autant ils l'aiment; mais autant il ne leur est pas favorable, c'est-à-dire, autant il n'est p3S à eux, autant ils le rejettent, et s'il arait été an­ térieurement leu!' ami, autant ils le haïssent; de tels sentiments sont cachés dans l'amour de soi, ils se manifestent non dans le monde, mais dans J'autre rie, o'ù ils éclatent; la raison !)Ollr laquelle
  • 28. EXODE, CIlAP. pnE~llER, i2:1 ils y èclatent, c'est pal'ce que les extemes y sont enlevés, et qu'alors l'homme sc mOnlre à découvert tel qu'il a été intérieurement. 6668. Et ils "endirent amère leur vic par une servitude dU1'e, signifie au point quc l'intention de slLbjugatio/l devenait acharnée : on le voil par la signification de rendrc la vie amère, en ce que c'est s'achamer contre elle; el pal' la signification de la scrvilltdc, ,en ce que c'est la subjugatiol1, ici l'intention de subjugation, comme ci-dessus, N° 6666. 6669. En argUe et cn briques, signifie à cause des mau,x; qu'ils ,inventèrent et des (aux qu'ils imaginèrent: on le voil pal' la signifi­ (;alion de l'argile (ou limon), en ce que c'est le bien, et dans le sens opposé le mal, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification des briques, cn ce que ce sont les faux qu'on imagine, N° 1296; quant aux maux et aux faux que les infemaux inventent et imagi­ nent, voir ci-dessus N0 6666. Que l'argile (ou le limon) soit le mal d'où provient le faux, cela est évident pal' ces passages dans la Pa­ l'ole; dans Esaïe: « Les impies (sont) comme la mer agitée, quand » elle ne se peut apaiser, et que ses caux jettent dc la (ange ct du » limon.» - LVII. 20; -la fange est le faux d'où provient le mal, ct le limon le mal d'où provient le faux. Dans Jérémie: « Dans lc » limon ont été plongés tes pieds; ils se sont l'cUrés en anière. » ­ XXXYlll. 22; -les pieds plongés dans le limon, c'est le naturel dans le mal. Dans Nahum: « Puise-toi des eaux de siège, fortifie » tes remparts, entre dans la bouc, et (oule L'argile, J'épare le four à » briques; là te dévorera le feu, et te l'etranellera l'épée. » -lIl. 14, '15; - fouler l'al'gile, c'est d'après le mal penser le faux. Dans Habakuk: « Il dira: Malheur à celui qui multiplie ce qui ne lui » appartient pas! Jusques à quand? et à celui qui charge SUI' lui » le limon! est-ce que tout à coup ne s'élèveront pas ceux qui te Il mordront? Il -II. 6,7; - charger SUI' soi le limon, c'est le mal. Dans David: « Jéhovah m'a fait monle)' de la fosse de la dévasta­ » tion, de la boue du limon, et il a établi sur le roc mes pieds. » ­ Ps. XL. 3. - Dans le Même: « J'ai été submergé dans un limon » profond, et point de consistance, je suis venu dans les profondeurs » des eaux, et le flot m'a couvert. Retire-moi du bourbier de pell1' Il que je ne sois submergé, et des profondeurs des eaux; et que la " profondeur ne m'engloutisse pas. Il - Ps. LXIX. 3, 'liS, '16;­
  • 29. 24. AB.CANES CÉLESTES. le limon, c'est le mal d'où provient le faux. Dans Esaïe: « Les » chefs viendront cOlJune l'argile, et comme le potier (oule le Li­ » mon. D - XLI. 25; - dans Esaïe : « Maintenant, Jéhovah! (tu " es) notre Père, Toi; nous, l'ill'gile; et Toi, notre potier; et .. l'ouvrage de ta main, nous tous. »- LXIV. 7; - l'argile, c'est l'homme de l'Église qui est formé, ainsi le bien de la foi, par lequel l'homme est formé, c'est-à-dire, réformé. Pareillement dans Jéré­ mie: « Jéhovah dit à Jérémie: Lève-toi, et descends il la llutison du » pOlie/', et là je te ferai entendre mes paroles; je descendis donc cl » la maison du potier; ct voici, celui-ci fit un ouvrage SUl' la table; )' mais fut gâté le vase qu'il faisait, comme l'argile dal1s la main D du potier; et il se reprit, et il en fit un autl'e vase, ainsi qu'il parut » droit aux yeux du potier de faire. Alors 31'l'iva la parole de Jéhovah » à moi, en disant: Est-cc que, comme ce potier, je ne puis pas )) faire à vous, maison d'Israël, parole de Jéhovah; voici, comme )) l'argile da/ls la main du potie/'; ainsi vous dans ma main, maison " d'Israël» -XVIIl. ·1 il G; -la maison d'Israël, c'est 't~glise qui doit être formée, et comme la formation sc fait par le bien de la charité et par le vrai de la foi, ct que ce bien et CP vrai sont signifiés par l'argile et par le vase du potier, c'est pour cela que le Prophèle a reçu ordre d'aller dans la maison du potier, ct cela n'eût pas été fait, si l'argile et le vase du potier n'avaient pas cu ces significations. Ailleurs aussi Jéhovah ou le Seigneur est appelé Potier, et l'homme qui est réCol'mé est appelé Argile, savoir, dans Esaïe, XXIX. -15, 16. XLV. 9. Job. X. 9. XXXIII. 6. - « Si le Seigneur a {ait un limon avec sa salive, et en a oint les yeux de l'aveugle-né, ct lui a ordon né de sc laver dans la piscine de Siloé, et si par suite l'aveugle est devenu voyant, Il - Jean, IX. 6, 7, oH ; - c'était pour repré­ senter la Réformation de l'homme, qui est né dans l'ignorance du vrai, et pour signifier que la réformation se fait par le bien de la foi, qui est le limon (l'argile). 6670. Et en tout .çervice dans le champ, signifie l'intention de sub­ jugation contre les choses qui appartiennent ct l'EgLise: on le voit par la signification du service} en cc que c'est l'intention desubjuga­ tion, ainsi qu'il a été dit ci-~essus ~o 6666; et par la signification du champ, en ce que c'est l'Eglise, Nos 2971, 3766. 6671. At'ec tout {Cil/, service, rwqllel ils les aS,çervÎssaiel1t (wec
  • 30. EXODE, CHAP. PREMU:B. 25 rigueul', signifie L'intelltion de SUbjUrJlIlÏOll pm' pLusieurs moyens ,wns miséricorde: on le voit pal' la signilication du service, en ce que c'est l'intention dc subjllgation, commc ci-dessus, N0s 6666, 6668, 6670; ct comme il est dit tout service, cela signifie par plu­ sieurs moyens; et par la signification dc la l'iglleUl', Cn ce que c'cst sans miséricorde, ~o 6667. 66i2. Ycrs. 15 à 2·1, Et Le roi d'1;gypte dit aux sages-femmes des lléb1'euses, dont le nom de L'une ( était) Scltiphra, et Le nom de ilt secondc Puah. Et iL dit: Quand VOltS accoucherez les Hébre1tses, et vous ve1'1'CZ sur les siéges; si c'est un fils, et vous Le tuerez; et si c'est une fille, et qn'eLle vive. Et Les sages-femmes cmi­ gnaient Dieu, et el/es Ile firent point comme Leur aVetit dit le l'oi d'Égypte, et elles villifiaient lcs enfants (mâles), Et le roi I[Ji'­ gypte appela les sages-femmes, et iL lew' dit: Ponrquoi fllites­ t'ous celte chose, et vivifiez-vous les enfants (mâles)? Et les sages - femmes dirent à Pharaon: Parce que, non comme Les femmes Égy1)t,'ennes, les Ilébl'cuses; cm' vives el/es (sont); avant que vienne à el/es la sage-femme, et elles ont enfanté, Et Diel! fit dll bien aux sages - femmes; et le lJeuple se multipLiait, ct ils devinrent tris -nombreux, Et il arriva qlle , lJarce que les sages· fell/11I.es avaient cmint Dieu, et il lellr fit des maù;ons. -­ Et le roi d' 1; fJ.1Jpte dit aux sages-femmes des Hébreuses, signifie l'influx d'après les scientifiques séparés dans le naturel, oil sont les vrais scientifiques qui appartienncnt il l'Église: dont le nom de l'une (était) Sclliph1'C1, et le nom de ill seconde Puah, signitle la qualité et l'état du naturel où sont les scientifiques: et iL dit: Quand vous accoucherez les IJébl'euses, et vous verrez sUl' les siéges, signifie l'aperception du vrai et du bien inlluant de l'Interne dans lcs scientifiques: si c'est un fils, et vous le tuerez, signilie si c'est un vrai, de le détruirc de la manièrc qu'ils pourraient: et si c'est une fille, et qu'elle vive, signifie si c'cst un bien, de ne le pas détruire: et les sages-femmes craignaient Dieu, signifie que les vrais scientifiques étaient gardés, parce qu'ils procédaicnt du Hi,in: et elles ne fil'ent point comme leul' (n'llÎt parlé le l'oi d'É'­ !/ypte, signifie qu'il ne l'Ill point fait selon que s'cfforçaient ceux qui étaient dans Ics faux: et ellcs l:ivifiaicllt lcs en{lln/s ({fIâles), si­ ~;Ilifie que les vrais <~taient conscrl'es parce qu'ib apparlcnaien! au
  • 31. 26 A.RCA:iES CÉLESTES. bien: u le roi d' }~g!Jpt-e appela les sages - felJlTlles , signifie que ceux. qui étaient dans les faux formaient un dessein contre ceux qui étaient dans les vrais scientifiques dans le naturel: et il leur dit: Pourquoi raites-vous cette chose, et vivifie:;-volls les enfants (mâles), signifie la colère de ce que les vrais n'étaient point détruits: et ..:.J les sages-femmes dirent à Pharaon, signifie l'aperception touehant ces vrais scientiliques dans le naturel: parce que, non comme les femmes Égyptiennes, les Hébreuses, signilie que les seientifiques de l'Église ne sont point tels que sont les scientillques opposés à eux: parce que vives elles (sont), signifie qu'en eux il y a la vie spirituelle: avant que vienne à elles la sage-femme elles ont enfanté, signille que le natmel ne le sait pas avant que la vie soit en eux: et Dieu (it du bien aux sage.s-femmes, signifie que le naturel fut béni par le Divin: et le peuple se multipliltit et ils devinrent très-nombj-eux, signWe que les vrais y étaient produits continuellement, et ainsi crois­ saient: et il arriva que 7Jarce que les sages-femmes avaient craint Dieu, signifie parce qLli~ les vrais scientifiques étaient gardés pal' le Divin: et il leur (it des maisons, signifie qu'ils étaient disposés dans la forme céleste. 6673. Et le roi d'Égypte dit aux sages-femmes des lIébreuses, signifie l'influx d'après les scientifiques séparés dan.s le naturel, où .~ont les vrais scientifiques qai appartiennent à l' J~glise : on le voit par la si-gnification de dire, en ce que c'est 'influx, N°s 574.3,6291 ; par la signification du roi d'Égypte, en ce que ce sont les scienti­ fiques séparés qui sont contre les vrais de l'Église, N° 66fjf ; pal' la signification des sage.l-femmes , en ee qu'elles sont le naturel, N°s 4.588, 4·92f ; et pal' la signification des Hébreuses, en ce qu'elles sont les choses de l'Église, N°s [);l36, 5236; par conséquent aussi les vrais scientifiques qui appattiennent à l'Église. Si les sages­ femmes sont le naturel, c'est parce que le naturel reçoit ce qui in­ tlue de l'Interne, et fait ainsi pour ainsi dire l'oflice de sage-femme. 66i 4-. Dont le nom de l'une était Scltiphra, et le nom de la seconde Puah, signifie la qualité et l'état du naturel où sont les scientifi­ ques : on le voit par la signification du nom, en ce que c'est la qualité. N°s H4, H.5, '1896, 2009; et aussi l'état, N°s 194.6, 264.3, 34.22., 4.298; car les noms dans la Parole signifient tous des choses, ct comprennent en somme tont ce qui appartient à la chose dOllt
  • 32. EXODE, CHAP. PHDUEfi. 27 il s'agit, ainsi sa qualité et son état, ici donc les noms de Schiphra et de Puah !::l qualité et 'élat du ~alurcI où sont les vrais scienti­ fiques, parce que c'est là la chose dont il s'agit, comme cela est évident d'après ce qui vient d'être dit N° 6673. Celui qui ne sait pas que le nom est la qualité et 'état de la chose dont il s'agit, peut croire que là où le nom est exprimé, c'est seulement le nom qui est entenàu, qu'ainsi où le Seigneur parle de son Nom, c'est seulement le Nom, lorsque cependant c'est la qualité du culte, savoir, le lout de la foi et de la charité par quoi il doit être adoré; comme dans ~fatthieu : « Oit deux ou trois sont assemfJ/és en mon Nom, là je II suis au milieu d'eux. II -XVIII. 20; -dans ce passage, ce n'est pas le Nom qui est entendu, mais c'est le culte provenant de la foi et de la charité. Dans Jean: « A tous ceux qui L'ont reçu, il leur )1 a donné le pouvoir d'être fils de Dieu, cL ceu;x; qui croient en son II Nom. II - 1. ~ 2; - là aussi par le Nom sont entendues la foi et la charité, par lesquelles le Seigneur est adoré. Dans le illême : « Ces choses ont été écrites, afin que vous croyiez que Jésus est le II Christ, le Fils de Dieu, et que croyant vous ayez la vie en son II Nom. II - XX. 3'1 ; - pareillemenL Dans le llême: « Si vous II demandez quelque chose en mon Nom, je le ferai. II - XIV. 13, '14; - et ailleurs: (( Tout ce que vous demanderez aU Père en lllon II Nom, ils vous le donnera. II - XV. '16, ,17. XVI. 23,24;­ Ici il est entendu qu'ils devaient demander non pas au Père au Nom du Seigneur, mais au Seigneur Lui-flIême, car il n'y a accès au Divin Bien, qui est le Père, N° 3704, ([ue par le Divin Humain du Seigneur, comme cela est même connu dans les Églises; c'est pourquoi demander ail Seigneur Lui-Même, c'est demander selon les vrais de la loi; si 'on demande selon ces vrais, il est donné; comme le dit aussi le Seigneur dans le précédent passage dans Jean: « Si vous demandez quelque chose en Mon Nom, je le ferai; » C'est encore ce qu'on peut voir cn ce que le Seigneur est le NOIl1 de Jéhovah; il en est parié ainsi dans Moïse: (( l"Ioi, j'envoie un II Ange deyant toi, pour te garder dans le chemin; prends garde à » ses facCs, ct écoute sa voix; ne L'irrite point, parce qlLe lIlon Il Nom (est) au milieu de Lui. » - Exod. XXIlI. 20,21. -Dans .Jean: cc Pèl·e, glorifie Ton Nom; il sorlit une voix l1u Ciel: Et je )1 l'ai glorifié, et de nouveau je le glorifierai. »-- XII. 28. - Dan~; le
  • 33. 28 AR.CANES CELESTES. Même: "J'ai man;le~lé Ton jYOl/t aux hommes (lue Tu M'as ùonne9 » du monde. Je leur ai fait connaÎ17'e Ton Nom, et je le leur ferai " connaître; afin que l'amolli' dont Tu l'l'as aimé soit en eux, et ~loi l) en eux. » - XVII. 0, 26; - d'après ces passages il est évident que le Seigneur quant au Divin Humain est le Nom de Jéhovah, ou toute Qualité de Jéhovah, de là tout culle Divin existe par le Divin Hu~ main, et c'est ce Divin qu'on doit aùOl'el', cal' ainsi l'on adol'e le Divin Même, jusqu'auquel autrement aucune pensée ne parvient, et si nulle pensée n'y parvient, il n'y a non plus aucune conjonction. Que le Nom du Seigneur soit le tout de la foi et de l'amour, par quoi le Seigneur doit être adore, on le voit en outre clairement par ces passages, ùans Matlhieu : " Vous serez haïs de tous ù cause de Mon » Nom, » - X. 22. - Dans le Même: (( Celui qui reçoit un tel en­ » fant en Mon Nom, Me reçoit. » - XVIII. G. - Dans le Même: « Quiconqne aura quitté maisons, ou frères, ou sœurs, ou pèl'e, ou Il mère, ou épouse, ou enfants, ou champs, à cause de Mon Nom, » recevra le centuple,»- XIX. 29. - Dansle Même: (( lis criaient: Il Osanna au Fils de David! Béni (soit) celui qui vient au Nom du » Seignew·. » - XXI. 9. - Dans Luc: « En vérité, je vous dis que » vous ne lIe verrez point, jusqu'à ce qu'il alTive qne vous disiez: » Béni (soit) celui qui vient au Nom du Seigneur. » - XIll. 35.­ Dans ['Iarc : « Quiconque vous donnera 11 boire un verre d'eau en » Mon Nom, parce que vous êtes à Christ, en vérité je vous dis: » Il ne perdra pas sa récompense. Il - IX. ~ f • - Dans Luc: Il Ils » revinrent les soixante-dix avec joie, disant: Seigneur! même les » démons nous obéissent en Ton Nom. Jésus leUl' dit: En cela ne » vous réjouissez point, que les esprils vous obéissent, mais l'éjouis­ » sez-vous plutôt de ce que vos Noms ont été écrits dans le Ciel. » - X.17, 20; - les Noms ecrits clans le Ciel, ce ne sont pas leurs Noms, mais c'est la qualité de leur foi et de leUl' charité: pareille­ ment les Noms écrits dans !G Line de Vie, dans l'Apocalypse; (( Tu as quelque pen de Noms aussi dans Sardes, qui n'ont point » souillé leurs vêtements; celui qui vaincra, celui-là sera couvert de » vêtements blancs, et je n'c!T(tcerai. point son Nom du Livl'e de Vie, » et je confesserai,son Nom devant mon Père et devant ses Anges. » -- lIi. 4., 5. - Pareillement dans Jean: "Celui qui entre pal' la ~ porte est le pasteur des brebis; celui-ci nppc{{c scs pl'Opres brebis
  • 34. EXODE, CHAP. PRE~IŒl{. 29 Il par lew' Nopl. » - X. 2, 3. - Dans l'Exodc : « Jéhovah dit à Il Moïse: Je t'ai cOlllm par (ton) Nom. Il - XXXIlI. ·f 2, 17. - Dans Jean: « Plusieurs crurent en Son Nom, voyant ses signes, qu'il fai­ » sait. » - II.23, - Dans le Même: « Celui qui croit en Lui n'cst » point jugé; mais celui qui ne croit point a déjà etéjugé, pm'ce qu'il » n'a point cru au Nom du Fils Unique de Dieu. » - III. ,18. Dans Esaïe: « Ils cl'aindront depuis le couchant le Nom de Jéhovah. » ­ LlX. ,19. - Dans Michée: « Tous les peuples marchent, chacun au » Nom de son Dieu; et nous, nous marcherons au Nom de Jéhovah » notre JJiru. » -1 V. t'l. - Dans l'Iloïse : « Ils devaient adorel' Jélw­ Il vah leur Dieu dans le lieu qu'il devait choisir et où. il devait meUre Il .wnNom. » - Deutér. XII. a, ,l,l, 14.;-pareillement dans Esaïe, XVHI. 7; et dans Jérémie, VII. '12; et en outre dans plusieurs autres passages, comme, Esaïe, XXVI. 8, ,13. XLI. 2;). XLIII. 7. XLIX. ,1. L.10. LII. 5. LXII. 2. J6r6m. XXIII. 27. XXVI. ,16. Ezéch. XX. ,14, H. XXXVI. 2'1,22,23. Mich. V. 3.lIalach. 1. 1,1. Deutér. X. S. Apoe. II. ,17. III. 12. XIII. 8. XVII. 8. XIV. H. XV. 2. XIX. 12,'13, 1G. XXII. 3, L - Que le Nom de Jéhovah soit tout ce pal' quoi il est adoré, ainsi dans le sens suprême tout ce qui procède du Seigneur, on le voit par la Bénédiction: « Que Jéhovah le bénisse ct te garde! » que Jéhovah fasse luire ses faces sur toi et ait pitié de loi! que » Jéhovah 1ère ses races SUI' toi et te ùonne la pai:.! ainsi ils mettront » mon lYom sur les fils d'Isrltël. » - ~omb. YI. 23 il 27. -lfain­ tenant, d'après ces passages, on voit clairement cc qui est entendu pal' ce Précepte du Décalogue: « Tu ne pl'entlras point le 1Vam de ton » Dieu en vain, parce que Jéhoyah ne tiendra point pOUl' innocent » celui qui prendm son Nom en vain. » - Exod. XX. 7. - Puis ce qui est entcndu dans l'Oraison Dominicale par {( qn'il soit sanctifié » J'on Nom! » - Uatth. VI. 9. GGï5. Et il dit ; qltltlzd VOltS accoucherez les lIé(JI";u.~e.ç, et t'ou.~ l'errez sm' les siégcs, signifie l'aperception du vra.i et du bien inf!1Ut1It de l'ln terne dans les scientifiques de l'.Église; cela est évident, par la signification d'accoucher, en ce que c'est la réccption dl! bien ct du vrai influant de l'Inte;ne dans le nalmel, car la sage-femme est le naturel, en tant qu'ilrcçoit l'influx, voir N0 H>88, 6673; par la signi­ I~ation dcs Hébrcuses, en ce qll'cllcs sOIltles choses qui appartien­ lient à l'li:glise, No' 51 36, ;i23G; pal' la sig-nification de l'ail', cn CC
  • 35. ;10 .HCANES Cl~LESTES. que c'est l'aperception, N°s 2150, 3761., 4.567, 4723,5:.00; et parla signification des siéges> en cc que cc sont dans le naturel les choses qui reçoivent les biens et les vrais influant de l'Interne, ainsi ce sont les vrais scientifiques, Cat' ces vrais reçoivent: de là, il est bien évi­ dent que ces mots, quand vous accoucherez les l/éln'cuscs> et vous verrez SUI' les siéges > signifient l'aperception du vrai ct du bien influant de l'Intcl'llo dans les scientifiques de ntglise, qui sont dans le naturel. 6676. Si c'est un fils, vous le luerez, signifie si c'est un m'ai, de le <Iélmil'c de let manièl'c qu'ils pourmient : on le voiL pal' la significa­ tion du fils, en cc qu'il est le vrai, l.'0s qS9, li9'I, !)33, H 41, 2623, :3373; et par la signification de luer, en ce que c'est détruil'e, car cela est diLdu vrai; mais de détruire de la manière qu'ils pourraient, cal' les méchants ne pourent pas ùétruire les vrais chez los bons. 6677. Si c'est Ulle {tUe, et qn'elle vive, ,çignifie si c'est un bien> de lie le point démtirc : on le voit par la signification de la {tl/e, en ce qu'elle est le bien , ~os !J·89 , ,HlO , q.9'1, 2362; et par la signification de vivre, en ce que c'cst cc qui nc doit pas être détruit. La raison pour laquelle le roi cl'J;:gyptü a dit de tuel' le fils, mais non la fille, devient évidente pal' le sens interne, qui est qu'ils devaient s'efforcer de délruil'e le vrai, mais non le bien; en elfet, quanclles infernaux jnfestent, il leur est permis d'attaquer les vrais, mais non les biens; et cela, parce que cc sont les 'l'ais qui peuvent être assaillis, mais non les biens, ceux-ci sont sous la tutelle du Seignem', et quand les infernaux essaient d'attaquer les biens, ils sont précipités profondé­ ment dans l'enfer, car ils ne peuvent soutenir la présence du bien, parce que le Seignenr est présent dans tout bien; de là vient que les Anges, parce qu'ils sont dans le bien, ont SUl' les espl'ils infel'l1aux lm si grand pouvoir, qu'un seul d'entre eux peut dompter des mil­ liers d'infel'l1aux : il faut qu'on sache que dans le bien il y a la vie, car le bien appartient il l'amollI', ct l'amour est la vic de l'homme; si le mal, qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du monde, et est un bien apparent pour ceux qui sont dans ces amours, attaque le bien qui appartient il l'amour céleste, la vie de l'un combat contre la vie de l'autre, et comme la vic qui procède du bien de l'amour céleste vient du Divin, c'est pour cela que si la vie qui provient de l'amour de soi et du monùe est en collision avec clle , elle commence alors à
  • 36. EXODE, CHAP. PHEMIET:. ,.li s'éteindre, cal' ellc est suffoquée, et ainsi les infernaux sont dans des tourments, comme l'homme qui est dans l'agonie de la mort; en conséquence ils se précipitent dans l'enfer, où ils recouvrent de nou­ veau leur vie, voil' N°s 3938,4225,4226, lS057, 5058: c'est aussi pour cette raison que le bien ne peut être affaibli pal' les mauvais génies et les mauvais esprits, et qu'ainsi ces génies et ces esprits n'osent pas détruire le bien; il en est autrement du vrai, il n'a point la vie en soi, mais il l'a par le bien, c'est-à-dire, par le Seigneur au moyen du bien, 6678. Et les urgcs-femmes craignaicllt Dieu, signifie quc Ics 11rais scientifiques éta.iel1t gardés, ]Jal'ee qu'ils pl'océdaicnt dit Divin: on le voit par la signification de C1'aindre Dieu, en ce que c'est garder cc quc le Divin a commandé; car ccux. qui craignent Dieu gardent les commandcments; mais, comme toute crainte sainte, et, par suite, robéissance et la garde des commande­ ments vicnnent du Divin et nullemcnt de ['homme, c'est pour cela quc, par clles craignaient Dieu, il est sign ifié qu'ils étaient gardés par le Divin; et, pal' la signification des .~ages - femmes, én ce qu'elles sont le naturel oit étaicnt les nais scientifiques, N°' 4588, 6673, 6675. 6679. El clics lie firent 1JOint comme ICllr avait pm'Ié Ic roi d'Egyple, signifie qu'il ne (ut point (ait sclon que s'efforç{tÎcnl ceu,x qui éwient dans le faux: on le voit par la signilication de; elles ne firent point comme avait parlé, en ce que c'est qu'il ne fut pas fait selon qu'ils s'cfi"orçaicnt, c'cst-à-dire, qu'ils n'ont pas pu détruire les vrais, qui sont signifiés par les fils, mais qu'ils s'efforçaient cie détruirc de toute manière possihle, No 6676; et par la signification du roi d'Égypte, en ce qu'il est le scientifi­ que séparé qui agit contre le vrai de l'tglise, )"0 66:)1, ainsi le faux" car le scientifique est le faux. 6680. Et elles vivifiaient les enfants mâles, signilï.e que (('s vra;s étaient conservés, 7Jarce qu'ils appartenaient au bien: on le voit par la signification de vivifier, en ce que c'est conserver, et pal' la signiJication des fils, qui ici sont appelés enf{tnts (mâles}, en çe qu'ils sont les vrais, 1"0 6676: ici les fils sont appelés en­ fants, parce que les enfants signifient le bien de l'innocence,
  • 37. 32 ARCA~ES CÉLESTES. N0s 4,30, 2782, 5236; c'est pourquoi les enfants ici sont les Hais qui appaltiennent au bien. 668·1. Et le roi d'Egypte appela les sages-(emmes, signifie que ceux qui étaient dans les (aux (armaient un dessein contre ceux qui étaient dans les vmis scientifiques dans le naturel: on le voit par la signification d'appeler, en ce qu'ici c'est former un des­ sein; car le motif de l'appel était de détruire les vrais; mais le dessein devint inutile, parce que les vrais étaient gardés par le Divin, ce qui est signilié par [es sages-(emmes cmignaient Dieu, 10 6678 : effectivement, dans l'autre vie, les méchants, qui infestent les bons, forment entr'eux. des desseins; ce qu'il m'a aussi été donné de savoir par expérience; par la significa­ tion du roi d'Egypte, en ce que ce sont ceux qui sont dans les faux., 10 6679; et, par la signification des sages-femmes, en ce qu'elles sont Je naturel où sont les vrais scientifiques, Nos 4,588, 6673, 6675, 6678 : de là il est évident que ces mots: le roi d'Eg!Jpte appela les sage.s-(c1nllles, signifient que ceux. qui étaient dans les faux. formaient un dessein contre ccux qui étaient dans les vrais scien tifiques dans le naturel. 6682. Et il leur dit: Pourquoi (aites-vous celte eh ose , et vivi­ fiez-vous les en({Lllts mêLles? signifie la colère de cc que les vrais n'éta.ient point détrnits : on le voit par la signification de : Pour­ quoi faites-vous celle chose? en ce que ce sont des paroles de reproche, ainsi de colère; par la signification de vivifier, en ce que c'est ne point détruire, comme ci-dessus, l'i 0s 6677, 6680; ct par la signification des enfants, en ce que cc sont les vrais qui appartiennent au bien, 10 6680. 6683. Et les sages-(emmes dirent à Pharaon, signifie l'apercep­ tion touchant ces vrais scientifiques dans le naturel : on le voit pal' la signification de dire dans les historiques de la Parole, en ce que c'est l'aperception, ainsi qu'il a été souvent montré; pal' la signification des sages-(emmes, en ce qu'elles sont les vrais seientifiques clans le naturel, 10 6681 ; et par la représentation de PlutJ"(wn, en ce que ce sont les scientifiques faux clans le commun, 1os 6679, 6681. 768~. Parce que, non comme IfS Femmes J!;gyptiennes, le.~ fiévreuses, signifie que le.ç scicn/ifiqu('.~ de l'E,lise ne sont point
  • 38. EXODE, CHAP. PREMIER. 33 tels lJue sont les scientifiques opposés à eux; on le voit par la signification des femmes Héb7'euses, en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent à l'Église, N°s 5136, 5236, 6673, 6675; et par la signification des femmes Égyptiennes, en ce qu'elles sont les choses qui sont ·contre celles qui appartiennent à l'Église; que ce soient .les scientifiques, cela .est évident d'après ce qui pré­ cède, ,puis, d'après la signiHcatioIl de l'Égypte, en ce que ce sont les scientifiques, N° 6638, ici. les scientifiques opposés aux vrais scientifiques de l'Église; que les femmes soient les choses qui ~ppal'lienn.ent à l'Église, on le voit N6S 252, 253. 66.85. Car vives elles sont, signi[te ,qu'en eux il ya la vie &pi­ rituelle; 0.0 le voit par la signification de vivre, en ce que ,C'est la vie spirituelle, N° 5890, ic.i la viespil'ituelle dans les choses qui appartiennent à l'Église; lesquelles sont signifiées par les femmes Hébreuses. Il a déjà été dit qu.elquefois ce que c'est que la vie spirituelle; mais, comme il en est peu aujourd'hui qui sachent ce que c'est que le spirituel, N m'est permis d'exposer encore en ,peu de mots ce que c'est; Le Spirituel, dans sa premièl'e ?ri,gine ,est le Divin Vrai procédant du Diwin Humain du Sei­ gneur, Vrai qui a en soi le Divin Hien, parce que le Divin Vrai sort du Divin Humain du SeigneUl', Qui est le Divin Bien; ce Divin Vrai, dans lequel est le Divin Bien, est le Spirituel même dans son origine, et il est la vic même qui remplit le Ciel, et qui, de plus, remplit l'univers; et là où est un sujet, il influe; mais, dans les sujets, il est varié selon la forme; dans les su­ jets qui concordent avec le bien, il y fixe la vie spirituelle; mais, dans les sujets qui sont en discordance avec le bien, il y fixe la vie opposée à la vie spiriwelle, et qui dans la Pafûle est appelée }I()rt : par là, maintenant on voit ce que c'est que la vie spiri­ tuelle, c'est-à-dire que c'est être dans les vrais par le bien, qui procèdent du Seigneur. 6686. Avant que vienne à elles la sage-femme, et elle.~ ont en­ fanté, -signifie que le natU7'el ne le sait pas avant que la vie soit ~m eux; savoir, dans les vrais scientifiques qui appaltie nnent à l'Église: on le voit par la signification. de la sage-femme, en ce (IU'elle est le Naturel où sont les vrais scientifiques qui appar­ lJennent à l'Église, ro 668,1; et par la significalion d'en(ante7', XI. a
  • 39. :l-i ARCA,,"F:.S CI~LESTES. Cil te que ce sont les choses qui appartiennent il la foi et Il la charité, ~os 3860, 3868, 3905, 39.15, ainsi celles qui appar­ tiennent à la vie spirituelle; que le Naturel ne sait pas, cela est signifié par avant que vienne à elles La Sltge·femme. Quant à ce que le Naturel ne sait pas avant que la "ie soit dans les vrais ~ientifiques, voici ce qu'il en est: La vie dans les vrais scien­ tifiques dans le naturel vient toute du bien qui influe par l'in­ terne; quand le bien influe, le naturel n'en sait absolument rien. pal'ce que le naturel est dans l'obscur respectivement; s'il est dans l'obscur, c'est parce qu'il est dans la lumière du monde, et pal' là, en même temps, dans les choses mondaines, et quand la lu­ mière du Ciel influe dans ces choses, l'aperception devient obscure; c'est aussi parce que dans le naturel sont les com­ muns, qui ne sont pas perceptibles des singuliers; car, plus une chose est commune, moins elle perçoit les singuliers; et par suite, moins elle pCl'çoiL les contingents qui existent chez elle; et, en outre, dans le naturel, il n'y a point les biens mêmes. ni les vrais mêmes, mais il y a des représentatifs de ces biens et de ces vrais; de là vient donc que le naturel ne sait pas quand la vic est dans les vrais scientifiques, conséquemment, il ne sait pas quand il est regénéré, ni comment il l'est, selon les paroles du Sei­ gneur, dans Jean: « L'Esprit (le vent) souffle où il veut, et tu en li entends le bruit, mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va; il en est " ainsi de quiconque est régénéré par l'Esprit. » -lII. 8. - Par le naturel est entendu l'homme Externe, qui est aussi appelé Homme Naturel. 6687. Et Dicl' (tt du bien aux sages-femmes, signi(te que Le lla­ lUl'eL fut béni par Le Divin: on le voit par la signification de faire cl!/' bien, lorsque cela est dit de Dieu, en ce que c'est bénir; et par la signification des sages-femmes, en ce qu'elles sont le natureloil sont les vrais scientifiques, N°s 4-588,6673, .6675, 6678. 6688. Et le peupLe se multipLiait, et iLs devinrent très-nombreux? sigllifie que Les vrais y étaient produil3 continueLLement, et ainsi croissaient: cela est évident, d'après ce qui a été dit ci-dessus, No 664-8, où sont de semblables paroles; que le peuple se dise des vrais, on le voit N°s 1259, ~ 2.60, 3295, 358'. 6689. Et il arriva que, pm'ce que lcs SCtges-(enlmcs clt'aient
  • 40. EXODE, CHAP. PRE~lIER. 35 craint Dieu, signifie pa.rce que les vrais scienûfiques étaient gardés par le Divin; on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N0 6678, où sont de semblables paroles. 6690. Et il leur fit des maisons, signifie qu'ils étaient dispo­ sés dans la fOTlne céleste, savoir, les vrais scientifiques dans le na­ tUl'el: on le voit par la signification de la maison, en ce que c'est le mental naturel, N°s 4,973, 50~3, ainsi les c.hoses qui appartiennent à ce mental, qui ici, parce que cela est dit des sages-femmes, sont les vrais scientifiques dans le natul'el, N° 6687: leur faire des mai­ sons, c'est donc les disposer en ordre, et ils sont disposés en ordre, -quand ils le sont dans la forme céleste. Que ce soit là ce qui est si­ gnifié par leU' faire des maisons, il n'est pas facile de le savoir, 1 moins qu'on ne sache comment les choses se passent il l'é­ gard des vrais scientifiques qui appartiennent au mental natu­ rel; il faut donc le dire en peu de mots: les scientifiques dans le naturel ont été disposés en sél'ies continues; il Y a collé­ rence d'une série avec une autre, et ainsi de toutes les séries, selon les diverses affinités et parentés; il en est de ces scien­ l.ifiques presque de même que des familles et de leurs génél'ations ; (ln effet, l'un nait de l'autre, et c'est ainsi qu'ils sont produits; {je là vient que les choses qui appartiennent au mental, savoir, les biens et les vrais, ont été appelés par les anciens maisons; le bien qui y régnait, père, ct le ""ai adjoint à ce bien, mère, et les dé­ rivations, fils, filles, gendres, brus, et ainsi du reste: mais ,la disposition des vrais scientifiques dans le naturel varie chez chaque homme; en effet, l'amour dominant leur donne la forme; cet aQlOur est dans le milleu, et il les met tous en ordre autour de lui; il place le plus près de lui ceux qui lui conviennent le plus, et dispose les autres en ordre, selon les convenances; de là, la forme pour les scientifiques: si l'amour céleste domine, ils y sont tous disposés par le Seigneur dans la forme céleste, qui est une forme teUe qu'est celle du Ciel, ainsi la forme du bien même de l'amour; dans cette forme sont disposés les vrais; (IUand ils ont été ainsi disposés, ils font un avec le bien; et alors. quand l'un est excité par le Seigneur, l'autre est excité, savoir, <1uc'llld les choses qui appartiennent à la fOi f-ont excitées, celles qui appartiennent 11 la charité le sont, ct t·ice versâ ; telle est la
  • 41. :jô AHCANP:S CÉLESTES. ùispol>itiol1 qui est signifiée par ces mots: Dieu fit des maj.~0/u au.v .~age$-remme$ . 669t. Vers. 22. Et Plwraon commanda à tout son peuple, en disant: Tout fils qui sem n.é, dans le fleuve .ictez-le; et toute fille, "ivi(tez-la. - Et Phal-ewn commanda à tout son peuple, signifie l'intlnx commun dans les scicntifiq'ues opposés aux vrais de l'É­ glise: en cüscmt : tout (tls qui naÎtra, dans le fleuve jetez-le, signifie qu'ils plongeraient dans les faux tou~ les vrais qui se présentent; et toute fille, vivifiez-la, signifie qu'ils n'attaqueraient pas le bien_ 6692. Et Phal'aon commemda à tout le peuple, signifie l'influx commun dans les scientifiques opposés aux vrais de l'Église: on le voit par la signification de commander, en ce que c'est l'influx, N°s 54.86, 5732, ici l'intlux commun, parce que celui qui com­ mande est Pharaon, par lequel est. représenté le scientifique dans le commun, N° 60,15; ct par la signification du peuple de Pharaon, en cc que ce sont les scientifiques opposés aux Vrais de l'Église; que les I::gypl iens, qui ici sont le peuple, soient les Screntifiques, c'est ce qui a été souvent montré, voi,' N° 6638. Si les Égyptiens signifient les scientifiques opposés aux vrais de l'Église, c'est parce que les représentatifs et les significatifs de l'Église Ancienne, Église qui avait aussi été chez eux, y avaient été tournés en magie, car par les représentatifs ct les significatifs de l'Église dans ce temps il y avait communication avec le Ciel; cette communication était chez ceux qui vivaient dans le bien de la charité, et ouverte chez plusieUl's, tandis que chez ceux qui vivaient non pas dans le bien de la charité, mais dans les opposés, il était quelquefois donné une communication ouverte avec les mauvais esprits, qui perver­ tirent tous les vrais de l'Église, et avec les vrais pervertis détrui­ sirent les biens, de là les opérations'magiques; c'est aussi ce qu'on peut voir par les Hiéroglyphes des Égyptiens, dont ils se servaient même dans les cérémonïes sacrées, car par eux ils signifiaient les spirituels, et ils pervertirent l'ordre Divin. La magie n'est autre chose que la perversion de l'ordre, c'est principalement l'abus des correspondances; l'ordre est, que les biens et les vrais qui procèdent du Seigneur soient reçus par l'homme, quand cela arrive, l'ol'dre existe dans les plus petites choses que l'homme sc propose et pense; aH contJ'aire quand l'homme ne l'eçoit pas les biens et les vrais selon
  • 42. EXODE, CHAP. PREMIER. 37 l'ordre, qui est par le Seigneur. mals croit que tout suit un cours aveugle, et que s'il existe quelque chose de déterminé, cela appar­ ,j tient à la prudence propre, il pervertit l'ordre, car il s'applique à lui-même ce qui appartient à l'ordre, de sorte qu'il pourvoit seule­ ment à ses intérêts et non à ceux du prochain, à moins que celui-ci ne lui soit favorable; de là, chose étonnante, tous ceux qui sont fOI'tement convaincus que tout appartient à la propre prudence, et rien à la Divine Providence, sont dans l'autre vie très-enclins à la Magie, et s'en imbibent même autant qu'ils peuvent; surtout ceux qui, s'étant fiCs à eux-mêmes et ayant attribué toutes choses à leur propre prudence, Qnt imaginé un grand nombre d'artifices et de fourberies pour s'élever au-dessus des autres; quand de tels hommes ont été jugés dans l'autre vie, ils sont jetés vers les enfers des ma­ giciens, qui sont dans le plan sous les plantes des pieds à droite un peu sur le devant, s'étendant il une grande distance, dans les plus profonds desquels sont les Égyptiens: de là vient que Pharaon, les Égyptiens et r:t<:gypte signifient les scientifiques opposés aux vrais de l'Église. Afin donc que les représentatifs et les significa­ tifs de l'Église ne fussent point changés en magie, il fut fait choix du peuple Israëlite, chez qui les représentatifs. et les significatifs de l'Église seraient restaurés; ce peuple était tel, qu'il ne pouvait pas en faire de la magie, car il était absolument dans les externes et n'avait aucune foi qu'il y eût quelque cllose d'interne, ni, à plus forte raison, qu'il y eût quelque chose de spirituel; chez de tels hommes la magie ne peut exister, telle qu~elle ét().it chez les Égyp~ tiens. 669:3. En disant: tout fils qui naÎtra, MilS le fleuve jetez-le. lignifie qu'ils p(ongeraient dans les faux tous les vrais qui se pré­ sentent: on le voit par la signification du fils. en ce qu'il est le vrai, Nos i89, 4.9t, 533, 114.7, 2623, 3373; et par la signification du fleuve. en ce que ce sont les choses qui appartiennent à .'intelIi· genee, No~ 4,,08, 109, 2702, 3051, ici dans le sens opposé, les choses qui sont contraires, ain,Si les faux;. que jeter, ce soit plonger, cela est évident. Que le fleuve d'Égypte soit le contraire de l'intelligence, par conséquent le faux, on le voit aussi dans Ésaïe: «Ils se retirc­ 1> l'ont les fleuves. Ils s'abaisseront ct seront à sec le.~ flCIlves d'É. Il gypte, les papyrus près du fleuve, prl~s de l'embouchure du fleuve,
  • 43. 38 .HCANES CÉLESTES. Il ct toute semellce du fleuve séchera, sera frappée; et c'est poul'qUOt » ils seront dans le deuil les pêcheurs, et ils seront tristes tous ceux.. II qui jettent dans le fleuve le hameçon, et ceux qui étendent le filet » sur les (aces des eaux langlliront. II - XIX. 6, 7, 8; - ici par le fleuve d'Égypte il n'est pas entendu un fleuve, ni, par. les pê­ cheurs, des pêcheurs, mais il est entendu d'autres choses qui ne se découvrent pas, à moins qu'on ne sache ce qui est signifié par l'Égypte, par le fleuve d'Égypte et par les pêcheurs, si on le sait, le sens se découvre; que le fleuve d'Égypte signifie le faux, on le voit clairement par chaque expression de ce passage. Dans Jérémie: " Qui (est) celui-ci qui comme un fleuve monle, dont les eaux » comme des fleuves, sont agitées? (C'est) l'Égypte, ,comme un fleuve' II eUe monte, et comme des fleuves sont agitées ses eaux, car elle dit: II Je monterai, je couvrirai la terre, je détruirai la ville et ceux qui II y habitent. » - XLVI. 7,8; - ici aussi le fleuve d'Égypte, ce sont les faux; montet' et couvrü'la terre, c'est agir ainsi envers l'Église; détruire la ville, c'est détruire la doctrine de l'Église; et ceux qui y habitent, ce sont les biens qui en proviennent; que la tene soit l'Église, on le voit N° 6649; et la ville, la doctrine de l'Église, N0s 402, 2.H9, 32,/6, 4492, 44.93; et ceux qui y habitent, les biens qui y sont, N°s 2268, 2451, 2712. Dans Ezéchiel: u Me voici II contre toi, Pharaon, roi d'Égypte, grande baleine, qui couche au II milieu de ses fleuves; qui a dit: A moi le fleuve, et moi je me >! suis fait moi-même; c'est pourquoi je mettrai des harpons dans » tes mâchoires, et je ferai attacher les poissons de tes fleuves à tes .. écailles, et je te ferai monter du milieu de te.s fleuves, de sorte qu~ • tout poisson de tes fleuves soit attaché à tes écailles; je te laisserai }) dans le désert toi et tout poisson de tes fleuves. » - XXIX. 3, 4., 5, 9, 10 ; - ce que ces paroles signifient, personne ne peut le sa­ voir sans le sens interne; il est bien évident que ce n'est point l'Égypte qui est entendue; ainsi, on ne peut le savoir, à moins qu'on ne sache ce que c'est que Pharaon, ce que c'est que la ba­ leine, le poisson, les écailles; que Pharaon soit le naturel où est le scièntifique, on le voit N°s 5-160, 5799, 6015; et les baleines, les communs des scientifiques qui sont dans le naturel, No 42; et les poissons, les scientifiques sous le commun, Nos 40, 99,1 ; les' ~cailles sont les choses qui sont entièrement externes, ainsi les sen­
  • 44. EXODE, CHAP. PREMIEIL 39 :iuels, auxquels s'attachent les scientifiques qui sont faux; cela -étant connu, on voit clairement ce qui est entendu dans ce pas­ sage par le fleuve d'Égypte, c'est-à-dire que c'est le faux. Dans le Même: l< Dans ce jour, où Pharaon doit descendre dans l'enfer, je » ferai mener deuil, je couvril'ai sur lui l'abîme, et j'an'ête1'ui ses » fleuves, et ses gl'andes eaux seront retenues. }) - XXXI. 15.­ Dans Amos: « Pour cela ne sera-t-elle pas ébranlée, la terre? et ne }) seront-ils pas dans le deuil tous ceux qui y habitent? de sorte }) qu'elle monte comme une rivière toute entière, et qu'elle soit » emportée, et qu'elle soit submergée comme pa1' le fleuve d' l~gypte : » en ce jour-là je ferai·coucher le soleil à midi, et je couvrirai de » ténèbres la terre dans le jour de lumière. » - VIII. 8, 9. IX. 5 ; -la terre qui sera ébranlée, c'cst l'Église, .Nu 664.9; être sub­ mergée comme par le fleuve d'Égypte, c'est péril' par les faux; et comme les faux sont signifiés, il est dit que le soleil se couchera à midi, et que la terre sera couverte de ténèbres dans le jour de lu­ mière; le soleil qui se couchel'a à midi signifie que le bien de l'a­ mour céleste se retirera, et la terre qui sera couverte de ténèbres dans le jour de lumièl'e signifie que les faux s'empareront de l'É­ glise; que le Soleil soit le bien de l'amour céleste, on le voit N°s '1529, 1530, 24,,}'1, 2495, 3636, 3643, 4-060, 4696; et les ténèbres, les faux, N°s 1839, '1860, U·18, 4-53,1 ; et la terre, l'ltglise, N°~ 82, 662,1066,1067,1262,0140101,14.'13,1607, '1733,1850,21117, 2H 8 L, 2928, 3355, 44''7, 4535, 5577; chacun peut yoil' qu'il est signi[1t~ d'autres choses que celles qui se montrent là dans la lettre, où il cst dit que la terre sera ébl'anlée, que tous ceux qui y habitent seront dans le deuil; que le soleil se couchera à midi, et que la terre sera qHlverte de ténèbres dans le jour de lumière; si l'Église n'est. pas entendue par la terre, le faux pal' le fleuve, l'amour céleste par le soleil, on n'y trouve aucun sens qui puisse être expliqué. Pal' cela même que le fleuve d'Égypte signifie le faux, il a été commandé à Moïse « de frapper avec son bâton SU1' les eauX de ce fleuve, et par là elles fUl'ent changées Cil. sang, et dans le fleuve mourut tout le poisson, et le fleuve fut infecté.» -Exod. VII. '17, '18,20,2'1; - et aussi de dim à Aharon « d'étendre la main avec son bàtou SU1' les torrents, Sur les fleuves et SU1' les (!tangs) d'oil les grenouilles 1110n­ 1~.J'ent SUl' la terre d'Ég~'pte. " - 'Exod. VHI.l, '2; - qu.e le:o­
  • 45. 1.0 ARCAl.~ES CÉLESTES, eaux dans le iens opposé signifient les faux, on le voit N° 790; e~ comme les eaux composent le fleuve, le fleuve est respectivement le faux dans le commun. 669i. Et toute fille, vivifiez-la, signifie qu'ils n'attaqueraient pas le bien: on le voit d'après ce qm a été dit ckicssus, No 6677, où sont de semblables expressions. DIS HABl1ANTS DtS AUTRES TERRES. 6695. Puisque, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, les. intérieurs qui appartiennent à mon' esprit, m'ont été ouverts, ­ et par ce moyen il m'a ét~ donné de ~arler avec ceux qui sont dans. l'autre vie, non·seulement avec ceux qui sont de, cetteterre , mais aussi avec ceux qui sont des autres terres, - IJUis dOliC que mon, désir a été de savoir s'il y a d'autres terres, et que tes choses qu'il m'a été donné de savoir sont dlgftes d'être rapportées, il m'est permis de les présenter à la lift des Chapitres suivants. J'ai parlé. non pas avec les habitant~ mêmes des terres, mais a'Vec les espl'its, et les anges qui y avaient habité; et cela, non pendant un jour Ott une semaine, mais pendant plusieurs mais, avec une manifeste instruction, procédant du Ciel d'où ils étaient. Qu'il y ait plusieurs, Terres, et sur elles des hommes, et par conséquent des csprits et. des anges, c'est ce qui est bien connu dans l'autre vie, car il est, accordé à chacun de parler avec eux, s'il le désire. 6696. Il Ya des Esprits qui, dans le Très-Grand Homme, re­ présentent la Mémoire, ces esprits sont de la Planète de Mercure ;; il leur est permis d'aller de tous côtés, et d'acquérir les connais",. sances des choses qui sont dans l'univers; et il leur est aussi per­ mis de passer du monde de ce Soleil dans les autres mondes; ils m'ont dit qu'il ya des Terres, habitées par des hommes, non·seu-. lement dans ce monde, mais aussi dans l'univers, en nombre im~, mense. 6697, J'ai parlé quelquefois avec des Esprits sur ce sujet, et il a été dit que l'homme qui jouit d'un bon entendement peut savoir, ~'après beaucoup de choses qu'il connaît, qu'il ya plusieurs Terres, ~t. qu'elles sont habitées par des hommes; car d'après le rationne
  • 46. EXODE, CHAP. PREMiER. H il peut conclure que des masses aussi grandes que le sont les pla- nètes, dont quelques-unes surpassent en grandeur cette teITt:, ne sont pas des masses inhabitées, et créées seulement pour sc pro- mener autour du Soleil et donner un peu de lumière à une seule terre, mais qu'il faut que leur usage soit plus important que cela. Celui qui croit, comme chacun doit le croire, que le Divin n'a pas créé l'univers pour un autre but, qu'afin qu'il existe un genre hu- main, et par suite un Ciel, ~ le genre humain est la pépinière du Ciel, ne peut fail'e autrement que de croire qu'il y a dC8 hommes partout où il y a une terre. Que les Planètes, qui sont visibles à nos yeux, parce qu'elles sont au-dedans des limites du monde de notre Soleil, soient des Terres, on peut le savoir d'une manière manifeste, en ce qu'elles sont des corps de matière terrestre, puis- qu'elles réfléchissent la lumière du Soleil; et aussi en cc qu'elles sont, comme notTe tene, portées autour du Soleil, ct donnent par suite les années et les temps de l'année, savoil" le printemps, l'été, l'automne et l'hiver, avec variations selon les climats j ct qu'elles ont encore, comme notre terre, un mouvement de rotation autour de leUl' axe, et donnent par suite les jours et les temps du jOlll', savoir le matin, le midi, le soir et la nuit; et de plus, en cc que quelques-unes d'entre elles ont des Lunes, qui sont appelées Satel- lites, et qui tournent en des temps déterminés autour de leU' globe, , comme la lune autour du nôtre; ct en ce que la Planète de Sa- turne, parce qu'elle est très-éloignée du Soleil, a aussi un grand Anneau lunaire qui donne à cette terre beaucoup de lumière, quoi- que ce soit une lumière réfléchie: Quel est l'homme qui, ayant ces connaissances et pensant d'après la raison, puisse dire que ce sont là des corps sur lesquels il n"y a rien ?, 6698. En outre je me suis entretenu avec les Esprits sur ce qu'il peut être cru pm', l'homme qu'il y a dans l'univers bien plus qu'une seule terre, en ce que l'univers visible, éclairé par tant d'astres innombrables, est si immense, et cependant ce n'est qu'un moyen pour une fin qui est la dernière de la création, laquelle fin est le Royaume céleste, dans lequel le Divin puisse habiter; car l'univers visible est un moyen pour qu'il existe des 'Terres, et SUI' elles des hommes, avec lesquels est formé le Royaume céleste; qui ~ut jamais penser qu'un moyen si immense ait été fait pOUl' uue
  • 47. i2 .o.RCANES CÉLESTES. Jin qui serail si petite et si limitée, s'il n'y avait qu'une seule tel'I'e qui fût habitée, et si le Ciel n'existait que d'après cette seule terre? Que serait-ce pour le Divin, qui est Infini, et pour lequel des mil­ liers et même des myriades de terres, et toutes remplies d'habitants, seraient peu de chose et à peine quelque chose? De plus, le Ciel Angélique est si immense, qu'il correspond aux parties les plus petites chez l'homme, et qu'il y a des myriades de choses qui cor­ respondent à chaque membre, à chaque organe et à chaque viscère; et il m'a été donné de savoir que le Ciel ne peut exister, quant à toutes ses correspondances, que d'après les habitants d'un tl'ès­ grand nombre de terres. 6699. J'ai vu quelquefois comme un grand fleuve continu, à droite à une assez grande distance dans le plan de la plante du pied; et il m'a été dit par les Anges, que ceux qui sortent des mondes viennent par ce chemin, et qu'ils apparaissent comme UJ;l. fleuve à cause de leUl' multitude: par la grandeur et le torrent du fleuve, j'ai pu juger qu'il afflue par jour des myriades d'hommes; par là il m'a aussi été donné de savoir combien les Terres sont en grand nombre. 6700. Quant à ce qui concerne le culte Divin des habitants des autres Terres, ceux qui n'y sont pas idolàtres reconnaissent tous le Seigneur pour Unique Dieu; il est vrai qu'à l'exception d'un très­ petit nombre, ils ne savent point que le Seigneur a pris l'Humain 1 SUi' celte Terre et l'a fait Divin; mais ils adorent le Divin non } comme un Divin absolument incompréhensible, mais comme com­ ) préhensible par une fOl'me Humaine; car lorsque le Divin leur ap­ paraît, c'est dans cette forme qu'il apparait, comme aussi autrefois à Abraham et à d'autres sur cette Terre; et parce qu'ils adorent le Divin sous forme Humaine, ils adorent le Seigneur: ils savent même que personne ne peut être conjoint au Divin par la foi et l'amour, à moins que le Divin ne soit dans une forme, qu'on saisit par quelque idée, s'il n'était pas dans une fOl'me, l'idée serait dis­ sipée, comme la vJ.le dans l'univers. Quand il leur fut dit par des ) esprits de notre terre, que le Seigneur a pris l'Humain sur cette . terre, ils réfléchh'ent quelques instants, et ensuite ils dirent que cela avait été fait pour la salvatiQn du genre humain; et qu'ils ) adorent dans le culte le plus saint le Divin qui brille comme Soleil
  • 48. EXODE, CHAP. PRE')llER. u dans le Ciel, et qui, lorsqu'il apparaît, se présente à la yue dans une forme Humaine; que le Seigneur apparaisse comme Soleil dans l'autre vie, et que de là vienne toute lumière du Ciel, on le voit N°s 1053, '152'1,1529,1530, '1531,3636,3643, ti.060, 4321 f., 5097. ~1ais dans la suite il. sera rapporté de plus grands détails sur cc sujet. 6701. Les Esprits ct les Anges qui sont des autres terres, ont tous été séparés entre eux selon les terres; ils n'apparaissent pas dans un seul lieu ensemble; cL cela, parce que les habitants d'une terre sont d'un tout autre génie que les habitants d'une autre terre; ils ne sont point non plus ensemble en société dans les cieux, ils y sont seulement dans le Ciel intime ou troisième Ciel; ceux qui y viennent y sont ensemble de toutes les terres, et constituent ce Ciel dans une très-étroite union. 6702. Ala fin du Chapitre suivant, il sera parlé des Esprits de la Planète de Mercure. --~
  • 49. PRE~lIÈRE PARTIE ou LI VRED EL' E X0 DE. ,~, CHAPITRE DEUXIÈME. DOCTRI::'iE DE I.A CtlARITÉ. 6703. PUisqu'il a été décidé que la Doctrine de la Charité sel'ait placée devant les Chapitres du Livre de l'Exode, il faut d'abord dire ce que c'est que le Prochain, car c'est envers lui que la Charité doit être exercée; en effet, si l'on ne sait pas qui sont ceux qui sont le Prochain, la Charité peut être exercée sans distinction de la même manière envers les méchants qu'envers les bons: de là la Charité ne devient pas charité; car les méchants, d'après le bien qu'on leur fait, font du mal au prochain, mais les bons lui font du bien. 6704. La commune opinion, aujourd'hui, c'est que tout homme est également le prochain, et qu'on doit faire du bien à quiconque a besoin de secours; mais il est de la prudence Chrétienne de bien examiner quelle est la vie de l'homme, et d'exercer la charité selon cette vie: l'homme de l'Eglise interne fait c~la avec distinction, par conséquent, avec intelligence; au contraire, l'homme dl:: l'Église externe, ne pouvant pas discerner les choses de cette manière, le fait sans distinction. 6705. Les Anciens ont réduit en Classes le Prochain, et nommé chaque Classe suivant les noms de ceux qui paraissent dans le monde devoir être secourus de préférence aux autres; ils ont en­ seigné aussi de quelle manière la Charité devait être exercée en­ vers ceux qui sont dans une Classe et envers ceux qui sont dans une autre Classe; et ils ont ainsi réduit en ordre la Doctrine, et sc··
  • 50. EXODE, CllAP. DEUXIÈME. i:) lon cette doctrine, la vie; de là la Doctrine de leur Église conte­ nait les Lois de la vic; et par là ils voyaient quel était tel ou)el homme de l'Église, qu'ils nommaient frère, mais avec une distinc­ tion dans le sens interne, selon les exercices de la charité, d'après la Doctrine réelle de l'Église ou d'après la Doctrine altérée par eux; car chacun, parce qu'il veut paraître irréprochable, défend sa vie, ct par conséquent, ou il explique, ou il altèl'C, en faveur de soi, les Lois de la Doctrine. 6706. Les distinctions du Prochain, que l'homme de l'Église doit absolument connaître pour qu'il connaisse la qualité de la cha­ rité, sont en rapport avec le bien qui est chez chacun; ct comme tout Bien procède du Seigneur, le Seigneur est, dans le sens su­ prême et au degré le plus éminent, le Prochain de Qui procède l'origine; de là résulte que chacun est le Prochain, en proportion rlece .qu'il a du Seigneur chez lui; et comme nul ne reçoit de la même manière le Seigneur, c'est-à-dire, le Bien qui procède du Sei­ .gneur, c'est pour cela .que l'un n'est pas le Prochain de la même manière ,que l'autre; en effet, tous ceux qui sont dans les Cieux .diffèrent quant au bien, et de même tous ceux qui sont sur les terres: il .n'y a point chez deux personnes un bien absolument un ct le même; il faut qu'il soit varié, afin que chacun subsiste par soL Mais tous ces biens différents, par conséquent toutes les dis­ tinctions du Prochain, qui sont en rapport avec la réception du Seigneur, c'est-à-dire, avec la réception du Bien qui procMe du Seigneur, jamais aucun homme, ni même aucun Ange ne peut les connaître; on peut seulement les connaître dans le commun, par .conséquent, connaître les genrr,s et quelques-unes de leurs espèces: et le Seigneur ne requiert de l'homme de l'Église pas davantage que de vivre selon ·cequ'il sait. 6.7.07. D'après cela, il est maintenant évident que la qualité du ·Bien Chrétien détermine à quel degré chacun est le Prochain; en effet, le Seigneur est présent dans le Bien, parce que le Bien Lui .appartient, et il est présent selon la qualité du Bien; et comme l'origine du Prochain doit être tirée du Seigneur, c'est pour cela ,qne les distinotions du Prochàinsont en rapport avec la présence dn Seigneur dans le Bien, ainsi avec la qualité du Bien. 6708. Que:le Prochain fioit selon la qllalit( du Bien, c'est ce
  • 51. 46 _~RCANES CI~LESTES, <[u'on voit clairement par la parabole du Seigneur SUl' J'homme " qui tomba entre les mains des voleurs et fut laissé par eux à demi­ mort; un Prêtre passa outre, et un JAvite aussi; mais un Samari­ tain, après avoir bandé les plaies ct y avoir vel'sé de l'huile et du vin, le plaça sur sa propre bête de somme, le conduisit dans une hôtellerie, et eut soin de lui; celui-ci, ayant exercé le bien de la charité, est appelé le Prochain. » - Luc X, 29 à 37 : - Par là, on peut savoir que c.eux qui sont dans le bien sont le Prochain: ceux qui sont dans le mal, sont, il est vrai, le Prochain, mais SOus un rapport tout autre; et parce qu'il en est ainsi, on doit leur faire du bien d'une autre manière; mais, quant à ceux-ci, d'après la Divine Miséricorde du Seigneur, il en sera parlé dans la suite. 6709. Puisque la qualité du Bicn est ce qui détermine de quelle manière chacun est le Prochain, c'est l'Amour qui le détermine; car il n'y a aucun Bien qui n'appartienne à J'amour, de là procède tout Bien, ct de là existe la qualité du Bien. 6710. Que ce soit l'Amour qui fasse qu'il y a Prochain, et que chacun soit le Prochain scIon la qualité de son amour, c'est ce que l'on voit clairement parceux qui sont dans J'amour de soi; ceux-là reconnaissent pour le Prochain ceux qui les aiment le plus, c'est­ à·dire qu'en tant qu'ils sont des leurs, ainsi, en tant qu'ils sont en eux, il les embrassent, leur donnent des baisers, leur font du bien et les appellent frères; bien plus même, comme ils sont méchants, ils disent que ceux-ci sont le Prochain de préférence aux autres: et ils considèrent les autres comme Prochain, selon que les autres les aiment; ainsi, selon la qualité et la quantité de l'amour: de tels hommes tirent d'eux-mêmes l'origine du prochain, par la raison que c'est l'amour qui détermine. 671 ,1. Ceux, au contraire, qui ne s'aiment pas de préférence aux autres, comme sont tous ceux qui appartiennent au Royaume du Seigneur, tireront J'origine du Prochain de Celui qu'ils doivent aimer par dessus toutes choses, par conséquen.t, du Seigneur; et ils auront chacun pour Prochain, selon la qualité de l'amour pour le Seigneur. Ceux donc qui aiment les autres comme eux-mêmes, ct, à plus forte raison, ceux qui, com,me les Anges, aiment les autres plus qu'eux-mêmes, tirent tous du Seigneur l'origine du Prochain; car, dans le Bien est le Sci~nelr Lui-Même, puisque le
  • 52. EXODE, CIL.P. DEUXIÈME. '47 Bien procède de Lui: par là aussi l'on peut voir que la qualité de l'amour doit déterminer qui est le Prochain. Que le Seigneur soit dans le Bien, c'est ce que le Seigneur enseigne Lui-Même dans Mathieu; car « il dit à ceux qui ont été dans le Bien, qu'ils Lui ont donné à manger, qu'ils Lui ont donné à boil'e, qu'ils L'ont re· cueilli, qu'ils L'ont vêtu, qu'ils L'ont visité, et qu'ils sont venus en prison vers Lui: et ensuite, qu'en tant qu'ils ont fait cela à l'un de ses plus petits frères, ils le Lui ont fait à Lui·Même. )l ­ XXV. 34 à 40. 6742. D'après ce-qui vient d'être dit, on voit maintenant d'où l'homme de l'Église doit tirer l'origine du Prochain; et que chacun est le Prochain dans le même degré où il est plus proche du Sei­ gneur ; et, comme le Seigneur est dans le Bien de la charité, que le Prochain est selOll la qualité du Bien, par conséquent, selon la c!ualité de la Charité. CHAPITRE II. 4. Et un homme de la maison de Lévi alla, et il prit la fille de Lévi. 2. Et la femme conçut, et elle enfanta un fils; et elle vit qu'il était bon, lui, et elle le cacha trois mois. 3. Et elle ne put pas davantage le cacher, et clle se prit un cof­ fret de jonc. et elle l'enduisit de bitume et de poix, ct elle mit de­ dans l'enfant, et elle le mit dans l'algue sur le bord du fleuve. 4. Et sa sœur se tenait de loin pour connaître ce qui lui arri­ verait. 5. Et la fille de Pharaon descendit pour se laver au fleuve, ct ses jeunes filles àllaient sur le côté du fleuve; et elle vit le coffret dans le milieu de l'algue, et elle envoya sa servante, et elle le prit. 6. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfant, et voici, un garçon pleurant; et elle eut pitié de lui, ct elle dit: Des enfants des Hé­ breux, celui-ci.
  • 53. 48 ' ARCA.NES CÉLESTES. .7. Et sa sœur dit à la fille de Pharaon: Irai-je, et t'appellerai-je une femme nourrice d'entre les Hébreuses. ct qu'elle t'allaitc l'en­ fant? 8. Et la fille de Pharaon lui dit: Ya; et la jeune fille alla; et clic appela la mèl'e de l'enfant. 9. Et la fille de Pharaon lui dit: emporte avec toi cet enfant, et allaite-le-moi, et moi je donnerai ton salaire; ct la femme prit l'en­ fant., et elie l'allaita. 4O. Et l'enfant grandit, et elle ramena à la fille de Pharaon, et ;i lui fut pour Iils, et elle appela son nom Moscheb, et elle dit: Parce que des eaux je l'ai tiré. 14. Et il arriva dans ces jours-là, et lUoscheh avait grandi, et il sortit vers ses frères, et il vit leurs fardeaux; et il vit un homme ltgyptien frappant un bomme Héb~eu d'entl'e ses frères. 42. Et il se tourna çà et là, et il vit que (il n'y avait) aucun homme, et il frappa l'Égyptien, et il le cacha dans le sable. 43. Et il sortit le second jour, et voici, deux. hommes Hébreux se querellant, et il dit au méchant: Pourquoi frappes-tu ton com­ pagnon? 14. Et il dit: Qui t'a posé en homme prince et juge sur nous? Est-ce pour me tuer que tu dis (cela) de même que tu as tué l'É­ gyptien? et Moschel1 craignit, et il dit: Certes l la chose est connue. 15. Et Pharaon apprit cette chose, et il chercha à tuer Moscheh; et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon, et il habita dans la terre de Midian, et il habita près du puits. 46. Et le prêtre de lUidian avait sept filles; et elles vinrent, et elles puisèrent; et elles emplirent les auges, pour abreuver le trou­ peau de leur père_ 47. Et les bergers vinrent, et ils les chassèrent; et Moscheh se leva, et il les secourut; et il abreuva leur troupeau. 48. Et elles vinrent vers Réuël leur père; et il dit: Pourquoi vous êtes-vous hâtées de venir aujourd'hui? Hl. Et elies dirent: Un homme Égyptien nous a délivrées de la main des bergers; et même en puisant li a puisé pOUl' nous, ct il ~ .abreuvé le troupeau.
  • 54. EXODE ,CHAP. DEUXIÈME. 49 ~O. Et il dit à ses filles: Et oil est-il? POUl'quoi cela, avez-vous laissé (cet) homme'? appelez-le, et qu'il mange du pain. 21. Et !'!Ioscheh consentit à ha1)iler avec (cet) homme '; et il donna Sippora sa fille à Moschch. 22. Et elle enfanta un fils, et il appela son nom Guerschom, parce qu'il dit: J'ai ele voyageur dans une terre étrangère. 23. Et il arriva dans ces jours multipliés, et le Hoi d"Égypte etait mort; Cl les fils cl'Israël soupiraient il cause de la Servitude, et ils cr.iaient, ct lenr cri monta vers DIEU de la servitude. 24-. Et DIEU entendit leur gémissement, et DŒU se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec lischak ct avec Jacob. 25. Et DIEU vit lès fils d'Israël, et DIEU (les) connut. CO~TENU. 6713. Dans le sens interne de ce Chapitre il s'agit du Vrai Divin; de ses commencements ct de ses el~ls successifs chez l'homme de l'Église. 67·14. Dans le sens suprême il s'agit du Seigneur, de quelle ma­ nière Lui-i'dême quant à l'Humain a été fait Loi Divine; i)Ioïse représente le Seigneur quant à la Loi Divine, qui est la Parole; et dans le sens respectif il représente le VI'ai l)ivin chez l'homme de l'Eglise. SENS INTERNE. 67H>' 'Vers. 1,2,3,4. Et un homme de la màison de Lévi alla, et il prit la fille de Lévl. Et la fcmme conçut, et elle enfanta un 'fils; et elle vit qu'il était bon, lui, et elle le cacha trois mois. Et elle ne put pas davantage le cache!', et elle se prit un coffret de jonc. et elle l'enduisit de bitume et de poix, et elle mit dedans l'enfant, et elle le mit dans l'algue sur le b01'(l dit fleuve. E(sasœur se tenait de loin pOUl' connaÎtrc ce qui lui al'l'ivel·ait. - Un homme de la mai· son (le Lévi alla, signifie l'origine du vrai d'après le bien: etil prit la (tlle de Lévi, signifie la conjonclion avec le bien: et la femme conçut, signifie le premier (moment) de la naissance: et elle enfantà ftn fils, signifie la Loi Divine dans son origine: et elle vit qu'il était VOI1, lui, signifie l'aperception que c'était par le ciel: et cile le cacha lrois mois, signifie le plein du temps olt clle n'apparut point: et elle )lC p~lt paR davantage le cacher, signifie le temps lorsqu'eHe dut XI, 4
  • 55. 50 ARCANES CÉLESTES. apparaître: et elle se Il1'it un coffret de jonc, signit1e le vil qui l lout autour, mais néanmoins dérivé du vrai : et elle l'enduisit de bitume et de poix, signifie le bien mêlé aux maux ct aux faux: et elle mit dedans l'enfant, signi(ie que là est intimement la Loi Divi,ne dans son origine: et elle le mit dans l'algue sU/'le bord du fleuve, signifie que d'abord elle était parmi les scientifiques faux : et sa sœur se te­ nait de loin pour connaître ce qui lui arriverait, signifie le vrai de l'Église loiu de là, et l'altention. 67,6. Un homm.e de la maison de Lévi alla, signifie l'ori[line du ·lJJ'(Li d'après le bien: on le voit par la signillcation de l' homme (vir) en ce que c'est le vrai, N° 313q,; par la signification d'être de la maison, en cc que c'est l'origine ; et par la représentatiJn do Lévi, en ce qu'il est le bien, car Lévi dans le sens suprême représente le Divin Amour, 1°3875; et, dans le sens interne,l'amourspiriluel, N0s 3875,H97, 4-502, 4-503; ct, parce qu'il représente J'amour, il représente le bien, car tout bien appartient à l'amour. Quant à ce -qui concerne l'origine du vrai d'après le bien, laquelle est signifiée iei par un homme de la maison ùe Lévi, il faut qu'on sache que dans -ce qui suit il est, dans le sens intel'l1e, question du Seignell', de quelle manière Lui-Même quant à son Humain a été fait Loi Divine, c'est-à-dire, le vrai mème : il est notoire que le Seigneur est né comme un autre homme, ct que, lorsqu'il élait enfant, il a appris à parler comme un autre enfant, et qu'ensuite il a crû en science, puis en intelligence et en sagesse; de là il est bien évideut que son Humain n'a point été Divin à partir de la naissance, mais que Lui­ Même ra fail Divin d'après la propre puissance. S'il l'a fait Divin d'après la propre naissance, c'était parce qu'il a été conçu de Jéhovah, de là l'intime de sa vie était Jéhovah Même j car l'intime de la vic de chaque homme, qu'on nomme Ame, vient du père, et ce qui enveloppe cel intime, et qui est appelé corps, vient de la-mère: que l'inlime de la vie, qui vient du père, inOue et opère continuellement dans l'externe qui vient de la mère, et s'efforce de le rendre semblable à soi, même dans l'utérus, c'est ce qu'on peut voil' d'après les fils, en ce qu'ils naissent avec le ca­ ractère du père, et parfois les petits-fils ct arrière-petit-fils avec le caractère de l'ayeul et du bisayeul : cela vient de ceque l'âme, qui est du père, veut continuellement l'endl'e l'externe, qui est ·de la mère,
  • 56. EXODE, CHAP. DEUXIÈME. 51 semblable à soi eL image de soi. Puisque cela arrive ainsi chez l'homme, on peut voir que cela est arrivé de même, principalement chez le Seigneur; son intime a été le Divin Même, parce que cet inlime a élé .Jéhovah Même, car il a élé son Fils Unique; et comme l'inlime a élé le Divin-Même, est-cc que cet Intime, plus que chez tout homme, n'a pas pu faire l'externe, qui venait de la mère, l'i­ mage de soi, c'est-à-dire, semblable à soi, par conséquent Divin; ct cela, d'après la propre puissance, parce que le Divin, qui était l'intime, d'après lequel il a opéré dans l'Humain, Lui appartenait, -comme l'âme de l'homme, qui est son intime, lui appartient? Et ,comme le-Seigneur s'est avancé selon l'ordre Divin, il a fait que son Humain, quand il était d.ans le monde, fût le Divin Vrai, ct ensuite quand il acté pleinementglorific, il a fait que cet Humain fût le Divin Bien, par consc'quent un avec Jéhovah. Dans ce Cha­ pitre, il est décrit dans le sens suprême comment cela a été fait ; mais comme les choses qui sont dans le sens suprême, et qui traitent toutes du Seigneur, surpassent l'entendement humain, il m'est pel'lnis d'exposer dans ce qui suit celles que renferme le sens interne de ce Chapitre; elles traitent des commencements ct des états suc­ eessifs du Vrai Divin chez l'homme de l'Église, c'est·à-dire, chez l'homme qui est régénéré, jos 67;13, 67H; si ces choses sont con­ tenues dans le sens interne, c'est parce que là régénération de l'homme est l'image de la glorification de l'Humain du Seigneur, voir jos 3-38,32'12, 3296,3490, 4402, 5688, 3245,3246. 67'17. Et il prit la fille dl; Lévi,signi{te la conjonction avec le bien; on le voit par la signification de pTendre la fille, savoir, pour épouse, en ce que c'est la conjonction; ct par la représentation de Lévi, en ce qu'il cstlc bien, N° 67 '16. Il va être dit comment il doit €lre entendu que le nai, dont l'origine vient du bien, a été conjoint avec le bien: le Vrai que le Seigneur iusinue chez l'homme qui est régénéré tire son origine du bien; le bien dans [e premier temps ne se manifeste pas, parce qu'il est dans l'homme Interne, mais le 1 vrai sc manifeste, parce qu'il est dans l'hornme Externe, et comme 'Intel'De agit dans l'Extcme, et non vice V~â, jo 6322, c'cst le Bien qui agi(dans le Vrai et le fait sien, car rien autre chose que le Bien ne reconnaît et ne reçoit le Vrai; cela est évident d'après l'affection du vrai chez l'homme qui est r~génél'é; l'affection e1le­
  • 57. :i2 AnCANES GÉLESTES. même vient ùu bien, cl'aulre part ne peut venir l'affeclion qui ap­ partient à J'amour : mais ce vrai qui est reçu clans ce premier temps, c'est-à-dire, avant la régénération, n'est point le vrai réel du bien, mais c'est le vrai cle la doctrine; car l'homme alors n'exa­ mine pas si c'est le vrai, mais il le reconnait parce qu'il appartient à la doctrine de l'Église; et tant qu'il n'examine pas si c'est le vrai et ne le reconnaît pas par cet examen, ce vrai n'est pas sien, c'est llourquoi il ne lui est pas non plus approprié; c'est là le premier état pOllr l'homme qui est régénéré: mais quand il a été régénéré, le bien se manifesle, surtout p::lr cela qu'il aime à vivre selon le vrai qu'ill'cconnaH pal' lui-même être le Hai ; al(lrs comme il veut le vrai qu'il reconnaît, et comme il agit selon ce vrai, il lni est ap­ proprié, parce qu''ÏI est, non pas, comme auparavant, seulement ùans l'entendement, mais aussi dans la volonté, et que ce qui est 'dans la volonté est approprié; et comme alors l'entendement fait un avec la volonté, Cal' l'entendement reconnaît et la volonté fait, il y a conjonction de l'un ct de l'autre, savoir, clu bien et du vrai: quand cette conjonction a éte faite, alors, ainsi que d'un mariage, naissent continuellement des enfants, qui sont les vrais ct les biens avec leurs béalitudes et leurs charmes. Ce sont ces deux états qui sont entendus par l'origine du vrai d'après le bien et par la conjonc­ tion de ce vrai avec le bien. Mais le vrai qui est conjoint avec le bien, ce qui est signifié ici par " un homme de la maison de Lévi alla et prit la fille de Lévi, )) n'est pas cc vrai qui est reçu pal' nomme dans le premier état; car cc vrai est celui de la doctrine de l'Église dans laquelle il est ne, mais c'est le vrai lui·même, car dans le sens suprême il s'agit. du Seigneur, de quelle manière Lui­ Même quant à l'Humain a été fait Loi Divine, c'est le 'l'ai de cette Loi qui est entendu: si l'origine de ce vrai est le bien, c'est parce que le Divin, qui a étr l'intime du Seigneur et l'Ètre de sa vic, a produit ce vrai dans son Humaiu : ainsi la conjonction de ce vrai a été faite avec le Bien ,car le Divin n'est absolument que le Bien. 67'18. Et ln femme conçut, signifie le premie1' (moment) de ln naissance, savoir, de la Loi Divine dans l'Humain du Seigneur: on le voit par la signification de concevoir, en ce que c'est le pre­ mier (moment) de la naissanee; la femm(l signifie ici la même chose
  • 58. EXODE, ClIAP. DEUXIÈME. 53 quc ci-dcssus la fille de Lévi, qu'un homme de la maison de Lévi prit, c'est-à-dire, le vrai conjoint au bien. 6719. Et elle enfanta un fils, signifie la Loi Divine dans son 01'έ gine : on le voit par la signification ct' enfanter, en ce que c'est, l'existence, N°s 262,1, 2629, ainsi l'origine; et par la signification du fils, en ce que c'est le vrai, N°s 489, 49'1,533, 1,1 47, 2623,3373, ici la Loi Divine parce que par le fils est entendu Moïse, qui a re­ présenté le Seigneur quant à la Loi Divine ou quant à la Parole, comme il sera montré dans la suite. 6720. Elle vit qu'il était bon, lui, ~i~nifie l'aperception que c'était par le Ciel: cela est évident, d'après la signification de voir, en ce que c'est l'aperception, N°s 2,150, 3764, 4567, 4,723, 5400 ; et d'après la signification de baH, en ce qu'ici c'est par le Ciel, parce que cela est dit de la Loi Divine dans le Seigneur: mais si bon signifie ici par le Ciel, c'est un arcane qu'il est impossible de connaître, à moins qu'il ne soit dévoilé; quand le Seigneur lit Divin son Humain, il le fit d'après le Divin, au moyen d'un trans-, flux par le Ciel, non que le Ciel ait contribué de soi·même en quel­ que chose, mais pOUl' que le Divin lnême pùt influer dans l'Hu­ main il influa en traversant le Ciel; cc transflux a été le Divin, Humain avant l'avènement du Seigneur, et a été Jéhovah Lui·· Môme dans les Cieux ou le SeigneUl' ;. le Divin qui a transflué pal' le Ciel a été le Divin Vrai, ou la Loi Divine ,que Moïse a repré~ senté ; et le Divin qni transflue par le Ciel est le bien; d'après cela on voit clairement pourquoi ces mots, elle vit qu'il était bon, lui, savoir le fils, signifient l'aperception que c'était par le Ciel. 6721. Et elle le càchri tl'ois mois, ûgnifie le plein du temps ail elle n'apparut point: on le voit par la signification d'être caché, en ce que c'est ne point apparaître; et par la signification de trois mois, en ce que c'est le plein du temps et le plein de l'état; que trois soit le plein, ou une période entière depuis le commencement jusqu'à la fin, on le voit N0s 2788, 4-4-95, ct que le mois, de même que le jour et l'armée, soit le temps et l'état, on le voit N0 2788; d'après cela après trois mois, c'cst un nouvel état. 6722. Et elle ne put pas davantage le cacher, signifie le temps lorsqu'elle dut apparaÎtre: on le voit par la signification d'être çaché, en ce que c'cst nc point apparaître, ]0 6721, de là ne pas.
  • 59. 51 ARC.NES CI~LESlbS. être davantage caché, c'est apparaiLl'e; si c'est le temps lorsqu'eUe dut apparaître, c'est parce que les tl'ois mois, pendant lesquels il a éte caché, signifient le plein du temps depuis le commencement jusqu'à la fin, voi,r ci-dessus No 672'1. 6723. Et elle se p'rit un coffl'et de ,jonc, siynifie le vil qui étaie tout autour, mais néanmoins dérivé du vrai: on le voit par la signi­ ficalion du coffret ou de la petite arche, en cc que c'est ce qui est tout alùour, ou ce dans quoi quelque chose a elé renfermé , ains~ qn'il va être expliqué; et pal' la signification du jonc, en ce que c'est cc qui est vil, mais néanmoins dérive du vrai; que le jonc soit ce qui esl vil, cela est êvident; que cc soit cc qni esl dérivé dll vrai, c'est parce que le jonc signifie cette dérivation, ainsi qu'il paraît clairement dans Esaïe : « Malheur à la ten'e faisant ombre » de ses ailes, qui est au·delà des fleuves de Kusch, qui envoie par » mer des ambassadeurs, et clans des vaisseaux de jonc SUl' la face » des caux! » - XVIII. 1,2; - La terre faisant ombre de ses ailes, c'est l'Église qui sc COUHe de ténèbres pal' des raisonnements tirés des scientiliques; au-deHl des fleuves de Kusch, c'est vers les con·· naissances pal' lesquelles ils confil'lnent les principes faux, N°1164,; envoyer pal' mer des ambassadeurs, c'est consulter les scientifi­ ques, N0 28; dans des vaisseaux de jonc sur les faces des caux, cc sont les réceptacles les plus vils du vrai. Dans le sens opposé, dans le Même: « Le lieu aride sera en étang et le desséché en » sources d'eaux, le gramen au l'leu dit 1'osean el dn jonc. » ­ XXXV. 7; - Le gramen au lieu du roseau 'et du jonc, c'est le Tai scientifique au lieu des choses dans lesquelles il n'y a rien du vrai; que le gramen soit le vrai scintifiquc, cela est éviflent d'après les passages de la Parole où il est nommé. Comme il avait été pourvll à cc que il'loïse représentât le Seigneur quant à la Loi l)ivine ou quant à la Parole, spécialement quant à la Parole Histo.l'ique, pal' cela même il est arrivé qu'il fut mis, étant petit enfant, dans un coffret ou petite arche, mais dans une chose vile, parce qu'il était au premier (moment) de la naissance, et parce' qu'il était seule­ ment le représentatif que la Loi Divine était là; mais ensuite il fut pourvu à ce que la Loi Divine, après qu'elle eftt resplendi du haut de la montagne de Sinaï, fùt placée dans une Arche qui a été Ionmlée l'Arche du 'J'émoillage; que la Loi Divine ait élé plac6~:
  • 60. EXODE, CllAP. J)EUXll~ME. 55 dans l'interieur de l'Arche, on le voit Exod. XL. 20; 1 Rois, VIII . 9; et que les Livres de Moïse y aient aussi l~té placés, on le voit Deuter. XXXI. 24., 25, 26; de là l'Arche a été très-sainte, parce qu'elle représentait le Divin Humain du Seigneur quant à la Divine Loi; car da Divin Humain du Seigneur procède la Divine I,oi ou le Divin Vrai, qui est la même chose que la Parole, dans .Jean: « Dans le commencement était la Parole, ct la Parole était chez II Dieu, ct Dieu était la Parole; et la Parole a été t'aite chair, ct )' a habité chez nOliS, et nous avons VII sa gloire, gloire comme )l (celle) de l'Unique Engendré rlu Père. )l -Jean, 1. i 4 ; - ct comme l'arche représentait cc très-saint, SUI' cette arche était placé le Propitiatoire avec les Chérubins, ct auprès de son voile le . Chandelier avec les lampes, et la table d'or avec les pains, deux choses qui signifient le Divin Amour. C'est donc pour cela que Moïse, parce qu'il devait représenter la Loi Divine, fut mis étant enfant dans une petite arche. 6724.. Et elle l'enduisit de bitume ct de TJOi;x;, ûgnifie le bien mêlé aux maux ct aux {aux: on le voit par la signification du bi­ {ume; en ce que c'est le bien mêlé aux maux.; et par la significa­ tion de la lJoix, en ce que c'est Je bien mêlé aux faux; si le bitume ct la poix ont ces significations, c'est parce qU'M eux-mêmes ils sont ignés, ct que dans la Parole J'igné signifie le bien, ct dans le sens opposé le mal; mais parce qu'ils sonL sulfllreux ct noirs, ils signifient le mal et le faux; comme dans Esaïe: « Le jouI' lie la )) vengeance de Jéhorah , ses tOl'relHs Sel'Oll.t changés en poix, et » sa poussière en soufre, ct sa t.erre sera en lJOix CL1'dr:nte.l) ­ Xx,'{lV. 8, 9; -la poix ct le soufre, cc sont les faux et les maux; d'après cela on voit donc que ces paroles, « clle J'enduisit de bitume et de poix, signifient le bien mêlé aux maux ct aux faux. Quant l) à ce qui concerne la chose elle-même, c'est-Il-dire qu'autour du Vrai Divin il y avait le bien mêlé aux maux et aux faux, pcrstlnne ne le peut comprendre, a moins qu'on ne sache ce qlli se passe dans la réformation de J'homme: quand J'homme est réformé, il est tenu quant à son Interne par le Seigneur dans le bien ct le vrai, mais quant à son Externe, il est mis dans ses maux ct ses faux, conséquemment parmi les esprits infernaux. qui sont dans ces maux ct ces fau.x; ces esprits voltigent tout autonr ct s'efforccDt
  • 61. 56 ARCANES CtLESTES. en toute manière de le perdre; mais le uien et le Tai, qui influent pal' l'Interne, le mettent tellement en sûreté, que les esprits infer­ naux ne peuvent lui causer le moindre dommage; en effet, ce qui agit intérieurement a un immense avantage sur ce qui agit exté­ rieurement, car l'intérieur étant plus pur agit dans chacune des parties de l'extérieur et dans les parties indivisibles elles-mêmes, ct ainsi dispose l'Externe à son gré; mais alors le bien et le vrai doivent être dans l'E.xterne, dans lequel l'influx procédant de l'In­ terne, peut être ftxé : de cette manière le uien peut être parmi les maux et les faux, et cependant être en sùreté; quiconque cst ré­ formé est mis dans cet état, ainsi les maux et les fa11.' dans les­ quels il est sont repoussés, et à leur· place sont insérés les biens ct les vrais. A moins qu'on ne sache cet Arcane, il est impos­ sible de savoir pourquoi, autour du Divin Vrai chez l'homme, il Ya des biens mêlés aux maux et aux faux, qui sont signiftés par le bitume et la poix dont fut enduite la petite arche où fut mis l'enfant. En outre, il faut savoir que le bien peut être mêlé avee les maux el les faux, mais que, néanmoins, ils ne sont pas pour cela conjoints, car l'un fuit l'autre, et d'après la loi de l'ordre ils se séparent mutuellement l'un de l'autre; en effet, le bien appar­ tient au Ciel, et le mal et le faux sont de l'enfer; en conséquence, de même que le Ciel et l'enfer ont été séparés, de même aussi toutes les choses en général et en particulier qui en proviennent se séparent. 6725. Et elle »lit dedans l'enfant, signifie que là est intimement la. Loi Divine dans son O1'Îgine : on le voit par la ~ignification de mettre dedans; en ce que c'est là intimement, parce que c'est dans la petite arche; et par la représentation de Moïse, en ce qu'il est la Loi Divine, ainsi qu'il sera expliqué dans la suite, ici la Loi Di­ vine dans son origine, parce qu'il était petit enfant. 67.26. Et elle le mit. dans l'algue sur le bord dit fleuve, signifie que d'abord elle était parmi les scienti{i.ques (aux; on le voit par la signification de l'algue, en ce que ce sont les scientifiques, ainsi qu'il va être montré, et par la signification du fleuve d'Égypte, en ce que c'est le faux, No 6693. Comment il se fait que eeux qui sont initiés dans le Vrai Divin soient d'abord places parmi les faux, on vient de le voir ci-dessus, N° 672q,. Si r Algue est le Scientifique,
  • 62. EXODE, CHAP. DELXIEME, 57 c'est pm;ce que toute IJerbe dans la Parole signifie quelque espèce de scientifique; l'algue, qui est sUl'le bord d'un Oeuve, signifie un scientifique vil; comme aussi dans l;:saïc: « Ils se retil'eront » les fleuves, et ils seront mis à sec, les torrents de l'Egypte, II le Tose an et l'algue se flétl'iront. » - XIX. 6 ; - les fleuves sont les choses qui appartiennent à l'intelligence, N°s 2702, 305"; les torrents de l'Égypte mis à seC sont les choses qui appartiennent à la science; le roseau et l'algue sont les scientifiques infimes qui sont les sensuels. L'Algue est prise pour les scientifiques faux dans Jonas : « Les eaux m'avaient enveloppé jusqu'à l'âme; l'abîme )l m'avait environné; l'algue était attachée à ma tête. » -II. 6 ; ­ dans ce prophétique est décrit l'état des tentations; les eaux qui avaient enveloppé jusqu'à l'âme sont les faux; que les inondations d'eaux soient les tentations et les désolations, on le voit, N0s 705, 739,790, 5725.; l'abîme qui avait enveloppé est le mal du faux; l'algue attachée à la tête, ce sont les scientifiques faux qui affligeaient le vrai et le bien; c'est ainsi qu'il en est dans l'état des désolations. 6727. Et sa sœU1' se tenait de loin pour comwilre ce qui lui aiTi­ verait , signifie le vmi de l'1{glise loin de là et l'attention. ; on le voit par la signification de la sœur, en ce qu'elle est le vrai ration­ nel, Nos 14,95, 2508, 252a., 2556, 3160, 3386, ainsi le vrai de l'Église, car ce vrai est le vrai rationnel; et par la signiflcation de connaître ce qui al'rivemit, en ce que c'est l'attention. 6728. Vers. 5, 6, 7,8,9. Et la fille de Pharaon descendit pour se laver an fleuve, et ses jeunes' filles allaient SUI' le côté dit fleuve, et elle vit le coffret dans le milieu de l'alyue; et elle envoya sa ser­ vante, et elle le prit. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfant, et voici un garçon pleurant, et elle eut pitié de lui, et elle dit : Des enfants des Hébreux celui-ci. Et sa sœltr dit à ln (tlle de Phal'aon : fmi-je el t'appellerai-je une femme nourrice d'entre les Hébreuses, et qu'elle t'allaite l'enfant. Et la fille de PIULmon lui dit; Va; et lCL ,jeune fiLLe alla, et elle appela la mère de l'enfant. Et la fille de Pharaon lui dit: Emporte avec lOi cet enfant, et allaite-le-moi, et moi je don­ nemi ton salaù'e ;et la femme pritl'enfcLIlt, et elle l'allaitet. - Et la fille de Pharaon descendit, signifie la religiosité là: pOUl' se laver au fleuve, signifie le culte d'après le faux: el ses ,jewlI's filles allaient
  • 63. 58 ARCANES CÉLESTES. sur le côté du flenve, signilie les sel'vices de cc culte qui pl'ovient du faux: et elle vit le coffret dans le milieu de l'algue, signifie l'aperception du vrai .qui est vil, parmi le scientifique faux: et elle envoya sa servante, signifie la servitude: et elle le prit, signifie la curiosite: et elle ouvrit, ct elle le vit, l'c.nfant, signifie l'investi­ gation de sa qualité, ct l'aperception que c'était le vrai d'après le Divin: ct voici Ull garçon pleuranl, signifie la tristesse: ct elle cut pitié de lni, signifie l'avertissement par le Divin: et elle dit: Des enfants des Hébreux, celui-ci, signifie qu'il était de ntglise même: et sa sœm' dit à la fille de Pharaoll, signilie le vrai de l'tglise au­ près de la religiosité là : irai-je et appelel'ai~je une femme lWWTice d'enlTe les llébreuses, signille l'aperception qne le bien devait lui Nre insinué pal' l'Église elle-même: ct la fille de Pharaon lni dit: Va, signifie le consentement pal' la religiosité là: ct la jeune {tlle alla, et elle appela la mère de l'enfltnt, signifie le Tai du bien de l'Église, lequel adjoig-nit les choses qui appaltiennent à l'Église: et la fille de Pharaon lui dil, signifie le consentement pal' la religio­ sité là : emporte avec toi ccl enfant, signifie pour qu'elle se l'adjoi­ gnit: et allaite-le-moi, signifie pour qu'elle lui insil1uàt le bien qui convient il la religiosité: et moi je donnerai ton salai7'e, signifie la rémunération: et la femme prit l'enfant, ct elle l'edlaita, sigllilie «(ue le bien lui était insinué par l'Ëglise. 6729. Et la {tlle de Pharaon descendit, signifie la Teligiosilé là : on le voit par la signification de la fille en ce qlle c'est l'aŒection du vl'ai et du bien, ct par suite, l'1~glise, N°s 2302, 3963; et, ùans le sens opposé, l'affection du faux et dUl11al, ct par suite, la religio­ sité d'après le faux ct le mal, N° 302!~, ici la religiosité d'après les scientifiques faux, parce que c'est la fille de Phetl'aon, ca'' Pharaon ici représente le scientifique faux, N°s 6651,6679, 6683, &692. Que les filles dans la Parole signifient des Églises, on peut le voir d'après un très-grand nombre d~ passages, où J'Jtglise est appelée Fille de Sion ct Fille de Jérusalem; ct que les filles signifient anssi les religiosités de plusieurs nations, religiosités' qui sont fausses, cela est encore évident pal' les passages où ces religiosités sont appelées filles, pal' exemple, Fille de Tyr, Ps. XLV. '13; Fille cl'Edam. Lament. IV. 2'2; Fille ries Chaldéeus et de Babel. ES:1Ïe, XLVll. ·1, 5. Jérém. L. ~1, q.g. LI. 33. Zach. 11. n. Ps.
  • 64. EXODE, CHAP. DEliXltME. 59 cxxxvn. 8; Fille des Philistills, l~zéch. XVI. 21,57; Fille de. l'harschisch, Esaïe, XXllI. 10. Fille de n::gYPle dans Jérémie; « Monte à Giléaù, et prcnds dn baume, vierge, fille cle l'Égypte. » Fais-toi un bagage d'émigration, habitante fille de l'Égypte: » clle a été 'cnùue confuse, la fille de l'1~'g?lPle, elle a été livrée » ùans la mafn du peuple du Septentrion. » - XLVI, 1'l, 19, 2,j. ; ..- la fiJle de J'Égypte, c'est l'afrection de ra~sonner, d'après les sCJCntifiques, SUI' les vrais de la foi, si ce' sont des vrais on non, lorsque le négatif règne j par conséquent, c'est 1:1 religiosité qui en résultc, et qui est teile, qu'on ne croit rien qne le faux. 6730. P01t1' se lave,' au fleuve, ,çignifie le wlte d'après le (ltUX : on le voit pal' la signification dc sc lave,', en ce que c'est la purifica­ tion des choses sales spirituellement entendues, ]'0 3,147; de là c'est le culte, parce que le culte est pOUl' la pUl'itieation j et par la signific:1Lion du fleuve, ici du fleuve <l'Égypte, en cc qu'il est le faux, j"°6693. 673,1. Et ses jeunes filles allaient' sur le côté dit {lcuvc, signifie l'!s se,'vices de celte "eligiosité qui. provient du {aux: on le l'oit par ta signification des jeunes filles, en ce que cc sont les services; C:1r, lorsque la fille de Pharaon signifie la religiosité, ses jeunes filles (ou snivantes) signifient les services de cette religiosité; et pal' la signification du fleuve, en cc qu'il est le faux, comme ci-des­ sus, N° 6730 : ainsi, cc sont les scrvices de la religiosité provenant du faux, qui sont signifiés pal' les jennes filles allant sur le côté du fleuve. 6732, Et elle vit le COffj'ct dans le milieu de l'algue, signifie L'aperccption du vrai qui est vil, parmi le scientifique (aux: cela est évident, d'après la signification de vOÏ1', en ce que c'est l'aper­ ception, N°s 2150, 3764, 4567 , 4723 , 5<100 ; pal' la signilicalion du cofli'et de jonc, en ce que c'est le vil, mais néanmoins dérivé du vrai, No 6723, ainsi le vrai qui est vil; et par la signification de l'algue, en ce que c'est le scientiftque faux, N° 6726 j ainsi, dan,s le milieu de ralguc, c'est parmi cc scientifiquc; il a été expliqué ci­ dessus comment ces choses se passent. 6733. Et elle envoya sa set'vantc, signifie la serviwde: on le "oit sans explication. G73~. Et clIc le In'il, signifie la curIOsité: on Reut le 'oir par la
  • 65. GO A.RCANES CÉLESTES. signification !le le prendre, savoir, le coffret, quand elle apercevait que c'était quelque vrai, qui était vil, parmi le scientifique, N0 6732, en ce que c'est la curiosité, savoir, de connaîtl'e quel était ce Yl'ai. . 6735. Et elle ouvrit, et elle le vit, l'enfeuzt, signifie l'investiga­ tioll de sa qualité, et l'aperception que c'était le vrai d'après le Di­ vin: cela est évident, d'après la signification d'ouvrir, en ce que c'est rechercher quel il était; car celui qui ouvre pour voir ce que c'est et quelle est la qualité, celui-là fait une investigation; d'après la signification de voh', en ce que c'est l'aperception, :!,"o 6732; et d'après la représentation de Moise, qui ici est l'enfant, en ce qu'il est la Loi Divine, ou le Divin Vrai, comme il sera montré dans la suite, ainsi le vrai d'après le Divin. 6736. Et voici, un fjCtrçon pleurant, signifie la tristesse: on le voit sans explication. 6737. Et elle eut pitié ele lui, signifie l'avertissement pal' le Di­ vin: on le voit par la signification d'avoir pitié, en ce que c'est l'inllux de la charite provenant du Seigneur; car, lorsque quel­ qu'un, [d'après la charité, voit une !lerSOnne dans la misère, comme ici la fille de Pharaon vit un enfant dans un coffret de jonc et pleurant, il existe une commisération, et comme elle vient du Seigneur, c'est un avertissement: ceux aussi qui sont dans la perception, quand ils sont émus de compassion, savent qu'ils sont avertis par le Seigneur de porter du secours. 6738. Et elle dit: Des enfants des lléb"eux, celui-ci, signifie qu'il était de l'Église mêm.e : Oll le voil par la signification des I-lébreùx, en cc qu'ils sont les choses qui appartiennent à l'Église, N°s 6675, 6684.; ainsi, les enfant.ç des Hébreux sont ceux qui sont de l'Église même. Si les Hébreux signifient les choses qui appartiennent à l'Église, c'est parce qu'à la fin de l'Ancienne Église commença l'Église Hébraïque qui était la se­ conde Église Ancienne; cette I~glise retint plusieurs des re­ présentatifs et des significatifs de l'Église Ancienne, et recoll­ nut aussi Jehovah ; de là vient que les Hébreux signifient l'Église: Sur l'Église Hébraïque, voir N°s 1238, 1241, ,1343 , 4516, HH7, 4.874·,5136. 6739. El sa sœllr dit à /a fille de Pllaraoll, signifie le l/rai de
  • 66. EX.ODE, CI-IAP. DEUXll~~lE. Gl l'1~gli.çe auprès de la l'eligiosilé là: on le voit par la signification de la sœur, en cc qu'elle est le vrai de l'Église, No 67'27 ; ct par la signification de la fille de Plta1'lton, en ce qu'elle est la religiosité, N° 672~ ; aupl'ès est signifié par cela qu'elle était pl'ésente quand la fille de Pharaon ouvrit le coffl'et. 67 ta. f1'lti-je et appellerai-je une femme nourl'iee d'enll'e les ,llébl'euses , signifie la perception 'lue le bien devait lui être insinué pal' l' Église elle-même : on le voit par la signification de la femme nourrice, en ce que c'est l'insinuation du bien, No 4-563 ; cal' le lait que la nourrice insinue signifie le bien du vrai, ou, ee qui est la même chose. le céleste spirituel, N° 2'18f~; ct par la signification des Ilébreu.ses,CJl ce qu'elles sont les choses qui appartiennent il l'Église, Nos 6675, 66tH; que ce soit la l)erception que pal' ces choses le bien devait être insinm, cela est signifié par elle dit : frai~je et appelle1'lti-je; car, dans le sens interne, est en tendu le vrai du bien qui a la perception, mais, dans le sens de la lettre, est entendue la jeune fille qui n'a pas la perception. Que la nourrice soit l'insinuation du bien, on le voit aussi dans Ésaïe: « Ils apporte- » l'ont tes fils dans leur sein, ct tes filles seront transpol'tées sur Il l'épaule, ct des Rois seront les nOll1Ticiers, ct leurs dames, les Il Nourrices. » -XLIX. 22, 23; -les rois nourriciers, c'est l'insi- nuation du vrai qui appartient il l'intelligence; les dames nour- l'ices, c'est l'insinuation du bien qui appal'tient à la sagesse. Dans le Même: « Élève tes yeux alentour, et vois; tous sont assemblés, Il ils viennent il toi; tes fils viennent de loin, ct tes filles Sll1' le côlé III son.t apporlées par les nourrices. » - LX. 4. ; -les fils qui vien- nent de loin, ce sont les vrais chez les nations, qui sont dites YenÎl' de loin, parce qu'elles sont loin du vrai de l'Église; les filles qui sur le côté sont apportées par les nourrices, cc sont les biens qui sont continuellement insinués: en effet, les filles sont les biens, et les nourrices sont les choses qui insinuent. 67 4~. Et La fille de Pharaon lui dit: va, signifie le consentement par celte religiosité: on le voit l)ar la représentation de /(t fille de Pharaon, en cc qu'elle est la religiosité, No 6729 : que cc soit le consentement, cela est évident sans explication. 6H2. Et la jellne fille alla, etelle appe/(t la lllè7"e de l'enfant, sigllifie /e v1'lti du bien de l'ltglise, leqlle/adjoignit les choses qui ap-
  • 67. 62 ARCANES CÉLESTES. partiennent à l'Êglise: on le voit par la signification de la jeune fille en ce qu'elle est le vrai du bien de l'Église, ainsi qu'il va être montré; par la signification d'appeler, en ce que c'est adjoindre, car si la jeune fille appelait, c'était pour qu'il adjoignît; et par la signification cle la mère, en ce qu'elle est l'Église, N°s 289, 269'1, 27-17, 5581, par conséquent aussi les choses qui appartiennent à l'Église. Dans la Parole est nommée la Vierge, et aussi la Jeune l?ille, mais celle-ci rarement dans la Langue originale par le nom exprimé ici; la Vierge signifie le bien qui appartient à l'Église cé­ leste, et la jeune fille le vrai du bien qui appartient à l'Église spiri­ tuelle; comme dans David: «( Ils ont vu tes démarches, ô Dieu, » les démarches ùe mon Dieu, de mon Roi, dans le sanctuaire; les • » chantres allaient devant, ensuite les joueurs cl'instruments, ail » milieu des jeunes fil/es quijonaienl du tympanon. Ps. LXVIII. )l- 25, 26; -les mots qui sont dans ce Verset, se disent tous des vrais du bien qui appartiennent à l'Église Spirituelle; qu'il soit dit Dieu quand il s'agit du vrai, on le voit N0s 2769,2807, 282'2, HO'2; le Roi est le vrai, N°s 16i2, 20'15, 2069, 3009, 4966, :SOH, 5068, 6148 ; les chantres sc disent cles vrais qui appartiennent à l'Église spirituelle, N°s 4-18, 419, 420; ceux qui jouent du tympanon sc disent du bien spirituel, No 4138 ; de là on peut savoil' que les jeu­ nes filles sont les vrais du bien qui appartiennent à l'Église spiri­ tuelle. 6743, Et la fille de Pharaon lui dit, signifie le consentement pal' la religiosité là; cela est évident, car elle avait donné l'enfant à la mère pOl1' qu'elle l'allaitât; le consentement par cette religiosité est signifié ici, comme ci-dessus, io 6741, où sont les mêmes paroles. 674!J..Ernporte avec toi cet enfant, signifie pour qu'elle se l'ad­ joignît: on le voit par la signification d'emporter, en cc que c'est adjoindre; par la signification de la mère qui ici est toi, en cc que c'est J'Église, ainsi qu'il vien~d' être dit, No 6142; pal' la repré­ sentation de Moïse, qui ici est J'enfant, en ce que c'est la Loi Divine dans son origine, dans le sens suprême chez le Seigneur, quand Lui-Même faisait qne son Humain fût la Loi Divine; et dans le sens respectif chez l'homme qui est régéné:'é, quand celui-ci est initié dans le Vrai Dilin, voir ci-dessus No 67Hi. 6745, Et allaite-le-moi, };i[jllific 1701I1' (Iu'clle lui in.~inllttlle bien
  • 68. EXODE, CI-lAP. DEUXIÈ~Œ. Ga flui convient ù celte religiosité: on le voit par la signifieation d'al­ lailer en ce que c'est insinuer le bien, ainsi qu'il va être montré; et par la représentation de la fille de Pharaon, en ce qu'clle est la religiosité, No 6729 ; ct comme elle dit de le lui allaiter, il est signi­ fié d'insinuer le bien qui convient à la religiosité. Qu'allaiter, ce soit insinuer le bien, cela est évident par la signification de la nour­ rice ou de celle qui allaite; en ce qu'elle est l'insinuation du bien, -ainsi qu'il a été dit ci-dessus, Ko 6740; et outre les passages de la Parole rapportés dans ce N°, on le voit aussi par ceux-ci, dans Moïse: « Ils appelleront les peuples sur la montagne, ils y sacl'ifie.­ )l l'ont des sacrifices de justice, parce qu'ils suceront l'afflucnce de let Il mer, et les choses cachées des secrets du sable. )l ­Denter. XXXIII. 19 : - c'est le propl1étique de ~loïse sur Zébulon ct Iisas­ ebar ; appelel' les peuples sur la montagne y sac: ifier des sacrifices ·dejustice, signifie le culle d'après l'amour; sucer l'afnuence de la mer, signifie qu'ils puiseront alors en abondance le vrai scientifique, ou qu'il sera insinué, sucer ici est le même mot qu'être allaité, et aussi dans les passages suivants. Dans Esaïe : « Je te poserai en .)l une magnificence d'éternité, une joie de génération ct de généra­ l) tion; et tu sncems le l(fit des nations, même tu suceras les mamel­ :» les des rois.)l - LX. ·15, '16 ; - là il s'agit de Sion et de Jéru­ salem, qui sont l'Église Céleste, Sion son interne, et Jémsalem son externe; slicer le lait des nations, c'est l'insinuation du bien céleste; sucer les mamelles des l'ois, c'est l'insinuation du vrai céleste: cha­ cun peut voir que dans ces paroles est caché un sens qui ne se mon­ tre point dans la lettre, et que c'est le saint qui est caché dans cc sens, par ce que c'est la Parole Divine, autrement qu'est-ce que ce serait que sucer le lait des nations et sucer les mamelles des l'ois? Le sens qui est caché, et qui est saint, ne se manifeste en aucune manière, à moins qu'on ne sache cc que signifie Slicer, ce que signifie le lait, cc que signifient les nations, les mamelles, les l'ois; que le lait soit le spirituel du céleste, ou le vrai du bien, on le voit, No 2184-; les nations sont le bien dans le culte, 1os ,t259, 1260, 1416, 1849, 6005; les mamelles sont les affections du bien ct du vrai, N° 6~a2; les rois sont les vrais, N°s '1672, ::lOi 5, 2069, 3009, 4.575,458'1, 4966,501.4, 5068, 6-148, et suce' est l'insinuation du hien ; ù'après cela, on peut saroir maintenant quel est le sens de
  • 69. 601 ARCANES CÉLESTES. ces paroles, quand elles sont appliquées à l'Église céleste, qui est Sion et Jérusalem ; quand Sion et Jél'Usalem sont nommées ensem· ble, par elles est signifiée l'Église céleste, par Sion son interne, et par Jérusalem son externe, comme il a été dit ci-dessus; mais quand Jérusalem est nommée sans Sion, alors pour l'ordinaire est signifiée l'Église spirituelle. Dans le ~Jême : « Afin que vous suciez )) et que vous soyez rassasiés par la mamelle des consolations de )) Jérusalem, et que vous exprimiez et trouviez des délices par la " splendeUl' de sa gloire: voici, je vais répandre sur elle comme " un fleuve la paix, et comme un torrent débordé la gloire des na­ )J tions, afin que vous suciez; sur le côté vous serez portés, et SUl' )J les genoux vous serez caressés. " - ;LXVI. ·1 ,1 , 12; - Sucer ici est aussi l'insinuation du bien. Dans Jérémie: « lVlême les baleines " présentent la mamelle, elles allaitent leurs petits; la fille de mon )) peuple (est) cruelle; la languc de celui qui tette est attachée à son " palais dans la soif. )) - Lament. IV. 3, 4.; - La fille de mon peuple, c'est l'~~glise spirituelle, ici cette église dévastée, elle n'al­ laite point ses enfants, tandis que les baleines allaitent les leurs, signifie qu'il n'y a aucune insinuation du vrai; la langue de celui qui tet.t.e est attachée à son palais dans la soif, signifie que le man­ que de vrai est tel, que le tout de l'innocence périt. ; celui qui tette est l'innocence, et la soif est le manque de vrai. 6746. Et moi je donnerai ton salaire, signifie la rémunération: on le voit sans explication. . 6747. Et la femme pl'it l'enfant, et elle l'allaita, signifie que le bien lui était insinu~ Pal'l' Église: on le voit. pal' la signillcation de la femme, en ce qu'elle est l'Église, ~os 252, 253; et par la signifi­ cation d'allaiter, en ce que c'est l'insinuation du bien, ]"0674.5. C'est le second état. qui est ici décrit; le premier état a été l'ét.at d'immission parmi les maux et les faux, No, 6724., le second est l'état. d'insinuat.ion du bien de l'I<~glise. 6748. Vers. ,10. Et l'enfant grandit et elle l'amena à la fille de Pharaon, et il lui fut POW' fils, et elle appela son nom Moscheh, et elle dit: parce que des eaux je l'ai tiré. - Et l'enfant grandit, signifie l'accroissement par le bien: et elle l'amena à ln fille de Pharaon, signifie l'affection des scientifiques: tt il lui fut pour fils, signifie de Iii pour elle les premiers vrais: et cfle appela son nom
  • 70. EXODE, CHAP. DKUXIÈiIE. 6() Jfosciteh, signifie la qualité de l'Nat alors: ct elle dit: parce que tles cauX je l'ai tiré, signifie la délivrance d'avec les faux. 6749. Et l'en(lmt grandit> signifie l'accToissement par le bien: on le voit par la signification de grandi!', en cc que c'est l'accrois­ sCinent; que cc soit par le bien, c'est parce qu'il grandit par l'allai­ tement, ct que l'allaitement par une Uebreuse est l'insinuation du bien de l'Église, 10 61ti5. 6750. Et elle l'amena à la fiUe de: Plwl'Uon, signifie l'affection des scientifiques: on le voit par la représentation de la fille de Pha­ raon, en cc qu'clic est la religiosité, 1'0 6729, mais ici l'affection des scientifiques, car c'est le troisième état qui est décrit dans ce Verset, ct alOl's par la lille est signiliéc l'flffection, N°s 2362, 3963, et par Pharaon le scientifique dans le commun, N° 60,15, ainsi pal' la fille de Pharaon l'affection des scientifiques; cela est encore évident par la série des choses dans le sens interne, car Moïse, parce qu'il représente le Seigneur quant à la Loi Divine, n'a pli être amené à la fille de Pharaon et lui être pour fils, si pal' elle était signifiée la religiosité comme auparavant; ct en outre les scienti­ fiques sont les choses qu'apprennent d'abord ceux qui sont régéné­ rés, car les scientifiques sont un plan pour les choses d'entende­ ment, et l'entendement est le récipient du vrai de la foi, N° 6125, ct le vrai de la foi est le récipient du bien de la charité; de là on peu t voir que le scientifique est le premier plan quand l'homme est lé­ généré. Que le scientifique ait aussi éte le premier plan pour le Seigneur, quand il fit son Humain le Divin Vrai oula Divine Loi, c'est ce qui est signifié en cc que le Seigneur, quand il était enfant, fut amené en Égypte, MaUh. II. '13, 14.; ct de même pal' cc pas­ sage prophétique dans Bosée; {( De l'Égypte j'ai appelé mon Fils. II - XI. 1, Matth. II. 15; - que l'Égypte signifie les scientifiques, c'est ce qui a été montré plusieurs fois; mais par les scientifiques sont entendus non les scientifiques Philosophiques, mais les scien­ tifiques de l'Église, voi,' l"os 4-749, 4-964., 4965, 4966, 600,i; cc sont aussi ces scientifiques qui sont signifiés dans le sens réel par l'Égypte. Que le premier plan s'établisse par ces scientifiques, on le voit N° 5901. 6751. Et il lui (ut ponr fils, signifie de là. pOUl' elle les premiers vrais: on le voit par la représentation tic la fille de Pharaon, qui XI. [,
  • 71. 66 ARCANES CÉLESTES. ici est lui ou il elle, en ce qu'elle est l'affection des scieutifiques, -comme il vient d'être expliqué N0 6750; et par la signiflcation du fils en cc que c'est le vrai; N0s t89, 49,1, 533, 2623, 3313, ici le premier vrai, car lui t?trc pOUl' fils, c'est être dans les premiers vrais par les scientifiques : en effet, les premiers vl'ais' naissent des scientifiques, et ainsi sont comme des fils provenant d'une mère qui est l'affection des scientifiques: que le scientifique soit un plan pour les vrais qui appartiennent à l'entendement et il la foi, on le voit ci-dessus N° 6750. L'homme procède dans les choses de la foi quand il est régénéré, presque comme il procède dans les vrais qui ne sont pas de la roi quaud il grandit; quand il grandit, les sensuels sont un promier plan, puis les scientifiques, ct sur ces plans croît ensuite le jugCl11ent, chez l'un plus, chez l'autre moins ;',quandl'llom!11e est régénéré, les communs de la foi 011 les rudiments de la doctrine de l'Église sont un premier plan, puis ce sont les particuliers de la doctrine et de la foi, ensuite succes­ sivement des cllQses plus intérieures, ce sont ces plans qui sont illustrés pal' la lumière du Ciel; de là l'intellectuel ct le perceptif de la foi ct du bien de la charité. 6752. Et elle appeler son nom Moscheh, signifie la qualité de L'état alors: on le voit pal' la signification du Nom ct d'appeler le nOTn, en ce que c'est la qualité, N°s 144,145, '1754, '1896, 2009, 2724,3006,342'1,6674, ici la qualité de l'état, parce Clue, quand .quelqu'un est nommé, le nom même signifie l'état, N°s 1946,2643, :3422, 4/298; la qualité de l'état qui est signillée, est la qualité de l'état de la Loi Divine dans le commencement chez le Seigneur~ et la qualité de l'état du vrai Divin dans le commencement chez l'homme qui est l'égénél'é. Il y en a deux surtout qui repr('sentent le Seigneur quallt à la Parole, savoir, Moïse et Élie, Moïse le Sei­ gneU!' quant aux Livres historiques, Elie quant aux Prophétiques; il Ya aussi en outre Élisée, ct en dernier lieu Jean-Baptiste, c'est pourquoi c'est celui-ci qui est entendu par Élie qui devait venir,­ ~Iatth. XVII. 10, 101, '12, 13. Luc, 1.17,; -mais avant qu'il puisse être montré que Moïse représente la Loi Divine, il faut dire ce que c'est que la Loi Divine. La Loi Divine dans le sens large signifie toute la Parole; dans un sens moins large, elle signifie la Parole Historique; dans le sens stricl, cc qui a élé écrit par Moïse; et dans
  • 72. EXODE, CHAP. DEUXIl~ME, G7 le sens le plus stric t, les. dix. préceptes gravés SUl' les taLles de pierre SUl' la montagne de Sinaï; Moïse l'eprésente la Loi dans le sens moins large, puis dans le sens strict, el aussi dans le sens le plus strict. Que la Loi dans le .sens hu'ge soit lOule la Pm'ole, tant historique que prophétique, on le voit dans Jean: "Nous (wons » apP"is par la Loi, que le Christ (le ~Iessie) demeU'e pOUl' ]'éler­ " nité, » - XII. 34-; - qu'ici par la Loi soit aussi entendue la Parole Prophétique, on le voit clairement, car cela a été écrit dans Esaïe, Chap, IX, 5, 6; dans David, Ps. ex. 4-; et dans Daniel, Chap. VII. '13, 1 L - Dans le Même: "Afin que fût accomplie la " Pm'ole éc1'ite d(tlls la Loi: Ils m'ont haï sans cause. »- XV. 2i) ; -pareillement, car cela a été éCl'it dans David, Ps. XXXV. 19.­ 'Dans Matthieu: "En vérité, je vous dis, jusqu'à ce que passe le » ciel et la terre, un seul iota, et un seul croissant (de lettre) 1li: )1 passem point de la Loi, que toutes choses ne soient faites. » ­ V.18; - ici la Loi est dans le sens large pour toute la Parole. Que La Loi dans un sens moins large soit la Pm'ole Ilist01'ique, on le voit dans Matthieu: CI Toutes les choses que vous voulez que vous '11fassent les hommes, de même aussi, vous, faites (-les) leur; cm' " c'est la Loi ct les Prophètes.» - VII. '12; - ici la Parole est distinguée en Loi et en Prophètes, et comme la Parole a été dis­ tinguée en Historique et Prophétique, il s'ensuit que par la Loi est entendue la Parole historique, et par les Prophètes la Parole prophétique. Pareillement dans le lJême; " De ces deux comman­ l> dements dépendent la Loi el les Prophètes,» - XXII. 4-0.­ Dans Luc: "La Loi et les Prophètes jusqu'à Jean, delmis lors le » Royaume de Dieu est évangélisé. » -XVI. 16. Matth. XI. 13. ­ {Jue La Loi dans le sens strict soit la Parole qui a été écrite rar Moïse, on le -voit dans Moïse: " Quand i'loïse eut achevé d'écrire Il Les paroles de cette Loi dans un livre, jusqu' ct cc qu'il les eùt com­ Il plétées, Moïse commanda aux Lévites qui portaient l'arcllC de Il Jéhovah; disant: Prenez le Livre de cette Loi, et placcz'-le il Il côté de l'arche d'a.!iallcc de Jéhovah votre Dieu. » - XXXI. 24., 25, 26; - le Livre de la Loi, ce sont les livres de Moïse. Dans le Même: Si tu ne prends pas garde à fail'e toutes lcs pm'oles de t( Il celte Loi éel'ites dans ce Livre, toute maladie et toute plaie, qui .. n'ont point été écrites dans le Livre de cette Loi, Jéhovah secrè­
  • 73. 6H ARCANES Cl~LESTES. » toment les enverras sm toi, jusqu'il cc que tu sois détruit. » ­ Deuter. XXVIIl. 58, 61, - pat'eillement. Dans David: « Dans la » Loi de Jéhovah (est) son grand plaisir, et dans Sa Loi il médite » jour et nuit.») - Ps. 1. 2, - la Loi de Jéhovah, cc sont les Livres de Moïse, car les Livres prophétiques n'existaient pas en­ core, ni les Livres historiques, excepté le Livre de Josué et celui des Juges: ct en outre dans les passages olt il est dit la Loi de Moïse; il en sera parlé clans cc qui va suivre. Que leL Loi dans le sens le plus strict soit les dix préceptes gravés sur les tables de pierre sur la montagne de Sinaï, cela est notoire, voir Josué, VIII. 32; mais cette Loi est aussi appelée le Témoignage, Exod. XXV. 16, (iH. Que Moïse représente la Loi dans le sens moins large, ou la Parole Historique, puis dans le sens strict, et aussi dans le sens le plus strict, on le voit d'après ces passages, olt au lieu de la Loi it cst ditlIoïse, ct ailla loi est appelée Loi de i'Ioïse, comme dans Luc: « Abraham lui dit : Ils ont Moïse et les Prophètes, qu'ils les écou­ ~) tent; s'ils n'éCoutent pas ilfoïse et les Prophètes, lors même que )1 quelqu'un des morts ressusciterait, ils ne seraient pas non plus ) persuadés.)) -XVI. '29, 3'1 ; - ici par Moïse et les Prophètes, il est signifié la même chose qne par la Loi et les Prophètes, savoir, la Parole historique et prophétique, de là il est évident qne l1oïse est la Loi ou la Parole historique. Dans le Même: « Jésus commen­ )) çant par ifloïse ct continuant par tous les Prophètes., leUl' expliqua » dans toutes les écritures les choses qui Le concernaient.))-XXIV. 27. -Dans le même: « Il fant que soien t accomplies toutes les choses » qui ont été écrites clans la Loi de Moïse, et dans les Prophètes, )) <Ct dans les Psaumes, concernant Moi.)) - XXIV. H. - Dans Jean: « Philippe dit: Celni qu'a décrit Moïse a(ms la Loi, nous » l'avons trouvé, Jésus. )) ~ I. 4·6. - Dans le même: Dans la loi, » illoïse nous a commandé.» - VIn. 5. - Dans Daniel: « Sur )) nous a découlé la malédiction et le serment qui est éerit dans la » Loi de !lloïse, serviteur de Dien, parce que nous aVOns péché )) contre Lui. Selon qu'il est écrit dans la Loi de Moïse, tout œ )) mal est venu SUI' nous. )) - IX. 1,), ,13. - Dans Josué: « Josué » écrivit sUI' la pierre de l'Autel une copie de la loi de Moïse. )) ­ VIII. 32, - il est dit la Loi de Moïse, parce que Moïse représente le SeigneUl' quant il la Loi:, c'est-à-dire, quant il la Parole, dans
  • 74. EXODE, CILP. DEUXIÈME. 69 le sens moins large quant il la Parole Historique; de Hl vient qur 'ce qui appartient au Seigneur est attribué à l'I'Ioïse, comme dans Jean: « Moïse ne L'OUS a-t-il pas donné la Loi? Moi:se L'OUS a donné » La circoncision. Si un homme reçoit la circoncision dans le Sab­ » bat, afin que ne soit point violée la Loi de Moise. » - VlI.1!l, » 22, 23. - Dans l'IIarc : .ilfoïse a dit: Honore ton pèreet ta mèrc. Il - VIl. ,10. - Dans le même: Jésus répondant leur dit: Que vous I( » a commandé Moïse? Ils dirent: MOise a permis d'écrire la lettrc » de divorce et de renvoyer. )) - X. 3, .1. - Et comme c'est il cause de la représentation que ce qui appartient au Seigneur est attriblll~ à Moïse, il est. dit et la Loi de Moïse et la Loi du Seigneur, dans Luc: « Quand furent remplis les jours de la puriftcation, selon lc~ » loi de llfoïse, ils l'amenèrent à Jérusalem, pour (le) présenter aq )) Seigneur, comme il a été écrit danslaLoi duSeigneltl', que tout » m<Île ouvrant l'utérus sera appelé saint au Seigneur, et pour » donner en sacriCtce, selon cc qui a été dit clans la loi du Sei­ )) gneuI", une paire de tourterelles et deux petits de colombes. )) ­ II. 22, 23, 24,39. - Parce que Moïse représentait la Loi, il lui fnl permis d'enlrer yers le Seigneur SHI' la montagne de Sinaï, et nO)1­ seulement d'y rOl;evoir les tables de la Loi, mais aussi d'entendrc les statuts et les jugements ùe la Loi, ct de les confier au peuplc, ct il est dit aussi que pal" suite ils cI'oiraient en ilfoïse pOUl' [' ùer, nité: « Jéhovah dit à l'IIoïse: Voici, Moi je viendrai vers toi dans le t,,~ » brouillard de la 'ntl~,t, afin que le peuple entende quand je te 71(11'­ » Lerai, et que même il.s croient en loi pOUl" l'éternité, )) - Exoc!. XIX, 9; - il est dit dans le brouillard de la nuée, parce que par Ia nuée est entendue la Parole dans la lettre, de là' aussi quand 1Ioïse entra vers le Seigneur sur la montagne de Sinaï, il est dit qu'il entra dans la Nuée,-Exod. XX.1S. XXIV. 2, 'IS. :XXXIV. 2, 3, 4, 1) ; - que la Nuée soit le sens littéral de la Parole, on le voit Préf. de la Geu., Chap. XVlII, puis N°s 4050, ~391, 592'2, 634:3 f. Et parce qu'il représentait la Loi ou la Parole, c'est pour cela même que quand il descendit de la montagne ùe Sinaï. « la peau de ses {aces rayonnait tandis qu'il parlait i et il mettait Slui ses faces un voile. II - Exoc1. XXXIV. 28 il 35 ; - le rayon nemen t de ses faces signiliait l'Interne de la Loi, car cct interne est dans la Lumière du Ciel cl en conséqllcnce appelé p:loil'c, l'°5922, ct le,
  • 75. 70 ARCANES CltLESTES. voile signillaitl'Externe de la Loi; s'il voilait sa face tanùis qu'il parlait avec le peuple, c'était parce que l'Interne lui aVait été ca~ cM, et était tellement obscur pour ce peuple, qu'ils n'auraient pu soutenir aucun éclat de cette lumière; que la face soit l'Interne, on le voit ~os '1999, 2~34, 3527, 3573, 4,066, ~796 à ~805, 5102, :56G;j. Comme Moïse représentait le Seigneur quant à la Parole Historique, et Élie le Seigneur quant il la· Parole Prophétique, c'est pour cela que, quand le Seigneur fut transfiguré, " Moïse et t~lie furent YUS conversant avec Lui. » - i)'lattb. XVII. ~; - et alors que le Divin du Seigneur apparaissait dans le lIIonde, d'autres que ceux. qui représentaient la Parole n'ont pas pu converser avec lui, car la conversation avec le Seigneur a lieu par la Parole; qu'Élie ait représenté le Seigneur quant à la Parole, on le voit Nos 2762, 5'2!l7 f. Et comme l'un et l'autre, tant Moïse qu'Élie, re­ présentaient ensemlJle toute la Parole, c'est pour cela que lorsqu'il s'agit d'J~lie, qui devait êtl'C envoyé devant le Seigneur, il est parlé de l'un ct de l'autre dans lUalachie: « Souvenez-vous de la Loi de )) Moïse, mon serviteur, que je lui ai commandée en Choreb pour » tout Israël, des statuts et des jugements: Voici, Moi, je vous )) envoie lilie le pmphète, avant que vienne le jour de Jéhovah, 'Il grand et terrible. )) - III. 22, 23, 24, ; - ces paroles signifient qu'il serait envoyé d'avance quelqu'un pour annoncer l'avènement scIon la Parole. 6753. El elle dit: parce que des eaux je l'ai tiré, signifie la déli­ Vl'ance d'avec les {aux: on le voit par la signification des eaux, ici des eaux. du fleuve d'Égypte, en ce que ce sont les faux., No 6693; et par la signification de tirer, en ce que c'est la délivrance. Dans ces paroles est contenue la qualité de l'état, qui est signifiée par le Nom de Moscheh; cette qualité dans le sens suprême renferme que le Sei­ gneur, pour qu'il devînt Loi Divine quant à l'Humain, s'est délivré de tout faux qui était adhérent à son Humain venant de la mère, et cela jusqu'il ce qu'il fùt devenu Loi Divine, c'est-à-dire, Divin Vrai Même, et ensuite, après avoir été glorifié, il devint le Divin Bien, qui est l'J:tl'e du Divin Vrai ou .Jéhovah. 6754. Vers. '1'1, ·12, '13, H. Et il arriva dans ces joul's-là, et Moscheh avnit grandi, et il sortit vel'S ses {l'ères, et il vit lew's {aI'­ deau.x; et ill'it un IW1J!mc Jtgyplicn {mppant un 1101I1n/e l1ébrClt
  • 76. EXODE, CHAP, DEUX.IÈME. 71 d'elltl'e ses {l'ères. El il sc louma çà el là, cl il vit que (il n'y avait) aucun homme, cl il frappa l'Égyptien, elille cacha dans le sable. Et il sortit le second jour, cl voici, deu.x hommes Hébrcux se que­ rellant, et il dit au mée/wnl : pourquoi fmppes-llL ton compagnon? Et il dit: qui t'a posé en homme prince cl juge sur nous? est-cc pour me tuer que tu dis (cela,) de même que tu as wé l'Égyptien? Et Moscheh cmignil, elll dit: certes, la chose est connue. - Et il arriva dans ce,ç jours-là, et Moscheh avait grandi, signifie pendant que ces états duraient, ct l'accroissement dans les vrais scientifiques: et il sortit vel'S ses {rèl'eii, signifie la conjonction avec les vrais de l'Église: ct ilvit leurs {anlet.tux, signifie l'aperception qu'ils étaient infestés pal' les faux: et il vit un homme Égyptien {l'appant un homme Hébl'eu, signifie le scientifique détourné s'efforçant de détruire le vrai de l'Église: d'entre ses {l'èI'es, signifie auxquels il avait été conjoint: ct il se tourna çà et là, et il vit que (il n'y avait) aucun homme, si­ gnifie la pl'Udence pour s'assurer s'il était en sù'etIS: et il {mppa l'Égyptien signifie qu'il détl'Uisit le scientil1que détourné: et il le cacha dan,ç le sable, signilie qu'il le relt~glla oil sont les faux: et il sortit le secondjoUl', signifie la conjonction de nouveau avec l'Église: .ct voici, deux hommes Hébreux se querellant, signifie l'aperception qu'au-dèdans de l'Église ils combattaient entre eux: el il dit au méchant: pom'quoi {mppes-lll ton compagnon? signifie la répri­ mande de cc que l'un voulait detruire la foi de l'autre: et il dit: qui t'a posé en homme ln-ilzcc et juge sur nous, signifie la perception (lU'il n'était pas enCOl'e assez avancé dans les vrais de l'Itglise pOUl' décider les diITtSrenLs au-dedans de n:;glise: est-ce pO/li' me /Uer que tu dis (cela), signifie est-ce que tu veux détmire ma foi: de même que tu as tué l'Égyptien signille de même qne tu as détruit ]e faux: et llIouhelz craignit et il dit : certes la chose est connue, signifie qu'il était parmi les scientifiques détûul'n.és, ct non encore dans les vrais, pour être en sÙl'eté. ll755, Et il arriva clans ces jours là, et Mvselzeh avait grandi, signifie pendant que ces états dltraient, et l'acc1'Oisemenl dans les vrais scientifiques: on le voit par la signification des }ollrs, en ce que ce sont les états, Nos 23, 487, [,88, 493,893,2788, ;1162, 378:), 4850; de là il arriva dans ccsjOUts là, c'est pcnd:Hit que ces l:lal', duraient; et par la signiacation de [jml1dir, en ce que c'est rac~
  • 77. 72 ARC.l."ES CÉLESTES. croissement, comme ci-dessus, N° 6749; que ce soit l'accroisse- . ment dans les vrais scientifiques, cela est évident d'après cc qui vient d'être expliqué, No 6751. 6756. Et il sortit vers ses {l'ères, signifie La conjonction avec Les vrais eLe l'ÉgLise: on le voit par la signification des frères, en ce qu'ils sont les vrais de l'Église, ainsi qu'il va être montré; et par la signification de sortir vers eux, en ce que c'est être conjoint à eux. Quant à ce qui concerne les frères, ils signifient tantôt les biens, tantôt les vrais de l'Église; lorsqu'il s'agit cie l'I~glise céleste, ils signifient les biens, et quand il s'agit de l'Église spirituelle ils si­ gnifient les vrais; cela vient de ce que l'Église céleste est dans le bien, et l'Église spirituelle dans le vrai; et dans les temps anciens tous ceux qui étaient de l'Église s'appelaient frères; ceux qui étaient de l'l~glise spirituelle s'appelaient, à la vérité, frères d'après le bien, No 3803, mais les hommes de l'Église Interne le faisaient avec dif­ férence selon la qualité du bien, ainsi selon les vrais, car le bien a sa qualité par les vrais: plus tard, quand l'Église se détourna du bien, et par suite aussi du vrai, ce n'était plus d'après la consan­ guinité et l'affinité spirituelles, appartenant à la charité et à la foi, qu'ils s'appelaient mutuellement frères, mais c'était seulement d'a­ près la consanguinité et l'affinité naturelles, et aussi d'après l'ami­ tié; et ils commencèrent même à supporter avec dédain d'appeler frère un homme d'une condition plus basse que la leur; et cela, pal'ce qu'ils regardaient comme peu de chose ou comme rien les proximités d'origine spiritùelle, et considéraient beaucoup et comme préférables à tout autre les proximités d'origine naturelle et civile. Que les vrais de l'Église soient appelés frères, on le voit en ce que les fils de Jacob représentaient les vrais de l'Église dans le com­ plexe, N°s M03, 5t.19, 54.27, 54.58, 55,1 '3. Si dans les Anciens temps ils s'appelaient frères d'après l'affinité spirituelle, c'est parce que la nouvelle naissance ou la régénération faisait les consangui­ nités et les affinités dans un plus haut degré que la naissance natu­ l'elle; et parce que celles-là tirent leur origine d'un seul Père, c'est­ à-dire, du Seigneur; c'est de là que les hommes qui viennent dans le Ciel après la mort, ne reconnaissent plus aucun frère, et même ni mère ni père, si ce n'est d'après le bien et le vrai; c'est scion le bien et le vrai qu'on y forme de nouvelles fraternités: de là Yicnt
  • 78. EXODE, CHAP. DEUXIÈME. n donc que ceux qui ont été de l'Église se sont mutuellement appelés frères. Que les tils d'Israël aient appelé frères tous ceux. qui descen­ daient de Jacoh, et compagnons tous les autres, on le voit claire­ ment par ces passages; dans Ésaïe: « Je confondrai l'Égypte avec » l'Égypte, afin qu'ils combattent l'homme contre son (l'ère et » l'homme contre son compagnon. »- XIX. 2. - Dans le Même: « L'homme aide son compagnon, et il dit à son (l'ère: Fortilie-toi.» - XLI. 6. - Dans Jérémie: « Défiez-vous l'homme de son com­ » pagnon, et ne vous fiez à aucun (rè1'e; car lout frère en supplan­ » tant supplante, et tout compagnon calomnie. » - IX. 3. - Que tous ceux qui descendaient de Jacoh se soient appelés frères, on le voit dans Ésaïe: « Alors ils amèneront fous vos frères de toutes les » nations, en présent à Jéhovah, SUI' chevaux, sur chal' et SUl' voi­ » turcs couvCltes. n - LXVI. 20. - Dans Moïse: « En établissant n tu établiras SUl' eux un roi, qu'aura choisi Jéhovah ton Dieu, dit n milieu de tes {l'ères, tn étahliras sur eux un J'oi ; tu ne pourras pas II mettre sur eux un homme étranger, qui ne soit pas leur frèrc. n -Deutér. XVII. 15. - Et parce qu'il descendaient de Jacob, ils appelèrent aussi frères les lilsd'Ésaü; dans Moïse: « Nous traver­ n sûmes avec nos {"è1'es lcs fils d'Ésaü, qui habitent dans Séil'. n ­ Deutér. II. 8. ~ Si dans les anciens temps ceux. qui étaient de l'~:­ l'lise s'appelaient frères, c'était, comme il a été dit ci-dessus, pal'ce qu'ils l'econnaissaient le Seigneur pOUl' leur Unique Pèl'e, et parce qu'ils avaient par Lui une nouvelle âme ct une nouvelle vie; c'est pour cela que le Seigneur dit: « Ne vous laissez point appeler n Rabbi; un seul est votre lIaître, le Chl'ist; mais vous tous, vous » êtes (l'ères.» - Matlh. XXIII. R. - Comme la fratel'llite spil'ituelle procède de l'amour, savoir, en ce que l'un est tout entier à l'autl'e, et comme ceux qui sont dans le hien IC sont dans le Seigneur et le Seigneur en eux, n - Jean, XlV. 20, - voilà pourquoi ils sont appelés fl'è~es pal' le Seigneur, dans Matthieu :. « Jésus étendant sa n main sur ses disciples, dit: voici ma Mère et mcs (rè,'cs; car n quiconque aura fait la volonté de mon Père qui est dans les n Cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère. » - XII. 49. - Dans le Même: « En tant que vous avez fait (ces choses) à » l'un des plus petit de mes {l'ères, vous me (les) avez faites: n ­ XXV. 40,-et il appella aussi frères les cliseiples,--.lalth. XXVUI.
  • 79. 7.1 ARCANES CÉLESTES. 10. Jean, XX. ,17; -par les disciples, dans le sens représentatif, sont entendus tous ceux qui sont dans les vrais de la foi et dans le bien de la charité. 6757. Et il vit lcU7's farclcaux, signifie l'aperception qu'ils étaient infestés pal' les faux: Cela est évident par la signification de voir, en ce que c'est l'aperception, N0 6732; et pal' la signification des fardeaux, en ce que ce sont les infestations par les faux; en effet, les fardeaux qui étaient imposés aux fils d'Israël par Pharaon ne sont pas autre chose dans le sens spirituel; Pharaon est le scien­ tifique faux, Nos 6651, 6679, 6683; les infestations pal' les faux ne sont pas autre chose que des fardeaux pour ceux qui sont dans les Vl'ais. Comment la chose se passe à l'égard des infestations par les faux, lesquelles sont des fardeaux pour ceux qui sont dans les vrais, c'est ce que ne peut savoir l'homme tant qu'il vit dans le monde, car alors il n'est pas infesté ainsi; en effet alors ou son mental s'attache aux faux, ou il les chasse, et cela sans infestation sensible; mais dans l'autre vic, quand ceux qui sont dans les vrais sont infestés pal' les faux, ils sont tenus comme ènchaînés dans ces faux par les mauvais esprits, mais les intérieurs du mental sont par le Seigneur tenus dans les vrais par lesquels sont chassés les faux: l'état des infestations par les faux, tel qu'il est dans l'autre vie, est entendu ici dans le sens interne, ainsi que plusieurs autres choses; car la Parole a été écrite non-seulement pOUl' l'homme, mais aussi pOUl' les esprits et les anges, 6758. Et il vit nn /tomme Égyptien frappant un homme Hébreu, .signifie le scientifique détou1'llé s'efforçant de détl'ui,'e le vrai de l'Église: on le VO!t par la signification de l'homme Égyptien, en ce qu'il est le scientifique désuni d'avec le wai, N°·6692; par la signi­ cation de frappc/', en ce que c'est détruire, ici s'efforcer de détruire, parce que les faux ne peuvent détruire les vl'ais; ct par la signifi­ cation de l'homme Ilébl'eu, en cc qu'il est le vrai de l'ltglise, car l'homme (vil') signifie le vrai, N°· 313~, et l'llébl'eu l'Église Nos 6675, 668~. 67;'19. D'entl'e ses frères, ûgnifie m,xquels il avait été conjoint : on le voit par la signification des fi'ères, en ce qu'ils sont les vrais. de l'Église, N° 67;,)6; comme il étaU lui-même dans ces vrais, el comme les vrais de ntglise, qui sout signifiés par les frères, étaient
  • 80. EXODE, CHAP. DEUXIÈ~IE. 75 ceux avec lesquels il avait été conjoint, la conjonction est entendue ici, dans le sens intel'l1e, à cause de l'enchaînement des choses. 6760. Et il se tourna çà et là, et il vit qu'il n'y avait aucun homme, signifie la prudence pom' s'assw'er s'il ét((,it en s1Îreté : on peut le voir sans explication. 6761. Et il frappa l'Égyptien, signifie qu'il détruisit le scientifique tlétoul'né : on le voit par la signification de (l'appe)' en cc que c'est détruire, comme ci-dessus N° 6758; ct, par la signification de l' J!:­ gyptien, en ce qu'il est le scientifique détourné du vrai, No 6692. 6762. Et il le cacha dans le sable, signifie qu'il le relégua où sont les faux: on le voit par la signification de cacher, en ce que c'est l'Cléguer; ct par la signification du sable, en cc que c'est le scien­ tifique vl'ai, et dans le sens opposé le scientifique faux; si le sable :l cette signification, c'est parce que la piene, dont provient le sa­ ble, signifie l'un ct l'autre, Nos ~ 298, 3720, 3769, 3771, 377.3 , 3789, 3798, 6!k26; le vrai est signifié aussi par le sable dans Moïse: ({ Zébulon ct Jisaschar appelleront les peuples sur la mon­ )l tagne, ct ils sacrifieront des sacrifices de justice, parce qu'ils )1 suceI'Ont l'affluence de la mer, et les choses cachées des secrets du )l sable.» - Deutél'. XXXIII. 18, 19; - appeler les peuples sur la montagne, c'est faire que les vl'ais deviennent des biens, ou que la foi devienne charité, car les peuples sont les vrais de la foi, la 1 montagne le bien de la charité; sacrifiel' des sacrifices de justice, c'est le culte d'après la charité; sucer l'affluence de la mer, c'est avoir en abondance les vrais scientifiques; les choses caclIées des secrets du sable, cc sont les arcanes des scientifiques vrais; et comme le sable signifie le scientifique vrai, il signifie aussi dans le sens opposé le scientifique faux, car la plupart des mots dans la Parole ont aussi le sens opposé, et d'après le sens réel on connaît quel est le sens opposé. Voici ce qu'il en est de l'action de reléguer parmi les faux, qui est signifiée par il le cacha dans le sable: les esprits infernaux qui sont dans les faux, après avoir été dans le monde des esprits, et s'y être efforcés de détruire les vrais chez ceux qui sont dans la tent,ation, sont ensuite relégués dans les en­ fers, d'où ils ne peuvent plus sortir; il m'a été donné de le savoir pal' un grand nombre d'expériences; voilà ce qui cst f.ignifié par la relégation parmi les faux.
  • 81. 76 AHCANES CÉLESTES. 6763. Et il .50/'tit le second jour, signifie la conjonction de nou­ veau avec l'Église: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N0 6756, où sont des paroles semblables. 6764, Et voici, deux hommes lléb,'eux se que1'ellant, signifie l'aperception qu'au-dedans de l'Église ils combattaient ent1'e eux: cela est évident par la signification de voici ou de voir, en ce que c'est l'aperception, N0s 2~ 50, 3764, 4567, 4723, 5400 ; par la signifi­ cation des hommes Hébreux, en ce qu'ils sont ceux qui sont de l'Église, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, N0 6758 ; et pal' la signifi­ cation de se quereller, en ce que c'est combattre, 6761>, Et il dit au méchant pourquoi fmppes-tu ton compagnon? signifie la réprimande de ce que l'un voulait détruire la foi de l'au­ tre : on le voit par la signification du méchant, en ce que c'est celui qui n'est pas dans le vrai de la foi, mais qui est néanmoins au-de­ dans de l'Église; en effet, il yen a au-dedans de l'Église qui sont dans le vl'ai de la foi, et il y en a qui ne sont pas dans le vrai, comme on peut le voir d'après diverses hérésies; ceux qui sont dans l'hérésie ou dans le non-Hai de la foi, sont entendus ici pal' le méchant; par la signification de frapper, en ce que c'est détruire, comme ci-dessus, N0 6758; et par la signification du compagnon, en ce que c'est celui qui est dans le vl'ai de la foi; car, puisque le méchant signifie celui qui est dans le non-vrai de la foi, le compa­ gnon signifie celui qui est dans le vrai de la foi; il est dit le com­ pagnon et non le friJre, quoiqu'ils fussent tous deux Hébreux, parce qu'ils étaient ennemis; que ce soit une réprimande, cela est évident. Voici comment la chose se passe: quand l'homme est régénél'é, il est envoyé dans des combats contre les faux, et alors tenu par le Seigneur dans le vrai, mais dans ce vrai qu'il s'était persuadé être le vrai; d'après ce vrai on combat contre le faux; on peut même combattre d'après un vrai non-réel, )ourvu qu'il soit tel, qu'il puisse en quelque manière être conjoint avec le bien, et il est conjoint avec le bien pal' l'innocenœ, car l'innocence est un moycn de con­ jonction; c'est de là que ceux qui sont au-dedans de l'Église pcu­ vent êtI'c régénérés d'apl'ès unc doctrine quelconque, mais plus que les autl'es ceux qui sont dans les vrais réels, 6766. Et il dit: qlti t'a posé en homme prince et juge sur nOlIS, signifie la perception qlL'il n'était pas enco/'e asse~ cu'ancé dans les
  • 82. EXODE, CUAP, J)EUXII~ME. 77 t'rais tic la roi pour décider les différends au-dedans de l'J!;glise : on Je voit pal' la signification de il dit, en cc que c'est la perccption, ainsi qu'il a été très-souvent montré; par la signHication de l'homme p1'incc, en ce que c'est celui qui est dans les principaux vrais, ainsi celui qui plus que les autres a été illustré dans la doc­ trine du Hai, celui-ci a été entendu pal' le prince dans l'Église l'C­ préscntative; de là vient que ces mots, qui t'a posé en lLOn/IIW p1'ince, signifient qu'il n'était pas encore assez avancé dans lcs nais de l'l~glise; que le prince soit celui qui est dans les princi­ paux vrais, on le voit, N° 50H.; et par la signification de juge, en ce que c'est celui qui décide les procès ou les différends, ici les différends au-dcdans de l'Église, parce que c'est entre deux hOlll­ mes Hébreux, par lesquels sont signifiés ceux qui sont de l'Église, Dans le sens suprême il a été question des commenccments de la Loi Divine dans l'Humain du Seigneur, maintenant il s'agit du progrès de cette loi; mais dans le sens interne il s'agit ici du pro­ grès du Divin Vrai chez l'homme qui est régénéré; le progrès est tel, que l'homme d'abord peut discerner entre le faux et le vrai, car d'après le vrai, dans lequel il est, il peut voir le faux, parce que le faux est l'opposé de ce vrai; mais il ne peut pas dans ce premier temps décider les diiférends entre les vrais de la foi au-de­ dans de l'Église; pOUl' qu'il le puisse, il doit faire des progrès ullG­ rieurs, cal' l'homme est successivement illustré; on peut le voir clairement pal' ceux qui sont dans Lige de l'adolesccnce et de la première jeunesse, en ce qu'ils croient que les doctrinaux qui ap­ partiennent à leur l:glise sont les vrais eux-mêmes, et de 1:1 ils discernent les faux, mais ne peuvent pas enCOl'e décider les diffé­ rends entre les choses qui appartiennent à la foi au-dedans de l'É­ glise: cela vient successivement; l'homme donc à qui. cela peut être donné doit être aussi d'un âge plus avancé, dans lequel les inté­ rieurs de l'entendement ont été illustres. 6767. Est-ce pour me tue/' que ltt dis cela, signifie est-ce que lIt veux dét?"Uire ma {oi? on le voit pal' la signification de tuer, en ce que c'est détruire, ainsi qu'il va être montré; et pal' la significa­ tion de l'homme Hébreu, qui ici est me, en ce qu'il est celui qui est de l'Église, pal' conséquent aussi la foi, cal' la foi appartient à l'É­ glise ;la foi et l'tglise ont été tellement unies, que celui qui détruit
  • 83. 78 AilCANES CÉLESTES. la foi c1lez quelqu'un, détruit l'Église chez celui-là; et c'est aussi le tuer, car celui qui ôte la foi, ôte la vie spirituelle, °la vie qui l'este est une vie qui est appelée mort; de là il est évident que ces mots, est-ce pOUl' me tuer que tlt dis cela, signifient est·ce que tu veux dé­ truire ma foi? Que tuer, ce soit ôter la vie spirituelle, on le voit clairement parun grand nombre de passages dans la Parole, comme dans Jérémie: Il Enlève-les comme le bétail qu'on égorge, destine­ JI les pOUl' le JOU1' de la tltel'ie : jusques à quand la terre sera+elle II dans le deuil, et l'herbe de tout champ se nétrira·t-elle? A cause JI de la malice de ceux qui y habitent, les bêtes etl'oiseau seront con­ » sumés. - XII. 3, 4; - le joUI' de la tuerie, c'est le temps de la vastation de l'Église, lorsqu'il n'y a plus aucune foi, parce qu'i! n'y a point de charité; la Lene qui sera en deuil, c'est l'Église; l'herbe de tout champ, c'est tout vrai scientifique de l'Église; les bêtes et l'oiseau seront consumés, c'est-à-dire les biens et les vl'ais; que la terre soit l'Église, on le voit N°s 566, 662, 1067, 1262, 1413, 1601 1733, 1850, 2H7, 2118 f, 2928, 3355, ~335, U47, 5577; que l'herbe soit le vrai scientifique, cela est évident dans la Parole par les passages où l'herbe est nommée; que le champ soit ce qui ap­ partient à l'Église, on le voit N°s 2971, 33,10, 3766; les bêtes, les affections du bien, ainsi les biens, N°s 45, 46, 142, 143, 246, 714, 715, 719, ~ 823, 2179, 2t 80, 3218, 3519, 5198; et les oiseaux, les affections du vrai, N° 5149; de là on peut voir quel est le sens de ces paroles, et aussi qu'il y a dans chacune un sens spirituel: il peut être évident pour chacun que, sans un sens intérieur, on ne com­ prendrait pas ce que c'est que le jour de la tuerie, ce que c'est que la terre qui sera dans le deuil, l'herbe de tout champ qui se flétrira, à cause de la malice des habitants, et les bêtes et l'oiseau qui seront consumés. Dans Zacharie: Il Ainsi a dit Jéhovah mon Dieu: Pais Il les brebis de la tucl'ie, queleurs possesseurs tuent. " - XI. 4, 5; - les brebis de la tuerie sont évidemment ceux dont les posses­ seurs détruisent la foi. Dans Ézéchiel: II Vous l.'l'avez profané chez o Il mon peuple pour des poignées d'orges et pour des morceaull: de il pain, afin de tUCl' des âmes qui ne doivent point mouri!', et afin li de vivifier des âmes qui ne doivent point vivre. » - XIII. 19 ; ­ ici tuer, c'est encore évidemment détruire la vie spirituelle, c'est­ à-dire, la foi et la chal'ité. Dans Ésaïe: II Que ferez-vous au jour
  • 84. EXODE, CHAP. DEUXIÈME. 79 Il de la visite ct de la vastation'? Sous les enchaînés, ct sous les )' tués ils tomberont. » - X. 3, 4; - là, les tués sont ceux qui sont dans l'enfer, ainsî ceux qui sont dans les maux ct dans les faux, Dans le Même: « Tu as été rejeté de ton sépulcre, comme un » rejeton abominable, un vêlement de (gens) tués, lrctnspercés par Il l'épée; tu ne seras point réuni avec eux dans le sépulcre, car tu JI as perdu la tel'l'e, tu as tué ton peuple. Il - XIV. 19, 20 ; - les tués sont ceux qui ont été privés de la vic spirituelle; tuer le peu­ ple, c'est détruire les vrais ct les biens de la foi. Dans Jean: « Le Il voleur ne vient que pour voler, luer et perdre; }Ioi, je suis venu ') pour qu'eHes aient la vie. » - X. '10; - Tuer, c'est détruire la vie de la foi, aussi est-il dit: moi, je viens pour qu'elles aient la vic. Dans Marc: « Le frère livrera le frère à la mort, et le père les en­ ) fants, et les enfants se soulèveront contre les parents, et ils les » tuel'ont. " - XIII. 12; - là, il s'agit des derniers temps de l'É­ glise, lorsqu'il n'y a plus aucune charité, ni par cela même aucune foi; le frère, les enfants et les parents, dans le sens interne, sont les biens et les vrais de l'Église, et les tuer, c'est les détruire. Comme le tué signifiait celui qui a été privé de la vie spirituelle, ct le champ l'Église, c'est pour cela qu'il avait été statué dans l'É­ glise Représentative, que « celui qui toucherait sur la superficie du )l champ tm transpercé par l'épée, ou un tué, serait impur sept " jours. Il - Nomb. XIX. 16 ; - le transpercé par l'épée, c'est le vrai éteint par le faux, voir N° 4503, car l'épée est le faux qui éteint le vrai, N°s 3799, 4499, 6353.11 avait pareillement été statué que « si quelqu'un était trouvé tué dans la terre de l'héritage, su,' le champ, et qu'on ne conilût pas qui l'aurait tué, les anciens et les juges mesureraient vers les villes d'alentour, ct que ceux de la ville trouvée ainsi la plus proche prendraient une génisse, et la décolle­ raient vers un fleuve rapide; outre plusiell1's autres choses. » ­ Deutér. XXI. 1 à1 O. 6768. De 11Utnte que t1t as tué l'Égyptien, signifie de même que lu as détMtit le {aux: on le voit par la signification de tue,', en ce que c'est détruire, comme ci-dessus, N0 6767; et par la signification de l'Égyptien, en ce qu'il est le scientifique détourné du ~J'ai ; ainsi le faux N°s 6692, 6758, 6761. 6769, Et Moscheh cmignil, et il dit: Cel'tes, lli chose est con­
  • 85. 80 ARCANES Cl::LESTES. llue, signifie qu'il était parmi le,ç scientifiques détournés, et non CIl­ core dam les V/'ais, pOUl' être en sûreté: on le voit. par la signili. cation de craindre, en ce quc c'est ne pas êtrc en sûrcté; cal' alors il y a craint.e ; s'il n'est pas en sûreté, c'estpal'ce qu'il n'est pas dans les Vl'ais ; car ceux. qui sont dans Ics vrais sont en sûrcté, quelque part qu'ils aillent, mt-ce même dans le milieu des enfers; si ceux. qui ne sont pas encore dans les vrais ne sont pas en sûreté, cela vient de ce que les non-vrais communiquent avec les mau­ vais esprits; voilà ce qui est signifié par ces paroles; Moschelt craignit, et il dit: Cel'tes, la chose est connue, savoir des Égyp­ tiens, parmi lesquels il était; comme on peut le voir aussi par ce qui suit, en ce que « Pharaon apprit cette chose, et chercha à tuel' Moscbeh. » 6770. Vers. 16,16,17,18,19. Et Pharaon apprit cette chose, et il chercha à tuer Moschelt; et Moscheh s'enfuit de devant Pila­ mon; et il habita dans la terre de Midian, et il habita pl'ès du puits. Et le pl'êt1'e de Midian avait sept filles; et elles vinrent, et elles puisèrent, et elles empli1'ent les auges, pOUl' abreuve!' le trou­ peau de leur pèl-e. Et les bel'gers vinrent, et ils les chassèrent .. et 1Jfoscneh se leva, et il les seCOUl'Ut, et il abl'euva leur tl'Oltpeau. Et elles vinrent vers Réuël, leur ph'e , et il dit: Pourquoi vous ête.ç· vous hâtées de venir aujourd'hui? Et elles dirent: Un homme Égyp­ tien nous a délim'écs de la main des bergers, et même en puisant il a puisé pour nous, et il a abreuvé le troupeau. - Et Pharaon apprit cette chose, et il chercha et lUel' Moscheh, signifie que le scientifique faux, ayant aperçu cela, voulait détruire le vrai qui appartient à la Loi venant du Di.vin : et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon, signifie qu'il était séparé d'avec les faux.: et il habita dans la terre de ~Iidian, signifie la vic dans l'Église chez ceux qui sont dans le bien simple: ct il habita pl'ès d~ puits, signifie ),étud~ là dans la Parole: et le prêtre de Midian avait sept filles, signifie les saints (choses saintes) de cette Église: et elles vim'ent, et elles pui.çèrellt, signifie qu'ils étaient instruits dans les vrais, d'après la Pal'ole : ct elles emplirent les auges, signilie que par là ils enrichissaient la doctrine de la charité: pOltl' abreuvel' le tl'oupeau de leul' père, signifie afin que pm' là fussent instruits ceux qui étaient dans le bien: et le.ç berg(nvim'ent et ils les c!uw;èrcl1t, signifie que ceux qui
  • 86. EXÛDF., CHAP. DE(jX[~:~Œ, 81 enseignaienl, étanl dans les maux, s'opposaieM: ct Moscheh se lera et il les secoul'ltl, signifie le secours de la part des vrais qui appar- tiennent à la Loi venant du Divin: et il aln'euva leU?' troupeau, signifie que var là étaient instruits ceux qui étaient dans le bien: et elles vinrent t'ers Rénëllcur père, signifie la conjonction avec le bien même de cette Église: etil dit: Pourquoi vous êtes-vous Muées de veni,' aujourd'hui, signifie la perception que maintenant il y a une conjonction certaine: et elles ([i,'e,u: Un homme J!.'gyptien nons a délivrées de la main des bC1'fjers, signifie parce que le vrai scien- tifique, qui a été adjoint à l't~glise, a prévalu sur la puiss!.lnce de la • doctriilc du faux d'après le mal: et même en puisant il a puisé pon/' flOUS) signifie qu'il instruisait d'après la Parole: et il a abreuvé le tl'oupeau, signifie ceux qui étaient de l'Église là, 6771. Et Phamon aplJril cettc chose, ct il chercha à tue/' Moscheh, sifjnifie qne le scientifique faux, ayant aperçu cela, fjoulait détruire le vrai qui appartient à la Loi venant du Divin: on le voit par la sigFlification d'apprendre, en ce que c'est apercevoir, N0 50,17; par la représentation de Pham(}n, en ce que c'est le scientifique qui est contre les Vl'ais de l'Église, ainsi le scientifique faux, N°s 66M, 6679, 6683 ; par la sign,ification de tuer, en ce que c'est détruire, N° 6767, ainsi chercher à weI", c'est vouloir détruire; et par la représentation de ilfoscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, et le Vrai Divin, No 6752; ainsi le vrai qui appartient à la Loi Di- vine: il est dit le Vrai qui appartient à la Loi Divine, et non la Loi Divine, parce qu'il s'agit encore du progrès de la .Loi Divine dans l'Humain du Seigneur: d'après cela il est évident que ces mols: Pharaon apprit cette chose et il cllercha à tuer Moscheh, signifient que le scientifique faux, ayant aperç.u cela, roulait détruire le 'l'ai qui appartient à la Loi DiYine, 6772. Et Moscheh s'enfuit de devant Pharaon, signifie qu'il était séparé d'avec les faux: on le voit par la signification de s' C/t- fll-ir, en ce que c'est être séparé; par la repl'ésentation de Jl1oscltelt, en ce qu'il est le vrai qui appartient à la Loi venant du Divin, No 6771. Ici maintenant commence le cinquième élat de la pro- 1;l'Cssion de la Loi Divine dans l'Humain du Seigncur, et, dan~ le sens respectif, de la progression du Vrai Divin cllez l'homme qui est regénéré; c'e~t l'état de la sépal':'ltion t1'avcc les faux et de XI. li
  • 87. 82 ."-RCA NES CÉLESTES. J'adjonction avec les vrais du bien simple; ensuite vient le !Sixième état, qui est celui de l'adjonction aveC le bien. 6773. Et iL habita dans La terre de Jlfidian, ,~igllifie la vie parmi ceux qui sont dans le bien simpLe: on le voit par la signification d'habiter, en ce que c'est la vie: Nos'1293, 3384-, 3613, U,51, 6051 ; et par la signification de Midian, en ce que ce sont ceux qui sont dans les vrais du bien simple, N0s 324.2, 4,756, 4788; il est dit la telTe, parce que par elle est signifié l'Église oil sont ceux·là ; que la terre soit l'Église, on le voit N0 6767. 6774. Et iL habita pl'ès du puits, signifie L'étude Là dans La Pa­ l'oLe: on le voit par la signification d'habiter, en ce que c'est la vie, N0 6773, ici l'étude de la vie; et par la signification du puit.~, en ce que c'est la Parole, N°s 2702, 3424: la Parole est appelée, tantôt puits et tantôt fontaine; quand elle est appelée puits, il est signifié la Parole, quant au sens littéral; et quand elle est appelée fontaine, il est signifié la Parole, quant au sens interne, N° 3765 ; ici il est dit habiter près du puits, parce qu'il est signifié la Parole, quant au sens littéral; car ce sens est le premier pour ceux qui sont régénérés et qui s'avancent vers le Vrai Divin; ce sont ceux­ là dont il s'agit ici dans le sens interne; ce sont aussi ceux qui sont dans les vrais du bien simple, lesquels ici sont entendus par M.i­ dian, et ne s'inquiètent point d'un sens autre que le littéral. 6775. Et Le prêtre de Midian avait sept fiLLes, signifie Les saints (choses saintes) de cette ÉgLise: cela est évident, d'aprës la signi­ fic,ation des filles du prêtre, en ce qu'elles sont les choses qui appar­ tiennent à l'Église; 'que la tille soit l'Église, on le voit, N0s 2362, :3963, 6729, et le prêtre, le bien de l'amour, N°s 1728,3670, 6-148; ainsi, par les filles du prêtre, est signifiée ntglise quant au bien; d'après la signification de Jllidian, en ce que ce sont ceux qui sont dans les vrais du bien simple, comme ci·dessus, No 6773; et d'après la signification de sept, en ce que c'est le saint, N0s 395. 433, 7,16, 88,1, 5265, 5268; ainsi ces mots: Le prêtre de ![idian avait sept fiLLes, signifient les choses saintes de l'Église de ceux qui sont dans les vrais du bien simple. Sont dits être dans le bien simple ceux qui sont dans les externes de l'Église et croient simple­ men't à la Parole, quant à son sens littéral, chacun selon sa com­ préhension, et vivant aussi selon les choses qu'ils croient, ainsi,
  • 88. EXODE, ClIAP. DEUXIÈME. 83 dans le bien selon sa qualité d'après les vrais; l'Interne de l'Église influe chez eux par le bien, mais comme ils ne sont pas dans les vrais intérieurs, le bien qui influe devient commun, par conséquent obscur, car la Lumière spirituelle ne peut y influer dans les sin­ guliers, ni par suite illustrer distinctement les choses; ceux qui sont tels dans l'autre vie sont gratifiés du Ciel selon la qualité du bien d'après les vrais: tels sont ceux qui sont entendus ici par Midian; mais dans le sens propre ce sont ceux qui sont hors de l'Église, et qui vivent dans le bien selon leur religiosité. 6776. Et ell~s vinrent, et elles puisèrent, signifie qu'ils étaient rnst1'1tit,~ dans les m'ais li apl'ès La ParoLe: on le voit par la signifi­ cation de puiser, en ce que c'est être instruit dans les vrais de la foi et être illustré, N°s 3058, 3071 ; que ce soit d'après la Parole, cela est signifié par le puits où elles puisèrent; que le puits soit la Parole, on le voit ci-dessus N° 6774. 6777. Et elles empLirent Les auges, signifie que par Là iLs en­ richissaient La doctrine de La charité: on le voit par la signification d'empLit, avec l'eau du puits, en ce que c'est enrichir par là ou d'a­ près la Parole; et par la signification de l'auge, en ce que c'est la doctrine de la charité: Si l'auge ou l'aiguière est la doctrine de la charité, cela vient de ce que c'est un conduit en bois dans lequel on vide l'eau du puits pour abreuver les troupeaux; car, dans le sens interne, ce qui est de bois signifie le bien de la charité N0 3720; puiser signifie être instruit, N°s 3058, 3071 ; l'eau qui est puisée, signifie le vrai de la foi, N°s '270'2, 3058, 4976, 5668 ; le puits d'où l'on puise, signifie la Parole, N°s 2702, 34,24., 677''; et abreuver les troupeaux, signifie instruire dans le bien, d'après la Parole, No 3772; d'après cela on peut voir que l'auge est la doc­ trine de la charité. 6778, Pour abreuver Le l7'oupeau de Lem' père, signifie afin que par Là üs fussent instl'uits dans Le bien: on le voit par la signifi­ cation d'abreuver, en ce que c'est instruire, N° 377'2; par la signi. fication du troupeau, en ce que ce sont ceux qui apprennent et sont conduits au bien de la chal'ité, N0s 343, 3772, 5943, 6048; et par la représentation de Réuël, qui ici est le père, et qui était prêtre, en ce qu'i! est le bien de cette Église où étaient ceux qui sont dans le vrai du bien simple, et dont il a été parlé N0s 6773,6775.
  • 89. 114 ARCANES CÉLESTES. 677~. Et les bergers vinrent el ils Les chassèrent, sig/lifie que CI~ltX qui enseigllaient, étant dans les maux, 8' opposaient: on le voit par la signification des bergers, en ce qu'ils sont ceux (lui enseignent et conduisent au bien de la charité, Nos 34.3, 3795, 60H, ici ceux qui enseignent, mais qui, parce qu'ils sont dans les maux, ne conduisent point au bien de la charité, ainsi qu'il va être montré; par la signification de chassel', en cc que c'est s'opposer; et par la signification des filles, qui sont celles qu'ils chassèrent, en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent à n:glise, ~o 6775, Les bergers ici signifient aussi ceux qui enseignent, mais qui ne conduisent point au bien de la charité, parce qu'ils sont dans les maux; en effet, ceux qui sont dans les maux ne reconnaissent nul­ lement que la charité ct les œuvres de·la charité contribuent au sa­ lut, car ils ne peuvent reconnaître les choses qui sont contre leul' vie, puisque cc serait contre eux-mêmes; et comme ils sont dans les maux, ils ne savent même pas ce que c'est que la chat'ité, ni par conséquent ce (lue c'est que les œuvres de la charité; ils enseignent la foi, par elle ils justifient, et par elle ils promettent le Ciel; cc sont eux qui s'opposent à la doctrine de la charité qui est tirée de la Parole, conséquemment à ceux qui sont dans le vrai du bien simple, lesquels sont signifiés par les filles du prêtre de Midian, que les bergers chassèrent après qu'elles eurent puisé au puits ct empli les auges pour abreuver le troupeau. 6780, Et lffoscheh sc leva et iL les secourut, signi.fie le ,çecom's de ln part cles vrais qui appartiennent à La Loi venant du Divin: on le voit par la représentation de Moscheft, en ce qu'il est le vrai qui appartient à la Loi venant du Divin, N° 6711 ; et pal' la significa­ tion ùe secourir, en cc que c'est porter du secours. 61!H. Et iL abl'elWCt leur troupeau, signifie que pm-là étaient instrui.ts ceux qui étaient dans le bien: on le voit par la signification d'abl'euver ou de faire boire, en ce que c'est instruire, ~os 3069, 309'2, 3172; ct par la signification du troupeau, en cc qne sont ceux qui apprennent et sont conduits au bien de la charité, 1°343, 3172,591 il, 604·8, ainsi ceux qui sont dans le bien. 6782. Et elles vin/'ent vel'S Réuël Lw/' ph'c, signifie la conjonc­ tion avec le bien même de cette J~9lise: cela est évident par 1:1 signification de l'cnir Ve1'g 'luelqu'un, cn ce que C',CS1 être conjoint; •
  • 90. EXODE, CIlAP. DEUXIÈUE. "., "Cl el pal'Ia représentation de Réuël, en ce qu'il est le bien, parce qu'il était prëtl'e; que le prêtre soit le bien de l'amour, on le voit N°s 4728, :-1670, 64 ~8: la conjonction, qui est ici signifiee, est ceBe des vrais de l'Église avec le bien de cette Église. 6783. Et il dit: Pourquoi vons êtes-vous hâlées de venir au­ jourd'hui, signifie la perception que maintenant il y a une conjonc­ tion certaine: cela est évident par la signification de il dit dans les historiques de la Parole, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été montré très-souvent; et par la signification dese hâter de vcnir en cc que c'cstune conjonction certaine; que sc hâter, cc soit le certain, on le voit N° 5284,; et que venir, cc soit la conjonctioll, on vient de le voir N° 6782; ici la conjonction certaine n'est pas entendue pal' cela que les fi~les se sont hâtées de venil' vers leur père, mais elle l'rst par Ic vrai qui appartient à la Loi vcnant du Diùn, lequel est représenté par· Moïse ; c'est là ce qui a été perçu. 6784. Et e/les (tirent: Un Iwmme ÉYYTJtien nous a déLivrées dc La main des bergers, signifie parce que Ic vl'ai scientifiq!/c qui iL été adjoint cl l'ÉglÏ$c, a prévalu snI' la pnissance de la doctrine • (tu (aux ({après Ic mal: on. le voit pal' la signification de l'hommc Égyptien, en ce qu'il est le vrai scientifique; cal' l'homme (vil') signifie le vl'ai, N°·3134-, et l'Égyptien le scientifique, N0s n 64-, 1H5, H8G, V~62, 4.14.9, 4-964, 4-966,600>1, 4-967, 5790, 669'2; si Moschelt ici est appelé homme f:gyptien, c'est parce que Moscheh ici L'epl'ésente le vrai lei qu'il est chez ceux qui· sont dans)o vl'ai du bien. simple, que signifient les filles du prêtre dc l'Iitlian ,. ceux-là sont dans un tel vrai, cal' cc sont des hommeS' GC l'Église externe, Nil 6775, aussi est-œ pour cela qu'il est dit: « le vrai scientifique qui a été adjoint à l'Église;)l et par la signiflcatiGn de délivre1' de la­ main desbel'[Jers, en cc que c'est qu'il a prévalu sur la puissance du faux d'après le mal; en efret, délivrer c'est avoir de la force •. car celui qui délivl'e de la main des autres a plus'de forœ qu'eux, la. main est la puissance ~os 878, 3387, 4.9Hl il .i937, 53'27, 5328,. BoU, et les bergers sont ceux qui enseignent, ici ceux qui en~ seignentle faux d'après le mal, No 6779; et pal'ce qu'ils sont cenx qui enseignent, ils sont aussi une telle doctrine. Si le vrai scienti­ fique pr~vaut sur la puissance dli faux d'après le mal, c'est paJ'ce que le Divin est dans tOYI vrai ct'après le bien, mais dans le raU
  • 91. 86 ,RCANES CÉLESTES. d'après le mal il yale contraire, et ce qui est contraire au Divin n'a absolument aucune force; c'est pour cela que, dans l'autre vie, mille qui sont dans le faux d'après le mal n'ont absolument aucune force contre un seul qui est dans le Y1'ai d'après le bien; à la présence de lui seul, les mille s'enfuient, ct s'ils ne fuient pas, ils sont dans les tourments et dans la torture. Il est dit le faux d'après le mal, parce que ce faux est véritablement le faux, tandis que le faux qui provient non du mal, mais de l'ignorance du vrai, n'est point tel; c'est le mal qui est opposé au Ciel, et non le faux d'apl'ès l'ignorance; bien plus, si dans l'ignorance il y a quelque chose de l'innocence, alors ce faux est accepté par le Seigneur comme vrai, car ceux qui sont dans un tel faux reçoivent le vrai. 6785. Et même en puisant il a puisé pour nous, sigllifie qlL'iL in­ 8trltisait d'après ta Parole: on le voit par la signification de puiser, en ce que c'est instruire dans les vrais de la foi et être illustré, N0s 3058, 3071 ; que ce soit d'après la Parole, cela est signifié par le puits où elles puisaient; que le puits soit la Parole, on le voit N° 6774. 6786. Et il a abl'elwé le troupeau, signifie ceux qui étaient de l'Église là: on le voit par la signification du troupeau, en ce que ce sont ceux qui sont dans le bien, et qui se laissent instruire, N0 34.3, 3772, 5913, 6018, ici ceux qui étaient de l'Église là ; que ce soient ceux qui sont dans le vrai du bien simple ct sont signifiés par l1idian, c'est ce qui a été montré ci-dessus, Le troupeau signi­ fie ct le bien et l'Église, c"est-à-dire, ceux qui sont dans le bien et de l'Église, car le bien et l'Église ont été tellement conjoints que l'un ne peut être séparé de l'autre, car celui qui est dans le bien de la foi est Église, et celui qui est Église est dans le bien de la foi.. 6787, Vers. 20, 'M , 22. Et il dit à ses filles: Et où est-il? Pourquoi cela, avez-vous laissé (cet) Iwmme? Appelez-le, et qu'il mange du pain. Et M-oscheh consentit à habiter avec (cet) homme.;. et il donna Sippora sa fille à Moscheh.. Et elle enfanta. un fils, ct il appela son nom Guerschom, parce- qu'il dit: J'ai été voyageur dan~ une telTe étrangèr,e. - Et il dit à ses filles, signifie la pens.ée Sl,ll' les Saints (choses saintes) de l'Église: èt où est-il? Pourquoi cel CL, avez-vous laissé (cel} homme? signifi,e comment sans ce vrai pou­ vaient-ils être conjoints au bien de l'Itglise: appelez-le, signifie
  • 92. EXODE, CHAP. DElJX.lÈME. 87 qu'il devait être conjoint: et qu'iL mange du. pain, signiHe la conlir­ malion dans le bien: Et Moscheh consentit à habiter (wec (cet) homme, signifie qu'ils concordaient: et iL donna Sippol'a sa fille à Moscheh, signifie qu'il lui adjoignit le bien ùe son Église: et eLLe enfanta un fiLs, signifie les Tais qui en proviennent: ct iL nomma son nom Guel'scltom, signifie leur qualité: parce 'lit' iL dit: f ai été voyageur dans une terre étmngèl'e, signifie qu'il a élé instruit daqs les V1'aisdans une Église qui n'était pas la sienne. 6788. Elit dit à ses filles, signifie La pensée SUl' les Saints (chose,ç saintes) de l'ÉgLise: on le voit pur la signification de dil'e, en cc que c'est la pensée, No 3395; et pal' la signification des fiLle.ç, en ce qu'elles sont les Saints de l'Église, N0 6775: les Saints, qui sont ici signifiés par les filles, sont les vrais; ceux-ci dans la Parole sont appelés les Sain ts; et cela, parce que les vrais qui chez l'homme deviennent vl'ais de la foi, procèdent du bien; et comme ce qui pro­ cède du Divin Humain du Seigneur, est le Divin Vrai d'apl'ès le Divin Bien, c'est de là que te Saint-Esprit est le Saint qui procède du SeigneUI'; car ce n'est pas l'esprit lui-même qui procède, mais c'est le Saint que l'esprit prononce; quiconque nfléchit peut com­ prendre cela: Que le Saint-Esprit, qu,i est appelé aussi Paraclet, soit le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur, et que le Saint se dise du Divin Vrai, on le voit par les paroles du Sei­ gneur dans Jean: « Moi, je prierai le Père pour qu'il vous don ne Il un autre PamcLet, afin qu'il demeure avec vous durant l'étemité, Il L'Espl'it de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne "le voit point et ne le connaît p.oint. Le Paraclet, l'Esprit Saint, Il que le Père enverra en mon Nom, ceLui-IeL vous enseignera toutes " choses, et vous fera souvenir de toutes celles que je vous ai dites. )) - XIV. '6, 17, ?A6: - dans le Même: « Lorsque sera venu le Il PCLracLet, que je dois vous envoyer de la part du Père, l'Esprit )) de vérité qui sort du Père, celui-là rendra témoignage de Moi. li ~ XV. 26: - et dans le Même: « Quand il sera venu, lui, l'Es­ Il prit de vél'ité, il vous conduira dans toute la vérité: il ne parlera II point par Soi-Même" mais de tout ce qu'il aura entendu il pal'lera; li lui Me glorifiera, pal'ce qu'iL l'ecevl'a de ce qui est à Moi et VOll.~ Il l'cmnoncera: toutes les choses que le Père a sont il Moi. c'est )) pourquoi j'ai dit qlliL l'ccc/ya de cc qni e.çt à Moi., Cl VOliS Lill­
  • 93. 88 AHCANES CJ~LESTES. " noncera. » - XVI. '13, H., ·15; - si l'on confère ces passages avec plusieUl's autl'Cs, on peut comprendre que le Saint-Esprit est le Saint qui procède du Divin Humain du Seigneur, caI"le Seigneur dit: Celui que le Père doit envoyer en ~lon Nom; puis: Celui que je dois vous em'oyer de la part du Père; et encore: JI recevra de ce qui est à ~foi et vous l'annoncera; toutes les choses que le Père a sont à Uoi, c'est pourquoi j'ai dit qu'il recevra de ce qui est à Moi ct yous l'annoncera; il est encore bien évident que le Saint sc dit du Yrai, car le Paraclet est appelé l'Esprit de vérité. 6789. El où est-il? Pourquoi cela, avez-vous laissé cel homlne? siglli{zc comment sans ce vrai pouvaient-ils être conjoinl.~ au bien de l'Église? on le voit par la signification de l'homme Égyptien, qui est ici l'homme quO eller ont laissé, en ce qu'il est le vrai scientifique, ~() 6784; et par la signification de pourquoi cela, avez-vous laissé cel homme? en ce que c'est comment sans ce vrai pouvaient-ils être conjoints au bien, car ici laisser l'homme, c'est ne pouvoir pas ètre conjoint. Il faut dire comment se passe la chose: Le Vrai scientifique, qui ici est représenté par Moscheh, est le vrai de l'É­ glise externe; ce vrai existe pal' le vrai qui appartient à la.Loi venant du Divin, laquelle est aussi 1'Iosc1leh, N°s 6771, 6780; et le n'ai q~i appartient à la l.oi venant du Divin est le Yl'ai de l'Église interne; si le vrai externe ne vicnt pas du vrai interne, il ne peut être conjoint au bien; soit pour iIlustl'ation la Parole: si l'interne de la Parole n'influe point chez ceux qui lisent la Parole et restent ùans le sens littéral, il ne se fait point de conjonction du vrai procé­ dant de la Parole avec le bien, et 'interne de la Parole infiue et est conjoint avec le bien, alors que l'homme considère la Parole comme sainte, et il la considère comme sainte alors qu"il est dans le bien. Soit encore pour illustration la Sainte-Cène: Il en est 11 peine quel­ ques-uns qui sachent que le pain y signifie l'amour du Seigneur en­ "ers tout le Genre humain, et l'amour réciproque de l'homme, et que le vin signifie la charité; mais néanmoins ceux qui les reçohrent saintement ont pal' eux conjonction avec le Ciel et avec le Seigneur, et les biens de l'amour ct de la charit~ influent par les anges, qUb alors pensent non au pain ni au vin, mais à l'amolli' ct ü la charité, Sos 34-64., 3735, ll91!j; de là il est évident que le vrai externe cst
  • 94. EXODE, CIUP. DEUXIÈME. 89 conjoint avec le vl'ai interne, il l'insu de l'homme, qtiand l'homme est dans le bien. 6790. Appelez-le, signifie qu'il devait 11/re conjoint: on le voit pal' la signification d'appeler, en cc que c'est être conjoint N0 6047. 679,1. Et qu'il mange dit pain, sigTiifie la confirmation dans le bien: on le voit pal' la signilication du pain, en ce qu'il est le bien de J'amour, N0s 2465, 2177, 36.78, 3731>, 38,13, 6.211, 4217, 6.735: que mangel' du pain, ce soit la confirmation dans le bien, c'est parce que par manger ici est entendu le repas, qui dans la Parole est appelé festin; les repas ou les festins se faisaient chez les an· ciensau dedans de J'Église, à cause de la conjonction et de la con­ firmation dans le bien, vo-il' N0s 3596, 3832, O" 6·1. 6792. Et Moscheh consentit à habitel' avec cet homme,. signifie '1 u'ils conconlaienl: on le voit val' la représentation de J/oscheh, en cc qu'ici il est le vrai scientifique, N° 6784.; par la signification (j'halJiter, en ce que c'est vivl'c,J"0s 1293, :3384., 36,13, ct en ce que habiter at'ec quelqu'un, c'est vivre ensemble, ~o .,4,51, par consé­ quent concorder; et pal' la signification de l'homme (vil') en cc que c'est le vrai du bien de celte Église; que l'homme soit le vrai, on le voit N0 3134. 6793. Et il donna Sippora sa fille à Ilfoscheh, signifie qu'illlli adjoignit le bien de son Église: on le voit pal' la signification de donner, savoil', pour épouse, en cc que c'cst adjoindre; par la signification de la fille, en ce qu'elle est le bien, .J"os 489, 490, 49·1 ; ct aussi r Église, .J'os 2362, 3963, 6729; Sippora signifie la qua­ lité du bien de cette l~glise; ·et pal' la représentation de J11oscheh, en ce qu'il est le vrai scientifique, ~o 6784­ 6794. Et elle enfanta un fils, signifie les vrais qui en pl'oviennent: on le voit par la signification d'enf(mter, en cc que cela se dit des choses appartenant à l'Église, qui sont la foi et la charité; ces en­ fantements proviennent du mariage céleste, qui est le mariage du bien ct du vl'ai, ce mariage est représenté par les mariages sur la terre; ct par la signification du fils, en ce qu'il est le vrai, Nos 489, 4.91,533, 2623,3373. 1>795. Et il appela son nom Glt.el·schom, signifie leul' qltalité, savoir, la qualité des vrais: on le voit par la signification du n07lt et d'appeler le 1I0m, cn œ que c'cst la qualite, N°· H,! i5, 1754.,
  • 95. 90 AH.CANES CaESTES. '2009, 2724., 3006, 3~2'1, 667 i; Guerschom renferme la qualité de ces vrais, savoir, en ce que ce sont les vrais dans lesquels il a été instruit dans une Église qui n'était pas la sienne, éj.insi qu'il suit maintenant. 6796. Parce qu'il dit: l'ai été voyageul' dans une terre étrangèl'e, signifie qu'il a été instruit dans les vrais dans une Église qui n'était pas la sienne: on le voit par la signification d'être voyageur, Cil ce que c'est celui qui est instruit dans les choses qui appartiennent à l'Église; et par la signification de la tel'Te, en ce qu'elle est l'É­ glise, Nos 662, 1067,1262, n33, 1850,2-1-17,2118 f. 2928, 3355, iH7, 4:535, 5577; de là une terre étmngère, c'est une Église qui n'était pas la sienne. 6797. Vers. 23,24.,25. Et il arriva dans ces jow's multipliés, et le roi d'Égypte était mort, et le.9 {tls cl' Israël soupiraient à cause .de la servitude, et ils criaient; et leur cl'i monta vel'S Dieu de la servi­ tude. Et Dieu entendit leur gémissement, et Dieu se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec (iscltak et avec Jacob. Et Dieu vit Les {tls d'Israël, et Dieu (les) connut. - Et il arriva dans ces jours multipliés, signifie après plusieurs changements d'état: et le roi û'J!,'gypte était mort, signifie la fin du faux précédent: et les {tls d'Ismël soupiraient à cause cle la servitll:de, signifie la douleur à cause de l'effort de subjugation du vrai de l'Église: et ils cl'iaient, signifie qu'ils imploraient: et leur cl'i monta vel'S Dieu de let servi­ tude, signifie qu'ils furent entendus: et Dilm entendit leur gémis­ sement, signifle le secours; et Dieu se ressQuvint de son alliance avec Abraham, avec Iischak et avec Jacob, signifle à cause de la conjonction avec l'Église par le Divin Humain du Seigneur: et Dieu vit les {tls d'Isrctël, signifle qu'il gratifia de la foi l'Église: et .Dieu (les) connut, signifle qu'i! la gratifia de la clal'ité. 6798. Et il arriva dans ces jours multipliés, signi{te après plu­ sieurs changements d'état: on le voit par la signification des jours, en ce que ce sont des états, N°s 23, 4:87, i.88, 4:93, 893, 2788, 3i62,3785, 4:850; ainsi, il arriva dans des jours. multipliés, c'est après plnsieurs étals, ou après plusieurs changements d'état. 6'199. Et le roi d'Égypte était mort, signifie lct fi.n d'u {ctnx JJl'é­ cédent: on le voit par la signification de mourir, en cc que c'est cesser d'èlre, N0s 4:9,j., 60S7, 6093, ainsi la fin; cl par la n~pré$Clh
  • 96. EX.ODE, CIHP. DEUXIl~ME. 91 tation de Pharaon ou du roi d'Ég!lpte~ en ce qu'il est le scientifique faux, Nos 665,1, 6679, 6683, 6692. 6800. Et les fils d'Israël soupiraient à cause de la servitude, si­ gnifiela douleur à cause de l'effort de subjugation du vrai de l'É­ glise: on le voit par la signification de soupirer, en ce que c'est la douleur; par la représentation des fils d'Ismël, en cc qu'ils sont les vrais de l'Église, N°s 54· .., 5879, 595· ; et par la signification de la servitude, en ce que c'est l'effort de subjugation, Nos 6666, 6670, 667". 680". Et ils criaient, signifie qu'ils implomient: on le voit sans explication. 6802. Et leur cri monta vers Dieu de la servitude, signifie qu'ils furent entendus: on peut aussi le voir sans explication, car il est dit aussitôt après: Dieu entendit leur gémissement ct se l'essouvint ùe son alliance avec Abraham, avec Iischak et avec Jacob. 6803. Et Dieu entendit leur gémissement, signifie le secours: on le voit pada signification d'entendre, en ce que c'est obéir, N°s 2M2, 3869, 4,652 à 4,660, 5007; mais quand cela est dit du Seigneur, c'est pourvoir et portel' secours, car le Seigneur donne du secours à celui qu'il entend; et pal' la signification du gémissement, en ce que c'est la douleur à cause de l'effort de subjugation de la part des faux. 680 ... Et Dieu se ressouvint de son alliance avec Abraham, avec Iischak et avec Jacob, signi.(ie à cause de la conjonction avec l'É. glise par le Divin Humain du Seigneur: on le voit pat' la significa­ tion de l'alliance en ce que c'est la conjonction, ainsi qu'il va être expliqué; ct par la représentation d'Abraham, de lischak et de Ja­ cob, avec lesquels l'alliance a été faite, en ce que c'est le Divin Humain du Seigneur; Abraham représente le SeigneUl' quant au 'Divin Même, Iischak le œpl'ésente quant au Divin Rationnel, et Jacob quant au Divin Naturel, comme on le voit, N°s" 893, 20,11, 2066, 2072, 2083, 2630, 319~, 321 0, 32~5, 3251, 3305 f. 3~39, 3576, 3599, 3704, 4180, 4286, 4538, 4570, ~6'5, 6Q98 , 6,185, 6276, 64,25: que là où Abraham, Iischak et Jacob sont nommés dans la Parole, ce ne soit point eux qui sont entendus dans le sens spirituel, c'est ce qu'on peut voir en ce que jamais les noms ne pé­ nètrent dans le Ciel, mais seuJell1cIlI cc qui esl signilié par ceux..
  • 97. n AR.CANES CÉLESTES. qui sont nommés j ainsi, les choses elles-mêmes, la qualilé des choses, et l'état des choses, c'est-à-dire, celles qui appal'liennent à l'Église, qui appartiennent au Royaume du Seigneur, et qui appar­ tiennent au SeigneUl' Lui·Même; et en outre les Anges dans le Ciel ne déterminent jamais leurs pensées vers des personnes en particulier, ce serait borner les pensées, et faire abstl'action de la perception universelle des choses, d'après laquelle existe le langage angélique; de là vient que les choses prononcées dans le Ciel pal' les Anges sont ineffables et bien au-dessus de la pensée hW11aine qui ne s'étend point aux universaux, mais se l'estreint aux particuliers; c'est pourquoi lorsqu'on lil que « plusieurs viendront de l'Odent el Il de l'Occident, et seront à table avec Abmham, et lischak et Jacob, )l dans le Royaume des cieux. »- Matth. VIII. 1'1, - les Anges perçoivent la présence du SeigneUl' et l'appropriation du vrai el du bien, qui procèdent de son Divin Humain: puis, lorsqu'on lit que « Lazare fut enlevé dans le sein d'Abl'aham, Il - Luc. XVi. 22, ­ les Anges perçoivent qu'il a été enlevé dans le Ciel où le Seigneur est présent; de là aussi l'on peut voil' que par l'alliance avec Abra­ ham, Iischak et Jacob, dans le sens interne est entendue la conjonc­ tion par le Divin Humain du Seigneur. Que le Divin Humain soit l'alliance, c'est-à-dire, la conjonction elle-même, c'est ce qu'on peut voir par plusieurs passages dans la Parole, par exemple dans Ésaïe; « Je Te donnemi pour l'alliance d" peuple, pour lumière des na­ lItions. Il - XLII. 6. - Dans le Même: « Je T'ai donné pour )l l'alliance du peuple pOUl' rétablir la terre, pour partager les héri­ Il tageçdévaslés, »- XLIX, 8. - Dans le Même: « Inclinez votre » oreille, ct venez vers ~Ioi ; écoutez et que votl'c âme vive; ainsi je » tmiterai avec vous une alliance d'étemité, les miséricordes cons­ II tantes de David; voici, je L'ai donné (comme) témoin aux peuples, » (comme) Prince et Législateur aux nations,» -LV. 3, L - Dans Malaehie: « Incontinent vient vers son Temple le Seigneur que Il vous cherchez, et l'Ange de l'alliance, que vous désirez; voici, II il vient. » - Ill. 1. - Dans le Livre II de Samuel: (' II M'a éta­ Il bLi Alliœncc cFétemité, pour disposer dans tous et pour sauver. » - XXIII. 0; - dans ces passages il s'agit évidemment du Se(gneUl', et de la conjonct.ion du genre humain avec le Divin Même <ln Sei­ [sn eu' par ~.Oll Divin Humain; que I.e Seif)ncur quant au DiYin Hu­
  • 98. EXODE, ClIAP. DEUxIimE. 9:1 main soit le lUédiateUl', et que nul ne puisse venil' ,"ers le Divin Même, qui est dans le Seigneur et est appelé le Père, que par le Fils, c'est·il-dire, par le Divin Humain, cela est notoire dans l'Église; ainsi le Seigneur quant aU Divin Humain est la Conjonction: qui peut saisir par quelque pensée le Divin Même? et s'il ne peut être saisi par la pensée, qui peut êlre conjoint il Lui par l'amour? mais chacun peut saisir le Divin Humain par la pensée, et être conjoint à Lui par l'amoUl'. Que l'alliance soit la conjonction, on peut le voir par les alliances entre Royaumes, en ce que c'est par elles qu'ils s'unissent; et en ce qu'elles sont des stipulations de part et d'autre, qui doivent être gardées; aHn que l'union rétablie sc maintienne; ces stipulations ou ces conditions sont même appelées alliance. Les stipulations ou conditions qui, dans la Parole, sont appelées alliance, sont de la part de l'homme, dans le sens strict, les dix préceptes ou le décalogue; dans un sens plus large, ce sont tous les statuts, corn· mandements, lois, témoignages, préceptes, que le Seigneur a en­ joints du haut de la montagne de Sinaï par ilioïse; et dans un sens encore plus large les Livres de Moïse, les choses qui y sont conte· nues devaient être observées de la part des fils d'lsraCl; de la part du Seigneur, c'est la iHiséricorde et l'Élection: Qlle les dix p1'éceples oule décalogue soient l'alliance, on le voit par ces passages; dans Moïse: « Jéhovah vous indiqua son alliance, qu'il vous commanda "de faire (savoir) les dù:c Pal'oles, qu'i! écrivit SUI' deux tables de II pierres. " - Deutér. IV. -13, ~3; - et comme les deux tables de pierres, SUI' lesquelles avaient été gravés les dix préceptes, furent déposées dans l'arche, - Exod. XXV. 16, 21,22. XXXI.18. XXXIJ. 45,16,19.XL. 20,-c'est pour cela que l'arclle est appelée l'arche de l'alliance, -Deutér. XXXI. 9,24.,25,26. Jos.lIl. 3,6, H.IV. 7. Jug. XX. 27. Il Sam. XV. 24..1 Rois VlIl. 21; - dans cc dernier passage Salomon parle ainsi : « J'ai établi là un lieu à l'arche " où (est) l'alliance de Jéhovah, qu'il a traitée avec nos pèl'es. " - et ùans Jean:' « Le Temple de Dieu s'ouvrit dans le Ciel, et l'al'che de » son alliance (ut vILe dltns son Temple. » - Apoc. XI. 1). - Que tous les jugements et les stctluls que le Seigneur commanda par 1Ifoïse au peuple lsraëlite soient appelés l'a/lictnce ; et qu'il en soit de même des Livres de )(oïse, on le voit dans Moïse: « Sur la bouche de crs II parotes j' ai /'l'lIité avec toi al/imlce et avec Israël. II -Exod. XXXI",
  • 99. !H ARCANES C:É:LES'l'ES. 27, - parmi les choses qui sont dans cc passage appelées alliance, plusieurs concernaient les sacrifices, les fêtes, les azymes. Dans le l-Iême: « Moïse prit le Livre de l'alliance, et il le lut aux oreille.~ .. du peuple; et ils dirent: Tout ce qu'a prononcé Jéhovah, nous le » fel'ons et nous écouterons. li - Exod. XXIV. 7, 8. - Dans le LivreIl des Rois: « Joschia Roi de Juda, dans la maison de Jéhovah, li lut devant tous les paroles du Livre de l'alliance trouvé dans la )1 maison de Jéhovah-: et il traita alliance devant Jéhovah, pour Il maintenirles paroles de l'alliance écrites dans ce Livre; et tout le li peuple se tint dans l'alliance. Le Roi commanda à tout le peuple )l de faire la Pâque à Jéhovah Dieu, selon ce qui est écrit dans le Il Livre de l'alliance. » - XXIII. 2, 3, 2,1 . - Dans David: « Si tes Il fils gardent mon alliance et mon témoignage, que je leur ai ensei· li gné, leurs fils aussi jusque dans l'éternité seront assis sur ton li trône. li - Ps. CXXXII. 12. - Que l'alliance soit la conjonction par l'amour et la foi, on le voit dans Jérémie: « Voici, les jours vien­ » nent, parole de Jéhovah, où je traiterai avec la maison d'Israël, et l) avecla maison de Juda, une alliance nouvelle, non commel' alliance Il que j' ai traitée avec leurs pèl'es, parce que ceux-là ont rendu vaine )l mon alliance; mais voici l'alliance que je traiterai avec la maison li d'Israël après ces jours: Je donnerai ma Loi au milieu d'eux, et sur » leur cœur je l'écrirai, et je leur serai pour Dieu, et eux Me seront li pour peuple. li - XXXI. 31, 32, 33; - donner la Loi au milieu d'eux et sur leur cœur l'écrire, c'est gratifier de la foi et de la charité,; par la foi et par la charité se fait la conjonction qui est décrite pal' « je leur serai pour Dieu, et eux Me seront pour peuple. « Dans le Même: « Je traiterai avec eux une alliance du siècle, que je ne Me détour­ » nerai plus de derrière eux, pour leur faire du bien; et je mettrai ma li cmillte dans leur cœur, afin qu'ils ne se retif'ent point de Moi, » - XXXII. 40. ; - la conjonction par l'amour; qui est l'alliance, est signifiée par « je mettrai ma crainte dans leur cœur, afin qu'ils ne sc » retirent point de Moi. » Dans Ezéchiel: « Je traiterai avec eux une » alliance de paix, il y aura une alliance et éternité avec eux, et je les II donnerai, et je les multiplierai, et je placerai mon sanctuail'C au » milieu d'eux, et mon habitacle sel'a chez eux, et je leur serai pour li Dieu, et ils Me seront pour peuple. li - XXXVII. 26,27; - dans ce passage, la conjonction par l'amour et la foi, qlli sont l'alliance,
  • 100. EXODE, CHAP. DEUXlf:ME. 95 est décrite par le sanctuaire au milieu d'cux et par l'halJilaclc chez eux, et par je leur serai pour Dieu et ils Me seront pour peuple. Dans le Même: Quand je passai par toi, et je te vis, et voici, (c'était) l( Il ton temps, le 'temps des amours, et j'entmi en aLLiance avec toi a(tn )l que lu fusses à Moi. II -XVI. 8; - là il s'agit de Jérusalcm, par qui est signifiée l'l~glisc Ancienne; entrer en alliance avec elle afin qu'elle fût à Lui, c'est évidemment le mariage ou la conjonction spi­ rituelle. C'est aussi parce que l'alliance signifie la conjonction, quc l'épouse est appelée l'E'pouse de l'aLLiance, - Malach. II. 1!~; - et que la conjonction entre les frères est appelée l'alliance des ['l'ères, - Amos, J. 9. - La conjonction est aussi signifiée par l'alliance dans David: le J'ai traité alliance avec mon Élu, j'ai juré à David )l mon serviteur. » - Ps. LXXXIX. 4. - Que le Tmité d'alliance de la part du Seigneur soit la Miséricorde et l'Élection, on le voit dans David: « Toutes les voies de Jéhovah (sont) Miséricorde et II Vérité pour ceux qui gardent son aLLiance et ses Témoignages. II - Ps. XXV. 10. - Dans Ésaïe: « Les montagnes se retireront, li et les collines seront déplacées, et ma Misb'icorde ne se retirel:a » point, et l' cdliance de ma paix ne sera point déplacée, a dit Celui » qui a compassion de toi, Jéhovah. li - UV. -1O. - Dans Moïse: « Jéhovah t.on Dieu, Lui (est) Dieu, le Dieu fidèle, gardant l'aLLiance » et la itliséricorde à ceux qui L'aiment et qui gardent ses précep­ II tes, à la millième génération. li - Deutér. VII. 9, 12. - Dans le Même: le Si vous gardez mon alliance, vous serez pour l'foi UT,l II pécule d'entt'e tous les peuples. » - Exod. XIX. 5. - Dans le ~fême : « Je regarderai vers vous, et je vous fructifierai, et je vous II multiplierai, ct je confirmerai mon alliance avec vous. li -Lévi!. XXVI. 9; - regarder vers eux, c'est de la Miséricorde; les fmc­ tilier et les multiplier, c'est gratifier de la charité et de la foi; ceux qui en sont gratifiés sont appelés Élus, ainsi ce sont les choses de l'Élection; puis aussi ils seront le pécule du Seigneur. Les Signes de l'alliance ont élé cLussi dans l'Église représentative, et ils étaient donnés pour qu'on se ressouvînt de la conjonction; la Circoncision était un de ces signes, -. Gen. XVII. 11, - car la Circoncision si­ gnifiait la purification des amours impurs, après l'éloignement des­ quels s'insinue l'amour céleste par qui il y a conjonction: le Sab­ bath est aussi nommé l'alliance éte1"1/Clle, - Exod. XXXI. 16 : ­
  • 101. HG ARCtlES CÉLESTES. il est dit encore que les 110illS de proposition étaient aux fils d'Israël • en alliance éternelle. li - Lévit. XXIV. 8,9: - principalement le sang, comme on le voit dans Moïse: « Moïse prit le Livre de l'al­ li liance, et il le lut aux oreilles du peuple; et ils dirent: Tout ce " qu'a prononcé Jéhovah nous le ferons ct nous écouterons; alors " Moïse prit le Sang du SaC1'i{tce pacifique, et Ble répandit SUl' le " peuple, et il dit: Voici le Sang de l'alliance qu'a traitée Jéhovah » avec vous sur toutes ces paroles. Exod. XXIV. 7, 8. - Dans l) - Zacharie: « Par le sang de ton alliance je tirerai tes enchaînés de » la fosse, dans laquelle il n'y a point d'eau. » -IX. H; - le s:).ng était l'alliance ou le signe de l'alliance, parce qu'il signifiait la con­ jonction par l'amour spirituel, c'est-à-dire;par la charité envers le prochain; aussi, quand le Seigneur institua la Sainte-Cène, il appela son Sang le sang de la nouvelle alliance, - Matth. XXVI. 28. ­ D'après ce qui précède on peut maintenant voir cc qui est entendu dans la Parole par l'alliance dans le sens interne. 6805. Et Dieu vit les fils d'Israël, signifie qu'il gratifia de la foi l'Église: cela est évident par la signification de voir, en ce que c'est avoir la foi, N°s 897,2325,2807, 3863, 3869, 4-403 à 44.2-1, 5iOO, de là Dieu vit, c'est gratifier de la foi, cal'la foi vient de Dieu; et par la signification des fils d'Ismï:l, en ce qu'ils sont l'Église, N0 6637. 6806. Et Dieu les connut, signifie qu'il la g1'atifia de la charité: on le voit par la signification de connaître, quand cela se dit de Dieu, c'est-à-dire du Seigneur, en ce que c'est gratifier de la cha­ rité; en effet, c'est la charité qui conjoint le Seigneur avec l'homme, et qui fait que le Seigneur est présent chez lui et en conséquence le connaît; le Seigneur, il est vrai, connaît tous les hommes dans l'univers, mais il ne connaît, comme un père ses fils, que ceux qui sont dans le bien de l'amour et de la chalité; c'est pour cela que le Seigneur dit de ceux qui sont dans le bien, et qu'il appelle ses brebis: « iioi, je suis le bon Pasteur, et je connais les miens, ct je suis connu des miens: mes brebis entendent ma voix, et 1I10i je le,ç connais, et elles me suivent. l) -Jean X. 14, 27. -Mais de ceux qui sont dans le mal, le Seigneur dît qu'il ne les connaÎt point; dans Matthieu: « Plusieurs Me diront en cc jOUl'-lil : Seigneur! l) Seigneur! par tou Nom n'avons-no1s pas prophétisé? et pal' ton
  • 102. EXODE, CHAP. DEuXIÈME. 97 » Nom n'avons-nous pas chassé les démons? et en ton Nom n'a­ II vons-nous pas fait plusieurs œuvres merveilleuses? Mais alors » je leur dirai: Je ne VOllS connais point; retirez-vous de Moi, ou­ II vriers d'iniquité. II - VII. 22, 23. - Dans le Même: « Enfin II vinrent aussi les autres vierges, disant: Seigneur! Seigneur! II ouvre-nous; mais Lui, répondant, dit: En vérité, je vous dis: II Je ne VOltS connais 7Jalnl.ll-XXY. H, <l2.-Dans Luc: « Quand II le Père de fami!le sc sera levé et allfa fermé la porte, alors vous II commencerez il vous tenÏ!' dehors et il frapper la porte, en disant: II Seigneur! Seigneur! ouvre·nous; mais répondant, il vous dira: II Je ne sais d'oit VOltS êlc<~. Alors VOliS commencerez à dire: Nous II avons mangé devant toi, et nous avons bu, et dans DOS places II Lu as enseigné; mais il dira: Je vous dis: Je ne sais d'oit vous » rUes, l'etirez-vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquité. » -XIII. 25, 26, 21; - de lit il est bien évident qu'être connu, quand cela est dit pal' le Seigneur, c'est être dans le hien de la charité, c'est­ à-dire ètre gratifié de cc bien, cal' tout bien de la charité vient du Seignenr; ct que ne point être connu, c'est être dans le mal; con­ naître enveloppe la conjonction, et l'homme est dit être connu du Seigneur en tant qu'il a été conjoint à Lui: ceux qui n'ont point été conjoints, le Seignenr les connaît aussi, et connaît même jus­ qu'aux plus petites choses chez clw.cun, - Jean 11. 2~, 25,-mais comme ceux-ci sont dans le mal, ils sont dans une présence diffé­ rente, qui est comme une absence, quoique le Seigneur ne soit point' abscrll, mais c'est l'homme etl'espril qni, étant dans le mal, sont absents; c'est en cela qu'il est dit que le Seigneur ne les connaît point : ~n voit une image de cette chose chez les Anges et chez les Esprits; ceux qui sont semblables quant aux états de la vie appa­ raissent près les uns des autres, et ainsi se connaissent mutuelle­ ment; mais ceux qui sont dissemblables quant aux états de la vie apparais.sent loin les uns des autres, et ainsi ne se connaissent point; en un mot, dans l'autre vie, la ressemblance de l'état fait qu'ils apparaissent présents et sont connus, et la dissemblance de l'état fait qu'ils apparaissent absents les uns cles autres et ne sont loint connus. XL
  • 103. 98 AI{CAlES CÉLESTES. DES ESPlIlTS OE LA PLANÈTE DE MERCVRE. 6807. Que tout le Ciel 'eprésente un Homme, qui a été nommé le Très-Grand Homme, et que chez l'homme toutes les choses en général et chacune en particulier, tant les extérieures que les inté­ rieures, correspondent à cet Homme ou au Ciel, c'est ce qui a été montré à la fin de plusieurs Chapitres: mais pour constituer ce Très-Grand Homme, ceux qui viennent de cette Terre dans l'autre vie ne suffisent pas, ils sont respectivement en trop petit nombre, il faut qu'il en vienne de plusieurs autres Terres: et il est pourvu par le Seigneur il ce qne, dès qu'il manque quelque part une qua­ lité ou une quantitè pour la correspondance, aussitôt soient tirées de quelque Terre des personnes qui remplissent (ce vide), afin (lue le rapport soit constant, et qu'ainsi le Ciel se soutienne. 6808. Ce que les Esprits de la Planète de Mercure représentent ùans leTr~s-Grand Homme, m'a aussi été découvert du Ciel; c'est la Mémoire, mais la Mémoire des cQoses abstraites de celles qui sont terrestres et plll'ement matérielles. Or, comme ,il m'a été donné de parler avec eux, ct cela pendant plusieurs semaines, et d'apprendre quels ils sont, et d'examiner comment se comportent ceux qui sont SUI' celle terre, je veux rapporter les expériences elles-mêmes. 6809. Un jour ils vinrent 11 moi et recherchèrent les choses qui étaient dans ma mémoire (c'est ce que les Esprits peuvent faire très-habilement, car lorsqu'ils viennent vers l'homme, ils voient dans sa mémoire chacune des choses qu'il connaît), lors ~onc que les Esprits de ~:lercure recherchaient diverses choses, et parmi elles aussi les villes et les lieux oit j'avais été, je remarquai qu'ils ne voulaient pas connaitre les temples, les palais, les maisons, les rues, mais seulement les choses que je s-avais avoir été faites dans ces lieux, puis celles qui concernaient le gouvernement, le carac­ tère et les mœurs des habitants, et autres choses semblables, car de telles choses sont adhél'entes aux lieux dans la mémoire chez l'homme, c'est pourquoi quand les lieux sont rappelés, elles sur­ viennent aussi. .J'étais étonné que ces Esprits fussent tels; en con­ séquence, je leur demandai pourqnoi ils négligeaient les magnifi­
  • 104. EX.ODE, CHAP. DEUXIÈME. 99 cences des lieux, et recherchaient seulement les choses et les faits qui s'y étaient passés; ils répondaient qu'ils n'avaient aucun plaisir à considérer des choses matérielles, corporelles et terrestres, mais qu'ils aimaient seulement regarder les choses réelles: par-là, je vis d'abordl clairement que les Esprits de cette Terre représentent dans le Très-Grand Homme la Mémoire des choses abstraites de celles qui sont matérielles et terrestres. 6810.11 m'a été dit que tene est lem vie sU!' leU!' Terre, c'est-à­ dire qu'ils ne font aucune attention aux choses terrestres et corpo­ l'elles, mais qu'ils s'occupent des statuts, des lois et des gouver­ nements des nations qui y sont, puis aussi des choses qui concernent le Ciel:, lesquelles sont innombrables: il m'a aussi été dit qu'un grand nombre d'hommes de celle Terre parlent avec les Esprits, et que de là leU!' viennent les connaissances des choses spirituèlles et cles états cie la vie après la mort, et par suite aussi le mépris des choses corporelles et terrestres; en effet, ceux qui savent pour certain et croient qu'il y a une vie après la mort s'occu­ pent des choses célestes, parce qu'elles sont éternelles et procurent la félicité, et non des choses mondaines, sinon qu'autant que les nécessités de la vie le réquièrent. 6811. J'ai pu voir avec quelle avidité ils recherchent et puisent les connaissances des choses, telles que sont celles de la Mémoire élevée au-clessus des sensuels du corps, en ce que quand ils y re­ gardaient celles que je possédais sur les célestes, ils les parcouraient toutes et disaien t sans interruption: celle-ci est telle, celle·là est telle; en effet, quand les Esprits viennent vers l'homme, ils entrent dans toute sa mémoire, et y réveillent les choses qui leur convien­ nent, et même, ce que j'ai souvent remarqué, ils lisent comme dans un livre celles qui y sont; les Esprits de Mercure faisaient cela avec plus d'adresse et de promptitude, parce qu'ils ne s'arrêtaient point sur les choses qui sont lentes, et qui rétrécissent et consé­ quemment arrêtent la vue interne, comme sont toutes les choses terrestres et corporelles, quand on les a pour fin, c'est-à-dire quand on les aime uniquement·; mais ils considéraient les choses. elles­ mêmes; car les choses auxquelles n'adhèrent point les terrestres portent l'attention (animum) en haut, ainsi dans un champ vaste; mais les choses purement matérielles la portent en bas, ainsi dans
  • 105. 100 :.RCA~ES CÉLESTES. tm champ rétréci. LeiIi' a'idité d'acquérir des eonnaissances devine encore évidente pour moi d'après ce qui suit: Un jour 'que j'écri­ vais quelque chose sur les événenlents futurs; - Ils étaient alors dans le lointain et ne pouvaient pas les examinel' d'après ma mé­ moire, - lis furent fort indignés ùe ce que je ne voulais pas les lil'e en leur présence, et ils voulaient contre leur coutume ordinaire s'emporter contre moi, disant que j'étais très-méchant, et autre" choses semblables; et, pour faire connaître leur 'colère, ils intro- . duisirent dans la partie droite de ma Tête jusqu'à l'oreille une es­ pèce cie contraction accompagnée de douleur; mais cela ne m~ nuisit en rien; touterois comme ils avaient mal agi, ils s'éloi­ gnaient encore plus, mais lJÎehLôt après ils s'ari·êtaient, voulant sa· voir ce que j'avais écrit sur les évenements futurs: tel est leur ~r­ dent désir de connaissances. 6lH 2. Les Esprit" de }Iercure possèdent plus que tous les autres esprits les connaissances des choses, tant de celles qui sont'dans le monde de cc Soleil, que de celles qui sont hors de ce monde dans le ciel astral; et ccIIes qu'ils ont une fois acquises, ils les retiennent, et se les l'appellent aussi toutes les fois qu'il s'en pré­ sente cie semblables: de là aussi on peut voir clairement que la mémoire des esprits est beàucoup plus parfaite que la mémoire cles hommes, ct que les esprits retiennent ce qu'ils entenclei1t, voient et aperçoivent, et particulièrement ce. qui fait leurs délices, coinmc ces esprits les connaissances des choses; car les choses qui plai­ sent et qu'on aime infiuent comme d'elles-mêmes ct restent, les autres n'entrent point, mais toucheut seulen1cnt la superficie et s'écoulent. 6H13. ~l1and les Esprits de ~lercul'e viennent vers les autres wciétés, ils examinent ce qu'elles sayent, et après l'examen ils sc retircnt; il Ya aussi entre les esprits une tene communication, que, lorsqu'ils sont dans une société, s'ils sont acceptés et aimés, tou­ tes les choses qu'ils connaissent sont comnmniquées, et cela, non par quelque langage, mais pal' l'influx. PIns 'que tous ll's autres, les "Esprits de Mercure sont fiers de leurs connaissances; c'est pourquoi il leul' fut dit que, quoiqu'ils en eussent d'innombrables. il y en avait néanmoins une infinité qu'ils ne possédaient pas; ct qne si les connaissances étaient augmentées c1J('z eux durant l'é­
  • 106. EXODE, CHAP. DEUXlÈME. f 0,1 fel'l1ité, ils ne powTaicnt pas même pal'venir à la noHon de toutes tes choses communes; i1leul' fut dit qn'ils avaient de l'ostentation et de l'orgueil, et que cela n'e!>t pas convenable; mais ils répondi. rent que c'était non pas de l'o!>tentation, mais seulement uue petite vanité résultant de la faculté de leur mémoire; <le celle manière ils peuvent effacer lems taches. 6814·. Ils ont en aversion le langage des mots, parce qu'il est matériel, aussi n'ai-je pu parler avec eux. que pal' une espèce de pensée active. Leur mémoil'e , étant une mémoire de choses et non d'images purement matél'ielles, fournit de plus près ses objet~ à la pensée: car la pensée, qui est au-dessus de l'imagination, rechercÎle pour objets les choses séparées tl'avec le matériel: luais quoiqu'il en soit ainsi, toujours est-il cependant qne les Esprits de Me,'cure ne brillent point pal' la faculté du jugement; ils ne se plaisent pa:, aux choses qui appartiennent au jugement et aux conclusions qu'on t.ire des pensées, car les connaissances nues font leu:'s délices. 6815. Il fut accordé de leur insinuel" s'ils ne voulaient pas faire quelque usage par leurs connaissances., Cilr se plail'e dans les COIl- naissances n'est pas suffisant, puisque les connaissances regardent les usages, et qlW les usages doivent être des fins; pal' les COll- naissances seules l'usage est non pour eux, mais pour d';ltJ.tres à qui ils voudraient communiquer leurs connaissances, et qu'il ne convient nullement à un homme, qui veut être sage, de rester dans les connaissances seules, parce qu'elles ne sont que des causes instrumentales, devant servir à rechercher les usages qui doivent appartenir à la vie: mais ils répondirent qu'ils trouvaient lems dé- lices dans les connaissances, et que les connaissances étaient pour eux les usages. 6816. Les Esprits de Mercure diffèrent entièl'ement des esprits de notre terre, cal' les esprits de notre terre s'occupent non de ces sortes de choses, mais de choses matérielles, mondaines, corpo- relles et terrestres; aussi les Esprits de Mercure ne peuvent-ils se trouver avec des esprits de notre terre; en conséquence partout où. Us les rencontrent, ils s'enfuient, car les sphères spirituelles, qui · .
  • 107. .102 ,RCANES C~:LESTES . s'exhalent des uns et des autres, sont presque contraires: Les Esprits de Mercure ont toujours à la bouche, qu'ils aiment ce qui a été séparé d'avec le matériel, et qu'ils veulent regarder non l'enve­ loppe, mais les choses tirées de leur enveloppe, ainsi les intérieurs. 6847. La continuation sur les Esprits de la Planète de Mercure sera à la fin du Chapitre suivant. .;~; ..
  • 108. PREMIÈR.E PAnTIE DU LI1RE DE L'EXODE. ~ CHAPITRE TROISIÈME. DOCTRINE DE LA CHARITÉ. 68·18. 11 faut encore parler ùu Prochain, car sans la connais~ sance du Prochain, on ne peut pas savoir comment la Charité doit être exercée. Dans ce qui a été placé devant ]e Chapitre précédent, il a été dit que chaque homme est le Prochain, mais l'un autrement que l'autre; et que celui qui est dans ]e bien est le Prochain de pré­ férence aux autres. qu'ainsi ]e bien qui est chez l'homme est ce qu'on doit aimer; en effet, quand on aime le bien, on aime le Sei­ gneur, car c'est du Seigneur que provient le Bien, c'est Lui qui est dans le Bien et c'est Lui qui est le Dien même. 6819. Le Prochain est non-seulement l'homme dans le singulier, mais c'est aussi l'homme dans le pluriel; eren effet, c'est la Société petite et grande, c'est la Patrie, c'est l':F:glise, c'est le Royaume du Seigneur, et au-dessus de tous c'est I.e Seigneur; voilà le Prochain, auquel on doit faire du bien d'après la chal'ité. Ce sont là aussi des degrés ascendants du Prochain; car la Société de plusieurs person­ nes est à un degré plus élevé que rhomme pris séparément; la Patrie est à un degré plus élevé qu'un.e Société; dans un degré en­ core plus élevé est l'Église; ct dans un degré enCOl'e plus élevé est le Royaume du Seigneur; enfin dans le degré SUI)rême est le Seigneur. Ces degrés ascendants sont comme les degrés d'une échelle, au. 30mmet de laquelle est le Seigneur. 682Q, Une Soci~té est ]e Prochain de préférence à un homme
  • 109. 104 ARCANES CÉl,ESTES. seul, parce qu'ellè se (;ompose de plusieurs hommes; la charité doit être exercée èmers elle de la même manière qu'envers l'homme dans le singulier, savoir, selon la qualité du bien qui est chez elle; ainsi tout autrement envers une société d'hommes probes, qu'envers une société d'hommes non probes. 682-1. La Patrie est le Procllain de préférence à une société, parce qu'elle est comme une mère; cal' l'homme est né en elle, elle le nourrit et le tient à l'abri des injUl'es. On doit par amoll1' faire du bien à la Patrie selon ses nécessités,~qui concernent principa­ lement sa nourriture, sa vie civile et sa vie spirituelle. Celui qui aime la Patrie, et qui lui fait dli bien d'après le bien vouloir, aime dans l'autl'e vie le Royaume dll Seignelll', car là le Hoyaume du Seignellr est pour lui la Patrie; et celui qui aime le lloyaume du Seigneur aime le SeigneUl', parce que le Seigneur est tout dans toutes les choses de son Hoyaume; cal' cc qui est proprement ap­ pelé le Royaume du Seigneur, c'est le bien et le vrai, qui sont par le Seigneur chez It's habiJants deson Royaume. 6822. L'Église est le Prochain de préférence à la patrie, cal' celui qui s'occupe de l'J~glise, S'occu]1e des âmes et de la vie éternelle des hommes qui sont dans la patrie; ct l'on s'occupe de l'Eglise, quand on conduit l'homme ail bien, et celui qui fait cela d'après la charité aime le Prochain, car il désire et v~.ut pour_aut.r~lQ. Ci~1 et la félicité de la vie pour l'éternité. Le Bien peut être insinué à autrui par tout homme tians la patrie, mais le vrai ne peut l'êtrtLCl!!.e par ceux qui sont ministl'es instruisants; si c'est par d'autres, il s'élève des hérésies, et l'Église est troublée et déchirée. La Charité sera exercée, si le Prochain est conduit au bien par le Vl'ai qui appartient à l'Église; si dans l'Église on appelle Vrai que!glle chose qui détourne du bien, on ne doit pas en faire mention, cal' ce n'est pas un vrai. Chacun doit s'acquél'ir le Vrai, d'abord d'après la doctrine de l'Eglise, et ensuite d'apl'ès la Pal'ole du Seigneur, ce vrai sera le vrai de sa foi. 6823. Le Royaume du Seigneur est le Prochain dans un plus haut degré que l'Église oit l'homme est né; cal' le Royaume du Seigneur se compose de tous ceux qui sont dans le bien, tant de ceux qui sont sur les tenes que de ceux qlli sont dans les cieux; ainsi le Hoyaumc (lU SeigneuJ'est le Bien avec lOut'~ :i, qualité dans
  • 110. EXODE, CILP. TlOl~lËME. ~ 05 le complexe: Quand on aime ce Bic Il , on aime chacull de ceux qui sont dans le bien. Pal' conséquent la totalité, qui est tout Bien dans le complexe, est le Prochain all prcmier degré, et c'est cc Très­ Grand Homme, dont il a été question à lu fin de plusicurs Chapi­ tres, Homme qui est l'Image représentalive du Seigneur Lui­ Même: cet Homme, c'est-à-dire le lopume du Seigneur, est aimé, quand d'après une alTection intime on fait du bien à ceux qui sont hommes par cet Homme proeédanl du Seigneur, pal' consé­ quent ch~z lcsquels il yale Hoyaume du Seigneur. 682i. Ce sont là les degrés du Prochain, et la charité s'élèvera selon ces degrés; mais ces degrés sont des degrés dans l'ol'dre successif, dans lequel le degré antérieur ou Supél'ielll' est toujours préféré au degré posterieur ou inférieur, ct comme le Seigneur est dans le degl'é suprême, et qu'il doit être considéré Lui-Même dans chaque degré comme la fin ad QlIem (yers Laquelle l'homme doit tendre), il doit par conséquent être aimé Lui-)léme par·dessus tous ~t par-dessus toutes chose:,. CHAPITRE III. ~. Et lIoscheh paissait le troupeau de Jélhro, son beau-père, Prètre de lIidian, et il conduisit le tronpeau après le désert, et il vint vers la montagne de DIEU, au Choreb. Et un Ange de JÉHOVAH lui apparut dans une flamme de feu du milieu dll buisson; et il vit, et voici, le buisson était embrase de feu, etle buisson n'était nullement consumé.. 3. Et Moscheh dit: Que je me détourne donc, ct je verrai celle grande vision-ci: pourquoi n'est point brûlé le buisson. 4. Et JÉHOVAH vit qu'il sè détournait pour voir, et DIEU l'appela du milieu du buisson, et il dit: lHoscheh ! ~1oschch! Et il dit: Me voici. 5. Et il dit: N'approche point d'ici, relire tes souliers de dessus tes pieds, parce que le lieu SUl' lequel tu te tiens (eM) un humus de sain­ teté, lui. 6. El il dit: (Je suis) Moi le Dieu de ton père, lc DIEU d'.Abraham,
  • 111. ~OG ARCANES CÉLESTES. le Dmu de Jischak, et le DIEU de Jacob; et j)Ioschell caclla ses faces parce qu'il craignit de regarder DIEu. 7. Et JÉHOVAH dit: En voyant j'ai vu l'affliction de mon peltple, qui (e&t) en Égypte, et j'ai entendu leur cri de devant ses exactcurs, p~rce que j'ai connu ses douleurs. 8. Et je suis descendu pOUl' le délivrcr de la main dcs Égyptiens, et pOUl' le faire monter de cette terre vers une terre bonne et large, vers une terre découlant de lait et de miel, vers le lieu du C~nanéen , et du Clütteen, et de l'Émorréen, et du Périzéen, et du Chivéen, et du Jéhuseen. 9. Et maintenant voici, le cri des !ils d'Israël est venu à Moi, et même j'ai vu l'oppression dont les Égyptiens les oppriment. ,10. Et maintenant va, et je t'enverrai vers Pharaon, et retire mon peuple, les fils d'Israël, d'Égyple. 11. Et Moscheh dit à DIEu: Qui '? Moi? que j'aille vers Pllumon, et que je retire les fils d'Israël d'Égypte. 12. Et il dil : C'est que je serai avec toi, el ceci (sel'a) pour toi le signe que iUoi je t'ai envoyé: quand tu auras reliré le peuple d'Égypte, vous sel'virez DIEU SUI' cettc montagne. ,13. Et Moscheh dit à DIEu: Voici, moi je viens "el'S les (ils d'is­ raël, et je leur dis: Le Dmu.de vos pères m'a envoyé vcrs vous; et qu'ils me disent: Quel (est) Son Nom? Qpf'e leur dirai-je? ,14. EtDIEU dit a ~ioscheh : JE S UIS QDI" ms; et 11 d'lt: ~'mSI. tu. .. 11' . BhSI:)JE ., diras aux fils d'Israël: JE SUIS m'a envoyé vers vous. -15. Et Dieu dit encore à Moschell : Ainsi !li diras aux /ils d'Is­ raël : JÉHOVAH le DIEU de vos pères, le DIEU d'Abraham, le DIEU de .Jischak et le DIEU de Jacoh, m'a envoyé vers vous; ceci (est) mail Nom pour l'éternité, et ceci mon mémorial de génération en géné­ ration. 16. Va et assemble les anciens d'Israël, et dis-leur: JEHOVAH le DIEU de vos pères m'est apparu, leDieu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, en disant: En visitant je vous ai visités, el ce qui vous est fait en Égypte. 17. Et je dis: Je vous ferai monter de l'affliction d't~gyple vers la terre du Cananéen, et du Chittéen, et de l'Émorréen, et du Péri­ zéen, et du Chivéell, et du Jébuséen, vers une terre découlant de lait et de miel.
  • 112. EXODE, CHAP. TROISIÈME. 107 18. Et ils entendront t.a voix, et tu entreras, toi et les anciens d'Israël, vers le l'Qi d'Égypte, et vous lui direz: JÉHOVAH, leDIEu des Hébreux, s'est rencontré devant nous; etmaint.enant, que nous allions, je te prie, le chemin de trois jours dans le désert, et que nous . sacriqons à JÉUOVAH notre DIEU. -{ -----:t9. Et Moi je connais que le roi d'Égypte ne 'OUS donnera point d'aller, et non par main-forte. 20. Et j'étendrai ma ma in, et je frapperai l'Égypte par toutes mes merveilles que je ferai au milieu d'elle; et après cela, il VOliS en­ vena. 21. Et je donnerai grâce à ce peuple am. yeux des Égyptiens, ct il arrivera que quand vous irez, vous n'il'ez point à vide .. 22. Et que la femme demande à sa voisine, et à l'hôtesse de sa maison, des vases d'argent et des vases d'or, et des vêtements, et vous (les) mettrez sur vos fils et sur vos filles, et vous dépouillerez, les };gyptiens. CONTENU. 6825. Dans le sens interne, dans le Premier Chapitre il a été ques­ tion de l'infest.ation de ceux de l'Église par les faux et les m'aux; dans le Second, des commencements et des états successifs du Vrai Divin chez eux; dans le sens interne de ce Chapitre il s'agit de leur Déli­ vrance; et alors ils sont d'abord instruits quel est le Dieu qui les a délivrés, que c'est le Seigneur; et que c'est Lui qui les introduira dans le Ciel, après qu'ils auront été gratifiés du vrai et du bien en abondance. SENS INTERNE. 6826. Vers. '1, ~, 3. Et Moseheh 11aissait le troupeau de Jéthro son beau-'1ère prêlre de lJlidian, et il conduisit Le 11'oupeau après le désert, el il vint vers la montagne de Dieu, à Chol'eb. Et un Ange de Jéhovalt lui apparut dans une flamme de {eu du milieu du bui.s.wn; ct il vit, el voici, le buisson était emhl'asé de {eu, el le buisson n'était nullement consumé. Et Moscheh dit: Que je me détourne dom:, et je l'errai cette grande vision-ci: Pourquoi n'est point brûlé le buisson. ­ Et Moscheh paisa'ait le !/'oltpedtt de Jéthl'o .soli bcau-pèt'c prêtre de
  • 113. 108 :.RCA~ES. CÉLESTES. Midiall, signille que la Loi yenant du Divin inslruis:lit ceux qui sont ùans le nai du bien simple; le prêtre est le bien de l'Église, où sont ceux-là: etil conduisit le troupeau après le désert, signifie après qu'ils curent subi des tentations: ct il t'int vers la montagne de ])tell, signi­ lie que le bien de ramolli' Divin lui apparut: A Chol'eu, signifie la qualité: et un Anyc de Jéhomh lui apparut, signifie le Sei~neul' quant au Divin Humain : dans une flamme de· {w du milieu du buisson, signifie l'Amour Divin dans le Vrai scientifique: et il vit, ct roid, le Imisson était embrasé de {eu, signifie l'aperception que le Hai scientifique était plein du bien de J'Amour Divin: et le buisson n'était nullement consumé, signifie le DiviÎl Yrai lIni ail Divin Bien dans le naturel: et Moschch dit, signifie la perception d'après la Loi venant du Divin: Q/te.ie me détourne donc:, et: je ve1'1'(ti celle grande visioll-ci, signifie la réllexion sur celle révélation: pourquoi n'est 'Joint brûlé le buisson, signifie qu'il y ailunr, telle union. 6827. Et .'l'loscheh paissait le tl'oupeau de .Jéthl'O SOI! be(!l!-p~re prêtre de Midian, signifie que la Loi l.'enallt du Divin in.çtntisait ceux qui sont dans le vmi du bien simple,. elle prêtl'e est le bien de l'É'­ glise, où sont cCI!x-là : on le voit pal' la repr'csentatioll de Moscheh en ce qu'il est le Seignellr' quant il la Loi Divine, N0 671'>2; toute­ fois, dans le commencement, quant au Vl'ai qui appartient à la Loi veIlant du Divin, N° 677,1, mais ici C[uant il la Loi venant du Divin; il est permis de nommer ainsi les degl;és de progression dans le Seigneur, avant qu'il ait, quant il l'Humain, été fail. la Loi Divine clle-même. Dans toute la Parole, dans son sens intime ou suprême, il s'agit du Seigneur seul, et de la Glorification de son Humain; mais comme le sens intime ou suprême surpasse l'entendement hu­ main, il est permis d'expliquer la Parole quant à son sens interne, dans lequel il s'agit du Royaume du Seigneur et de l'Église, de l'ins­ tauration de 'J::glise, et cie la régénération de l'homme de l'Église par le Seigneur; si dans le sens interne il s'agit de ces choses, c'est parce que la régénération de J'homme est l'image représentative de la Glorification:du Seigneur, VOil' No~3'138, 3'212, 3296, 3~90, H02, 5688,324.5,3246; pal' la signification de paî/l'e, en ce qne c'est ins.­ truire, N0 3795, 520,1; par la signification du troupeau, en ce que c'est celui qui apprend et est conduit par le ';rai au bien de la charité, A" 3"-3, ainsi le troupeau dans le sens eommun est l'Église, No~ 3767,
  • 114. EX.ODE, CHAP. Tltu1SIÈ~lE. IO!J 3768, id l'l:glise Où SOl)t cenx qui sont dans le Hai du bien simple, lesquels sont signifiés pal' iIidian, N0 32V2, !~7i)6; et par la signi­ fication du beau-pèrc, en ce qu'il est le bien, par qui existe comme par un pè:'e ce bien qui a l'té canjoi nt au nai, ici au vrai qui appar· tient à la Loi venant du Divin, que représente Moscheh, voù' N0 6793; la qualité de ce bien est Jéthro; et par la signification du prêtre de Midhm, en ce qu'il est le bien de l'l~glisc où sont eeux qui sont dans le vrai du bien simple, No 6i75 ; d'après cela, il est bien évident ([ue par l:loscheh paissait le troupeau cie Jéthro son beau-père prêtre de Midian, il est signifié que la Loi venant du Divin instruisait ceux (lui sont clans le vrai clu bien simple, et qne le prètre de l'Iidian est le bien de l'Église oil sont ccux-Ià. ('828. Et il condui.sit le troupcau après Le désert, signifie ap/'è,~ qu'ils cltrcnt ,çubi. des tcntalions,. savoi!', ceux qui sont clans le vrai du hien simple; ail le voit pal' la signification clu troupeau, en ce que c'est l'l;;glise oi.! sont ceux qui sont dans le vrai du bien simple, ainsi qu~i1 vient (J'ètre dit ~o 6827; et par la signification clu dùert, cn cc que c' cst ' état cie tentation. En eft'et, le désert signifie un lieu peu habité et peu cultivé, et aussi 1I1l lieu entièrement inhabitè et inculte, ainsi clans le sens spirituel lin homme dévasté quant au hien pt désolô qnant an vrai, par conséquent l'homme qui est clans la tentation; en effet, celui qui est clans la tentation est dans la vastalion et dans la désolation, Cal' le faux et le mal, qui sont chez lui, s'éli~vent, ct ils obsCUf'cisscnt et enlèvent presque l'inllllx du vrai et clulJicn procédant clu Seigneur; le vrai qui influe ne lui pa­ raît pas non pllls avoir une vic assez fone pour chasser les faux et les mallX: alors aussi salit pl'csenls lies e:-prils mauvais qnLportent cn Ini la tloulcm el le désespoir au sujet clu salut. Qlle le désert signilie lin tel état, cela est évident d'après un grand nombre de­ passages dans la Parole, voir N° 2708; et comme le désert signi­ iiait l'état de tentation, et le nombre quarante $,1 clurée, quelle qu'elle ml, .Nos 730, 86'2, '22i2, 2213, c'est pour cela que les fils. d'Israël fnrenl dans le désCl·t qttamn(e ans, r,t qlle le Seigneur fut cLans le désel·t quaT(/lIte .iou/'s lorsqu'il fnt tenté, - Manh. IV. 2. Marc, 1.13. 68'29, Jù 'il vint vcrs la montaguc de Dieu, siyni.fie qlle le hien de· l'amour 1JÏ!'in app{U'{t'Îssnil cn.H/ile : cria ('sI {'Yil!rnt'par la si~nili-
  • 115. HO . .RCANESCÉLESTES. cation de la montagne de Dieu, en ce que c'est le bien de l'amour Divin; que la montagne soit le bien de l'amour, on le voit Nos 795, 796,2722, 4210, 6435; que ce bien apparaissait après qu'ils eurent subi des tentations, c'est ce qui est signifié en ce qu'il vint vers cette montagne après le désert. Voici comment la chose se passe: quand l'homme est dans la tentation, il est obsédé, de tout côté, par les faux et par les maux, qui empêchent l'influx de la lumière venant du Divin, c'est-à-dire, l'influx du vrai et du bien, l'homme est alors comme dans les ténèbres; les ténèbres dans l'autre vie ne sont autre chose que l'obsession par les faux, car les faux enlèvent la lumière, et ainsi la pel'ception de la consolation donnée par les vrais à celui qui est dans la tentation: mais quand l'homme sort de la tentation, alors apparatt la lumière avec sa chaleur spirituelle, c'est-à-dire, le vrai avec son bien; de là pour lui l'allégresse après l'anxiété; c'est là le matin qui succède à la nuit dans l'autre vie: Si alors est perçu le bien et apparaît le vrai, c'est parce qu'après la tentation le vrai et le bien pénètrent vers les intérieurs et s'y enra­ cinent; car lorsque l'homme est dans la tentation, il est comme dans la faim du bien ct dans la soif du vrai, c'est pourquoi lorsqu'il en sort il prend le bien comme un affamé la nourriture, et reçoit le vrai comme un altéré la boisson;' et en outre, quand la Loi venant du Divin apparaît, les faux et les maux sont éloignés, ct après qu'ils ont été éloignés, le vrai et le bien peuvent pénétrer intérieurement: • c'est pour ces motifs qu'après les tentations se montre le bien de l'amour avec sa lumière venant du Seigneur. Dans l'autre vie, il est bien connu de tous, que la clarté et l'allégresse se montrent après l'obscurité et l'anxiété des tentations, parce que cela y est commun. 6830. Au Choreb, signifie la qualité, savoir, du bien de l'amour Divin qui apparaissait: on le voit en ce que les noms, quand ils sont ajoutés, enve!oppenrla qualité de la chose dont il s'agit; ·la qualité de la chose que le Choreb enveloppe est évfdente d'après ce qui y fut vu, savoir, d'après la flamme de feu sortant du milieu du buisson, ainsi c'est le Divin Bien de l'Amour resplendissant par le Vrai qui appartient à la Loi Divine. 683". Et un Ange de Jéhovah lui apparut, signifie le Seigneur' ({uant au Divin Humain: on le voit par la signification d'lm Ange de Jé.hovllh, en ce que c'est le llivin Humain du Seigneur, N0 6280;
  • 116. EXODE, CHAP. TROlSIf~MK 111 si le Divin Humain est appelé Ange de Jéhoval}, c'est pal'ce que Jé­ hovah, avant l'avénement du Seignel1l', quand il tl'aversait le Ciel, apparaissait. dans la forme Humaine, comme un Ange, car tout le Ciel Angélique représente un seul homme, qui est appelé le Très­ Grand :Homme, dont il a été parlé à la fin de plusieurs Chapitres; lors donc que le Divin Même le traversait, il apparaissait dans la forme Humaine comme un Ange devant ceux avec qui il parlait; c'était là le Divin Humain de Jéhovah avant l'avénement du Sei-' gneur, l'Humain du Seigneur, depuis qu'il a été fait Divin, est de même, car le SeigneurestJéhovah Lui-Même dans le Divin Humain. Queîe Seigneur quant an Divin Humain soit appelé Ange, on le voilN° 6280, et cela est encore évident d'après un grand nombre de passages dans le Nouveau Testament, où le Seigneur se dit. En­ voyé par le Père, or Ètre Envoyé signifie procéder, et l'Envoyé dans la Langue Hébraïque signifie rAnge; que le Seigneur se dise En­ voyé, on le voit Math. X. 40. XV. 2!Lil1arc, IX. 37. Luc, IV. 43. IX. 48. X. 16. Jean, III. '17, 34. IV. 34. V. 2;~, 24, 36,'37,38. VI. 29,39,40, 4-4-,57. VII. 16,18,28,29. VIII. 16, ·18, 29, 42. IX. 4. X. 36. XI. 4,1, 42. XII. H, 45, 49. XIII. 20. XIV. 24. XVI. 5, 7. XVII. a, 8, '18, 21, 23,25. 6832. Dans une flamme de (cu du milieu du buisson, signifie l'a­ mour Divin drms le lirai scientifique : on le voit par la signifi­ cation de la flamme de feu, en ce que c'est l'amonr Divin, ainsi qu'il va être montré; et par la signification du buisson, en ce que c'est le vrai scientifique; si le buisson est le vrai scientifique, c'est parce que tous les arbustes, de quelque genre que ce soit, signifient les scientifiques, et que les plantations d'arbres plus grands signifient les Connaissances et les Perceptions; le buisson, parce qu'il pro­ duit des fleurs et des baies, signifie le vrai scientifique. Le vrai scien­ tifique de l'Église n'est autre chose que la Parole dans le sens de la lettre, et est aussi tout représentatif et tout significatifde l'Église chez les descendants de Jacob; ces choses dans la forme externe sont ap­ pelés vrais scientifiques, mais dans la forme interne ce sont des vrais spirituels; mais comme les vrais dans la forme interne, ou dans la forme spirituelle, n'ont point pu apparaître aux descendants de Ja­ cob, par la raison qu'ils étaient dans les externes seuls, et ne vou­ laient absolument rien connaître de l'interne, c'est pour cela qlle le
  • 117. H~ ARC.Z·ŒS r.ÉLESTES. Seigneur apparut dans un Buisson; en elfet, quand le Seigneur ap ­ paraît, il apparaît selon la qualité de l'homme, car l'homme ne reçoit point le Divin autrement que selon sa propre qualité: c'est aussi pour cela que quand le Seigneur apparut sur la montagne de Sinaï, il ap ­ parut au peuple comme un feu brûlant jusqu'au cœur du Ciel, et comme des ténèbres, une nuée et un brouillard, - Deutér.IV. H. V. 19, 20, 2'1 , 22, puis Exod. XIX. 18; - il eût apparu tout autre­ ment, si le peuple qui regardait au bas de la montagne n'eût pas été tel; et comme ce peuple était seulement. dans les externes, c'est. pour cela que quand Moïse entra vers le Seigneur sur la mont.agne de Sinaï, il est dit qu'il ent.ra dans la Nuée, - Exod. XX. 18. XXIV. 2, ~8, XXXIV. 2, a, 4, 5; - que la Nuée soit l'externe de la Parole, o-D le voit Préf. du Ch:lp. X. VIII. de la Gen. et Nos 4060, 439'1, 5922, 63«·3 f.; elle est donc aussi le représentatif de l'Église considéré dans la forme externe. Que le Seigneur apparaisse à chacun selon la qualité de chacun, c'est ce qu'on peut. voir en ce que le Seigneur ap­ paraît à ceux qui sont dans le Ciel intime, ou troisième Ciel, comme un Soleil dont. procède une lumière ineffable, par la raison que les anges de ce Ciel sont. dans le bien de l'amour pour le Seigneur; et. qu'il apparaît à ceux qui sont dans le Ciel moyen, ou second Ciel, comme unc Lune, par [a raison quc les anges y sont de plus loin et plus obscurément dans l'amour pour le Seigneur, car iis sont dans l'amour envers le prochain; mais dans le dernier ou premier Ciel le Seigneur appara!t non comme Soleil ni comme Lune, mais seule­ ment. comme Lumière, et cette lumière surpasse de beaucoup la lu­ mière du monde: et puisque le Seigneur appara!t à chacun selon la qualité de chacun, c'est. encore pour cela qu'il ne peut apparaître à ceux qui sont dans l'enfer que comme une nuée noire et un brouil­ lard; car dès que la Lumière du Ciel, qui procède du Seigneur, tombe dans quelque enfer, il s'y forme des ténèbres et du brouillard. Maintenant., d'après cela, on peut voir que le Seigneur apparaît à chacun selon la qualité de chacUn, parce qu'il apparaît selon la l'é­ ception; et puisque les descendants de Jacob étaien! seulement dans les externes, c'est pour cela que le Seigneur apparut à lUoïse dans un buisson, et aussi dans une nuée quand ~Ioïse s'approcha du Sei­ gneUl' sur la montagne de Sinaï. Que la flamme soit ' amour Divin, c'est parce que l'Amour dans sa première ol'igine n'est antre chost':
  • 118. EXODE CIHP. TROlSIl~:~'IE. l ·1 I:J que le feu et la flamme procédant du Seignelll' comme Soleil; c'est le feu ou la lamme de ce soleil qui donne à chaque homme l'Eire de la vie; et c'est le feu vital mème qui remplit cle chaleur les inté­ rieurs de l'homme, comme on peut le voiI' d'après l'amour, cal' au­ tant l'amour croît chez l'homme, autant l'homme s'échalne, et au­ tant l'amour décroit, autant l'homme se refroidit; cle lil 'jent que quand le Seignenr apparaissait clans une Vision, il apparaissait comme un fen et lnc flamme, par exemple, dans Ezéchiel ; " L'as­ » pect des quatre Animaux (qui étaient les Chéruhins) était comll1t~ » des charbons de feu (U'(lenls, comme l'aspect des flambeaux; il » s'avançait entre les animaux, comme une splendeur de lell, el du » feu sortait l'éclair: au-dessus de l'étendue qni était sur leur tète, » (il y avait) comme l'aspect d'une pierre de saphir, une ressc~m­ » blancc de trône, et sur cette ressemhlance de trône une ressem­ » hlance comme l'aspect d'un Homme sur lui (/.U-dessus; et je vis » une apparence de chw'bons ardents comme "liTlC apparence de (en » au-dedans, tout autour, depuis l'aspect de ses reins et au-dessus, » mais depuis J'aspect de ses reins cl au-dc~sons je vis comme un » aspect de (eu, enfouTé de splendeur. » -- 1.13, '21, 26, '27, 28 ; - que dans cette vision chaque chose soit significative ct représen­ tative des Divins, c'est ce que pCI'sonne ne peut nier, mais à moins (IU'On ne sache ce qui est signifié par les Chérubins, par les char­ hons de feu ardent comme l'aspect des flambeaux, par le trône, par ['aspect de l'homme sur le trône, par ses reins, au-dessus et au-des­ sous desquels il y avait du feu ct une splendeur jaillissant de ce feu, il est impossihle de connaître le saint Arcane qui y est renfermé; que les Chéruhins soient la Providence du Seigneur, on le voil No 308; el le trône, le Ciel, particulièrement le Divin Vrai qui pro­ cède du Seignelli', rt qui forme le Ciel, Ko 5313; que l'aspect de l'Homme sur le trône au-de<sus, soil le Seigneur quant au Divin Humain, cela est bien évident; que les reins soient l'amour conju­ gal, et par suite tout amour céleste, on le voit jos 3021, li277, .1·280, /(.575, 5050 à 5062, Amour qui a été représenté pal' l'apparence de charbons ardents comme J'apparence d'un feu entouré cie splendeur. /)ans Daniel: « Je rus voyant jusqu'à cc qlle cles l.rônes furent pla­ n cés, et que ' Ancien des joul's s'assit; son vêtement (était) hlanc » comme la nèig~, cl la ehcvelul'e de sa tde t;Olllllle de la laine pro-' XI. . 8
  • 119. iH ARCANES CÉLt8TES. » pre, son Trône un~ flamme de (eu; ses roues Ull (eu ardent, lm " fleuve de feu coulait et ~ortait de devant Lui. » -- VII. 9, '10; ­ le Divin Bien du Divin Amour du Seigneur a été aussi vu ici comme une flamme de feu. Dans Jean: « Celui qui était assis sur le cheval » blanc avait ses yeux comme une flamme de (eu. » - Apoc. XIX. '12; - celui qui était assis sur le cheval blanc est le Seigneur quant à la Parole, cela y est dit ouvertement, Vers. 13, 16; ainsi la flamme de feu est le Divin Vrai qui est dans la Parole, et qui procède du Divin Bien du Seigneur. Dans le Même: « Dans le milieu des sept » chandeliers un pareil an Fils de l' Homme, revêtu d'une robe lon­ » gue; sa tête et ses cheveux, blancs comme unf laine blanche, » comme de la neige, mais ses yeux comme nne flamme de (eu. » ­ Àpoc. 1. 13, ·14-; - ici aussi, les yeux comme une flamme de feu, ('(:~;t le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur. Qu'une Hamme de feu, ce soit le Divin vrai procédant du Seignelll', on le ',oit encore claii'ement dans David: " La voix de Jéhovah tombant » comme une flamme de (eu. » - Ps. XXIX. 7; - la voix de Jé­ hovah, c'est le Divin Vrai. Pour que le Divin Vrai procédant du Di­ vin Bien dù Seigneur flIt représenté, il a été ordonné de faire un Chandelier d'or pur avec sept lampes, de le placer dans la Tente de la Convention vers la table Ol! étaient les pains de proposition, et de lenir les lampes allumées conlilmelle1!lcut devrmi Jéhovah,- Exod. XXV. 3'1 à 40. XXXVII. n à 2fr.. XL. 24., 25. Lévit. XXIV. i. ~omb. VIII. 2. Zach. IV. 2 ; - le Chandelier avec les sept lampes représentait le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Seigneur. Pour que le Divin Bien même fût aussi représenté, il a été ordonné qu'il y eût un feu perpétuel Sll' l'autel: « Le Feu brûlera sur l'autel }) et ne sera point éteint, le prêtre allumera dessus du bois à chaque » aurore: le (en brùlem continuellement sur l'autel et ne sera point }) éteint. " - LCvit. VI. 5, 6. - Que le Feu ait été le représentatif du Divin Amour, cela était très-connu des Anciens; on peut le voir en ce que ce représentatif a émané de l'Ancienne Église jusque chez les nations éloignées qui ont été dans un culte idolâtre, car on sait que ces nations avaient institué un Feu sacré perpétuel, et avaient attaché à sa garde des vierges qui étaient appelées Vestales. Que le ïeu et la flamme dans le sens opposé signifient les amours impurs, comme les amours de la vengeance, de la cruauté, de la haine, de
  • 120. EX.ODE, CHAP. TROISIÈME. -H;) l'adultère, et en général les concupiscences qui proviennent des amours de soi et du monde, on le voit aussi par plusieurs passages de la Parole, dont je vais seulement rapporter les suivants. Dans i<:saïe : « Voici, ils sont devenus comme de la paille, le (eu les a ~ brûlés; ils n'arrachent point leur âme de la main de la [lanl1ne; » point de charbon pOUT échauffà, point de (eu pour s'asseoir devant "lui. » -XLVII. H. - Dans Ezéchiel: « Voici, MOi/allumerai » en toi un (eu, qui dévorera en toi toul arbre vert et tout arbre sec, » la flamme d'une flamme violwte ne sera point éteinte, de là seront " brûlées toutes les faces du midi au septentrion. » - XXI. 3; ­ ici le feu et la flamme signifient les cupidités du mal et du fau, qui éteignent tout bien et tout vrai de l'Église, de là sa vastatiün. Dans Luc: « Le riche dit à Abraham : Père Abraham! aie pitié de moi, " et envoie Lazare, afin qu'il tt'empe Je hout de son doigt dans l'eau, }l et qu'il rafraichisse ma langue, parce que.le .mis tourmenté dans II cette flamme. )) - XVI. 'iU; - ceux qui ne savent pas que le feu vital chez l'homme est d'une autre origine que le feu élémentaire, ne peuvent nullement savoir autre chose, sinon que par lé feu de l'enfer il est entendu un feu tel que celui qui est dans ie monde, lors­ que cependant le feu qui est entendu dans la Parole n'est pas un tel feu, mais c'est un feu qui appartient à l'amour, ainsi qui appartient à la vie de l'homme, et qui procède du Seigneur comme soleil; ct quand ce feu entre chez ceux qui sont dans les contraires, ii est éhangé en un feu de cupidités, qui appartiennent, comme il a été dit ci-dessus, à la vengeance, à la haine, à la cruauté, et qui jaillis­ sent de l'amour de soi et du monde; c'est ce feu qui tourmente ceux qui sont dans les enïers ; en effet, lorsque le frein est lâché à leurs cupidités, ils se précipitent l'un sur J1autre, et se tourmentent mu­ tuellement d'une manière afl'rells'e et inexprimable, cal' chacun veut préd'ominer et enlever à autrui ce qui lui appartient; en employant secrètement et ouve!tement des artifices; comme les uns et les au­ tres ont ces désirs, de là exislent des haines intestines, et ~le là des férocités qu'ils exercent surtout par cles arts magiques et par des phantaisies, artifices qui sont innombrables et entièrement incon­ nus dans le monde. Ceux qui ne croient point aux choses spiriiuel­ les, surtout les adorateurs de la nature, ne peuvent jamais être ame­ nés à croire que, chez les vivants, la chaleur qui fait la vieinterne
  • 121. ·11 G ARCANES CÉLESTES. même soit d'ulle origine autre. que ce.lle de la cha,lëul' ùUll1oat!c, cal' ils ne peuvent savoir, ni à plus forte raison reconnatl'e, qne le {"cu céleste est ce qui procède du Seigneur comme Soleil, et que ce Feu est pur amour: de là ils ne peuvent pas non plus savoir les choses innombrables qui sont dans la Parole, Ol! il n'est pas entendu un autre feu, ni les choses innombrables renfermées dans l'homme qui est l'organe récipient de ce feu. 6833. Et il vit, et voici, le bu.isson était embrasé de IClt, signifie l'aperception que le vrai sciemifiqnc était plein du bien de l'amow' Divin: cela est évident par la signification de l'oil', en ce que c'est apercevoir, N0s 2HiO, 3764-, 4567, 4n3, (i400; pal' la signification du buisson, en ce que c'est le vrai scientifique, ]0 688':2; et pal' la signification du (eu, en ce qu'il est l'amour Divin, ]0' 934- L, 4906, 5071, l'S'iW>, 63"'1.,683'2; de là êll'eembl'a,~é de (eu, ("est Hrc plein du bien de l'amour Divin. 68311-. Et II' buisson n'était nul/ement con.çumé,' signifie le Divin Vrai uni au Di1Jin Bien dans le natm·el : on le voit par la signifi. cation du buisson, en ce qu'il est le vrai seientiflque, N°s 683'2,6833; ici, comme il s'agit du Seigneur, c'est le Divin Vrai dans le Natu­ rel; le naturel est signilié, parce que le vrai y est scientifiquement; ft par la signification de ne pas être con.mmé pltr le (ell, en ce que t'est ne pas être dissipé par le bien du Divin Amour; que le feu soit le bien du Divill Amour, on vient de le yoir jo (l83'2; ainsi, c'est qu'il a été uni, savoir, le Divin Vl'ai, au Divin Bien dans Ir, Natu­ rel; c'est là la signification de ces paroles dans le sens suprême, oit il s'agit du Seigneur. Voici cc qu'il Cil est: Le DiÏn Bien du Divin Amour est Jc Feu solaire lui-même dans l'<lull'e vie, Feu qui est d'une telle ardeur, que s'il tombait, sans êt.re tempéré par des in­ termédiaires, sur quelqu'un, ct même SUl' un ang;c du Ciel intime, celui sur qui~1 tomberait scrait privé de tout sens et périrait; tellr, est l'ardeur de l'amour nivin du Seigneur: 01', quand le Seigneur a été dans le monde et a uni l'Essence Humaine à l'Essence Divine, il a reçu dans son Humain le Fcu de cet amour, et l'y a uni ail Vrai quand il s'est fait Loi Divine; c'est cela maintcnant qui est entendu pn cequ!' le Diyin Vrai a été lIni au Divin Bien dans l' Naturel. 683;;. El MOoSchel, liil, signifie la (il'l'trptioll âaprès la Loi IJl'IUlUt
  • 122. EXODE, CHAP. THOlSIÈME. • 'Ill du Divin: on le voit pal' la signification de (lil'e dans les historiques. de la Parole, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été souvenl expliqué; el pal' la représentation de Jlloscltelt, en ce qu'il eslla Loi venanl du DiYin, ['06827, û836. Que je me détolt1'1le dOIlC, et je verrai celle grande visiol1~ ri, signifie la réflexion SUI' cette rél:élalion : cela est évident paj' la l'i~nification de se délourner el voir, en ce que c'esll'éfléchir; car .d;ll1s le sens spirituel se détourner, c'esl s'écarter de la pensée dans laquelle on est; el voir, c'est aperce'oir ; ainsi pris ensemble l'un ct l'autre, c'estréflécllir; et pal' la signification de la vision, cn ce que c'est la révélation, ['06000; il est. dit une grande vis:io/!, parce que dans le sens suprême la flamme dans le buisson sigpifie le Dhiu Vl'ai uni au Divin Bien dans l'Humain du Seigneur, No 683L 6837. POUl'quoi n'est point bnÎJé le buisson, si.gnifie qu'il y (li,. '!/le telle union: on le voit d'après ce qui 'ient d'ètre dit N° 6831-. , 6838. Vers. 4-, 5,6. Et Jéhovah vit qu'il se délou1'Ilait pour voir, ct Dieu L'appela dUI1lilie'IJ du buis on, ct il dit: Mosclwh! Jllo.schch! Et il dit: Mc voici. Et il dit: lY'approche !IOinl, (l'ici, l'etire les sou­ liers de dessus les pieds, parce que le lieu sm' lequcltu le l,:ens.(cst) ILl! IWlltlls de saintelé, lui. Et il di.t: (je suis) Moi le Dieu de ton père, le Vieu d'Abraham, le Dieu de Jisclwk, el le Dieu de Jacob; et lllo,­ cheli cac/Ut ses {aces, parce ;Iu'il eraignit de regarder Dieu. - Et Jéhovah vit qu'il se détournait lloll/' voir, signifie la réflex.ion pat' ie Seigneur: et Dielt l'appela, signifie l'influx. venant du Divin: du milieu du buisson, signifie pal' les vrais scientifiques: et il dit: Moscheh! l1loscheh! El il dit: Me voici, signifie l'exhortation in­ terne, et l'audition: et il dit; N'appl'oche point d'ici, signifie de ne pas encore penser du Divin d'après les sensuels: retire le.s soulù;l's de dessus tes pieds, signifie d'élo,igner les sensuels, qui sont les ex.­ ternes du naturei : parce q"e le lieu SUI' lequel {U le liens (est) WII humus de sainteté, lui, signifie qu'autrement le Divin ne peut entrer: et il dit : (je suis) Moi le Dieu cle IOn pèl'e, signille le Diin qne re­ connaissait Lncienne Église: le Dieu d'Abraham, le Diw (le Jis­ clwk, et le Dieu de Jacob, signifie le Divin Même et leDivin Humain, ainsi le Seignelll' : el Moscheh cacha ses {aces, signifie que les inté­ rieurs étaient mis en sùrell; : parce qU11 ('J'aigl1il rie regrlrd l' Dieu,
  • 123. 118 .'.RCANES CÊLESTES. signifie afin qu'ils ne fussent point blessés par la présence du Divin Même. 6839. Et Jéhovah vil qu'il se détoll1"llait POw" voir, signifie la réflexion par le Seigneur; cela est évident par la signification de ~e délou1"Iler pour VOl7', en ce que c'est la réflexion, No 6835: que !éhovah soit le Seigneur, on le voit N0s '134.3, 1736,292'1, 30'23, 3035, 5663, 6303. On voit encore clairement ici quel est le sens de la lettre de la Parole; il est dit que Jéhovah vit qu'il 'Se détour­ nait pour voir, comme s'il n'avait pas connu cela auparavant, et comme s'il ne l'induisait pas et ne le poussait pas à se détourner pour voir; cependant cela a été dit ainsi, parce que c'est selon l'apparence; mais le sens interne enseigne comment cela doit être entendu, c'est-à-dire que le Seigneur influait dans sa pensée, afin qu'il réfléchit sur ce sujet; de là on peut voir ce qu'il en est du sens de la lettre de la Parole respectivement au sens interne, et que les choses du sens de la lettre sont telles, afin qu'elles-soient à la portée des simples qui ne croient que selon ce qui apparaît; ce qui n'apparaît pas, ils ne le croient pas ,'parce qu'ils ne peuvent pas entrer dans les intérieurs des choses; si donc la Parole n'avait pas été telle dans la lettre, elle n'aurait pas été reçue; celui qui est dans les sensuels, et qui est occupé de choses mondaines, ne saisit. en aucune manière les intérieurs, il veut voir ce qu'il doit croire, les choses qu'il ne voit pas sont comme étrangères, et il les ,'ejette parmi celles qu'on peut nier, ou tout au moins parmi celles dont on 1 doit douter, quand il y pense d'après lui-même. 6840. Et Dieu l'appela, signifie l'influ.x venant du Divin: on le voit par la signification d'appeler, en ce que c'est l'intlm(; en effet, dans le sens interne il est entendu non pas un appel par le langage, comme dans le sens externe historique, mais un appel pal' l'influx dans la volonté, appel qui est interne, car Jéhovah ou le Seigneur influe dans la volonté et pousse à ce qu:on fasse ce qui Lui plaît; quand cet interne tombe dans l'historique, al! il n'y a que des externes, il tombe ou dans un commandement, ou dans un appel, ou dans une allocution, ou dans d'autres expressions sem­ blables. 68.;··1. Dit milieu. di! bLLi8.~()lI, 8iguifie (I(L1' les ël'nà SCiëlllifiq'un:
  • 124. EXODE, CHA.P. THOiSn":J1E. 11) on le voit pal' la signification du buisson, en ce qu'il est le vrai scientifique,NGS 6832, 6833. 684-2. Et il dit: l1foscheh! !lloscheh! Et il dit: Me voici, signifie .l'exhortation interne, et l'audition: on le voit par la signification d'être appelé par Dieu, dans les historiques de la Parole, en ce que eest l'influx venant du Diyin, 10 6840; cet appellui-mème est dans œs paroles; Et Jéhovah dit: i1foscheh! JIoscheh! et comme clics enveloppent toutes celles qui suivent, et d'abord de ne point appro- cher de là, et de retirer les souliers de dessus ses pieds, elles signi- fient l'exhortation; et la réponse de =Ioscllcli: Mc L'oici, signifie l'audition. 684-3. Et il dit: N'approche point d'ici, signifie de ne point en- core penser du Divin d'après les sensuels: on le voit pa!' la signi- fication d'approcher vers Jéhovah, en ce que c'est penser àu Diyin ; si approcher, quand cela se dit de l'homme à l'égard du Seigneur. :est la pensée concernant le Divin, c'est parce que i'bomme ne peut pas venir vers le Divin par ie corps, comme l'homme vers l'homme, mais il peut y venir par le mental, ainsi par la pensée ct pal' la vo- tonté; il n'y a point d'autre accès yers le DiYin, parce que le Divin est au-dessus des choses qui apPclrtienncnt au lieu et au temps; chez l'homme, il est dans les choses qui sont appelées états, sayoir, états de l'amour et états de la foi, par conséquent états des deux fa- {;tiltes du mental, qui sont la volonté et iD. pensée, par elles l'homme peut approcher du Divin; de là vient qu'ici par n'approche poiw il'ici, il est signifié de ne point penser du Divin, savoir, d'apres les sensuels externes, qui sont signifiés par les souliers qu'il devait . d'abord retirer: il est cLit encore, parce que les sensuels externe~; - du naturel sont rég{nérés en dernier; et ainsi reçoivent en dernier l'influx venant du Divin; et l'état, dont il s'agit ici, n'était .pas encore l'état dans lequel ces sensuels pouvaient recevoir cet influx; .voir sur les sensuels ce qui va suiVI e. 684-4.. Retire tes souliers de dessus tes piecLç , signifie d'éloigne; les sensuels, qui sont les externes du naturel: on le voit pai']a signification des ,lOuliers, en ce qll'ils sont les sensuels, qui son t les externes du natllrel, 0 ,17118; ct par la signification des pieds., en ~e qu'ils sont le naturel, N0s 2162, 31 n, :3761, 3986, V280, 4-938 il. .1.·95'2 ; que rrtircr, ce soit éloignpr, ('('la Cst é"idenl , puisqu'il ~e
  • 125. 120 AHCA~ES CÉLESTES. dit des seHSuels, cal' les lllotS doivent être appliques au sujet dou!. il s'agit, ainsi retirer les souliers, c'est éloigner les sensuels. 11 faut dire ce qu'il en est de cet arcane; ehacun peut voir que les souliers représentent ici quelque chose qui ne concorderait pas avec le Saint-Divin, et qu'ainsi retirer les souliers était un représentatif du rejet des choses discordantes; autrement, de quelle importance serait-il pour Ic Divin, quc l'homme en approchât avec ses souliers ou nu-pieds, pourvu qu'intérieurement il fùt tel qu'il doit être pour pouvoir approcher du Divin par la foi et l'amour; les souliers signi-. fient donc les sensuels; et les sensuels, qui sont les externes dù naturel, sont tels, qu'ils nc peuvent pas subsisteI' cn même temps qu'on pense sainternent du Divin; c'est pourquoi, commc à cette époque les représentatifs devaient être observés, il ne fut pas permis à Moscheh d'approcher .avec ses souliers aux pieds. Si les sensuels, qui sont les externes du naturel, sont tels qu'ils ne peuvent recevoir le Divin, c'est parce qu'ils sont dans les mondains, dans les corpo­ rels et aussi dans les terrestres, car ils les reçoivent le plus près, d'oit il résuHe que les choses qui sont dans la mémoire d'après les sensuels, tirent. ce qui leur esl propre de la lumière et de la chaleur du monde. ct très-peu de la lumière et cie la cllalcll1' du ciel; c'est pour cela qu'ils sonL les derniers qli puissent ètre J'(générés, c'est­ à-dire, recevoir quelque !Ilmièl'e du ciel; de la vient que lorsque l'homme est dans ces sensuels et. pcuse d'après ces sensuels, il ne pense du Divin que comme il pcnse des terrestres, eL que s'il est ùans le mal il pense er~tièrement ü'aprüs eu'. contre le Divin: c'est pOUl'quoi, lorsque l'homme porte sa pensée SUl' les choses qui ap­ partiennent à la foi et à l'amour envers Dieu, si cct homme est dans le bien, il est élevé des sensuels, qui sont les externes du na­ turel, vers les intérieurs, conséquemment des tel'l'estres et des mondains plûs près vers les célesîes ct les spirituels. L'homme ignore cela, parce qu'il ne sait pas que chez lui les intérieurs sonL distincts des extéricnrs, cL qllc la pe1See est intérieure de plus en plus, el allssi ext(~I'ieure, ct comme il ne connaît pas ces choses, il ue peut pas portel' sa réflexion SUI' elles. Mais on peut voil' ce qui a déjà été dit de la pensée d'après les sensuels, c'cst-à-dire que ccux qni penseitt d'après les sensuels sont très-peu sages, 10' ;)089, ;.)094., 6201, 6·:-l10, 6:J11, fi:ll'2, 63'11, 6:H6, 6318, f):!)R, 661,2,
  • 126. EXODE, CHAP. TROlSIÈtlE. ·l'il 66'1~, 6622, (j62~; que l'homme est élevé au-de"sus des sensueb, el vient alors dans une lumière plus douce, ct que cda arrive sur­ lout ~ ceux qui sont régénérés 1 Nos (j·183, 63'13, 6315. Mainte­ nant, d'après cc qui vienl d'être dit., on voit clairement ce qui est entendu par retirer ses souliers de dessus ses pieds. Qu'il y ait ellez l'homme un Naturel Externe, un Naturell'foyen ct un l'aturel Inlcl'lle, on le voit l'OS 4:)70, 5118, 5'126, 54.97, tiG49; le Naturel Interne est signifié pai' les Pieds, le Naturel Moyen pal' les Plantes des pieds, et le Naturel Externe par les Souliers. 684·5. Parce 'lue le lieu sur leqlleLlu le lieus est un hUlllus de Sainlelé, Lili, signifie qu'a1(.ITemr11lIe Divin ue peltl enlTer: on le voit par la signHication du Lieu, cn ce que c'est l'ctal, j'os 262!'>, 2837,3356, 33R7, 4.321,4882,5605; de là le lieu s1/.1·lequel l'.l le liens est l'état dans lequel il est encot'e; ct par la signification de l'I/tI.1lluS de Saintelé, en cc 'luC c'est le Saint qui procède du Sei­ gneur, ainsi c'est l'état du Saint procédant du Divin Humain du Seigneur, qui est entendu par ces paroles. Qu'il soit signifié qu'au­ tl'ement le Divin ne peut pas el1trcl'; c'est ce qui résulte des antécé­ dents; savoir, que si l'homme n'était éloigné des sensuels, qui sont les externes du Natme' c'est-à-dire, s'il n'était élevc des sensuels vcrs les intérieurs, le Divin ne pounait. pas inOuet'; que le Divin ne puisse influer chez l'homme, tant que l'homme est dans ces sen­ suels, c'est parce que l'influx procédant dll Divin va jusqu'aux clloses qui dans l'ordre sont les dernières, ainsi jusqu'aux sensuels qui sont les externes du naturel chez l'homme; si là il n'y a abso­ lument que des corporels et des terrestres, les Divins qui influent y sont dissipés, cal' ils ne concordent point; c'est pourquoi, quand l'homme doit recevoir le Divin, c'est-à-dire, ce qui appartient à I:l foi et à l'amour, il est élevé au-dessus des sellsllels, ct quand il a été ainsi élevé, le Divin n'y influe plus, savoir, dans le sensuel externe, mais il influe dans le plan intérieur, dalls lequel l'homme a ûtù ulevé. Qu'il en soit ainsi, c'est cc qu'il m'a été donné de sal'oir par de nombreuses expériences. 68!l6. Et il dit: je suis Moi le Dieu dl'. Ion IIh-e, signifie le Di­ t'in que Teconnaissail l'Ancienne l?glise : on le voit par la signill­ cation du père, en ce que c'est l' :ncicnne J::glise:, [0 60i:i; si l'An· ~ienne J~glise esl appelée pl>I'C, c'csl P;lITC qlle d'clle sont nées les
  • 127. i2~ ARCANES CÉLESTES. Églises qui ont existé après elle, savoir, l'Église Hébraïque, el plus lard l'Église chez les descendants dc Jacob; car les l'Îles et les statuts qui ont été p.'escrits par Moïse aux descendants de Jacob n'étaient pas nouveaux, mais ils avaient été précedemment dans les Anciennes Églises, et furent seulement restaurés chez les fils ùc Jacob; ils furent restaurés, parce que chez les autres nations ils etaient dcvcnus idolàtriques, et que ùans l'Égypte et dans Babel ils avaient été changés en pratiques magiques: Que les mêmes rites et les mêmes statuts aient existé dans les Anciennes Églises, c'est ce qu'on peut voir par plusieurs passages dans la Parole. De là vien,.l donc quc Lncienne Église est entendue par le pèl'C, et qu'elle est aussi appcll:c pèrc ùans la Parole lorsqu'il s'agit de l'Eglise. Le Dieu qui était adoré dans l'Ancienne Église était le Seigneur quant au Divin Humain; et il était connu des Anciens que c'était le Sei­ gneur qui était représenté dans cl1acun des rites de leur Église; et plusieurs d'entre eux savaient .aussi que le Scigneur viendrait dans le monde et t'erait Divin en Lui l'Humain; dans cette Église il n'en était. pas non plus entendu d'autre par Jého'vah; en effet, il leur avait apparu comme Homme Divin, et il était appelé Jéhovah, N°s i 34.3, 5663, ainsi qu'il apparut plus lard à Abraham, Gen. XVlII. '2 et suiv.; à Josué, V. 13, '14., i15; il Guidéon, Jug. 1. ,11 el suiv.; à ~lanoach et à son épouse, Jug. XIII. 3 et suiv.; et il avait été reconnu pour le Dieu de l'univers, et pour l'Unique Dieu qu'ils de­ vaient adorer: il cst donc évident que par le Dieu de ton pàe dans le sens interne est entendu le Divin que reconnaissait ' Ancienne Église, c·csl.-à·diï'e, le Seigneur; mais dans le Sêl1S externe histo­ rique par le père on entend Abrabam, puis Jischack et aussi Jacob. 684.7. Le Dier./, d'Abmhalfl, le Dieu de .Iischak elle Dieu de Jacob J signifie le Divin Même elle Divin Humain, ctinsi le Seigneul': on le voit pal' la représentation d'Abraham, de Jischak ct de Jacob, en ce que c'est le Divin Même et le Divin Humain du Seignelll'; qu'Abra­ cham représente le Seigneur quant au Divin ~Ièmc, Jischak quant au Divin nationel, et Jacob quant au Divin Natlll'el, on le voit, Nos ,1 R93, 2014, 2066, 207~, 2083, 324.5,325'1, 2630, :3,19!~, ::l'210, 3305, f. ·:l ~39, 3704, 4180, t286, 45:38, 4570, 46'15,6098,6'180,6276,64.23, '(,RO.t; le Diyin est signifié par Dieu, el. le repr~sentatif par leurs
  • 128. EXODE, CHAP. TROISIÈME. ·12;1 noms, de là pal' le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jischak et le Dieu d~ Jacob sont entendues ces choses dans le Seigneur. {j84.8. Et Moschr:h cacha ses faces, signifie que les iutb'ieun étaient mis en slî1'eté : on le voit pal' la signification des {aces, en cc qu'elles sont les intérieurs, 105 '1990, 2ft.3~" 3;)27, ~066, 1~796, ft.797, 1).1 02,; que cache1', ce soit mettre en sùreté, c'est ce qui resulte de la sél'ie dans le sens interne, cal' il est dit qu'il cacha ses faccs parce qu'il craignit de regardcr Dicu, et pal' là il cst signifié utin que les intérieurs ne fusscnt point blessés pal' la présence du Divin Même. Dans ce qui suit il va êtrc dit comment les choses se passent. 6R4,9. Parce qu'il c1'aignit de 7'egcctdCl' Dieu, signifie afin qu'ils l'le {ussent point blessé.s pm' la p!'ésence c!lc Divin llf(?me : 011 le voit par la signification de craindre, en ce que c'est atin qu'ils ne fussent point blessés, savoir, les intérieurs, cal' c'était li! la cause de la crainte; et par la signification de reganler Dieu, en ce que c'est la présence du DiviniUême, cnr ce n'cst que pal' une intuition interne. qui s'opèl'e par la foi venant de la charité, que le Seigneur se mon­ tre présent devant l'homme; si le Seigneur apparaît à quelqu'un dans un~ forme exwl'l1e, cc sont toujours les intérieurs qui sont altec­ tés, cal' le Divin pénètre jusqu'aux intimes. Quant à ce que les Inté· rieurs ne seraient point blessés par la présence du Divin nfème, et étaient pour cela mème mis en sÎn'eté, voici ce qu'il en est: I,e Divin i'Ième est le Pur Amour, et le Pur Amour est comme un Feu bien plus ardent que le feu du soleil de cc monde; si donc le Divin Amour clans sa pureté inlluait chez un ange, un esprit ou un homme, celui-ci pél'irait entièrement; c'est de là que Jéhovah ou le Seigneur est appelé si souvent dans la Parole Feu consumnnt : afin donc que les Anges dans le Ciel ne soient point blessés par l'influx de la cha­ leur procédant clu Seigneur comme Soleil, ils sont voilés, chacun en particulier, d'une sorte cie nuée légère ct cOl1Yenable, par laquelle est tempérée la chaleur qui influe cie ce Soleil. Il était bien connu des Anciens que sans ce moycn de conservation chacun périrait pal' la présence du Divin, c'est pour cela qu'ils craignaient de voil' Dieu, comme cela est évidcnt dans le Li'l'c des Juges: « Guidéon vit que l( c'était l'Ange de Jéhovah, c'est pourquoi Guidéon dit: Seigneul' » .Téhovih ! Puisque.ï ai Vll l'Ange de Jéhnl'{/h Ince il {aeP.! et Jého­ Il "ah lui dit: Paix à toi, Ile crains l'oi.nt, ('(LI' lU /le IIIml1Ta~ point. »
  • 129. ' 24 AnCANES CËLE5TES, - YI. 22,23, - Dans le Même Livre: ({ l1anoach dit il sou épouse: n En mourant nOlis l1Wlt1'1'OnS, CUJ' nOlis avons vu Dieu, li - XliI. 22. - Etclans le Livre cie l'Exode: « Jéhovah dit à iloïse : Tu ne pOUl·ra. n pa,~ voir mes (aces, parce que nul homme ne Me verTa et vivra. n ­ XXXIll. 20;- c'est pourquoi lorsqu'il fut donné à l'loïsede voir Dieu, « il avait été placé dans un trou dn rocher," - Ibid, Yers. 22,- ce qui représentait l'obscur de la foi, et le nébuleux dont il fut couvert et par quoi il fut mis en sûreté. On pent voir clairement quel danger il y a pour les Anges à être en aspect du Divin sans être voilés par uuc nuée, par cela scul que quand les Anges inspectent quelque esprit qui est dans le mal, cet esprit semble ètt'e changl en une sMte d'ob­ jet inanirn(~, cc qn'il m'a clé donné de "Oir très-souvcnt; c'est parce que là snrvicnnent pal' la vue Angélique la lumière et la chaleur du ciel cL avec clics le vrai de la foi ct le bien de l'amour, cL que quant! ces choses pénètrent chez les méchants, ils sont presque privés de la vie. Pnisque cela al'l'ivc pal' une intuition venant des Anges, que serait-ce par une intuition venant du Seigneur? C'est pour cela que :cs Enfers ont ét(~ absolument ('loignes du Ciel, et que ceux qui j sont veulent être éloignés du Ciel, cal' s'ils n'en sont p3S éloignés, ils sont cruellement tOUl'rnentés : de là on voit clairement cc qui est entendu par ces paroles: « Ils diront aux montagnes el aux l'oeilers : » tombez sur nous, ct cachez-nOlis de la face de Celui qui est assis » SUI' 10 trône. )) - Apoc. VLI G. Luc, XXllI. 30. Hosch. X. 8. ­ De cc que la présence du Divin :l(~me est telle, que nul Ange ne peut la souten il', à moins qu'il ne soit mis en sùreté par Ilne nuée qui tempère cl nlÜdère les rayons d la chalelll' de ce soleil, on peut voir clairement que l'Humain du Seigneur est Divin, car s'il n'était. pas Divin, il n'aurait jamais [lU èt'e uni au Di'În Même, qui cst. appcle Pèrc, Ile manièrc ;1 être un avee Lui, selon les paroles du Seigneur dans Jean, Cllap, XIV. 10 et suiv" et ailleUl's; cal' ce qui reçoit ainsi le Divin doit être entièrement Divin; le lion-Divin serait pleinement dissipé par une telle union; pour parler par comparai­ son: quel ohjet peut êtl'e plongé dans le feu solaire et ne point périr, ~;inon un objet pareillement solaire? ainsi, qui peut être dans l'ar­ deur de l'amour infini, sinon celui qui est dans l'ardeur d'un alllour semhlable, par conséqüent sinon k Seigneur Seul? Que le Père soit. d:Jls Te Scignl:nr, el que le Pi're n'apparaisse qll'~. clans Sail nivin
  • 130. EXODE, CHAP, TROlSli~~IL. h~:.> lIul1laill, on le voit pal' les Paroles du Seigneur dans Jean: « Pc'­ Ilsonne nc vit jamais Dieu, le Fils {]nique, qui est dans le sein dl/. IlPèrr., Lili ra exposé. --!. ,18: - (~t. ailleurs dans le Même: Il " Vous n'avez jamais cntendu sa voix, ni YU son ;1SPCCt. V. 31, Il- 68;)0. Yers, 7, 8. Et Jéhovah dit: En voyantjai vill'affliclio/l de mon peuple, qui (est) en Égypte, et J ai eHlendu. leur cri de devant ses exacteurs, pm'ce que j ai connu ses douleurs. Et je suis descendu IJOur le délivrer de la lluûn des Égyptiens, et lJOll1' le {nire monter de L'ette terre vers une terre bonne et large, vel'S une terre découlant. de lait et de miel, vers le licn dit Cannnéen, et dit Chitléen, et de [' Enzor­ réen, et du Périzéen, et ilit C/zivéen et du Jébuséen. - Et Jéhovah clit : En voyant j ai Vit l'affliction de man ]JC1Iple, signifie la Miséri­ corde envers ceux qui sont de l']::glise spirituelle après les infesta· tions par les faux: et/ai Imtendll lem' ai de devant ses exacteu.rs, signifie le secours de la Miséricol'de contre ceux qui ont voulu Ics contraindre à servir: parce que llti con/lu se.~ doltlelll'.~, signifie la Prévoyance en tant qu'ils ont été plongés dans les faux: et je suis descendn ]Jour le délivrer de la main des Egyptiens, signifie qu'il s~ baissa il. vers eux pour les soustraire 11 la puissance des fnux scir.nti­ fiques qui s'effOl'eent de détruire les Tais de l'l;:glisc: elpoU1'l(' (aÎl'e mali ter de celte terre, signifie qu'ils seraient (~levés : vers Uni' lelTC hlmne ct larrie, signifie au Cie! oil est le bien de la charité el le vrai de la foi: découlant de lait et de miel, signifie et par suite le charmt: ct le pbsir : ven le lien du Cananéen et du Chitléen signifie la l'é­ g-ion envahie par les maux provenant des faux: et de ['Elllorl'éen et du Pàizéeu, signifie par les maux et par les faux des maux: et du (;hivéen et du .Tébwéen, signifie par unI' i<1oUtric dans lâquelle il y a quelque chose dll bien ct du Hai. 68l)<J, El Jéhovah dit: En voyant i ai Vit l'affliction de mon lJe'/l­ plI', si gni(ie {CL llfisél'icorde envers ceux qui SOllt de J'Eglise spirituelle nprès les infestations par les t'(lU,X : on le voit. par la sign ification de dire dans les historiques de la Parole,.en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a <'té SOllyent montré; mais quand c'est Jéhovall ou le Seigncur qui dit, cc ll'est point la perception, c'est la tOlite-science, parec que le Sçigncur perçoit ct cou naît toules choses en général et en !)arliculicl' de Loutc éternité; par la signification c!('.VOil' en voyant, quand cela est dit. de .U'hoyah 011 tin S('i~lIcllr, ('II cr que c'rst la
  • 131. ~'25 ARCANES CÉLESTES. Misericorde, car lorsque lé Seigneur voit quelqu'un dans la misère. ou dans l'affliction, il en a pilié; le Seigneur, à la vérité, nous voit. t.ous, et ainsi il a pitié de nous tous, mais il est dit n'avoir pitié que de ceux qui reçoivent sa Misericorde. ce sont ceux qui sont dans le bien; par la signification de l'a((liction, en ce que c'est 1infesta­ tion, No 6663, ici par les faux, parce que c'est par les f:gyptiens, qui signifient les scientifiques faux. N°s 665·1 , 6679, 6683 ; et par la si­ gnification du peuple, en ce que ce sont ceux de l'Église spirituelle, N° 2928; ceux de ntglise céleste sont appelés Nations dans la Parole. 6852. Etfai entcndu lcu'" (;l'i de devant ses cxactellrs, signifie le .~ecours de la .ilfiséricorde contre cezt:x; qui ont voulu les contraindre il servir: on le voit par la signification du cri, en ce que c'est l'ac­ tion d'implorer, rO 680,1; pal' la signification d'entendre> en ce que ("est obéir et apercevoir, N° 5017, mais quand cela est dit de Jého­ vah ou du Seigneur, c'est porter le secours de la ilisél'icorde à cclui qui implore; il en est il l'égard d'entendre, commeci·dessus N° 68;:,.1 , il l'égard de voir, c'est-il-dire que le Seigneur nous entend tous, et nous porte secours il tous, mais selon les nécessités; ceux qui crient et qui L'implorent pour eux seuls, ct ainsi contre les autres, comme font ordihairementles méchants, le Seigneur les entend aussi, mais il ne leur porte pas de secours; et quand il ne porte pas de secours, il est dit qu'il n'entend pas; et par la signification des exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui veulent contraindre à servit': que l'Exac­ teur soit celui qui contraint il servir, OIlle voit clairement dans Esaïc: " Et les p~uples ks prendront et les conduiront vers leur lieu, et ils )l domineront Sllr leurs Exacteurs : il arrivera qu'au jour que Jého­ )l vah te fera reposer de ta douleur, et de ton trouble, et de la dure » .~ert'itude sou.~ laqueLLe tu as été (l,~.çcl·vi, tu prononceras cette para­ » bole SUl' le roi de Babel: comment a cessé l'Exacteur? » - XIV. 2,3, 4.; - ct dans Zacitalie: « Je placerai vers ma maison un camp )l de l'armre pour celui qui va et eelui qui vient, afin que ne passe » plus sur eux l'Exacleur, » -IX. 8. - Les Exacteu:s étaient '~el1x qui exigeaient les tributs, - 2 Rois, XXUI. 35. Dentér. XV. :l; - et aussi ceux qui contraignaient à faire un ouvrage scIon l'imposition des tributs; ils sont appelés prinr;cs de tributs. - Exod.
  • 132. EXODE, CHAP. TROISIÈlŒ. ~2T J, Il ; - qUi' cc soient ceux qui contraignaient 11 servir, on le voit ~,o 6659. 6853. Parce que j'ai C01I11U .Ies douleurs, signifie la Prévoyance, tn tant qu'ils 0111 été plongés dans [C,I (au,x : on le voit pal' la signifi­ cation de comw.ître, quand cela est dit du Seigneur, en cc que c'est la Prévoyance; queiConnaître, ce soit la Prévoyance, c'est parce que le Seigneur connaît toutes choses en g~néral et en parliculier de toute étern ité; et par la sign ification des douleurs, en ce que c'est l'immersion dans les faux; en eft'el, quand ceux qui sont dans le hien sont plongés dans les l'am., ils tombent dans des angoisses et da us des anxiétés et sont tourmentés, cal' ils aiment les nais et ont en aversion les faux, et ils pensent continuellement au salut, et à l'infélicité si chez eux les faux allaient dominer; mais ceux qui ne sont pas dans le bien n'ont aucun souci d'être dans les faux ou dans les vrais, car ils ne pensent en rien an salut ni à l'infélicité, paree qu'ils n'y croient point; les plaisirs des :J.11l0Ul'S de soi et du monde ôtent la foi en une vic après la morl ; éeux-ci sont continuellement plongés dans les faux. L'immersion dans les faux apparaît dans l'autre vie, comme si quelqu'un était plongé dans des ondes, qui, selon l'abondance des faux, montent de plus en plus hant jusqu'à aller enfin par dessus la tête; les ondes apparaissent plus ténues ou plus denses selon la qualité des faux: l'immC!'sion pour ceux qui manquent de probité apparaît comme nne ondée, et comme un brouillard plus on moins noir qui les environne de tous côtés, et les sépare entièrement de la scrénité qni appartient à la lumière du Ciel. G854. Et}e suis dcucndu pour le délivrer de la main des lÉgyp ­ tiens, sif/nifie qn'il sc baissait vers eux pOUl' les souslraiJ'c à l.a puis­ Mtnce des (aux ,Icientifiques qui s'efforr.ent de détruire [('.1 vnLi.1 de f É91i.~e : on le voil par la signification de descendre, en cc que c'est se baisser, ainsi qu'il va êlreexpliqué; pal',la signification de pOUl' délivrer, en ce que c'est ponl' soustraire, car celui qui sous­ Irait quelqu'un aux faux, l'en délivre; PaI' la signification de let l1Iain, en ce qu'clic est la puissance, N0s 878, 33R7, 3563, 4.931 à .1.937 , titjV~ ;et par la signification des Égyptiens, en ce qu'ils sont les scientifiques faux, qui sont contre les Tais de l'Église, N°s 665'1, 6679, (j(i~:1, ainsi qui s'('jf'or(~ell( de ((ll'llire
  • 133. 128 ARCANES CÉL~STES. tes vrais. Voici ce qu'il l'Il est 11 l'égard du Seigneur qui descend: 11 est dit que le Seigneur descend ou se baisse, quand c'est pOUl' le jugement, ~o ·131 -f, et aussi quand c'est vers les inférieurs, ici vers ceux qui sont de l'i;:glisc spirituelle, et qui sont signifiés pal' les fils d'Israël; car, dans le sens interne, il s'agit de eeux-Ià, cie quelle manière ils sont infestés pal' les faux et soutiennent alors les tenta­ tions, ct enfin de quelle manière ils en sont délivrés pour être intro­ duits dans le Ciel. Mais dans les choses qui sont contenues dans ce Verset et aussi dans les suivants, il ya dans le sens interne un mys­ tère encore plus 9;rand, qui lI'a poi nt encore été connu dans rtglise; en conséquence il va être dévoill' : c.eux qui sont appelés Spiritnels, ce sont ceux qui ne peuvent être régén~rés que quant il la partie intellectuelle et non quant il la partie volontaire, dans la partie in­ tellectuelle clesquels le Seigneur implante en conséquence une vo­ lonté nouvelle, volonté en l'apport avec les doctrinaux de la foi qui appartiennent à lem l;:glise, ceux-là, savoir, ces spirituels, ont ét(~ uniquement sanvés pal' l'avcnement du Seigneur dans le monde; et cela, parce que le Divin qui traversait le Ciel, et qui était le Divin Humain avant l'avéncment dn Seigneur, ne pouvait pal venir jus­ qu'à eux, car les doctrinaux. de leur Eglise quant il la plus grande partie n'étaient pas des vrais, et par suite le bien qui appartenait il la volonté n'était pas non plus le bien, N° 64·27 : comme ceux-là n'ont pn être sauvés que par i'avénement du Seigneur, et ainsi n'ont pu être auparavant élevés dans le Ciel, c'est pourquoi, cn at­ tendant cet avénement, ils étaient tenus dans la terre inf(~rieure, dans les lieux qui sont nommés fosses dans la Parole; cette terre était assiégée de tout côté par les enfers oit sont les faux, par les­ quels ils étàient alors fortement infestés, néanmoins ils étaient tou­ jours gartlé's par le Seigneur: mais après que le Seigneur fut venu dans le monde ct eut en soi fait Divin ' Humain, alors il délivra t:eux qui étaient dans ces fosses, et HIes éleva dans eCiel; c'e~t d'cux qu'il forma le (;iel spil'ituel, qui est le second Ciel: voilà œ qui est entendu par la descente du Seigneur dans les enfers, et pal' la déliTance de ceux qui étaient enchaînrs. Voilà le mystère qui, dans le sens interne, est décrit aussi dans ce verset ct dans les sui­ vants : on peut voir cc qui a été précédemment ex.posé sur ces Spi­ rituels, savoir, que les Spirituels sont dans l'obscur quant au vrai el
  • 134. EXODE, CI-L.P. TROISIÈME. f 29 au bien de la foi, N0s 12708, 2115, 2718, 2831,2849,2935,2937, 324'1, 3833, 6'289; que leur obscur est éclairé par le Divin Humain du Seigneur, Nos 27,16, H02; que, parce qu'ils sont dans l'obscur quant au vrai etau bien de la foi, ils sont fortement attaqués par les enfers, mais que le Seigneur les défend continuellement, No 64-f 9; que les Spirituels ne peuvent être rcgénérés quant à la partie volon­ taire, mais qu'ils le sont seulement quant à la paltie intellectuelle, et qu'il y est formé par le Seigneur une nouvelle volonté, Nos 863, 875, 895, 927, 928, 1(;')'23, 1043, fOU, 2256, 4328, H93, 5-1 f 3; que les Spirituels ont été sauvés par l'avcnement du Seigneur dans le monde, Nos 2833,283,., 3969. Dans la Parole prophétique il est çà ct là parlé des Enchaînés, ct des enchaînés dans la fosse, et il est dit qu'ils ont été délivrés pal' le Seigneur; par ces enchaînés sont spécialement entendus ceux dont il vient d'être question; ainsi dans Ésaïe: « lloi, Jéhovah, je T'ai appelé dans la justice, et je pren­ » drai Ta main, parce que je Te garderai, et Te donnerai pour al­ " Hance au peuple et pour lumière des nations, pour ouvrir les yeux )1 aveugles, pour tirer de la pl'ison L'enchaîné, de la maison de l'éclu­ " sion ceux qui sont assis dans les ténèbres. ,,- XLII. 6,7. ­ Dans le M.ème: « Je T'ai gardé et donné pour alliance du peuple, " pour rétablir la terre, pour partager les héritages dévastés, pOUl' " dil'e aux Enchaînés: SOl·tez,. à ceux qui sont dans les ténèbres: " }[ontrez-voits,. sur les chemins ils paîtront, ct dans toutes les col­ " lines de leurs pâturages. Il - XLIX, 8, 9; - là, il s'agit évi­ demment du Seigneur; les Enchaînés sont en particulier ceux qui ont été détenus dans la terre inférieure jusqu'à l'avénement du Sei­ gneur, et qui alors ont été élevés dans le Ciel, et en général tous ceux qui sont dans le bien, ct comme tenus enchaînés par les faux dont cependant ils veulent avec effort sortir. Dans Zacharie: « Pal' )1 le sang de Ton alliance je tirerai tes enchaînés de la fosse. Il ­ IX. f ,1. - Dans Ésaïe: « En rassemblant ils seront rassemblés, )1 L'Enchaîné dans la (osse; et ils seront renfermés dans le cachot, II après une multitude de jours ils seront visités, Il - XXIV. 22;­ les enchaînés dans la fosse, ce sont les mêmes. Et en outre pal' ces passages, dans Ésaïe: « Jéhovah ~I'a oint pour évangéliser les pau·. » vres; il m'a envoyé pour panser les froissés de cœur, pour prê­ » cher aux capti(s la liberté, aux enchaînés, à cli/ui qui est privé des XI. 9
  • 135. '130 ARCANES CÉLESTES. )) yeux, ilOUl' proclamer l'année du bon plai~ir de Jéhovah. Il ­ LXI. 1 : - et ailleurs: « Le peuple, ceux qui marchaient dans les )) ténèbres, ont vu une grande lumière; ceux qui habitaient dans la Il terre de t ombre dc let l1Wl·t, la lumière a relui SUI' eux. )l - IX. 1. • 6.855. Et pOUl' le {etirc montCl' de cette terre, signifie qu'ils seraient élevés, savoir, du lieu et de l'état où ils sont infestés par les faux: on le voit pal' la signification de {aÏ1'e monW', en ce que c'est être élevé; et par la signification de la terre, ici de la terre d'Égypte, en ce que c'est le lieu et l'état où ils sont infestés par les faux; que l'Égypte soit le scientifique faux qui infeste, cela a été déjà montré; la même chose est aussi signifiée par la terre d'Égypte. . 6856. Vers une terre bonne et large, signifie au Ciel, où est le. hien de la charité et le VI'ai de la foi : on le voit pal' la signification de la terre, ici de la terre de Canaan, en ce qu'elle est le Royaume du Seigneur, ainsi le Ciel, N°s 1607, 3038,3481,3705, U47; par la signification d'une lerl'e bonne, en cc que c'est le bien de la cha­ rité là, et par la signification d'une terre large, en ce que c'est le vrai de la foi là; 'le large est le vrai qui appartient à la foi, voir, Nos 3i33, 3i3~, U,82. 6857. Découlant de lait et de miel, signifie et pal' suite le ch(mne et le plaisir: on le voit par la signification du lait, en ce que c'est le Célestc-Spirituèlou le vrai du bien, N° 24 8~; et comme c'est le vrai du bien, c'est allssi le charme de ce Vl'aii, car ils ont é,té COUT joints; et par la signification du miel, en ce qu'il est le plaisir, N° 5620. D'après ce qui a été montré ci-dessus N° 6854, on/peut voir ce qui est entendu par faire monter de cette terre vers une terre bonne ct large, découlant de lait el de miel, c'est·à-dire que ceux qui avaient été détenus dans la terre inférieure dans des fosses jus­ qu'à l'avénement du Seigneur, seraient alors élevés au Ciel, où est le bien de la charité et le vrai de la foi, et par suite le charme et le plaisir. Voilà ce que ces paroles signifient en pal'ticulier, mais en général elles signifient que tous ceux qui sont de l'Église spirituelle sont dans la tentation, et en sont délivrés .. 6858. Vel's le lieu du Cananéen et du Chittéen, signifie la "égion envahie par les maux p"ovenant des {aux .: on le voit par la repré­ sentation des Cananéens, en .ce qu'ils sont les maux provenant des faux du mal, N° 4818; et par la représentation des Chittéens, on ce
  • 136. EXODE, CHAP. TROISIÈME. 434 qu'ils sont les faux d'où proviennent les maux, N0 2913. Par les Nations dans la terre de Canaan, qui sont désigllé~, et aussi ailleurs, comme Gen. XV. 18, 49. Exod. XXIII. 23,28. XXXIII. 2. XXXIV. 14. Deutér. VII. 4. XX. 47. Jos. III. 40. XXIV. H. Jug. III. 5, sont signifiés tous les genres du mal et du faux. Il faut dire ce qui est entendu par la région envahie par les maux provenant des faux, et aussi par tous les autres gelll'es du mal et du faux: Avant l'avénement du Seigneur dans le monde, les mauvais génies et les mauvais esprits s'étaient emparés de toute cette région du Ciel, vers laquelle dans la suite ont été élevés les spirituels; en effet, avant l'avénement du Seigneur une grande pa.rtie de ces génies et de ces esprits vagabondaient librement, et infestaient les bons, sur­ tout les spirituels qui étaient dans la terre inférieure; mais après l'avénement du Seigneur, ils furent tous précipités dans leurs en­ fers, et cette région en fut délivrée, et fut donnée en héritage à ceux. qui étaient de l'Église spirituelle: il a été très-souvent observé que, dès que quelque lieu est abandonné par les bons esprits, les mau­ vais esprits s'en emparent, etqu'ensuile les mauvais esprits en sont chassés, et après leur expulsion il est de nouveau donné à. ceux qll,i sont dans le bien; cela vient de ce que les infernaux brûlent conti­ nuellement du désir de détruire les choses qui appartiennent au Ciel, et spécialement celles avec lesquelles ils sont en opposition; c'est pourquoi quand un lien est quelque part abandonné, comme alol's il est sans défense, les méchants s'en emparent aussitôt. Cela est spécialement entendu, comme il a été dit, pal' la région enva­ hie par les maux et les faux, laquelle est signifiée par le lieu où étaient les nations qui devaient être chassees. Cela, réuni à ce qui a été dit ci-dessus N0 685~, est un grand Mystère qui ne peut être connu sans une révélation. 6859. Et de l'Émorréen et dl' Périzéen, signifie pm- les maux et paJ'les faux des maux: on le voit par la représentation de l'Émol"-' réen, en ce qu'il est le mal, Nos 1857, 6306; et par la représentation du Périzéen, en ce qu'il est le faux, N0s 4573, 157 L Il Ya deux origines du mal, et aussi deux origines du faux; l'une des origines du mal est d'après le faux de la doctrine ou de la religiosité; l'autl'e est d'après les cupidités de l'anUlur de so,i et du monde: le faux de la première origine est, comme il a été dit, d'après le faux de la
  • 137. 132 IRCANES CÉLESTES, doctI'inc ou de la religiosité; ct le faux de la scconde ol'igine est d'après le mal des cupidités des amours ci·dessus nommés: ce sont là les maux qui sont signifiés par le Cananéen et l'Émorréen, et les faux qui sont signifiés pal' le Chittéen et le Pél'izéen. 6860. Et du Chivéen et du Jébuséen, signifie pm' une idolâtrie dans laquclle il y a quelquc chose du bien et du vrai: on le voit par la rcprésentation du Chivéen, en ce qu'il cst l'idolâtrie dans laquelle il y a quelque chose du bien; ct pat'Ia représentation du Jébuséel1, cn ce qU'i! est Fidolàtrie dans laquelle il ya quelque chose du. vrai: qlle ce soit là ce qui est signifié par ces nations, on pellt Ic voir en cc quïl a été permis qu'un6l alliance fîlt traitt':e pal' Josué et pal' les anciens avec les Gibéonites, - Jos. IX. 3 et SUlV., - et quc ceux­ ci devinrent fendeurs dc bois et puiseurs d'eaux pOUl' la maison de Dieu,-Ibid. VeI's. 23,27; - que les Gibéonites étaient Chivéells, on le voit, -Ibid. Vcrs. 7 et Chap. XI. '19: - que les Jébuséens rcprésentent cellx qui sont dans une idolâtric, mais oüil y a quel· que chose du vrai, on peut le voir cn cc que les Jébuséens furent longtemps tolérés dans Jéi'usalcm, e~ n'en furcnt point chassés, ­ Jos. XV. 63. XVIII. '16,28. II Sam. V. 6 à '0. 686'1. Vers. 9, 10,1-1,12. Et maintenant voici,. le cri des fils d'lsmël est venu à Moi, etmême j'ai vu l'oppl'ession dont les Égyp­ tiens les oppriment. Et maintenant va, et je t'envermi vers Pharaon, ct retil'e mon peuple, les fils d'lsmël, d'Égypte. Et 'Moscheh dit à Dieu: Qui! moi, que j'aille vers Pharaon, ct que .je l'etil'c les fils d'Israël d'Égypte. Elil dit: c'est queje'serai avec toi, et ceci (sera) pour toi le signe que Moije t'ai envoyé; qu(tlul tu aums retil'é.le peuple d'Égypte, VOlLS se,'vi,'ez Dieu sur celtc montagne. - Et maintenant voici, le Cl'Î des fils d'1smël est venu, à Moi, signifie la commisération SUI' ceux de l'Église spirituelle: et même j'ai vu l'op­ pression dont les Égyptiens les oppriment, signifie il cause de l'ef­ fort de subjugation par ceux qui sont dans les faux: et maintenant va, et.ie t'envermi vers Pharaon, signifie Iè saint procédant de l'Humain du Seigneur, pour dissiper les faux qui infestent: et l'e­ tire mon peuple, les fils d'Israël, d'Égypte, signifie de là la déli­ vrance de ceux de l'Èglisc spirituelle des faux qui les infestent: Et Moscheh dit à Dieu, signWîe la perception par le Divin, et l'humi­ liation: Qui! moi, que j'aille vel'S Phamon, signifie qu'il n'était
  • 138. EXODE, CHAP. THOISll~iIE. ·133 pas encore dans un tcl état, qu'il lui parût pouvoir aool'd'er et re­ pousser les faux qui infestaient: ct que je f'etire les fils ll'Israël, si· gnifie et ainsi délivrer ceux de l'Église spirituelle: et il clit : c'est que je serai avec toi, signifie le Divin dans l'Humain: et ceci (sera) pour toi le signe que Je t'ai envoyé, signifie la connaissance que I<Y Divin procédait de Lui: quand tu auras retil'é le peuple d'Égypte, signifie quand les spirituels ont été délivrés de l'infestation des fanx: vous servirez Dieu sm' cette montagne, signifie alors la perception et la reconnaissance du Divin d'après l'Amolll'. 6862. Et maintenant voici, le cri des fils d'Israël est venu à Moi, signifie la commisération SUI' ceux de l'Église spirituelle; on le voit par la signification du cri en ce que c'est implorer du secours, No 6801 ; de là quand il est dit que le cri est venu à Jéhovah Oll au Seigneur, cela l'enferme la même chose qu'entendre, on a VU' N°685"l qu'entendre c'est porter le secours'de la lVIiséricorde, ou la commisération; et par la signification des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N° 6637. 6863. Et même j'ai vu l'oppression dont les Ég!J1Jtiens les oppri­ ment, signifie à cause de l'effort de su~jugation pal' ceux qui sont dans les (aux: on le voit par la signification de l'oppression dont ils oppriment, en ce que c'est l'effort de subjugation; si c'est l'effort cIe subjugation, et non la subjugation, c'est parce que ceux qui sont de l'Église spirituelle du Seigneur ne peuvent pas être subjugués par ceux qui sont dans les faux, puisque le Seigneur tes défend; et pal' la signification des Égyptiens, en ce qu'ils sont les faux; N° 6692. 6864.. Et maintenant va, je t'envermi vers Phamon, signifie ll': Snint procédant de l'I1umnin du Seigneur, pour dissiper les (aux qui in(estent : on le voit par la représentation de lIoscheh qui de­ vait nller et qui était envoyé, en ce qn'il est le Seigneur quant à la Loi Divine, No~ 6723,6752,677-1,68'27, ainsi quant à l'Humain; car lorsque le ScigneUl' fllt dans le monde, il fit d'abord son Ilu· main le Divin Vrai, qui est la même chose que la Loi Divine; en­ suite il glorifia entièrement son Humain et il le fit le Divin Bien: entre le Divin Vrai et le Divin Bien il y a la m~me dill'érencc qu'cn· tre la Lumière provenant cIu Soleil et le ~Feu qui est dans le Soleil; pal' la signification d'être envoyé, en ce que c'est procéder, Nos '.2397, 4.710,683'1; ici, c'est le saint Vrai; que le saint se dise du vl'ai, on
  • 139. '13i ARCANES CÉLESTES. le voit N° 6788; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il est le faux, Nos 6651, 6679, 6683, 6692; il est ajouté que les faux qui infestent seraient dissipés, savoir, par le Saint procédant de l'Hu­ main du Seigneur, parce que dans la suite il s'agit de la d61iV1'ance des fils d'Israël, c'est-à-dire, de ceux quisontde l'Églisespirituelledu Seigneur, des faux dont ils ne peuvent être délivrés que par le Saint qui procède du Seigneur; en effet le Saint procédant du Seigneur non~seulement dissipe les faux qui infestent, mais même remet toutes choses dans l'ordre Divin, tant celles qui sont dans les Cieux que celles qui sont dans 'les enfers, et fait que les Cieux sont .rès­ distincts selon les biens et selon les 'Tais provenant de ces biens, et que les enfers sont aussi très-distincts selon les maux et selon les' faux provenant de ces maux; et que les maux, dans l'opposé, sont contre les biens, et les faux contre les vrais, afin qu'il existe un équilibre spirituel, et qu'il n'y ait rien qui ne soit dans un état libre. 6865. Et retire mon peltple, les fils cl'/sl'aël, d'Égypte, signifie de là la délivrance de CelLX de l' Église spiritlLelle des faux qui les infestent: on le voit par la signirrcation de retirel', en ce que c'est la délivrance; par la signification des ms d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, No 6637; et pal' la signification de l'É­ gypte, en ce que c'est le scientifique faux qui est contre les vrais de l'Église, ainsi le faux qui infeste, N0 6692. C'est le faux scienti­ fique qui infeste le plus ceux de l'Église spirituelle; et cela, parce qu'ils n'ont pas la perception du vrai d'après le bien, mais seule­ ment la connaissance du vrai d'après la doctrine; ceux qui sont tels, sont le plus infestés par les scientifiques; car les scientifiques sont des vases très-communs qui paraissent parfois contraires aux vrais, avant que les vrais introduits en eux fassent qu'ils s oient transpa­ rents, et ainsi ne soient point aperçus; et en outre les scientifiques sont pleins d'illusions des sens, qui ne peuvent êtl'C détl'uites par ceux qui sont dans les seules connaissances d'après la doctl'ine, sans être dans la perception du vrai d'après le bien, surtout parce que chez eux prédomine la lumièl'e du moode, lumière qui paraît claire tant que la lumjère du Ciel n'influe point en elle, mais dès que la lumière d,u Ciel y pénètre, au lieu de lumière il y a obscurité: de là lient qu'ils son. clairvoyants et ingénieux dans les choses du
  • 140. EXODE, CHAP. TROISIÈME. ~ 35 monde, mais sans discemement et hébétés dans les choses du Ciel. Ils se cl'oient éclairés, quand ils ont confirmé chez eux les doctri­ naux de l'Église, mais ils sont alors trompés pal' une lueur sen­ suelle, qui provient de la lueur du monde; car les doctrinaux, quels qu'ils soient, peuvent être confirmés, ainsi ceux des Juifs par les JUifs, ceux des Enthousiastes par les Enthousiastes, ceux des Soci­ niens pal' lesSociniens, et ceux: de chaque Hérésie pUl' les 'pal'ti­ sans de cette Hérésie; et quand ils ont eté confirmés, ils leul' paraissent dans une lueur sensuelle comme étant les l"rais mêmes. Mais ceux. qui sont dans la lumièl'e du Ciel sont' dans l'illustrali'on pal' le Seigneur, et avant la confil'mation ils apel'çoivent pal' intui­ tion dans les'scientifiques qui sont en bas~ et li:! dispos~s en ordl'e • si la chose est un vl'ai susceptible d'ètl'e confil'me ou non: de là il est évident que ceux-ci ont une intuition intél'ieure, qui est au­ dessus des scientifiques, pal' conséquent ùistincte; et que ceux-là ont une intuition infél'ieure, qui est au dedans des scientifiques, par conséquent perplexe', N° 2831. 6866. Et Moscheh dit à Dieu, signifie la pe1'ception par le Divin,. et l'humiliation: on le voit pal' la signification ùe dire, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été souvent montré; et par la l'epré­ sentation de Moscheh, en ce qu'il est le SeigneUl' quant à la Loi Divine, Nos 6723,6752,677",6827; le Divin, est signifié par Dieu; que ces paroles renferment aussi l'humiliation, cela est évident pal' celles qui suivent, car il dit: Qui! moi, que j'aille vers Pharaon, et que je 1'etire les fils ri Israël. Puisque iUoschelt l'eprésente le Sei­ gneur, et qu'il est parlé ici de l'hUlI1lliation, il faut dil'e quelque chose cle l'état d'humiliation du. Sèigneul', quand il était dans le monde: Autant le Seigneur était dans l'Humain non encore fait Di­ vin, autant il était dans l'humiliation; mais autant il était dans l'Humain fait Divin, autant il ne pouvait êtl'e dans l'humiliation, cal' autant il.était Dieu et Jéhovah; s'il était dans l'humiliation, quand il était dans l'Humain Ilôn enCOl'e fait Divin, c'était parce que l'Humain qu'il avait til'é d'une mère, était le mal pl'ovenant de l'héréditaire, et ce mal ne pouvait pas approchel' du Divin sans hu­ miliation; car l'homme dans l'humiliation l'celle se dépouille de toute puissance de penser et de faire quelque chose de soi-même, et s'abandonne entièrement au Divin; ct ainsi il s'approche du Divin:
  • 141. 136 ARCANES CÉLESTES. le Divin, il est vrai, était en Lui, parce qu'il avait été conçu de Jé­ hovah, mais autant son Hum,ain était dans l'héréditaire maternel, autant le Divin paraissait éloi~né; en elfet, dans les spirituels et dans les célestes, c'est la dissemblance de l'état qui fait l'éloigne­ ment et l'absence, et c'est la ressemblance de l'état qui fait l'appro­ che etla présence; et l'amour fait la ressemblance et la dissemblance. D'après cela, on peut voir d'où provenait l'état d'humiliation chez le Seigneur, lorsqu'il était dans le monde; mais ensuite, lorsqu'il eut dépoui11é tout l'humain qu'il tenait de la mère, au point qu'il n'élait plus son /ils, et revêtu le Divin, l'état d'humiliation cessa, car alors il fut un avec Jéhovah. 6867. Qui! moi, que j'aille vers .Pharaon, signifie qu'il n'était pas enC01'e dans un tel état, qu'il lui parût pouvoir aborder et l'e­ pousser les faux qui infestaient: on le voit pal' la signification de Qui! moi, en ce que c'est q~I'il n'était- pas encore dans un tel état; pal' la signification d'aller vers Pharaon, en ce que c'est abol'der les faux qui infestaient, car Phal'aon signille le faux qui infeste, N°s 6651, 6679, 6683; que ce soit aussi repousser, c'est parce que le Saint procédant de l'Humain du Seigneur, ainsi qu'il a été dit plus haut, N0 686t, repousse les faux et les maux, car les faux et les maux ne peuvent nul1ement en soutenir la pl'ésence. Comme ces paroles ont été prononcées avec un sentiment d'humiliation, il est dit qu'il ne lui paraissait pas pouvoir le fail'e. 6868. Et que je retire les fils d'Israël" signifie et ainsi délivrer ceux de l'Église spirituelle: on le voit pal' la signification de reti· rel', en ce que c'est délivrel', comme ci-dessus N° 6865; et pal' la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux. de l'Église spirituel1e, N0s 6637, 6862, 6865. 6869. Et il dit : c'est que.le semi avec toi, signifie le Divin dans l' Hmnain : on le voit pal' la représentation de l'loschell, en ce qu'il est le Seigneur quant à la Loi Divine, N0s 6723,6752,677'1, 6827, ainsi quant à l'Humain; car, ainsi qu'il a été montré ci-dessus, le SeigneUl' a fait son Humain Loi Divine, c'est-à-dire, Divin Vrai, quand il était dans le monde; et pal' la signification de.le semi avec loi, en ce que c.'est le Divin, cal' c'est Jéhovah qui parle. 6870, Et reci sera 7Jo«r toi le signe quc Moi je t' (Li envoyé, si­ gnifie la connaissance 'Ille le Divin p7'OCédait de Lui: on le voit pal'
  • 142. EXODE, CHAP. TROISlJ~~lE. 1'37 la signification du signe, en ce que c'est la confirmation de la vé­ rité, et pal' suite la connaissance que cela est ainsi; et par la signi­ fication d'être envoyé> en ce que c'est procéder, N°s 2397,4-740, 6831, ainsi être envoyé pal' Dieu, c'est procéder du Divin, et c'est aussi le Divin procéder pal' Lui, cal' celui qui procède du Divin reçoit le Divin, et il l'étend plus loin. 6811. Quand tu auras 7"Ctiré le peuple d'Égypte, signifie quand les Spirituels ont été délivrés de l'in{estation dcs {aux: on le voit par la signification de retirer, en ce que eest délivrer, comme ci­ dessus N°s 6865, 6868; par la signification des fils d'Israël, qui ici , sont le peuple, en ce que cc sont les spirituels, c'est-à-dire, ceux qui sont de l'Ég'lise spirituelle, N°s 6637, 6862, 6865; par la significa­ tion de l'Égypte, en ce que c'est le scientifique fall" qui infeste, No 6692. 6872. Vous sel'virez Dieu sw' cette montagne, signifie alors la perception et la reconnaissance du Divin d'apl'ès l'amour: on le voit par la signification de servir Dieu, en ce que c'est l'adoration du Divin, mais quand cela est dit du Seigneur, c'est la perception et la reconnaissance du Divin dans l'Humain; et pal' la signification de la montagne, en ce qu'elle est le bien de l'amour Divin, N°s 795, 796,2722, 4210,6435, 6829; de là il est évident que ces paroles, vous servirezDieu sw' cette montagne, quand elles sont dites du Sei· gneUl' , signifient la perception ct la rcconnaissance du Divin d'a­ près l'amolll'. Il faut dire ce que c'est que la perception ct la reconnaissance du Divin d'après l'amour : chaque homme est connu tel qu'il est d'après l'amolll'; en effet, l'amour est l'être de la vie de chacun, la vie même tire de UI l'existence; tel est donc l'a­ mour chez l'homme, tel est l'homme; si c'est l'amour de soi et du monde, et par consequent l'amour de la vengeance, de la haine, de la cruauté, de l'adltltère et ,des' antres passions semblables, cet homme, de quetque'manière qu'il se montre dans la forme externe, est un diable quant à son esprit, ou quant à l'homme intérieur qui vit après la mort; mais s'il y a chez l'homme l'amour de Dieu et l'amour du prochain, et pal' conséquent l'amour du bien et du vrai, du juste et de l'honnête, cet homme, de quelque manièrc qu'il se présente dans la forme externe, est un Ange quant à son CSlwit qui vil après la mort. : mais celui chez (lui est l'Amour Divin, lequel
  • 143. 138 ARCANES CÉLESTES. Amour a été chez le Seignelll' seul, celui-là est Dieu: ainsi l'Hu­ main du Seigneur a été fait Divin, quand le Seigneur a reçu dans. son Humain l'Amour de son Père, qui était l'Etre de sa vie. Par-là on peut voir ce qui est entendu par la perception et la reconnais­ sance du Divin d'après l'amour. Que l'homme soit entièrement comme est son amour, c'est une vérité constante, cela est bien évi­ dent dans l'autre vie par les Anges qui appal'aissent à la vue comme des formes de l'amour, l'amour lui-même non-seulement se montre avec éclat en eux, mais aussi s'en exhale; de sorte qu'on dirait qu'ils ne sont tout entiers que des amours; et cela, parce que tous les intérieurs de l'Ange, comme aussi ceux de l'homme, ne sont que des fomlCs récipientes de la vie, el parce qu'ils sont des formes ré­ cipientes de la vie, ils sont des formes récipientes des amours, cal' les amours font la vic de l'homme; lors donc que l'amour influant et la forme récipiente concordent, il s'cn suit que tel est l'amour de l'Ange ou de l'homme, tel est l'Ange ou l'homme; et cela, non­ seulement dans ses pl'incipes organiques qui sont dans le cel'veau, mais même dans tout le corps, car le corps n'est qu'un organe dérivé de ses principes. De là on peut voir que l'homme devient entière­ ment nouveau, quand il est régénéré, cal' alors toutes choses en général et en particulier sont disposées chez lui pour recevoit' les amours célestes; toutefois chez l'homme les formes précédentes ne sont pas effacées, mais sont éloignées, tandis que chez le Seignem les formes précédentes, qu'il tenait du maternel, ont été entièl'e­ ment effacées et extirpées, et les formes Divines ont été reçues à. leur place; cal' l'amour Divin ne concorde qu'avec la forme Divine, il rejette entièrement toutes les autres formes; de là vient que le Seigneur, lorsqu'il fut glorifié, n'était plus le fils de Marie. 6873. Vers. 13, 14" ~ O. Et Ilfoschch dit et Dieu: lioici, moi je viens vers les fils d'Israël, et je lew' dis : Le Dieu de vos pères rn' a envoyé vers vous; et qlt'ils me disent : Quel (est) son nom? que leur dirai-je? Et Dieu dit à Moschch: Je Suis Qui (est) Je Suis; et il dit: Ainsi tu dims aux fils d'Israël: Je Suis rn' a envoyé vers vous. Et Dieu dit encore à Moscheh : Ainsi tu dil'as aux fils d'Israël: Jéhovah le Dieu de vos pères, le Dieu d'Abl:aharn, le Dieu de. Jischak et le Dieu de Jacob m'a envoyé vel'S VOltS : ceci (est) mon Nom pour l'éternité, ct ceci mail mémol'ial de génération en généra,.
  • 144. EXODE, CHAP. TROISIÈME. ~ 39 tion. - Et Moscheh dit ci Dieu, signifie la pel'ception d'après le Divin: Voici, moi je viens vers les fils d'Israël, signifie au sujet de ceux qui sont de l'Église spirituelle: et je leur dis: Le Diw de' vos pères m'a envoyé vers VOltS, signilie que le Divin de l'Église Ancienne sel'a chez ceux de l'Église spirituelle: et qu'ils me di­ sent: Quel (est) son nom, signifie sa qualité: Que leur dirai-je, signifie quelle réponse: et Dieu dit à j}foscheh, signilie la premièl'C instruction: Je suis Qui (est) Je Suis, signi~e l'f~tre et l'Exister de toutes choses dans l'univers: et il (lit: Ainsi tU' dimsaux fils ((Jsraël, signilie la seconde instrnction: Je Suis m'a envoyé vel'S vous, signilie que le Divin Exister sera dans cette Église: et Dieu dit en­ core à, Moscheh : Ainsi tu diras aux fils d'Israël, signifie la troi­ sième instl'Uction : Jéhovah le Dieu de vos pères, signilie le Divin de l'Ancienne Église: le Dielt ti' Abraham, le Dicu de Jischali, et le Dieu de Jacob, signilie le Divin même et le Divin Humain, ainsi le Seigneur: m'a envoyé vers vous, signilie qu'il sera dans leur Église: ceci (est) Mon Nom pour l'éternité, signifie que le Divin Humain est la qualité du Divin Même: et ceci mon mémorial de génération en génération, signilic q~l'il doit être adol'é perpétuelle­ ment. 6874. Et lt10scheh dit à Dieu, signifie ln perception d'après le Divin: on le voit par la. signilication de dire dans les Historiques de la Parole, en ce que c'est la perception; que Dieu soit le Divin, cela est évident; il est dit la perception d'après le Divin, parce que toute perception vient du Divin. 6870. Voici, moi je viens vers les fils d'/smël, signifie au ,~ujet de ceux qui sont de l'Eglise spirituelle: on le voit par la représen­ tation des fils d'/smël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spi­ rituelle, N°s 6637, 6862, 6865. 6876. Et je leur dis: Le Dieu de vos pères m! a envoyé vers vous, signifie que le Divin de l'Église Ancienne sera citez ceux de l'Église spi1'ituclle : cela est évident par la signification du Dieu des pères, en cc que c'est le Divin de l'Ancienne Église. Que les pères soient ceux qui étaient de l'Ancienne Église, on le voit, N°s 6050, 6075, 6846; par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont vous, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N° 6875; et par la signification d'êtl'e envoyé, en cc que c'est procéder, N°s 2397,
  • 145. HO ARCA.NES CÉLESTES. 47·10, 683,1, ici en ce qu'il sera chez eux; car il est dit ùu Divin de l'Église Ancienne que ce Divin sera ùans l'Église spirituelle, qui est représentée par les fils d'Israël. Le Divin de l'Église Ancienne' était le Seignem, quant au Divin Humain; l'Ancienne Église tenait ce Divin de la Très-Ancienne l~glise; et aussi de ce que Jéhovah leur apparaissait dans la forme humaine; c'est pourquoi quand ils pensaient il Jéhovah, ils y pensaient non pas comme à un Être Universel dont ils n'auraient eu aucune idée, mais comme à un Humain Divin, dans lequel ils pouvaient déterminer leur pensée; cal' c'est ainsi qu'ils ont pu et pensel' il Jéhovah et être conjoints à Lui pal' l'amour. Ceux qui étaient de l'Église Ancienne, et surtout ceux qui étaient de l'ltglise Très-Ancienne, ont été beaucoup plus sages que ceux de notl'e temps, et cependant ils n'ont jamais pu penser il. Jéhovah que comme à ull. Homme, dont l'Humain était Divin; et alors il n'influait dans leur pensée rien d'inconvenant pris de l'homme naturel, de sa faiblesse et de son mal, mais tout ce qui influait il. Son sujet était saint: les anges eux-mêmes, qui sont dans une si grande sagesse, en compal'aison de l'homme, ne peuvent pas non plus pensel' autrement du Divin; car ils voient le Seignem dans le Divin Humain; ils savent que l'ange, chez qui toutes choses son t finies, ue peut jamais avoir quelque idée de l'In- fini que par quelque chose de semblable au fini. Que dans les temps anciens on ait adoré Jéhovah sous l'Humain-Divin, c'est ce qu'on voit clairement par les anges qui ont appam dans une forme humaine il Abraham, et ensuite il Loth, comme aussi il. Josué, à Guidéon et il lIanoac!t, Anges qui ont été appelés Jéhovah, et ont été adorés comme étant le Dieu de l'univers. Aujourd'hui, si Jéhovah apparaissait dans t'Église comme Homme, on serait scandalisé, et l'on penserait qu'étant vu comme Homme, il ne serait nullement Créatem et Seigneur de l'Univers, et, en outre, on n'aurait de Lui aucune autl'e idée que celle qu'oll a d'un homme ordinaire: on se croit en cela bien plus sage que les anciens, et l'on ne sait pas que c'est en cela même qu'on est abso- lument éloigné de la sagesse; car lorsque l'idée de la pensée est répandue sur un l~tre universel absolument incompréhensible, ['idée ne tombe sur rien et est entièrement dissipée; et alors il. sa place vient l'idée de la natme, à qui l'~n attribue toutes choses en
  • 146. EXODE, CI-IAP. TROISIÈME. Hi général et en particulier; c'est de là que le culte de la nature est aujourd'hui si commun dans le monde ct surtout dans le monde Chrétien. 6877. Et qu'ils me disent: Quel est son nom, ,~i9ni fie sa qua­ lité: on le voit par la signification du nom, en cc que c'est la qua­ lité, N0s 1754, '1896, 2009, 2628, 272~, 3006, 6674.. D'après cette question faite par Moscheh, on reconnaît quelle a été la postérité de Jacob, c'est-à-dire que non-seulement ils avaient oublié le Nom de Jéhovah, mais encore qu'ils reconnaissaient plusieurs Dieux, dont l'un était plus grand que l'autre; c'était pour cela qu'ils vou­ laient savoir son Nom; ils croyaient aussi qu'il suffisait de recon­ naître Dieu, quant au nom; si les descendants de Jacob étaient tels, c'est parce qu'ils étaient seulement dans les extel'Des sans in­ ternes; ct ceux qui sont sans intel'l1es ne peuvent pas avoir une autre opinion de Dieu, parce qu'ils ne pel).vent rien recevoir de la lumière du Ciel, qui puisse illustrer leurs intérieurs. Afin donc qu'ils reconnussent Jéhovah, il leur fut dit que le Dieu. de lems pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jischak, et le Dieu de Jacob, avait été vu, ct que c'était Lui qui envoyait iIoscheh; ai nsi ils élaient poussés à l'econnaÎtre Jéhovah par une aveugle vénération pour leurs pères, et non pas par quelque perception intel'l1e. C'était même assez pour ce peuple d'adorer Jéhovah, seulement quant au nom, parce qu'ils n'ont pu recevoir autre cllose que. l'externe de l'Église, ainsi ce qui seulement en représenterait l'interne; cela fut institué aussi chez eux, afin que ce qu'ils représenteraient se mon­ trât dàns le Ciel dans la forme interne; et ainsi, afin qu'il y eüt toujours quelque conjonction du Ciel avec l'homme. 6878. Que leul' dimi-je, signifie quelle l'éponse : on le voit sans explication. 6879. Et Dien dit à Moseheh, signifie la pl'emière instl'uetion: on le voit par la signification de Dieu dit, ici à M:oscheh, par qui est représenté le Seigneur, quant au Divin Vrai, et par l'Ioscheh au peuple, ainsi par le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Seigneur à ceux de l'Église spirituelle, en ce que c'est l'instruction, ici la première instruction, parce qu'il s'agit de Dieu Lui-iIême qui doit être adoré; car la première chose de 1'~~g1isc est la con­ naissance qu'il y a un Dieu, ct que ce Dieu doit être adoré; ce
  • 147. 142 ARCANES CÉLESTES. qu'on doit d'abord savoir de Lui, c'est qu'il a créé l'univers, ct que l'univers créé subsiste pal' lui. 6880. JeSuis Qui (est) Je Suis,signifie l' Êtreet l'Exister de toutes choses dans l'univers: on le voit, en cc que Je'Suis"c'cst l'Ètre, ct, comme il est Seul l'Être, il est dit au nominatif; s'il est dit deux fois Je Suis, savoir, Je Suis Qui (est) Je Suis, c'est parce que l'un signifie l'Être, et l'autre, l'Exister; ainsi l'un signifie le Divin Même, qui est appelé Père, ct l'autre, le Divin Humain, qui est appelé Fils; car le Divin Humain existe pal' le Divin Même; or, comme le Seigneur a aussi été fait, quant à l'Humain, le Divin Ètre ou Jéhovah, alors le Divin Vrai qui procède du Divin Humain du Seigneur est le Divin Exister d'après le Divin Être: -de là on peut voir que le Divin l~tre ne peut se communiquer à qui que ce soit que pade Divin Exister, c'est-à-dire que le Divin Même ne peut se communiquer que pal' le Divin Humain, ni le Divin Humain que par le Divin Vrai qui est le Sainto.e l'Esprit; cela est entendu, quand il est dit que « toutes choses ont été faites par la Parole, » - Jean. I, 3. - Il semble à l'homme que le Divin Vrai n'est point tel, que pal' ce Vrai il puisse exister quelque chose, car on croit qu'il est comme une parole qui, sortie de la bouche, est dissipée; mais.il en est tout autrement; le Divin Vrai procédant du Seigneur est le réel même, et tel que de là toutes choses existent ct que de là toutes choses subsistent; car tout ce qui procède du Seigneur est le réel même dans l'univers; tel est le Divin Vrai, qui est appelé la Parole, par laquelle toutes choses ont été faites. 6881. Et il dit: Ainsi ttt (liras aux fils d'Israël, signifie la se­ conde instruction: on le voit par la signification de Dieu dit, quand cela est répété une seconde fois, en ce que c'est une nouvelle per­ ception, N°s 206'1, 2238, 2260 ; cette nouvelle perception est ici la seconde instruction; et pal' la représentati<;m des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, pour lesquels il y a une se­ conde instruction. 6882. Je Suis nt' a envoyé vel'S vous, signifie que le Divin Exister sera cn elle, savoir, dans cette Église; on le voit par la signification ,de Je Suis, en ce que c'est le Divin Même et le Divin Humain, No 6880; et par la représentation de Mosoheh, 'en ce qu'il est le 'seigneur quant à la Divine Loi, c'est-à-dire, quant au Divin VI'ai;
  • 148. EXODE, CHAP. TROISIÈME. 44-3 que le Divin Vrai soit l'Existant d'après le Divin Humain, parce qu'il en est le lll'ocMant, on le voit aussi ci-dessus N0 6880; par la signification d'être envoyé vers eux, en ce que c'est qu'il sera dans l'Église spirituelle, N° 6876. C'est là la seconde instruction; la première consiste en ce qu'un Dieu, par qui tout a été créé et sub- siste, doit être reconnu; et la seconde, en ce que le Divin Vrai, qui procède de ce Dieu, doit être reçu. 6883. Et Dieu dit encore· à Moscheh : Ainsi tu di/'as aux fiLs d' Is- mëL, signifie La troisième instruction: on le voit par les explications qui viennent d'être données N° 6881. 6884.. Jéhovah Le Dieu de vos pères, signifie Le Divin de L'An- èienne ÉgLise: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N° 6876, où sont de semblables expressions. Dans le sens externe historique, par le Dieu de leurs pères il est entendu le Dieu d'Abraham, de Jis- chak et de Jacob, mais dans le sens interne c'est le Divin de l'Église Ancienne; que ce soit ce Divin qui est entendu dans le sens in- terne, et non le Dieu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, c'est ce qu'on peut vOÏl' en ce que l'historique de la Parole ne peut pas en- trer dans le Ciel; en effet, l'historique de la Par~le est naturel et mondain, et ceux qui sont dans le Ciel ne sont que dans des idées spirituelles, conséquemment ils comprennent spirituellement l'his- tOl'ique ; et le mondain, qui est le sens de la lettee de la Parole, est changé en sens spirituel à la première ent.rée du Ciel: qu'il en soit ainsi, on peut même en quelque sorte le voir,. en ce que très-sou- vent l'homme t.ourne aussi ce qu'on lui dit en choses dans lesquelles il est lui-même par toute sa pensée, ainsi en choses impures s'il est dans des choses impures, et en choses pures s'il est dans des choses pures: c'est donc de là que par Le Dieu de vos pères ceux qui sont dans le Ciel ne perçoivent point le Dieu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, cal' dans le Ciel ce n'est ni Abraham, ni Jischak, ni Jacob que l'on connaît, mais c'est le Seigneur qui est représenté par eux: c'est donc le Divin de l'Église Ancienne, qui est signifié par ces pa- roles. 6885. Le Dieu d' Abrahm1t, Le Dieu de Jischak. et Le Dieu de Jacob, signifie Le Divin Même et Le Divin Humain, ainsi Le Seignew' : on le voit d'après ce qui a été montré ci·dessus N0 684-7, où sont de sem- blables pal'oles. ,J
  • 149. H-i. ARCANES CÉLESTES. 6886, llf'a envoyé vel'S vous, signifie qu'il sera dans lellr Église: on le voit par la signification d'êtl'e envoyé vcrs vous, en ce que c'est qu'il sera dans l'Eglise spirituelle, N0s 6876, 6882. 6887. Ceci est mon Nom pOUl' l'étemité, signifie que.ie Divin Humain est la qualité du Divin Même: on le voit par la signification du nom de Dieu, en ce que c'est en un seul complexe tout ce pal' quoi Dieu est adoré, ainsi la qualité, }"os 272i-,3006, 6674; et comme le Divin Même ne peut pas être adoré, parce qu'on ne peut en approcher ni par la foi ni par l'amour, car il est au-dessus de toute idee, selon les paroles du Seigneur dans Jean: « Personne ne » vit jamais Dieu, le Fils Unique qui est dans le sein du Père, Lui » L'a exposé, » -1. 18; - et ailleurs dans le même: « Vous » n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son aspect. » - V. 37, - c'est pour cela que c'est le Divin Humain qui peut être appro­ ché et adoré, parce qu'il est la qualité du Divin ~Iême. Que le Divin Humain soit le nom de Jéhovah, cela est évident dans Jean: « Jésus » dit: Père, glOl'ifie ton Nom; il sortit donc une voix du Ciel: Et l> je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai. » - XII. 28; -là 19 Seigneur quant au Divin Humain s'appelle le Nom du Père. Dans Ésaïe: (( Moi, Jéhovah, Je T'ai appelé dans la justice, et je pren­ » drai Ta main, parce que je Te garderai, et Te donnerai pour aI­ l> Hance au peuple, pour lumière des nations; pour ouvrir les yeux » aveugles, pour tire!' de la p!'ison l'enchaîné, de la maison de ré­ l> clusion ceux qui sont assis dans les ténèbres: Moi, Jéhovah, c'est » là 1I10n Nom, et je ne donnerai point ma gloire à un aütre. » ­ XLII. 6, 7, 8; - là et dans lesVersets précédents de ce Chapitre il est ouve!'tement question du Seigneur; que ce soit Lui qui est en­ tendu par le Nom de Jéhovah, cela est évident en ce qu'il est dit qu'il ne donnera point sa gloire à un autre, comme il s'agit du Sei­ gneur, c'est donc à Lui-~Iême, puisqu'ils sont un. Dans Moïse: (( Voici, Moi, j'envoie un Ange devant toi, pour te garder dans le » chemin, et pour te conduire au lieu que j'ai préparé: prends garde » à ses faces, et écoute sa voix, parce qu'il ne souffrira pas votre pré­ )' varication, parce que 1I10n Nom est au milielL de Lui. » - Exod. XXIII. 20, 21; - que le Seigneur quant au Divin Humain. soit entendu ici par l'Ange de Jéhovah, on le voit No 683,1 ; et comme le Divin Humain est la qualité du Divin Même, ilestdit que le Nom
  • 150. EXODE, CIHP. TROlslt~m. ,lM; de JellOvah est. au milieu de Lui. De même dans l'Oraison Domini­ cale pal' « Notre Père dans les Cieux, qu'il soit sanctifié Ton Nom. n C'estle Seigneur quant au Divin Humain, qui est entendu; el aussi, dans un seul complexe, tout ce pal' quoi il doit être adoré. 6888. Et ceci mon Mém01'ial de générution en génération, signi­ fie qu'il doit êtl'e adoré pel'pétnellcment : on le voit par la significa­ tion du Mémorial en ce que c'est ce dont on doit se ressouvenir, et quand il se dit du Divin, c'est la qualité dans le culte; el pal' la signi­ fication de de génération en génération, en ce que c'est pCl'pétuelle­ ment. Dans ia Parole il est dit pOUf' l'~ternité et de génération en génération, et cela parfois dans le même Verset; cela vient de cc que l'étemité sc dit Ju Divin Bien, et que la génération des géné­ rations se Jit du Divin Vrai; il en est de même de la signification du l'Iémorial et du Nom; le l'iémorial se ditde la qualité du Divin dans le culte quant au vrai, ct le Nom se dit de la qualité du Divin quant à l'un ct à l'autre, ainsi quant au vrai ct quant au bien, mais sp(~­ cialement quant au Bien. Que le Mémorial soit la qualité du Divin dans le cult.e, on le voit dans Hoschée; « Jéhovah Dieu SébaoUI, » Jéhovah son Mémorial; loi donc l'Cviens à Dieu, conserve la piété n et le jugement. » - XlI. 6; - ici il s'agit de la qualité du culte quant au vrai, c'est pourquoi il est dit Jéhovah son Mémorial. Dans David; « Chantez à Jéhovah, (vous) ses saints, et confe~sez II' J1fé­ llwl'ial de sa sainteté. n - Ps. XXX. 5. Ps. XCVII. 12; - que le saint se dise du vrai, on le voit N° 6788, de là le culte est signifil pal' le Méinorial de sa saintelé. 6889. Vers. -16, -17, -18,19,20. Vaet assemble lcs anciens d'b­ l'aël, et dis-leur: Jéhovah., lc Dieu de 1I0S pères, m.'est apparu, le Dieu d'Abraham, de .lise/w.!. et de Jacob, en disant: En visitant ,jc UOUR ai ui.~ités, et ce qui vous est fait en Égypte. Et jc dis: Je vous femi monter de ['affliction ,d'Égypte vel'S la telTe du Cananéen, el du Chittécn; et de [' Émorréeli, et du Pàizécn. ct du Chiuéen et du .Iébllséen, vcrs une terre découlant de lait et de miel. Et ils enten­ dront ta voix, et tu entreras, toi et les anciens l[' Israël, vers le roi ll'J~gypte, ct vous llti direz: Jéhovah, le Dieu des Hébreux, s'est rencontl'é devltnt nous; et llUtilltenlL1lt, que nous allions,.ie te prie, le chemin de trois jours dcms le déscrt, et quc nous sa.cri(iion,~ à Jé­ hOllak notl·c Dieu. :Et Moi je connais l'flle lc roi cl'Égypte ne vous XI. 10
  • 151. ., Hi ABCANES CltLESTES. donnera poinl d'aller, et n~n pCir main {orte. El j'élendrai ma JIlain, cl je {,'appemi l'Égypte pal' lOllles mes merveilles, que je {emi au milieu d'elle,. et après cela, il VOIlS enVC1'm. - Va el assemble lcs anciens d' lsmël, signifie les intelligents dans l'Église spil'i tuelle : ct dis leur, signifie l'instruction: Jéhovah, le Dieu de vos pères, si· gnifie le Divin de l'Ancienne Église: m'est apparu, signifie sa pn. sence: le Dieu d'Abmham, cle Jisclwcket de Jacob, signifie leDivin :'Iême et le Divin 1:1umain du Seigneur: en disant: En visi,tanl je l'OUS ai visités, signifie son avénement vers ceux qui sontde l'Eglise: rt ce qui vous est {ait en .I~gypte, signifie l'effort de subjugation : cl .le di~ : Je vous ferai monter de l'affliction d' l~gypte, signifie l'éléva· îion et la délivrance de l'infestation des scientifiques faux: vel's lu le/Te du Cananéen et dit Clûuéen, el, de l'Émorréen et du Périzéen, et du Chivéen ci du Jébuséen, signifie la i'égion du Giel envahie par ccux. qui sont dans les maux et ùans les faux: vers une terre décou- lant de lait et de miel, signifie 01'1 il Ya charme et plaisir: et ils entencLTont ta voix, signifie l'obéissance: et l1t entreras toi et les an· ciens d'Israël vers le l'oi d'Égypte, signifie la communication avec eeux. qui sont dans les faux ct qui ont infesté: el vous lui dil'ez, si- gnifie l'influx: Jéhovah le Dieu des Hébreux s'eSI; l'enconll'é devant nous, signifie le Divin du SeigneUl' dans l'Église, ct son comman- dement: et maintenanl, que nous allions, je le pI'ie, le chemin de ll'ois jours dans le désel't, signifie la vic du vrai dans un état entiè- rement éloigné des faux, quoique dans l'obscur: et que nous sacI'i- {tions à Jéhovah notre Dieu, signifie ainsi le culte du Seigneur: et Moi je connai~, signifie la Prevoyance: que le l'oi d'Égyple ne vous donnera point d'aller, signifie que le faux s'opposera: et non pal' main {orte, signifie que la puissance de ceux qui sont de l'Église spi- rituelle ne prevaudra point contre eux: et j ét.endl'aillw main, signi- fie la puissance d'après le Divin: et je {rapperai l'Égypte par loutes me.s merveilles, signifie les moyens de la puissance Divine contre les faux: que je {emi au milieu cr elle, signifie qui les toucheront di- rectement : et après cela, il VOltS ellVe/Ta, signifie leur expulsion ct. la délivrance. 6890. Va et assemble les anciens d' lsmël, signi{te les intelligents dans l'Église spirituelle: on le voit par la signification des anciens, en ce que ce sont les choses principales de la sagesse et de l'intel-
  • 152. EXODE, CILP. TROISn"~im. ,In ligence, Nos 6524, 6525, ainsi les inlelligl~llls; ct pal' la représen- tation cl'I.mld, el cc qlle c'cst l'l~glise spil'ituclle, Nos 4286,6t26. 689,1. Et di.s-IClIr, signifie ['instruction: on le rait par 1:1 signifi- cation de lew' dire, quand c'est pal' Mosc1'lCh, qui représente la Loi venant du Divin, en cc que c'est l'instruction, comme ci-dessus Nos 6879, 688·1,6883. 6892. Jéhovah le Diel! Ile vos père.~, signifie le Divin de l'An- Cienne Église: on le voit d'apl'ës œ qui a été expliqué ci-dessus N° 6884., ail sont de semblables paroles. 6893. lJfest apparu, signifie la présence: on le voit par la signi- fication d'apparaÎtre Ir quelqu'un, cn ce que c'cst la présence; en ell'et, apparaître dans le sens inteme signifie appal'aîtl'e non p::lS aux yeux mais à la pensée; la pensée elle-mêmc fait aussi la pl'ésence, car celui à qui l'on pense apparaît comme présent devant la vue in- tel'ne : dans l'autre vic cela se fait en actualité, car là quand on pense avec intensité à quelqu'un, il se trouve présent; de là vient que les amis s'y rencontrent, et aussi les ennemis, et que l'on souffre de la part de ccux-ci des choses dures. (;891.. Le Dieu d'Abmham, de Jise/wh cl de Jacob, signifie le Di- vin Même ct le Divin Humain clu Seigneur: on le voit d'après ce qui a cté montré ci-dessus, N0 6847. 6895. En disant: En visiwnl.ie vous ai visités, .~igni(ie son avé- nemenl vers CCliX qui sont de l'Église spiril'llelle : on le voit par la signification de visiter, en ce que c'cst.l'avénement du SeigncUl" qui précède le demier temps de l'Église, temps qui est appelé Jugement demiel' clans la Parole; que la Visite soit cc temps, on levoitNos22tj.2, 6588; que ce temps soit appelé l'avénement du Seigneur, cela cst évident par ccs paroles dans Matthieu: « Les disciples diI'cnt à Jé- » sus: Dis-nous quand ces choses arriveront, et quel (sel'(t) le signe » de Ton Avéncment ct de la consommation du siècle. XXiV. 3, l) - -- ct alors le Seigneur instruisait les disciples sur le demier temps de l'I~glise, comme on peut le voir par les explications qui ont été données N°s 3353 à 3:iiG, 3~·86 à 31.89, 3897 à 390~, It05Q à ft.060, 4229 à 4,231, 44-22 il. 44-'24,; et il disait que quand toutes ces choses existeraient « alors apparaîtrait le ,~igne du Fils de l'homme; et qu'alors gémiraient toutes les tribus de la terre, et qu'elles verraient le Fils de l'homme venant dans les nuées du Ciel avec puissance el
  • 153. H8 ABCANES CÉLESTES. gloire. » - Ibid. Vers. 30; - que par l' Avénemeut du Seigneur il soit entendu non pas son apparition avec les anges dans les nuées, mais sa reconnaissance dans les cœurs par l'amour ct la foi, on le voit N°s 3353, 3900; puis son Apparition d'après la Parole, donl le sens intime ou suprême traite du Seigneur seul, N° 4,060; cel avénement est entendu par l'avénement du Seigneur, qui a lieu alors qu'une vieille Église est rejetée et qu'une nouvelle est instaurée par lc Seigneur: et parce que maintenant un renouvellement d'Église allait être instauré chez les descendants'de Jacob, il est dit: En visi· tant je vous ai visités, ainsi qu'il avait été dit par Joseph, lorsqu'il mourut: « Joseph dit à ses frères: Moi je meurs, et Dieu en vi.çitant » vous visitera, et il vous fera monter de cette tel're vers la terre » qu'il a jUl'é à Abraham, à JisclJak et à Jacob. » - Gen. L. 24-.­ En visitant vous visiter signifie ici dans le sens de la lettre la déli­ vrance de la servitude en Égypte, et l'introduction dans la terre de Canaan; mais cela n'est point le spirituel qui est dans la Parole, c'est le Naturel; le spirituel qui est dans la Parole traite du Seigneur, de son Royaume et de l'Église, ainsi que de l'amour et de la foi, en conséquence dans le sens spirituel par en visitant visiter il est en­ tendu délivrer des faux et ainsi initier dans les choses qui appartien­ nent à l'Église et au Royaume du Seigneur, c'est donc l'avénement du Seigneur dans l'amour et la foi chez cellX quisel'ollt de la nou­ velle Église. 6896. Et ee qui vous est fait en Égypte, signifie L'effort de subju­ gation : on le voit par les choses qui précèdent touchant l'affliction et l'oppression des fils d'Israël, c'est·b.·dire, de ceux qui sont de l'Église spirituelle, ce sont ces choses qui sont entendues par ce qui vous est {ait en Égypte; que ces afflictions et ces oppressions si­ gnifient les infestations et l'effort dcsubjugation, on le voit N0s 666:l, 6666, 6668, 6670, 6671, 685'1, 6852, 6863. 6897. Et je dis: '/el)OltS {erai monter de l'a{fliction d'Égypte, si­ gnifie l'élévation et la délivrrUlce de l'in{eswtion des scientifiques faux: on le voit par la signitlcation de faire monter, en ce que c'est l'élévation vers les intérieurs, Nos 3084,,4,539, !)406, 58-17, 6007; l'élévation vers les intérieurs, c'est de l'infestation par les faux vers les vrais et les biens de la foi; de là aussi faire monter est la déli­ vrance; par la signitleation de L'affliction, en ee qne c'est l'infesta·
  • 154. EXODE, CHAP. TROlSIl<;llE.t Hl lion, Nos 666:l, 685'1; et pal' la signification de l'Égypte, en ce que c'est le scientifique faux, Nos 66tH, 667'}, 6683. 6898. "Vers la terre du Cananéen et du Chitléen, et de l'Émol'I'éen et du Pél'izéen, et du Chivéen et du Jébuséeu, signifie la région du Ciel envahie par ceux qui sont dans les maux et dans les faux: cela est évident d'après ce qni a élé montré ci-dessus N0s 6854,6858. On peut voir que les Cananéens et les Chittéens sont ceux qui sont clans les maux provenallt des faux, N° 68:>8; les Itmorréens et les Pél'Îzéens ceux qui sont clans les maux et dans les t'aux des maux, N0 6859; et les Cbivéens et les Jébuséens ceux qui sont dans ulle idolâtrie dans laquelle il y a quelque chose du bien et du vrai, N0 6860. 6899. Vers une terre découlant de lait et dc miel, signifie oit il !I a charme et plaisir: on le voit pal' la signification du lait ct du miel, en ce que c'est le clJarme et le plaisir, N° 6857. 6900. Et ils entendront ta voi.x , signifie l'obéissance: on le voit 13ar la signification d'entendrc, en ce que c'est l'obéissance, N0s 25~2, 3869, <,652 ~l 4·660. 690·1 . Ettu entreras toi et les anciens d'Israël vas le roi d'Égypte, signifie la communication avec ceux qui sont dans les (aux et qui ont infesté: on le voit pal' la signification d'entrer, en ce que c'est la communicalion , car entrer, dans le sens spirituel, c'est communi­ quer à un autre sa pensée; par la représentation de IIfoscheh, en ce qu'il est la Loi venant du Divin, N° 6827; par la signification des anciens, en ce qu'ils sont les intelligents, N°s 6523, 6525,6890; el pal' la représentation de Pharaon ou dUl'oi d'Égypte, en ce qu'il est le faux: qui infeste les vrais de l'Jtglise, Nos 6651, 6679, 66H3; ùe là il est évident que ces paroles, ltt entl'el'a~ toi et les ancicn.ç d'Israël vel'S le roi d'Égypte, signifient la communication des choses qui appartiennent il la Loi venant du Divin, ct par conséquent cie l'in­ telligence avec ceux qui sont dans les faux et qui ont infesté. 6902. Et VOltS lui direz, signifie l'influx: on le voit par la signi­ fication de dil'e, en ce que c'egt l'influx, N0s 57&..3, 6152, 629'1 ; St dire ici signifie l'influx, c'est parce que la cOlUmunicaLion des choses il ui appartiennent ~l la Loi venant du Divin ct pal' conséquent de l'intelligence, No 690,1, se fait pal' l'influx. 6903. Jéhovah le Dieu des Ilébl'cu.r; s'est rCl/con/ré devaNt nous,
  • 155. ~50 A.RCANES CÉLESTES. signifie le Divin du Seignew' dans l'Église, et SOli C01nllut1ule1llcnt : on le voit par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont l'Itglise, Nos 5136, 667!), 668~.; si Jéhovah Dieu est le Divin du Seigneur, c'est pat'CC que dans la Parole nul autl'e que le Seigneul' n'est en·' tendu pal' Jéhovah, .iO'-' '1736, 292'1,3023, :303'0,504'1,5663,6303; et. par la significat.ion de sc rencontrcr devant, en ce qu'id c'est le comman(lement; en cllet, pal' sc l'encontrer devant il est entendn ici qu'il lem a parlé, ct qu'il a commandé; que ce soit. là ce que. l'enferme il s'est l'encontré devant, on le voit en ce qu'il n'est plus dit ce qu'il a prononcé, mais que son commandement suit immédia­ tement. 6904. Et maintenant, que noas alliolls, je t,e Ilrie, le chemin de tl'ois jours dans le dé,~el't, siynifie la vic du vrai dans un éutl enûh'e­ ment éloigné de,ç faux, quoique dan.) l' obscnl' : on le voit par la signil1cation d'aUel', en ce que c'est la rie, 1'0s 3335, 4882, 5!t93, :joOfj; pal' là signification du chcmin, cn ce que c'est le vl'ai, ~os 627,2333; pal' la signification de troü JOUI'S, en ce que c'est 'é­ lat plein, 1°5 2788, 4.4-95, ainsi lorsqu'il s'agit de 1'610ignement des faux, c'est l'état entièrement éloigné d'eu.'.:; meUre un chemin de trois jours, c'est séparer ell tièrelllcnt, voi.r ;'0 4.0'10; et pal' la sign i­ fication du déscrt, en ce que c'est un endroit inl1allité et inculte, N°s 2708,3900, qui, dans le sens spil'iluel, est l'obscul' de la foi; cn effet, il s'agit ici de l'instauration de l'Église Spirituelle, qui est si­ gnifiée par les fils d'Israël; ceux qui sont de celle ~:glisc sont res­ pectivement dans l'obscur quant au bien el au vrai cie la foi, N°s 2708,27'1(), 27Hi, 27'18,2831, 2849, 29;~5, 2937,324.01,3246, 3833, 4402, 6289, 6500, 6865, La vie du vrai est la vie que vivent ceux qui sont de l'Église spirituelle; en ciret, le vrai qu'ils savent d'après la Parole ou d'après la doctrine cie leul' I~glise, quand il dc­ rient vrai de la vie, est appelé bien, mais c'cst le nai en acte. 6905. Et que nous wcrifiions cl .léhovah notre /)ieu, signifie ainsi le culte du Seigneur : on le voit pal' la signilicat,ion do sacrific/', en ce que c'est le culte dans le commun, No 923, cal' dans FÉglise lié·· braïque et plus tarcl chez les descendants de .Jacob, tout le culte se rapportait aux sacl'iliccs, ce qu'on peu!. voil' Cil ce fln'onen faisai:, chaque jOlll', et. plusieurs dans cllaque l'l'le, flui~ dalts les inaugura.. tions , dans lcs purill(';lIions, POIII' les 1',.'·c:JH'·~:, pOUl' les (('lils, el eJ1
  • 156. EXODE, GIAP. TROlSIÈME.lli 1 outre par suHe de vœu et librement; c'est de là que les sacrifices si­ gnWent le culte en général; que ce soit le culte du Seigneur, qui est signilié par sacrifier cl Jéhovah Dieu, c'est ce qui est bien évident en ce que les sacrifices n'ont représenté nul antre que le Seigneur, et les Divins célestes ct spirituels qui procèdent de Lui, K05 1823, 2-180,2805, 2807,2830,35-19; puis en ce que par Jéhovah Dieu, dans la Parole, nul autre que le Seigneur n'est entendu, l'air ci­ dessus 6903; par Jéhovah est entendu son Divin Être, et par Dieu le Divin Exister qui en procède; ainsi par Jéhovah le Divin Bien de son Divin A.mour, et par Dien le Divin Vrai procédant de son Divin Bien. 6906. Et Moi je connais, siynifie la Prévoyance: on le voit pal' la signification de connaÎtre, quand cela est dit de Jéhovah ou du Seigneur, en ce que c'est la Prévoyance, No 681:>3. 6907. Que lc roi d'Éyypte ne VOltS donnera point d'aller, signi­ fie que le fewx s'opposem: on le voit pal' la signilication de ne point VOltS dOmtel', en ce que c'est s'opposer, car celtli <[ui ne donne point quand il est dit que c'est un commandement Divin, N0 6903, et qui ne permet pas que quelqu'un adore Dieu, ceilli-là s'oppose, comme ont coutume de faire tOIlS' CCliX qui sont dans le fallx con­ firmé chez eux; par la représentation cie Pharaon, ou du roi d'É­ gypte, en ce qu'il est le faux, Nos 6651,6679, 6683; et par la signi­ fication d'aller, savoir, le chemin de trois joUl's dans le désert pOUl' sacrifier à Jéhovah Diell, en ce qlle c'est pour vivl'e selon le vrai dans un état entièrement éloigné des fallx, et adol'er' ainsi le Seigneur, N° 6904. Il faut dire comment il arrive que ceux qui sont dans le faux, et qui sont représentés par le roi d'Égypte, s'opposent à ceux qui sont dans les vrais: Dans le monde, ceux qui sont dans le faux ne s'opposent point ouvertement à ceux. qui sont dans le vrai, car ils en sont empêchés pal' les liens externes, qui sont les craintes de se montrer contre les lois du royaume et ùe l'I~glise, par cOllséquent de ne pas être considérés comme de bons citoyens; cn efl'et, chacun dans le monde veut paraître juste et vrai dans la forme externe; et les méchants plus que les bons, et eela afin cle se conciliel']cs esprits ct de tromper pOUl' en retirer du protH et des honneurs, mais intérieu­ rement ils s'opposent, car tontes les fois qu'ils clltendellt quelqu'lIP professer des nais de l'Jtglise non Cil raison de sa l'onction mais par
  • 157. -152 AlCAN ES CÉLESTES- zèle, ils s'en moquent en eux-mêmes, et s'ils n'etaient alors retenus pal' les liens extemes, ils le tourneraient ouvertement en ridicule; quand de tels hommes vien nent dans l'autre vie, les liens externes Ile les retiennent plus, car ils leur sont alors ôtés, et cela, afin que chacun se montre tel qu'il est; et alors ils s'opposent ouvertement à ceux qui sont dans les vrais, et ils les infestent autant qu'il leur est possi)le; alors c'est pour eux le plaisir même de la vie; et quand ils sont avertis de ne pas agir ainsi, parce que, s'ils ne s'en abs­ tiennent, ils finissent par être entièrement repoussés, et jetés dans l'enfer, ils n'y font malgré cela aucune attention, mais persistent continuellement dans l'infestation, comme auparavant; car ils ne sont dans le plaisir de la vie que par le fàux; le faux s'empare telle­ ment d'eux, qu'ils n'admettent rien de ce qui appartient à l'intelli­ gence; voilà ce qui est signifié par· ces paroles, le l'oi d'Egypte ne vous donnera point d'aller, et cc qui est représenté par Pharaon, en ce qu'il s'opposa tant de fois; l'éloignement de ces esprits et leur dlllte dans l'enfer sont représentés par la mort de Pharaon et des Égyptiens dans la mer de Suph. Ceux qui sont dans le 'mal de la vie et par suite dans le faux, sont dans la lumière du monde, car c'est la lumière par laquelle sont vus les objets intellectuels, cette lumière chez ceux qui sont dans le faux d'après le mal est rutilante, et plus ils sont dans le faux d'après le mal, plus elle est rutilante; la gloire du monde, qui provient de l'amour de Soi, embra~sc cette lumière et lui donne cette splendeur rutilante; et parce qu'il en est ainsi, les vrais dans cette lumiè're leur paraissent absolument comme faux, et ,es faux absolument comme Hais; cela vient de ce que la lumière céleste ne peut influer dans l'éclat de cette lumière, et que dans une telle lumière elle devient obscurité; c'est de là que de tels gens sont dans un fort persuasif pour les faux contre les nais, parce qu'ils les voient ainsi dans cette lumière: au contraire, cllez ceux qui sont dans les vrais d'après le bien, la ltmlière du monde est obscure et non pas rutilante; mais la lumière du Ciel est d'un blanc éclatant, et parce qu'elle est d'un )lanc éclatant les vrais s'y montrent comme vrais et les faux comme faux; en effet, quand cette lumière tombe dans les faux, qui dans la lumière du moude séparée de la lumière du Ciel paraissent comme vrais, non-seulement elle les obscurcit, mais elle les éteint entièrement; celle lumière, savoir, la lumière
  • 158. EXODE, CHAP. TROISIÈME. ·153 du Ciel, devient successivement chez eux d'un blanc de plus en plus éclatant, et même à un tel degré, que la lumière du monde ne peut être mise en comparaison avec elle: d'après cela on voit claire­ ment pourquoi ceux qui sont dans les faux d'après le mal s'opposent pal' un si fort persuasif contre ceux qui sont dans les vrais; c'est de cette opposition qu'il vient d'être traité ci-dessus. 6908. Et non par main forte, signifie que la puissance de ceux qui sont de l'Eglise spÎl'ituelle ne prévaudra point contre eux: on le voit par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N0s 878, 3387, 493,1 à 4·937; de là non pannain forte, c'est pal' une puissance qui ne prévaudra point; que cc soit la puissance de ceux qui sont de l'Église spirituelle, cela est évident d'après ces pamles qui suivent: « Et j'étendrai ma main, et je frapperai l'Égypte par toutes mes merveilles, )) paroles qui signifient que ceux qui sont dans les faux seront vaincus pal' une puissance procédant du Divin, ct pal' les moyens qu'emploiera cette puissance. 6909. Etfétendrai ma main, signifie la puissance d'après le Divin: on le voit pal' la signification de la main, en cc qu'elle est la puis­ sance, N°s 878, 3387, 4,93,1 à 4-937; et puisque Jéhovah ou le Sei­ gneur dit cela de Lui, c'est la puissance d'après le Divin. 6910. Et je frapperai l'Égypte pal' toules mes me71Jeilles, signifie les· moyens de la puissance Divine contre les faux: on le voit pal' la signification de l'Égypte, en ce qu'eite est le faux, ainsi qu'il a déjà été dit souvent; et par la signification des merveilles, en cc qu'elles sont les moyens de la puissance Divine, pal' lesquels sont subjugués ceux qui sont dans les faux et qui infestent. Que les merveilles soient les moyens de la puissance Divine, par lesquels sont subjugués ceux qui sont dans les faux, on le voit paI'les merveilles ou mil'acles faits en Égypte, par lesquels les Égyptiens ont enfin été forcés de laisser partir les fils d'Israël; chaque merveille ou miracle y signifie un moyen de la Divine puissance. 69,1 '1. Que je ferai au milieu d'elle, signifie qui les tollcfleronl directement: on le voit pal' la signification du milieu, en cc que c'est ce qui est au-dedans, Nos . 074·, 294,0, 2973, aiusi ce qui touche directement; car ce qui touche directement quelqu'un est au-dedans de lui, mais ce qui ne louche pas directement est même
  • 159. HH AlCANES CÉLESTES. au dehors, cal' cela frappe obliquement, ct s'écoule en partie au­ delà. 69t 2. Et après cela il vous enverra, signifie leur exptllsion, sa­ voir, de ceux qui sont dans les l'aux, et la délivrance, savoir, de ceux qui saut dans les vrais: on le voit par la signilication d'en­ voyer ou de laisser aller, en ce qu'ici c'est être expulsé , car ceux qui sont dans les faux ne laissent jamais ailel' , même quand ce sc­ rait durant toutc l'étel'l1ité, il moins qu'ils ne soient expulsés; c'est pomquoi envoyer' dans le sens interne signifie ici l'expulsion, et par suite la délivrance. 69,13, Vers. 21, 22. Et je cloltuemi gràce à ce peuple allX yeu,x; des .I;gypliells , cl il arriveNt que quand vous irez, VOltS n'irez point ci vide. Et que la l'emme demande à SCt voiûne, cl à Châtesse de sa maison, des vases d'argenl et des vases d' 01', et des vêtements, ct vous (les) meUrez sw' vos fils et SUI' vos filles, et vous dépouillerez les E'gyptiens. - El je donnerai gràce cl ce pCILple aux yeux des li;gYPliens, signifie la crainte de CllUX qui sont dans les faux il l'é­ gard de ceux qui sont de l'l~glise spirituelle, il cause des plaies: ct il arrivera que quand VOltS irez vous n'irez point à vide, signifie qu'ils ne passeront pas davantage lem vie dans le dénùment quant aux choses qui appartiennent au rnentalnaturel: ct que la femme demande à sa voisine el à l'hôtesse de sa maison, signifie qlll~ le bien de chacun sera emielli de cllOses qui conviennent: des vases d'ar­ gent signifie les scientifiques du vrai: et des vases d'o1', signifie les scientifiques du bien: et des v(?temenls, signifie les scientifiques inférieurs conespondants : et vous (les) IllclI1'ez SUI' vos fils, signi­ fie l'application il leurs vrais: et sur vos filles) signifie l'application il leurs biens: et vous dépouillerez tes Égyptiem, signifie que cesclloses serontcnlevées itceuxqui sont dans les faux et par suite clans les maux. 69,11[.. Et je donnerai 91'àce à ce peuple aux yeux des Égyptiens, signifie la crainte de ceu,x; qui sont clans les [.'aux à l'égard de ceux qui sont de l'Église spi1'ituelle, à cause des plaies: on le voit pal' la signification de donne1' gnlce, en ce que c'est donner cle la l:l'ainte il cause cles plaies, ainsi qu'il va êtl'e expliqué; par la représen­ tation des rtb d'Israël, qui sont ici ce peuple, en cc qu'ils sont ccux de l'ltglisc spiriLllclle, N° G537: CL pal' la représentation cles 1~9YP­ !iens, en cc qu'ils sont ccux ([Lli sont dans r5 faux, ainsi f{u'il a
  • 160. EXODE, ClUP. THOlSIimE. 15ti déjà été dit souvent. Que donner grùce aux yeux des Égyptiens, œ soit donner de la crainte, à cause des plaies, à ceux qui sont dans les faux, on le voit d'après l'entendement des choses dans le sens interne; en effet, il s'agit de ceux qui sont dans les faux ct qui sont signilîés par les Itgyptiens> en cc que les vrais ct les biens d0ivent leur être enlevés et être transférés il ceux qui sont de ntglise spiri­ tuelle; et puisqu'il s'agit de ceux qui sont dans les faux, par la grâce il n'est pas signifié la grâce; car citez ceux qui sont dans les faux et dans les maux il n'y a jamais de grâce pour quelqu'un, mais s'ils font du bien, ou s'ils ne font point de mal, c'est pal' crainte à cause des plaies, de là vient leur grùce; c'est cette grùcc qui est entendue ici daus le sens interne; le sens int~rne expose les choses telles qu'elles sont, non telles qu'elles sc présentent dans la lettre, ct applique chaque chose au sujet: qu'il en soit ainsi, cela est encore évident d'après cc qui est dit des Égyptiens dans la suite, en cc que c'est non pas par quelque grùee, mais par crainte il cause des plaies ultérieures qll'ils laissèrent aller les lUs cFIsraël, - Exoc1. Xl. '1. XII. 33. - Comme dans ces deux Versets il s'agi!. de la déprédation commise sur lesJtgypLiens, en cc que les femmes d'Israël devaient emprunter des femmes tgyptiennes de l'argent, de l'or ct des vêtements; ct COUlln~ il est tout il fait impossible de savoir pourquoi œla a eu lieu, à moins que ce ne soit par la révéla­ tion des cllOses qui se font dans l'autre vic, cal' le sens inteme l'enferme les choses qui sc font chez les Anges et chez les Esprits, il faut en conséquence le dire; on a vu ci-dessus, N° 6858, qu'avant l'avénement du Seigneur, un lieu inférieur du ciel avait été envahi pal' les mauvais génies cL par les mauvais esprits, qu'ensuite ils en avaient été chassés, ct que celte région avait été donnée à ceux qui eta,ient de l'Église spirituelle; tant que les mauvais esprits ct les mauvais génies yrestèrent, ils furent sous l'intuition continuelle cles Anges du Ciel supérieur; par-la ils étaient détournés de raire ouver­ tement des maux: aujourd'hui aussi, certains esprits qui sont pins l'ourbes que les autres, parce qu'ils trompenten simulant l'innocence et la Charité, sont sous l'intuition des Anges Célestes, eUaut qu'ils y sout, ils saut détournés de leur fourberies ahomÏlwhles; ils sont directement an-dessns cie la tète, et les ,ngcs C(~lcslCS, sons l'in­ tuition clcsqllels ils sonl, sonl encore plus lIaul; t'esl pal' C'ux qn'il
  • 161. ,156 ARCANE.S CÉLESTES. m'a éte donné de savoir qnel avait été l'état des mauvais gcnies et des mauvais espl'its qui, avant l'avénement du Seigneur, s'étaient emparés de la région inférieure du Ciel, savoir, qu'ils étaient alors détournés par les Anges du Ciel supérieur de faire ouverte­ ment des maux. Il m'a même éte donné de savoir comment ils avaient été détournés de fail'e ouvertement des maux: Ils étaient tenus dans les liens extcl'l1es, savoir, dans la crainte de perdre l'honnenr et la réputation, dans la crainte d'êtl'e prives de leurs possessions dans cette région du Ciel, et dans la crainte d'être jetés dans l'enfcr; et alors il leur était adjoint des 'bons esprits simples; ainsi qu'il al'l'ive pOUl' les hommes dans le monde, quoi­ que ceux-ci ,soicnt intérieurement des diables, ils sont cependant par ces liens externes tenus dc feindre l'honnête ct le juste et de fairc du bien; et pOUl' qu'ils soient ainsi tenus il leur est adjoint des espl'its qui sont dans le bien simple; c'est ainsi qu'il en a été pour les mauvais esprits qui etaient dans la région inférieure du Ciel avant l'avénement du Seigneur; et alors aussi ils pouvaient être poussés à dire le vrai et à faire le bien pal' leurs propl'es amours; absolument comme les mauvais prêtres, et même les plus mauvais, qui intérieUl'ement sont des diables, et qui peuvent prêcher les doctl'inaux de leur Église avec une telle ardeur et un tel zèle simulé, qu'ils portent les cœurs de lems auditeurs à la pieté; ils sont eependant alors dans l'amolli' cie soi et du moncle, car la pensée de l'honneur et du lucre règue universellement chez eux, c'est par ce feu qu'ils sont excités à prêcher ainsi; il Y a ehez eux clesmau­ vais espl'its qui sont dans un semblable amour et P:ll' suite dans une semblable pensée, et qui les conduisent, et à ces esprits ont été ad­ joints des bons esprits simples: d'après ces détails on peut vDir quel était l'état du Ciel avant l'avénement clu Seigneur. Mais après son avénement, les états du Ciel et cie l'enfer ont été entièrement changés; car alors les mauvais génies et les mauvais esprits qui s'étaient cmparés de la région infél'Îeme du Ciel t'urent précipités, et il leur place furent élevés ceux qui étaient cie l'J~glisc spirituelle: les méchants qui furent précipites avaient alors été privés des liens· externes, qui étaient, comme il vient (l'être dit, les craintes cie perdre l'honneut' el la réputation, et d'être privés de leurs posses­ sions dans cette région, et ainsi ils furent abanclonnés illcut's in té­
  • 162. EXODE, CHP, 'nwslf~ME, 4':>7 rieurs, qui n'étaient que diaboliques et infel'l1aux; et pal' consé­ quent ils furent relégués dans les enfers: les méchants sont privés des liens externes dans l'autre vic, quand les bons esprits qui leur avaient été adjoints leur sont enlevés; lorsque ceux-ci leur ont été enlevés, ils ne peuvent plus en aucune manièl'e feindrc le bien, le juste et l'honnête, mais ils sont tels qu'ils avaient été intérieure­ ment dans le monde, c'est-à-dire, tels qu'ils avaient été par la pensée et la yolonté qu'ils avaient cacllées devant les autres; et alol's ils ne désirent plus rien autre chose que de faire le mal. Ces bons Esprits simples, qui leur avaient été enlevés, furent donnés ou adjoints à ceux qui étaient de l'Église spirituclle; et 11 qui cette région du Ciel fut donnée; c'est de li1 que ceux-ci furent enrichis des vrais et des biens .que les mauvais génies et les mauvais esprits avaient eus auparavant; car on est enrichi de Vrais et de bicns dans l'antre vie par une adjonction d'esprits qui sont dans le vrai et dans le bien, cal' par eux il se fait une communication. Voili11es choses qui sont signifiées, quand il est dit que les /ils d'Israël ne" s'en iront point d'Égypte à vide, mais que chaque femme deman­ dera à sa voisine et à l'hôtesse de sa maison des vases d'argent, ct des vases d'or, et des vêtements, et qu'ainsi ils dépouilleront les Égyptiens. Chacun peut voir que si de telles choses n'avaient pas été représentées, jamais il ne leur aurait été commandé par le Divin d'employer une telle ruse contre les Égyptiens; car tout ce qui est tel est très-éloigné du Divin; mais comme ce peuple devait être absolument représentatif, il lui fut permis par le Divin d'agir ainsi, parce qu'il en arriverait ainsi aux méchants dans l'autre vie: Il faut qu'on sache qu'un très-grand nombre de choses, qui ont été commandées par Jéhovah ou le Seigneur, signifient dans le sens interne non point qu'elles ont été commandées, mais qu'elles ont été permises, 69<11,. Et il alTivera que quand vous irez vous n'i7'ez point ri. vide, signifie qu'ils ne passe?'ont pas davantagc leur vie dans le dénûmcnt quant aux choses qui appartiennent au mental natw'cl : on le voit par la signification d'aile!', en ce que c'cst la vie, Nos 3335, 4882, 5493,5605,6904.; et par la signification de vous n'i7'ez point à vide, en ce que c'est ne pas passer davantage la vie dans le dénûment; le vide, c'est où il n'y a point le vrai, voiT N0 47 U. ; ainsi, c'est où
  • 163. 158 AlCANES CÉLESTES_ il Ya tlénùment spirituel; qlle cc soit quant aux choses qui appar­ tiennent au mental naturel, cela est évident d'après cc qui précède, savoir, que ceux qui étaient de n;:glise spirituelle et sont représen­ tés I)ar les fils d'Israël, ont eté infestés pal' ceux qui ét::lient dans les scientifiques faux ct qui sont signifiés pal' les Égyptiens, pal' con­ sequent quant aux choses qui appartiennent au mental naturel, car les choses qui appartiennent il. cc 'mental sont appelées scienti­ fiques; cc sont aussi ces choses qui infestent principalement les Spirituels, car la pensée des Spirituels est au-dedans des scientifi­ ques ct bien peu au-dessus, voi1-lo ()865. 6916. Et que la femme demande il sa voisine ct à l' Ilôtesse de sa maison, signifie qlle le bien de chacun sem em'ichi de choses qui conviennent: on le voit pal' la signification cie la femme, CD ce qu'elle est l'af['ection du bien de la charité, N° 601.i; par la signification dc la voisine, eu cc qu'elle est ['affection du vrai chez ceux qui sont dans les scientifiqucs; ct pal' la signification de l'hô/esse de la 'maison, en ce qu'elle est l'affection du bien aussi cllez ceux-ci: puisqu'elle devait demander il la voisine ct à l'hôtesse de la maison, cela signil1e les vrais ct les bieits qui sont les plus pi'oches, ainsi qui conviennent. D':Jprès cequi vienlL1'êtl'e rapporté N° G9H, on voit comment ces clIoses se passent; si [a femme devait demander, c'est parce que la femme signifie le bien de la charité, ct que c'est ce bien qui doit être enrichi, car pour que le bien soit le bien, il faut qu'il ait les vrais qui doivent le qualifier; ct cela, parce que, quand on vit scion les vrais, les vrais eux-mêmes deviennent alors des biens; c'est pourquoi tel esl le nai, tel est le bien; cc bien dans la suite n'admet point et ne s'adjoint point d'antres vrais que selon sa qualité, par conséquent point d'autres choses que celles qui conviennent, ainsi qui sont dans le voisinage ct dans la maison. 6917. Des vases d'argent signifieJltles scientifiques du vrai, et des vCtses d' 01' signifient les scientifiques du bien: on le voit par la signification des.vases, en cc qu'ils sont les scientifiques, N0s 30()8, 3079; les scientifiques sont appelés vases, parce que cc sout des communs, el qu'ils peuvent contenir en eux des vrais innomhrables ct des biens de plusieurs sorte; par la signification de l'm'gent, en cc que c'est le na i; ct de 1'01' en ce que c'est le bien, Nos ·155,1,
  • 164. EXODE, CI·UP. TlWISIl~ME. 159 '155'2, 29M, 5658; que l'argent de l'Egypte soit lescientilique vrai et sllsceptibled'ètre adapté, on le voit N°"6H2. Pour comprendre que les vases ù'argent ct les vases d'or chez les l~gypliens sont les scien­ tifiques du vrai et les scientifiques du bien, lorsque cependant les Égyptiens ici ct dans ce qui précède, puis aussi dans cc qui suit, significnt les scientifiques faux, il faut savoir que les scientifiques en eux-mêmcs ne sont point des vraÏs, ct ne sont point non plus des faux, mais qu'ils devienncnt des vrais chez ceux qui sont dans les vrais, ct des faux chez ceux qui sont dans les faux; l'application ct l'usage qu'on en fait en décide; il en est des scientifiques chez l'homme comme des l'ichesses ct de l'opulence chez lui; les richesses ct l'opulence chez ceux qui sont dans le mal sont pel'l1icieuses, pal'ce qu'ils les appli­ quent à de mauvais usages; mais les richesses et l'opulence chez ceuxquisont dans le bien, sont utiles, parce qu'ils les appliquent il de bons'usages; c'cst pourquoi si les richesses ct l'opulence, qui sout chez les méchants, sont transférées aux bons, elles deviennent bonnes; de mêmeanssi les scientifiques; soit un exemple: il était resté chez les Égyptiens un grand nombre de représentatifs de l'Église-Ancienne, comme on le voit d'apl'ès leurs Hiéroglyphes; mais comme ils avaient appliqué ces représentatifs il des opérations magiques et en avaient fait ainsi un mauvais usage, c'est pour cela qu'ils étaient pOUl' eux non pas des scientifiques vrais, mais des scientHiques faux; cependant ces mêmes représentatifs dans l'An­ cienne J~glise avaient été des scientifiques vrais, parce qu'ils avaient été convenablement appliqués au culte Diyin. Soient encore pour exemple les autels et les sacrifices: chez la nation Hébraique, ct plus tard chez la nation" Juive ellsraëlite les autels ct les sacrifices étaient des rites vrais, parce qu'elles les appli­ lfuaient an culte de Jéhovah; mais chez les Nations dans la terre de Canaan ils étaient des rites faux, parce qu'elles les appliquaient au culte de leurs idoles; c'est aussi pOUl' cela qu'il fut ordonné de dé­ truire partout les autels des nations: il en est de même pour un grand nombre d'autreschoses: on peut donc puiser citez ceux qui sont dans les maux et dans les faux beaucoup de scientifiques, qui peuyent être appliqués à de bons lisages, ct ainsi devenir bons: pal'eilles choses ont été aussi signifiées pal' les déprédations com­
  • 165. '160 ARCA~ES CltLESTES. mises SUI' les nations dans la ten'e de Canaan, pal' les richesses, les troupeaux de gros ct de menu bétail, les maisons, les vignes, que les fils d'lsrat;,l y pillèrent; cela est encore bien plus évident, en ce que l'or et l'argent pillés sur les Nations furent même employés à un usage saint, comme on le voit dans le livre II de Samuel: « Il y » avait dans sa main des vases d'argent, et des yases d'or, et des » vases d'airain; même le roi David les sanctifia à Jéhovah, avec » ['argent et l'or qu'il avait sanctifiés de toutes les nations qu'il » avait soumises; des Syriens, de Moab, et des fils d' Ammon, ~t des " Philistins, et d'Amalek, et du butin de Hadad-Ezer, fils de » Réehob, roi de Soba.» - VIII. '10, 11, ~ 2: - ct dans Ésaïe: « Enfin le Trafic de Tyr et le salaire de sa prostitution sera une » chose sainte à Jéhovah, il ne sera ni serré, ni réservé; mais » son tmfic sem pOUl' ceux qui habitent devant Jéhovah, pour » manger, pOUl' se rassasier, et pOUl' celui qni sc couvre à l'an­ " tique. »- XXllI. 18. - De même ces objets, que les femmes dcs fils d'Israël empl'Untèrent aux Égyptiens, qui furent ainsi pillés, ont été ensuite appliqués à l'usage de la construction de l'arche, ct à plusieurs choscs qui étaicnt dcs saintetés de Iclll' culte. 6918. Et des vêtements, signifie les scientifiques in(él'ieul's COl'l'es­ pOllclants: on le voit par la signification des vêtements, en ce qu'ils sont les scientifiques inférieurs, N0s 2576, 524.8; les vêtements signifient ces scientifiques, parce qu'ils enveloppent les intérieurs. 69·19. Et vous les mettrez SUl' vos fils, signifie l'application à leurs vmis; et SUl' vos filles, signific l'application à leurs biens: on le voit par la signification des fils, en ce qu'ils sont les vrais, N°s 489, 49,1, 533, 1,147, 26~3, 3373; par la signification des filles, en ce qu'elles sont les biens, N°s 489, 490, 4.9'1, 2362, 2363; , cL par la signification de mettre SUl' eux, en ce qlle c'cst appliquer, car cc qui est mis sur quelqu'un, lui est appliqué. 6920. Et vous dépouillerez les Égyptiens, signifie que ces choses .~eront enlevées à ceux qui sont dans les faux ct pal' mite dans les maux: on le voit par la sign ification de dépouiller, en ce que c'est enlever; ct pal' la signification des Égyptiens, en cc qu'ils sont ceux qui sont dans les faux, ainsi qu'i! a déjà été dit souvent. Comment cela se passe, on le voit d'après cc qui a été rapporté ci­ dessus, Nos 69·14., 6917.
  • 166. EXODE, CIEP. TROISIÈME. 164 CONTINUATION sun LES ESPHlTS DE LA PLANÈTE DE MERCURE. 6921. A la fin dn Chapitre précédent, il a été montré que les Es­ prits de la Planète de Mercure constituent dans le Très-Grand Homme la Mémoire des choses non-matérielles; et comme par cela même ils aiment savoir les choses détachées des matérielles, ils sont plus prompts et plus ngiles que les autres esprits quand ils exa­ minent, pensent et parlent; en effet les choses matérielles sont comme des pesanteurs, qui donnent de la nonchalance et retar­ dent, car elles portent le mental en bas et le plongent dans les ter­ restres, et parconséquent éloigneptdu monde spirituel d'où provient toute perspicacité. Par ce qui suit, on peut voir combien ces esprits sont prompts. 692';l. Il appnrjlt une flamme assez éclatante dont le feu réjouis­ sait, et l'apparition dura quelque temps; cette flamme signifiait l'arrivée d'Esprits de Mercure plus prompts que tous les autres; quand ils furent arrivés, ils parcoururent aussitôt les choses qui étaient dans ma ~Iémoire, - tous les esprits le peuvent, et parce qu'ils sont chez l'homme, ils sont en possession de toutes les choses de sa mémoire, N°s 5853, 5857, 5859, 5860, ~ mais je ne pus, à cause de leur promptitude, apercevoir celles qu'ils observaient; je l~ entendais dire sur-le-champ: La chose est telle; quant à celles que j'avais vues dans les Cieux et dans le monde des esprits, ils di­ saient les avoir connues auparavant; je percevais qu'il y avait par derrière un peu ~ gauche dans le plan de l'occiput nne multitude d'esprits associés avec eux. 6923. A une autre époque, je vis une multitude de ces esprits, mais à quelque distance de moi, par devant un peu sur la droite, et de là ils me parlaient, mais par des esprits intermédiaires, car leur langage est aussi rapide que la pensée, il ne tombe dans le langage humain que par des esprits intermédiaires; et, ce qui me surprit, ils parlaient tous ensemble (volumatim) et cependant toujours avec autant de promptitude et de célérité; leur langage, parce qu'il pro­ venait de plllsieurs parlant ensemble, était aperçu comme une on­ dulation; et, ce qui est à remarquer, il tombait vers mon œil gauche, quoique ces esprits fussent à droite; cela provenait de ce que l'œil XI. 11
  • 167. ~ 62 ARCANES CÉLESTES. gauche correspond aux connaissances des choses détachées des matérielles, ainsi il celles qui appartiennent il l'intelligence, mais l'œil droit à celles qui appartiennent à la sagesse. Ils percevaient aussi, avec la même promptitude qu'ils parlaient, les choses qu'ils entendaient, et ils en jugeaient en disant: cela est ainsi, cela n'est pas ainsi; leur jugement était comme instantané. , 6924.. 11 Y avait un esprit d'une autre ,tene, qui put pader avec eux aV~.dextér~té, parce qu'il parlait avec promptitude ct célérité; en un rnQ.t,iiSjugeaient de ce qu'il prononçait, en disant: cela est trop élégant; cela est trop savant; de sorte qu'ils faisaient seulement attention, s'ils apprendraient de lui quelque chose qui ne leur fùt pas encore connu, rejetant ainsi les choses qui donnaient de l'om­ bre; cc sont principalement les affectations d'élégance du langage ct d'érudition, car elles cachent les choses mêmes, et il leur place elles présentent des mots qui sont les forllles matérielles des choses. 6925. Les Esprits de la terre de l:lel'Cure ne l'estent point dans un seul lieu, ou au-dedans de lasplière des esprits d'un seul monde, mais ils parcourent l'anivers; cela vient de ce qu'ils représentent dans le Très-Grand Homme la mémoire des choses, qui doit être continuellement emichie; c'est pour eela qu'il leur a été donné d'aller çil et là et d'acquérir de tous côtés des connaissances. Quand' ils voyagent ainsi, s'ils rencontrent des esprits qui aiment les cho~ ses ma~rielles, c'est-à-dire corporelles et tenestres, ils les fuient, et ils se rendent dans les endroits oil ils n'entendent point de telles choses. Pal' là on peut voir que leur mental a été élevé au-dessus des sensuels, ct qu'ainsi ils sont dans une lueur intélicme : c'est ce qu'il m'etait aussi donné de percevoir en actualité, lorsqu'ils étaient près cie moi ct qu'ils me padaient; j'ai alors remal'qué que j'étais déta­ clié des sensuels au point que la lueur cie mes yeux commençait à s'aft'aiblir et à devenir obscure. 6926. Les Esprits de cette ten'e vont pal' cohortes et par phalan­ ges, et quand ils sont rassemblés, ils fomlCnt comme un globe; ils sont ainsi conjoints par le Seigneur afin qu'ils fassent un, et que les connaissances de chacun soient communiqués à tous, et les con­ naissances de tous il chacun. Que ces Esprits aillent çà et là dans l'univers pour rechercher les connaissances des choses, c'est cc'qui me fut prouvé aussi, en ce qu'unefois, 100'Squ'ils appat'aisaient très­
  • 168. EXODE, CHAP. TROISIÈME. ~63 loin de moi, ils me parlaient de là, et disaient qu'ils venaient d'être rassemblés, et qu'ils allaient hors de la sphère de ce monde dans le Ciel astral, où ils savaient qu'il y avait de ces esprits qui s'occupent non de terrestres ni de corporels, mais de choses qui en sont abs­ traites, et qu'ils voulaient être avec ces esprits. Il me fut dit qu'ils ne savaient pas eux-mêmes où ils allaient, mais que sous les auspices du Divin ils étaient portés dans les endroits où ils pouvaient être instruits de choses qu'ils ne savaient pas encore, et qui s'accor­ daientavec les connaissances qu'ils avaient: il me fui dit aussi qu'ils ne savènt point comment ils trouvent les compagnons avec lesquels ils sont conjoints, et que cela se fait aussi sous les auspices du Divin. 6927. Comme ils parcourent ainsi l'univers, et que par là ils peu­ vent, mieux que les auires, savoir ce qui se passe dans les Mondes et dans les Terres 1Iors de la sphère du Monde de notre Soleil, c'est poU' cela que je me suis aussi entretenu. avec eux sur ce sujet; ils me dirent qne dans l'univers il y a un très-grand nombre de Terres, ct sU' ces Terrés des hommes; qu'ils étaient ctonnés de ce que certains hommes, qu'ils appelaient hommes de peu de jugement, s'imagi­ naient que le Ciel de Dieu Tout-Puissant est seulement composé d'espl'ils et d'Anges qui viennent d'une seule Terre, tandis qu'ils sont en si petit nombre, que, relativement à la Toute-Puissance de Dieu, ils sont à peine quelque chose, lors même qu'il y aurait des myriades de mondes et des myriades de terres: de plus, ils me di­ rent qu'ils savaient que dans l'univers il y a des Terres au delà de quelques centaines de milliers; ct cependant qu'est-ce que cela pour le Divin qui est infini? 6928. Les Esprits de la terre de llercure'diffèrent entièrement des Esprits de notre terre, car les esprits de notre terre, surtout ceux qui sont récemment arrivés dans l'autre vie, aiment les cor­ porels et les mondains, c'est-à-dire les matcriels, et désirent con­ naître les choses qui sont semblables dans l'autre vie: c'est pour­ quoi, afin qu'ils puissent être en même temps avec les bons esprits qui ne s'occupent point de telles choses, ils sont tenus dans des lieux qui sont sous les plantes des pieds et qui sont appelés dans la Parole la terre inférieure, et cela jusqu'à ce qu'ils aient de l'aver. sion pour les corporels et les tenestres, et qu'ainsi ils s'en dépouil.
  • 169. 164. ARCANES CÉLESTES. lcnt; ccla fait, ils sont élcvés dans le Ciel et initiés dans lcs intérieurs, et ils deviennent Anges. 6929. Des esprits de Mercure, étant chez moi lorsque j'écrivais et eXllliquais la Parole quant à son sens interne, et percevant ce que j'écrivais, disaient que les choses que j'écrivais étaient tout à fait grossières, et que presque toutes les expressions se présentaient comme matérielles; mais il me fut donné de répondre que les hom­ mes de notre terre voient néanmoins comme subtiles et élevées ces choses qui ont été écrites, dont il en cst beaucoup qu'ils ne saisis­ sent même pas; j'ajoutai qu'un tl'ès-grand nombl'e d'homnies sur cette terl'e ne savent point qu'il y a un homme Interne qui agit dam l'homme Extel'lle et fait que celui-ci vit, et se persuadent, d'après les illusions des sens, que le corps vit pal' soi-même, qu'en consé­ quence l'homme doit momil' tout entier, quand il meurt quant au COl'pS, et ainsi ils mettent chez eux en doute la vie après la mort; que, de plus, on appelle non pas esprit, mais âme, ce qui doit vivre de l'homme après la mort du corps, ct qu'on dispute SUl' ce que c'est que l'âme, et oh en est le siége, et.que l'on croit qu'elle doit être de nouveau conjointe au corps matériel pour que l'homme vive; outre plusieurs choses semblables: quand les esprits de Mel'cure eurent entendu cela, ils demandèrent si de tels hommes pouvaient devenil' Anges; à cela il me fut donné de répondre que ceux qui ont vécu ùans le bien de la foi et dans la charité deviennent Anges; et qu'a­ lors ils ne sont plus dans les externes et les matériels, mais qu'ils sont dans les internes et les spirituels; ct que, lorsqu'ils parvien­ nent à cet état, ils sont dans une lumière au-dessus de celle dans laquelle sont les esprits qui viennent de Mel'cure : afin qu'ils con­ nussent qu'il en est ainsi, il fut permis qu'un Ange, qui était passé dc notre tene dans le Ciel, et qui avait été tcl quand il vivait dans le monde, parlât avec cux; il en sera question dans la suite. G930. Plus tard, il me fut envoyé par les esprits de Mercure un papier long, inégal, formé d'un assemblage de plusieurs papiers, et qui paraissait comme imprimé en caracteres tels que ceux de notre terre; je lem demandai s'ils avaient de telles choses chez eux; ils ré­ pondirent qu'ils n'en avaient point, mais qu'ils savaient qu'il y a de ces papiers sur notre tel're; ils ne voulaient pas en dire davantage; mais il me fut donné ùe pel'cevoir qu'ils pensaient que sur cette
  • 170. EXODE, CIlAP. TROlSIEME. ,165 terre les connaissances des choses étaient sur le papier, ainsi sépa­ rées de l'homme lui-même, 11 moins que l'homme ne tint l'œil, et par conséqnent le mental, sur ces papiers: ainsi ils se moquaient en eux-mêmes de ce que les hommes de notre terre ne savaient pour ainsi dire rien si ce Ji'est d'après les papiers; mais ils furent ins­ truits de la manière dont la chose se passe. Quelque temps après ils revinrent, ct ils m'envoyèrent un autre papier couvert aussi, comme leprécMent , de caractères d'imprimerie, mais propre et poli, et non pas de même conglutiné et irrégulier; ils me dirent qu'ils avaient postél'ieuremerit été instruits qu'il y a sur notre terre de semblables papiers et qu'on en fait des livres. 693·1. D'après ce qui a été dit jusqu'à présent des esprits de la terre de Mercure, il est bien evident que les esprits retiennent cc qu'ils voient et entendent dans l'autre vie, et qu'ils peuvent être instruits de même que lorsqu'ils étaient hommes, par conséquent dans les choses qui appartiennent à la foi, et ainsi être perfection­ nés : plus les esprits et les Anges sont purs, plus ils llllÎsent promp­ tement et pleinement, ct retiennent parfaitement par la mémoire, les choses qu'ils entendent; et comme cela dure éternellement, il est bien évident qu'ils croissent continuellement en sagesse: toutefois, les ESPI'its de Mercure croissent continuellement en science des choses, mais non par suite en sagesse, parce qu'ils aiment les con­ naissances, qui sonlles moyens, et non les usages qui sont les Ons; selon ce qui a été rapporté d'eux N°s 68'14, 68·15. 6932. La continuation sur les Esprits de la Terre de Mercure est à la fin du Chapitre suivant.
  • 171. PREMIÈRE PARTIE DU LIVRE 'DE L'EXODE. -~ CUAPITRE QUATRIÈME. DOCTRINE DE LA CHARITÉ. 6933. On dit communément, dans la conversation, que chacun est pour soi-même le prochain, c'est-à-dire, que chacun doit d'a­ bord s'occupcr de soi; la Doctrine de la Charité enseigne ce qu'il en est à cet égard: chacun est pOlJ.r soi le prochain non au pre­ mier rang mais au dernier; il Ya à un rang antéricur les autres qui sont dans le bien; il un rang encore antérieur, la société de plusieurs; à un rang encore antérieur, la patrie; à un rang encore antérieur l'Église; et à un rang encore antérieur, le Royaume du Seigneur; enfin par dessus tous et par dessus toutes choses il y a le Seigneur. 6934. Cet adage, que chacun est pour soi le prochain et doit d'a­ bord s'occuper de soi, doit être entendu ainsi: chacun doit d'abord songer pour soi à avoir les nécessités de la vie, c'est-il-dire la nour­ riture, le vêtement, le logement et IJlusieurs autres choses qui sont absolument nécessaires dans la vie civile où l'on est; et cela, non­ seulemont pour soi, mais aussi pour les siens; et non-seulement pour le temps présent, mais aussi pour l'avenir: si l'homme ne pourvoit pas pour lui aux nécessités de la vie, il ne peut être en état d'exercer la Charité envers le prochain; car il manque de tout. 6935. La fin fait connaître comment chacun sera pour soi le "prochain et s'occupera d'abord de soi; si la fin est d'être plus
  • 172. EXODE, CHAP. QUATHIÈME. 167 riche que les autres, seulement pour les richesses, on pOUl' la vo­ lupté, ou pour l'éminence, ct autres choses semblahles, la fin est mauvaise j celui donc qui croit, d'après une telle fin, qu'il est pour soi le prochain, se nuit pour l'éternité; mais si la fin est d'acquérir des richesses il cause des nécessités de la vie, pour soi-même et pour les siens, aHn d'être en état de fàirele hien selon les préceptes oe la Doctrine de la Charité, on veille il soi-même pour l'éternité. La fin elle-même fait l'homme, parce que la Hn est l'amolli' de J'homme, car chacun a pour fin ce qu'il aime. 6936. On peut encore voir par quelque chose oe semblable ce qu'il en est: chacun ooit s'occupel' de son corps pour la nourriture et le vêtement, c'est d'aboro ce qu'on doit faire, mais pOUl' cette fin, qu'on ait un mental sain dans un corps sain; ct chacnn doit s'occuper de son mental pOUl' la nourriture, c'est-il-dire, pour les choses qui appartiennent à l'intelligence et à la sagesse, pour cette fin, que le mental soit par suite en ôtat de servir le~çigneur ; celui qui agit ainsi veille bien à ses intérêts étemels. Au contraire, celui qui S'Qccupe de son corps seulement POtll' le corps, et sans penser il la santé du mental, et celui qui s'occupe de son mental pour des choses qui n'appartiennent ni it l'intelligence ni à la sa­ gesse, mais qui y sont opposées, ceux-là veillent mal il leurs intérêts éternels. D'après cela on voit clairement comment chacun doit être pour soi le prochain, c'est-il-dire qu'il doit l'être non au premier l'ang mais au dernier, car la nn doit être non pour lui mais pour les autres; et où est la fin, Et est le premier rang. 6937, Il en est encore de cela, comme de celui quieonstruit une maison; il doit d'abord poser le fondement, mais le fondement sera pour la maison, et la maison sera ponr l'habitation: de même chacun doit d'ahord s'occupel1 de soi, non pOllr soi, mais pOUl' être en état de servir le prochain, par conséquent la Patrie, l'Église, et par dessus toutes chosps le Seigneur: celui qui croit qu'i1 est pOUl' lui le prochain au prmnier ra·ng, est semblable à celui qui regarde comme fin le fondement et non la maison et l'hal)itatüm, lorsque cependant l'hal:Jitation est l~ fÎTiI même première et del'Tlil~re, et que la maiSOn avec le fondement est seulement un moyen pour la fin. ' 6938. Ce qui,vicnt d'être dit des richesses s'applique allssi [lUX
  • 173. ~68 ARCANES CÉLESTES. honneurs dans le monde; chaciln peut avoir aussi en vue les hon­ neurs, toutefois non à cause de soi mais à cauSe dit prochain; celui qui les a en vue à cause de soi-même veille mal à ses intérêts, mais celui qui les a en vue à cause du prochain y veille bien: en effet, celui qui tourne les fins vers soi-même se tourne vers l'enfer, mais celui qüi tourne les fins de soi vers le prochain se toilrne vers le Ciel. CHAPITRE IV. L Et lUoscheh répondit et dit :Et voici, ils ne me croiront point, et ils n/écouteront. point ma voix, car ils diront: point nia été vu de toi JÉHOVAH. 2. Et. JÉHovAH lui dit: Qu'est-ce que ceci danS ta main? Et il dit: Un bâton. 3. Et il dit: Jette-le à terre; et il le jeta à terre, et il devint un serpent, et Moscheh s'enfuit de devant lui. 4. Et JÉHOVAH dit à MOscheh: Etends ta main, et prends sa queue; et il étèndit sa main, et il le saisit; et li devint un bâton dans sa paume. 5. Afin qu'ils croient que de toi a été vu JÉHOVAH, le DiEU de leurs pères, le DIEU d'Abraham, le' DIEU de Jischak, et le :blEU de Jacob. 6. Et JÉHOVAH lui dit encore: Mets maintenant ta main dans ton sein; et il mit sa main dans son sein; et il la reti"a i et voici, sa main lépreuse, comme la neige. 7. Et il dit: Ramène tà main à ton sein; et il ramena sa main à son sein, et il la retira de son sein, et voici, elle était redevenue comme sa chair. 8. Et il arrivera, s'ils ne te croient point, et n'écoutent point la voix du premier signe, et ils croil'ont à la voix du dernier signe. 9. Et il arrivera, s'ils ne croient pas même à ces deux signes, et n'écoutent point ta voix, ct tu prendras des eaux du fleuve, et tu
  • 174. EXODE, CIHP. QUATIUÈllE. 169 (tes) répandras SUI' le sec; ct elles seront, les eaux que tu auras prises du fleuve, et elles seront en sang sur le sec. 10. Et l'Ioscheh dità JÉHO~AU; Par l'noi, SEIGNEUR, (je ne suis) point homme de paroles, moi, ni d'hier, ni d'avant-hier, ni de ma:lntenant que tu parles, Toi, à (oH serviteur; car lourd de langue, et lourd de bouche (je suis), moi. 1~. Et JÉHOVAH lui dit; Qui donne une bouche à l'homme'? ou qui rend muet, ou sourd, Oll voyant, ou aveugle? N'est-ce pas Moi, JÉHOVAH? nt Et maintenant va; et Moije serai avec ta bouche, et je t'en- seignerai ce que tu prononceras. i 3. Et il dit: Par moi, SEIGNEUR, envoie, je te prie, (queL- qu'autre)' que par main tu envoies. 14. Et la colère de JÉHOVAH s'enfiamma contl'e Moscheh, et il dit: N'y a-t-il pas Aharon ton frère le Lévite? Je sais que parlant il p~rlera, iiIi; et méme voici, il sort au-devant de toi, ct il te verI'a, et il se réjouira dans son cœur. 15. Et tu lui parleras, ct tu mettras les paroles dans sa bouche, et Moije serai avec ta bouche, et avec sa bouche, ct je vous ensei- gnerai ce que vous ferez. 16. Et ilparlera, lai, pour loi au peilple, et il se fera, que lui te sera pour bouche; et toi, tu lui seras pour dieu. -17. Et tu prerrdras dans ta mai n ce bâton, par lequel tu feras les signes. 18. Et Moscheh alla et retourna vers Jéthro son beau-père, et il lui dit ; J'irai, s'il te plaît, et je l'etournerai vel'S mes frères, qui (sont) en Égypte, et je verrai s'ils sont encore vivants; et Jéthro dit à Moscheh; Va en paix. 19. Et JÉHOVAH dit il lloscheh dans llidian: Va, retourne Cil l~gypte, parce qu'ils sont morts, tous les llOmmes qui cherchaient ton âme. 20. Et Moscheh prit son épouse, et ses fils, et il les lit chevaU- cher sur l'âne, et il retourna en la terre d'Égypte; et Moscheh prit le bâton de DIEU dans sa main. 21. EtJÉllOvAH dit à Moscheh; En t'en allant pour retourner en Égypte, vois tous les prodiges que j'ai mis dans ta main, et fais..:
  • 175. ,170 ARCANES CÉLESTES. les devant Pharaon; et Moi j'endurcirai son cœur, ct il ne l'en·· vena point le peuple. 22. Et tu diras à Pharaon: Ainsi a dit JÉHOVAH: (c'est) mon fils, mon premier-né, ISl'aël. 23. Et je te dis: Renvoie mon fils, et qu'il Me serve; et tu refuses de le l'envoyer; voici, NIoi, je tue ton fils, ton premier-né. '2L Et il était en chemin, dans une hôtellerie, et Jéhovah le rencontra, ct il chercha il le tuer. 25. Et Sipporah prit un caillou, et elle coupa le prépuce de son (ils, et elle (le) fit toucher ses pieds, ct elle dit: Parce que (tu es) un fiancé de sangs, toi, pOUl' moi. 26. Et il se désista de lui; alors elle dit: Un fiancé de sangs pour les circoncisions. 27. Et Jéhovah dit il Aharon: Va au-devant de ~Ioscheh au dé­ sert; et il alla, et il le rencontra en la montagne de DIEU, et il le baisa. 28. Et Moscheh annonça à Aharon toutes les paroles de JÉHO­ VAH, pal' lesquelles il l'avait envoyé, et tous les signes qu'il lui avait commandés. 29. Et Moscheh alla, et A!wroll; et ils assemblèrent tous les anciens des fils d'Israël. 30. Et Aharon prononça toutes les paroles que JÉlIOVAH avait prononcées à Moscheh, et il fit les signes aux yeux du peuple. 3,1. Et le peuple crut, et ils entendirent que JÉJlOVAH avait visité les fils d'Israël, et qu'il avait vu ew' affliction; et ils s'inclinèrent et se proslel'l1èrent. CONTENU. 6939. Dans ce Chapitre, il continue, dans le sens interne, à être traité de la deJivrance de ceux qui sont de l'Église spirituelle; d'abord est décrit l'état oil ils seraient, s'ils n'Civaient pas l'espé­ l'ance ct la foi, qu'ils tomberaient dan& les faux et les maux, et aussi dans les cltOses profanes:' voilà cc qui est signifié par les trois signes. 6940. Ensuite il s'agit de la Loi Divine, en cc que le vrai a été adjoint à son bien; et qu'ainsi le bién a la puissance de délivrer,
  • 176. EXODE, CHAP. QUATRiÈME. "1t el d'insinuer l'espérance et la foi: Moscheh représente la Loi Di~ vine quant au bien, et Aharon la représente quant au vrai. 6941, Enfin il s'agit dece peuple, en ce qu'il représentait seu­ lementl'Église spirituelle, et que cette Eglise ne pouvait pas être instituée chez lui, parce qu'il etait dans les externes sans les in­ ternes: cela est signifié par la circoncision du ms par Sipporah, et par le sang dont ses pieds furent teinl~, SENS INTERNE. 6942. Vers. 1, 2, 3, 4. Et l1foscheh rf'7JOndit et dit: Et voici. ils ne me cl'oiront point, et ils n'écoutel'ont point ma voix, car ·ils diront: Point n'a été vu de toi Jéhovah, Et Jéhovah lui dit: qu'est. ~'e que ccci dans ta main? Et il dit: Un bâton, Et il dit: Jette-le à ten'e; et il le jeta li ten'e, et il devi.nt un serpent, et Mosc/wh s'enfuit de devant lui. Et Jéhovah dit li 111oscheh: EleniL~ ta main, et p,'ends sa queue; et il étendit sa main, ct il le ,çaisit; et il de­ vint un bâton dans sa paume, - Et Moscheh l'épondit ct dit, signi­ fie la pensée d'après la Loi Divine: et voici, ils ne me croiront point, et ils n'écouteront poillt ma voix, signifie que ceux qui sont de l'Église spirituelle n'aUI'aient point la foi, par conséquent ne recevl'aient point: Cct1' ils dh'ont : point n'a été vu de toi Jéhovah, signifie le Divin du Seigneur dans son Humain: et Jéhovah lui dit, Signifie la Prévoyance de ce qu'ils seraient s'ils n'avaient point la foi: qu'est-cc que ceci dans Ut main? et il dit: un bâton, signifie la puissance du Divin Humain du Seigneur: et il dit: Jette-le à terl'e, signifie l'innux de la puissance du Divin Naturel du Seigneur dans le sensuel: et il devint un serpent, signifie pal' suite l'homme sensuel et corporel séparé de l'homme interne: et 1110scheh s'eu­ {uit de devant lui, signifie l'horreur pour le sensuel séparé: ct Jé­ hovah dit à Moscheh, signifie la Providence pal' le Divin: étends ta main, cl prends sa queue, signifie la puissance d'élever au-dessus du dernier du sensuel: ct il étendit sa main, et il le saisit, signifie l'élévation VCl'S les intérieurs: et il devint un bêaon dans sa paume, signifie qu'alors la puissance fut communiquée par le Divin. 6943. Et :b'loscheh répqndit et dit, signifie la pensée d'après let Loi Divine: on le voit par la signification de l'épandre et dire, en ce
  • 177. 172 AI~CANES CÉLESTES. que c'est la pensée; en effet, les choses qui dans le sens historique de la lettre sont exprimées par des extel'Oes, dans le sens interne 'signifient des internes; cal' les spirituels qui appal'tiennent au Ciel ne peuvent jamais se présenter autrement aux hommes, parce que l'homme ne saisit pa~ les spirituels nus, et parce qu'ils ne peuvent être exprimés par les mots du langage humain; c'est pour cela que les spirituels ont été décrits par des naturels correspondants, et ainsi donnés à l'homme; de cette manière la Parole convient à l'homme dans le monde naturel, et aussi à l'homme dans le monde spirituel, c'où résultent la communication du Ciel avec l'homme et la communion; et pal' la représentation de llloscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant à la Loi Divine, N" 6752: il est donc évident que Mosc/teh répondit et dit, signifie la pensée d'après la Loi Divine; la pensée d'après la Loi Divine, c'est d'après le Vrai pro­ venant du Divin; ici, c'est que les fils d'Israël ne croiront point il moins qu'ils ne voient des signes et des prodiges. 69U. Et voici, ils ne me croiront, et ils n'écouteront point nut voix, signifie que ccux qui sont de l'Église spiriwelle n'auraicnt point la foi, par conséquent ne reccvraient point: on le voit pal'la représentation des fils d'Israël, de qui cela est dit, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N°s 6426, 6637: par la signification de ne point croi7'c, en cc que c'est ne point avoir la foi; et par la si­ gnification de nc point écoutel' la voix, en cc que c'est ne point recevoir, N0s 547'1,5475. 6945. Car ils diront: Point n'a été vu de toi Jéhovah, signifie le Divin qui cst d(ms l'Humain dit Seigneur: on le voit par la signification de dirc, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été très-souvent montré, ici la perception de ceux qui sont de l'Église spirituelle; par la signification de Jéhovah qui a été vu, en ce que c'est l'apparition du Divin du Seigneur dans son Hu­ main; qu'être vu, ce soit apparaître, cela est évident; et que Jéhovah soit le Seigneur quant au Divin Même et quant au Divin Humain, on le voit Nos 1736, 2004, 2005,2018,2025,2.156,2329, 2921, ilO23, 3035, 0041, 5663, 6303, 6281, 6905; que Jéhovah qui a été vu, cc soit l'apparition du Divin du SeigneUl' dans son Humain, cela est encore évident en cc que le Divin du Seigneur ne peut apparaitrc à allClIn homme, ni même·à aucun Ange, que
  • 178. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. ·173 par le Divin Humain, et le Divin Humain que pal' le Divin Vrai qui en procède. Ici, dans le sens interne, il s'agit de la délivrance de ceux qui étaient de l'Église spirituelle; que ceux-là aient ét.é délivrés par l'avénement du Seigneur dans le monde, on le voit Nos 266,1, 27 16, 3969, 681H, 69,14, et qu'ils aient spécialement i été sauvés par le Divin Humain du Seigneur, on le voit Nos 27i16, 2833,2834.. Quant à ce que ceux de cette Église n'aUl'aient point la foi, et ne recevraient point ce que dit la Loi Divine qui est représentée par l'loïse, c'est-à-dire ce que dit la Parole, s'ils ne voyaient pas des signes, yoici ce qu'il en est: Ceux-là, parce qu'ils sont de l'Église spirituelle, n'ont pas la perception du vrai d'après le bieu, comme les célestes, mais ils reconnaissent pour vrai tout doctrinal de leUl' Église qu'ils ont confirmé chez eux, aussi sont-ils relativement dans l'obscUl', N°s 2718. 283,1, 2849, 2935,2937, 3833, 6427, 6500, 6865; c'est même ce qu'on peut voir clairement en ce qu'il ne saisissent nullement comment l'Humain du Sei­ gneUl' peut être Divin, ni que l'amour Divin puisse faire cela dans l'Humain; car ils tiennent leur pensée dans un humain tel qu'il est chez l'llOmme, et ne sortent pas de là quand ils pensent au Sei­ gneur; telle est la perplexité dans laquelle ils sont; on peut encore le voir en ce qu'ils ne saisissent pas non plus comment l'homme peut vivre après la mort, et avoil' alors des sens, comme la vue, l'ouïe, le toucher et l'odorat, et être dans la forme Immaine; il leur semble éloigné du vrai que l'homme soit tel, lorsqu'il a rejeté son corps, ainsi que les sens et les membres de son corps; ils se trouvent ainsi engagés dans les sensuels, et par suite dans les scientifiques et dans les illusions; si donc ils ne croyaient pas que le corps dût de nouveau être conjoint il l'âme, ils ne croiraient absolument il aucune résurrection: d'après cela on voit assez clai­ rement dans quelle obsCUl'ité ils sont sur les choscs quiappartien­ nent au Ciel; de là vient qu'il n'est jamais possible qu'aucune foi soit implantée en eux, il moins que le Seigneur ne les détourne des faux par une force puissante; et comme tine telle force n'existait pas avant l'avènement du Seigneur, mais fut acquise après son avènement, lorsql,l'i! eut fait Divin en Lui l'Humain, c'est pour cela qu'ils n'ont pu être tirés de la terre inférieure où ils (laient infestés par les faux, ni être élevés dans le Ciel, qu'après la résurrection
  • 179. 114. ARCANES CÉLESTES. du Seigneur, N° 691~·: c'est de là maintenant qu'il est dit qu'ils ne croiront pas, ni par conséquent ne recevront pas ce que la Loi Divine, c'est-à-dire ce que le Divin Vrai enseigne, à moins qu'ils ne voient que cela est ainsi, pal' GOnséquent à moins qu'ils ne voient les signes, dont il va être bientôt parlé. 69~6. Et Jéhovah lui dit, signifie la Prévoyance de cc qu'ils seraient s'ils n'avaient 710int La {ai: on le voit par la signification de di,'c, lorsque c'est Jéhovah ou le Seigneur qui dit, en ce que c'est la Prévoyance, No 536-1 ; que ce soit la PI'évoyance de ce qu'ils seraient s'ils n'antient pas la foi, cela est évident d'après les trois signes dont il est parlé dans ce qui suit; car ces signes dans le sens intel'lle représentent leur état s'ils ne croyaient pas. 6947, Qu' cst-ce quc ceci dans ta main? et il dit: un bâton, signi{te la puissance du Divin Ilumain du Seigueur: on le voit pal' la signification de la main, en ce qU'eJle est la puissance, N0 878, 3387, ~93i à 4937, 5327, 5328, 55U; ct par la signification du bâton, en ce qu'il est 3ussi la puissance, N°s 6,013, 4876, 4936; que ce soit la puissance du Divin Humain du SeigneUl', c'est parce que ~Ioïse représente le Seigneur quant à la Loi Divine ou la Parole, qui est le Divin Vrai procédant du Divin Humain du Sei~ gneur, N° 6752: la puissance qui est signifiée pal' la main est la puissance procédant du Divin Rationnel du Seigneur, mais la puis­ sance qui est signifiée pal' le bâton est la puissance procédant ÙU Divin Naturel du SeigneUJ'; si le bâton est la puissance procédant du Divin Naturel du SeigneUl', c'est parce que le bâton, à J'instar tlu pied, soutient le corps, et que le pied signifie le naturel, No 2162, 3,1.'17, 3761, 3986, 4280, ~9;i8 à 49ü2; que lever la main, ce soit la puissance dans le spirituel, et lever le pied la puissance dans le naturel, on le voit Nos 5327, tj328; ct parce que cela est ainsi, selon les élévations des choses dans le sens interne, il a été dit à l-Ioïse, quand il faisait des miracles, tantôt de lever sa m;l.in, ct tantôt de lever son bâton. 6948, Et iL dit: jette-Le à terre, signi{te L'influx de La puissance du Divin Naturel du Seigneur dans Le sensuel: on le voit par la signification du bâton, en ce que c'est la puissance dans le naturel; et quand il sc dit du Seigneur, c'est la puissance procédant de son Divin Naturel, ainsi qu'il vient d'être montré No 6947 ; par la signi­
  • 180. EXODE, CIU.P, QUATRIÈME. 175 /ication ùe jetcr ou de lancer, en ce que c'est le procédant, amSI l'influx; ct pal' la signification de la tcr/'c, en cc qu'elle cst l'externe de J'homme, ~os 82,913,1411,1733, ici son sensuel ct son corporel, qui sont les extrêmes, parce que le bâton est devenu un serpent, ct que le serpent signifie l'homme sensuel et corporel. Par la puissance Divine du Seigneur ici est entendu le Divin Vrai pro­ cédant du Seigneur, car il y a dans le Divin Vl'ai une telle puis­ sance que c'est la puissance même, N° 3090, .193'1, 63H, 6.123: le Divin Vrai procédant du Seigneur influe dans tout homme, pat' ses intérieurs dans les extérieurs, jusque dans le sensuel extel'l1e ct dans le corporel, ct excite partout les correspondants dans leur ordre, dans le sensuel les correspondants tels qu'ils se montrent dans le monde ct sur la terre; mais comn~e les correspondants qui sont dans le monde et.sur la terre se montrent autrement qu'ils ne sont, c'est pour cela qu'ils sont pleins d'illusions; lors donc que le sensuel est dans ces seuls correspondants mauvais, il ne Ini est pas possible de ne pas penser contre les biens ct les vrais de la foi, parce qu'il pense d'après etes illusions, et de ne pas changer le Divin Vrai en faux quand cc vrai influe; que l'homme qui n'a point été élevé au-dessus du sensnel, mais qui est dans le sensuel et pense d'après cc sensuel, pense d'après des illusions, c'est ce qui pent être illustré par des exemples: telles sont les illusions, que la vie de l'homme appartient au corps, lorsque cependant cHe apPal'tient il l'esprit dans le corps; que la vue appartient il J'œil, l'ouïe à l'oreille, le langage à la langue ct à la bouche, lorsque cependant c'est l'esprit qui voit, qui entenù, qui parle, pal' ces organes du corps; les illusions, que la vie demeure dans l'homme, lorsque cependant elle influe; les illusions, que l'âme ne peut être dans une forme humaine, dans des sens humains, dans des affections humaines; les illusions, que le Ciel et l'enfer sont l'un au·dessus de l'houune ct l'autre au-dessous de lui, lorsque cependant ils sont en lui: les illusions, !lue les objets influent dans les intérieurs, lorsque cependant l'externe n'influe point dans l'intel'l1e, mais c'est l'interne qui influe dans l'externe: les illusions, qu'après la mort la vie ne peut. exister à moins qu'elle ne soit en même temps avec le corps; outre les illusions dans les natUl'els, d'oil résuilent tant de conjectUl'es qui se contrarient les unes les autres; qui ne
  • 181. ~76 AnCANES CÉLESTES. peut voir que les illusions et pal' suite les faux ytlominent au lieu des Vl'ais, seulement d'après la dispute qui a longtemps existé sur la circulation du sang, car bien que cette circulation fût appuyée par tant de documents de l'expérience, la question n'en est pas moins restée longtemps indéeise: et aussi d'après la dispute sur le Soleil, quand on prétendait que chaque jour il tournait autour de cette terre~ et que cette révolution était faite une fois chaque jour non-seulement par le Soleil, mais aussi par la Lune, par toutes les Planètes, et par le Ciel astral tout entier: et en outre d'après la dispute qui dure encore sur l'âme, sur sa conjonction avec le corps, et sur le siége qu'elle y occupe? Lorsque les illusions .des sens dominent dans ces choses qui se manifestent cependant telles qu'elles sont par un si grand nombre de phénomènes et d'effets, combien ne doivent-elles pas dominer dans les choses qui ap­ partiennent au Ciel, lesquelles ne se manifestent que par les correspondances, puisqu'elles .sont spirituelles? D'après cela, on peut voir maintenant quel est le sensuel de l'homme considéré en soi et abandonné à lui-même, c'est-à-dil;e qu'il est dans les illu­ sions et par suite dans les faux, par conséquent contre les vrais et les biens de la foi: c'est de là que, ,quand l'homme est dans le sensuel et dans la lueur du sensuel, il est dans l'obscurité quant aux choses qui appaliiennent au monde spirituel, c' est~à-dire, quant aux choses qui sont dans la lumière par le Divin; et que la lueur sensuelle est changée en une complète obscurité, quand la Lumière du Ciel tombe dans cette lueur; cela vHmt de ce que les vrais qui appartiennent à la Lumière Divine ne peuvent être avec les illusions et les faux, mais les éteignent et ainsi plongent dans les ténèbres. 694.9. Etil devint un serpent, signifie l'homme sensuel et corpo­ rel sépal'é de l'homme interne: on le voit par la signification du serpent, en ce que c'est l'homme qui raisonne d'après les sensuels, N0s ~ 95, 196, 197, 6398, 6399, ainsi le sensuel de l'homme; et parce que le serpent signifie le sensuel, il signifie: aussi le corpo­ rel, car le sensuel tire des sens du corps ce qui lui est propre: et comme le sensuel, considéré en lui-même, est tel qu'il vient d'être décrit N° 6948, le serpent qui est le sensuel signifie aussi tout mal en général, Nos 251 , 254,257. Qu'ici le serpent signifie l'homme sen­ suel et corporel sépal'é de l'homme interne ou rationnel, cela est
  • 182. EXODE, CHAP, QUATRlimE. ,177 ~vident en ce que lIosc!wh s'enfuit de devant lui, ce qui signilie l'horreur pour ce sensuel; et aussi en ce que pal' ce signe est dé- crit l'état de ceux de l'Église spirituelle s'ils n'avaient point la foi, car alors leur interne serait fermé, et il n'influerait de lumière du Ciel que ce qu'il faudrait pour qu'ils pussent penser d'après le sen· suel séparé et pal' suite parler. C'est d'après le sensuel séparé que pensent tous ceux qui défendent les faux contre les vrais et les maux contre les biens; en un mot tous ceux qui sont dans le mal de la vie, et qui par suite n'ont aucune foi, cal' celui qui vit mal ne croit rien: ceux qui sont tels remportent sur les autres dans l'art de raison- ner, et aussi de persuader, principalement aux simples; et cela, parce qu'ils parlent d'après les illusions des sens, et d'après les apparences dans le monde; ils savent aussi étouffer ou voiler les vrais par des illusions; de là aussi les serpents signifient la ruse et l'astuce, mais quand le sensuel a été conjoint à l'interne, ou a été convenablement subordonné au rationnel, le serpent signifie la prudence et la circonspection, N°s '197, 4'iM,I, 6398. 6950. Et Moschehs' enfuit de devant lui, signifie l' horl'em' pOUl' le sensuel sépm'é ; on le voit par la signification de s' enfuir, en ce que c'est l'horreur, car celui qui a en horreur une chose la fuit; et par la signification du serpent, de devant lequel lIoscheh s'enfuit, en ce que c'est le sensuel séparé, ainsi qu'il vient cl' être dit, N° 694·9. 6951. Et Jéhovah dit à llfoscheh, signifie la pj'ovidence pal' le .Divin; on le voit pal' la signification de dil-e, lorsque c'est Jéhovah ou le Seigneur qui dit, en ce que c'est la Prévoyance, N° 6946; et parce que c'est la Prévoyance, c'est aussi la Providence, car elles sont conjointes, puisque le Seigneur Pourvoit à ce qu'il Prévoit, il . Pl'évoit le mal et Pourvoit au bien; ici donc Jéhovah dit signifie la Providence, parce que le serpent est changé maintenant en bâ- ton, c'est-à-dire, le mal en bien; et par la représentation de Mos- cfuh, en ce qu'il est le Seigneur quant au Vrai Divin; ainsi la Providence par le Divin est dite ". du Seigneur quant à l'Humain, quand il a été dans le monde. 6952. Étends 'ta main et prends sa queue, signifie la puissance d'élever au-dessus du dernier du sensuel; on le voit par la signifi- cation de la main, en ce qu'elle est la puissance, N0 694.7; et par la signification de la queue du serpent, en ce qu'elle est le dernier XI. J2
  • 183. 178 AnCANES CÉLESTES. du sensuel; le serpent est le sensuel, comme il vient d'être dit N0 69~9, ainsi sa queue est le dernier ou l'infime du sensuel; l'élévation est signifiée pal' étendre et prendre, car celui qui étend la main el prend quelque chose qui rampe sur terre, l'élève. Parce que le serpent signifie le sensuel séparé, et par suite le raisonnement d'après les illusions des sens sur les vrais de la foi, la queue du sel'pent signifie le faux lui·même, car le faux est le dernier ou l'infime, et celui qui esl dans le faux, ainsi dans le demier ou dans l'infime, regarde absolument en bas ou en dehors, c'est-à-dire, dans le monde et vers la terre, mais non en haut ou en dedans, c'est-à-dire dans le Ciel et vers le Seigneur, Que la queue du ser­ pent signifie de telles choses, on le voit dans Jean: fi. Les saule­ l) l'elles avaient des queues semblables aux scorpions, et des aiguil­ l) Lons élaient dans lem's queues, et leur pouvoir{élaït) de nuire aux II hommes. l) - Apoc. IX. 10; -les queues semblables aux scor­ pions, et les aiguillons dans les queues sont les subtils raisonne­ ments d'après les faux, pal' lesquels ils persuadent et par consé­ quent nuisent, aussi est-il dit que lem' pouvoir est de nuire aux hommes. Dans le Même: « Les queues des chevaux étaient sem­ II blables à des serpents, elles avaient des lêtes, ct pal' eUes, elles )) nuisent. II - Apoc. IX. 19; - pareillement ici les Queues sem­ blables à des serpents sont les raisonnements d'après les faux, par lesquels ils nuisent; et même davantage, pal'ce qu'il est dit que c'étaient des queues de chevaux ct qu'elles avaient des têtes, car l'intellectuel est signifié par les chevaux et aussi par la tête, de iiI les queues y signifient de plus subtils raisonnements d'après les illu­ sions et par suite d'après les faux contre les vrais, ces l'aisonne­ ments sont infimes, car plus les raisonnements contre les vrais SOllt subtils, plus ils sont inférieurs. Dans le Même: (( La Queue du II d1'agon entmina la troisième pm'lie des élOiles du Ciel, et les jeta II sur la terre. II - Apoc. XII, ~; -la Queue ùu dragon signifie pareillement les raisonnements d'après les faux.; les étoiles du Ciel sont les connaissances ùu bien et du vrai; les jeter sur la tene, c'est les détruire; que le dragon soit le serpent qui séduit par les raisonnements d'après les faux, el qui ,a séduit la mère des vivants ou Ève dans le paradis d'après l'arbre de la science, c'est-à-dire, ~ar les scientifiques qui proviennent du sensuel, ainsi qui pro­
  • 184. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. 179 'Viennent des illusions, on le voit clairement aussi dans Jean: '« Alors fut précipité le grand dragon, le serpent ancien qui est Il appelé Diable et Satan, qui séduiL toulle globe. »- Apoc. XII. 9, - Que la queue en général soit le sensuel sél)aré, qui regarde ~on en haut mais en bas, ainsi non vers le Ciel mais vers la terre, con­ séquemment le faux, on le voit dans l~saïe : « Jéhovah retranchera "d'Israël ll'L Tête et la Queue, le rameau elle jonc; le vieillard et . » celui gui est honoré, c'est la Tête, mais le Prophète docteul' de , " mensonge, c'est la Queue. »- IX. "3, 14.; - dans ce passage la queue est évidemment le faux qui dans la Parole est appelé men­ songe. Dans le Même: « Il n'y aura point pour l'Égypte d'ouvrage, Il qui (asse la Tête et la Queue, le rameau et le jonc. » - XIX. 15; -le jonc est l'infime. Dans Moïse: « Ainsi Jéhovah te mettra en » Tête et non en Queue, afin que tu sois seulement en haut, et que Il tu ne sois pas en bas, quand tu obéiras aux préceptes de ton Il Dieu.» - Deutér. XXVIII. 13; -la queue, c'est l'infime qui re­ garde en bas ou en dehors, c'esl-à-dire, dans le monde et vers la terre, et non vers le Ciel et vers le Seigneur; car les intérieurs de l'homme sont élevés avec les sensuels en haut pal' le Seigneur, quand l'homme est dans le bien de la foi et de la charité; mais s'il est dans le mal et dans le faux, ses intérieurs regardent avec les sensuels en bas, ainsi seulement vers les choses qui sonl dans le monde, de là il dépouille la nature humaine el revêt la 'nalure de la bête sauvage, cal' les bêtes sauvages regardent en bas, ou seulement vers les choses qui sont sur la terre; celui qui regarde en bas, veut le mal et pense le faux; mais celui qui est élevé en haut pal' le Sei­ gneur, veut le bien et pense le vrai; l'élévation est faite en actua­ lité par le Seigneur, et par suite J'éloignement d'avec les maux et les faux; les Anges perçoivent cela par les sens mêmes; c'est comme l'effort vers le cenlre des corps graves; le centre, c'est oil est le Seigneur dans son Soleil, vers ce centre sont élevées les têtes des Anges, el sont tournés les pieds des infernaux, ainsi ceux-là regardent en haut, el ceux-ci en bas, Nos 364.1, 364.3. Dans le même: « Le voyageur, qui est au milieu de toi, montera sur toi " en haut de plus en plus; mais toi LU descendras en bas de plus en » plus; lui, il sera en Tête; mais toi, tu seras en queue. » ­ Deulér. XXVIII. 4-3, H" - pareillement. Dans Ésaïe; « Dis-lui;
  • 185. ·180 ARCANES CÉLESTES. » prends garùe à loi, ct sois tranquille; ne crains point, et que Ion » cœUl' ne s'amollisse point à cause des deux queues de ces ti.wns » fumants, à cause de l'emportement de Rézin et de la Syrie, et du » fils de Rémalia. » - VII. 4; - Hézin, roi de Syl'ie, ce sont les connaissances du mal; que la Syrie signifie les connaissances du bien, on le voit Nos ·1232, '1234, 3680, ainsi dans le sens opposé les connaissances du mal; le ms de Rémalia, roide Samarie, ce sont les connaissances du faux; les unes et les autres sont les queues, parce que ce sont les infimes; les tisons fumants, c'est l'emportement. 6953. Et il étendit sa main, et il le sai,~it, signifie l'élévation vers les intb'iew's : on le voit par la signification d'étendre la main et de saisir, quand cela se dit de choses qui sont en bas, en ce que c'est être élevé vers les supérieurs, ou ce qui est la même chose, vers les intérieurs, comme ci-dessus, N0s 6952; et par la significa­ tion dela main, en ce qu'elle est la puissance intérieUl'e, N° 6952; et par la signification du serpent, qui est cc qu'il a saisi, en ce que c'est le sensuel et par suite le raisonnement, N° 6949; dans ce qui va suivre on verra que quand le sensuel est élevé vers les intérieurs, la puissance est communiquée par le Divin. 6954. Et il devint un bâton dans sa paume, signifie qu'alors la plti.~sance fut communiquée pal' le Divin: on le voit par la significa­ tion du set'pent qui devint un Mton, en cc qu'il est le sensuel, N° 6949 ; par la signification du bCtton, en ce qu'il est la puissance dans le naturel, et par la signification de la paurlle, en ce qu'elle est la puissance intérieUl'e, l'une ct l'autre puissance provenant du Divin, N° 6952. Voici ce qu'il en est: l'homme pal' lui-même l'e­ garde seulement en bas, c'est-à-dire, dans le monde et sUI' la terre, parce que par lui-même il est dans le mal et dans le faux; et quand il regarde ainsi le sensuel domine, et les intérieUl's ne font rien contre lui, parce qu'ils suivent la force du tonent et descendent avec lui: cependant l'homme, non par lui-même mais par le Sei­ gneur, regarde en haut, c'est-à-dire, vers le Ciel et vers le Sei­ gneur; cela s'opère par l'élévation; quand les intérieurs sont élevés, le sensuel est élevé aussi, mais la lueUl' du sensuel est alors db­ scurcie, car la Lumière du Ciel domine; quand cela arrive, le bien et le vrai influent du Seigneur, et sont aussi reçus; cela est en­ tendu par la puissance communiquée par le Divin; mais il n'yen
  • 186. EXODÊ, CH..P. QUATHIElŒ. 481 a pas d'autres que ccux qlli ont vécu clans le bien de la foi el de la charité, qui puissenl être élevés ainsi. Qu'il y ait <les Élévations vers les intérieurs, c'est ce qu'il m'a été <lonné de savoir pal' une expérience vivc, car je les ai mille fois aperçues. 6955, Vers, 5, 6,7, Afin qu'ils cj'oient que de toi a été vu Jéhovnh, te Dicu de lcur père, le Dieu d'Abmham, le Dieu de Jischak, et le Dieu d<: Jacob. Et Jéhovah lui dit encore: il/els maintcnnntta main dans ton sein; et il mit sa main dans son sein; et il ln j'CliN!, et VOiCl, sa main léprcuse, comme la neige. Et il dit: l'amène ta main cl ton sein; et il rŒmena sa main et son sein, et il la j'etira de son sein, et voici, elle était j'edevenue comme sa chair. - Afin qu'ils cl'oient que de toi a été vu Jéhovah, signi:ûe afin qu'ils aicnt la foi concemant le Divin Humain du Seignelll'; le Dieu de leurs pèTes, signifie que ce Divin était le Divin de l' Ancienne ]~glisc: le Dieu d'Abraham, le Dieu de Jisclwk et le Dien de Jacob, signii1e le Seigneur quant au Divin Même cl quanl au Divin Humain: et Jéhovah lui dit encore, signifie la Prévoyance cie ce que seraient ceux dc l'Église Sl)irituellc s'ils n'avaient point la foi : met.~ ta main dans Ion sein, signifie l'appropriation du vrai: et illliit sa main d(ms son sein, signifie l'actualité: cl il la j'el,ira, signifie ce qui en '(­ sulle : et voici sn main lépreuse cOlwne la neige, sign ifie la profa­ nation du vrai: et il dit, signifie la Pt'ovidence, de ce que seraient ceux de l'Églisc spirituelle s'ils avalent là foi: 1'Ctlllène ta main à 1011 .~ein, signil1c l'appropriation du vrai: et ilrmneua sa main et son sein, signifie J'actualité: ct il la rctira de son sein, signifie ce qui en resulte: ct voici, elle était redeve/lue comme sa chail', signifie alors le bien. 6956, Afin qu'ils cl'Oient que de LOi a été vu Jéhovah, signifie afin qu'ils aient la {ai concernant le Divin /:Ill/nain du Seignew': on le voit pal' la signification de cl'oil'e, en ce que c'est avoir la foi, non la foi que Jéhovah ou le Seigneul' a été vu devant les yeux, mais clans le sens spirituel la foi envers le SeigneUl'; et pal' la signification de Jéhovah qui a été Vll, en ce que c'cst l'apparition du Seigneut' dans son Divin Humain, N0 6945 ; ainsi afin qu'ils croient que (li.! loi ct élé litt Jéhovah, signifie afill qu'ils aient la foi concernanlle Divin l-iumain du Scigneul'. 6901. Le Dien de leurs pères, signific que ce Divin étnitle Divin de l' AnciennG J~glise " cela est évident p~lI' la sir;nifical ion du J)iC1~
  • 187. 182 ARCANES CÉLESTES. de lem's pères, en ce que c'est le Divin de l'Église Ancienne, voi N°s 6876, 6884, on y voit aussi que ce Divin était le Seigneur quant au Divin Humain. 6958. Le Dieu cr Abraham, le Dieu de Jischak et le Dieu de Jacob, signifie le Seigneur quant au Divin même et quant au Divin Hu­ main: on le voit d'après ce qui a été montré N° 6847, où sont les mêmes paroles. 6959. Et Jéhovah lui dit encore, signifie la P1'évoyance de ce que seraient ceux de l'Église spi1'ituellc, s'ils n'avaientpoinlla {oi: on le voit par la signification de Jéhovah dit, en ce que c'estlaPrévoyance, commc ci-dessus No 6946; que ce soit ùe- ce que seraiont ceux de l'Église spirituelle s'ils n'avaient pas la foi, c'est parce que dans ce qui va suivre il s'agit de ceux. de l'Église spirituelle, qui sont rcprésentés par les fils d'Israël, quels ils seraient ulté­ rieurement s'ils n'avaient point la foi, c'cst-à-dire qu'ils se­ raient des profanateUl's du vrai; car le pr-aluüw Miracle, le bâton devenu serpent, signifie leur ét.at; en ce qu'ils dcviendraient entièrement sensuels et corporels; ce miracle-ci, la main devenue lépreuse, signifie la profanation, cal' elle succède à l'état précédent quand cette Église persiste dans l'infidélité. Ceux de l'Église spiri­ tuelle dans leur enfance et ensuite dans leur adolescence ont la foi aux doctrinaux de leur Église, mais alors il ont la foi d'après leurs parents et leurs maîtres, et non d'après eux-mêmes, c'est pourquoi si dans la suite ils s'éloignent de la foi, ils ne profanent le vrai que légèrement; cette profanation peut être repoussée par les moyens Divins, et ainsi l'homme peut être délivré du délit: mais si J'homme a la foi à la doctrine de l'Église et à la Parole par lui­ même, c'est-à-dire, par des confirmations en lui-m6me, ct qne dans la suitc il s'éloigne de cett.e foi, et nie chez lui ce qu'il avait. cru auparavant, surtout s'il vit d'une manièrc contrairc au vrai qu'il avait confirmé chcz soi, et qu'il l'explique en faveur de soi ou le rejette entièrement, il profane le vrai; et cela, parce qu'il mêlc et conjoint le vrai et le faux au dedans de lui-même; comme ceux qui sont tels ont à peine quelques l'estes du vrai et du bien, ils de· viennent enfin dans l'autre vie semblables à des squelettes et il leur reste aussi peu de vie qu'il y en a aux os comparativement à la "je organique de la chair; toutefois le sort de ccux qui profanent le
  • 188. EXODE, CHAP. QUATRlÈ~Œ. l83 bien est plus dur que le sort de ceux qui profanent le vrai; ceux qui sont de l'Église spirituelle dlt Seigneur peuvent profaner le vrai, mais non de même le bien. Comme la lèpre signifIe la profanation du vrai, r,t qu'il en est question dans ce qui va suivre, il faut d'a­ bord voir ce qui a été précédemment dit ct montré sur la profana­ tion, savoir, que ceux qui sont au dedans de l'Église peuvent pro­ faner les choses saintes, mais qu'il n'en est pas de même de ceux qui sont au dehors, Nos 205,1, 3399; que les choses saintes ne penvent être profanées que par ceux qui les ont auparavant re­ connues, N°s 1008,1010,101;9,3898,3398,4289; qu'il y a aussi Profanalfon il reconnaître ct il croire les vrais ct les biens ct à vivre cependant d'une manière opposée, No 460' ; que l'homme est détourné de la profanation, autant qu'î! est possible, N°s 301, 302,303. 1327, -1328,3398,3402; que le sortdes profanateurs est le plus alft'eux de t.ous dans l'autre vie, N° 6348. 6960. .il-Iets ta main dans ton sein, signifie l'app1'opriation du vmi: on le voit par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, ]'06947; et par la signification du sein, en ce que c'est l'amour, Cal' toutes les choses qui appartiennent à la poitrine COI'­ respondent il l'amour, parce que dans la poitrine il yale cœlll' qui correspond il l'amour céleste, et le poumon qui cOl'l'esponq à l'a­ mour spirituel, ]'05 3635, 3883 il 3896,4->12,40113,4.133; et puis­ que ainsi le sein concspond il l'amour, il signifie aussi le propre, cal' le propre de l'homme est ce qui appartient il son amolli'; c'est pour cela qu'ici mettre la main clans le sein signifie l'appropriation, que ce soit l'appropriation du vrai, cela est évident paI' ce qui suit, et aussi par cela que la puissance spirituelle consiste dans le vrai; No 6948. Que le sein soit cela même qui appartient à l'homme, par conséquent le propre et par suite l'appropriation et la conjonction par l'amour, on le voit d'après ces passages; dans Michée: « Ne )) vous confiez point au compagnon, n'ayez point confiance dans le » conducteur, d.e devant celle qui couche dans ton sein garcl'C les » portes de ta bouche. Jl - YII. 5; -coucher dans le sein, c'est être conjoint pal' l'amour: de là aussi l'épouse est appelée l'ép01lse du sein d!l. mari, Deutér. XXVHI. 54. II Sam. XII. 8; et le mari est appelé le mari du sein de l' épo/lse, Deutér. XXVIII. 56; et cela, l~arce que l'nn appartient il l'autre. Dans David: [( la prière 'Slll'
  • 189. ,184, ARCANES CÉLESTES. » mon sellll'etombe.» -Ps. XXXV. 13,-c'est-à-diresur lui-même., Dans le Même: « Souviens-toi, Seigneur! de l'opprohre de tes! » serviteurs; que je porte dans mon sein tous les grands peuples. » - Ps. LXXXIX. 5,1; - c'est-à·dire chez soi-même, comme pro­ pre. Dans Ésaïe: « Comme un berger il paît SOIl troupeau; dans » son bras il recueille les agneaux, et dans son sein il les porte. » ­ XL. '1 '1, - pareillement. Dans Luc : « Donnez, et il vous sera » donné; une mesure bonne, pressée, agitée, et qui déborde, sem II donnée dans vot/'e sein. » - VI. 38, - être donnée dans le sein, c'est pour eux-mêmes comme propre. Dans le iUême: « Ensuite il, II arriva qlte Lazare mourut, et qu'il fnt emporté par les Anges » dans le sein d'Abraham. II - XVI. 22, - être emporté dans Je­ sein d'Abraham, c'est vers le Seigneur, qui est entendu pal' Abra­ ham, d'après la conjonction par l'amour. Dans Jean; « Il y avait II se reposant dans le sein deJésus un de ses disciples, queJésus ai-, II metit; lui donc, se penchant sm' la poitrine de ,Jésus, lui dit: II Seigneur, qui est-ce? ll-XIII. 23,25, -se l'eposerdans lescin, c'est évidemment être aimé,. et par l'amour être conjoint. Dans le Même: « Personne ne vit jamais Dieu; le Fils-Unique, qui est » dans le sein du Père, Lui L'a exposé. » -1. 18, - être dans le sein du Père, c'est êtreun avec Lui. Le sein est pris 110Ul' cela même qui appartient à l'homme, ct poud'appropriation qui n'est pas faite pal' l'amour, dans les passages suivants; dans Ésaïe: « Je rendrai, II je Tendmisur leur sein vos iniquités, et les iniquités de vos pères II en même temps; je mesurerai le prix de leur œuvre SUT leur·sein. » - LXV. 6, 7. - Dans Jénmie : « Jéhovah faisant miséricol'de en II des milliers (de génémtions), et Tenclal1ll'iniquité des pères dans II le sein de leurs fils après eux, » - XXXIl. ~8. - Dans David: » Rends à nos voisins le septuple dans leur sein, leur opprobre dont II ils T'ont affligé, Seigneur! » - Ps. LXXIX. 12; - rendre dans le sein, c'est contre eux-mêmes. 696,1. El il mit la main dans son sein, signifie l' aclualilé, savoir, de l'appropriation du Hai : on le voit d'après ce qui vient d'être dit ci-dessus. 6962. El il la relira, signifie ce qui en résulle: cela est évident pal' la significatio..!!- de tirer lCt m(tin de son sein ct voir, en ce que c'est examiner ql~IJC elle est, ainsi cc qui en résulte.
  • 190. EXODE, CHAP. QUATlUEMK ,18') 6963. Et voici, Set l1uûn léprcuse comme la neige, ûyni{ie la pro­ fanation du vrai: on le voit par la signification dr. la main en ce qu'eHe est la puissance, comme ci-dessus 1"°6947, et en ce qu'elle est le vrai, parce que la puissance spirituelle consiste dans le vrai, Nos 694-8, 6960; ct par la signification de la Lèprc, en ce qu'elle est la profanation, ~pécialement la profanaLion du vrû, ainsi qu'il va être expliqué. Dans la Parole Historique, il est beaucoup question de la Lèpre, de la diversité de son apparence dans la peau, de sa qualité dont on jugeait d'après cette appa­ rence, du lépreux en ce qu'il devait ou être renfermé, ou sortir lle la communion, ou être mis en liberté; et cle la lèpre dans les vête­ ments, dans les vases et dans les nwisons mêmes: s'il est tant parlé de la lèpre, cc n'est pas à cause cle la lèpre comme maladie, mais c'est pal'ce qu'elle signifiait la profanation du vrai, ainsi c'est pal' rapport au sens spirituel, ct parce que les Juifs et les Israëlites J'louvaient plus que les autres profaner le vrai; en effet, s'ils eussent connu les internes de la Parole, et les vrais mêmes que l'eprésen­ taient les rites de l'Église chez eux, s'1s y cussent cu foi, et que néanmoins ils eussent vécu selon leur caractère, savoir, clans l'a­ mOlli' de soi et du monde, dans les haines et les vengeances entre eux, et dans la cru~uté envers les nations, ils n'auraient pas pu ne pas profaner les vrais auxquels ils auraient une fois cm; car croire aux vrais, ct mener une vie contraire aux vrais, c'est les profaner; c'est même pour cela qu'ils étaient détournés des connaissances du vrai interne, autant qu'il était possible, N0s 3398, 34-89, au point qu'ils n'ont pas même su qu'ils devaient vivre après la mort, et qu'Ils ont cm que le ~Icssie devait venil', non pOUl' sauver les âmes pour l'éternité, mais pOUl' élever cette nation au-dessus de tontes les nations ùe l'univers: ·et comme telle a été et telle est encol'e aujourd'hui cette nation, c'est pOUl' cela que les Juifs sont encore ùétournés de la foi, quoiqu'ils vivent au milieu du Chl'istianisme; de là vient donc qu'il est tant parlé de la Lèpre quant il sa qnalité. Qlle la Lèpre signifie la p: ofanation du Vl'ai, cela est bien t':yident d'après ce qui a été statué sur la Lèpre dans Moïse, Lévit. XIII. '1 il 59; cette description conticnt dans lc sens interne tout ce qui concerne la profanation du vrai; ainsi, quclle est ceLLe profanation si la lèpre est récente; quelle, SI cHe esl ancienne; quelle, si clic
  • 191. ,186 AlI.CAlES CÉLESTES. est intérieurement dans l'homme; quelle, si elle est aussi à l'exté­ l'ieur; quelle, si elle peut être guérie; quelle, si elle est incurable; quels moyens il faut employer, et plusieurs autres choses, qui toutes ne peuvent être connues de qui que ce soit que pal' le sens interne de la Parole; mais comme les choses qui sont décrites pal' la lèpre sont profanes, il n'est pas permis d'expliquer en particulier celles qui sont dans cette description; le ciel éprouve même de l'horreur lorsqu'on nomme seulement le profane; il m'est seulement permis d'en rapporter ce passage: « Si en fleurissant la lèpre fleurit dans Il la peau, et que la lèpre couvre toute la peau de la plaie depuis la Il tête jusqu'aux pieds, sous tout regard des yeux du prêtre; et que Il le prêtre voie que la lèpre a couvert toute sa chail', alors il décIa­ Il rera pure la plaie; elle a été entièrement changée en (lèpre) Il blanche, il est pur. Mais au jour qu'il apparaîtra en lui une )l chail' vive, il sera impur.)l ­ Lévit. XIII. '12,13, 1~; - si l'on ne savait pas, d'après le sens interne, comment il se fait que celui qui est entièr'ement lépreux delmis la tète jusqu'aux pieds est pur,. cela semblerait être un paradoxe; mais pal' le lépreux de la tête aux pieds est entendu celui qui connaît les vrais internes sans les reconnaître ou sans y croire, celui-là n'est pas intérieurement dans la profanation, mais il est dans une profanation extél'ieure, qui est rejetée, c'est pOUl' cela qu'il est pur; mals s'il sait les vrais de la foi, et s'il y croit, et que cependant il vive d'une manière opposée il ces vrais, il est intérieurement dans la profanation, et aussi celui qui avait cru, et qui ensuite nie; c'est pourquoi il est dit: Au joui' qu'il apparaltl'a en lui une chail' vive, il sera impur; par la chail' vive sont entendues la reconnaissance et la foi; voir ce qui a été rapporté ci-dessus N0 6959. 6964,. Et il dit, signifie let Providence, de ce que seraient ceux de' l'Église spirituelle, s'ils ewaient la foi: on le voit par la significatiort de Jéhovah dit, en ce que c'est la Providence, comme ci-dessus No 695,1 : que ee soit sur ce qu'ils seraient s'ils avaient la foi, c'est ce qui est évident d'après ce qui suit; en effet, Ut main 1'edevenut comme sa chail', signifie qu'alors ils auraient le bien spirituel ,ce (rui est opposé il sa main mise dans son sein et devenue lépreuse, pat quoi il est signifié que ceux de l'Église sllirituelle seraient dans là profanation du vrai s'ils n'avaient point la foi, N°s 6959, 6963.
  • 192. EXODE, CH'AP, QUATlUf:ME. 187 6965. Ramènc la main à-ton sein, signifie l'app,'opl'iation du vl'Cli: on le voit par la signification de mmenc-/' ln main d(ms le sdn, en ce que c'est l'appropriation du V1'ai, No ()960, 6966, Et ill'Clmena sa main ct son sein, signifie l'actualité; voir. ei-dessus No 6961. 6967. Et il la relil'Cl tle son sein, signifie ce qui en résulte: voir aussi ci-dessus No 6962. 6968. - Et voici, elle était l'edevenue comme sa chai1', signifie nlm's le bien du vrai: on le voit par la signification de la chail', en ce qu'elle est le propre volontaire de l'homme, vivifié pal' le Propre du Divin Humain du Seignem, ou propre céleste, N° 38,13; et comme ~'est là ce qui est signifié par la chair, c'est le bien de l'amour pour le SeigneUl' et envers le prochain qui est signifié; mais chez ceux qui sont de l'Église spirituelle, c'est le bien du vrai, car chez eux le bien vient du vrai eL est selon le vrai de la doctrine de leur Église; ce vrai, quand il devient V1'ai de la vie, est appelé bien. 6969. Vel's 8,9. Et il U1Tivem, s'ils ne le croient poillt et n'éeou- ~ent point la voix du premier sif/ne, et ils cl'oi,'ont ct la voix du dernier signe; ct il arrivera, h.' ils ne l'l'oient pas même cl ces deux signes, et n'écoutent point ta voix, ct tu prendras des eaux du fleuvc,_ et tu (les) l'épandloas sur le sec; ct elles sel'ont, les eau,-:t: que tu a'll'as p,'ises du fleuve, ct elles seront en sang SUI' le sec. - Et il (L1'1'h'cm, s'ils ne te croient point, signifie s'ils n'CInt point la foi: ct n'écoutellt point la voix du p,'emier siglle, signif1e que s'ils n'obéissent point à ce qui a été annoncé d'après la Parole, qu'au lieu d'être homme spirituel et rationnel ils deviendraient non-spirituels et non-ration- nels; ct ils croil'ont à la voix dlt demiel' signe, signifie qu'ils au- raient la foi à ce qui a été annoncé d'avance d'après la Parole, qu'ils deviendraient profanateurs du vrai: et il arrivera, s'ils ne croient pas même cl ces deux signes, signifie s'ils n'avaient absolu- ment aucune foi que de telles choses dussent arriver: et n'écoutent point ta voix, signifie et s'ils n'obéissent en rien: tu p,'elulm,ç des eaux du fleuve, signifie les faux scientifiques: et tu (les) l'épandras sur le sec, signifie l'immission dans le naturel: et elles seront tes eaux que tu aums prises, signifie le renvel'sement de J'élat: et elles w'ont elt sang .ml' le sec, signifie la falsilication cie tout vl'ai, et par suite la privation clu vrai dans le naturel.
  • 193. ,188 ARCANES Cl~LESTES. 6970. Et il arrivera, s'ils ne te croient point, signifie s'ils n'ont point la foi: on le voit pal' la significalion de croire, en ce que c'est avoir la foi, comme ci-dessus n° 6916, ici avoir la foi ne signifie pas la foi d'après les signes, qu'ils seraient délivrés de l'Égypte, car cette foi concel'lle les choses mondaines, mais cela signifie la foi que s'ils ne demeuraient pas dans les vrais, ils deviendraient en­ tièrement sensuels et corporels, et enfin profanateurs du vrai; en effet, ce sont là les choses que les deux signes signifient; le sens interne traite, non pas de choses mondaines, comme le sens ex­ terne historique, mais de choses spirituelles; la foi dans les mon­ daines diffère entièrement de la foi dans les spirituelles; pâr exem­ pie: croire que ceux qui pal'lent agiront comme ils parlent; qu'un homme est veridique ou ne l'est point; qu'on doit agir de telle manière, et non autrement, pour qu'une chose l'éussisse; que des paroles ou des écrits sont dignes de foi ou ne le sont pas, et une infi­ nité d'autres choses semblables, voilà ee qui appartient à la fois dans les choses mondaines, comme aussi iei que les fils d'Israël seraient délivres de la servitude en Égypte. Mais croire qu'il y a un Ciel, qu'il y a un enfer; qu'on vivra après la mort, les bons dans la féli· cité pour l'éternité, les méchants dans l'infélicité; que la vie de chacun lui l'este; que la foi ct la charité font la vie spil'ituelle, et que c'est là la vie qui est chez les Anges dans le Ciel; que le Sei­ gneur a tout pouvoir dans les cieux et SLU' les terres, comme il le dit Lui-Mème, - Matth. XXVlII, '18; - que c:est pal' Lui que nous vivons; que la Parole est la doctl'ine des vérités célestes et Divines, et autres choses semblables; voilà ce qui appartient à la foi dans les choses spirituelles, et ce qui est signifié ici par croire. 697·1. Et n'écoutent point la voix dn premier signe, siglli(ie s'ils n'obéissent point à cc qui Œ été annoncé Il' apI'ès la Pamle, qu'au lieu d'être !tomme spirituel ct rationnel ils deviendraient non-spirituels ct non-rationnels: on le voit par la signification d'écolLtcr, en cc que c'est obéir, N0s 21W2, 3869, 50n; parlasignilication de la voix, en ce que c'est ce qui a été annoncé d'après la Parole, ainsi qu'il va été expliqué; et pal' la signification du prcmiel' signe, en cc que c'est qu'au lieu d'ètre homme spiriluel et rationnel ils deviendraient non-spirituels et nou-rationnels; qu'il en soit ainsi, cela est évident par la signilication du scrpcnt dans lequel fut changé le bâton jeté
  • 194. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. 189 à terre par Moscheh, ce qui est ici le premier signe, en ce qu'il est l'homme sensuel et corporel, No 6949, ai nsi non-spirituel et non­ rationnel; car l'homme qui est sensuel et corporel n'est pas )'ation­ nel, ainsi il n'est pas non plus spirituel, parce qu'il pense les faux et veut les maux; celui qui fait cela n'est pas rationnel, ni à plm; forte raison spirituel; car la reconnaissance et la foi du vrai, et la vic du bien, sont le spirituel même dans le rationnel, puisqu'elles procèdent du Divin; mais la reconnaissance et la foi du faux, et la vie du mal, sont le contraire: Que tels soient les hommes entière­ ment sensuels et corporels, on le voit N°s 68U., 684t>, 69~8, 6949, Ceux-là deviennent entièrenient hommes sensuels et corpoi'els, qui ont d'ahord connu les choses appartenant au monde spirituel, et ensuite les ont rejetées, et se sont imbus des principes du faux contre les vrais, et qui, quant à la vie, n'ont considéré que les choses mondaines, corporelles et terrestres, et par suite ont cm que la vie devait être rendue agréable par toute espèce de volupté, di­ sant: « Qu'est-ce que l'homme a de plus quand il vit? quand nous sommes morts, nous sommes morts: qu'il y ait une vie après la mort! qui en est revenu et en a fait le récit 't nous ignorons ce quI. doit vivre quand la vie sort de l'homme." Si quelqu'un par des )'aisonnements.les porte à quelque pensée sur la vie éternelle, ils pensent qu'il ne leur arrivera pas pire qu'aux autres, et aussitôt ils retombent dans l'état de la vie précédente: chez de tels hommes est fermé le passage pOUl' la lumière du Ciel et pour son influx, et la lumière du Cid dans leur naturel devient comme une obscurité, tandis que la lumière du monde y devient une splendeur, N° 6907, et celle splendeur est d'autant plus b,'iI!ante que la lumière du Ciel est plus obscurcie; de là vient que de tels hommes ne voient ault'e chose, sinon que les maux de leur vie sont des biens, et que les faux sont des nais; c'est donc ainsi que l'homme devient sensuel et corro)'el: en un mot, quand l'entrée pOUl' l'influx de la lumière du Ciel il été une fois ouverte, et qu'ensuite elle est fermée, l'homme est forcé de regarder en bas et non en !Jallt; et cela, d'après l'ord,'e Divin, afin que les vrais qu'il a une fois reconnus et qui restent dans son homme intérieur, ne soient point souillés pal' les faux, et ainsi profanés. II en est de même des nations qui se rr.til'ent de leul' religiosité, mais leur SOl't est meilleul' que le sort de ceux qui
  • 195. 490 ARCANES CÉLESTES. sont dans l'Église, car elles n'ont pas les vrais d'après la Parole, par conséquent les vrais réels, elles n'ont que des vrais.conjoints à une foule d'illusions, et qui ne peuvent pas être ainsi profanés, Quant à la signification de la Voix, en ce 'que c'est cc qui a été annoncé d'après la Parole, il faut qu'on sache que la voix est très-souvent nommée, et même adjointe à des choses qui n'appartiennent pas à la voix, comme ici en ce qu'elle est adjointe au signe: « S'ils » n'écOlttent]JOint la voix du premier signe, ils croiront à la voix du » demiel' signe; » et aussi ailleurs, comme dans Nahum: « La voix » dIt fouetet la voix du bruit de roue. Il - Ill. 2: et dans David; « Les fleuves ont élevé leur voix, plus que lcs voix dcs grosses eaux » magniliques. » - Ps. XCIII, 3, L - Que la voix signifie une annonce, et dans le sens bon une annonce d'après la Parole, et qu'alors la voix soit appelée voix de Jéhovah, on le voit dans David; « La Voix de Jéhovah dans la puissance; la Voix de Jéhovah dans » la gloire; la Voix de Jéhovah brisant les cèdI'Cs; la Voix dc Jé­ » hovah lançant des flammes de fen; la Voix de Jéhovah fait trem­ » bler le désert; la Voix de Jéhovah fait mettre bas les biches, et Il découvre les forêts, Il - Ps, XXIX, 3, 4, 5,7,8,9: - et ailleurs dans le Même: « A celui qui est à cheval sUl' le Ciel du Ciel de l'an­ » tiquité; voici, il donncl'a de sa voix, la voix de la force, » ­ Ps. LXVIII. 34, -ici la Voix, c'est le Divin Vrai, ainsi la Parole, et l'annonce d'après la Parole: voil' ce que signifie en outre la voix, N° 219, et que la voix se dit du vrai, N0 356~, 6972, Et ils croil'ont à la voix du del'niel' ,~iyne, sigllifie qu'ils auraient la foi à ce qui est annoncé d'avance d'apl'ès la Parole, qu'ils deviendmient pl'OfanatcU/'s du vmi: on le voit par la signification de croire, en ce que c'est avoir la foi, No 6970; par la signification de la voix, en ce que c'est ce qui a été anoncé, No 697,1, par consé­ quent aussi ce qui a été annoncé d'avance; et par la signification de la lèpre, qui est ici le dernier signe, en ce qu'elle est la profana­ tion du vrai, No 6963; ce que c'est que la profanation, on le voit N0 6959, et dans les passages qui y sont cités. 6973. Et il arrivera, s'ils ne croient pas même à ces deux signes, signifie s'ils n'avaient absolument aucune foi que de telles choscs dus­ sent arrive l' : OIlle voit par la signification de croire, en ce que c'est avoir la foi, savoir, dans le sens spirituel, No 6970; et parla signifi­
  • 196. EXODE, CHAP. QUATlUj~ME. 19,1 cation des deux signes, en ce que c'est qu'ils deviendraient sensuels et corporels, et ensuite profanateurs dn vrai, ce qui est signifié pal' le serpent dans lequel a été changé le bâton jeté à terre par Moscheh, N° 697 i ; et par la main devenue lépreuse après avoir été mise dans le sein, N° 6963; ainsi ne point croire ft ces deux signes, c'est n'avoir absolument aucune foi que de telles choses doivent arriver. 69H. Et n'écoutent point La voix, signifie et s'ils n'obéissent en ,"Îen : on le voit par la signification ([écouter, en ce que c'est l'o­ béissance, N°s 254-2, 3869,5017; par la signification de la voix, en ce qu'elle est ce qui a été annoncé et annoncé d'avance, N°s 697,1, 6972; et par la représentation de Moscheh, dont ils de­ vaient écouter la voix, en ce qu'il est le Seigneur qnant à la Loi Divine, c'est-à·dire quant au Divin Vrai, ainsi quant à la Parole, cal' là est le Divin Vrai: d'après cela il est évident que s'ils n'écou­ 'tent point ta voix, signifie et s'ils n'obéissent en rien. Ici, et précé­ demment dans les Versets 1 et 8, il est dit: s'ils ne croient point et s'ils n'écoutent point, et cependant ces deux choses pal'aissent sembables, cal' celui qui ne croit pas n'écoute pas non plus; mais elles sont distinctes, car croire, qui signifie la foi, se dit du vrai qui appartient à la foi, et ainsi se rapporte à l'intellectuel; mais écou­ ter, qui signifie obéir, se dit du bien qui appartient à la charité, et ainsi se rapporte au volontaire; cal' dans la Parole, surtout dans la Parole PropMtique, le Vrai est exprimé pal' ses mots, et le bien par les siens, il cause du madage céleste dans chaque chose de la Parole, mariage qui est celui du bien et du vrai, voir N°s 683,793, 801, 2,173, 25'16, 27-12, 4-138 f. 6343, 6975. Tu pl'endras des eaux du fleuve, signifie les {aux scienti­ fiques : cela est évident par la signification des eaux du fleuve, savoir, de l'Égypte, ou du Nil, en ce qu'elles sont les faux scienti­ fiques; que les eaux soient les vrais, on le voit Nos 2702, 342.1" 4-976, et dans le sens opposé les faux, No 790; et le fleuve d'Égypte le scientifique faux l"0 6693. 6976, Et tu Les répandras sur le sec, signifie L'immission dans le naturel: on le voit par la signification de répandl'e, en ce que c'est mettre dans; et par la signification du sec, en ce que c'est le natu­ rel; un lieu sec est appelé l'al'ide ou le sec, et la terre est aussi appelée ainsi, et la terre d'Égypte signifie le mental nalmel qui est
  • 197. -19'.2 ARCANES CÉLESTES. ùans le faux, ainsi le nalurel, N0s 5276, 5278, 5280, 5288, 530-1; à plus forte raison le sec le sign ifie-t-il. 6977. Et elles seront les ea,ux que tu auras 7J1'ises, signifie le ren­ versement de l'état :·On le voit d'après les paroles qui suivent, car il est dit qu'elles seront en sang sur le sec, ce qui signifie la falsifica­ tion de tout vrai et la privation du vrai dans le naturel; lorsque cela arrive, l'état est entièrement renversé; de là vient que ces paroles, parce qu'elles en sont l'enveloppe, sont dites aussi signi­ fier le renversement de l'état. JI ya aussi un tolal renversement cl'état dans le naturel, quand il n'y a rien que les faux qui s'en sont emparés; cela arrive rarement chez l'homme, tant qu'il vit dans le monde, mais il en est ainsi dans l'autl'C vie pom tous ceux qui sont jetés dans l'enfer: si cela arrive rarement à l'homme lant qu'il vit dans le monde, c'est parce qu'alors il est continuellement tenu dans un étaL oit il peut être réformé, pourvu qu'il renonce librement aux maux; mais après la mort sa vie le suit, et il demeure dans l'état qu'il s'est acquis pendant tout le cours de sa vie dans le monde; alors celui qui est dans le mal ne peut plus être réformé; et afin qu'il n'ait point de communication avec quelque société du Ciel, tout bien ct tout vrai lui sont enlevés, d'où il résulte qu'il reste dans le mal ct dans le faux, qui s'y accroissent selon la faculté, qu'il s'est acquise dans le monde, de les recevoir, mais néanmoins il ne lui est pas permis d'aller au delà des limites acquises; c'est ce renverse­ ment d'état qui est entendu ici; ce renversement est tel, qu'il ne peut plus être corrigé quant aux intérieurs, mais lIrest seulement quant aux extériems, savoir, par les craintes des peines; lorsqu'il les a subies souvent, il s'abstient enfin du mal, non librement mais forcément, la cupidité de faire le malrestan t toujours; cette cupidité est réfrénée, comme il a été dit, pal' les. craintes qui sont les moyens externes de correction, et qui contraignent: c'est là l'état des méchants dans l'autre vie. 6978. Et elles seront en sang sur le sec, signifie la falsification de tout VI'CLi, et par suite la pl'ivation du vrai dans le natw'el : On le voit pal' la signification du sang, en ce qu'il est le saint vrai procé­ dant du Seigneur, et dans le sens opposé le vrai falsifié et profané, No 4.735 : il viènt d'être dit dans ce qui précède comment cela a lieu; et par la signilication du sec en ce que c'est le naturel,
  • 198. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. ,Iga N° 697C,. Que le Sang signifie la falsification du vrai et sa profana­ tion, on le voit surtout dans Nahum: « Malheur àla ViLLe de Sangs, )l toute pleine de mensonge, de rapine; le pillage n'y cesse point. )l 1a voix de fouet, el la voix du bruit de roue, et le cheval hen­ )) nissant, et le char ressaulant :le cavalier qui fait monter, et l'éclat )) d'épée, ct l'éclair de lance, ct la multitude de transpercés; et le )) monceau de cadavres, point de fin de corps (morts), ils heurtent )) contre leur corps. A cause de la multitude des débauches de la )l débauchée, par l'appât de la beauté de la maitI'esse en prestiges, » qui vend les natiOns par ses scortalions, et les familles par ses » prestiges. » -Ill. '1, 2, 3, 4 j - que la ville de Sangs signifie la doctrine du faux, et qu'ainsi le sang signifie le vrai falsifié et profané, on le voit clairement d'après toutes les paroles de la des­ criptionde cette doctrine dans le sens interne, non-seulement dans les Versels qui ont été rapportés, mais aussi dans les suivanls, car la description est continuée dans tout le Chapitre; en effet, la ville est la doctl ine ; toute pleine de mensonge et de rapine, c'est pleine de faux et de maux provenant du faux; la voix de fouet et la voix du bruit de roue, c'est la défense du faux provenant des illusions; le cheval hennissant et le char ressautant, c'est ce qui provient de l'intellectuel perverti et d'un doctrinal semblable; le cavalier qui fait monter, l'éclat d'épée, l'éclair de lance, c'est le combat contre le vrai; la multitude de transpercés, ce sont les faux innombrables qui en résultent, et ceux qui sont dans les faux: le monceau de ca· davres, et point de fin de corps (morls), ce sont les maux innombra· bles qui en résultent, et ceux qui sont dans les maux; les débauches de la débauchée sont les falsifications elles-mêmes, et les prestiges pareillement. 6979. Vers. 10, 11 , 12. Et Mosch.ch dit à Jéhovah: Pm' moi, Seigneur, Ge ne suis) point homme de paroles, moi, ni (l'hiel', ni d'avant-h.ier, ni de maintenant que Tu parles, Toi, à ton serviteur, car lourd de bouche, et lourd de langue, (je suis),moi. Et Jéhovah lui dit: Qui d01lne une bouche à L'homme? ou qui rend muet ou sourd, ou voyant, ou aveugle? JV'est·ce pas Moi, Jéhovah? Et maintenant va : et il/ai je serai avec ta bouche, et je t'enseignerai ce que tu pl·ononceras. - Et Moscheh dit à Jéhovah, signifie la per­ ception d'après le Divin: par moi, Seignell1", signifie le certain: (je XI. 13
  • 199. 1ÇJ4 ARCANES CELESTES. nc sllis) poillt homme de paroles, moi, signifie qu'il n'a point de langap;e: ni d' hier, ni d'avant-hier, signil1e ni d'éternité (ab alterno): ni de maintenant que tu parles, toi, à ton serviteur, signifie ainsi ni dans J'éternité (in alternum), le Divin inllnant dans l'Humain: CUl' low'd rte houche et lourd de langue (je suis)' moi, signifie que la voix et le langage provenant du Divin ne sont ni entendus ni perçus: et Jéhovah liti dit : signil1e l'influx Divin: Qui donne une bouche à l' homme, signifie l'énonciation : ou qui rend muet, signifie la non-<'.nonciation : Olt sourd, signifie la non-perception, et par suite la non-obéissance: ou voyant ou aveugle, signitie la foi par les connaissances et la non-foi par les non-connaissances: n'est-cepas Moi, Jéhovah? signifie qne ces choses viennent de J'inllux de la vie d'après le Divin: et maintenant va, signific la vic d'après le D'ivin : et Moi je serai avec Ut bouche, et,je t'enseignemi ce que tlL 7J7'ononcelas, signifie le Divin dans toutes les choses en général et en particulier qui procèdent du Divin Humain. 6980. Et lIfoscheh dit à JéllOvah, signifie Laperception d'après le Divin: on le voit par la signification de dire dans les HistOl'iques de la Parole, en ce que c'est percevoir, ainsi qu'il a été souvent mon­ 11'é; par la représentation de l11oscheh, en ce qu'il est le SeigneUl' quant à la Divine Loi dans l'Humain, quand il était dans le monde, N0s 6723, 6752,677'1, 6827; le Divin a Quo (de qui tout procède) est signifié ]lar Jéhrrvah; de là il est évident que J'rIosc(lCh dit à Jého­ vah, signifie que le SeigncUl' d'après son Divin avait la perception dans l'Humain. 698-1. Par moi, Seigneur, signifie le certain: on le voit en ce que pal' moi est une formule d'affirmation qu'une chose est ainsi, pal' eonséquent que cela est certain. 6982. Je ne suis point homme de paroles, moi, signifie qu'il n'a point de langage: on le voit par la signification d'hommes de pa­ roles, en ce que c'est qu'il n'a pas la faculté de parler, par consé­ quent qu'il n'a ])oint de langage. Il faut dire comment cela doit être entendu: Dans le sens suprême il s'agit ici du Seigneur, cal' ~Ioscheh représente le Seigneur (IUant'1a.. . à Loi Divine, ainsi quant au Vrai Divin; le Vrai qui procède inm;édiatement du Divin ne peut être entendu par personne, pas même par aucun Ange; cal' pour que le Divin soit entendu, il faut d'abord qu'il devienne hu­
  • 200. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. ~ 95 main, et il devient humain quand il traverse les Cieux, et quand il a traversé les Cieux il se présente dans une forme humaine, et il devient langage; ce langage est énoncé pal' des esprits, qui, lors­ qu'ils sont dans cet état, sont appelés le Saint-Esprit, et cet esprit est dit procéder du Divin, parce que le Saint de l'esprit ou le Saint vrai que cet esprit prononce alors procède du SeigneW' : d'après cela on peut voir que le Vrai, qui procède immédiatement du Divin ne peut èlre présenté à quelqu'un comme discours ou langage, que par le Saint-Esprit: cela est entendu dans le sens suprême en ce que l'Iosche1l, qui représente le Seigneur quant au Vrai Divin, dit qu'il n'est point homme de Paroles, et en ce qu'A1Iaron son frèl'C lui fut adjoint, afin qu'il lui fùt pour bouche, ct que lui Moscheh fût pour Dieu à Aharon. 6983. Ni d'hie", nid'avant-hier, signifie ni d'éternité (ab œterno), c'est-à-dire qu'il n'a point eu de langage: on le voit par la signifi­ cation d'hier et d'avant-hier en ce que c'est d'éternité; si d'hier et d'avant-hie,', c'est d'éternité, c'est parce que cette expression si­ gnifie un temps, et proprement le temps passé, et que le temps, lorsqu'il se dit du Seigneur ou du Divin, signifie non pas le temps, mais l'éternité: Il ya deux choses qui sont les propres de la na­ ture, et qui n'existent point dans le Ciel, ni à plus forte raison dans le Divin, c'est l'espace et le temps; on peut voir qu'ils n'existent point dans le Ciel, mais qu'ils sont remplacés par des états, que l'espace est l'étal quant à l'être, et le temps l'état quant à l'exister, N°s 2625, 3938; que les espaces et les temps sont des états dans le Ciel, N°s 1274, 1382, 2625, 2788,~837, 3254, 3356, 3387, 34.04., 3827, 4321, 4.8H, 4882, 4.901, f.9'16, 5605, 611 0; or, dans le Di­ vin; qui est au-dessus des Cieux, il n'y a, à plus forte raison, ni espace ni temps, il n'y a pas même des états, mais au lieu de l'es­ pace il y a l'infini, et au lieu du temps il y a l'éternel; c'est à l'infin~ et à l'élernel que correspondent les espaces et les temps qui sont dans le monde, et les états quan t à l'être et quan t à l'exister, qui sont dans les Cieux. Que dans la Parole hier et avant-hier signi­ fient non hier ni avant-hier, mais en général le temps passé, on le voit par les passages où ils sont nommés, comme dans Josué: « Les " eaux du Jourdain retournèrent dans leur lieu, et allèrent comme Il hie,' et avant-hier sur toutes leurs rives. ,,- IV. 18. - Dans le
  • 201. ·196 AHCANES CÉLESTES. livl'e 1 de Samuel: « Il arriva que quiconque avait. connu Schaül avant·hie1', quand ils virent que, voici, il prophétisait avec » d'hier et » les prophètes. » - X. "·t. - Dans le Livre JI de Samuel; « Les )lTribus d'Israël disaient à David; Tant hier qu'avant·hie1', quand » Schaül était roi sur nous, toi tu menais ct ramenais IsraëL )l­ V. 2; - dans ces passages et ailleurs, hier et avant-hier, c'est au­ paravant ou le temps passé. Maintenant, comme hier et avant-hier signifient le temps passé, et que dans le sens suprême il s'agit du Seigneur qui, quant à Loi Divine ou qnant au Divin Vrai, est repré· senté par' l1oscheh, il est bien évident que ({' hier et d'avant-hier signifie d'éternité. L'éternité, qui est signifiée pal' hier, est. expri­ mée ainsi dans David ; « llille ans il tes ycux (sont) comllle le jour )lcl'hier, quand il est passé. » -Ps. XC. IL 6984. Ni de maintenant que Tu parles, Toi, à ton serviteur, si­ gnifie ainsi ni dans l'éternité (in œte1'1lum), le Divin influant dans l' Humain: on le voit pal' la signification de maintenant ou d'au· jourd'hui, en ce que c'est l'éternité N°s 2838, 3998, 4304., 6165, ainsi dans l'éternité, parce quecctte expression renferme le temps suivant; par la signification de parler, en ce que c'est l'influx, N°s 291);1 , 5q.81, 5743, 5797; que ce soit l'influx pro'enant du Di­ vin, cela est signifié par ces paroles, Toi, c'est-à-dire Jéhovah, tu parles; et par la signification du serviteul', en cc que c'est l'Hu­ main du SeigncUl', quand il n'avait pas encore été fait Divin, No 2159, mais quand l'Humain eut été fait divin, comme il était un avec Jéhovah, il fut le Seigneur. 6985. Carlourclde bouche et lourd de langue je suis, moi, signifie qne la voix et le langage prov.enant du Divin ne sont ni entendus, ni perçus: on le voit pal' la signification de la bouche, en ce qu'clle est la voix; ct pal' la signification de la langue, en cc qu'elle est le lan­ gage; la bouche signifie la voix, parce qu'elle est l'organe de la voix, et la langue signifie le langage, parce qu'elle est l'organe du langage; chacun voit clairement quelle différence il y a entre la voix et le langage, et anssi qu'être entendu se dit de la voix, et qu'être perçu se dit du langage. Cela, dans le sens historique de la lettre, ne peut pas être exprimé autrement que pal' lourd de bouche· et lourd de langue, lorsqu'il s'agit de Moscheh qui était homme, et qui pouvait pal'ler mais avec diflculté ; quand cela passe dans le
  • 202. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. ·197 sens interne, les Anges le perçoivent conformément au sujet, et quand cela se dit du Divin, il est perçu que ce n'est point immédia­ tement que la voix qui en provient peut être entendue, et-que le langage peut être perçu, mais que c'est médiatement par le moyen des esprits, selon ce qu'il a été dit ci-desslls No 6982. 6986. Et Jéhovah lui dit, signifie l'influx Divin: on le voit par la signification de il dit, en ce que c'est l'inOux, Nos 5743,5797,6152, 6291; que ce soit l'iuflux. procédant du Divin, c'est parce que c'est Jéhovah qui a clit. 6987. Qui donne une bouche à l' homme, signifie l'énonciation: on le voit par la signification cie la bouche, en ce que c'est la voix N° 6985 ; et parce que c'est la voix, c'est l'énonciation. Cc n'est que d'après la correspondance, qu'on peut savoir ce que signifie spécialement la bouche: la bouche avec les lèvres correspond au langage intérieur qui appartient à la pensée; la pensée de l'homme est active et passive; la pensée active est chez l'homme quand il parle, et elle peut être :appelée pensée parlante; la pensée passive est celle qui est chez l'homme quând il ne parle pas; quiconque 'éfléchit peut voir quelle différence ily a entre l'une ct l'autre: la bouche de l'homme signifie la pensée active ou parlante, ainsi l'é­ nonciation. Quant à ce qui concerne la pensée active qui est signi­ fiée par la bouche, il faut qu'on sache que celte pensée est parlante aussi à sa manière, ct que par l'activité de son langage elle excite les organes du corps qui y sont correspondants; il semble que les mots du langage sont dans la pensée, mais c'est une illusion, c'est seulement le sens du langage qui est là, et l'homme peut à peine savoir quel il est, car c'est le langage de son esprit, langage qui est le langage universel, tel qu'est le langage des esprits dans Kautre vie; quand ce langage influe dans les organes correspondants du corps, il présente le langage des mots qui diffère beaucoup de la pensée qui le produit; qu'il en diffèrc hp,aucoup, c'est ce qu'on voit clairement en ce que l'homme peut penser en uno minute, ce qu'il ne peut prononcel' ou écrire que dans uu long espace de temps; il en serait autrement si cette pensée appartenait aux mots, comme y appartient le langage de la bouche: c'est d'après la correspon­ dance du langage de la pensée et du langage de la bouche, que l'homme, lorsqu'après la mort il vient parmi les esprits, sait parler
  • 203. 198 ARCANES CÉLESTES. la langue universelle, ainsi parle avec les esprits, de quelque langue qu'ils aient été dans le monde, et qu'alors il sait à peine autre chose, sinon qu'il y parle comme dans le monde; lorsque cependant les mots de leur langage ne sont pas des mots tels que ceux de l'homme dans le corps, mais ce sont des idées qui ont appartenu à sa pensée, et dans chacune desquelles il y en a un très-gl'and nom­ bre; c'est pour cela que les esprits peuvent dire en un moment ce que l'homme peut à peine énoncer en une demi-Ileure,. et toutefois il y'a dans une même idée un très-grand nombre de choses qui ne peuvent jamais être exprimées plU' le langage corporel. Mais toutefois les Anges qui sont dans le Ciel parlent autrement que les esprits; les anges qui sont dans le Ciel ont un langage d':Jprès les idées intel­ lectuelles qui sont appelées par les Philosophes idées immatérielles, tandis que les esprits ont un langage d'après les idées de l'imagina­ tion, qui sont appelées idées matérielles; de là dans une seule idée de la pensée des anges. il y a un très-grand nombre de choses que les espl'its ne peuvent pas énoncer par plusieurs séries de leurs idées, outre un grand nombre qu'ils ne peuvent jamais exprimer: mais quand j'esprit devient ange, il est dans le langage angélique, de même que l'homme, d'après une cause semblable, est dans le langage des esprits quand après la mort il devient esprit. D'après cela on peut voir ce que c'est que la pensée active, c'est-à·dire que c'est le langage de l'esprit de l'homme. 6988. Ou qui rend muet; signifie la non-énonciation: on le voit par la signification de muet, en ce que c'est la non·énonciation; car c'est l'opposé de la bouche, qui signifie l'énonciation, N0 6987. Ici par l'Énonciation, ce n'est pas l'énonciation du mot ou du lan­ gage, qui est entendue, car cette énonciation est naturelle; mais par l'énonciation, c'est la confession du Seigneur et la profession de la foi en Lui, qui sont entendues, cal' cette énonciation est spi­ rituelle; de là on voit. clairement ce qui est signifié dans le sens interne par le muet; c'est-à-dire que ce sont ceux qui ne peuvent. pas confesser le Seigneur, ni professer la foi en Lui, à cause de leur ignorance, c'est dans cet état que sont les nations hors de l'Eglise, et aussi les simples au dedans de l'Église; que de tels hommes soient signifiés par le muet, cela est évident dans Ésaïe: " Alors le boiteux sautera comme un cerf) et la langue du Muet
  • 204. EXODE, ClUP. QlJATRIÈME. 199 » chantera; car des caux jailliront dans le désert et des torrents J) dans la plaine du désert. » - XXXV. 5, 6; - la langue du muet chantera, c'est-à-dire que ceux-là confesseront le Seigneur et les choses qui appartiennent à la foi en Lui; des eaux jailliront dans le désert et des torrents dans la plaine du désert, c'est-à-dire que les connaissances du vrai ct du bien seront en enx; le désert est l'état de non-connaissances de la foi à cause de l'ignorance: les Muets guéris par le Seigneur signifient aussi les nations qui, par sou avénement dans le monde ont été délivrées des faux et des maux qui en résultent; par exemple le muet dans Matlltieu: « Voici, on Lui amena un homme muet, possédé d'un d(~mon; ct » le démon ayant été chassé, le muet paricL » -IX. 32, 3:3; et nn autre Muet dans le Même: « On amena à Jesus un démoniaque, » aveugle et Muet; et il le guérit, de sorte que l'aveugle ct IIWCt » non-seulement parlait, mais voyait. " - Xll. 22; - pareillement un muet possédé aussi d'un démon, dans iIlarc, chap. IX. ,17 à 30. Ufant qu'on sache que les miracles faits par le Seignenr signifient tous l'état de l'Église ct du genre humain sauvé par son avénement dans le monde, c'est-à-dire que ceux qui ont reçu la foi de la clla­ rité ont alors été délivrés de l'enfer; c'est là cc que renferment les miracles du Seigneur: en général tous les miracles, dont il est parI (l, dans l' Ancien-Testament, signifientl'état de l'Église et du Royaume du Seigneur; en cela les MiraclesDivins sont distingués des Miracles diaboliquesoll magiques, f[lloiqueceux-ci paraissent semblables dans la fOt'me externe, comme les miracles des mages en Égypte. 6989. Ou sourd, signifie la non-perception du vrai, et pal' suite la non-obéissance: on le voit par la signi fication du sourd, en ce que ce sont ccux qui ne perçoivent point ce que c'est que le vrai, et qui par suite n'obéissent point, ainsi abstractivement c'est la non-perception du vrai et par suite la non-obéissance; si le sourd signifie ces choses, c'est parce qne l'ouïe correspond et il la percep­ tion et à l'obéissance; il la perception, l)arce quc les choses qui sont entenducs sont pen;ues en dcdans, ct il l'obéissance, parcc que 1'011 connaît par là ce qu'on doit fairc; qne cc soit là la correspondance de l'onïc, et aussi de l'oreille, 011 le voit N0s 3869, 4652 il 4660, :'017; ce qui est signifié pai' lcs sourds devient donc évident. Dars la Parole, par les sourds sont aussi signifiés les gentils qui ne Con­
  • 205. 200 !RCA.NES CÉLESTES. naissent point ks vrais de la foi, parce qu'ils n'ont pas la Parole et ne peuvent p:lS par conséquent vivre selon ces vrais, mais qui ce­ pendant,' dès qu'ils en sont instruits, les reçoivent et y conforment leur vie; ceux-là sont entendus dans Ésaïe: « Alors seront ouverts )) les yeux des aveugles, et les oreilles des sourds seront ouvertes. » - XXXV. 5. - Dans le Mème: (c Sourds, écoutez; et (vous) aveu­ )) gles, regardez ell voyant. » - XLlI.18, '19,20. - Dans le Même: « En ce jour-là les sou1'Cls r:ntendront les pm'oles dulivl'e, et (délivrés) » de l'obscurité et des ténèbrcs les yeux des aveugles verront. » ­ XXIX. 18. - Dans le Même: « Fais sortir le peuple aveugle qui a )) des ycux, ct les sOlwds qui ont des oreilles. » - XLIII. 8, 9; - là, par les SOUl'ds sont cntendus ceux qui pal' l'avénernent du Seigneur devaient venir dans l'état de recevoir les vrais de la foi, c'est-à-dirc de les percevoir et d'y obéir. Les mêmes sont signifiés par les sourds que le Seigncur a guéris, - l'Iarc. VII. 31 à 37. IX. 25. - Parce que les sourds signifiaient de tels hommes, il fut défendu il ceux, chez qui l'Église représentative fut instituée, « de maudire le sow'd, )) et de mettre devant l'aveugle quelque chose qui pût le faire tom­ )) ber.» -Lévit. XIX.B. 6990. Ou voyant ou aveugle, signifie la roi pm'les connaissances, et 1a non-roi par les non-connaissances: cela est évident pal' la signi­ fication de voir, en ce que c'est comprendre et avoir la foi, N°s 897, 2325, 2807, 3863,3869, U03 il .-1..4,21, ainsi la foi d'après les con­ naissances, car dans la Langue originale il y a un mot qui signifie ouvert, savoÏl', quant aux yeux, ainsi voyant d'apl'ès les connais­ sances, car les connaissances ouvrent; et pal' la signification d'a­ veugle, en ce que c'est la non-foi il cause des non-connaissances, parce que l'aveugle est non-voyant. Que les aveugles dans la Parole signifient aussi les gentils qui sont dans l'ignorance du vrai appar­ tenant il la foi, parce qu'ils vivent hors de l'Église, mais qui, (~tant instruits, reçoivent la foi, on le voit N° 2383; les mêmes sont signi­ fiés aussi pat' les Aveugles que le Seigneul' a guét'is, Matth. IX. '1.7 à 3,1. Xli, 22. XX. 29 à ,H. XXI. '1 L Mat'c. VIll. 22 à 26. X. .-1.6 il 53. Luc, XVlll. il5 il 43. Jean, IX. 1 il H. 6991, N' eslpas Moi, Jéhovah, signifie qlle ces choses viennent de l'influx de la vie d'après le Divin: on peut le voit' en ce que ces choses qui sont signiliécs par le muet, pal' le sourd et par l'ayeugle,
  • 206. EXODE, CHAP. QUATRIÊ~IE. 20·r et aussi par la bouche et par le voyant, existent citez fhomme d'a­ près l'intlux de la vic procédant de Jéhovah ou du Seigneur, car c'est de là qu'existent tant les maux que les biens chez chacun; mais les maux par l'homme ct les biens par le Seigneur; si les maux existent par l'homme, c'est parce que la vie qui intlue du Seigneur, c'cst-il-dire le bien et le vrai, est changée par l'homme en mal et en faux, ainsi dans le contraire de la vie, ce qui est appelé la mort spirituelle; il en est de cela comme de la lumière qui provient du soleil; selon que cette lumière est reçue par les objets, telle devient par suite la couleur, dans certains objets vive et brillante, dans certains autres morte et sombre. Mais comme il semble que le Seigneur introduit aussi le mal, parce qu'il donne la vic, c'est pour cela que d'après l'apparence le mal est attribué dans la Parole à Jéhovah ou au Seigneur, comme on peut le voir par un grand nombre de passages; cie même aussi ici, comme c'est d'après l'in­ flux cie la vic provenant clu Divin qu'on est muet, sourd ou aveugle, il est clit que c'est Jéhovah qui rend tel: mais le sens interne expose et enseigne la chose telle qu'elle est en elle-même, et non telle. qu'elle paraît être. 6992. Et maintenant va, signifie la vic d'après le Divin: on le voit par la signification d'aller ou cie s'en aller, en ce que c'est la vie, Nos 3335,4882,5493,5605; c'est la vie d'après le Divin, parce que le Seigneur est représenté par iIoscheh. 6993. Et Moi je semi avec Ut bouche, ct je t'enseignerai cc que tu pl'ononcems, signifie le Divin dans toutes les choses en généml et en partlClLlier qui procèdent du Divin Humain: cela est évident par la signification d'être avec la bouche, quand cela est dit de Jé­ hovah, en cc que c'est être avec les cllOses qu'elle énonce; que la bouche signifie l'énonciation, on le voit ci·clessus N0s 6987, 6988; et comme cela est dit il Moscheh, par qui est représenté le Seigneur quant il la Loi Divine dans le Divin Humain, je semi avec ta bouche signifie le Divin dans les choses qui procèdent du Divin Humain; et par la signification de t'enseigner ce que tu prononcems, en ce que c'est procéder, car enseigner et prononcer, c'est influ0r, et quancl cela est dit du Divin du Seigneur, c'est procéder; en effet, du Divin Humain Même du Seigneur procède le Divin Vrai, qui est appelé le Saint-E:>IÎ'it; et comme le Seigneur, (!uand il était dans
  • 207. 20:2 ARCANES CÉLESTES. le monde, a été le Divin Vrai liême, il a Lui-Même enseigné les ehoses qui appartenaient à l'amour et il la foi, et non alors par le Saint-Esprit, comme il l'enseigne Lui-Même dans Jean : « 11 n'y avrtit » pas encore le Saint-Esprit, parce que Jésus n'avait pas encore été » glorifié. » - VIl. 39; - mais après que le Seigneur eut été fait Jéhovah, même quant à l'Humain, c'est-à-dire, Divin Bién, ce qui arriva après la résurrection, il ne fut plus alors le Divin Vrai, mais ce Vrai procéda du Divin Bien du Seigneur: que le Saint-Esprit soit le Divin Vrai qui procède du Divin Humain du Seigneur, et non quelque esprit ou quelques esprits de toute éternité, on le voit clai­ rement par les paroles du Seigneur dans le passage cité, en ce qu'il est dit qu'il n'y avait pas encore le Saint-Esprit; puis en ce que l'esprit lui-même ne peut pas procéder, mais c'est le saint de l'es­ prit, c'est-à-dire le saint qui procède du Seigneur, ct l'esprit pro­ nonce; voh' aussi N° 6788. Il suit donc de là que dans le Seigneur il y a tout le Trine parfait, savoir, le l~ère, le Fils et le Saint-Esprit, et qu'ainsi il y. a un seul Dieu, et non les Trois qui, distincts quant aux personnes, sont dits constituer un seul Divin. Si dans la Parole il a été dit le Père, le Fils ct lc Saint-Esprit, ce fut afin qu'on reconnût le Seigneur, ct aussi le Divin en Lui; en effet, l'llomme étaitdans (le telles ténèbres, - comme il y est encore aujourd'hui,­ qu'autrement il n'aurait reconnu aucun Divin dans l'Humain du Seigneur) car cela aurait été pour lui au-dessus de toute foi, paree que cela amait été absolument incompréhensible; et en outre la Vérité est qu'il y a un Trine, mais dans un seul, savoir, dans le SeigneUl'; ct il est aussi reconnu dans les l~glises Chrétiennes que le Trine habite en perfection dans le Seir;neur; le Seigneur a aussi cnseigné ouvertement qu'Il était Un avec le Père, - Jean XIV. 9, 10,1 'l, '12; eL que le saint que le Saint-Esprit prononce appartient non au Saint-Esprit, mais an Seigneur, dans Jean: « Le Paraclet, » l'Esprit de vérité, ne 7)(ll'lera point pal' soi-même) mais de tout ce » qu'il aura entendu il parlem; Lui Me glorifiera, parce qu'ill'ece­ » vra de ce qui est à Moi, et vous l'annoncera. » - XVI. ,13,,11·;­ que 18 Pal'aclet soit le Saint-Esprit, cela est dit dans Jean, XIV. 26. 6994. Vers. 13, H, 15, 16, ,17. Et il dit: Pannai) Seigneu1') envoie, je le prie) (quelqu'autre) que pal' nwin lu envoies. El la co­ lère de Jéhovah s'enpmwna conlre "Uoscheh; et il dit: lV'y ((-l-il
  • 208. EXODE, CHAP. QUATlUÈME. 203 pas Ahm'on ton (l'ère le Lévite? Je sais que parlant il pal'lera, lui; et même voici, il sort au-devant de toi, et il te verra, et il seréjo'uira dans son cœur. Et tu lui pm'lems, et tu mettras les paroles dans sa bouche, et lJloi je serai avec ta bouche et avec sa bouche, et je vous enseignerai ce que vous {erez. Et il padera, lui, pOUl' toi au peuple, et il se {era, que lui te sera PO/L1' bouche;' ct toi, tu lui seras POlt?" Dieu. Et t1t prenclras dans ta main ce bâton, par lequel tu {eras les signes. - Et il dit: Pal' moi, Seignew', signifie l'aflil'mation: ­ envoie, je te prie (quelqu'autre) que par main tu envoies, signifie ,que le Divin Vrai procédant du Divin Humain sera énoncé média­ ,tement: ct la colère de Jéhovah s'enflamma contre llfoscheh, signifie la clémence: et il dit: N'y a-t-il pas Aharon ton frère le LélJite, signifie la doctrine du bien ct du vrai: je sais qu'il parlera, lui, signifie la prédication: et même voici, il sort au-devant de toi, signifie la réception: et il te verra, signifie la perception; et il sc réjouira clans son cœur, signilie l'affection de l'amour: et tu lui par­ leras, signifie l'influx: ettn mettras les paroles dans sa bouche, signifie que ce qu'il énoncera procédera du Divin Humain: et Moije serai avec ta bouche, signifie que le Vrai Divin procédera du Divin lllême par le Divin Humain: et avec sa bouche, signifie ainsi avec les choses qui en proviennent: et je vous enseignerai ce qlle vous ferez, signifie ainsi le Divin dans toutes les choses en général et en particulier qui seront faites: et il parlera, lui, pour toi CtU peuple, signifie qu'il sera la doctrine pour l'Église spil'ituelle; et il se fera, que lui te sera pour bOlu:he, signifie le Vrai Divin qui procède aussi médiatement du Seignelll': et toi, tu lui seras pour Dieu, signifie le Divin Vrai qui procède immédiatement du Seigneur: et tu pren­ dras dans ta main ce bâton, signifie la puissance Divine en eux: par [eqneltu tel'as les signes, siguifie de là l'illustration ct la con­ tlrmation des vérités. 6995. Et il dit: Par moi, Seigneur, signifie l'affil'mation : on le voit en ce que par moi est une formule d'affirmation qu'une chose est ainsi, comme ci-dessus No 698,1. 6996. Envoie, je te prie, quelqu'autre que pm' main lU envoies, signifie que le Divin Vrai pl'Océdcmt du Divin Humain sera énoneé médiatement; on le voit pal' la représentation de Moscheh, qui dit ces paroles, en cc qu'il cst le Seigneur quant à la Parole, c'est-à­
  • 209. 20., A.HCA~ES CÉLESl1~S. dire, quant au Divin Vrai, No 6752; pal' la signification d'envoyer, quand il se dit du Seigneur, en ce que c'est procéder, N°s 2397, 4710 ; et par la signification d'envoyer pCU' main, en ce que c'est par un autre à qui est donnée la puissance, savoir, d'énoncer le Divin Vrai procédant du Divin Humain, et parce que c'est pal' un autre à qui la puissance a été,donnée, c'est médiatement. Il a été montré ci-dessus, N0s 6982, 69$5, que le Divin Vrai procédant immédiatement du Divin Humain du Seigneur ne peut être entendu ni perçu par aucun homme, ni même par aucun ange; afin donc qu'il soit entendu et perçu, il doit y avoir une médiation, et cette médiation se fait par le Ciel, et ensuite pal' les anges et pal' les esprits chez l'homme; on peut le savoir manifestement par cela que l'homme ne peut pas même entendre les esprits qui sont chez lui, qnand ils parlent entre eux, et s'il entendait, il ne pounait perceyoir, parce que le langage des esprits n'est point formé de mots hunlains, et est le langage universel de toutes les langues: et de plus, les esprits ne peuvent entendre les anges, et s'ils en­ tendaient ils ne pourraient perccYoir, car le langage angélique est encore plus uniyersel : bien plus, les Anges du Ciel intime peuvent encore moins être entendus et perçus, parce que leur langage n'est pas le langage des idées, mais c'est le langage des atl'ectionsqui appartiennent à l'amour céleste: puisque ces langages sont si éloi­ gnés de l'homme, qu'ils ne peuvent en aucune manière être enten­ dus ni perçus par lui, que sera-ce alors, pour parler ainsi, du lan­ gage Divin, qui est infiniment au-dessus des langages dans les cieux? Il est dit le langage Divin, mais c'est le Diyin Vrai procé­ dant du Divin Humain du SeigneUl', qu'il faut entendre: puisqu'il en est ainsi, on peut voir que le Divin Vrai procédant du Seigneur, pour qu'il soit entendu ct perçu, doit parvenir il l'homme par des médiations; la dernière médiation est faite pal' l'esprit qui est chez l'homme, ct qui infiue ou dans sa pensée ou de vive voix. Que le Divin Vrai pt'océctant immédiatement du SeigneUl' ne puisse être ni entendu ni perçu, cela est encore'évident d'après les Correspon­ dances et pal' suite d'après les représentatifs, sayoir, en cc que les choses que l'homme prononce sc présentent tout autrement chez les esprits, et que celles que les esprits prononcent se présentent tout autrement chez les Anges, comme on peut le voir par le seus spiri~
  • 210. EXODE CHAP. QUATRIÈME. l 201) tuel de la Parole et par son sens littéral, en ce que le sens littéral, qui a été mis il la portée de l'homme, est signillcatif et représen­ tatif des cboses qui sont dans le sens spirituel; puisque le sens spirituel n'est point perceptible pour l'homme, si cc n'est qu'autant qu'il peut être présenté et exposé PaI' des choses qui appartiennent au monde et il la nature, et que le sens angélique est encore moins perceptible, il. combien plus forte raison ne sera pas perceptible le Divin Vrai procédant immédiatement du Divin du Seigneur, vrai qui est infiniment au-dessus de J'entendement angélique, et qui n'est perceptible dans le Ciel, qu'autant qu'il passe par le Ciel et revêt ainsi une forme adéquate et convenable il la perception de ceux qui y sont; ce qui se fait par un influx admirable, et nulle­ ment compréhensible pOUl' qui qne ce soit? Ces détails ont été donnés, afin qu'on sache que le Divin Vrai procédant du Seigneur ne peut être entendu ni perçu pal' personne, si ce n'est par des médiations. 6997. Et lCl colèrc dc Jéhovah s'enflamma contrc Moulteh, signifie lCl clémencc : on le voit par la signification de la colèl'c de Jéhovah, en ce que c'est nou pas la colère, mais l'opposé de la co­ lère, ainsi la miséricorde, ici la clémence: qu'il n'y ait dans Jého­ vah aucune colère, on le voit en ce qu'il est J'Amour Même, le Bien iIême et la Miséricorde Mème; et la colère en est l'opposé, et est aussi une faiblesse qui ne peut tomber en Dieu; c'est pourquoi quand la colère dans la Pamle se dit de Jéhovah ou du SeigneUl', les Anges ne perçoivent point la colère, mais ils perçoivent ou la miséricorde, ou l'action d'éloigner du Ciel les méclJants; ici, la clémence, parce que la colère est dite au sujet de Moscheh, par qui est représenté le Seigneur lorsqu'il a été dans le monde quant au Divin Vrai. Si la colère est attribuée, dans la Parole, à Jéhovah ou au Seigneur, c'est parce que c'est un vrai très-commun, que loutes choses viennent de Dieu, ainsi tant les maux que les biens, mais ce vl'ai très-commun, qui doit être chez les petits enfants, les enfants et les simples, doit dans la suite être illustré, savoir, en ce que c'est de J'homme que viennent les maux. mais qu'ils paraissent comme venir de Dieu, et que cela a été dit ainsi, afin qu'on ap­ prenne à craindre Dieu, de peur qu'on ne périsse par les maux qu'on fait soi-même, et afin qu'ensuite on puisse L'aimer, Cal' la
  • 211. 206 ARCANES CÉLESTES. crainte doit précMcr l'amour pour que dans l'amolli' il y ait une sainte crainte; en effet, quand la crainte est insinuée dans l'amour, elle devient sainte par le saint de l'amour, et alors on ne craint pas que le Seigneur se mette en colère et punisse, mais on craint d'agir contre le Bien ~Iême, parce que cela tourmente la conscience. En outre, les Israëlites et les Juifs étaient contraints par les punitions à observer les statuts et les préceptes dans la forme extel'lle, et pal' suite ils croyaient que Jéhovah sc mettait en colère et punissait, lorsque cependant c'étaient eux.·mêmes qui par des idolâtries se mettaient dans cette position, et se séparaient du Ciel, de là les punilions, comme il est dit aussi dans Esaïe: « Ce sont vos iniquités n qui {ont séparation entl'e vous et votre Dieu, et vos péchés cachent n ses (aces de vous. » - LIX. 2; - et comme les Israëlites ct les Juifs étaient seulement dans les extel'lles sans l'interne, c'est pour cela qu'ils étaient tenus dans l'opinion que Jéhovah se mettait en colère et punissait; car ceux qui sont dans les extel'lles sans l'in­ terne font tout pal' crainte et ne font rien pal' amour. Maintenant on peut voir ce qui est entendu dans la Parole par la colère et l'em­ portement de Jéhovah, c'est-à-dire que ce sont les punitions; pal' exemple, dans Esaïe: " Voici, le Nom de Jéhovah vient de loin, n ardente (est) sa colàe, et (il y a) gravité de charge; ses lèvres n sont pleines d'indignation, et sa langue comme un {eu anLent. n ­ XXX. 27 ; - la colère, c'est la réprimande et l'avertissement, afin qu'ils ne périssent point par les maux. Dans le lIême: « Dans n l'inondation de la colèl'e j'ai caché mes faces un moment de toi. n - UV. 8; -l'inondation de la colère, c'est la tentation, dans la­ quelle les maux donnent de l'angoisse et du tourment. Dans Jéré­ mie: « Je combattrai Moi-Même contre vous par main étendue et n par un bras fort, et avec colère, et avec {ureur, et avec une indi­ " gnation grande. De peur que ne SOl'te comme un {w ma {ureur, et n qu'elle ne s'embrase en sorte que pel'sonné ne l'éteigne, à cause de " la malice de vos œuvres. n - XXI. D, 42. - Dans le Même: « Pour remplir des cadavres des hommes que j'ai frappés dans ma " colère, et dans mon emportement. " - XXXIII. 5. - Dans Sé­ phanie: « Je répandrai sur eux mon indignation, tout l'emporte­ n ment de ma colère, parce que dans le feu de mon zèle sera dévorée » toute la terre. »- 111.8. - Dans David: ~ 1 envoya sur eux
  • 212. EXODE, CHAP. QtJATlUÈME. 207 » l'empol'lement de sn colère, l'indignation et la (!tl'e!o', et l'an­ » goisse, et l'incursion des Anges mauvais. » - Ps. LXXVIII. h9, - et en outre dans beaucoup d'autres passages, dans lesquels, comme dans ceux-ci, par la colère, l'emportement, la fmeur, le feu, sont entendues les punitions et les damnations, dans lesquelles l'homme se jette, quand il tombe dans les maux, car d'après l'ordre Divin les biens ont avec eux des récompenses, d'oil il résulte que les maux ont avec ellX des punitions, au point qu'elles leur sont conjointes. La punition et la damnation sont aussi entendues par; « Le jour de ta colère de Jéhovah, » - Esaïe, XIII. 9, 13. Lament. II. 1. Séphan. II. 3 . Apoc. VI. ,17. Xl. 18; - puis par « le vin de » la colère de Dieu, » ct par « le calice de la colh'e de Dieu, » ­ Jérém. XXV. '15,28. Apoc. XIV. 10. XVI. Hl; - comme aussi par « le pressoil' de la colère et de la fUl'ew' de Dieu, » - Apoc. XIV. 19. XIX. '15. - Que la punition et la damnation soient signifiées par la colère, on le voit encore clafrement dans iUatthieu; « Race » de vipères! qui vous a appris cl {uil' la colh'e li venir? " - III. 7. - Dans Jean; « Celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la » vie, mais la colère de Dieu demeure SUl' lui. - Ill. 36. - Dans Luc: « Dans le dernier temps il y aura une grande angoisse sur la » terre, et une colère sur ce peuple. » - XXI. 23. - D'après ces passages, il est bien évident que les punitions et les damnations sont signifiées par la colère de Jéhovah; si la clémence et la misé­ ricorde sont entendues par la colère, c'est parce que toutes les pù­ nitions des méchants existent d'après la Miséricorde du Seigneur envers les bons, afin que ceux-ci ne soient point lésés par les mé­ chants; mais ce n'est pas le Seigneur qui intlige des punitions aux méchants, ce sont eux-mêmes qui se les infligent, car les maux et les peines dans l'autre vie ont été conjoints: les méchants s'in­ f1i~ent principalement des punitions quand le Seigneur fait :iIisé­ ricorde aux bons, cal' alors chez les méchants les maux s'ac­ croissent, et par suite les peines: c'est de là qu'au lieu de la colèl'e de Jéhovah, par laquelle sont signifiées les punitions dès méchants, les Anges entendent la Miséricorde. D'après ce qui vient d'être dU; on peut voir quelle est la Parole dans le sens de la lettre, puis quel est le Vrai Divin dans son plus commun, c'est·à-dire qu'il est selon les :lpllarenccs; et cela, pal'ce que l'homme est tel, qu'il croit ce
  • 213. 208 ARCANES CÉLESTES. qu'il voit et saisit d'après son sensuel, et ne noit pas, ainsi ne reçoit pas, ce qu'il ne voit pas et ne saisit pas d'après son sensuel: c'est de lil que la Parole dans le sens de la lettre est selon les choses qui apparaissent, mais tient néanmoins renfermés dans son sein intérieur les vrais réels, et dans son sein intime le Vrai Divin même, qui procède immédiatement du Seigneur, par conséquent aussi le Divin Bien, c'est-à·dire, le Seigneur Lui·Même. 6998. Et il dit: N'y a-t-il pas Aha!"on ton frère le Lévite, signi•. fie la docl1'ine du bien et cl1t vrai: on le voit par la représentation d'Ah((J'on, en ce qu'il est le SeigncUl' quant au Divin Bien ou.au Sacerdoce, mais ici, avant qu'il ait été initié dans le Sacerdoce, il est la doctrine du bien et du vrai; c'est aussi pOUl' cela qu'il est dit qu'il sera à iIoscheh pour bouche, et que iIoscheh lui sera pour Dieu, car Moscheh représente le Seigneur quant au Divin Vrai qui procède immédiatement du ScigneUl', d'où il résulte qu'Aharon re­ présente le Divin Vrai qui procède médiatement du SeigneUl', vrai qui est la doctrine du bien et du vrai; ce vrai que iIoscheh représente ici est le Vrai qui ne peut être ni entendu ni perçu par l'homme, N° 6982; mais le vrai qu'Allaron représente est le vrai qui peut être et entendu et perçu par l'homme, de là Aharon est dit la bouche, et Moscheh le Dieu d'Aharon; de là aussi Aharon est dit Lévite, car le Lévite signifie la doctrine du bien et du vrai de l'É­ glise, doctrine qui prête son ministère et ses services au sacerdoce. . 6999. Je sais qu'il parlera, lui, signifie la pl'édiwtion: on le voit par la signification de parler, lorsqu'il s'agit de la doctrine, qui est représentée par Aharon, en ce que c'est la prédication, car celle-ci appartient à la doctrine, c'est-à-dire, à celui qui représente la doctrine, et qui est appelée la bouche, laquelle est l'énonciation, N° 6987. 7000. Et même voici, il sort au-devant de toi, signifie la récep­ tian: on le voit par la signification de sOl,tir au-devant, en ce qu'ici c'est être préparé pOUl' recevoir, savoir, le Divin Vrai qui est re­ présenté par iIoscheh, ainsi la réception de ce vrai: les anges et les esprits qui reçoivent le Divin Vrai procédant du Seigneur et l'étendent plus loin, sont dits sortir au-devant, quand ils sont pal' le Seigneur préparés pour recevoir. 7001. Et il te verra, signifie la perception: cela est évident par
  • 214. EXODE, CIUP. QUATRIÈME. 209 la signification de voÎl', en cc que c'est comprendre ct percevoir, Nos 2'150, 2807, 376.i, 3863, ~567, 4.723. 7002. El il se réjouira dans son cœur, signifie l'affection de l'a· monr: on le voit par la signification de se l'éjouir duns lc cœur, en ce que c'est le charme et le plaisir d'apl'ès l'afrection qui appartient à l'amour; car toute allégresse procède de l'affection de l'amour. Si l'atrection de l'amour est dite de la doctrine du bien et du vrai, et non de ceux qui sont clans la doctrine, c'est d'après le langage Angélique, car ainsi parlent les anges, parce qu'ils ne veulent point pal'ler des personnes; en effet, le langage concernant les personnes détournerait de l'intuition universelle des choses leurs idées, ainsi les ddournerait de la compréhension de choses innom- brables qui se presentent ensemble; c'est pour cela qu'ils attri- buent à la doctrine le charme et le plaisil" puis l'affection, ct autres choses semblables; toutes ces choses sont même dans la doctrine, quand l'homme rapplique à lui-même, parce que dans la doctrine il y a le Vrai Divin procédant du Seigneur, et que dans le Vrai Divin procédant du Seigneur il y a l'amour, ainsi le charme et le plaisir. 7003. Et tu lui parleras, signific l'infln,'X; : on le voit par la signi- fication de parler, en ce que c'est l'influx, N°s 29;).(, 5~81, 5H3, 5797. 700a.. Et tu mettras les pal'olcs dans sa bouchc, signifie que ce qu'il énonccm procédera du Divin Humain: on le voit pal' la repré- sentation de iIoscheh, qui devait mettre les paroles dans la bouche d'Aharon, en cc qu'il est le Seigneur quant au Divin Vrai qui pro- cède de son Divin Humain, ainsi qu'il a été dit précédemment; par la signification de la bouche, en ce qu'elle est la voix et l'énoncia- tion, N° 6987, ainsi mettre dans la bouche, c'est donner afin qu'il énonce, mais quand cela est dit du Seigneur, c'est procéder, car la Parole, qui est énoncée par l'esprit ou par l'Ange, procède du Divin Humain du Seigneur; en effet, Aharon représente la doctrine du bien et du vrai, qui est énoncée. Voici comme la chose se passe: Du Seigneur procède le Divin Vrai immédiatement et médiate·· ment; ce qui procède immédiatement est au-dessus de tout enten- dement des Anges; mais ce qui procède médiatement a été mis à la portée des Anges dans les cieux, et: aussi à celle des hommes, XI. H
  • 215. 2,10 AltCANES Cl~LESTES. cal' cc vrai passe pal' les cieux et pal' suite sc revêt d'une qualité Angélique et d'une qualité humaine; mais dans cc Hai le Seigneur inOue aussi immédiatement, ct ainsi condnit les Anges et les hommes taut médiatement quÏmmédiatement, voir 10 6058; en effet, toutes choses en gl~néral et en particulier procèdent du Pre­ mier Ltre, et l'ordre a été tellement institué, que le Premier l~tre est médiatement ct immédiatement préseut dans les dérivés, ainsi également clans le dernier de l'ordre comme dans le premier; car le Divin Yrai même est l'unique substantiel, les dérivés ne sont absolument que des formes successives qui en proviennent, d'oit il est encore évident que le Divin influe aussi immédiatement dans toutes choses en général ct en particulier; car toutes choses ont été créées pal' leDivin Vrai; en effet, le Divin Vrai est l'unique es­ sentiel, 10 6880, ainsi toutes choses en procèdent; c'est le Divin Vrai qui est appelé la Parole dans Jean: « Dans le commence­ n ment était la Parole, et la Parole était chez Dieu, ct Dieu était » la Parole: tontes choses pal' Elle ont été faites, ct sans EUe il )) n'a été fait rien de ce qui a été fait. )) - 1. 1, 3. - Pal' un tel influx le Seigneur conduit l'homme par la Providence non-seule­ ment dans l'uuiversel) mais aussi daus tout siugulier, et même dans cc qu'il y a de plus singulier; c'est donc de là qu'il est dit que les choses qui sont énoucées procèdent du Divin Humain, Qu'il y ait un influx immédiat du Seignelll' là où est aussi l'influx médiat, ainsi dans le dernier de l'ordre comme dans le premier, c'est ce qui m'a été dit du Ciel, et il m'en a été donné nne vive per­ ception; il m'a été dit aussi qne cc qui se fait pal' l'influx médiat, c'est-à-dire, pal' le Ciel ct pal' les anges qui y sout, est respective­ ment fort peu de chose; et que le Seigneur pal' l'influx immédiat conduit en même temps le Ciel, ct y tient pal' cet intlux tontes choses en général ct en particulier dans leur enchaînement ct dans leur ordrc. 7000. El Moi je serai avec la bouche, signifie que Le Vrai Divin 1Jl'océdcra du Divin Même par le Divin lIUlnnin : on le voit pal' la représcntation de MosclIeil, en ce qu'il est le Seigneur quant au Divin Vrai, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; ct par la signincation d'être avec ta bouche, cn cc quc c'est être dans le Vrai Divin qui procède dti DiYÎn Humain; le Divin Même, qui est appelé le PèTC,
  • 216. EXODE, CHAP. QUATRIf:ME. 2H est entendu pal' Moi ou J{~hoYah, d'oil il est évident qne iUoi, je serai avec la bouche, signifie que le Vrai Divin procède ùu Divin llêmc pal' le Divin Humain, ce qui est la même chose que si l'on (lisait que le Saint de l'esprit procède du Fils, et que le Fils prod'de du Père, scion le doctrinal de l'Église; cependant cc doctrinal doit (t1'e ainsi entendu, savoir, que ce Trine est dans le Seiglleu~', el y esllm. 7006. Et avcc sa bouchc, signifie ainsi avcc les choses qui en pro­ vicnnent: on le voit pal' la représentation d'Aharon, en cc qu'il cst la doctrine du bien el du Tai, ~o 6998; ct pal' la signification ri' être avec sa bOllclte, en ce que c'est le Divin avec celle doclrine cl en elle; ct comme celte doctrine provient du Divin Yrai qui pro­ cMe immédialement du Divin llnmain, comme il vient d'être dil N° 7005, c'est pour cela qu'être avec sa bouche, signifie avec les choses qui en proviennent: qne la doctrine du bien el du Vl'ai pro­ cède médiatemcnt et immédiatement du Divin Hnmain du Seigneur, on le voit ci-dessus N0 700L 7007. Et je VOltS enseignerai ce que ~'ou's l'erez, signifie (tin si le Divin dans toutes les cho.,cs en généml et cn ?Jarliculier qui scront {aites: on le voit par la signification d'enseigner, en cc quc c'est influer, et quand cela est dit du Divin, comme ici, en cc que c'est procéder, comme ci-dessus N° 6993; ct par la signification de ce que vons {erez, cn cc qlle cc sont les choses qui set'ont faites; que ce soit dans toutes les choses en général et en particuliel', c'est parce que cela est dit du Divin. Que le Divin soiL dans tout ce qui se fait en ~én6ral ct en pal'ticulier chez l'homme, il faut ici en dire quelque chose: li semble à l'homme qu'il en est tout autl'e­ ment; et cela, parce qu'il pense que si le Divin était dans toutes les choses engénéral et en particulier qui sont failes, les maux n'existeraient pas, et qu'il n'y aurait de damnation pour personne; et, de plus, que la justice d'une cause triompherait toujOlll'S, que les hommes de probité seraient dans le monde plus heureux que les hommes sans probité, ct autres choses semblables; et comme on voit le contraire, on ne croit pas que le Divin soit dans toutes choses en général et en particulier; c'est de là qu'on attribue à soi-même ct il sa prudence les choses particulières, ct au Divin seulemenl la dirrction un iverselle, et qu'ou nomme tout le l'este
  • 217. 21'2 A{{CANES CltLESTES. fortune et lIasard, e'cst-ü-dire, choses aveugles de la nature: mais l'homme pense ainsi, parce qu'il ne connaît pas les arcanes du Ciel, qui sont, que le Seigueur laisse à cllacun sa liberté, car si l'homme n'est pas dans la liberté, il ne peut jamais être réformé,la contrainte ne reforme point, parce qu'elle n'enracine rien; en effet, la contrainte n'appartient pas au vouloir de l'Ilomme, mais la liberté appartient à son vouloir; et cependant le bien et le vrai, pour qu'ils soient à l'homme comme ses propres, doivent être en­ racinés dans sa volonté; ce qui est hors de la volonté n'appartient point à l'homme; et conllue chacun pour cette raison est aban­ tlonné à sa liberté, c'est de là qu'il est permis à l'homme de penser le mal et de faire le lllal, autant que les craintes externes ne l'en empêchent pas; ct c'est aussi de là que l'homme sans probité a en apparence dans le monde plus d'allégresse et de gloire que l'homme de probité, mais la gloire et l'allégresse de l'homme sans probité sont externes ou appartiennent au corps, et sont changées dans l'autre vic en un malheur iufernal, tandis que la gloire et l'allé­ gl"esse de l'homme de probité sont internes ou appartiennent à SOIl esprit, et elles l'estent et deviennent un bonheur cl~leste: et en outre, l!ans l'éminence et l'opulence il y a une félicité mondaine, mais non éternelle, de là cette félicité est autant pOIll' les hommes sans probité que pour les hommes de probité, lorsqu'elle n'est pas chez des hommes de prohité; c'est afin qu'ils ne soient pas d(-­ tournés du bien par des choses mondaines; et comme l'homme place la bénédiction Divine dans les biens ct l!ans le bonheur de cr monde, c'est pour cela qne, lorsqu'il voit le contraire, il tombe d'après sa faiblesse dans des erreurs sur la Divine Providence: il conclut aussi d'après les choses présentes qu'il voit, etue pense pas que la Divine Providence consil!ère l'l'ternité ; principalement pOUl' que toutes choses soient en ordre dans le Ciel, et aussi dans l'enfer, de sorte que le Ciel représente continuellement un seul Homme, ct que l'enfer soil dans l'opposé ~ d'oil résulte l'équilibre; ct que tout cela ne peut exister, à moins que la Divine Providence ne soit dans les choses les plus particulières, ainsi à moins que le Divin ne régisse r-t ne fléchisse continu('llement la liberté de l'homme. Pour le reste on pent voir ce qui a déjà été dit ct montré SUl' la Divine Providence, savoir, qne la Providence du Seigneur
  • 218. EXODE, CIL.P. QlJATRlimE. ~13 ne peut ètre universelle, à moins qu'clic ne soit dans les choses les plus particlllièl'cs, jos ,1919 f. 4,329, 5122 f. 589-, f. ô48'1 à 64.86, 64.90; que la Providence du Seigncur considère ('Ci.ertlité, jXos 5264, 64,91 ; que par le Seigneul' le mal est prévu, et qne le bien est pourvu, N0s 5,155, 5195,64,89; que le Seigneur change en bien le mal qu'il prévoit, N0 6514; qne les contingents appartiennent à la Providence, N0s 5508, 6493, 6/.91.; que la propre prudcnce est comme un léger grumeau dans l'atmosphère et que la Providence est comme l'atmosphère cntièl'c, N° 64-85; qu'un grand nombre d'illusions sont opposées 11 la Providence Divine dans les choses particulières, N° 6481. 7008. Et il pm'lera, lui, pour toi au peuple, signifie qu'il sem la doctrine pour l'Église spil'itudle: on le voit par la représentation ù' Aharon, de qui il est dit qu'il parlera pOUl' iIoscheh au peuple, en ce qu'il est la doctrine du bien et du vrai, Nu 6998; par la signification de parler, cn ce que c'est la confession et la prédica­ tion, ]'06999; ct pal' la représenlation des fils d'Israël, qui ici sont le peuple, en ce qu'ils sont l'Église spiritnelle, j'o (H26. 1009. Et il se rem que Itti te scm pOUl' bouche, signifie le vrni de la doctrine qui procède aussi médiatelUent du Seigneur: on le voit par la représentation d'Aharoll, qui doit être à Moscheh pour bouche, en ce qu'il est la dOCll'ine, 1 0 6998; et. par la signification d'ètl'e à Moscheh pour banche, cn CO qne e'est l'énonciation ou la prédication de cette doctrine, 1 0 0987; s'il est dit le Vrai de la doctrine qui procède aussi Illédiatement du Seigneur, c'est parce (lue le Vrai de ta doctrine, qui est rcprésenté pal' Aharon, cst tel qu'il est entendu et perçu par les Anges et pal' les hommes, ce Vrai est ce qui procède médiatementdll Seigneur; mais le Vrai, qui est. repl'ésenté par lIosclleh, est ce qui procède immédiatement dn Seigneur, et n'est ni entendu ni perçu pal' les hommes, ni mème pal' les Anges, t'ail' 1os 6982, (981), 6)90, 700.1. 70'10. El toi, lit lui se/'Cts pOUl' Dieu, sif/12'ifie le Divin VTCli qui procède immédiatement du Seigneu1', on le voit pal' la représentation de iIoscheh, en ce qu'il est Je Seignelll' quant all Divin Vrai, N° 6752; qne cc soit le Divin Vrai qui proeMe immédiatement du Seigneur, cela est signifié en ce qu'il serait à Aharon ponr Dieu, cal' dans la Parole Dieu signifie le t'eignclIl' qllant au Divin Vrai,
  • 219. 21 ,~ AH.CANES CÉLESTES, et Jéhovah signifie le Seigneur quant alt Divin Bien: on peut voir que dans la Parole le Seigneur est appelé Dieu lorsqu'il s'agit clu Vrai, et Jéhovah lorsqu'il s'agit du Bien, N°s '2586, '3769, 2807, '3822, 3921 f. 4.502; que les anges sont appelés Dieux, d'après les vrais dans lesquels ils sont par le SeigneU', N° H02; et que, clans le sens opposé, les dieux des nations sont les faux, Nos q4.02 r. !~5H. 70,1 ". Et lu prendras dans ta main ce Miton, signifie la pui.>­ SCLnce Divine en eux; on le voit pal'Ia signification du bâton, en ce que c'est la puissance, Nos ~·04 3, ~·0'13, 4·876, 4.936, et particuliè·· rement alors qu'il est duns la main; en effet la main signifie la puissance spirituelle, et le bâton la puissance naturelle; de même qu'il n'y a pas de puissance dans le naturel, il moins qu'clle ne vienne du spirituel, de même il n'yen a pas dans le bâton, il moins qu'il ne soit dans la main, c'est pour cela qu~il est dit de le prendre dans la main: qlle la .main, quand elle se dit du Seigneur, soit la puissance proe6dant de son Divin Hationnel, et le bâton la puissance procédant de son Divin Naturel, on le voit N° 69.1..7; il est dit la puissance Divine en enx, savoir, dans les Vrais, dont il a été parlé ci-dessus, parce que la puissante se dit du Vrai, L~oS 309'1, 6344,64.23, 691,8. 70,12. Pal' leqnel ttL l'cras les sigues,signi(ie de là l'illustration ct/a confirmation des vérités; on le voit par la siguification du signe, en ce que c'est la confirmation des verites, No 6870; que ce soit aussi l'illustration, c'est parce que la conllrmation ùes verités se fait pal' l'illustration provenant ùu Scigncl1I' quand l'homme tudic la Parole dans le but de sa'oir les vrais. Quant il ce qui concerne l'illustration et par suite la confil'mation des vérités, il faut qu'on sache CLue ccux qui sont dans les externes sans l'interne, comme ont été les Juirs et les Israëlites, ne pcment être illustrés, ni par conséquent être confirmés dans les vrais; mais cenx qui sont dans les externes, et en même temps dans les internes, quand ils lisent la Parole, sont illustrés, et dans l'illustration ils voient les Tais, dans lesquéls ils sont pal' la suite conlll'l1les de plus en plus; ct, cc qni est (~tonnant, telle est l'affecliondu Hai dans chacun, leUC est pOUl' lui l'illustration; et tcl est le bien ùe la vic, telle estl'alfcctioll du vrai; de là vient aussi qne ecu qui ne saut
  • 220. EXODE, CIUP. QU:TlUÈMI~. 21a dans ancune an'ection du vrai Jlour le vrai, mais qui sont dans l'at~ feclion du vrai pour le lucre, Ile sont nlllcmclIt illustrés quand ils lisent la Parole, mais ils sont seulemcnt confirmés dalls lcs doctri­ naux, quels qu'ils soient, ou faux, comme sont les docll'inaux héré­ tiques, ou entièrement opposès :lUX vrais, comme sont les doctri­ naux Judaïques, car ils cherchent non le Royaume du Seigneur, mais le monde, non la foi, mais la renommée, ainsi non les richesses ct':lestes, mais seulement les richesses terrestres; cl si par hasard le désir de savoir les vrais d'après la Parole s'empare d'eux, les,faux se présentent il la place des vrais, ct enfin ils niellt tous les vrais: ces choses ont été dites, afin qu'on sache cc que c'est que l'illustration, et pal' suite la confirmation du vrai. 70,13. Vers. '18," g, 20. Et Moscheh alla et' retourna vers Jéthro son beau-père, et il lui dit: J'imi, s'il te plaÎt, et je retournerai vers mes (l'ères, qui (sont) en JÉyypte, ct je velTai s'il!> sont encore vivants,. cl Jélhro dit ri Jlfoscheh : Va en paix. Et Jéhovah dit il ilfoscheh dans ilIidian: Va, reloltl'ne en .Égyple, parce qu'ils sonl mOI'ls, tous les hommes qui che"cllaient Ion àme. El Moschch prit son épouse, et ses fils, et il les (it chevaucher .~Ui' l'ûne , etilr-e­ tourna en la terre d'Ég!Jpte : ct Moscheh prit le biiton de Dieu dan,~ sa main. - Et Moschelt alla etrelouma, signifie la continuation de la vic précédente: vers Jéthro son beau-père, signilie dans le bien simple: ct il lui dit: J'irai, s'il te plaÎt, et je l'etolll'llerai vers mes (l'ères qui (sont) en J!;9Yllte, signifie l'élévation vers une vie intérieure et plus spirituelle clans le naturel: et je verrai s'ils sont encore vivants, signilie la perception de cette vic: et Jélhro dit il Moscheh: Ya en paix, signifie l'assentiment et le votif; Et./éhovah dit à Moscheh dans Jlfidian, signifie l'iIluslralion et la confirmation par le Divin dans cet ctat: Va, relonmc en Égypte, signifie la vic spirituclle dans le naturel: parce qu'ils sont morts, lous les hommes qui chercha.ientton âme, signilie raoigncmcnl des faux qui s'ef1'or- . çaicnt de dGtnlire la vic du Tai et du bien: et illoscheh prÎI son épouse, signit1e le bien adjoint: et ses (ils, signifie les ï';ds qui en proyiennellt: ct il les fit chevaucher SUI' l' tine, signifie !es choses qni devaient servir il la nOlleUe intelligence: cl il j'ctOU/'II(( en ia lerre d' l~q!l/1le, signilie dans le mental naturel: etilloscheh Tn'illc
  • 221. 2,16 AHCANES CÉLESTES. bâton de Dieu dans sa main, signifie les choses qui procèdent de la puissance Divine, 70,14-. Et llloschch alla et l'etmLl'rta, signifie la continlUttion de te, vie précédente: on le voit par la signification d'l'11er, en ce • que c'est la vie, N0s 4882, M93, 5605; pal' la signification de ,'etourner ou revenir, en ce que c'est vivre comme précédemment; ct par la representation de llfoscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant à la Loi ou au Vrai d'après le Divin, N°s 6771, 6827 : quand Moscheh était SUl' la montagne du Choreb auprès de Jéhovah qu'il vit dans une flamme, il représentait le Seignem quant au Divin Vrai, mab maintenant chez Jéthro son beau-père, lequel est le tien de n:glise qui est dans le vrai du bien simple, il représente le Seignelll' quant au Vrai d'après le Divin. Ici ct aillcms dans la Parole sont décrits dans le sens interne tous les états de la vic du Seigneur dans le monde, et la manière dont il fit alors DiYin son Humain; qu'il y ait eu des états successifs, on peut le VOil' en ce que le Seigneur, quand il était enfant, était comme un enfant, ct qu'ensuite il a grandi en intelligence ct en sagesse, ct y insinnait continuellement le Divin Amour, jusqu'à cc qu'enfin quant à son Humain il mt de­ venu Divin Amour, c'est-à-dil'e, Divin être ou Jéhovah: et parce que le Seignem a ainsi revêtu successivement le Divin, c'est de la qn'il s'est fait d'abord Vrai d'après le Divin, ensuite Divin Vrai, ct enfin Divin Bien: cc l'ment là les degrés de la glorification du Sei·· gneUl', qui sont décrits ici ct ailleurs dans le sens interne de la Parole. 7015, Vers Jéthro son bcau-pèl'e, signifie dans le bien simplc, savoit" la continuation de la vic: on le voit par la représentation de Jéthro en cc que, parce qu'il était prêtrede i'Iidian, il est le bien de l'Église qtli est dans le vrai du bien simple, N0 68"27 ; ce bien est entendu par le bien simple; ct pal' la signification du beau­ ph'c, en ce que c'est le bien d'oit provient la conjonction du hien ct du vrai, No 6827. 70-16. Et il dit: J'imi, s'il te plaÎt, et je ,'clOurnerai vers mcs fi'ères qui sont en Égypte, signifie l'élévation l'crs une vie intérieul'c et plus spirituellc dans le naturel: on le voit pal' la signification cl' aller ct de retvul'IlCl', en ce que c'est le successif de la vic, et le successif de la vie ici est l'élévation vers nne Yic intérieure ct plus
  • 222. .EXOD~, CHAP. QUATlUÈ1UE. 217 spirituelle, ainsi plus près vers le Divin; car lorsqu'en parlant du Seigneur, qui est représente par Moscheh, il est dit aller et retour­ nèl', il est entendu être élevé vers le Divin Ètre ou Jéhovah, Qui était en Lui, ct de Qui Lui-~lême procédait; par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont les frères, en ce qu'ils sont le Royaume Spirituel du SeigneUl', et par suite l'Église spirituelle, Nos 64.26, 6637; et par la signification de l'Égypte, en ce que c'est le naturel, Nos tH 4-7,6252; de là il est hien évident que J'il'ai et je retournerai vers mes frères qui sont en li'gypte, signifie l'éléyation vers une vie intérieure ct plus spirituelle dans le naturel; car de même que l'habitation de Moscheh dans lIidian signifiait la vie avec ceux qui étaient dans le vrai du bien simple, ainsi dans le bien simple, No 7015, de même l'habitation maintenant avec les fils d'Israël signifie la vie avec ceux qui sont dans le vrai et le bien de l'Église spirituelle, vic qui est i ntél'ieure et plus spirituelle que la précé­ dente; que le bien ct le vrai de cette Itglise soient dans le natUl'el, on le voit Nos 4,286, H02. 70,17. Et je ven'ai s'ils sont encore vivants, signifie la perception cle celte vie: cela est évident par la significaLion de voir, en ce que c'est comprendre et percevoir, Nos 2325, 2807, 376t, 3863, 4403 11 4..121, 4.;j67, 4723, 54,00; et par la signification de vivre, en ce que c'est la ,'ie spirituelle, N° 5.1,07. Par la perception de cctic vic est entendue la perception qui précède; en effet, quand quelqu'un se propose une chose, il la perçoit comme présente, car il doit mettre son mental dans l'état de celte chose; de là les désirs, et de là le plaisir comme d'une chose présente; ainsi les lins moyenne~ se conjoignent avec la fin de1'llière, ct font comme une seule fin. 7018. EtJéth1'odilàMoscheh: Va en paix, sifJltifiel'assenti­ menl et le votif: on le voit par la signification de Jéthro dit à illo­ scheh, en ce que c'est la l'épouse; que cc soit !ln assentiment, et aussi un votif, cela est signifié pal' va en pai.'V. 70,19. Et Jéhovah dit ù Moscheh dans 1lfidian, signifie l'illustra­ tion el la confirmation parle Divin dans cet état: on le roit en ce que Jéhovah disait il ~Ioscheh de retourner en J~gyptc, lorsque ce­ pendant cela avait été commandé préc(~demment à j'Ioscheh par ,1éhovah, Chap.1I1. Wet suiv., et dans ce Chapitre Vers. 12 et suiv., et lorsque Moscheh d'après ce commandement s'était dèjil
  • 223. ';,8 AIC,L~ES CÉLESTES. préparé pOUl' le voyage, d'olt l'on pent voir que ce commandül1Ient­ ci signifie l'illustration ct la confirmation pal' Ic Divin; que l'illus­ tration et la confirmation aient été dans cet état, savoil', dans l'état du vrai du bien simple, cela est signifié en cc qne ces paroles ont été dites par Jéhovah à Moscheh dems lIlidian; que Midian soit le vrai du bien simple, on le voit N0s 3242, 4756, 4,788, 6773. 70~0. Va, retOUrne en Égypte, signifie la vie spirituelle daus le naturel: on le voit pal' la signification d'aller et de retourner, en ce que c'est une vic intél'ielll'c ct pins spirituelle, N° 7016; et par la signification de l'Égypte, en cc que c'est le naturel, N°s 6'147, 6252. 70'21. Parce qu'ils sont morts, tons {es hommes qui cherchaient Ion âme, signifie l'éloignement des (aux qui s'eff01'çaient de détruire la vie dit vrai et du bien: on le voit par la signification d'êlre morts, en cc que c'est avoir ctc éloignés, car ceux. qui sont morts ont aussi été éloignés; pal' la signification (lCS l;;gyptiens. qui ici sont {cs hommes, en cc qu'ils sont ceux qui sont dans les faux, N° 6692; par la signific:ltioll de celL:X: qui cfwl'chent l'âme, en cc que ce sont ceux qni s'eft'oreent de détruire la vie; ct comme la vic spirituelle est la vic du vrai qui appartient à la foi ct du bien qui appartient à la charité, c'est pOUl' cela qu'il est dit la vic du vrai ct du bien: de là il est évident qne, ils sont maris, tous les hommes qui cherchaient ton àmc, signifie l'éloigncment des faux qui s'etfor­ ~~aicnt de détl'llire la vic du vrai et du bien. Dans la Pal'ole, l'ùme signifie tout cc qui est vivant. ct clle est attribuée aussi aux ani­ maux. mais proprement l'âme sc dit de l'homme, ct quanrl elle se dit de l'homme, c'est dans un sens vari(~; l'homme lili-même est appelé (Îme, p:lrce que c'est sa vic dans le commun; puis sa vie intellectuelle dans le partie,ulier uu son entendement, ct aussi sa vic volontaire ou sa volonté; mais da us le scns spirituel pal' l'ùl1le est entendue la vic du vl'ni qui appartient :'t la foi et dll bien qui appallient il la elIarit<; ct en g(~nt'~J'al l'homme lui-même qllant il son esprit qui Yil alll'ès la mort; c'est dans œ sens CIII'elle est en­ tendue dans AlatthicLI: « Ne craignez point CCliX qlli pellvent tuer Il le corps, mais ne peuvent liter l'iune. Il - X. '28: - Lians Je Même: ~jue senirail-il il lili homme de gaglll~r tout le monell', lil (C Il {aisail (a J'crle de SO!1 âme? al/.) Qlle donnera j'homme PUUI' pri':
  • 224. EXODE, CHAP. QlJATnll~àm. . 2f'J » suffisant de la rl'l1emlltion dc son lÎme? » - XVI. 2.6: - dans Luc: « Le Fils de l'homme est vcnu non pOUl' perdre les (UlLeS des » hommes, mais pour sauvcr. » - IX. ;56: - dans Ezechiel: « Vous M'avez profané chez mon peuple, jJour tuer les lÎmes qui ne » doivent point mourir, ct pOtcr vivifier les lÎmes qui ne doivent » point viYl'e. » - XlIl. Hl: -Dans ces passages 1'~lme est la vie spirituelle de l'homme, YÏe qui est celle de son esp!'it apl'ès la mort; tuel' Lime, faire la perte de Lime, perdre l'LIme, c'est faire mourir spil'ituellement ou damner. 7022. Et Moschch jJrit son épouse, signifie le bien a(~ioinl : 0/1 le voit par la representation de l1foschelt, en ce qu'il est le Seigneur quant il la Loi ou au Vrai d'après le Divin, ainsi qu'il a été rnontl'l~ ci-dessus;. et pal' la signification de l'épouse, en ce qu'elle est le bien adjoint, N°s 115'10, 4823. Que dans le sens interne, ct aussi dans le sens snprême, dans lequel il s'agit du Seigneur, l'epouse de Moscheh représente le bien conjoint au vrai, c'est parce quc dans toutes les choses en généml et en particulier qui sont ou dans le monde spirituel, ou dans le monde natlll'c, il Y a l'instar du mariage; l'instar du mariage est parlout oit il ya lin agent ct un l)atient, et il faut qu'il y ait un agent ct en même tcmJls un patient lil oit quelque chose doit cxister; sans la conjollclioll rie l'nn et de l'autre, rien ne peut en aUCUlle manière être pl'oduit: s'il ya en toules choses l'inslal' ÙU mariage, c'esl parce que toutes choses se rapnortcnt au bien ct au vrai, ainsi au mariage céleste qui est le mariage ÙU biell et du vrai, ct que le mariage céleste se rapporte ,an mariage Divin qui est le mariage du Divin llien cl du Diyin Vrai; ct comme rien, ainsi qu'il a été dit, ne peut ex.istel' ni être produit, il moins qu'il n'y ail un agent et un palient, ainsi il moins qu'il n'y ail lïnstar du mariage, il cst clonc bien évident que le Vrai qui appartient il la foi sans le bien qui appartient il la charité Ile peut rien produire, ni le bien qui appal'lient il la charité sans le vrai qui apparticnt il la foi, mais que cc sera la conjonction de l'un el cle l'autl'e qui produira des fruits et fera la vic dll Ciel chez l'homme. Que dans [oules choses Cil général et en particlllier il y ait 1'instm du mariage, on le "oil ios '1'32,2'173, 2176, ül9L Que dans chaquc eXJlression lie la Parole il y ait le llJ:ll'iage du bien et clu l'rai, on le voit SU, 6S:;, 7):3,801) ';l:jlli, 'i71 "2, 1138 f. a1:38,
  • 225. 220 AHCAi'ES CÉLESTEj). 634-3; conséquemment dans chaque expression de la Parole il y a le Ciel, car le Ciel est ce mariage même; et comme dans chaque expression de la Parole il yale Ciel, le Seigneur est dans chaque expression de la Parole, puisque le Seigneur est tout clans toutes les choses du Ciel. D'après cela on peut voir pourquoi l'épouse de ~Ioscheh représente le bien conjoint au vrai, même dans le sens suprême olt il s'agit clu Seigneur, cie même que Sarah épouse d'A­ braham, 1os 2063, 2065,2-172, 2-173, 2198, et comme Rébecca épouse de Jischak, Nos 30'12,3013,3077. 7023. Et ses fils signifient les vrais qui en proviennent: on le voit pal' la signification cles fils, en ce qu'ils sont les Tais, N°s 4-89', 4-9-1,533, 1H7, 2623, 3373; il est dit « qui en proviennent, II parce qu'ils proviennent clu mariage clont il vient d'être parlé. 7024.. Et il les fit chevaucher sur l'âne, signifie les choses qui devaient sen'il- à la nouvelle intelligence: on le voit par la signifi­ cation de chevaucher (equi/are), en cc que cc sont les choses qui apparticnnent à l'entendement, ici celles qlli appartiennent à la nouvelle intelligence, laquclle appal'tiendl'a à la vie chez ceux qui sont dans l'Église spirituelle, No 7016: si cllevaucher signifie ces choses, c'est parce que le cheval signifie l'intellectuel, voir Nos 2ï61, 2762, 3217, 5321, 6534-; et pal' la signification de l' tine, en ce qu'il est le vrai qui sert, ici, à la nouvelle intelligence, N0s 278-1, 57 H ; et aussi en ce qu'il est le scientifique, N0 M92. 7025. Et il retourna CIL la terre d'Égypte, signifie c[(LnS le men­ lnl naturel: on le voit par la signification cie la lerre cl' Égypte, en ce qu'elle est le mental n:1tU1'cl, .r0s !i276, 5278, 5z80, 5288,530-1. 7026. Et1lloscheh pl'it le bàton de Dien dans Sil main, signifie les choses 'lui pl-ocèdent de la puissance Divine: on lc voit pal' la signification du bàton, en ce que c'est la puissance, N°s fl.0-13, .iQ-15, 4876, .1936, ainsi le bâton (le Dieu, c'est la puissanee Di­ vine: que le bâton soit la puissance natlll'elle et la main la puis­ sance spirituelle, ct que la puissance soit au nalurel d'après le spi­ l fLUel, qu'ainsi le bâton signifie la puissance quand il est clans la main, on l'a vu ci-dessus ro 701-1. Si le bàton est la puissance, cela tire son origine des représentatifs dans l'autl'e vie, car là ceux qui exercent dcs opérations magiques apparaissent avec des bâtons, qni leur servent aussi comme puissances; c'cst de HI aussi que les
  • 226. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. 221 "Mages F~gyptiens avaient des hâtons, pal' lesquels ils faisaient des choses qui paraissaient comme des miracles: de là les Anciens dans leurs écrits donnent partout des bâtons aux Mages: d'après cela on peut voir que le hàton est le représentatif de la puissance, et que c'est aussi une correspondance réelle, car en actualité la puissance s'exerce pal' des bâtons, mais cela chez les Mages est un abus de la correspondance, ct n'a de force que dans les enfers où ils sont, ct parce que là règnent les illusions et les plianlaisies. Et comme il y a une correspondance réelle du bâton avec la puissance, c'est pour cela qu'il fut commandé à iUoscheh de prendre le bâton dans sa main et de faire pal' lui des signes; et c'est aussi pour cela que les l'ois ont un sceptre, qui est un bâton court, et que le sceptre signifie la puissance royale. La cOlTespondance du bâton et de la puissance vient de ce que le bâton soutient la main et le bras, ainsi en même temps le corps, et la main el le bras correspondent à la puissance dans le Très-Grand Homme, VOil' N°s 878, 3387, 49~H il 4937,5327, 53z8, 50H, 694-7, 7011. 7027. Vers. 21, '22, '23. Et Jéhovah dit à l1Ioscheh : En t'en al­ lant poU?' l'etourner en J!;gyple, voi$ tOt/.ç les pl'odirJes que j'ai mis en la main, et fais-les devant PlU/mon; el illoi f endurcimi son cœur, et il ne l'enverra poinlle peuple. Et tu diras cl Pharaon: Ainsi a dit Jéhovah: (c'est) mon fils, mon pl'emiel'-né, lsmd. Et je te dis: Renvoie mon fils, et qu'il Me scn'e,. ct tu refuses de le l'en­ voyer; voici, Moi,.1e tue ton (tls, ton premier-né. - Et Jéhovah dit à Moseheh, signifie la perception d'après le Divin: en (en allant pour l'et01tl'nel' en lÉf/yple, signifie la vie spirituelle dans le natu­ l'cl: l'ois tons les ln'odif/cs qnc f ai mis en tŒ main, signifie les moyens de puissance d'après le spirituel alors: et {ais-les devant Pharaon, signifie contre les faux qui infestent: et Moi j'endu/'cirai son cœUl'; ct il ne l'elwelTa point le peuple, signifie l'obstination, ct ainsi pas encore la délivrance: et tu di1'(lS li Phrtl'aon, signifie l'exhortation: ainsi ft dit Jéhovah, signifie par le Divin: (e'cst) mon fils, mon premier-né, Israël, signifie que ceux qui sont dans le YI'ai ct le bien spirituels ont été adoptés: et je te dis, signifie le com­ mandement: renvoie mon fils, signifie de s'abstenir de nnfestation des vrais de l'Église; et qu'illlfe Sel'IJe, signifie l'élévation dans le Ciel vers les usages qui par suite doivent être faits: el tu l'cfl/ses de
  • 227. ~'~2 ABC:.lES Cl::LESTES. le l'C/I1J(JyCI, signilie l'obstination jllsqu':m dellliel' (degl'c): Void, ilIoi,je lue lan fils, t01/ 7J1'clllÏcr-né. signific l'extinction dc la foi qui est sans la charite, ct pal' suite la dévaslation du vrai chez eux. 70~R, Et Jéhovah dit: ci llfoschch, signifie la pcrception d'ap,'ès le ])ivin: on le voit pal' la signifleation de dirc dans les historiques de la Parole, en cc que c'cst la perccption, ainsi qu'il acte souvcnt montré: que cc soit d'après le Divin, cela est signifié en ee quc c'est Jéhovah qui dit: s'il est dit ici de nouveau: Jéhovah dit à J1fo­ sc/wh, c'est pal'ce qu'une nom'elle pel'ception est signifi6e, N'os 2061, 2238,2260, 2506, ~515,2052, 7029, En t'cn allant poun'ctol/rllcr en j.'gyptc, signific la vie spirituellc dans le naturcl: on le voit P:I' la signification de ùn allcr et de ,'Clam'l1cr, en ce que c'est l'élévation vers unc "ie intc­ l'ieUl'c ct plus spirituelle; et pal' la signification de l'Egypte, en cc que c'cst le natnrel, N0 7016, 7030, Vois LOus les pl'odigcs quc f ai mis cn ta main, signific b moycns dc 71uissallcc d'après lc spiritucl alors: cela est C'ident pal' la signification des proclirJcs ou miracles, en cc qu'ils son t les moyens de la puissance Divine, lV 691 0; et pal' la signification de la main, en ce qu'clle est la puissance spirituelle, 1."°701,1 ; d'ail il est evident qlle, vois Lous lcs prodigcs quclai mis cn ta main, signifie les moyens de puissance û'après le spirituel. 703,. Et (ais-lcs dcvant Phlt1'Cton, siUnific contre Ics (rt/tx qui ill­ (cs/ent: on le voit pal' la représentat.ion de Pharaon, en ce qu'il cst le faux qui infeste les mlÎs de l'.Église, N°s 665 1,6670,6683,6692: que (ais-lcs dcvant Pharaon, ce soit contre ces faux, c'cst parce que cela est, dans la série, la consequence de cc qui précède; car, voi,~ tous les pl'odigcs quc}' ni mis en ta main, signifie les moyens cie puis­ sance d'après le spirituel, ainsi, contre les faux qui infestent; en effet, clans k sens intel'l1e se suivent, en série, cles choses allxquelles les paroles du sens de la lettre sont appliquées, 7032, Et iUoi j'cndurcirai son cœlt1', ct il nc renVC1'l'a point le pcuplc, signific l'obstination, ct ainsi pas cncorc la déliv1'Ctncc: on le voit pal' la signification d'cndurcir, en ce qlle c'est l'obstination; et pal' la signification dll cœur, en ce qu'il est la volonté, NOS2930, 3888; ainsi ces paroles signifient l'ohstination d'après la volonte, pal' conséquent d'apri.'s le pl:.1isir de faire le mal, cal' cc qlli appal'­
  • 228. EXODE, CIL.P. QtüTmimE. 223 lient il la volon lé estlll1 plaisil', et ce qui est un plaisir vient de l'a­ mour; ct par la signification dc ne ]Joint rcnvoyer lc peupLe, en ce que c'est par obstination ne pas vouloir délivrer, ainsi pas eneore la délivrance. Ici et dans la suite, il est dit que Jéhovah a endurci le cœur de Pharaon; cela est dit ainsi d'après l'apparence, et d'après cette commune notion, que le Divin fait toutes choses; mais cela doit être entendu, comme lorsqu'à JéllOvah ou au Seigneur est attri­ bué le mal, la colère, la fureur, la dévastation, et plusienrs antres choses semblables, Nos 2H7, 607,1, 6991, 6997. Quant il ce qui concerne l'obstination de ceux qui sont dans les faux et par suite dans les maux:, et dans les maux et par suite dans les faux, il faut qu'on sache que c'est une obstination telle, qu'elle ne peut être dé­ crite; j'amais ils ne cessent que par de graves punitions et pal' les craintes qui en résultent; les exhortations et les menaces ne font absolument rien; et cela, parce que le plaisil' de leur vie est de faire le mal; ils ont conti act~ cc plaisir lorsqu'ils vivaient dans le monde, pal' cela surtout, qu'ils se sont seulement aimés, et n'ont point aimé le proehain, et qu'ainsi ils n'ont été dans aucune chal'itéChrétienne; ceux qui sont tels, ne se laissant pas conduire par le Seigneur, agis­ sent d'après leur propre volontaire, cc volontaire est le mal prove­ nant de l'héréditaire et aussi de la vie actuelle; et ceux qui agissent (j'après le propre volon taire font le mal pal' amour, car ce qui appar­ tient au volontaire appartient il l'amour; de là leur Yientle plaisir de faire le mal, el autant ils sont dans ce plaisir, autant ils sont dans l'obstination: dans le monde il ne semble pas que cela soit ainsi, mais c'est parce que dans le monde l'amour de soi et du monde les retient, car ils craignent de perdre leur réputation, et par suite le gain et l'honnell', s'ils faisaient cuvertementle mal; les lois aussi et la crainte pour leUl' vie les contiennent; mais s'ils Il'étaient pas ainsi arl'êtés, ils s'élanceraient pOUl' ùétruil'e tous ceux qui ne leur sont pas favorables, et ils pilleraient les biens de tous, et tueraient sans aucune pitié ceux qu'ils rencontl'eraient; tel est l'homme inté­ l'ieurement, c'est-à-dire tel il est quant il son esprit, quoique clans le monde illle paraisse pas tel: c'est ce qu'on peut voir tl'ès-manifeste­ ment dans l'autre vie; les externes sont ôtés il ceux qui ont été tels dans le monde, et ils sont abandonnés à leur VOIOllté, par consé­ quent il leur amolll'; et quand ils y ont été abandonnés, ils n'apel'­
  • 229. 224 AHCA.NES C]::LESTES. çoivcnt rien ùe plus agréable que de faire le mal; aussi le font-ils avec tant d'obstination, qu'ils ne s'en désistent jamais que par des punitions, comme il a été dit, et ensuite pal' des immersions dans l'enfer. D'après ce qui précède, on peut voir quel est l'homme qui n'est dans aucune charite envers le prochain; puis aussi qu'à chacun reste sa vie, non la vie civile qui était externe et apparente dans le monùe, mais la vie spirituelle qui était interne et ne se montrait pas dans le monde. 7033. Et tu diras à Phal'aon, signifie l'exhortation: on le voit par la signification de dire, quand c'est d'après un commandement Divin, en ce que c'est l'exhortation; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il est le faux qui infeste les vrais de l'Église, ainsi ceux qui sont dans le faux et qui infestent, Nos 6651,6679, 6683, 6692. 703l. Ainsi a dit Jéhovah) signifie pm' le Divin, savoir, l'exhor­ tation: on le voit d'après ce qui vient d'être dit, et aussi d'après ce qui va sui'l'e. 7035. C'est mon fils, mon prcmier-né, Israël, signifie quc ceux qui sont dans lc vrai et le bien spiritttcl ont été adoptés: on le voit par la s;gnification du fils, quand ce mot est dit IYar Jéhovah ou le Seigneur à l'égard de ceux qui sont de l'Église spiritnelle, en ce que c'est avoir été adopté, ainsi qu'il va être montré; par la signi­ fication du premier-né, en ce que c'est la foi de la charité, qui ap­ partient il l'Église spirituelle, N'os 367, 2435, 3325, 4925, 4926, 4928,4930; et par la représentation d'lsmël, en ce qu'ils est l'Église spirituelle, Nos 6637. Si mon fils, mon premier-né, Israël, signifie que ceux qui sont dans le vrai et le bien spirituels, c'est-il-dire, qui sont de l'Église spirituelle, ont été adoptés, ainsi reconnus poU' fils, c'est parce que le Seigneur par son avénement dans le monde les a sauvés, voir N°s 6854, 69,14; de là aussi et encore il cause de la foi au Seigneur, ils sont appelés fils premier-né: ce sont également ceux-là qui sont désignés par le Seigneur dans Jean: « Et j'ai d'au­ II tres brebis, qui ne sont point de cette bergerie, il faut aussi que je )l les amène; et elles entendront ma voix, et il n'y aura qu'un seul » troupeau, et qu'un seul Berger, » - X. 16. 7036. Et je te dis) siguifie le commandement: on le voit par la
  • 230. EXODE, CIUP. QUATRIÈME. 225 signification dc dire, quand c'est Jéhovah qui dit, en ce que c'est un commandement. 7037. Renvoie mon fils, signifie de s'abstenÙ' de l'infestation des t'l'ais de l'Église: on le voit par la représentation de Pharaon, en ce qu'il est le faux qui infeste les vrais de l'Église, NO$ 66M, 6679, 6683,6692; pal' la signification de l'envoie, en ce que c'est le com­ mandement de s'abstenir; et par la signification du fils, en ce que ce sont ceux qui sont dans le vrai et le bien spirituels, et qui ont été adoptés, ainsi qu'il vient d'être dit N°s 7035; de là il est cvident que, l'envoie mon fils, signifie afin qu'ils s'abstiennent d'infester ceux qui sont dans les Hais de l'Église. 7038, Et qu'ils Me servent, signifie l'élévation dans le Ciel vers les usages qui pm' suite doivent être (aits : on le voit par la signifi­ cation de servir Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est remplir les usages; et comme il s'agit de ceux qui etant de l'Église spirituelle ont été sauvés par l'avénement du Seigneur, et de ceux d'entre eux qui avant i'avénement ùu Seigneur ont été dans la tel'l'e infCrieure, et ensuite élevés dans le Ciel, ~os 68M, 69,1 i, et sont par là venus dans l'état de remplir les usages, c'est pour cela que ces mots, qu'ils Me sel"Vent, signifient l'élévation dans le Ciel vers les usages qui par suite doivent être remplis. Que servir le Seigneur, ce soit rem­ plir les usages, c'est parce que le vrai culte consiste dans la presta­ tion des usages, ainsi dans les exercices de la charité; celui qui croit que servir le Seigneur consiste seulement il fréquenter les temples, il y entendre la prédication ct à prier, et que cela suffit, se trompe beaucoup, le culte même du Seigneur consiste à l'emplir des usages: et les usages, quand l'homme YÎt dans le monde, sont que chacun dans son poste l'emplisse régulièrement sa fonction, ainsi en étant de tout cœur utile il la patrie, aux sociétés et au prochain, et qu'il agisse sincèrement avec le compagnon, et rende des services Pl'U­ demment, selon la qualité de chaque compagnon: ces usages sont surtout des exercices de la charité, et c'est par ces exercices que le Seigneur est principalement adoré; la fréquentation du temple, l'audition des prédications et les prières sont nécessaires aussi; mais sans ces usages elles ne valent rien, carelles n'appartiennent point à la vie, mais elles enseignent quelle doit être la vie. Les Anges dans le Ciel ont toute félicité d'après les usages, et selon les XI. la
  • 231. 225 AnCANES CÉLESTES. usages, au point que les usages sont pour eux le Ciel. Que d'après l'ordre Divin il y ait félicité selon les usages, on peut le voir d'après les choses qui chez l'homme correspondent à celles qui sont dans le Très-Grand homme, par exemple, d'après les sens externes, sa­ voir, d'après la vue, l'ouïe, le goût, l'odorat, le toucher, lesquels correspondent, ainsi qu'il a été montl'é à la Hn de plusieurs Chapi­ tres; il Y a par suite ùans ces sens des plaisirs absolument selon les usages qu'ils l'emplissent; le plaisir le plus grand appartient au sens de l'amour conjugal, il cause ùe l'usage le plus grand, parce que la propagation du gel1l'e humain en provient, et que le Ciel provient ou gelli e humain; vientensuile le plaisir du goût, qui occupe un tel rang, parce que le goût sert il la nutrition, et par suite à la santé du corps, selon laquelle le mental agit sainement; le plaisil' de l'o­ dorat est un plaisir moins grand, parce qu'il sel't seulement à une récréation, et pal' iii aussi à la santé; le plaisil' de l'ouïe et le plaisir de la vue sont au derniel'l'ang, parce qlt'ils reçoivent seulement les choses qui doivent servir pOUl' les usages, et qu'ils sont les domes­ tiques de la partie intellectuelle, et non de mèn1e de la partie vo­ lontaire. D'après ces considérations et autl'es sernblables, il est évident que c'est selon les usages que la félicite dans le Ciel est don née par le Seignenr, et que c'est par les usa~es que le Seigneur reçoit principalement un culLe: de là vient que Jèan s'est penché il table SUl' la poitrine du Seigneur, et que le Seigneur l'a aimé plus que tous les autres, mais cela non à cause de Jean lui-même, mais parce que Jean représentait les exercices de la charité, c'est-ll-dire les usages; que Jean les ait représentés, on Je voit ùans la Préface aux Chap. XVIII et xxn de la Genèse, et N0 39.1oi.. (7038 his.) Et tu refuses de le renvoye,', signifie l'obstination .ill.~qu' au dernier (degTé) : on le voit par la signification de refuser de le "envoyer, en ce que c'est d'après l'obstination la non-délivrance , comme ci-dessus N° 7032. 7039. Voici, Moi, je Wc ton fils, ton premier-né, signifie l'extinc­ tion de la {ai qui eM ~ms la charité, et pal' ,çuite la démstation dit vmi chez eux: on le voit pal' la signification de tue", en ce que c'est l'extinction; et. par la signilication ùu fils p,'emieT·né, savoir , de Pharaon et des Egyptiens, en ce que c'est la foi sans la charité, N0 3325; en effet, Pharaon et les Egypliens ont représenté les
  • 232. EXODE) CllAP. QUATlHtlUE. 227 scientifiques qui appartiennent à l'J~glise, N0s 4749, 49M, 4966, 6004, ainsi lès scientifiques qui appartiennent à la foi, car ces scientifiques appartiennent à l'Église; mais comme ils ont changé ces scientifiques en scientifiques magiques, No 6692, et que par suite leurs œuvres ont éte mauvaises et sans aucune charité, c'est . poU' cela que leurs premiers-nés signifient les choses qui appartien­ nent à la science de la foi, ainsi la foi sans la charité; que les pre­ miers-nés de l'Égypte signifient ces choses, on le voit clairement par la signification des premiers-nés d'Israël ,en ce qu'ils sont la foi de la charité, No 7035: il est dit la foi sans la charité, mais ici par la foi est entendue la science des choses qui appartiennent à la foi, car il n'y a point de foi là oü il n'y a point de charité; ces cho­ ses qui appartiennent à la foi, chez~ux qui ne sont point dans la chaI'ité, sont seulement des choses de mémoire, et dans la mémoire elles ne sont pas sous une forme différente de celle d'un autre scien­ tifique; et là il n'y a pas le scientifique du vrai qui appartient à la foi, parce qu'il a été souillé par les idées du faux et sert aussi de moyens pour défendre les faux; puisqu'il en est ainsi de la foi sans la charité, .cette foi est en conséquence éteinte chez les méchants dans l'autre vie, et ils sont entièrement dévastés quant au vrai, afin que les vrais ne leur servent pas de moyens en faveur des maux, et ainsi afin que chez eux l'enfer ne domine en aucune manière SUI' les choses qui appartiennent au Ciel, et que par suite ils ne se trou­ vent suspendus entre le Ciel et l'enfer; c'est cette extinction ct cette dévastation du vrai qui sont signiflées, en ce que les premiers­ nés de l'Égypte devaient être tués: si ensuite les Égyptiens ont péri dans la mer de Suph, cela représentait l'état de la damnation ou de la mort spirituelle de tels hommes plus tard, car dès qu'ils ont été privés des choses appartenant à la foi ou au Vrai, qui étaient comme des ailes par lesquelles ils s'élevaient, aussItôt ils tombent comme des masses dans l'enfer. 70W. Vers. 24, 23,26. Et il était en chemin, clans une Mtellerie. et JéhovŒh le rencontra, et il chercha et le WeI'. Et Sippol'ah pl'it un CŒiLlolt, et elle COUpŒ le prépuce de son fils, et elle (le) fit toucher ses pieds, et elle dit: parce que (tn es) un fiancé de sangs, toi, pOUl' moi. El il se désista de lui; alors elle dit : un fiancé de sangs pour les circoncisions. -- Et il était en chemin dans une hô/ellerie, signifie
  • 233. 228 AHC.-NES CÉLESTES. que la postérité de Jacob serait dans les externes sans l'interne: ct Jéhovah le renconll'a, signifie l'opposition: et il chercha à le tuer, signifie que chez cette postérité l'Église représentative ne pouvait être instituée: et Sipporah prit un caillou, signifie la qualité mon­ trée pal' l'Église représentative au moyen du vrai: et elle coupa le prépuce de son fils, sign We l'éloignement des amours corrompus, et pal' là la mise à nu de l'interne: el elle (le) fit toucher ses pieds, signifie qu'il fut montré quel est alors le naturel: et elle dit: parce que (tu es) lin fiancé de sangs, toi, pour moi, signifie qu'il est plein de toute violence et d'hostilité contre le vrai et le bien: et il se dé­ sista de lui, signifie qu'Il fut permis qu'ils représentassent: alors elle dit: un fiancé de sangs pour les circoncisions, signifie que quoi­ que l'interne fût plein de violence et d'hostilité contl'e le vrai et le Ilien, cependant la circoncision serait reçue pour signe représen­ tatif de la purification des amours COl'l'ompus. 7ü,j.'I. Et il élait en chemin dans llne hôtellerie, signifie que la postérité de .Jacob serait dans les exlerne,ç sans l'interne: on peut le voir par la représentation de iUoscheh ici; dans ce qui précède et dans ce qui suit, il s'agit, dans le sens interne, de l'J~glise spiri­ tuelle, et cette l~glise est enteudue par les fils d'Israël; 01', dans ces trois Versets, il s'agit de cette Église, en ce qu'elle aurait dù être instituée chez les descendants de Jacob, mais qu'elle ne pouvait pas être instituée chez eux, parce qu'ils étaient dans les externes sans l'interne: c'est pour cela qu'ici lUosclleh ue n'présente pas la Loi ou la Parole, mais il repr(;sente cette nation ou la postérité deJacob, dont il devait être le conducteur, pal' conséquent aussi le culte de cette nation, car partout dans la Parole un conducteur, ou un juge, et aussi un l'oi, représente la nation ou le peuple, dont il est con­ ùucteur, juge ou roi, et cela, parce qu'il en est la tête, voir ~o 4789; de là vient qu'ici lIoscheh n'est pas nommé, mais toujours est-Il que c'est lui qui est entendu pal' il élait en chemin dans une hâtel­ lerie~ et qu'alors Jéhovah le rencontra, et chercba à le tuer, lorsque cependant il lui avait si expressément commandé auparavant de s'en aller ct de retourner en Égypte: il était en chemin, signifie l'institution, et l'hôtellerie signifie l'externe naturel ou sensuel, No 5495 : et comme il s'agit, ainsi qu'il a été dit, d'une f:glise qui d.evait ètre instituée chez cette postérité, c'est cc qui était tel chez
  • 234. EXODE, CHAP, Ql!:TIUimE. 2'29 cette nation, savoir, l'extel'lle sans l'interne, qui est signifié; ainsi c'rst aussi J'externe naturel ou sensuel, mais séparé; que le sensuel séparé de lïnterne soit plein d'illusions, ct par suite plein de faux, et qu'il soit contre les n'ais et les biens de la foi, on le voit N°s 6948, 6949. Avant que les paroles qui suivent soient expliquées, il con­ vient de voir ce qui a été précédemment montré sur cette postérité, c'est-à-dire que chez elle il ya cu un représentatif de l'l::glise, mais non une' Église, Nos 4.281, 4288, 630.1·; que le culte Divin chez eux a été seulement un culte exteme sl~paré de l'interne, ct qu'ils étaient contraints à ce culte par des moyens externes, N°s !l281 , 44-:-13, 4.8.4,4-847, 4865,4899, 4903; qu'ils n'ont point été choisis, mais qu'ils ont insisté opinâtrement pour être une Itglise, Nos4290, 4-293; qu'ils ont été tels, qu'ils pouvaient représenter les choses saintes, quoiqu'ils fussent dans les amours corporels ct mondains, N°s 4-293, 4307; que cette nation a été telle dès les premières ori­ gines, Nos 4-314, 43'16, 4·317; ct plusieurs autres choses qui ont été montrées sur cette nation, N°s 41,4.4-, 4,4,59 f. 4-503, 4·750, 4·8,15, 48'18, 4820, 4.825, 4832, 4837, 4.868, 487.i, 4-9'1-1, 4913, 5057, 6877. 704-2. El Jéhovah lc J'cnconlm, ,çigni(tc l'opposition: on le voit par la signification de J'encon/1'cr, en cc que c'est l'opposition, sa­ voir, à ce qu'aucune f~glise pitt être instituée chez cette nation; que cc soit une opposition contre le Divin, cela est signifié en ce que Jéhovah lc rcnconlJ'a,. d'apr('s le sens de la leUre, il semble que Jéhovah ou le Divin s'est opposé, parce qu'il cst dit que Jého­ vaIlle rencontra; mais le sens interne est qu'il y a cu oppo~ition contre le Divin; en effet, le Divin ne s'oppose jamais à qui que ce soit, mais c'est l'homme ou la nalion qui s'oppose au Divin, ct quand il s'oppose, parce qu'il ne soutient pas le Divin, il lui ~em­ ble que la résistance vient dll Divi n : on peut ,"oir cc qu'il en est par ceux qui viennent dans l'autre vic ct désirent entrer dans le ciel, sans cependant être tels qu'ils puissent y demeurer; quand cc qn'ils désirent leur est accordé, lorsqu'ils sont en chemin ct près de l'entl'ée du ciel, ils sc voient comme des monstres, ct com­ mencent il ëtre dans des angoisses ct des tourments, parce qu'ils ne soutiennent ni le vrai ni le bien qui y sont, et ils croient que le ciel et le Divin s'opposent il eux, lorsque cependant ce sont eux qui se nwttcnt dans ces tourments, parce qu'ils SOllt dans l'opposé.
  • 235. 230 ARCANES CÉLESTES. De là aussI cu peut voir que le Divin ne s'oppose il qui que ce soit, mais que e'est t'homme qui s'oppose au Divin. 704.3. Et il cherclw à le tuer) signifie que chez cette postérité l'Église repl'ésentative ne pouvait être instituée: on le voit pal' la signification de chel'cher ci tueT, en ce que c'est ne point recevoir, Nos 3387, 3395, ici donc ne point recevoir Ou ne point choisir cette nation pour instituer ehez eHe une Église représentative: dans ces trois Versets cette nation est entendue sans interruption par l'Ioscheh son futm conducteur et son futur chef, voir ci-dessus No 7041 : on peut voir aussi que cette nation n'a point été choisie, mais qu'elle a insisleavec opiniàtrelé pour être une Église, N°s 4.290, 4293; qu'aucune Église n'a été instituée chez elle, mais qu'il y a eu seulement un représentatif de n~glise, Jos 4281, 4..288,6304.; et que les choses qui appartiennent il l'Église et sont saintes peu­ vent être représentées même par des méchants, parce que le re­ présentatif regarde non la personne mais la chose, Nos 3670, 4.208, 4.28·1. Il est entendu dans le sens interne la même chose qu'ici, lorsqu'il estdit que Jéhovah voulait détruire entièrement eette na· tion, et slL,;citcr pal' Moscheh une autre nation il sa place, ­ Nomb. XIV. '12; - et aussi lorsqu'il est dit que Jéhovah se repen­ tait d'introduire et qu'il introduisait cette nation dans la terre de Canaan. 7044.. Et Sippomh prit lm ccûllou, signifie la qualité montl'ée par l'Église représentative au moyen du VI'ai ; on le voit pal' la re­ présentation de Sippomh ici, en ce qu'elle est l'Église représenta­ tive; et par la signification clu caillon, en ce qu'il est le vr~i cie la foi; la circoncision, qui était faite avec des petits couteaux de pieITe, signillait que la pul'ification des amours corrompus se faisait pal' les 'l'ais de la foi, N°s 2039, 204.6,2799; car la circoncision était le représentatif de la purification de ces amours, N0 2799. Si la pu­ rificatfon se fait pal' les vrais de la foi, c'est parce qu'ils enseignent ce que c'est que le bien, puis aussi ce que c'est que le mal, ct ainsi ce qu'il faut faire el ce qu'il ne faut pas faire; et quand l'homme connaît ces Hais, et veut agir selon ces vrais, il est conduit par le Seigneur, et il est pUl'ifié par les Divins moyens que le Sei­ gneur emploie. Comme les vrais de la foi enseignent ce que c'est que le mal et cc qlle c'est que le bien) il est. évident qlle ces paroles, SiJl­
  • 236. EXODE, CHAI'. QUATiUÈME. >2~'1 poralqJrit un caillou, signirient la qualilé montrée par le VI ai. Que Sippol'ah represente l'Église représentative, on le voit pal' cc qui suit dans ces Versets. 704-5. El elle coupa le pI'épuce de son fiis, signi{te l'éloignement des amours corrompus, et par là la mise à nu de l'interne: on le voit -par la signification de coupcr, en ce que c'est éloigner; pal' la signification du prépuce, en ce que c'est l'amom telTestl'e et corpo- rel, qui souille l'amour spirituel et céleste, N°s 3~1 'il, H.62; et. par la signification du fils, en ce qu'il est le Tai de l'Jtglise représen- tative; que le fils soit le vrai, on le loit N°s 4-89, ~94, 533, 1H7, 2623, Ban; et qu'il soit le vrai de cette Église, c'est parce que Sipporah représente cette Église, et qu'clic appelle l'enfant son fils, et montre pal' lui la qualit.é de celle nation, et pa~ suite la qualité de son culte. Si le prepuce signifie les amours cOl'l'ompus, c'est parce que les lombes avec les pal'ties génitales correspondent à ré).- mour conjugal, N°s 5050 à 5062; et parce qu'ils correspondent à l'amour conjugal, ils cOl'l'espondent à tout amour céleste et spiri- tuel, N0s 686, 1J.277, k280, 5051; et) conséquence le prépuce cor- respond aux amours les plus externes, qui sont appelés amours corporels et terrestres; si ces amours sont sans les amours int.ernes, qui sont appelés amoms spirituels et célesttls, ils sont corrompus, comme chez cette nation qui était dans les exteJ'lles sans l'interne. Il est dit sans l'interne, et par-iii il est entendu aucune reconnais- sance du vrai ni aucune affection du bien, ainsi aucune foi ni au- cune charité, cal' ces choses appartiennent il 1'110mme intel'lle, et. de là procèdent les exercices de la charite, qui sont les biens ex- ternes; cet interne, qui est sans la foi et sans la charité, et cepen- dant plein de maux et de faux, est appelé vide par le Seigneur, - Matth. XlI. 4,3, .H, Hi, - de là il est dit externe sans l'interue ; maintenant, comme le prépuce sip,ïüfIe les amours les pl us exterues, c'est pOUl' cela que, quand ils ont été éloignés, ce qui est signifié en ce que Sipporah coupa le prépuce de son fIls, la qualité de crs amoursse manifeste, ainsi la mise à nu de l'interne. 70,.6. Et elle le (tl LOuchcl' ses pieds) signific (fl,'il (ut montré quel est alors le nall~rel : on le voit pal' la signilica: ion de {aire lou- che!', en ce que c'est montrer, Cal' par le toucher l'on montre; eL pal' la signit1eation des pieds, en cc quc t.;'cst le naturel, Nos 2-162,
  • 237. 232 AnCANESCÉLESTES. 314.7, 376'1, 3986, 4280, 4938 à 4952. Par montrer quel est le naturel, il est. entendu montrer quelle était intérieurement cette nation, ce qui se manifeste quand l'extérieur est éloigné: l'intérieur chez l'homme dans le monde ne peut sc manifester, avant que l'ex­ térieur ait été éloigné; en effet, l'extérieur chez les méchants agit tout autrement que l'intérieur ne yeut et ne pense, car l'homme feint l'honnête, feint le juste, et aussi le bien Chrétien ou la Cha'­ rité, et cela pour qu'on croie qu'il est tel intérieurement, il est même poussé à agir ainsi par la crainte de perdre profit, répu­ tation et honneur, et par la crainte des peines de la loi et de la perte de la vie; mais quand ces craintes ont été éloignées, et que l'homme agit d'après son intérieur, il pille alors comme un furieux les biens d'autrui, et il ne respire que le meurtre et le sang, même de ses concitoyens, comme il arrive dans les guerres intestines: que tels soient les intérieurs, c'est ce qu'on voit encore plus clai­ rement par les méchants dans l'autre vie, car les externes leur sont ôtés et les intemes sont mis à nu, voir à ce sujet N° 7039; et .alors on découvre que plusieurs qui, dans le monde, avaient paru comme des anges, sont des diables. Une si grande différence entre les intérieurs et les extérieurs est un indice que l'état de l'homme a été entièrement perverti; chez celui qui est dans le sincère, dans le juste, et dans le bien, il n'existe point une telle diffét'ence, ce­ lui-ci parle comme il pense, et pense comme il pal'le; il en est tout autrement chez ceux qui ne sont ni dans le sincère, ni dans le juste, ni dans le bien, chez eux. les intérieurs diffèrent des exté­ riems; que la Nation ,Juive ait été telle, c'est ce qui est décrit par ces paroles du Seigneur dans Matthieu: « Malheur à vous, Scribes )) et Pharisiens hypocl'ites! parce que vous nettoyez l'extérieur de la » coupe et du plat, mais les intérieurs sont pleins de rapine ct )) d'intempérance: Pharisien aveugle, nettoie premièrement l'inté­ )) riem de la coupe et du plat, afin qu'aussi l'ex.térieur devienne )) net. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites! parce que » vous vous rendez semblables à des sépulcres blanchis, qui au )) dehors, il est vrai, paraissent beaux, mais au dedans sont )) pleins d'os de morts et de toute sorte d'implll'eté. De même aussi )) YOtlS au dehors YOltS paraissez justes aux hommes, mais au de­
  • 238. EXODE, CHAP. QUATlUÈME, 233 II dans vous êtes pleins d'hypocrisie ct d'iniquité. »- XXIII. 25, 26,27,28. 704·7, Et elle dit : pm-ce que lU es nn fiancé de sangs, toi, 11ou/' moi, signifie qu'il est plein de toute vio/~nce et d' hostilité contre le vrai elle bien: cela est évident par la signification du fiancé, en ce qu'ici c'est le représentatif de l'Église ou son externe, quanclnt­ glise représentative elle-même est la fiancée; que Moschell dans ces tl'ois Vel'sets repl'ésente cette nation et le l'epl'ésentatif de l'l;:glise chez elle, on le voit ci-dessus N° 704,,1; ct que Sippol'ah représente l'Église représentative, on le voit N° 704.4.: comme Sippol'ah represente l'l~glise l'eprésentative, et Moscheh l'extemc de cette Église, c'est pour cela que Sippol'ah l'appelle fiancé, et non pas son mari ni son homme, car la fiancée peut représenter autrement que le fiancé, mais il n'en est pas de même de l'homme ou du mal'i et de l'épouse, car le conjugal fait un; et par la signification du sang, en ce qu'il est la violence inférée à la cha­ rité, N°s 374, 1005, et en ce qu'il est le vrai falsifié et profané N°s 4735, 6978, ainsi l'hostilité contre le vrai et le bien. 700·8. Et il se désista de lui, signifie qu'il (ut permis qztils r('­ présentassent: on le voit par la signification de se désister de lui, savoir, de le tuer, en ce que c'cst qu'il fut permis qu'ils représen­ tassent; en eITet, quand il a éte dit que Jehovall chercha il le tuer, cela signifiait que chez cette nation l'Église représentative ne pou­ vait pas être instituée, 10 7043, lors donc que maintenant il est dit qu'il se désista de lui, il est signifié qu'il fut permis qu'ils re­ présentassent, c'est·il-dire qu'il fùt institué chez cette naLion un re­ présentatif de l'Église, mais non une J~glise; que cc soit autre chose de représentel' une Église, et autre chose d'êtl'e une Église, on le voit clairement en ce que les méchants peuvent aussi re­ présenter une Église, mais qu'il n'y a que lcs bons qui puissent être une Église, car représenter l'Église, est seulement externe, voiJ', ~os 3670, 4208, 1·28,/. 7049. Alors elle dit: Un fiancé de sangs poltr les circoncisions, signifie que qnoiqne l'intel'1le (Ul plein de violence el d'hostilité con­ tre le vrai et le bien, cependant la circoncision semil reçue rlol/r signe /'eprésentati( de la purificalion des amours c01T01npu,: on le voit par la signilication cll' (iancé de sali!] ) rn cc que c'esl être plein de'
  • 239. 234 A.ltCAi'iES CÉLESTES, toule violence et d'hostilité cOlltre le vrai et le bien, N° 704,7; et pal' la signification de la ci1'concision, en ce que c'est le signe re­ présentatif de la purification des amoUl s COl'1'ompus, Nos2039, ~632, 34,12, 3~'13 , 1,462, 4486, 4493. Cela est clit pal' Sipporah , parce que maintenant il a été permis à cette nation de représenter l'É­ glise, ce qui est signillé par il se dés~teL de le llLe1', No 704-8. Si la Circoncision a été faite signe rcprésentatif cie la purification, c'est parce que le rctranchement du prépuce signifiait réloignement des amours corrompus, et par là la mise à nu cie l'interne, No 704-5; quand donc on ne fait aucune attention à l'interne, comme chez cette nation qui était dans Ics extel'11es sans l'intel'11e, alors il reste la signification cie la circoncision ou du l'etrauchemen t du pré­ puce, savoir, en ce que c'est l'éloignement des amours corrompus, ainsi la purification; c"est pourquoi cela a pu servir pour signe re­ présentatif. 7050. Que clans ces trois Versets il y ait cles arcanes qu'il n'est jamais possible de saYOir sans le sens intcrne, c'est ce qui est évi­ dent pal' chacune des expressions; en efi'et, qui saurait ce que si­ gnifie que Jéhovah, après avoir commandé à Moscheh d'aller en Égypte, soit "enu hientôt après à sa rencontre, lorsqu'il était en chemin, et ait chercilé à le tuer? Qui saurait ce que signifie qUl:: Sipporah, après avoir coupé le prépuce de son fils, l'ait fait toucher ses pieds, et ait dit à ~Ioscheh qu'il était pour elle un fiancé de sangs; et qu'ensuite elle ait dit: Un fiancé de sangs pOUl' les cir­ concisions? Qui Ile voit que des arcanes ont été renfcl'lués dans ces événements, et que ces arcanes nc peuvent en aucunc manière être dévoilés, si ce n'est par le sens intcl'Ite? 705-1. Ceux qui ne savent rien SUI' le sens interne, ne peuvent que croire que la Nation ISL'aélite et Juive a été choisie de préfé­ rence à toute autre nation, et que par conséquent elle valait mieux que les autres, comme l'ont eru les Juifs eux-mêmes; et, ce qui est étonnant, nou-seulement cette nation elle-même le croit, mais c'est aussi ce que croient les Chrétiens, quoiqu'ils sachent que cette na­ tion est dans les amours corrompus, dans une sordide avarice, clans la haine ct dans la fierté; et qu'en outre les Juifs n'ont aucune estime et ont même de l'aversion pOlll' les internes qui appartien­ nent à la charité ct à la foi et qui concernent le Seigneur: Si les
  • 240. EXODE, CHAP. QlJATRlÈ~lE. 235 Chr~tiell8 croient aussi que celle nation a été choisie de préférence aux autres, c'est parce qu'ils croient que l'élection et la salvation de l'homme viennent de la Misérieonle, de quelque manière que l'homme vive, et qu'ainsi les scélérats peuvent être reçus dans le Ciel aussi bien que ceux qui ont de la piété et de la probité, ne con­ sidérant pas que l'Élection est universelle, c'est·à-dire qu'il y a élection de tous ceux qui vivent dans le bien; ct que la Miséricorde du Seigneur est envers lout homme qui s'abstient du mal et veut vivre dans le bien, et ainsi, qui se laisse conduire pal' le Seigneur, et réw~nérer, ce qui s'opère pendant la continuité de sa vie; c'est de là aussi que la plupart dans le monde Chrétien croient même que cette nation sel'a de nouveau choisie, et alors ramenée dans la terre de Canaan, et cela aussi selon le sens de la lettre, comme dans les passages qui vontètre indiques ici; Dans Ésaïe, Chap. X. 20,22,23" XI. 1-, 12. XXIX. 22 à 24. XLIII. 0, 6. XLIX. 6 à 26. LVI. 8. LX. 4. LXI. a à ,10. l .. XII. Dans Jet'émie, Chap. lII. 14 à19. XV. 4" 14. XVI. '13, ~O. XXIlI. 7, 8. XXIV. 9,10, XXXI. 31,33. XXV. 29. XXIX. H, ,18. XXX. 3,8, 9, 10, ·1 LXXXI. 8, 9, W, 17. XXX,IlI. 16, 20,26. Dans ltzéchiel, Cilap. V, '10, '12, ,15. X,VI. 60. XX. 4L XXII. 15, ,16. XXXIV. 12, 13. XXXVII, 21, '22. XXXVIII. 12. XXXIX. 23, 27,28. Dans Daniel, Chap. VII. ':27, XII. 7. Dans lloschée , Chap, III. /1 , 5. Dans Joël, Chap. Il. 32. Ill. ·1. Dans Amos, Chap. IX. 8, 9 et suiv. Dans Michée, Chap. V. 7, 8; d'après ces passages, et aussi d'après plusieurs au­ tres, des Chrétiens même croient que cette nation sera de nouveau choisie et introduite dans la terre de Canaan, quoiqu'ils sachent que cetle nation attend un Messie qui doit l'introduire dans cette terre, et que cependant ils connaissent que cette attente est vaine, ct que le Royaume du M.essie ou du Christ n'est point de ce monde, et qu'ainsi la terre de Canaan dans laquelle le Messie doit intro­ duire, est le Ciel: ils ne considèrent pas non plus que dans la Pa· l'ole il y a un sens spirituel, et que dans ce sens par Israël cc n'est pas Israël qui est entendu, ni par Jacob Jacob, ni par Juda Juda, mais que par eux sont entendues les choses qu'ils représentent; ils ne considèrent pas non plus ce que les HistoriC{lIe~ l'apportent sur celte nation, quelle elle était dans le désert ct quelle elle fut ensuite cians la terre de CamHHl, qu'elle était icloùttC de cC/:'nr; ni ce que
  • 241. 23G AnCA;ES CÉLE5TI::S. les Prophètes ont dit d'elle, et de sa scortation spirituelle et de ses abominations; celte nation est décrite telle qu'elle est dans le Can­ tique de Moïse, en ces termes: « .Je cacherai mes faces d'eux, je " verrai quelle (sera) leur postérité; cal' (il,~ sont) une génération " de perversions, eux; des fils en qui point de fidélité. .rai dit: à " l'extrcmité des angles je les rejetterai; je ferai retirer de l'homme " leur mémoÏl'e; si les ennemis ne disaient, (c'est) notre main éle­ » vée, et non Jéhovah (qui) a fait tout cela. Car (ils sont) une na­ " lion perdue de conseils, eux; et en eux point d'intelligence: Du " Cep de Sodome (p7'Ovient) leur cep, et des champs de Gomorrhe; " leurs raisins (sont) des raisins de fiel, des grappes d'amertume » pour eux. Un venin de dragons (es!) leur vin, et un fiel cruel d'as­ " pics: cela n'a-t-il pas été caché chez Moi, scellé dans mes tré­ " sors? A Moi la vengeance et la ntrilmtion , au Lemps que bron­ " chera leur pied; car il est proche le jour de leur destruction, et » elles s'approchent les cltosesqui doivent leul' m'rivel'. ll-Dr.utér. XXXII. 20,26, 27, 28, 32, 33, 3~·, 35 : - Que .Jéhovah ail dicté ce canlique à Moïse, on le voit au Deuté!'. XXXI. 19, 201. - Le Seigneur a parlé aussi de cette nation tle celle manière, dans .Jean: - « Vous, pom père vous avez le diable, et vous voulez faire les » (lésirs de votre père: lui était homicide dès le commencement, II ct dans la vérité il ne s'est point leUlt. Il - VIII. H, - et en ou­ tre, dans beaucoup d'autres passages. Si les Chrétiens, quoiqu'ils sacltent ces ehoses, croient toujours que cette nation se convertira enfin au Seigneur, ct sera alors int!'oduite dans la terre oil elle avait été auparavant, c'est, comme il a été dit, pal'ce qn'ils ne connais­ sent pas le sens interne de la Parole; et parce qu'ils s'imaginent (jue la vie dc l'homme ne fait !'ien, ct que le nUII enraciné même pal' des actes fréquel1ts n'empêche en rien que l'homme par la foi, ne fùt·elle que d'une seule petite leure, ne puisse devenir spirituel et être régénéré, et ainsi être accepté pal' le Seigneur; et de plus, que l'introduction dans le Ciel appartient à la Misericorde seule, et que cette lIiséricordc existe pOUl' une nation pnrticulière, et non de même envers tous ceux dans l'univers qui reçoivent la Misericorde du Seigneur; ceux qui pensent ainsi ne savenl pas qu'il est abso­ lument contre le Divin, que les nns comme élus naissent pOllde salut et le Ciel, et les aulres c,omme non·élus pour la damnation et
  • 242. EXODE, CHAP. QUATRlEiIE. 237 l'enfer; penser ainsi du Divin serait horrible, parce qu'il y aurait Bne suprême immiséricorde, lorsque cependant le Divin est la Mi­ séricorde même. D'après cc qui vient d'être dit, on peut voi!' que la nation Israëlite et Juive n'a point été choisie, et qu'à plus forte rai­ son elle ne sera point choisie; qu'aucune chose de l'Église n'a été chez elle, ct n'a pu y être, mais qu'i! y a eu seulement un représen­ tatif de l'Église; ct que si cette nation a cté conservée jusqu'à ce jour, ce fut à cause de la Parole de l'Ancien Teslamen t, voir sur ce sujet N° 3t79. 7052. Vers. 27, 28, 29, 30, 3-1. Et Jéhovah dit à Alul1'on: va au­ devant de Moscheh au désert; et il alla, et il le l'encontra en la mon­ tagne de Dieu, et il le baisa. Et Moscheh annonça à Aharon toutes les paroles de Jéhovah, par lesquelles il l'avait envoyé, et tous les signes qu'il lui avait commandés. Et Dfoscheh alla) et Aharon)' et ils assemblèrent tous les anciens des (ils d'Israël. Et Aharon prononça toutes les paroles que Jéhovah avait pro/wneées à 1lloseheh, et il fit les signes aux yeux du peuple. Et le peuple crut, et ils entendirent que Jéhovah avait visité les fils d'Ismël, et qu'il avait vuleul' afflic­ tion; et ils s'inclinh'ent et se prosternèrent. - Et Jéhoverh dit à Ahal'on , signifie le vrai de la doctrine, et là la perception d'après le Divin: l'a au-devant de Moscheh, signifie qu'i! serait conjoint avec le vrai qui procède immédiatement du Divin: au désert, si­ gnifie où elle n'est pas ainsi auparavant: et il alla, et il le rencon­ lm en la montagne de Dieu, signifie la conjonction dans le bien de l'amour là : et il le baisa, signifie l'affection de la conjonction: et 1I1oscheh annonça à Aha1'On toutes les pm'oles de Jéhovah, signifie l'influx du vrai qui procède immMiatement du Divin du Seigneur dans le vrai qui procède médiatement, et l'instruction dans chaque chose de la doctrine: padesquelles il l'envoyait, signifie qui pro­ cède: et tous les signes qu'il lui avait commandés, signifie l'illus­ tration et en mème temps la confirmation qui en résulte: et lIIoschelt alla et Ahm'on, signifie la vic de la conjonction de l'un et de l'autre: et ils assemblèrent tous les ancieni des fils d'/sl'ctël, signifie les choses principales cie la sagesse qui appartient à l'I:­ glise spirituelle : El Aharon prononça lOutes les paroles que Jéhovah avait prononcées à ll'Ioscheh, signifie la doctrine provenant de là d'après le Divin: et il fit les signes awr yeux du peuple) si­
  • 243. 238 ARCANES CI~LESTES, gniOe la confil'mation selon la compréhension: et le peuple crut, et 'i/s entendil'ent, signifie la foi et l'espérance: que Jéhovah avait visité les (ils d' IS1'aël, signifie que ceux de l'Église spirituelle se­ raient délivrés et sauvés par l'avénement du Seigneur: et qu'il avait vu leUl' amietion, signifie après tant de 'tentations: et ils s'in­ clinèrent et se prosternèrent, sig'nifie l'humiliation, 7053. Et Jéhovah dit à Aharon, signifie le vrai de la doctrine, et là la perception d'après le Divin: on le voit par la signilicàtion de il dit, en ce que c'est la perception, ainsi qu'il a été très-'souvent montré; de là Jéhovah dit signifie la perception d'après le fiivin ; et par la représentation d'AhU1'on, en ce qu'il est la doctrine du ,'rai et du bien, N0s 6998,7009, ainsi le vrai de cette doctrine; en effet, toute doctrine appartient au vrai, car la doctrine traite du vrai et du bien qui provient de ce vrai, alors elle est appélée doctrine de la foi, et elle traite du bien et du vrai qui provient d~ ce bien, alors elle est appelée doctrine de la charité; mais elles appartiennent l'une et l'autre au vrai. 'tOM. Va au-devant de lIfoscheh, signifie qu'il semit conjoint avec le vrai qui procède immédiatement du Divin: on le voit par la signification d'ailel' au-devant, en ce que c'est être conjoint; et par la représentation de Mosclteh, en ce qu'il est le vrai qui procède im­ médiatement du Divin, No70W. 7055. Au désert, signifie où elle n'est pas ainsi aupamvant, sa­ voir, la conjonction: on le voit par la signÜication du désel't, en ce que c'est où il y a encore peu de vital, No 1927, ainsi oil il n'y a pas le bien, ni le vrai qui provient du bien, No 4-736, car de là vient le vital; ici, où il n'y a pas conjonction du vrai qui procède immé­ diatement du Divin avec le vrai qui en procède médiatement; que la conjonction devait se faire là, c'est ce qui est sigrlHié en ce qu'Aharon irait au-devant de Moscheh au désert. Quant à ce qui concerne cette conjonction, il faut qu'on sache que chez l'homme il peut y avoir le Vrai qui procède médiatement du Divin, sans que cependant ce vrai ait été conjoint au vrai qui procède immédiate­ ment àu Divin. Mais comme ceCi est un arcane, il faut l"illustrer par des exemples: ceux qui pensent et enseignent selon la doctrine de leur Église qu'ils on'1 confirmée chez eux, et qui ne savent pas si les choses qu'ils pensent et enseignent sont des vrais, autrement
  • 244. EXODE, CHAP. QUATRIÈME. 239 que parce qu'elles sont de la doctrine de l'Église et ont été trans­ mises par des hommes savants et éclairés, peuvent avoir chez eux le vrai qui procède médiatement du Divin, mais néanmoins ce vrai n'a point été conjoint avec le Vrai qui procède immédiatement du Divin, car s'il eût été conjoint, ils auraient l'affection de savoir le vrai pour le vrai, et surtout pour la vie, de là aussi ils seraient doués de la faculté de percevoir si les doctrinaux de leur Église sont des vrais avant de les confirmer chez eux, et ils venaient dans chaque doctrinal si les choses qui confirment concordent avec le vrai lui·même. Soient aussi pour exemple les Prophètes, par qui la Parole a été écrite; ils ont écrit selon que l'esprit a dicté d'après le Divin, cal' les paroles mêmes qu'ils devaient éCrire, étaient énoncées à leurs oreilles; chez eux était le Vrai qui procède mé­ diatement du Divin, c'est-à-dire, par le Ciel; mais le Vrai qui a procédé immédiatement du Divin n'y était pas pour cela, cal' ils n'avaient pas la perception de ce que chaque expression signifiait dans le sens interne, car, ainsi qu'il a été dit, la perception existe lorsqu'il y a eu conjonction. Cette conjonction existe rarement chez l'homme, mais elle existe chèz tous ceux qui son t clans le Ciel, surtout chez ceux qui sont dans le Ciel intime ou troisième Ciel; elle n'existe pas non plus chez l'homme, à moins qu'il n'ait été régénéré au point qu'il puisse êtl'e élevé clu sensuel jusque vers son rationnel, et être ainsi dans la lumière du Ciel, où sont les anges. Chez tout homme, il est vrai, il y a l'influx Divin tant im­ médiat que médiat, N0s 6063, 7004., mais la conjonction n'est que chez ceux qui ont la perception du vrai d'après le bien; car ceux chez qui l'influx Divin immédiat 'a été conjoint à l'influx médiat se laissent conduire par le Seigneur, tandis que ceux chez qui ces influx n'ont point été conjoints se conduisent eux-nlêmes, et aiment cela. 'D'après ce qui vient d'être dit, on peut voir maintenant ce qui est entendu ici par le désert, c'est-à-dire que c'est où il n'y a pas conjonction. 705'6. Et il le rencontra en lu montugne de Dieu, signifie lu con­ jonctîon dans le bîen de [' umour là: on le voit par la signification cie rencontrer Ou venir au devant, en ce que c'est la conjonction, 10 705t ; et par la signification de la montagne de Dieu, en ce qu'elle est le bien cie l'amour Divin, No 6829. Voici ce qu'il en est:
  • 245. 21>0 A.RC..NES CÉLESTES. la conjonction tlu vrai qui procède immédiatement du Divin avec le vrai qui en procède médiatement ne peut exister que dans le llien, car le bien est l'humus même; les vrais sont les semences, qui nu croissent pas autre part que dans le bien comme dans leur humus: le bien est aussi l'âme même du vrai, de là existe le vrai pour qu'il soit le vrai, et de là il vit. Le Vrai qui pl'ocède immédiatement du Divin est appelé le Vrai, mais il est en soi le bien, parce qu'i! pro­ cède du Divin Bien; mais c'est un bien auquel tout Vl'aiDivin a été uni; il est appelé Vrai, parce que dans le Ciel il apparaît comme lumière, mais c'est une lumière telle que la lumière du printemps, à laquelle a été unie une chaleur qni vivifie toutes les productions de la terre: de 1:'1 on peut voir aussi qne la conjonction dn Vrai qui procède immédiatement du Divin avec le Vrai qui en procède mé­ diatement, ne peut existe" que dans le bien, ainsi qu'autant que l'homme est affecté du vrai pour le vrai, et surtout pour le bien, par conséquent pour la vie, car alors l'homme est dans le bien. Qu'on sache encore ce qu'il en est de cette conjonction par ceci: Le Vrai qui procède immédiatement du Divin entre dans la volonté de l'homme, c'est là son chemin ; mais le Vrai qui procède médiate­ ment du Divin entre dans l'entendement de l'homme, c'est pour­ quoi la conjonction ne peut pas être faite à moins que la volonté et l'entendement ue fassent un, c'est-à-dire, à moins que la volonté ne veuille le bien, et que l'entendement ne confirme ce bien par le vrai: lors donc qu'il y a conjonction, le Seigneur est comme pré­ sent, sa présence est même perçue; mais quand il n'y a pas con­ jonction, le Seigneur est comme allsent, cependant son absence n'est point perçue, à moins qu'on ne sache, d'après quelque per­ ception, ce que c'est que sa présence. 7057. Et il le baisa, signifie l'affection de la conjonction: on le voit par la signification de baiser, en ce que c'est la conjonction d'après l'affection, N°s 3573, 357Ji., 4353,5929,6260. 705R. Et Moscheh annonça ci Aharon toutes les paroles de Jého­ vah, signifie l'influx du "Vrai, qui procède immédiatement du Divin du Seigneur, dans le vrai qui procède médiatement, et l'instruction dans chaque chose de la doctrine: on le voit par la signification âannoncer, en ce que c'est l'influx, No 5966; par la représentation de IIfoscheh, en ce qu'il est le Vrai qui procède immédiatement du
  • 246. EXODE, CHAP. QUATRIÈUE. 24,1 Divin ùu Seigneur, J.os 7010, 7054; par la représentation d'Aha­ 7'011., en cc qu'il est le vrai qui procède médiatement du Divin du Seigneur, N° 7009 ; et par la signification de toutes les paroles de .Téhovah, en ce que c'est chaque chose de la doctrine; l'instruction est signifiée en cc que Moscheli les annonça à Aharon, cal' l'ins­ truction provient du Divin par l'influx, qui est signifié par annon­ CCI': d'après cela il est bien évident que ces expressions, Moscheh annonça à Al1aron toutes les paroles de Jébovali, signifient l'influx du Vrai, qui procède immédiatement du Divin du Seigneur, dans le Vrai qui procède médiatement, et l'instruction dans chaque cbose de la doctrine. Quant à ce qui concel'lle l'instruction dans chaque chose de la doctrine, elle existe quand le Vrai, qui procède immé­ diatement du Divin du Seigneur, est conjoint avec le Vrai qui pro­ cède médiatement, car alors il y a perception, voir ci-dessus N° 705;j; cette conjonction existe principalement chez les Anges qui sont dans le Ciel intime ou troisième Ciel, et sont appelés cé­ lestes; ces Anges ont une perception exquise de l'un et de l'autre vrai, et pal' là de la présence du Seigneur; ct cela, parce qu'ils sont plus que les autres dans le bien, car ils ont le bien de lïnno­ cenee; c'est pour cela qu'ils sont le plus près du Seigneur, et dans une lumière éclatante, et pour ainsi dire enflammée, car ils voient le Seignem comme un Soleil, dont les rayons de lumière sont tels à cause de la proximité. Il est dit le Vrai qui procède immédiate­ ment du Divin du Seigneur, quoiqu'ici dans le sens interne il s'a­ gisse du Seignem quand il était dans le monde, et quand il invo­ quait son Père comme séparé d'avec Lui; mais il a déjà été dit plusieurs fois comment cela doit être entendu, c'est-à-dire que le Divin ~lème ou Jéhovah était dans le Seigneur, puisqu'il avait été conçu de Jél1ovah, aussi l'appelle-t-il son Père et se nomme-t-iJ son Fils, mais alors le Seigneur était dans l'Humain déhile qui prove­ nait de la mère par l'hériditaire, et aulant il était dans cet Humain, autant Jéhovah ou le Divin Même, qui était en Lui, paraissait ab­ sent; mais autant le Seigneur était dans l'Humain glorifié ou de­ venu Divin, autant Jéhovah ou le Divin JUême était présent et dans l'Humain Même: d'après cela on peut maintenant savoir ce qui est entendu, quand il est dit que le Vrai qui avait procédé im­ médiatement du Divin, provenait du Divin du Seigneur. XI. IG
  • 247. :!!d AI{CAlES CÉLESTES. 7059. Pm' lesquelles il l'envoyait, ,çignifie qui pI'ocède, s:.voil', chaque chose de la doctrine: on le voit pal' la signification d' l'tte envoyé, en ce que c'est procéder, N0s 2397, 4·710. 7060, Et tous le,ç signes qu'il lui avait comnwndés, signifie l'il­ lusu'ation, et en même temps la confirmation qui en l'ésulte : on le voit par la signification des 8ignes, en ce qu'ils sont l'illustration et la confirmation des vérités, N0 7012. 70(1,1. El Moscheh alla, et Ahal'on, signifie la vie de la conjonc­ tion de l'un el de L'autl'e, savoir, du VI'ai qui procède immédiatement du Divin du SeigncUl', et du Vrai qui procède médiatement: on le voit par la signification d'allel', en ce que c'est la vie, N°s 3335, 3690,4882,5493; par la représentation cle Moscheh, en ce qu'il est le Vrai qui procède immédiatement du Divin, N°s 70'10,7054.; et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est le Vrai qui procède médiatement du Seigneur, N0 7009; de Ill. clonc, puisqu'ils allèrent ensemble, c'est la vie de la conjonction de l'un et de l'autre qui est signifiée. 7062. El ils a.çsernblèrenl tous les anciens des filscL'lsraël, signifie les choses pl'incipales de la sagesse qui appm'lienl à {J!; glise spi1'i­ welle: on le voit par la signification des anciens, en ce qu'ils sont les choses principales de la sagesse, ainsi les clIoses qui concordent avec le bien, N0 6524.; et par la représentation des lils d'Israël, en ce qu'ils sont l'Église spirituelle, N°s 64.26, 6637. 7063. Et Aharon ptononça toutes les pw'oles que Jéhovah avait pl'ononcées à !loscheh, signifie la doctrine pl'ovenant de là d'après le Divin: on le voit par la signification cle prononCC1' (parler), quand cela est dit de la doctrine qui est représentée par Aharon, en ceque e'est l'énonciation et la prédication, N°s 6987, 6999; par la repré­ sentation d'Ahm'on, en ce qu'il est le Vrai qui procède médiatement du Divin du Seigneur, ainsi la doctrine du vrai etdubien, N0S6998, 7009; et par la signification des paroles que Jéhovah pr'ononça à Moscheh, en ceque c'est d'après le Divin, c'est-à-dire, par le Vrai qui procède immédiatement du Divin du Seigneur, Vrai qui est repré­ senté par Mosclleh, N°s 70,10, 7054.. 7064.. Et il fit les signes aux yeux du peuple, signifie la confir­ mation selon la compréhension; on le voit par la signification des signes, en ce qu'ils sont la confirmation des vérités, et ainsi la
  • 248. EXODE, CHAP, QUATRli~ME, 24·3 connaissance, No 6870; ct par la signification des yeux, en ce qu'ils sont les choses qui appartiennent à la vue interne ou à l'en­ tendement, N0s '3Î01, 3820, U03 à 4.421, 4523 à 4534; ainsi aux yeu,x, c'est il l'entendement ou à la compréhension, 7065. El le peuple t:/'Ut, et ils entendirent, signifie la foi et l'espérance: on le voit pal' la signification de Cl'oire, en cc que c'est croire clans le sens spirituel ou la foi, ~os 6956, 6970; ct par la signification d'entendre, en cc que c'est obéir et aussi apercevoir, N0 5017; ici, avoir la foi, car lorsque celui qui est dans la foi cl dans l'obéissance aperçoit les confirmations, il reçoit l'espérance, parce que de là provient l'espérance, 7066. Que Jéhovah avait visité les fils d'Israël, signifie que ceux de l'Église spirituelle seraient délim'és et sauvés par l'avénement du Seigneur: cela est évident pal' la signification de visiw', en cc que c'est la délivrance par l'avénement du Seigneur dans le monde, N0 6895, par conséquent aussi la salvation; que ceux de l'l~glise spirituelle aient été adoptés et sauvés par l'a'iénement du Seigneur dans le monde, on le voit N°s 6854" 6914, 7035; et par la repré­ sentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont l'Église spiritueIle, N°s 6426, 6637; que Jéhovah dans la Parole soit le Seigneur, on le voit Noq 34,3,1736, 292,1, 3023, 3035, 5663, 628,1, 6303, 6905. 7067. Et qu'il avait vu leur affliction, signifie ap"ès tant de ten· tations : on le voit par la signification de l'afflic/ion, en ce qu'elle est la tentation, N° 5356; et par la représentation des fils d' IS1'Ctël, en cequ'ils sont ceux de J'Église spirituelle, Nos6426, 6637; quant à l'affliction ou infestation par les faux, ainsi quant aux tentations de ceux qui ont été de l'Église spirituelle, avant l'avénement du Seigneur, voir N°s 6854, 6914-, 7037. 7068. Et ils s'inclinèrent et se prosternèrent, signifie l'humilia­ tion : on le voit pal' la signification de s'inclinel' et de se pros/el'ne,', en ce que c'est l'effet de l'humiliation, N0s 2'153, 6266; mais que s'incliner, ce soit l'humiliation extérieure, et de ceux qui sont dans le vrai, et que se prosterner, ce soit l'humiliation intérieure, ct de ceux qui sont dans le bien, on le voit N° 5682: qu'il en soit ainsi, c'est ce que j'ai vu clairement par ceux qui sont dans le vrai, et par ceux qui sont dans le bien; ceux qui sont dans le vrai sont pOUf' ainsi dire raides, et se tiennent droits comme s'ils étaient
  • 249. t.H. ARCANES CÉLESTES. durs, et quand ils doivent s'humilier devant le Divin, ils inclinent seùle'ment un peu le corps; mais ceux qni sont dans le bien sont pour ainsi dire flexibles, et quand ils s'humilient devant le Divin, ils se prosternent jusqu'à terre; en effet, le Tai sans le bien est tout il fait l'aide, et quand il regarde le bien comme lin , cette rai­ deur commence à s'amollir; mais le bien en soi est doux, et le vrai qui est insinué, parce qu'il y devient le bien, s'adoucit aussi; la raison tle cela, c'est que le Tai ne Ileut être disposé dans la forme céleste que par le bieu, d'oil il résulte qu'en lui-même il est dur, car la forme c(~leste est très-libre et n'om·c aucune résistance; de là le hien chez leqnel le vrai a été convenablement disposé est sem­ blallle, et, ainsi qu'il :J été dit, il est donx. CO~TINUATIO" sm LES ESPHITS DE LA PLANf:TE ]JE ~IEllCljlU:. 7069. On peut en outre tlécouvrir, d'après cc qui suit, quel est le génie des esprits qui sont de la Planète tic Mercure. Il faut qu'on sache que tous les esprits, en quelque nombre qu'ils soient, ont été hommes, car le genre humain est la pépinière du Ciel; ct que les esprits eux-mêmes sont absolument tels qu'ils ont été, quand iis ont vécu dans le monde, car la vic de chacun le suit; puisqu'il en est ainsi, le génie des hommes tic chaque terre peut être connu par le génie des esprits qui en sont. 7070. Comme les esprits de llercure dans le Très-Grand Homme représentent la Mémoire des choses abstraites de celles qui sont matérielles, }o 6808, il en résulte que quand quelqu'un leur parle de choses terrestres, corporelles et purement mondaines, ils ne veulent absolument pas entendre, et que s'ils sont forcés de les en­ tendre, ils les changent en d'autres, et le plus souvent en choses opposées, afin d'éyiter la conversation. 707,1. Alln que je connusse avec certitude que tel était leur génie, il fut permis de représenter devant eux des prairies, des ja­ chères, des jardins, des forêts, des fleuves, mais aussitôt ils les changeaient; ils obscurcissaient les prail'ies et les jachères, et par des représentations ils les remplissaient de serpents; ils noircis­
  • 250. EX.ODE, CHAP. QlJATIHÈME. 24.5 saient les fleuves, afin que l'eau ne parùt pas limpide; quand je demandai pourquoi ils agissaient ainsi, ils dirent qu'ils voulaient penser non pas il de tels ohjets, mais à des ohjets réels, qui sont les connaissances des choses ahstraites de celles qui sont terrestres, et principalement les connaissances des choses qui existent dans les cieux. 707'2. Ensuite je représentai devant eux de grands et de petits oiseaux, tels qu'ils sont sur notre terre, cal' dans l'autre vie les oi­ séaux peuvent être représentés comme s'ils vivaient réellement (quflsiadvivum), le langage même des esprits etdes A.nges est plein de représentations: quand ces esprits de Mercure virent ces oi­ seaux représentés, ils youlaient d'abord les changer, mais ensuitl~ ils prirent plaisir à les voir et restèrent tranquilles; cela venait de ce que les oiseaux signifient lesconnnaissances des choses, la per­ ception de cette signification influait aussi dans ce moment; ils s'abstinrent donc dr. les changer, et par conséquent de les détour­ ner des idées de leur mémoire. Après cela, il me fut permis de représenter devant eux un très-oeal! jardin l'empli de lampes ct de flambeaux; alol's ils s'arrêtèrent et furent retenus, et cela, parce que les lampes avec les flambeaux signifient les vérités qui brillen t par le bien; pal' là je vis clairement qu'ils pouvaient être retenus à considérer des objets matériels, pourvu qu'en même temps lem si­ gnification dans le sens spirituel fùt insinuée; car les choses qui appartiennent au sens spirituel ont été abstraites des matérielles, mais sont représentées dans les matérielles. 7073. En outre, jeleur parlai de brebis ctcl'agucaux, mais ils ne v.oulaient pas entendre ce que je leur en disais, parce qu'ils les percevaient comme des objets terrestres; cela venait de ce qu'ils ne comprenaient pas ce que c'est que l'Innocence, qui est signifiée parles Agneaux; je nùn aperçus en ce que, quand j'eus dit que les Ag'neaux n'apparaissaient pas non plus dans le Ciel comme Agneaux représentés, mais que lorsqu'ils sont nommés, à leur place on y perçoit 1Innocence, ils répondirent qu'iL ne savaient pas ce que c'était que I1nnocence, mais qu'ils n'en connaissaient que le nom; cela vient de ce qu'ils sont afl'ectcs ~eulement des cou­ naissances, ct non des usages, qui sont les fins des connaissances, No 78H); ainsi. comme ils ne sont point affectés des fins des con­
  • 251. 246 AHCANES CÉLESTES. naissances, ils Ile peuvent pas non plus savoir d'après une percep­ tion interne ce que c'est que l'Innocence. 707~. Quelques-uns des esprits de la terl'e de Mercure venaient à moi, envoyés par d'autres, pour entendre ce qui se passerait chez moi; et un des esprits de notre terre disait à ceux-ci de recomman­ der aux leurs, de ne dire absolument que le vrai, et de ne pas, selon leur coutume, présenter à ceux qui leur feraient des ques­ tions des choses opposées; parce que si quelqu'un des esprits de notre terre agissait ainsi, il serait cllâtié : mais alors la cohorte pal' qui ces esprits avaient été envoyés, et qui était au loin, répon­ dait que s'ils étaient châtiés pour cela, tous seraient châtiés, puis­ que, d'après un usage continuel, ils ne peuvent faire autrement; ils disaient que quand ils parlent avec les hommes de leu!' tcrre, ils font aussi de même, non pas dans l'intention de les tromper, mais pour lem inspirer ainsi le désir de savoir; car lorsqu'on pré­ sente des opposés, et que l'on cache les choses d'une certaine ma­ nière, le désir de savoir est excité, et ainsi, par J'application à les examiner, la mémoire est enrichie. 7075. Je m'emrctins aussi une autre fois avec eux sur le même sujet; et comme je savais qu'ils parlaient avec les hommes de leUI' terre, je demandai comment ils en instruisent les habitants; ils me dirent qu'ils ne les instruisent pas de quelle manière la chose se passe, mais que néanmoins ils insinuent quelque aperception de la chose, afin que par là le désir de savoir soit entretenu et s'accroisse; car s'ils répondaient il tout, le désir périrait: ils ajoutèrent qu'ils présentent aussi des opposés, afin que la vérité ensuite apparaisse mieux, car toute vérité apparaît d'après le rapport avec les op­ posés. 7076. Ils ont l'om coutume de ne dire à qui que ce soit ce qu'ils savent, et cependant de vouloir apprendre de tous ce que ceux-ci savent: mais dans leur société ils se communiquent tout, au point que ce que l'un sait, tous le savent, et ce que tous savent, chacun le sait. 7077. Comme les esprits de Mercure sont tels, et ont toujours des connaissances en abondance, ils sont dans une sorte de fierté, N° 68'13; de là ils s'imaginent qu'ils savent tant de choses, qu'on peut il peine en sayoir davantage; mais il leur fut dit par des Es­
  • 252. EXODE, CHAP. QUATlUÈME. 2~7 prits de notre Terre qu'ils ne savent pas beaucoup de choses, qu'ils n'en savent que peu; que les choses qu'ils ne savent pas sont relati­ vement en nombre infini; et que celles qu'ils ne savent pas sont à celles qu'ils savent, comme les eaux du grand Océan sont aux eaux d'une petite fontaine. Pour qu'ils connussent que cela était ainsi, il fut permis à un esprit angélique de parler avec eux, et de leur dire en général ce qu'ils savaient, et ce qu'ils ne savaient pas; qu'il y avait une infinité de choses qu'ils ne savaient pas, et que durant toute l'éternité ils ne pourraient pas même savoir les communs des choses. Cet esprit parlait, au moyen d'idées angéliques, beaucoup plus promptement qu'eux, et comme il découvrait ce qu'ils savaient et ce qu'ils ne savaient pas, ils furent frappés d'étonnement. En­ suite je vis un autre Ange parler avec eux, il apparut à une certaine hauteur à la droite, il leur faisait l'énumération d'un très-grand nombre de choses qu'ils ne savaient point, et ensuite il leur parlait au moyen de changements d'état, qu'ils disaient ne pas comprendre; alors il lem disait que chaque changement d'état contient une infi­ nité de choses, et qu'il en est de même de chaque petite partie de Ce changement d'étaL. Quand ils eurent entendu cela, comme ils avaient été dans la fierté à cause de leurs connaissances, ils com­ mencèrent à s'humilier; l'humiliation était représentée pal' l'abais­ sement de leur masse volumineuse, - ear'cette eol1orte apparaissai t alors comme une masse volumineuse (vo/wnen), en avant vel's la gauche à certaine distance, dans le plan de la région au-dessous de l'ombilic; - mais la masse semblait creuse dans le milieu et élevée par les côtés; on y remarquait aussi un mouvement réciproque; il leur fut même ditee que cela signifiait, c'est-à-dire ce qu'ils pensaient dans leur l1umiliation, et que ceux qui apparaissaient élevés sur les côtés n'étaient encore dans aucune humiliatiou: et je vis que la masse se séparait, ct que e'eux qui n'étaient point dans J'humiliation étaient rélégués vers leur globe, tous les autres restaient. Comme les esprits de la planète de Mercure fuient les esprits de notre terre à cause des choses matérielles dans lesquelles ils sont, et qu'ils de­ mandèrent si de tels esprits pouvaient devenir anges, N0 69<29, ils reçurent pour réponse que l'Ange, qui s'était entretenu avec eux, avait été de cette terre. 7078. JI faut (IU'On sache que les Esprits des autres terres appa­
  • 253. 248 ARCANES CÉLESTES. l'aissent non point au-dedans de la sphèl'e olt sont les esprits. de notre terre, mais au-dehors de cette sphère, les uns à une grande distance, les autres il une distance moins grande, et aussi vers di­ verses plages; cela vient de cc que les esprits d'une te1'l'e ne sont pas d'un pal'cil génie ni d'une pareille vie avec les habitants d'une autre terre; puis, parce qu'ils constituent dans le Tl'ès-Grand Homme d'autres provinces; la différence de l'état de la vie fait cette appa­ rence: mais dans le Ciel intime ils n'apparaissent point séparés les uns d'avec les aull'es. Toutefois, les Espl'its de l'Iel'cure apparaissent non pas vel'S une plage déterminée, ni il une distance constante, mais tantôt en avant, tanlôt à gauche, tantôt un peu par-del'rière; et cela, parce qu'illeul' est pel'mis de pal'courir l'univers pour ac­ quél'ir des connaissances, ct ainsi pour enrichir leul' mémoil'c : leur planète cst par-derrièl'e les esprits, il en est de même du soleil du monde, quand ils y pensent, cal' il n'en apparait pas la moindre chose; s'il est par-derrièl'e, c'est parce que le soleil du monde, pOUl' ceux qui sont dans l'autre vie, est absolument dans l'obscul', ct est pour eux des ténèbres; mais le Solcil du Ciel, ou le Seigneul', ap­ paraît en avant devant l'œil dl'oft, parce que de là leur vient toute· lumière; cal' l'œil droit cOl'l'espond à la vue intellectuelle non-seu­ lement en tant qu'elle est éclairée par le vrai, mais aussi en tant qu'clic l'est par le bien, N° 4410; ainsi le Seignem regarde l'homme d'après le bien, et l'éclaire pal'le bien. 7079. La continuation sur les esprits de la Planète de Mercure est à la fin du Chapitre suivant.
  • 254. I)REliIERE PAI1TIE DU LIVRE DE L'EXODE. ~ CHAPITRE CINQUIÈME. DOCTRINE DE LA CHARITÉ. 7080. Dans ce qui précède il a été dit ce que c'est que le 1)1'0- chain, maintement il faut dire cc que c'est que la Cl1al'Îté ou l'A- mour qu'on doit avoir pour le Prochaiu. 7081. La vie même de l'homme est son amour, et tel est son amour, telle est sa vie, lJien plus tel est l'homme tout entier. Toute- fois ce qui constitue l'homme, c'est l'amour dominant ou régnant, c'est-à-dire, l'amour de la chose qu'il a pour fin : cet amour a pour subordonnés plusieurs amours particuliers et singuliers, qui en sont des dérivations ct qui se montrent sous une autre apparence, mais néanmoins l'amour dominant est dans chacun de ces amours, et il les dirige, et par eux, comme par des fins moyennes, il regarde et poursuit sa fin, qui est la principale ct la dernière de toutes; et cela, tant directement quïndirectement. 7082. JI Ya, ùans le monde naturel, deux choses qui y consti- tuent la vie, savoir, la Chaleur ct la Lumière; ct dans le monde spirituel il y a deux choses qui y constituent la vie, savoir, l'Amour e( la Foi: la Chaleur daus le monde naturel correspoud il l'Amour (lans le monde spirituel, et la Lumière dans le mondc naturel Cor- respond à la Foi dans le monde spirituel; de là 'ient que quand on dit la Chaleur ou le Feu spirituel on entend l'Amonr, ct que qlt:l.nd on dit la Lmnière spiritUi'llc on entcnclla Foi: etl1l)me l'Amour est
  • 255. 2i)O AH.CANES CltLESTES. réellement la Chaleur vitale de l'homme, car 011 sait que l'homme est échauffé par l'amolli'; ct la l;'oi est rt"ellement la Lumière de l'homme, car on peut savoir que l"homme est éclairé par la foi. ' 7083, Dans le monde naturel la Chaleur ct la Lumière existent par le Soleil du monde; mais la Chaleur spirituelle et la Lumière spirituelle, ou l'Amour et la Foi, existent par le Soleil du Ciel: le Soleil du Ciel est le Seigneur, la Chaleur qui vient de Lui comme Soleil est l'Amour, et la Lumière qui vient de Lui comme Soleil est la Foi: que le Seigneur soit la Lumière, on le voit dans Jean: ({ Jésus dit: Moi, je suis la Lumiè7'e du monde, celui qui Me suit » ne marchera point dans les ténèbres, mais il ct1tru la Lumière » de let vÎc.» - VIII. '12; - et que le Seigneur soit le Soleil (du Ciel), on le voit dans Matthieu: ({ Quand Jésus fut transfiguré, sa » (ace resplendit com.me le Soleil, et ses vêlements devinrent comme » la Lumière. » - XVII, 2. 7084-. D'après cette correspondance on peut même savoir ce qu'il en est de la Foi et de l'Amour: la Foi sans l'Amour est comme la Lumière sans la Chaleur, telle qu'est la lumière de I"lJiver; ct la Foi avec l'Amoul' est comme la Lumière avec la Chaleur, telle qu'est la lumière du printemps; on sait que dans la lumière du printemps tout croît et Oeurit, et l'on sait aussi que clans la lumIère de l"hiver tout languit et est dans un état de mort; il en est de même de la Foi et de l'ArnOUl', 7085, Maintenant, puisque c'est de l'amour que vient la vie de l'homme, ct que l'homme est tout entier tel qu'est son amour, et puisque l'Amour est la Conjonction spirituelle, il en résulte que tous, dans l'autre vic, sont associés selon les amours, car la vie, c'est-à­ dire l'amour de chacun le suit: ceux qui sont dans l'Amour envers le prochain et dans l'Amour pour Dieu, sont associés dans le Ciel; ceIlx, au contraire, qui son t dans l'Amour de soi et dans l'Amour dIl monde sont associés dans I"Enrer: en effet l'Amour de soi est opposé à l'Amour pOlir Dieu, et l'AmOllI' du monde est opposé à l'Amour em'ers le prochain, 7086. Il est dit l'Amour poU' Dieu, et l'on entend l'Amour pour le Seigneur, parce que la Trinité est en Lui, et qu'Il est le Seigneur du Ciel, cal' « à Lui est toute puissance dans le Ciel et sur la 'fefTc. J) - MatO. XXVllI. 18,
  • 256. EXODE, CHAP'. CINQUIÈME. 25 CHAPITRE V. 1. Et ensuite vinrent i"foscheh et Aharon, et ils dirent à Pharaon: Ainsi a dit JEHOVAH le DIEU d'Israël: Renvoie mon peuple, et qu'ils Me célèbrent une fête dans le désert. 2. Et Pharaon dit: Qui (est) JEIIOVAH, que j'écoute sa voix pOUl' renvoyer Israël? Je ne connais point JÉHOVAH, et aussi ne renver­ rai-je point Israël. 3. Et ils dirent: Le DIEU des Hébreux s'est rencontré devant nous; que nous allions, s'il te plaît, le chemin de trois jours dans le désert, et que nous sacrilîions à JEIIOVAH notre DIEU, de peur qu'il ne tombe sU' nous par la peste on par l'épée. 4. Et le roi d'Égypte leU' dit: PoU'quoi, lioscbelt et Aharon, détournez-vous le peuple de ses ouvrages? Allez à vos fardeaux. 5. Et Pharaon dit: Voici, nombreux maintenant, le peuple de la terre, et vous les avez fait chômer de leurs fardeaux. 6. Et Pharaon ordonna en ce jour-là aux exacteurs du peuple, et à ses directeurs, en disant: 7. Yous ne continuerez plus à donner de la paille an peuple pOUl' fabriquer des briques, comme hier avant-hier; eux ir'Ont, et qu'ils se ramassent de la paille. . 8. Et la mesure de briques qu'ils faisaient hier avant-hier, vous (La) leur imposerez, "rous n'en retrancherez point, car désœuvrés ils (sont), c'est pourquoi ils crient, en disant: Allons, sacrifions à notre Dme. 9. Que le service soit appesanti SUl' ces hommes, et qu'ils le fas­ sent, et qu'ils ne regardent point à des paroles de mensonge. ·1 O. l~t (ltImitôt) sortirent les exacteurs du peuple et ses direc­ teurs, et ils dirent au peuple, en disant: Ainsi a dit Pharaon: Je ne vous donne plus de paille. '1 '1. Vous-mêmes, allez; prenez de la paille, cl"où vous (en) trou­ verez, car il ne sera rien retranché de votre service. ,12. Et le peuple se dispersa clans toute la terre d'J~gypte, VOllf ramasser cles brins pOU' paille.
  • 257. :252 ARCANES CJ~LI.::STES. ~ 3. Et [es exacteurs (les) pressaient en disant; Achevez VOs ou­ vrages, l'affaire d'un jour en son jour, comme lorsqu'il y avait de la paille. ~ 4. Et furent battus les directeurs des fils d'Israël, qu'avaient préposés SUl' eux les exacteurs de Pharaon, en disant: Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche de fabrication de briques, comme hier avant-hier, aussi hier, aussi aujourd'hui? ~ 5. Et les directeurs des fils d'Israël vinrent, et ils crièrent il Pharaon, en disant: Pourquoi fais-tu ainsi il tes serviteurs? 46. De la paille, il n'en est point donné à tes serviteurs; et des briques, ils nous disent: Faites; et voici, tes serviteurs sont battus: et ton peuple a l,éche. 47. Et il dit; Des désœuvrés, vous; des désœuvrés; c'est pour­ quoi vous dites; Allons, sacrifions à JÉHOVAH. 18. Et maintenant allez, servez; et de la paille il ne vous en sera point donné, et la mesure de briques vous donnerez. ,19. Et les directeUl's des fils d'Israël se virent dans le mal, en ce qu'il était dit; Vous ne retrancherez de vos briques quoi que ce soit dujour en son JOUi'. 20. Et ils rencontrèrent Moscheh et Aharon , qui se t1'ouvèrent devant eux, comme eux sortaient de chez Pharaon. 21. Et ils leur dirent: Que JI~HOVAII vous voie et juge, que vous avez empuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux de ses serviteurs, (de manière) il mettre une épée en leur main pour nous tuer. 22. Et Moscheh retourna vers JltrlOvAH, et il dit: SEIGNEUR! Pourquoi as-tu fait du mal à ce peuple? Pourquoi m'as-tu envoyé? 23. Et depuis que je suis Vel1l1 vers Pharaon pour pal'ier en ton Nom, il a fait du mal à ce peuple; et en délivrant tu n'as point déli"l'é ton peuple. CONTENU. 7087. Dans ce Chapitre, dans le sens interne, il continue il être traité de l'infestation de ceux de l'I~g1ise spirituelle, par les faux. Il s'agit d'abord ùe ceax qui infestaient, en ce qu'ils ne faisaient ab­ solument aucune attention il l'exhortation Divine; pub, en cc qu'ils
  • 258. EXODE, CHAP. CINQUlÈlIE. 2!)~ infestaient ensuite encOI'e plus, en injectant des illusions et des faux fabriqués avec art, que ne pouvaient dissiper ceux de l'Église spiri­ tuelle; et comme ceux-ci ne pouvaient éloigner d'eux crux qui les infestaient ainsi ils se lamentèrent devant le Divin. SENS INTERNE. 7088. Yers, 4.2, 3,4,. Et ensuite vil1rentll1oscheh et Aharon, et ils dirent à Phamon : Ainsi a dit Jéhovah le Dieu d'Ismël : Renvoie mon peuple, et qu'ils Mc célèbrent une fête dans le désert. Et Pha­ mon dit: Qui (est) Jéhovah, que j'éCOUle sa voix pour renvoyer Jsmël? Je ne connais point Jéhovah, et aussi ne renverraHe point Israël. Et ils dirent: Le Dieu des Hébreux s'est rencontré devant nous; que nous allions, s'il te plaÎt, le chemin de trois jOllrs dnns le désert, et que nous sacrifiions à Jéhovah notre Dieu, de peur qn'il ne tombe sur nOlis par la peste ou par l' dpée. Etle roi d'Égypte leur dit: POUl'quoi, iJrloscheh et AI/II,l'on, déloumez-vous le peuple de ses oltvmges? Allez à vos fardeau::c. - Et cnsuÜe vinrent Jl10sclteh et Aharon, signifie la Loi Divine et1a Doctrine qui en provient: et ils dirent ct Pharaon, signilie de lit l'exhortation il ceux qui sont contre les vi'ais de J'Église: ainsi a dit Jéhovah le Dieu d']srai:l, signîlie d'après le Divin Humain du Seigneur: l'envoie mon peuple, signifie qu'ils cessent de ks infestel'; el qu'ils me célèbrent une tëte dans le désert, signifie afin qu'ils adorent d'un esprit joyeux le Seigneur dans l'obscur de la foi où ils sont: ct P!wraon dit, signifie la pensée con­ traire; qui (est) Jéhovah, que.ï écoute sa voix, signifie concernant le Seigneur, il l'exhortation Duquel ils devraient ob{:ir: pour l'en­ voyer Israël, signifie alin de cesser; je lW connais point Jéhovah, signilie qu'ils ne s'occupent point du Seigneur: et aussi ne renverai­ jc point Israël, signifie qu'ils ne cesseront point d'infester; et il.ç dirent: le Dieu des HébrCltx s'est rencontré devant nous, signifie que Dieu Lui-1I1ême l'a eommand~ il J'Église; que nous allions, s'il te plaît. le chemin de trois jours dans le désert, signifie qu'ils seront dans un état entièrement éloigné des faux, quoique dans l'obscur de la foi: et qlle nous sacrifiions à Jéhovah notl'e Dieu, signifie afin d'a­ dorer le Sei~nf:Ii': de peul' qu'il ne tombe sur nous par 1({ pest!! et par
  • 259. 25ic ARCANES CÉLESTES. l'épée, signifie pour éviter la damnation du mal et du faux: et le roi d'Égypte leur dit, signifie la réponse de ceux qui sont dans les faux: pourquoi, lI10scheh et Aharon, détournez-vous le peuple de ses ouvra­ ges, signifie que leur Loi Divine et leur Doctrine ne les exempteront pas de leurs charges: aLLez à vos fardeaux, signifie qu'ils vivront dans les combats. 7089. Et ensuite vinrent1l1osclteh et Alwron, signifie la Loi Di­ vine et la Doctl'ine qui en pl'ovient: on le voit par la représentation de l1loscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant à la Loi Divine, No 6752, et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la Doctrine du bien et du vrai, Ko 6998. Par la Loi Divine, que lloscheh représente, est entendue la Parole telle qu'elle est dans son sens infel'l1c, ainsi telle qu'elle est dans les cieux; et par la Doctrine est entendue la Parole telle qu'elle est dans son sens littéral, ainsi telle qu'elle est SUl' les terres; on peut voir combien elles diffèrent entre elles, d'après les explications qui ont été données jusqu'ici quant au sens interne de la Parole: soient pour illustration les dix préceptes, qui speciale­ ment sont appelés la Loi; leur sens littéral est, qu'on doit honorer son père el sa mère, ne point tuer, ne point commettre l'adultère, ne point voler, etc. ; mais le sens interne est, qu'on doit adorer le Seigneur, ne point avoir de haine, ne point falsifier le vrai, et ne point s'arroger ce qui appartient au Seigneur; ainsi sont entendus dans le Ciel œs quatre préceptes du décalogue; et les autres pré­ ceptes y sont aussi entendus à leur manière; car dans les cieux on ne connaît pas d'autre Père que le Seigneur, c'esl pour cela que par honorer son père et sa mère on entend adorer le Seigneur; dans les cieux on ne sait pas non plus ce que c'est que tuer, car on vit éternellement, mais par tuer on entend avoir de la haine et blesser la vie spirituelle de quelqu'un; dans les cieux on ne sait pas non plus ce que c'est que commettre l'adultère, c'est pourquoi par là on perçoit ce qui est correspondant, savoir, ne pas falsifier le vrai; par voler, on perçoit ne rien enlever au Seigneur, ct ne point s'arroger ce qui est au Seigneur, par exemple, le bien et le vrai: telle est cetteLoi, et aussi toute la Parole dans les cieux, telle elle est par consequent dans le sens interne, et même elle est encore plus profonde, car la plupart des choses qui sont pensées et dites dans lesciellx, ne tombent point dans les mots du langage humain, parce
  • 260. EXODE, CIUP. CINQUIÈME. 2(i;) qae là est le monde spirituel et non pas naturel, et les choses qui appartiennent au monde spirituel sont autant au-dessus de celles qui appartiennent au monde naturel, que les choses non-matérielles sont au-dessus de celles qui sont matérielles; mais comme néan­ moins les matérielles correspondent aux non-materieHes, celles-ci peuvent êtl'e exposées par les matérielles, ainsi par le langage na­ turel, mais non par le langage spil'itucl; en etfet le langage spirituel consiste non en mots matériels, mais en mots spirituels, qui sont les idées modifiées en mots dans la plus pure atmosphère spirituelle (in aurâ spirituali) , et représentées par les variétés de couleur de la lumière céleste, et cette lumière en soi n'est que nntelligence ct la Sagesse Divine procédant du Seigneur. D'après cela on peut voil' ce qui est entendu dans le sens réel par la Loi Divine queMoscheh représente, et par la Doctrine qui est représentée par Aharon. 7090. Et ils dirent à Phamon, signifie ['exhortation à ceux qui sont contre les vrais de l'Église: on le voit par la signification de dire, lorsquec'est i'Ioscheh ct Aharon qui disent d'après un Comman­ dementDivin, en cc que c'est l'exhortation, comme allssi 2 0 70;13; ct par la repl'ésentation de P/wraon, en ce qu'il est le scientifique qui est contre les vrais de l'Église, N°s 6651, 6673, 6683, ainsi ceux qui sont tels. Ici, et dans la suite, il s'agit de ceux de l'Église spirituelle qui ont été sauvés par l'avénement ùu Seigneur dans le monde, et qui avant son avénement étaient détenus dans la terre inférieure, et y étaient tourmentés par les faux, c'est-à-dire, par les infernaux qui sont dans les faux provenant du mal; cette Terre est sous les plantes des pieds, elle est entourée par les enfers; en avant, pal' ceux qui ont falsifié les vrais ct adultéré les biens; il droite, par ceux qui pervertissent l'ordre Divin, ct s'appliquent à s'en arrogel' la puissance; par derrière, pal' les mauvais génies qui d'après l'a­ mour de soi ont machiné en secret le mal contre le prochain; pro­ fondément au-dessous d'eux sont ceux qui ontentièrementmépris~ le Divin et adoré la nature, et qui par là ont repoussé loin d'eux tout spirituel; ainsi ont été entourés ceux qui sont dans la terre inférieure, où ont été mis en réserve avant l'avénement du SeigneUl' cellx qui étaient de l'Église spirituelle, et où ils ont été infestés; mais néanmoins ils ont été défendus par le Seigneur et élevés avec Lui an Ciel, quand Lui-Même est ressuscité; voir à leur sujf~t ce
  • 261. 25G AnCANES CI~LESTES. qui a été dit et montré pr{~cédemment N°s 6851, 6855, G9'! !~, 694.5, 7031>. La terre inférieure, où ceux qui étaient de l'Église spiri­ tuelle ont été mis en résen'e jusqu'à l'avénement du Seigneur, est nommée quelquefois dans la Parole, par exemple dans Ésaïe: « Chantez, Cieux! parce que Jéhovah a opéré; soyez dans la jubi­ )l lation, lieux in{érieurs de ln. te1Te! retentissez de chant, mon­ )l tagnes, forêt et tout al'1Jre qui y est! parce que Jéhovah a l'acheté )l Jacob, ct en Israël il s'est rendu glorieux. )l - XLIV. 23: - là, il s'agit de ceux qui étaient dans la terre inférieure, en ce qu'ils ont été sauvés par le Seigneur; Jacob et Israël, c'est l'Église spiri­ tuelle, Jacob l'Église externe, Israël l'Église interne, N°s 3305, 4286, Gi26. Dans Ezéchiel: « Quand je t'aurai fait descendre avec )l ceux qui descendent dans le! (osse, vers le peuple de l'éternité, et )l qu()je t'aurai fait habiter dans la terre des infé7'ieul's, dans les dé­ li solations. » - XXVI. 20. - Dans le lHème: « Vers ln. lerre des li inférieurs au milieu des fils de l'homme, vers ceux qui descendent li dans la fosse: de là ils se consoleront dans la terre inférieure )l tous les arbres d'Eden, l'élite et le principal du Liban, tous ceux )l qui boivent les eaux. Il - XXXI. 14-, 16; - là, la terre inférieure, c'est oü ont été ceux qui étaient de l'Église spirituelle. Aujourd'hui aussi, ceux qui sont de l'Église, et ont rempli leurs idées de choses mondaines et même terrestres, et qui ont fait que les vrais de hl foi ont été adjoints à de telles choses, sont envoyés dans la terre inférieure, et y sont aussi dans les combats, et cela jusqu'à ce que ces choses mondaines et terrestres aient été séparées des vrais de la foi, et qu'elles aient été déliées de telle sorte qu'elles ne soient plus conjointes: quand cela a été achevé, ils sont élevés de là dans le Ciel; en effet, avant que ces choses aient été éloignées, ils ne peuvent en aucune manière être avec les A.nges, car ces choses sont des ténèbres et des souillures, qui ne concordent point avec la lumière et la pureté du Ciel: ces choses mondaines et terrestres ne peuvent être séparées et éloignées que par les combats contre les faux; ces combats se font de cette manière: ceux qui sont là sont infest(·s par les illusions et par suite par les faux, qui sont lancés de tous côtes pal' les infernaux, mais que le Seigneur repousse par le Ciel, et alors les vrais sont en même temps insinués: el ces choses se présentent comme chez C.enx qui sont dans les combats;
  • 262. EXODE, CHAP. CINQUItME. 2;)7 c'est de là que l'Église spirituelle doit être dite militante; mais aujourd'hui elle est rarement militante chez quelqu'un, dans le monde, car l'homme de l'Église, quand il vit dans le monde, ne soutient pas le combat, à cause de la foule des méchants, au milieu de laquelle il est, et à cause de la faiblesse de la chair , dans la­ quelle il est; l'homme, dans l'autre vie, peut être fermement con­ tenu dans les liens de la conscience, mais non dé même dans le monde, car si dans le monde il est réduit à quelque désespoir, comme il arrive ordinairement à ceux qui sont dans les combats. aussitôt il rompt ces liens; et s'il [es rompt, alors il succombe; et s'il succombe ainsi, c'en est fait de son salut; c'est de là qu'au­ jourd'hui dans l'Église il en est peu qui soient admis par le Sei­ gneur dans les combats pour les vrais contre les faux; ces combats sont les tentations spirituelles. Voir aussi ce qui a déjà été dit de la terre inférieure et des vastations qu'on y subit, Nos 4-728, 4-94-0 à ''95-1, 685L 7091. Ainsi a dit Jéhovah le Dieu d'Israël, signifie d'après le Divin HUlnltin du Seignem', savoir, l'exhortation à ceux qui sont contre les vrais de l'Église: cela est évident en ce que par Jéhovah le Dieu li Israël est entendu le SeigneUl' quant au Divin Humain; que le Seigneur soit Jéhovah dans la Parole, on le voit N°s 134-3, 1736, 2921, 3023, 3035, 504--1, 5663, 6303, 628-1, 6905; il est appelé le Dieu d'Israël, parce qu'Israël signifie le Royaume spiri­ tuel du Seigneur, N°s 6426, 6637, et parce que le Seigneur par son avénement dans le monde a sauvé ceux qui avaient été de ce Royaume ou de cette Église, N°s 6854-, 69'1'',7035: que le Dieu d'Israël soit le Seigneur quant au Divin Humain, c'est parce que ceux qui sont de cetteÉglise ont des idées nat.urelles sur tout spiri­ tuel et sUI' tout céleste, et aussi sur le Divin, si donc ils ne pen­ saient pas du Divin comme d'un Homme Naturel, ils ne pourraient être conjoints au Divin par aucune affection; car s'ils ne pensaient pas du Divin comme d'un Homme naturel, ils n'auraient du Divin aucune idée, ou ils en auraient des idées énormes, et ainsi ils souilleraient le Divin; c'est de là que par le Dieu d'Israël est en­ tendu le Seigneur quant au Divin Humain, et même quant au Di­ vin naturel; que par Israël et Jacob dans le sens suprême soit en­ tendu le Seigneur quant au Divin Naturel, par Israël quant au XI. 17
  • 263. 208 AHCANES CÉLESTES. Divin Naturel Inteme, ct par Jacob quant au Divin Naturel Ex­ teme, on le voit N° 4.570; et que ceux qui sont de l'(<:glise spiri­ tuelle ont été sauvés et sont sauvés par le Divin Humain du Sei­ gneUl', ~os 2833, 2834·; et que l'homme spirituel de l'Église, qni est Israël, est intérieUl' naturel, Nos 4286, !t402. A présent, d'a­ près ce qui vient d'être dit, on yoitclairement pourquoi le Seigneur dans la Parole est appelé Jéhovah le Dieu d'Israël, et Jéhovah le Saint d'Israël; chacun peut savoir que leDivin n'a été ainsi nommé qu'en conformité de quelque chose de Saint qui n'est point ap­ parent dans le sens de la lettre. Que le Seigneur quant au Divin Naturel soit entendu par le Dien d'Israël, on le voit par plusieurs passages dans la Parole; clairement par ceux-ci: « l1oscheh et li Aharon, Nadab et Abihu, et les soixante-dix anciens d'Israël, li vil'ent le Dieu cl'Ismël, sous les pieds de Qui il y avait comme un » oUVl'age de pierre de saphir, et comme la substance du Ciel quant li à la pureté. li - Exod. XXIV. 9, 10; - que c'était le Seigneur, et non Jéhovah Qui est appelé le Père, on le voit par les paroles du Seigneur dans Jean: « Pèrsonne ne vit jamais Dieu, » - 1. 18 ; - « Vous n'avez jamais entendu sa voix, ni vu son aspect. ') ­ V. 37. - Dans Ésaïe: « Je Te donnerai les trésors des ténèbres • et les richesses cachées des lieux secrets, afin que tu connaisses li que (c'est) ~loi Jéhovah qui T'ai appelé de ton Nom, le Dieu cl'ls­ » 1·aël. l l - - XLV. 3. - Dans Ézéchiel: « SUl' la tête des Chéru­ '» bins (il y avait) comme un aspect de piene de saphir, une res­ » semblance de trône; et sur la ressemblance de trône une res­ li semblance comme l'aspect d'un Homme sur lui au-dessus; et » comme un aspect de feu, et de rarc-en-ciel, ct de splendeur tout li autour. li - 1. 26, 27, 28; - ces choses sont appelées la gloire de Jéhovah et du Dieu d'lsmël, ibid. Chap. 1. 28.VlII. 4. IX. 3. X. 19,20; et aussi lorsqu'il s'agit du Nouveau Temple, dans le Même; XLIII. 2, XLIV. 2; et en outre dans beaucoup d'autres pàssages, comme Ésaïe, XVII. 6. XXI. 10, 17. XXIV. 15. XLI. 17. Ps. XLI. H. LIX. 6. LXVIII. 9,36. LXIX. 7. LXXII. ~ 8, ct aileUl's: puis aussi le SAINT D'ISRAEL, Ésaïe, 1. 4. V. 19. X. 20. XVII. 7. XXX. 1-1, 12, -Il). XLIX. 7. LX. 9, H. ]~zéch. XXXIX. 7. Que le Dieu d'Israël et le Saint d'Israël ce soit le Seigneur quant au Divin 'Humain, on Je voit aussi en cc qu'il est appelé Rédempteur, Sau­
  • 264. EXODE, CI-L.P. CINQUIÈME. 259 VCUl', Facteur; RÉDEMPTEUR, dans Ésaïe: « Notye Rédemptem' » Jéhovah Sébaoth, son Nom (est) le Saint d'Israël. » - XLVII. 4; puis, Chap. XLI. H. XLIII. H. XLVIII. ,17. UV. 5. - SAU­ VEUR, dans Ésaïe, XLIII. 3. - FACTEUR, dans Ésaïe, XLV. 1,1. - D'après cela il est bien évident que par Jéhoyah dans la Parole de l'Ancien Testament nul autre que le Seigneur n'est en­ tendu, car il est dit JÉHOVAH DIEU et SA.INT D'ISRAEL, RÉ­ DEMPTEUR, SAUVEUR, FACTEUR: Jéhovah Hédempteur ct Sauveur, dans Ésaïe: « Afin que toute Chair sache que Moi (je » suis) Jélwvah, ton Sauveur, et ton Rédempteur, le fort de Jacob. » - XLIX. 26: - dans le Même: « Afin qu'on sache que Moi (je » suis) Jéhovah ton Sauveur et ton Rédempteur, le puissant d'Is­ » raël. » - LX. 16 ; - comme aussi dans Ésa., XUll. ,1 L XLIV. 6, 24. LIV. 8. LXIII. 16. Ps. XIX. 15. - Que le Seigneur ail sauvé Israël, c'est-à-dire, ceux qui sont cie l'Église spirituelle, on le voit dans Ésaie: « Je raconterai les miséricordes de Jéhovah, les » louanges de Jéhovah, selon tout ce que nous a rétribué Jéhovah, » grand en bonté pour la maison d'Israël; il a dit: Certes, mon » peuple, eu,'x:, des fils qui ne menteut point; c'est pourquoi il est » devenu pOUl' eux un Smweul' : dans toute leur angoisse il a été en » angoisse; et l'Ange de ses faces les a délim'és , à cause de son » amow', et de son indulgence, Celui-ci les a rachetés, ct il les a » pris, ct les a portés tout les jours de l'étemilé, » - LXIII. 7,8,9. 7092. Renvoie mon peuple, signifie qu'ils cessent de les infester: on le voit pal' la signification de renvoyer, quancl cela est dit à Pharaon, par lequel est représenté le faux qui infeste les vrais de l'Église, en ce que c'est cesser d'infester; et par la représentation des fils d'Isl'aël, qui ici sont mon peuple, en cc qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N0s 6426, 6637, 7093. Et qu'ils Me célèbrent une fë1e dans le désert, signifie a/in qu'ils adorent d'un esprit joyeu.'XJ le Seigneur, dans l'obscw' de la roi où ils sont: on le voit par la signification de célébrel' une fête, en ce que c'est le culte avec un esprit joyeux, ainsi qu'il va être ex­ pliqué; que ce soit le Seigneur, auquel ils devaient célébrer celle fête, ct qui est entendu ici par Me ou par Jéhovah, c'est ce qu'on vient de voir N°709,1 ; et par la signification du désert, en ce que c'est l'obscur de la foi, N°s 2708, 7mî5 i que ceux qui sont de
  • 265. ':!GO AHCANES ci~LESTES. ' t~glise spirituelle, soient relativement dans l'olJscur de la foi, on le voit N°s 2708,27'15, 2716,27'18, 283,1, 28~9, 2935, 2937, 32~·I, 32~6, 3833, 6289, 6500, 69~5 .. Si célébrer une fête signifie le culte avec un esprit joyeux, c'est parce que la fête devait être célé­ brée à trois jours de chemin de l'Égypte, ainsi dans un état de non­ infestation par les faux, c'est-à-dire, dans un état de liberté; car celui qui est délivré des faux,et de l'Angoisse dans laquelle il est alors, rend grâces à Dieu d'un esprit joyeux, ainsi il y a fête pour lui; les fêtes qui furent instituées chez ce peuple, et qui étaient au nombre de trois chaque année, sont même dites avoir été instituées en mémoire de la délivrance de la servitude en Égypte. c'est-à-dire, dans le sens spirituel, en mémoire de la délivrance de l'infestation des faux par l'avénement du Seigneur dans le monde; c'est aussi pour cela qu'il lem était commandé de se réjouir alors, comme on le voit clairement dans Moïse, lorsqu'il est question de la fête des taIJernacles: « Dans la fête des tabel'llacles, vous prendrez le pre­ " mier jour du fruit d'un arbre d'honneur, des branches de pal­ " miers, et un rameau d'arbre touffu, ct des saules d'un torrent, et " L'OUS vous réjoui7'ez devant Jéhovah votre Dieu sept jOU1'S.,,- Lévit. XXIII. 4.0; - le fruit d'un arbre d'honneur, les branches de pal­ miers, le rameau d'arbre touffu et les saules du torrent, signifient la joie d'après le bien et le Hai depuis l'intime oe l'homme jusqu'à son externe; le bien de l'amour, qui est l'intime, est signifié par le fruit d'Ilu arbre d'honneur, le bien de la foi par les IJranches de palmiers, le vrai scientifique par le rameau d'un arbre touffu, et le vrai sensuel, qui est le plus externe, par les saules du torrent; s'il a été ordonné de prendre ces choses, ce ne pouvait pas être sans une cause provenant du monde spirituel, cause qui ne peut jamais être manifestée il qui que ce soit, que d'après le sens interne. On voit aussi dans Moïse qu'ils devaient se réjouir dans la fête des semaines: " Tu feras la fête des semaines à Jéhovah ton Dieu, et " ln te r~jouims devantJéhovah ton Dieu, toi, et ton fils, et ta fille, " et ton servitem, et ta servante, et le lévite qui est dans tes ,) portes. " - Deutér. XVI. 10, n; - ces paroles dans le sens intel'lle signifient aussi l'allégresse d'après le bien et le vrai depuis l'intime jusqu'à l'externe. Que dans les fêtes il devait y avoir de l'allégresse, et qu'ainsi célébrer lIne fête, ce soit rendre un eulte
  • 266. EXODE, CH.P. CINQUlÈJŒ. 261 d'un esprit joyeux, c'est aussi ce qui est évident pas ces passages; dans Ésaïe: « Vous aurez un canti.que, comme (celui) de la nuit )l d'une sanctilication de fête. )l XXX. 29. - Dans Nahum: - « Voici sur les montagnes les pieds de celui qui apporte de bonites )l nouvelles, qlti proclame la paix; célèbre, Juda, tes (êtes, rends )l tes vœux, parce qu'il n'arrivera plus que par toi passe Bélial, ils Il seront tous retranchés. » -II. 1. - Dans Zacharie: « Les jeùnes Il seront pour la maison de Juda en joie, et en allégresse, el en bonnes » fêtes; aimez seulement la vérité et la paix. » - VIII. ,19. - Dans Hoschée: cC Je ferai cesser pour elle toUle joie, fête, nouvelle lune. )l -II. 1,1. - Dans Amos: « Je changerai vos fêtes en deuil, et tons » vos cantiques en lamentation. ) - VIII ..(O. - Que célébrer Ulle fête, ce soit le culte avec un esprit joyeux de ce qu'ils étaient déli­ vrés de la servitude en Égypte, c'est-à-dire, dans le sens spirituel, de ce qu'ils étaient délivrés de l'infestation des faux, cela est bien évident d'après la fête de la Pâque; il fut ordonné que cette fête se­ rait célébrée chaque année à la date de la sortie d'Égypte, et cela à cause de la délivrance des ms d'Israël de la servitude, c'est-à-dire, à cause de la délivrance de ceux qui sont cle l'Église spiritnelle, sa· voir, la délivrance des faux, ainsi la délivrance de la damnation; et comme le SeigneUl' les a délivrés par son avénement, et les a élevés avec Lui dans le Ciel, quand il est ressuscité, voilà pourquoi cela a été fait aussi à la Pâque; cela est encore signifié par les pa­ roles du Seigneur dans Jean: « Maintenant c'est le jugement de ce » monde, maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors: mais » Moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous (les hommes) Il à Moi. ) - XII. 3,' , 32. 7094-. Et Pharaon dit, signifie la pensée contmÎ1'e : on le voit par la signification de dire, en ce que c'est penser, 1°3395; que ce soit une pensée contraire de la part de ceux qui infestent et qui sont représentés par Pharaon, cela est bien évident d'après ce qui va suivre, car Pharaon n'a nullement cessé, mais il a surchargé en­ wre plus les fils d'Israël. 7095. Qui est Jéhovah, que j écoute sa voix, signifie cont.:e1'Tlallt le Seigneur, ft l'exh01'tation de Qui ils devraient obéir, savoir, la l~ensée contraire concernant le Seigneur; on le voit par la signifi­ cation de la t'oÏ;t;, cn te qu'ici c'est l'ChO;Üliun, parce que ce sont
  • 267. 262 ARCANES CÉLESTES. les choses que Moscheh et Aharon ont dites à Pllaraon, N° 7090; et par la signification d'écouter, en ce que c'est obéir, N°s 2542, 3869, 50n ; ainsi écoutel' la voix c'est obéir à l'exhortation: que ce soit le Seigneur, à l'exhortation de Qui il ne voulait pas obéir, c'est parce que dans la Parole par Jéhovah nul autre que le Sei­ gneur n'est entendu, VOil' ci-dessus N0 7094. 7096. PoU?' renvoyer le peuple, signifie afin de cesse,.: on le voit par la signification de renvoyer, en ce que c'est cesser, comme ci­ dessus No 709:2, savoir, d'infester ceux qui sont de l'Église spiri­ tuelle, lesquels ici sont le peuple; que les fils d'Israël soient ceux de l'Église spiritueHe, on le voit N° 6426. 7097. Je ne connais point ./é/WVltll, signifie qu'ils ne s'occupent point du Seigneul' : cela est évident par la signification de ne point connaître, en ce que c'est ne point s'occuper, car celui qui ne s'oc­ cupe point d'une chose, dit ne point la connaître; que par Jéhovah ce soit le Seigneur qui est entendu, on le voit ci-dessus N° 709·1. Quant à ce que Pharaon dit qu'il ne connaît point Jéhovah, voici ce qu'il en est: Les Égyptiens dès le temps Ancien ont connu Jé­ hovah, par la raison que l'Église Ancienne avait aussi été en Égypte, comme on peut le voir clairement en ce qu'ils ont eu chez eux les lleprésentatifs et les Significatifs de cette Église; les Hiéroglyphes égyptiens ne sont pas autre chose, car par eux étaient signifiés des spirituels; ils ont même su qu'ils cOl'l'espondaient en actualité; et comme ils commençaient à en employer dans leur culte sacré, et à les adorer, et enfin à les convertir aussi en opérations magiques, et ainsi à être associés à la tourbe diabolique dans l'enfer, c'est pour cela qu'ils ont entièrement détruit chez eux l'Ancienne Église: de là vient que les Égyptiens dans la PaI'ole signifient les scientifiques de l'Église pervertis, puis les faux qui sont contre les vrais de l'É­ glise. Quand le culte Divin eut été ainsi perverti dans l'Égypte, il ne leur fut plus alors permis d'adorer Jéhovah, ni même enfin de savoir que Jéhovah avait été le Dieu de l'Église Ancienne, et cela, afin qu'ils ne profanassent point le Nom de Jéhovah. Que le Nom de Jéhovah ait même été connu dans ce temps, et cela avant qu'il ait été de nouveau indiqué aux descendants d'Abraham parMoscheh dans la montagne du Choreb, c'est ce qu'on voit clairement en ce qne Bilé<tn1, qui était de Syrie, non-seulement connaissait Jehovah,
  • 268. EXODE, CHAP. CINQUIElŒ. %3 mais même l'adorait et lui faisait aussi des sacrifices, - Nomll., Chap. XXII, XXllI, XXIV. i'Iaintenant, d'après cela, on peut savoir pourquoi Pharaon a dit: « Qui est Jéhovah, que j'ecoute sa » voix pour renvoyer le peuple'? Je ne connais point Jéhovah. Il Mais puisque Pharaon représente ceux qui, dans 1e.s enfers, sont dans les faux et infestent ceux de l'Église spirituelle, il faut en conséquence dire comment les choses se passent à leur égard: ceux qui sont dans les enfers et infestent ceux de l'Église spirituelle, sont pour la plupart clu nombre de ceux qui ont dit que la foi seule sauve, et ont cependant vécu d'une vie contraire il la foi; et comme après la mort du corps la vie reste, cl pal' conséquent le mal qu'ils ont pensé, machiné, et fait, voilà pourquoi pour défendre les maux de lem vic, ou ils appliquent les choses qu'ils disaient appartenir à la foi, Ou ils les rejellent entièrement: mais afin qu'ils n'abusent poiut des vrais de la foi, ils en sont privés, et dès qu'ils en ont été privés, ils saisissent les faILx qui sont absolument contre les vrais de ln foi, et ensuite par les faux ils infestent ceux qui sont daILs les vrais; cela est alors pour eux le plaisir de la vic; plusieurs même d'entre eux, pour s'acquérir la puissaucc, s'instrnisent dans les opératious magiques; ceux qui font eela sont ceux qui, par divers artifices qu'ils imaginaient dans le monde, ont trompé le prochain, ct ont d'après leur succès tout atlrilllH ensuite à lenr prudence. Ceux qui sont devenus tels reconnaissent le Père, Cr(~atcur de l'univers, mais non le Seigneur, ils disent du Seigneur, comme ici Pharaon de Jéhoyah: « Qui est Jéhovah? .Ie ne connais point Jéhovah; » de plus, comme il y a une sphère universelle du ciel pleine de la re­ connaissance et de l'amolli' du Seigueur, de même il y il IIne spllëre universelle des enfers pleine de la négation du Seigneul' et de la !taine contre Lui; ils nc supportent pas uon plus qu'il soit nommé. Ces infernaux sont tels, qu'ils ne cessent ni par les exhortations, ni par les menaces, car le plus grand plaisir de lelll' vic est d'iul'es­ ter les personnes probes, ct de les détour-ner de la rcconnaissance du Seigneur cl de la foi en Lui; ce plaisir même de leur rie est augmente par les exhortations il ccssei', car ils croient [laI' IiI qu'ils sont sur le poiut d'en fiuir avec ceux qu'ils infestent. Cc sont ccux­ li! qui sont sp(:cialemenl en teudns pal' Pllar:lon et par les J~;gypliells. 709~. El !wssi lie renverrai-je pointlsmël) signifie Ifu'ils ne ees­
  • 269. 26~ ARCA~ES CÉLESTES. seront point âinfester: on le voit par cequi vientd'être dit Nos 7092, 7096. 7099. Et ils dl~ent: Le Dieu des Hébreux s'est rencontré devant nous, signifie que "Dieu Lui-Même l'a commandé à l'Église: on le voit par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont ceux de l'Ê­ glise, N0s 6675, 6684, 6738; et par la signification de rencontrer, en ce que c'est commander, N0 6903. 7,100. Que nous allions) s'il te plaît, le chemin de trois jOU1'S dans le désert, signifie qu'ils seront dans un état entièrement éloigné du faux, quoique dans l'obscur de la foi: voir No 6904, où sont de semblables paroles. 7,101. El que nous sacrifiions à Jéhovah not1'e Dieu, signifie afin â ad01'er le Seigneur: voil' ~o 690~, où sont aussi de semblables paroles. 7102. De peur qu'il ne tombe sur nous par la peste et pad'épée, signifie pour évite1' la damnation du mal et du faux: on le voit pal' la signification de peu'/' qu'il ne lombe) en ce que c'est de peul' qu'ils n'encourent, savoir, la damnation; par la signification de la peste, en ce que c'est la damnation du mal, ainsi qu'il va être expli­ qué; et par la signification de l'épée, en ce que c'est la vastation du vrai, puis la punition du faux, N0 2799, par conséquent aussi la damnation, car la punition du faux, après que le vrai a été dévasté, est la damnation. Dans la Parole, il est fait mention de quatre Genres de vastations et de punitions, savoir, l'Épée, la Famine, la Bête mauvaise, et la Peste; et par l'Épée est signifié la vastation du vrai et la punition du faux; par la Famine, la vastation du bien ct la punition du mal; par la Bête mauvaise, la punition du mal provenant du faux; par la Peste, la punition du mal qui provient non du faux mais du mal; et parce que la punition est signifiée, la damnation est aussi signifiée, cal' elle est la punition de ceux qui persévèrent dans le mal: il est ainsi parlé de ces quatre Genres de punitions dans Êzécliiel: « Quand jaurai envoyé mes quatre mau­ » vais Jugements) l'Épée, et la Famine, et la Bête mauvaise, et la » Pesle, sur Jérusalem, pour en retl'ancher l'homme et la bête. » ­ XIV. 21 : - dans le Même: « J'enverrai sur vous la Famine, et la » Bête mauvaise, ct je te priverai de tes enfants, ct la Peste et » le sang passeront au lrayers de toi, principalement j'amènerai
  • 270. EXODE, CHAP. CŒQUIÈME. 265 ») l' Bpée sur toi. )) - V. ,17. - Que la Peste signifie la punition du mal et la damnation du mal, cela est évident par les passages qui suivent; dans Ézéclliel: « Ceux qui (sont) dans les lieux dévastés » mourront par l' Itpée, et celui qui (est) sur les faces du champ, je ») le donnerai à la Bête pour en être dévoré, et ceux qui sont dans ') les forteresses et dans les cavernes mourront de la Peste. » ­ XXXIII. 27; - mourir par l'épée dans les lieux dévastés, c'est être dans la vastation du vrai et par suite dans la damnation du faux; être dévoré par la bète sur les faces du champ, c'est la damnation de ceux qui sont dans le mal provenant du faux; mourir de la peste dans les forteresses et dans les cavernes, c'est la damnation du mal qui se fortifie par le faux. Dans le JIème: « L'Épée au dehors, et » la Peste et la Famine au dedans; celui qui (sera) dans le champ » mourra par l'Épée, mais celui qui (sera) dans la ville, la Famine » et la Peste le dévoreront. » - VII. ;l>, - ntpée, c'est la vasta­ tion du vrai et la damnation du faux; la famine et la peste, c'est la vastation du bien et la damnation du mal; il est dit: l'épée au de­ hors, et la famine et la peste au dedans, parce que la vastation du vrai est en dehors, et que la vastation du bien est en dedans; mais quand on vit selon le faux, la damnation est signifiée par « celui » qui sera dans le champ mourra par l'épée, )) et quand on vit dans le mal qui est défendu par le faux, la damnation est signifiée par « celui qui sera clans la ville, la famine et la peste le dévoreront. » Dans le Lévitique: « J'amènerai sur vous l'Épée vengeresse, la » vengeance de l'alliance; alors si vous vous rassemblez dans vos » villes, j'enverrai la Peste au milieu de vous, et je vous livrerai » dans la main de l'ennemi; quand je VOliS aurai rompu le bâton du » pain. )) - XXVI. 25, 26; - ici pareillement l'Épée, c'est la vas­ tation du vrai et la damnation du faux; la peste est la damnation du mal; la vastation du bien, qui est signifiée par la famine, est décrite en ce qu'il leur rompra le bâton du pain; les villes dans les­ quelles ils se rassembleront, signifient pareillement comme ci-dessus les faux. par lesquels ils défendent les maux; que les villes soient les vrais, ainsi dans le sens opposé les faux, 011 le voit Nos !~02, 2268, 211:?, 29,1.3, 3216, H92, 4.49.3. Dans Ézéchiel: « Parce que » tu as souillé mon sanctuaire par toutes tes abominations, une )1 troisième partie de toi II/olt/TonI de la Peste, et seront consumés
  • 271. 266 AnCANES CÉLESTES. ) par la Famine au milieu de toi; ensuite une troisième parUe la nt·" » beront par l'.ltpée autour de toi; enfin je disperserai une troisième » partie à tout vent, de sorte que je til'eTai l'Épée après eux. » ­ V. H. ~ '2; - la famine est la damnation du mal, l'épée est la damnation du faux; dispersel' à tout vent et tirer l'épée après eux, c'est dissiper les vrais et saisir les faux. Dans Jérémie: « Quand » ils ofthront l'holocauste ou la mincha, Moi je n'y donnerai point » mon approbation, mais par l'Épée, la Fanûne et la Peste Moi je » les consumerai. » - XIV. ~ 2. Dans le Même: « Je frapperai les ») habitants de cette ville, et l'homme et la bête, (rUne 91'ande Peste » ils nWltl'1'ont; ensuite. je livrerai Sédékias roi de Juda, et ses ser­ ,) viteurs, et le peuple, et dans cette ville les l'échappés de la Peste, )' et de l'Épée, et de la Famine, dans la main de Nébuchadnézar; )) celui qui l'estera dans cette ville, mourra pal' l' Epée, et pal' la » Famine, et pal' la Pesle,. mais celui qui en sortira et se rendra » aux Chaldéens qui VOliS assiégent, vivra, ct son âme lui sera en » butin. )} - XXI. 6,7,9. - Dans le i1ème: « J'enverrai SUi' eux )) l'Épée, la Fmnine et la Pesle, jusqu'il ce qu'ils soient consumés » de dessus de la terre. » - XXIV. 10; - là aussi par l'Épée est signifiée la vastation du vrai, par la Famine la vastation du hien, pal' la Peste la damnation; et en outre par l'Épée, la Famine et la Peste dans les passages suivants, Jérém. XXVlI. 8. XXIX. 17, ,18. x..XXII. 2~, 36. XXXIV. 17 . XXXVIII. 2. XLII. '17,22. XUV.13. Ezéch. XII. 16. - Comme ces trois Iléaux sc suivent en ordre, c'est pour cela qu'ils furent tous trois proposés à David par le Prophète Gad, savoir: « ou sept années de Famine, ou trois mois de fuite » devant les ennemis, ou trois jours de Peste dans la terre. )) ­ Il Sam. XXIV. '10; - la fuite devant les ennemis, c'est devant l'É­ pée. Dans Amos: « J'ai envoyé contre VOltS la Peste dans le chemin » de l'Égypte, j'ai tué pal' l'Epée vos jeunes gens avec captivité de » vos chevaux. »- IV. '10; - la Peste dans le chemin de J'Égypte, c'est la vastalion du bien pal' les faux, qui sont le chemin de l'(~­ gyptej j'ai tué pal' l'Épée les jeunes gens avec captivité des che­ vaux, c'est la vastation du vrai, les jeunes gens signifient les vrais et les chevaux les intellectuels, N°s 276,1, 2762., 32. 17,5321, 6534.­ Dans Ezéchiel: « La Peste ct le Sung passeront ail travers de toi.» - V.17. -- Dans lc lHrmc : « j'ûnvcTl'ai sur elle la Peste cL leSal1q
  • 272. EXODE, CHAP. CINQlJlÈME. 267 )) dans ses places. )) - XXVIIl. 23 ; - là, la Peste est le bien adul­ téré, ct le sang le vrai falsifié; que le sang soit le vrai falsifié, on le voit N°s 4735,6978. Dans David: « Tu ne craindras point pOUl' ,) toi devant la terreur de nuit, devant la flèche qui vole de jour, )) devant la Peste qui sc glisse dans les ténèbres, devant la mort » qui dévaste à midi. )) - Ps. XCI. 5, 6; - la terrem' de nuit, c'est le faux qui est caché; la flèche qui vole de jour, c'est le faux qui est à découvert; la Peste qui se glisse dans les ténèbres, c'est le mal qui est caché; la mort qui dévaste à midi, c'est le mal qui est à découvert; que la peste soit le mal ct la damnation du mal, cela est évident en ce qu'il est dit la mort, qui dans ce passage n'est distin­ guée de la peste, que parce qu'il est dit de la mort qu'elle dévaste à midi, et de la peste qu'elle se glisse dans les ténèbres. Dans le Même: « Il fraya un chemin à sa colère, il ne préserva point leur âme de la » mort, et il mit fin à leur vie par la Peste. )) - Ps. LXX.VIII. 50; -là, il s'agit des Égyptiens; la Peste, c'est tout genre de mal, et la damnation du mal. 7103. Et le roi d'Égypte leur dit) signifie la réponse par ceux qui sont dans les (aux: on le voit par la signification de dire, quand c'est Pharaon qui pade à l'loscheh et à Aharon , en ce que c'est la pensée contraire, comme ci-dessus N0 7094, ainsi la pensée qui appartient à la réponse; et par la représentation de Pltaraon ou du roi d'Égypte, en ce qu'il est le scientifique faux, N0s 661'1'1, 6679, 6683, 6692, ainsi ceux qui sont llans les faux. 7,1 O~. Pourquoi) ilfoscheh et Aharo/!, détournez-vous le peuple de ses ouvrages) signifie que leur Loi Divine et leur Doctrine ne les ~xelhpteront pas de leurs charges: on le voit par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est le Seigneur quant il la Loi Divine, N°s 6723, 6752; par la l'epresentaUon d'Alwl'on, en ce qu'il est le Seigneur quant à laDoetrine qui provient de la LoiDivine, Nos6998, 7009; pal' la signification de détow'nel') en ce que c'est exempter; et pal' la signification des ouvrages) en ee que ce sont les charges, cal' les ouvrages étaient des travaux, et aussi des fardeaux, comme il est dit ensuite, ainsi des charges d'après les combats, qui sont signifiés dans le sens interne pal' les ouvrages et pal' les fat'deaux, 7'105. Allez cl vos (ardeau,')';, signifie qn'ils viv)'ont dans les com­ bats: on le ,"oit par la signification d'aller) en ce que c'est vivre,
  • 273. 268 ARCA~ES CÉLESTES. Nos 3335, 4882, 5493, (l605; el par la signification des /ul'deaux, en ce que ce sont les infestations par les faux, ~o 6757; ainsi les combats contre ces faux, 7406. Vers. 5, 6, 7,8,9, Et Pharaon dit: Voici, nombreux maintenant, le peuple de la terre, et vous les avez (ait chômer de leurs (ardecL!lx, Et Pharaon ordonna en ce jour-là aux exacteurs du peuple, et à ses directeurs, en disant: Vous ne continuerez plus à donner de la pnille cm peuple pow' (abriqucr des briques, comme hier avant-hier; eux iront, et qu'ils se ramassent de la paille. Et la mesUJ'e de bl'iques qu'ils {aisaient hier avant-hier, vou.s (la) leur im­ poserez, vous n'en l'etranchere;:; point, Cal' désœuvrés ils (sont), c'est pourquoi ils crient, en tiisclnt: Allons, sacrifions et notre Dieu. Que le service soit appesanti SUl' ces hommes, et qu'ils lc (assent, et qu'ils ne l'egardent point à des paroles de mensonge. - Et Pharaon dit, signifie la volonté de ceux qui infestent les vrais de l'Église: voici, nombreux maintenant, le peuple de la ten'e, signifie la multit!lde de ceux qui sont de l'Église spirituelle: et VOltS les avez {nit chômer de leurs {al'deaux, signifie qu'ils ne les ont pas assez infestes: et Pha1'aon ordonnn en ce jOIl1'-let, signifie la cupidité d'infester les vrais de l'Église tandis qu'ils sont dans cet étal: aux cxacleurs du peuple et à ses directeurs, en disant, signifie ceux qui infestent de très-près, et ceux qui reçoivent de très-près: J.,'ous ne continuerez plus à donner de la pnille au peuple, signifie les scientifiques infi­ mes, qui sont les plus communs de tous: pour {abl'iquer des briques, signifie pour les fictions et pour les faux qui seront injectés: comme hier avnnt-hier, signifie non comme dans l'état précédent: eux il'ont, et qu'ils se ramassent de la paille, signifie qu'ils s'acquièrent à eux­ mêmes ces scientifiques infimes: et la mesure de briques qu'ils {ai­ saient hier avcwt-hiel', vous (la) leur imposerez, sign ifie qu'ils devaient injecter les fictions et les faux en même abondance qu'auparavant: vous n'en l'etrancherez point, sign ifie sans dimin ution : cm' désœuvrés ils (s0nt), signifie parce qu'ils n'ont pas été assez attaqués: c'est pow'quoi ils crient, en disant: Allons, sacrifions ànolre Dicu,signilie que de Ut pOUl' eux une si forte pensée d'un tel culte: que le sel'Vicc soit appesanti sw' ces hommes, signifie que l'allaque doit êtl'e au­ gmentée: et qu'ils le {assent, signifie pOUl' qu'il y ail elfct: et qu'ils
  • 274. EXODE, GIAP. CINQmf~ME. 269 ne "egal'dent poillt à des pltl'oles de mensonge, signifie afin qu'ils ne se (oument point vers les vrais. 7107, Et Phal'on dit, signifie La volonté de ceux qui infestent les vrais de l'Église: on le voiL par la signification de dire, en ce que c'est la volonLé, ainsi qu'il va être expliqué; eL par la représenLa­ tian de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui infesten Lles vrais de l'Église, N°s 6651, 6679, 6683, ainsi qui infesLent ceux de J'Église spiriLuelle, ear ceux-ci sont dits être dans les vrais de l'Église; si dire signifie vouloir ou la volonté, c'est parce que ceLLe expression ren­ ferme les choses qui suivent, car lorsque quelqu'un veut quelque chose, il J'énonce: comme l'expression il dit renferme les choses qui suivenL, elle signifie par conséquent diverses choses, par exem­ ple le commandement, N° 7036; ]' exhortation, N°s 50,12, 7033, 7090; la communication, N°s 3060, ~131, 6228; la pensée, N0 709i ; particulièrement la perception, N°s 179'1 , 1815, 1819, '1822,1898,19'19,2080,2862,3509,5687. 7,108. Voiti, nombreux maintenant, le peUpll) de La terni, signi­ fie la muLtitude de ceux qui sont de rÉgLise spirituelle: on le voit par la signification du peuple de la terre,. en ce que ce sont ceux de ['Église spirituelle, N0 2928; en effet, le peuple signifie ceux qui sonL dans les vrais de la foi, N°s 1259, 1260, 358,1 , et la Lerre signifie J'Église, Nos 662, 1066, 1067, '1262, '17:-33, 1850, 2'1,17, 2118 f. 3355, iH7, ~535, 6,577. 7,109. Et vous les avez fait chômel' de leurs {U1'deaux, signifie qu'iLs ne les ont pas assez infestés; on le voit par la signHication des fardeaux, en ce que cc sont les infestaLions par les faux, et par suite les combats, N0s 6757, 71 O~, 7,105; de là faire chômer de fardeaux, c'est ne pas assez infester. 7-110. Et Phamon ordonna en ce jour là, S'Îgl1ifie llt cupidité d'infester les vrais de l'É9Lise, tandis qu'iLs sont dCt7!s cet état: on le voit par la signification d'ordonner, en ce que c'eslle commande­ ment; ct comme dans le commandement des méchants il y a la cupidiLé de faire le mal, car le commandement fait par eux vient de la cupidiLé, c'est pour cela que cette expression il Q1'donna si­ gnifie aussi la cupidiLé; par la représentaLion de Pharaon, en ce (IU'il désigne ceux qui infestent les vrais de l'Église, Nos 665'1,
  • 275. 270 ARCANES C:ÉLESTES. 6619,6683; ct pal' la signification du .lour, en ce qne c'est 1'6tat, Nos 23,4·87, 488; 493,893, 2188, 3462, 3785,4.850. 711·'. Aux exacteurs du peuple et à ses di1'ecteul's, en disant, ûgnifie ceux qui infestent de très-près, et ceux qui j'eçoit'ent de n'ès-près: on le voit par la signification c;les eX(tcteurs, en ce qu'ils sont ceux qui contraignent à sel'vir, N° 6852; et comme cela se fait pal' des infestations, les exacteurs signifient aussi ceux qui in­ l'estent, mais qui infestent de très·près, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification des directew's, en ce qu'ils sont ceux qui reçoivent de très-près; en effet, les directeurs étaient d'entre les fils d'Israël, tandis que les cxacteurs étaient d'entre les :Égyptiens, comme on le voit clairement dans ce qui suit; ainsi dans le sens intel'l1e les directeurs sont ceux qui reçoivent de très-près, et les exacteurs ceux qui infestent de tri~s-près: on peut savoir quels ils sont pal' ceux, dans l'autre vie, qui infestent et injectent les faux et les maux, et pal' ceux qui les reçoivent et les communiquent; ceux qui infestent et injectent les faux et les maux sont les enfers, mais afin de pouvoir mettre à exécution, ils détachent des émis­ saires par lesquels ils agissent; ceux-ci apparaissent non loin de ceux qui sont infestés; cela se fait afin que les pensées et les in­ tentions de plusieurs soient concentrées, autrement elles seraient dissipées; ces émissaires apparaissent dans des lieux déterminés pour eux dans le monde des esprits, et d'après les lieux mêmes, oi! ils apparaissent, on peut connaître de quel enfer ils sont; quelques­ uns apparaissent au-dessus de la têle à différentes hauteurs et selon diverses obliquités; quelques autres auprès de la tête à droite ou à gauche et aussi del'l'ière elle; d'autres au-dessous de la tête vers divers endroits ùu corps, dans des plans depuis la tête jusqu'à la plante des pieds; ils influent avec les choses qui sont lancées de l'enfer et qui influent; l'esprit ou l'homme ne sent et par suite ne sait rien de cela, sinon que ces choses sont en lui, c'est-à-dire, que lui·même les pense et qu'il en a l'intention; ces émissaires sont appelés sujets; on peut voir ce qui en a déjà été montré d'a­ près l'expérience, N°s HÛ3, 5856, 5983 à 5989: comme ils in­ festent de très-près, ils sont signifiés pal' les exacteurs: mais ceux qui reçoivent d'eux et qui communiquent sont les directeurs, et cc sont des esprits intermédiaires; en effet, les Directeurs, comme il
  • 276. EXODE, CHAP. CINQUIÈ~m. 27-1 a éte dit plus haut, étaient. d'cntrc les fils d'Israël, et les exacteurs, d'entre les Égyptiens. Chez le peuple Israëlite ct Juif on appelait Direct.eurs ceux qui disaient ce qu'il fallait faire, et qui donnaient des ordres; c'ost pOl1l'quoi ils étaient assis aux portes avec les Juges et les Anciens, ct ils prononc:.aient au peuple les choses qui étaient jugées, et aussi celles qui étaient commandées pal' le Chef, comme on peut le voir par les passages suivants; dans ~Ioïse: « Tu » établiras des Jugcs et des DÙ'ccteurs à toutes les portos, selon les » tribus, lesquels jugCl'ont le peuple par jugement de justice. » - Deutér. XVI. ,18. - Dans le Même: Quand ils sortiront pOUl' la l( ') guerre, le prêtre parlera au peuple, ct il l'avcrtira de ne point II craindre; ensulte les Directcu1's dil'ont; Que Celui qui a bâti » une maison s'en retourne, et aussi les timides. » - Deutér. XX. 1,2,5, 8, 9. - Dans Josué: « Josué ordonna aux Dil'ectew's de » dil'e au peuple de pl'éparer la provision du voyage, avant de pas- ) sel' le Jourdain. » -1. 10, 1-1. - Dans le lH:me: « A la fin des » trois jours, il arriva que les DirectCltl'S passèrent par le milieu du II camp, et ordonnèrent que, quand on verrait l'arche de l'alliance » de Jéhovah, on partirait aussi. » - lII. 2, 3. - On peut voir que les Directeurs étaient des Officiers du peuple distincts de ses Princes, - Deutér.I. 15; - distincts des Anciens, - Deuté!'. XXXI. 28, - ct distincts aussi des Juges, - Josué, VIII. 33. 7,112. Yous ne continuerez plus à donne1' de la paille au peuple, signifie les scientifiques infimcs et les plus communs de tous: on le voit par la signification de la paille ou du cluiume, en ce que ce sont les vrais scientifiques, N° 3,1 -14., et même les scientifiques in- fimes et les plus communs de tous, car la paille ou le chaume, ~tant la nourriture des bêtes, est dans le sens spirituel la nourriture in- fime. On appelle scientifiques infimes ceux qui sont pleins d'illu- sions des sens, et dont les méchants abusent pour pervertir les biens et les vrais, et ainsi pour prendre la défense des maux ct des faux, car ces scientifiques peuvent, à cause des illusions, être tournés en faveur des principes du faux et des cupidités du mal; tels sont aussi les plus communs de tous, qui, s'ils ne sont point l'emplis de vrais moins communs et particuliers, peuvent servir aux faux ct aux maux, mais à proportion qu'ils sont remplis de vrais, ils servent moins. C'est par de telles choses que cellx qui dans
  • 277. :ln ARCANES CÉLESTES. le monde ont confessé la foi seule et vécu cependant la viedu mal, infestent dans l'autre vie les esprits probes; mais comme elles sont dissipées par les anges, il est dit maintenant qu'ils ne continue· raient plus à donner de la paille pour fabriquer les briques, c'est-à­ dire qu'ils ne les joindraient plus aux fictions et aux faux qui seront injectés. C'est là le sens interne'de ces Paroles; il paraît, il est vrai, éloigné du sens de la lettre; mais il faut qu'on sache qu'il n'y a rien dans le monde Naturel qui ne corresponde à quel­ que chose dans le monde Spirituel; et les Anges chez l'homme comprennent spirituellement toutes les choses que l'homme com­ prend naturellement; ils ne savent pas ce que c'est que de la paille, ni ce que c'est que des bl'iques; ces choses leur étaient connues quand ils vivaient dans le monde, mais elles sont tombées en oubli quand ils sont venus dans le Ciel, parce qu'ils y ont revêtu les spi­ rituels; de là vient que, quand les anges aperçoivent les idées de ces choses chez l'homme, ils les changent en spirituels correspon­ dants. Que la paille ou le gramen soit le scientifique infime, et que les briques soient les fictions et les faux, c'est ce dont on peut avoir plusieurs preuves; en effet, les herbacées ne sont pas autre chose, comme aussi les straminées (ou pailles) ; mais les semences, l'orge, le froment et autres semblables, sont les vrais et les biens intérieurs; ct les pierres non fabriquées sont les vrais. 7 ,113. POILr fabriquer des briques, signifie'1ef'/tdiions et pour les faux qui seront injectés: on le voit par la signification de fabriquer des briques, en ce que c'est forger des faux, N°s 1296,6669. Dans le sens historique de la lettre, c'est que les fils d'Israël fabrique­ raient les briques, et ainsi comme s'ils devaient forger eux-mêmes les faux; mais dans le sens interne il est signifié que les infernaux, qui sont dans les faux, injecteraient ces fictions et ces faux; comme ces fictions et ces faux, ainsi qu'il a été dit précédemment, apparaissent chez ceux qui reçoivent, c'est le sens de la lettre selon l'apparence, lequel cependant est expliqué pal' le sens interne; que dans le sens de la lettre il y ait très-souvent de semblables ap­ parences, on le voit N°s 5094., 6&'00, 69i8. 71 U. Comme hier avant-hier, signifie non comme dans l'élat précédent: on le voit par la signification de hier avant-hier, en ce que c'est le passé, N° 6983; et comme tous les temps signifient
  • 278. EXODE, CHAP. CINQUlÈl:Œ. 273 des états, Nos 2625, 2788,2837, 3'2M, 33t>6, 48U, i882, 4901, i916, ainsi hier avant-hie!' signifie l'état précédent. 7-11 5, Eux iront, et qu'ils se ramassent de la paille, signifie qu'ils s'acquièrent à eux-mêmes ces uientifiques infimes: on le voit par la signification de l'amasser, en ce que c'est acquérir; et par la signification de la paille, en ce qu'elle désigne les scientifiques infimes, ainsi qu'il vient d'être dit No 7-112. 7116, Et la mesure de briques qu'ils {aisa,ient hier avant-hier e..,-..t; vous la leur imposel'ez, signifie qu'ils deva'i~mjecter les fictions et les {aux en même abondance que dans l'état pl'écédent: on le voit par la signification de la mesure, en ce que c'est en abondance, ici en même abondance; par la signification des briques, en ce qu'elles sont les fictions et les faux, comme ci-dessus, No 7H3; par la signification de hier avant-hier, en cc que c'est l'état précé­ dent, comme aussi ci-dessus N0 7~.1 i; et par la signification de leur imposer, en ce que c'est injecter, parce que cela est dit des fictions et des faux: de là il est bien évident que ces paroles; la mesure de briques qu'ils faisaient hier, avant-hier, vous la leur im­ poserez, signifi~~u'ils devaient injecter les fictions et les faux en même abondance que dans l'état précédent. 71 -17, Vous n'ell retrancherez point, signifie sans diminution: on le voit sans explication. 7-118. Car désœuvrés ilil' sont, si,qnifie parce qu'ils n'ont pas été assez attaqués: on le voit par la signification d'être désœuvrés, en ce que c'est n'avoir pas été assez infestés par les faux, ainsi n'a­ voir pas été assez attaqués. On peut aussi savoir comment la chose se passe, d'après ceux qui dans l'autre vie sont infestés par les faux: ceux qui infestent empêchent, autan! qu'ils peuvent, que les esprits probes qu'ils infestent ne pensent au Seigneur; dès l'instant qu'il tombe quelque chose de la pensée concernant ouvertement le Seigneur, ils l'enlèvent aussitôt, ce qu'ils savent faire très,adroite­ ment: mais comme la pensp.e concernant le SeigneUl', chez ceux qui sont infestés, est toujours universelle, ainsi plus intérieure qu'elle ne sc montre ouvertement, car elle influe par le Ciel, il en résulte que dès qu'ils ne sont point infestés, ils viennent dans la' pensée concernant le Seigneur; car ce qui influe du Ciel ct règne universellement, se révèle dans tout ce qui est libre: d'après cela, XI. 18
  • 279. 2H ARCANES CÉU~STES. on voit clairement quel est le sens interne de ces paroles: « car » désœuvrés ils sont, c'est pourquoi ils crient, en disant: Allons, l) sacril10ns à notl'e Dieu. » 71 ,19. C'est pOUl'quoi ils crient, en disant: Allons, sacl'i{tons à notre D'ieu, signi{te que de là pour eux une si forte pensée d'un tel culte: on le voit pal' la signification de cl'ier, en ce qu'ici c'est la' pensée, car pal' dire et pal' parler est signifiee la pensée, N0s 227 i , 2287, 709.., elle l'est donc aussi pal' crier, mais par cl'ier c'est une pensée forte ct avec pleine in tention de faire, c'est pour cela qu'il est dit llne si forte pensée; par la signification de sacri{te1' à noU'c Dieu, en ce que c'est le culte du SeigneUl', N°s 6905, 710,1 ; mais comme Pharaon a dit qu'il ne connaissait point Jéhovah, N0s 7095,7097, et comme les Égyptiens avaient les sacrifices en aversion, No 1343, et enfin comme Moscheh a dit qu'ils devaient aller le chemin de trois jours dans le désert, N°s 6904, 7i 00, voilà pourquoi il est dit un tel'culte, 7120. Que le service soit appesanti sur ces hommes, signifie que l'attaque doit c?tre augmentée: on le voit par la signification d'être appesanti, en ce que c'est être augmenté; par la signification du sel'vice, quand cette expression est employée par ceux qui infestent Ilar les faux, en ce que c'est l'intention de subjugation, Nos 6666, 6670, 6671, ainsi l'attaque, car par l'attaque ils ont l'intention de subjugucl'; ct pal' la signification des hommes, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle; dans la Langue originale il y a deux mots qui signifient l'Homme, l'un de ces mots est Adam, ct l'autre Enosch; pal' l'homme qui est appelé Adam est entendu l'homme de l'Église céleste, et pal' l'homme qui est appelé Enosch est en­ tendu l'homme de l'Église spirituelle; ici les hommes sont expri­ més par Enosch, parce qu'il s'agit de ceux qui sont de l'Église spirituelle. 7121. Et qu'ils le fassent, signifie pour qu'il y ait effet: on le voit sans explication. 7122, Et qu'ils ne regardent point à des paroles de mensonge, signi{te afin qu'ils ne se tournent point vel'S les vrais: on le voit pal' la signification de regm'de,', en cc que c'est se tournCl'; et par la wro signification des 7 [es de mensonge, quand cela est dit pal' ceux l[ui sont dans 1('8 fanx, (:n cc que ce sont des vrais; en effet, ceux
  • 280. EXODE, CHAP. CINQUIÈME. 275 qui sont dans les faux appellent les vrais des faux, ainsi des paroles de mensonge, et les faux ils les appellent des vrais, cal' ils sont dans l'oppose. Dans ces Versets il y a pour lors dans le sens in­ terne une description de l'infestation des esprits probes par les faux dans l'autre vie, et aussi une exposition de la manière dont ils sont infestés: Si cette infestation est permise, c'est afin que les faux soient repoussés, et que les vrais soient insinués, ce qui ne peut nullement être fait sans l'infestation; en effet, à l'homme reste attaché, et il y a dans ses mémoires, après la mort, le tout de sa pensée dans le monde, le tout de son intention, le tout de sa vo­ lonté, le tout de son langage, et le tout de son action, car rien n'est oblitéré; mais ces choses ont été imprimées dans ses mé­ moires, surtout dans la mémoire intérieure, qui est pl'Oprementla mémoire de son espl'it, comme on le voit N°s 2i69 , 24,10, 2i7i, 2i75; et puisqu'il en est ainsi, il ne peut se faire autrement qu'il n'y ait, d'après la vie dans le monde, des souillures et des corrup­ tions, et aussi des maux et des faux, qui restent attachés, et font que les vrais que l'homme a aussi appris, et les biens dont il s'est imbu, sont cachés; car les vrais et les biens ne peuvent se montrer parmi de telles choses; avant donc que les vrais et les biens puissent apparaître, et qu'ainsi l'esprit puisse être associé à ceux qui sont dans le Ciel, il est nécessaire que ces maux et ces faux soient révélés, afin qu'il les voie et les connaisse, et qu'il apprenne de cette manière ce que e'est que le vrai el ce que c'est que le bien: cela ne peut nullement être fait sans un combat contre les maux et les faux chez lui; ce combat est fait en actualité, les mauvais esprits excitent les faux et les maux, et les Anges excusent si la fin a été bonne, et insinuent les vrais; cela est perç.u comme si c'était en lui, de même que chez l'homme la tentation, qui n'est pas sentie autrement qu'en lui, quoique cependant ce soit un combat des Anges contre les mauvais esprits hors de lui, voir SUI' ce sujet N0s 3927, i24,9, i307, 5036, 6657: que la chose se passe ainsi, c'est ce qu'il m'a été donné de savoir avec certitude par de nom­ breuses expériences. Tout ceci a été dit, afin qu'on sache poul'quoi l'infestation par les faux est faite chez ceux qui sont de l'Église spirituelle, infestation dont il a Hé question dans le sens intel'llc de ces Versets, et dont il s'agit aussi dans les suivants.
  • 281. 276 ARCA~ES CI:;LESTES. 7,123. Vcrs, 10, 11, 12,13. Et (aussitôt) sortirent les exac­ leurs du peuple et ses directeurs, et ils dirent au peuple, en disant: Ainsi CI dit Ph(tmon : Je ne vous donne plus de paille, Vous.mêmes, allez; p7'enez-vous de La paille, d'olt v.ous (en) trouverez, car il ne sera rien l'elmnché de votre service, Et Le peuple se dispersa dan.~ toute la terre d'Égypte, ponr ramasser des b7'ins pour pail/e, Et Les exaCleurs (les) pl'essaient en disant: Achevez vos ouvrages, {' affaire d'un jour en son jOU7', comme 100'squ'il y avait de la paille, -Et (aussitôt) sOl'tirent les exacteurs du peuple et ses directeurs, signi­ fie l'émission et la présencc de ceux qui infestent de très-près, et de ceux qui reçoivent de très-près : et ils dirent au TJeuple, en di­ sant, signifie la perception: Ainsi a dit Pharaon, signifie sur les infestations : je ne vous donne plus de paille, signilîe que par suite il n'y a plus les scientifiques les plus communs: VOlIs-mêmes allez, prenez-vons de la paille, d'où vous (en) trouverez, signifie qu'ils se les acquéreraientd'autre part, oil ils pourraient: car il ne sera rien retranché de V017'e service, signifie les injections du faux sans dimi­ nution : ct le peuple ,se dispe7'sa dans toute la terre d'Égypte, si· gnifie qu'ils étendll'ent le mental naturel de tout côté: TJOur mlnas­ ,~er des brins pour paille, slgn ific pour trouver quelque vrai scien­ tifique : et les eo'racteurs (les) pressaient, signifie que ceux qui in­ festent de très-près insistaient: en disant: Achevez vos oum'ages, L'affai7'e ({un jour en son jour, signific afin qu'ils servissent aux faux ainsi dits en quelqu'état que ce fùt : comme 100'squ'ily avait rie la paille, signifie comme à Icurs vrais ainsi dits, 712~. Et aussitôt sortirent les exacteurs du peupLe et ses direc­ teurs, signifie l'émission et La présence de ceux qui infestent ,de très­ près, et de ceux qui reçoivent de très-près: on le voit par la signi­ fication de s07,tir, en cc que c'est l'émission, parce que ceux qui sont signifiés par les exacteurs, sont envoyés pOUl' servir de moyen de communiquer, ainsi qu'on peut le voir par ce qui a eté dit ci­ dessus N° 7,1 ,1 ~ : que sortir, ce soit aussi se montrer présent de· vant un autre dans une forme qui lui est convenable, on le voit N0 5137, ainsi c'est aussi la présence; pal' la signification des exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent de très-près: et par la signification dcs dircrtelll'.ç, en ce qu'ils sont ceux qui reçoiv,ent
  • 282. EXODE, CHAP. CI~QnÈllE. cz:n de très-près et communiquent, voit pOUl' les uns et le:; autre:; ~o 7l1L 7125. Et ils dh'ent au peuple, en disant, si9ni~e la perception: on le voit par la signification de dite dans les historiques de la Parole, en ce que c'est la perception, jos '1791,1 8Hi, 1819, 1822, 1898, 1919, 2080, 2862, 3509, 5687. 7126. Ainsi a dit Pharaon, signifie sur les infestations: on le yoit par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne cs es­ pl'its qui infestent ceux de l'Église spirituelle, ainsi qu'il a déjà été. dit plusieurs fois, ainsi c'est J'infestation. 7,127. Je ne VOllS donne plus de paille, signifie que 1}m' suite il n'y a plus les scientifiques les plus commulls : on le voit pal' la si­ gnification de ne plus donner, en ce que c'est ne plus fournir, et par la signification de la paille, en ce que ce sont les scientiliques les plus communs de tous, ]0 71 ,12. Il a déjà été dit ci-dessus comment ces choses se passent; mais il faut ajouter encore, que ceux-là qui dans l'autre vie présentent de la paille, c'est-à-dire les scientifiques les plus communsde tous, aux esprits probes qu'ils in­ festent, sont principalement ceux qui ont été de l'Église et se sont pel'suadés que la foi Seule sauve, etontvécu, non la viede la foi, mais la vie du mal; ils sont là tels qu'ils ont été dans le monde, ils savent les choses qui confirment pour la foi seule, pal' laquelle ils disent que l'homme est sauvé, de quelque manière qu'il ail vécu dans le monde; mais ces choses qui confirment ne sont que des raisonne­ ments qui concourent avec la proposition donnée; en effet, quoi que ce soit, même ce qu'il y a de plus faux, peut être confirmé par des raisonnements, et aussi par des artificcs d'élocution et de con­ clusion être présenté aux simples comme vrai; il. ccla ils ajoutent principalement des choses de la Parole, qui sont les plus com­ munes de toutes, et qui, sans le sens interne de la Parole, peuvent être tournées en faveur d'une opinion quelconquc : telles sont les choses qu'ils présentent, et paf lesquelles il:; infestent ccux qui sont de l'Église spirituelle, mais elies ne sont néanmoins que de la paille ou du chaume pour fairc des briques; car ils cxclucnt l'essen­ tiel même, savoir, la charite; ils disen t, il est Hai, que les œuvres de la charité sont des fI'Uils de la foi, mais néanmoins ils regardent ces œuvres comme rien, el ils'persuadellt que l'homme est sauvé
  • 283. 278 ARCANES CÉLESTES. par la foi seule, qu'elle qu'ait été sa vie, même lorsqu'il n'aurait cette foi qu'à la dernière heure de sa vie, ainsi par la foi sans ses fruits, pal' conséquent sans la vie de la foi et de la charité. Pen­ dant que ces choses sont présentées aux esprits probes dans l'autre vie, ceux-ci ont des arguments pour le combat et peuvent se dé­ fendre, car ils voient que ce sont des raisonnements fallacieux, puisque l'essentiel, qui est la charité, est ainsi exclu, et aussi quand ils voient que ceux qui empioient ces raisonnements ne s'inquiè­ tent point de la vie; ils voient cela dans l'autre vie comme dans la clarté du jour, d'après toutes choses en général et en particulier: voilà donc ce qui est entendu par les scientifiques infimes et les plus communs de tous, et signifié par la paille. Ceux qui se sont persuadés que la foi seule sauve, et ont cependant vécu la vie du mal, sont dans l'enfer assez profondément vers la droite un peu en avant; etje les ai entendus de là infester des esprits probes par des raisonnements; mais ces esprits diriges pal' le Seigneur au moyen des anges rejetèrent ces raisonnements comme vains, et découvrirent aussi les illusions qui étaient dans les choses pal' les­ quelles ils confirment, et dans les arguments tires des choses les plus communes de la Parole. 7128. Vous-mêmes, allez, prenez·vous de la paille d'où vous en Irouverez, signifie qu'ils se les acquéreraient d'aulre part, où ils pourraient: on le voit par la signification de pl'end,'e d'où ils trou­ veraient, en ce que c'est s'acquérir d'autre part où il pourraient; et par la signification de la paille, en ce que ce sont les scientifi­ ques infimes et les plus communs de tous, N°s 7H2, 7127. 7'129. Car il ne sera rien ,'elranclté de voIre service, signifie les injections des (aux sans diminution: on le voit par la signification de n'être rien retranché, en ce que c'est sans diminution; et par la signification du service, en ce que c'est l'attaque par les faux, N0 7120, pal' conséquent aussi l'infestation. 7130. Et le peuple se dispe,'sa dans toute la terre d'Égypte, si­ gnifie qu'ils étendirent le mental naturel de tout côté: on le voit par la signification de se disperser, en ce que c'est étendre; et par la signification de la terre d'Égypte, en ce que c'est le mental natu­ rel, Nos ti276, 5278,5280, 5288, 530,' . Il Ya chez l'homme ùeux
  • 284. EXODE, CHAP. CINQUIÈME. 279 mentais, l'un est le mental naturel, et l'autre est le mental rationnel; le mental naturel est le mental de l'homme externe, et le mental ~ rationnel est le mental de l'homme interne; les choses qui appar­ tiennent au mental naturel sont appelées scientifiques, celles qui appartiennent au mental rationnel sont appelées raisons intellec­ tuelles ; ils sont encore distingués en ce que les choses qui appar­ tiennent au mental naturel sont, quant à la plus grande partie, dans la lumière du monde, lumière qui est appelée lueUl' de la na­ ture, ct que celles qui appartiennent au mental rationnel sont dans la lumière du ciel, lumière qui est la lumière spirituelle. 7'13 t. Pour ramasser des brins POUf" paille, signifie pour trou­ ver quelque vrai scientifique: on le voit par la signification des brins pour paille, en ce que c'est le vrai scientifique; en elfet, les brins sont un tel vrai qui a été approprié au scientilique que la paille signifie; que les brins soient un tel vrai, c'est parce qu'ils sont des tuyaux au sommet desquels est la semence, et que les se­ mences dans la Parole signifient les vrais et les biens; ainsi le tuyau, qui est sous les semences, signifie le vase commun du vrai, par con­ séquent le vrai scientifique; car les scientifiques de la foi et de la charité sont à la vérité des vrais, mais des vrais communs, ainsi des vases récipients des vrais particuliers et singuliers; c'est même cc que chacun peut voir; par exemple: c'est un Vrai scientifique, que la Charité envers le prochain est l'essentiel de l'Église; puis, que la foi ne peut exister que là où il y a la charité; comme aussi, que le vrai et le bien peuvent être conjoints, mais que le vrai et le mal ne peuvent l'être, non plus que le bien et le faux; outre plu­ sieurs autres propositions semblables, qui sont des vrais scientifi­ ques; que ces vrais puissent être enrichis de vrais innombrables, il est facile de le voir en ce qu'on peut écrire des volumes sur cha­ cun d'eux; et cependant les vrais singuliers, qui sont les vrais in­ térieurs de la foi ne peuvent jamais être décrits, car ils ne peuvent être vus que dans la lumière du Ciel, et ne tombent point dans les mots naturels; il en est de ces vrais comme de la charité» qui est une affection spirituelle, laquelle, quant il la plus grande partie, ne peut être exprimée par des mots, excepté cc qu'elle a de plus commun, c'est-à-dire, ce qui se revêt d'uu dehors naturel et qu'on peut comparer à des choses qui sont dans le monde; ces
  • 285. 280 ARCANES CÉLESTES, détails ont été donnés, afin qu'on sache ce que c'est que les scien­ tifiques communs. 7432. Et le.~ exactem's les pressaient, signifie que ceux qui in­ {estent de très-près insistaient: on le voit par la signification des exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent de très-près, l'i°7H·; ct pal' la signification de presser, en ce que c'est insister, 7133. En disant: Achevez vos ouvrages, l'affail'e d'un jOU1' en son jOUf', signifie afin qu'ils servissent au.':C {aux ainsi dits en quel­ qu'état que ce fût: on le voit par la signification d'achever vos ouvrages, en ce que c'est être au service des faux; en effet, par fa­ briquer des bl'Îques sont signifiés les ficlions et les faux qui sont injectés, voir No 7113, et comme ce sont là les ouvrages qu'ils de­ vaient achever, il est signifié qu'ils devaient être à leur service: il est dit aux faux ainsi dits, parce que les méchants, qui prononcent ces paroles, reconnaissent les faux non pour faux mais pour vrais; et par la significat.ion de ]' affaire d'un jour en son jour, cn cc que c'est en quelqu'état que ce soit; que le jour soit l'état, on le voit Nos 23, 487, 488, 493, 893, 2788, 3462, 3785, 4·8iJO. 7·13L Comme lm'sqa'il y avait de la paille, sign'ifie comme à lew's vrais ainsi dits: on le voit pal' la signification de la paille, en cc que c'est le scientifique commun, qui est le vase du vrai, N°s 7,1 '12, 7131 : il est dit aux vrais ainsi dits, parce que ces paroles sont dites par les méchants, qui ne reconnaissent point les vrais pour vrais, 7,135. Vers. H, '15, 16,17, 18. Et {ul'ent battus les directeurs des fils â Israël, qu'avaient préposés SW' eux les exactem's de Pha­ mon, en disant: Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche de fabrication de bl'igues comme hiel' avant-hier, aussi hier, aussi au­ jourd'hui? Et les directeul'S des fils (l'Israël vinrent, et ils crièrent ct Pharaon, en disant: Pourquoi {ais-tu ain.~i à tes sel'viteurs? J)e la paille, il n'en est pas donné à tes sel"Vitellrs; et des briques, ils nous di"ent: Faites; et voici, tes serviteul'S sont battus; et ton peuple a péché. Et il dit: des désœuVl'és, vous; des désœuvrés; c'est pOlt1"quoi vous dites: Allons, sacrifions à Jéhovah. Et mainte· nant allez, servez, et de la paille il ne VOliS en sera point donné, et la mesw'e de briques vous donnerez. - Et {Uf'ent battlts les direc­ tem's des fils d'Israël, signifie que ceux qui avaient reçu de très­ près les infestations, ct les avaient communiquées, furent lésés par j
  • 286. EXODE, CllAP, CINQUiÈME, 281 les faux qui ayaient été injectés: qu'araient préposés Slir eux les exa<:leurs de Pharaon, signifie ceux qui a'aient été injectés par les infestateurs: en disant; Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche de (abl'ication de bl'iqltes, signifie qu'ils ne reçoivent point et ne communiquent. point, comme il leur était enjoint, les injec­ tionsdes faux: con!lue hier avant-hier, signifie comme dans l'état précédent: aussi hier, aussi au}ourll'hui, signifie de même l'état futur: elles directeurs des fils d'Israël vinrent, signifie ceux qui ont reçu de très-près et communiqué: et ils crièrent ct Pharaon, signifie l'indignation attestée devant ceux qui infestaient: en di­ sant; Pourquoi {ais-tu ainsi à tes serviteurs, signifie qu'ainsi ils ne pouvaient s'acquitter du devoir qui leU[' était enjoint: de la paille, il n'en est pas donné à tes serviteurs, signifie que les scien­ tifiques qui sont les contenants du vrai ne leur sont plus fournis: et des briques, ils nous disent; Faites, signifie qu'ils (;oivent tou­ jours supporter les faux injectés: et voici, tes serL'Ïteul'S sont battus, signifie qu'ainsi les faux blessent: et ton peuple a péché, signilie qu'ainsi à eux est le délit en cc qu'ils ont fait le mal: et il dit, signifie la réponse: des désœuvrés, vous, des désœuvrés, signifie qu'ils n'ont point été assez attaqués: c'est pourquoi vous dites; Allons, sacrifions à Jélwllah, signifie que de là la pensée d'un tel culte: et maintenant allez, sel'vez, signilie la continuation de l'in­ festation : et de la paille il ne vous en sera point donné, signifie sans de tels scientifiques: et la mesure de briques VOliS donnerez, signifie les faux qui seront injectés en abondance. 7,136. Et {urent bat/us les directeurs des fils if ISl'aël, signifie que ceux qui avaient reçu de très-près les infestations, et les avaient communiquées, (urentlésés par les {aux qui avaient été injectés: on le voit pal' la signification d'êtl'e battus, en ce que, comme c'est par les exacteurs, par lesquels sont signifiés ceux qui infestent, c'est être lésés par les faux, car être battu, dans le sens spirituel, ce n'est pas être battu, mais c'est être lésé quant au vrai et au bien, c'est-à-dire, quant aux choses qui appartiennent à la vie spirituelle; de même que mourir, dans le sens spirituel, ce n'est point mourir, mais c'est être privé du vrai etdu bien, et être dans le faux et dans le mal, et par conséquent être damné; et par la signification des directeurs, en ce que ce sont ceux qui reçoivent de très-près les
  • 287. 28':2 ARCANES CÉLESTES. infestations et les communiquent, N° 7H 1; et par la l'eprésen­ taHon des fils d'Israël, en ce que cc sont ceux de l'Église spiri­ tuelle, Nos 6426, 6637, avec lesquels ont comm uniqué ceux qui sont signifiés par les Directeurs. 7137. Qu'avaient pl'éposés sur eux les exacteurs de Pharaon, signifie ceux qui avaient été injectés par les infestateurs : on le voit pal' la signification de préposel' sur ellx, en ce que c'est être injecté, parce que cela se fait par injection, ainsi qu'il va être ex­ posé; et pal' la signification des exacteurs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent, 1°7'1 ,1 ,1. On ne peut savoir comment cela se passe, que pal' l'expérience de ces choses dans l'autre vie: il a été dit ci­ , dessus, que les exacteurs signifient ceux qui infestent de très­ près, et les directeurs ceux qui reçoivent de très-près et commu­ niquent, voil' N0 7,1 '1 ,1 ; ceux qui reçoivent de très-près et communi­ quent, sont des esprits simples probes, qui servent principalement poul' un tel usage; ceux-ci sont, au moyen d'artifices connus seule­ ment dans l'autre vie, injectés par les infestateurs vers la société avec laquelle ils se préparent une communication, et cela est fait par ceux qui infestent et qui sont signifiés par les exacteurs; ainsi les enfers ont communication de leur côté, et ceux qui sont in­ festes ont communication du leur: que la chose se passe ainsi, c'est ce que j'ai vu des centaines de fois sinon des milliers, et je l'ai aussi éprouvé. D'après cela, il est bien évident qu'on ne peut savoir ce qui est signifié dans le sens interne par ces paroles, que par l'~xpérience de telles choses dans l'autre vie. 7,138. En disant: Pourquoi n'avez-vous pas achevé votre tâche de fabrication de briques, signifie qu'ils ne reçoivent point et ne communiquent point, comme il Leur était enjoint, les injections des faux: on le voit par la signification des directeUl's ;mxquels sont adressées ces paroles, en ce qu'ils sont ceux qui reçoivent de très­ près et communiquent, N° 7·1 ·11 ; par la signification d'aohever la tâche, en ce que c'est faire comme il était enjoint; et par la signi­ fication de fabriqua des briques, en ce que c'est recevoir les fictions et les faux, N° 7,1013. 7'139. Comme hie,. avant-hier, signifie comme dans l'état précé­ dent: on le voit [laI' la signification de hier avant·hicr, en ce que c'cstl'étatprécéùcnt, 105 698:~, 7iH.
  • 288. EXODE, CHAP. CINQUiÈME. 283 7 i 40. Aussi hier, aussi aujourd'hui, signifie de même l'état {utur: on le voit pal' la signification d'hier, en ce que c'est l'etat précé­ dent, comme il vient d'être dit; et par la signification d'aujour­ d'hui, en ce que c'est le perpétuel, i'os 2838, 3998, 4304, 6165, pal' conséquent ce qui doit durcI' toujours, et ainsi le futur comme auparavant. 7,14,1. Et les directeurs des fils d'/sl'aël vinrent, signifie CCliX qui ont l'eçu de très-pI'ès et communiqué: on le voit pal' la signifi­ cation des dù'ecteurs des fils d' IS1'aël, en ce qu'ils sont ceux qui reçoivent de très-près les infestations ct les communiquent, N°7·36. 7142. Et ils crièrent à Pharaon, signifie l'indignation attestée devant ceux qui in{estaient: on le voit par la signification de cI'iel', en ce qu'ici c'est attester l'indignation, savoir, de ce qu'ils ont été battus, c'est-à-dire, lésés par les faux injectés, et de ce qu'i! ne leur était pas donné de paille pOUl' la fabrication des briques, c'est-à­ dire, de cc qu'ils ne recevaient et n'injectaient que des fict.ions et des faux; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui infestent, Nos 6651, 6679, 6683, 7126. 7143. En disant: Pourquoi {ais-tu ainsi il tes sel'VÎteuI's, signifie qu'ainsi ils ne pOUL'aient s'acquitter du. devoir qui leuI' était enjoint: on le voit par la signification du,.serviteur, en ce que c'est celui qui administre et s'acquitte d'un devoir; comme celui-là sert, il est appelé serviteur, ainsi qu'on le lit çà et là dans la Pal'ole; que celui qui obéit soit appel.é serviteur, on le voit N° ,17,13, et que servir, ce soit l'étude; on le voit l'Qs 3824· , 3846; et puisque les paroles qui vont suivre l'enferment qu'ils ne pouvaient soutenir ce service, il est évident que ces expressions, Pourqu~i {ais-tu ainsi à tes serviteurs, signifient qu'ainsi ils ne pouvaient s'acquitter du devoir qui leur était enjoint. 7'144. De la paille, il n'en est pas donné il tes se1'vitell1's, sigl1i fie que les scientifiques qui sont les contenants du vrai ne leltl' sont plus roumis: on le voit par la signification de la paille, en cc que ce sont les scientifiques les plus communs de tous, N0 7112, lesquels, l~arce qu'ils sont comme des vases qui peuvent être l'emplis de vrais, N0s 434-5, 4383, 5208, 713·1, sont appelés scientifiques qui sont les contenants du 'l'ai; pal' la sj~lIifiealion Ù~ ne /I~ être donné, en cc
  • 289. 281.. ARCANES CÉLESTES. que c'est ne pas être fourni; et par la signification des serviteurs, en ce qu'ils sont ccux qlli administrent et s'acquittent d'un devoir, comme ci-dessus, No 7" 43. 7145. Et des bl'iques, ils nous disent: (aites, signifie qu'ils doi­ vent toujours .~upporter les (aux injectés: on le voit par la signifi­ cation cie {etire des bl'iques, en ce que c'est recevoir les fictions et les faux, qui sont injectés par les méchants, N°71'13; ici, les sup­ porter. 7,14.6. Et voici, tes se/'viteurs sont ballus, signifie qu'ainsi les (aux blessent: on le voit par la signification d'être battu, en ce que c'est être hlessé pal' les faux, No 7'136. 7147. Et ton peuple a péché, signifie qu'ainsi à eux est le délit en cc qu'ils ont (ait le mal: on le voit pal' la signification de pécher, en ce que c'est devenir coupable du mal ,~t que si cela est, ils encourent justement la peine. Il faut dire comment se passent en général les choses qui son t dans ce Verset et dans les précédents: ceux qui sont dans la terre inférieure sont infestés par les faux et pal' les maux injectés des enfers qui sont alentour, afin que les maux et les faux soient repoussés, et que les vrais et les biens soient in­ sinués, ct qu'ainsi ils soient concluits dans un état où ils puissent être élevés dans le Ciel , voir N°s 7090 w ' mais près de la fin , " , 7122· ils sont plus durement infestés qu'auparant, car alors les vl'ais leur sont soustraits, ct il est permis que des fanx sans mélange les in­ festent, et cela jusqu'au désespoir; en effet, il est de l'ordre Divin que le dernier (degré) de l'infestation ct de la tentation soit le dé­ sespoir, voi/' ios 1787, 2694, 52Î 9, 5280: afin que cet état de ceux qui sont de l'f:glisc spirituelle, fût représenté pal' les fils d'Israël, cela a été fait pal' Pharaon, ct à l'instant que les infestations étaient près de la fin, c'est-à-dire, quand les fils d'Israël allaient être déli­ vrés et conduits clans la tene cie Canaan. Il faut qu'on sache que les infestations se font de telle manière, que les faux et les maux sont injectes dans les pensées par les enfers, et que les vrais et les biens y sont insinués par le Ciel, c'est-à-dire, par le Seigneur au moyen du Ciel; cela sc fait, parce que l'homme et l'esprit ne pen­ sent point par eux-mêmes, mais que toutes choses influent: quoique cela semble tOllt à fait éloigné du sens, et pal' conséquent incroya­ ble, toujours est-il cependant que cela est très-vrai; voir sur ce sujet
  • 290. EXODE, CHAP. CINQm~~lE. 28G cc qui a cté précédemment rapporté et montré d'après l'expérience, Nos 2886, ~'151, ft.24.9, 5846, 58!H, 6'189 à 62<11>, 6307 à 6327, M66 à 6495, 6598 à 6626. De là on peut savoir comment il faut entendre que les infestations se font pal' les injections des faux, et qu'elles vont en augmentant jusqu'au désespoir. 71..8. Et il dit, signifie la répolHe : on le voit pal' la signification de diTe, en cc que c'est la réponse, ~o7'103. 7-149. Des désœuvrés, vous, des dé"œuVI'és, signifie qu'ils n'ollt point été assez. atlar{ués : 011 le voit pal' la signification d'êlTe des désœuvrés, en cc que c'est ne point avoir été assez attaqués, savoil', par les faux, No 7118. 7·150. C est pom'quoi VOliS dite.ç : Allons, sacrifions à JéholJah, signifie que di: là la pensée d'un tel culte: on le voit d'après cc qui a été dit ci-dessus No 7119, oil sont de semblables paroles. 7·15·1. Et maintenant allez, servez, ,çif/lIifie la continuation de l'infestation: on le voit pal' la signification de serviT, cn ce quec'est être infesté par les faux, Nos 7,1 20, 71'29; de Iii allez, servez, c'est la continuation de l'infestation; en eO'et, ils se plaignaient du ser- Yice, mais il leul' est répondn qll'ils devaient le continuer. 7,152. Et de la paille il ne vous en sera point donné, signifie sans de tds scienlifiques: on le voit par la signification de la paille, Cil CC que cc sont les scientifiqnes les plus commllns, ct qui sont par suite les contenants du vrai, ~os 7112, 74 U; ils seront sans ces scientifiques, c'est ce qui est sign ifié pal' il ne vous enser,a pas donné. 7153. Et la mesure de briques vous donnerez, signifie les faux qui seront injeclés en abondance: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N° 7'1" 6, oi! sont de semblables pal'oks. Ce sont lü les choses qui sont contenues dans le sens interne de ces Versets; elles se présentent peut-être devant l'homme comme de peu d'importance, rt même comme épal'ses; mais néanmoins elles sont toutes des essentiels de la cbose dont il s'agit, ct admirablement liées entre elles; qu'il en soit ainsi, c'est ce que perçoivent les Anges, car ils voient les séries et les enchaînements des choses dans la lumière du ciel, avec d'innombrables arcanes composés de vrais intérieurs, d'oil résulte une tl'ès-belle et très-ravissante forme des choses; cc qui ne peut en aucune manière être perçu par l'IIOmllle, parce que les vrais intérieurs lui sont cachés, pal' conséquent il ne peut pas
  • 291. 286 ARCANES CÉLESTES. les liel' ensemble, mais cela se présente à lui comme épars, et pal' suite, ainsi qu'il a été dit, comme de peu dïmportance. 7154. Vers. 19,20,2'1. Et les directew's des fils d'Israël se virent dans le mal, en ce qu'il éta.it dit : Vous ne retmnchereZ1lfe vos briques quoi que ce soit du jour en son jour. Et ils rencontrèrent bloscheh et Aharon, qui se trouvèrent devant eux, comme eux sortaient de chez Pharaon. Et ils leur dirent: que Jéhovah vous voie et juge, que vous avez empuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux de ses se"vitenrs, (de manière) à mettre une épée en leur main pou,' nous tuer. - Et les directeurs des fils cC Israël se vir'ent dans le maL, signifie près de la damnation: en ce qu'il était dit: Vous ne r'etran­ cherez de vos briques quoi que ce soit, signifie parce qu'il n'était rien diminué de l'injection des faux: du jour en son jour, signifie dans quelque état que ce fût: et ils renconl1'èrent Moscheh et Aharon, signifie la pensée touchant la Loi Divine et la doctrine qui en pro­ vient: qui se trouvèrent devant eux, comme ils sortaient de chez Pharaon, signifie la manifestation alors quand les faux n'infestaient pas de la même manière: et ils leUl' dirent, signifie la perception: que Jéhovah vous voie et juge, signifie la Divine disposition: que vous ave~ ernpuanti notre odeur aux yeux de Pharaon, et aux yeux de ses servitew's, signifie que à cause de cela tous ceux qui sont dans les faux ont une si grande aversion pour notl'e bon office: (de manière) à mettre une épée en leur main pour nous tuer, signifie de là une shgrande ardeur en eux de détruire par les faux les vrais de l'Église. 7HS5. Et les directell1's des fiLs d'Israël se vir'ent dans le maL, signifie pr'ès de la damnation: cela est évident par la signification de voir, en ce que c'est apercevoir, N°s 2~ 50, 3764., 4.567, 4.723, 54.00; pal' la signification des directeurs, en ce qu'ils sont ceux qui reçoiyent de très-près les infestations et les communiquent, N°s 71 ,11 , 7:136 ; et pal' la signification du mal, en ce que c'est la damnation; car le mal considéré en lui·même est l'enfer, Nl.' 6279, ainsi la damnation. Qu'êtl'e dans le mal, ce soit être près de la damnation, c'est parce que ceux qui ont reçu de très-près les in­ festations et les ont communiquées, ont été lésés, ce qui est signifié en ce qu'ils ont été battus par les exacteurs , N° 7,136, et parce qu'ils ont été infestés jusqu'au désespoir pal' les faux continuelle­
  • 292. EXODE, CIIAP. CINQUIÈl1E. 287 ment injectés, No i 1i7; c'estde là que cette expression: ils se virent dans le mal, signifie qu'ils aperçurcnt qu'ils étaient près de la dam­ nation; en effet, ceux qui sont dans le désespoir, parce qu'ils s'i­ magincnt ne pouvoir plus soutenir les assauts, pensent qu'ils ne peuvent faire autrement que de se livrer aux faux comme captifs, car tel est l'état du désespoir, mais alors ils commencent à être soulagés, et à être conduits comme des ténèbres dans la lumière. 7156. En ce qu'il était dit: Vous ne retmncherez de vos bl'iques quoi que ce soit, signifie parce qu'il n'était l'ien diminué de l'injection de.s faux: on le voit pal' la signification de n'être l'etmnché quoi que ce soit, en ce que c'est n'êtrc rien diminué, comme aussi ci-dessus N° 7129; et par la signification de fabriquer des briques, en cc que c'est supportcr les. faux injectés, N°s 711 3, 714.5, 7157. Du jour en son jour, signifie dans quelque état que ce fût: on le voit par la signification du jour en son jour, en ce que c'est en quelque état que ce soit, comme ci-dessus io 7'133. 7-158. Et ils l'encontrèl'ent Moscheh et Aharon, signifie la pensée touchant la Loi Divine et la Doctrine qui en provient: on le voit pal' la signification de l'encontrer, en ce que c'est la pensée, car ici par ils l'encontrèrent, il est entendu qu'ils vinrent à eux à dessein et leur parlèrent, ce qui dans le sens interne est penser aqx choses que Moscheh et Aharon représentent; que parler, ce soit penser, on le voit Nos 227-1, 2287, 2649; par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, N° 6752; et pal' la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la Doctrine du bien et du vrai, Nos 6998, 7009,7089. 71l!l9. Qui se u'ouvèrent devant eux comme ils sortaient de chez Pharaon, signifie la manifestation alors quand les faux n'infestaient pas de la même manière: on le voit par la signification de se trouver devant, quand cela est dit de la Loi Divine et de la Doctrine qui en provient, en ce que c'est ra m.anifestation; et par la signification de sortir de chez Pharaon, en ce que c'est quand les faux n'infestaient pas de la même manière; que Pharaon soit le faux qui infeste, on le voit N0s 7407, 7HO, 7-126, 7142. (7159 bis). Et ils leur dirent, signifie la pel'ception : on le voit pal' la signification de dire dans les historiques de la Parole, en ce que c'est percevoir, ainsi qu'il a été souvent montré.
  • 293. 288 AHCANES CÉLESTES. 7160. Que Jéhovah vous voie et juge, signifie la Divine disposition: cela est évident par la sign ification de que Jéhovah voie et juge, en ce que c'est la Divine disposition, car ce que Jéhovah voit et juge, ille dispose; en effet, voir signifie la Divine perception, particuliëre­ ment la Divine Prévoyance, et juger signifie la Divine ordination, particulièrement la Divine Providence; comme ces choses sont signifiées dans le sens interne par ces paroles, c'était une formule ordinaire de dire, quand le mal arrivait par la faute de quelqu'un, que Jéhovah voie et juge. 716'1. Que vous avez empuanti notr'e odeur aux yeux de Pharaon et au,x yeux de ses serviteurs, signifie que à caus/: de cela tous ceux qui sont dans les {aux ont une si g1'ande aversion pour notre bon o{fice (obsequium): on le voit par la signification d'empuantir, en ce que c'est l'aversion, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification de l'odeur, en ce que c'est le perceptif de ce qui est agréable, N0s 925, '1514, 1517, 15,18, 1519, 3577, 4626, 4628, 4148; et comme l'odeur est le perceptif de ce qui est agréable, c'est le perceptif de la foi et de la charité, car la foi et la charité sont agréables, N°s 15,19, 4628, 4.748; et comme elles sont agréa­ bles, c'est un bon office très-agréable, car le bon office est le bien même de la foi et de la charité; c'est de là que l'odeur ici signifie le bon office. Puisque l'odeur est tout ce qui est agréable au Sei­ gneur, la puanteur est pal' conséquent ce qui est désagréable au Seigneur, ainsi la puanteur est l'aversion, et est aussi l'abomina­ tion ; la puanteur correspond même en actualité à l'aversion et à l'abomination, qui appartiennent au faux et au mal; comme la puanteur est ce qui appartient à l'aversion, c'est pour cela même que dans la Parole elle est dite au lieu de l'Aversion, comme dans Samuel: « Israël est devenu puant auprès :des Philistins. » - J. Liv. XIII. 4. - Dans le Même: « Achisch disait de David: en » s'empuantiuant il s'est empuanti aqprès de son peuple, auprès Il d'Israël. » - J. Liv. XXVIJ.12. - Dans le Même: « quand les » fils d'Ammon virent qu'ils étaient devenus puants auprès deUavid. » ' - II. Liv. X. 6. - Dans le Même: « Achitophel dit à Absalon: « Afin que tout Israël entende que tu es devenu puant auprès de » ton père. » - Il. Liv. XVI. 21; - dans ces passages, puant est mis au lieu de l'aversion. Dans Ésaïe: « Que les transpercés des
  • 294. EXODE, CHAP. CINQUIÈME. 289 Il nations soient jetés, et que la puanteur de leurs cadaVl'es monte, Il et que les montagnes l'Uisselient de sang, Il - XXXIV. 3 ; -la puanteur au lieu d'un mal abominable; pareillement dans Amos, IV. 10; et dans David, Ps. XXXVIII. 5, 6. - Qu'aux yeux de Pharaon et aux yeux de ses serviteurs, ce soit à la perception de tous ceux qui sont ùans les faux, on le voit par la signification des yeux, en ce que c'est la perception, N° 4·339; et par tÇl. repré­ sentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux, N°s 6651,6679,6683,7107, 7HO, 7126, 7'142. S'il est dit que rodeUl' des fils d'Israël était puante à leurs yeux, c'est parce que tous ceux qui sont dans les faux et dans les maux ont en aver­ sion les biens et que pour eux les vrais sont puants. Que la puan­ tellr soit chez ceux qui sont dans les maux et pal' suite dans les faux, c'est ce qu'on voit clairement par les enfers qui sont appelés enfers cadavéreux, oi! sont les assassins et ceux qui sont très-opi­ niâtres dans leurs vengeances, ct par les enfers qui sont appelés excrémentitiels, oil sont les adultères et ceux qui ont cu pom fin de honteuses voluptes; quand ces enfers sont ouverts, il s'en exhale des puanteurs insoutenables, N° 463'1; mais elles ne sont senties que par ceux auxquels les intérieurs, qui appartiennent à l'esprit, ont été ouverts; néanmoins ceux qui sont dans ces enfers trouvent ces puanteurs agréables et aiment par conséquent à vivre dans ces infections, N° 4628; ca!' ils sont comme ces animaux qui se tien­ nent dans des cadavres et dans des excréments et qui y trouvent le plaisir de leur vie: quand ces esprits viennent au delà de la sphère de leurs infections, les odeurs douces et agréables sont pour eux infectes et très-désagréables: d'après cela, on peut voh' comment il faut entendre que ceux qui sont dans les faux ont une si grande aversion pour les choses qui appartiennent à la Loi Divine et par suite à la Doctrine, que représentent i'1oscheh et Aharon, dont il est dit, qu'il:; ont empuanti leur odeur aux yeux de Pharaon et aux yeux de ses serviteurs. 7 '162. De. manière à melt1'e une épée en leur main pOUl' nous tue,., signifie de là une si grande ardeur cn eux de délr1û?'e pm' les (aux les vrais de l'Église: on le voit par la signification de l'épée, en ce qu'elie est le faux qui combat ct dévaste, N°s 2799, 6353, 7,102; et par la signification de tue,., en cc qlle c'est détruire les XI. Jl)
  • 295. 290 ARCANES Cf<~LESTES, choses qui appartiennent à la foi et à la charité, No 0767; les choses qui appartiennent à la foi et à la Charilé sont signiûées par les fils d'Israël, de qui il est dit qu'ils seraient tués; car les essentiels de l'Église spirituelle, qui est signiûée par les Iils d'Israël, N° 6637, sont la Charitô et la foi, 7'163. Yel's "2'2, 23. Et 1I10scheh re/o/mut vers Jéhovah, et iL dit: Seignew'! Pourquoi a.~-LU {aii du maL à ce peupLe? Pourquoi TIL' as­ lU envoyé? Et depuis que je suis venu vers Phal'aon pour parler en /On Nom, il a (ait du mal à ce pel/pIe, et en délivrant LU n'as point délivré lOn peupLe. - Et Moscheh retourna vers Jéhovah, et iL dit, signifie la plainte d'après la Loi Divine. Seigneur, pourquoi as-lU (ait du mal à ce peupLe, signifie de ce que ccux qui sont dans les vrais et dans les biens sont trop infestés par les faux: pourquoi m'as-lU envoyé) signifie lorsque cependant la Loi procédant du Divin semble dire autrcRlent: et depuis que je suis 1JenU vers Pha­ aon pour parler en /Olt Nom, signiûe quand le commandement venant des choses qui appartiennent à la Loi Divine était évident pOUl' ceux qui sont dans les faux: iL a {ait du mal à ce peupLe, si­ gnifie qu'alors pal' les faux injeetés semblent être blessés ceux qui sont dans les vrais et dans les biens de n~glise : et en délivrant LU n'as point délivré Ion peuple, signifie qu'ils n'ont point été tirés de r état d'infestations par les faux. 7'1 GL Et ll-Ioscheh retourna vel'S Jéhovah, ct il dit, signifie la plainte d'après La Loi Divine: on le voit par la signification de retourner vers Jéhovah, en ce que c'est portel' plainte au Divin sur l'infestation de ceux qui sont dans les vl'ais et dans les biens pal' ceux qui sont dans les faux et dans les maux; que l'etourner vers Jéhovah, ce soit une plmnte, c'e~t évident d'apl'ès cc qui suit; pal' la représentation de 11fo,~cheh, en ce qu'il est la Loi Divine, N°s 6723,675'2,6771,6827,7014, de là c'est une plainte d'après le vrai qui appartient à la Loi Divine, de ce que ceux qui sont dans les faux ont une telle domination SUl' ceux qui sont dans les vrais. 7165. SeigneuT! 1JOurquoi as-tu {ait du mal à ce peuple, signifie de cc q1W ceux qui sont dans les vrais et dans les biens sont trop infestés pal' les faux: on le voit par la signification de raiTe du maL, en ce que c'est permeltre qu'ils soient trop infestés par les faux, car c'est ce que signifie dans le sens spirituel faire du mal,
  • 296. EXODE, CHAP. CINQUlÊME. 291 quand cela est dit de ceux qui sont dans les vrais et dans les biens; et pal' la repl'ésentation des fils d'Israël, qui ici sont le peuple, en cc qu'ils sont ccux de l'Église spirituelle, ainsi ccux qui sont dans les vl'ais ct dans les biens de l'Église, comme ci-dessus, j'"0 7.162. 7166. Pourquoi m'as-tu envoyé, signifie 100'sque cependant la Loi procédant du Divin semble dire autrement: on le voit pal' la si­ gnification de pourquoi cela, en ce que c'est pourquoi en est-il ainsi quand il est dit autl'ement; pat' la repr(~sentation de Moscheh, qui dit ces choses de lui-même, en cc qu'il est la Loi d'après le l>ivin, N° 7164; et par la signification d'être envoyé, en cc que c'est pl'océder, N°s 4.710, 6831; de là, pourquoi m'as-tu envoyé, si­ gnifie que la Loi pl'océdant du Divin semble dire autrement. Comme cela est dit par celui qui se plaint de rinfestation des faux, il lui paraît que la Loi d'après le Divin disait autrement, c'est pour cela qu'il est dit qu'elle semble dire autrement, lorsque cependant elle ne dit pas autl'ement; cal' la Loi d'après le Divin est la Loi de l'ol'dre, ct la loi de l'ordre concernant ceux qui sont dans l'état d'infestation pal' les faux, est qu'ils doivent être infestés jusqu'an désespoil', et s'ils ne le sont pas jusqu'au désespoir, il manque le demiel' (degré) de l'usage pl'ovenant de l'infestation: que la tenta­ tion soit augmentée jusqu'au désespoir, c'est ce qu'on voit claire­ ment par la tentation du Seigneul' dans Gethsémané, Matth. XXVI. 38,39. Marc, XIV, 33, 34,35, 36. Luc, XXII. u.; et aussi ensuite sur la <;roix, llatth. XXVII, 46, en cc qu'elle a été portée jusqu'à l'état de déspspoir; et la tentation du Seigneur est le modèle de la tentation des fidèles, aussi le Seigneur dit-il que celui qui veut Le sui.yre, doit porter sa croix, Matth. X. 38. XVI. 24, ; cal' la Glo­ rification du Seigneur est le modèle de la régénération de l'homme, Nos 3138,3212,3296, 3,.90, U02, 5688; et la régé­ ~r.ration se fait surtout par les tentations. 7 '167. Et depuis que je suis venu veT'S Pharaon pour paTler en ton Nom, signifie quand le commemdement venant des choses qui appal,tiennent à la Loi Divine était évident pour ceux qui sont dans les [aux: on le voit pal' la signification de veni1' pour parler, en ce que c'est apporter le commandement, ici le rendre évident, car le commandement venant du Divin n'est point porté mani­ festement à ceux qui sont dans les enfers, mais il lellr est fait par
  • 297. '292 AHCA~ES CÉLESTES. des esprits une exhortation, d'où il leur semble que c'est un com­ mandement venant du Divin; par la représentation de PhamolJ, en cc qu'il désigne ceux qui sont dans les faux et qui infestent, Nos 665'1,6679,6683, 7.J07, 7HO, 7'126, 7'1q.:~; el par la signifi­ cation du Nom de Jéhovah, en ce que c'est tout cc qui appartient à la foi et à la charité, par quoi le Seigneur est adoré, N'os 2724, 3006, 6674, ainsi tout ce qui appartient à la Loi Divine, car la IJoi Divine n'est. pas autre chose que ce qui appartient à la charité et à la foi; en effet, la Loi Divine est le vrai Divin procédant du Sei­ p;neur, et ce qui procède du Seigneur est le Divin Bien et le Divin Vrai, et le Divin Bien est l'amour et la Charité, et le Divin Vrai cst la foi. 7,168. Il a {ait durllal à ce peuple, signifie qu'a/ol's par les {aux injectés semblent être blessés ceux qui sont dans les vrais et dan:; les biens de l'Église; on le voit par la signification de {aire du mal, en ce que c'est blesser pal' les faux injectés; ici sembler être bles­ sés, car ceux qui sont dans l'infestation et dans la tentation, ne peuvent être blessés par les faux injectés, parce que le Seigneur les pl'otége; et par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont le peuple, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans les vrais et dans les biens de l'Église, comme ci-dessus, i'o 7162, 7169. Et en délivrant tu n'as point délivré ton peuple, signifie qu'ils n'ont point été tiré, de r état d'infestation pm' les (aux: on le voit par la signification d'être déliV1'é, en ce que c'est être tiré de l'état d'infestations par les faux, car dans ce qui précède il s'agit des infestations par les faux; de là ne point être délivré, c'est ici ne point en être tiré; que tOit peuple soit ceux qui sont dans les vrais et dans les biens de l'Jtglise, et qui ont été infestés, on vient de le voir Nos 7165,7168. CONTINUATION SUR LES ESPRITS ET SUlI LES HAnITANTS DE LA TERRE DE MERCURE. 7170. Des esprits de Mercure apparurent vers la gauche en globe, et ensuite en une masse enroulée (in 1Jolumine) s'étendant en longueur; et j'ignorais où ils voulaient aller, si
  • 298. EXODE, CHAP. CINQUIÈME. "'293 c'était vers cette Terre, ou ailleurs, et bientôt je remarquai qu'ils se détournaient vers la droite, et qu'en se déroulant ils approchaient de la Terre de Vénus, vers la partie tournée du côté opposé au soleil; mais quand ils y furent arrivés, ils dirent qu'ils ne voulaient pas y restel" parce que les habitants étaient méchanl<;; c'est pour­ quoi ils se dirigèrent vers l'autre partie de celle terre, celle qui re~ garde le soleil, et alors ils dirent qu'ils voulaient y demeurer, parce que ceux qui l'habitaient étaient bons. Pendant que cela avait lieu, je sentais dans le Cerveau un changement notable, et une forte opéJ ration qui en résultait; par là il m'était donné de conclure que les Esprits de Vénus, qui sont de cette partie de la Planète, concor­ daient avec les Esprits de la Planète de Mercure, et que cellx-l~ représentaient la Mémoire des choses matérielles, qui concordent avec la Mémoire des choses immatérielles, que représentent les Esprits de Mercure; de là une plus forte opération avait été sentie d'après eux quand ils étaient là. 717-1. Il faut qu'on saclte que le Soleil du monde n'apparaît à aucun esprit, ni rien de la lumière qui en proeède; car la lumière de ce Soleil est pour les esprits comme d'épaisses ténèb,·cs; cc soleil reste seulemcnt dans la perception chez les esprits, en raison de cc qu'ils l'ont vu quand ils étaient dans le monde, ct il se pré­ sente à eux dans l'idée comme quelque chose de ténébreux; ct cela, par derrière à une distance considérable, à une hauteur lin peu au-dessus du plan de la Tête. Les Planètes qui sont au-dedans du monde de cc Soleil, apparaissent selon une situation détermi" née relativement au soleil, MerCl1l'e pal' derrière un peu vers la droite; la Planète de Vénus à gauche un peu en arrièl'C; la Pla­ nète de 1Iars vers la gauche pal' devant; la Planète de Jupiter pareillement vers la gauche pal' devant, mais à une plus grande distance; la Planète de Satume tout à fait pal' devant à une distance considérable; la Lune vers la gauche assez haut; les satellites aussi à la gauche relativcment à leur planète: telle est la situation de lems Planètes dans les idées des esprits et des anges, et, en outre, ks esprits apparaissent près de leur Planète mais au-dehors. 7172. Un jouI' je vis que des esprits de notre terre étaient al1pr~s des esprits de la terre de Mercure, cl je les elltendis s'cntrctenil' en· Ire CIlX j et alors cntrr antres ('hos('~ Ir$ rsprits dl~ notre terre lem­
  • 299. 294· ARCANES Cl~LESTES, demandaient en qui ils croyaient; ils répondirent qu'ils croyaient en Dieu; mais ayant été interrogés en outre sur lé Dieu, en qui ils croyaient, ils ne "oulment pas ledire, parce que c'est leur coutume de ne pas répondre directement aux questions. Alors les esprits de la tene de Mercure demandèrent à leur tour aux esprits de notre terre en qui ils croyaient, ceux-ci répondirent que c'était au Sei­ gneur-Dieu; mais les esprits de Mercure dirent qu'ils percevaient qu'ils ne croyaient en aucun Dieu, et qu'ils avaient pour habitude de dire de bouche qu'ils croient, et que cependant ils ne croient point; (les esprits de l'lercUl'e ont une perception exquise, et cela, parce qu'ils examinent continuellement, au moyen de la perceptiol, ce que les autres savent'; ) les esprits de notre terre étaient du nom­ bre de ceux qui, dans le monde, ont confessé la foi d'après la doc­ trine de l'Église, mais n'ont pas néanmoins vécu la vie de la foi: quand ils eurent entendu ces paroles, ils gardèrent le silence, parce que, d'après une aperception qui leur fut alors donnée, ils recon­ naissaient que cela était ainsi. 7173. Quelques Esprits savaient pal' le Ciel qu'il avait auttefois été promis aux esprits de la terre de llercure qu'ils verraient le Sei­ gneur; il fut en conséquence demandé à ceux-ci par les esprits qui étaient autour de moi, s'ils se souvenaient de cette promesse; ils , répondirent qu'ils s'en souvenaient, mais qu'ils ne savaient pas si cela leur avait été promis de telle sorte qu'il n'y eût pour eux aucun doute sur l'accomplissement. Pendant qu'ils parlaient ainsi entre eux, le Soleil du Ciel leur apparut ( le Soleil du Ciel, qui est le Sei­ gneur, n'est vu que par ceux qui sont dans le Ciel intime ou troi­ s'lème Ciel, les autres voient. la lumière qllÎ en procède, et aussi la Lune, Nos 1529, 1530) 153'1, 4060); 11 la vue dU Soleil, ils dirent que ce n'était point là leSeigneur Dieu, puisqu'ils ne voyaient point sa face. Pendant ce temps les esprits parlaient entre eux, mais ce qu'ils dirent, je ne le' sais poin t; alors tout-à-coup apparut de nou­ veau le Soleil et au milieu leSeigneur environné d'un cercle solaire; li cette vue les esprits de Mercure s'humilièrent profondément et se prosternèrent. Alors ausSi le Seigneur fut vu de ce soleil par des esprits de notre terre, qui, lorsqu'ils avaient été hommes, L'avaient vu dans le monde; e( ils avouèrent l'un après l'autre, et ainsi plu­ ::;ieurs en ordre, que c'était le Seigneur Lui-l'1ême; et ilS l'avouèrent
  • 300. '~XODE, CHAP. CINQUn~lIE. 295 devant toute rassemblée. Alors encore le Seigneur fut vu de ce So· leil par des esprits de la Planète de Jupiter, qui diren t à haute voix que c'était Celui-là iIême Qu'ils avaient Vil dans leur terre, quand le Dieu de l'univers leur était apparu. 7n 4. Quelques-uns, après que le Seigneur eùt été vu, furent conduits vers les parties antérieures sur la droite; et pendant qu'ils llHl:rchaient, ils disaient qu'ils voyaient une lumière bien plus claire et plus pure qu'aucune de celles qu'ils avaient vues, et qu'il était impossible de voir jamais une plus grande Lumière; et alors c'é­ tait le Lemps du soir: ceux. qui disaient cela étaient en grand nom­ bre. 7,175. Quelque temps après, il me fut montré une femme dos habiLants de la terre de Mercure; son visage était beau, mais un peu plus petit que celui d'une femme de notre terre; elle était aussi plus mince, mais d'une égale grandeur: sa tète était enveloppée d'une étotTe posée sans art, mais cependant d'une manière convenable. Je vis aussi un JlOmme de cette terre, son corps éLait de même plus mince que le corps des hommes de notre terre: celui qui m'apparut était vêtu d'un habit bleu foncé, s'adaptant juste au corps, sans plis ni saillies d'aucun côté. Quant à ce que les habitants de cette tene pensent peu à leur corps, cela fut évident pOUl' moi, en ce que, quand ils viennent dans l'autre vie ct deviennent esprits, ils veulent apparaître non pas comme des hommes, ainsi que les esprits de notre terre, mais comme des globes de cristal; s'ils veulent appa­ raître ainsi, c'est alin d'éloigner d'eux. les idées matérielles; les con naissances des choses immatérielles son taussi représentées dans l'autre vie par les cristaux.. 7176. Il me fut aussi montré des espèces de leurs bœufs ct de leurs vaches, qui, il est vrai, différaient peu des espèces de notre terre, mais qui étaient plus petites, ct approchaient en quelque sorte d'une espèce de biches et de ccrfs. 7,177. Ils furent aussi interrogés sur le Soleil du monde, de quelle manière il apparaissait de leur terre; ils répondirent qu'il est grand, ct qu'il y apparaît plus grand que des autres terres; ils dirent qu'ils pomaient savoir cela d'après l'idée que les autres esprits avaient du soleil. Ils ajoutèrent que la température pOUl' eux était moyenne, ni trop chaude, ni froide; il me fut alors donné de lem dire qu'il :'l.Yait
  • 301. 296 ARCANES CÉLESTES. été pourvu par le Seigneur, à ce qu'ils n'eussent pas une trop forte chaleur, en raison de ce que leur terre est plus près du soleil que les autres terres, puisque la chaleur vient non pas de la proximité du soleil, mais de la hauteur et de la densité de l'atmosphère aérienne, comme il est bien évident par le froid sur les hautes mon­ tagnes, même sur celles qui sont dans les climats chauds; puis aussi la chaleur varie selon l'incidence droite ou oblique des rayons du soleil, comme on le voit clairement par les saisons de l'hiver et de l'été dans chaque région.Tellcs sont les ohoses qu'il m'a été donné de savoir sur les Esprits et sur les habitants de la terre de Mercure: à la lin du Chapitre suivant il sera parlé des esprits de la Planète de Vénus,
  • 302. PRElVlIÈRE PARTIE, DU ~ LIVRE DE L'EXODE. ~ CHAPITRE SIXIÈME. DOCTRINE DE LA CHARITÉ. 7,178, Personne ne peut savoir ce que c'est que Ic bien compris dans le sens spirituel, à moins qu'il ne sache ce quc c'cst que J'a­ mour envel's le prochain et l'amolli' pOUl' Dieu; et personne ne peut savoir ce que c'est que le mal, à moins qu'il ne sache ce que c'est que l'amour de soi et l'amour du monde. Nul non plus ne peut sa­ voir, d'après une reconnaissance intérieure, ce que c'est que le vrai qui appartient à la foi, à moins qu'il ne sache ce que c'est que le bien, et à moins qu'il ne soit dans le bien; et nul ne peut savoir ce que c'est que le faux, à moins qu'il ne sache ce que c'Qj;t que le ma. Personne donc ne peut se scruter, à moins qu'il ne sache ce que c'est que le bien procédant de ces deux amours et le vrai procédant du bien, et à moins qu'il nesache ce que c'est que le malpl'ovenant de ces deux amours et le faux provenant du mal. 7~ 79, Il Ya deux facultés chez l'homme, l'une est appelée l'Entcn­ ùement, et l'autre la Volonté; la volonté a été donnée à l'homme pOUl' le bien qui appartient à l'amour, et l'entendement pour le vrai qui appartient à la foi; car le bien qui appartient à l'amour se réfère à la Volonté, et le vrai qui appartient à la foi se réfère à l'entende­ ment: rune de ces facultés communique admiral.Jlement avec l'àu­ tre, Elles se conjoignent chez ceux qui sont dans le bien et pal' suite Mns Je vrai; et elles se conjoignent aussi chez ceux qui sont dans
  • 303. '298 ARCA.NES CÉLESTt;S. le mal et pal' suite daos le faux; ehez ceux-là et chez ceux-ci ces deux facultés font un seul mental; il en est autrement chez ceux qui sont dans le vrai quant il la foi et dans le mal quant il la vie, et chez ceux qui sont dans le faux quant il la foi et dans le bien appa­ l'en t quan t ft la vie. 7180.11 n'est pas permis il l'homme de diviser son mental et de séparer mutuellement l'une de rautre ces deux facultés, c'est-à-dire, de comprendre et prononcer le vrai, et de vouloir et faire le mal; car alors l'une de ces facultés regarderait en haut ou vers le Ciel, et l'autre regarderait en bas ou vers l'enfer, et ainsi l'homme sel'ait suspendu entre l'un et l'autre; mais qu'il saclie que c'est la volonté qui entraîne, et l'entendement qui seconde. D'après cela on voit clairement cc qu'il en est de la foi et de l'amour, et ce qu'il en est de l'état de l'homme, si ces facultés sont séparées. 7181. Rien n'est plus nécessaire il l'homme, que de savoir s'il a en lui le Ciel, ou s'il a l'enfcl', car il doit vivre éternellement dans l'un ou dans l'autre: pour le savoir, il est indispensable qu'il sache ce que c'est que le bien et ce que c'est que le mal, car le bien consti­ tue le Ciel, et le mal constitue l'enfer; la doctrine de la charité en­ seigne l'un et l'autre. 7,182. Il est dit l'amour poU' Dieu et l'on entend 'l'amour pour le SeigneUl', car il n'y a point d'autre Dieu; le Père est en Lui, - Jean, XIV. 9, 10, 11, - et le saint de l'esprit procède de Lui, -Jean; XVI. 43, 14,011,. CHAPnUE VI. •. Et JEHOVAH dit ft Moscheh; Maintenant tu venas ce que je ferai il Pharaon, cal' pal' main forte il les l'enverra, et pal' main fOl'te il les expulsera de sa terre. 2. Et Dmv parla il Mosc:heh, ct il lui dit: ~loi, JÉHOVAH,
  • 304. EXODE) CfL.P. SIX.IÈ"~IE. 2gB 3. Et je suis apparu à Abraham, il Jischak et à JacolJ, comme DIEU Schaddaï, et par mon Nom, JÜIOVAH, je n'al point eté connu d'eux. 4. Et même j'ai dressé mon alliance avee eux, pOUl' leur donner la terre de Canaan, la terl'e de leurs séjours, dans laqnelle ils ont séjourné. 5. Et même Moi j'ai entendu le gémissement des !ils d'Israël, de ce que les Égyptiens les asservissent; et je me suis souvenu de mon alliance. 6. C'est pourquoi dis aux fils d'Israël: Moi, JI~I10VAII, et je vous retirerai de dessous les fardeaux des Égyptiens, et'je vous dé­ livrerai de leur servitude, et je vous racheterai par bras étendu et par de grands jugements. 7. Et je vous prendrai à Moi pour peuple, et je VOUS serai pour DIEU, ct vous connaltrez que Moi (je suis) JÉIIOVAH votre Dieu, qui vous retire de dessous les fardeaux de l'Égypte. 8. Et je vous amènerai vers la terre (au sujet) de laquelle j'ai levé ma main, pour la donner à Abraham, à Jischak et il Jacob, et je vous la donnerai en héritage; Moi, JÉHOVAH. 9. Et Moscheh parla ainsi aux fils d'Isi'ad, et ils n'écoutèrent point Moscheh, à cause de l'angoisse d'esprit, ct à cause de la servitude dure. 10. Et Jéhovah parla à "Moscheh, en disant: 11. Viens, parle à Pharaon roi d'Égypte, et qu'il l'envoie les fils d'Israël de sa terre. 12. Et Moscheh parla devant Jéhovah, en disant: Voici, les fils d'Israël ne m'ont point écouté, et comment m'écouterait Pha­ raon? et moi (je suis) préputié de lèvres. 13. Et Jéhovah parla à Moscheh et à Aharon, et illcut' donna ordre touchant les fils d'Israël, et touchant Pharaon roi d'Égypte, pour retirer les fils d'Israël de la terre d'Égypte. Il L Voici les Chefs de la maison de leurs pères: Les fils de lluben, premier-né d'Israël: Hanoch ct Pallu, IIetseron et Carmi ; voilà les familles de Ruben. '15. Et les fils de Scltiméon: Jémuel et Jamin, et Ohad, et Ja­ chin, et Sochar, et Schaül fils de la Canaanite; voilà les familles de Schiméon.
  • 305. :300 ARCANES CÉLESTES. ,16. Et void les nomsdes fils de Lévi selon leurs nativités: Gel'­ schon, et Kéhath, et lférari; et les années de la vie de Lévi, cent trenle-sept ans. ~ 7. Lcs fils de Gerschon: Libni et Schiméi, selon leUl's fa­ milles. 18. Et lcs Iils de Kéhath : Amram et Jishar, et Hébron et Uziel ; et les années de la vie de Kéhath, cent trente-trois ans. 19. Et les fils de Méral'i: Machli et i'Iuschi; voilà les familles de Lévi selon leurs nativités. 20. Et Amram prit Jochebed sa tante à lui pour femme, et clle lui cnfanta Aharon et Moscheh; et les années de la vie d'Amram, cent trente-sept ans. 'iH. Et les fils de Jishal' : Korach et Népheg, et Zichri. ~2. Et les fils d'Uziel: Mischaël et ElsaplIan, et Sithri. 23. Et Aharon prit Elischj~bah fille d'A.mminadab, sœUl' dc Na­ chaschon, à lui pOUl' femme; et elle lui enfanta Nadab et Abihu, Eléazar et Ithamar. 24·. Et les fils de Korach : Assir et Elkanah, et Abiasaph; voilà les familles dcs Korachitcs. 25. Et EJeazar fils d'AlIal'on se prit (une) des Hiles de Putiel à lui pour femme; et elle lui enfanta Pinchas. Voilà ks Chefs des pères des Lévites selon lcurs familles. 26. (Cc (ut) cet Aharon ·et Moscheh, auxquels dit Jéhovah: Retirez les fils d'Israël de la teITe d'Égypte, selon leurs armées. 27. (Ce furent) eux qui parlèrent 11 Pharaon roi d'Égypte, poUl' retirer les fils d'Israël d'ltgypte, ce Moscheh et Almon. 28. Et il arriva au jour que parla Jéhovah à Moscheh dans la tCITC d'Égypte. 29. Et Jéhovah parla à iUoscheh, en disant: Moi, JÉHOVAH; parle à Pharaon roi d'Égyptc (sr/on) tout ce dont, Moi, je te parle. 30. Et Moscheh dit devant JÉHOVAH: Voici, moi, (je suis) pré­ putié de lèvres! et commen t m'écoutera Pharaon? CONTENU. 7i 83. Dans le Chapitre précédent il a été question de ceux qUi' étaient du Royaume spirituel du Seignelll', en cc qu'ils ill'aient été
  • 306. EXODE, CHAP. ~lXIÈME. aOi infestés par les faux, et étaient enfin près du désespoir à cause de ces infestations; maintenant ils sont relevés par l'espérance et la promesse d'êtl'e certainement délivrés; c'est de cela qu'il s'agit dans le sens interne de ce Chapitl'e; ct cela est signifié pal' les choses que Jéhovah a dites à Moscheh. 7i 84.. Ensuite est décrit le Royaume spirituel du Seigneur quant il la foi et quant il la charité, et enfin quant à la doctrine et quant à la réception de la Loi Divine: Heuben et Schiméon pt lems fa­ milles représentent les choses qui appartiennent à la foi; L':lvi et ses familles celles qui appartiennent à la charité; 1haron et ses familles celles qui appartiennent il la Doctrine; et lIoscheh celles qui appartiennent à la Loi Divine. SENS INTERNE. 7185. Vers. -1. Et Jéhovah dit à llioscheh; Mail/tenant tu ver­ "as ce 'lue je ferai à Pharaon, cal' par main (ol'te il le.~ "enverra, et par main {m'te il les expulsera de sa terre. - Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'instruction sur la J,oi Divine: maintenant lU verras ce que je (eTai à Pharaon, signifie la perception manifeste de ce qui arrivera il ceux qui infestent: Cal' par main (m·te il les renvelTa, signifie que de toute leur force ct de toute leur puissance ils les fuiront: et par main (oTte il les expulsem de sa terre, signifie que de toute leur force et de toute leur puissance ils les repousseront de leur voisinage, 7186. Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'insL1'uction sur la Loi Divine; on le voit par la signification de Jéhovah (lit, en cc que c'est l'instruction d'après le Divin, ainsi qu'il va être expliqué; et par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, N0s 6723, 6752, 70-1~. Que Jéhovah dit à Moscheh signifie l'in­ struction sur la Loi Divine, e'est parce qu'à la fin du Chapitre précédent il fut cru que, d'après la Loi Divine, il arl'iverait que ceux de l'Église spirituelle seraient aussitôt délivrés des infesta­ tions; lorsque cependant il est selon l'ordre, que les méchants qui infestent soient éloignés par degrés, ct que ceux de l'Église spiri­ tuelle soient délivrés par degrés; en elfet, il n'y a point un autre
  • 307. 302 AHCANES CÉLESTES. ordre DiYin, par conséquent il n'y a point non plus. une autre Loi Divine, cal' toute Loi Divine appartient à l'ordre, tellcmcnt que, soit qu'on dise la Loi Divine, ou la Loi de l'ordre Divin, c'est la même chose; c'est sur cette Loi que sont maintenant instruits ceux qui sont de l'Église spirituellc; et d'après cette Loi ils ap­ l)J'cnnent qu'ils doivent certainement être délivrés, quand le tcmps et l'état se montreront conformes à l'ordre: Que Moschell, pal' qui est représentée ici la Loi Divine, telle qu'elle est chez ceux dc l'É­ glise spirituelle lorsqu'ils sont dans l'état des infestations, ait cm que d'après la Loi Divinc il arriverait qu'ils seraient aussitôt déli­ vrés des infcstations, c'est ce qui est bien évident d'apl'ès ce qu'il dit il la fin du Chapitrc précédent, savoil': « Pourquoi as-tu fait du » mal il ce peuple? pOUl'quoi m'as-tu cnvoyé? ct cn délivrant tu )l n'as point délivré ton peuple, » ce qui signifie qu'ils sont trop infest(~s pal' les faux, lorsque cependant la Loi procédant du Divin semble dire autrement; ct qu'ainsi ils n'ont point été tirés de l'état des infestations, voil' N0s 7165, 7166, 7,169, Si .ceux qui sont dc l'Église spirituelle, ct qui sont dans la teuc infériem;e, sont suc­ cessivement pal' degrés délivrés des infcstations, ct non tout-à­ coup, c'cst parce que les maux et les faux qui lcur sont inhérents ne peuvent pas êtl'e autrement éloignés, et que les biens ct les vrais ne peuvcnt pas être autrerpcnt insinués il leur place, cela se fait pm' plusieUl's changements d'état, ainsi successivement pal' degrés. Ceux qui croient que l'hommc peut être sur le champ introduit dans le Ciel, et quc cela dépend sculement de la Miséricorde du Seignûur, se trompent beaucoup; s'il en était ainsi, tous ceux, quels qu'ils puissent être, qui sont dans l'cnfer, seraient élevés dans le Ciel, car la Miséricorde du Seigneur cst pour tous; mais il est selon l'ordre, que chacun porte avec soi sa vic, qu'il a vécue dans. le monde, et que son état dans l'autre vie soit conforme à sa vie clans le monde, et il est selon l'ordre que la Miséricorde du SeigneUl' influc chez tous, mais qu'elle soit rcçue dc diverses ma­ nières, et rejetéc par ceux qui sont dans Ic mal; et comme ceux-ci se sont imbus du mal dans le monde, ils le retiennent aussi dans l'autre vie, et dans l'antre vie il n'y a plus d'amendement, car là oill'arbre est tombé, il reste étcndu; d'après cela, il est bien évi­ dent qu'il est selon l'ordre, que ceux qui ont vécn dans le lJien, et
  • 308. EXODE, CHAP. SIXIE~lE. 303 chez qui il y a aussi des choses grossières et impures appartenant aux amoUl's de soi et du monde, ne puissent être associés à ceux qui sont dans les cieux, avant que ces choses aient été repoussées. D'après ce qui vient d'êtl'e dit; on voit clairement que la Mli­ "Tance des infestations sc fait successivement par (~gl'és. 7187. l1fnintenant lU verras ce que je ferai à Ph!,mon) signifie la perception manifeste de ce qui arrivem et ceux qui infestent: cela est évident pal' la signification de voir, en ce que e'est l'aper­ ceplion, N°s 2150,3764, 4567, 4723, MOO, ici la perception ma­ nifeste, parce que cela est dit de lïnstl'Uction d'après le Divin; pal' la signification de ce que je (emi, en ce que c'est cc· qui arrivera; et pal' la représentation de PIUL/'ŒOn) en ce qu'il désigne ceux qui infestent par des faux injectés, N°s 6651,6679, 668B, 7 107, 7"10, 1 7126,714.2. 7188. Car par main {m·te il les renverra, signi(ie que de toute leUl' force et de toule leur puissance il les fuiront : cela est éviden t par la signification de la main {orte, en cc que c'est toute force et toute puissance; que la main soit la puissance, on le voit N°s 878, 3387, 493,1, 5327, 53'28, 694·7, 70 li ; ct pal' la signification de les renvoyer, en ce que c'est fuir loin d'eux. Voici ce qu'il en est: Quand les infernaux sont détournés de fail'edes maux par la crainte des punitions, ils s'abstiennent enfin de l'infestation, ct veulent abandonner ceux qu'ils infestent ct s'enfuir; mais comme l'unique plaisir de leur vie est de faire le mal ct d'infester, ils ne peuvent par conséquent s'en abstenir, à moins d'employer toute leU!' force et toute leur puissance pour s'éloigner; en effet, ce qui est le plaisir de la vic de quelqu'un, appartenant à son amour, appartient à sa vie, ct entraîne, et l'on n'y peut résister, 11 moins que le déplaisir de la punition ne l'emporte sur le plaisir de faire le mal; de là les punitions des mécban ts dans l'autre vie. 7,189. Et par main {or te il les expulsera de sa llm'e, signifie que de towe leur force et de'toute lem' puissance ils les repousseront de leur voisinage: on le voit pal' la signification de parmain forte) en cc que c'est de toute force et de toute puissance, N~ 7,188; par la signification de les expulser, en ce que c'est repousser; et pal' la signification de sa terre, en ce que c'est le voisinage; que la terre où ceux de l'Église spirituelle sont infestés pal' les faux soit voisine
  • 309. 304 AnCANES CÉLESTES. des enfers qui infestent, et soit appelée terre inférieure, on le voit No 7090 ; par conséquent de sa W'l'e, c'est de leur voisinage. 7,190. Vers. 2, 3, i, 5,6,7,8. Et Dieu pal'leL à Ilfoscheh, et il lui dit: Moi, Jéhovah. Et je suis apparu à Abraham, à Jischak, et à Jacob, comTYl(Dieu Schaddaï; et pal' mon Nom, Jéhovah, je n'ai point été connu d'eux. Et même j'ai dressé mon alliance avec eux, pow' lew' donner la terl'e de Canaan, la terre de leurs séjow's, dans laquelle ils ont séjoul·né. Et même Moi j'ai entendu le gémissement des fils et Ismël, de ce que les Égyptiens les asservissent; et je me suis souvenu de mon alliance. C'est pourquoi dis aux fils d'IsraëL: il/oi, Jéhovah; et je vous l'etirerai de dessous les fal'deaux des É gyp­ tien.~, et je vous délivrerai de leur ."e1'vitude,. et je vous rachetemi par bms étendu et par de grand~ jugements. Et je vous prendrai ci Moi pOUl' peuple, et je vous Remi pour Dieu, et vous connaÎtrez que Moi Jéhovah votre Dieu, qui vous retÏ1'e de dessous les fardeaux de L'Égypte. Et jc vous amènerai l'ers la terre, (au sujet) de laquelle j'ai levé ma main, pour la donner à Abraham, à Jischak, et à Jacob; et .ie vous la donnemi en hél'itage, ~foi, Jéhovah. - Et Dieu pm'la à Jloscheh, signifie du nouveau mais formant la continuation de ce qui précède: et il lui dit: iJloi, Jéhovah signifie par le Divin une con(ii'malion, qui est irrévocable: et je suis appm'u à Abmham, à .lilchak et à Jacob comme Di!!u Scltaddaï, signifie les tentations du Seigneu,' quant ~ll'Hltmain, et les tentations des fidèles, et ensuite les consolations: et par mon Nom, Jéhovah, je n'ai point été connu d'eu.x, signifie que ceux de l'Église spirituelle dans l'état des ten­ tations ne pensaient point aux Divins qui appartiennent à l'Église: et m.êmej'ai dl'essémon alliance avec eux, signifie alors néanmoins 'bnjonction par le Divin Humain du Seigneur: pour leur donnel' la ter/'e de Cunaun, signifie par laquelle ils seraient élevés dans le Ciel: la terre de leurs séjours, dan" laquelle ils ont séjourné, signifie où sont les choses qui appartiennent à la foi et à la charité, des­ quelles ils ont été instruits, et selon lesquelles ils ont vécu: et même Moi, j'ai entendu Le gémissement des fils d'Israël, signific leur douleur résultant du combat: de ce que les Égyptiens les as­ servissent, signifie avcc ceux qui sont dans les faux, et qui s'ef­ forcent de les subjugucr : et je me suis souvenu de mon alliance, signifie l'action d'être soustrait anx infestations il cause. dc la con­
  • 310. EXODE, CHAP, sIxItmE. aOl) jonction: c'est pourquoi dis aux fils d'Israël, signifie que la Loi Divine accordera que ceux qui sont du Royaume spiciluel du Sei­ neur aperçoivent: Moi Jéhovah, signifie la confirmation par le Di­ vin: et je vous retirerai de dessous les (m'de aux des Égyptiens, signifie que le Seigneur les soustraira aux infestations de ceux qui sont dans les faux: ct je vous délitnrai de leur servÏlude, signifie pleinement à l'effort de leur subjugation : et je vous rclchèlerui par bl'as étendu, signifie l'action de retirer de l'enfer par la Divine puissance: et par de grands jugements, signifie selon les loi de l'or­ dre par le Divin Humain du Seigneur: et je vous prendl'cti à 11Ioi pOUl' peuple, signifie qu'ils seront adjoints dans le Ciel à ceux qUI y servent le Seigneur: et je vous serai pour Dieu, signifie qu'ils rece­ vront aussi le Divin: et vous reconnaîll'ez, que Moi Ue suis) Jéhovah votre Dieu, sign Hie alors l'aperception que le Seigneur est seul Dieu: qui vous retire de dessous les (ardeaux de rÊ gypte, signifie qui a dé­ livré des infestations des faux: et je vous mnènerai vers la ten'e (au sujet) de laquelle j'ai levé ma main pour la donner à Abraham, à Jisehak et à Jacob, si~nifie d'aprèii la Divine puissance l'élévation au Ciel, où le Divin Humain du Seigneur est tout: et je vous la dun­ nerai en héritage signifie là la vie du SeigneUl' poui'l'étel'llité: Moi Jéhovah, signifie la confirmation par le Divin, 7 ~ 9,1. Et Dieu parla à !lIoscheh, signifie du nouveau mais (01" mant la continucuion de ce qui précède: on le voit en ce que très­ souvent on lit dans un texte continu, Jéhovah dit et Jéhovah paTia, comme aussi dans ce Chapitre, Vers. -1 : Jéhovah dit à Moscheh; dans cc Verset: Dieu parla à Moscheh; pareillement Vers, 10, 13, 28, 29; de même ailleurs;· cette répétition ne signifie que quelque chose de nouveau qui commence là, et qni cependant doit se lier 11 ce qui précède; que l'expression Jéhovuh dit soit quelque chose de nouveau de la perception, on le voit N°s 2061, 2238, 2260, JI faut qu'on sache que la Parole dans sa Langue originale manque de si­ gnes de terminaisons, c'est pour ce1:l qu'à leur place il y eut de telles expressions, et qu'à la place des terminaisons ou distinctions plus petites il y eut Et; voilà pourquoi cette particule conjonci ive revient si fréquemment; le langage Angélique aussi est conti nu, avec des terminaisons, il est vrai, mais les cllOses qui pl'écèaem y sont admirablement lices à celles qui SUiVtClll; cal' les idées Angé­ ~. w
  • 311. 306 AnCANESCI~LESTES. liques abondent en choses, et en choses innombrahles qui ne pen·· vent être exprimées et qui sont incompréhensibles pour l'homme quand il est dans le monde; de là les fins des périodes qui précè­ dent peuvent être pleinement liées avec les commencements des pé­ riodes qui suivent, et ainsi de plusieurs séries il peut en être formé une seule: ce qui est surprenant et incroyable, dans le langage An­ gélique est représentée la forme du Ciel, d'où il résulte que dans tout langage angŒque il y a une consonnance musicale,· telle qu'est celle des cantiques, qui dans chaque terminaison finit en monosyl­ labe, ainsi en unité; et il m'a été dit que cela alieu, parce que dans le Ciel toutes choses en général ct en particulier se réfèrent à un seul Dieu, comme à leur lin. D'après cela aussi fai pu voir que tout ce qui appartient à la pensée, et par suite au langage, influe du Sei­ gneur par le Ciel, et que de Iii vient dans le langage une telle con­ sonnance musicale tombant en unité. 7 t 92. Et il lui dit: lIloi Jéhovah, signifie pm' le Divin une confir­ mation qui est irrévocable : on peut le voir sans explication; car Jéhovah, c'est-à-dire, le Seigneur ne peut confirmer que par Lui­ Même, il ne le pent par le Ciel, parce que le Ciel est trop au-des­ sons de Lui, ni à plus forte raison par quelque chose dans le monde; mais pour que la conlil'mation Divine, qui est éternelle et irrévocable, existe, elle doit être par le Divin Lui-Même; une telle confirmation, savoir, llfoi Jéhovah, est souvent lue dans Moïse, pal' exemple, Exod. XII, 12. Lévit. XVIII. 5,6. XIX. 12, H,18, 28, 30, 32, 37. Xx.. 8. XXI. 12. XXII. 2, 3, 8, 30, 3·1, 33. XXVI. 2, 45. Nomb. III. 13, 41, 45. - Et dans les Prophètes, l'expression parole de Jéhovah, par laquelle est pareillement entendue une con­ firmation pal' le Divin, comme dans Esàïe, ur. 1('>. XIV. 22, 23. XnL G. XXII. 14,25. XLIII. 12. LU. 5. Jérém.. II. 22. III. 1, 10, 13,20. VIII. 12. XII, 17. XIII. 25. XXV. 7, 29.~XVI. 16. XXIII. 7, 24, 29, 3·1, et dans plusiBlU's autres endroits. La confirmation par le Divin, est encore faite par le Divin Humain, par conséquent aussi par le Seigneur Lui-Même, dans Esaïe ; « Dieu a juré par sa droite et pal' le bras de sa force. » - LXII. 8. 7193. Et je suis apparu à Abraham, à JiscJwk et à Jacob comme Dieu Schaddaï, signifie les tentatil!n.~ du Seigneur quanl li l' Hu­ main, el les lenlations dcs fidèles, ct ensuite les consolations: on l(~
  • 312. EXODE, CIlAP. SIXIÈME. 30~ voit par la signification d'apparaÎtre ou d'être vu, lorsque c.e13 cst dit de Jéhovah, cn ce que c'est la pel'ception par le Divin, Nos '2i 50, 3764., 4.567,5400; par la représentation d'Abraham, de .Jischal, et de Jacob, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Même, ct quant au Divin Humain, N'os 6804, 68n; mais ici comme Jéhovah parle et dit qu'il leur est appal'U, cela signifie le SeigneUl' quant à l'Humain, c'est-à-dire, quant à l'Humain àvant que cet Humain eùt été fait Divin, Abraham signifie le Céleste dans cet Humain, Jischak le Spirituel, et Jacob le Naturel. Quïci pal' eux soit en- lendü le Seigneur quant à l'Humain, et 110n quantau Divin Même, ni quant au Divin Humain, c'est parce qu'il s'agit des tentations, .et que le Seigneur a pu être tenté quant à l'Humain avant que ccl. Humain eût été fait Divin, mais non quant au Divin Humain, ni ; plus forte raison quant au Divin Même, Cllr le Divin est hors de tou- tes tentations; les infernaux, qui tentent, ne peuvent pas même approcher des Anges célestes, car lorsqu'ils en approchent, ils sont saisis ù'horreur ct d'angoisse, et deviennent comme inanimés; puisqu'ils ne peuvent pas en approcher, et cela, à cause du Divin qui est dans ces Anges, à plus forte raison ne peuvent-ils pas ap· pl'Ocher du Divin, qui est infiniment au-dessus de l'Angélique: D'après cela on peut voir que le Seigneur a pris d'une mère un Hu- main faible, afin qu'il pût êtl'e tenté, et que par les tentations il pût remettre toutes choses en ordre dans le Ciel ct dans l'enfer, et en même temps glorifier son Humain, c'est-à·dire le faire Divill. Que le Dieu Schaddaï signifie les tentations, ct ensuite les consolations, on le voit, N°s '1992, 3667, 4572, 5628 : il est dit: Ensuite les con- solations, parce qu'il est de l'ordre Divin, qu'après les douleurs des tentations viennent les soülagements, de même qu'après le soir et la nuit viennent le matin et l'aUi'ore , aussi ces choses cOITespon- dent-elles, car il y a dans l'autre vie des altel'l1atives d'états, comme il y a dans le monde des alternatives de temps: les états de tenta- tions et d'infestations, ct les états de désolations, y sont le soir et la nuit, et les états de consolations et de réjouissances y sont le ma- .tin et l'aurore. Si les mêmes paroles, savoir, je suis apparu il Abra- llam, à Jischaket àJacob, signifient aussi les tentations des fidèles, ct ensuite les consolations, c'est parce que la J'('.gén(~J'alion de l'homme, qui se fait au moyen des tentations, es! lïmage de la glo.
  • 313. ;W8 AJlCANES CÉLESTES. rificat.ion ùu Seigneur, Nos 3138, 32,12, 3296, 3490,4402,5688, c'est pour cela que, dans la Parole, tout ce qui est dit du Seigneur dans le sens suprême, est dit des fidèles dans le sens interne res­ pectif. 7194. Et pal' mon Nom, Jéhovah, je n'ai point été connu d'eux, signifie que ceux de L'Éqlise spirituelle dans l'état des tentations ne pensaient poi.nt aux Di~ins qui appartiennent à L'Église: on le voit par la signification du Nom de Jéhovah, en ce qu'il est dans un seul complexe tout ce par quoi Dieu est adoré, N°s 2724., 3006, 6674-, ainsi tout Divin dans l'Église: par le Nom de Jéhovah est propre­ ment entendu le Divin Humain du Seigneur, N0s 2628 , 6887, et comme par Lui et de Lui procède le tout de la foi et le tout de l'a­ mour, qui sont les Divins dans l'Église, Il est dans un seul com­ plexe le tout du culte Divin; et par la signification de ne point être connu, en ce que c'est qu'ils n'ont rien su des Divins qui sont dans l'Église, ou qu'ils n'y ont point pensé, savoir, dans l'état des ten­ tations qui sont signifiées par le Dieu Schaddaï , aussi est-il dit qu'il a été connu d'Abraham, de Jischak et de Jacob, mais non pas par son Nom, Jéhovah: c'est là le sens interne de ces Versets; mais le sens externe ou historique est autre, d'après ce sens on peut voir qu'Abraham, Jischak et Jacob ont adoré, non pas Jéhovah, mais le Dieu Schaddaï, voil' Nos 1992, 3667, 5628, et qu'Abraham n'a point connu Jéhovah, Nos 1356, 2559: si Jéhovah est nommé dans les historiques qui concernent Abraham, Jischak et Jacob, c'est parce que cette Parole a été écrite par lIoscheh à qui le Nom de Jéhovah avait été déclaré, et dans ces historiques Jéhovah est nûmmé à cause du sens interne; car partout dans la Parole Jého­ vah est nommé quand il s'agit du Bien qui appartient à l'amour, et Dieu quand il s'agit du vrai qui aPP31'tient à la foi N0s 709 732 '1096, '2586, 2769, 2807,2822,39'2'1 f. U02. , " 7195. Et même j'ai dressé mon alliance avec eux, signifie alors néanmoins conjonction par le Divin Humain: on le voit par la si­ gnification de l'alliance, en ce que c'est la conjonction, Nos 665, 666, 10'23, 1038, 1864-, 1996, 2003, 202,1, 6804; et par la repré­ sentation d'Abraham, de Jischak et de Jacob, qui ici sont ceux avec lesquels il y a eu alliance, en ce que c'est le Divin Humain du Sei­ gneur, N°s 6801" 68!~7 : Pal' là on voit clairement quel est le sens
  • 314. EXODE, CHAP. SIXIÈ~IE. 309 interne de ces paroles; le plus p,'oche, c'est qu'il y a union du Di­ vin Même avec le Divin Humain; et le sens qui en résulle, c'est qu'il y a conjonction du Divin Même avec ceux qui sont de l'Église spirituelle par le Divin Humain, car, ainsi qu'il a déjà été montl'é plusicUl's fois, ceux. de l'Église spirituelle ont été sauvés par le Di­ vin Humain du Seigneur, voir N°s 68M, 69,14, 7035,7091 f. : Il est dit al01's néanmoins, pOlll' former liaison avec ce qui précède, 'c'est­ à-dire qu'alors il y avait conjonction quand dans l'état des tentations ils ne pensaient point aux. Divins qui appartiennent à I"Église, cal' dans l"état des tentations le SeigneUl' est plus présent qu'il ne l'est hors de cet état, quoiqu'il semble en être autrement, voir No 840. 7,196. Poudeur donna la terre de Canaan, signifie par laquelle ils semient élevés dans le Ciel: on le voit par la signification de let lerrc de Canaan, en ce qu'elle est le Royaume du Seigneur dans les Cieux, et en ce qu'clle est l'Église, l'os 1607 , 3038, 34-8,1 , 3705, H4- 7,65'16 ; qu'ètre élevé dans le Ciel soit signifié par donner cette terre, cela est évident, car ceux. auxquels le Ciel est donné sont élevés. 7,197, La tC1Te de leurs s~iours> dans laquelle ils ont séjou1'1lé, signifie où sont les choses qui appartiennent à la roi et à la charité, de.quelles ils ont été instruits, et selon lesquelles ils ont vécu: on le voit par la signification de la terre, en ce qu'elle est le Royaume du Seigneur dans les Cieux et SUI' les lerres, N° 7196, par conséquent aussi les choses qui appartiennent au Royaume du SeigneUl', et il est notoire que ces choses sont la foi et la charité; de là aussi ces choses, quand il s'agit de l'insll'Uction et de la vie qui sont sigui­ liées par séjourner, sont signifiées par la terre de Canaan; et par la signification de séjourner, en ce que c'est l'instruction et la vie, N'os '1463,2025,3672; de là il est évident que la terre de leUl's sé­ jours dans laquelle ils ont séjourné, signifie où sont les choses qui appartiennent à la foi et à la charité, desquelles ils ont été instruits, ct selon lesquelles ils ont vécu. Voici ce qu'il en est: Dans l'autre Yie le Ciel est donné à chacun selon les choses de la foi et de la cha­ rité qui sont chez lui, car la chm'ité et la foi fout le Ciel chez cha­ cun; mais quand il est dit que la charité et la foi font le Ciel, il est entendu que c'est la vie de la charité el cie la foi: toutefois, il faut qu'on sadw bien, que la vie, qui fail le Ciel, esl la vie selon lcs
  • 315. :HO AHCANES CÉLESTES.. vrais et les biens ùe la foi, dont l'homme a été instruit; si ces ,nais et ces biens ne sont pas les règles et les principes de sa vie, c'est en vain qu'il attend le Ciel, de quelque manière qu'il ait vécu, en effet, sans ellX l'homme est comme un roseau qui cède à tout vent, cal' cet homme est ployé par les maux comme par les biens, parce qu'ilu'a chez lui rien du vrai ni du bien qui soit alTermi, par quoi les Anges puissent le tenil' dans les vrais et les biens, et le détourner des faux et des maux que les infernaux injectent continuellement; en un mot, c'est la vie du bien Chrétien qui fait le Ciel, et non la vie du bien nature. 7 if 98. Et même illoi j'ai entendu le gémissement des fils ,f Israël t signifie leur douleur résulUtttt du combat: on le voit pal' la signifi­ cation du gémissement, en ce que c'est la douleur résultant du com­ bat; et par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle qui ont été infest.és par les faux, et qui sont pal' suite dans le combat. 7199. De ce que les Égyptiens les asse"~issent, signi.fie avec ceux qui. sont dans les {aux et qui s'eff01'cent de le,ç subjugue,': on le voit par la signification des É!1yptiens, en cc qu'ils désignent ceux qui sontdansles faux, N0s 6692, 7097, 7-107, 7"'10, 7126,iH2; etpar la signification d'asservi.r, en ce que c'est s'cfforccr dc subjuguer, Nos 6666,6670,6671. 7200. Et ie me suis souvenu de mon alliance, signifie l'action d'êl1'e soustrait aux in{estations à cause de la conjonctiun : on le voit pal' la signification de se souvenh' de l'alliance, savoir, avec Abra­ ham, Jischak et Jacob, pour leUl' donner la terre de Canaan, en CC que c'est la délivrance ou l'action de soustraire aux infestations qui sont signifiées pàr les servitudes en Égypte. ct l'élévation au Ciel; et par la signification de l'alliance, en ce qu'elle est la conjonction, No 7190. Il est dit que c'est à cause de la conjonction, qu'ils doivent être ùélivrés et élevés dans le Ciel j en effet, la conjonction avec le Seigneur se fait par la foi et l'amour, cal' les vrais qui appartien­ nent il la foi et les biens qui appartiennent il l'amour procèdent du Seigneur, et les choses qui procèdent de Lui sont à lui au point qu'elles sont Lui-~lême, ceux donc qui les reçoivent sont conjoints il Lui, et ceux qui sont conjoints à Lui ne peuvent qu'ètl e élev~s vers Lui, c'est-il·dire dans le Ciel.
  • 316. EXODE, CHAP, SIXIÈME. 3-11 7201. C'est pourquoi, dis aux fils d'Israël, signifie que la Loi Di­ t'/ne accordera que ceux 'llti sont du Royaume du Seigneur aperçoi­ vent: on le voit par la représentation de Moschell, à qui il est ordonné de dire aux fils d'Israël, en ce qu'il est la Loi Divine, 1 05 6723, 6752 : par la signification de dire, en ce que c'est apel'ce­ voir,N0s 179,1, 'HH5, 1819, 1822, 1898,19'19,2080,2506,25-15, 2619, 2~62, 3509, 5877: ici, accorder de percevoir, parce qu'il est dit de la Loi Divine qu'elle devait dire; et pal' la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux du Hoyaume spil'ituel du Seigneur, 105 64-26, 6637. 7202, Moi Jéhovah, $ignifie la confi1'lnation 1Jar le Divin: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N0 7,192. 7203. Et je t'ous l'etil'erai de des<~ous les fardeaux des Égyptiens, signifie que le Seigneur les soustrail'a aux infestations de ceux qui, sont dans les {aux: on le voit par la signification de retirer en ce que c'est soustraire; par la sign illcation des {ardea/lx, en ce que ce sont }es infestations pal' les faux, et les combats, 105 6757, 'j'I 04-, 7,105; et pal' la signification des Égyptiens, en cc qu'ils sont ceux qui infestent pal' les faux injectes, N0 7199. 7'204-. Et je vous déliVl'emi de leUl' servitude, signi{te pleinement à l'effort de leur subjugalion : on le voit par la sign ification de la servitude, en ce qu'elle est l'effort de subjugation, 1 05 6666, 6670, 6671. 7205. Et je vous racheterai par bras étendu, signifie l'action de retirer de l'en{el' par la Dioine puissance; on le voit pal' la sign ifica· tion de rachetel', en ce que c'est retirer de l'enfer; que la rédemp­ lion sc dise de la servitude, du mal et de la mort, qu'on en soit déliVl'c, et ainsi retiré de l'enfer, et que le Seigneur quant au Di­ vin Humain, soit appelé Rédempteur, c'est ce qu'on voit 10 628,1 ; et par la signification du bras étendu, en ce que c'est la Divine puissance; que le bras soit la puissance, on le yoit Nos Q,78, 4.93'1, 4932, 49:34, /~915; si le tiras étendu est la Toute-Puissance ou la Divine puissance, c'est parce que pal' un bras, quand il apparaît étendu dans les Cieux, estrepréscntce la puissance par le Di'in ; et quand il apparaît non-étendu mais courbé, il représente la puis­ sance dans le commun sens; c'est de Iii que la DÎ'ine puissance est souvent eXjlrimée dans la Parole pal' le Bras ~tcnclll el pal' la lll~ÜIl
  • 317. 312 ARCAl.~ES CÉLESTES. forte, comme dans Jérémie: (( Moi, j'ai fait la ume, l'homme et la " bête qui (sonl) SUI' les faces de la terre, par ma grande force et par " mon bras étendu. » - XXVIl. 5. - Dans le Même: (( Ah! Sei­ » gnellr Jéhovih! voici, Toi, tu as fais le Ciel et la tene, par ta " grande Force, et pal' ton Bras étendu, d'admirable plus que Toi il » n'est rien; et tu as retiré ton peuple, Israël, de la terre d'Égypte » par des signes et des miracles, et par main (orle, et pal' Bras » élendu. »-XXXlI. 17,21,- Dans Ézechiel: (( Je vous retirerai » d'entre les peuples, et je vous rassemblerai des terres dans les­ » quelles vous ayez été dispcrses, pal' main (orle et par Bras élrn­ » du. » - XX. in. - Dans David: (( Il a retiré Israël du milieu des » J~gyptiens, pal' main (orle et pal' Bras élendu. » - Ps. CXXXVI. H, 12; et en ûutre, Deutér. IV. 34-. V. 15. VU. 19.IX. 29. XI. 2. XX.VI. 8. 1 Bois, VIII. 4-2, Il Rois, XVII. 36. 7206. Et panle grands jugements, signifie selon les lois de l'or­ dre par le Divin Humain du Seigneur: on le voit par la signification des jugements, en ce que ce son t les vrais, Nos 2235, 6397, et dans le sens suprême, al! il s'agit du Seigneur, ce sont les Yrais Divins, lesquels ne sont autre chose que les Lois de l'Ordre procédant du Divin Humain du Seigneur, cal' tout ordre vient de Lui, ainsi toutes léS lois de l'ordre; c'est selon ces Lois qu'existe tout le Ciel, par con­ séquent aussi l'univcrs : les Lois de l'ordre ou les Vrais, qui procè­ dent du Seigneur, selon lesquelles existent tout le Ciel ct l'univers, sont ce qui est appelé la Pal'Ole, par laquelle toutes choses ont été faites, dans Jean, Chap. I. 1, 2, 3, car la Parole est le Divin Vrai procédant du Divin Bien du Divin Humain du Seigneur; c'est de là que dans le montle spirituel, et aussi dans le monde naturel, toutes choses se rapportent au Vrai, comme peut le voir quiconque rétle­ chit. Par les grands jugements ici, dans le sens le plus proche, sont entenùus les vrais selon lesquels seront jugés ceux qui ont infesté par des faux injectés, et qui sont signifiés pal' les Égyptiens et par Pllaraon; et sont entendus aussi les vrais selon lesquels seront ju­ gés ceux qui seront déliYl'és des infestations, et qui sont signifiés par les ms d'Israël; ù'après ces jugemr.nts sont damnés ceux qui sont d:ms les faux provenant du mal, et d'après ces jugements sont sauves ceux qui sont dans les vrais provenant du bien; non pas que les Vrais, qui {ll'u('(;Ù0Ilt du Seigneur, damncnt qui que tc soit, car
  • 318. EXODE, CHAP. SIXlimE. 313 tous ies vrais qui procèdent du Seigneur viennent de son Divin Bien, et par consequent n'appartiennent qu'à la Misericorde; mais comme ceux-là ne reçoivent point la ~Jiséricorde du Seigneur, ils s'exposent eux-mêmes à la damnation, car alors ils sont dans les maux, et les maux damnent; les vrais qui procèdent du Seigneur ne sam'ent pas non plus, si lllOmme croit qu'il est sauve d'après les Vrais de la foi chez lui, et non d'après la l'liséricorde, car l'homme est dans les maux, et d'après lui-même dans l'enfer, mais d'après la llisél'icordedu Seigneur il est détourné du mal et tenu dans le bien, ct cela par une fOl'ce puissante, Que les Jugements signifient rune et l'autre, savoir, tant la damnation des méchants que la salvation des bons, c'est cc qui est évident dans la Parole par les passages où il s'agit du Jugement dernier, comme dans Matth. XXV, 3'1 à 45, ct ailleurs, 7207. El je vous prendrai à ilfoi pOUl' peuple, signifie qu'ils se­ ront adjoints dans le Ciel cL ceux qui y servent le Seigncur: on le voit par la signification de prendre pour peuple, quand cela est dit par Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est recevoir parmi ceux. qui sont dans le Ciel, car ceux qui sont là sont appel0s le peuple du Seigneur, ils sont même appelés ainsi quand il sont dUIlS le monde, car alors quant à leurs àmes ils sont aussi dans le Ciel, voi1'1os 687, 697,3255, W67, ""073, 4077. Si par ces paroles il est signifié que ceux qui sont de l'J~glise spirituelle seront ad­ joints dans le Ciel il ceux qui y servent le Seigneur, c'est parce que ceux-là avant l'avénernent du Seigneu,' avaient été détenus dans la terre inférieure, et ont été élevés dans le Ciel quand le Sei­ gnel1l' est ressuscité, et y ont été alors adjoints il ceux qui servent le Seignel1l', voir 1os 68~4, 69-14, 7090 f. 7208. El je vous senti pour D,cu, signifie qu'ils recevront aussi le Divin: on le voit pal' la signification de leur être pour Dieu, quand cela est dit par Jéhovah ou le Seigneur, en ce que c'est re­ cevoir le Divin; cal' à tous ceux qui sont dans le Ciel il est donné d~ recevoir le Divin, c'est-à-dire, le Divin Bien ct le Divin Vrai, ainsi la sagesse ct l'intelligence, pal' conséqnent la félicité de la vic d'après les usages, qui sont le.; exercices de la charité; voilà ce (lui est signifié par Je t'OUS serai pOUl' Dieu. 7zOU. l~'l VOliS "OIlTHtÎtre:< que .1I10i je suis Jé/wL'ah wtl'C Dieu,
  • 319. 31!~ ARCANES CÉLESTES. signifie aLors ['aperception que le Seigneur est seuL Dieu: on le voit par la signillcation ùe connaître, en ce que c'est apercevoir; si Moi je suis Jéhovah t'Vtl'e Dieu, signifie que le Seigneur est seul Dieu, c'est parce quedans la Parole.par Jéhovah nul autre que le Seigneur n'est entendu, ~os '134.3, 1736, 292,1, 302,3, 3035, 5663, 6281, 6303, 6905 ;et parce que dans le Ciel on sait et l'on pel'çoit que le Seigneur est le Seigneur du Ciel, et ainsi le Seignem de l'univers, comme Lui-Même le dit dans Matthieu, « qu'il a tout pouvoir dans II les Cieux et SUl' les terres, II - XXVlIl. 18; - et que Jéhovah ne donne sa gloire qu'à Soi-l1ême, - Esaïe, XLiI. 8; - qu'il est un avec le Père, - Jean, XIV, 9, 10, H ; - et que le Saint-Esprit est le saint qui procède.de Lui, - Jean, XVI. 13, 14., 15; qu'ainsi le Seigneur est seul Dieu, 72·10. Qui vous relire de dessous les {ardeau,x de L' Ë9lJPte, signifie Qui a délà'1'é des in{estations des {aux: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7203, où sont de semblables paroles. 72·11. Et je vous amènerai vers la terrc, au sujet de laquelle j'ai Levé ma main pOUl' La donncr à Abraham, à Jischak et à Jacob, signifie d'après La Divine puissance L'éLévation au Cicl, où le Divin IiulJwin du Seigneur cst Tout: cela est évident par la signification d'amenfl' vers La tC1Te, savoir, vers la terre de Canaan, en ce que c'est élever au Ciel; que la tel're de Canaan soit le Royaume du Seigneur ou le Ciel, on le voit ci-dessus N° 7196; par la significa­ tion de lever La main, quand cela est dit de Jéllovah ou du Seigneur, eu ce que c'est d'après la Divine puissance; que la main soit la puissance, on le voit N0s 878, 4.93·1 à /.937, 5327, 5328, 694.7, 7011; et par la représentation d'Ahraham, de Juchak et de Jacob, en ce que c'est le Seigneur quant au Divin Même et quant au Divin Humain, N°s 6804-, 684-7, ici le Seigneur quant au Divin Humain, parce que le Divin Humain est tout dans le Ciel: si le Divin Hu­ main est tout dans le Ciel, c'est parce qu'il n'y a aucun Ange, pas même un Ange du Ciel intime ou troisième Ciel, qui puisse avoir quelque iclCe du Divin Même, selon les paroles du Seigneur dans Jean: « Personne ne rit jamais Dieu, ll-1. ,18.-1< Vous n'avez ja­ 1) mais entendu la yoix du Père, ni vu son aspect." -V, 37;-car les Anges sont finis, eL le fini ne peut pas avoir une idée de l'Infini; si donc dans le Ciel les Anges n'avaient pas de Dieu riMe d'une
  • 320. EXODE, CliAP. SIXll~ME. 315 forme humaine, ils n'en auraient aucune idée, ou ils en auraient lInc idée inconvenante; par conséquent ils ne pounaient être conjoints au Divin, ni pal' la foi, ni par l'amour; comme donc il en est ainsi, l'on perçoit dans le Ciel le Divin sous une forme Hu­ maine; c'est de là que le Divin Humain dans les Cieux est tout dans les intuitions, et pal' suite tout dans la foi et dans l'amour, d'oi! résulte la conjonction, pal' laquelle il y a salvation, ~o 6700. 7212. Et je vous la donnemi en héritage, signifie là la vie du Seigneur pour l'éternité: on le voit par la signification de l'héritage, quand cela est dit du Ciel, en ce que c'est la vie du Seigneur, ~o 2658; et comme tout ce qui est donné en héritage est, pour celui à qui il est donné, une possession perpétuelle, et dans le Ciel une possession éternelle, parce que là on vit étern!::llement, c'est la vie du Seigneur pour l'éternité qui est signifiée. Que la vie du Sei­ gneur soit dans le Ciel, et qu'en conséquence ceux qui sont dans le Ciel soient dans la vie du Seigneur, c'est parce qu'ils sont dans le vrai et dans le bien qui procèdent du Seigneur, et que le Bien qui est dans le Vl'ai est le Seigneur Lui-~lème, et que le Vrai dans lequel est le Bieu est la Vie procédant du Seigneur, d'après laquelle tous vivent; par là il est évident que ceux qui sont dans le bien et par suite dans le vrai, comme sont tous ceux qui vivent dans les Cieux, sont dans la vie du Seigneur. 7213. Moi Jéhovah, signifie la confirmation par le Divin: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, ] 05 7'192,7202. 7214.. Vcrs. 9,10, n, 'i2, '13. Et ilIoscheh parla ainsi cwx fils d' Ismël, et ils n'écoutèrent point llIoscheh, à cause de l'angoisse d'esprit ct à cause de la servitude dll1'e, Et Jéhovah parla ci ll/oscheh, en disant: Viells, parle à Phamoll l'oi cl' Égypte, et qu'il renvoie les fils cC Israël de sa tC1Te. Et Mosclleh parla devant JehoL'ah, en di­ liant: Voici, les fils d'Israël ne m'ont point écouté, et co11tlJtmt m'écoutera Pha1'CLon? et moi (je suis) préputié de lèvres. Et Jéhovah parla à 1l10scheh et et Alwron, ct il lellr donna ol'dre touchant les fils d'Israël, ct touchant Phamon l'oi d'Égypte pour reti,'er les fils d'Is1'CLiilcle la ten·ed'Éfjyple.-Et Jl[osc!leh parla ainsi (//lX fils d'Is1'CLël, signifie l'exhortatiDn d'après la Loi Divine 11 ceux qui sont du Ioyaume spirituel du Seigneur: et ils n'écoUlèrent point Mos­ cheh, signilie qu'ils nc reCCyalCnt pasù'après la foi ct l'obéis­
  • 321. 316 ARCANES CÉLESTES. sance: à cause de l'angoisse d'esprit. signifie à cause de l'état pl'ès du désespoir: ct à cau.~e cie la sCl'vilUcie dure, signifie pal' les infestations des faux sans mélange: et Jéhovah parla à Moscheh, en disant. signifie la continuation: viens, parle à Pharaon roi d'É­ gypte, signifie l'avertissement à ceux qui infestent pal' des faux sans mélange: et qu'il rel/voie les fils d'Israël de sa terre, signifie qu'ils s'en aillent et les a1.Jandonnent: Et ilIoscheh parla devant Jéhovah, en disant. signifie la Loi pal' le Divin et pal' suite la pensée: voici, les fils if Israël ne m'ont point écouté. signifie que les spirituels n'ont point reçu les choses qui leur ont été annoncées: et comment m'écoutera Pharaon, signifie que ceux qui sont dans les faux ne les l'ecevront point: ct Moi Ue suis) préputié de lèvres, signifie je leur suis impur: et Jéhovah parla à Moscheh ct à Aharon, signifie de nouveau l'instruction d'après la Loi Divine et en même temps d'après la doctrine: ct il leur donna ord/'e touchant les fils d'Israël, signilie sur le commandement à ceux qui sont du Royaume spirituel du Seigneur: et touchant Pharaon l'oi d'Égypte, signifie l'avertissement à ceux qui infestent par des faux sans mélange: pour ,'etirer les fils d' Ismël de la terre d'Ég?1pte, signifie qu'ils doi­ vent être délivrés, 72,15. Et Moschehparlaainsi aU,1: fils d'Israël, signifie l'exhor­ lalion d'après la Loi Divine à ceux qui sont du Royaume spirituel du Seignew' : on le voit par la signification de parler, en ce que c'est l'exhortation, car il leur pal'la de ce qui lui avait ét~ com­ mandé pal' Jéhovah; par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, 105 6i23. 6752; et pat' la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont le Hoyaume spirituel du Seigneur, Ios 6426, 6637. 72t 6. Et ils n'écoUlèrent poifl t 1tloscheh, signi fie qu'ils ne rece­ vaient pas d'apl'ès la roi ct l'obéissance: cela est évident par la si­ gnification d'éCOUler, en ce que c'est recevoir d'après la foi et l'o­ béissance; qu'écouter, ce soit la foi par la volonté et par l'acte, et l'ob(~issance, on le voit 105 2542, 3869, ~652 à 4-660. 5017. 7217. A cause de l'angois,çe d'espl'it signifie à cause de l'état près du désespoil' : on le ,"oit par la signification de l'angoisse d'es­ pl'it, en cc que c'cst l'dat près du désespoir, car ceux qui sont dans cet état sont dans l'angoisse d'esprit; que cet état soit signifié pal'
  • 322. EXODE, CHAP. SIXIÈME. 317 ie fardeau imposé aux fils d'Israël par Pharaon, enee qu'ils de­ vaient se fournir eux-mêmes de paille pour fabriquer des briques, c'est ce qui a été montré à la lin du Chapitre précédent. Que l'an­ goisse d'esprit soit l'élat près du désespoir, on peut le voir en ce que ceux qui sont dans l'état près du désespoir sont dans une anxiété interne, et alors en actualité dans une angoisse d'esprit: l'angoisse d'esprit (de respiration, spirilûs) dans le sens externe est une compression de la poitrine, et par suite une sorte de diffi­ culté de respirer, mais dans le sens interne c'est une anxiété causée par la privation du vrai qui appartient à la foi, et du bien qui appartient à la charité, et par suite l'état près du désespoir; que l'état de compression quant à la respiration, et l'anxiété causée par la privation du vrai de la foi et du bien de la charité se corres­ pondent mutuellement, comme un effet naturel dans le corps d'a­ près une cause spirituelle dans le mental, c'est ce qu'on peut voir par les explications qui ont été données Nus 97, ~ ~ ~ 9, 3886, 3887, 3889, 3892, 3893. Ceux qui ne sont point dans la foi ni dans la cha· rité, ne peuvent pas croire que la privation du vrai et du bien spiri­ tuel produise une telle anxiété, ni par conséquent une telle angoisse, ilss'imaginent qu'on est ainsi dans l'angoisse par faiblesse et maladie d'esprit; et cela, parce qu'ils ne placent rien de réel dans la foi ni dans la charité, ainsi rien de réel dans les choses qui appartien­ nent à leur âme et qui appartiennent au Ciel, mais seulement dans l'opulence et la prééminence, ainsi dans les choses qui appartien­ nent au corps et au monde; aussi pensent-ils en eux-mêmes: « Qu'est-ce que c'est que la foi et la charité? Ne sont.ce pas de simples mots? Qu'est-ce même que la conscience? :f:tl'e dans J'an­ goisse pour de telles choses, n'est-ce pas être dans J'angoisse pom des choses que J'homme voit en dedans de lui pat' le délire de sa phantaisie, et que par suite il s'imagine être quelque chose tandis que ce n'est rien? Quant à l'opulence et à la prééminence, nous voyons des yeux et sentons par la volupté qu'elles existent, car d'après elles tout le corps se gonfle et est rempli de joie. II Ainsi pensent et ainsi parlent entre eux les hommes entièrement natu­ reis, mais il en est autrement des hommes spirituels, ceux-ci pla­ cent principalement la vie dans leur esprit, ainsi dans les chOses qui appartiennent à l'esprit, savoir, dans la foi ct dans la charité,
  • 323. 318 ARCANES CÉLESTES. ct c'est pOUl' cela qne lorsqu'ils s'imaginent être privés des vrais ct des biens de la foi cl de la charité, ils sont alfectés d'angoisse, comme ceux qui sont dans l'angoisse de la mort, cal' ils voient de­ vant eux la mort spirituelle, c'est-à-dire la damnation; ceux-ci, comme il a été dit ci-dessus, paraissent faibles et malades d'esprit 11 ceux qui sont entièrement naturels, mais ils sont forts ct. valides, tandis que ceux qui sont entièrement naturels paraissent à eux­ mêmes forls et valides, et ils le sont aussi quant au corps, mais quant à l'esprit ils sont absolument invalides, parce qu'ils sont morls spirituellement; s'ils voyaient quel est leur esprit., ils recon­ naîtraîent cela, mais ils ne le voient point avant que le corps soit mort. 72·18. Et à cause de La servitude dure, signifie pal' les infestations de,ç fau.x sans méLange: on le voit par la signification de la servitude, en ce qu'elle est l'infestation pal' les faux, N°s 7,120,7'1 '29; ainsi la servitu.de dure est l'infestation )lat'les faux sans mélange; cal' ceux qui sont infestés par des faux sans mélange, et ne sont pas ranimés par des vrais par lesquels les faux sont dissipés, qnand néan­ moins lem' vie est la vic du Vl'ai qui appartient à la foi et du bien qui appartient à la charité, sont dans la plu~ grande angoisse, et tant qu'ils sont dans cet étal, ils sont comme dans une dUl'e servitude, c'est de là que de telles infestations sont signifiées par une dure servitude. Il faut qu'on sache que tout ce qui appartient à la pensée influe, mais que quand a lieu pour les esprits l'état du soir et de la nuit, leur pensée est dans l'état contraint, alors ils sont contraints de penser aux faux qui sont injectés, et ils ne peuvent en aucune manière sc dégager de celle contrainte; mais quand a lieu pour eux l'état du matin et de midi, leur pensée est. dans J'élat libre, car alors il leur est permis de penser aux choses qu'ils aiment, ainsi aux vrais et aux biens de la foi et de la charité, car ces biens et ces vrais :lppartiennent à leur amour; que cette liberté soit ce qui appartient à l'amour, on le voit N°s 2870 à 2893. 7219. Et Jéhovah parLa à Moscheh, en disant, signifie La conti­ 11ltation : on le voit par ce qui a élé dit ci-dessus 10 719·1 . . 7220. 'Viens, parle àPhamon roi d'Égypte, signifie L'averti.tse­ (ment à ceux qui infestent par des faltx sans mélange: on le voit. pal' la sip;nil1cation de parler, lorsque c'est d'après le commande­
  • 324. EXODE, crIAP, SIXn~;Œ. 319 ment Divin, en cc que c'est l'avertissement; et par la représenta­ tion de Pharaon, en cc qu'il désigne ceux qui infestent par les faux, 1os 7 i 07,7-11 0, 7 i 26, 7'14·2; et comme c'est par les faux sans mélange, il est dit Pharaon roi d'Égypte, cal' le roi signifie dans le sens réel le Vrai, et dans le sens opposé le faux, Nos 20-15, 2069. 7221. Et qu'il"envoie les fils d'Israël de sa ten'e, sigllifie qu'ils s'en aillent et les abandonnent: on le voit pal' la signification de Tenvoyer, en cc que c'est s'en allel' et abandonner; pal' la l'epr'é­ sentation des fils d'Israël, en cc qu'ils sont ceux de l'l~glise spiri­ tuelle, comme il a été dit souvent; et par la signification de la terre d'Égypte, en ce que c'est l'état des infestations: d'après cela, il est évident que ces paroles, qu'il renvoie lt:s fils d'Isl'Uël de sa terre, signifient qu'ils laissent ceux qui sont de l'Église spirituelle, et qu'ils ne les infestent point. 7222. Et llfoscheh parla devant Jéovah, en disant, signifie la loi par le Divin et pa?' suite la pensée: on le voit par la sio'nification de parler, en ce que c'est la pensée, N°s 227",2287,261,) ; et par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi par le Divin, N°s 6771,6827, 7223. Voici, les fils d'Israël ne m'ont point écouté, signifie que les spirituels n'ont point reçu les choses qui lew' ont été annon­ cées,: on le voit par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont les spirituels, c'est-à-dire, ceux qui sont de l'Église spirituelle du Seigneur, Nos 6t26, 6637; et par la signification de ne poillt écoute,', en ce que c'est ne point recevoir par la foi et l'obéissance, N° 72'16; que ce soient les choses qui leur ont été annoncées, c'est-à-dire, touchant la délivance, cela est évident. 7224. .Et comment m'écoutera Phal'Uon, signifie que ceux qui sont dans les {aux ne le recem'ont point: on le voit par la signifi­ cation de ne point écouter, en ce que c'est ne point recevoir, comme ci-dessus N0 7223; et par la représentation de Pharaon~ en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux, N0s 66tH, 6679, 6683,7107,7110,7126,714,2: si pal' Pharaon sont rcprésen.tés ceux qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi un grand nombre d'esprits infel'llaux, c'est parce que le roi esle chef du peuple, ct
  • 325. 320 ARCANES ctLESTES. qu'en conséqnence le roi signifie la même chose que le peuple, voir N0 4789. 7225. Et moi je suis préputié de lèvres, sign;(ie je leur Sllis impul' : on le voit par la signification il' être ]JI'éputié ou incirconcis, en ce que e'cst être impur; en cffet, la circoncision représentait la purification des amours corrompus, c'est-à-dire, des amours de soi et du mondc, N0s 2039, 2632. 2799, 4-4-62, 70!~o; de là ceux qui n'avaient pas été circoncis, et qui étaient appelés préputiés, repré­ sentaient ceux qui n'avaient pas été purifiés de ces amours, ainsi les impurs; N0s 34-12, 3f~13, U.62, 704.5 ; et par la signification des Lèvres, en ce que ce sont les choses qui appartiennent à la doc­ trine, N0s" 286,1288, ainsi être prépntié de lèvres, signifie être im­ pur quant aux choses qui appal'tiennent à la doctrine, cal' préputié se dit autant de la doctrine que de la vie; de là l'Oreille est dite ]Jrépl/liée, dans Jérémie: « A qui parlerai·je et donnerai-Je témoi­ » gnage? et entendront-ils? voici, leur oreille est prépuliée, et ils » ne peuvent écouter; voici, la Parole de Jéhovah est devenue en II opprobre, ils ne la veulent point. )l - VI, 40. - Et le Cœur est dit prépILlié, dans le même: « Toute la maison d'Israël (ce sont) » des pl'épl/liés de cœlt1', II - IX, 25. - Dans Ézéchiel: « Vous » introduisez les fils de l'étranger, pl'épntiés de Cœur et prépntiés de II chair, pour qu'ils soicnt dans mon sanctuaire. II -XLIV. 7, 9, Dans Moïse: u Alors lel/r Cœur préputié s'humiliera. II - Lévit. II XXVI. 4-,'; -de là il est évident que ce qui est préputié Ou incir­ concis est impur; ct comme tout ce qui est impur vient des amours impurs, qui sont l'amour du monde et l'amour de soi, c'est pour cela que l'in circoncis signifie ce qni empêche l'influx du bien et,du vrai; oi! sont ces amours, là s'éteignent le bien et le vrai qui influent; en effet ils sont opposés comme le ciel et l'enfer sont opposés; de là l'oreille prépuliée signifie la désobéissance, et le cœur préputié Ic rejet du bien et du vrai; ce qui arrive surto~lt quand ces amoms se sont fortifiés par le faux comme pal' une muraille. Si MoschelJ, pal'cc qu'il était bègue, se dit préputié de lèvres, c'est à cause du sens interne, afin que par là il soit signiflé que ceux qui sont dans les faux, et qui sont représentés par Pha­ raon, n'écouteront pas les choses qui leur seront dites d'après la Loi Divine, pal' la raison que ceux qui sont dans le faux appellent
  • 326. EXODE, CIH.P. SIXl~ME. 321 faux les Vrais qui appartiennent à la Loi Divine, ct appellent vrais les faux qui sont contre les vrais de la Loi Divine, car ils sont entièrement dans l'opposé; de là les vrais de la doctrine ne sont aperçus par eux que comme impurs; les amours célestes leur pa­ raissent môme comme impurs; ct quand ils approchent de quelque société céleste, ils exhalent une odeur infecte, et quand ils la sen­ tent, ils s'imaginent que cette odeur émane de I:l société céleste, lorsque cependant elle vient d'eux-mêmes, car l'infection n'est sen­ tie qu'auprès de son opposé. 7226. Et Jéhovah parla à Moscheh et ri J1twron, signifie de nou­ veau l'i1l.~tmction cl' après la Loi Divine, ct CI! même temps cl' apl'/;~ la Doct1'ine : on le voit par la signification de parler, en, ce que c'est de nom'eau l'instruction, cal' dans cc qui va suivl'c ils sont instruits de cc qu'ils doivent faire; pal' la représentation de Mosch.eh, en cc qu'il est la Loi Divine, l';0s Gn3, G752 ; ct pal' la représentation d' Alta1'oll, en cc qu'il est la Doctrine du bien cf, du vrai, NU 6998: pour connaître la différence qu'il y a entre la Loi Divine ct la Doctl'ine, voir N°s 7009~ 70,10, 7089. 7227, Et il lem' donna des orch'es touchant les {Ils d'hrctël, signifie sur le commandement à ceux qui sont dn Royaume spiri­ tuel du Seigneur : on le voit par la signilicalion de donner des or­ dres, en cc que c'est le commandement; et p:1I' la ropré$entalion des fils d' IS1'C!ël, en ce qu'ils sont ceux du Hoyaume spirituel du SeigncUl', aiüsi qn'i1 a déjà été som'ent dit. 7228. Et toI/chant Pharaon roi d'E gyple, signifie l'averti.sse­ ment à ceux qui infestent pW' des {CtlLX sam mélange; on le ,"oit par la signification de parler, lorsque c'est d'après un commande­ ment Divin à ccux qui s'ont dans les faux, en cc que c'est un aver­ tissement, comme ci-dessus N'0 72'20; et pal' la rcpl~ésentaÜon de Phamon, lorsqu'il est aussi appelé roi d'Eg!f/ite, Cil ce qu'il d(~­ signe ceux quiiilfestent pal' des faux sans mélange, 1'0 n'2o. 7229. Poru' retire,' les fils d'Israël de la terre d'Égyplé, siguifir: qrt'ils doivent êlre déliv1'és; on le voit sans explication. 7230. Vers. 14 à 25. Voici les Chefs de la nuti.son de leurs ères; Les fils de Ruben premie1'-l1~ c(Jsmël: Ffalloch ct Pallu, Hetsrol! et Camti; voilà les frl11tilles'de Ruoell, El, les lils de Schi- XI. .11
  • 327. H2i :nCA~ES CÉLESTES . méon ; Jélll.ur.1 et Jamin, et Ohad, et Jac/tin, et Socha/' et Schaiil fils de la Canaanile,. voilà les familles de Schiméon. Et voici les noms des fil,~ de Lévi selon leur nativité; Gerschon, et Kéhath, et Jl./érari,. et les années de la vie de Lévi, cent trente sept ans, LCI1 fils de Gerschon : Libni et Schiméi, selon leurs famillel1, Et les fils de Kéhath : Amram et Jishar, et IlébTon I<! Uziel; et les années de la vie de Kéhatll, cent trente-trois ans. Et les fils cle Mérari: 1I1achli et Muschi; voilà les familles de Lévi selon lew's nativités, Et Ammm prit Jc(cf/fed sa tante à lui pom' femme, et elle lui enfanta Ahm'on et lI'Io,~cheh; et les années de la vie d'Amram, cent trente-sept ans. Et les fils de Jishar: Korach ct Népfte9, et Zichl'i.[it les fils ([' Uziel: 1I1ischaël et Elsaphan, et Sithri. Et Aharon. pl'it Elischébah, fille d'Amminadab, sœur de Nachaschon, à lui pour femme; et elle lui enfanta Nadab, et AbdUl, et Eléazal' et Ithama".it les fils de Korach: Assir et Ellianah, et Abiasaph; voilà les familles des Korachites. Et Éléazar fils d'Aharon se pl'it (une) des filles de Putiel à lui pour femme; et elle lui enfanta Pinchas . Voilà les Chefs des pères des Lévites selon leUl'S familles, - Voici les Chefs de la maison de leurs pères, signifie les choses principales de l'Église: les fils de Ruben: IIanoch et Pallu, Ilet.çron et C(1rmi; signifie les choses qui appartiennent à la foi pal' l'entendemCJlt: voilà les familles de Ruben, signifie les vrais de cette foi.: et les fils de Schirnéon : Jémue/ et Jamin, et Olwd, et Jachin, et Sochal', signifie les ,choses qui appartiennent à la foi par l'acte: et Schaül fils de la Canaanite, signifie les choses qui, appartenant au vrai en acte, sont hors de l'Église: voilà les familles de Schiméon? signifie les vrais et les biens de cette foi : et voici les noms W;s fils de Lévi sc/on lem's nativité,ç ; Gerschon (Jt Kéhath, et Mérari, sigoi­ Ile les choses qui appartiennent à la, charité: et les an1~ées,(1e,la vie de Lévi, cent trente-sept ans, signifie la qualité et l'é~at: les !ils de Gerschon : Libni et Schiméi selon leurs familles, signifie la première classe des dérivations du bien et du vrai qui en provien­ nent : et les fils de Kéhath : A.mram et Jishm', et Hébron et Uziel, signifie la seconde classe des dérivations du bien ct du m:)l qui en proviennent: et les années de la vie de Kéltatlt, ce/It trente-h,()is mu, signifie la qualité et l'état: et les fils de Méra'l'i : Mac/di et 1Uus(.'/ti. signifie la troisième Ch1SSC des dérivations du bien et du vrai: voiLà
  • 328. EXODE, CHAP. SIXIÈME. 32:~ les familles de Lévi selon leurs nativités, signifie que ce sont là les biens et les vrais procédant de la charité: Et Amram prit Jochebed sn tante à lui pOUl' femme, signifie la conjonction du bien dérivé avec un vl'ai d'affinité: et elle lui enfanla Ahm'on et bloscheh, si­ gnifie que de là ils eurent la Doctrine de l'J~glise et la Loi d'après le Divin: et les années de la vie ll'Am1'llm, cent trente-sept ans, signifie la qualité et l'état: et les lils de ./ishal': Km'ach, et Népheg, et Zichri, signifie une dérivation successive provenantde la seconde classe quant au bien et pal' suite au vrai: et les (ils d'Uziel: Jlfi­ $ckaël et Elsaphan, et Sithri, signifie une seconde dérivation suc­ cessive provenant de la même classe quant au bien dans le vrai: Et Aharon prit Elischébah (ille d'Amminadab, sœur de Nacha­ schon, à lui pOUl' femme, signifie la doctrine de l'Église, et comment le bien et le vrai y ont été conjoints: et elle lui enfanta Nadab, et Abihu, et EléazU1', et lthamar, signifie les dérivations de la foi et de la charité, quelles elles sont: et les fils de KOl'ach : Assir et Elkanah, et Abia(aph, signifie une dérivation réitérée provenant de la seconde classe: Voilà les familles des Korachites, signifie quels sont les biens et les vrais' et EléazaI' fils if A/laron, signifie les Doctrinaux dérivés de la doctrine même de la charité: se prit (une) des filles de Pntiel à lui pour femme, signit1e la conjonction du bien et du vrai dans ces doctrinaux: et elle lui enfanta Pinchas, signifie de là une dérivation: Voilà les chefs des pères des Léviles selon leurs familles, signifie les choses principales de l'Église, quant à la charité et par suite quant à la foi. n:H. Comme ce sont là de simples noms, il est inutile de don­ ner des explications en particulier, par cette raison aussi, que déjà il a été montré ce que représentent Heuben, Schiméon, Lévi, Aha­ l'on et Moscheh; leurs fils et leurs petits-fils, qui sont ici nommés, ne signifient pas autre chose que .des dérivations: on peut voir que Reuben représente la foi par l'entendement, N0s 386 l, H866, 4731, 4734, 47(,1; Schiméon, la foi pal' la volonté ct par l'acte, N0s 38G9, 3870,3871, '1872, 44.97, 4.502, 4.503, 54.82, 5626, 5630; Lévi, la Charité, Nos 3875, .3877, 4.4.97, 4.502, 4.503; Aharon, la doctrine de l'Église, Nos 6998, 7009, 7089; et Moscheh, la loi par le Divin, N0s 6771, 6827. On ne peut savoir que par le sens interne pour­ quoi il est fait mention ici de Huben, de Schiméon ct de Lévi, et
  • 329. 32,, , HCAKES CJ~LESTES. de leur fils, r,t non des antres pères des tribus ayec leur fils dans leU' ord:e : que cc recensement ait eté fait dans ce Chapitre, afin qu'on sùt la naissance d'Aharon ct de lIoscheh, cela est évident, mais il aurait suffi de donner la g(~n6alogie de Lévi, car celles de Huben, de Schimt'on et de leurs fils, n'ont point. de rapport avec cette naissance: mais la cause, qui ne se manifeste qne par le sens interne, c'est qu'il s'agit de l'Église spiritnelle, qui est représentée par les fils d'Israël; celle Église chez l'homme commence par la foi appuyée sur la science, et ensuite SU' l'entendement, foi qui est représentée par Huben et par ses fils; dans la suite, quand l'J~glise s'accroÎt chez l'homme, celte foi passe dans la volonté et de la vo­ lonté dans l'acte; et alors l'homme vent le Hai qui appartient il la f~i, et il le fait, parce que cela a été ainsi commandé dans la Parole; cet état de la foi est représenté par Schiméon ; enfin dans la volonté de l'homme, qui est nouvelle, est aperç.ue raffection de de la charité, de sorte qn'il vent faire le bien, non plus comme auparavant d'après la roi, mais d'après la charité envers le 1)1'0­ chain; en effet, quand l'homme est régénéré jusqu'à cc degré, il est alors homme de l'Église spirituelle, car alors l'Église est en lui; c'est celle charité, avec son affection, qni est représentée par Lévi: voilà pOllrquoi la famille de Huben est recensée, puis aussi celle de Schiméon, et enfin la famille de Levi, par lequel est re­ présentée, comme il a été <.lit, la Charité qui est le spirituel même de l'Église: Aharon représente l'Externe de cette Église, et lIos­ cheh l'Interne; l'Interne de l'Église est appelé la loi par le Divin, ct l'Externe la Doctrine qui en procède; la loi pal' le Divin, qui est l'Interne de l'Église, est aussi la Parole dans le sens interne; ct la Doctrine, qui provient de cette Loi, est la Parole dans le sens externe; qu'clles soient l'epr<"sentées pal' Moscheh et par Aha: on, c'est ce qu'on voit l'O 70S9. 7232, Vers. 26, 27,28,29,30. (Ce-fut) cet Aharon et Jlfoscheh, auxquels dit J éltovah: Retirez les (Lls d'Israël de la terre d'É gypte, ulon leurs armées. (Cc furent) euxqui pm'lèrentà Pharaon roid'É­ gypte, pour retirer les fils d'Israël d'Éqypte,. ce IIloscheh et Aha­ ,·on. Et il arriva au jour que parla Jéhovhh à JI10scheh dans ·Ia terre d'Égypte. Et Jéhovah pm'la à Mosciuh, en disant: Moi, Jé/WNth ; pade à Pharaon roi (l'1~g!fPte, (selon) tout ce dont, Moi, je te lJnrlc.
  • 330. EOUE, CIUP. SIX-IUIE. 321+ Et iVoscheh dit devant Jéhovah: Voici, moi, Ue suis) préputié de lè;, t'l'es! et comment m'écoutera PIIOl"aOll? - (Ce l'nt) cet Ahal'on et ~loseheh, signifie que pal' là la Doctl ine et la .Loi Divine étaient chez eux: auxqtlels dit Jéhovah, signilie d'après lesquelles il y a.vait commandement: retirez les fils d'umël cie let /elTe d'Égypte,. si­ gnifié que ceux qui étaient du H.oyaullle spirituel du Seigneu' fus­ sent delivres; selon leurs années, signifie scion les genres et les espèces du bien dans les Tais: (ce furent) eux qui parlè/ ent à Pha­ 1'(lOTt roi d' Ji'gypte, signifie d'après ellcs l'avertissement 11 ceux qui infestent pal' des faux sans llu!lange: poltr relirer les fils d'lsmël cfÉgYPle, signifie pOUl' qlt'ils les abandonnent et ne les infestent point: cc Moscheh cl Ahal'ort, signilie que cela vient de la Loi d'a­ près le Divin ct de la Doctrine qui en procède: ct il arriva ltU jO/Ir 'Ille parla Jéhovah cl Moscheh dans la lerre d'i'gUl'te, signifie l'état alors de l'l~glise quan d il fut commandé pal' la Loi d'après le Divin :'l ceux qui étaient du H.oyaume spirituel du Seigneur, lorsqu'ils étaient encore dans le voisinage de ceux qui sont dans les enfcrs: el JéllOvalt pltrla à JlIoscheh, en disant, signilie l'instruction pal' i<~ Divin: Moi, Jéhovlth, signilie la conlirmation Di vine: parle à Pha­ 7'llonroi d'Égypte (selon) lout ce dout, !fIoi,je te pm'Ie, signilie les aVél'lissements à ceux qui infestent p;lI' des faux sans rn<':lange, d'a­ près les choses qui infiuent du Divin: et· Moscltch dit del'lt1lt JéllO­ t'ait, signifie la pensée touchant la Loi Divine, chez ceux qui sont dans les faux: Voici moi (je suis) 7Jl'épUlié de lèvres, sigllifie qu'elle est impure: ct commmeni m'écolliera Pharaon? signiiic qu'ainsi ceux qui sont dans les faux ne rCCCHont poin!. 7;J:J:~. Ce {Ul cet Aharon ct Mosc/wh, signifie 'Ille ])(11' là la c/oc­ t7'ine et la loi Divine étaient cite:.: C/lX : on le voit pal' la représenta­ tion d'Alun'on, en ce qu'il est la Doctrine de l'l::glise, ios 69)8, 7009, 7089; et par la représentation de Jl1oscheh, en cc qu'il eslla Loi Divine, los 6723,67;>'2; celles-ci, sa'oir, la Loi Divillc el la DOe!rine, cllez ceux qui sont de l'J~glise spirituelle, existellt princi­ palement d'après la l)arole, mais néa nmoins d'une rnanièl e confor­ me (applicatè) il la foi et il la cllarit(" qui furent chez les iustaura­ tems: il est dit pal' là, et il est entendu non pas pal' AI}(lj'oll et.Mos­ cheh, mais par la charité el la foi, qui sont représentées pal' Lévi, Schiméon et Ruben, fiont il vient d'drc pa Il, Quant il Cl', qui COI­
  • 331. 326 AHCANES CÉLESTES. cerne ultérieurement ce sujet, il faut qu'on sache que la Doctrine de l'Église spirituelle n'est point la Doctrine du vrai Divin lui-même, par la raison que ceux qui sont de l'Église spirituelle n'ont point la perception du Vrai Divin, comme ceux qui sont de l'Église céleste; mais, au lieu de cette perception, ils ont une conscience qui est fol'­ mée du vrai et du bien qu'ils ont reconnus au-dedans de leur Eglise, quels que soient ce vrai et ce bien; que ceux qui sont de l'Église spirituelle soient respectivement dans l'obscUl', quant aux vrais de la foi, on le voit ~os 86,2708,27'15, '2716,2718,283'1,2935,2937, 3'24,'1,324-6,3833; 6289, 6500, 6865, 694-0; c'estdelà que chacun, au-dedans de l'Église spirituelle, reconnait pour vrai de la foi ce qu'ont enseigné les instaurateurs, et ne fait ultérieurement aucune recherche dans la Parole pour s'assurer si c'est le vrai lui-même; et quand même il yen aurait qui feraient ces recherches, ils ne le dé­ couvriraient pas, à moins qu'ils n'eussent été régénérés et qu'ils ne fussent alors particulièrement illustres; et cela, parce que leur Intel­ lectuel peut, il est vrai, être illustré, mais que le nouveau volon­ taire ne peut pas être affecté d'un autre bien que de celui qui a été formé pal' conjonction arec le vrai reçu au-dedans de l'Église; cal' le volontair'e propre chez eux a été détruit, et un volontaire nou­ veau a été formé dans la partie intellectuelle, voir 1os 863, 875, 1023, 104-3, '10H, i 555, 2256, 4-328, 5'1 '13; et quand le volontaire propre a été sépal é du nouveau rolontaire, qui est dans la partie in­ tellectuelle, la lueur y est faiLle, telle qu'est la lueur noctUl'ne pro­ venant de la Lune ct des étoiles relativement à la lumière diurne provenant du Soleil; de là vient aussi que dans le sens interne de la Parole la Lune signifie le Lien de l'amour spirituel, et le Soleil le bien de l'amour céleste; N°s 30 à 38, t 529, 1530, 153'1,2495, 4060. Puisqu'il en est ainsi de l'Église spirituelle, il n'est pas surprenant que chez la plupart l'essentiel de l'Eglise soit la foi, et non la cha­ rité, ct que pour ceux de cette Église la doctrine de la charité soit nulle. De ce qu'ils on tire leU!' Doctrinaux de la Parole, cela ne fait pas que ces Doctrinaux soient des vrais Divins, car du sens littéral de la Parole on peut tirer un doctrinal ~uelconque, et cn saisir un qui soit favorable aux concupiscences, par conséquent saisir aussi Je faux poUl' le vrai, comme sont les doctrinaux des Juifs, des Soci­ niens ct de plusieurs autres; mais il n'cn est. pas de même si le doc­
  • 332. EXODE, CIUP. SIXIÈ;IE. 327 trinal est formé d'après le sens interne; le sens interne est non-seu­ lement ce sens qui est caché dans le sens externe, comme il a été montré jusqu'ici, mais c'est aussi celui qui résulte de plusieUl's pas­ sagt's du sens de la lettre conférés régulièrement entre eux, et est aperçu par ceux qui sont illustrés quant à l'Intellectuel par le Seigneur ;eu effet, l'Intellectuel illustré discerne entre les vrais a parents et les vrais rnêmes,sUl'tont entre les faux et les vrais, quoi­ qu'ilne juge pas des vrais mêmes en elL"{-mêm~ mais l'Intellectuel ne peut pas être illustré, à moins qu'on ne croie que l'amour pour le Seigneur et la charité envers le prochain sont les choses principales et essentielles de l'Église; quiconque procède d'après la reconnais­ sance de ces principes, pourvu qu'il soit lui-même en eux, voit des vrais innombrables, et même un grand nombre d'arcanes lui sont dévoilés, et cela d'après une reconnaissance intérieure, selon le de­ gré d'illustration qu'il reçoit du Seigneur. 7234. Auxquels dit Jéhovah, signifie le commandement: on le voit par la signification de Jéhovah dit, en ce que c'est le commande­ ment, No 7036. 7235. Reti,'ez les fils d'Israël de.la terre d'Égypte, signifie que ceux qui étaient du Royaume sph'ituel fussent délivl'és, savoir, du voisinage de ccux qui son t dans les faux: on le voit par la significa­ tion de retirer, en ce que c'cst délivrer; par la représentation des fils d'Israël, en cc qu'ils sont ceux du Royaume spirituel du Sei­ .gneur, Nos 64.26, 6637, et aussi N0s 6862, 6868, 7035, 7062, 7,198, 72Ü'1, 7215,7223; et par la signification de la lprt'e d'Égypte, en ce que c'est oil sont les faux par lesquels se font les infestations. 7236. Selon leurs années, signifie selon les genres et les e,~pèces du bien dans les v1'Uis : on le voit pal' la signification des armées, en ce qu'elles sont les vrais qui appartiennent à la foi, N° 3U8 ; 01' les biens de l'Église spirituelle ne sont dans leur essence autre chose que les vrais, car les vrais sont appelés biens quand on vit selon cux; de là par l'armée, quand elle se dit des régénérés au-dedans de l'Église spirituelle, sont signifiés les biens <.lu vrai, ou les biens dans les vrais. S'il est dit que les fils d'Israël seraient retirés selon leurs années, c'est parce que cela est dit d~eux quand ils sortiront d'Égypte, dans le sens interne quand ceux de l'l:~glise spirituelle re­ viendront (C~ combats avec les faux, ainsi apr0s qu'ils auront exercé
  • 333. 3'28 AHC.ES CÉLESTES. une milice spirituelle; il cst particulièrcment entenùu pal' être T(!­ lités .~('Lon les années, qu'ils seraient distingu(osquant aux biens dans les Tais, ainsi cn classes scIon les qualités du bien, ct cela, afin qu'ils repl'l"scntassent le lloyaume du ~eignel1l' dans les cieux; lil tous ont été distingués (lt ont, dans le Très-Grand Homme, ob­ tcnuunc plarc scion la qualité du bicn, tant 'en général qu'en parti­ enliel'. U' aprh; les Cieux, cn ce que là tous ont été distingués selon les biens, on peut voir il queilloint le bien est multiple et combien il est varié; en eO'ct, il est si varié que jamais un ange n'est dans Ull bien semhlahle à celui où est un autre ange; ct lors ri1ème que des lll~rriaùes de myriades d'anges seraient éternellement multipliées, il Il'y aUI':iit pas un bien de l'un d'cux semblalJle au bien d'un autre; comme aussi il n'y aurait pas un seul ange qui eM une face scmblable il ccHc d'un autre; et même dans les cieux le bien fOi me les faces des anges: s'il ya une variété 11erpétuelle, c'cst llal'ce que toute forme consiste en divers distinctions; cal' si deux formcs étaient absolument semblable; clic!! ne pounaicnt pas alors être deux , mais l'lies seraient un : c'cst de là aussi que dans la nature il n'y a jmùais tine chose qui soit en toute ma­ llièi'e semblable il UlJC autre, Ce qui l'end le bien si varié, c'est le 'Tai ;, quand le Hai est conjoint, Hqualifie le bien; si le Tai cst tellement multiplc et varié, qu'il puissc 11 cc point varier le bien, c'est parce que les nais sont iUl1ombrables, et que les Viais inté­ rieurs sont CJ'Ull(' ailtre forme que les vrais extérieurs, et qu'il s'y ad­ joint des illusions qui appartiennent aux seus externes, et aussi des faux qui appartie!1nent aux concupiscences; puis donc que les nais sont. si innombrable", on peut voir que pal' leurs conjonctions il existe tant cie variétés qu'il n'cst jamais possible qu'un bien soit le lllème qu'un autre; cela est évident pour celui qui sait qu'avec seu­ cmeut vingt trois lettres difl'érentcs au moyen de diverscs conjonc­ tIOns peuvent être formés les mots de toutes les langues, même avec nue variété pcrpetuelle quand il y aurait des milliers de langues; que ne doit-il pas en Hre avec des milliers et des myriades de cho­ ses vari{~cs, comme sont les 'Hais? C'~t aussi cc que confirme cette règle commune dans Je monde: Autant de tètes, autant· de senti· rnents; c'est-iHlil'c, alitant d'hommes, autant de diversités d'idées. 7~37. Cr' /im'Ilt l'II.X' qlli. lJarli:1'ellt Il Plu!f(101/ 1'0; (n~g!f7l1e, si­
  • 334. EX.ODE, ,CI UP. SIx..IE~lE. 32!) f}nific (l'après cLIcs l' (We/'I;ùclIlent à ceux qni infestent par des {aux salls lltélange : on le voit pal' ce qui a été dit ci-dessus, jo 7228, où sont de semblables expressions. 7238. Pour retirer les fils cl'ls1'CLël cl'Égyple, sigltifie IlOltr qllils' les abandoltnenl ct ne Les infestent point: on le voit pal' la significa- libn d'être relil'é, en cc que c~cst êlredelivré, comme ci-dessus ;07'235; ainsi pOm'qu'is abaudonent el n'infeslent point; pal' la représenlation des /ils ct'1s7"(lël, en ce qu'ils sont ceux de l'l;:glise spiriluelle-, -iP72;h; et pal' la signilicalion de L'Egypte, en ce qu'clic est le faux pal' lequel S(~ rait l'infestation, ainsi qu'il a déjà été dit. 7239. Cc Moscheh ct Aharolt, signifie que ceLa vient de le, Loi d'a- près le Divin, et de la Doco'ille qui cn fJrocède: 01 le voit pal' la re- l)l'ésentation de illoscheh, en ce qu'il est la Loi d'après lc Divin, jos 6771,68'27; et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la doctrine qui en procède, jos 6998. 7009, 7089. 7240. Et illt1'rh,(t au jour que }l(/1'La Jéhovah et MO,Ç(;heh clans la te/Te (l'Éyyrjle, signifie l'état {(lors de l'lj:glise quaI/cl il {ut com- mimdé par lÇL Loi (l'après le Divin ri ceux qui sont cll! Royaume spi- -rilllcl clu SeigneU1', lOl'sqU' i/,~ étaient encore dans le voisinage de ceux q'lû SOl1t dans les en{ers: on le voit pal' la signincation du jour, en cc que c'est l'élat 1."05 23, 487, 488; 493, 893, 2788, 3462, 3785, 4850, ,6'1" 0, ici l'éLat de n~glisc, parce qu'il s'agit de cet état; pal' la signification de Jéhovah 7/(//'la11l, en cc que c'est le commande- ment, ici à cenx qni sont du ltoyaul1e spirituel du Seigneur; par la représentation de 1lIoscheh, en ce qu'il est la Loi d'après le Divin, ~os G771, 68'27; et pal' la signil1calion de la terre ri' Égypte; en cc que c'est ai! ceux qui sontdu Hoyaume spirituel du Seigneur ont (t6 infestés par les faux; que c'étaitdalls la tene inférieure qui est yoi- sine des enfeb;"onle voit ~o 7090; la lerre d'l~gypte où élaientlcs His"d'Israël) ct qui etait appelée Goschén, signifie cellc terre iufé- rieure; mais la terre où étaicntles Egyptiens signifie les cnrers d'a- lcntour, d'oi! provcnaientlcs infestations pal' le faux. 7'2.i1. Et Jéhovah parla et Mosche/i en disallt, signifie l'illstruc- tion par'le Divi1t : Oli le yoil pal' la signification de Jéhovah pal'- -lallt, en ce que c'cst cie ùou'cau une instrnction, ;07226; et pal'
  • 335. ::130 AHCANES CÉLESTES. la repl'esentation ùe Moscheh, en cc qu'il est la Loi d'après le Di­ vin, 1 05 677'1,68'27. 724·2. Ilfoi, Jéllo/'ah, signifie la confirmation Divine: on le voit d'après cc qlli a l'té diL ci-dessus, 1 05 7192,7202. 72~3, Parle à Plut/'aon loi d'Égypte se/on toltt cc dont, bioi, je le parle, signifie les avertissements à ceux qui infestent par des (aux sans mélange, cl' après les choses qui influent du Divin: on le voit par la signification de pwlel', quand c'est à ceux qui sont dans les fallx, en ce que c'est un avel'tissement, comme ci-dessus, No 7220; par la représentation de Pharaon 1'oi d'Égypte, en ce que ce ~on t ceux qui infestent par des faux sans mélange, 1Of 7220,7228; ct pal' la signiftcation de tolU ce dont, Moi, je te parle, en ce que ce sont les choses qui influent du Divin. 724..1., Et Moscheh dit devant Jéhovah, si[Jnifie la pensée touchant la Loi Divine chez ceux qui sont dans les (aux: on le voit pal' la si­ gnification de il dit, en ce que c'est la pensée, No 7094-, et par la représentation de bfoscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, 105 6723, 6752; que ce soit la pensée touchant la Loi Divine chez ceux qui sont dans les faux, cela est evident pal' la sél'ie continue avec les paroles suivantes ;en effet, quand on lit il dit, et que cette expres­ sion signifie la pensée, cc qui suit y est l'enfermé, ici c'est que la Loi Divine est impure pour ceux qui sont dans les faux, 72,~,5. Voici, moi, je suis p,'éputié ete lèm'es, signifie qu'ellc cst implt1'c, savoir, la Loi Divine pour ceux qui sont dans les faux:­ Et comment m'écoutera Pharaon? signifie qu'ainsi ceux qui sont da1ls les {au:r; ne receVl'ont point: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N°s n2q. et 7225, olt sont les mêmes paroles, Quant à ce que Moscheh se dit pl'eL.1ié ete lèwes, cela, dans le sens interne, signifte que la Loi Divine paraît impure à ceux qui sont dans les faux, selon ce qui a été montré 10 7225; mais dans le senshisto­ rique, dans lequel Moscheh comme chef représente la postérité de Jacob, et ce qui appartient à l'Église chez eux, comme ci-dessus 10 70!~'1, le préputié de lèvres signifie que le culte Divin chez cette nation était tel; en effet, chez cette nation le cuIte était impur, cal' ils adoraient les externes, et rejetaidm entièrement les intemes, qui sont la foi et la charite; bien phlS, ils repoussaient avec dé­ dain les connaissances mêmes des choses internes, ainsi que toutes
  • 336. EXODE, CHAP" SlX1i~lUE" 331 les choses que les rites signifiaient et représentaient; et parce qu'ils etaient tels, leur culte était impur, cal' ils adoraient Jéhovah d'après l'amour de soi et l'amour du monde, mais non d'après l'amour pour Lui, ni d'après l'amour envers le prochain; ce culte dans le sens historique est signifié en ce que llloscheh se dit préputié ùe lèTes; mais dans le sens interne pal' cette expression il est signifié ainsi qu'il a été expliqué ci-dessus 1°7225. DES llAll1TANTS ET DES ESPIUTS DE LA PLANÈTE DE Yti'iVS. 724·6. Dans la Planète de Vénus il y a deux espèces d'hommes, d'un caractère opposé; les uns sont cruels et presque sauvages, ct les autres sont doux et humains: ceux qui sont cruels et presque sau­ vages apparaissent pal' la partie de la Planète qui regarde de cc côté-ci; et ceux (lui sont cloux et humains apparaissent par la partie opposée. fais il faut qu'on sache qu'ils apparaissent ainsi selon les états de leur vie; cal' c'est l'etat ùe la YÎe qui forme toute ap­ parence cle lieu et d'espace" 72!l7" La Planète de Yénus, dans l'idée des esprits, apparaît vers la gauche un peu en arrière, il quelque distance cle notre terre: il est dit, dans l'idée des esprits, parce que le Soleil du monde n'apparaît à aucun esprit, non plus qu'aucune Planète, mais les esprits ont seulement ['idée que ces corps existent, et suivant cette idée ils apra 1aissen t, savoir, le Soleil du Monde pal' der­ rière, comme quelque chose de ténébreux; les planètes, non pas errantes, comme dans le monde, mais cousLamment dans leurs places; voir sur ce sujet N0 7'171. 7248. Il m'a été dit que les hahitants de cette planète, qui, lorsqu'ils meureut~~deviennent esprits, apparaissent pal' la partie tournée de ce côté-ci, trouvent beaucoup de plaisir dans les rapines, ct le plus grand plaisir à manger ce qu'ils ont pillé; leur plaisir, quand ils pensent il manger de leurs l'apines, m'a été communiqué, et j'ai senti qu'il était extrême. Qu'il y ait cu aussi SUI' notre terl'e des hahitants de cette na.ure sauvage, cela est évident d'après les histoires de différentes nations, puis d"après les hahitants de la terre
  • 337. ~132 ARC..~ES CÊLESTES. de Canaan, 1 Sam. XXX. H>; ct aussi d'après la nation Juive e~ Israëlite, même du temps de David, en cc que chaque année ils faisaient des excul'sil)ns, pillaient les nations, ct Sc réjouissaient du butin qn'i!s faisaient. Quant il cc qui COflC'el'ne ces habitants de la Planète lie Yénus, il:; sc l't'jouissent, il est Hai, de leurs l'apines, mais néanmoins ils ne sont point féroces, ils jeUent dans l'cau les hommes qu'ils pillcnt, ct de celte manièrc ils leur ôtent la vie, mais ceux qu'ils peuvent conserycr, ils les cO'llservcnt; et ccux. qu'ils ont ainsi l))'iYl"s de la vic, ils les ensevelissent plus tard, cc qui montre lIu'ils ont chez eux quelquc chose d'humain, bien dilférents en cela des Jnifs, dont le plaisir était de jeter au loin ceux qu'ils avaient tués, ct de les exposer aux. bêtes des forêts ct aux oiseaux. pour les faire dévorcr, et parfois de les faire péril' dans des tortures alfreuses et atroces, Il Sam. XII. 3,' : il m'a aussi été donné de percevoir quel grand plaisir les Juifs trouvaicn t dans de tclles atroci­ tés, pal' la communication que j'eus de la sphère de plusielll's d'entl'c cux, qui arrivèrent pr{~cipitamment ct s'enfuil'ent. 72~9. Il m'a été dit aussi que les habitants de cellc tClTe sont, quant ilia plus graude partie, des géants, et que les hommes de notre tel'rc n'atteindraient qU'il leur nombril: puis aussi, que ccux. qui appal'aissent par la p:ll'tie de celle terrc tournée de cc côté, sont stupides, qu'ils ne sïnquiNent pas de cC qne c'est quc le Ciel, ou dc ce que c'est que la vic étel'llele, mais qu'ils s'occupent seu­ lemcut de ce qui concerne leur terre ct leurs troupeaux.. 7230. Comme ils sont tels, môme quand ib viennent dans 1',1Iltrc vic, ils y sont excessivcmellt illfestés pal' Ics faux et par les lllaux : leurs enfers apparaissent autour de leur TetTe, et ne com­ muniquent point 3vec les enfers des méchants de notre 'l'cne, et cela, parce qu'ils sont d'un tout autre génie ct d'un tout autre ca­ ractère, ct qu'cn consequence leurs maux. et leurs faux sont aussi d'un tout autre genre. Mais ceux. qui sont tcls qu'ils puissent être sauYl~s, sont dans des lieux de vaslation, ct y sont l'éduits au der­ nicr (dcgré) du désespoir; cal' les maux ct les faux de ce genre ne peuvent pas êtrc t"loigllés d'une aUll'e..manièl'c; quand ils sont dans l'état de llCscspoir, ils cricnt qu'ils sont des bêtes, des brutes, des abominations, dcs Il3incs, et ainsi des damnès : quclques-uns d'eux, quand ils sont dalls cct état, cl'icut aussi eoutl'e le Ciel; mais cela
  • 338. EXODE, ClIAP, SIXilmE. 333 km est pal'(lonnc, parce que cela provient du désespoir; le Seigneur modère leur irritation, afin quïls ne se répandent point en repro­ -ehes ali-delà des bornes fixées: quand il ont enduré les dernières souffrances, les eorporel~ chez eux étant alors comme morts, ils sont enfin sauv-és. 7251, Il m'a aussi été dit d'eux que, quand ils vivaient sur leur Terre, ils avaient cm en un suprême Créateur sans IHédiatcur: ce sont ceux-ci qui sont ainsi dévastés ct enfin sauvés, après avoir été préalablement instruits et avoir admis que le Seigneur est le Seul Dieu, Sauvelll' el ~lédiateur : Je les ai entendus confesser que sans Médiateur ils n'auraient jamais pu êt:e sauvés, parce qu'ils étaient impurs et indignes. J'ai vu aussi quelques-uns d'eux élevés au Ciel, après qu'ils ement enduré les dernières :souffrances; ct lorsqu'ils y eurent été reçus, j'éprouvai par eux Ulle joie mêlée d'une telle ten­ dresse, qu'elle me tirait les larmes des yeux. 7252. Les Habitants ct les Esp:its de Vénus, qui app;waissent -pal' l'autre partie de cette Terre, sont d'un caractère presque opposé, cal' ils sont doux et humains: il avait été accordé pal' le Scîgneur, que quelques-uns de ces esprits vinssent de là vers moi, ils appa­ raissaient alors de près au-dessus de la tête; lorsqu'ils s'entretinrent avec moi, ils me dirent que, quand ils étaient dans le monde, ils .avaient reconnu, et qu'à plus forte raison maintenant, ils rccon­ naissent Notre Seigneur pour leur unique Dieu; ils disaient que SUI' lem Terre ils l'avaient vu, marchant an milieu d'cux, et ils repré­ sentaient aussi commcnt ils L'avaient vu. 7253. Ces Esprits, dans le Très-Grand Homme, représentent la mémoire des choses matérielles, correspondante à la mémoire des choses immatérielles, qui t'->t représentéc par les esprits de la Pla­ nète de Mercul'e; voir dans [a description des Esprits de lUercll1'e, N° 717-0. 7254-. A la fin du Chapitre suivant, il sera parlé des HalJilants ct des Esprits de la Planète cle Mars. o~
  • 339. PRElHIERE PARTIE DU LIVRE DE L'EXODE. ~ CHAPITRE SEPTIÈME. DOCTRl~E DE LA CHA.RlTÉ. 7'255. Puisque le Bien fait le Ciel cl1ez l'homme, et que le mal fait l'enfer, il faut absolument qu'on sache ce qne c'est que le bien, et ce que c'est que le mal; précédemment il a été dit que le bien est ce qui appartient à l'amonr pour le Seigneur et à la charité envers le prochain, et que le mal est ce qui appartient à l'amour de soi et à l'amour du monde; il suit de là que ce ri'est que d'après les amours que l'on sait ce que C'Gst que le bien et ce que c'est que le mal. 7256. Toutes les choses qui, dans l'univers, sont conformes à l'ordre Divin se réfèrent au Bien et au Vrai; et toutes les choses qui, dans l'univers, sont contraires à l'ordre Divin se rélèrent ail mal et au faux: cela vient de ce que le Bien et le Vrai, qui procèdent du Divin, constituent l'ordre, au point ~u'ils sont l'ordre. 7'257, Le Bien qui appartient 11. l'Amour pour le Seigneur est ap­ pelé Bien céleste, et le Bien qui appartient à la Chal'ité envers le prochain est appelé Bien spirituel: quelle est la différence entre le Bien céleste qui appartient à l'Amour pour le Seigneur et le Bien spirituel qui appartient à la Charité envers le prochain, et combien est grande cette différence, c'est ce qui sera dit dans la suite. 7258. La Doctrine du Bien céleste, qui appartiertt à l'amour pour le Seignem, est la plus vaste et en même temps la plus inconnue; la Doctrine du Bien spirituel, qui appartient à la charité envers le
  • 340. EXODE, Cll.P. SEPTIÈME. 331, prochain, cst vaste aussi et inconnue aussi, mais moins que la Doctrine du nien céieste, qui appartient à l'amour pOUl' le Seignelll'. Que la Doctrine de la Charité soit vaste, c'est ce qu'on peut voir en ce que la Charité chez l'un n'est pas la même que chez l'autre, ct en ce que l'un n'est pas le prochain ùe la même manière que l'autre. 7259. Comme la Doctrine dela Charité était si vaste, les Anciens, chez qui la Doctrine de la Charité était la Doctrine même de 1'1;:­ glise, distinguaient la Charité envers le prochain en plusieurs Clas­ ses, qu'ils subdivisaient encore; ils donnaient un nom il chaque Classe, et ils enseignaient comment la charité devait êtl'e exel'c(~e envers ceux qui étaient dans une c:J.sse, et comment elle devait l'être envers ceux qui étaient dans unc.antre; ct de cette manicre ils rédigeaient en ordre la Doctrine de la Charité, et les exercices de la charité, afin de les mettre distinctement ; la portée de l'en­ tendement. 7260. Les Noms qu'ils donnaient il ceux envers lesquels ils de­ vaient exercer la charité étaient en grand nombre; ils appelaient les uns aveugles, les autres boiteux, d'autres manchots, d'autres pauvres, puis misérables et affligés, d'autres orphelins, d'autres veuves: mais en général ils les nommaient des Affamés auxquels ils devaient donner à manger, des AILérés ;)uxquels ils devaient donner à boire, des Voyagenrs qu'ils devaient recueillit', des Nus qu'ils devaient vêtir, des Malades qu'ils devaient visiter, ct des Prisonniers qu'ils devaient aller voir ;-sur ce sujet, voir N0s 49G4 à 4959, 726~, Ces Noms furent donnés du Ciel aux Anciens qui étaient de l'Église, et par ceux qui étaient ainsi nommés ils entendaient ceux qui étaient tels spirituellement; leur Doctrine de la Charité enseignait qui ils étaient, et quelle était la charité envers chacun. 7262, De là vient que ces mêmes Noms sont dans la Parole, et signifient ceux qui sont tels clans le sens spirituel. La Parole en elle-même n'est que la Doctriue de l'amour pour le Seigneur et de la charité enycrs le prochain, comme aussi le Scigneur l'en­ seigne: « Tu aimeras le Seigneur ton Dien de tout ton cœU!', de ~ toute ton âme et de toute ta pensée, c'est là le premier et le grand ~ Commandement; le second lui est semblable : Tu aimeras ton • prochain comme toi-même; de ces deux Commemdemell!s dépen­
  • 341. '1:36 ARCA.;ES C';:LESTES. » dent la loi ct les Prophète!;. » - Maltll. XXII. 35,36, :31, 38,­ la Loi et les Prophètes, c'est toute la Parole. 7263. Si ces mêmes l"oms sont daus la Parole, c'est parce que ceux qui etaient dans le cultc cxterne devaient exercer la charité envers lcs hommes qui étaient ainsi nommés; ct ceux qui étaient dans le culte iutel'lle,envèfs les honimes désignés spirituellement par ces noms; ainsi c'étaitpour que, les simples' entendissent eb pratiquassent la Parole avec simplicité, et les sages'avec sagesse; puis aussi alln que lessimplcs pal' les externes de la.charité fussent initiés dans les internes de la charité. CHAPJTRE VU. L Et JÉIIOVAII dit il Moscheh : Vois, je t'ai donné (pOItl") Dieu il Pharaon, Cl Aharon ton frère sera ton prophète. : ;1 2. Toi, tu prononceras tout cc que je t'aurai ordonné;,et Aharon ton frère parlera à Pharaon, ct quïlrenvoie.les /ils'd'Israël de sa terre. 3. Et iloi j'endurcirai le cœm de Pharaon, ct je multiplierai n1es signes ct mes prodiges dans la terre d'l;:gyple. L El Pharaon ne vous écoutcra point; ct je mettrai ma ma'in SUI' les l;~gyptiens, et je retirerai mes armées, mon,peuple, les fils d'Is~ raël, de la terre d'Égypte, pm' de grands jugements. 5. Et les Égyptiens connaîtront que Moi (je SUiS)JÉIIOVAH, en cc que j'étendrai ma main sur les Égyptiens, ct je retirerai les fils d'Is­ raël du milieu creux. 6. Et lloscheldiL, et Aharon, comme lem ;lYait ordonné JÉHO­ VAH, ainsi ils liren t. '7. Et Moscheh (était) ms (ùge) de quatre-Vingts ans, ct 'Ahul'on ms (âgé) de quatre-vingt-trois ans,,,quand ils parlèrent ~ Pharaon. 8., Et JùlOVAlI dit à Moscheh etÎÂhuron, en disant: . '
  • 342. EXODE, CllAP. SEPTIÈME. 337 g. Quand Pharaon vous parlera, en disant: Donnez pour vous un prodig'e; et tu diras à Almon: Prends ton bâton, et jette (-le) devant Pharaon, il deviendra un serpent d'eau. 10. Et lVIoscheh vint, ct Aharoll, vers Pharaon, ct ils firent ainsi qu'avait ordonné J~~IIOVAII ; Cl Aharon jeta son bâton devant Pha· raon, ct devant ses serviteurs, et il devint un serpent d'cau. 1,1. Et Pharaon aussi appela les sages ct les prestigiateurs; et ils firent aussi eux, les mages d'Égypte, par leurs enchantements ainsi. 12. Et ils jetèrent chacun leur bâton, ct ils devinrent des sel'­ pents d'eau; et le bâton d'Aharon engloutit leurs bâtons. 13. Et le cœur de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point, ainsi qu'avait parlé JEHOVAH. 14,. Et JEHOVAH dit à Moscllell : Appesanti est le cœur de Pha­ raDn , ill'efuse de renvoyer le peuple. 15. Va v(jrs Pharaon au malin; voici, il sort vers les eaux, et pose-toi au-devant de lui SUl' la rive du lIeuve; et le bâton, qui a été changé en serpent, prends (-le) dans ta main. 16. Et tu lui diras: JÜWVAH DIEU des Hébreux m'a envoyé vers toi, en disant: H.envoie mon peuple, et qu'ils me servent dans le désert; et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici. 17. Ainsi a dit JÉHOVAII : En ceci tu connaîtras que iloi (je suis) JEHOVAH; voici, moi je frappe du bâton, qui (est) dans ma main, sur les eaux qui (sonl.) dans le fleuve, et clIcs seront changées en sang; 18. Et le poisson qui (est) dans le fleuve mOUlTa, ct le fleuve puera, ct les Égyptiens auront peine à boire des caux du fleuve. 19. Et JEIlOVAII dit à iUoschell; Dis à Aharon: Prends ton hâton, et étends ta main sur les caux de l'Égypte, sur leurs tOlTents, SUl' leurs fleuves, et sur leurs étangs, et sur tout amas de leurs eaux, ct elles seront du sang; et il y aura du sang dans toute la terre d'É­ gypte, et dans les bois et dans les pierres. 20. Et ainsi llrent iloscheh et Aharon, scion qu'avait ordonné JEHOVAH; et il leva le b~lton, et il frappa les eaux qui (étaient) dans le fleuve, aux yeux de Pharaon ct aux yeux de ses sCI''iteurs, et toutes les eaux qui (étrtienl) clans le fleuve furent changées en sang. XL 22
  • 343. 338 ARCANES CÉLESTES. 21. Et le poisson qui (était) dans le fleuve mourait, et le fleuve puait, et les Égyptiens ne pouvaient point boire de l'eau du fleuve; et il y cut du sang dans toute la terre d'Égypte. 22. Et ainsi firent les mages d'Égypte par leurs enchantements; et le cœUl' de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point, ainsi qu'avait parlé JEHOVAII. 2:3. Et Pharaon regarda, et vint vers sa maison, et il n'appliqua point son cœur même à cela. 2L Et tous les ~~gyptiens creusèrent alentour du fleuve pOUl' des eaux à boire, parce qu'ils ne pouvaient point boire des eaux du fleuve. 25. Et sept jours s'accomplirent après que JEIIOVAH eut frappé le fleuve. 26. Et JÉHOVAH dit à lIoscheh : Viens vers Pharaon, et tu lui diras: Ainsi dit JÉHOVAH: Renvoie mon peuple, et qu'ils me ser­ vent. 27. Et si tu refuses, toi, de (le) renvoyer, voici, J'lIoi, je frapperai toute ta frontière de grenouilles. 28. Et le fleuve fera pulluler des grenouilles, et elks monteront et viendront dans ta maison, et dans l'appartement de ta couche, et SUl' ton lit, et dans la maison de tes serviteUl's, et dans (celles) de ton peuple, et dans tes fours et dans tes huches. 29. Et sur toi, et SUl' ton peuple, et SUI' tous tes serviteurs mon­ treront les grenouilles. CONTENU. 7264. Dans le sens interne, dans ce qui suit, il s'agit de la Vas­ tation, et enfin de la Damnation de ceux qui sont dans les faux et dans les maux; la progression de leur dévastation est décrite par les onze plaies répandues SUI' les Égyptiens et sur leur terre. 7265. Dans le sens interne de ce Chapitre ils'agit des trois pre­ miers degrés de la vastation ; le Premiel', qui consiste en ce que chez eux commençaient à régner de pUl'es illusions, d'aü prove­ naient les faux, est décrit par le serpent en lequel fut changé le bâ­ ton d'Aharon : le Second, qui consiste en ce que les vrais mêmes
  • 344. EXODE, CHAP, SEPTiÈME. 339 chez eux devenaient des faux, et les faux devenaient des vrais, est. décrit par le sang en quoi furent changées les eaux: le Troisième degré, qui consiste en ce qu'ils raisonnaient d'après les faux contre les vrais et les biens qui appartiennent à l'Église, est décrit par les grenouilles sortant du fleuve. SENS INTERNE. 7266, Yers. '1, 2,3,4,5,6,7, Et Jéhovah dit à ilfoscheh: Vois, je t'ai donllé(pour) Dieu à Phamon, et Ahal'on ton frère sera ton prophète. Toi, tu prononcen/,S tout ce qUi; je t'aumi ordonné, et Aha­ l'on ton (l'ère parlera à Phamon, et qu'il renvoie les fils d'Israël de sa ten'e. Et ilfoi f endurcimi le cœur de Pharaon, et je multiplierai files signes ct mes prodiges duns la terre d'Égypte, Et Phamon ne VallS écoutem point; et je mettrai ma main SUI' les Égyptiens, et je relÏl'erai mes années, mon peuple, les fils d'lsmël, de la terre d'É­ gypte, pal' de grands jugements, Et les É'gyptiens connaÎtl'ont qUe ~foi (je suis) Jéhovah, en ce que j'étendrai ma main S1/1' les Égyp­ tiens, et je retil'CJ'ai les fils d'Israël du milieu d'eux, Et illoscheh fil, et Aharon, comme leur avait ordonné Jéhovah; ainsi ils firent, Et ~loscheh (était) fils (àgé) de quatre-vingts ans, et Aharon fils (âgé) de quatre-vingt-trois (WS, quand ils parlèrent à Pharaoll. - Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'instruction: vois ,je t'ai donné (pom) Dieu à Phamon, signifie la Loi Divine et la puissance de celle loi sur ceux qui sont dans les faux: et Aharon ton {l'ère sera ton pro­ phète, signifie la doctrine qui en provient: toi, tu prononceras tout ce que je t'aumi ordonné, signifie la réception de l'influx Divin, et la communication: et Aharon ton (l'ère 7Ja1'lem à Pharaon, signifie la réception de l'influx qui en provient, et la conmlUnication avec ceux qui sont dans les faux: et qu'ill'elwoie les fils d' Ismël, signifie pour qu'ils se départent de l'infestation: et Moi f endurcimi le cœur de Phamon, signifie l'obstination provenant du mal du faux. : et je multipliemi mes signes et mes prodiges, signifie les aver~issel1lents de tout genre, etquïl n'y manquera rien: dans la terl'e d'Egypte, si­ gnifie où sont ceux qui infestent: et Pharaon ne vous écoutem point, signifie que ceux qui sont dans les faux ne recevront point: et .ie
  • 345. 340 ARCANES CÉLESTES, mettJ'ai ma main SUT les Égyptiens, signifie qu'en conséquence ils seront forcés par la Divine puissance: et je 1'etÎ1'emi mes armées, mon peuple, les /ils d'Israël, signifie que ceux qui sont dans les biens et dans les vrais seront délivrés: de la terre d'Égypte, signifie des infestations: par de gmnds jugements, signifie stlon les lois de l'ordre: et les Égyptiens connaÎtront que Moi (je suis) Jéhovah, si­ gnifie qu'ils auront la crainte du Divin: en ce que f étendmi ma main SU1' les Égyptiens, signifie quand ils remarqueront la puis­ sance Divine contre eux: et je retircmi les {ils d'Israël du milieu d'eux, signifie et quand ils verront que ceux qui sont de l'J~glise spirituelle sont délivrés: et Moscheh fit, et Altm'on, comme lew' avait ordonné Jéhovah, ainsi ils ,fi1'ent, signifie que ce qui avait été dit fut aussi fait: et Mosclteh (était) fils (âgé) de qlUttre-vingts ans, sig'nifie l'état et la qualité de la Loi venant du Divin: et Aharon fils (ùgé) de quatre-vingt-trois ans, signifie l'état et la qualité de la doc­ trine: quand ils parlè1'ent à Pharaon, signifie quand ces choses fu­ rent commandées. , 7267, Et Jéhovah dit à JlIoscheh, signifie l'inst7'uction,. ici, comment il faut procéder avec ccux qui sont dans les faux et qui in­ festent: on levoit par la signilîcation de Jéhovah dit, en ce que c'est l'instruction, ~o 7186, 726.8. Vois, je t'ai dOllué pour Dien à Pltamon, signifie la Loi Divine et la puissance de celle loi SU1' ceux qni sont dans les {aux: on le voit par la signification de te donner pour Dieu, en cc que c'est le Divin Vrai, ou, ce qui est la même chose, la Loi Divine, et aussi • la puissance de cette Loi; en effet, dans la Parole, lorsqu'il s'agit du Vrai, et aussi de la puissance du vrai, il est dit Dieu, mais lors­ qu'il s'agit du Bien, il est dit Jéhovah, voi1' N0s 300, 2586 , 2769, 2807,282'2,3910, 392'1 f. 4287,4295, 4402,70'10; et par la repré­ sentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N°s 665'(,6679,6683. Quant à ce qui concerne en outre la signification de DIEU, il faut qu'on sache que Dieu dans le sens suprême est le Divin qui est au-dessus des Cieux, tandis qlle Dieu dans le sens interne est le Divin qui est daM les Cieux; le Di­ vin qui est au-dessus des Cieux est le Divin Bien, mais le Divin qui est dans les Cieux est le Divin Vrai; en effet, du Divin Bien procède le Divin Vrai, et ce Vrai fait le Ciel ct le disposc; car cc qui cst ap­
  • 346. l~XODE, CHAP. SEPTIÈME. 34-·1 pelé proprement le Ciel n'est autre chose que le Divin qui là a été mis en forme, puisque les Anges, qui sont dans le Ciel, sont des formes humaines récipientes du Divin, et constituant la forme commune qui est celle de l'homme: et comme le Divin Vrai dans les Cieux est ce qui, dans la Parole de l'Ancien Testament, est entenùu par Dieu, c'est de là que dans la Langue originale Dieu est nomm6 Elohim au pluriel; et c'est aussi de lit que les Anges qui sont dans les Cieux, étant des récipients du Divin Vrai, sont appelés dieux; comme dans David: « Qui dans le Ciel se comparera à Jéhovah, sera assimilé il Jéhovah entre les fils des dieux? )) - Ps. LXXXIX. 7, 8,9: -dans le Même: « Donnez il Jéhovah, fils des dieux, donnez à Jéhovah Il gloire et force. )) - Ps. XXIX. 1 : - dans le Même: « Moi, j'ai )) dit: Des dieux, vous; et des lils du Très-Haut, vans tous. )) ­ Ps. LXXXll. 6.- Dans Jean: « Jésus dit: N'est-il pas écrit dans » votre Loi: Moi, j'ai dit : Des dieu.x vous ètes ; ainsi elle a appelé ») dieux ceux à qui la Parole a été adressée. » - X. 31,35; - et en outre dans les passages olt le Seigneur est appelé le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, comme Gen. XLVI. 2, :3. Deutér. X. 17. Nomb. XVI. 22. Dan. XI. 36. Ps. CXXXVI. 2,3: d'après cela on peut voir en quel sens Moscheh est appelé dieu, ici dieu pour Pharaon, et dieu pour Aharon, Exod. IV. '16, savoir, paiTe que l1oscheh représentait la Loi Divine, qui est le Divin Vrai ct est ap­ pelée la Parole; c'est de là au~si qu'Aharon est appelé ici son pro­ phète; et, dans le passage précédent, sa bouche, c'est-à-dire, celui qui, d'une manière ad6quate à l'entendement, énonce le Divin Vrai qui procède immédiatement du Seigneur et surpasse tout entende­ ment; et comme le prophète est celui qui enseigne ct énonce le Divin Vrai d'une manière adéquate à l'entendement, le prophète est aussi la doctrine de l'Église; il en sera question dans ce qui va suivre. 7269. Et Ahal'on ton {l'ère sera ton prophète, signifie la doctrine qui en provient: cela est évident par la signlllcation du Prophète, en ce qu'il est le vrai de la Doctrine, ainsi la Doctrine d'après la Parole, No 2531; qu'A1aron représente la Doctrine de l'Église ou la doctrine du bien et du vrai, tirée de la Parole, on le voit los 6998, 7009, 7089: comme le prophète signifie la doctrine, il en résulte
  • 347. 34'2 ARCANES CÉLESTES. que dans le sens déterminé il signifie celui qui enseigne, selon C0 qui vient d'être dit :No 7268 à la fin. 7270. Toi, tu prononceras tout ce que je t'aurai ordonné, signifie la réception de l'influx Divin et la communication; - (et Aharon ton {rère'parlera à Pharaon, signifie la réception de l'influx qui en provient, et la communication avec ceux qui sont dans les (aux): on le voit par la représentation dellIoscheh, qui prononcera, en ce qu'il est le Divin Vrai; et par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la Doctrine qui en provient, N° 7089 : pal' la signification de pro­ noncer, en ce que c'est J'inllux et la réception de J'inllux, N° 5797; ct par la signification d' orclonner, en cc que c'est aussi J'influx, N°s 5i86, 5732, ici la réception de J'influx: d'après cela il est évi­ dent que prononcer signifie J'Influx médiat du Divin Vrai dans la Doctrine, c'esHl-dire, chez celui qui enseigne, car il est entendu que ~loscheh, qui est le Divin Vrai, prononcerait ce que lui ordon­ nerait Jéhovah, à Aharon qui est la Doctrine ou celui qui enseigne, ainsi acelui qui devait communiquer; et qu'ordonner signifie I1nllux Divin immédiat dans la Loi Divine qui est représentée par Moscheh. On peut voir comment cela doit êtl'e entendu, d'après ce qui a été précédemment dit N°s 7009,70'10, savoir, que i'loscheh représente le Vrai qui procède immédiamentdu Divin, et qu'Altaron représente le Vrai qui en procède médiatement: celui qui ne sait pas ce qu'il en est de l'ordre dans les successifs, ne ~ut pas non plus savoir ce qu'il en est de l'Influx, il est donc à propos de le dire en peu de mots: le Vrai qui procède immédiatement du Seigneur, venant du Divin Infini lUême, ne peut en aucune manière être reçu par aucune sub­ stance Vivante qui est finie, ainsi par aucun Ange; le Seigneur en conséquence avait créé des successifs, par lesquels comme moyens pourrait être communiqué le Divin Vrai procédant immédiatement; mais le premier successif créé est trop plein du Divin pour pouvoir non plus être reçu par aucune substance v'ivante qui est finie, ainsi par aucun Ange; le Seigneur a donc encore créé un successif, par lequel le Divin Vrai procédant immédiatement fùt susceptible d'être reçu quant à quelque partie; ce successif est le Vrai Divin, qui est dans le Ciel; les deux premiers successifs sont au-dessus des cieux, et sont comme des ceintures radieuses de flammes, enveloppant le soleil, qui est le Seigneur; tel est l'ordre successif jllsqll'au Ciellc
  • 348. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 343 plus près du Seigneur, c'est-à-dire, jusqu'au Troisième Ciel, oit sont les Innocents et les Sages; de là il Ya une continuation successive jusqu'au dernier Ciel, et depuis le dernier Ciel jusqu'au sensuel et au corporel de l'homme, qui reçoivent en demier l'influx: d'après cela on voit qu'il ya des successions continues depuis le Premier, c'est-à-dire, depuis le SeigneUl" jusqu'aux derniers, qui sont chez l'homme, et même jusqu'aux derniers, qui son t dans la nature; les derniers qui sont chez l'homme, comme aussi ceux qui sont dans la nature, sont paresseux respectivement et par suite froids, et sont communs respectivement et par suite obscurs; de là il est encor8 évident que par ces successions il y a un enchaînement continu de toutes choses avec le Premier Etre : l'Intlux a lieu selon ccs succes­ sions; car le Divin Vrai,'; qui procède immédiatement du Divin Bien, influe successivement; et dans le chemin ou autour de chaque nouveau successif il devient plus commun, ainsi plus grossier et plus obscur, et il devient plus lent, ainsi plus paresseux et plus froid: d'après ce qui vient d'êtl'e dit, on voit clairement qnel est l'ordre Divin des suecessifs, et pal' suite quel est l'ordre Divin des influx. lIais il faut bien savoir que le Vrai Divin, qui influe dans le Troisième Ciel le plus près du Seigneur, influe aussi en même temps sans formation successive jusque dans les derniers <le l'ordre, et que là par le Premier immédiatement aussi, il gouverne loules choses en général et en particulier, el pourvoit il toutes choses en général et en particulier; par là les successifs sont contenus dans leur ordre et dans leur enchaînement. Qne cela soit ainsi, c'cst même ce qu'on peut voir en quelque sorte par cette ('ègle bien con­ nue des Él'Udits dans le monde, qu'il n'y a qu'une substance uni­ que, qui soit substance, et que toutes les autres choses sont des formations qui en proviennent, et que cette substance unique ('ègne dans ces formations, non-seulement comme forme, mais aussi comme non-forme, ainsi que dans son origine; s'il n'en était pas ainsi, ce qui a été formé ne pourrait en aucune manière ni subsister ni agir; mais ceci soit dit pour l'intelligent. 7271, Et qu'il "envoie les (ils d'Israël, signifie pOItl' qu'ils se départent de l'infestation; on le voit par la représentation de Pha­ raon à qui ces paroles devaient êtrQ dites, en cc qu'il désigne ceux qui infestent parles faux, ["os7'107, 7110, 71'26, 7H2; pal' la
  • 349. 3U AltCANES CÉL~STES. signification de J'envoyel', en ce que c'est pour qu'ils se départent; et pada représentation des /ils u'lsraël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, comme N0s 6426, 6637, 6862, 6868, 7035, 7062, 7~98. 7272. El Moi jendul'cirai le cœur de PhaJ'aon, signifie l'obstina­ tion ]J1'OVenanl du mal du {aux: on le voit par la signification d'en­ dUl'ci1', en ce que c'est l'obstination; qu'elle provienne du mal ùu faux, c'est ce qui est signifié par le CœU1' de Phamon, car le Cœur dans le sens réel signifie le bien qui appartient à rAmour céleste, Nos 3313, 3887, 3889, de lil, dans le sens opposé, il signifie le mal infernal; c'est le mal du faux, parce que Pharaon représente ceux qui sont dans le faux. Le mal du faux est le mal qui tire son origine des principes du faux; par exemple, qu'on serait sanctitlé par les extel'l1es, comme chez les Israëlites et les Juifs, pal' les sacrifices, pal' les ablutions, par l'aspersion du sang, et qu'on ne serait pas sanctitlé par la charité et la foi, et qn'ainsi l'on serait saint, quoi­ qu'on vecut dans les haines, les vengeances, les rapines, les cruau­ tés et autres passions semblables; voilà des maux qui sont appelés maux du faux, parce qu'ils tirent leur origine des principes'Ùu faux. Soit aussi pour exemple, celui qui croit que la foi seule sauve et que les œuvres de la charité ne font rien pour le salut, puis aussi qui croit qu'on est sauvé même à la dernière heure de la mort, de quel­ que manière qu'on ait vécu pendant tout le cours de la vie; et qui, d'après ces principes, vit sans aucuhe charité, dans le mépris pour les autres, dans l'inimitié et la haine contre quiconque ne le respecte pas, dans la cupidité de la vengeance, dans la concupiscence de priver les autres de leurs biens, dans l'inhumanité, dans l'astuce, dans la fraude; ces maux sont aussi des maux du f:lux, parce que d'après le faux il se persuade ou qu'ils ne sont point des maux, ou, si ce son t des maux, qu'ils seront néanmoins effacés, pourvu qu'a­ vant d'expirer il confesse, d'après une contlance apparente; la mé­ diation du Seigneur, et le nettoiement des péchés par la passion de Sa croix, Soit encore pour exemples, cellx qui adressent des sup­ plications à des hommes morts comme saints, et ainsi les adorent, et adorent même leurs images; le mal de cc culte est un mal du faux. Ceux qui font le mal du faux croient tous que le faux est le vrai" et par conséquent 011 qlle ce mal n'est pas lin mal, ou qn:il
  • 350. EX.ODE, CHAP. SEP'n~:iVŒ. 34-5 n'est pas damnable. JI en est de même de CCliX qui cl'oient que les péchés peuven t être pardonnés pal' les hommes; (:t de ceux qui croient pouvoir être introduils dans le ciel, quc:ls que soient leurs péchés, c'est-;'-dire, quelles que soient leur puantelll' ct leur infec­ tion spirituelles. En un mot, il y a alitant de maux du faux, que de faux de la foi et du culte: ces maux condamnent, mais non autant que les maux d'origine du mal; les maux d'origine du mal sont ceux qui proviennent d'ulle cupidité résultant de l'amour de soi ct du monde. 7273. Et je multipliemi mes signes et mes p1'odige,~, signifie les avel'tissements de tout genre, el qu'il n'y manquera l'ien: on le voit par la signiJication des signes et des p1'odiges, en cc que ce sont les conlirmations de la vérité, Nos i:l900, 6870,70'12, et aussi les moyens de la puissance Divine, N°69' 0, ici les avertissements, car de cette manière non-seulament ils voyaient qu'ils étaient dans les faux, mais encore ils voyaient la puissance Divine, ct pal' Ut ils étaient avertis. S'il est dit que des avert.issements de tout gel1l'e sont adres­ sés il ceux qui sont dans les faux, ct qu'il n'y manquera rien, c'est parc(que la:damnation de ceux qui sont dans les maux est faite non :pas au moment ai.! ils viennent dans l'autre vie, mais après qu'ils ont d'abord été visités, c'est-à-dire, examinés; les examens se font, afin qu'ils apel'çoivent eux-mêmes qu'ils ne peuvent qu'être damnés, parce qu'ils n'ont pas vécu autrement; ct aussi afin que les esprits et les anges sachent qu'ils ont été tels; ainsi ils ne peu­ vent pIns se disculper auprès d'eux-mêmes ni auprès des autres: l'ordre selon lequel ils sont examinés est l'ordre du Vrai Divin, qui est tel, qu'il n'y manque absolument rien: l'ordre du Vrai Divin, concernant les méchants qui sont damnés, diffère de l'ordre du Vrai Divin concernant les bons qui sont sauvés; la différence est que l'ordre concernant les méchants qui sont damnés, appartient au Vrai Divin séparé du Divin Bien, ainsi séparé de la Miséricorde, et cela, parce qu'ils n'ont pas reçu le DivÙl ilien, et ont ainsi rejeté la Miséricorde; tandis qne l'ordre- concernant les bons qui sont sauvés, appartient au Vrai Divin conjoint au Divin Bien, ainsi à la lIisél'icorde, et cela, parce qu'ils ont reçu le Divin Bien, ainsi la Miséricorde du Seigneur: comme les méchants sont examinés pal' degrés selon l'ordre, c'est aussi par drgl'és qa'ils sont, jugés et
  • 351. ;H6 AHCANES CÉLESTES. damnés. D'après cela, on peut savoir qu'il est donné des avertis­ sements de tout gellI'e, afin qu'il ne manque rien, avant qu'ils soient condamnés à l'enfer; c'est là ce qui est aussi signifié par les signes et les miracles faits en Égypte, avant que les premiel's·nés aient été détruits, et que les Égyptiens aient péri dans la :l'ier de Suph; car la 11er de Sup11 est l'Enfer. 721 L Dans la telTe d'Égypte, signifie où sont ceux qui infestent: on le voit par la signification de la terre cl'Égypte, en ce que c'est où sont ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N° 7240. 727'6. Et Pharaon ne vous écoutera point, signifie que ceux qui sont dans les faux ne recevront point: on le voit d'apl'ès ce qui a déjà été dit N° 7224" où sont les mêmes paroles. 7276. Et je 11leltmi ma main SUl' les Égyptiens, signifie qu'elt conséquence ils seront forcés par la Divine puissance: on le voit pal' la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N°s 878, 493,1 à 4937,5327, 5328,701 'l, 7'188,7,189, et la Divine puissance, quand Jéhovah parle de Lui et dit ma Main,. et par la signification des Égyptiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi qu'il a dejà été dit; de là il est évident que je mettrai ma main SUl' les Égyptiens, signifie que ceux qui sont dans les faux seront forcés par la Divine puissance. 7271. Et je retiremi mon armée, mon peuple, les {ils d'lsmël, signifie que ceux qui sont clans les. biens et dans les VI'ais seront déliwés : on le voit par la signification de retil'er, en ce que c'est Mlivrer; par la signification de "crnnée, en ce que ce sont to~J les genres de biens dans les vrais; par la signification du peuple, en ce qu'il se dit de ceux qui sont dans le vrai eLdans le bien spirituel, N0s 1209, '1260, 3295, 3'68-1, 4.6,19, ainsi en ce qu'il désigne ceux de l'Église spirituelle, N°s 2928, 7207; et par la représentation des (ils d'lsmël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N0 7271, ainsi ceux qui sont dans les biens et dans les vrais. 7278. De la telTe d'Égypte, signifie. des infestations: on le voit par la signification de la tel'l'e d'Égypte, en ce que c'est où sont ceux qui sont dans les faux et qui infestent, Nos 72H), 7274., par conséquent aussi les infestations, car la terre signifie la nation e1le­ même, et la nation dans le sens interne signifie ce qui appartient à la nation, ici donc l'infestation.
  • 352. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 34.7 7279. Par de grands jugements, signifie selon les lois de l'ordre: on le voit <.l'après ce qui a été dit ci-dessus No 7'206. 7280. Et les Éyypticns connaîtront que 1lIoi je suis Jéhovah, si­ gnifie qu'ils al/l'ont la crainte du Divin: on le voit par la significa­ tion de connaître que Moije sui.s Jéhovah, en ce que c'est avoir la crainte du Divin, ainsi qu'il va être expliqué; ct par la signification des Égyptiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et qui infestent. Quant à ce qui concerne la crainte qu'auront du Divin ceux qui sont dans les faux et qui infestent, il faut qu'on sache qne la crainte est l'unique moyen de réprimer les infernaux et de les tenir dans des liens: la crainte, en effet, est un lien commun, tant pOUl' ceux qui sont probes, que pOUl' ceux qui sont méchants; mais pOUl' ceux qui sont probes il y a une crainte interne, qui con­ cerne le salut, savoir, une crainte de périr quant il l'âme, et pour cela même une crainte de faire quelque chose de contraire il la con­ science, c'est-il-dire, de contraire au vrai ct au bien qui appartien­ nent à la conscience, par conséquent il y a pour eux crainte de faire quelque chose de contraire au juste et à l'équitable, ainsi de faire quelque chose tle contraire au pl'ochain; mais cette crainte devient une crainte sainte, en tant qu'elle est conjointe à '.aCfection de la charité, ct plus sainte encore en tant qu'elle est conjointe à l'amour pour le Seigneur; la crainte alors devient telle que celle des petits enfants envers leurs parents qu'ils aiment; alors autant ils sont dans le bien de l'amoUl', autant la crainte ne se montre point, mais autant ils ne sont pas dans le bien, autant elle se montre et devient anxiété; telle est la crainte de Dieu, tlont il est soment fait mention dans la Parole. Mais la crainte chez ceux qui sont méchants n'est point une crainte interne, savoir, pour le salut, ni par suite une cminte de la conscience, cal' ils cnt dans le monde rejeté entière­ ment une telle crainte, tant par la vie que par les principes du faux qui favorisaient leur vie; mais à la place de la crainte interne il y a chez eux une crainte externe, savoir la crainte d'être privé des hon­ neurs, du lucre, de la réputation qui conduit aux honneurs cL aux richesses, d'être puni solon les lois, d'être privé do la viej voilà ce que craignent ceux qui sont dans le mal, quand ils sont dans le monde: quand ils viennent dans l'autre vie, comrnc ils ne peuvent pas êtl'e réprimés ni tonus dans des liens pal' une crainteintel'nc,
  • 353. 3.,8 ARCANES CELESTES. ils sont retenus par une crainte externe, qui leur est imprimée par les punitions; de là pour eux la crainte de faire le mal; et enfin celte crainte devient pour eux la crainte du Divin, mais crainte externe, comme il a été dit, laquelle est sans aucune volonté de cesser de faire le mal d'après l'affection du bien, mais seulement d'après la terreur des chcîtiments qu'enfin ils envisagent avec hor­ rem'. Maintenant, d'après ce qui vient d'être dit, on peut voir que la crainte est l'unique moyen de tenir dans des liens; et que la crainte externe, qui est la crainte des punitions, est l'unique moyen de ré­ primer les méchants, et que c'est là le motif des tourments des mé­ chants dans l'enfer: en effet, quand les méchants viennent dans l'autre vie, dès que les liens externes qui les retenaient dans le monde leur sont ôtés, et qu'ils sont abandonnés à lems cupidités, ils deviennent comme des bêtes féroces, et ne désirent rien avec plus de fureur que de dominei', et de perdre tous ceux qui ne les favori­ sent pas, c'est là le plus grand plaisir de leur vie; car alltant quel­ qu'un s'aime soi-même, autant il hait tous ceux qui ne le favorisent pas et autant quelqu'un ûst dans la haine, autant il est dans le' plaisir de détruire; mais dans le monde cela est caché. 728,1. En ce que f étendrai ma main sur les Égyptiens, signifie' quand ils remarque1'Ont la puissance Divine contre eux: cela est évident par la signification de la 'main) lorsqu'elle se dit du Divin" en ce qu'elle est la puissance Divine, N0 7276, d'où l'on voit claire­ ment ce que c'est qu'être assis à la droite de Dieu, c'est-à-dire que c'est la Toute-puissance; ct par la signification des Égyptiens) en ce qu'ils sont ce!1x qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi qu'il a été dit ci-dessus. 7282. Et je retirerai les fils d'Israël du milieu d'eux, signifie et quand ils velTont que ceux qui sont de l'Église spirituelle sont dé­ livrés: on le voit par la signification de l'etirel', en ce que c'est être déliyré, comme ci-dessus No 7277; et pal' la signification des fils d' Ismiil) en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, N0 727,1. 7283. Et 1l'1oscheh fit) et Aharon) comme leur avait ordonné Jéhovah, ainsi ils firent, signifie que ce qui avait été dit (ut fait aussi: on peut le voir sans explication. 7284. Et illoscheh était fils (âgé) de quatre-vingt ans, signifie l'état et la qualitt! de la Loi venant du Divin: on le voit par la
  • 354. EXODE, CHAP. SEPTIl~ME. 34.9 représentation de Moscheft, en ce qu'il est la Loi venant du Divin, Nos 677,1, 6827; et par la signification de quatre-vingt ans, en cc que c'est l'état et la qualité de la Loi venant du Divin, savoir, chez ceux qui sont de l'Église spirituelle, au premier temps de la visite; il n'est pas po~ible dedire ce que signifie spécialement quatre-vingt, parce que le" nombre enveloppe tout état et toute qualité de la Loi venant du Divin alors chez eux; que quatre-vingt soit l'élat des tentations. on le voit N° 1963, mais alors quatre-vingt enveloppe la même chose que quarante; toutefois comme il se compose aussi de dix et de huit multipliés entre eux. on doit aussi tirer de là la si~nWcation de ce nombre; on peut voir ce que signifie dix, N°s 576, 1906, ~988, 2281,3107,4.638, et ce que signifie 11l1it, N°s 20U, 2866; et en général que tous les nombres signifient des choses, ct même les états et la qualité des choses, N°s 482, 487, 575, 647,648,755,8'3,1963, 198R, 2075, 2252, 3252, 4264, 4495, 4670, 5265, 529,1, 5335, 5708, 6175. 7285. Et Aharon fil.ç (âgé) de quatl'e-vingt-trois ans, sigllifie l'état et la qualité de la docll'ine : on le voit par la représentation d'A/taron, en ce qu'il est la doctrine de l'l~glise, N°s 6998,7009, 7089; ct par la signification dn nombre quatre-llingt-trois, en ce que c'est l'état et la qualité, savoir, de cette doctrine; mais il n'est pas possible de savoir spécialement l'état ct la qualité, si ce n'est pal' la fC<luction de ce nombre ,dans les nombres simples qui le composent, ct ensuite par l'èlpplication à ceux chez qui est ~a doc­ trine; voir en outre sur les nombres dans la Parole, ce qui vienl d'être dit N° 7284. 7286. Quand ils parlèrent cL Plzamon, signifie quand ces choses {urent commandées: on le voit par la signification de pm'lel', en cc que c'est le commandement, No 72ftO; ct par la représentation dc Phamon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux ct qui infestent, N0s 7·107,7·1010,7'126,7-142. 7287. VCl'S. 8, 9, ~ 0, '101, 12, 13. Et Jéhovah dit cL Moscheh et à Aharon, en disant: Quand Phamon vous parlem, en disant: Donnez pOUl' VOllS un prodige; et lU clil'as cL Alzal'on: Prends ton bilton, et jette- (le) devant Pfwmo11, il deviendra Wl serpent cl'eau. El, Moschelt vint, et Aharon, vers Pha1'(lon, et ils (il'cnt ainsi qu'{/­ vaü ordonné JéhoNlh; et .1hIll·OIl jeta son bâto11 devaut Pharaon"
  • 355. 350 ARCANES CÉLESTES. et devant ses sel'viteul's, et il devint un sel'pent d'eau. Et Pltaraon aussi appela les sages et les prestigiateul's, et ils firent aussi eux, les mages d'Égypte, ]Jar leurs enchantements, ainsi. Et ils ,jetèrent chacun leur bâton, et ils devinrent des serpents d'eau; et le bâton d'Aharon engloutit leurs bâtons. Et le cœur de Phamon (ut ren­ (orcé, et il ne les écoula point, ainsi qu'avait pa1'lé Jéhovah. ~ Et Jéhovah dit à Moscheh et à Aharon, en disant, signifie l'instl'Uc­ tion : quand Pharaon vous parlera, signifie si pour eux il y a doute concernant le Divin: en disant: Donnez perur vous un prodige, signifie et qu'en conséquence ils veuillent être conllrmés: et tu diras à Aharon, signifie l'influx et la communication: prends ton Mton, et jette- (le) devant Pharaon, signifie la puissance qui est montrée: il deviendm un sel'pent d'eau, signifie en ce que de pm'es illusions et par suite les faux règneront chez eux: etllfoscheh vint, et Aharon, vel'S Phamon, et ils firent ainsi qu'avait ordonné Jéhovah, signifie l'effet: et Ahm'on ,jeta son Mton devant Pharaon et devant ses serviteurs, et il devint un sel'pent cf eau, sign We que de pures illusions et par suite les faux régnaient chez eux: et Pharaon aussi appela les sages et les prestigiatcurs, signifie l'abus de l'ordreDivin: et ils firent aussi eux, les magcs d' J};gypte, pal' leU1's enchantements, ainsi, signifie ainsi en apparence la même chose en pervertissant les fi ns de l'ordre: et ils jetèrent c~acun lcur bitton, et ils devinrent des serpents d'eau, signifie la puissance d'après l'ordre cn ce qu'ils dcvinrent stupides quant à la perception du vrai: et le Mton d'A­ haron engloutit leurs bâtons, signifie que celte puissance leur fut enlcvée: et le cœur de Phamon (ut renforcé, signifie l'obstination: et il ne les écouta point, signifie que ceux qui étaient dans les maux provenant des faux ne recevaient point: ainsi qu'avait parlé Jého­ vah, signifie la prédiction. 7288. Et Jéhovah dit à llloscheh et et Aha1'On, en disant, signifie l'instruction: on le voit par la signification de Jéhovah dit, en ce que c'est l'instruction, N°s 6879, 6881, 6883, 689·1. 7289. Quand Pharaon vous pm'lem, signifie si pour eux il y a doute concernant le Divin: on le voit par les paroles qui suivent, savoir, « si Pharaon dit: Donnez un prodige;» que ces paroles renferment un doute concernant le Divin, cela est évident; en effet, vouloir un prodige, c'est douter avant qu'on soit confirmé d'nne manière sensuelle.
  • 356. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 351 7290. En disant: Donnez poU?' vous un p"odige, signifie et qu'en con,~équence ils veuillent êo'c confirmés: on le voit par la significa- tion des p,'odiges et des signes, en ce qu'ils sont les confirmations des vérités, ~os 3900, 6870, Quan t à ce qui concerne les prodiges et les signes clont il est question dans ce qui va suivre, il faut qu'on sache qu'ils ont été faits chez des hommes, qui avaient été dans le culte externe et. ne voulaient rien savoir du culte interne; car ceux qui avaient été dans un tel culte, devaient être contraints par des moyens externes; c'est de là que des miracles ont été faits cbez le peuple Israëlite ct Juif, car ils étaient seulement dans le culte ex- terne sans aucun culte interne; et c'était aussi dans le culte externe qu'ils devaient être, puisqu'ils ne voulaient pas être dans le culte interne, et cela, afin que dans les externes fussent représentées les choses saintes, et qu'ainsi il y eût une communication avec le Ciel, comme par quelque chose de l'Église, car les correspondances, les représentatifs ct les significatifs conjoignent le monde naturel au monde spit'ituel; c'était donc pour cela que tant de miracles ont été faits chez cette nation: mais chez ceux qui sont dans le culte interne, c'est-à-dire, dans la charité et dans la foi, il n'èst point fait de miracles, parce que les miracles sont dangereux pour eux, cal' ils forcent à croire, ct cc qui est l'effet de la contrainte ne reste point, mais se dissipe; les internes du culte, qui sont la foi cl la charité, doivent être implantés dans la liberté, car alors ils sont appropriés, et les choses ainsi appropriées restent; celles, au con- traire, qui ont été implantées dans la contrainte, restent hors de l'homme Interne dans l'bomme Externe, car rien n'entre dans l'homme Interne que par les idées intellectuelles, qui sont les rai- sons, puisque là l'homme qui reçoit est le Rationnel illustré; de là vient qu'aujourd'hui il ne se fait aucun miracle: on peut voir aussi par là que les miracles sont dangereux; en effet, ils forcent à croire, et ils graven t dans l'homme externe les idées que la chose est ainsi; si dans la suite l'homme inteme nie ce que les miracles ont con- finné, il se fait entre l'nomme Inteme et l'homme Exteme une opposition et une collision, et enfin, quand les idées provenant des miracles sont dissipées, il sc fait une conjonction du faux et du vrai, par conséquent une profanation; on voit clairement ,par là combien aujourd'hui sont dangereux les iniracles dans une Eglise,
  • 357. 352 ARCANES CÉLESTES. où les internes du culte ont été dévoiles; c'est aussi cc qui est signifié par les paroles du Seigneur à Thomas: « Parce que tu M'as » vu, Thomas, tu as cru; heureux ceux qui ne voient point ct qui » croient. » - Jean, XX. 29, - ainsi heureux aussi ceux qui ne croient point par les miracles. Mais les miracles ne sont point dangereux pour ceux qui sont dans un culte externe sans culte interne, cal' chez eux il ne peut y avoir entre l'homme intel'lle et 1'110mme externe ni opposition, ni collision, ni pal' conséquent pro­ fanation. Que les miracles ne contribuent non plus en rien à la foi, on peut suffisamment le voir par les miracles chez le peuple Israë­ lite en ]~gypte et dans le désert, en ce qu'ils n'ont absolument rien produit chez lui; quoique ce peuple, en si peu de temps, ait vu tant de miracles en Égypte, puis la Uer de Suph séparée en deux, les I~gyptiens submergés dans cette mer, une colonne de nuée allant devant lui pendant le jour, et une colonne de feu pendant la nuit, la manne tombant du Ciel chaque joUI" ct quoiqu'il ait vu la mon­ tagne de Sinaï couverte de fumée, et y ait entendu Jéhovah pal'ler, sans citer bien d'autres miracles, il a cependant, au milieu de tels prodiges, abandonné toute foi ct le culte de Jéhovah pour le culte d'un veau, - Exod. XX.XII: d'après cela on voit clairement ce que produisent les lfiracles: ils produiraient encore moins aujourd'hui, qu'on ne reconnaît point que quelque chose provienne du monde spirituel, et qu'on nie tout cc qui se fait de tel et qui n'est point attribué à la nature; en effet, il règne universellement SUI' la terre un négatif contre l'influx Divin et contre le gouvel'l1ement Divin; si donc aujourd'hui l'homme de l'Église voyait les lIiracies Divins eux-mêmes, il les transporterait d'abord il la nature, et les y souil­ lerait, puis il les rejetterait comme ehoses fantastiques, et enlin il se moquerait dc quiconque les attribuerait au Divin et non à la nature; que les MiI'acles ne produisent rien, c'est encore ce qu'on voit par les paroles du Seigneur dans.Luc: « S'ils n'écOlitent point » Moïse ct les Prophètes, lors même que quelqu'un des morts l'CS­ » susciterait, ils ne seraient pas non plus persuadés. » - XVI. ~·H . 129,1. Et LU di.ras et A/wron, signifie l'influx et la cOllwlunicatioll, savoir, de la Loi Divine, que IUoscl1eh reurésel1te, avec la doctrine représentée par Al1arol1: on le voit pal' la signification cie dire, lorsque c'est Moscheh qui dit à A1Iaron, en cc que c'e,:tl'infillx et
  • 358. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. ii:J la communication comme No 6291, ici dire signifie la même chose que parler, savoir, tant l'influx que la communication; que ce soit Ul la signification de parler, on le voit N° 7270 ; dans les histol'iques de la Parole, cet l'influx et cette communication ne peuvent pas être exprimés autrement que par dire el parler: si la Loi Divine, que Moscheh représente, devait influer dans la doctrine représentée par Aharon, c'est parce que la Loi Divine est le vrai Interne, et la doc­ tl'Îne le vrai Externe, et que la règle commune est que les Intel'lles influent dans les Externes, et non vice versù, par la raison que les Internes sont plus purs et simples respectivement, tandis que les externes sont plus grossiers, car ils sont les communs des intel'l1es. 7292. Prends ton bâton, et jette-Le devant Phamon, signifie la puissance qui est montrée: on le voit par la signification du bâton, en ce qu'il est la puissance, Nos 40'13, 4015, 4876, 4936, 69.1,7, 7011,7026; et par la signification de jeter deva,nt Phamon, en ce que c'est montrer, car ce qui est jeté devant les yeux est montré. 7293. Il deviendra un Serpent d'eau, signifie en ce que de pures illusions et pltr suite Les fltUX règneront chez eux : on le voit par la signification du serpent, en ce qu'il est le sensuel et le corporel , N° 694.9, par conséquent les illusions, car le sensnel ct le corporel séparés du rationnel, c'est-à-dire, non subordonnés au rationnel sont pleins d'illusions, tellement qu'il ya à peine autre chose que des illusions, voir N°s 6948, 6949. C'est le serpent d'eau qui est ici signifié, car dans la Langue originale ce serpent est exprimé par le même mot que la Baleine, qui est le plus grand poisson de la mer, et la Baleine signifie le scientifique dans le commun; lors donc que les faux provenant des illusions sont signifiés par les Égyptiens, ce mot signifie le sel'pent, savoir, le serpent d'eau, parce qu'il rem­ place la baleine qui réside dans les eaux, et parce que les eaux de rÉgypte sont les faux. Que Pharaon ou l'Égypte soit appelé Baleine, on le voit dans Ézéchiel: « Parle et dis: Ainsi a dit le Seigneur • Jéhovih: Me voici contre toi, Pharaon, l'oi d'Égypte,gl'allde Ba­ li Leine, qui couche au milieu de ses fleuves. ll-XXIX. 3 ;-dans le Même; « Fils de l'homme, profère une lamentation sur Pharaon roi » d'Égypte, et dis-lui: Aujeune lion des nations tu es devenu sell1­ » blable: el tu es comme Les BaLeines dltllS Les mers, et tu t'es avancé » dans les fleuves, et tu as troublé tes fleuves. Il - XXXll. 2.; - lit, Xl. 2:l
  • 359. :l;),i ABCANES CJ~LESTES. par la Baleine sont signifiés les scientifiques dans le commun, par lesquels, parce qu'ils proviennent de J'homme sensuel, sont perver­ ties les choses 'lui appartienllcnt à la foi; si la Baleine est le scien­ tifique dans le commun, c'est parce que le poisson est le scientifique dans le particulier; N0s 60, 991; et comme les Baleines signifient les scientiOqucs qui pervertissent les vrais de la foi, par elles aussi sont signifiés les raisonnements d'après les illusions, d'où provien­ nent les faux: ces choses sont signifiées pal' les Baleines dans Da­ yid: « Tu as fendu par ta force la mer, 11~ as brisé les têles des )) Bnleines SUl' [es wn:r. » - Ps. LXXIV. ,13: - les mêmes choses sont signifiées aussi par Léviathan dans Esaïe : « En ce jour-là Jé­ » hovah fera la visite avec son épée dure, grande et forte, sur Lé­ » vialhan le serpenllong, cl sur Léviathan le serpel~l tortueux, et il » tuera les Bn/cines qtri (sont) dans la mer. ,,-XXVII. 1;-et dans David: « Tlt as brisé [es têtes du Léviathan, tu l'as donné en nour­ » riture au peuple des Ziim. » - LXXIV. u.: - Le Léviathan dans le sens bon, c'est la raison d'après les vrais, dans Job, XL. 25 à 3'2, et XLI. ,1 à 26; la raison d'après les vrais est l'opposé des rai­ sonllements d'après les faux. Et comme les Baleines signifient les raisonnements qui pl'oviennent des illusions et qui pervertissent les vrais, les serpents d'eau, qui sont exprimés pal' le III ème mot dans la Langue ol'iginale, signifient les faux mêmes provenant des illu­ sions d'où résultent les raisonnements, eL par lesquels se font les perversions; les faux sont signifiés par ces serpents dans les pas­ sages qui suivent; dans Esaïe: « Les Jim l'épondront dans ses » palais, et les serpents dans les palais de délices. » - XIIl. 22. ­ Dans le Même: « Dans ses palais monteront les épiQe~, le chardon Il et la ronce dans ses forteresses, afin qu'elle soit un habitacle de Il serpents, et un parvis pour les filles de la chouette. » - XXXIV. 13. - Dans le Même: « Dans l'habitacle des serpents (sera) son lit, » le gramen au lieu du roseau ct du jonc. » - XXXV. 7. - D~ns Jérémie: « Je réduirai Jérusalem en monceaux, en habit(wle de ser­ » pents. » -IX. 10. - Dans Malachie; « J'ai mis les montagnes » d'Esaïe en dévastation, et son hériLage pour les serpenl$ du dé­ » sel't, » - I. 3; - Dans ces passages, les serpents sont les faux, d'où proviennent les raisonnements; les mêmes choses aont aussi signifiées par les dragons, mais les QEagons sont 1~!aisonnem.!Jnts
  • 360. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 35& tl.'après les .;tmolll's de soi et du monde, ainsi d'après les cupidités ~'-!.l1!al, qui pervertissent non-seulement les vrais, mais même les biens; ces raisonnements sortent de ceux qui du fond du cœur nient les vrais et les biens de la foi, mais les confessent debOüëi1e à cause ..4!lj~siLt!.e ~~r et de s'el1l'ichir, par cO.!lséquent aussi de ceux ~ profan~nt les Vl'ais ct les-~; les uns et les autres sont enten- dus par « le dragon, le serpent ancien, qui est appelé diable et satan, " qui séduit tout le globe. ,,- Apoc. XII. 9, - et aussi par le même, savoir, le dragon, qui poursuivit la femme pOUl' dévorer le fils enfanté par elle ct enlevé vers Dieu et vers son trône, - iLid_ Vers. 5, - et qui jeta de sa bouche de l'cau comme un fieuve, afin d'engloutir la femme, - Vers. '1::1, 15; - le fils que la femme a en- - ---.......,., - fanté est le Divin Vrai aujourd'hui dévoilé; la femme est l'Eglise· -- .~""""- ' le dragon-serpent, ce sont ceux qui doivent persécuter, l'eau que le dragon jetait comme un Ileuve, ce sont les faux d'1!Il!'ès le mal et par suite lesraisonncments par lesquels ils s'efforceront de MtnlÏr.eJll [clDIIJe, c'est-à-dire l'Église; mais il est décrit que leUl's euol'ts se- ront vains, par ces paroles : « La terreseconrut la femme, et ia " terre ouvrit sa boucll~, et englQu!itJeJleuve que le dragon avait "je0-:-;' -Ibid. Vers. 16. 729!L Et llIoscheh vint, et Aharon, vers Phal'aon , et ils firent ainsi qu'avait ordonné Jéhovah, signi{te l'errct: 0[. peut le voil' sans explication. 7295. Et Ahnron jeta son bâlon devant Pharaon et devant ses scr- viteurs, et il devint nn serpent cl' eaIL, signi{te que tie purcs illusions et par suite les {aux régnaient chez eux : on le voit par la signiOca- tion de jeter le bâton, en ce que c'est montrer la puissance, No 7292; par la représentation de Phnraon et de ses servitcvrs, en ce qu'ils sont ceux qui infestent par les faux; et j>al' la signification du serpent d'eaIL, en ce que ce sont les illusions ct par suite les faux, No 7293. Ce prodige signifie le premier ave:'lissement chez ccux qui infestent, afin qu'ils cessent; en effet, voici ce qui arrive aux méchants qui, dans l'autre vie, infestent les esprits probes; d'a- bord lorsqu'ils viennent de ce monde dans l'autre, ils ont adjoints à eux des esprits bons et des Anges, comme lorsqu'ils vivaicn t hom- mes dans le COI'pS; car les hommes, même les méchants, ont aussi des Anges chez eux, et. cela, afin qu'ils puissent, s'ils le YC~i!cllt, sc
  • 361. .156 A.RCA~ES CÜ,ESl'ES . tourner vers le Ciel, et en recevoir l'influx et être réformés, d'où il résulte, puisque le tout de la vie les suiL, qu'ils sont d'abord associés aux. Anges; mais lorsque, d'après leur vie dans le monde, ils sont tels, qu'ils ne puissent pas rccevoir du Ciel l'influx du vrai et du bien, les Anges et les bons esprits s'éloignen t d'eux par degrés, et à meSUl'e que ceux-ci s'éloignent, ils deviennent eux mêmes de moins en moins rationnels; car c'est par le Seigneur an moyen du Ciel qu'on devient rationnel; le Premier degré d'enlèvement et de privation d'influx du vrai et du bien est celui qui est décrit ici par le bâton d'Aharon changé en serpent, ce qui signifie que de pUl'e:; illusions et par suite les faux règneraienL; le Second degré est décrit pal' les eaux. de l'~gypte changées en sang, ce qui:signifie que les vrais mêmes étaient falsifiés; le Troisième degré, c'est que des grenouilles ~orlies des eaux pullulaient, ce qui signifie les raisonnements d'a­ près des faux sans mélange, et ainsi de suite: c'est aussi par de tels degrés que les méchants dans l'autre vie sont privés de l'entende­ ment du vrai et du bien, 7296. Et Pharaon aussi appela les sages et les pTestigiateuTs, signifie l'abus de l'oTdl'e Divin: on le voit par la signification des sages, en ce qu'ils sont Ceux qui sont dans la science des choses spirituelles et de la correspondance de ces choses avec les natu­ turelles; ceux. qui recherchaient et enseignaient ces choses étaient chez eux appelés sages, cal' c·étaien t des choses mystiques; ct parce que les Égyptiens s'y appliquaient, ils se nommaient les fils d0s sages et des rois de l,'antiquité, comme on lc voit clairemcnt dans Ésaïe: « Comment dites vous à Pharaon: (Je suis) le fils des sages, " moi; le fils des rois de l'antiquité. )l - XIX. ,1 ,1 ; -les Égyptiens appelaient sagesse les scienees des choses, de même aussi les Chal­ déens, -Jérem.lV. 30; - et parla signilication despTestigiateul's, en ce qu'ils sont ceux qui pervertissent l'ordre Divin, ainsi qui pervertissent les lois dc J'ordre; que les prestiges et les magies ne soient pas autre choses, c'est ce qu'on peut voir par les presti­ giateurs et par les magJciens dans l'autre vie, où ils sont en grand nombre; ear ceux qui, dans la vic du corps, ont usé de l'lISe et ima­ giné plusieurs artifices pOUl' tromper les autrcs, et ont enfin d'après le succès attribué toutes choses à la propre prudence, se livrent dans l'autre vie à J'étude des arts magiques, qui ne sont autre chose
  • 362. EXODE, ClIAP. SEPTlÈiŒ. 357 que l'abus de 1'01'dre Divin, surtout J'abus des cOlTespondances; car il est selon l'ordre Divin que toutes choses en, général et en parti­ culier correspondent; par exemple, les mains, les bras, les épaules correspondent à la puissance, et par suite aussi le bâton; c'est pour cela qu'ils se font des bâtons, et qu'ils montrent aussi d'une ma­ nière représentative des épaules, des bras et des mains, et exercent ainsi la puissance magique; de même en mille et mille autres cho­ ses; il Ya abus de J'ordre et des cO~Tesponùances, quand les choses qui appartiennent à J'ordre sont appliquées non il des lins bonnes, mais à des fins mauvaises, comme il la fin de dominer SUI' les au­ tres, et il la fin de les perdre, car la fin de J'ordre est la salvalif'n, ainsi de faire du bien à tous; d'après cela, on voit maintenant cc qui est entendu par l'abus de l'ordre, abus qui est signifié par les prestigiateurs. 7297. Et iLs firent aussi, eux, Les mages d'Égypte, par Leurs enchantements, ainsi, signifie ainsi en apparence La même chose en pervertissant Le.~ fins de l'm'dre; on le voit par la signification de ils firent aussi eu.x, lorsque cela est dit des mag'es d'Egypte, en cc que c'est présenter la même chose en apparence, car les choses qui découlent de l'ordre ne sont pas changées par l'abus, elles se mon­ trent semblables quant il la forme externe, mais non quant à la forme intel'lle, puisqu'elles sont contre les fins de l'ordre; et par la signification des enchantements, en ce qu'ils sont les artifices mêmes pour pervertir l'ordre: les prestiges et les enchantements, partout oi! il en est parle dans la Parole, signifient l'art de pr~senter les faux de manière qu'ils paraissent comme des vrais, ct les vrais de manière qu'ils paraissent comme des faux, ce qui se fait surtout par les illusions; c'est là ce qui est signifié par les prestiges et les enchantements dans les passages qui suivent; dans Ésaïe: « Or Il sur toi viendront ces deux choses en un moment dans un même Il jour, la privation d'enfants et le veuvage; dans leur entier elles " viendront sur toi, à wuse de La muLtitude de tes prestiges, à cause » de La grandeur de tes enc/wntemellts; persiste dans tes ellchante­ li ments et dans La muLtitude de tes prestiges, auxquels tu t'cs appli­ " quée dès ta jeunesse.)) - X,LVII. 9. 12, -là, il s'agit de nabel et des Chaldéens. Dans le Même: "Approchez ici, ms de la presti~ia­ » Il'lce, semence d'adultère, el qui s'esllil'l'ee il la scortalion. )) -­
  • 363. 358 ARCAN~5 CÉLESTES. LVII. 3. - Dans Nahum: « MalbeUl' à la ville de sangs! à cause » de la multitude des débanches de la débauchée, par l'appât de la » beauté, de la- maÎtrcsse de pl'cstiges, qui vendait les nations pal' » ses scortalions, et les famines par ses prestiges. l)- UT. 4; - la ville de sangs, c'est la falsification du vrai; les scortations, c'est la falsification du bien du vrai; les prestiges sont l~s artifices pour pré­ senter les faux connue vrais, et les vrais comme faux. Dans Mala­ chie: « J'approcherai de vous pour le jugement, et Je serai un » témoin diligentcon/re (es.prestigiate1lrs, el contre les aduhères, » et contre ceux qui jurent à faux. ,,-Ill. 5. - Dans Jean: « Par' )) ton enchantement ont été séduites toutes les nations. )) ­ Apoc. XVIII. 23; - là, il s'agit de Babylone. Dans Micllée : « Je » retrancherai tes cheyaux du milietl de toi, et je perdrai tes chars, » et je retrancherai les villes de ta terre, et je détruil'ai toutes tes )) forteresses, et je retrancflemi les Prcstigcs de ta main. )) - V. 9, '10, 1'1; - d'après ces passages il est évident que les prestiges si­ gnifient les artifices pour présenter le~ vrais comme faux et les faux comme vrais, car les chevaux qui doivent être retranchés signi­ fient les intellectuels, N°s 216'1, 2762,3217,532'1,6'125,61>34; les chars qui doivent être perdus signifient les doctrinaux du vl'ai, N°s 2760, 532'1; les villes de la terre qui doivent aussi être l'etran­ chées signifient les vrais de l'Église, les villes, sont les vrais, Nos 2268, 245,1, 27,12, 2943, 4492, H93, et la terre est l'Église, Nos 662, '1067, 1262, 1733, 1850, 2"'7, 2,118, 3355, 44-47, 4535, 5577; les forteresses signifient les vrais en tant qu'ils défendent les biens; de là maintenant on peut savoir ce qni est signifié par les prestiges qui doivent être retranchés de la main; c'est-à-dire que ce sont les artifices pour lwésenlel' les vl'ais comme faux et les faux comme vrais; ces al'tifices cOlTespolldent aussi aux phantaisics, par lesquelles les méchants dans l'autre vie présentent devant les yetlx des choses belles comme laides, et des choses laides comme belles, phantaisies qui sont mêmes deS' espèces de prestiges, car elles S(}llt aussi des abus et des renversements de l'ordre Divin. 7298. Et ils jetèrent chacun lC'u'r M/on, et ils devinrent dcs ser­ pents ueau, signifie la puissance lfaprèsfordre, en ce qlti/s devin­ rent stupides quant à l'aperception du vrai: on le voit par la signi·· fication de .letel' lc bâton, en ce que c'est. la manifestation de ,L
  • 364. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 3i)!J puissance, No 7292; et par la signification des serpents li' eau, en ce qu'ils sont les faux d'après les illusions, N° 7293, ici la stnpidité quant à l'apel'ceplion du vl'ai, cal' de même que les illusions font qne les vrais ne sont point aperçus, de même aussi la stupiditr. 10 s­ qu'elle a été introduite: une telle stupidité est anssi introduite pal' les magiciens dans l'autre vie, ct cela pal' l'abus ct par la perversion de l'ordre, car ils savent enlever l'influx qui provient du Ciel, et lorsqu'il a été enlevé, il y a stupidité quant il l'aperception du Hai; ils savent aussi introduire des illusions, et les presenter dans une lumièl'e comme la lumière du vrai, et alors en niême temps rendre obscurs les vrais eux-mêmes; ils savent encore injecter le persua­ sif, et ainsi affaibli" l'apei'ceplion du vrai; outre plusieurs autres moyens qu'ils emlJloient : quand il y a stupidité, les faux qui sont signifiés par les prestiges ct par les enchantements appa­ raissent cohmle vrais: d'apl'ès cela, on voit comnlent les magiciens peuvgnt présenter en àppat'ence [a même chose.,]l faut, en outre, qu'on sache qu'il est selon les lois ùe l'(j!'di'e que personne ne doive en ùn mOlnent être perslladé dl! vrai, c'est-il-dire que le vra,i ne soit pas confirmé en un moment, de' manière qn'ii ne reste aUCUIl doute; et cela, parce que le vrai, qui est ainsi imprimé, devient vrai persuasif, ct est sans aucune extension et âussi sans aucune flexibilité; un tel vrai est représenté dans· l'autre vie comme dur, el comme une chose qui n'admet point en elle le bien, pour qu'il de­ vienne applicaule : c'est d, là qu'aussitôt que par' ntm expérience manifeste il se présente clans l'autre vie quelquè'vrai devant les bons esprits, il se présente bientôt après quelque chose d'opposé qUi amène le dou~e; de cette manière il leur e-st donné de pensC' et d'examiner si te vrai est un vrai, et de l'assembler les raisons, et ainsi d'introduire rationnellement ce vrai dans lem' men t,al; pal' ce moyen, il ya pour la vuespiritJ'JeUe une' extension quant à ce vrai, même jusqu'aux opposés; par là le mental vbit et perçoit par l'en­ tendement toute la qualité du vl'ai, et par suite il peut admettre du Ciel l'influx selon res états des choses, car les vrais reçoivent di­ verses formes selon les circonstances: c'est allssi la raison pOUl' la­ quelle il a été pemiis aux magiciens de faire ta< même chose qu'A­ hat'on; cal' ainsi chez les fils d']'sraël il fut mIs en cloute si le miracfe était Divin, et par' là illcm' flft tfonu" la i'aeullé de pensel'
  • 365. 360 ARCANES CÉLESTES. et d'examiner s'il était Divin, et enfin de se confirme.' qu'il l'était, 7299. Et le bâton d'Aharon engloutit lew's bâtons, signifie que cette puissance lew' fut enlevée: on le voit par la signification c( en· glouti)' en cc que c'est enlever; et par la signification du bâton, en ce qu'il est la puissance, N° 7291; aux Magiciens est aussi enlevéc dans l'autre vic la puissance d'abuscr de l'ordre etd'en pervertit'Ies lois, elle leur est enlevée de deux manières; l'une, en ce que les Anges d'après la puissance Divine du Scigneur annihilent leUl's opérations magiques, et cela, quand ils les exercent pOUl' faire du mal aux esprits probes; la puissance angélique procédant du Sei­ gneur est si grande qu'elle dissipe en un moment toutes ces opéra­ tions; l'autre manière, en ce que le magique leUl' est entièrement enlevé, de sorte qu'ils ne peuvent plus rien présenter de tel. 7300. Et le cœU1' de Pharaon (ut 1"en(orcé, signifie l'obstination: on le voit pal' la signification du cœll1' ren(orcé, en ce que c'est l'obstination, comme ci-dessus, N° 17272. 730,1. Et il ne les écoUla point, signifie que ceux qui étaient dans les maux p1"ovenant des (aux ne l'ecevaient point: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N°s 7224, 7275; en effet, par Pharaon, de qui il est dit ici qu'il n'écouta 7Joint, sont représentés ceux qui sont dans les faux et qui infestent, et en tant qu'ils infestent ils sont dans le mal provenant des faux, cal' l'infestation vient du mal et s'opère par les faux. 7302. Ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie selon la p1"édiction: on le voit sans expli.cation. 7303. Vers. 14 il 24, Et Jéhovah dit à1lfoscheh: Appesanti est le cœUl' de Pharaon, il ?'e(use de l'envoyer le peuple. Va ve1"S Pharaon au matin; voici, il sort vel'S les eaux, et pose-toi au-devant de lui sur la rive du fleuve; ct le bâton, qui a été changé en se1"pent, prends (-le) dans. ta main. Et tu lui diras: Jéhovah Dieu des Hébreux m'a envoyé vers toi, en disant: Renvoie mon peuple, et qu'ils Me se1"vent dans le désert, et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici. Ainsi a dit Jé­ hovah : En ceci tu connaîtras que Moi Oe suis) Jéhovah; voici, moi je fl'appe du bâtou, qui (est) dans ma main, sur les eaux qui (sont) dans le fleuve, et eller sel'ont changées en sang. Et le poisson qui (est) claus le {lcut'e mourra, et le fltuve puent, et les Égyptiens al~-
  • 366. EXODE, GIAP. SEPTlt~ME. 36t l'ont peine à boil'e des eaux du fleuve. Et Jéhovah dit à Moscheh: Dis à Aharon : Pl'ends ton bâton, et étends ta main SUT les eaux de L'Égypte, sur leurs t01'1'Cnts, sUl'leurs fleuves et SUI' leurs étangs, et sur tout amas de leurs eaux, et eLLes ,çeront du sang; et il y aura du sang dans toute la telTe d'Égypte; et dans les bois et dans les pierres, Et ainsi firent Moscheh et Ahfl1'on selon qu'avait ordonné Jéhovah; et il leva le bâton, et il fmppa les eaux, qui (étaient) dans le fleuve, aux yeu;x; de Pllaraon et aux yeux de ses sel'vitew's; et toutes les eaux qui (étaient) dans le fleuve f1L1'ent changées en sang. Et le poisson qui (était) dans le fleuve moumit, et le fleuve puait, et les Égyptiens ne pouvaient point boiTe de L'eau du fleuve; et il y eut du sang dans (oute la terre d'Égypte. Et ainsi firent les Mages par leuTs enchantements, et le cœUl' de PhaTaon fut renforcé, et il ne les écouta point, aiusi qu'avait plu'lé Jéhovah. Et PhlL1'aon re­ gaTda, et vint veTS sa maison, et il n'appliqua point son cœur même à cela. Et tous les Égyptiens creusèl'ent alentour du fleuve pOUl' des eaux et boire, pal'ce qu'ils' ne pouvaien t point boire des eaux dit fie,we. - Et Jéhovah dit à 1ll0seheh, signifie J'instruction Divine: appesanti est le cœw' de Phamon, il refuse de l'envoyer le peuple, signifie qu'ils s'obstinaient à ne point laisser cellx qu'ils infestent: va vers Pharaon au matin, signifie l'élévation vers des choses qui confirment davantage: voici, il sort veTS les eaux, si­ gnifie qu'alors ceux qui infestaient étaient dans les faux d'après les illusions: et pose-LOi au-devant de lui SUI' la rive du fleuve, si­ gnifie l'influx selon J'état: et le bâton qui a été changé en serpent, pl'ends(-le) dans ta main., signifie une puissance semblable à la précédente: et tu lui dims, signifie le commandement: Jéhovah Dieu des HébTClLX m'a envoyé vers toi, en disant, signifie par le Divin de l'Église à ceux qui infestaient: l'envoie mon peuple, si­ gnifie de les laisser: et qu'ils il:fe sel'vent dans le désel't, signifie le culte dans l'obscur: et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici, signifie la non-obéissance: ainsi a dit Jéhovah: En cela tu connaîtras que Moi (je suis) Jéhovah, sigllifie qu'ils aient la crainte du Divin; voici, moije fl'appe du. bâton, qui (est) dans ma main, SUl' les eaux qui (sont) dans le fleuve, signifie la puissance sur les faux qui proviennent des illusions: et elles seront changées en sang, si­ (;nifie qu'ils falsifieront les vrais: le poisson r/lû (est) dans le fleuve
  • 367. 3642 ARCANES CÉLESTES, mourra, signifie que le scientifique dù vrai sera éteint: et le fleuve puc1'a, signifie I"aversion pour lui; et les Égyptiens auront peint' à boire des ea/lx du fleuve, signifie au point qu'ils voudront à peine en savOir quelque chose: et Jéhovah dit à iUoscheh, signifie l'exé­ cution : clis à Ahal'on: Prends ton hâton, et étends ta main sur les eaux de l'Égypte, signifie la puissance sur les faux qui sont chez ceux qui infestent: Slt?' le1trS /OITents, sm' leurs fleuves, signifie sur les doctrinaux: el SUI' leurs étangs, signifie SUI' les scientifiques qui leU!' servent; et sur tout amas de lem's eaux, signifie où il y a quelque faux: et elle.9 seTont du sang: signifie qu'ils falsifieront les vrais: et -il y aura dit SCt1l9 dans toute la ter/'e d' Égypte, signifie la falsil1cation totale: et dans les bois et dans les pielTes, signifie du bien qui appartient à la charité et du vrai qui appartient à la foi: et ainsi firent 'ftfoscheh et Pharaon selon qu'avait ordonné Jé­ hovah, signifie l'effet: et il leva le bâton, et il frappa les eaux qui (étaient) clan.ç le fleuve, signifie la puissance forte con,tre lcs faux :aux yeux de Pharaon, et aux yeu;x;' de ses sel'vitew's, signifie dans l'a­ perception de tous ceux qui infestaient ;' et toutes les eaux qui (étaient) d(ms le fleuve furent changées en sang, signifie de là la falsification de tout vrai: et le poisson qui (é~alt) dans le {leuve mou1'ait, signifie le] scientifique du vrai é~eint aussi: et le fleuve puait, signiJie l'aversion: et les ÉY1!Ptiens ne pouvaient point boiTe de l'eau du fleuve, signifie qu'ils v0ulaient à peine en savoir quelque c1lOse: et ily eut du salig dans tO'fLte la tel'1'e d'Égypte, signifie la falsification totale: et ainsi firent les itlage.9 d'Égypte par leurs en­ chantements, signifie que leurs falsificateurs' firen t une ressem­ blance de la mêmecllose en abUS3 nt de l'ordre: et le cœur de Pha­ r raon fut renfo1'cé, signifre l'obsti>natiorr : et il ne les écouta point, signifie la non-réception et la non-obéissance: ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie selon la prédiction: et Pharaon 1'egm'da, et vint Ve?'S sa maison, signifie la pensée et la réflexion d'après les faux; et il tl'appliqua point son cœUr même à cela, signil1e la résistance d'apl'ès la volonté et par suite l'obstination: et tOILS les Égyptiens creusèrent alen/ow' du fleuve ponr des eaux à boi1'e, signiHe la re­ cherche du vrai pOUl' rappliquel' aux faux ; pm'ce 'lu'ils ne pou­ tilti~nt point boire des eaux clu fleuve, signifie la non~appJication d'après les faux sans mélange,
  • 368. EXODE, CIL-.P. SEPTli~~Œ. 36:1 7304. Et Jéhovah dit cl Moscheh) signifie l'inst1'ltcrion Divine: on le voit par la signification de il dit) lorsque quelque chose est or­ donné de nouveau, en ce que c'est l'instruction, N0s 7,186, 7267, 7288, ici l'instruction Divine, parce que celui qui dit est Jéhovah) savoir, l'instruction sur ce qui doit être fait ultérieurement. 7305. Appesanti est le cœur de Pharaon) il re{use de l'envoyer le peuple, signifie qu'ils s'obstinaient à ne point laisser ceux qu'ils infestent: on le voit par la signification du eœUl' appesantI, puis renforcé et endurci, en ce que c'est l'obstination, comme ci-dessus Nos 7272, 7300; et par la signification de l'e(user de renvoyer, en ce que c'est ne point laisser; et par la représentation de Pharaon, de qui cela est dit, en ce qu'il désigne ceux qui infestent, ainsi qu'il a été montré ci-dessus. 7306. Va vers Pharaon au matin) signifie l'élé-vation VC1'S des choses qui confirment davantage: on le voit par la signification d'aller ou d'entrer vers Pharaon, en ce que c'est la communication, No 7000, ici la communication des cl10ses qui confirment que le Divin les avertit de cesser d'infcslei'; ct par la signification du matin ou d'au llwtin, en ce que c'est l'état d'illustl'ation et de ,'évé­ lalion, N0s 3458, 3723, 5097, 5740, ici l'élévation, parce qu'il se dit de ceux qui sont dans ies faux et qui ne peUl'ent pas être il­ lustrés, mais qui peuvent être élevés quant à J'attention; Si ceux qui sont dans les faux ne peuvent pas être illustrés, c'est parce que les faux rejettent et éteignent toute lumière qui Hlustre, il n'y a que les vrais qui reçoivent cette lumière. 7307, lioici, 'il sort vers les eaux) signifie qu'alors ceux qui in­ festaient étaient dans les (au:x d'après les illusions: on le voit pat' la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui infestent, ainsi qu'il a déjà été dit; et pal' la signification des eaux, ici des eaux de l'Égypte, en ce qu'cnes sont les faux d'après les illusions; que ce soient ces faux ou les faux provenant de là qui sont signifiés ici, c'est parce que le serpent, en lequel fut changé le bâton d'Aha­ l'on, signifie ces faux, 1'1 0 7293; on p.::ut voir que les callx sont les vrais, et dans le sens opposé les faux, l"'os 739, 790, 2702, 3058, 3424, 4976, 5668; ct que le fieuve d'Égypte est le faux, l"'0 6693. 7308. Et pose-toi au-devant de lui SUI' leL rive du fleuve) signifie l'inf1/Lx selon l'état: on le voi! P::[' la signification de sc 7JOSel' alL~
  • 369. 364 ARCANES CELESTES. devant, en ce que c'est l'influx; car lorsqu'il est dit de la Loi Di­ vine, qui est représlm tée par Moscheh, qu'elle se posait au-devan { de ceux qui sont dans les faux et qui infestent, lesquels sont re­ présentés par Pharaon, par se poser au-devant, il ne peut pas être signifié autre cllOse que l'influx et la réception de l'influx, et ainsi l'aperception; et par la signification de la rive du fleuve, en ce que c'est l'état du faux. dans lequel étaient ceux qui infestaient; que le fleuve d'Égypte soille faux, on le voit N° 6693, ici le faux d'après les illusions, Ne> 7307; mais la rive, qui est comme le contenant, puisqu'elle entoure et renferme, est l'état de ce faux; car chaque chose a son état, dans lequel et selon lequel elle est. 7309, Et le bâlon, qui a élé changé en serpent, prends-le dans ta main, signifie une puissance semblable à la précédente: on le voit par la signification du bâton, en ce qu'il est la puissance, N0s 4-0,13, 4-011>, 4.876, 4936, 7026; que ce soit une puissance semblable à la précédente, cela est signifié en ce qu'il prit le bâton, qui a~ait été changé en serpent; et par la signification de la main, en ce qu'elle est au'>Si la puissance, mais la puissance spirituelle, d' oü provient la puissance naturelle, qui est le bâton, N0s 694.7, 701,1, 73·' 0, El l!tfui diras, signifie 1e commandement: on le voit pal' la signification de (lire, quand c'est pal' la Loi Divine, qui est représentée pal' Moscheh, à ceux qui sont dans les faux, et qui sont représentés par Pharaon, en ce que c'est le commandement. 731,', Jéhovah Dieu des Hébreux m'a envoyé vers loi, en disant, signifie par le Divin de l'Église à ceux qui infestaient: on le voit par la signification des Hébreux, en ce qu'ils sont les choses qui appartiennent à l'Église, Nos 5,136, 6675, 6684-, 6738; le Divin de l'Église est Jéhovah Dieu .des I1éb7'eux, et Jéhovah Dieu est le Seigneur, Jéhovah quant au Divin Bien, et Dieu quant au Divin Vrai; et par la signification de il m'a envoyé vers toi, en ce que c'est à ceux qui infestent; que Pharaon, vers qui Jéhovah a envoyé, représente ceux qui infestent, c'est ce qui a été montré très­ souvent. 7312. Renvoie mon peuple, sigllifie de les laisser: on le voit sans explication. 73,13. Et qu'ils me servent dans le désert, .~i9nifie le culte dan,~ l' obuw' :ton le voit par la signification de servir Jéhovah, en ce­
  • 370. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. JG;) que c'est le culte; et pal' la signification du désert, en ce que c'est ce qui n'est ni habité ni cultivé, Nos 2708, 3900, dans le sens spi­ rituel cc qui est obscur quant au bien, et au Tai <:e la foi; qu'ici le désert soit cet obscur, c'est parce qu'en général ceux de l'Église spirituelle, qui sont représentés pal' les /ils d'Israël, sont dans l'obscur quant aux vrais de la foi, voir NQS 27Hi, 27'16, 27,18, 283,1, 28409,2935,2937,3833, H02, 6289, 6500, 6865, 6945; 7233; et qu'en particulier ils sont dans l'obscur quand ils sortent de l'état des infestations et des tentations; en effet, ceux qui sont dans les infestations sont environnés de faux, et sont poussés comme le ro­ seau par le vent, ainsi du doute dans l'affirmatif, et de l'affirmatif dans le doute, de là quand ils viennent de s'élever hors de cet état, ils sont dans l'obscur; mais cet obscur est alors illustré par degrés: comme tel est l'état de ceux qui sont infestés, c'est pour cela que les fils d'Israël ont été conduits dans le désert, afin qu'ils l'epré­ sentassent cet état dans lequel furent ceux qui étaient de l'Église spirituelle avant l'avénement du Seigneur, et aussi l'état dans le­ quel se trouvent ceux qui sont de cette Église aujolll'd'hui, et qui sont dévast~s quant aux faux. 73·14. Et voici, tu n'as point écouté jusqu'ici, ûgni fie la non­ obéissance: on le voit par la signification d'écouter, en cc que c'est l'ob.éissance, NoS 2542, 3869, 5017, 547'11, 5475, 7';H6, ainsi 1/C point écouter, c'est la non-obéissance. 73Hi. Ainsi a dit Jéhovah: En cela tu connaîtms que Moi je suis Jéhovah, signifie afin qu'ils aient la crainte du Divin; on le voit d'après ce qui a été déjà dit N° 7280, où sont des paroles sem­ blables. 7316. Voici, moi je {mppe du bâton, qui est dans ma main, sur les eaux qui sont dans le fleuve, signifie la puissance sur les (aux qui proviennent des illusions; on le yoit par la signification du f;à­ ton en ce qu'il est la puissance, N° 7309 ; et par la signilication des eaux qui sont dans le fleuve, en cc qu'elles son t les faux qui pro­ viennent des illusions, ainsi qu'il a déjà été dit No 7307. 7317. Et elle~ seront changées en sang, signifie qu'ils falsifieront les vrais; on le voit par la si~nification du sang, en cc que c'est le vrai falsifié, N0s 4735, 6978; en effet, dans le sens réelle sang est le vrai procédant du Seigneur, ainsi le sain t de la foi, ce VI ai est si­
  • 371. il66 ABCA?ŒS CI:;L1~STES. gnifié par le sang dans la Sainte-Cène; mai~ dans le sens opposé, le sang est la violence portée au Divin Vrai, et comme cette violence est faite par les falsifications, le sang est la falsification du vrai. D'après cela et d'après ce qui va suivre, on peut voir qui sont spé­ cialement ceux que représente Pharaon, ou qui sont spécialement ceux qu'on doit entendre par ceux qui infestent, c'est-à-dire que ce sonl ceux qui au-dedans de l'Église ont professé la foi, et qui aussi se sont persuadés que la foi sauve, ct cependant ont vécu d'une manière opposée aux préceptes de la foi; en un mot, ceux qui ont été dans la foi persuasive ct dans la vic du mal: quand ceux-là viennent dans l'autre vie, ils portent avec eux ces principes, qu'ils doivent être introduits dans le Ciel, parce qu:; nés au-dedans de l'Église, baptisés, ils ont eu la Parole, et par suite la doctrine qu'ils ont professée, surtout parce qu'ils ont professé le Seigneur, cl que le Seigneur a souffert pour leurs recht's, et a ainsi sàuvé ceux qui au-dedans de l'Église L'ont professé Lui-}lême d'après la doctrine: quand ils sont nouvellement arrivés du monde dans l'autre vie, ils ne veulent rien savoir sur la vie ùe la foi et de la chal iLé, ils la re­ gardent comme rien, ils disent que, puisqu'ils ont eu la foi, tou~ les maux de la vic on t été effacés et lavés par le sang de l'Agneau; quand on leur dit que cela est opposé aux paroles du Seigneur dans Matthieu; ({ Plusieurs lUe diront en ce jour-là: Seigneur! Sei­ Il gneu!'! Par ton Nom, n'avons-nous pas prophétisé? Et par ton n Nom n'avons-nous pas chassé les démons? Et en ton Nom n'a­ n Yons-nous pas fait plusieurs merveilles? Mais alors je leur dirai; » Je ne vous connais point, retirez-vous de Moi ouvriers d'iniquité; 1) quiconque entend mes paroles et les fait, je le compa;'e à un Il homme prudent; mais quiconque entend mes paroles et ne les 1) fait point, je le compare à un homme insensé. » - VII. 2,1, 22, 23, 2~, 26: - et dans Luc: « Alors vous commencerez à vous n tenir dehors, et à frapper à la porte, en disant: Seigneur! Sei­ 1) gneur! ouvre-nous; mais en répondant il vous dira: Je ne sais )l d'où vous êtes. Alors YOUS commencerez à dire: Nous avons » mangé devant Toi, et nous avons bu, et dans nos places tu as l'n­ I) seigné; mais il dira: .Je vous dis: Je ne sais point d'oil vous êtes; » retirez-vous de Moi, vous tous, ouvriers d'iniquité. 1) - XIII. 25, 26,27; - à cela ils répondent, qlJ.C pal' ceux qui sont dési~'nés dans
  • 372. EXODE, CIH.P. SEPTIÈME. :3ti7 ces passages, il n'cn est pas entendu d'autres que ceux qui ont t'té' dans la foi miraculeuse, et non dans la foi de l'Église. Mais ceux­ là-mêmes, après quelque temps, cOl11mcnce~ à savoir qu'il n'y r.n a point d'autres qui soient admis dans le Ciel, que ceux qui ont vécu la vie de la foi, ainsi qui ont ell la cllarité envers le prochain; et quand ils commencent à savoil' cela, ils commencent à mépl'isel' les doctri naux de leur foi, et aussi la foi elle-même, cal'1eUl' foi n'é­ tait pas la foi, c'était seulement la science des choses qui appal'­ tiennent il la foi, et ils avaient cette science non en vue de la vic, mais en vue du lucre et des 1l0nneUl's; de là vient qu'alors ils mé­ prisent et même rejettent les choses qui chez eux avaient appar­ tenu à la science de la foi, et bientôt après ils se jettent dans les fau~ contre les vrais de la foi: c'est dans cet état qu'est changée la vie de ceux qui ont confessé la foi ct ont cu une vic opposée à la foi. Ce sont eux qui dans l'autre vie infestent par les faux les esprits probes, ainsi ceux qui sont spécialement entendus pal' Pharaon, 7318. Le poisson qui est dans le fleuve mOU1Tct, signifie que le scientifique du vmi sem éteint: on le voit pal' la significalion du poisson, en cc qu'il est le scientifique, l'0s 4,0, 99'1, ici le scienti­ fique du vrai, parce qu'il est dit qu'il doit mourii', étant dans les caux changées en sang, cc qui signifie qu'il sera éteiut pal' la fal­ sification; et par la signification de 1Jwuri1', en ce que c'est être éteint. Quant à ce quc c'cst que la falsification du vrai, cela va être illustré par quelques exemples: le vrai est falsifié quand d'après des raisonnements l'on conclut ct l'on dit que, comme personne ne peut faire le bien par soi-même, Je bien ne fait rien pour le salut; le vrai est encore falsifié, quand on dit que tout bien que l'homme fait le concerne lui-même ct est fait pour une rémunéra­ tion, et que cela étant ainsi, on ne doit point faire les œuvres de la oharité; le vrai est falsifié, quand on dit que, tout bien yenaut du Seigneur, l'homme ne doit rien faire du !.lien, mais attendre l'influx; le vrai est falsifié, quand on dit qu'il peut y avoir chez l'homme le vrai sans le bien qui :l.pparlient à la charité, ainsi la foi sans la charité: le vrai est falsifié, quand on dit qu'il ne peut entrer dans le ciel que celui qui est misérable et pauvre; et aussi quand on dit qu'il n'y peut entrer que celui qui donne tout ce qu'il a aux pauvres et sc réduit il la misère: le vrai est falsifié, quand
  • 373. 368 . ARCANES CÉLESTES. on dit que chacun, quelle qu'ait été sa vie, peut êtl'C admis dans le ciel par Miséricorde: le vrai est encore plus falsifié, quand On dit qu'il a été donné à l'homme le pouvoir d'introduire qui il lui plllîl dans le ciel: le vrai est falsifié, quand on dit que les péchés sont effacés et lavés comme des saletés le sont par les eaux: et le vrai est encore plus falsifié, quand on dit qu'un 1l0l11me a le pou­ voir de remettre les péchés, et que, lorsqu'ils ont été l emis, ilS sont entièrement effacés, et que l'homme est pur: le vrai est fal­ sifié, quand on dit que le Seigneur a fait retomber sur lui tous les péchés, et les a ainsi portés, et qu'ainsi l'homme peut être sauvé, quelle qu'ait été sa vie: le vrai est falsifié, quand on dit que per­ sonne n'est sauvé, à moins qu'il ne soit au dedans de l'Église; les raisonnements pal' lesquels il y a falsification sont, que ceux qui sont au dedans de l'Église ont été baptisés, ont la Parole, sont instruits sur le Seigneur, sur la résufl'ection, SUI' la vie éternelle, sur le ciel ct sur l'enfer, et qu'ainsi ils savent ce que c'est que la foi par laquelle ils peuvent être justifiés. Il y a d'innombrables falsifications semblables à celles qui viennent d'être citées, car il n'y a pas même un seul vrai qui Ile puisse être falsilié et pas une seule falsification qui ne puisse être confirmee par des raisonne­ ments d'après les illusions. 73,19. Et le fleuve puera, signifie L'ave1'sion pour lui: on le voit par la signification de pue1', en ce que c'est l'aversion, N° 7'16'1; et pal' la signification du fleuve, ici du fleuve d'Jtgypte changé en sang, en ce qu'il est le vrai falsifié. 11 fant qu'on sache que dans l'autre vie rien n'est plus abominable, et par conséquent ne sent plus mauvais que le V1'ai profané; il en est de cela comme de la puanteur qui s'exhale d'un cadavre, quand la chair vive meurt: en effet, le faux n'a de l'odeur que s'il est placé près du vrai, et le mal n'a de l'odeur que s'il est placé près du bien; chaque chose est sentie telle qu'elle est, non par elle-même, mais, par son op­ posé, de là on peut voir combien le vrai pl'ofané sent mauvais; le vrai profané est le faux conjoint au vrai, et le vrai falsillé est le faux non conjoint, mais adjoint au vrai et dominant sur le vrai. 7320. Et les Égyptiens auront peine à boire des eaux du fleuve, signifie au point qu'ils Voud1'ont à peine en savoir quelque chose: on le voit par la signification desÉ'gyptiens, en ce qu'ils sont CCUX •
  • 374. EXODE, ClIAP. SEPTiÈME. 369 tlui falsifient les vrais; pal' la signification de boire, en cc qUI) c'est être instl'Uit dans les vrais, j"os 3069, 377~, 4017, 4,0'18, de là avoir de la peine à boire, c'est ne pas youloir être inslruit, ainsi vouloir à peine en savoir qUl~lqlle cllose, c'esl-il-dire quelque chose des vrais; et par la signi[jcation dcs eaux du flelwe, en cc qu'elles sont les faux, N° 7307, ici les vrais falsifLés: de là il est évident que pal' « les Égyptiens auront peine à ho ire àes eallx du fleuyc, » il est signifié que ceux qui sont dans les faux d'après les illusions voudront à peine savoir quelque chose des vrais, qu'ainsi ils les auront en aversion: cc qui cause cette aversiou, c'est que les vrais, qui sont pel'vertis pal' les faux, combattent néanmoins secrètement et tacitement, ct s'ell'oi'cent de repousse,' loin d'eux les faux, ct ainsi font des piqùres; en effet, pour pon que les faux soient éloi­ gnés avec leur foi, les vrais condamnent. 732,1. Et Jéhovah dit à llIoscheh, signifie l'exécution: on le voit d'après les choses qui vont suivre, cal' l'expression Jéhovah dit en­ veloppe ces choses. 73~2. Dis à A.haron: Prends ton bêaon, el élcnds ta main Sllr le,ç ea1tx de l'Égypte, signifie la puissance sur les faux qui sont chez ceux qui infestent: on le voit par la signilication du bâton, en cc que c'est la puissance naturelle, ct pal' la signification de la main, en ce que c'est la puissance spirituelle, ]"07309: de là prendre le hâton ct étendre la main, c'est exercer la puissance spi­ rituelle par le natlll'e!; ct par la signification des eaux de l' };yypte, en ce qu'elles sont les faux qui infl~stent, ainsi qu'il a déjà été dit N° 7307. 7323. Sur leurs tOlTents, sur leurs f1ezwes, signifie SUI' le.~ doc­ trinaux du {aux: cela est évident pal' la signification des torrents et des fleuves, en ce qu'ils sont les doctrinaux, car les caux sont les faux, voir ci-dessus No 7307, de là les torren ts ct les fleuves, qui en sont des amas, sont des doctrinaux, ici les doctrinaux du f.aux; que les fleuves soient les choses qui appartiennent il l'intel­ ligence, ainsi qui appartiennent au vrai, on le voit Nos 2702, 30;).1, de là dans le sens opposé, ce sont les choses qui sont contrail'es à l'intelligence, ainsi celles qui appartiennent au faux. 7324. Et Slll' les é/angs, 'signifie snI' !es scientifiques qui lellr 8Cn'ent: on le yoit pal' la signillcalion (ks ';UlII[lS, CH ce qu'ils sont XI. ~~
  • 375. 3'37 CÀNES CÉLESTES. les scientifiques qui servent aux faux des doctrinaux. Dans la Parole, quand les étangs sont nommés, ils signifient dans le sens spirituel l'intelligence provenant des connaissances du bien ct du vl'ai, car les étangs y sont pris pour des eaux amassées ou des lacs, et les eaux amassl~es et les lacs sont dans le complexe les connais­ sances par lesqnelles on a l'intelligence, par exemple, dans Ésaïe: «( Des eaux jailliront du désert, et des torrents dans la plaine du » désert, ct le lieu ltride sem en étltng, et le desséché, en sources u d'eaux. )) - XXXV. 6, 7. - Dans le Même: « J'ouvrirai sur les II côteaux des torrents, et au milieu des vallées des fontaines; je II mettrai le désert en étltng d'eaux, et la terre sèclIe en sources II d'eanx.)) - XLI. ,18. - Là mettre le désert en étang d'eaux, ecst donner les connaissances du bien et dn vrai, et pal' suite l'intelligence, iiI aü elles n'étaient point auparavant. Dans le Même: « Je dévasterai les montagnes et les collines, et j'en dessècl1erai » toute l'herbe, et je mettrai les fleuves en îles, et je sècherai les l> éLangs. » - XLII. 15; - les étangs signifient les mêmes choses: pareillement dans David: « Jéhovah met les fleuves en désert, et » les sources d'eaux en séche:'esse; il met le dése1't en étang d'Cltux, » et la tene desséchée en sources d'caux. »- Ps. CVII. 33,35.­ Dans le même: Pal' devant le Seigneur, tu enfantes, ô terre, pal' (l » devant le Dien de Jacob, qui change li! 1roche?' en étang d'eau,T, » le caillou en une fontaine d'eaux. " ~ Ps, CXIV. 7, 8.­ Dans Ésaïe: « Ils s'abaisseront ct seront desséchés les tor­ )) repts de l'Égypte, c'est pourquoi ils seront dans le deuil les )) pêèheurs et tous ceux qui jettent dans le neuve le hameçon; de » là ses fondements seront sapés; tous ceux qui f'ont un salaire )) des étangs de l'tune. l) - X.IX. 6, 8, '10; - les étangs de l'âme sont les choses qui appartiennent à l'intelligence d'après les con­ naissances; mais comme il s'agit de l'Égypte, les étangs de l'âme sont les choses qui appartiennent à l'intelligence d'après les scien­ tifiques de l'Église l car l'Égypte signifie ces scientifiques; les scientifiques sont les connaissances, mais dans lin degré inférieur. Que les étangs d'eaux dans le sens oppose soient les maux prove­ nant des faux, et par suite la folie, on le voit clairement dans ]~saïe : " Je retrancherailè nom de Babel, et ce qui y reste, el le JI ms et le petit-fils, ct je la mettrai pour héritage dll canard, et en
  • 376. EXODE, CHAP, SEPTIÈME. 371 ., étangs d'eaux, " - XIV. 22, 23; - et parce que lès élangs dans le sens opposé sont les maux provenant des faux, ct par suite les folies, ils signifient aussi l'Enfer oil règnent de telles choses, mais alors l'étang est nommé étang de l'cu et étang ardent de feu et de soufre, comme Apoc. XIX. 20. XX. ~ 0, H, Hi. XXI. 8; le feu et le soufre sont l'amour de soi ct par suite les cupidités, car l'amour de soi et les cupidités de cet amour ne sont autre chose qu'un feu, non le feu élémentaire, mais un l'cu provenant du feu spirituel, lequel feu spirituel doune à l'honmlC de vivre; que les amours soient des feux vitaux, c'est cc que voit claÎl'ement quiconque 'éOéchit; ce sont ces feux qui sont entendus par les feux sacrés dans les cieux, et par les feux de l'enfer, le feu élémentaire n'y .existe pas. 7325. Et sur toul amas de leurs caux, signifie où il ya quel­ ques faux: on le voit par la signification des eaux, en ce qu'elles sont les faux, N0 7307; de là ramas des eaux, c'est où les faux sont ·ensemhle. 7326. Et elles scront du sang, signific qu'ils falsificront les 'V1'ais: on le voit par la signification du sang, en ce que c'est la falsification du vrai, N° 73'17. Le sang dans le sens réel signifie le saint de l'amour, ainsi la charité et la foi, car elles sont les saints de l'amour; ainsi le sang signifie le saint vrai procédant du Sei­ gneur, N0s 100,1, 4735, 6978; mais dans le sens opposé le sang signifie la violence portée à la charit4, ct aussi portée à la foi, ainsi au saint vrai procédant du Seigneur; ct comme la violence est pOl'tée au vrai quand il est falsifié, de là le sang signifie la falsifi­ -cation du vrai; et dans un plus lIaut degré le sang signilie la pro­ fanatio'n du vrai; cette profanation a été signifiée par l'action de manger du sang, c'est pour cela qu'il avait été si sévèrement dé­ fendu d'en manger, N° 1003. 7327. Et il Y aura du sang dans toute la telTed'Égyptc, signifie la falsification totale: on le voit par la signification du sang, en cc 'que c'est la falsification du vrai, ainsi qu'il vient d'êtl'e dit N0 73'26 ; et par la signilication de dans toute la terre ((Égyptc, Cil ce que c'est partout, ainsi la falsification to~ale, La falsification devient totale, quand le faux commence à régne!', cal' l'homme vit alors :selon le mal inné ct acquis, ct il sent du plaisir dans ce mal; ct
  • 377. 372 ARCANES CÉLESTES. comme les vrais de la l'one prohil>ent, Hies a en aversion, et quand il a les vrais en aversion, i,] les rejette loin de lui partout où ils sont, et s'il ne pent les rejeter, il les falsifie. 7328. Et dans les bois et dans les pierres, signifie du bien qui ap­ lJartient ri, la charité, et du vrai qui appa1'tient à la foi, savoir, la falsification totale; on le voit par la signification des bois, en ce qn'ils sonlles biens qui appartiennent à la charité, N°s 2784-,28'12, 3720; ct par la signification des pieTl"eS, en cc qu'elles sont les vrais qui appartiennent à la foi, N0s ~ 298, 3120, 6126. 7329. Et ainsi fiTent Moscheh et Aha/'on selon qu'avait ordonné Jéhovah, signifie l'effet; on le voit sans explication. 7330. Et il leva le bâ.ton et il {TCLppa les ealtx qui étaient dans le fleuve, signifie la puissance {Ol·te contl'e les fanx; on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 73'16 ; la force est signifiée, en ce qu'il leva le bâton, et frappa ainsi. 733'1. Aux yeltx de Pharaon et aux yeux de ses serviteurs, si­ gni fie dans l'aperception de tous ceux qui infestaient; on le voit pal' la signification des yeux, en ce qu'ils sont l'aperception, N0s i083, 4339; et par la représentation de Phamon, en ce qu'il désigne ceux qui infestent par les faux, ainsi qu'il a déjà été dit; tOIiS ceux­ là sont signillés, puisqu'il est dit aux yeux de Phamon et aux yeux de ses servite'Urs . 7332. Et tontes les eaux qui étaient dans le fleuve {urent chall­ gée.ç en sang, signifie de là. la {alsification de 107lt vrai: on le voit par la signification des eaux qui étaient dans le fleuve, en ce qu'elles sont les faux, N° 7307; et par la signification du sang, en ce qu'il est la falsification du vrai, Nüs 7317,7326. S'il est permis que ceux qui sont dans les faux et qui infestent dans l'autre vie falsifient les vrais, c'est de crainte que pal' les vrais appartenant à la foi ils n'aient communication avec ceux qui sont dans le Ciel, et que par les maux appartenant à la vie ils n'aient communication avec ceux qui sont dans l'enfel" et ne s'acquièrent ensuite pal' les vrais quel­ que chose de la lumière du Ciel, et ainsi quelque chose de l'intel­ ligence, et ne fassent que cela serve aux maux qui appaltiennent à la vie, cal' ils appliqueraient en faveur du malles choses qui appar­ tiennent à l'intelligence, et soumettraient ainsi chez eux les choses du Ciel à celles de l'enfer; c'est aussi de crainte qu'ils ne séduisent
  • 378. EXODE, ClIAP. SEPTIÈME. 373 les esprits simples probes, avec lesquels ils ont communicaUon par les vrais: dans l'autre vic, les méchants chez qui les vrais n'ont pas encore été falsifiés savent aussi par ces vrais s'acquérir la do­ mination, car la puissance est dans les vrais à un tel point qu'on ne peut y résister, N°s 309,1, 63H, 6423,6948, de là aussi ils abu­ seraient des vrais: en outre les vrais chez les mécl1ants ne l'ont ab­ solument rien pour l'amendement de leur vic, mais les méchants s'en servent seulement comme de moyens pOUl' fail'e le mal, sans cet usage les méchants sc moquent absolument des vrais: ils sont comme les mauvais prêtres qui se moqueraient des vl'ais de la doc­ trine, s'ils ne leur servaient pas de moyens pOUL' s'enrichil': voilà les motifs pour lesquels il est permis aux méchants de falsifier chez eux les vrais. 7333, Et le poisson qui était dans le fleuve moumit, signifie le scientifique du Vl'cti éteint anssi: on le voit d'après cc qui a été dit ci-dessus, N° 7318, où sont les mêmes paroles. 733L Et le fleuve puait, signifie l'aversion: voir ci-dessus No 7319. 7335. Et les Égyptiens ne pouvaient point vOÎ1'e de l'eau du fleuve, signifie qu'ils voulaient à peine en savoir quelqlle chose: on le voit aussi par ce qui a été dit N0 7320. 7336. Et il Y eut du sang dans tOlLte let telTe d'l~g!Jpte, signifie la falsification totale: voir ci-dessus N0 7327, 7337. Et ainsi firent les Mages de l'Égypte par leurs enchante­ ments, signifie que leurs falsificateurs fircut une 'ressemblance de la même c/;ose : on le voit pur la signification de la magie égyptienne et des enchantements, en ce que cc sont des abus de l'ordl'e Divin, N0s 5223, 6052, 7296. Quant à cc qui concerne les miracles, il faut qu'on sache que les Miracles Divins diffèrent des miraclos ma­ giques, comme le Ciel diffère de l'enfer; les Miracles Divins procè­ dent du Divin Vrai et s'avancent selon l'ol'c1re ; les effets dans les derniers sont des miracles, quand il plaît aIl Seigneur que les cifets se montrent dans cette forme; c'est ùe làque tou" les miracles Di­ vins représentent les états du Royallme du Seigneur dans les Cieux, et du Royaume du Seigneur SUl' les Lel'res ou de n~glisc, c'est là la forme interne des Miracles Divins; il en est ainsi de tous les Mira­ cles dans l'Égypte, ct aussi de tous les autres miracles dont il est
  • 379. 37~ ARCANES C:ÉLESTES, parlé dans la Parole; tous les Miracles que le SeigneUl' a faits Lui:" Même, quand il était dans le monde, signifiaient l'état à venir de l'Église; ainsi quand il ouvrait les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, quand il déliait la langue des muets, quand il faisait marcher les boiteux, quand il guérissait les estropiés et les lépreux, ces miracles signifiaient que ceux qui son t désignés par les aveugles, les sourds, les muets, les boiteux, les estropiés, les lépreux, rece~ 'l'aient l'Évangile et seraient spirituellement guéris, et cela pal' l'avenement du Seigneur dans le monde; tels sont les Miracles Di­ vins dans leur forme inteme: 01' les miracles magiques n'envelop­ pent absolument l'ien; les méchants les font afin d'acquérir pour eux de la puissance sur les autres, et ces miracles se montl'ent dans la forme externe semblables aux MÎl'acles Divins; s'ils se montrent semblables, c'est parce qu'ils découlent de l'ordre, et que l'ordre se montre semblable dans les derniers où s'établissent les miracles; par exemple, le Divin Vrai procédant du Seig;nell1' a, en soi toute puissance, de là vient que la puissance est aussi dans les Vrais dans les derniers de l'ordre; voilà pourquoi les méchants s'acquièrent par les vrais la puissance, et dominent sur les autres: soit aussi cet exemple: il est selon l'ordre que les états de l'affcction et de la pensée fassent l'idée du lieu et de la distance dans l'antre vie. et que là les habitants apparaissent mutuellement aussi éloignés les uns des autres, qu'ils sont dans un état différent; cette loi de l'ordre a été établie par le Divin, afin {lue tous ceux qui sont dans le Très­ Grand-Homme soient mutuellement distincts les uns des autres; les Magiciens dans l'autre vie abusent de cette loi de l'ordre, cal' ils introduisent dans les autres des changements d'état, et les transportent ainsi tantôt en haut, tantôt dans l'abîme, et ils les lan­ cent aussi dans des sociétés, afin qu'ils leur servent à eux de sujets; il en est de même pour Mn grand nombre d'autres C3S : d'apl'ès cela, il est évident que les miracles magiques, quoique dans la forme externe ils se présentent semblables au.x miracles Divins, ont néan­ moins en eux une fin contraire, savoil', celle de détruire les choses qui appartiennent à l'Église, tandis que les miracles Divins ont en eux la lin d'édilier les choses qui appartiennent ~ l'Église: il en est de ces miracles comme de deux femmes llelles, dont l'une pal' la dCbauche est à l'intérieur entièrement infecte, ct. l'autrc par
  • 380. EXODE, CHAP. SEPTlÈ~IE. 37:) la chasteté ou pal' un réel amoUl' conjugal est à l'intérieur entière­ ment pure; leurs formes externes sont semblables, mais leurs formes internes diffèrent comme le Ciel et l'enfer. 7338. E te cœm' de Phamon (ut ren(orcé, signifie t' obslinati01l ; voir ci-dessus Nos 7272, 7300. 7339. Et il ne tes écouta point, signifie ta non-1'éception et [CI non-obéissance: voir aussi ci-dessus N°s 7224:, 727'6,7301, 7340. Ainsi qu'avait parté Jéhovah, siyni fie scion ta prédiction: aussi comme ci-dessus, N0 7302. 734,'. Et Pharaon regarda etvinl vers sa maison, signifie ta pensée et ta réflexion ct après tes (aux; on le voit pal' la signification de re­ garda, en ce que c'est la pensée ct la réflexion, cal' regarder dans le sens spirituel, ce n'est pas considérer quelque chose avec les yeux, mais c'est considérer avec le mental, ainsi penser et réfléchi!'; ct par la signification de la maison de Pharaon, en cc qu'elle est le faux; en effet, quand Pharaon représente le faux, sa maison repré­ sente aussi la même chose; de là venir vers sa maison, signifie les faux; et comme ces paroles signifient la pensée et la rélIexion d'a­ près les faux, voilà pourquoi il est dit ensuite, qu'il n'appliqua point son cœur à cela, cal' celui qui pense d'après les faux n'applique point son cœur au Divin qui avertit. ' 7342. Et it n'appliqua 7JOint son cœur à ceta, signifie ta 1'ésistance d' ctprès ta votonlé, el par suite f obstination: on le voit par la si~ gnification de ne point appliquer le cœur à quelque chose en ce que c'est ne pas faire attention; et comme la non-attentioll aux Divins chez les mécllants vient d'une résistance produite par la volonté, ,c'est pOUl' cela que les mêmes paroles ont cette signification; et comme ne l)as appliquer son cœur à cela, renf(wme la'l11'ên1ù'chosc que être renforcé, c'esl aussi pour cela que l'obstination est signi­ fiée, comme précédemment 1'0S 7'272, 7300, 7338. Quant à ce qui concerne la résistance d'après la ~olonté, il faut qu'on sache que c'est la volonté qui gouverne l'homme; quelques-uns croient que c'est l'entendement qui le gouvel'l1c, mais l'entendement ne gou­ verne point à moins que la volonté n'incline; en effet, l'enlcnde­ ment est favorable à la volonté, car l'entendement considéré en lui-même n'esl que la forme de 1:, yolonté: quand il est dit la vo­ lonté, il esl entendu l'affection qui apparti--llt ~l l'amour, car la vo­
  • 381. 376 ARCANES CÉLESTES, lonté de l'homme n'est rien autre chose; c'est cette alfection qrri gouveme l'homme, cal' l'affection de l'amoul' est la vie de l'homme; si dans l'homme il ya l'affection de lui-même et du monde, toute sa vie n'est pas autre chose; et il ne peut l'ésister à cette affection, car ce serait résister à sa vie même; les principes du vrai ne font l'ien; si l'affection de cet amour domine, elle entraîne le vrai dans son parti, et ainsi elle le falsifie, et s'il ne lui est pas pleinement favorable, elle le l'ejette; de là vient que les principes du vrai de la foi ne font absolument l'ien chez l'homme, à moins que le SeigneUl' n'insinue raffection de l'amour spirituel, c'est-à-dire, de l'amour envers le prochain; et autant l'homme reçoit cette affection, autant aussi il reçoit les vrais de la foi; c'est l'affection de cet amOllI' qui fait la nouvelle volonté, Maintenant, d'apl'ès cela, on peut voir que l'homme n'applique jamais son cœur à quelque vl'ai, si sa volonté résiste: c'est de là que les infernaux, parce qu'ils sont dans l'affec­ tion ou la cupidité du mal, ne peuvent point recevoir les vrais de la foi, et par conséquent ne peuvent point être amenclés; c'est de là aussi que les méchants falsifient les vrais de la foi, autant qu'ils peuvent. 7343. Et tous les Égyptiens creusèrent alentour du fleuve pOU/' des eaux à boire, signifie la l'ecl,el'che dIt vrai pOUl' l'applique1' aux faux: on le voit par la signification de creuser, en cc que c'est la recherche, ainsi qu'il va être expliqué; par la signification des eaux alentour du fleuve, en ce qu'elles sont les vrais; si les eaux. à l'entoUl' du fleuve sont les vrais, c'est parce qu'elles étaient hors du fleuve et non changées en sang; que les eaux soient les vrais, on le voit N°s 739, 790, 2702, 3058, 3424, 4976, 5668; et pal' la signification de boire, en ce que c'est appliquel' aux faux; que boire, cc soit appliquel', on le voit No 5709, cal' celui qui boit ap­ plique ü lui-même; mais il faut qu'on sache que l'application sc fait selon la qualité et l'état de celui qui applique il soi-même; celui qui est dans l'affection du vrai applique il lili-même les V1'ais selon l'état et la qualité de l'aff'ection; celui qui est dans l'affection du faux, pervertit ct falsifie les vrais quand il les applique à lui­ même; c'est cc qu'on peut voit' en ce que le Divin Vrai influe chez tous, mais est variù clJCZ chacan selon l'état et la qualité de la vic de chacun; et en ce que les infernaux changent ce Divin Vrai en
  • 382. EXODE, CHAP. SEPTiÈME. 377 faux; ils changent pareillement le Divin Bien en mal, les amours célestes en amours diaboliques, la miséricorde en haine et en cruauté, l'amour conjugal en adultère, ainsi en choses contraires; et cela, parce que la qualité ct l'état de leur vie sont contraires; de là vient que ces paroles, tous les l~gyptiens creusèren t alentour du fleuve, signifient la recherche du vrai pour l'appliquer aux faux. Que le vrai soit changé en faux, et le bien en mal, chez ceux qui sont dans les faux et dans les maux, et aussi vicc vel'sâ, on le voit clairement pal' cette règle commune, que toutes choses sont pures pour ceux qui sont pUl'S, et impures pOUl' ceux qui sont impurs: cela peut aussi être illustré par les choses qui sont dans la nature; par exemple, p~r la Lumière qui provient du Soleil; cette Lumière est d'un blanc éclatant, mais néanmoins elle est variée scion les formes dans lesquelles elle influe; de là les couleurs; et elle devient belle dans les formes belles, ct laide dans les formes laides: cela peut encore être illustré pal' la greffe des bourgeons dans les arbres, le bourgeon greffé au tronc commnn porte son fruit, c'est pourqnoi dès que le suc de l'arbre influe dans le bourgeon greffé, il est changé et devient suc du bourgeon propre à en produire les feuilles et les fl'UitS: il en est de même des choses qui influent chez l'homme. Que creuser, ce soit rechercher, c'est parce que l'eau, la sourcc, le puits, qui sont creusés, signifient les vrais, lesl[uels ne sont point creusés, mais sont recherchés; c'est pourquoi aussi dans la Langue originale ce même mot, quand il est appliqué aux vrais, signifie rechercher; mais dans les prophetiques, au lieu du vrai il est dit eau ou source, et au lieu de rechercher il est dit creuser; cal' tel est le langage prop1t6Lique, comme on le voit clairement dans Moïse, lorsqu'il s'agit du puits de Béer, au sujet duqucllsrad chanta ce cantique: « Monte, puits; répondez SUl' lui: (c'est) le » puits qn'ont foui lcs princes, qu'ont creusé les prineip::mx du " peuple, pal' le législateur, avec leurs bâtons. ,,- Nomb. XXI. 46, 17, 18; - là le puits signifie la doctrine du Vrai Divin; creu- ser, c'est la recherche de ce vrai. 73H. Parce qu'ils ne pouvaient point boire des eaux du fleuve, $ignifie la non application d'après les f'aux sans mélange: cela est évident par la signiftcation de ne pOllvoir point boire, en ce que c'est la non application; que boire, ce soit, appliquer, on vient
  • 383. 378 AnCANES CËLESTES. de le voir, No 734.3; ct par la signification des eaux du fleuve, Cil ce qu'elles sont les faux, N0 7307; que par ne pouvoir point boire des eaux du fleuve, il soit signifié que les vrais ne peuvent pas être appliqués aux faux sans mélange, c'est-à-dire être falsifiés par les faux sans mélange, c'est aussi ce qui résulte du sens in­ terne des paroles pl'écédentes, savoir, en ce que creuser alentoUl' du fleuve pour des eaux à boire, c'est rechercher les vl'ais pour les appliquer aux faux. Si les vrais ne peuvent pas être appliqués flUX faux par des faux sans mélange, c'est parce que les vrais et les faux sont absolument opposés, et que les opposés ne peuvent pas être appliqués les uns aux autres, à moins qu'il n'y ait des intemll~diaires qui conjoignent; les intermédiaires qui conjoignent sont les illusions des sens extemes, et aussi les choses qui ont été dites dans la Parole selon l'apparence; soit pour exemple, qu'il n'y a que le bien qui viennc du Seigneur, ct qu'il n'en vient jamais aucun mal; ce Vrai est falsifié pal' ces illusions, que le ScigneUl' peut par sa toute-puissance, s'il Je ycut, ôtCl' Je mal, et que, puis­ qu'il ne l'ôte pas, il en est la causc, et qu'ainsi le maJ vient aussi du Seigneur; il est aussi falsiOé d'après ces choses qui ont été dites dans la Parole selon l'apparence, savoir, que Jéhovah ou le Sei­ gneur se met en colère, punit, condamne, jette dans J'enfer, 100's­ que cependant ce sont ceux qui sont dans le mal qui se font cela à eux-mêmes, et qui s'attirent ainsi le mal de la peine, car le mal de la peine et le mal de la faute dans l'autre vie ont été conjoints: il en est de même dans mille autl'es exemples. 734.5. Vers. 25, 26, 27, 28, 29. Et sepl jours s'accomplirent après que Jéhovah elll f1'appé Le fleuve. Et Jéhovah dit à 1I1oscheh: Viens verS Pharaon, et lU Lui diras: Ainsi dit Jéhovah: Renvoie mon peupLe, el qu'iLs j}Ie servent:. Et si tu refuses. toi, de (le) ren­ voyer, voici, Moi, je frapperai toute la fl'ont.iè1'e de grenouiLLes. Et Le fleuve fera puLLuLer des 9,'enoltiLLes, et elles monteront, et elles viendront dans ta maison. et dans rappartement de ta couche. et sur ton Lit. el dans La maison de tes servilC'Urs et pm'mi ton peupLe, et dans tes foU/'s et dctns tes huches. El sur toi. ~t sur ton peupLe. el sm' tous les serviteU'rs. monteront fe.ç 91·enouiLles. - Et sept JOU1'S s'ctCcomplirent après que Jéhovah eut frappé le fleuve, signifie la lin de ccl état après'que les vrais eurent èté falsifi('s: et •
  • 384. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 37() Jéhovah dit ci Moschch, signifie une nouvelle instruction; viens ve1'S Phamon, et ln lui diras, signifie le commandement à ceux qui in­ festent: ainsi dit Jéhovah; Renvoie mon peuple, (tfin qu'ils Me se1'vent, signifie de laisser ceux de l'Église alin qu'ils adorent libre" ment leur Dieu: et si tu 1'e(uses, toi, de (le) renvoye/', signifie s'ils ne les laissent point; voici, Jl1oi, je {l'ltppe/'ai toule Ut (rontièl'e de g/'enouiLLes, signifie les raisonnements d'après des faux sallS mélange: et le fleuve (em pulluler des grenouilles, signifie que les raisonnements d'après ces l'aux; et elles monleront et viendront dans ta mai.son, et d(tn.s l'appa1'tement de let couclle, signifie ('em­ pliront le mental jusque dans ses intérieurs: et sur ton lit, signifie jusqu'aux intimes: et dans la maison de tes servitClt1'S, et de ton TJeuple, signifie dans toutes les choses qui sont dans le naturel: et dans tes fours, et duns les huches, signifie dans les plaisirs des cupidités: et sur toi, et sur ton peuple, et sw' tous tes serviteurs monteront les g/'enouiLLes, signifie que les raisonnements d'après les faux seront dans toutes cllOses en général et en parLiculiel'. 731,6. Et sept jours s'accompli1'ent après que Jéhovah eut fi'appé le fleuve, signifie la fin de cet état ap/'&s que les vrais eurent été falsifiés; on le voit pal' la siguilicaLion de sept jours, en ce que c'est une période entière dépuis le commencement jusqu'à la fin, ainsi l'état plein, N°s 728, 6508, la même chose que la semaine, N°s 2044, 38g,5; ainsi les sept jours accomplis sont la nn de cette période ou de cet état; et par la signification de après que Jélwv(th eltt fmppé le fleuve, en ce que c'est après que les vrais eurent été falsifiés; car le neuve frappé par le bâton d'Aharon, et les eaux de­ ·venues sang, signifient que les vrais ont été falsifiés, voir N0s 7316, 7317,7330,7332. 73i7. Et Jéhovah dit cl b1oscheh, signifie une nouvelle inSl1'nc­ tion: on le voit pal' la signification de Jéhovah dit, quand quelque chose est commandé de nouveau, en ce que c'est une nouvelle ins­ tmction, N0s 7186, 7267, 7304,. 734,8. Viens vers Plw1'aon, et tu lui ({iras, signifie le comman­ dement à ceux qui infestent; on le voit pal' la signification de venil' ou entrer, et (lire, quand c'est par Jéhovall, en ce que c'est le commandement; et pal' la représentation de PIIlt/'aon, en ce qu'il désigne ceux qui infestent par les faux, N0' 7'1 07,711 0,7126, 7H2.
  • 385. 380 ARCANES CÉLESTES. 73i(}. Ainsi dit Jéhov(th: Renvoie mon peuple, afin qu'ils Me s·ervent, signifie de laissel' ceux de l'b~glise, ((fin qu'ils adorent libl'ement leUl' Dieu: on le voit par la signification de renvoyer, en ce que c'est laisser; par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont mon peuple, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, Nos 64.26,6637,6862,6868, 7035,7062,7-198,720-',7215,7223; et par la signification de Me servir, en ce que c'est adorer son Dieu; que ce soit adorer librement, c'est parce que le culte ne pouvait être pratiqué là eh les faux infestaient; et parce que tout culte qui est véritablement un culte doit être pratiqué librement, N°s 1%7,2875,2876, 2880, 288~, 3'14c5, 3146,3·158,403·1. 7350. Et si tu n{uses, toi, de le l'envoyer, signifie s'ils ne les laissent point: on le voit pal' la signification de renvoyer, en ce que c'est laisser, comme ci-dessus N° 7349; ainsi si 11.He{ltSeS de le l'envoyer, c'est s'ils ne les laissent point. 73501. Voici, lUoi, je {1'((ppc1'(li toule ta frontière de grenouilles, signifie les l'aisonnemenls d'après des {lt'UX sans mélange: on le voit par la signification des 91'enouilte3, en ce qu'elles sont les rai­ sonnements; si c'est d'après des faux sans mélange, c'est pat'ce qu'elles pullulaient du fleuve, ainsi qu'il est dit dans ce qui suit, car le fleuve d'Égypte est le faux, N°s 6693, 7307, et parce qu'il est dit que toute la frontière en serait frappée: par ces paroles il est aussi signifié que les raisonnements seront fondés non sur des vrais falsifiés, mais sur des faux sans mélange; et cela, parce que les raisonnements d'après des vrais falsifiés sont enlin tournés en blasphèmes contre le vrai et le bien; et en outre les vrais eux­ mêmes rejettent loin d'eux la falsification, car ils ne peuvent être avec les faux, et tant qu'ils y sont ils combattent contre eux, et enfin ils s'en dégagent et s'en séparent; de là vient qu'après que l'homme a falsifié les vrais, il linit pal' les nier entièrement; aUM trement même les faux domineraient sur les vrais; c'est poul'Gela que, dans l'autre vie, après que les méchants ont eté jetés dans l'enfer, il ne leU!' est plus permis de raisonner d'après des vrais falsiÎlés, mais ils raisonnent d'après des faux sans mélange. Que les Grenouilles soient les raisonnements d'après les faux, on le voit dans Jean: « Je vis (~ortir) de la bouche du dragon, et de II la bouche de la bêle, et de la bouche du {aux prophèle, trois
  • 386. EXODE, CIJAP. SEPTIÈME. aSl ) esprits immondes sembLables à des Grenouilles; car ce sont les » esprits des démons, qui font des signes pour s'en aller vers les » rois de la tcnc et de tout le globe, afin de les assembrer pOUl' » la guerre de ce grand jour du Dieu lout-puissant. » - Apoc. XVI. 13, '14; - que les grenouilles soient les raisonnements d'après les faux contre les vrais, on le voit clairement par chaque mot de cc passage, Cal' il est dit qu'elles sortirent de la bouche du dragon, de la bouche de la bête, et de la bouche du faux pro­ pl1ète; et qu'elles s'en allèrent vers les rois de la terre, afin de les assembler pOUl' la guerre; les l'ois de la tClTe sont les vrais de l'Église; que les l'ois sôient les vrais, et dans le sens opposé les faux, on le voit N°s '1672, 1728, 20,15, 2069,3009, 3670, 4575, 4.(>8'1, /i966, 504~, 5068, 6'148; et la tel're l'Église, N°s 662, 1067, 1262, 1733, '1850, 2'1 '17, 21'18,3355, 44047, 4535, 5577; et la guelTe le combat spirituel, N° 2686, ainsi contre les vrais et les biens de la foi; de là il est bien évident que les grenouilles sont les raisonnements d'après les faux cohtre les vrais, Dans David: « Il changea leurs eaux en sang, ct il lua leur poisson; iL fit " pulluLer sur leur telTe les grenouiLLes, dans les appltl'tements de " Lew's rois. ,,- Ps. CV. 29, 30; - il est dit dans les apparte­ ments de leurs l'Ois, parce qu'il est entendu le raisonnement contre les vrais d'après les faux, les appartements des l'ois sont les vrais intérieUl's, et dans le sens opposé les faux intérieurs; que les l'ois soient les 'l'ais, et dans le sens opposé les faux, on vient de le voir. 7352. Et le fleuve rem 7mLLuLer des grenouilles, signifie que le.ç raisonnements cl' après ces {aux: on le voit pal' la signification du fleuve d'tgyple, en ce qu'il est le faux, Nos 6693,7307; ct pal' la signification des grenouilles, en cc qu'elles sont les raisonnements, ainsi qu'il vient d'être dit, N° 735,' ; si les grenouilles sont les rai­ sonnements, c'est parce qu'elles sont dans les eallx, ct qu'elles y caquètent et coassent, ct sont aussi parmi des choses immondes. Quant 11 ce que c'est que le raisonnement d'après des faux sans mé­ lange, cela va être illustré pal' quelques exemples; c'est d'après des faux sans mélange que raisonne celui qui attribue tout à la nature, et à peine quelque chose au Divin, lorsque cependant lout vient du Divin, et que la nalure est seuiement lïnsll'lunental per qUQd (par.
  • 387. 382 ARCANES CÉLESTES. lequel le' Divin opère). C'est d'après des faux sans mélange que raisonne celui qui Cl'Oit que l'homme est comme la bête, seulement plus piu'fait parce qu'il peut penser, et qu'ainsi l'homme doit motU'ir comme la bête; cet homme parle d'après des faux sans mé­ lange, puisqu'il nie la conjonction de l'homme avec le Divin pal' la pensée appal'tenant à la foi et par l'affection appartenant à l'amour, et qu'ainsi il nie la résurrection et la vie éternelle. Il en est de même de celui qui croit qu'il n'y a pas d'enfer. Il en est encore de même de celui qui croit que l'homme n'a rien de plus que le plaisir de la vie quand il est dans le monde, et qu'en conséquence il doit en jouir, parce que lorsqu'il meurt il meurt entièrement. C'est d'a­ près des faux sans mélange que raisonne celui qui croit que toutes choses appartiennent à la propre prudence et à la fortune, et non à la Providence Divine qui n'est tout au plus qu'universelle. Comme aussi celui qui croit que la Religion n'est autre chose qu'un moyen de contenir les simples dans les liens, SUl'tout c'est d'après des faux sans mélange que raisonnent ceux qui cl'oient que la Parole n'est point Divine. En somme, tous ceux qui nient absolument les Vl'ais Divins raisonnent d'après ùes faux sans mélange. 7353. Et elles montel'ont et viendront dans ta maison et dans 1'appw·telllent de ta couche, signifie rcmpli1'ont le mental et jusque dan$ ses intérieurs; on le voit pal' la signification de la maison, en cc qu'eUe est le mental de l'homme, N0s 3538, ([973, 5023; ct pal' la signification de l'appartement de la couche, cn cc que cc sont les intérieurs du mental; si les appartements de l~l couche sont les in­ térieurs du mental, c'est parce qu'ils sont intérieurement dans la maison. Les appartements signifient les intérieurs, et les apparte­ ments de la couche cc qui est enCOl'e plus intérieur, dans ces pas­ sages; dans Ésaïe: Va, peuple, entre clans tes appartements, ct l( )l ferme la porte après toi; cache-toi pOUl' un petit moment, jusqu'à II ce que soit passée la colère. » - XXVI. 20. - Dans Ézéchiel: " Il me dit : N'as-tu pas vu, ms de ['homme, ce que les anciens des >l fils d'Israël font dans les ténèbres, chacun dans les appartements » de son image? )l - VIII. ~ 2, - Dans Moïse: « Au dehors l'épée » ravira, et dcms les appartements la terreur. » - Deutér. XXXII, 25. - Dans le Livre II des Rois: « Êlisée le prophète, qui (est) en » Israël, indique au roi d'Israélles paroles 'lIte ln prononces dans
  • 388. EX.ODE, CHAP. SEPTIÈME. 383 » l'Appariement de ta couche. » - VI. 12. - Les Anciens compa­ raient le mental de l'homme à une maison, et les choses qui sont au-dedans de !"homme aux appartements; le mental humain aussi -cst tel, car les choses qui y sont ont été distinguées à peine autre­ ment qu'une maison en ses appartements; les choses qui sont au milieu y sont les intimes, celles qui sont sur les côtés y sont les ex­ térieurs, celles-ci étaient comparées aux parvis, et celles du dehors qui étaient en cohérence avec les intérieurs étaient comparées aux portiques. 7304,. Et SUI' ton lit, signifie jusqu'aux intimes: on le voit par la signification du lit, en ce qu'il est l'intime, car puisque les apparte­ ments de la couche sont les intérieurs, la couche ou le lit, qui s'y trouve, est l'intime. 7355. Et dans la maison de te.~ serviteurs et de ton peuple, signi­ fie dans toutes les choses qui sont dans le naturel: on le voit pal' la signification de la nwison, en ce qu'elle est le mental de l'homme, et comme elle se dit des Égyptiens ct des sel'viteurs de Pharaon, elle est le mental naturel; que la maison soit le mental, on vient de le voir N° 735:3 ; et par la signification des serviteurs et du peuple de Pharaon, en ce qu'ils sont toutes les choses qui existent dans le naturel; les choses qui y servent à confirmer les faux sont appelées serviteurs; que le peuple se dise des vrais, et, dans le sens opposé, des faux, on le voit N°s 1259, 1260, 3295, 358'1, 4.619,64·;)1,6465; de Ul il est évident que cc dans la maison des serviteurs et du peuple de Pharaon, II signifie dans tOlites les choses qui sont dans le naturel. 7356. El dans tes {ours et dans tes Iwches, signifie dans les plai­ sirs des cupidités: on le voit par la signification des {ours, en cc qu'ils sont les biens extérieurs, parce que c'est là que le pain est confectionné, ct les biens extérieurs sont les choses qui existent dans le naturel, ct qll'on nomme communément plaisirs, car lors­ que les biens intérieurs, qui appartiennent aux amours ct par suite aux affections, influent dans le naturel, ils y sont senlis comme plaisirs; voilà ce qui est signifié par les fours da.ns le sens bon; mais dans le sens opposé, comme ici, les fours signifient les plaisirs des cupidités, c'est-à-dire les plaisirs provenant des amours infer­ naux, qui sont les amours de soi ct du monde; ct par la significa­
  • 389. 384. ARCANES CÉLESTES. Lion ùes huches, en cc qu'elles sont aussi les plaisirs des cupidités dans le natmel, mais plaisirs encore plus extérieurs, parce que les huclJes sont ùes vaisseaux dans lesquels la pâte pour le pain est préparée. Quand il est dit que les raisonnements entreront dans les plaisirs des cupidités, il est entendu que le plaisir de leur vie sera de raisonner d'après les faux, et ainsi de tromper et de sé­ duire les autres; au nombre des plus grands plaisirs des méchants est aussi celui de l'épandre les faux, de les confirmer, de tourner les vrais on ridicule, et smtout de séduire les autres. Que le Four soit le plaisil' des affections qui appartiennent à la charité ct à la foi, et dans le sens opposé le plaisir des cupidités qui appartiennent il l'amour de soi et du monde, on le voit clairement dans Hosée: « Tous ils se livrent il l'adultère; comme nn {oltr allumé pm' le bou­ )l langel', celui qui excite cesse de pétrir sa pàte; quand ils tOUI'­ " nent, comme le (Oll/', leur esprit pour dresser leurs embûches, » toute la nuit leur boulanger dort, le matin il (le four) est ardent, » comme un feu de (Jamme; ils sont tous échauffés comme le (our, » et ils dévorent leurs juges, tous leurs l'ois tombent. » - VII. k, 6,7; - Le four est le plaisÏl' des cupidités qui appartiennent aux maux; être ardent, être échaulTé, le feu de la flamme, ce sont les cupidités elles-mêmes; que le feu soit la cupidité du mal, on le voit ~os 1297,186'1, 2a.,16, 507,1, 5215, 63U, 6832, 7:32 a, l': ils dévo­ rent leurs juges, tous les l'ois tombent, ce sont les biens et les vrais qui périssent; chacun peut voir qne, sans un sens interne, qui soit tel, il est impossible de savoir cc que c'est que « tous ils se livrent à l'adultère comme un four allumé par le boulanger, ils sont tous (~chauffés comme le four, ils dévorentlesjnges, et les rois tombent. » Le four est I))'is dans le sens bOll dans Ésaïe: » Parole de Jéhovah, » de Qui le foyet' (est) dans Sion, et le FoUI' dans Jérusalem. » ­ XXXI. 9; - Sion est l'Église céleste, ainsi le bien de l'amoUl' qui appartient il. cette Église; .Tél'llsalem est l'Église spirituelle, ainsi le bien de cet amou!', c'est-à-dire le bien de la cllarité et de la foi; ici le l'OUI' est le plaisir intérieur des affections du bien et du vrai; le four 11. celte signification, parce que le pain, qui est confectionné dans le four, signifie le bien de l'amoU' céleste et spirituel; que le pain ait cette signirtcation, on le "Wl N°s 276, 680, 2~65, 2·177, 3a61., 34,78, 373(), 38'13, 1.21·1, 4,217, 4,73 ,1.976,0915: et comme
  • 390. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 385 la signification du four vient de là, voilà pourquoi le pain confec­ tionné pour les sacrifices et nommé Minchah, laquelle était confec­ tionnée dans un four, était distingué de la Minchah confectionnée dans la poêle, et de la mincl1ah confectionnée dans la marmite.­ Lévit. II. 4, 5,7; c'étaient des diversités du" bien de l'amour qui étaient signifiées par ces trois l'Iinchahs. 7357. Et sur toi, et SUl' ton peuple, et SUl' tous tes serviteuTS monteront le.~ grenouilles, signifie que les l'ai.~onnements d'apl'ès les faux seront dans toutes choses en généml et en pal'ticulier : on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus N° 7355 ; tous ceux en gé­ néral et en particulier qui étaient dans la terre d'Égypte sont signi­ fiés par Pharaon, son peuple et ses servileurs, ainsi sont signi­ fiés les faux dans toutes choses en général et en particulier: que Pharaon et les Égyptiens signifient les fau~, c'est ce qui a déjà été montré très-souvent. 11 faut qu'on sache que ceux. qui sont dans l'enfer, et à qui les vrais qu'ils savaient dans le monde ont été ôtés, ne peuvent faire autrement que de prononcel' des faux; de là vient que quand quelqu'un d'eux parle, ce qui arrive quand ils apparais­ sent dans le monde des esprits, on sail aussitôt que c'est le faux' les esprits probes, dans l'autre vie, connaissent cela d'après une commune expérience: que les esprits infernaux. ne disent que le faux, cela est encore bien évident par les paroles du Seigneur dans Jean: il. Vous, pour père vous avez le diable, ct vous voulez faire Il les désirs de votre père; lui, il était meurtrier dès le commence­ 11 ment, et dans la vérité il ne s'est point tenu, parce que la vérité Il n'est point en lui; quand il pl'ononce le mensonge, il p1'ononce » cfaprès ses propl'es, puisqu'il prononce le mensonge, et en est le Il père. » - VIlI. U; - en effet, chacun parle selon raffection de son amour, et personne ne peut parler contre cette affection, sinon par dissimulation, hypocrisie, fraude et fourberie, comme les mé­ chants ont coutume dû faire quand ils prononcent des vrais; mais ces vrais qu'ils prononcent ainsi sont chez eux. néanmoins des faux: au contraire, ceux qui sont dans le vrai d'après le bien ne peuvent faire autrement que de prononcer des vrais. XI. 25
  • 391. 386 ARCANES CÉLESTES. DES HAnITAi'TS ET DES ESPRITS DE LA PLArÈTE DE MAliS. 7358. La Planète de liars apparaît, dans l'idée des Espl'its et des Anges, connue les autres l)lanètes, constamment à sa place, ct c'est même vers la gauche en avant 11 quelque distance dans le plan de la poitrine; et ainsi hors de la spllère où sont les esprits de notre terre. Les Esprits d'une terre ont été séparés des esprits d'une autre terre, et cela, parce que les Esprits de chaque terre représentcnt quelque Province particulière dans le Très·Grand­ Homme, ct sont par suite dans un élatautre ,ct dilI'érent; et la di­ vcrsité de l'état faitqu'i1~ apparaissent séparés les uns des autres, soit vers la droite, soit vers la gauche, à une distance ou plus grande ou plus petite. 7359. Des Esprits vil,lrcnt de là vers moi, ct s'appliquèrent à ma tempe gauche et là ils me soufllaient leur langage, mais je ne le comprenais point;i! était doux quant au lIux; je n'en avais pas, autant que je me le rappelle, perçu de plus doux auparavant, c'était comme l'aure (atmosphère du troisième degré) la plus douce, il soufflait d'abord vers la tempe gauche ct vers l'oreille gauche par en lIaut; et le souffle s'avançait de là vers l'œil gauche et peu à peu vers le droit, et découlait ensuite, sU'tout de l'œil gauche vers les lèvres; et, arrivé aux lèvres, il entrait dans le Cerveau par la bou­ che, et pal' un chemin au-dedans de la bouche, et c'était même par la trompe d'Eustache; quand le souftle fut parvenu dans le cerveau, je compris leU' langage, et il me fut donné de converser avec eux: j'observais que, lorsqu'ils me pal'laient, les lèvres ehez moi étaient en mouvement, et un peu aussi la langue, ct cela à cause de la cones­ pondance du langage intérieur avec le langage extériour; le langage extérieur appartient au son articulé qui ton1be du coté de la mem­ brane externe de l'Oreille, ct de là, au moyen des petits organes, dcs membranes et des fibres, qui sont au-dedans de l'Oreille, il est porté dans le Cerveau. 7360, Pal' là il me fut donné de savoir que le langage des habi­ tants de Mars était différent du langage des habitants de notre Terre, c'est-à-dire que c'était un langage non-sonore, mais presque tacite, s'insinuant dans l'ouïe ct dans la vue intérieure par un che­ lllin plus comt; et qu'étant tel, il était plus plein ct plus parfait,
  • 392. EXODE, CHAP. SEPTIÈME. 387 plus plein d'idées de la pensée, ainsi s'approchant de plus près du langage des esprits et des anges; l'affection même du langage est aussi représentée chez eux dans la face, et sa pensée dans les yeux; car la pensée et le langage, ainsi que l'affection et la face, font un chez eux; ils regardent comme infâme de parler autrement qu'on ne pe!1se, et de montrer sur sa face autre chose que ce qu'on veut; ils ne savent pas ce que c'est que l'hypocrisie, ni ce que c'est que la fourberie ct la fraude. 736~. Que les Très-Anciens sur notre terre aient eu aussi un tet langage, c'est même ce qu'il m'a été donné de savoir par la conver· sation avee quelques-uns d'entre eux., voir Nos 607, 608: pour éclaircir ce sujet, je vais de nouveau rapporter ce qu'il m'a été donné de savoir par e::périence sur le langage des Très-Anciens de cette terre, c'est ce qui suit: Il me fut montré par un certain (t Il influx que je ne saurais décrire, 'quel avait été le langage de ceux Il qui étaient de la Très-Ancienne Église; il n'était pas articulé » comme le langag(' par mots de notre temps, il était tacite et se » faisait non par la respiration externe, mais par la respiration in­ » terne; il me fut aussi donné d'apercevoir quelle était leur respi­ » ration interne, qu'elle allait de l'ombilic vers le cœur, et ainsi » par les lèvres, sans rien de sonore quand ils parlaient, et qu'elle li n'entrait pas dans l'oreille des autres par la voie externe, et ne " frappait pas sur ce qu'on appelle le tympan de l'oreille, mais " qu'elle entrait par une certaine voie interne, et même là par ce » qui est appelé aujourd'hui la trompe d'Eustache: il m'a été mon­ Il tré que par un tel langage ils poutaient exprimer les sentiments li du cœur et les idées de la pensée bien plus pleinement qu'on ne " peut jamais le faire par des sons articulés ou des mots sonores, li qui sont. pareillement réglés par une respiration mais externe, " car il n'y a pas un mot, ni même rien dans un mot, qui ne soit li réglé par des applications de la respiration; mais chez eux cela se li faisait avec beaucoup plus de perfection, parce que c'était par la li respiration interne, qui, etant intérieure, est par cela même plus li parfaite, et aussi plus applicable et plus conforme aux idées même Il de la pensée: outre cela, ils s'exprimaient encore par de très-légers Il mouvements de lèvres et par des changements correspondants de )1 la face; en effet, comme ils étaient hommes célestes, tout ce qu'ils
  • 393. 388 ARCA.NES GÊLESTES. ~ pensaient se manifestait clairement par leRr face ct leurs yeux, )) qui ofl'raient d'une manièrêconforme des variatiDns, la face quant ~ à la fOI'me et quant à la vie. et les yeux quant à la lumière; ils ne »pouyaicntjamais montrer un visa~eqli ne fût pas en rapport avec )) ce qu'ils pensaient; la dissimulation et plus encore la fourberie " était pour ,eux un crime énorme: comme ils avaient un tel lan­ )) gage, ct que ce langage se faisait par la respiration interne, c'est )) pour cela qu'ils ont pu avoir sociét~ avec les Anges, N.o 1118. » 7362. La respiration des Esprits de la Planète de Mars m'a aussi Né communiquée (que les Esprits et les Anges respiren t, on le voit Nos 3884 à 389...); et je perçus que leur respiration était inté­ rieure, allant de la région du thorax vers l'ombilic, et de là se dé­ veloppant en haut par la poitrine, avec. un souffle imperceplible vers la bouche : j'ai pu voir d'après cela, puis aussi par d'll.utl;CS docmnents de l'-expérience, qu'ils étaient JrJlllg~.nig mlQstc, ct qu'ainsi ils ne différaient pas de ceux qui avaient été de la Très­ Ancienne Église sur notre Terre. 7363. Ils me parlèrent de la vie des llabitanls de leur terre; ils me dirent qu'ils ne sont point sous des empires, mais qu'ils sont distingués en sociétés grandes el petites; que là ils s'associent se­ lon la convenance des caractères, et qu'ils découvrent sur-le-champ celte convenance d'après la face et le langage et ~e trompent rare­ ment; ils sont alors aussitôt amis: toutefois ils n'ont pas d'3'er­ sion pour les autres, car ils n'ont aucune aversion, ni à plus forte raison aucune haine. Ils me disaient aussi que leurs associations sont agréables, et qu'entre eux ils parlent de ces choses qui se font dans les sociétés, et principalement de celles qui se passent dans le Ciel, car plusieurs d'entre eux ont une communication manifeste avec les Anges qui sont dans le Ciel. Il est même probable, puis­ qu'ils sont tels et ainsi associés, que leurs sociétés prises ensem­ ble dal}~e ..leITe, représentent la commune société Angélique, car dans le Ciel toutes les sociétés sont différentes, mais le Sei­ gneur les conjoint toutes par la forme céleste, afin qu'elles soient un; en effet, l'unité se compose de variétés convenablement dis­ posées dans une forme. 736... Ceux qui, dans leurs sociétés, commencent à penser de trayers, et par suite à mal vouloir, sont séparés de la société, on
  • 394. ~XODE,! CIUP. SEPTIÈME. 389 kls abandonne à eux seuls; de là ils mènent hors de la société une vie tout-à-fait misérable dans des rochers ou ailleurs, car on ne s'occupe plus d'eux: quelques sociétés cherchent par .divers moyens à. forcer ces hommes à s'amender, mais quand elles n'y réussissent point, elles s'im séparent. Ils se mettent ainsi sur leurs Eardes, afin que la cupidité de la domination et la cupidité du gain ne s'introduisent point, c'est-à-dire, afin que quelques-uns pal' ~upidité de domination ne mettent point sous leur jou~ la société dans laquelle ils sont, et ensuite plusieurs autres sociétés; et afin que quelques-uns par cupidité de gain n'enlèvent point aux autres. leurs biens; chacun y vit Content de ses biens, et chacun est con­ tent de son honneur, ql!i consiste dans la réputation d'être juste ct d'aimer le prochain; ce plaisir et la tranql!.illité d'esllfit (animi) , seraient détruits, s'ils ne chassaient pas des sociétés ceux qui pen­ sent mal ct veulent mal, et s'il~ ne prévenaient pas avec prudence et sévérité, dès les commencements mêmes, l'amour de soi et l'a­ mour du monde chez ceux où ces amours se manifestent; car' ce sont. ces amours qui ont fait que les sociétés sont devenues des èÏnpires er des royaumes, au-dedans desquels il est peu d'hommes qui ne veuillent dominer et posséder les biens des autres, car il en est peu qui fassent le juste et l'équitalJle d'après l'amour dll juste et de l'équitable, et moins encore qui fassent le bien d'après la charité, et le vrai d'après la foi, mais c'est d'après la crainte ùe' la loi, du préjudice, de la perte de la vie, du lucre, de l'honneUl' el de la réputation. 7365. La continuation sur les halJitants et les esprits de la Pla­ nète de Mars est à la fin du· Chapitre suivant. . ~
  • 395. PREMIERE PARTIE DU LIVRE DE L'EXODE. ; c::s:ae. CHAPITRE HUITIÈME. DoCTr.INE DE LA CHANTÉ. 7366. Il a été dit ci-dessus que les Amours de soi et du monde chez l'homme constituent l'Enfer; il sera dit maintenant quels sont ces amours, et cela, afin que l'homme sache s'il est en eux, et par conséquent s'il a en lui l'Enfer ou s'il a le Ciel; car dans l'homme même il y a ou l'Enfer ou le Ciel: que le Royaume de Dieu soit au-dedans de l'homme, c'est ce que le Seigneur enseigne dans Luc, Chap. XVII. 21 ; il en est de même par conséquent de l'Enfer. 7367. L'amour de soi règne chez l'homme 1 c'est-à-dire, l'homme est dans l'amour de soi, lorsque dans les choses qu'il pense et fait il ne considère pas le prochain, ni par conséquent le public, ni encore moins le Seigneur, mais qu'il ne considère que lui et les siens, ainsi lorsqu'il fait toutes choses pour lui et pour les siens, et que quand il agit pour le public et le prochain, c'est seulement afin d'être vu. 7368. Il est dit pour lui et pour les siens, parce que lui-même fait un avec les siens, et que les siens font un avec lui; ainsi, quand quelqu'un fait quelque chose pour son épouse, ses enfants, ses petits-enfants, ses gendres, ses brus, HIe fait pour lui-même, parce que ce sont les siens; pareillement si c'est pour des alliés ct pour des amis qui sont favorables à son amour, et qui par là sc
  • 396. l!:XûDE, CH,P. HUlTlÈ~lE. agI conjoignent à lui, cal' pal' une telle conjonction ceux-ci font un avec lui, c'est-à-dire, se considèrent en lui et lui en eux. 7369, A.utant l'homme est dans l'amour de soi, autant il s'éloi­ gne de l'amour du prochain ; pat' conséquent autant l'homme est dans l'amour de soi, autant il s'éloigne du Ciel, cal' dans le Ciel est ('amour du prochain; de là aussi résulte qu'autant l'homme est dans l'amour de soi, autant il est dans l'enfer, car dans l'enfer est l'amour de soi. 7370. Dans l'amour de soi est l'homme qui méprise le prochain en le comparant à soi-même, et qui le regarde comme un ennemi s'il ne lui est pas favorable, et s'il ne l'honore pas; encore plus darrs l'amour de soi, est l'homme qui, pour cette raison, a de la haine pour le prochain et le persécute; et encore plus celui qui pour cette raison bl'ûle d'en tirer vengeance et désire sa perte: de tels hommes enfin aiment à sévir contre le prochain; et si ces mêmes hommes sont aussi adultères, ils deviennent féroces, 737 t, Le l)laisir qu'ils perçoivent dans de telles actions est le plaisir de ramour de soi; ce plaisir chez l'homme est le plaisir infel'l1al: tout ce qui se fait conformément à l'amour est un plaisir; on peut donc aussi, d'après le plaisir, savoir quel est l'amoUl'. 737'2. Pal' les choses qui viennent d'être rapportées, No 7370,. comme indices, on connaît qui sont ceux qui sont dans l'amoul' ùe soi: peu importe de quelle manière ils se présentent dans la forme exteme, et qu'ils soient élevés ou soumis; cal' de telles choses sont dans l'homme intérieur; 01' l'homme intérieur aujour­ d'hui est caché par la plupart des hommes, ct l'extérieur est ins­ truit à feindre des choses qui concernent l'amour du public et du prochain, pal' conséquent des choses opposées; et cela aussi pOUl' soi-même ct pour le monde. 7373. L'amour du monde règne chez l'homme; c'est-à-dire. l'homme est dans l'amour du monde, lorsque dans les cho~es qu'il pense et fait il ne considère et n'a en vue que le lucre, sans s'inquiéter si cc qu'il fait est .préjudiciable au prochain ct au public. 7il74. Dans l'amour du monde sont ceux qui désirent attirer à eux les biens des autres par des ruses m6ditées, ct plus encore ceux qui emploient l'as!uceet la fraude. Ccux qui sont dans cet
  • 397. 39i ARCANES CÉLESTES. amour envient les biens des autres et les c.ohvoitent; et en tant qu'ils ne craignent point les lois, ils les en privent et même les en dépouillent. 7375. Ces deux amours croissent autant qu'on leur lâche le frein, et que l'homme s'y laisse emporter, et enfin ils croissent au-delà des bornes, au point de vouloir dominer non-seulement sur tout ce qui est dans le royaume, mais encore sur ce qui est au-delà, jusqu'aux bout;; de la terre; bien plus, quand les freins sont lâchés; ces amours s'élèvent jusqu'au Dieu de l'univers, c'est­ à-dire, à un tel point que ceux qui sont dans ces amours veulent monter sur le trône de Dieu, et être adorés à la place de Dieu lui­ même; selon ces paroles, dans Esaïe, au sujet de Lucifer par lequel sont entendus ceux qui sont dans ces amours et sont appelés Babel: " Tu as dit dans ton cœur: Je montemi aux cieux, par-dessus les étoiles de Dieu f élèverai mon trône, je m'assiérai sur la mon­ tagne de la convention, aux côtés du septentrion: je monterai au­ dessus des hauts lieux de la nuée, et je deviendrai semblable au Très-Haut; mais tu as été précipité dans l'enfer. II - XIV. 13, 14,15. 7376 .. lV1aintenant, d'après ce qui vient d'être dit, on peut voit' que ces deux amours sont les origines de tous les mau.x, car ils sont diamétralement opposés à l'amour envers le prochain et à ramolli' pour le Seigneur, par conséquent diamétralement opposés au Ciel, où règnent l'amour pour le Seigneur et l'amour envers le prochain; cc sont en conséquence ces deux .amours, savoir, l'amolli' de soi et l'amour du monde, qui sont l'enfer chez l'homme, car ces deux amours règnent dans l'enfer. 7377. Toutefois dans ces amours ne sont point ceux qui aspirent aux honneurs non pour eux-mêmes, mais pour la patrie, et qui aspirent aux richesses non pour les richesses, mais pour les néces-. sités de leur propre vie et de celle des leurs, puis pour un usage bon, en vue duquel l'opulence leur plaît; chez ceux-ci les honneurs et les: richesses sont les moyens de biel faire.
  • 398. EXODE, CHAP. HUlTlÈM~. 393 CHAPITRE VIII. i. Et JÉHOVAH dit à lIoscheh: Dis à Aharon : Étends ta main avec ton bâton SUI' les torrents, sur les fleuves ct sur les étangs, et fais monter les grenouilles sur la terre d'Égypte. 2. Et Aharon étendit sa main sur les caux de l'Égypte, ct la grenouille monta, et elle couvrit la terre d'Égypte. 3. Et ainsi firent les mages d'Égypte par leurs enchantements, et ils firent monter les grenouilles sur la terre d'Égypte. i. Et Pharaon appela Moscheh et Aharon, et il dit: Suppliez JÉHOVAH, et qu'il éloigne les grenouilles de moi ct de mon peuple, et je renverrai le peuple, et qu'ils sacrifient à JÉHOVAH. 5. Et lIoscheh dit à Pharaon: Honore-toi sur moi; pour quand supplierai-je pour toi, et pour tes serviteurs, et pour ton peuple, pour exterminer les grenouilles d'auprès de toi, et de tes maisons? seulement dans le fleuve elles resteront. 6. Et il dit: Pour demain. Et il dit: Selon ta parole; afin que tu saches que nul (n'est) comme JÉHOVAH notre DIEU. 7. Et les gren9uilfes seront éloignées de toi, et de tes maisons, et de tes serviteurs, et de ton peuple; seulement dans le fleuve elles resteront. 8. Et l'Ioscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon, et lIoscheh 'cria à JÉHOVAH au sujet des grenouilles qu'il avait imposées à ·Pharaon. 9. Et JÉHOVAH fit selon la parole de Moscheh; et elles moururent les grenouilles, des maisons, des cours et des champs. iO. Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, et la terre (en) puait. i i. Et Pharaon vit qu'il y avait de la respiration, et il appe­ santit son cœur, et il ne les écouta point, ainsi qu'avait parlé JÉHOVAH. i2. Et JÉHOVAH dit à Moscheh: Dis à Aharon: Étends ton bâ­ ton, ct frappe la poussière de la terre, ct elle deviendra des poux dans toute la tene d'Égypte. .' i;J. Et ils firent ainsi, et Aharon étendit sa main avec son bàton,
  • 399. :l.l4 A.BeAi'ŒS CELESTES. ct il frappa la poussière de la terre, ct le poux fut sur l'homme cl sur la bête: toute la poussière de la terre devint poux ùans toute la terre d'Égypte, 14. Et ainsi firent les mages par leurs enchantements pour pro­ duire des poux; et ils ne puren t point, et le poux fut SUI' l'homme ct sur la bête. 15. Et les mages dirent ü Pharaon: Le doigt de DIEU, ceci: et le cœur de Pharaon fut renforcé, et il ne les écouta point, ainsi qu'avait parié JÉHOVAH. 16. Et JÉHOVAH dit à l:Ioscheh: U'Ve-toi matin au matin, ct , pose-toi devant Pharaon; voici, il sort vers les eaux, et tu lui diras: Ainsi dit JÉHOVAH: Renvoie mon peuple, et qu'ils 1Ie servent. 17, Car si toi tu ne renvoies pas mon peuple, voici Moi j'envoie contre toi, et contre tes serviteurs, et contre ton peuple, et contre tes maisons, le Volatile nuisible; et seront remplies les maisons des Égyptiens du Volatile nuisible', et aussi la terre sur laquelle elles (sont). 18. Et je distinguerai en ce jour-là la terre de Goschen, sur la­ quelle mon peuple ~ tient, en ce qu'il n'y aura point là de Volatile nuisible, afin que tu saches que 11oi (je suis) JÉHOVAH au milieu de la terre. 19. Et je mettrai une rédemption entre mon peuple ct ton peu­ pIe; pour demain sera ce signe. 20, Et JÉHOVAH fit ainsi, et il vint du volatile nuisible en masse en la maison de Pharaon, et la maison de ses serviteurs, et dans toute la terre d'Égypte; et la t~l'fE~ était abîmée à cause du volatile nuisible. 2,1, Et Pharaon appela Moscbeh at Aharon, et il dit: Allez, sa­ crifiez à votre DIEU ùans la terre, 22. Et l:loscheh dit: Il n'est point convenable de faire ainsi, pal'ce que nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens à JÉHOVAIf notre DIEU; voici, nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens à leurs yeux, lie nous lapideront-ils point? 23. Le chemin de trois jours nous irons dans le désert, et nous sacrifierons à JÉHOVAH notre DIEU, ainsi qu'il nous a dit. 2(., Et Pharaon dit: Moi jc vous renverrai, ct vous sacrifierez
  • 400. EXODE, CHA.P. HUlTIÈME. 3~lr> à lÉ1lOvAH votre DIEU dans le désert; seulement en vous éloignant ne vous éloignez point p<1U.r aller; suppliez pOUl' moi. 25. Et lUoscheh dit ~ Voici, moi je sors d'avec toi, et je sup­ plierai ~ÉHOVAU~ et qu'il éloigne le volatile nuisible de Pharaon, ge ses servitew'S et do son peuple, demain; seulement que, Pha­ raon ne contintle pas à se moquer, en ne renvoyant pas le peuple pour sacrifier à JtHOl.Uf. 26. Et l'Ioscheh sortit d'avec Pharaon, et il supplia JÉIIOVAH. 27. Et JÉlIOVAll fit selon·la parole de Moscheh, et il éloigna le volatile nuisible de Pharaon, de ses serviteurs et de son peuple; il n'en resta pas un. ~8. Et Pharaon appesantit son cœur encore cette fois, et il ne renvoya point le people. CONTENU. 7378. Dans ce Chapitre, il continue dans le sens interne li être traité do la lastation de ceUI qui sont dans les faux et qui infestent dans l'autre vie les esprits probes: les deux premiers degrés de la vastation ont été décrits dans le Chapitre précédent, ainsi qu'une partie du troisième degré, qui consistait en ce qu'ils ne raison­ naient que d'après des faux sans mélange; les raisonnements d'après les faux sans mélange sont signifiés par les grenouilles; il continue à en être question dans ce Chapitre; et ensuite il s'agit du quatrième et du cinquième degré de la vastation de ceux qui .sont dans les faUI et qui infestent dans l'autre vie les esprits pro­ bes; le quatrième degré consiste en ce qu'ils étaient dans des maux qui détruisaient chez eux tout bien, même tout ce qu'ils tenaient du biQn naturel, ce qui est signifié par les poux provenant de la poussière de la terre: le cinquième degré consiste en ce qu'ils ,ét~ient dans les faux d'après ces maux, par lesquels tout vl'ai était détruit, ce qui est signifié par le volatile nuisible. SENS INTERNE. 7379. Vers. 1 à 10. Et Jéhovah dit à 1Iloscheh : dis à Ahal'on : étends la nuûn avec ton bâton sur les. torrents> sur les flelwes ct
  • 401. 396 AnC..NES CltLESTES. SUI' les étangs, et rai~ monter les gl'enouilles sw' la tel'I'e d'Égypte. Et Aharon étendit sa main sur les eaux de l'Égypte, et la grenouille monta, et elle couvrit la terre d'Égypte. Et ainsi firent les mages d'Égypte pm'leurs enchantements, et ils firent monter les grenouilles sur la terre: cr Égypte. Et Pharaon appela Jloscheh et Aharon, et il dit: Suppliez Jéhovah, et qu'il éloigne les grenouilles de moi et de mon peuple, et je renverrai le peuple, et qu'ils sacrifient. à Jéhovah. Et Moscheh dit à Pharaon: Honore-toi sur moi; pour quand sup­ pliemi-je pour toi, et pour tes serviteurs, et pOUl' ton peuple, pOUl' exterminer les grenouilles d'auprès (le toi, et de tes maisons? seule­ ment dans le fleuve elles l'esteront. Et il dit: Pour demain. Et il dit; Selon ta parole; afin que tlt saches que nul (n'est) comme Jéhovah notre Dieu. Et les grenouilles seront éloignées de toi, et de tes maisons, et de tes serviteurs et de ton peuple; seulement dans le fleuve elles resteront. Et Moschelt sortit, et Aharon, d'avec Pha­ l'aon, et Moscheh cria à Jéhovah au sujet des grenouilles qu'il avait imposées à Pharaon. Et Jehovah fit selon la parole de Moscheh; et elles moururent les grenouilles des maiwns, des cours et de:; champs, Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, et la: ten'e (en) puait. - El Jéhovah dit à llloscheh, signifie l'instruc­ tian: dis à Aharon, signifie l'infiux de la Loi interne dans la loi externe: étends ta main avec ton bâton, signifie la puissance du vrai interne par le vrai externe: sur les torrents, Sl/R' les fleuves et sur les étangs, signifie contre les faux: et fais monter les gre­ nouilles sur la terre ri Égypte, signifie les raisonnements d'après les faux sans mélange: et Aharon étendit sa main sur les eaux de l'Égypte, signifie l'effet de la puissance du vrai interne pal' le vrai externe contre les faux: et la grenouille monta, signifie les raison.. nements d'après les faux sans mélange: et elle couvrit la terre (l'Égypte, signifie le mental natUI'el en ce qu'il devint tel: et ainsi firent les mages âÉgypte par Leurs enchantements, signifie l'abus de l'ordre Divin, d'où résulta une chose semblable dans la· forome ,externe: et ils firent monter les grenouilles sur la terre tf Égypte, signifie quant aux raisonnements d'après le mental naturel: et Pharaon appela 1I10scheh et Allaron, signifie la présence de la Loi Divine: et il dit ; suppliez Jéhovah, signifie l'humiliation à cause de l'ennui: et qn'il éloigne les fJt'enouilles (le moi ct de mon pete..
  • 402. EXODE, CHAP. HUITltME. 397 pie, signifie afin qu'ils ne fussent pas forcés de raisonner d'après des faux sans mélange: et je renverrai le peuple, et qu'ils screri­ fient à Jéhovah, signifie qu'ils laisseraient alors ceux qui sont de rt~glise spirituelle, afin qu'ils adorent leur Dieu: et 1Il0scheh dit à Pharaon, signifie la réponse: honore-loi sur moi, signifie qu"il faut se confier à la Loi Divine: pOUl' quand supplierai-je pour LOi, et pour tes serviteurs, et pour ton peuple, signifie l'intercession pOUl' ceux qui sont dans les faux et qui infestent: pour exterminer le.ç gl'enouilles âauprès de LOi et de tes maisons, signifie pour que les raisonnements cessent: seulement dans le fleuve elles reste­ • l'ont, signifie que ces raisonnements doivent demeurer avec les faux Ol! sont ces faux: et il dit; pour dernain, signifie à perpétuité: et il dit: selon ta parole, signifie la confirmation qui en résulte: afin que tu saches que nul (n'est) comme Jéhovah nOIre Dieu, si­ gu-ifie qu'il ya un seul Dieu, et qu'il n'en est pas d'autre que Lui: et les gl'enouilles sel'ont éloignées de toi, et de tes maisons, et de tes serviteurs, et de ton peuple, signifie qu'ils ne seraient point forcés de raisonner d'après les faux sans mélange: seulement dans le fleuve elles l'esteront, signifie qu'ils demeureront avec les faux où sont ces faux: et Moscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon, signifie la séparation d'avec ceux qui raisonnaient d'après les faux sans mélange: etll'Toscheh cria à Jéhovah au sujet des grenouilles qu'il avait imposées à Pharaon, signifie l'intercession: et Jéhovah fit selon la parole de lJfoscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon la parole du Seigneur: et elles moururent les grenouilles, des mai­ sons, des cours et des champs, signifie que chez eux cessaient les raisonnements d'après les faux sans mélange partout dans le na­ turel : et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, signifie que ces faux raisonnants étaient disposés en faisceaux dans le na­ turel: et la teTre (en) puait, signifie ce qui est hideux et re­ poussant. 7380. Et Jéhovah dit à Moscheh, signifie l'instruction: on le voit par la signification de dire, cn ce que c'est l'instruction, Nos 7186, 7304, Dans les Historiques de la Parole, on voit claire­ ment par les cboses qui suivent ce que Dire signifie, car cette expression enveloppe ces choses; si elle signifie ici l'instruction, c'est parce que Jéhovah dil cc qui doit êll'c fait ultél'ieu:ement ;
  • 403. 398 ARCAl'lES CÉl.ESTES. lJloscheh aussi représente la -Loi Divine, par laquelle Jéhovah donne l'instruction. 738,1. Dis à Ahltro/t, signifie l'in/lux de la Loi interne dans la loi exteme: on le voit pal' la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, N°s 6723, 6752; et par la représentation d'Ahal'on, en ce qu'il est la doctrine du bien et du vrai, N°s 6998, 7089; la doctrine du bien et du vrai, qu'Aharon reprcsente, n'est pas autre chose que la Loi externe, existant par la Loi interne, c'est-il-dire, par le Divin au moyen de la Loi interne; et par la signification de dire, en ce que c'est l'influx, comme Nos 6152, 629",7291; si dire ici signifie l'influx, c'est parce que Moscheh devait dire à Aharon, et que Moscheh est la Loi interne, et Aharon la Loi externe, et que l'influx procédant du Divin se fait par l'In­ terne dans l'Externe: la Loi interne est le Vrai Divin même tel qu'il est dans le Ciel, et la Loi externe est le Vrai Divin tel qu'il est en la terre; ainsi la Loi interne est le Vrai mis à la portée des Anges, et la Loi externe est le Vrai mis à la portée des hommes. Puisque la Loi interne que lloscheh représente est le Vrai mis à la portée des Anges, et que la Loi externe qu'Almon représente est le Vrai mis à la portée des hommes, il est à propos d'en dire ici quelque chose: Le Vrai mis à la portée des Anges est, quant à la plus grande partie, incompréhensible pour les hommes, cela est constant en cc que dans le Ciel il est vu et il est dit des choses que jamais l'œil n'a vues et que jamais l'oreille n'a entendues; et cela, parce que les choses qui sont dites chez les Anges sont des spiri­ tuels, qui ont etc abstraits des naturels, conséquemment éloignés des idées et des mots du langage humain; en effet, l'homme s'était formé ses idées d'après les choses qui sont dans la nature, et même dans la nature la plus grossière, c'est-à-dire, d'après les choses qu'il avait vues dans le monde et sur la terre, et qu'il avait touchées, lesquelles sont matcrielles; les idées de ;l, pensée intérieure chez l' homme, quoiqu'elles soient au-dessus des matériels, sont néan­ moins terminées dans les matériels, et où elles sont terminées là clics paraissent être, de là l'homme perçoit ce qu'il pense; d'aprb; cela, on voit clairement ce qu'il en est du vrai de la foi, et quel est celui qui tombe dans la pensée de l'homme ct qui est appelé Loi externe et représenté par Aharon; soit cet exemple pour illustra­
  • 404. EXODE, CHAP. HUITIÈME. 399 tion : l'liomme ne peut en aucune man!èl'e penser sans l'idée du temps et de l'espace, cette idée s'attache presqu'à chaque chose que l'homme pense; si l'idée résultant du temps et de l'espace était ôtée à l'homme, il ne saurait pas cc qu'il pense, ct saurait même à peine s'il pense; au contraire, dans les idées des anges il n'y a rien du temps ni de l'espace; mais au lieu du temps ct de l'espace il y a des états; cela vient de ce que le monde naturel sc distingue du monde spirituel par le temps cL l'espace: si dans le monde naturel il yale temps ct l'espace, ct dans le monde spirituel des états au lieu du Lemps ct de l'espace, c'est parce que dans le monde naturel le soleil, par des circonvolutions apparentes, est vu faire les jours et les années, et distinguer les jours en quatre temps, la nuit, le matin, le midi ct le soir, et les années aussi en quatre temps, l'hiver, le printemps, l'été et l'automne, et cela aussi par des varia- tions de lumière et d'ombre, de chaleur ct de froid; de là les idées du temps ct des variations du temps; les idées de l'espace existent d'après la mesure par les temps, c'est pourquoi oil est l'un, là est l'autre: :lU contraire, dans le monde spirituel, le Soleil du Ciel, d'où proviennent la lumière spirituelle et la chaleur spirituelle, ne l'ail pas de circongyraLions ni de circonvolutions, ct par conséquent n'introduit point d'idées de temps ct d'espace; la lumière qui pro- cède de ce soleil est le Vrai Divin, et la chaleur qui procède de ce soleil est le Bien Diyin; par eux existent les idées des etats chez les anges, les états d'intelligence et de foi par le Vrai Divin, et les éLats de sagesse et d'amour par le Bien Divin; aux variations de ces etats chez les anges correspondent dans le monde les états de lumière et d'ombre, de chaleu]' et de froid, qui appartiennent au soleil quand il fait les temps et mesure les espaces. D'après cet exemple, on peut voir en quelque sorte quel est le vrai interne, ou le vrai mis à la portée des anges, qui est appelé Loi interne, ct quel est le vrai externe, ou le vrai mis à la portée des hommes, qui est appelé Loi externe; de là aussi on peut voir que les choses dont s'entretiennent les anges, sont incompréhensibles pour l'homme et même i.nexprimables. 7382. Étends ta main avec ton bâton, signifie la puissance dit vrai interne par le vrai externe: on le voit par la signification de la llwin, en ce qu'elle est la puissance spirituelle, qui apparlien t au
  • 405. 400 ARCANES CÉLESTES. vrai interne; et pal' la représentation du bâton, en ce qu'il est la puissance naturelle, qui appal tient au vrai externe, Nol 6947 ,694.8; que dans le monde spirituel toute puissance appartienne au vrai, on le voit Nos 3091,3:187, 4.93,1, 6344, 64.23, 69~8: comme Moscheh représente la Loi interne, qui est la même chose que le Vrai in­ teme, et qu'Aharon représente la Loi externe, qui ~st la même chose que le Vrai externe, et comme le Vrai inteme inllue dans le Vrai externe, et lui donne la puissance, N° 7381, c'est pour cela que cette parole de Moscheh à Aharon Ct Étends ta main avec ton bâton" signifie la puissance du Vrai interne par le vrai externe. 7383. SUI' les ton·ent.~, sur Les fleuves et sur Les étangs, signifie C01W'e Les (aux: on le voit pal' la signification des torrents et des fleuves d'Égypte, en ce qu'ils sont les doctrinaux du faux, N° 7323; et par la signification des étangs, en ce qu'ils sont les scientifiques qui leur servent, N° 7324.; ce sont donc les faux qui sont signifiés par les torrents, les fleuves et les étangs. 738~. Et (ais monte1' Les grenouiLLes SUi' La terre d'Égypte, si­ gnifie les raisonnements d'allrès Les (aux sans méLange: voir N°s 735,1, 7352; les grenouilles correspondent même aux raison­ nements d'après les faux, car toutes les choses, en général ct en particulier, qui sont dans le monde naturel, ont une correspon­ dance avec celles qui sont dans le monde spirituel; et cela, parce que le monde naturel existe par le monde spirituel; c'est pour quoi toute la nature est le théâtre représentatif du monde spirituel, N0s 2158, 34.83, 4.939. 7385. Et Ahal'on étendit sa main su)' Les eaux de l'Égypte, signifie L'effet de La puissance du vrai interne par Le vrai externe cont1'e les (aux: on le voit par la représentation d'Aharon, en ce qu'il est la doctrine du vrai et du bien, ainsi le vrai externe, N0s 6998, 7009, 7089; par la signification de la main, en ce qu'elle est la puissance, N°s 878, 4.931 à {'937, ici la puissance du vrai interne par le vrai externe, comme ci-dessus No 7382; et par la signification des eaux de L'Égypte, en ce qu'elles sont les faux, N0s 6693, 7307; L'effet est signifié par cela qu'il étendit la main et que la grenouille monta: il est donc évident que ces paroles, • Aharon étendit sa main sur les eaux de l'Jtgypte, li signifient
  • 406. EX.ODE, .CHAP. HUlTiÈME. I!() t re'fret de la puissance du Hai int.ernc pal' le vrai externe contrc les faux. 7386. Et la grenouille monta, signifie les misonnemenls d'après les faux sans mélange: on lc voit pal' cc qui vient d'être dit N0 7384. 7387. Et elle couvrit la terre d'Égyple, signifie le 1ltenwl na­ turel en ce qu'il devint tel: on le voit pal' la signification de couvt'il', en cc que, puisque cela est dit du mental naturel, c'est qu'i! a été rempli dc faux ct des raisonnements qui proviennent des faux, qu'ainsi il devint tel; et pal' la signification de la terre d'Égyple, en cc qu'clic est le mental naturel, N°s 5276, 5278, 5280, 5288, 530,1. '7·388. Et ainsi firent les mages d'ÉgYPle pal' leurs enchante­ ments, signifie l'abus de l'm'dl'e Divin, d'où. résulta une chose sem­ blable dans la {orme externe: voir N°s 7296, 7297, 7337, olt sont de semblables paroles. 7389. Et ils firent montel' les grenouilles SUI' la ten'e d'ÉgYPle, signifie quant aux misonnements d'après le mental nalurel: on le voit par la signification des grenouilles, en cc qu'ellcs sont les raisonnements d'après les faux sans mélange, j'os 735,1, 7352, 7384; et par la signification de la terre d'Égyple, en cc qu'clle est le mental naturel, ainsi qu'il vicnt d'êlre dit 10 7387. 7390. Et Pharaon appela Mosclteh et Aharon, signifie la pré­ sence de la Loi Divine: on le voil I)ar la signification d'appelel', en ce que c'est la présence, N° 6'177; si appeler sign Wc la préscncc, c'est parce qu'appclel' quelqu'un, c'est vouloir lui parler Cl lui com­ muniquer ce qu'on pense, et que dans l'autre vic, d'après la loi de l'ordre, celui à qui quelqu'un veul parler et désirc communiquer ce qu'il pense, se montrc présent; pal' la représcntation dc Pha­ t'aon, en ce qu'il désignc ceux qui sont dans les faux et qui infcs­ tent, ainsi qu'i! a été souvcnt dit; par la représentation de ftloschelt, en ce qu'il est la Loi interne; et pal' la représcntation d'Aharon, en ce qu'i! eslla Loi externe, 1'0 7381 . 739'1. Et il dit: Suppliez Jéhovah, signifie l'humiliation à cause de l'ennui: on le voit par la signification clc supplier Jéhovah, cn ce que c'est l'humiliation, car celui qui supplie cst dans l'humi­ liation, ct pareillement celui qui dcmande qu'un ;lltre sllpplil: ~. W
  • 407. 402 ARCANES CÉLESTES. pour lui; la raison pOUl' 13quelle supplier signifie l'humiliation, c'est que les Anges font attention non pas à la supplication, mais à J'humiliation dans laquelle est l'homme quand il supplie, car la supplication saIlS l'humiliation est seulement une voix qui l'etentit, mais qui ne vient ni à l'ouïe ni à la perception des Anges. Que ce soit à cause de l'ennui, savoir, de l'ennui de raisonner d'après des faux sans mélange, on le verra dans ce qui va suivre. 7392. El qu'il éloigne les grenouilles de moi cl de mon peuple, signifie afin qu'ils ue fnssenl point forcés de raiSOnlWl' d'après des faux sans mélange: on le voit pal' la signification d'éloigner, en cc que c'est ne pas être forcé, cal' la cause de la supplication était l'ennui de ce -qu'ils étaient forcés de raisonner d'après des f:lUX sans mélange; ct pal' la signification des grenouilles, en ce qu'elles sont les raisonnements d'après les faux. sans mélange, J'0s 735'1, 7352; et par' la représentation de Pharaon et des l<:gyp­ tiens, en ce qu'ils désignent ceux qui sont dans les faux et qui infestent, ainsi qu'il a été dit très-souvent. Quant à ce qui con­ cerne l'ennui, cause de la supplication ou de l'humiliation de ceux qui infestent, il faut qu'on sache que cela est pour eux un dé­ plaisir, car pal' les raisonnements d'après les faux sans mélange ils ne peuvent pas faire de mal; en effet, les faux sans mélange, qui sont négatifs du vrai, sont la l'Ïsée des esprits probes, ici de ceux qui sont de l'Église spirituelle du Seigneur et qu'ils infes­ taient; mais par les faux qui proviennent des illusions et des ap­ parences par lesquelles sont falsifiés les vrais, et qui ont été signi­ fiés par le sang en quoi furent changées les eaux dans l'Égypte, N°s 73,17, 7326, ils pouvaient faire du mal, parce que les illusions et les apparences séduisent, car elles sont comme une ombre et un voile sUl'les vrais; et comme ils ne peuvent pas faire du mal par les raisonnements d'après les faux sans mélange, c'est·à-dire, d'après les négatifs absolus du vrai, cela est pour eux un déplaisir, et voilà pomquoi ils prient; car la seule chose qui réjouisse les infernaux, c'est de faire du mal, de quelque manière qu'ils puissent en faire; en effet, faire du mal est le plaisir même de leur vie, tellement que c'est lem vie même; c'est pour cela que, quand il ne leur est pas permis de faire du mal, ils sont dans l'ennui: voilà pourquoi Pha­ raon a prié pour Hre délivré dn mal des grenouilles, et n'a pas prié
  • 408. EXODE, CUAP. lIUITlEME. ~'U3 pour être délivré du mal du sang, dont il a été parlé ci-dessus, ni 1)0Ul' être délivré du mal des poux, dont il sera parlé plus bas; car le mal des grenouilles signifie l'infestation pal' les raisonnements d'après les faux sans mélange, pal' lesquels ils ne peuvent pas faire de mal; mais le mal du sang signifie l'infestation pal' les faux d'après les illusions et les apparences, infestation qui lem est agréable, parce que pal' elle ils peuvent faire du mal; et le mal des poux signifie les maux, qui leur sont agréahles, parce que ce sont des maux. Dans l'autre vie, tous ceux-là perçoivent du plaisir à. faire du mal, qui dans le monde ne font pas du bien au prochain pour le prochain, ni à la patrie pour la patrie, ni à l'Église pour l'Église, mais pour eux-mêmes, par conséquent qui ne font pas le vrai et le bien pour le vrai et le bien; que ce soit pour eux un plaisir de faire du mal, cela nB 'se manifeste pas dans le monde, parce que l'homme externe le cache; mais dans l'autre vie, quand les externes sont ôtes, et que J'homme est abandonné à ses inté­ rieurs, ce plaisir se montre et se manifeste; de iù vient qu'ils sont dans l'enfer, car ceux qui sont dans l'enfe:, aiment tous faire du mal, mais ceux qui sont dans le Ciel aiment tous faire du bien. 7393. Et je l'enverrai le 7Jcuple, et qu'ils sacrifient à Jéhovah, signifie qu'ils laisseraient alors ceux qui sont de l' Église spiri­ tuelle, afin qu'ils adorent (eur Dieu: on le voit par la signification de rCilVoyer, en ce que c'est laisser, ]'05 7312, 7349,7350; par la représentation des fils d'Israël, en ce qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle, comme N°s 6'1':26,6637,6862,6868,7035,7062,7'198, 7201,7215,7223; et par la signification de sacl'ifiel' 6L JéhoL'ah, en ce que c'est adorer son Dieu; que les sacrifices aient signifié tout .culte en général, on le voit N° 6905 ; par conséquent ici adorer. 739~. Et lJloscheh dit à Pharaon, signifie la réponse: on le voit par la signification de dire, parce que c'est à Pharaon qui vient de pal'!er, en ce que c'est la réponse, comme aussi No 7103. 7395. Honore-toi sur moi, signifie qu'il faut se confier au Fmi Divin: on le voit par la signification de s'honorCl", en cc que c'est se confier; et par la représentation de Moscheh, en ce qu'il est la Loi Divine, N°s 6723, 6752; conséquemment en ce qu'il est le vrai Divin, Nos 677'1, 70,14, 7382. 7396. Pour quand supplierai-je pow' toi, ct pOUl" tcs Sl'rV,;leUn,
  • 409. 40, AHCANES CÉLESTES. (ft pOU" ton peuple, signifie l'intercession pour ceux qui sont dans les faux et qui infestent: on le voit par la signification de supplie1', pal'ce que c'est pour un autre, en ce que c'est l'intercession; et pal' la représentatIOn de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux, et qui infestent, N°s 7107, 7HO, 7126, 7U2, 73,17; et comme ceux-là sont représentés par Pharaon, quand il est en outre ajouté: el ses serviteurs et son peuple, ils sont tous entendus en général et en particulier, cal' les serviteurs sont ceux qui son t d'une condition inférieure et qui servent; le peuple, c'est chacun en particulier: tes empires et les royaumes sont représentés dans le Ciel comme un homme, et les sociétés qui sont là, sont repré­ sentées par les memlJres de cet homme; or lc roi est comme la tête: ce représentatif tire sa cause de ce que tout le Ciel repré­ sente un seul -homme, ct que les sociétés du Ciel en représentent les membres, et cela scion les fonctions; de là on peut voir com­ bien serait belle ct agréable dans le Ciel, la représentation d'un empire, d'un royaume et d'une société, si tous y étaient pareille­ ment conjoints par la charité et la foi: le Seignem aussi, partout où cela est possible, conjoint ainsi les sociétés, car le Divin Vl'Ui même, qui procède du Seigneur, introduit cet ordre partout où il est reçu; de là cct ordre est dans le Ciel; il est aussi sur les terres, mais les sociétés qui le constituent sont éparses par tout le globe, et se composent de tous ccux qui sont dans l'amolli' pour le Seigneur et dans la charité envers le prochain; néanmoins ces sociétés éparses sont 'ecueillies par le Seigneur, pour qu'clles re­ présentent aussi un seul homme, comme les sociétés dans le Ciel; ces sociétés sont non-seulement au-dedans de l'Église, mais même au dehors de l'Église, et prises ensemble elles sont appelées l'Église du Seigneur éparse et formée pal' la réunion des hommes bons sur lout le globe, Église qui est aussi appelée communion; cette communion, ou cette Église, est le Royaume du Seigneur SUI' les terres conjoint au Royaume du SeigneUl' dans les Cieux, et ainsi conjoint au Seigneur Lui-Même. 7397. l'our exterminer les grenouilles d'auprès de toi el de tes maisons, signifie afin que les misonnements cessent: on le voit pal' la signification des ,grenouilles, en cc qu'clles sont les raisonne­ ments d'après les faux sans mélange, jos 735-(, 7352, 7~~84; pal'
  • 410. EXODE, CHAP. HUrnE1lE. 4.05 la signilication d'exte1'lninel', en ce que ~'est cesser; en effet exter­ miner se dit des grenouilles, et cessel' se dit des raisonnements; par la représentation de Pharaon, d'auprès de qui les grenouilles seraient e:Ùerminées, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N0 7396; et pal' la signification des maisons, en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent au mental naturel; que la maison soit le mental naturel, on le voit ]"os 4973, 5023, 7353; de là les maisons au pluriel, cc sont les choses qui y sont. 7398. Seulement dans le fleuve elles J'estel'ont, signifie que ces mi­ sonnements doivent demeul'el' avec les {aux où sont ces {aux; on le voit par la signification du fleuve, ici du fleuve d'Égypte, en ce qu'il est le faux, N°s 6693, 7307; et par la signification de l'estel', en ce que c'est demeurer. Voici ce qui se passe; toutes les choses, quelles qu'elles soient, qui entrent chez l'homme ydemeurent, surtout celles qui sont reçues d'après l'affection; on croit que lescboses qui entrent sont entièl'ement oblitérées et rejetées quand l'homme ne s'en sou­ vient plus, toutefois elles ne sont point oblitérées ou rejetées; mais elles restent attachées, ou dans la mémoire intérieure, ou dans lamé­ moire extérieure parmi celles qui son t devenues familières; car celles qui deviennent familières sont comrne les naturelles qui coulent d'el­ les-mêmes et ne sont point tirées de la mémoire d'après un souvenir sensible, par exemple, comme le langage de l'homme, dont les mots affluent spontanément de la pensée, comme les gestes et les actions, et même la marche; comme aussi penser; ces choses entrent suc­ cessivement dès l'enfance, et avec le temps deviennent familières et coulent alors d'elles-mêmes; d'après ces clioses , comme aussi d'après d'autres choses semblables, on peut voir que toutes celles qui entrent chez l'homme y demeurent, et que celles qui sont pas­ sées en habitude, c'est-à·dire qui sont devenues familières, ne sont plus apel'çues y être, quoiqu'elles y soient; il en est de même des faux et des maux qui entrent chez l'homme, et de même aussi des vrais et des biens; c'est là ce qui le forme et fait qu'il est tel; que tout ce que l'homme a vu, entendu, pensé, prononcé et fait ait été inscrit en lui, on le voit N0s 2474.,24.89. D'après cela maintenant on voit comment il faut entendre que les raisonnements doivent demeurer avec les faux où sont ccs faux; car les faux, après qu'ils ont été éloi­ gnés, reçoivent leurs places ailleurs dans le naturel, et ayec les raux
  • 411. 406 ARCANES CÉLESTES. l'effort et la cupidité de raisonner; mais non comme auparavant dans le milieu sous l'intuition directe du mental. C'est de là que les grenouilles, comme il est rapporté dans la suite, furent amassées par monceaux, et que la terre en puait, ce qui signifie que ces faL"tX raisonnants furent disposés en faisceaux. dans le naturel, et qu'il en résulta quelque chose de hideux et de repoussant, voir plus bas, Nos 74.08, 7409. 7399. Et il dit: Pour demain,_ signifie à perpétuité: on le voit par la signification de pou'/.' demain, en ce que c'est à perpétuité, et pour l'éternité, N0 3998. 7400. Et il dit: Selon ta parole, signifie la confirmation qui en résulte: on le voit sans explication. 740 ~ • Afin que tu saches que nul n'est comme J éhovafl notre Dieu, signifie qu'il y a un seul Dieu, et qu'il n'en 'est pas d'autre que Lui: on le voit' en ce que, quand il est dit dans le sens historique que nul n'est comme Jéhovah-Dieu, il 'est entendu dans le sens interne qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, et, puisqu'il n'en est pas d'autre que Lui, qu'il y a un seul Dieu; dans la Parole il est dit quelque­ fois que nul n'est comme Jéhovah-Dieu, et aussi que nul Dieu n'est comme Jéhovah; il a été dit ainsi dans la Parole, parce que dans ce temps-là, dans la tetTe où était l'Église, comme aussi dans les terres Où n'était pas l'Église, on adorait plusieurs dieux, et chacun rréférait son dieu au dieu d'un autre; on distinguait ces dieux par des noms, et le Dieu des Israélites et des Juifs par le nom de Jého­ vah: les Juifs eux-mêmes et les Israélites croyatent aussi qu'il y avait plusieurs dieux, mais que Jéhovah était plus grand que tous les autres, à cause des miracles; c'est pourquoi aussi quand les mi­ racles cessaient, aussitôt ils étaient entraînés vers le culte des au­ tres dieux, comme on le voit clairement par les historiques de la Parole; à la vérité, ils disaient de bouche qu'il y a un seul Dieu, et qu'il n'en est pas d'autre que Lui, mais ils ne le croyaient pas de cœur; c'est donc de là qu'il est dit dans la Parole que Jéhovah est plus grand que les autres dieux, et que nul n'est comme Lui, par exemple dans David: « Quel Dieu (est) grand comme Toi? Toi, (tu es) le l) Dieu qui fait des merveilles. Il - Ps. LXXVII. 14., 11) : - Dans le même: « Qui (est) comme Jéhovah notre Dieu! )} - Ps. CXIlI. 5 : - Dans le Même: « Jéhovah (est) un Dieu gmnd, et un roi
  • 412. EXODE, CHAP. HUlTIÈ~lE. 407 Il grand pm' dessus tous les dieux. ,,- Ps. XCV. 3: - Dans le l1ême: « Jéhovah (est) grand, et loué grandement; il est à craindre " pal' dessus tous les dieux. » - Ps. XCVI. 4: - C'est pour cela aussi que Jéhovah est appelé li. le Dieu des dieu,T-, et le Seigneur » des seigneurs. ,,- Ps. CXXXVI. 2,3. Dan. II. 47: - Que ce­ pendant dans le sens interne cela signifie qu'il y a un seul Dieu etqu'i! n'e.n est point d'autre que Lui, c'estce qu'on voit clairement dans Ésaïe: " Souvenez-vous des premières choses dès le siècle, )lcar Moi (je suis) Dieu, et point d'autre Dieu, et point comme » lIloi. » - XLVI. 9. 7402. Et les grenouilles seront éloignées de toi et de tes maisons, et de tes sel'vitell1'S, et de ton peuple, signifie qu'ils ne seraient point {ol'cés de raisonner d'après les (aux sans mélange; on le voit par la signification des grenouilles qui sel'ont éloignées, en ce que c'est qu'ils ne seraient point forcés de raisonner d'après les faux sans mé­ lange, N°7392; par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux. qui sont dans les faux. et qui infestent, comme il a déjà été dit; par la signification des maisons) en ce qu'elles sont les choses qui appartiennent au mental naturel, ]'07397; et par la signification des sel'viteurs et du peuple, en ce qu'ils sont tous ceux, en général et en particulier, qui sont dans les faux et qui infestent, N° 7396. 7403. Seulement dans le fleuve elles Testeront, signifie qu'ils de­ meureront avec les (au,T- où sont les faux; on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7398, al! sont les mêmes paroles. 7404. Et 1I1oscheh sortit, et Aharon, d'avec Pharaon, signifie la séparation d'avec ceux qui raisonnaient d'après les faux sans mé­ lange; on le voit par la signification de sortir, en ce que c'est être séparé; par la représentation de !'Ioscheh et d'Aharon, en ce qu'ils sont la Loi Divine, Moscheh la Loi interne, et Aharon la Loi ex­ terne, Nos 7381 ; et par la représentation de Phamon, en ce qu'il dé­ signe ceux qui sont dans les faux et qui infestent, N0 7396, ici ceux qui infestent pal' les raisonnements d'après les faux sans mélange. 7405. Et Moscheh cria à Jetwvah au sujet des grenouilles qu'il avait imposées à Phamon, signifie l'intercession: on le voit d'après ce qui précède, ainsi sans autre explication. 74-06. Et Jéhovah {it selon la parole de 1I1oschelz, siguifiequ'il (ut (ait ainsi selon la parole du Seigneur; en effet, la supplication
  • 413. 408 ARCANES CÉLESTES. que fit Moscheh venait, il est vrai, de la bouche de l'loscheh, ma15 néanmoins c'était par le Seigneur; car tout ce que l'homme pense et par suite prononce, et tout ce qu'il veut et par suite fait, influe, l'homme n'est qu'un organe réci'pient, voir Nos 6,189 à 62,15, 6307 à 6327, 6466 à 6495, 6598 à 6606, 6(H 3 à 6626; par conséquent aussi les choses que Moscheh a prononcées ct faites; ici donc Jého­ vah fit selon la parole de Moscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon la parole du Seigneur; que Jéhovah dans la Parole soit le Seigneur, on le voit N0s 1343, 1736, ~92'1, 3023, 3035, 5663, 6303, 628,1, 6905. 7407. Et eLLes moururent les grenouilles des maisons, des cours et des champs, signifie que chez eux cessaient les raisonnements d'après les faux sans mélange partout dans le naturel: on le voit par la signification de mourir, en ce que c'est cesser; par la signi­ fication des gl'enouiLLes, en ce qu'elles sont les raisonnements d'a­ près les faux sans mélange, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; pal' la signification des maisons, en ce qu'elles sont les choses qui appar­ tiennent au mental naturel, N° 7397, ici celles qui y sont les inté­ rieurs; par la signification des cours, en ce qu'elles sont les exté­ rieurs du mental naturel; que le mental soit intérieur et extérieur, on le voit N0s 3293, 3294" 4570, M18, 5497, 5649; et par la signi­ fication des champs en ce qu'ils sont les choses qui sont plus com­ munes, ainsi plus extérieures, car les champs sont au-delà des maisons et des cours: ainsi « elles moururent les grenouilles des maisons, des cours et des champs, Il signifie que les raisonnements d'après les faux sans mélange cessaient partout dans le naturel. 7408. Et ils les amassèrent par monceaux, par monceaux, signi­ fie que ces {aux ?'aisonnants étaient disposés en {aisceaux dans le naturel: on le voit par la signification d'être amassé pal' mon­ ceaux, par monceaux, en ce que c'est être disposé en faisceaux; que ce soit là la signification d'être amassé par monceaux, c'est parce que toutes les choses qui sont dans le mental de l'homme ont été disposées en séries et comme en faisceaux; et en séries en de­ dans des séries, ou en faisceaux en dedans des faisceaux, voiJ' Nos 5339, 5530, 588,1 ; qu'il y ait une telle disposition, cela est bien évident par la disposition de toutes les choses dans le corps. les fibres s'y présentent disposées en faisceaux, et les glandes en ))clo­
  • 414. EXODE, ClIAP. HUlTlÊàIE. 409 tons, ct cela partout; plus parfaitement encore dans les choses plus pures qui ne se montrent point devant l'œil nu; cette disposition en faisceaux se fait voir principalement dans le cerveau, dans les deux substances qui y sont, dont l'une est appelce corticale, ct l'autre, médullaire; il n'en est pas autrement dans les substances plus pures, ni enfin dans les plus pures, où sont des formes qui les re­ çoivent, formes mêmes de la vie; qu'il yait des formes ou des sub­ stances récipientes de la vie, c'est ce qu'on peut voir pal' chacune des choses qui s~ manifestent dans les êtres vivants; on peut voir aussi que les formes ou substances récipientes sont le plus convena· blement disposees pour l'infiux de la vie; sans la réception de la vie dans les substances, qui sont les formes, il n'y aurait rien de vivant dans le monde naturel, ni ùans le monde spirituel; ce sont des séries de filaments très-purs, il l'instar de faisceaux, qui consti­ tuent ces formes; il en est de même des choses qui y sont éminem­ ment modifiees ; en effet, les modifications reçoivent leur forme des formes qui sont les substances, dans lesquelles elles sont, et par les­ quelles elles découlent, car les substances ou les formes sont les su­ jets déterminants. Si les érudits ont perçu les choses qui appartien­ nent à la vic de l'homme, ainsi que celles qui appartiennent à sa pensée et il sa volonté, sans substances ou formes récipientes, c'est parce qu'ils ont cru que la vie ou l'âme était ou une sorte de fiamme, ou une sorte d'éther, ainsi quelque chose qui était dissip{' après la mort; de là cette folie de la plupart d'entre eux, qu'il n'y a aucune vie après la mort. D'après cela, on peut voir comment il faut en· tendre que les faux raisonnants étaient disposés en faisceaux dans le naturel. 7409. Et la terre en puait, signifie ce qui est hideux et 1'epous­ sant: on le voit par la signification de puer, en ce que c'est ce qui esL hideux et repoussant, N0s q,5'16, 7'16~, 7319; et pal' la signification de la terre, ici de la terre d'Égypte, en ce qu'elle est le mental natnrel, N0s 5276,5278,5'280, 5288, 530i. 7q,·IO. Vers. n, '12,13, " q" 15. Et Phul'uoll vit qu'il y avait de la respimtion, et il appesantit son cœul', etil ne les écouta point, ainsi qu'avait pal-lé Jéhovah. Et Jéhovah dit ct Moscheh; iJis à Aha­ ron; Étends tun bâlon et frapl1e la pOllssièl'e de la tare, et eLLe de­ vielldm des Poux dans toute la tel'1'e d'Èyyple. El ils fi1'ent ainsi,
  • 415. 410 AIlCA.NES CÉLESTES. ct Aharon étendit sa main avec son bâton, et il frappa la poussièrc de la tcn'c, et le poux {ut sur l'homme et suda bête; toute la poussière de la ten'e devint poux dans toute la terre d'Egypte. Et ainsi firent les mages par leurs enchantements pour produire des poux, et ils ne purent point; et le poux {ut sur l'homme et sur la bête. Et les mages dirent à Pharaon: Le doigt de Dieu, ceci: et le cœur de Pharaon {ut renforcé, et il ne les écou.ta point, ainsi qu'ava'it pm'lé Jéhovah. - Et Phamon vit qu'il y avait de la respiration, signifie que l'ennui avait cessé: et il appesantit son cœur, signifie l'obstina· tion : et il ne les écouta point, signifie la non-obéissance: ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signine selon la prédiction: et Jéhovah dit ci lIfoscheh, signifie l'instruction de nouveau: dis à Aharon, signifie l'influx de la Loi interne dans la Loi externe: étends ton bâton, si­ gnifie pour montrer la puissance Divine: et {mppe la poussière de la ten'e, signifie pour mettre en mouvement les choses qui ont été damnées dans le naturel: et elle deviendra des poux, signifie que de là smgiront des maux: dans toute la terre d'Egypte, signifie par tout le mental naturel: ct ils firent ainsi, signWe l'effet: et Aharon étendit sa main avec son bâton, signifie la puissance du vrai interne par le vrai externe: et il {mppa la poussière de la terre, signifie que les choses damnées fment mises en mouvement: et le poux {ut sur l'homme et sm' la bête, signifie les maux intérieurs et extérieurs des cupidités: toute la poussière de la terre devint poux dans toute la terre d' l~gyple, signifie que ces maux pl'Ovenaient des clIOses dam­ nées: et ainsi firent les mages par leurs enchantements pour pro­ duire des poux, signifie l'effort pour pervertir l'ordre Divin, et pOUl' faire aussi quelque chose de semblable: et ils ne purent point, signi­ fie que ce fut en vain: et le poux fut sur l'homme et surla bête, si­ gnifie les maux intérieurs et extérieurs des cupidités: et les mages dirent à Phamon, signifie la perception et la communication avec ceux qui sont ùans les maux: le doigt de Dieu, ceci, signifie que c'était la puissance d'après le Divin: et le cœur de Pharaon {ut ren­ forcé, signitle l'obstination: et il ne les écouta point, signifie la non-obéissance: ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie selon la pré­ diction. 7411. Et Phamon vit qu'il y avait de la respiration, signifie que l'ennui (wait cessé: on le voit par la signification de il!J avaiJ de la
  • 416. EXODE, CHAP. HUlTIJ~ME. 411 respiration, en ce que c'est qu'il n'y avait plus de déplaisir, ainsi plus d'ennui; qu'ils aient eu de l'ennui et du déplaisir à raisonnel' d'après les faux sans mélange, on le voit ci-dessus No 7392; le plai­ sir fait que l'homme respire librement ct pleinement, mais par le déplaisir il ne respil'8 ni librement ni pleinement, c'est de là que ces mots, il y avait de la respimtion, signifient que le déplaisir ou l'ennui avait cessé. 7H2. Et il appesantit son cœU1', signifie l'obstination: on le voit par la signification d'appesantir, puis d'endul'cir et de renforcer le cœur, en ce que c'est l'obstination, N°s 7272,7300,7305. 74,13. Et Une les écouta point, signifie la non-obéissance: voir ci-dessus Nos 7224-, 72.75, 7301,7339, oùsontde semblables paroles. 7414. Ainsi qu'avait parlé Jéhovah, signifie sclon la prédiction: voir ci-dessus, N°s 7302, 73..0. 7415. Et Jéhovah dit à 1lfoscheh, signifie une instruction de nou~ veau: voir N0s 7186,7226,7267, 730ft., 7380. 7H 6. Dis à Aharon, signifie l'influx de la Loi intc1'nc dans la Loi externe: voi?' ci-dessus, N° 738,1, 7417. Étends ton bêtton, signifie pOlir monu'c?'la puissance Di­ vine: on le voit par la signification d'étendre en ce que c'est exercer ct montrer, comme ci-dessus; et par la signification ùu bâton en ce que c'est la puissance, Nos 4.013, 40'15, 4876, ..930, 6947, 70"'1, 70'26; cette puissance était divine, parce que dans Aharon il n'y avait aucune puissance, encore moins dans le bâton, mais la puis­ sance- était exercée par Allaron et par son bâton; si elle était exer­ cée par le bâton, c'était parce que les choses qui s'opéraient au­ dedans de l'Église d'après le commandement divin, s'opéraient par des représentatifs; cela avant l'avénement du Seigneur; ainsi par l'extension de la main et du bâton, parce que le bras et la main correspondent à la puissance, et par suite aussi le bâton. Si, avant l'avènement du Seigneur, les choses qui s'opéraient au-dedans de l'Église, d'après le commandement Divin, s'opéraient pal' des re­ présentatifs, c'était parce que toutes choses, en général et en par­ ticulier représen taient le Seigneur, ainsi que son Royaume dans les cieux et son Royaume dans les tenes ou l'Église; que cela soit ainsi, on peut le voir aussi dans la Parole où toutes choses en général et
  • 417. 412 ARCANES CÉLESTES, en p~rticulier traitent du Seigneur dans le sens suprême, et de son Royaume et de l'Église dans le sens interne. 74-,1.8. Et {mppe la poussière de la teTre, signifie pour rnettTe en tIlouvement les choses qui ont élé damnées dans le naturel: on le voit par la signification de {Tappe/', en ce que c'est mettre en mouve­ ment; pal' la signification de la poussiàe, en ce que c'est ce qui a été damné, ainsi qu'il va être expliqué; et pal' la signification de la lelTl~, ici de la terre d'Égypte, en ce qu'elle est le mental naturel, No 74-09. Si la poussière est ce qui a été damné, c'est parce que les lieux, où sont les mauvais esprits, vers les côtés sous les plantes des pieds, apparaissent comme une terre, et mêmB comme une terre inculte et aride, sous laquelle sont eertains enfers; cette terre est celle qui est appelée terre damnée, et la poussière de cette ten'e si­ gnifie ce qui a été damné; il m'a été quelquefois donné de voir que les mauvais esprits y secouaient la poussière de leurs pieds, quand ils voulaient livrer quelqu'un à la damnation; j'ai vu cela vers la droite un peu en avant à la frontière de l'enfer des magiciens, où sont précip'itcs dans leur enfer les esprits qui, tant qu'ils ont vécu dans le monde, ont été dans la science de la foi et néanmoins ont mené la vie du mal: de là vient donc que la poussière signifie ce qui a été damné, et que secouer la poussière signifie la damnation. Comme c'est là ce qui était signifié, le Seigneur commanda il ses disciples de secouer la poussière de leurs pieds, s'ils n'étaient point reçus, comme on le lit dans Matthieu: « Quiconque ne vous aura pas ») reçus, et n'aura pas écouté vos paroles, en sortant de cette maison » ou de cette ville, secouez la poussière de vos pieds; en vCl'ité je vous » dis: ce sera plus tolérable pour la terre de Sodome et de Gomorrhe » au jour du jugement que pour cette ville-là. » - X. 14-, ,15. l1arc. VI. 1·1. Luc. IX. 5. X.I 0, ,1 'l, '12; - ià, pal' les disciples sont enten­ dus non pas les disciples, mais toutes les choses de l'Eglise, ainsi toutes les choses de la foi et de la charité, Nos 2089, 2'129 f. 2'130 f. 3B5q., 3858,39'13,6397; par ne pas recevoir et ne pas écouter, il est signifié rejeter les vrais qui appartiennent à la foi ct les biens qui ap­ partiennent à la charité; pal' secouer la poussière des pieds est signi­ fiée la damnation; si cela sera plus tolérable pour Sodome et Gomor­ l'lie que pour celte ville·là, c'est parce que pal' Sodome et Gomorrhe sont entendus ccux qui sont dans le ma! de la vie, mais qui n'ont cu
  • 418. EXODE, CHAP. HUlTUtME. H3 aucune connaissance du Seigneur ni de la PaI'ole, ainsi qui n'ont pu recevoir: de là il devient évident qu'il s'agit non d'une maison 011 d'une ville qui ne recevrait point les disciples, mais de ceux qui sont au-dedans de l'Église, et qui ne vivent point la vie de la foi; chacun peut voir qu'une ville entière ne pouvait pas être damnée, parce qu'on n'aurait pas reçu les disciples, et qu'on n'aurait pas reconnu sur-le­ champ la nouvelle doctrine qu'ils prêchaient. Ce qui a été damné est aussi signifié par la poussière qu'on mettait autrefois sur sa tète, quand on était dans la douleur et dans la pénitence; comme dans Jérémie: « lis sont assis à terre, ils se taisent les anciens de la fille " de Sion; iLs ont (ait monter La poussière SUl' Leur tête; ils Se sont " ceints de sacs; elles ont fait descendre à terre leur tête les vierges " de Jérusalem. » - Lament. II. 10. - Dans Ézéchiel: « Ils crie­ » l'ont amèrement: et ils feront monter de la poussière SUl' leurs Il têtes; dans la cendre ils se rouleront. ,,- XXVII. 30. - Dans Michée: « En pleurant ne pleurez point dans la maison d'Aphra, li dans La poussière rouLe-toi. ,,- I. ,t o. - Dans Jean: « ILs .ietè­ li rent de La poussière sur Leur.~ têtes, et ils crièrent en pleurant et " en gémissant. " - Apoc. XVIII. 19; - Et aussi dans les Histo­ riques de la Parole çà ct là; par la poussière sur les têtes, et par l'inclination du COI'pS et de la tête vers la terre et l'action de s'y rouler dans la poussière, était représentée l'Humiliation, qui, lors­ qu'elle est réelle, est telle, qu'on reconnaît et qu'on perçoit que l'on a été damné, mais que l'on a été retiré de la damnation par le Seigneur, voir Nos 2327, 3994-, 4347, 5420, 5957. La poussière en laquelle a été réduit et broyé le veau d'or que les Israélites avaient fait dans le désert, signifie aussi ce qui a été damne; il en est ainsi parlé dans Moïse: Votl'e péché que vous avez faît, Le veau, je Le (1 » pris et je le brûlai au feu; et je le broyai en Le mouLant bien, ju.~· " qu'à ce qu'il (Îtt réduit en PoussièTe, et j'en jetai La poussière dans Il le torrent qui descend de la montagne. » - Deuter. IX. 2,1.­ La poussière signifie aussi ce qui a été damné dans les passages suivants; dans la Genèse: « Jéhovah-Dieu dit au serpent: Sur ton le ventre tu marcheras, et La poussière tu rnange,'as tous les jours li de ta vie. ,,- m. ,14, - Dans Michée: " Pais ton peuple selon " les jours d'éternité; les nations verront ct rougiront de toute leur li puissance; elles Lèchcront La poussière comme le serpent. » ­
  • 419. 4·H ARCANES CÉLESTES. VU. 14, 16, 17. - Dans Ésaïe: « Pour le serpent la po1./,ssiè1'e (sera) " son pain, » - LXV. 25. - Dans .le lllême: « Descends et as­ " sieds-toi sur la poussière, Vierge fille de Babel. )) - XLVII. 1. - Dans David: « Vers la poussière est p1'osternée not1'e âme, à « la terre est attache notre ventre, )) -Ps. XLIV. 26. - Dans le Même: « A la poussièl'e est attachée mon âme,. vivifie-moi. » - Ps. CXIX.25. - La Poussière dans la Parole signifie aussi le Sépulcre, puis ce qui est Humble, comme aussi ce qui est Nombreux. 74.19. El ellc deviendra des poux, signifie que de là surgiront des maux: on le voit pal' la signification des poux, en cc que ce sont des IIIaux; mais quelle sorte de maux ct de quelle origine ils sont, on peut le voir pal' la correspondance des manx avec cette vermine, cc sont principalement les maux qui sont dans l'homme sensuel ou entièrement externe; la correspondance vient de cc que les poux sont sur la superficie de la peau, ct s'Y tiennent dans l'ordure et sous la crasse: le sensuel de ceux qui ont été dans la science de la foi et dans la vic du mal est aussi tel; quand cette science leur est ôtée, comme il leur arrive dans l'autre vie, ils sont d'un mental grossier et lourd; il m'en est appal'U assez souvent, ils sont hideux et repoussants: les infestations des maux sont signifiées par la morsure. Que cc soit lil la signification des poux, c'est cc qui ne peut pas être confirmé par d'autl'es passages dans la Parole, car il n'en est fait mention que dans David, où il est parlé de l'Égypte. -Ps. CV. 3,1. 7420. Dans toUle la terre cl'Égypte, signifie par lout le mental naturel: on le voit par la signillcation de la te1Te d'Égypte, en cc qu'elle est le mental naturel, N°s 5276, 5218, 5280, 5288, 530,1. n2·1. Et ils firent ain.çi, signifie l'effet: on le voit sans expli­ cation. 74.22. Et Aharon étendit sa main avec son bâton, signifie la puis­ sance du vrai interne pm; le vrai eXfe1'ne : on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7382, où sont les mêmes paroles. 7423. Et il frappa 1a poussiè1'e de la le1TC, signifie que les choses damnées furent mises en mouvement: on le voit pal' ce qui a été dit ci-dessus, N° 74,18. 7424. Et le poux {ut sm'l'homme ct sur la bête, signifie les maux intérieurs et extérieurs des cupidilés : on le voit par la signification
  • 420. EXODE, CHAP. HUITIÈME. 415 des POlLX, en ce que ce sont des maux, N0 7419 ; pal' la significa­ tion de l'homme, en ce qu'il est le bien, N°s 40287, 5302, ainsi dans le sens opposé le mal; et par la signification de la bêle, en ce qu'elle est l'affection du bien, et dans le sens opposé l'affection du mal, ou la cupidité, N°s 405, 4-6, H2, -143,2406, 7H, 715,7-1),776,2'179, 2180, 3218, 35'19, 5198; mais quand il est dit l'homme et la bête, l'homme signifie le bien intérieur et dans le sens opposé le mal intérieur, ('t la bête le bien extérieur et dans le sens opposé le mal extérieur. Si l'llOmme signifie le bien ou le mal intérieur, c'est parce que l'homme est homme d'après son homme interne et la qualité de cet homme, et non par l'homme exteme, car l'homme exteme n'est point homme sans l'homme interne; et pour que l'homme externe soit aussi homme, il doit être entièrement subordonné il l'homme interne, au point qu'il agisse non par lui-même, mais par l'homme interne; si la bête signifie le bien extérieur et dans le sens opposé le mal extérieur, c'est parce que chcz les bêtes il n'y a pas un interne tel qu'il est chez l'homme; l'interne qu'elles ont est plongé dans l'externe, au point que l'interne et l'externe font un, ct regardent ensemble en bas ou vers la tene, sans aucune éléva­ tion vers les intérieurs. Il est dit les maux des cupidités, parce que tous les maux appartiennent aux cupidités, puisque les cupidités appartiennent aux amours. Les maux intérieurs sont distingués des maux extérieurs, en ce que les maux intérieurs sont ceux de la pensée et de la volonté) et que les maux extérieurs sont ceux qui appartiennent à l'acte; qu'il y ait des maux intérieurs et non exté­ rieurs, cela est bien évident én ce qu'un homme peut être méchant, ct cependant dans la, forme externe paraîlre comme un homme probe, et même COIl,1me un homme fidèle ct tlJJlsciencieux ; il en est aussi qui savent se déguiser en anges, tandis qu'ils sont intérieu­ rement des diables, tant la forme intérieure, qui est celle de l'es­ prit, peut différer de la forme extérieure qui est celle du corps. 7425. Toute La poussière de la te1Te devint poux dans toute la lerre d'Egypte, signifie que ces maux provenaient des choses damnées: on le voit par la signification de la poussière de La terre, en cè que c'est ce qui a été damné, N0 74,18; par la signification des poux, en cc que ce sont des maux, N0 H·19; et par la signification de la terre d'Égypte, en cc que c'est le mental naturel, N° 7420.
  • 421. 416 ARCANES CJtLESTES. 7426. Et ainsi firent les mages par leurs enchantements pOUl' produire des poux, signifie l'effort pOUl' pervertir l' onlre Divin, et pour faire aussi quelque chose de semblable: on le voit par la signi­ fication de ils firent, en ce que c'esL l'effort pour faire quelque chose de semblable, car la suite montre qu'ils ne purent point; par la si­ gnification des mages, et des enchantements, en ce que c'est per­ vertir l'ordre Divin, et faire quelque chose de semblallie dans la forme externe, N0s 7296, 7291, 7337; et par la signification de produire des lJOUX, en ce que c'est produire ces maux qui sont si­ gnifiés par les poux, N0s 7419. 74,27. Et ils ne purent point, signifie que ce fut en vain: on le voit sans explication. 7428. Et le poux fut sur l'homme et sur la bêle, signifie les maux intérieurs et extérieurs: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7424, où sont les mêmes paroles, 7429. Et les mages dirent à Phamon, signifie la perception et la communication avec ceux qui sont dans les maux: on le voit par la signification de dire, en ce que c'est la perception, N0s 1791, '1815, 1819, 1822, '1898, 19'19,2080, 26'19, 2862, 3509, 5743, et aussi la communication, Nos 3060, 413,1, 6228, 7291, 7381 ; par la signi­ fication des mages, en ce qu'ils sont ceux qui pervertissent l'ordre Divin et font quelque chose de semblable dans la forme extel'l1e, N° 74,26; et pal' la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont-dans les faux et qui infestent, N°s 6651, 6679, 6683, 7.J07, 7,10,7,126, 7H.2, 7317; ici ceux qui sont dans les maux, 'parce que maintenant ils sont dans l'état du mal, après que les faux raisonnants ont été ôtés, comme on le voit clairement par ce qui précède. 7430. Le doigt de Dieu, ceci, signifie que c'était la puissance d'a­ près le Divin: on le voit par la signification du doigt de Dieu, en cc que c'est la puissance par le Divin; si le doigt est la puissance, c'est parce que les doigts font partie des mains, et que les mains signifient la puissance, N°s 818, 493,1 à 4937, 6344, 6<1..2<1., 6948. Que le doigt soit la puissance, on le voil aussi par ces passages: « Quand je regarde les Cieux, l'ouvmge de tes doigts, la lune et les Il étoiles que Lu as pr~parées. Il - Ps. VIII. 4,. - Dans Luc: « Jésus dit: Si pal' le doigt de Dieu je chasse les démons, certes
  • 422. EXODE, cr-up. nurTII~~IE. .i-I7 Il Yel'S VOUS est parvenu le Uoyaume de Diel. II - XI. 20. - Si Jésus (1 tira de la foule à part Je somd qui parlait difficilement, et Il lui mit son doigt dans les oreilles, ct, crachant, lui toucha la Il langue,ll - Marc, YII, 32, 33, - c'était aussi ponr représenter la puissance Divine. Que le doigtrepl'ésente la puissance, cela est encore évident par les riles de l'Église chez les Juifs en cc qu'on mettait du sang SUl' le pouce, et que le prêtre faisait l'aspCl'sion du sang avec le doigt; voici ce qui en est dit dans Moïse: « Tu égor­ Il geras le bélier, ct tu mettms de son sang SUI' le pouce de la nutin " droite d'Ahai'on et de ses (ils, ct SUl' le pouce de leltl' pied droit. » - Exod. XXIX, 20. - (( Le prêtre prendra du sang du délit, et le Il prêtre en mettl'à SUI' le bout cie l'oreille droite de celui qui doit " être purifié de la lèpre, et sw' le pOl/Cè de sa !lUtin droite, et SUI' Il le pOl/CC de son pied droit. Ensuite le pi'f:tre trempera SOIl doigt Il droit d:lns l'huile qui sera dans la paume de sa main gauche, et Il fera aspersion de l'huile avec son doigt sept fDis devant Jéhovah, II du reste de l'huile, qui ser:l dans sa paume, le prêtre en mettra SUI' " le bout de l'oreille droite de celui qui doitôtre pUt'iOé, ct SUl' le poltce » de sa main droite, et snI' le pouce de son pied droit. » - Lévil. XIV. ~4-, 16, 17.-uTul)fendrasdnsangdu taUl'eau, ct tu en » mettras SUI' les cornes de l'autel aL'ec tOI1 doigt, II - Exod. xxrx. 12; - Et en outre aussi, Lévil. IV. 6. IX. 9; - Que tous ces rites aient signifié des arcanes du Ciel et des choses saintes, on le voit en ce que la Parole vient <lu DiYin, et a été inspirce jusqu'; son moindre accent, - Luc. XVI. 17; - de même aussi ces pas­ sages; on y voit clairement par le sens interne qU2 le pouce et le doigt sont la puissance du bien pal' le vrai. La puissance est allssi signifiée pàr le doigt dans David: (( Béni (soit) Jéhovah qui enseigne » à mes mains le combat, et à mes doigts la guerre. II -Ps. CXLIV. 1 ; - et dans Ésaïe: Il ne regardera pas vcrs les autels, o!wl'age (c .. de ses mains, et ce qu'ont fait ses doi.gts. » - XViI. 8; - les autels sont le culte en général, N° MH.t; l'ouvrage des mains, ct ce qu'ont. fait les doigts, sont les choses qui proviennent du propre~ ainsi qui proviennent de sa puissance. 74·;31. Et il ne les écouta )Joint, signifie la 1IOJ/-oln;i,mmcr, : l'oir ci-dessus, Nos 7221" 7275, 731) 1,7339. ~. i
  • 423. 418 AllC:NES CÉLESTES. 7432. Ainsi qu'avait pa1'lé Jéhovah, signifie selon la pl'é(liction: voir aussi ci-dessus Nos 7302, 734,0, 74.-14. 7433. Vers, ~ G, '17, -18, '19, 20. Et JéllOva!l dit à llIoscheh : Lève­ toi matin au I)tatin, et pose-toi devan t Pharaon; voici, il sort vel's les eaux, et tu lui diras: Ainsi dit Jéhovah: Renvoie mon peuple, et qu'ils Mc servent. Cm' si toi w ne renvoies pas mon peuple, voici, Moi j'envoie contre toi, et contre tes servitenrs, et conl1'e ton peupLe, et contre tes maisons, Le VoLatiLe nuisible; et seront 1'empLies les maisolls des Égyptiens du VolatiLe nuisible, et aussi la terre sur La­ quelle elles (sont), Et je distinguerai en ce jolt1'-là la terre de Gos­ chen, su1'laquelle mon peuple se tient, en ce qu'il n'y aum point Là ete Volatile nuisible, afin que tu .çaches que Moi (je suis) Jéhovah au milieu de la terre. Et je mettrai une rédemption entl'e mon peuple ct ton peuple; pour (bnain sera ce signe. Et Jéhovah fit ainsi, et iL vint du Volatile nuisible en masse en la maison de PIW1'ClOn, et La maison de ses serviteurs, et dans toUle la le1're d'Égypte; et La telTe était aMmée à cause du Voiatile nuisible. - Et Jéhovah dit à 1ll0s­ cheh, signifie de nouveall une instruction: lève·toi matin cm malin, signifie l'élévation vers un signe de puissance encore plus grand: et pose-toi devant Pharaon, signilie l'apparence du Divin à ceux. qui sont dans les maux: voici, il sort vel's les eaux, signifie que d'après ces maux ils pensent de nouveau aux faux: et tu lui diras: Ainsi dit Jéhovah, signilie le commandement: renvoie mon peupLe pour qu'ils lUe servent, signilie alin qu'ils laissent ceux de l'Églisc spirituelle, pour qu'ils adorent leur Dieu en liberté: CCLI' si toi LU ne renvoies pvint mon peuple, signilie s'ils ne laissent point: voici, Aloi j'envoie contre toi, et contre tes serviteurs, et contre ton peuple, et conll'e les maisons, Le Volatile nuisible, signifie en eux le faux malveillant dans toutes choses en général et en particulier: et seront l'empLies lees maisons des Égyptiens du volatile nuisible, et aussi la terre SUI' Laquelle elles (sont), signific que les faux de la malveillance s'em­ pareront de toutes les choses du mental naturel: et je distinguemi en ce jour-là la te1'1'e de Gosehen, sur laquelle mon peuple se tient, en ce qu'il n'y aura point là de volatile nuisible, signifie qu'ils ne pourront infestcr pal' les faux de la malvcillance ceux qui sont de l'Église spirituelle, quoiqu'ils soient près d'cux : afin que tu saches que IJloi (je suis) Jéhowh ait milieu de la terre, signifie de lil l'apel'­
  • 424. EXODE, CIlAP, BlilTIÈME, ~'19 ception que le Seigneul' est le seul Dieu de l'Église: ct je mellmi une J'édemption entre mon peupLe ct ton peuple, signifie Ill. délivrance de ceux de l'Église spirituelle d'avec ceux qui sont dans les enfers au­ près: pour demain sera ce signe, signifie la manifestation de la puis­ sance Divine par suite à perpétuité: ct .Jéhovah fit ainsi, signilie qu'il fut fait comme il avait été dit: cl iL vint du t'olatile nuisible en masse ~n La maison de Pharaon, ella maison de ses serviteurs, ct dans taule la te1'I'e d'Égypte, signifie que les faux malveillants firent de tous cô" tés ir1'llpüon cllez eux: ct la le/'/'e était abhnée ri cause du volatile nui· sible, signifie que le mental naturel était corrompu quant au vl'ai, 74·34, Et Jéhovah dit à ll/oscheh, sigllifie de nouveau une il/s­ tl'Uction: on le voit pal' la signification de rli1'e, quand c'est pai' Jéhovah à M.oscheh, en ce que c'est lïnstl'Uction, No' 7,186, 7C226, 7267,7304,7380,14-'15, ici de nouveau une instl'Uclion, parce qu'il lui fut dit cc qui serait fait de nouveau. 7 ~35. Lève-toi matin au 1JICttin, signifie l'élévation ven un signe de puissance encore plus grand: cela .est évident pal' la significa­ tion de se Leve1' matin, en ce que c'est l'élévation; que sc lever, Ce soit l'élévation, on le voit N°s 24·01, 2785, 29,12, 2921,3'11,1, 4,103, et que le matin aussi soit l'élévation, on le roit No 7306; propre­ ment par se lever matin, c'est l'état d'illustration qui est signiOé, N0s 3458, 3723, mais comme l'illustr:ltion qui est faite pal' le Di'in au moyen de l'influx du bien et du vrai n'existe pas chez les mé­ chants, qui sont représentés par Pharaon ct pal' les tgyptiens, mais qu'il y a élévation vers l'attention, c'est pour cela qu'unc telle élévation est signifiée ici pal' se level' matin au matin, que ee soit vers un signe de puissance encore plus grand, cela est. évident d'al)J'ès 'ce qui suit olt il s':.I.git d'un signe encort nouveau. 7436. Et pose-toi devant Pharaon, signifie l'appm'ence dit Divin à ceux qui sont dans Les maux: on le voit par la signification de se poser devant queLqu'un, en ce que c'est la pl'ésence, ici l'appa­ rence du Divin, parce que celui /lui devait se poser ét.ait lIoselleh, qui est le vrai d'après le Divin, par lequel le Divin apparaît; et par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux, ici ceux qui sont dans les maux, comme ci­ dessus Nn 7429. 7~37. Voici, il so!'1 vas les eill/X, signifie qnc (['a/wh ces maux
  • 425. r20 ARCANES CI:;LESTES. ils pensent de nOUveau au.x (aux: on le voit par la signification de sortiT, en cc que c'est la pensée d'après les maux vers les faux, car lorsque ceux qui sont dans les maux pensent d'après ces maux aux faux, ils sont dits sortir; en effet, le mal est intime parcequ'j[ llppartient à la volonté, au dehors est le faux parce que le faux :lppartient à l'entendement, par conséquent à la pensée; dans l~ sens interne cela est signifié par sortir; et aussi l'action mau'aise sort d'une volonté mauvaise, comme dans Marc, VII. 20,2'1,22,23; ct par la signification des eaux, en ce qu'elles sont les vrais, et dans le sens opposé les faux, N°s 739, 790, 2702, 305R, 3424, !(.67G, 5G68, et en cc que les eaux du fleuve d'l~gypte vers lesquelles Pharaon doit sortir sont les faux, ~o 7307. Quant à ce qui con­ cerne la pensée d'après les maux vers les faux, il faut qu'on sache qlle ceux qui sont dans les maux ne peuvent faire autrement que de penser d'après les maux ;lUX faux, Cal' les maux appartiennent il leur volonté ct pllr suite à lems amours, et les faux appal'tiennent à leur pensée et par suite à leur foi; en effet, ce que l'homme veut il l'a'lme, et ce qu'il aime il le confirme et le défend, ct les maux ne peuvent être confirmés ct défendus que par les faux; de là dans. la Parole, lorsque le mal est eompaJ'(~ à une ville, les faux sont comparés à des murs de rempart autour de la ville, Si ceux qui sont dans les maux pensent aux faux par lesquels ils défendent les maux, c'est pm'ce que les maux sont les plaisirs mêmes de leU!' vi(', jusqu'au point qu'ils sont leU!' vie même; lors donc qu'ils compren­ nent d'après les autres, que ce sont des maux, afin que ces maux. ne paraissent point tels, ils inventent des faux, par lesquels ils font que les maux ne soient pas l'éputés maux; si au contraire les maux n'osent pas sc montrcr par les faux, ces maux sont cachés dans les­ intérieurs et ne se manifestcnt pas, si ce n'est quand cesse la crainte de la loi, ou aussi quand cesse la crainte de la perte de la réputation par rapport au lucre, ou aux honneurs qu'on en retire, alors les maux font irruption ou par des artifices ou par des hosti­ lités. D'après cela on peut voir que ceux qui sont dans les maux. ne peuvent faire aulremen t que de penser d'après les maux aux, faux: il en est aussi de même de ceux qui sont dans l'état du bien. ils ne pCll'cnt faire antrement que de penser d'après le bien aux. vrais; car lc hien ct Je vrai ont été conjoints, et aussi le mal et le
  • 426. EXODE, cn.p. miITI~;}IE. !1.':H faux, tel!ement que celui qui sait que quelqu'lm est dans un bien, peut savoir que celui-Iii est dans le vrai de son bien; et que celui qui est dans un mal est dans le faux de son mal, et qu'il est dans le faux, en proportion de ce qu'il a de talent pOUl' raisonnel' et pel'­ 'erlir, et alors en proportion de ce qn'il crain t de perdi'e sa répu­ talion par rapport au lucre et aux honneurs, et en proportion de ~t qu'il veut être en liberté de faire le mal: une chose surprenante, c'est que de tels hommes, après avoir quelque temps défendu les maux par les faux, se pel'suadent ensuite qne les maux son t des biens, et que les faux sont des vrais. 7438. Et tu lui diras: Ainsi dil Jéhovah, signifie le comman­ dement: voi,' N0s 7036, 7310. .. 74·39. Renvoie mon peuplr, pour qu'ils Me selvenl, signifie afi1l qu'ils laissent ceux de l'Église spirituelle, pour qu'ils adorent lem' Dieu en liberté: on le voit par la signification d'envoyer on de l'envoyer en ce que c'est laisser; par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont mon peuple, en ce qu'ils sont ceux de rÉglisl~ spirituelle, N0s 6426, 6637, 6862, 6868, 7035, 7062, 7198, 720'1, 7215, 7223; et par la signification de servir Jéhovah, en ce que c'est adorer; qu'ils devaient adorer en liberté, cela est évident d'après les choses qui suivent dans les Vers. 2,', 22, 23; puis, en ce que tout culte, qui est véritablement culte, doit (~tre libre. Si les fils d'Israël sont appelés le peuple de Jéhovah, ce n'était pas qu'ils fussent meilleurs que les autres nations, mais c'est parce qu'ils représentaient le peuple de Jéhovah, c'est-il-dire, ceux du Royaume spirituel du Seigneur: qu'ils n'aient pas été meillems que les autre~ nations, cela est évident d'après leur vie dans le désert, en ce qu'ils ne croyaient nullement à Jéhovah, mais que dans leur cœur ils croyaient aux dieux des Egyptiens, comme on le voit par le veau d'or qu'ils se fil'ent, et au sujet duqnel ils dil'ent que c'étaient là leul's dieux qui les avaient tirés de la tene d'Égypte,- Exod. XXXII. 8; -cela est encore évident pal' la vie qu'ils menèrent ensuite dans la terre de Canaan, et dont il est pa:é dans les Histol'iqués de la Parole; puis aussi par ce qui a été dit d'eux dans les p'ropliétiqllCs, et enfin dans ce qui en a été dit pal' le SeigneUi': de là Yient allssi que peu d'entre eux sont dans le Ciel, car ils ont reçu dans l'autre vie un sort confol'me à leU!' vie: gardez-volls dOllc de croire qu'ib
  • 427. .i22 .r.CA~ES CÉLESTES. aient été choisis ùe pr{férence aux autres pour le Ciel; ceux qui croient que les fils d'Israël ont élé choisis de préférence aux autres pour le Ciel, ne croient point que la vie de chacun lui resle; ils ne croient point non plus que l'homme doit être pl'épal'é pour le Ciel pendant toute sa vie dans le monde, ni que celte préparation est t'aite par la Miséricorde du Seigneur, et qu'on n'est pas admis dans le Ciel par la seule Miséricorde, de quelque manière qu'on ait vécu dans le monde; la doctrine de la foi seule, et de la salvation par cette foi sans les bonnes œuvres, donne une telle opinion du Ciel et de la Miséricorde du Seigneur; car ceux q,ui ont cette doctrine ne s'inquiètent nullement de la vie; de là aussi ils croient que les :mau':i peuvent être effacés comme les taches le serTIt par l'eau, et qu'ainsi l'homme peut en un moment être transféré dans la vie du bien, et pal' conséquent être admis c!nns le Ciel; ne sachant pas que si la vie du mal était ôtée aux méchants, ils n'auraient absolu­ ment rien de la. v~c; et que si ceux qui sont dans la vie du mal étaient admis dans le Ciel, ils sentiraient l'enfer en eux, et d'au­ tant plus rudemenl qu'ils seraient plus interieurement dans le Ciel. Maintenant, d'après cela, on peut voir que les Israélites et les Juifs n"ont nullement été choisis, mais qu'ils ont seulement été acceptés pour représenter les choses qui sont du Ciel; et que cela a dû être fait dans la terre de Canaan, parce que l'Église du Seigneur y avait été dès les temps très--ancîens, et que pal' suite tous les lieux y étaient devenus représentatifs des célestes et des Divins: ainsi il a pu aussi être écrit une Parole, dans laquelle les Noms. signifie­ mient les choses qui appartiennent au SeigneUl' et à son Royaume. 7HO. Car si toi tu ne renvoies point mon peuple, signifie s'ils ne laüsent point: on le voit par la signification de renvoyer, en ce que c'est laisser; et par la signification du peuple de Jéhovah, en ce que ~e sont ceux de l'Église spirituelle du Seigneur, comme il vient d'être dit N° 74.39. 7404,1. Voici, Moi .renvoie contre toi, e't contre tes serviteurs et oont1"e ton peuple, et contre tes maiso1ls, le volatile nuisible, si­ gnifie en eux le {CLUX de la malveillance dans toules choses en géné1'al el en particulie1': on le voil par la signification de Plw­ mon, de ses servitwrs et de son peuple, en ce que ce sont toules ehoses en ~énéral el en particulier qui appartien nent au mental
  • 428. EXODE, CHAP. HUn'lÈME. 423 naturel, No 7396; quand il est aussi ajouté contre les llUlisons, il est signifié que c'est aussi dans les intérieurs de ce mental, connne ci-dessus No 7407; et par la significalion du volatile nui- sible, en ce que ce sont les faux de cc mal qui a été signifié par le prodige précédent, ainsi les faux de la malveillance; on voit donc clairement par les maux dont ils proviennent quels faux sont signifiés ici pal' le volalile nuisible, et de quel genre ils sont; que ces maux aient été les maux qui sont dans les ex.trêmes du mental naturel, ainsi qui sont dans le sensuel, on le voit ci- dessus N° 7419, les faux qui en proviennent sont du même genre, ces faux sont ceux qui aussi sont signiliés par les Mouches de l'Égypte dans Ésaïe: CI Il arrivel'a qu'en cc jour-là Jéhov(th sifflem Il à la A/ouche qui (est) ci l'extrémité des fleuves d'Égypte, à l'a- )) beille qui (est) dans la terre ct' Aschur, et elles viendront et se Il reposeront toutes dans les fleuves des désolations, et dans les » fissures des rochers. Il - VII. 18, ~ 9; - la mouche à ' extrémité des fleuves d'i~gypte, ce sont les faux qui sont dans les extr~mes du mental naturel, ainsi qui sont dans le sensuelle plus proche du corps; ces faux sont comparés à un tel insecte, parce que les choses qui sont là, n'y sont que comme des insectes qui volent . dans l'air, et ObSCUl'cissent les intérieurs, et y portent aussi du dommage, car ces choses, quant à la plus grande partie, y sont imaginaires et sont des illusions; les raisonnements qui en ré- sultent sont tels que des choses qui sont fondées dans l'air. Le Volatile nuisible de cc genre n'est mentionné que dans David, Ps. LXXVIII. 45, et Ps. CV. 3'1, où il s'agit aussi de l'Égypte. Il faut qu'on sache que les Volatiles dans la Parole signifient tous des intellectuels et pal' suite les vrais) et dans le sens opposé les faux, Nos 40, 745, 776,778, 866,988,32-19,5149; mais les vo- latiles de la classe infime, qui sont les insectes, signifient les vl'ais, et dans le sens 0PPosù les faux, qui sont plus bas et plus obscurs, comme sont ceux qui sont les propres du sensuel, cal' ceux-là, à moins qu'ils ne soient illustrés par les intérieurs, sont entIèrement dans l'obscur et dans le ténébreux, parce qn'ils sont très-près du corps, ct par suite près des terrestres, oil les célestes sont terminés, et sont plongés dans les ténèbres. 74-42, .Ht seront remplies les maisons des tyyptiens dit volatile
  • 429. 4'i!~ ,.RCANES Cl::LESTES. nuisible, el aussi Ire te1Te sur laquelle elles sont, signifie que lc,~ faux de la malveillance s'empm'el'ont de toutes lcs choses dit 1Jleuud naturel: on le voit par la signification de remplh', en ce que c'est s'emparer; par la signification des maisons des Égyptiens, en ce qu'elles sont les intérieurs dll mental naturel, No 7407; par la si·· gnification du volatile nuisible, en ce que ce sont les faux. de lu malveillance, No 7HA; et par la signil1cation de la telTe d'Égypte) en ce qu'elle est le mental uaturel dans le commun, Nos 5276, 5278, 5280, 5288, 5301. Il faut dire en peu de mols comment il se fait que les faux du mal qui sont dans les extrêmes du mental naturel s'empareront aussi des intérieurs de ce mental: les choses qui influent du Seigneur par le Ciel clJez l'homme, influent dans seg intérieurs, et s'avancent jusqu'aux derniers ou extrêmes, et là se présentent sensibles il l'homme, cons(~quemment elles influent jusque dans le sensuel et par le sensuel dans les choses qui appar­ tiennent au corps: si le sensuel a été l'empli de phantaisies prove­ nant d'illusions ct d'apparences, et plus encore si ces phantaisies proviennent de faux, les vrais qui influcnt y sont alors Ch<Hlg'és en choses semblables, car ils y sont rer;us selon la forme introduite, voi7' No 7343 : autant même les vrais sont changés en faux, autant les intérieurs par lesquels se fait le passage sont bouchés, et en!in il n'y a plus d'ouverture que pour laisser transl1uer ce qui peut seulement donner la faculté de raisonner et de confirmer les maux. par les faux. Puisqu'il en est ainsi chez l'homme, il est nécessaire que, lorsqu'il est régénéré, son naturel soit rl!généré jusqu'au sen­ suel; car si ce naturel n'est pas régénéré ainsi, il n'y a aucune réception du vrai ct du bien, puisque, comme il vient d'ètre dit, le vrai qui y influe est perverti, ct qu'alors les intérieurs sont bou­ chés; c'est pourquoi lorsque les extériems ont été régénérés, tout l'homme a été régénéré; c'est ce qui a été signifié pal' les paroles du Seigneur à Pierre, quand il lui lava les pieds, dans Jean; « Simon PielTc lui dit: Seigneur, ne mc lave pas les pieds seule~ Il ment, mais aussi les mains et la têtc. Jésus lui dit: Celui qui a lt été lavé n'a besoin que d'être lavé quant aux pieds, et il est net lt entièrement. )) - XIII. 9, 10, - pal' les pieds sont signifiés les naturels, N°s 2'162, 3761, 3986, 4280, {.938 à 4952; laver, e'esl purifier, Nos 3'147, 59M f; les mains signifient les intérieurs du
  • 430. EXODE, GIA.P. HLTntJŒ. {25 naturel, el la tète les spirituels; de Hl on voit clairement cc qui est entendu pal' « celui qui a été lavé n'a besoin que d'être lavé quanl aux pieùs, et il est nel entièrement, » c'est·il·dire, qu'alors l'homme a été régénéré, quand il a été régénéré aussi quant aux extérieurs qui appartiennent au naturel; lors donc que l'homme a été l'(~généré aussi quant au naturel, toutes les clloses qui sont dans le naturel ont été subordonnées aux intérieurs, et lorsque les inté,'ieurs y influent ils inlluent comme dans leurs communs, pal' lesquels ils se ,présentent sensibles il l'homme; quand il en est ainsi chez l'homme, il sent l'affection du vrai qui appartient il la foi, et l'af­ fection du bien qui appartient il la charité. ~lais le Sensuel même, qui est le demier ùu naturel, ne peut être régénéré que difficile­ ment, parce qu'il a été entièrement rempli d'idées matérielles pro­ venant des terrestres, des corporels et des monùains; c'cst pourquoi l'homme qui est régénéré, surtout aujourd'hui, est régénéré non quant au sensuel, mais quant au naturel qui est le plus près au­ dessus du Sensuel, et il est élevé par le Seigneur du sensuel vers ce naturel quand il pense aux vrais ct aux biens de la foi; la faculté de cette élévation au-dessus du sensuel, est celle dont est gratifié l'homme qui est régénéré par le Seigneur: quant à la qualité du sensuel, et à celle de l'élévation dc la penséc au·dessus du scnsuel, VOil' N0s 008,~, 0089, 5094., 5125, 5,128, 5767, 6,183, 620'1, 63,10, 6311, 6313, 63014, 63,16, 6:H 8, 656~, 6598, 66 '12, 66U, 6622, 6624, 6844, 68q,5, 6948, 6949. 7443. Et je distinguerai en ce jour·là la terre de Goschen, sur laquelle mon peuple se tient, en ce qu'il n'y au1'a point là de vo­ latile nuisible, signifie qu'ils ne pourront infester pal' les {aux de la malveiLLance ceux qui sont de LÉ'gLise spù'iluelle, quoiqu'ils soient près d'eux: on le voit pal' la signification de distinguer, en ce que c'est séparer afin qu'il n'y ait pas de communication; pal' la signification du jour, en cc quc c'est l'état, ~os 23, 487, 488, 493, 893, 2788, 3462, 3785, 4850; de là distinguer en ce jour-là, c'est séparel' dans cet état; pal' la signification de la terre de Goschcn, en ce que c'cst le milieu ou l'intime dans le natu'el, Nos 5910, 6028, 6031, 6068, et aussi l'l::glisc, parcc que les fils d'Israël étaient en Goschen, No 6649; pal' la rcprrsen làtion des fils d'Israël, qui iri sont le p('uple de H'hovah, en cc qu'il::;
  • 431. 1,·26 ARCANES CELESTES. sont ceux de l'Église spirituelle, 1°7439; et pal' la signiticaLiotl du volatile nuisible, en ce qu'il est le faux de la malveillance, N° 744.1; ainsi ne point y avoir de t'olatile nuisible, c'est qu'ils ne pOluTont point influer, n. par conséquent infester par ces faux. S'ils ne pouvaient point infeste!' pal' ces faux, c'est parce que ces faux sont les faux provenant des maux dans les extrêmes du mental naturel ou dans le sensuel, et que ceux qui sont dans le bien et dans le vrai peuvent être élevés au-dessus de ce sensuel, ainsi au-dessus des faux qui y sont, selon ce qui vient d'être dit N° 7<.4.2; et quand ils sont élevés, ib sont aussi séparés d'avec ceux qui sont là dans les faux. 74H. Afin que tu saches que Moi je suis Jéhovah au milieu de la te7Te, signifie de lit l'aperception que le Seigneur est le seul Dieu de l'Église: 0'1 le voit par la signification de savoir, en ce que c'est l'aperception; et pal' la signification du milieu de lit terre, en ce que c'est où il yale vrai et le bien chez ceux qui sont de l'Église du Seigneur; l'intime est où il yale vrai d'après le bien, N°s 34.36, 6068, 6084, 6103; ainsi pal' le milieu de la terre est signifiée l'Église, de même que pal' la terre de Goschen, dont il vient d'être parlé N° 7U3: Moi je suis Jéhovah signifie qu'il est seul JE SUlS, qu'ainsi il est seul Dieu: que Jéhovah dans la Parole soit le SeigneUl', on le voit 108 1343, '1736, 292·1, 3023, 3035, 5663, 6303, 6905, 69.1,1), 6956: de là il est évident que ces paroles. " atin que tu saches que lIoi je suis Jéhovah au milieu de la terre, ) signifient l'aperception que le SeigneUl' est le seul Dieu de l'Église_ 7U5. Et je metl1'Cti une l'édemplion entl'e mon peuple ct ton peuple) si,qnifie la délivrance de ceux de l'Église spÎI'Îtltelle d'avec ceux qui sont dans les enfers aupl'ès: on le voit pal' la significa­ tion de la l'édemption, en ce qu'elle est l'action de tirer bors de 'enfel', N° 7205, et en ce qu'clle se dit spécialement de ceux qui sont d~livrés de la vastation, N° 2959; par la représentation des ftls d'Israël, qui ici sont mon peuple) en ce qu'ils son t ceux de l'Église spil'ituelle, No 7439; et par la représentation des Égyp­ tiens, qui id sont ton peuple, en ce qu'ils sont ceux qui sont dans les enfers auprès et qui infestent, No 7090; de Iii il est bien évident que « je mettrai une rédemption entl'C mOIl peuple ct ton peuple, II
  • 432. EXODE, CHAP. IlUITlEME. 427 signil1e la délivrance de ceux de l'Église Slù'ituelle d'avec ceux qui sont dans les enfers. 7H6. Pour demain sem ce signe, signifie la mani{estation de la IJ/ûssauce Divine pm' suite à perpétuité: on le voit pat' la signi­ fication de demain, en ce que c'est à perpétuité, N° 3998; et par la signification du signe, en ce que c'est la confirmation de la vérité, et ainsi la connaissance, ~o 6870, pal' conséquent la ma­ nifestation ùe la puissance Divine; en effet, autrefois par les signes était manifestée la vérité, et en même temps la puissance Divine. 7447. Et Jéhovah fit aimi, signifie qu'il {ut {etit comme il avait été dit : on le voit sans explication. 74048. Et il vint du volatile mLÎ$ible en masse en la maison de Pharaon, et la maison de ses servilem's, et dans /Oule la tCl're d'Égypte, signifie que les faux malveillants firent de tOitS côtés irl'uption chez eux: on le voit par la signification du volatile nuÎ$ible, en ce que ce sont les faux de la malveillance, ~o 7U,f; et pal' la signification de la maison de Phamon, de la maison d~ ses serviteurs, et de toWe la terre, en cc que ce son t Loutes choses en général et en particulier d:l.lls le nalul'el, N0s 7396, 7U.f, 7U,2, ici c'est provenant de toutes choses en gén{~ral ct en particulier, ou provenant de tous côtés, parce qu'il cst signifié que ces faux. faisaient irl'Uption, L'arrivée du volatile nuisible dans la maison signifie tout d'abord que les faux entraient olt étaient les maux, ct qu'ils se conjoignaient avec les maux; mais quand les faux ont été conjoints avec les maux, alors les maux font irl'Uption par les faux; c'est de là que par (( il vint du volatile nuisible dans la maison de Pharaon, ct dans la maison de ses serviteurs, ct dans toute la terre d'Égypte, » il est signillé que les faux malveillants Iirent irruption, et même ùe tous côtés. 7449, Et la teJ'1'e était abîmée à cause du volatile nuisible, si­ gnifie que le mental naturel était corrompu quant à tout v1'Cli : on le voit par la signification d'être abîmé, en ce que c'est être corrompu; pal' la signification de la telTe d'Égypte, en cc qu'elle est le mental naturel, N0s 5276, 5278, 5'280, 5'288, 3801; ct par la signillcation du volatile nuisible, en ce qu'il est le faux tic la mal­ veillance, N0 7HI; il est dit qu'il était corrompu quant ~ Lout Tai,
  • 433. ~:2'8 AnC..N~S CÉLESTES, 'Cal' le vrai est entièrement eorrompu par le fauxqui provient du mal. 7450. Vers. 2'1 à 28. Et Plwraon appela Jlloscheh et Ahal'on, c-t il dit: Allez, sacrifiez à votre Dieu dans la tel'l'e. Et jJfoscheh dit: Il n'est point convenable de {(tin ainsi, parce que nous sa­ {;l'ifierions l'abomination des Égyptiens à Jébovah notre Dieu; voici, nous ,çacTifierions ['abomination des Itgyptîens à leurs yeux, lie nous lnpidel'ont-ils point? Le chemin de tTois jours nous irons dans le désert, ct nous sacri fieron.ç ct Jéhovah noU'e Dieu, ainsi qu'il nous a dit, Et PhaTaon dit: Moi je l'O/IS relwelTCli, et vous :;acrifiel'ez à JéllOl'ah votre Dieu dans le désert, seulement en vous éloignant ne vous éloignez point pOUl' aller; suppliez pour moi. Et 1I10sclleh dit: Voici, moi je sors d'avec toi, ct je supplierai Jéhovah ,. el qu'il éloigne le volalîle nuisible de Pharaon, de ses seTvitwTs, ct de son peuple, demain; seulement, que Pllm'aon ne continue pas à se moqucr, en ne renvoyant point le peuple pOUT sacTi(ieT à Jéhovah, Etllloscheh sm'tit d'avec Pharaon, et il supplia Jéhovah, Et Jého­ vah fit selon la pal'ole de Moschelt, et il éloigna le volatile nzâsiUie de Pharaon, de ses serviteurs, ct dc son peuple; il n'en Testa pas un, El Pharaon appesantit son cœUT, encore cette {ois; et il ne renvoya point le peuple,- Et Pharaon appela 1I10scheh et Allm'on, signifie la présence de la Loi DiVine: ct il dit: Allez, sacl'ifiez ct votre Dieu dans la tel'1'e, signifie qu'ils ne s'opposaient pas à ce qu'ils adorassent lem Dieu, pourvu que ce fût dans le voisinage près d'eux: ct 1l10scheh dit, signifie la réponse: il n'est point con­ venaMe de {aire ainsi, pm'ce que nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens à Jéhovah notTe Dieu, signifie qu'il influerait un infernal hideux et infect: voici, nous sacrificTions ['abomination cles Ég!lptiens à leurs yeux, signifie que si c'éLait en leur présence, le culte Divin serait infesté par de telles choses: ne nous lapide­ l'ont-ils point, signifie qu'ainsi ils éteindraient les nais de la foi qui apparLiennent au culte: le chemin de tTois jOliTS nous Î1'OIIS dans le désel't, signifie qu'ils s'éloigneraien t enlièrcmen t pour être en liberté: et nOlis sacrifierons à Jéhovah notre Dieu, signifie qu'ainsi il y aura culte: ainsi qu'il nous a dit, signifie ainsi qu'il avait or­ donné: et Pharaon dit : 11Ioi je vous l'enveTrai, et vous sacrifiel'ez à Jéhovah votl'e Dieu dans le désert, signifie qu'ils les laisseront el ne les infesteront pas, afin qu'ils adorent leur Dieu en liberLé ~
  • 434. EXODE. GIAP. IHJlTIÈiUK 429 $Culement en vous éloignant ne VDIU éloignez point pour aller, signil1e eneore bien qu'ils soient dans le voisinage: suppliez POUt' moi, signifie qu'ils intercèdent: et Moscheh dit: Voici, moi je SOI'S d'avec toi, signil1e l'éloignement de l'apparence du vrai Divin cher. eux: et je suppliemi Jéhovah, signifie l'intercession: et qu'il éloigne le,volatile nuisible de Phumon, de ses sel'vileztrs, et de son peuple, signifie pour que ce soit la fin de cet état quant aux faux de la malveillance: demetin, signil1c à perpétuité: seulement, que Pha­ raon ne continue petS à se moquer, en ne renvoyant point le peuple pOtt/' saaifier à Jéhovah, signifie pourvu qa'il ne trompe pas pal' mensonge, et qu'il les laisse adorer leur Dieu en liberté: etl1loscheh sortit d'avec Pharaon, signifie l'éloignement de l'apparence du vrai Divin chez ceux qui sont dans les faux de la malveillance: et il supplia Jéhovah, signifie l'intercession: et Jéhovah fit selon la parole de "Moscheh, signifie qu'il fut fait ainsi selon la parole du Seigneur: et il éloigna le volatile nuisible de Pharaon, de ses ser­ viteurs, et de son pelqlle, signifie la fin de cet état du faux: il n'en resta pas un, signifie l'éloignement plein: et Pharaon appesantit son cœur, encore celte (ois, signifie l'obstination de nouveau: et il ne 1'Cnvoya point le peuple, signifie qu'ils ne laissaient point ceux de l'Église spirituelle. 74-51. Et Phamon appelet lIfoscheh et Alwron, signifie la pré­ sence de la Loi Divine: on le voit par la signification d'appeler, en ce que c'est la présence, N°s 6'177,7390; et pal' la représentation de Moscheh et d'Aharon, en ce qu'ils sont la Loi Divine, ~IoschelJ la Loi interne, ct Aharon la Loi externe, N°s 7381, 7390. 74·52. Et il dit: Allez, sacrifiez à votre Dieu dans la terre, signifie qu'ils ne s'opposaient pas cl. ce qu'ils adorassent leur Dieu, pourvu que ce {ùt dans le voisinage pl'è.~ </' eux: on le voit pal' la signification de il dit: Allez, en ce que c'est qu'ils ne s'opposaient point; par la signification de saai{iel', en ce que c'est adorer, No 7393; et pal' la signification de dans la terre, savoir, dans la tel'l'e d'~~gypte, en cc que c'est dans le voisinage; que dans la terre, ce soit dans le voisinage, cela est évident par la réponse de l'fos­ chelt, « qu'il n'était pas convenable de faire ainsi, parce qu'ils sacrifieraient l'abomination des Égyptiens il leurs yeux, mais qu'ils iraient le c!H'min de (rois jours dans le désert, CI sacrifieraient iA
  • 435. 430 AHCA.NES CELESTES, Jé'}Qvah leU' Dieu; )' pds pill' la l'é.)olse de Phar:.IO'.l, qu' « en s'éloignant ;1<; ne s·él,)ign:";.::en~ point pour nUe',)) Vers. 2'1, 22, 23,24; è)in~; Dac 1.0 ,cr.'C il es. ~n~cndu Mns Je sC1.)S in,el'Dc là où s()nt cellx ou: SOD ••:lans les faux e. fIui infestent; quant à leu!' voi­ sinage, voil' ~o 7090, 7 fi03, Et Moscheh dit, signifie la réponse, voil' cJ·dessus Nos71 03, • 7394.. 74·54.. Il n'est point convenable de (ail'e ainsi, pm'ce que nous sacl'ifie"ions l'abomination des Égyptiens à Jéhovah notle Dieu, si­ gnifie qu'il influemit un in(c1'rtal hideux et infect : on le voit par la signification de il n'cst point convenable de (aire ainsi, Cil cc que c'est qu'il ne pent pas être fail ainsi; par la signification de l'abo­ mination en ce que c'est un infernal hideux et infect; et par la si­ gnification de saC1'ifiel' à Jéhovah-Dieu, en cc que c'est adorer son Dieu, N° 7k52; ùe là sacrifier à Jéhovah-Dieu l'abomination des Égyptiens, signifie qu'ils adoreraient Dieu par un culte qu'auraient en abomination ceux: qui sont dans les faux provenant d'un infernal opposé à ce culte et qui l'infesterait. Par les choses qui sc manifes­ tent dans l'autre vic on voit clairement comment la chose se passe: chaque esprit, et plus encore chaque société, a autour de soi la sphère de sa foi et de sa vie, cette sphèl'e est une sphère spirituelle; d'après elle est distinguée la qualité de l'esprit, et plus encore celle de la société, car elle est perçue pal' ceux qui sont dans la percep­ tion, parfois à une assez grande distance; et cela, quoiqu'ils soient dans un endroit caché et qu'ils ne communiquent point par la pen­ sée ou par le langage: cette sphère spirituelle peut être comparée à la sphère matérielle qui entoure le corps de l'homme dans le monde, sphère matérielle qui est la sphère des effluves émanant de lui, et qui est sentie par l'odorat subtil de cel'tains animaux; SUI' la sphère spirituelle qui entoure les esprits, voi,' Nos 1048, 1053, '1316, 1504,10'19, 240'1,2489, 4464, 0179, 6206 f. D'après cela on peut voir que si les esprits infel'l1aux. approchaient de près ceux qui sont dans le culte Divin, ils les infesteraient pal' leur sphère; car ainsi ceux qui sont dans le culte Divin percevraient le hideux et l'abo­ minable. De là on peut savoir comment il faut entendre qu'il influe­ rait un infernal hideux et infect, s'ils adoraient Dieu dans le voisi­ nage. D'aprè.s ce qui il ~té dit de la sphère spirituelle, ou de la '
  • 436. EX.ODE, CHAP. IIUITlEME. 431 sphèl'e de foi et de vie, qui s'exhale de chaque esprit et plus encore de chaque société d'esprits, on peut aussi voir que rien absolument de ce que l'homme a pensé, pl'ononce et fait ùans le monde, n'est cacM, mais que tout est à décourel't, car c'est là ce qui constitue cette sphèl'e: IIne telle sphère émane aussi de l'esprit de l'homme, quand il est dans le corps dans le monde; de là aussi il est connu tel qu'il est: qu'on ne croie donc pas que les choses que l'homme pense en secret et qu'il fait en secret soient secrètes, elles sont aussi manifestes dans le Ciel que celles qui se présentent dans la lumière du milieu du jouI'; selon les paroles du Seigneur dans Luc: « Il Il n'y a rien de caché qui ne doire être découvert, ou rien de secret Il qui ne doive être connu: les choses donc que vous aurez dites Il dans les ténèbres seront entendues dans la lumière; et ce qlle Il vous aurez }1I'0nol1cé à l'oreille dans les chambres à coucher, sel·'a Il annoncé Sil' les toits. » - XII. 2, 3. 7455. Voici, nous sacrifierions l'abomination des Égyptiens il leurs yeux, signifie que si c'était en leltr présence, le culte Divin serait infesté par de telles choses: on le voit d'après ce qui vient d'être expliqué No 74-fj4-. 7,HJ6. Ne nouS lapideront-ils point; signifie qu'ainsi ils étein­ dmient les vrais rie la roi qlû ltppartiennellt nu wlte : on le voit pal' la signification de lapider, en ce que c'est éteindre et effacer les faux, mais ùans le sens opposé, quand c'est par les méchants, c'est éteindre et effacer les vrais qui appartiennent à la foi; si les choses infernales, hideuses et infectes dont il vient d'être padé 10 74-M, influaient chez ceux qui sont dans le saint du culte, ce saint du culte serait éteint; et cela, parce que l'homme, quand il est dans le saint du culte, est détourné de ces choses infernales, et que ceux qui sont dans le bien de la foi et de la vie sont élevés au-dessus du sensuel Ol! sont ces choses, mais quand de tels objets influent, alors sont excitées les infections qui sont dans le sensuel; desquelles l'homme est détourné, comme il a été dit, quand il est dans le saint du culte, et au-dessus desquelles ceux qui sont dans le bien sont éleves, d'oil il l'ésulte que le saint du culte est eleint; cela peut même être évident pal' l'expérience; car lorsqu'un objet infecte se présente et n'est point repoussé quand l'homme est dans le culte Divin, le culte perit et est éteint aussi longtemps que cet
  • 437. ~32 Al1CANES CÉLESTES. objet est pdsent; voilà ce qui est entendu lorsqu'il est dit qlle si ceux qui sont dans les faux provenant des maux étaient dans le voisinage, ils éteindraient les vrais de la foi qui appartiennent au culte. Quant à ce qui concerne la signification de Lapider, il faut qu'on sache qu'il y avait deux peines de mort chez les Israélites et les Juifs, chez qui le lleprésentatif de l'Église avait été institué; l'une de ces peines était la Lapidation, l'autre était la Pendaison au bois; il Yavait Lapidation si quelqu'un voulait détruire les vrais du culte qui avaient été commandés, et Pendaison si quelqu'un voulait détruire le bien de la vie; si ceux qui voulaient détruire les vrais du culte étaient lapidés, c'était parce que la pierre signifiait le vrai, et dans le sens opposé le faux, N°s 613, ·1298, 3720, 6426; et si ceux qui vouiaient détruire le bien de la vie étaient pendus à un bois, c'était parce (lue le hois signifiait le bien, et dans le sens opposé le mal des cupidit(~s, N0s 6'1·3, 278~, 2812, 3720. Qu'il y ait eu peine de lapidation lorsque quelqu'un délmisait les vrais qui appartiennent au culte, on le voit clairement par ces passages: dans Ézéchiel: « Enfin ils feront menter SUl' toi l'assemblée, et ils 1) te lapideront avec la pierre, et ils te dépèceront avec leurs épées. » - XVI. ~o ;- là, il s'agit de Jél'Usalem pervertie, et de la des­ truction du vrai de la foi par les faux; c'est pOUl' cela qu'il est dit qu'ils lapideront avec la pierre, et aussi qu'ils dépèceront avec des épées, car l'épée signifie le vrai qui combat et détruit le faux, et dans le sens oppusé le faux qui combat et détruit le vrai, N0s 2799, . .. " 44,99, 6353, 7,102 : paI'eillement ailleurs dans 'I(). Mème: « Fais " monter contre elles l'assemblée, afin que l'assemblée les lapide » avec la pierre, et qu'ils les déchirent avec leurs épées. » -XXHl. ~7 ; -là, il s'agit de Jérusalem et de Samarie, par lesqnelles est signifiée l'Église, par Jérusalem l'Église céleste-spirituelle, par Samarie l'Église spirituelle, et dans ce Chapitre il est décrit com­ ment en elles ont été détruits les biens et les vl'ais de la foi. Dans Moïse: « Si un bœuf frappe de sa corne un homme ou une femme, » et qu'il y ait mort, en Lapidant sera Lnpidé Le bœuf. » - Exocl. XXI. 28; - frapper de la corne un homme Oll une femme, signWc le faux qui combat, et dètl'Uit le yrai ct le bien, car lucorne est le l'aux qui combat et aussi la pUiSSallCe du faux, N0 2832; l'homme et la femme signifient dans la Parole, le vrai et le bien; de IiI on
  • 438. EXODE, CHAP, HUITIÈME. ,~33 voit clairement quel est le sens interne de ce commandement, et pourquoi le bœuf était lapidé. Dans le Même: « Celui qui blas­ " phème le Nom de Jéhovah, en étant tué sera tué, toute l'assem­ )l Mée en lapidant le lapidera.)l - Lévit. XXIV. 16, - blasphémer le Nom de Jéhovah signifie par des faux malveillants porter vio­ lence aux vrais et aux biens qui apPal'tiennent au culte; que le Nom de Jéhovah soit dans un seul complexe tout ce par quoi Jého­ vah est adoré, on le voit N°s 27SU., 3006, ainsi tout ce qui appar...; tient à la foi et à la charité, N0 6-674-; de là aussi « le ms de la )1 femme Israëlite, qui blasphémait le Nom de Jéhovah, {ut conduit )l ho1's du camp et lapidé. ll-Lévit. XXIV. H, H, 23. -Il fut aussi ordonné que « ceux qui serviraient d'aut1'es dieux semient lapi­ ) dés. » - Deutér. XVII. 3,5; - ainsi que « ceux qui inciteraient II à servir d'autres dieux, II - Deutér. XIII. 7 à ·1 ,1 ; - servir d'autres dieux, signifie le culte profane par lequel le vrai culte est éteint. Si, lorsque les virginités de la jeune fille mariée n'étaient point t)'ouvées chez elle, elle était lapidée, parce qu'elle avait fait une folie en Israël « en se liVl'ant à la sco1'ULtion dans la maison de son père, II - Deutér, XXII, 20, 2,1, - c'était parce que la scor­ tation signifiait la falsification du vrai, par conséquent la destruc­ tion du vrai, N°s 2466, 4·865. Si, « lorsqu'un homme couchait dans la ville avec une jeune fille vierge fiancée à un autre homme, ils étaient lapidés tous deux, » - Deutér. XXII. 23, 24, - c'était pour la même raison, savoir, à cause de la scortation, car la scor­ tation spirituelle est la falsification du vrai. Dans Luc: « Ils rai­ sonnaient en eux-mêmes, que s'ils disaient que le baptême de Jean venait du Ciel, il dirait: Pourquoi n'y avez-vous pas cru? ~Iais que s'ils disaient qu'il venait des hommes; lOut le peuple les lapi­ derait. li - XX, 5, 6; - ici aussi il est parlé de lapidation,parcc que c'était contre le vrai. Si « les Juifs voulaient lapide1' Jésus, parce qu'il avait dit que Lui-Même était avant qu'Abraham mt, » - Jean, VIII. 5S, 09, - c'était parce que cette nation croyait que cela était faux. Ils voulaient pareillement lapider Jesus, parce qu'il avait dit que" Lui et son Père étaient un. ,,- Jean, X. 30, 31, 32,33; car ils croyaient que c'était un blasphême, ainsi.qu'il est dit aussi dans ce passage, Maintenant, d'après ces explications, on voit clairement ce que c'est que la Lapidation, et pow'quoi ellc a été XI. 28
  • 439. '4::l-i. AHCANES CÉLESTES. commandée, et l'on voit aussi 'que la peine de la lapidation dès les anciens temps, puisqu'elle existait en Égypte, avait èté dMivée des rcpl'ésentat.ifs de l'l~glise Ancienne. 741)7. Le chemin de trois jours nous Î1'ons dans le désert, signifie qu'ils s'éloignernient entièrement pOUl' être en liberté: on le voit par la signification d'aller le chemin de trois jow's dans le désert, en ce que c'est s'éloigl1er entièrement: que cela soit signifié, c·est une conséquence de ce qui est contenu plus haut dans le sens ïn- t.erne, savoir, qu'ils ne pouvaient adorer Dieu dans le voisinage et en présence de ceux qui étaient de l'enfel" Nes 7 4-52,74-54,74-55, 7f!!j6 ; qu'ainsi ils s'éloigneraient poU' être en libel'té. 7 Mi8. Et nOlis saC1'ifierons à Jéhovah notre Dieu, signifie qu'ainsi il y aura culte: on le voit pal' la signification de sacrifier à Jéhovah, en cc que c'est le culte, N°s 7~3, 7452; ct en ceqll'il n'y a culte qne quand on 'est en liberté, Nu ï34-9. /4.59, Ainsi qu'il nOlis Il dit, signifie ainsi qu'il avait ordonné: on le voit sansexplicatiorl. 7460. Et Pharaon, dit: Moije vous l'enverrai, et vous sClaifiercz ct Jéhovah votl'e Dicu dans le désel't, signifie qu'ils le.ç laisseront et 'ne les infestel'ont pas, afin qu'ils adorent leur Dieu en libe1'lé : on 'le voit par la signification de renvoyel', en ce que c'est laisser, ainsi ne pas infester; et par la signification de sacrifiel' à Jéhovah-Dieu, en ce que c'est adorer son Dieu, N0 74.58; que ce soit en liberté, la suite le prouve, car il est dit qu'ils sacrifieraient dans le désert, pal' conséquent non dans le voisinage, comme préc(~demment; que dans le voisinage, ce soit non en liberté, on le voit N°s 74.1)4.,74.56. 74tH. Seulement, en vous éloiguant ne vous éloignez point pOliT (tf/cr, ûgnifie encQ1'e bien qu'ils soient dans le voisinage: on le voit par la signification de ne point s'éloigner, en ce que c'est n'être point loin, ou n'être point éloigné de la terre d'Égypte. 74.62. Suppliez pour moi, signifie qu'ils intel'cèdent : on le voit par la signification de suppliel' POUl; moi, quand cela est dit par PlIa- l'aon à 'Moscheh, en ce que c'est l'intercession, comme ci-dessus No 7396. . 74-6~. Et Moschelt dit: Voici, moi je SO/'8 d'avec toi, signifie l' éloignemell t de l'aP1Jarence dit vrai Divin Chez eux : on le voit par la représentation de llfoscllCh, en ce qu'il est la Loi Divine,
  • 440. EXOJ)E, CIJAP. lHllTlI~:)IE. 43!) N0s 6123, 6i52, pat' cons~qucnt aussi le Hai Divin, l.ù$ 70-14 , 7382 ; et par la signification de ,wl'cir, en ce que c'cst 1'6Ioigne- ment, comme ci-dcssus N° 7,).04.; en effct, la présence du Hai Divin est signifiée en ce que Pharaon appela MoscllClt ct Altaron , N0 7 45~ ; en conséquence, ici l'éloignement est signifié par sOl'li l' d'avec Pharaon. Quant à cc qui concerne la présence ct l'éloigne- ment du Vrai Divin chez les méchants, il faut qu'on sache que par- fois le Vrai venant du Divin se montre il CltX , ct ccla pal' la pré- sence d'un Ange près d'eux; mais le Vrai venant du Divin n'influe pas chez eux pal' les intérieU1's, comme citez les bons, car les ill- térieurs chez eux. ontété' fermés, mais il affecte seulemcntleul's exté- l'ieul's : quand cela arrive, ils sont dans la eminte et pal' suite dans l'humiliation; cal' la présence du Vrai, venanl Ùll Divin, les frappe et leur inspire une crainte telle que celle de la mort; mais quand. le Vrai venant du Divin est 610igné, ils reviennent dans leul' ancien état, ct sont sans crainte: voilà ce qui est enlcndu pal' la présenee de l'apparence du Vrai Divin. ct pal' l'éloignement de cctl.e appa· rence: c'est aussi ce qui a été représeuté pal' Pharaon, ell eu que, quand lfosl:heh était présent devanl lui, il s'llllll1ilia ct promit de renvoyer le peuple pour sacril1er il J<'~hovall; mais al)rès que Mos- cbeh fut sorti d'avec lui, il appesantit son cœur, Vers 28 cl sui'. ; cal' Moscltell, comme il a été montre (;i-dcssu:i , l'epl'csenlailla LOI Divine ou le Vrai Divin. Si la Loi Divine eslla Il1cmc chose que le Vrai Div.in, c'cst parce que la Loi Divine signifie la Parole, Cl ainsi lé Vrai Divin. Que la Loi signifie la Parolc, etainsi le Vrai Divin, on le voit pal' les passages suivants; dans Jean: « Jesus dit: » N'est-il pas écrit dLtnS vol/,e Loi; Moi j'ai dit: Des dieux VOLIS Il êtes? Si elle a appclé dieux CCliX à qui la Parole a eté adl'essl~e , Il ell'écl'iture ne peut être dissoute. Il - X. 34; - éeril dans la Loi, c'est-à-dire dans la Parole, cal' ccla a etc ecrit daus David. Dans le ~Iême : « La foule dit: NOliS, nous avons appl'is pa/' La Loi .. que le Christ demeure pourl'étcïl1ité.»-XIl. 34,-celaaussiaélé éc.l~it dans David. Dans le lUême : « Jésus dit: Afin que flît accom- » plie' La Parole écrite dans la Loi: Ils m'ollt haï S,lns cause. Il - XV. 25, - cela est aussi dans David. Dans Luc: « Il a été éCl'it Il dans La Loi da Seigneur, que tout mâle ouvranl rllll~I'lIS sera "p- li pelé saint au Scigncur : ct pOUl' (lonncr cn s;ll:rilice, scIon ce qlti
  • 441. 436 ARCANES CÉLESTES. » est éCl'it clans ln Loi du Seigueul' , une paire de tourterelles ou " deux petils de colombes. » - JI. 23, ~4., 39, - cela est écrit dans lJoïse. Dans le Même; « Un docteur de la Loi tentant Jésus , » lui dit: Que ferai-je pour recevoil' l'héritage de la vie éternelle? )l Jésus lui dit: Dans la Loi qu'y a-t-il d'écrit? Comment lis-tu? » - X. 25, 26. - Dans le 'Même ; li La Loi et les prophètes jusqu'à " Jean; depuis lors le Royaume de Dieu est évangelisé: il est plus » facile que ledel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul accent " deta Loi lombe. »-XVI. '16, 17 ; - et en outre dans les passages où la Parole est appelée la Loi et les prophètes, comme Malth. V.18. VII. ~2. XI. 13. XXl1. 40. Dans Esaïe; «Serrele témoi­ )l gnage, scelle la Loi pour ceux que j'enseignerai. • - VIlI. 16, ­ la Loi, c'est la Parole. Dans le .Même ; li Des fils menteurs, des " fils (qui) n'ont point voulu écouter la toi de Jéhovah. » -XXX. 9. - Dans le Même : « II posera en la tene le jugemen t; en sa Loi J) les îles espèl'eront." - XLII. 4, -ici il s'agit du Seigneur; sa Loi, c'est la Parole. Dans le Même; « Jéhovah magnifiera sa Loi. 1) ­ XLII. 21. - Dans Jérémie; li Ainsi a dit Jé~ovah : Si vous ne " M'obéissez point, pour marcher dans ma Loi, que j'ai donnée de­ » vant vous, et que vous n'écouliez point la Parole de mes servi­ » teurs les prophètes. » - XXVI. 4., 5 : - la loi, c'est la Parole; et en outre dans plusieurs autres passages; il est donc évident que la Loi est la Parole, et puisque c'est la Parole, c'est le Vrai Divin; comme dans Jérémie: « Voici l'alliance que je trailerai avec la mai­ l! son d'Israël après ces jours, parole de Jéhovah; Je clonnemi ma » loi au milieu d'eux, et sUl'leur cœU!' je l't"cril'ai. » - XXXI. 33, - ici la Loi de Jéhovah est le Vrai Divin. Que la loi dans le sens large soit toute la Parole, dans un sens moins large la Parole His.. torique, dans un sens encore moins large la Parole qui a été écrile par Moïse, et dans le sens strict les préceptes du Décalogue, on lu "oit No 6752. Maintenant on peut voir pourquoi il est dit que Mos­ cheh réprésente et la Loi Divine, et aussi le Vrai Divin. 7464-. Et je supplierai Jéhovah, signifie l'intercession: comme Jo~ '7396, 7462. 74·65. Et qu'il éloiglle le volatile nuisible de Pharaon, de ies ,~er­ vile urs et de son peuflle, signifie TJUltl' qnc ce soit la fin de cel éWI , quanl au;x {(W,J.: rie lfl malveillallce : on le voit par la significalion
  • 442. EXODE, CHAP. HUITIÈME. 437 du volatileliuisible, en ce que ce sont lesfaux de la malveillance, N° 7U~; pal' la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui sont dans les faux provenant des maux et qui infestent, ainsi qu'il a été dit ci-dessus; et pal' la signification de ses serviteurs el de son peuple, en ce que ce sont tous ceux-là en général et en particulier, N°s 7396,7 Hi; éloigner ces faux de la malveillance de tous ceux qui, en général et en particulier, infestent, c'est mettre fin àcet état. li faut qu'on sache que chaque Miracle fait en Égypte, signifie un état par­ ticulier dans lequel viennent ceux qui sont dans les faux, et qui in­ festent dans l'autre vie; il Ya dix états dans lesquels ils viennent successivement avant d'être entièrement dépouillés de tout vl'ai , ainsi avant d'être jetés dans l'enfer; en effet, ceux qui sont dans la science de la l"oi, et dans le mal de la vie, ne sont pas portés dans l'enfer aussitôt après la mort, mais ils y sont conduits succes­ sivement ; ils sont d'abord forcés de reconnaître qu'ils sont dans le mal, ensuite la science de la foi leur est ôtée, et enfin ils sont aban­ donnés au mal de leur vie; cela se fait par plusieurs états succes­ sifs; ce sont ces états qui sont décrits par les miracles faits en J.:gypte, par conséquent pal' les maux qui arrivèrent aux Itgyptiens avant qu'ils- fussent submergés dans la mer de Suph : ces arcanes ne peuvent être sus sans révélation; ils sont pour les Anges au nombre des choses les mieux connues. H66. Demain, signi(te à perpélltilé : VOil' N0s 3998, 7399. 7467, Seulement que Pharaon ne continue pas àse moquer, I;n ne t'envoyant pas le peuple pOUl' S(t(;l'Î{ier à Jéhovah, signifie pourvu qu'il ne trompe pas pal' mensonge, et qu'il lès laisse adorer en liberté l-eur Dieu: on levoit par la représentation de Pharaon, en ce qu'il désigne ceux qui son t dans les faux provenant des maux, et qui j n­ festent ; parla signification de se moquer, en ce que c'est tromper par mensonge; pal' la signification de renvoyer, en ce que c'est laisser; par la représentation des fils d'Israël, ence qu'ils sont ceux de l'Église spirituelle; et par la signification de sa~l'i{iel' à Jého­ vah, en ce que c'est adorer son Dieu, N°s 739:3, 74,52, 74-58; que ee culte doit être exercé en liberté, on le voit N°s 74,54,,74-56. D'a­ près cela il est évident que ces paroles: «Seulement que Pharaon ne continue pas à se moquer, en ne renvoyant pas le peuple pour )iac,'ificr à Jéhovah, II signifient pourvu qu'il ne trompe pas par
  • 443. .4.38 ARCANES CÉLESTES. mensonge, et qu'il laisse ceux de l'Église spirituelle adorer en li­ berté leur Dieu. 7468. Et Moscheh sm'/il d'avec Pharaon, signifie l'éloignement de l'apparence clu Vrai Divin chez ceux qui sont dans le {aux de la malveillance: on le voit d'après ce qui a été dit ci·dessus , No 7463. 7 .l69. Et il sltpplia Jéhovcth, signifie l'intercession: comme ci­ dessus N0s 7396, 7 !~62. 74.70. Et Jéhovah fit selon la parole de Moscheh, signifie qu'il fia {ait ains'; selon la parole dit Seigneur: on le voit par les expli­ cations donnt.es ci-dessus, No 7.l06. 7.l71. Et il éloigna le volatile nuisible cie Pharaon, de ses servi­ teurs et de son peuple, signi{te la fin de cet état du {aux: on le voit d'après ce qui a été dit ci-dessus, N° 7.l6:.>. où sont de semblables paroles. 7472. Il n'en 1'CSta pas un, signifie l'éloignement plein: on le voit sans explication. 7473.,Et Pharaon appesantit son cœur encore celle {ois, signi­ {te l'obstination de nouveau: on le voit pal' la signification de ren­ forcer, d'endurcir et cl' appesantir le cœur, en ce que c'cst l'obstina­ tion, N°s 7272, 7300,7305. H7.,. Et il ne 1'e1woya point le peltple, signifie qu'ils ne laissaient point ceux de l' Église spù'ilUelte : on le voit par la signification de reuvoyel', en ce que c'est laisser; et par la représentation des fils d'Israël, qui ici sont le peuple, en ce que ce sont ccux de l'Église spirituelle, Nos 6Vi!6, 6637, 6862,6868, 7035, 7062,7'198, 720'1, 72'15,7223. Quant à ce qui concerne l'Église spirituelle, qui est rcprésentée ici pal' lcs fils d'Israël, il faut qu'on sache que cette Église cst interne et extci'lle , que ceux qui SOllt dans le bien de la charité sont dans l'Église intcme, et que ceux qui sont dans le bien de la foi sont dans l'Église externe; ceux qui sont dans le bicn de la charité sont cellx qui, d'après la charité envers le prochain, voient les nais appartenant à la foi, et ceux qui sont dans le bien de la foi sont ceux qui, d'après la foi, considèrent la charité, ainsi que ceux qni font le hien, non pas d'apl'ès l'affection de la chal'itl: , mais d'a[lj'~s l'obéissance de la roi, c'cst-à·dire parce que ccla a 1:'I(~: ommandé aiBsI : te so lit. ccux-ci qui sont proprement représentés
  • 444. EXODE, CI-IAP. HUITIÈME. 439 ici par les fils d'Israël, car ce sont eux qui sont infestés dans l'au­ tl'e vie par ceux qui sont dans les faux; en effet, ceux: qui sont dans l'affection de la charité ne peuvent pas être ainsi infestés, car les esprits qui sont dans les faux et dans les maux ne peuvent pas appl'ocher de ceux qui sont dans ce bien, parce que le Seigneur est dans ce bien; si ceux-ci sont insfestés, c'est seulement quant aux illusions et aux apparences par lesquelles ils ont cru que ce qui n'é­ tait pas vrai était vrai, et quant aux choses que la doctrine de leur Église a enseignées comme étant. des vrais, quoiqu'elles ne fus· sent pas des vrais; ceux-ci dans l'autre vie rejettent de bon gré les faux et reçoivent les vrais, par la raison que le bien de la charité est le récipient du Vrai, parce qu'il l'aime et le désire. Puisque les Infestations ont été si souvent nommées, il est à propos de dire cc que c'est, ct qu'elles elles sont: Les Infestations se font par des in­ jections du faux contre les vrais, et ces faux sont repousses par un in­ flux venant du Ciel, c'est-à-dire du SeigneUl' par le Ciel, citez ceux qui sont infestés; c'est dans un tel état que sont tenus ceux qui sont dans la vastaLion quant aux faux, jusqu'à ce qu'ilsse soient imbus des vrais qui appartiennent à la foi, et, par degrés, de vrais intérieurs; et autant ils se sont imbus de ces vrais, autant ils sont délivrés de l'infestation. Les infestations ne sont point des tentations, car les tentations se font avec une angoisse de la conscience; ceux, en el~ fet, qui sont dans les tentations sont tenus dans un état de damna­ tion ; de là chez eux angoisse et douleur. D'après cela on voit clai­ rement quelles sont dans l'autre vie les vastations qu'éprouvent ceux qui sont dans le bien de la foi, ces vastations sont des vasta­ tions~u faux; mais chez ceux qui ont été non pas dans le bien de la foi, mais scientiliquement dans quelque vrai de la foi et dans la vie du mal, les vastations sont les vastations du Vrai; cellxqui sout. dévastés quant aux faux, sont successivement imbus dèS vrais ct des biens de la foi et de la charité; mais ceux qui sont dévastés quant aux vrais, dépouillent successivement lcs vrais, ct revêtent les maux qui ont appartenu à leur vie. Par ce qui vient d'être dit, on peut voir ce qui est entenùu dans la Parole par les vastalions ct les désolations.
  • 445. 440 AHCANES CltLESTES. CONTH'iCA110N SUR LES ESPRITS ET LES HABlTAri:TS DE LA PLANÈTE DE MARS. 14,75. Les Esprits de Mars apparaissent à eux-mêmes comme' hommes, tris qu'ils avaient été dans le monde; ils apparaissent donc aussi de la même manière aux autres, car chacun dans l'autre vie apparaît aux autres comme il apparaît à soi-même, parce que la perception est communiquée. Comme je m'en étonnais, ils me dirent qu'ils ne pouvaient pas apparaître autrement, parce que, quand il.s vivaient dans le monde, ils avaient~!J qu'ils étaient des esprits couverts d'un corps, et parce qu'alors ils avaient pensé peu à leur corps, et seulement à la vie de leur esprit dans le corps; de là, quand ils viennent dans l'autre vie, ils ne savent pl'esque pas que l'état de la vie a été changé, et puisqu'alors aussi ils pensent à la vie de leur esprit de même que dans le mond~, voilà pourquoi à eux-mêmes ils apparaissent alors semblables. Tous les esprits, il est vrai, sont dans une forme humaine, mais non aussi éminente que celle dans laquelle sont les esprits de Mars; car chez ceux-ci reste l'idée de cette forme telle qu'ils l'ont eue dans-Ie monde. De plus aussi, ceux qui, lorsqu'ils sont dans le monde, savent et sont dans la foi que, dans l'autre vie, ils seront dans une forme humaine, voient f.)cQ!:.9itre en eux cette pensée à meSUl'e que le corps décroil, c'est pOUl'quoi, quancl ils dépouillent le corps qui leur avait servi pour l'usa~e dans le monde, ils restent semblables à eux-mêmes­ d'après l'ir1le imp!'Îlllée en eux. 71·76. Pal'llli les esprits qui sont des terres du monde de ~e So­ leil, les esprits de fllars sont les meilleurs de tous, car pOUl' la plus grande l)arLÏe ils sont 1Iommes célestes, non différents de ceux qui furent de la Très-Ancienne Église sur notre Terre, et dont il a été parlé N°s -HU· à H25, et ailleUl's. Quand ils sont représentés tels qu'ils sont, ils sont représentés la face dans le Ciel, et le corps dans le monde des esprits; et ceux d'entre eux qui sont Anges, sont re· présentés la face vers le SeigneUl' et le corps dans le Cie. 74-77. Plus que tous les autres Esprits ils reconnaissent et ado­ rent Notre Seigneur; ils disent qu'Il est le Seul Dieu; qu'il gou­ vel'lle et le Ciel et l'univers, et que tout bien vient de Lui: ils disent
  • 446. EXODE, CHA.P. IlUITlÈlŒ. HI aussi que c'est le Seigneur qui les conduit, et que, chez eux dans leur Terre, il apparaît très-souvent. Que le Seigneur gouverne et le Ciel et l'univers, c'est aussi ce que dans notre Terre les Chl'étiens connaissent d'après les paroles du Seigneur dans lIatthieu: li Tout " pouvoir M'a été donné dans le Ciel ct SUI' la terre. )) - XXVllI. t 8, - mais ils ne croient point cela comme ceux qui sont de la terre de Mars. 74.78, Un joUI' que le Nom du Seigneur était prononcé, je vis ces esprits s'humilier si intimement et si profondément, que cela ne peut être décrit: en effet, dans leur humiliation, il Yavait la pensée que par eux-mêmes ils sont dans l'enfer, et qu'ainsi iL; sont absolument indignes de porter leurs regards sur le SeigneUl', Qui est le Saint Même; ils étaient d'après la foi si profondllment dans cette pensée, qu'ils se trouvaient comme hors d'eux-mêmes, et qu'ils restèrent ainsi &lll' leurs genoux, jusqu'il ce que le Seigneur les eftt élevés, et les eût alors comme retirés de l'enfer; lorsqu'ils sortent ainsi de l'humiliation, ils sont remplis de tien et d'amour, et par conséquent remplis de la joie du creU', Quand ils s'humilient ainsi, ils ne tournent pas la face vers le Seigneur, car ils ne l'oseraient pas alors, mais ils la détoUl'nent. Les esprits qui étaient autour de moi disaient qu'ils n'avaient jamais vu une telle humiliation. H79. Je me suis entretenu avec quelques esprits de cette Terre sUI'la foi de ceux qui l'habitent, ils me dirent que là ils croient que chez eux il n'y a rien qui ne soit impur et infernal, et que tout bien appartient au Seigneur: et dtl plus, ils ajoutèrent, que pal' eux-mêmes ils :t0nt des diables, et que le Seigneur les Lire de J'enfer et les en dé­ toul'l1e continuellement. Ils s'étonnaient de ce qu'il y avait autour de moi tant de mauvais esprits, et de ce que ces esprits s'entretenaient aussi avec moi; mais il me fut donné de leur répondre que cela leur est permis, afin que pal'làje sache quels ils sont, et pOUl'quoi ils sont dans l'enfer, et qu'ils ysont en raison de leurvie; il me fut aussi donné de IcUl' dire que parmi ces esprits, il yen avait plusieurs que j'avais connus pendant qu'ils vivaient dans le monde, ct qu'alors quclques­ uns d'eux avaient été constitués en grande dignité, sans qu'ils eus­ sent eu ü cœur autre chose que le monde; mais que jamais aucun mauvais esprit, même le plus infernal, ne pouvait. me causer quelque dommage, parce que j'étais continuellement dMendu parle Seigueur.
  • 447. H'2 AHCANES CÉLESTES. 7q·80. J'ai été illstruit que les esprits de à"{ars représentent quel­ que chose qlÙ est intél'ieurement dans l'homme, et même que c'é­ tait le medium entre l'intellectuel et le volontaire, ainsi la pensuc d'après l'affection, et les meilleurs d'entre eux, l'afTection de la pensée; de là vient que leur face fait un avec leur pensée, et qu'ils ne peuvent feindre devant qui que ce soi~, voir SUI' ce sujet ce qui a été dit d'eux ci-dessus, N0s n60, 736". 148,1. Et comme c'est là ce qu'ils représentent- dans le Très­ Grand Homme, la province m~enne qui est entre le Cerveau et le Cervelet leur Cûl'respond ; car chez cel"X dont le Cerveau et le Cer­ velet ont été conjoints quant aux opérations spirituelles, la face fait un avec la pensée, de sorte que l'affectioTh même de la pensée est claircmcnt manifestée pal' la face, et que le GOlI1mun de la pensée cst clairement mar.lift:slé pal' l'affection et aussi pal' quelques signes qui se produisent dans les yeu~. C'est pourquoi quand ils étaient près de moi, j'aperçus pal' Wmoyen des sens une rétraction de la partie antérieure de ma tête vers l'occiplu, ainsi du Cerveau vers le Cervelet. 7.82. Un jour que des esprits de 1lars étaient chez moi et OCCII­ paient la sphère de mon IHental, dr:s esprits de notre tene aJ'ri­ vaient, et voulaient s'introduire aussi dans cette sphère; mais alors les r,spriLs de notre tcne devinrent comme insensés; et cela, purce qu'ils nç ~'aecoj'daient null~ment avec ccux de Mars; cal' les esprits. de notre terre n'ont ell vue qu'eux-mêmes et le monde, et sont. ainsi dans l'idée tournée vers eux.-mêmes, tandis que les esprits de Mars ont en vue le Ciel, pal' conséquent le Seigneur et le pro­ chain et sont. ainsi dans l'idée tournée en dehors d'cux-mêmes;' de là venait le désaccord; mais alors survinrent des esprits AngélI­ ques de Mars, l)ar l'arrivée desquels la communication fut ôtée; et ainsi les esprits de notre telTe se retirèrent. 74.8:3. 11 mc fut représenté lin habitant de cette terre; sa face était comme celle des habitants de notre terre, mais la partie infé­ rieure de la face était noire, non de barbe, cal' ils n"enont point, lll(}is d'une noirceur qui en tient la place; cela aussi d'après la cor­ respondance; cette noirceur s'étendait cie chaque côté jusque sous les oreilles; la partie snpérieure de la face était blonde comme l;.t
  • 448. EXODE, CHAP. HlnTIÈlfE. 443 face des habilanh; dr. notre terre qui ne sont pas absolument blancs. 7!J84-. Ils disaient que les habitants se nOUl'l'issent des frnits des arhres, et surtout d'un certain fruit rond qui germe de leur terre; en outre, ils se nourrissent aussi de légumes, 1485. Ils se vêtissent là de vêtements qu'ils fabriquent avec les fibres de l'écorce de certains al'bres ; ces fibres ont la consistance convenable pour pouvoir être tissues, et aussi ~onglutinées par une espèce de gomme qui est chez eux. 74-86. Oull'e plusieurs autres choses, ils disaient encore qu'ils savent y faire des feux Ouides, par lesquels ils ont de la lumière le soir et la nuit. 7487. La continuation sU' les habitants et les esprits de l'lars est à la fin du Chapitre suivant. FIN nu To~m ONZIÈlIE,
  • 449. ERlLTA. Pa~e t 7,ligne 21. et lalll, lisez: Cil IUlIl. ~ 20, :..... Il, lellrlllaUX et lem' faux, liscz: leurs lllaux et lelll's [allx. 2't, - 57, 011, lisez: Olt 26. - 5, (l'éll'll1ls. lisez: délmils. 36, - 8, tOlllles Vl"ai,s, lisez: tous les t:1·ai~. 5 t. - 3 1 tice vi·ssà, lisez: vice ce,·sâ. " 67, - 33. uu, lisez: Detller. xxu. U9, - 24, b"ouillanl de la nuil; lisez: brouillard de la lIuée. 92, - 25, hél''itage, lisez: ilédlages. 106, - 2:1, JE SUIS QUI SUIS, lisez: JI! SUIS QUI (est) Ir. SUIS. lu7, - 5, Sacrifiolls, lisez: Sacrifii()lls. 131, - 2, désiglllis, lisez: de.sigllées. 144, - 2G, le versels, lisez: les versels. '52, - 23, embrasse. lisez: embl'a.'e. 159, - 31. d'aulre ciloscs, lisez: d'allll'es choses. 162. - 9, e'l 'LlI1II0t, lisez; e'/lm mOlllenl. 172. - .~, lle.S(û.silpar, Iiscz: Ile saisilpas. 184, - 3i, qll'eUe, lisez: quelle. 194, - 34, qllanlla cl loi, lisez: quall! à la loi. - 200, - 15. t1·csI.1Jas,!jsez: n'c§I:.Çe.1151§. - 22/i. - 33, qui esl dans. lisez: qlli esl sans. - 227, - t 3, cllez ellX, lisez: chez ceux. - !G1, - 3, et ils disenl. lisez: el ils dirent. - 272, - 2:1. signifie lesficlions. lisez: signifle lJOllr lesflclions. - 273. - 9, devait, lisez : dcvaielll; li~. 19, signifie, lisez: siglliflent. - 284, - 22, qu'auparalll, lisez: qlt'auparavalli. - 321, - 36, ères. lisez: pèrp.s. - 3'!2, - 9, /ocflibed, lisez: Jochebed; li~. lt et 14, mettre un point npl'èsZichri, et après flhamal·. - 327. - 6 el7, a parems, lise~: apparents; lig. ~ llléme, lise? : 1l7C:mes. - 32!!. - 17, semblable, li~ez: semblables. , - 330, - 2M, /Jréhdié. lisez: prépulié. - 331. - 27, IlIeuI'clll, dClnellllelll. lisez: mew'ent el deviellllfl'I. - 336, ligne del'llicre. el Aharon. lisez: el à AharOIl. - 346, - 25, tOlll, lisez: lOI/S. - 349, - 6, le nomb,'c. lisez: ce nombre. - 366, - 19, toui. lisez: lous. - 3U7, - 3. COlll11lCllCcrOnl, lisez: CO'Inlllencem. - 368, - 7, il. lisez: ils. - 370, - 26, pecheurs, lisez: pêchew·s. - 381, lignederDlère, per quod ( lisez: 11el' (Iuod (par, - 386, - 17, lalJllLe, lisez: laplua. - 394, - 19., Gorahin. lisez:. Goschen... - 413, - 3~,-upentrlisez.: aer!lent. ;-)Ï'/!';-'~pail':;-Iise}, • J'IJia. - 432. - 2(), la ~f.cme, lisez: le Même; llg. 35, vreai.. ome, lisez:' Vrai, . . COl'lle. ---.....o;;;;;>.w:<}rx;.. - - - .._