1. Prof assist. Tek Lyvannara (DES de Pédiatrie),
Hôpital d’enfants Kantha Bopha
1
2. Objectif :
- Manifestation clinique de la schistosomiase au
Cambodge
- Diagnostic de la schistosomiase
- Traitement
2
3. Classification des principaux parasites de l’homme :
1. Protozoaires : êtres unicellulaires, doués de mouvement
- Rhizopode : se déplacer par des pseudopodes ;
rhizopodes intestinaux : amibes
- Flagellés : cellules présentant un ou plusieurs flagelles
( gardia, tricomona…)
- Ciliés (balantidium)
- Sporozoaire : cellules peu mobiles avec reproduction
asexuée(schizogonie) et sexuée ( gamogonie)
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4. 2. Métozoaires : être pluricellulaire, possédant des tissus
différenciés
- Helminthes (=vers) :
* némalthelminthes : vers ronds, non segmentés, à sex séparé
( oxyure, ascaris, ankylostome,anguillule, filaire )
* plathelminthes : vers plat
. Trématodes : non segmentés : douve( hermaphrodites ),
schistosomes (à sex séparé)
. Cestodes : segmenté : taenia
- Arthropodes : corps et appendices formés de segments articulés
* insectes :
* arachnides : pas d’antenne
*crustacés : crabes, écrevisses, cyclops( hôtes intermédiaires)
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5. I.Définition :
Les schistosomiases (bilharzioses ou schistosomoses , snail fever )
sont des affections parasitaire dues à des vers plats (schistosome)
vivant dans le système circulatoire.
5
Des schistosomes vus au
microscope
SCHISTOSOMES ADULTES:
Schistosome mâle et femelle
6. Épidémiologie :
Les bilharzioses sont connues depuis l’Antiquité. Des oeufs
calcifiés ont été retrouvés dans des corps embaumés en Asie
depuis plus de 2 000 ans ainsi que dans les momies
égyptiennes.
« L’hématurie d’Egypte » avait été constatée fréquemment
dans l’armée d’Egypte de Bonaparte. Les vers responsables
decette affection ont été découverts par un médecin
allemand, Théodor Bilharz, lors d’autopsies pratiquées au
Caire sur des sujets ayant présenté des hématuries.
Ils se fixent sur les parois vasculaires par deux ventouses et
se nourrissent de sang. Leur durée de vie est d’environ 20
ans.
6
7. 5 espèces de schistosomes sont pathogènes
pour l’homme :
- Schistosoma haematobium : la bilharziose uro-
génitale dans plusieurs régions d’Afrique.
- S. mansoni en Afrique, S . Japonicum en Chine, au Japon
et aux philippines : formes hépatiques et intestinales.
- S. intercalatum : bilharziose rectale et génitale
L’espèce importante au Cambodge est Schistosoma mekongi
qui est responsable d’une atteinte hépatique et intestinale.
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8. II. Cycle parasitaire et transmission de la
schistosomiase :
L’homme est l’hôte définitif du S.mekongi et les
schistosome adultes (mâle et femelle) vivent
dans les veinules de l’intestin pendant des
années.
Les oeufs produits contaminent l’eau du Mekong
par l’intermédiaire des selles. Les oeufs se
transforment en larves pénétrant dans un très
petit mollusque qui est l’hôte intermédiaire.
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9. Ce mollusque est présent sous les rochers au bord du
fleuve Mékong. A partir ces mollusques, des milliers de
cercaire( larves mobiles) sont libéré dans l’eau( Chaque
mollusque émet quelques cercaire chaque jour) 4-6
semaines après infection.
Ces cercaires vont pénétrer à travers la peau de quand
celui-ci est en contact avec l’eau. Les hommes
s’infectent en nageant ou en travaillant dans le fleuve ou
quand ils s’y lavent ou en y nettoyant les vêtements.
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Cercaire
10. Les larves de schistosomes atteignent le foie par la
circulation sanguine. Dans le foie, les larves se
transforment en adulte.
Une partie des adultes migrent vers les veines
mésentériques et pondent des oeufs ( les premiers oeufs
apparaissent dans les selles environ 12 semaines après
l’infection)
10
11. Résumé de la maladie
Schistosomiase
11
Les vers rentrent dans le corps
humain en traversant la peau, se
développent jusqu'à maturité,
puis se reproduisent.
Les oeufs passent
dans l'eau, dans
l'urine et les fèces
Les larves deviennent adultes
et se multiplient à l'intérieur de
l'escargot.
Les vers ressortent dans
l'eau au bout de 3 à 7
semaines (larves
survivent jusqu’à 72h )
Les larves qui éclosent
doivent rapidement trouver
un escargot dans un délai de
26 heures pour survivre.
13. III. Pathologie :
- Certaines personnes infectées par schistosoma mekongi
peuvent rester asymptomatiques.
13
14. A. Schistosomiase aigue :
Syndrome ou fièvre de Katayama-Il s’agit d’une réaction
immunitaire au stade débutant de l’infection :
- fièvre
- urticaire
- arthralgies et myalgies
- oedème fugace
- toux et dyspnée
- céphalées
- douleurs abdominales
- diarrhées
- les NFS : hyperleucocytose + hyperéosinophilie
Ce syndrome n’a jamais été mis en évidence au Cambodge ou au Laos. La
syndrome de Katayama est bien connu dans l’infection par S. japonicum.
14
15. B. Schistosomiase chronique :
1. L’hépatomégalie : est
secondaire aux oeufs présents
dans les petites veines au niveau
des espaces portes. La présence
des oeufs provoque la formation
de granulomes. Les granulomes
provoquent une occlusion des
veines portes intrahépatiques.
15
Granulome bilharzien, centré par un oeuf, dans le
parenchyme hépatique.
16. Cette occlusion des ramification de la
veine porte provoque une hypertension
portale :
- splénomégalie,
- ascites et varice oesophagiennes.
Un syndrome néphrotique est parfois
associé et contribue à la formation de
l’ascite.
16
17. 2. Atteinte intestinale- la migration des oeufs à travers la
muqueuse intestinale provoque une réaction
inflammatoire au niveau de la muqueuse :
- douleurs abdominales
- diarrhées chroniques avec selles glaireuses ou
sanguinolentes
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18. 3. Migrations ectopiques:
- Au niveau du cerveau : symptômes similaires à un abcès
ou à une tumeur cérébrale.
- Au niveau de la moelle épinière, les vers et les oeufs
vont causer les symptômes et les signes d’une
compression médullaire : paraplégie.
- Au niveau des voies urinaires :dysurie, pollakiurie,
hématurie souvent le seul symptôme de la
schistosomiase.
Ces migrations ectopiques n’ont jamais été observées au Cambodge ou au Laos. Elles sont
bien connues dans l’infection par S. japonicum.
18
19. IV. Complication de la schistosomiase :
- Hypertension portale avec risque de
rupture de varices oesophagiennes .
- Cardio-pulmonaires : HTAP, signes d’IVD,
- Neurologiques (HTIC, crises convulsives,
myélite aiguë, compression médullaire),
- Cutanées : bilharziomes essentiellement des organes
génitaux externes, des régions périnéales et fessières,
- Salmonelloses récidivantes,
- Cancérologiques : carcinome épidermoïde vésical,
adénocarcinome colique.
19
20. SCHISTOSOMIASE MEKONGI AU CAMBODGE
En 1968, les 3 premiers cas de schistosomiase ont été
décrits à P.Penh: ces patient étaient originaires de la
province de Kratié. Des enquêtes épidémiologiques ont
confirmé l’existence de schistosomiase mekongi dans la
province de Kratié.
Dans la région de K.cham et au sud de P.Penh, Il s’agissait
d’intra-dermoréactions positives (peu spécifique) et non
pas de selles positives
20
21. A partir de 1970, en raison d’évènements polytiques, les
recherches sont interrompu et la maladie est
temporairement oubliée.
Cependant , en 1982-1983, plusieurs de cas de
shistosomiases sont décrits dans les camps refugié sur la
frontière Khmèro-Thalandaise.
En 1992, la schistosomiase mekongi est redécouverte
dans la région Nord de la province de Kratié est en 1996,
dans la province de Stung Treng.
21
22. - Haute prévalence de la schistosomiase dans les villages
de la vallée du Mékong et au niveau de ces principaux
affluents (dans les province de Kratié et stung Treng)
- Le groupe le plus affecté est constitué par les enfants en
âge scolaire et les garçons sont plus touchés.
- La transmission de la maladie est maximale à la fin de la
saison sêche (quand la population de mollusques est la plus
importante et les roches visibles)
22
23. A. SYMPTÔMES CLINIQUES DE LA SCHISTOSOMIASE
AU CAMBODGE :
- Douleur ou gène abdominale généralisée
- Sang ou glaires dans les selles
- Asthénie, Anorexie
- Hépatomégalie du lobe G : signe très spécifique
- Splénomégalie
- Amaigrissement
23
24. Signes cliniques dans les cas sévères :
- Hépato-splénomégalie importante
- Ascites
- Circulation collatérale périombilicale
- Varice oesophagienne
- Amaigrissement
- Retard de croissance
- Retard de développement des caractères sexuels
secondaires
- Hgie digestive par rupture des varices oesophagiennes
24
26. C. Diagnostic :
26
Les symptômes et signes cliniques + la notion de zone
endémique et atteinte des autres membres de la famille
peuvent également orienter le diagnostic
- Le diagnostic est confirmé par la présence des oeufs :
➢ Dans les selles (S. mekongi, S. mansoni, S. intercalatum)
➢ Dans les urines ( S. intercalatum )
➢ Biopsies rectales multiples ( toutes espèces)
Note : la biopsie rectale est réservée au milieur spécialisé ( risque
de perforation )
27. ➢ Mise en évidence des oeufs et des granulomes :
par des prélèvements anatomo-pathologiques (vessie, rectum,
foie, cutané).
- Analyse du sang : l’éosinophilie est modérément élevée (
surtout pendant la phase invasive au début de l’nfection) ou
subnormale.
-Détection d’Antigènes de bilhaziose( surtout phase de
début de la maladie)
- Echographie du foie : fibrose péri-sinusoidale typique
POSITIF
La bandelette de contrôle devient rose.
Une bandelette est présente dans la zone de
test T. Le test est positif pour la Bilharziose.
NÉGATIF
La bandelette de contrôle devient rose.
Aucune bandelette de test T n’est présente.
Démontre que le test a été exécuté correctement mais
qu’aucuns antigènes de Bilharziose n’ont été détectés.
27
28. 28
D. Traitement : Praziquantel (Biltricide® 600mg) : dose unique
- Cas simple : 40mg/kg en une prise unique
- Cas compliqué d’hypertension portale : 60mg/kg divisé en 2
prises ( séparées de 4h) + Cimétidine (400mg 2fois /j pendant 2 j)
pour améliorer l’absorbtion du praziquantel .
- Le Praziquantel ne présente pas d’effets secondaires importants.
Il est contre-indiqué pendant la grossesse, pendant allaitement et
chez les enfants<2ans
- Although a single course of treatment is usually curative, the
immune response in lightly infected patients may be less robust,
and repeat treatment may be needed after 2 to 4 weeks to
increase effectiveness.
29. - Apport nutritionnel (régime hyperprotidique)
- Les patients avec ascite :
*ne doivent pas recevoir des PIV
*régime désodé
* repos
29
Traitement supportif :
30. —Ascites :
- spironolactone 100-200mg/j
(3mg/kg/j pour les enfants),
- Ponction d’ascites en cas de gène
respiratoire
- Anastomose porto-cave peut être
indiqué dans les cas sévère
- Sonde de Blackmore est indiqué
pour la compression des varices
oesophagiennes rupturées
30
Traitement des
complications :
31. — Antibiothérapie, en cas de surinfection urinaire.
— Traitement chirurgical des complications uro-
néphrologiques :
o Ablation de rein pyonéphrotique.
o Exérèse de lithiase, bilharziome vésical ou urétéral.
o Chirurgie à visée réparatrice (plasties vésicales, urétérales,
réimplantation d’uretère) d’indication restreinte.
31
32. E. Prévention :(pas de vaccin)
Le programme National de lutte contre la schistosomiase
( Centre National de Parasotologie,Entomologie et Lutte
contre le Paludisme) organise des traitements de masse et
des compagnes d’information dans les zones endémiques
pour la schistosomiase afin de réduire la transmission de la
maladie
32
33. EDUCATION SANITAIRE :
- Pour diminuer la transmission de la schistosomiase
- Promotion de l’utilisation des latrines- ne pas déféquer dans la
rivière
- Ne pas nager dans les zones rocheuses au bord du fleuve : nager
dans les zones sablonneuses
- Although schistosomiasis is not transmitted by swallowing
contaminated water, if your mouth or lips come in contact with
water containing the parasites, you could become infected.
- Eviter de se baigner et de laver les vêtements dans la rivière-
utiliser l’eau de rivière qui a été conservée pendant 24h
- Recourir au traitement par praziquantel dès les premiers signes
cliniques.
33
34. Référence :
- Guide clinique et thérapeutique pour hôpitaux de référence de la
ministère de la santé au Cambodge .
- HAS/Service des affections de longue durée et accords
conventionnels Octobre 2007 .( www.has-sante.fr )
- Jean Turgeon. Dictionnaire de thérapeutique pédiatrique Weber
-P Bourée. AKOS Encyclopédie pratique de Médecine 2010
34
36. Objectif :
❖Diagnostic de la filariose lymphatique :
- Manifestation clinique
- Examen paraclinique
❖Traitement
36
37. Les filarioses constituent un groupe de
pathologies causés par l’infection
avec des nématodes (filaire).
- Filaires = nématodes vivipares
- Embryons = microfilaires
- Insectes vecteurs : moustiques (Culex,
Anopheles,Aedes, Mansonia)
- Hôte définitif réservoir de parasites : homme
37
Microfilaires :
coloration
41. Diagnostic de la filariose lymphatique :
▪ NFS : hyperéosinophilie
▪ Diagnostic parasitologique : recherche des
microfilaires dans le sang et des urines à la nuit :
prélèvement entre 22 h et minuit ( le jour pour
rechercher W. bancrofti ) frottis + goutte épaisse (après
la coloration au May Grunwald Giemsa ou au Giemsa )
▪ Examens sérologiques en l’absence de microfilarémie
▪ Echographie peut démontrer une obstruction
lymphatique inguinale et scrotale
41
42. ▪ Lymphoscintigraphy
▪ Examen anatomopathologique de
- Ganglion lympatique : fibrose et obstruction
lymphatique
- Cutané (éléphantiasis) :hyperkératose et fibrose
42
43. Traitement :
A. Traitement symptômatique :
1.Réaction inflammatoire :
➢ acide acétylsalicylique (P.O) :
- Adultes 3g/j en 3 prises,
- Enfants 50mg/kg/j divisé en 3 prises
➢ Ou indométacine (P.O) :
- Adultes 75-150mg/j divisé en 3 prises,
- Enfant >7ans : 1,5-2,5mg/kg/j divisé en 3-4 prises et
contre- indication pour les enfants <7ans
43
45. B. Traitement antifilarien :
(DEC,mébendazole,flubendazole, albendazole)
Le citrate de diéthylcarbamazine(DEC =
Notézine*100mg) est un microfilaricide.
Le traitement doit être commencé avec des doses
basses en augmentant graduellement la posologie
sous surveillance.
Le traitement est souvent mal toléré et provoque des
reactions allergiques. Il est contre-indiqué chez les
femmes enceintes
45
46. Adultes : commencer avec DEC 25mg/j divisé en 2
prises. Augmenter progressivement la dose en
debutant la dose comme suit ( 25-50-100-200-400)
le 5ème jour la dose est de 400mg/j divisé en 2 prises.
Continuer cette dose pendant 10 jours. Durée totale du
traitement =15j
46
47. Enfants : commencer avec des doses faibles de DEC
pour atteindre la dose de 6 mg/kg/j le 5ème jour
(divisé en 2 prises). Continuer le traitement pendant
10 j (6mg/kg/j divisé en 2 prises ) . Durée totale du
traitement =15jours
Le même traitement peut être répété après 10 jours
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48. Traitement alternative : L’Ivermectine est efficace. Si
disponible ( 200ug/kg en une seule dose) et répéter
tous les 6 à 12 mois jusqu’à résolution des symptoms.
Traitement de la filariose lymphatique chronique :
➢ Surélévation des membres inférieurs et drainage
lymphatique
➢Le traitement chirurgicale est parfois nécessaire.
48
49. Référence :
- Guide clinique et thérapeutique pour hôpitaux de
référence de la ministère de la santé du Cambodge.
- Jean Turgeon. Dictionnaire de thérapeutique
pédiatrique Weber
49
51. 51
R - Les symptômes et signes cliniques :
. Hépatosplénomégalie
. Ascites
. Circulation collatérale périombilicale
. Varice oesophagienne
.Hgie digestive par rupture des varices oesophagiennes
. Douleur ou gène abdominale généralisée
. Sang ou glaires dans les selles
- la notion de zone endémique et atteinte des autres
membres de la famille
- Le diagnostic est confirmé par la présence des oeufs
dans les selles
53. R- Praziquantel (Biltricide® 600mg) :
. Cas simple : 40mg/kg en une prise unique
. Cas compliqué d’hypertension portale : 60mg/kg divisé en 2 prises (
séparées de 4h)
+ Cimétidine (400mg 2fois /j pendant 2 j) pour améliorer l’absorbtion
du praziquantel .
- Traitement supportif
. Apport nutritionnel (régime hyperprotidique)
.Les patients avec ascite : régime désodé, repos
- Traitement des complications :
Ascites :
- spironolactone 100-200mg/j (3mg/kg/j pour les enfants),
- Ponction d’ascites en cas de gène respiratoire
- Anastomose porto-cave peut être indiqué dans les cas sévère
- Sonde de Blackmore est indiqué pour La compression des varices
oesophagiennes rupturées
53