1. Mme Latifa GHAZIANI
Mai 2025
PATHOLOGIE CHIRURGICALE ET
SOINS INFIRMIERS
Etudiants de S3 de l’option Infirmier polyvalent
Les infections cutanées bactériennes
courantes
2. Objectifs du module
• Acquérir les connaissances indispensables à la compréhension
des pathologies chirurgicales (étiologies, symptomatologies et
les complications)
• Contribuer au diagnostic d’une affection chirurgicale ;
• Assurer une prise en charge globale et élaborer un plan de
soins infirmiersd’un patient atteint de l’une des pathologies
chirurgicales en adoptant une démarche de soins
personnalisée et adaptée ;
• Informer, éduquer et motiver les malades atteints d’une
affection chirurgicale et leurs familles en fonction de leurs
besoins ;
• Préparer le matériel, la salle d’opération et le malade pour
une opération chirurgicale;
• Accueillir et installer le malade sur la table d’opération ;
• Œuvrer pour la sécurité de l’opéré au niveau du bloc
opératoire ;
• Assurer la surveillance d’un patient en post opératoire.
4. Plan
I. Rappel de quelques définitions
II. Les infections cutanées bactériennes
courantes
1. Les furoncles
2. L'anthrax
3. les abcès
4. LES PANARIS
5. Les Phlegmon
6. les gangrènes
6. I. Rappel de quelques
definitions : Pathologie Chirurgicale
La pathologie c’est la
discipline médicale qui
étudie les maladies.
Chirurgie : Discipline
médicale spécialisée dans le
traitement des maladies et
des traumatismes, qui
consiste à pratiquer,
manuellement et à l'aide
d'instruments, des actes
opératoires.
7. Quelques definition :
Les soins infirmiers
• les soins autonomes et collaboratifs;
• Prodigués aux individus de tous âges,
aux familles, aux groupes et aux
communautés;
malades ou en bonne santé;
• Comprennent : la promotion de la
santé, la prévention des maladies, les
soins
aux personnes malades, handicapées ou
en
fin de vie. La défense des intérêts, la
promotion d’un environnement
favorable, la
8. Quelques définitions :
Symptôme
Une manifestation subjectives
d'une maladie ou d'un
processus pathologique, tel
qu'exprimé par le patient.
Signe
Un signe médical (signe clinique)
est une manifestation objective
d'une pathologie, relevée par le
médecin lors d'une consultation.
Souffle cardiaque
9. Quelques définitions :
Diagnostic
• la démarche par laquelle le
médecin, va déterminer l'affection
dont souffre le patient, et qui va
permettre de proposer un
traitement.
• Typiquement, le diagnostic se déroule
en 2 étapes :
L’anamnèse (ou histoire de
la maladie)
L’examen physique (appelé
aussi examen clinique
Il peut se compléter d'examens
complémentaires,
10. inflammation
L'inflammation est la réponse des tissus vivants,
vascularisés, à une agression. Cette réponse fait
intervenir des phénomènes d'immunité - c'est à dire de
résistance aux agressions. Inflammation n'est pas
synonyme d'infection
Signes cliniques :
• Rougeur
• Chaleur
• Douleur
• Œdème
• Diminution de la mobilité du tissus atteint
11. infection
Définition :
Pénétration dans un organisme, d’un agent étranger (virus,
parasite, bactérie, champignon) capable de s’y multiplier et d’y
induire des lésions pathologiques.
L'infection est une interaction entre trois variables la virulence
de l’organisme pathogène, la résistance de l'hôte et la
concentration d'organismes pathogènes injectés
Signes cliniques
– Hyperthermie
– Frissons
– Sueurs
– Myalgies
– Arthralgies
– Signes fonctionnels viscéraux
12. L’infection VS saprophytisme
L’infection est différente du
saprophytisme qui est réalisé par
la co existence pacifique d’un
individu et de micro organismes
qui
n’exercent aucun pouvoir
pathogène (présence de
staphylocoques
dorés sur la peau,
corynebactéries dans la gorge,
bacille de Doderlin
dans la sphère génitale
féminine)
14. Les furoncles
Définition
Correspond à l’infection profonde de la
base d’un poil, le follicule pilo-sébacé;
L’infection est due à une
bactérie: un staphylocoque doré
Ils atteignent électivement les
adolescents et les jeunes adultes.
15. L'infection touche la
partie moyenne du
follicule
pilo-sébacée, provoque la
suppuration et la nécrose du
follicule et du derme
avoisinant.
Ceux-ci sont éliminés sous
forme d'une masse jaunâtre :
le bourbillon.
Les furoncles
16. Etiologies et facteurs favorisants
• L’infection est due à des bactéries dites
pyogènes, qui pénètrent soit directement dans
la peau, soit en étant véhiculées par la circulation
sanguine.
• La bactérie la plus fréquente c'est le
staphylocoque doré (aureus)
Les facteurs de risque sont divers :
– Diabète sucré - Faiblesse
immunitaire
– Mauvaise hygiène corporelle;
– Frottements répétés: surtout au niveau des
épaules, des cuisses ou des fesses;
– Prise de corticoïdes au long court.
Les furoncles
17. Les signes cliniques:
• Au début : un bouton rouge situé autour d’un
poil cutané, dur, chaud et douloureux apparaît
sur la peau
• En 3 à 4 jours le furoncle est constitué :
Très douloureux, renferme une masse très
dure, surmontée d’un point jaunâtre
• Au 5ème la pellicule jaunâtre se rompt :
- la douleur tend à diminuer; Ulcération sécrétant un
peu de pus et au fond on aperçoit un amas verdâtre
: le bourbillon.
• Fièvre, frissons et gonflement des ganglions
lymphatiques de proximité (à un stade
avancé).
Les furoncles
18. La localisation
• Le furoncle qui peut être unique ou
multiple se situe généralement sur le
visage, le cou, le dos, les cuisses,
la nuque, les épaules ou les fesses.
Mais les aisselles, le pubis et l’anus
peuvent également être affectés. En bref
c'est les régions contenant des poils et
qui sont sujettes à des frictions sont
plus à risque.
Les furoncles
19. Evolution
• L’évolution des furoncles est variable. Le furoncle
peut avorter en 3 ou 4 jours.
• A l’inverse, il peut être volumineux, entraînant une
température élevée, avec malaise, frissons et
céphalée.
Les formes compliquées de :
• conglomérat de furoncles : anthrax ;
• abcédation secondaire ;
• présence de signes systémiques (fièvre).
• Chez les patients présentant les facteurs de risque,
cette affection peut évoluer vers la chronicité, c’est-à-
Les furoncles
20. Traitement
• Le traitement est composé avant tout d’un
antiseptique local à appliquer sur les lésions 1 à 2
fois par jour, associé à une toilette avec du savon
doux.
• Afin d’éviter tout risque de contagion, une hygiène
correcte des mains est fondamentale
• Les ATB si la lésion se situe dans des zones à risque
ou facteurs de vulnérabilité comme le diabète,
l’immunodépression
• Les formes compliquées exigent un traitement
médicamenteux par voie veineuse ou une
exérèse chirurgicale pour éviter toute
Les furoncles
22. Anthrax
violacé, qui se
ramollit laissant
écouler du
pus et
des
en plusieurs
points
débris
nécrotique
s.
1) Définition :
C’est une infection cutanée se manifestant
par un agglomérat de plusieurs furoncles au
même endroit, le plus souvent la nuque.
Elle se manifeste par un placard épais,
rouge
23. Anthrax
L'étiologie est la même que pour le
furoncle, mais la principale cause
prédisposante est le diabète.
L’appellation française « anthrax » ne doit
pas être confondue avec celle anglo-
saxonne qui définit la maladie du charbon,
causée par la bactérie Bacillus anthracis
(dont les symptômes sont surtout
pulmonaires, cutanés ou digestifs et dont
l’issue peut être mortelle).
24. Les signes cliniques:
• Le siège habituel de l’anthrax est la
nuque.
• Le début est marqué par une sensation
de prurit avec tension pénible de la
nuque ;
• Très vite apparaît un placard rouge,
violacé, chaud et très douloureux : les
douleurs sont vives, immobilisant le cou et
entraînant l’insomnie.
Anthrax
25. Traitement
• Le même que les furoncles
• Antiseptique local à appliquer sur les
lésions 1 à 2 fois par jour, associé à une
toilette avec du savon doux.
• Afin d’éviter tout risque de contagion, une
hygiène correcte des mains est
fondamentale
• Les ATB si la lésion se situe dans des zones
à risque ou facteurs de vulnérabilité
comme le diabète, l’immunodépression
• Les formes compliquées exigent un
traitement médicamenteux par voie
veineuse ou une exérèse chirurgicale pour
éviter toute dissémination bactérienne.
27. Les abcés
Définition :
Les abcès sont des accumulations
locales de pus dans des cavités
formées aux dépents des tissus
voisins détruits ou refoulés Ils peuvent
se former dans toutes les régions du
corps à la suite d'une infection.
28. C’est une collection
purulente suite à une
inflammation aiguë et qui
a tendance à la
suppuration.
le point de départ est une
plaie traumatique infectée,
une furonculose, une plaie
opératoire.
C'est une collection
de pus formée
lentement et sans
réaction inflammation
apparente.
Abcès
L'abcès chaud
Abcès froid
30. Etiologie
• L’inoculation septique
sous la peau est la
cause habituelle;
• Les germes les plus
souvent rencontrés
sont:
– Staphylocoque
– Streptocoque
– colibacilles
• Ex: l’abcès de la fesse
après injection en
IM.
• D’origine tuberculeuse
dans la majorité des
cas
: Bacille de Koch ;
• L’abcès froid peut être
isolé (abcès froid
primitif du tissu
cellulaire) ou au
contraire secondaire à
une affection de
voisinage ou à distance
Abcès froid L'abcès chaud
Les abcés
31. Signes cliniques et paracliniques
• Signes locaux :
– inflammation circonscrite
localement, chaude, rouge,
douloureuse, dure en son
centre et qui devient
fluctuant en quelque jours.
• Signes généraux:
– Céphalées;
– Température élevée
et frissons;
• la numération formule
sanguine montre une
hyperleucocytose
• Gonflement mou sans
modification de la couleur
de la peau;
• Il y a ni fièvre ni douleur.;
• Parfois adénopathie
indolore.
• Signes généraux en règle
absents.
• L'imagerie montre une
masse étendue, pas
d'aspect liquide.
• Il faut rechercher
d’autres localisations de
la tuberculose.
Abcès froid L'abcès chaud
32. Évolution
Il se forme rapidement, entraînant
gonflement et douleurs qui
lancent, il est bien limité.
Les risques sont locaux :
compression, extension d'une
infection plus diffuse sous forme
de phlegmon, fibrose, avec
mauvais fonctionnement des
organes touchés;
Les risques peuvent aussi être
généraux : infection généralisée
avec septicémie.
• Le pus peut s’enkyster
et se calcifier en noyau
dure et indolore;
• le pus se résorbe ou au
contraire s'évacue en
dehors en une fistule
n’ayant pas tendance à
la cicatrisation.
• Surinfection de la fistule
et installation d’abcès
chaux;
• Si l’abcès est profond, il
s'étend le long des
espaces et des gaines
musculaires.
Abcès froid L'abcès chaud
33. Traitement
TRT médical jusqu'à la maturité
de l'abcés :
• pansements humides
chauds constamment
renouvelés ;
• Antibiotique à haute dose.
• Traitement chirurgical :
• Incision large de l’abcès, et son
évacuation avec prélèvement
bactériologique pour
identification et
antibiogramme.
• Placer un mécanisme de
drainage : lame de
caoutchouc ou drain enlevé
au bout de 3j;
• Traitement local: si
l’abcès n’est pas fistulisé,
il faut l’enlever;
• En cas de fistulisation de
l’abcès: large incision et
trt local;
• Traitement
anti
tuberculeux.
Abcès froid L'abcès chaud
35. Lymphangite
Définition
La lymphangite est une inflammation
aigüe des vaisseaux lymphatiques et
des ganglions auxquels ils
aboutissent. due à la pénétration de
germes microbiens.
36. Etiologie
• C’est une complication redoutable le
plus souvent d’une plaie minime, les
pathogènes pénètrent dans les canaux
lymphatiques par excoriation, furoncle,
lésions inflammatoires….
• Germes responsables:
– Tous les pyogènes;
– Le streptocoque ou le staphylocoque
doré sont les plus fréquents.
• Elle survient avec prédilection chez des
malades à état général déficient, chez
des sujets tarés, diabétiques.
37. Signes cliniques
• stries rougeâtres, irrégulières,
chaudes et douloureuses, qui, partant
d'une lésion située en périphérie,
souvent un membre, s'étendent en
remontant vers un ganglion
lymphatique habituellement gonflé et
douloureux.
• Les manifestations systémiques (p. ex.,
fièvre, frissons, tachycardie et
céphalées) peuvent s'y associer.
• L'hyperleucocytose est fréquente.
Lymphangite
38. EVOLUTION :
• Il s’agit d’une infection
banale mais elle peut
aboutir à la suppuration
: on trouve alors des
abcès des trajets
lymphatiques.
• Dans des formes
graves, elle peut
aboutir à des zones de
gangrène, des
suppurations à
Lymphangite
TRAITEMENT :
• Pansements
chauds alcoolisés ;
• Antibiotiques à
large spectre;
• Traitement de la
plaie initiale.
40. LES PANARIS
Définition
▪ Les panaris sont l'infection aigüe primitive
des parties molles des doigts.
▪ L'usage veut qu'on limite sa définition aux
infections cutanées et sous cutanées, et qu'on
exclue les infections profondes que sont les
arthrites, les phlegmons et les ostéites selon le
tissu atteint.
▪ Touche le travailleur manuel
41. PANARIS
Etiologies
Le panaris survient
après inoculation à la
suite d’un traumatisme
local : une piqûre
septique, un
arrachement des peaux
périunguéales
Les germes responsables sont ceux qui
proviennent de la flore cutanée du
patient lui-même, au moment de
l’inoculation, ce qui entraine une
réaction inflammatoire.
le staphylocoque doré
responsable de 2/3 des cas
le streptocoque bêta-
hémolytique le staphylocoque
épidermidis
S’il s’agit d’une récidive ou d’une
atteinte pluri-digitale, il faut rechercher
des facteurs favorisant l’infection :
diabète, déficit immunitaire (SIDA,
immunosuppresseurs, corticothérapie),
éthylisme chronique.
42. PANARIS
Signes cliniques
Stade d’inoculation :
souvent méconnu, il se
caractérise par une
douleur aiguë vite
calmée, suivi d’un
intervalle libre avant les
signes infectieux.
Stade phlegmasique (catarrhale) :
il existe des signes inflammatoires locaux :
œdème, rougeur, chaleur
La douleur localisée est modérée, atténuée ou
absente la nuit.
Les signes généraux sont absents. Ce stade est
réversible, soit spontanément, soit du fait du
traitement.
Stade de collection :
la douleur est intense, permanente, pulsatile,
insomniante. Les signes locaux sont nets :
tuméfaction rouge, chaude et tendue (le pus
est parfois visible). Présence d'adénopathies,
Les signes généraux sont inconstants
(fièvre modérée, hyper leucocytose). Ce
stade est
irréversible et, en l’absence de
traitement adapté, conduit aux
Un panaris évolue en trois
stades
43. PANARIS
Formes cliniques
Il en existe trois formes anatomiques :
•Les panaris superficiels ou cutanés, ou la collection
est superficielle (phlyctène purulente).
•Les panaris sous-cutanés, qui sont la forme
anatomique habituelle des panaris.
•Les panaris en bouton de chemise, qui comporte une
poche superficielle et une poche sous-cutanée reliées par un
pertuis. La poche sous-cutanée peut être méconnue si elle
n’est pas recherchée soigneusement. Il s'agit d'un piège
classique.
44. Les panaris sous- et péri-unguéaux
représentent 2/3 des cas : c’est la
forme typique de diagnostic facile. La
collection est visible sous l’ongle et
l’extension vers la pulpe du doigt ou
la matrice unguéale.
Les panaris pulpaires : le diagnostic
est réalisé sur l’aspect tendu, très
douloureux de la pulpe avec perte de
sa
pseudo-fluctuation. Il existe un
risque d’extension vers la phalange
Formes topographiques
45. Les panaris du dos de la 2ème
phalange (P2) : est moins
fréquent (<10%) mais grave car
l’infection sous-cutanée diffuse
rapidement avec risque de
décollement et de nécrose
cutanée, d’atteinte de l’appareil
extenseur et de l’articulation
inter phalangienne distale.
Les panaris du dos de P1 :
correspond à des furoncles ou
de petits anthrax en rapport
avec l’atteinte de l’appareil
pileux.
Les panaris de la face palmaire de
la 1ère phalange (P1) et P2 :
diffusion à la gaine des tendons
fléchisseurs.
Les panaris latéraux de P2 sont
les plus rares
47. PANARIS
Evolution
Elle est généralement favorable sous traitement
bien conduit. La plaie opératoire bourgeonne
rapidement, et la cicatrisation est obtenue en 2 à 3
semaines.
Les complications sont liées à la propagation de
l’infection soit en surface, soit en profondeur vers les
os, les tendons, les articulations, du fait le plus souvent
d’un retard diagnostique ou thérapeutique, ou d’un
traitement
mal conduit. On peut alors observer:
• Une ostéite et/ou une arthrite
• Un phlegmon des gaines
• Une nécrose cutanée voire digitale
48. PANARIS
Traitement
Le traitement doit être précoce et amener une guérison
rapide. Il diffère selon le stade du panaris.
Dans tous les cas, la prophylaxie anti-tétanique
est systématique.
Au stade phlegmasique :
des pansements à base d’antiseptiques cutanés associés à
une antibiothérapie antistaphylococcique peuvent être
suffisants Surveillance quotidienne, l’amélioration doit
intervenir dans les 48 h..
Dans ce cas , poursuite du traitement jusqu’à guérison. Si
échec, cela doit conduire au traitement chirurgical.
49. PANARIS
Traitement
Au stade de collection:
le traitement est chirurgical. C’est l’excision large sous
anesthésie de tous les tissus nécrosés et des zones
purulentes et vérifier, par une légère pression pulpaire,
l'absence de pertuis au fond du cratère d'excision
(forme en bouton de chemise).
En cas de panaris sous unguéal la partie couvrante
de l'ongle doit être ôtée pour permettre une
excision complète.
Le pus est systématiquement prélevé pour
recherche de germes et antibiogramme.
les pansements sont quotidiens.
51. LES PHLEGMON
Définition
❑ Le phlegmon est une infection qui se développe dans un
espace anatomique de la main ou des doigts,
aboutissant à une collection de pus.
❑ Il existe deux grands types de phlegmon :
• les phlegmons des espaces celluleux
• les phlegmons des gaines synoviales
52. les phlegmons des gaines synoviales
Définition
• C’est une infection localisée au niveau de la
gaine synoviale des tendons fléchisseurs des
doigts.
•Cette infection peut être primitive faisant suite à
une inoculation septique directe (piqûre septique
directe dans la gaine) ou secondaire par propagation
de l’infection de proche en proche (phlegmon
secondaire, panaris compliqué).
•C’est une affection plus rare que le panaris mais
plus grave
• Elle est de traitement difficile et peut être à
54. La gaine synoviale entoure
chaque tendon fléchisseur
qui baigne dans un liquide,
les mouvements de piston
réalisés par la flexion
extension des doigts font
circuler le liquide synovial
tout le long de la gaine
-Toute inoculation de germe
est donc grave et conduit à la
diffusion de
l'infection le long de la gaine
La gaine cubitale qui
entoure le 5eme doit
et la région palmaire
englobe le
La gaine radiale)
tendo
n
long fléchisseur
du pouce.
Les gaines digitales
entourent les trois
doigts médians.
Topographie
55. Signes cliniques :
Signes locaux :
1.Douleur: vive, lancinante, insomniante, traçant le
trajet de la gaine, exagérée à la position déclive,
accompagnée d’une fièvre à 38° ou plus.
2. Œdème: doigt œdématié, peau tendue et
inflammatoire.
3.Douleur à la pression de cul de sac proximal:
signe pathognomonique.
4.Attitude du doigt en crochet avec impotence
fonctionnelle: flexion irréductible, toute tentative
d’extention est douloureuse et impossible.
Signes généraux:
Température augmentée; Frissons; Anorexie;
Courbature. Hyperleucoytose
57. On distingue trois stades
•Stade 1 (inflammatoire) : il correspond à une synovite
exsudative, le liquide est louche, le tendon est sain. Si Dg
et TRT bon pronostic fonctionnel
•Stade 2 (purulent) : c’est une synovite purulente,
granuleuse, la séreuse est hypertrophiée, hyper
vascularisée. Le liquide est franchement purulent, mais le
tendon est encore intact.
•Stade 3 (nécrose) : Il est caractérisé par la nécrose
infectieuse du tendon. Celui-ci perd son aspect nacré et
brillant et devient jaunâtre. La gaine est rompue au cul de
sac supérieur laissant diffuser l’infection.
Diagnostic évolutif
58. Complications : Phlegmon des gaines
Le stade où est vu le phlegmon est un facteur capital
du pronostic. Vu au stade inflammatoire, et
convenablement traité l’évolution est souvent
favorable. Plus tard, le pronostic est moins bon, avec
apparition des complications :
• Ténosynovite diffuse
• Nécrose tendineuse
• Nécrose cutanée
• Ostéïte et/ou arthrite, rarement diffusion
septicémique
• Au maximum, nécrose digitale avec amputation
59. Traitement
• Le traitement est une urgence chirurgicale.
• L’antibiothérapie d’abord large (béta-lactamines et
aminosides), puis adaptée à l’antibiogramme pendant
une dizaine de jours.
• Dans tous les cas, la prophylaxie anti-tétanique
est systématique.
60. Traitement chirurgical :
• Au stade 1, on pratique une excision de tous les tissus
infectés et nécrosés (porte d’entrée), un lavage abondant de
la gaine après les prélèvements bactériologiques est
suffisant. La plaie est drainée et laissée ouverte.
• Au stade 2, le lavage est insuffisant. Il faut réaliser
une synovectomie complète.
• Au stade 3, la fonte purulente des tendons impose leur
excision complète et la mise à plat de toute la gaine
digitale. Ceci n’empêche pas toujours la poursuite de
l’infection qui peut conduire à l’amputation digitale.
• En post-opératoire, la main est immobilisée en
position de fonction. La rééducation est débutée dès la
sédation des phénomènes inflammatoires.
61. • Il s’agit d’infections aiguës avec
tendance nécrotique et purulente
siégeant dans les espaces
celluleux de la main.
• une collection (rougeur, chaleur,
douleur et tension des parties molles)
siégeant dans l’espace dorsal de la
main, où elle peut décoller tout le dos
de la main, ou dans l’espace
sous-aponévrotique palmaire.
Phlegmons des espaces celluleux
63. Phlegmons des espaces celluleux de la main
Signes cliniques
• une tuméfaction avec rougeur, chaleur, douleur et
tension des parties molles qui siège dans l’espace
dorsal de la main, ou dans l’espace sous-
aponévrotique palmaire.
• On recherche des signes régionaux (ganglions
épitrochléens ou axillaires, lymphangite) et des signes
généraux (fièvre, hyperleucocytose) après étude
préalable du terrain : notion d’inoculation, facteurs
favorisants (immunodépression, diabète,
corticothérapie).
65. Le traitement est essentiellement chirurgical. Il faut intervenir au
stade de suppuration collectée, sous anesthésie générale, avec un
garrot pneumatique à la racine du membre. Une incision est
nécessaire pour :
• Un drainage satisfaisant et un meilleur résultat fonctionnel ;
• Lavage et drainage par lame de caoutchouc ;
• Immobilisation de la main en position de fonction, les doigts en
demi-flexion, la main en extension légère sur le poignet, le
pouce en opposition.
• Les soins post-opératoires sont très importants.
• Le pansement n’est pas fait qu’au bout de quelques jours et
après ablation des lames, un plâtre, maintenu une quinzaine
de jours, permet d’assurer une meilleure immobilisation.
• Une fois la cicatrisation obtenue, une rééducation active
Traitement
:
67. Activité rappel séance dernière :
● Une femme admise aux
urgences de l’hôpital Hassan II
pour une douleur au niveau du
membre inferieur gauche. A
l’interrogatoire, elle réclame que
cela a commencé par un petit
bouton blanc avec douleur. Elle
ajoute qu’ensuite sa jambe est
devenue rouge douloureuse.
● A l’examen clinique: un placard
rouge, une rougeur rectiligne
qui s’ étend le long de la jambe.
68. ● Quels sont les signes que présente la
patiente?
● Quel est le diagnostic probable?
● Quel est la cause de cette atteinte?
● Quelle est la CAT?
70. Gangrène
1) Définition :
La gangrène est une maladie caractérisée par
la mort (nécrose) des tissus d’un organe ou
d’un membre, provoquée par l’arrêt ou le
ralentissement extrême de l’irrigation
sanguine (ischémie).
Elle peut toucher n’importe quelle partie du
corps, mais les zones les plus affectées sont
les extrémités (pieds, partie inférieure des
jambes, mains).
Mais aussi l’atteinte d’un viscère est
également possible (poumons, intestin, foie,
etc.).
71. 2) Types de gangrènes
● La gangrène sèche :
se produit quand l’approvisionnement sanguin au tissu est
interrompu sans qu’une infection s’établisse. Généralement
causée par une artérite, une embolie ou une thrombose. Elle se
caractérise par l’apparition de tissus de couleur sombre,
généralement noirs et desséchés.
72. 2) Types de gangrènes
● La gangrène blanche ou
laiteuse , se caractérise par
l’apparition de tissus de
couleur blanche, proche de la
couleur du lait.
73. 2) Types de gangrènes
● La gangrène humide :
se caractérise par un gonflement
et une décomposition des tissus
accompagnés d’un suintement et
d’une putréfaction de plus en
plus abondante.
74. 2) Types de gangrènes
● La gangrène gazeuse :
se caractérise par une infection microbienne à germes
anaérobies et une production de gaz au sein du tissu infecté.
Celle-ci se déclare après souillure des plaies par de la terre,
des instruments ou des mains sales. Ces infections sont
fréquentes sur des plaies de guerre.
75. 3) Physiopathologie de la gangrène gazeuse :
• Elle survient lorsque des plaies sont infectées par une
famille de bactéries anaérobies appelée Clostridium.
En croissent, elles libèrent des gaz et des substances
toxiques dans le corps.
• Les lésions par « écrasement » sont le plus
susceptibles d’interrompre l’apport sanguin à une
grande partie des tissus et sont plus prédisposées à la
gangrène.
• Certaines maladies graves perturbant la circulation
sanguine peuvent interrompre l’apport en oxygène aux
extrémités même en l’absence de traumatisme ou de
lésion. Une circulation sanguine insuffisante peut
entraîner une ischémie grave (du pied ou de la jambe)
76. Gangréne :
4) étiologie
On distingue :
a. Les gangrènes post-traumatiques: plaies des membres
(souillure, délabrement tissulaire important, ischémie locale) ;
plaies anorectales
b. Les gangrènes postopératoires: surviennent après : gynécologiqu
e,
-Chirurgie sceptique abdominopelvienne, périnéale,
laryngée, œsophagienne….
-Chirurgie des artérites avec nécrobiose aseptique.
c. Les gangrènes d’origine médicale(exceptionnelles) après
injection musculaire d’un vasoconstricteur ou d’une substance
nécrosante.
d. Enfin, les gangrènes « spontanées »: à l’occasion d’une
perforation vésiculaire, d’un abcès anal…
E. Une engelure grave (due à une exposition prolongée au froid) peut aussi
entraîner la gangrène par insuffisance de circulation sanguine appropriée
77. 5) Signes cliniques
• En général, dans tous les types de gangrène, les
premiers symptômes sont :
• Après une période d'incubation de 18 à 36 heures,
des symptômes très évocateurs commencent
rapidement à s’installer : douleur locale très
importante associée + œdème.
• + peau peut être pâle au début, mais vire bientôt au
rouge ou au marron et enfin au noir verdâtre. Parfois,
un liquide marron apparaît sous la peau entraînant la
formation de cloques de grande taille.
• Une perte de la sensibilité et de la mobilité.
• La zone atteinte devient froide.
78. Signes cliniques de la gangréne gazeuse
La gangrène gazeuse : la forme de gangrène la plus dangereuse .
A. Signes fonctionnels :
Sensation de tension, douloureuse au niveau d’une plaie datant de 2 à 3
jours.
B. Signes physiques :
• Une odeur nauséabonde (multiplication des germes entraîne une
quantité importante de gaz).
• A l’inspection :
– Au niveau de la plaie : un exsudat brunâtre, fétide, mélangé ou non à des gaz
– Autour de la plaie : la peau est distendue par un œdème dur et par les gaz, elle est
pâle et sillonnée par un réseau veineux bleuâtre.
• A la palpation :
Une sensation de crépitation (due aux bulles de gaz) sous-cutanée
traduit l’emphysème.
79. C. Signes généraux :
• Ils sont précoces et importants, sans rapport avec
les lésions locales, ils traduisent la toxémie :
• Elévation de la thermique ;
• Accélération du pouls ; altération du faciès ;
• Asthénie.
• Ce tableau nécessite un traitement chirurgical
d’urgence et une antibiothérapie massive, sinon
l’évolution de la gangrène va être rapide.
80. 6) EVOLUTION ET COMPLICATIONS :
• L’évolution est rapidement mortelle : collapsus
survient dans quelques jours.
• Les substances produites par les bactéries sont
hautement toxiques pour les tissus humains et tuent
les cellules au-delà de la zone d’infection, maintenant
l’apport en oxygène insuffisant. Si l’infection n’est pas
stoppée, ces toxines bactériennes atteignent
rapidement le flux sanguin et commencent alors à
contaminer les organes vitaux en commençant par les
reins.
81. 7) TRAITEMENT :
Il existe trois grands principes pour l’enrayer :
• Les antibiotiques luttent contre les bactéries et
ralentissent l’infection.
• L’intervention chirurgicale qui enlèvera les tissus infectés
ou morts, pour arrêter la propagation. Cette étape est
aussi très importante et permet généralement d’éviter
l’amputation, lorsqu’il s’agit d’un membre.
• Enfin, l’oxygénothérapie à haute pression (hyperbare).
La pression force l’oxygène à pénétrer dans les tissus
afin d’arrêter la propagation des bactéries .
• Aujourd’hui, les antibiotiques et la chirurgie sont les
plus souvent utilisés et sont les plus efficaces.
84. Pourquoi pied diabétique ?
les complications les plus fréquentes du diabète :
a. La neuropathie : ⇨ entraîne une atteinte
sensitive tactile et thermique
⇨entraîne la perte du signal d’alerte de
PROTECTION des pieds
⇨modifie la statique du pied
entrainant un affaissement de la voûte
plantaire
b. L’artérite : une obstruction partielle
ou totale des
Majore le risque
artères des membres inférieurs
⇨
86. ● Les mesures préventives et de diagnostic précoce permettent
d’ éviter ou d’atténuer des complications graves (ulcère) et
d’éviter le maximum d’amputations.
● Equilibre du diabète
● Rôle infirmier :
- Prévention et éducation du patient
- Soins de plaie
87. Rôle infirmier : Prévention et éducation du patient
1) Surveillances des pied
● Surveiller les points de pression chez
les patients alités
● Observer les 2 pieds : recherche de
points d’appui ou de frottement
(cors, durillons), les mycoses entre
les orteils, les ongles épais et/ou
incarnés, la sécheresse de la peau
● Observer également l’état des chaussures et/ou des pantoufles
(source éventuelle de lésion) et des chaussettes du patient
(risque de trouble circulatoire)
● Apprentissage du patient à l’auto-surveillance avec le miroir
88. 2) Soins des pieds
● Hygiène rigoureuse : laver les 2 pieds et bien sécher
entre les orteils.
● Soins des ongles : ongles limés au carré, éviter de
blesser.
● Hyperkératoses : contacter un personnel
compétent si nécessaire.
● Hydrater les 2 pieds. Eviter la crème ou pommade
entre les orteils.
● Si mycose entre les orteils signaler au médecin
pour traitement.
89. 3) Soins des plaies du pied diabétique
● Rechercher le facteur déclenchant : Chaussures
inadaptées, ongles, hyperkératose, frottement,
brûlures, mycoses…
● Rechercher des signes d’infection : Ecoulement,
inflammation, rougeur, odeur, chaleur, parfois
douleur (absence de douleur en cas de
neuropathie) ; fièvre.
● Traiter la plaie
90. 3) Soins des plaies du pied diabétique
Traiter la plaie :
● nettoyer la plaie au NACL 0.9% (+/- antiseptique non coloré
ou Bétadine® sur OM)
● Détersion de l’hyperkératose en « épluchant les couches »
pour mettre à nu la lésion
● Convenir avec le médecin du protocole de pansement, en
attendant recouvrir avec des compresses sèches
● fixation pansement : bande de gaze (sauf orteils), sparadrap
● surveillance température et glycémie,
● Réfection tous les jours
● sur ordre médical décharger la plaie de tout point d’appui
(ex : chaussure de décharge, béquilles, etc...)
92. la face dorsale la face plantaire Décharge
de l orteils de l’avant pied du talon
Décharger la plaie de tout point d’appui :
● Suppression de tout frottement sur la plaie
● Réduction de la pression mécanique et allégement au poids sur la
plaie