Ĕlāhā
Ĕlāhā
Illustration de l’auteur
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
Licence : Attribution 4.0 International (CC BY 4.0)
Autoéditeur : carioulibrairie.wordpress.com
Publication : 2025 | première édition
Du même auteur :
1. Scythia : L'étonnante Histoire de l'antique Irlande
2. Brittia : L’Histoire méconnue des Bretons
3. Keltia : L’étrange Histoire des Celtes
4. Nâga : L'Histoire de la population nâga
5. Maya : L’Histoire de la population maya
6. Luzia : L’Histoire ancienne du Nouveau Continent
7. Gaia : La Préhistoire revisitée
8. Koya : Les indices de la "génohistoire"
9. Sela : Des témoignages historiques surréels
10. Troia : L’Histoire de la Nouvelle-Troie
11. India : Les origines de l’Inde
12. Namaka : Les origines des peuples antiques
13. Europa : Les origines des Européens
14. Brittia II : Du Kalimantan à la Bretagne
15. NRYN : L’origine inconnue de notre humanité
16. Scythia: The Amazing Origins of Ancient Ireland
17. Ibéria : L’énigme proto-ibère
18. Furia : Les deux guerres mondiales décodées
19. Tè Ra : Quand l’Histoire dépasse la fiction
20. Origins of the Celts (sous le pseudonyme Cryfris Llydaweg)
21. Futuria : Le futur proche décodé
22. Edda : Le "space opera" norrois
23. Atlantia : L'énigme proto-atlante
24. Nysa : La première conquête
25. Druidéa : Des origines insolites de la culture celte
26. Amunet : Des origines obscures de l’Egypte antique
27. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
Autres essais :
o Napoléon B. L'interview
o de Mirepoix. L’interview
o Europe antique. Un glossaire
o Ancient Europe. A glossary
o Leabar Gabala. La suite
o J. Churchward. Un glossaire
o Anna Vreizh. L’interview
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
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Introduction
Cet essai tentera de démontrer que la Genèse biblique pourrait se résumer à un
artéfact transmis par une colonie exogène, résidente de notre planète dès la fin du
Pléistocène moyen.
Avant de considérer cette hypothèse, une première question se pose : comment de
supposés colons peuvent-ils transmettre un artéfact à une de nos populations de
l’Âge du bronze ou de l’Âge du fer ? Et dans quelle langue ?
Une seconde question se pose : pourquoi la transmettre ? Si de supposés colons
quittèrent définitivement notre Terre, dans quel but laissent-ils une trace ?
Jusqu’à preuve du contraire, nous restons le seul genre humain de l’Univers.
Certains veulent bien considérer l’existence d’autres « ailleurs ». Dans ce cas, ils
précisent régulièrement que les distances ne favorisent pas du tout les contacts.
Or, la vitesse supraluminique (supérieure à celle de la lumière) leur ôte un tel
argument.
Pour répondre à la seconde question, nous proposons un scénario d’anticipation.
Imaginons que nous évoluons au sein d’une colonie spatiale. Nous vivons sur une
planète aride mais à l’abri d’une biosphère artificielle. Notre mission principale
reste d’extraire des minéraux pour les besoins de l’aérospatiale. Cela dit, nous
comptons dans nos rangs des chercheurs. Ces derniers proposent un vaste projet :
étendre notre biosphère à toute la planète. Évidemment, cela suppose un
prérequis : la création d’une atmosphère sur une échelle planétaire.
Quelques siècles plus tard, notre colonie parviendra à ses fins. Au sein de cette
nouvelle biosphère « naturelle », nous déploierons des formes de vie originaires de
la Terre ou adaptées génétiquement à cet environnement inédit. De nos jours, on
nomme terraformation ce processus de transformation d’une planète ou d’un
corps céleste.
Une question subsidiaire se pose : cette terraformation relève-t-elle d’une création
ou d’une évolution ? On pourrait proposer une « évolution créative ». Nous
envisageons donc le fait que notre propre Terre relève de ce scénario.
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Une objection apparait : notre biosphère reste le fruit d’une lente évolution,
présidée par le hasard et la nécessité. Dans ce cas, pourquoi l’anthropologie
recherche-t-elle désespérément (depuis un siècle) un chainon manquant entre
l’Erectus (notre « ancêtre ») et le Sapiens (nous) ? Un million d’années nous
séparent de cet aïeul. Nous devrions déjà avoir déterré des dizaines de chainons.
Or, le score reste à zéro.
Nous posons notre hypothèse : à moins de l’inventer, l’anthropologie ne trouvera
pas de chainon manquant. Pourquoi ? Le passage entre l’Erectus et le Sapiens
pourrait relever d’une évolution créative. Nous tenterons donc de démontrer que
des chercheurs (avant de quitter notre planète) transmirent un artéfact sur leurs
travaux à une population protohistorique.
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Avertissement
Les Bibles que nous lisons actuellement héritent de multiples traducteurs et
copistes parfois peu soucieux du texte de la copie dont ils héritèrent eux-mêmes
(avant de la traduire ou de la recopier). Dans notre essai Scythia, nous proposons
des bases de lecture au second degré de textes anciens (et donc maintes fois
recopiés) afin de confondre certains copistes.
Ensuite, on devait choisir une Bible pour nos citations. Notre choix se porte sur
celle de Louis Segond (1810-1885). On cite l’article Wikipédia à son sujet.
Louis Segond, né le 3 mai 1810 à Plainpalais et mort le 18 juin
1885 à Genève, est un pasteur et théologien protestant suisse. Il
traduit entre 1874 et 1880 la Bible en français connue comme la
Bible Segond à partir des versions en hébreu et en grec.
On le choisit pour sa capacité à lire l’hébreu (qu’il enseigna) et pour son éducation
catholique. Il couvre donc plus large sur le plan confessionnel. Son père, français,
servit dans l’armée napoléonienne avant de s’installer comme cordonnier à
Genève.
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Le commencement
Une biosphère artificielle | Illustration photo-réaliste de l’auteur
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était
informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abime,
et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Genèse 1.1-3
La terre ou la Terre ? Vide ou désertique ? Selon un article du Larousse, un abime
peut désigner un gouffre naturel, un précipice d’une profondeur insondable, ou un
lieu, un espace qui n’a pas de limites assignables. Nous penchons pour cette
dernière proposition. Les ténèbres désigneraient une obscurité profonde. Si l’on
parle de la Terre, la lumière du soleil se fait désirer. Des eaux ? La terre est-elle
vide ou recouverte d’eau ? Les copistes successifs ne nous épargneront pas d’autres
contradictions.
On résume : au commencement, la terre était vide, l’esprit de Dieu survola ce vide
rempli d’eau et enfin, Dieu créa la terre (qui existait déjà). On parle donc d’un texte
remanié. Enfin, l’esprit de Dieu pourrait désigner un simple… aéronef.
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Notre interprétation propose le survol d’un aéronef au-dessus d’une planète
totalement recouverte d’eau (voire de glace). À ce sujet, Dieu finira par créer une
étendue (un supercontinent ?) entre les eaux. Le plus ancien supercontinent
connu, le Vaalbara, remonte à 3,6 milliards d’années (Ga). À supposer que le verset
biblique évoque la formation de ce continent originel, pourquoi des chercheurs
(venus d’ailleurs) informeraient-ils une population de l’Âge du fer de cet
évènement ?
L’artéfact induit se résumerait-il à un manuel de science (altéré par des copistes) ?
Les quatre premiers « jours » de la Genèse résument l’évolution géologique de
notre planète jusqu’à l’apparition de la vie. Les copistes défendent une création
mais Dieu se concentre-t-il sur la Terre depuis 3,6 milliards d’années ? Nous
penchons donc pour un manuel détourné de sa fonction première. Enfin, nos
géologues utilisent une échelle des temps (éon, ère et période). On peut proposer
que les « jours » bibliques réfèrent à une autre échelle (venue d’ailleurs).
À ce stade de notre essai, nous n’essayerons pas d’identifier « celui » (ceux ?) qui
rédigea ce supposé manuel de science. Pour l’instant, on se contentera d’accumuler
des indices.
Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux
vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du
ciel. Genèse 1.20
Pourquoi des oiseaux (créés) doivent-ils voler vers le ciel ? Dieu opère-t-il à partir
du supercontinent ? Un copiste remplaça-t-il la préposition de par sur ?
Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre
ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les
oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les
reptiles qui rampent sur la terre. Genèse 1.26
À notre image ? Pourquoi Dieu parle-t-il de lui au pluriel ? De quelle image parle-
t-on : physique, spirituelle ou les deux ? L’ajout du terme ressemblance nous
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oriente vers des traits physiques et/ou psychologiques communs. Enfin, à propos
du pluriel, le créateur travaille-t-il vraiment seul ?
Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la
semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre
ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera
votre nourriture. Genèse 1.29
Dans le contexte, on résume l’alimentation : herbes et fruits. Pourquoi le créateur
se prive-t-il de viande ? Dans l’espace, cultiver la viande reste un défi (que
l’entreprise actuelle Aleph Farms tente de relever).
L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il
souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un
être vivant. Genèse 2.7
Pour le processus de notre supposée création, on devra se contenter de cette simple
citation. Six éléments représentent 98 % de la masse de notre corps : l’oxygène
(65 %), le carbone (18), l’hydrogène (10), l’azote (3,3), le calcium (1,5) et le
phosphore (1,2). Cela fait au moins six « poussières ». L’Éternel souffla un… souffle
de vie. La vie commence avec la respiration.
La redondance des termes souffler et souffle oriente vers une simplification du
texte d’origine. Ce texte évoque-t-il la cryonie ? On cite l’article Wikipédia
concerné.
La cryonie ou cryogénisation est un procédé de cryoconservation
(conservation à très basse température, typiquement −196 °C) de
cadavres dans l’espoir que de futures avancées technologiques
rendent possible de les ressusciter.
Malgré l’intérêt du sujet, nous ne nous attarderons pas car le texte biblique reste
sommaire. On posera tout de même une question : la cryonie se limite-t-elle aux
cadavres ? La science-fiction envisage déjà son utilisation sur les vivants pour les
trajets spatiaux interminables.
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On revient sur le premier surnom de Dieu : l’Éternel. On peut rappeler la définition
principale de ce terme : sans commencement ni fin, hors du temps. On évoquerait
bien le voyage dans le temps mais on craint de s’égarer (d’autant qu’on vient
d’évoquer des voyages spatiaux sans fin).
Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme,
qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa
place. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise
de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Genèse 2.21-22.
Cela enrichit le processus de notre supposée création. Pourquoi l’Éternel utilise-t-
il les éléments (la poussière) pour l’homme et une côte pour la femme ? Si dans le
premier cas, on suppose une cryonie, pourquoi ne pas l’utiliser pour les
« voyageuses » ? Le personnel spatial manquait-il de mixité ?
Revenons sur la côte. Au début du développement de l’embryon, les somites se
forment et se subdivisent rapidement en trois composants : le myotome, le
dermatome et le sclérotome. Les vertèbres et les côtes se développent à partir des
sclérotomes. Le gène maître PAX 1 permet l’orientation des cellules vers cette
différenciation. D’une façon générale, les gènes PAX jouent un rôle essentiel dans
le développement du fœtus. Nous soupçonnons une organogenèse artificielle mais
le terrain reste glissant (sauf pour la science-fiction).
Une chose nous paraît plausible : l’Éternel n’improvise pas. Si le voyage manquait
de mixité, les voyageurs savaient la recréer avant même d’embarquer. Cela nous
amène à penser que la mission disposait d’un effectif plutôt restreint.
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que
l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement
dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?
Genèse 3.1
Un serpent rusé qui parle ? Bien sûr. Plus sérieusement, on ne peut s’empêcher de
penser à l’ouroboros. On cite l’article Wikipédia concerné.
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L’ouroboros est un dessin ou un objet représentant un serpent ou
un dragon qui se mord la queue (…) L’ouroboros est un symbole
très ancien que l’on rencontre dans plusieurs cultures sur tous les
continents (…) Le serpent (ou le dragon parfois) qui se mord la
queue symbolise un cycle d’évolution refermé sur lui-même.
Si l’on considère une colonie à effectif restreint loin de sa « maison », l’expression
« cycle d’évolution refermé sur lui-même » devient un doux euphémisme. Le
serpent pourrait symboliser cet effectif qui s’interroge sur les consignes de
l’Éternel transmises à la « première » femme. Enfin, on parle d’un arbre non
alimentaire : celui de la connaissance du bien et du mal. On parierait sur un
manuel d’instruction civique et morale de la colonie.
Ensuite, Adam et Eve se cachent car ils viennent d’apprendre que « l’arbre-
manuel » révèle leur nudité. Peut-on arrêter de prendre le nu au sens littéral du
terme ? Nos deux « nudistes » viennent de prendre conscience de leur profonde
ignorance.
Une question se pose : si l’effectif ne compte pas Adam (et son frère), ce dernier
doit-il son existence aussi à une côte ? On sait : on frôle l’impertinence. Dans un
autre registre, comment l’effectif entend-il se reproduire ? Le verset 6.2 de la
Genèse apporte un début de réponse.
Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face
de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu virent
que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour
femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. Genèse 6.1-2.
Ce verset distingue les descendants des hommes et les descendants de Dieu. Il reste
à savoir comment les colons engendrèrent des fils (de Dieu). Nous miserions sur
une seconde immigration mixte (cette fois) et donc sur une augmentation de la
population de la colonie.
Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils
de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur
eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux
dans l’antiquité. Genèse 6.4
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On résume : la progéniture des fils de Dieu et des filles des hommes devient géante.
Comment des femmes de 1,70 m en moyenne peuvent-elles engendrer ces géants ?
Doit-on considérer la définition littéraire qui désigne des personnes qui dépassent
les autres par leur génie ? Une anomalie génétique liée à l’accouplement de genres
distincts ? Une grande taille des colons et donc de leurs descendants ?
Certaines traditions (dont celles des Fomoires et des Cyclopes) conservent le
souvenir de géants sur Terre. Or, ces derniers ne se distinguaient pas par leur
génie. Des exceptions existent. Par exemple, on peut citer la descendance
d’Ouranos. Cela dit, elle passait son temps à se disputer avec les Dieux.
Notre tentative d’apporter du réalisme à un texte sacré se heurte à une objection
majeure : le genre Sapiens revendique au moins 300 000 ans d’âge. Or, les
traditions des géants restent bien plus récentes dans les chronologies bibliques,
grecques, etc.
Nous proposons une parenthèse car nos méthodes de datations actuelles posent
un problème.
Imaginons un naufragé qui échoue sur une île déserte. Suite au choc, il souffre
d’amnésie. Cela dit, il lui reste des connaissances « pratiques » et souhaite
connaitre son âge. Il développe une méthode ingénieuse. Il mesure sa taille avec
les moyens du bord puis il patiente un an. À l’issue de cette attente, il se mesure à
nouveau. On résume ses deux mesures : 179 centimètres puis 180. Il pose
l’hypothèse qu’on grandit d’un centimètre par an. Il déduit donc son âge : 180 ans.
Malgré l’ingéniosité de la méthode et la qualité des mesures, le résultat reste
fantaisiste. Pourquoi ? Le naufragé pose une « constante » : on grandit d’un
centimètre par an. Or, toutes nos méthodes (sans exception) de datation posent
une constante sur le long terme. Sur cette île déserte, en état d’amnésie, comment
pouvait-il savoir que rien n’est constant ?
L’âge du Sapiens (nous) pourrait ne pas se chiffrer en centaine de milliers d’années
mais plutôt en dizaines. On sait : on frôle encore l’impertinence.
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Le texte biblique et nos connaissances actuelles permettent donc de poser
l’hypothèse d’une évolution créative de notre genre humain à une époque pas si
reculée. De toute façon, ne nous leurrons pas : nos descendants développeront de
telles évolutions dans d’autres mondes.
Et moi, je vais faire venir le déluge d’eaux sur la terre, pour
détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui
est sur la terre périra. Genèse 6.17
Si l’on suppose une terraformation, la colonie semble faire machine arrière toute.
Pourquoi ? Cependant, elle sélectionne un homme, Noé, et son entourage pour
« réinitialiser » notre biosphère. On passe sur le conte pour enfants : arche en bois,
animaux en pagaille, etc. En guise d’alternative, on cite le titre d’un article du
magazine Science & Vie : Recréer des espèces disparues à partir de leur ADN. Si
l’ADN suffit, pourquoi transformer une coque en bois en zoo flottant ?
Il reste à identifier la véritable nature de l’arche.
Le déluge fut quarante jours sur la terre. Les eaux crûrent et
soulevèrent l’arche, et elle s’éleva au-dessus de la terre. Les eaux
grossirent et s’accrurent beaucoup sur la terre, et l’arche flotta
sur la surface des eaux. Genèse 7.17-18
Elle s’élève au-dessus de la terre avant l’inondation. Cela décrit un décollage et
non un arrimage. Ensuite, elle flotte. Le module de commande Columbia de la
mission Apollo 11 savait déjà amerrir en juillet 1969.
Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme
ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de
Schinear, et ils y habitèrent. Genèse 11.1-2
La sélection d’un homme et de ses proches soutient l’existence d’une seule langue.
Or, notre humanité compte au minimum une vingtaine d’haplogroupes génétiques
et les « sauvés » des eaux n’atteignaient pas ce nombre. À ce sujet, au moins une
tradition sur Terre (celle de Cesair) décrit une femme qui se voit refuser une place
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dans l’arche et qui survit au déluge. On peut donc penser que les opérations de
sauvetage se déclinaient au pluriel.
Les proches de Noé partirent de l’orient et s’établirent dans la région de Shinar
(Mésopotamie). Dans ce cas, pourquoi l’archéologie confessionnelle s’entête-t-elle
à chercher l’arche à l’occident (dans les monts Taurus, notamment) ? Nous
miserions plutôt sur l’ensemble des plus hautes chaines de montagnes sur Terre :
l’Himalaya.
L’Éternel sentit une odeur agréable, et l’Éternel dit en son cœur :
Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les
pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et
je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait. Tant
que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la
chaleur, l’été et l’hiver, le jour et la nuit ne cesseront point.
Genèse 8.21-22
À propos du site d’atterrissage, on pourrait même proposer le mont d’une « déesse
des moissons » : l’Annapurna I (Népal actuel). Si l’on veut survivre au-delà de nos
réserves, la première chose à considérer se résume aux semailles.
Enfin, pourquoi l’Éternel changea-t-il d’avis sur la terraformation qu’il semblait
diriger depuis le début ? Nous pourrions proposer que sa colonie (et donc sa
civilisation) ne parût pas consciente que l’évolution créative complète l’évolution.
Dans ce contexte, l’ingénierie génétique pourrait entrainer une forme de
culpabilité. Si en plus, les « hommes » passent leur temps à se taper dessus, cela
n’arrange rien.
Il reste un problème à résoudre : aucune découverte géologique ne soutient une
telle montée des eaux durant les 50 000 dernières années. Notre planète ne
manque pas d’extinctions massives mais à quand remonte la dernière connue ? On
parle de l’impact de Chicxulub (au Crétacé). Or, la géologie considère que le taux
de disparition des espèces lors de cet impact ne dépassa pas 75 % (sans parler d’une
antériorité de 66 millions d’années).
De toute façon, la description de cet impact ne correspond pas au texte biblique.
Pour l’instant, on se contentera d’une corrélation entre les datations
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traditionnelles de déluges (moyenne de dix mille ans) et la datation de l’optimum
climatique de l’Holocène (entre dix et cinq mille ans). Qui dit optimum, dit fortes
précipitations. En aparté, comment un supposé déluge éradique-t-il la vie
aquatique ?
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L’alliance
Une famille chaldéenne | Illustration photo-réaliste de l’auteur
Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d’une
multitude de nations. On ne t’appellera plus Abram ; mais ton
nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de
nations. Genèse 17.4-5
Non content de rétablir sa terraformation, l’Éternel propose une alliance à un
certain Abram. Comme une éternité (…) sépare le déluge de cette alliance,
comment l’Éternel peut-il survivre aussi longtemps ? En guise de réponse, on peut
poser une question : pourquoi des colons (venus d’ailleurs) devraient-ils se
contenter de notre espérance de vie ?
Alors l’Éternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans
l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent
vingt ans. Genèse 6.3
Cet extrait semble décrire une réduction de l’espérance de vie plutôt que le
contraire. Selon le récit, Adam vécut neuf cent trente ans (avant que l’Éternel ne
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procède à des restrictions). Cela dit, près d’un millénaire ne permet pas de couvrir
la distance entre de supposés déluge et alliance. À ce sujet, on cite le titre d’un
article du Courrier International : La vie éternelle est-elle pour demain ? Donc, la
perspective d’éternité existe déjà. Par contre, dans le texte biblique, elle semble
réservée à un seul personnage.
L’Éternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la
maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de
toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand,
et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te
béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les
familles de la terre seront bénies en toi. Abram partit, comme
l’Éternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de
soixante-quinze ans, lorsqu’il sortit de Charan. Genèse 12.1-4
Un élément surprend : Abraham, déjà âgé de soixante-quinze ans, ne bronche pas
alors qu’il doit tout quitter. Avant lui, son père, Térach, quitta Ur en Chaldée pour
s’installer au pays de Canaan. Dans la foulée, la famille s’établit dans la cité de
Charan. Le texte ne dévoile pas les raisons de cette double émigration. Selon la
généalogie biblique, Térach descendait de Sem, fils aîné de Noé. Comme il
appartenait à la huitième génération, on peut penser que le souvenir de Noé restait
vivace au sein de sa famille. Autrement dit, une manifestation de l’Éternel pouvait
le surprendre sans le déstabiliser.
Le récit précise peu de choses sur Térach. De nos jours, des auteurs tentent
d’identifier son métier et proposent celui de mage. À l’époque, un mage observait
la nature pour mieux anticiper les éléments. D’autres observaient le comportement
moral de la population pour mieux conseiller des dirigeants (cf. notre essai
Druidéa). Pour comprendre l’importance de ces observations, nous devons
considérer que les sociétés protohistoriques ne disposaient d’aucune science
(météorologie, sociologie, etc.). Enfin, au sein de dynasties mésopotamiennes
(Moyen-Orient actuel), les mages chaldéens conservaient une aura non
négligeable.
Le début du second millénaire avant notre ère reste une hypothèse pour les
migrations de Térach et Abraham. À cette époque, un évènement attire l’attention.
On cite l’article Wikipédia sur le sujet.
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Sous le règne du roi Ibbi-Sîn (2028-2004), une grande partie du
royaume est perdue, et des cités commencent à faire sécession à
l’intérieur même du pays de Sumer : Isin se sépare d’Ur sous la
direction d’Ishbi-Erra, dont le règne commence en 2017. Dans ce
contexte difficile, marqué notamment par des incursions de
nomades amorrites, une coalition menée par un roi élamite,
Kindattu de Simashki, envahit le pays de Sumer et, en 2004 av.
J.-C., s’empare d’Ur.
Cela n’incitait pas à rester à Ur. L’identité de la cité de destination, Charan (Haran),
demeure une inconnue. Certains l’associent à Harran (dans l’actuelle Turquie),
dont l’occupation date de la culture de Halaf (entre 6100 et 5500 avant notre ère).
On peut aussi avancer l’idée que ce nom peu marginal pouvait désigner une autre
cité du pays de Canaan.
À propos de ce pays, on relève une incohérence dans le texte biblique.
Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et
Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent
ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils
vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent. Genèse 11.31
Abram prit Saraï, sa femme, et Lot, fils de son frère, avec tous les
biens qu’ils possédaient et les serviteurs qu’ils avaient acquis à
Charan. Ils partirent pour aller dans le pays de Canaan, et ils
arrivèrent au pays de Canaan. Genèse 12.5
On résume : Abraham vit à Haran (Charan), au pays de Canaan. Puis, il migre vers
le pays de Canaan où il réside déjà. Pour comprendre, nous commencerons par
citer un article Wikipédia sur la cité d’Harran.
Vers 2270 av. J.-C., Harran est conquise par Sargon d’Akkad.
Vers 2000 av. J.-C., un important temple consacré au dieu de la
lune Sîn y est bâti.
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On peut rappeler que la troisième dynastie d’Ur (-2100/-2000) succéda aux
souverains d’Akkad. De plus, autour des années -2000, la cité édifia un temple
important dédié à Sîn, la divinité lunaire d’Ur. L’archéologie sait que des nomades
amorrites finirent par occuper Harran. Cela peut avoir une conséquence : cette cité
prend ses distances avec le pays de Canaan.
Ensuite, Abraham adopte aussi le nomadisme. Le texte cite quelques étapes. Il
plante d’abord sa tente au lieu nommé Sichem. La fondation d’une cité du même
nom date du 19e siècle avant notre ère. Puis il pousse jusqu’aux chênes de Moré,
dont le dernier exemplaire actuel se trouve à quelques kilomètres d’Hébron.
L’étape suivante se trouve entre Béthel et Aï. À propos de Béthel, on cite un article
Wikipédia.
Edward Robinson, dans son livre Biblical Researches in
Palestine, 1838–52, identifie le Beth-El biblique avec le village
cisjordanien de Beitin.
Le texte biblique ne précise pas les étapes suivantes (vers le midi) mais évoque une
grande famine qui touche tout le pays (de Canaan).
Comme il était près d’entrer en Égypte, il dit à Saraï, sa femme :
Voici, je sais que tu es une femme belle de figure. Quand les
Égyptiens te verront, ils diront : C’est sa femme ! Et ils me
tueront, et te laisseront la vie. Dis, je te prie, que tu es ma sœur,
afin que je sois bien traité à cause de toi, et que mon âme vive
grâce à toi. Genèse 12.11-13
Le texte soutient donc que des dirigeants égyptiens de l’époque ne reculaient
devant rien pour s’approprier de belles femmes. On comprend plus tard pourquoi
le statut de frère (au lieu de mari) épargne d’Abraham : Saraï devient disponible.
Saraï séjourne donc dans la maison du souverain de l’Égypte pendant qu’Abraham
ne compte plus les cadeaux qu’il reçoit (serviteurs et bétail). Évidemment, le
pharaon finit par découvrir le pot aux roses.
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 17
Alors Pharaon appela Abram, et dit : Qu’est-ce que tu m’as fait ?
Pourquoi ne m’as-tu pas déclaré que c’est ta femme ? Pourquoi
as-tu dit : C’est ma sœur ? Aussi l’ai-je prise pour ma femme.
Maintenant, voici ta femme, prends-la, et va-t’en ! Et Pharaon
donna ordre à ses gens de le renvoyer, lui et sa femme, avec tout
ce qui lui appartenait. Genèse 12.18-20
Ces trois versets suggèrent que notre patriarche jouit d’une aura qui dépasse les
frontières. On apprécierait que des exégètes nous éclairent. Pourquoi Abraham
approche-t-il la dynastie égyptienne avec autant de facilité ? Pourquoi le pharaon
l’épargne-t-il ? Pourquoi peut-il garder ses cadeaux ?
On rappelle la situation religieuse de l’Égypte à l’époque. Dans l’Ancien Empire (-
2700/-2200), les divinités Ptah (le père) et Apis (le fils) dominent. Au Moyen
Empire (-2033/-1786), Amon domine dans la région de Thèbes et prendra
l’ascendant sur Ptah dès la XIe dynastie (-2124/-1980 selon Jaromír Málek).
Abraham visite donc l’Égypte dans un contexte de changement religieux. Cela
pourrait amener des dirigeants à s’intéresser à la « magie » (si Abraham hérita du
supposé métier de son père).
De retour dans le pays de Canaan, Abraham constate que la région s’enflamme.
Deux coalitions militaires s’affrontent : celle Kedorlaomer, souverain d’Elam et
celle de Béra, souverain de Sodome. Kedorlaomer l’emporta et confisqua des
personnes et des biens. Lot, le frère d’Abraham, vivait près de Sodome et
« intégra » le butin.
Alerté, Abraham arme trois cent dix-huit de ses plus braves serviteurs. Lors d’une
attaque de nuit, sa troupe met en déroute des forces de Kedorlaomer. Il libère ainsi
son frère. Le récit précise qu’il recrute parmi ses « suivants ». Cela donne une idée
de la taille de sa caravane (conséquente pour l’époque).
Impressionné, Kedorlaomer visite Abraham. Un allié de ce souverain,
Melchisédek, souverain de Salem (Jérusalem actuelle), apporte du pain et du vin
et bénit Abraham.
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 18
Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était
sacrificateur du Dieu Très Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit
Abram par le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre ! Béni
soit le Dieu Très Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et
Abram lui donna la dîme de tout. Genèse 14.18-20
Dans la Genèse, Abraham reste associé à l’Éternel (non rituel) mais pas au Dieu
Très Haut (rituel). Cela pourrait indiquer qu’Abraham ne pratiquait pas de rite.
Lors de la Septante (traduction de l’hébreu vers le grec, 3e et 2e siècle avant notre
ère), les traducteurs butèrent sur un terme : Elohim, omniprésent dans des
versions hébraïques de la Genèse et associé à l’Éternel. Finalement, ils optèrent
pour les Anges. Enfin, lors de traductions vers le latin, ce pluriel disparut peu à peu
au profit du singulier Dieu.
On peut préciser que des débats existent encore sur le pluriel du terme Elohim.
Pour tenter de trancher, on considérera un manuel d’un Institut pour l’étude des
cultures anciennes (Université de Chicago). Il porte sur l’écriture et la grammaire
akkadienne, sémitiques mais fortement influencées par le sumérien. Il précise que
le -IL désignait la divinité que d’autres langues sémitiques transposeront plus tard
en -EL. On pose l’hypothèse que le -OH reste neutre. Pour le -IM, cela se complique
car le manuel contient 146 occurrences. Aucune ne permet de l’associer au -IL.
L’élément ILUM pouvait s’avérer une piste. Cela dit, en akkadien, il demeurait un
dérivé singulier de -IL. Son pluriel s’écrivait ILŪ ou ILĀNŪ. Dans l’araméen (dont
l’hébreu hérita de l’alphabet), il devint ĔLĀHĀ.
L’Éternel lui apparut parmi les chênes de Mamré, comme il était
assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Il leva les
yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de
lui. Quand il les vit, il courut au-devant d’eux, depuis l’entrée de
sa tente, et se prosterna en terre. Genèse 18.1-2
Les copistes nous proposent un défi. L’Éternel lui apparait en même temps que
trois hommes. Puis Abraham cesse de se soucier du premier et court se prosterner
au pied des trois autres. Pourquoi cette priorité ?
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 19
Les hommes s’éloignèrent, et allèrent vers Sodome. Mais
Abraham se tint encore en présence de l’Éternel. Abraham
s’approcha, et dit : Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant ?
Genèse 18.22-23
Les deux anges arrivèrent à Sodome sur le soir. Genèse 19.1
Chez Abraham, les (trois) hommes partent pour Sodome. Puis, dans la foulée, deux
anges se présentent devant cette cité. On résume : en l’espace d’une vingtaine de
versets seulement, des hommes deviennent des anges.
Revenons maintenant sur une promesse de l’Éternel.
Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d’une
multitude de nations. On ne t’appellera plus Abram ; mais ton
nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de
nations. Genèse 17.4-5
Si ces nations existèrent, peut-on les identifier ?
On commence par la descendance d’Ismaël, fils d’Agar, une servante égyptienne
d’Abraham. Le couple engendra douze fils. Flavius Josèphe (entre autres), un
historiographe romain juif du 1er siècle, les considère comme les ancêtres des
populations arabes, dont les Nabatéens. L’étymologie de ces derniers pourrait
dériver de Nebajoth (Nebaioth), l’aîné d’Ismaël.
On continue avec la descendance d’Isaac, fils de Sara, qui se maria avec Rébecca,
une Araméenne. Le couple engendra deux jumeaux : Ésaü et Jacob (Israël). Pour
le premier, aucune nation antique ne semble revendiquer son ascendance. Le
second engendra douze fils, ancêtres des douze tribus d’Israël. Elles comptèrent au
moins deux nations antiques : les royaumes d’Israël et de Juda (future Judée).
En résumé, plusieurs nations de langue sémitique pourraient revendiquer
l’héritage (l’alliance). Le christianisme modifia la donne et augmenta donc le
nombre d’héritiers. Cela ne répond toujours pas à une question : quelle population
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 20
protohistorique hérita d’un supposé artéfact qui résumait l’évolution de notre
planète ?
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 21
L’artéfact
Xmucané et Xpiyacoc | Illustration photo-réaliste de l’auteur
Pour tenter de répondre, nous nous intéresserons à d’autres traditions qui relatent
une genèse.
On commence par une mythologie polynésienne et l’on cite l’article Wikipédia sur
Ta'aroa.
Ta'aroa est à l’origine de tout, y compris de soi-même. Au début,
il/elle se développait dans sa coquille Rumia tournant dans le
vide sans fin du sombre et silencieux chaos primordial.
On y retrouve le vide et les ténèbres du récit biblique. Cette fois, Dieu ne se meut
pas au-dessus des eaux mais « tourne » dans un chaos primordial.
On change de tradition et l’on cite l’article sur le Noun, l’océan créateur et
primordial de la tradition égyptienne.
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 22
Ces dieux sont appelés Créateurs et sont les divinités se
rapportant à l’Océan primordial, elles sont nées du chaos divin,
du concept vital. L’Océan fut donc aussi appelé le père des dieux.
Cette tradition précise la nature du chaos primordial (divin) : il se résume à un
« océan ». Nous ne pouvons pas prendre ce terme au pied de la lettre. Il pourrait,
par exemple, désigner l’espace intersidéral. Même l’expression père des dieux
pourrait indiquer le milieu interstellaire qui « engendra » des visiteurs.
On s’intéresse maintenant au Rig-Véda de l’Inde antique. On cite le chapitre III de
l’ouvrage La Tradition de poésie scientifique du poète René Ghil (1862 -1925).
Il n’était alors ni Non-Être, ni Être. Il n’était d’atmosphère, ni de
ciel au-dessus. Qui enveloppait tout ? Eau, ou abime ? Jour ni
nuit, ni mort, ni immortalité. L’Un respirait calmement, étant à
lui-même son soutien.
Cette tradition se demande ce qui existait à l’origine : eau ou abime.
La Théogonie d’Hésiode, rédigée au 8e siècle avant notre ère, précise que le Vide
présida à l’apparition du monde. Selon le recueil Les Métamorphoses du poète
latin Ovide, le monde naquit du chaos.
Nous avons le sentiment que toutes ces traditions (et d’autres) tournent autour du
pot et s’apparentent à des « secondes mains ». Nous recherchions une tradition
plus précise et nous pensons l’avoir trouvé : le Popol Vuh.
L’original de ce texte, rédigé en écriture maya « latinisée », daterait de 1558 tout
au plus. L’auteur, anonyme (un religieux catholique maya ?), y transcrivit des
traditions orales. Le dominicain Francisco Ximénez l’obtint des Quichés de Santo
Tomas Chuilá (Guatemala) et le recopia en 1701-1703. Ximénez proposa également
une traduction littérale dont la lecture reste fastidieuse.
Nous allons donc nous intéresser à une autre traduction : Manuscrit troano :
études sur le système graphique et la langue des Mayas. Son auteur, Charles
Étienne Brasseur de Bourbourg (1814-1874), un missionnaire catholique, travailla
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 23
au Mexique et en Amérique centrale pendant quinze ans. À son époque, il défraya
la chronique en soutenant que les civilisations maya et égyptienne partageaient
une parenté. On peut rappeler que l’océan Atlantique sépare les deux.
Le Popol Vuh commence par un hommage au « créateur » et au « formateur »
(?). Les aïeux de la population quiché qui initièrent cette tradition seraient une
femme, Xmucané, et un homme, Xpiyacoc.
Le premier « chapitre » évoque la Terre avant l’apparition de la vie.
La face de la Terre ne se manifestait pas encore : seule la mer
paisible était (…) Ce n’était que l’immobilité et le silence dans les
ténèbres, dans la nuit.
Les Quichés pensaient donc qu’avant l’apparition des continents, la Terre se
résumait à une vaste étendue d’eau.
Les « Gucumatz », des « serpents » couverts de vert et d’azur, désignaient le
créateur et le formateur. La couleur verte réfère à un « planisphère » (?) et l’azur
réfère à une « surface » (?). Ensuite, ces Gucumatz œuvrent : montagnes, animaux
des montagnes, etc. On rappelle que selon notre thèse sur la Genèse biblique, le
serpent (au singulier) désigne un ensemble de « terraformateurs ».
Le second chapitre brosse un tableau de l’équilibre dans le règne animal. Ensuite,
il décrit la formation de l’homme : « de terre glaise ils firent sa chair ». L’auteur,
possiblement un religieux catholique maya, altéra peut-être le texte original.
Le Popol Vuh diffère de la Bible sur un point majeur : les Gucumatz façonnèrent
des versions successives du genre humain. Finalement, les « hommes se
produisirent, les hommes raisonnèrent » et peuplèrent la surface de la Terre. Le
chapitre évoque même un chef des « Toltecat » (Toltèques ?).
Le troisième chapitre commence mal : l’humanité frôle l’extinction à cause d’une
« grande inondation ». Les survivants doivent faire face aux remontrances de leurs
chiens (?). Au second degré, on peut évoquer les nombreuses traditions de
« divins » chiens, chacals ou loups (Amarok, Anubis, Fenrir, etc.). Enfin, « des
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 24
petits singes qui vivent aujourd’hui dans les bois » demeurent les seuls
descendants de ces survivants (?).
Cette tradition devient donc une théorie de l’évolution inversée : le singe descend
de l’homme. Cela valait le détour.
Le quatrième chapitre introduit un nouveau personnage : Vukub-Cakix, un
survivant. Il se considérait comme un demi-dieu et finira par être « abattu ». Le
cinquième chapitre précise le nom des coupables : Hunahpu et Xbalanqué. Ces
derniers ne supportaient plus les délires de grandeur du « demi-dieu ». Les autres
chapitres décrivent les faits et gestes de la descendance de Vukub-Cakix et
présentent moins d’intérêt.
Une précision importante reste nécessaire. À aucun moment, le texte quiché utilise
le terme « maya ». La plus ancienne population nommée reste celle des Toltecat,
beaucoup trop récente par rapport à de supposés terraformateurs dits Gucumatz.
On parle des Q’uqʼumatz que nos encyclopédies modernes présentent au singulier
alors que le texte original ne laisse aucun doute sur le pluriel.
On précise notre hypothèse : à une « certaine » époque, des terraformateurs
transmirent un artéfact aux deux ancêtres de la population quiché : Xpiyacoc et
Xmucané. Le fait que cette population s’impliqua largement dans la civilisation
maya au Guatemala ne prouve pas qu’elle puise ses origines au sein de cette
civilisation.
Selon sa propre tradition transcrite également dans le Popol Vuh, son berceau se
résumait à une cité ou un lieu mythique : Tollan. Nous traduisons librement une
citation de l’article Wikipédia en anglais sur ce mythe.
Tollan, Tolan ou Tolán est un nom utilisé pour les capitales de
deux empires de la Mésoamérique précolombienne, d’abord pour
Teotihuacan, puis pour la capitale toltèque, Tula, toutes deux
situées au Mexique. Le nom a également été appliqué à la colonie
mexicaine postclassique de Cholula. Tollan est un mot nahuatl
utilisé dans les documents coloniaux espagnols.
Traditionnellement, Tollan a été interprété comme un toponyme
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 25
nahuatl pour Tula, Hidalgo, Mexique. Des études plus récentes
suggèrent une signification plus large, comme un lieu où
poussent les roseaux. Au lieu d’être un toponyme désignant un
établissement spécifique, il est également utilisé comme
qualificatif pour désigner une catégorie de villes densément
peuplées.
Un lieu où poussent les roseaux ? Dans la cordillère des Andes, les Uros et Aymaras
développèrent une civilisation du roseau sur le lac Titicaca, à la frontière de la
Bolivie et du Pérou. Développèrent ou développèrent à nouveau ?
Pour l’instant, les plus anciens villages connus de Mésoamérique remontent à une
période dite préclassique ancien (-2500/-1200). La première civilisation demeure
celle des Olmèques et apparut lors de cette période.
Or, en Amérique du Sud, le site Monte Verde II (Chili) présente des structures en
bois âgées de 14 550 ans. On traduit librement une citation de l’article Wikipédia
en anglais concerné.
Le site aurait été occupé par vingt à trente personnes. Une
structure en bois et en peaux d’animaux, ressemblant à une tente
de six mètres de long, a été érigée sur les rives d’un ruisseau. Elle
était encadrée par des rondins et des planches piquetés dans le
sol, formant des murs de poteaux recouverts de peaux
d’animaux. À l’aide de cordes fabriquées avec des roseaux
locaux, les peaux étaient attachées aux poteaux, créant ainsi des
quartiers d’habitation séparés à l’intérieur de la structure
principale. À l’extérieur de la structure en forme de tente, deux
grands foyers avaient été construits pour l’usage de la
communauté, très probablement pour la fabrication d’outils et
l’artisanat.
L’archéologie peut-elle revendiquer de telles structures ailleurs sur la planète à une
époque aussi reculée ? Dans le contexte, on comprend mieux l’importance des
roseaux pour les habitats. Par ailleurs, l’article évoque des foyers (pour la cuisson)
tapissés d’argile. Monte Verde se trouve dans la région des lacs, point d’entrée de
la Patagonie chilienne. Donc, il y a 15 000 ans, la communauté la plus structurée
vivait sur le 41e parallèle sud (?).
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 26
Cette communauté détient-elle le potentiel pour inverser le scénario officiel de la
colonisation de l’Amérique, du détroit au Béring (Alaska) à la Patagonie ?
Cela dit, un gouffre temporel sépare le cordage en roseau d’une communauté du
Pléistocène supérieur et un mythique lieu, Tollan, où poussent les roseaux. De
toute façon, à supposer qu’une population mésoaméricaine hérite d’un artéfact
venu d’ailleurs, comment l’information qu’il contient se propage-t-elle sur les
autres continents ?
Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ?
P a g e | 27
Conclusion
On veut bien adhérer à la thèse officielle selon laquelle des mythomanes
protohistoriques inventèrent des traditions similaires sans pouvoir se concerter.
Cela dit, on n’y adhérerait que par paresse. Notre souci de chercher un point de
départ à tous ses mythes récurrents sur nos origines peut nous induire en erreur.
Si des terraformateurs transformèrent notre environnement, pourquoi
réserveraient-ils cette information à une seule population ?
Dans ce cas, pourquoi le diffuser à ce point ? Veulent-ils revenir nous dire
bonjour ? Veulent-ils éviter que nos futures missions de terraformation nous
culpabilisent ? Veulent-ils nous indiquer que sans l’évolution créative, point de
salut pour le genre humain dans l’Univers ? Nous pencherions pour cette dernière
proposition. Pourquoi ? Si l’anthropologie cherche désespérément depuis un siècle
un premier chainon manquant entre l’Erectus et nous, on peut se demander si cet
Erectus pouvait engendrer autre chose que lui-même.

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  • 3. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? Licence : Attribution 4.0 International (CC BY 4.0) Autoéditeur : carioulibrairie.wordpress.com Publication : 2025 | première édition Du même auteur : 1. Scythia : L'étonnante Histoire de l'antique Irlande 2. Brittia : L’Histoire méconnue des Bretons 3. Keltia : L’étrange Histoire des Celtes 4. Nâga : L'Histoire de la population nâga 5. Maya : L’Histoire de la population maya 6. Luzia : L’Histoire ancienne du Nouveau Continent 7. Gaia : La Préhistoire revisitée 8. Koya : Les indices de la "génohistoire" 9. Sela : Des témoignages historiques surréels 10. Troia : L’Histoire de la Nouvelle-Troie 11. India : Les origines de l’Inde 12. Namaka : Les origines des peuples antiques 13. Europa : Les origines des Européens 14. Brittia II : Du Kalimantan à la Bretagne 15. NRYN : L’origine inconnue de notre humanité 16. Scythia: The Amazing Origins of Ancient Ireland 17. Ibéria : L’énigme proto-ibère 18. Furia : Les deux guerres mondiales décodées 19. Tè Ra : Quand l’Histoire dépasse la fiction 20. Origins of the Celts (sous le pseudonyme Cryfris Llydaweg) 21. Futuria : Le futur proche décodé 22. Edda : Le "space opera" norrois 23. Atlantia : L'énigme proto-atlante 24. Nysa : La première conquête 25. Druidéa : Des origines insolites de la culture celte 26. Amunet : Des origines obscures de l’Egypte antique 27. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? Autres essais : o Napoléon B. L'interview o de Mirepoix. L’interview o Europe antique. Un glossaire o Ancient Europe. A glossary o Leabar Gabala. La suite
  • 4. o J. Churchward. Un glossaire o Anna Vreizh. L’interview
  • 5. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 1 Introduction Cet essai tentera de démontrer que la Genèse biblique pourrait se résumer à un artéfact transmis par une colonie exogène, résidente de notre planète dès la fin du Pléistocène moyen. Avant de considérer cette hypothèse, une première question se pose : comment de supposés colons peuvent-ils transmettre un artéfact à une de nos populations de l’Âge du bronze ou de l’Âge du fer ? Et dans quelle langue ? Une seconde question se pose : pourquoi la transmettre ? Si de supposés colons quittèrent définitivement notre Terre, dans quel but laissent-ils une trace ? Jusqu’à preuve du contraire, nous restons le seul genre humain de l’Univers. Certains veulent bien considérer l’existence d’autres « ailleurs ». Dans ce cas, ils précisent régulièrement que les distances ne favorisent pas du tout les contacts. Or, la vitesse supraluminique (supérieure à celle de la lumière) leur ôte un tel argument. Pour répondre à la seconde question, nous proposons un scénario d’anticipation. Imaginons que nous évoluons au sein d’une colonie spatiale. Nous vivons sur une planète aride mais à l’abri d’une biosphère artificielle. Notre mission principale reste d’extraire des minéraux pour les besoins de l’aérospatiale. Cela dit, nous comptons dans nos rangs des chercheurs. Ces derniers proposent un vaste projet : étendre notre biosphère à toute la planète. Évidemment, cela suppose un prérequis : la création d’une atmosphère sur une échelle planétaire. Quelques siècles plus tard, notre colonie parviendra à ses fins. Au sein de cette nouvelle biosphère « naturelle », nous déploierons des formes de vie originaires de la Terre ou adaptées génétiquement à cet environnement inédit. De nos jours, on nomme terraformation ce processus de transformation d’une planète ou d’un corps céleste. Une question subsidiaire se pose : cette terraformation relève-t-elle d’une création ou d’une évolution ? On pourrait proposer une « évolution créative ». Nous envisageons donc le fait que notre propre Terre relève de ce scénario.
  • 6. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 2 Une objection apparait : notre biosphère reste le fruit d’une lente évolution, présidée par le hasard et la nécessité. Dans ce cas, pourquoi l’anthropologie recherche-t-elle désespérément (depuis un siècle) un chainon manquant entre l’Erectus (notre « ancêtre ») et le Sapiens (nous) ? Un million d’années nous séparent de cet aïeul. Nous devrions déjà avoir déterré des dizaines de chainons. Or, le score reste à zéro. Nous posons notre hypothèse : à moins de l’inventer, l’anthropologie ne trouvera pas de chainon manquant. Pourquoi ? Le passage entre l’Erectus et le Sapiens pourrait relever d’une évolution créative. Nous tenterons donc de démontrer que des chercheurs (avant de quitter notre planète) transmirent un artéfact sur leurs travaux à une population protohistorique.
  • 7. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 3 Avertissement Les Bibles que nous lisons actuellement héritent de multiples traducteurs et copistes parfois peu soucieux du texte de la copie dont ils héritèrent eux-mêmes (avant de la traduire ou de la recopier). Dans notre essai Scythia, nous proposons des bases de lecture au second degré de textes anciens (et donc maintes fois recopiés) afin de confondre certains copistes. Ensuite, on devait choisir une Bible pour nos citations. Notre choix se porte sur celle de Louis Segond (1810-1885). On cite l’article Wikipédia à son sujet. Louis Segond, né le 3 mai 1810 à Plainpalais et mort le 18 juin 1885 à Genève, est un pasteur et théologien protestant suisse. Il traduit entre 1874 et 1880 la Bible en français connue comme la Bible Segond à partir des versions en hébreu et en grec. On le choisit pour sa capacité à lire l’hébreu (qu’il enseigna) et pour son éducation catholique. Il couvre donc plus large sur le plan confessionnel. Son père, français, servit dans l’armée napoléonienne avant de s’installer comme cordonnier à Genève.
  • 8. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 4 Le commencement Une biosphère artificielle | Illustration photo-réaliste de l’auteur Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abime, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Genèse 1.1-3 La terre ou la Terre ? Vide ou désertique ? Selon un article du Larousse, un abime peut désigner un gouffre naturel, un précipice d’une profondeur insondable, ou un lieu, un espace qui n’a pas de limites assignables. Nous penchons pour cette dernière proposition. Les ténèbres désigneraient une obscurité profonde. Si l’on parle de la Terre, la lumière du soleil se fait désirer. Des eaux ? La terre est-elle vide ou recouverte d’eau ? Les copistes successifs ne nous épargneront pas d’autres contradictions. On résume : au commencement, la terre était vide, l’esprit de Dieu survola ce vide rempli d’eau et enfin, Dieu créa la terre (qui existait déjà). On parle donc d’un texte remanié. Enfin, l’esprit de Dieu pourrait désigner un simple… aéronef.
  • 9. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 5 Notre interprétation propose le survol d’un aéronef au-dessus d’une planète totalement recouverte d’eau (voire de glace). À ce sujet, Dieu finira par créer une étendue (un supercontinent ?) entre les eaux. Le plus ancien supercontinent connu, le Vaalbara, remonte à 3,6 milliards d’années (Ga). À supposer que le verset biblique évoque la formation de ce continent originel, pourquoi des chercheurs (venus d’ailleurs) informeraient-ils une population de l’Âge du fer de cet évènement ? L’artéfact induit se résumerait-il à un manuel de science (altéré par des copistes) ? Les quatre premiers « jours » de la Genèse résument l’évolution géologique de notre planète jusqu’à l’apparition de la vie. Les copistes défendent une création mais Dieu se concentre-t-il sur la Terre depuis 3,6 milliards d’années ? Nous penchons donc pour un manuel détourné de sa fonction première. Enfin, nos géologues utilisent une échelle des temps (éon, ère et période). On peut proposer que les « jours » bibliques réfèrent à une autre échelle (venue d’ailleurs). À ce stade de notre essai, nous n’essayerons pas d’identifier « celui » (ceux ?) qui rédigea ce supposé manuel de science. Pour l’instant, on se contentera d’accumuler des indices. Dieu dit : Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l’étendue du ciel. Genèse 1.20 Pourquoi des oiseaux (créés) doivent-ils voler vers le ciel ? Dieu opère-t-il à partir du supercontinent ? Un copiste remplaça-t-il la préposition de par sur ? Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Genèse 1.26 À notre image ? Pourquoi Dieu parle-t-il de lui au pluriel ? De quelle image parle- t-on : physique, spirituelle ou les deux ? L’ajout du terme ressemblance nous
  • 10. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 6 oriente vers des traits physiques et/ou psychologiques communs. Enfin, à propos du pluriel, le créateur travaille-t-il vraiment seul ? Et Dieu dit : Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d’arbre et portant de la semence : ce sera votre nourriture. Genèse 1.29 Dans le contexte, on résume l’alimentation : herbes et fruits. Pourquoi le créateur se prive-t-il de viande ? Dans l’espace, cultiver la viande reste un défi (que l’entreprise actuelle Aleph Farms tente de relever). L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. Genèse 2.7 Pour le processus de notre supposée création, on devra se contenter de cette simple citation. Six éléments représentent 98 % de la masse de notre corps : l’oxygène (65 %), le carbone (18), l’hydrogène (10), l’azote (3,3), le calcium (1,5) et le phosphore (1,2). Cela fait au moins six « poussières ». L’Éternel souffla un… souffle de vie. La vie commence avec la respiration. La redondance des termes souffler et souffle oriente vers une simplification du texte d’origine. Ce texte évoque-t-il la cryonie ? On cite l’article Wikipédia concerné. La cryonie ou cryogénisation est un procédé de cryoconservation (conservation à très basse température, typiquement −196 °C) de cadavres dans l’espoir que de futures avancées technologiques rendent possible de les ressusciter. Malgré l’intérêt du sujet, nous ne nous attarderons pas car le texte biblique reste sommaire. On posera tout de même une question : la cryonie se limite-t-elle aux cadavres ? La science-fiction envisage déjà son utilisation sur les vivants pour les trajets spatiaux interminables.
  • 11. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 7 On revient sur le premier surnom de Dieu : l’Éternel. On peut rappeler la définition principale de ce terme : sans commencement ni fin, hors du temps. On évoquerait bien le voyage dans le temps mais on craint de s’égarer (d’autant qu’on vient d’évoquer des voyages spatiaux sans fin). Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place. L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. Genèse 2.21-22. Cela enrichit le processus de notre supposée création. Pourquoi l’Éternel utilise-t- il les éléments (la poussière) pour l’homme et une côte pour la femme ? Si dans le premier cas, on suppose une cryonie, pourquoi ne pas l’utiliser pour les « voyageuses » ? Le personnel spatial manquait-il de mixité ? Revenons sur la côte. Au début du développement de l’embryon, les somites se forment et se subdivisent rapidement en trois composants : le myotome, le dermatome et le sclérotome. Les vertèbres et les côtes se développent à partir des sclérotomes. Le gène maître PAX 1 permet l’orientation des cellules vers cette différenciation. D’une façon générale, les gènes PAX jouent un rôle essentiel dans le développement du fœtus. Nous soupçonnons une organogenèse artificielle mais le terrain reste glissant (sauf pour la science-fiction). Une chose nous paraît plausible : l’Éternel n’improvise pas. Si le voyage manquait de mixité, les voyageurs savaient la recréer avant même d’embarquer. Cela nous amène à penser que la mission disposait d’un effectif plutôt restreint. Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? Genèse 3.1 Un serpent rusé qui parle ? Bien sûr. Plus sérieusement, on ne peut s’empêcher de penser à l’ouroboros. On cite l’article Wikipédia concerné.
  • 12. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 8 L’ouroboros est un dessin ou un objet représentant un serpent ou un dragon qui se mord la queue (…) L’ouroboros est un symbole très ancien que l’on rencontre dans plusieurs cultures sur tous les continents (…) Le serpent (ou le dragon parfois) qui se mord la queue symbolise un cycle d’évolution refermé sur lui-même. Si l’on considère une colonie à effectif restreint loin de sa « maison », l’expression « cycle d’évolution refermé sur lui-même » devient un doux euphémisme. Le serpent pourrait symboliser cet effectif qui s’interroge sur les consignes de l’Éternel transmises à la « première » femme. Enfin, on parle d’un arbre non alimentaire : celui de la connaissance du bien et du mal. On parierait sur un manuel d’instruction civique et morale de la colonie. Ensuite, Adam et Eve se cachent car ils viennent d’apprendre que « l’arbre- manuel » révèle leur nudité. Peut-on arrêter de prendre le nu au sens littéral du terme ? Nos deux « nudistes » viennent de prendre conscience de leur profonde ignorance. Une question se pose : si l’effectif ne compte pas Adam (et son frère), ce dernier doit-il son existence aussi à une côte ? On sait : on frôle l’impertinence. Dans un autre registre, comment l’effectif entend-il se reproduire ? Le verset 6.2 de la Genèse apporte un début de réponse. Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu’ils choisirent. Genèse 6.1-2. Ce verset distingue les descendants des hommes et les descendants de Dieu. Il reste à savoir comment les colons engendrèrent des fils (de Dieu). Nous miserions sur une seconde immigration mixte (cette fois) et donc sur une augmentation de la population de la colonie. Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l’antiquité. Genèse 6.4
  • 13. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 9 On résume : la progéniture des fils de Dieu et des filles des hommes devient géante. Comment des femmes de 1,70 m en moyenne peuvent-elles engendrer ces géants ? Doit-on considérer la définition littéraire qui désigne des personnes qui dépassent les autres par leur génie ? Une anomalie génétique liée à l’accouplement de genres distincts ? Une grande taille des colons et donc de leurs descendants ? Certaines traditions (dont celles des Fomoires et des Cyclopes) conservent le souvenir de géants sur Terre. Or, ces derniers ne se distinguaient pas par leur génie. Des exceptions existent. Par exemple, on peut citer la descendance d’Ouranos. Cela dit, elle passait son temps à se disputer avec les Dieux. Notre tentative d’apporter du réalisme à un texte sacré se heurte à une objection majeure : le genre Sapiens revendique au moins 300 000 ans d’âge. Or, les traditions des géants restent bien plus récentes dans les chronologies bibliques, grecques, etc. Nous proposons une parenthèse car nos méthodes de datations actuelles posent un problème. Imaginons un naufragé qui échoue sur une île déserte. Suite au choc, il souffre d’amnésie. Cela dit, il lui reste des connaissances « pratiques » et souhaite connaitre son âge. Il développe une méthode ingénieuse. Il mesure sa taille avec les moyens du bord puis il patiente un an. À l’issue de cette attente, il se mesure à nouveau. On résume ses deux mesures : 179 centimètres puis 180. Il pose l’hypothèse qu’on grandit d’un centimètre par an. Il déduit donc son âge : 180 ans. Malgré l’ingéniosité de la méthode et la qualité des mesures, le résultat reste fantaisiste. Pourquoi ? Le naufragé pose une « constante » : on grandit d’un centimètre par an. Or, toutes nos méthodes (sans exception) de datation posent une constante sur le long terme. Sur cette île déserte, en état d’amnésie, comment pouvait-il savoir que rien n’est constant ? L’âge du Sapiens (nous) pourrait ne pas se chiffrer en centaine de milliers d’années mais plutôt en dizaines. On sait : on frôle encore l’impertinence.
  • 14. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 10 Le texte biblique et nos connaissances actuelles permettent donc de poser l’hypothèse d’une évolution créative de notre genre humain à une époque pas si reculée. De toute façon, ne nous leurrons pas : nos descendants développeront de telles évolutions dans d’autres mondes. Et moi, je vais faire venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui est sur la terre périra. Genèse 6.17 Si l’on suppose une terraformation, la colonie semble faire machine arrière toute. Pourquoi ? Cependant, elle sélectionne un homme, Noé, et son entourage pour « réinitialiser » notre biosphère. On passe sur le conte pour enfants : arche en bois, animaux en pagaille, etc. En guise d’alternative, on cite le titre d’un article du magazine Science & Vie : Recréer des espèces disparues à partir de leur ADN. Si l’ADN suffit, pourquoi transformer une coque en bois en zoo flottant ? Il reste à identifier la véritable nature de l’arche. Le déluge fut quarante jours sur la terre. Les eaux crûrent et soulevèrent l’arche, et elle s’éleva au-dessus de la terre. Les eaux grossirent et s’accrurent beaucoup sur la terre, et l’arche flotta sur la surface des eaux. Genèse 7.17-18 Elle s’élève au-dessus de la terre avant l’inondation. Cela décrit un décollage et non un arrimage. Ensuite, elle flotte. Le module de commande Columbia de la mission Apollo 11 savait déjà amerrir en juillet 1969. Toute la terre avait une seule langue et les mêmes mots. Comme ils étaient partis de l’orient, ils trouvèrent une plaine au pays de Schinear, et ils y habitèrent. Genèse 11.1-2 La sélection d’un homme et de ses proches soutient l’existence d’une seule langue. Or, notre humanité compte au minimum une vingtaine d’haplogroupes génétiques et les « sauvés » des eaux n’atteignaient pas ce nombre. À ce sujet, au moins une tradition sur Terre (celle de Cesair) décrit une femme qui se voit refuser une place
  • 15. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 11 dans l’arche et qui survit au déluge. On peut donc penser que les opérations de sauvetage se déclinaient au pluriel. Les proches de Noé partirent de l’orient et s’établirent dans la région de Shinar (Mésopotamie). Dans ce cas, pourquoi l’archéologie confessionnelle s’entête-t-elle à chercher l’arche à l’occident (dans les monts Taurus, notamment) ? Nous miserions plutôt sur l’ensemble des plus hautes chaines de montagnes sur Terre : l’Himalaya. L’Éternel sentit une odeur agréable, et l’Éternel dit en son cœur : Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse ; et je ne frapperai plus tout ce qui est vivant, comme je l’ai fait. Tant que la terre subsistera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l’été et l’hiver, le jour et la nuit ne cesseront point. Genèse 8.21-22 À propos du site d’atterrissage, on pourrait même proposer le mont d’une « déesse des moissons » : l’Annapurna I (Népal actuel). Si l’on veut survivre au-delà de nos réserves, la première chose à considérer se résume aux semailles. Enfin, pourquoi l’Éternel changea-t-il d’avis sur la terraformation qu’il semblait diriger depuis le début ? Nous pourrions proposer que sa colonie (et donc sa civilisation) ne parût pas consciente que l’évolution créative complète l’évolution. Dans ce contexte, l’ingénierie génétique pourrait entrainer une forme de culpabilité. Si en plus, les « hommes » passent leur temps à se taper dessus, cela n’arrange rien. Il reste un problème à résoudre : aucune découverte géologique ne soutient une telle montée des eaux durant les 50 000 dernières années. Notre planète ne manque pas d’extinctions massives mais à quand remonte la dernière connue ? On parle de l’impact de Chicxulub (au Crétacé). Or, la géologie considère que le taux de disparition des espèces lors de cet impact ne dépassa pas 75 % (sans parler d’une antériorité de 66 millions d’années). De toute façon, la description de cet impact ne correspond pas au texte biblique. Pour l’instant, on se contentera d’une corrélation entre les datations
  • 16. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 12 traditionnelles de déluges (moyenne de dix mille ans) et la datation de l’optimum climatique de l’Holocène (entre dix et cinq mille ans). Qui dit optimum, dit fortes précipitations. En aparté, comment un supposé déluge éradique-t-il la vie aquatique ?
  • 17. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 13 L’alliance Une famille chaldéenne | Illustration photo-réaliste de l’auteur Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d’une multitude de nations. On ne t’appellera plus Abram ; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de nations. Genèse 17.4-5 Non content de rétablir sa terraformation, l’Éternel propose une alliance à un certain Abram. Comme une éternité (…) sépare le déluge de cette alliance, comment l’Éternel peut-il survivre aussi longtemps ? En guise de réponse, on peut poser une question : pourquoi des colons (venus d’ailleurs) devraient-ils se contenter de notre espérance de vie ? Alors l’Éternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. Genèse 6.3 Cet extrait semble décrire une réduction de l’espérance de vie plutôt que le contraire. Selon le récit, Adam vécut neuf cent trente ans (avant que l’Éternel ne
  • 18. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 14 procède à des restrictions). Cela dit, près d’un millénaire ne permet pas de couvrir la distance entre de supposés déluge et alliance. À ce sujet, on cite le titre d’un article du Courrier International : La vie éternelle est-elle pour demain ? Donc, la perspective d’éternité existe déjà. Par contre, dans le texte biblique, elle semble réservée à un seul personnage. L’Éternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront ; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. Abram partit, comme l’Éternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans, lorsqu’il sortit de Charan. Genèse 12.1-4 Un élément surprend : Abraham, déjà âgé de soixante-quinze ans, ne bronche pas alors qu’il doit tout quitter. Avant lui, son père, Térach, quitta Ur en Chaldée pour s’installer au pays de Canaan. Dans la foulée, la famille s’établit dans la cité de Charan. Le texte ne dévoile pas les raisons de cette double émigration. Selon la généalogie biblique, Térach descendait de Sem, fils aîné de Noé. Comme il appartenait à la huitième génération, on peut penser que le souvenir de Noé restait vivace au sein de sa famille. Autrement dit, une manifestation de l’Éternel pouvait le surprendre sans le déstabiliser. Le récit précise peu de choses sur Térach. De nos jours, des auteurs tentent d’identifier son métier et proposent celui de mage. À l’époque, un mage observait la nature pour mieux anticiper les éléments. D’autres observaient le comportement moral de la population pour mieux conseiller des dirigeants (cf. notre essai Druidéa). Pour comprendre l’importance de ces observations, nous devons considérer que les sociétés protohistoriques ne disposaient d’aucune science (météorologie, sociologie, etc.). Enfin, au sein de dynasties mésopotamiennes (Moyen-Orient actuel), les mages chaldéens conservaient une aura non négligeable. Le début du second millénaire avant notre ère reste une hypothèse pour les migrations de Térach et Abraham. À cette époque, un évènement attire l’attention. On cite l’article Wikipédia sur le sujet.
  • 19. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 15 Sous le règne du roi Ibbi-Sîn (2028-2004), une grande partie du royaume est perdue, et des cités commencent à faire sécession à l’intérieur même du pays de Sumer : Isin se sépare d’Ur sous la direction d’Ishbi-Erra, dont le règne commence en 2017. Dans ce contexte difficile, marqué notamment par des incursions de nomades amorrites, une coalition menée par un roi élamite, Kindattu de Simashki, envahit le pays de Sumer et, en 2004 av. J.-C., s’empare d’Ur. Cela n’incitait pas à rester à Ur. L’identité de la cité de destination, Charan (Haran), demeure une inconnue. Certains l’associent à Harran (dans l’actuelle Turquie), dont l’occupation date de la culture de Halaf (entre 6100 et 5500 avant notre ère). On peut aussi avancer l’idée que ce nom peu marginal pouvait désigner une autre cité du pays de Canaan. À propos de ce pays, on relève une incohérence dans le texte biblique. Térach prit Abram, son fils, et Lot, fils d’Haran, fils de son fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d’Abram, son fils. Ils sortirent ensemble d’Ur en Chaldée, pour aller au pays de Canaan. Ils vinrent jusqu’à Charan, et ils y habitèrent. Genèse 11.31 Abram prit Saraï, sa femme, et Lot, fils de son frère, avec tous les biens qu’ils possédaient et les serviteurs qu’ils avaient acquis à Charan. Ils partirent pour aller dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent au pays de Canaan. Genèse 12.5 On résume : Abraham vit à Haran (Charan), au pays de Canaan. Puis, il migre vers le pays de Canaan où il réside déjà. Pour comprendre, nous commencerons par citer un article Wikipédia sur la cité d’Harran. Vers 2270 av. J.-C., Harran est conquise par Sargon d’Akkad. Vers 2000 av. J.-C., un important temple consacré au dieu de la lune Sîn y est bâti.
  • 20. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 16 On peut rappeler que la troisième dynastie d’Ur (-2100/-2000) succéda aux souverains d’Akkad. De plus, autour des années -2000, la cité édifia un temple important dédié à Sîn, la divinité lunaire d’Ur. L’archéologie sait que des nomades amorrites finirent par occuper Harran. Cela peut avoir une conséquence : cette cité prend ses distances avec le pays de Canaan. Ensuite, Abraham adopte aussi le nomadisme. Le texte cite quelques étapes. Il plante d’abord sa tente au lieu nommé Sichem. La fondation d’une cité du même nom date du 19e siècle avant notre ère. Puis il pousse jusqu’aux chênes de Moré, dont le dernier exemplaire actuel se trouve à quelques kilomètres d’Hébron. L’étape suivante se trouve entre Béthel et Aï. À propos de Béthel, on cite un article Wikipédia. Edward Robinson, dans son livre Biblical Researches in Palestine, 1838–52, identifie le Beth-El biblique avec le village cisjordanien de Beitin. Le texte biblique ne précise pas les étapes suivantes (vers le midi) mais évoque une grande famine qui touche tout le pays (de Canaan). Comme il était près d’entrer en Égypte, il dit à Saraï, sa femme : Voici, je sais que tu es une femme belle de figure. Quand les Égyptiens te verront, ils diront : C’est sa femme ! Et ils me tueront, et te laisseront la vie. Dis, je te prie, que tu es ma sœur, afin que je sois bien traité à cause de toi, et que mon âme vive grâce à toi. Genèse 12.11-13 Le texte soutient donc que des dirigeants égyptiens de l’époque ne reculaient devant rien pour s’approprier de belles femmes. On comprend plus tard pourquoi le statut de frère (au lieu de mari) épargne d’Abraham : Saraï devient disponible. Saraï séjourne donc dans la maison du souverain de l’Égypte pendant qu’Abraham ne compte plus les cadeaux qu’il reçoit (serviteurs et bétail). Évidemment, le pharaon finit par découvrir le pot aux roses.
  • 21. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 17 Alors Pharaon appela Abram, et dit : Qu’est-ce que tu m’as fait ? Pourquoi ne m’as-tu pas déclaré que c’est ta femme ? Pourquoi as-tu dit : C’est ma sœur ? Aussi l’ai-je prise pour ma femme. Maintenant, voici ta femme, prends-la, et va-t’en ! Et Pharaon donna ordre à ses gens de le renvoyer, lui et sa femme, avec tout ce qui lui appartenait. Genèse 12.18-20 Ces trois versets suggèrent que notre patriarche jouit d’une aura qui dépasse les frontières. On apprécierait que des exégètes nous éclairent. Pourquoi Abraham approche-t-il la dynastie égyptienne avec autant de facilité ? Pourquoi le pharaon l’épargne-t-il ? Pourquoi peut-il garder ses cadeaux ? On rappelle la situation religieuse de l’Égypte à l’époque. Dans l’Ancien Empire (- 2700/-2200), les divinités Ptah (le père) et Apis (le fils) dominent. Au Moyen Empire (-2033/-1786), Amon domine dans la région de Thèbes et prendra l’ascendant sur Ptah dès la XIe dynastie (-2124/-1980 selon Jaromír Málek). Abraham visite donc l’Égypte dans un contexte de changement religieux. Cela pourrait amener des dirigeants à s’intéresser à la « magie » (si Abraham hérita du supposé métier de son père). De retour dans le pays de Canaan, Abraham constate que la région s’enflamme. Deux coalitions militaires s’affrontent : celle Kedorlaomer, souverain d’Elam et celle de Béra, souverain de Sodome. Kedorlaomer l’emporta et confisqua des personnes et des biens. Lot, le frère d’Abraham, vivait près de Sodome et « intégra » le butin. Alerté, Abraham arme trois cent dix-huit de ses plus braves serviteurs. Lors d’une attaque de nuit, sa troupe met en déroute des forces de Kedorlaomer. Il libère ainsi son frère. Le récit précise qu’il recrute parmi ses « suivants ». Cela donne une idée de la taille de sa caravane (conséquente pour l’époque). Impressionné, Kedorlaomer visite Abraham. Un allié de ce souverain, Melchisédek, souverain de Salem (Jérusalem actuelle), apporte du pain et du vin et bénit Abraham.
  • 22. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 18 Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était sacrificateur du Dieu Très Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très Haut, maître du ciel et de la terre ! Béni soit le Dieu Très Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout. Genèse 14.18-20 Dans la Genèse, Abraham reste associé à l’Éternel (non rituel) mais pas au Dieu Très Haut (rituel). Cela pourrait indiquer qu’Abraham ne pratiquait pas de rite. Lors de la Septante (traduction de l’hébreu vers le grec, 3e et 2e siècle avant notre ère), les traducteurs butèrent sur un terme : Elohim, omniprésent dans des versions hébraïques de la Genèse et associé à l’Éternel. Finalement, ils optèrent pour les Anges. Enfin, lors de traductions vers le latin, ce pluriel disparut peu à peu au profit du singulier Dieu. On peut préciser que des débats existent encore sur le pluriel du terme Elohim. Pour tenter de trancher, on considérera un manuel d’un Institut pour l’étude des cultures anciennes (Université de Chicago). Il porte sur l’écriture et la grammaire akkadienne, sémitiques mais fortement influencées par le sumérien. Il précise que le -IL désignait la divinité que d’autres langues sémitiques transposeront plus tard en -EL. On pose l’hypothèse que le -OH reste neutre. Pour le -IM, cela se complique car le manuel contient 146 occurrences. Aucune ne permet de l’associer au -IL. L’élément ILUM pouvait s’avérer une piste. Cela dit, en akkadien, il demeurait un dérivé singulier de -IL. Son pluriel s’écrivait ILŪ ou ILĀNŪ. Dans l’araméen (dont l’hébreu hérita de l’alphabet), il devint ĔLĀHĀ. L’Éternel lui apparut parmi les chênes de Mamré, comme il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Il leva les yeux, et regarda : et voici, trois hommes étaient debout près de lui. Quand il les vit, il courut au-devant d’eux, depuis l’entrée de sa tente, et se prosterna en terre. Genèse 18.1-2 Les copistes nous proposent un défi. L’Éternel lui apparait en même temps que trois hommes. Puis Abraham cesse de se soucier du premier et court se prosterner au pied des trois autres. Pourquoi cette priorité ?
  • 23. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 19 Les hommes s’éloignèrent, et allèrent vers Sodome. Mais Abraham se tint encore en présence de l’Éternel. Abraham s’approcha, et dit : Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant ? Genèse 18.22-23 Les deux anges arrivèrent à Sodome sur le soir. Genèse 19.1 Chez Abraham, les (trois) hommes partent pour Sodome. Puis, dans la foulée, deux anges se présentent devant cette cité. On résume : en l’espace d’une vingtaine de versets seulement, des hommes deviennent des anges. Revenons maintenant sur une promesse de l’Éternel. Voici mon alliance, que je fais avec toi. Tu deviendras père d’une multitude de nations. On ne t’appellera plus Abram ; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de nations. Genèse 17.4-5 Si ces nations existèrent, peut-on les identifier ? On commence par la descendance d’Ismaël, fils d’Agar, une servante égyptienne d’Abraham. Le couple engendra douze fils. Flavius Josèphe (entre autres), un historiographe romain juif du 1er siècle, les considère comme les ancêtres des populations arabes, dont les Nabatéens. L’étymologie de ces derniers pourrait dériver de Nebajoth (Nebaioth), l’aîné d’Ismaël. On continue avec la descendance d’Isaac, fils de Sara, qui se maria avec Rébecca, une Araméenne. Le couple engendra deux jumeaux : Ésaü et Jacob (Israël). Pour le premier, aucune nation antique ne semble revendiquer son ascendance. Le second engendra douze fils, ancêtres des douze tribus d’Israël. Elles comptèrent au moins deux nations antiques : les royaumes d’Israël et de Juda (future Judée). En résumé, plusieurs nations de langue sémitique pourraient revendiquer l’héritage (l’alliance). Le christianisme modifia la donne et augmenta donc le nombre d’héritiers. Cela ne répond toujours pas à une question : quelle population
  • 24. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 20 protohistorique hérita d’un supposé artéfact qui résumait l’évolution de notre planète ?
  • 25. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 21 L’artéfact Xmucané et Xpiyacoc | Illustration photo-réaliste de l’auteur Pour tenter de répondre, nous nous intéresserons à d’autres traditions qui relatent une genèse. On commence par une mythologie polynésienne et l’on cite l’article Wikipédia sur Ta'aroa. Ta'aroa est à l’origine de tout, y compris de soi-même. Au début, il/elle se développait dans sa coquille Rumia tournant dans le vide sans fin du sombre et silencieux chaos primordial. On y retrouve le vide et les ténèbres du récit biblique. Cette fois, Dieu ne se meut pas au-dessus des eaux mais « tourne » dans un chaos primordial. On change de tradition et l’on cite l’article sur le Noun, l’océan créateur et primordial de la tradition égyptienne.
  • 26. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 22 Ces dieux sont appelés Créateurs et sont les divinités se rapportant à l’Océan primordial, elles sont nées du chaos divin, du concept vital. L’Océan fut donc aussi appelé le père des dieux. Cette tradition précise la nature du chaos primordial (divin) : il se résume à un « océan ». Nous ne pouvons pas prendre ce terme au pied de la lettre. Il pourrait, par exemple, désigner l’espace intersidéral. Même l’expression père des dieux pourrait indiquer le milieu interstellaire qui « engendra » des visiteurs. On s’intéresse maintenant au Rig-Véda de l’Inde antique. On cite le chapitre III de l’ouvrage La Tradition de poésie scientifique du poète René Ghil (1862 -1925). Il n’était alors ni Non-Être, ni Être. Il n’était d’atmosphère, ni de ciel au-dessus. Qui enveloppait tout ? Eau, ou abime ? Jour ni nuit, ni mort, ni immortalité. L’Un respirait calmement, étant à lui-même son soutien. Cette tradition se demande ce qui existait à l’origine : eau ou abime. La Théogonie d’Hésiode, rédigée au 8e siècle avant notre ère, précise que le Vide présida à l’apparition du monde. Selon le recueil Les Métamorphoses du poète latin Ovide, le monde naquit du chaos. Nous avons le sentiment que toutes ces traditions (et d’autres) tournent autour du pot et s’apparentent à des « secondes mains ». Nous recherchions une tradition plus précise et nous pensons l’avoir trouvé : le Popol Vuh. L’original de ce texte, rédigé en écriture maya « latinisée », daterait de 1558 tout au plus. L’auteur, anonyme (un religieux catholique maya ?), y transcrivit des traditions orales. Le dominicain Francisco Ximénez l’obtint des Quichés de Santo Tomas Chuilá (Guatemala) et le recopia en 1701-1703. Ximénez proposa également une traduction littérale dont la lecture reste fastidieuse. Nous allons donc nous intéresser à une autre traduction : Manuscrit troano : études sur le système graphique et la langue des Mayas. Son auteur, Charles Étienne Brasseur de Bourbourg (1814-1874), un missionnaire catholique, travailla
  • 27. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 23 au Mexique et en Amérique centrale pendant quinze ans. À son époque, il défraya la chronique en soutenant que les civilisations maya et égyptienne partageaient une parenté. On peut rappeler que l’océan Atlantique sépare les deux. Le Popol Vuh commence par un hommage au « créateur » et au « formateur » (?). Les aïeux de la population quiché qui initièrent cette tradition seraient une femme, Xmucané, et un homme, Xpiyacoc. Le premier « chapitre » évoque la Terre avant l’apparition de la vie. La face de la Terre ne se manifestait pas encore : seule la mer paisible était (…) Ce n’était que l’immobilité et le silence dans les ténèbres, dans la nuit. Les Quichés pensaient donc qu’avant l’apparition des continents, la Terre se résumait à une vaste étendue d’eau. Les « Gucumatz », des « serpents » couverts de vert et d’azur, désignaient le créateur et le formateur. La couleur verte réfère à un « planisphère » (?) et l’azur réfère à une « surface » (?). Ensuite, ces Gucumatz œuvrent : montagnes, animaux des montagnes, etc. On rappelle que selon notre thèse sur la Genèse biblique, le serpent (au singulier) désigne un ensemble de « terraformateurs ». Le second chapitre brosse un tableau de l’équilibre dans le règne animal. Ensuite, il décrit la formation de l’homme : « de terre glaise ils firent sa chair ». L’auteur, possiblement un religieux catholique maya, altéra peut-être le texte original. Le Popol Vuh diffère de la Bible sur un point majeur : les Gucumatz façonnèrent des versions successives du genre humain. Finalement, les « hommes se produisirent, les hommes raisonnèrent » et peuplèrent la surface de la Terre. Le chapitre évoque même un chef des « Toltecat » (Toltèques ?). Le troisième chapitre commence mal : l’humanité frôle l’extinction à cause d’une « grande inondation ». Les survivants doivent faire face aux remontrances de leurs chiens (?). Au second degré, on peut évoquer les nombreuses traditions de « divins » chiens, chacals ou loups (Amarok, Anubis, Fenrir, etc.). Enfin, « des
  • 28. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 24 petits singes qui vivent aujourd’hui dans les bois » demeurent les seuls descendants de ces survivants (?). Cette tradition devient donc une théorie de l’évolution inversée : le singe descend de l’homme. Cela valait le détour. Le quatrième chapitre introduit un nouveau personnage : Vukub-Cakix, un survivant. Il se considérait comme un demi-dieu et finira par être « abattu ». Le cinquième chapitre précise le nom des coupables : Hunahpu et Xbalanqué. Ces derniers ne supportaient plus les délires de grandeur du « demi-dieu ». Les autres chapitres décrivent les faits et gestes de la descendance de Vukub-Cakix et présentent moins d’intérêt. Une précision importante reste nécessaire. À aucun moment, le texte quiché utilise le terme « maya ». La plus ancienne population nommée reste celle des Toltecat, beaucoup trop récente par rapport à de supposés terraformateurs dits Gucumatz. On parle des Q’uqʼumatz que nos encyclopédies modernes présentent au singulier alors que le texte original ne laisse aucun doute sur le pluriel. On précise notre hypothèse : à une « certaine » époque, des terraformateurs transmirent un artéfact aux deux ancêtres de la population quiché : Xpiyacoc et Xmucané. Le fait que cette population s’impliqua largement dans la civilisation maya au Guatemala ne prouve pas qu’elle puise ses origines au sein de cette civilisation. Selon sa propre tradition transcrite également dans le Popol Vuh, son berceau se résumait à une cité ou un lieu mythique : Tollan. Nous traduisons librement une citation de l’article Wikipédia en anglais sur ce mythe. Tollan, Tolan ou Tolán est un nom utilisé pour les capitales de deux empires de la Mésoamérique précolombienne, d’abord pour Teotihuacan, puis pour la capitale toltèque, Tula, toutes deux situées au Mexique. Le nom a également été appliqué à la colonie mexicaine postclassique de Cholula. Tollan est un mot nahuatl utilisé dans les documents coloniaux espagnols. Traditionnellement, Tollan a été interprété comme un toponyme
  • 29. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 25 nahuatl pour Tula, Hidalgo, Mexique. Des études plus récentes suggèrent une signification plus large, comme un lieu où poussent les roseaux. Au lieu d’être un toponyme désignant un établissement spécifique, il est également utilisé comme qualificatif pour désigner une catégorie de villes densément peuplées. Un lieu où poussent les roseaux ? Dans la cordillère des Andes, les Uros et Aymaras développèrent une civilisation du roseau sur le lac Titicaca, à la frontière de la Bolivie et du Pérou. Développèrent ou développèrent à nouveau ? Pour l’instant, les plus anciens villages connus de Mésoamérique remontent à une période dite préclassique ancien (-2500/-1200). La première civilisation demeure celle des Olmèques et apparut lors de cette période. Or, en Amérique du Sud, le site Monte Verde II (Chili) présente des structures en bois âgées de 14 550 ans. On traduit librement une citation de l’article Wikipédia en anglais concerné. Le site aurait été occupé par vingt à trente personnes. Une structure en bois et en peaux d’animaux, ressemblant à une tente de six mètres de long, a été érigée sur les rives d’un ruisseau. Elle était encadrée par des rondins et des planches piquetés dans le sol, formant des murs de poteaux recouverts de peaux d’animaux. À l’aide de cordes fabriquées avec des roseaux locaux, les peaux étaient attachées aux poteaux, créant ainsi des quartiers d’habitation séparés à l’intérieur de la structure principale. À l’extérieur de la structure en forme de tente, deux grands foyers avaient été construits pour l’usage de la communauté, très probablement pour la fabrication d’outils et l’artisanat. L’archéologie peut-elle revendiquer de telles structures ailleurs sur la planète à une époque aussi reculée ? Dans le contexte, on comprend mieux l’importance des roseaux pour les habitats. Par ailleurs, l’article évoque des foyers (pour la cuisson) tapissés d’argile. Monte Verde se trouve dans la région des lacs, point d’entrée de la Patagonie chilienne. Donc, il y a 15 000 ans, la communauté la plus structurée vivait sur le 41e parallèle sud (?).
  • 30. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 26 Cette communauté détient-elle le potentiel pour inverser le scénario officiel de la colonisation de l’Amérique, du détroit au Béring (Alaska) à la Patagonie ? Cela dit, un gouffre temporel sépare le cordage en roseau d’une communauté du Pléistocène supérieur et un mythique lieu, Tollan, où poussent les roseaux. De toute façon, à supposer qu’une population mésoaméricaine hérite d’un artéfact venu d’ailleurs, comment l’information qu’il contient se propage-t-elle sur les autres continents ?
  • 31. Ĕlāhā : Evolution ou évolution créative ? P a g e | 27 Conclusion On veut bien adhérer à la thèse officielle selon laquelle des mythomanes protohistoriques inventèrent des traditions similaires sans pouvoir se concerter. Cela dit, on n’y adhérerait que par paresse. Notre souci de chercher un point de départ à tous ses mythes récurrents sur nos origines peut nous induire en erreur. Si des terraformateurs transformèrent notre environnement, pourquoi réserveraient-ils cette information à une seule population ? Dans ce cas, pourquoi le diffuser à ce point ? Veulent-ils revenir nous dire bonjour ? Veulent-ils éviter que nos futures missions de terraformation nous culpabilisent ? Veulent-ils nous indiquer que sans l’évolution créative, point de salut pour le genre humain dans l’Univers ? Nous pencherions pour cette dernière proposition. Pourquoi ? Si l’anthropologie cherche désespérément depuis un siècle un premier chainon manquant entre l’Erectus et nous, on peut se demander si cet Erectus pouvait engendrer autre chose que lui-même.